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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 02:39
Légine australe

La nécessaire éco-labélisation des pêcheries de légine

Le syndicat des armements réunionnais des palangriers congélateurs (SARPC) est le premier et le seul groupement labélisé MSC (Marine Stewardship Council) à la Réunion.

Deux pêcheries de légine australe ont été certifiées en 2013 (Kerguelen) et 2016 (Crozet). Pour cela, le SARPC a d'abord organisé des campagnes d’évaluation du stock afin de mieux comprendre la biologie de cette espèce à croissance lente et grande longévité. "Il y a, sur tous ses bateaux, explique Margaux Favret, responsable pêcheries pour le MSC France, des observateurs embarqués qui récoltent des données sur le poids, la taille et l’âge des captures afin d’alimenter un modèle d’évaluation. Ces informations ont permis d’adapter les pratiques de pêche et d’imposer une taille minimale de capture de 63 cm, pour laisser les individus non matures se reproduire." Les quotas ont également été fixés de façon à laisser un stock important de géniteurs et assurer le renouvellement de l’espèce. La légine étant un poisson très convoité, la pêche illicite a pu être éradiquée grâce aux importantes mesures de la commission pour la conservation de la vie marine en Antarctique (CCAMLR) et des armateurs : en plus d’une surveillance satellitaire, un navire de la marine nationale œuvre 250 jours par an et un bateau de surveillance, financé en partie par les armateurs, tourne 150 jours par an.

Un marché concurrentiel

"Les sept armements qui composent le SARPC sont concurrents, explique Delphine Ciolek, secrétaire générale du SARPC, mais nous avons souhaité faire une demande d'éco-labélisation dans une démarche commune. Nous avons regardé ce qu'il y avait à bord des sept navires, comparé les pratiques, ce qui n'avait jamais été fait avant. Et tout ça a été positif pour faire évoluer les pratiques des pêcheurs dans un sens plus durable."

Le SARPC exporte la légine aux États-Unis  et vers les pays d'Asie. "Certains clients, poursuit Delphine Ciolek, ne veulent acheter que du produit labellisé MSC. Si on veut continuer à vendre il faut avoir le label !"

La demande est telle pour les produits de la mer durable que sans ce label, il leur serait difficile de maintenir les marchés existants et d'en ouvrir de nouveaux. "En Allemagne et en Scandinavie, confirme Margaux Favret, il y a une très grosse demande pour les produits éco-labélisés et le label MSC est aujourd'hui une clé d'entrée chez de nombreux distributeurs. En Europe du Sud comme en France par exemple, la demande est extrêmement croissante depuis quatre ans et on observe la même tendance en Amérique du Nord..."

Le renfort des scientifiques

Les scientifiques du muséum évaluent la ressource. "C'est le coeur de la certification pour avoir une pêcherie durable, explique Christophe Guinet, directeur du centre d’études biologiques de Chizé à l'université de la Rochelle-CNRS qui, de son côté, a aidé les pêcheurs réunionnais à lutter contre la déprédation. "Les orques sont attirés par le bateau de pêche qui a des légines au bout de ses lignes ; ils viennent manger directement sur les hameçons et cela peut avoir un impact sur la gestion de la ressource." Ils ont quantifié la part de surconsommation par les cétacés et, surtout, ils ont mis en place des solutions avec les armements pour limiter ces déprédations. Pour réduire la mortalité des pétrels, ils ont recours à des lignes lestées et blanches...

Aujourd'hui 100 % des pêcheries françaises certifiées ont choisi, à l'instar du SARPC, de rentrer en réévaluation au bout de cinq ans. "Ça veut dire qu'ils y trouvent tous un bénéfice, souligne Margaux Favret. Ça peut être directement monétaire, mais aussi en termes d'image et d'amélioration environnementale. Et sur le long terme, ça assure la pérennité de leur activité."

Le SARPC devrait voir son éco-labélisation renouvelée pour les deux zones au premier trimestre 2019.

FXG, à Paris

Investissements

Depuis la création de la filière dans les années 2000, 75 M€ ont été investis notamment pour disposer de navires adaptés aux conditions de mer extrêmes pour l’activité, la sécurité et le confort des équipages.

150 M€ d'investissements futurs sont programmés sur l’activité légine (auxquels il faut ajouter les investissements sur les autres activités de pêche développées de manière connexe par les armements - tant dans l’océan Indien, qu’en France métropolitaine et à Saint Pierre et Miquelon), en terme de : remplacement de navires, réparation navale, développement du marché local.

Emplois (source Rinzen, méthode INSEE)

En 2017, la pêche à la légine a permis d’assurer l’existence de 2 144 emplois français, dont 785 emplois directs. En 10 ans, les emplois consacrés à la pêche de légine ont progressé de 70% (soit une croissance annuelle de 5% - contre 1,1% pour l’économie réunionnaise) ;

Au vu du contexte international, si les armements disposent pour la campagne à venir (2018-2019) de quotas équivalents à cette saison, les activités permettront de maintenir 2 144 emplois français (2 783 emplois au total). Soit pour l’Ile de la Réunion, 720 emplois directs, indirects et induits français.

Sur le long terme, la stratégie de développement des armements permettra de créer près de 1 000 emplois à l’horizon 2025 sur le territoire local et national.

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 04:46
Polar en Gwada

"Soleil de fiel", un polar à la sauce Gwadloup

Jean Favreau, chef d’entreprise en vue, est retrouvé égorgé dans la marina de Pointe-à-Pitre. Entre Pascaline, sa femme handicapée, Carmen, son énigmatique secrétaire, ses maîtresses vénales et ses copains de bordée, envieux de sa réussite, toutes les pistes sont soigneusement explorées dans l’espoir de démasquer le coupable. Mais, quand les témoins disparaissent un à un, la tâche s’avère plus compliquée que prévu pour les deux enquêteurs du Morne Vergain.

Après "Soleil coquin", son premier polar publié par Jets d'encre, Manu Queffelec, entrepreneur en retraite, réédite ses exploits de romancier policier avec "Soleil de fiel" chez le même éditeur. Si son premier livre mettait en scène la mort de trois notables, l'un à Petit-Bourg, le deuxième au Gosier et le troisième à Sainte-Anne, et un club de rencontres, Soleil coquin, cette fois, Manu Queffelec a voulu revenir sur des platebandes qui lui sont plus familières, en mettant en scène l'assassinat de Jean Favreau, directeur de l'entreprise Agrochim, spécialisée dans les produits phytosanitaires et le désormais honni round up. De 1986 à 2000, Manu Queffelec a dirigé une entreprise de jardinerie, Jardi Jarry, et, depuis qu'il a regagné Carquefou en Loire-Atlantique pour y vivre sa retraite, il soigne sa nostalgie guadeloupéenne en écrivant des polars. "Je me téléporte en Guadeloupe en écrivant !" L'auteur connaît bien le milieu qu'il décrit, celui de la bourgeoisie tant locale que métro, qui partage son temps entre la Riviera, de Saint-François au Gosier, ou des hauteurs d'Arnouville à Vernou, et la zone industrielle de Jarry. A cela, il ajoute les deux piments essentiels que sont le fric et le cul pour, au final, offrir à ses deux héros du SRPJ, le Breton Le Guenec et le Martiniquais Linon, dits les Siamois, une enquête à leur mesure. "Soleil de fiel" a été sélectionné parmi les six ouvrages finalistes du prix du Quai des orfèvres 2017. "Je ne sais pas où je vais quand j'écris, raconte l'auteur, je remplis des pages, trente ou quarante, pendant trois ou quatre mois et ça me donne le squelette. Après je mets des ramifications... Je passe bien plus de temps à peaufiner l'histoire qu'à l'écrire." A la lecture de son polar, on reconnaît des lieux, des bars, des restaurants, on reconnaît certains faits divers et on reconnaît même des gens. Mais même sous la torture, Manu Queffelec ne balancera aucun nom, sauf peut-être celui de Théo Timon, son copain qui était commandant à la brigade financière de la PJ et qui a inspiré l'un de ses héros, Linon.

A peine cet ouvrage publié, Manu Queffelec est déjà sur un troisième roman dont le décor sera celui de l'arrivée de la Route du Rhum. Sortie prévue au premier semestre 2019. Adan dot Soley !

FXG, à Paris

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 04:16
Un livre sur les yoles

Edouard Tinaugus signe un livre sur les secrets des yoles

"Le terme yole, issu du norvégien jol (« canot ») désigne une embarcation étroite, effilée, légère et très rapide, de faible tirant d’eau et généralement mue par des rameurs. Aux Antilles, la yole dotée de voiles a d'abord été utilisée  sur la côte est de la Martinique par les pêcheurs en remplacement du gommier (...) La yole a l’avantage d’être plus maniable et plus rapide." Avec "La Yole de Martinique", Edouard Tinaugus, auteur prolixe qui avait déjà commis un album de photos consacrées à la yole ronde (La sagesse du yoleur, 2014, édilivre), offre cette fois un ouvrage plus érudit, plus scientifique pour raconter l'histoire de cette embarcation dont le nom reste attaché à l'identité martiniquaise. Il la fait remonter aux débuts de la colonisation, au XVIIe siècle quand elle n'était qu'un "instruments de bordage au service des navires du roi, des bateaux négriers et de ceux du commerce qui mouillaient dans les rades et anses de la Martinique". Peu à peu, Les charpentiers navals profilent la structure des yoles. Etambot à engrenage à l'arrière, étrave à tête de chien à l'avant... Puis les bois dressés pour stabiliser la yole, la pagaie à tête pour la diriger, le faux mât, etc. Pour révéler les secrets de la yole ronde, Edouard Tinaugus est allé chercher les savoirs de spécialistes tels Fernand Bellemare, du Robert, Alain Rezars de Wouves et Joseph (Athon) Mas, du François. On y apprend encore que les courses de yole ont commencé dans les années 1930 et que le premier tour des yoles rondes de Martinique est parti en 1985.

Ce livre s'adresse à tous les amateurs de yoles, mais également aux curieux qui veulent en savoir plus sur ce bateau que nombre de Martiniquais verraient avec joie intégrer le patrimoine mondial de l'UNESCO. Le livre est distribué par l'éditeur SCITEP et sa librairie en ligne.

FXG, à Paris

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27 juillet 2018 5 27 /07 /juillet /2018 06:38
Retour au pays des fonctionnaires originares d'Outre-mer

Olivier Serva a bouclé sa mission sur l'emploi local des fonctionnaires

Le député LREM de Guadeloupe, Olivier Serva, sera reçu ce vendredi après-midi par le Premier ministre en présence d'Annick Girardin, ministre des Outre-mer. Au menu de cette "réunion de travail" à Matignon, le rapport de mission pour « la valorisation et l’attractivité de la fonction publique ultramarine » dont Olivier Serva a été chargé par Edouard Philippe. D'après ce qu'a confié Olivier Serva à nos confrères de Radio 1 en Polynésie française, où il s'est rendu la semaine dernière, il s'agirait d'instaurer un système à points pour « objectiver » les centres d'intérêt matériels et moraux (CIMM), de supprimer l’indemnité d’éloignement versée aux fonctionnaires métropolitains et de créer une « bourse de l’emploi public local ».

Alors que ce sujet mobilise depuis de nombreuses années les fonctionnaires de police regroupés au sein du collectif GPX Ultramarin, que l'ancien député PS de la Réunion, Patrick Lebreton avait déjà pondu un rapport sur la question, que la priorité du retour dans leurs territoires des fonctionnaires ultramarins était affichée dans la loi "Egalité réelle Outre-mer", cette problématique demeure encore sans solution réelle pour les intéressés.

Olivier Serva, qui préside la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale, propose donc d’ « objectiver la mesure de l’intensité du CIMM » par un système à points. Ainsi les fonctionnaires originaires des territoires ultramarins pourraient engranger des points à chaque année passée en métropole et ainsi devenir prioritaires pour une mutation dans leur territoire d’origine.

Pour faciliter le retour des agents de la fonction publique chez eux, il faut aussi que les postes en outre-mer soient moins attractifs. C'est pourquoi M. Serva propose purement et simplement de supprimer l’indemnité d’éloignement.

Cette indemnité est attribuée aux fonctionnaires métropolitains mutés dans les territoires des Outre-mer, mais pas aux Ultramarins en service en métropole. « Cela avait un sens, a expliqué le député à nos confrères polynésiens, quand il y avait 30 ou 45 jours de bateau... » A l'inverse, Olivier Serva veut instaurer une bonification pour les ultramarins qui doivent partir en formation en métropole.

Enfin, pour permettre plus de mobilité entre les différentes fonctions publiques (Etat, Hôpital, territoires), Olivier Serva propose qu’une « bourse de l’emploi public local » ouverte à tous les fonctionnaires leur permette de postuler à des offres d’emploi dans les trois fonctions publiques sur un même territoire.

A l'issue de ce rendez-vous, Edouard Phillipe devrait rester seul avec sa ministre des Outre-mer pour un entretien dont le sujet n'a pas été rendu public.

FXG, à Paris

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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 07:35
Mormeck et les étudiants

Mormeck cherche 3000 billets d'avion

Jean-Marc Mormeck, délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, réfléchit à un dispositif au mérite pour aider les étudiants  originaires des territoires d'Outre-mer en formation dans l'Hexagone à rentrer plus souvent chez eux. Des négociations seraient en cours auprès d'une compagnie aérienne, mais également des collectivités territoriales et des entreprises pour financer 3000 billets d'avion par an. Jean-Marc Mormeck devrait en dire un peu plus long sur ce projet le 22 septembre prochain à l'occasion du forum étudiant organisé par sa délégation au ministère des Outre-mer.

FXG, à Paris

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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 07:32
Mouvement en perspective à France Ô

Jean-Philippe Pascal pressenti pour succéder à Wallès Kotra à France Ô

Après l'annonce par le Premier ministre de la fin de France Ô sur le canal hertzien et la TNT, le directeur exécutif du pôle Outre-mer, Wallès Kotra, devrait retourner en Nouvelle-Calédonie. Ce départ devrait intervenir début 2019, après le référendum calédonien du 4 novembre. Wallès Kotra retrouverait la direction régionale de Nouvelle-Calédonie La 1ère, poste qu'il avait laissé pour rejoindre l'équipe de Delphine Ernotte-Cunci en 2016. Visiblement, il préfère diriger une petite antenne locale de France télévisions dans le Pacifique (chez lui !) plutôt qu'un des futurs sites internet pilote de l'audiovisuel public. Pour le remplacer à Paris, le nom du Guadeloupéen Jean-Philippe Pascal, actuellement directeur régional de Nouvelle-Calédonie La 1ère, est évoqué.

FXG, à Paris

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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 05:58
Lyanaj Corée Guadeloupe à Avignon

Gilbert Laumord joue avec des Coréens

La dernière fois qu'on avait vu Gilbert Laumord jouer à Avignon, c'était en 2007 au théâtre du Balcon. Il brillait dans une pièce écrite par Maryse Condé, "Comme deux frères". Cette fois, le revoilà escorté par des comédiens coréens pour donner la pièce : "Sak a lita lou". Litha, partie en drive pour échapper à sa condition de fanm potomitan, rencontre la mort sous les traits d'un beau jeune homme, Bazil, qui l'invite à danser avec lui la dernière danse. Litha accepte mais s'adjoint  des armes poétiques pour reculer sans cesse l'instant fatidique. Aidée en cela par Aimé Césaire et Edouard Glissant, la négritude et le chaos-monde, Litha va démontrer que la mort n'est pas "finitude", mais  mais "ouvre un cycle nouveau fait de bouleversement perpétuel, d'imprévisible, d'imprédictible, de tremblement qui nous unit dans l'absolu diversité en un tourbillon de rencontre". Et pour accuser le trait glissantien, Gilbert Laumord est allé faire un lyanaj avec les Coréens ! "En mars 2017, raconte le Guadeloupéen,  j'ai répondu à une invitation d'un professeur de la Korean national University of arts (K'arts), un établissement qui forme des comédiens et des techniciens au théâtre et au cinéma." Ce professeur qui l'invitait était venu en Guadeloupe et l'avait vu au festival des Abymes présenter une de ses créations. Quand il a pris son poste à Séoul, en Corée, Laumord a reconnu dans le directeur du département de théâtre qui était aussi doyen, Junho Choe, quelqu'un qu'il avait déjà rencontré à Avignon. Les deux hommes ont pris langue. "Nous avons continué à développer notre lien d'amitié, mais je venais d'écrire une pièce, "Le sac de Litha", et c'est lui qui m'a proposé de la monter à l'université avec nos étudiants." Après une version initiale entièrement coréenne, Gilbert Laumord a voulu aller plus loin et inviter des artistes  guadeloupéens.  "Je n'ai pas pu réaliser ce projet dans le créneau de mon intervention à la K'arts, mais j'ai réussi à faire en sorte que ça se fasse après..." Cet après a été rendu possible grâce à l'invitation du TOMA qui a permis à sa compagnie de théâtre Siyaj de devenir co-productrice avec la K'arts et le TOMA.

Universalité des codes du théâtre

"J'ai voulu m'intéresser à ce qui nous unit plutôt qu'à ce qui nous sépare. La Corée représente une culture millénaire et nous sommes une culture toute jeune... Ma première réaction a été de me dire : mais comment allons-nous faire,  surtout en théâtre où l'on doit passer par la langue... C'est un défi qu'on a relevé avec beaucoup de joie et de bonne volonté parce que ça a été d'abord une rencontre d'êtres humains. Nous sommes entrés dans une histoire théâtrale où l'on entend le coréen, le français et le créole." Avant le festival d'Avignon, la chanteuse et comédienne Lucille Kancel, les comédiennes Mo-Eun Kim, Ga-Ae Moon, les comédiens Seung-Hhyeok Lee, Yu-Wong Lee et les musiciens compositeurs Young-Suk Choi, Christian Laviso et Didier Juste ont joué deux fois "Le sac de Litha" dans un festival en Corée, ce qui leur a permis de vérifier l'universalité des codes du théâtre. Après Avignon, ils retourneront jouer en Corée en février 2019 avant de venir en Guadeloupe et en Martinique en avril-mai 2019 et en novembre 2019 en Haïti.

FXG, à Avignon

Au théâtre de la chapelle du Verbe incarné, 21 rue des Lices, jusqu'au 28 juillet à 15 heures

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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 06:51
Un pièce guyanaise à la chapelle du verbe incarné

La forêt des illusions au Off d'Avignon

Pour la vingtième édition du Théâtre des Outre-mer en Avignon (TOMA), la scène de la chapelle du Verbe incarné accueille "La forêt des illusions", la pièce du Guyanais Grégory Alexander.

Un enfant s 'enfonce dans la forêt et croise la route de Maskili, maman Dilo, Massala et du grand caïman, toutes créatures sorties des contes et histoires fantastiques que lui contait sa grand-mère... Cette forêt fait écho à la nuit intérieure de l'enfant et cette forêt transformera l'enfant qui ose la pénétrer... Plus qu'une mise en scène,  Grégory Alexander a voulu faire de ce spectacle une expérience dramatique, plastique, numérique et musicale et dans ses lignes de forces, on ressent les événements de février et mars 2017. "J'ai écrit ce spectacle pendant le mouvement social et, dans mon écriture, j'ai pris le parti de raconter une histoire avec la culture en fil rouge, la culture qu'a laissé la grand-mère au héros, la culture qui soutient le parcours de l'enfant tout le long du spectacle.  Sans cette culture qu'elle lui a légué à travers les contes, l'enfant se serait paumé dans cette forêt et encore, à la fin,  on ne sait pas trop..."

La création musicale de Sylvain Santelli et l'univers graphique de Marion Chombart de Lauwe participent à désorienter celui qui participe à cette expérience, le spectateur. "Il y a une forme de radicalité à défendre cette chose là", soutient l'auteur.  A cause du "nou gon ké sa ?" "À cause de beaucoup de choses entendues assez clivantes pendant la période. Alors on a réagi à notre manière, de manière artistique."

Un élève du TEK sur scène

Sur scène, côté cour, un ancien élève du théâtre école Kokolampoe, Devano Bathooe, kalina par sa mère, hindou-créole par son père, parlant six langues, il représente cette Guyane contemporaine. Côté jardin, Anne Meyer, une danseuse et chorégraphe avec laquelle Grégory Alexander a déjà collaboré en dansant pour elle dans "Les bords sombres" et encore en jouant dans "Aquazonia" à  la Porte dorée à Paris. "Quand on travaillait ensemble, raconte Grégory Alexander (photo ci-contre), je me suis dit que c'était évident qu'elle viendrait au théâtre.  Son travail chorégraphique est empreint de théâtre.  Elle est de la mouvance de Pina Bausch qui a créé des ponts..." Alors, quand on demande au metteur en scène si on peut parler pour sa pièce d'un "forest movie theater", il éclate de rire : "D'une certaine manière, oui, c'est ça ! Oh Bon Dié  ! An chimin e koté to pitit ka monté montagne épi piti piti ka rivé !"

FXG, à Avignon

Au théâtre de la chapelle du Verbe incarné jusqu'au 28 juillet, à 13 h 35

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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 06:44

La justice donne raison à L'Humanité contre la famille Huyghes-Despointes

La 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris n'a pas donné suite aux poursuites en diffamation contre le journal L'Humanité par les frères Jean et Martin Huygues-Despointes. Ceux-ci avaient saisi la justice suite à la publication d'un article publié le 22 octobre 2015 et intitulé : « Guadeloupe, quand les patrons se voient maîtres. » Ce papier faisait état du conflit opposant le syndicat CGTG à la direction de l’hypermarché Milenis qui appartient à la famille Despointes. Alors qu'en 2012, l’enseigne annonçait un plan de licenciement de 28 salariés arguant de difficultés économiques, la CGTG révélait que non seulement Carrefour Milenis ne connaissait aucune difficulté financière, mais au contraire, qu'elle aurait dû verser à ses salariés une participation pour les deux années précédentes. Et pour le dénoncer, la CGT distribuait des tracts ciblant les propriétaires de Milenis : « La famille Despointes a bâti toute sa fortune sur la traite négrière, l’économie de plantation et l’esclavage salarial. » Les frères Huyghes-Despointes ont porté plainte contre la CGTG et contre l'Humanité qui avait repris ces propos. Si la cour d'appel de Basse-Terre a déclaré la CGTG coupable de diffamation, la condamnant à payer 53 472 euros en amendes et en frais de justice, la 17e chambre de Paris, celle de la presse, a jugé les choses tout autrement en considérant que, « à partir d’un jeu de mots sur le terme de “maître”, l’article développe l’idée d’un parallèle entre l’esclavage et le salariat, entrant dans un débat sociologique, voire ethnologique et idéologique, au terme duquel il est considéré que la domination des maîtres à la base de l’esclavage se poursuivrait par la domination capitaliste, “l’esclavage du salariat” ». Concernant la « mainmise sur l’économie du pays », une autre occurrence attaquée par les Huyghes-Despointes, là encore la juridiction parisienne donne raison à l'Humanité : « L’auteur de l’article, explique le jugement, se borne à exprimer son opinion critique sur un modèle économique, dans la ligne éditoriale de l’organe de presse, et n’impute aucun fait précis ou de nature à porter atteinte à l'honneur ou considération comme constitutif d’une infraction ou d’un acte contraire à la morale commune. »

A la suite de ce jugement, Elie Domota, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), a déclaré à l'Humanité (édition du 17 juillet) : « Je me demande si un tribunal, en Guadeloupe, aurait pris une telle décision. Depuis toujours, il y a une connivence manifeste entre le patronat, singulièrement blanc péyi et béké, et la justice coloniale. Très souvent, ces gens-là sont mis en cause, et les tribunaux trouvent un moyen de les disculper. »

FXG, à Paris

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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 06:12
Des assises de dingue pour France Ô et les impôts !

Des assises de dingue pour France Ô et les impôts !

Delphine Ernotte face aux salariés de France Ô

Delphine Ernotte, pdg de France Télévisons s'est rendue au siège de France Ô le 19 juillet après-midi après l'officialisation par le Premier ministre de la fin de France Ô sur la TNT et le réseau hertzien.

Devant l'ensemble du personnel, la présidente a essayé de rassurer des troupes sonnées par la brutalité de la décision quand la commission de concertation disait encore il y a dix jours que rien ne serait décidé avant la fin de l'année... "Il y a une violence à arrêter une chaîne, a lancé à ses troupes, Wallès Kotra, directeur du pôle outre-mer des la télé publique, surtout quand c'est la chaîne de ceux que l'on ne voit pas." Si les ministres de la Culture et des Outre-mer ont promis la création d'un groupe de travail avec les parlementaires des délégation outre-mer des deux assemblées pour écrire un nouveau cahier des charges à partir de la rentrée de septembre, Delphine Ernotte entend déjà passer à l'étape suivante : "Le cahier des charges, a-t-elle dit aux salariés, je crois qu'on l'a...(...) Comment dès 2020, faire en sorte que les territoires d'Outre-mer soient autant représentés que le reste des territoires ? Comment faire pour que les Outre-mer ne soient pas à part ?" Elle annonce donc une "révolution à faire dans toute la maison France télévisions", car cette mutation vers le numérique implique des transferts de métiers, de compétences, de financements... A Malakoff, siège de France Ô, il y a d'une part la chaîne France Ô mais également la tête de réseau de toutes les chaînes La 1ère. Tous les salariés ne sont pas menacés de licenciement, assure Mme Ernotte qui rappelle que tous sont des employés de France Télévisions. "Sauf les intermittents", lui a-t-on opposé.

Accent créole ou polynésien malvenu

Quant à faire voir des sujets d'outre-mer dans les journaux télévisés de France 2 et France 3, tous semblaient en douter : "Ils ne veulent même pas sur France 2 et France 3 d'accent créole ou polynésien..." Mme Ernotte s'est appuyée sur la nouvelle ligne éditoriale développée sur France Info télévisions pour contrecarrer ce sentiment. Elle a même annoncé au côté du futur directeur des programmes, la nomination d'un "directeur des contenus outre-mer". Face à ce qui a été ressenti par la plupart des salariés présents comme un "coup de massue", la présidente a déclaré : "Comment met-on en oeuvre un avenir qui ne se résume pas à des suppressions de chaînes ? Il faut qu'on envisage un avenir qui n'est pas le média traditionnel tel qu'on l'imagine aujourd'hui."

Quelques rares voix parmi les professionnels, tel le réalisateur François Dubreuil, pensent même que c'est une chance : "France Ô va devenir comme France 4 une chaîne numérique expérimentale pour accompagner la mutation numérique du groupe France Télévision !" Exemple à l'appui, il ajoute : "La pièce de théâtre Double dont j'ai réalisé la captation, après une diffusion sur France Ô, a très bien marché sur culturebox, la chaîne numérique de FTV..." Un point de vue qui semble ne convaincre pour l'heure que les moins de 30 ans.

FXG, à Paris

Des assises de dingue !

Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron disait n'avoir aucune idée précise de son programme pour les Outre-mer. Il misait alors tout sur les assises qu'ils se promettaient d'organiser une fois élu afin de faire émerger des territoires des idées, le "bottom up" cher au nouveau monde du président Macron ! Aujourd'hui que ces assises sont terminées et que le livre bleu outre-mer est publié, il semble que plus que le bottom up, ce soient les idées du président Macron qui aient émergées : la bascule de France Ô sur le numérique, la minimisation de l'abattement de l'impôt sur le revenu, la fin de la TVA NPR, les menaces sur les congés bonifiés et sur la sur-rémunération des fonctionnaires... Même les députés LREM d'outre-mer comme Lénaïck Adam (Guyane) et Olivier Serva (Guadeloupe) ou la députée Modem Maud Petit sont contre la bascule de France Ô... Mais leur champion, Emmanuel Macron ne propose ni plus ni moins pour les outre-mer qu'un "changement de paradigme" ; il ne nous avait juste pas prévenu que ce serait des assises de dingue !

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