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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 06:44
C'était bien la peine de faire des selfies avec Madame Macron, a du se dire la présidente du conseil départemental de Guadeloupe, Josette Borel...

C'était bien la peine de faire des selfies avec Madame Macron, a du se dire la présidente du conseil départemental de Guadeloupe, Josette Borel...

Contrat de confiance : Josette Borel amère

Pourquoi Josette Borel n'était pas à Matignon vendredi dernier pour signer en même temps que Ary Chalus, que les présidents de la Région et du Département de la Réunion, le président du département de Mayotte, le maire de la ville de Fort-de-France et les présidents des deux communautés de communes du centre et du sud de la Martinique le contrat de maîtrise des dépenses publiques ? C'est que le département de la Guadeloupe n'a pas obtenu les mêmes conditions avantageuses que son homologue de la Réunion. Ainsi, le Département de La Réunion - dont les contraintes sont comparables à celles de la Guadeloupe - pourra voir ses dépenses de fonctionnement augmenter de 1,32% quand la Guadeloupe n'a obtenu que 1,23 %. "Amertume et incompréhension", sont les mots choisis par la présidente Borel face au refus du gouvernement de tenir compte des contraintes qui s’exercent sur le Département : 80 millions d’euros pour le RSA, soit 200€/habitant (deuxième reste à charge au niveau national), l’augmentation de la prise en charge des frais de séjour dans les établissements d'accueil pour personnes dépendantes et "une mobilisation de moyens considérables dans le domaine de l’eau potable depuis 2015 en dehors de ses compétences propres (30 millions d’euros sur la période 2015-2019)". "Le gouvernement nous a pété les reins", confie un proche de Mme Borel-Lincertin. C'est ainsi que la présidente n’a pas souhaité "signer avec faste et satisfaction" ce contrat avec le Premier ministre, les ministres de l'Intérieur, des Comptes et de l'Action publics et des Outre-mer, comme en ont fait le choix les autres collectivités d'outre-mer qui étaient présentes vendredi dernier à l’hôtel Matignon. A Basse-Terre, l'entourage de la présidente observe que pas un parlementaire n'a levé le petit doigt pour soutenir le Département et conclut : "On nous a punis d'être socialistes !"

FXG, à Paris

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 05:10

Une Antillaise tirée au sort va toucher 1000 euros de revenu de base

Une Antillaise remporte le tirage au sort national du nouveau revenu de base et recevra 1 000€ par mois pendant un an ! "Mon Revenu de base" est une association française fondée en 2017 par Julien Bayou, un écologiste qui s'est inspiré du revenu universel prôné par le candidat malheureux du PS à la présidentielle, Benoît Hamon. Cette association a organisé le 29 juin dernier un tirage au sort pour un nouveau bénéficiaire du « revenu de base » parmi les 27 000 personnes qui se sont inscrites partout en France. Cette fois, c'est Nicole*, une Antillaise (dont l'organisateur n'a pas voulu encore nous préciser si elle vivait en Guadeloupe ou en Martinique) qui recevra un revenu de base pendant 1 an, soit 1 000€ par mois. Une expérimentation du revenu de base a été lancée dans 13 départements métropolitains et c'est la première fois qu'un ressortissant d'outre-mer est concerné, grâce au tirage au sort organisé par l'association "Mon Revenu de base". Jusqu'ici, les 60 000€ récoltés grâce à plus de 3000 donateurs et donatrices via la plateforme de financement participatif  ont permis de mener l'expérience auprès de cinq bénéficiaires dont Nicole.

Depuis le lancement du dispositif, 3 profils ont d'ores et déjà été rendu publics : Denis, trentenaire, allocataire du RSA en Nouvelle Aquitaine, Brigitte, 53 ans, commerciale à temps partiel, de Bretagne et Caroline, 50 ans, secrétaire à temps partiel, de Bourgogne Franche-Comté.

Pour poursuivre et étendre son expérience, l'association Mon Revenu de base souhaite voir intégrer un amendement au projet de loi de finance 2019 qui  permettra une expérimentation du revenu de base étendue à l'ensemble du territoire national. Un financement qui pourrait soutient l'association, être supporté par le programme d'investissements d'avenir, doté de près de 57 milliards d'euros et mis en place par l'Etat pour financer des investissements innovants et prometteurs sur le territoire.

En attendant, les internautes peuvent financer gratuitement ce dispositif de revenu pour tous grâce à leurs recherches web sur le moteur de recherche Lilo.org. Chaque recherche sur ce moteur de recherche français génère une goutte que l'internaute peut reverser au(x) projet(s) sociaux et environnementaux de son choix, parmi lesquels "Mon Revenu de Base". Nicole est la première pionnière à bénéficier de ce modèle de financement gratuit, avec plus de 3 500€ récoltés via Lilo.org.

FXG, à Paris

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 04:59
Ericka Bareigts (ici à coté du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, mercredi 27 juin à l'Elysée) est la première à avoir réagi à la menace de "modulation" de 'abattement fiscal de 30 % dans les DOM

Ericka Bareigts (ici à coté du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, mercredi 27 juin à l'Elysée) est la première à avoir réagi à la menace de "modulation" de 'abattement fiscal de 30 % dans les DOM

Le fonds exceptionnel d'investissement abondé par la "modulation" de l'abattement fiscal de 30 %

L'une des mesures phares du livre bleu outre-mer est l'annonce de la hausse de 280 M€ de plus sur le quinquennat dans le cadre d’un Fonds Exceptionnel d’Investissement (FEI) porté à 110 M€ par an. "Le  FEI sera  doté  de  110  M€  par  an,  permettant   d’engager près de 500 M€ sur le quinquennat en faveur de l’investissement public. 280 M€ supplémentaires lui seront ainsi affectés, sur les 4 années  à venir, en accompagnement des projets des collectivités territoriales ultramarines." Cette somme provient de la redistribution de la suppression partielle de l'abattement de fiscal de 30 % applicable à tous les contribuables dans les DOM. Le dispositif d’abattement d’impôt sur le revenu  dont  bénéficient  les  contribuables  domiciliés  dans  les  départements  et  régions  d’outre-mer  date de 1960. "Ce dispositif, précise le livre bleu outre-mer, sera préservé dans ses montants  pour  plus  de  80%.  L’essentiel  de  la  dépense correspondante (plus de 400 M€ chaque année), bénéficie aux 10% des foyers fiscaux les plus aisés. Ses paramètres seront modulés dans un  souci  de  justice  sociale  visant  à  mettre  la  dépense  publique  au  service  du  plus  grand  nombre. Les économies permises par cette modulation, seront intégralement mobilisées au profit du  FEI,  marquant  la  volonté  du  gouvernement  d’intensifier son engagement en faveur du rattrapage   structurel   et   des   conditions   de   vie   outre-mer."

La présidente du Conseil départemental de Guadeloupe, Josette Borel-Lincertin (PS) a réagi à cette annonce en regrettant que le gouvernement finance sa politique par un "simple redéploiement" qui aura pour "effet direct d'augmenter fortement les impôts de nombreux contribuables ultramarins".  La députée PS de la Réunion et ancienne ministre des Outre-mer, Erick Bareigts, a fait savoir son opposition à cette mesure et son intention de la combattre lors de la discussion du budget 2019. Elle rappelle que "sur la forme, le gouvernement récupère une mesure de Victorin Lurel parue dans son rapport parlementaire en vue de l’examen de loi égalité réelle. En tant que ministre des Outre-mer, j’avais refusé cette proposition qui mettait en danger nos équilibres financiers. Ce refus avait été validé par les parlementaires. Ce n’est donc pas une proposition des Outre-mer."

FXG, à Paris

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 05:07
Max Diakok danse la blessure sacrée

Max Diakok danse la blessure de Mé 67 et la mort de Thomas Sankara

"Comment transformer le chaos du monde ? Comment la violence de l’oppression résonne-t-elle dans le corps individuel ? Comment l’ambivalence de nos choix révèle-t-elle notre rapport à la liberté ?" Max Diakok propose cette semaine à Vitry (94) une chorégraphie intitulée "J’habite   une   blessure   sacrée", d'après le titre du poème "Calendrier lagunaire" (recueil Moi Laminaire). Avec cet emprunt au poète Aimé Césaire, le danseur "slalome entre déséquilibre et enracinement, douceur et force, intimité et ouverture". Ce solo est conçu comme un dialogue entre la quête   métaphysique et la lutte émancipatrice. De ces deux approches apparemment antinomiques ressort un thème central qui est celui du double : "Corps réel, corps imaginaire. Corps apparent, corps potentiel. 

Corps rebelle mû par une généalogie fantasmée. "J'habite des ancêtres imaginaires", dit le poème d'Aimé Césaire, et le corps du danseur est mû par une autre utopie, existentielle celle-ci : "Revivre dans le corps le chemin initiatique des morts qu'on fait siennes." Max Diakok appartient à la génération de ceux qui n'étaient que des enfants durant le massacre de mai 1967. Il fait également partie de cette génération qui, "mue par une profonde aversion pour toute forme d'oppression, a ressenti dans sa chair l'assassinat de leaders du Tiers-Monde, entre autres le chef d'état burkinabè Thomas Sankara assassiné en 1987". Pour transformer tout cela en scénographie, en chorégraphie, Max Diakok s'est inspiré su côté sonore de la veillée mortuaire, du lewoz et du bigidi qui devient le fil d'Ariane de la pièce. "Le geste martial se transforme en geste doux ou vice versa, des ponctuations saccadées et toniques à l'intérieur d'une séquence fluide. Densité et légèreté. Mouvements dans l'axe et hors de l'axe. Contrastes de durée entre vide et plein."

«J’habite une blessure sacrée, j’habite des ancêtres imaginaires, j’habite un vouloir obscur, j’habite un long silence, j’habite une soif irrémédiable...»

FXG, à Paris

4-5-6-7-8 juillet 2018 Gare au théâtre, "Nous n'irons pas à Avignon", Vitry-sur-Seine, 19 heures

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 05:00
Louis-GeorgesTin n'est plus président du CRAN,mais le Premier ministre du nouvel Etat de la Diaspora Africaine

Louis-GeorgesTin n'est plus président du CRAN,mais le Premier ministre du nouvel Etat de la Diaspora Africaine

Louis-Georges Tin, Premier ministre du nouvel l’Etat de la Diaspora Africaine

Depuis le 29 juin, le Martiniquais Louis-Georges Tin a laissé ses fonctions de président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) à celui qui était jusqu' alors vice-président chargé des relations entre police et société civile, Ghyslain Vedeux. Dans la foulée de cette succession, au cours du Sommet de l’Union Africaine, qui s'est tenu les 1er et 2 juillet à Nouakchott, l’Etat de la Diaspora Africaine a été porté sur les fonts baptismaux et présenté au public et à la presse.

« La diaspora africaine, c’est 350 millions d’habitants dans le monde, a rappelé Louis-Georges Tin, Premier ministre du nouvel Etat. C’est en population le 3e pays, après la Chine et l’Inde. C’est un pouvoir politique, économique, culturel, considérable, mais il faut qu’il soit structuré : c’est l’objet même de notre mission. »

En décembre 2014, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui présidait alors l’Union Africaine, avait mandaté Louis-Georges Tin, encore président du CRAN, pour mettre en place les institutions de la Diaspora africaine, et donner corps à cette réalité, qui existe dans les statuts de l’Union Africaine depuis 2003, mais qui n’avait jamais été créée de manière effective.

Sa majesté Tchiffy Zié, secrétaire général du Forum des Rois et Leaders traditionnels d’Afrique, et Louis-Georges Tin ont constitué un gouvernement et mis en place des projets de développement. L’ensemble de la démarche a été présenté au président Aziz, qui a validé le travail accompli, et invité Sa majesté et Louis-Georges Tin, Premier ministre de l’Etat de la Diaspora Africaine, à officialiser l’Etat nouveau dans le cadre du Sommet de l’Union Africaine, se déroulant dans son pays.

Sa Majesté Tchiffy Zié et le Premier ministre Tin ont pu échanger avec de nombreux chefs d’Etat comme Mahamadou Issoufou, le président du Niger, Macky Sall, le président du Sénégal, ou encore Ibrahim Boubacar Keïta, le président du Mali. Enfin, le président Aziz a présenté officiellement l’Etat de la Diaspora Africaine et ses dirigeants à Emmanuel Macron.

Autorité morale de l’Etat de la Diaspora Africaine, Sa Majesté Tchiffy Zie a affirmé : « C’est un grand jour pour l’Afrique. Nos enfants, qui avaient quitté le continent, ont désormais un instrument pour les relier entre eux, et les relier à la terre mère. C’est un vieux rêve qui prend forme aujourd’hui, et cela nous permettra de relever ensemble les défis de demain. »

De son côté, le nouveau président du CRAN, Ghyslain Vedeux a exprimé sa fierté d'avoir été associé à cet événement : « Nous nous réjouissons d’avance des futures collaborations entre le CRAN et l’Etat de la Diaspora Africaine. »

FXG, à Paris

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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 06:58

L'Autorité de la concurrence et les marchés de dégagement

L'Autorité de la concurrence a été saisie par le ministre de l'Economie et des Finances d'une demande d'avis concernant les importations et la distribution des produits de grande consommation dans les départements d'outre-mer, c'est-à-dire les produits dits de dégagement. Lors de la séance publique du

25 mai dernier sur le projet de loi Agriculture et Alimentation, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, interpellé par la députée NG Ericka Bareigts  avait annoncé une « saisine de l’Autorité de la concurrence pour pouvoir traiter ces marchés de dégagement, c'est-à-dire des produits à très bas prix, qui ne permettent pas aux productions locales de pouvoir créer les conditions de leur développement économique ».

L'Autorité de la concurrence devra donc analyser l'évolution des prix sur les marchés en cause depuis l'établissement de son précédent avis de 2009, ainsi que les causes susceptibles d'expliquer le maintien d'un différentiel de prix par rapport aux marchés métropolitains, mais également l'impact sur le fonctionnement des marchés de détail et sur les producteurs locaux de la commercialisation de denrées alimentaires relevant des marchés dits « de dégagement ».

Les niveaux de prix dans ces territoires montrent en effet des écarts persistant avec ceux pratiqués en métropole, au détriment du pouvoir d'achat des ménages, de la compétitivité des entreprises et de la croissance dans les territoires ultramarins.

Son analyse comprendra enfin un volet spécifique relatif au transport maritime et aux services portuaires, dont le coût a un impact non négligeable sur les prix de revente des marchés de détail.

Le futur avis sera l'occasion de réévaluer la situation de la concurrence dans ces secteurs, en prenant en compte notamment l'impact des lois du 20 novembre 2012 relative à la régulation économique en outre-mer (loi vie chère) et du 28 février 2017, dite loi égalité réelle outre-mer.

FXG, à Paris

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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 06:56

Le recouvrement de l'impôt outre-mer acceptable à la Réunion, dégradé ailleurs

La Cour des comptes a examiné l'établissement, le contrôle et le recouvrement de l’impôt dans les départements et régions d’outre-mer pour les exercices 2011 à 2016. Il ressort de cet examen que ces missions ne sont pas assurées dans les mêmes conditions de qualité selon les territoires. Si la qualité de ce service est acceptable à La Réunion, elle est dégradée en Guadeloupe et à la Martinique, et très dégradée en Guyane et à Mayotte.

Ainsi La taxe spéciale sur certains véhicules routiers2 (TSVR), autrement appelée « taxe à l'essieu », n’est pas perçue par la DGDDI dans les DROM. Le manque à gagner pour l’État serait compris entre 2,6 M€ et 3,1 M€ par an.

La suspension de l’application de l’octroi de mer interne aux activités de production mixtes de biens et de services et aux activités de transformation de marchandises (comme la restauration, l’ameublement ou le génie civil) entraîne une perte de recettes estimée à 14,2 M€ au minimum entre 2012 et 2016, soit 7,2 % du produit total de cette imposition sur cette période.

Trois taxes nationales ne sont pas appliquées à Mayotte car les textes les régissant n’ont pas été actualisés lors du passage du territoire au statut de département le 1er janvier 2014. Il s'agit de la cotisation sur les boissons alcooliques6, affectée à la sécurité sociale (recette théorique estimée : 0,5 M€ environ), des droits assimilés au droit d'octroi de mer auxquels sont soumis les rhums et les spiritueux fabriqués et livrés à la consommation locale (recette annuelle théorique inférieure à 1 M€) et les redevances sur les navires de commerce (recette annuelle théorique de près de 6 M€).

Le recouvrement de 177 M€ de taxes foncières en 2016 a été fait de manière irrégulière avec les 253 158 constructions illégales sur sol d’autrui (régime spécifique des zones des 50 pas géométriques inclus), soit 24,6 % de l’ensemble des constructions (45 % en Guadeloupe et 9 % à La Réunion). 30 % des taxations pratiquées sur des occupants sans titre (soit 53 M€ par an pour la TFPB) portent en réalité sur des biens dont le propriétaire réel, redevable de la taxe, est l’État.

La Cour formule quatre recommandations : préciser les règles d’assujettissement à l’octroi de mer interne ; engager un plan d’action à trois ans visant à remédier aux désordres graves qui affectent la taxation des propriétés bâties sur sol d’autrui ; intensifier le contrôle de légalité des délibérations des collectivités territoriales de Martinique, Guadeloupe et Guyane accordant des exonérations en matière de fiscalités douanières et renforcer le rôle de conseil de la DGDDI dans ce domaine ; enfin confier à un groupement d’intérêt public ou à un opérateur foncier la mission de remettre en ordre les titres de propriété.

FXG, à Paris

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 05:43
Chlordécone

Les eurodéputés s'en mêlent

Alors que la marche des cobayes, partie de Fos-sur-Mer le 1er mai dernier, devait arriver à Paris samedi 30 juin, les eurodéputés Michèle Rivasi (EELV) et Younous Omarjee (France insoumise), très en pointe à Bruxelles sur la question des pesticides et du glyphosate, ont présenté le 29 juin à Paris les nouvelles actions menées dans le cadre du "scandale d'Etat" du chlordécone. Avec eux, l'avocat guadeloupéen Harry Durimel qui porte les plaintes initiées au pénal depuis 2006 pour empoisonnement, Philippe Verdol (EnVie Santé, Guadeloupe), André Cicolella, chimiste, toxicologue, conseiller scientifique à l'INERIS, et le Dr Jean-François Deleume de l'association médicale santé environnement.

La première information est la tenue annoncée d'un colloque à l'Assemblée nationale d'ici la fin de l'année pour informer les députés français sur "ce crime d'Etat" et la promesse d'une enquête parlementaire demandée par le groupe de la France insoumise. La seconde est celle de la saisine par Me Pierre Lafforgue, avocat de Philippe Verdol et son association du tribunal administratif pour demander l'annulation de l'arrêté du 30 juin 2008 fixant les limites maximales résiduelles (dans les viandes, notamment). Une saisine préalable à une question préjudicielle au Conseil d'Etat, voire à la Cour européenne des droits de l'Homme. En troisième lieu, Me Durrimel a fait le point sur le dossier pénal dans lequel il défend les intérêts de l'Union régionale des consommateurs et l'Union des producteurs de Guadeloupe affiliée à la confédération paysanne. Sa plainte initiée en 2006 a été délocalisée au pôle santé du plais de justice de Paris, elle a connu trois juges d'instruction, une demande d'irrecevabilité, une demande d'annulation de pièces par le parquet de Basse-Terre. Néanmoins les gendarmes d'Arceuil munis d'une commission rogatoire, ont pu poursuivre leur enquête. Aujourd'hui, Me Durimel a fait une demande d'acte à la juge Jolivet afin qu'elle tire les conséquences des investigations des gendarmes. "Dans ce dossier, il semble que la logique économique l'ait emporté sur la logique sanitaire, que le fric l'ait emporté sur l'éthique", a précisé l'avocat. Celui-ci a par ailleurs signalé qu'il avait été saisi, il y a une dizaine de jours, par des ouvriers de la banane guadeloupéens pour agir devant le tribunal administratif afin d'obtenir d'être mieux protéger des risques d'empoisonnement aux résidus de chlordécone pendant leur travail dans les champs de banane.

Enfin, eu égard aux taux impressionnants de contamination chez les enfants (20 % en Guadeloupe, 17 % en Martinique), ainsi que l'attestent l'étude sur la cohorte ti moun et les travaux réalisés par les professeurs Cordier et Multigner, les associations AMSES et les eurodéputés demandent un plan alimentaire financé sur les fonds du plan chlordécone 3 afin de protéger les enfants, du stade foetal à l'âge de 5 ans. Faute de quoi, ils demandent à ce qu'ils soient exfiltrés des zones contaminées. Ils exigent encore que l'étude Madiprostate soit relancée et que les victimes puissent faire la preuve de la présence du chlordécone dans leur sang. "On nous empêche de faire le lien entre chlordécone et cancer de la prostate", déplore Philippe Verdol.

Les eurodéputés Michèle Rivasi et Younous Omarjee ont conclu leurs interventions en rappelant qu'ils étaient des lanceurs d'alerte et qu'il convenait de faire cesser "l'omerta" qu'il y a eue et qu'il continue d'y avoir sur le chlordécone, de faire reconnaître les victimes et leur préjudice afin qu'elles soient indemnisés et les responsables condamnés.

FXG, à Paris

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 05:48
L'Outre-mer selon Macron

La France archipel du président Macron

Le président de la République a prononcé un discours d'un peu plus de trois quarts d'heure. L'occasion, après ses trois déplacement outre-mer lors de sa première année au pouvoir, de faire savoir sa vision et la stratégie qu'il veut développer dans chaque territoire.

La priorité est la bataille de l'emploi avec l'investissement dans l'éducation, la culture et la formation et la réforme des aides économiques. "Ce combat, a-t-il ajouté, sera gagné par les TPE et les PME." Il a annoncé qu'un délégué à la concurence outre-mer sera nommé au ministère de l'Economie et des finances. A cela s'ajoute le fait que le président entend revisiter la stratégie de la mer, fort de la présence archipélagique française. Il a d'ailleurs annoncé la tenue d'un sommet des îles en 2020, sans doute dans une territoire d'Outre-mer.

Enfin, Emmanuel Macron a annoncé la tenue d'une prochaine réunion de suivi du livre bleu outre-mer et des contrats de plan dans dix-huit mois.

Aussi vrai que je crois, a-t-il déclaré à la fin de son intervention, à l'archipel de France, je crois que toute politique qui est conçue, pensée, vécue comme mettant le concitoyen ultramarin en situation de minorité ou d'irresponsabilité est vouée à l'échec."

Guyane

Pour la Guyane, "l'autre immense territoire" après la Polynésie océanique, le président a indiqué que ses priorités était de "tenir les engagements pris". Il a ainsi salué les efforts déjà faits pour les écoles, les routes et les télécommunications avant d'aborder les questions de sécurité,'d'immigration et de santé. Ainsi le texte qui doit réduire les délais d'instruction pour la demande d'asile a été publié par l'OFPRA, a-t-il fait savoir de même qu'il s'est félicité des bons résultats de la lutte contre l'habitat illégal. Concernant le développement économique, Emmanuel Macron, a rappelé que l'objectif était de soutenir les filières du bois de l'or et de la pêche. "S'agissant des grandes mines, a-t-il déclaré, seules des exploitations exemplaires en terme environnemental et socio-économique pourront être envisagées en France." Le président attend le mois d'octobre et le résultat du débat public pour prendre une décision. Pour le reste, il indique qu'il faut "poursuivre le travail d'assainissement de l'économie qui passe par plus de concurrence, donc une baisse des prix et l'ouvertuure de l'économie". Le président est allé plus loin en affirmanat : "Nous avons organisé la vie chère par une politique de surrémunération ­—­ c'est un engagement de campagne sur lequel je j'entend pas revenir — mais à un moment donné, nous devrons collectivement décider d'en sortir par ce que c'est la surrémunération des uns qui crée la pauvreté des autres... Mais nous avons aussi collectivement organisé la vie chère par un système d'économie, de rente... Dans chacun des territoires, il n'y a pas une véritable offre concurrentielle. En Guyane, un bâtiment scolaire est 4 à 5 fois plus cher ! Est-ce juste ?" Le président a salué les progrès dans la biomasse et annoncé un travail de consolidation des finances locales "indispensable pour le soutien à l'économie guyanaise".

Guadeloupe et Martinique

En Guadeloupe, le président est revenu sur la santé : "Nous devons réusssir la remise en route du CHU, le retour à la confiance..." Emmanuel Macron a alors évoqué "les drames du passé", la chlordécone : "Je serai clair pour dire que nous continuerons le travail avec lucidité et détermination..." Il a logiquement poursuivi avec l'enjeu de l'environnement, les sargasses, après la visite ministérielle de Nicolas Hulot et Annick Girardin : "Ils ont pu voir le drame qui s'y passe et nous avons commencé à porter des réponses qui ne sont pas satisfaisantes. Pouvons-nous répondre à travers un dispositif de catastrophe naturelle ? Non, car ce risque n'est pas exceptionnel, il est devenu récurent. Il faut donc construire un dispositif ad hoc pour repousser ces algues et éviter les conséquences pour la santé, pour l'ensemble de l'écosystème, pour le tourisme et la vie quotidienne..."

Le problème de l'eau en Guadeloupe fait l'objet d'un titre dans le livre bleu et Emmanuel Macron l'a clairement abordé dans son discours : "Il n'est pas acceptable d'avoir un territoire de la République dans cette situation. Nous procèderons aux côtés des collectivités aux investissements indispensables pour répondre à ce défi et pour que chaque foyer puisse avoir dans les meilleurs délais ce à quoi ils ont droit." Le président assure que le développement économique de la Guadeloupe viendra du tourisme et des filières agroalimentaires.

Pour ce qui est de la Martinique, comme en Guadeloupe, le défi de la santé est au coeur du territoire : "Le redressement des comptes du CHU de Martinique fera l'objet d'un soin tout particulier du gouvernement." Le défi en Martinique, très voisin de celui de la Guadeloupe est le développement de l'autonomie alimentaire et énergétique : "Nous avons une trop grande dépendance à la production alimentaire et énergétique extérieure. Nous devons y répondre parle développement de fiières et notre capacité à produire de la biomasse, de la géothermie, de l'énergie de manière locale !"

Le défi plus particulièrement martiniquais est celui du vieillissement : "Il nous faut des accompagnements et des investissements indispensables pour renforcer l'attractivité du territoire, comme la revitalisation de Fort-de-France.

Mayotte

A Mayotte, Annick Girardin a présenté un plan d'action en mai dernier. "C'est notre feuille de route pour le développement du territoire pour le quinquennat, a indiqué le chef del'Etat. cette feuille de route porte également une relation nouvelle avec l'union des Comores. Là aussi, les fondamentaux sont l'immigration, la santé et la sécurité. Emmanuel Macron a indiqué que la proposition du sénateur Thani Mohamed Soilihi de faire évoluer les conditions d'accès à la citoyenneté française sans remettre en cause le droit du sol, faisait consensus et qu'il la soutenait.

Réunion

A la Réunion, les priorités sont l'achèvement de la route du littoral, la structuration des filières numériques et des filières agroalimentaires, le tourisme et les énergies marines et plus largement l'économie de la mer. "Ces quatres secteurs, a déclaré M. Macron, pourront porter une insertion régionale réussie de la Réunion dans le grand bassin régional indo-pacifique."

Le président est revenu sur l'amendement Virapoulé qui oppose les députés au président de Région : "Il ne faut pas nous enfermer dans un débat trop politique sur la révision constiitutionnelle... Je suis persuadé qu'on peut trouver une évolution qui donnera des opprtunités et des libertés sans bousculer les équilibres..."

France Ô et les "bonifs"

Concernant les Ultramarins de l'Hexagone, le président a annoncé la réforme des congés bonifiés pour 2020 : "Ils seront moins longs mais auront lieu tous les deux ans. Il est surtout revenu sur l'avenir de France Ô pour dire qu'il ne servait à rien d'être "indument conservateur" : "L'audiovisuel public donne-t-il toute sa place à l'Outre-mer, a-t-il demandé ? Non." Il a indiqué sa préférence pour que la "reconnaissance de l'Outre-mer se fasse au plus haut et au meilleur de l'audiovisuel public", ce qu'il a traduit par des décrochages de programmes ultramarins sur France 3 et France 2.

FXG, à Paris

ITW Jean-Pierre Philibert, président de la FEDOM

"La ministre des Outre-mer a bien fait le job"

Le patron de la FEDOM a-t-il entendu de bonnes nouvelles ?

Le président de la république et la ministre ont pris des engagements forts sur les aides économiques notamment dans le domaine de l'aide aux investissements mais les grandes mesures que nous attendons portent sur les aides au fonctionnement, c'est-à-dire la compétitivité, le redéploiement du CICE et le président de la République n'en a rien dit.

Il y a tout de même un fonds de 400 millions pour les entreprises...

Je voudrais m'assurer que cette dotation ne soit pas un redéploiement d'aides existantes.  Il y a 2 ou 3 phrases qui peuvent nous inquiéter. Je pense en fait que tout n'est pas arbitré.  Ce qui l'est, comme la défisc jusqu'en 2025, l'abondement du fonds exceptionnel d'investissement, 700 millions pour la formation vont dans le bon sens.

Vous restez sur votre faim avec les exonérations de charges ?

Si je suis optimiste, je dis que ça n'est pas définitivement arbitré et donc on a encore du travail.

Que pensez-vous des zones franches uniques ?

J'attends là aussi quelques précisions. On parlait encore il y a peu de zones franches portuaires, des zones franches export...  Le président a tenu un discours volontariste très général même s'il est entré dans le détail territoire par territoire. Maintenant nous allons retrouver notre quotidien qui est d'essayer de tricoter le maillage le meilleur possible pour nos territoires,  mais il nous reste deux mois d'ici le début des de lois de finances parce que c'est là que nous pourrons juger de la saveur du fruit.

Quel est votre point de vue sur la vision que le président a sur les outre-mer ?

La conférence des y qu'il a annoncée va dans le bon sens. Le focus qu'il met sur l'économie bleue est une évidence. Je crois qu'on aura gagné si on considère que nos outre-mer ne sont plus des destinations mais des points de départ.  Bâtir la coopération,  là aussi il l'a dit, c'est  un enjeu majeur.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Claude Lise, président de l'Assemblée territoriale de Martinique

"La situation de la santé et la question je des comptes du CHUM sont inquiétants  et l'engagement qu'as pris le président pour les redresser est une chose bonne et pratique parce que nous avons beaucoup parlé bien sûr de grandes orientations,  mais au-delà, il a exprimé une forte vision des réalités ultramarine.  Ce n'est pas la première fois qu'un président ou un Premier ministre ont une bonne vision,  mais il a su mieux exprimer que beaucoup d'autres auparavant la force de cette vision.  Je lui en accorde le bénéfice en attendant de voir les résultats d'une vraie ambition, notamment notre ancrage dans notre zone Caraïbes, le fait de pouvoir vraiment rayonner dans notre bassin géographique...  Et puis cette notion de différenciation m'a interpellé  de même que son expression "la France archipel" avec un sommet des îles qui nous propose. Et maintenant il va falloir décliner tot ça en mesures efficaces. J'ai été séduit par son discours, c'est déjà ça !"

Philippe Nilor, député GDR de Martinique

"J'ai entendu une remise en cause frontale de la surrémunération"

Vous vous êtes retrouvé dans les mots du président ?

Je me suis surtout retrouvé dans la remise en cause par le président de République lorsqu'il a considéré à demi-mot que le terme outre-mer n'était pas adapté.  Je ne peux pas me définir par rapport un centre qui serait Paris ! J'ai pu m'entretenir avec lui sur cette question lors du dîner d'hier soir... Et c'est le premier argument qu'il a exposé ce matin. Il est réceptif au bon sens.

Il a aussi  évoquer la vie chère,  des situations de rente et la surrémunération des fonctionnaires...

J'ai entendu une remise en cause frontale de la surrémunération des fonctionnaires et une remise en question aussi de France Ô. Ça, ce sont de nouvelles négatives,  de mauvaises nouvelles...  En tout cas, on voit bien que que l'orientation du gouvernement sur ces deux points n'est pas forcément n'est pas la plus pertinente même si il s'en défend en parlant de débat et de concertation...  On sent bien qu'il y a déjà une orientation très claire sur ces deux points là que nous ne partageons pas. Comme dans tous le discours, il y a du bon et du moins bon.

Qu'est-ce qui est bon ?

Le bon, c'est l'ouverture d'esprit, ce sont les opportunités qui peuvent se présenter à l'avenir.  C'est l'idée de la responsabilité qui semble être aujourd'hui partagée.  Sur cette question nous avons été des pionniers...

Sa réponse sur le chlordécone était-elle suffisante ?

Non ! Mais je ne vais pas non plus m'émouvoir du nombre de mots consacrés à tel ou tel sujet.  On sait que c'est un sujet essentiel et j'ai le sentiment que le président de la République sait très bien je l'étape à changer de braquet et que si réparation il doit y avoir,  ça doit concerner les personnes qui sont aujourd'hui malades,  cancéreuses,  victimes  de cet empoisonnement de nos îles.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Yann Monplaisir, membre de l'exécutif à la CTM

"Ce que j'ai perçu ce que le président a quand même une vision.  Il a souligné quelle était la place des outre-mer au sein de la République.  Son approche n'est ni descendante, ni condescendante. Il a abordé les sujets comme celui des sargasses en étant assez modeste.  Il faut avoir surréalisme et cette modestie, mais il faut aussi avoir la détermination qu'impose la situation... S'il a indiqué la nécessité de redresser les comptes du CHU,  ce qui n'est pas propre à la Martinique, j'aurais aimé qu'il ait un peu plus entendu la nécessité d'investir dans la rénovation et la remise à niveau de nos hôpitaux. Pour le reste, il a essayé de brosser perspective économique pour nos territoires et de ce point de vue, ça me paraît important que nous puissions nous aussi nous poser la question de comment nous voyons le développement de nos îles et de le faire avec beaucoup de pragmatisme et autant d'objectivité que possible."

Didier Laguerre, maire de Fort-de-France

"Nous allons signer ce vendredi le contrat de maîtrise des dépenses budgétaires, la ville mais également l'agglo de la CACEM parce que nous sommes engagés dans le dispositifs Coeur de ville. En évoquant notre ville, le président a demandé aux services de l'Etat d'avoir un regard attentif sur nos projets et le redressement de Fort-de-France. Je crois que le président a à peu près bien cerné les problématiques martiniquaises sans apporter fondamentalement de réponse précise sur la question de l'hôpital, de la chlordécone ou des sargasses alors que les services de l'État sont déjà je mobilisés.  Il faut être vigilant.  Ce sont des intentions,  maintenant il faut passer aux actes"

Rodolphe Alexandre, président de la CTG

Avec le préfet de Guyane et la commissaire européenne Corina Cretu

"Nous, nous avons le livre blanc"

Vous êtes-vous retrouvé dans les propos du chef de l'Etat ?

Je me suis retrouvé dans le discours du président puisque ces débats ont été faits dans la concertation, mais comme nous l'avons dit cela ce sont les proposition de l'État  auxquelles nous adhérons,  mais nous, nous avons notre part qui sera le livre blanc.

Il y a un livre bleu outremer et vous avez un livre blanc ?

Ce livre blanc va définir la trajectoire de la Guyane dans les 10 ou 15 ans à venir et qui portera surtout les projets mettant en place des conditions de vie du vouloir vivre ensemble.

Ce livre Blanc ne doit-il pas servir de base aux contrats de convergence et de transformation ?

Ce sera à la déclinaison.  Le but, c'est d'arriver a une sorte de plan territorial.  Que veut-on pour la Guyane dans les 30 ans qui viennent : infrastructure, santé, éducation, formation...  Tous les leviers, tous les freins, comment peut-on les transformer pour obtenir un territoire avec un vouloir vivre ensemble, où  il y a les moyens de réussir, où l'on peut rentrer dans la mondialisation, où l'on peut relancer les bases concurrentielles au niveau de notre production locale ? C'est ça en fait. Nous avons un autre défi et si on peut se croiser avec le livre blanc, tant mieux !

Propos recueillis par FXG, à Paris

Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe

"Le président de la République s'est engagé pour nous"

Est-ce que vous vous êtes retrouvé dans le discours du président de la République ?

Je m'y retrouve très bien d'autant que j'ai lu le livre bleu, j'ai vu ce qu'il y avait dedans, les propositions faites par les Guadeloupéens, par la Région et surtout par les associations. Pour une fois, un gouvernement prend en compte la situation des outre-mer.  Pour la première fois depuis que moi je suis entré en politique, c'est la première fois qu'un président de la République rencontre tout l'outre-mer ! Et il annonce que dans 18 mois nous nous reverrons pour faire un bilan sur ce qui aura été fait ou pas fait. .

Les sargasses, le chlordécone, l'eau, il a pensé à tout ?

Nous serons véyatifs même s'il l'a dit, que c'est écrit... Je pense que le gouvernement veut, pendant ce quinquennat, faire avancer, faire évoluer les choses en outre mer. J'entend pourtant les gens de l'opposition dire que ce n'est pas assez ! Mais c'est la première fois que nous voyons du concret ! Alors mettons nous ensemble ! Le président s'est montré très ouvert, à l'écoute de tous les ultramarins et aujourd'hui il a confirmé publiquement son intention de régler le problème de l'eau ! Le gouvernement va investir !

Ces assises ont donc été satisfaisantes ?

Je suis satisfait du travail accompli sur les assises, mais nous resterons véyatifs et serons là  pour faire avancer et bouger les choses.  Président de Région,  de Dpartement, parlementaires et maires,  nous sommes ensemble pour travailler pour les Guadeloupéens.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Josette Borel-Lincertin, présidente du conseil départemental de la Guadeloupe

"Je me suis retrouvée dans les problèmes puisque le président de la République n'a parlé que de nos problèmes ! C'est vrai que je me retrouve dans le livre bleu puisque nous avons beaucoup travaillé pendant une année sur les assises de la famille donc certaines de nos propositions ont été intégrées dans le livre bleu,  comme le conseil territorial de l'action sociale et de la famille,  la petite enfance...  Je peux dire que à 70 % j'ai retrouvé mes idées. Il a parlé aussi de la vie chère mais par l'autre bout puisqu'il veut d'abord agir sur la surrémunération alors que j'agirais à l'inverse : je regarderais d'abord comment appliquer la loi égalité réelle outre-mer,  les plans de convergence et après nous pourrons envisager de parler de la surrémunération des fonctionnaires. Ce n'est pas parce qu'on plante  un arbre qu'on peut imaginer le goût du fruit !"

Didier Robert, président de Région

"Ce qui m'importe, c'est d'être dans une démarche de croissance durable"

Vous retrouvez-vous dans le discours d'Emmanuel Macron ?

"Je me retrouve parfaitement aujourd'hui dans le discours du président de la République sur certaines de ses orientations. La première c'est que c'est l'entreprise qui crée de l'emploi et donc il y a, dans les filières prioritaires, le tourisme durable, les  énergies renouvelables,  le numérique et l'industrie agroalimentaire, la nécessité de pousser un peu le curseur pour que nous puissions être plus performants  et que les entreprises,  notamment les petites entreprises, soient mieux accompagnées. Le président a par ailleurs réaffirmer l'engagement de l'État sur les grands chantiers réunionnais et en particulier sur le meilleur aboutissement en temps et en heure du chantier de la nouvelle route du littoral. Le troisième sujet, c'est le rayonnement à l'international. Quelle est la place que doit avoir la Réunion dans cet espace indo-océanique pour qu'elle accompagne mieux demain les entreprises à l'export. Il faut faire en sorte qu'il y ait une présence française, réunionnaise mieux affirmée sur le plan économique, sur le plan de l'éducation. Ce sont des sujets clés.

Le président a abordé la continuité territoriale...

L'État sera à nouveau aux côtés de la région Réunion dans le cadre de ce dispositif. C'est une annonce importante pour les Réunionnais qui sont très attachés à ce dispositif qui permet à de très nombreux Réunionnais de pouvoir aujourd'hui se rendre très simplement en métropole dans le cadre de la continuité territoriale libre, dans le cadre de la mobilité.  Ça fait plusieurs années que je plaide pour que l'État soit à nouveau à nos côtés.  L'annonce du président de la République devrait permettre de concrétiser tout cela rapidement.

Il vous reste à élaborer les contrats de convergence et de transformation avec le gouvernement ?

C'est un travail en partenariat que nous avons engagé depuis plusieurs mois avec la ministre des Outre-mer. Elle fournit aujourd'hui un travail consensuel assez remarquable et nous allons effectivement être sur une logique de court terme avec la prochaine loi de finances et puis dans une démarche de moyen et long terme,  nous allons élaborer ces contrats  pour le territoire en particulier sur l'aspect économique.

FXG, à Paris

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 05:12
Jocelyne Béroard intime

ITW Jocelyne Béroard

"J'ai envie de jouer un rôle rigolo !"

Vous venez de donner deux concerts à l'Atrium en Martinique et un à Paris, à la Cigale. Ce sont des salles à taille humaine par rapport aux grandes scènes que vous foulez avec Kassav...

Ca me change beaucoup puisque j'ai l'habitude de grandes scènes ou je fais des allers et venues incessantes...   Là je suis obligé de rester un peu plus statique ! C'est un peu plus dans l'émotion, dans l'intime... Je propose des allées et venues dans la tendresse,  l'excitation,  l'énergie et la réflexion...

C'est plus du domaine du récital ?

Ca reste quand même du grand concert à la Kassav parce que j'ai des musiciens bien énergiques et il y a des morceaux incontournables que les gens ont envie de chanter avec moi ! C'est juste la taille de la scène qui m'empêche de bouger autant ! À l'Atrium, j'avais six danseurs et trois tanbouyés...

Depuis le début de votre carrière, vous avez toujours fait du solo.  Pourquoi ? Est-ce un besoin de ramener un peu la couverture à vous ?

Non, certainement pas la couverture à moi ! Parce qu'avec Kassav, on a appris à être derrière et devant quand il faut...  Je crois que c'est surtout donner aux gens la possibilité d'entendre des chansons qu'ils réclament.  Parce que quand on joue avec Kassav et qu'on ne choisit que 4 ou 5 chansons, on varie les plaisirs ! Quand on a joué pendant trois ans "Mové Jou", on passe à une autre pour la tournée d'après et il y a des gens qui réclament quand même "Mové Jou"...  Là ils ont tous les morceaux qu'ils aiment plus de morceaux à redécouvrir ou à découvrir... J'ai des chansons d'amour, des chansons sur l'enfance handicapée, sur l'Alzheimer, le devoir de mémoire... J'essaie de passer plusieurs choses en revue. Une chanson comme "Ti Tak Isi" qui dit dans son refrain qu'il faut donner un peu d'amour à ceux qui en ont besoin... Il faut s'occuper des gens ! On ne traverse pas sans regarder sur les côtés si quelqu'un n'a pas besoin d'un peu d'attention ! A l'époque où j'ai écrit ça, on commençait à voir pousser plein de buildings, on expropriait les gens pour construire des routes et on les mettait dans des HLM et ils n'avaient plus leur manguier ! C'était un regard sur la solitude des vieux. J'avais écrit ça lors de la mort de ma mère puisque mon père se retrouvait seul... Ce n'est pas l'histoire de mon père, mais celle d'un monde qui va trop vite pour un homme qui a perdu sa femme...

Vous avez dit que la musique avait volé votre vie et que Kassav avait achevé le hold-up. Vous le pensez vraiment ?

(Elle rit) C'est un peu une boutade ! Mais ça n'a pas commencé en boutade parce que vraiment la musique a volé ma vie. Je n'ai quasiment fait que ça, mais pas tout à fait j'ai fait du cinéma aussi. Mais la vie privée, c'est zéro pointé ! Mais ce sont des choix qu'on fait.  Quand on est artiste et qu'on est appelé à être parti tout le temps, faut pas rêver... Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'hommes qui resteraient à la maison à vous attendre et à gérer les enfants !

Tandis que le public vous attend à chaque fois ?

C'est exactement ça ! Un jour où j'étais déprimée, Jacob m'a dit de penser à la secrétaire devant sa machine qui ne va rien lui dire alors que toi ce soir tu chantes devant 10 000 personnes qui vont te dire je t'aime ! Et là,  je suis obligée d'en convenir. On ravale sa peine et on y va !

Le défaut de vie privée que vous ressentez parfois vous donne-t-il un regard particulier sur la détresse des gens ?

Oui, parce que je crois qu'on naît pour faire de belles choses, on ne naît pas pour souffrir. Je ne supporte pas la souffrance de l'autre. C'est impensable qu'on puisse regarder quelqu'un souffrir ne pas au moins donner un peu d'attention,  même si on ne peut pas sauver cette personne, au moins peut-on adoucir sa peine un peu...

Cette année vous avez encore du temps pour vous,  mais 2019 va sonner leur des 40 ans de Kassav. Que préparez-vous ?

Ce ne sera pas un stade de France ! Ce sera une grande salle, mais nous annoncerons tout ça au mois d'août.

On murmure que vous écrivez un livre, vous confirmez ?

C'est vrai... C'est un peu une bio au départ... C'est-à-dire d'où je viens, comment j'ai fait pour arriver dans Kassav et puis ma vie dans Kassav... Et puis, c'est aussi ce que Kassav m'a apporté, toutes les ouvertures que j'ai eues, où je suis allée...

Grâce à Kassav, cela a-t-il été plus facile de faire du cinéma ?

Plus facile, certainement pas parce qu'il n'y a jamais eu vraiment de rôle pour nous. Le premier rôle que j'ai eu au cinéma,  c'est avec Euzhan Palcy dans "Siméon". C'était l'histoire-fiction de Kassav...  Après les gens vous voient sur scène, ils voient votre façon de chanter et ils se disent que vous pouvez peut-être faire du cinéma... Après "Siméon", ça a été "Neg maron", puis "Rose et le soldat", "Le gang des Antillais" et "Le rêve français"... J'ai fait aussi des courts-métrages.

La chanson vous a-t-elle aidé à devenir comédienne ?

Oui, parce qu'en fait avec des chansons sur une scène, on raconte des histoires et et automatiquement les gens doivent y croire.  Le mot qu'on dit, si on a envie qu'ils l'entendent,  il faut trouver la façon juste de le dire et c'est à peu près la même chose cinéma.  La personne qui est en face doit recevoir l'émotion pure,  vraie.

Y'a-t-il un rôle dans vous rêvez ?

J'ai justement un scénario à lire... C'est vrai que notre cinéma est jeune, qu'il n'y a pas beaucoup de scénario qui ont la possibilité d'être tournés parce que financièrement ça coûte extrêmement cher et quand on monte en âge, les possibilités de rôle se réduisent : on est maman, marraine, tante, grand-mère... Souvent dans les films de chez nous, les auteurs veulent toujours raconter une histoire sur la situation du pays, sur le passé et je me suis souvent retrouvée à jouer celle qui fait la morale, celle qui se bat, qui ramène les gens à une réflexion... J'ai envie de jouer un rôle rigolo ! Je me verrais bien jouer une grand-mère déjantée qui fait des coups avec sa petite fille ou son petit-fils... Un truc plus marrant, plus frais, moins austère ! Sur scène, je suis pleine de fantaisie !

Où en est votre projet de 4e album solo ?

J'y pense toujours. J'ai des idées jetées à droite et à gauche mais ça peut complètement changer en fonction de ce qu'on me donnera mélodiquement.

Si vous deviez changer de vie, que choisiriez-vous ?

Reprendre mes pinceaux ! J'aimerai bien reprendre la peinture...  En fait, je suis entre deux feux puisqu'il y a d'un côté la peinture classique et de l'autre la peinture sur ordinateur. Je commence à m'y mettre je trouve ça assez rigolo ! Quand j'étais jeune, j'ai commencé à faire les beaux-arts et je faisais beaucoup de dessin, mais les vrai pinceaux, ça me donne vraiment envie. Je vais devoir attendre que les 40 ans de Kassav soient passés !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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