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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 06:40

Georges Patient à contrepied des sénateurs Mahorais

L'examen de la loi "Asile immigration" va commencer le 19 juin prochain au Sénat. Les deux sénateurs mahorais, Abdallah Hassani et Thani Mohamed Solihi, qui siègent tous deux au groupe LREM, ont proposé un amendement qui révise le droit du sol. Ainsi, ils souhaitent que avoir la nationalité française, un enfant né à Mayotte doit avoir au moins un de ses parents qui réside sur l'île depuis trois mois. Le collègue au sein du groupe LREM, Georges Patient fait savoir son opposition à cet amendement en justifiant sur son compte twiter : "Extension à la Guyane plurielle? Je dis non."

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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 19:19
Graj au 100 rue de Charenton

Bokantaj sé graj pour la fête de la musique

Jean-Benoît Desnel, l'éditeur, Patrick Nupert, artiste et producteur de « Kaphonic Pwod », Théo Lubin, activiste et homme de radio, et Frederic de Beauvoir, le directeur du  100 ecs, l'établissement culturel solidaire situé au 100 de la rue de Charenton dans le 12ème arrondissement  (métro et RER gare de Lyon) offrent un programme donc l’accès est libre et gratuit ce 21 juin.

Autour de la musique et de la littérature, aura lieu un débat prévu en tout début de soirée, à 18 heures, où interviendront Suzanne Dracius, Jean-Jacques Seymour, Pierre Pastel, Pascal Kondo, Samuel Légitimus (les spécialistes regretteront l'absence du romancier et poète Jymmi Anjoure-Apourou qui n'est pourtant jamais loin quand Patrick Nuppert est dans le coin. Quoiqu'il en soit, il va se passer quelque chose !

Le thème du débat entrera en résonnance avec l’écho de l’actualité récente – celle qui a mené le musicien de jazz créole Franck Nicolas à faire une grève de la faim - la visibilité de nos musiques et sans doute aussi de nos littératures d’Outre-mer. Ce débat sera animé par la journaliste Gabrielle Lorne. Max Cilla offrira ensuite un concert qui donnera à certains l'occasion de découvrir le joli son de la flûte des mornes…

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15 juin 2018 5 15 /06 /juin /2018 05:15
Léon Bertrand en cassation

Cassation : Léon Bertrand sera fixé le 12 septembre

C'est en conseil restreint, c'est-à-dire en dehors de tout public, que la Cour de cassation a examiné hier matin le pourvoi de Léon Bertrand contre l'arrêt de la cour d'appel de Basse-Terre. Le maire de Saint-Laurent du Maroni et président de la communauté de communes de l'Ouest guyanais a été condamné en mars 2017 par la cour d'appel de Basse-Terre à trois ans de prison ferme, trois ans d'inéligibilité et 80 000 euros d'amende. Un précédent arrêt de la cour d'appel de Fort-de-France, en date du 4 octobre 2014, l'avait déjà reconnu coupable et condamné à 20 mois de prison dont quatre avec sursis, deux ans de privation de droits civiques, civils et familiaux et 80 000 euros d'amende. Léon Bertrand avait alors attaqué l'arrêt de Fort-France et, en mars 2017, la Cour de cassation, reconnaissait l'homme politique définitivement coupable de favoritisme et de corruption passive pour des faits survenus du 1er janvier 2003 au 31 décembre 2004, à l'époque où Léon Bertrand était aussi ministre délégué au Tourisme du gouvernement Raffarin, mais elle renvoyait l'affaire devant la cour d'appel de Basse-Terre, à charge pour ses magistrats de le rejuger afin de redéfinir le quantum des peines qui n'avait pas été correctement motivé à Fort-de-France.

Hier matin à Paris, après l'audience publique de la chambre criminelle en formation ordinaire, le président a fait évacuer la salle avant réunir la formation restreinte (le président, un conseiller, l'avocat général et la greffière) devant laquelle a été examiné le pourvoi de Léon Bertrand. La Cour rendra son arrêt le 12 septembre.

FXG, à Paris

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14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 08:13

L'Europe à découvrir pour les jeunes d'Outre-mer

15000 « pass voyage » seront attribués à des jeunes européens pour voyager en train pendant ces grandes vacances en Europe,  entre le 9 juillet et le 30 septembre, dans quatre pays différents. Alors que jusque là, rien n’était prévu pour les jeunes ultramarins, la Commission européenne a défini des conditions spécifiques d’accès au programme « discover EU » pour les jeunes ultramarins. Il aura fallu piur cela l'intervention de l'eurodéputé Younous Omarjee et le relais de la commissaire Violeta Bulc.

« L’Union européenne, se félicite l'eurodéputé, a prévu en plus de la prise en charge des billets de train, des règles spécifiques pour la prise en charge des  billet d’avion aller-retour entre les outremers et le continent. » Pour l'heure, le règlement ne précise pas si la prise en charge du billet d’avion est totale ou partielle. Il n'empêche que les premiers demandeurs seront les premiers servis jusqu’à épuisement du quota annuel par pays. Pour en bénéficier, de ce pass, tout jeune né entre le 2 Juillet 1999 et le 1er Juillet 2000 doit soumettre sa candidature en ligne du 12 au 26 juin 2018 sur le site :http://europa.eu/youth/discovereu_fr

Il appartient à chacun de définir un projet, seul ou en groupe (maximum 5 jeunes), avant de suivre les différentes étapes de la procédure. Il s'agit de répondre à 5 questions liées à l’"Année européenne du patrimoine culturel 2018" et aux Initiatives de l’UE en faveur des jeunes, puis à une question subsidiaire, qui permettra à la Commission européenne de classer les candidatures si leur nombre était trop important.

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 06:59
Thierry Lauzéa et Gérard Somerard

Thierry Lauzéa et Gérard Somerard

Lauzéa se met au parfum

"Quand nos clients entrent dans nos magasins,  la première émotion qu'ils ressentent, c'est l'olfactif,  après ils voient que c'est beau. Ce n'est qu'à la fin qu'ils passent au goût !" Thierry Lauzéa a donc demandé à un nez de sublimer ce sens de l'olfaction. Ce nez, c'est Jean-Charles Somerard, artiste parfumeur de la maison Sévessence, qui a présenté son oeuvre, lundi soir à Paris à l'hôtel Prince de Galles. Jean-Charles Somerard a été séduit pas la collection des chocolats Lauzéa avec leur dimension haut de gamme et il a compris qu'il s'agissait de rendre hommage à l'esprit et à l'âme caribéenne. "J'ai rencontré les chocolats de Thierry Lauzéa, raconte-t-il, mais aussi ses pâtes de fruit,  c'est tout ça qui m'a nourri pour créer un rituel parfumé,  un parfum qui est vraiment l'ADN de Lauzéa,  son égérie aromatique."

Pour faire ce parfum corporel, Jean-Charles Somerard est parti sur des accords frais avec une note de tête fruit de la passion, acidulée, fraîche et pétillante. "Ca donne envie d'aller de l'avant, détaille le parfumeur ! J'ai une petite cardamome légère et épicée. Le coeur se veut un peu ylang ylang, orchidée noire, et rose freezia avec ses notes florales et élégantes. Le fond est boisé avec un patchouli un peu rebelle, terreux, et bien sûr le chocolat qui est le roi ! C'est la cabosse du chocolat, amère, brute... Une petite vanille des îles, gourmande et langoureuse et une fève tonka qui est appettante ! C'est donc un parfum gourmand, nourricier qui rend hommage aux îles, à la Martinique forcément puisque Ichali !"

Eau de parfum, roll on et baume... Cette petite gamme cosmétique Ichali by Lauzéa, tire son nom des Amérindiens qui nommaient ainsi leurs jardins et qu'un jeune homme se devait d'avoir avant de prendre une épouse. "C'est ça aussi son côté sexy et sensuel !", conclut Thierry Lauzéa.

FXG, à Paris

Ichali est disponible dans les magasins Lauzéa, à Saint-Barth, Paris et New York

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 05:58
Shirley Billot de Kadalys

Shirley Billot de Kadalys

Kadalys à la Station F

Kadalys l'entreprise martiniquaise de cosmétique à base de banane vient d'intégrer l'incubateur de L'Oréal à la Station F. "Jusqu'à la fin de l'année, raconte Shirley Billot, ils vont nous accompagner avec des mentors pour nous aider à améliorer des problématiques marketing, business développement, etc..." Neuf projets dans me monde entier ont été retenus dont celui de Kadalys. Schirley Billot a demandé à pouvoir bénéficier d'un accompagnement marketing afin de tirer le meilleur de son positionnement "tropical chic antillais" et la banane. "Je veux qu'ils m'aident à nous corriger pour être plus international. Sur le business développement, je voudrais avoir leur vision sur ma stratégie à l'international et sur le marché français..." Elle attend encore beaucoup sur la partie recherche et développement : "On a un gros bagage sur la recherche fondamentale, mais eux  ils ont ont une expérience sur es tests cutanés par exemple." Aujourd'hui, Kadalys fait de l'ingrédient et travaille sur un site pilote, une usine en Martinique, et a sa propre marque de cosmétique. "Ce qu'on espère à la fin de cette incubation, c'est de nous accélérer, de nous faire grandir suffisamment pour passer l'étape de la start up à la société pérenne." C'est ce qu'on appelle du mentoring de compétence en langage tech.

FXG, à Paris

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 05:50
Récif corallien en péril

Animation autour du récif coralien à l'aquarium de Paris

A l'occasion de la fête de l'océan qui s'est déroulé le week-end du 10 juin, l'IRD-Réunion a envoyé à Paris un de ses chercheurs pour sensibiliser les jeunes aux récifs coraliens.

Pascale Chabanet, chercheur en biologie marine à l'IRD de la Réunion est venu à l'aquarium du Palais de la Porte Dorée à Paris pour participer à la fête de l'océan qui se poursuit tout ce week-end. La scientifique est venue participer ses savoirs scientifiques en animant des ateliers avec des élèves, du CE2 aux terminales. Son métier, c'est de comprendre les écosystèmes coraliens, c'est-à-dire autant les coraux que les poissons associés associés aux récifs coraliens, voire les hommes ! "C'est vrai, confie-t-elle, que au début de ma carrière, je travaillais sur les coraux et les poissons avec la tête dans l'eau et plus ça va, plus je m'intéresse à cette globalité qui doit absolument intégrer l'homme." Alors quoique biologiste, elle travaille de plus en plus avec des anthropologues, des géographes et même des juristes. "C'est ce qui m'intéresse aujourd'hui, ce décloisonnement de la science, étudier un écosystème avec des regards croisés pour mieux le comprendre." Mais également pour mieux partager et c'est ce qu'elle est venue faire à Paris. "Je pense, explique-t-elle que le transfert des connaissances est essentiel parce que c'est quand on comprend que l'on peut protéger." Pour autant, Pascale Chabanet émerveille d'abord les jeunes en leur parlant d'un écosystème qui est en fait très peu connu. "Les gens mettent très peu la tête sous l'eau !" Alors, elle leur explique qu'elle travaille sur le "monde de Némo". "Je leur dis d'abord que le corail, c'est un animal qui pond des oeufs et pas un caillou. A partir de là, on n'a pas besoin de leur dire qu'il ne faut pas marcher dessus !" Et cet ecosystème n'est pas que merveilleux, il rend beaucoup de services ! C'est une biodiversité très riche qui peut être un support pour les activités économiques, la pêche, le tourisme, pour la protection des côtes...

"Le récif entre nos mains"

A la Réunion, la caractéristique du récif est d'être jeune donc encore plus fragile. L'île a 3 millions d'années, le récif 800 000 ans. "Il n'a pas eu le temps de se développer, on parle d'un récif frangeant, c'est-à-dire attenant à la côte." Alors qu'à la Réunion, la barrière est tout au plus à 500 mètres du bord quand ce n'est pas 100 mètres, en Nouvelle-Calédonie, la barrière de corail peut se situer jusqu'à 20 kilomètres du bord. "C'est dans ce bassin versant que s'écoulent, dès qu'il y a de la pluie, des cyclones, la terre et les pollutions qui vont toucher la barrière, la partie vivante du récif coralien." A cela s'ajoute la présence humaine, bien plus importante à la Réunion qu'en Nouvelle-Calédonie. "Si la grande menace qui pèse sur ce récif est le blanchissement dû au réchauffement climatique, il y a d'abord l'impact de l'homme, de l'urbanisme et de l'agriculture..." Pour toutes ces raisons, Pascale Chabanet estime que le partage de la culture scientifique auprès des jeunes est essentiel. Elle a ainsi créé une mallette pédagogique qu'elle et ses 4 co-créatrices (scientifiques, enseignante, graphistes) ont nommée Maréco, trois syllabes pour dire "le récif coralien entre nos mains". Le principe  est le transfert des connaissances de façon ludique. Il y a un jeun de sept familles pour apprendre la biodiversité en s'amusant, un livret de découpage et de coloriage pour apprendre ce qui menace les coraux et enfin, il y a un jeu de plateau coopératif pour apprendre à partager le milieu... Il y a plusieurs joueurs : le pêcheur, le plongeur, l'écogarde, le touriste... Et tout le monde réfléchit ensemble aux solutions pour préserver ce milieu. C'est ce samedi et ce dimanche que les enfants vont pouvoir expérimenter ce jeu sur un plateau géant où chaque pion sera un élève.

FXG, à Paris

Le programme e-pop lancé dans l'océan Indien en 2019

Le projet e-pop, les petites ondes participatives existe déjà en Nouvelle-Calédonie. Il consiste à impliquer les jeunes en faisant d'eux des reporters. Leur mission, avec les moyens du journalisme mobile, est d'aller interroger des anciens sur des problèmes environnementaux, de réchauffement climatique. "Nous allons le lancer dans l'océan Indien, annonce Pascale Chabanet, en prenant comme base l'IRD de la Réunion qui coordonnera le programme, mais en travaillant avec Madagascar, les Seychelles, les Comores, etc... "C'est, conclut Mme Chabanet, un bel exemple pour faire participer les jeunes à la sensibilisation de la population."

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 05:45
Bleu outre-mer

Le livre bleu outre-mer attendu le 28 juin

La restitution des assises des Outre-mer aura lieu probablement à l'Elysée, le 28 juin, ainsi que l'a confirmé Annick Girardin mercredi6 juin lors de la séance de question d'actualité au gouvernement en réponse à une question du député de la Martinique, Serge Létchimy. Dans le détail, la ministre des Outre-mer devrait réunir les préfets des territoires au siège du ministère à la rue Oudinot la semaine du 15 juin, puis les élus le 27. Enfin, le 28 juin, la ministre devrait officiellement remettre le livre bleu outre-mer au président de la République. Stanislas Cazelles, le conseiller Outre-mer du chef de l'Etat, ne savait pas encore dire, le 31 mai dernier, quelle forme prendrait cet événement, mais il semblait d'ores et déjà être sûr que cette remise aurait une forme particulière. Un comité interministériel outre-mer devrait ensuite être présidé par le Premier ministre dans la première quinzaine de juillet. A charge pour ce comité de mettre les propositions du livre bleu outre-mer en musique et en finances. Les aides économiques réformées seront alors connues et il ne restera plus qu'à intégrer les plans de convergence prévus par la loi égalité réelle Outre-mer, ce qui devrait être conclu en septembre, juste avant que ne soit bouclé le projet de loi de finance 2019 dont la présentation en conseil des ministres devrait avoir lieu la dernière semaine de septembre.

FXG, à Paris

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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 05:06
Les décrets d'abolition d l'esclavage en créole

La libèté ka vini

L'éditeur SCITEP publie l'ensemble des textes officiels liés à l'abolition de 1848 dans une traduction de Rodolf Etenne.

Pour ce 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, Rodolf Etienne propose une relecture en créole des textes les plus importants de cette seconde abolition, à savoirs les principaux décrets à commencer par celui du 27 avril 1848 qui porte les signatures de Dupont (de l’Eure), Arago, Lamartine, Louis Blanc, Adolphe Crémieux, Ledru-Rollin, Garnier-Pagès, Marie, Marrast, Flocon, Albert... C'est donc une réédition des textes de la deuxième République que Rodolf Etienne traduit et commente. Qu'il s'agisse du rapport de la commission préparatoire au ministre de la Marine à laquelle siègent Victor Schoelcher, président, et Henri Wallon, secrétaire général, de la proclamation du 31 mars 1848 de Louis-Thomas Husson, directeur provisoire de l'Intérieur, qui annonce la promesse contenue dans le titre de l'ouvrage : "La liberté va venir !", ou encore du "Desiderata du Conseil municipal de la ville de Saint-Pierre" priant, le 23 mai 1848, d’un vote unanime, le gouverneur de décréter immédiatement l’abolition de l’esclavage à la Martinique, pas un document n'a échappé à la sagacité de Rodolf Etienne.

"Contre-bibliothèque impériale"

Tous ces textes, évidemment, ont été écrits et publiés dans la langue française. Pourtant, dès cette époque, des textes  classiques français comme les fables de la Fontaine ou les textes religieux comme l'Avé ou le Credo sont publiés en créole, ainsi que le souligne Myriam Cottias dans sa préface. Aussi après les événements du 22 mai, les autorités savent aussi s'exprimer en créole quand elles lancent : "la libèté ka vini !" L'ouvrage de Rodolf Etienne n'est pas, souligne l'ancienne présidente du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, "une écriture de nouveaux textes sur le colonial, mais l'utilisation du créole par un acteur du post-colonial qui constitue une nouvelle écriturensur le colonial". Et conclut sa préfacière, Rodolf Etienne transfigure la "bibiliothèque coloniale en une contre-bibliothèque impériale" qui n'est plus faite pour les seuls "dominants, mais bien l'ensemble des créolophones".

FXG, à Paris

ITW Rodolf Etienne, auteur

"Enfin libre, libre enfin !!!"

Pourquoi avoir choisi de traduire les décrets d’abolition en créole ?

Pour répondre franchement, de mon point de vue, la question s’avère, à priori, absurde. Et elle l’est ! Elle sous-entend un conflit avec la langue créole, comme si l'on aurait accepté de fait, sa défaite, défaite face au français, défaite face aux autres grandes langues du monde et surtout, défaite comme langue du nègre et de l'esclave, dans un imaginaire tronqué, auréolé d’une identité sourde à la véritable histoire de ces îles, colonies, possessions françaises, appelons ça comme on veut. C’est une question qui ne peut être traité que par la digression, en cela qu’elle interroge d’abord l’aliénation de toute une société à une vision du monde tronquée, imaginée, fausse en réalité et qui, par la force des choses peut-être, par paresse aussi, a fini par croire à son rêve de pacotille, son rêve de cocotiers. Mais l’essentiel de l’histoire est justement au-delà de cette simple question de paravent, elle demeure dans la réalité historique, à savoir que ces sociétés créoles, esclavagistes, coloniales, utilisaient au quotidien la langue créole, qui était la langue de la colonie, des colonies, plus généralement. Il y a dans l’acceptation de ce texte comme un préambule, celui de l’acceptation de soi, en tant que créole, certainement avec un grand « C », comme individu, personne, entité ou que sais-je, issu d’une société, une société esclavagisée et coloniale où la langue créole, en l’occurrence, est la langue du maître et de l’esclave, du béké comme du mulâtre, de l’affranchi ou du libre de couleur, de toute la société créole, tout comme, en même temps, la langue française est la langue officielle, celle de l’administration, celle du gouvernement, celle de l’Etat et celle de la Nation. Cela dit, pris jusqu’à nos jours, le rapport dans ce sens demeure.

La langue créole représente donc le meilleur reflet du quotidien par rapport à une langue française d'abord administrative ?

Là où nous avons du mal à nous figurer la société coloniale, c’est dans son rapport au quotidien, parce que ce rapport s’établi en créole, en langue créole. Et là-dessus, nous avons une histoire ! Par ailleurs, s’avouer ou avouer, en définitive, que le texte est fondamental dans l’histoire des colonies, de celle-là comme de celle-ci, est une évidence. La question ne se pose toujours pas pour le traducteur ou pour l’auteur. Là, où cette question devient pertinente, là où elle acquiert un sens, et là aussi où elle établit un pont entre des hommes, des femmes, des enfants, c’est seulement lorsqu’elle interroge la valeur du texte d’origine et celle du texte produit, c’est seulement lorsqu’elle permet la transversalité, une notion qui, sous les tropiques, amères depuis, n’est pas un acquis pour nos sociétés. Je veux dire que revenir au passé, l’interroger et en produire le suc, n’est pas tâche facile. Le pourquoi est dans l’oser, dans le vouloir, dans le faire, dans le fait que l’on puisse, aujourd’hui, tenir en mains ces décrets et les voir autrement, de manière plus authentique et plus vraie, plus en accord avec ce que nous sommes ou avons été, mais y rechercher cette portion de grand et de beau qui demeure en toute chose, en tout état, en toute condition.

Pourquoi les décrets alors ?

Paradoxalement, c'est pour donner la parole aux nègres, aux anciens esclaves, les sommer de produire selon la succulence de leurs fruits, de produire et de profiter, de vivre et d’aimer… d’Etre libre, enfin libre, libre enfin !!!

Myriam Cottias parle d'une contre-bibilothèque impériale à propos de votre livre. Vous y reconnaissez-vous ? Serait-ce une manière de décoloniser les esprits ?

L'idée de contre-bibliothèque impériale m'échappe un peu. Je ne vois pas très bien de quoi nous parlons. Décoloniser les esprits, je n'y crois pas trop et je ne me sens pas particulièrement engagé dans une décolonisation des esprits créoles. Je m'exprime avec mes sentiments, mes émotions et mes ressentis, ressentis d'une histoire, certes sensible, certes de souffrance et de douleurs, mais, je crois fermement aussi de moment tendres, de grandeur et de dignité. Je crois être décolonisé, je crois être libre, je crois être un homme. Cela n'a jamais été pour moi une objection. A partir de là, la décolonisation a déjà eu lieu, il me semble. Pour le reste, il s'agit surtout de donner la parole à une page d'histoire, une grande page d'histoire.

Que nous dit cette page d'histoire ?

Il faudrait, peut-être, c'est vrai prendre la mesure de ce texte, et en dégager de nouvelles voies, de nouveaux tracés, de nouveaux engagements, une nouvelle manière de vivre ensemble, tous ensemble. Il faudrait aussi, à partir de ce texte, envisager une nouvelle vision de cet esclave, de cet homme créole, de cet ancêtre commun à tous ceux qui foulent le sol colonial, le sol où ont vécu des hommes et des femmes, pour ce qu'ils ont été, d'une extrême réalité. S'il s'agit de faire revivre une part de mémoire, une part de soi, si c'est cela décoloniser, alors, certainement aussi, je me considère comme un agent de la décolonisation moderne, mais pas seulement des esprits, des consciences et des imaginaires aussi.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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10 juin 2018 7 10 /06 /juin /2018 05:37
Les Bonis en bande dessinée

L’histoire oubliée des esclaves des Guyanes

Les éditions Steinkis viennent de sortir Nengue, l’histoire oubliée des esclaves des Guyanes, une bande dessinée de Stéphane Blanco et Samuel Figuière.
 

Au fil du périple du médecin militaire Jules Crevaux et du piroguier boni Apatou, les deux auteurs offrent une évocation de la lutte qu’ont menée les Bonis pour recouvrer leur liberté. L'histoire se déroule à partir de 1877 quand Jules Crevaux, un médecin militaire français, explore l’intérieur des terres de la Guyane en compagnie du piroguier Apatou, que certains surnomment le Spartacus noir. Avec lui, Jules Crevaux découvre au fil de la navigation l’histoire du peuple boni et sa guerre d’émancipation contre les colons français et néerlandais en 1830. A cette époque, au Suriname, les Bonis menés par leur chef Okilifu échappent aux colons hollandais en s’installant au cœur de la jungle amazonienne. Débutent alors leur marronnage et leur lutte déterminée pour leur liberté…

Stéphane Blanco est scénariste, cerf-voliste et photographe. Il a déjà co-écrit deux BD sur le bagne : Aux îles, point de salut et Cayenne, Matricule 51793.


Samuel Figuière est scénariste, dessinateur et coloriste. Après avoir adapté le roman de Renart et ceux de Jules Verne, il a signé chez Warum, L’esprit à la dérive et La voie des chevriers, et récemment chez Steinkis, Kilum, rencontre avec les Himbas.


Sortie le 2 mai 2018 – 136 pages – 18 €

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