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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 05:12
Jocelyne Béroard intime

ITW Jocelyne Béroard

"J'ai envie de jouer un rôle rigolo !"

Vous venez de donner deux concerts à l'Atrium en Martinique et un à Paris, à la Cigale. Ce sont des salles à taille humaine par rapport aux grandes scènes que vous foulez avec Kassav...

Ca me change beaucoup puisque j'ai l'habitude de grandes scènes ou je fais des allers et venues incessantes...   Là je suis obligé de rester un peu plus statique ! C'est un peu plus dans l'émotion, dans l'intime... Je propose des allées et venues dans la tendresse,  l'excitation,  l'énergie et la réflexion...

C'est plus du domaine du récital ?

Ca reste quand même du grand concert à la Kassav parce que j'ai des musiciens bien énergiques et il y a des morceaux incontournables que les gens ont envie de chanter avec moi ! C'est juste la taille de la scène qui m'empêche de bouger autant ! À l'Atrium, j'avais six danseurs et trois tanbouyés...

Depuis le début de votre carrière, vous avez toujours fait du solo.  Pourquoi ? Est-ce un besoin de ramener un peu la couverture à vous ?

Non, certainement pas la couverture à moi ! Parce qu'avec Kassav, on a appris à être derrière et devant quand il faut...  Je crois que c'est surtout donner aux gens la possibilité d'entendre des chansons qu'ils réclament.  Parce que quand on joue avec Kassav et qu'on ne choisit que 4 ou 5 chansons, on varie les plaisirs ! Quand on a joué pendant trois ans "Mové Jou", on passe à une autre pour la tournée d'après et il y a des gens qui réclament quand même "Mové Jou"...  Là ils ont tous les morceaux qu'ils aiment plus de morceaux à redécouvrir ou à découvrir... J'ai des chansons d'amour, des chansons sur l'enfance handicapée, sur l'Alzheimer, le devoir de mémoire... J'essaie de passer plusieurs choses en revue. Une chanson comme "Ti Tak Isi" qui dit dans son refrain qu'il faut donner un peu d'amour à ceux qui en ont besoin... Il faut s'occuper des gens ! On ne traverse pas sans regarder sur les côtés si quelqu'un n'a pas besoin d'un peu d'attention ! A l'époque où j'ai écrit ça, on commençait à voir pousser plein de buildings, on expropriait les gens pour construire des routes et on les mettait dans des HLM et ils n'avaient plus leur manguier ! C'était un regard sur la solitude des vieux. J'avais écrit ça lors de la mort de ma mère puisque mon père se retrouvait seul... Ce n'est pas l'histoire de mon père, mais celle d'un monde qui va trop vite pour un homme qui a perdu sa femme...

Vous avez dit que la musique avait volé votre vie et que Kassav avait achevé le hold-up. Vous le pensez vraiment ?

(Elle rit) C'est un peu une boutade ! Mais ça n'a pas commencé en boutade parce que vraiment la musique a volé ma vie. Je n'ai quasiment fait que ça, mais pas tout à fait j'ai fait du cinéma aussi. Mais la vie privée, c'est zéro pointé ! Mais ce sont des choix qu'on fait.  Quand on est artiste et qu'on est appelé à être parti tout le temps, faut pas rêver... Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'hommes qui resteraient à la maison à vous attendre et à gérer les enfants !

Tandis que le public vous attend à chaque fois ?

C'est exactement ça ! Un jour où j'étais déprimée, Jacob m'a dit de penser à la secrétaire devant sa machine qui ne va rien lui dire alors que toi ce soir tu chantes devant 10 000 personnes qui vont te dire je t'aime ! Et là,  je suis obligée d'en convenir. On ravale sa peine et on y va !

Le défaut de vie privée que vous ressentez parfois vous donne-t-il un regard particulier sur la détresse des gens ?

Oui, parce que je crois qu'on naît pour faire de belles choses, on ne naît pas pour souffrir. Je ne supporte pas la souffrance de l'autre. C'est impensable qu'on puisse regarder quelqu'un souffrir ne pas au moins donner un peu d'attention,  même si on ne peut pas sauver cette personne, au moins peut-on adoucir sa peine un peu...

Cette année vous avez encore du temps pour vous,  mais 2019 va sonner leur des 40 ans de Kassav. Que préparez-vous ?

Ce ne sera pas un stade de France ! Ce sera une grande salle, mais nous annoncerons tout ça au mois d'août.

On murmure que vous écrivez un livre, vous confirmez ?

C'est vrai... C'est un peu une bio au départ... C'est-à-dire d'où je viens, comment j'ai fait pour arriver dans Kassav et puis ma vie dans Kassav... Et puis, c'est aussi ce que Kassav m'a apporté, toutes les ouvertures que j'ai eues, où je suis allée...

Grâce à Kassav, cela a-t-il été plus facile de faire du cinéma ?

Plus facile, certainement pas parce qu'il n'y a jamais eu vraiment de rôle pour nous. Le premier rôle que j'ai eu au cinéma,  c'est avec Euzhan Palcy dans "Siméon". C'était l'histoire-fiction de Kassav...  Après les gens vous voient sur scène, ils voient votre façon de chanter et ils se disent que vous pouvez peut-être faire du cinéma... Après "Siméon", ça a été "Neg maron", puis "Rose et le soldat", "Le gang des Antillais" et "Le rêve français"... J'ai fait aussi des courts-métrages.

La chanson vous a-t-elle aidé à devenir comédienne ?

Oui, parce qu'en fait avec des chansons sur une scène, on raconte des histoires et et automatiquement les gens doivent y croire.  Le mot qu'on dit, si on a envie qu'ils l'entendent,  il faut trouver la façon juste de le dire et c'est à peu près la même chose cinéma.  La personne qui est en face doit recevoir l'émotion pure,  vraie.

Y'a-t-il un rôle dans vous rêvez ?

J'ai justement un scénario à lire... C'est vrai que notre cinéma est jeune, qu'il n'y a pas beaucoup de scénario qui ont la possibilité d'être tournés parce que financièrement ça coûte extrêmement cher et quand on monte en âge, les possibilités de rôle se réduisent : on est maman, marraine, tante, grand-mère... Souvent dans les films de chez nous, les auteurs veulent toujours raconter une histoire sur la situation du pays, sur le passé et je me suis souvent retrouvée à jouer celle qui fait la morale, celle qui se bat, qui ramène les gens à une réflexion... J'ai envie de jouer un rôle rigolo ! Je me verrais bien jouer une grand-mère déjantée qui fait des coups avec sa petite fille ou son petit-fils... Un truc plus marrant, plus frais, moins austère ! Sur scène, je suis pleine de fantaisie !

Où en est votre projet de 4e album solo ?

J'y pense toujours. J'ai des idées jetées à droite et à gauche mais ça peut complètement changer en fonction de ce qu'on me donnera mélodiquement.

Si vous deviez changer de vie, que choisiriez-vous ?

Reprendre mes pinceaux ! J'aimerai bien reprendre la peinture...  En fait, je suis entre deux feux puisqu'il y a d'un côté la peinture classique et de l'autre la peinture sur ordinateur. Je commence à m'y mettre je trouve ça assez rigolo ! Quand j'étais jeune, j'ai commencé à faire les beaux-arts et je faisais beaucoup de dessin, mais les vrai pinceaux, ça me donne vraiment envie. Je vais devoir attendre que les 40 ans de Kassav soient passés !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 04:36
L'Outre-mer à l'Elysée

Une feuille de route pour les Outre-mer

La cérémonie de clôture des assises des Outre-mer s'est déroulée jeudi matin à l'Elysée en présence de très nombreux élus et acteurs socio-économiques des Outre-mer. Après la présentation des principales mesures par la ministre Annick Girardin, le chef de l'Etat s'est longuement exprimé sur "l'archipel de France", a annoncé un nouveau point d'étape dans 18 mois et la tenue d'un sommet des îles du monde en 2020, sans doute dans un territoire d'outre-mer.

Un an après la nomination du coordinateur des assises, Thierry Bert, la ministre est venue présenter hier au président de la République le fruit des assises, le livre bleu outre-mer. Ce sont d'abord des outils pour la transformation des territoires grâce aux contrats de convergence et de transformation 2019-2022 pour mettre en oeuvre les priorités des territoires et leurs projets. Dans le grand plan d'investissement, 1 milliard d'euros ont été fléchés pour les Outre-mer dont 700 000 pour la formation. Le fonds exceptionnel d'investissement  est abondé de 500 millions d'euros pour le quinquennat, soit 110 millions par an. Cette augmentation de 40 a 110 millions d’euros sera financée par des « modulations de paramètres de dispositifs fiscaux existants », c'est-à-dire la disparition de l’abattement sur l’impôt sur le revenu dans les OM, ainsi que cela avait été évoqué dès l'an dernier par le ministère des Outre-mer...

Les dispositifs de soutien financier de la banque publique d'investissement sont étendus en Outre-mer. Un nouveau dispositif d'intervention doté de 400 millions (Caisse des dépôts et BPI) sur la durée du quinquennat sera piloté par la rue Oudinot. Des plateformes d'ingénierie au soutien des collectivités seront mis en place ainsi qu'un accompagnement renforcé dan le cadre de l'agence nationale de cohésion des territoires. Elle a encore annoncé la création de 6500 places de crèche et 500 policiers ou gendarmes supplémentaires ainsi qu'une conférence nationale pour la sécurité des Outre-mer. Un projet de loi relatif aux risques naturel en outre-mer devrait également être adopté avant l'été 2019. La prévention des violences faites aux femmes devrait bénéficier de crédits supplémentaires comme les programmes de réussite éducative seront étendus à tous les quartiers de la politique de la ville dans les Outre-mer.

Annick Girardin a annoncé la prolongation de la défiscalisation jusqu'en 2025, mais également la lutte contre les déserts médicaux (recrutement de 500 médecins hospitaliers) et "des actions de prévention sans précédent" dans le domaine des grossesses précoces, de l'obésité, de l'alcoolisme et des maladies tropicales, un effort important dans la recherche et l'innovation industrielle avec l'intervention de l'agence nationale de la recherche.

La ministre a encore annoncé que 2030 signifierait la fin du financement de la production des énergies fossiles. Un fonds pour la préservation de la biodiversité sera aussi créé l'an prochain. Enfin, la réforme constitutionnelle devrait permettre aux DROM d'adapter les règles dans les domaines du transport, de l'urbanisme, de l'énergie, du logement, de la santé...

La ministre a achevé sa présentation en lançant ces mots : "La France est monde" et en laissant la parole au président qui a dévoilé sa vision de l'archipel France.

FXG, à Paris

Les projets retenus

L'équipe projet ultramarin a retenu 25 dossiers qui ont donné lieu dans la foulée de la présentation du livre bleu outre-mer à des échanges dits "speed dating" entre les porteurs de projets et une dizaine de ministre, directeurs ou présidents d'établissements publics.

Guadeloupe

Parmi ces projets, celui de l’association martiniquaise Bourse Alizés qui récompense, aide financièrement et accompagne des bacheliers méritants porteurs d’un projet d’étude ambitieux. Forte de son expérience et de son succès en Martinique, elle souhaite aujourd’hui étendre son action à la Guadeloupe en associant 6 partenaires locaux : Les Cinémas Rex et d’Arbaud, Grand Moulin des Antilles, la BNP Paribas, la SARA, Randstad et Lafarge. Celui du syndicat agricole des planteurs de café, de cacao et de vanille de Guadeloupe (SAPCAF) qui ambitionne de développer des filières café et cacao de niche et à haute valeur ajoutée sur le territoire guadeloupéen. Le projet Karukera Bay qui vise à aménager le port de Pointe-à-Pitre pour renforcer son attractivité notamment en terme de tourisme de croisière. Et encore Marie-Galante Ile durable, qui veut faire de la Galette un modèle de développement durable...

Guyane

Parmi ces projets, celui de Kwala Faya qui vise à électrifier les villages isolés de Guyane grâce au photovoltaïque, le label Guyane qui entend valoriser la qualité et l’originalité des produits agricoles guyanais, Guyaclic, qui veut généraliser l’accès aux ressources numériques en Guyane et encore La Maison du Cinema qui veut valoriser le potentiel cinématographique et télévisuel guyanais.

Martinique

Parmi ces projets, le Centre d’interpretation de l’architecture et du Patrimoine (Ciap) qui entend valoriser la richesse architecturale de la ville de Saint-Pierre, celui de VALCACO qui veut structurer une filière cacao d’excellence en Martinique, le Martinique Hub Caraïbe qui se propose de bâtir une offre durable pour la croisière en Martinique, le Spiritourisme qui cherche à développer une offre touristique autour des rhums AOC en Martinique.

Mayotte et Réunion

Parmi ces projets, Mayotte se distingue avec la baie des tortue, un projet de création d'un flagship de l’écotourisme, un datacenter de dernière génération au coeur de l’Océan indien tandis que la Réunion veut créer un circuit de sports mecaniques pour lutter contre l’insécurité routière, une cellule pour accompagner les sportifs de haut-niveau réunionnais, développer le projet Technologie Solaire SHP et produire une énergie propre et abondante pour La Réunion, Capeline, un centre d’accompagnement pédagogique en ligne pour les élèves réunionnais ou encore URCOOPA pour développer la coopération agricole entre La Réunion et Madagascar.

Tous les lauréats de ce concours seront honorés à la rentrée au moment du forum des projets. Ces projets seront accompagnés dans le cadre des plans de convergence.

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29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 05:53

Le mot "race" bani de la Constitution

"A la deuxième phrase du premier alinéa de l’article 1er de la Constitution, les mots « de race » sont supprimés." Les députés du groupe Nouvelle gauche, Hélène Vainqueur-Christophe, Ericka Bareigts et Serge Letchimy, ceux du groupe GDR, Huguette Bello, Philippe Nilor, Manuéla Kéclard-Mondésir, Gabriel Serville, en lien avec tous les groupes républicains, sont les signataires de cet amendement que la commission des lois vient d'adopter dans le cadre de l’examen du projet de loi visant à réviser la Constitution. Par deux fois, en 2004 et 2007, Victorin Lurel, alors député, avait échoué à obtenir la suppression du mot "race" de la Constitution. François Hollande s'y était ensuite engagé en 2012. "C’est aujourd’hui l’honneur de la représentation nationale de faire aboutir un combat de longue date, porté et animé par nombre d’associations, de personnalités politiques et de constitutionnalistes", se félicitent Hélène Vainqueur-Christophe, qui a porté l'amendement, mais également Huguette Bello et Gabriel Serville. "Supprimer le support qu’est le mot, ajoute lélue guadeloupéenne, ne supprimera évidemment pas les discours ni même les actes racistes mais permet de supprimer la légitimité qu'ils pourraient puiser dans notre loi fondamentale."

FXG, à Paris

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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 17:55

Le livre bleu outre-mer rendu public

La séquence de restitution des assises des Outre-mer a débuté mercredi soir à l'Elysée avec le dîner donné par le président et son épouse pour une centaine d'élus ultramarins invités (parlementaires, présidents d'exécutifs et maires). Et si ce n'est que ce matin que le livre bleu outre-mer est rendu public, son contenu à déjà fait l'objet d'une communication par la voix d'Annick Girardin lors du conseil des ministres, mercredi matin.

Le livre bleu outre-mer (200 pages en format A4) est la feuille de route du gouvernement à l'instar du livre blanc pour la défense. "Il engage l'ensemble du gouvernement", soutient l'Elysée. La philosophie du président Macron est la recherche d'une approche nouvelle pour une pleine intégration des Outre-mer dans la France avec une rupture sur la méthode. Entre le temps de la crise et le temps du long terme, il cherche une bonne échelle de temps pour redonner confiance dans l'avenir aux territoires d'outre-mer et aux populations ultramarines. C'est donc à partir de cette équation qu'ont été bâties les assises des Outre-mer. Le contenu du livre bleu outremer s'articule autour de trois axes : l'ancrage régional, les filières économiques et la différenciation. L'ancrage ou l'approche régionale, c'est par exemple l'axe Indo-Pacifique qu'il a évoqué lors de son déplacement en Nouvelle-Calédonie. Le développement de l'emploi, c'est la priorité pour l'Outre-mer, "la bataille élémentaire qu'attendent nos compatriote", assure-t-on à l'Elysée. Le développement de l'emploi passe par les filières économiques. Lors de son discours de Cayenne du 28 octobre, le président a abordé les filières bois et pêche en Guyane, la filière tourisme aux Antilles; les filières agro-alimentaires ou énergétiques à la Réunion ou en Nouvelle-Calédonie...

Nouvelle approche par projets

"La réforme des aides aux entreprises aboutit elle aussi dans le livre bleu outre-mer. Un nouvel outil a été créé pour aider au développement des entreprises, un autre, pour le financement des collectivités, a été renforcé. Cette réforme trouvera sa traduction financière dans les futures lois de finance de l'Etat et de la Sécurité sociale. Enfin, la différenciation doit être un moyen pour le développement et c'est la réforme constitutionnelle de l'article 73 actuellement en cours.

A ces trois idées, l'Elysée ajoute les trois fondamentaux que sont la sécurité, la santé et l'éducation, mais également la transparence : "Dire ce qu'on va faire et faire ce qu'on a dit."  L'Elysée insiste aussi sur le changement de méthode avec l'approche nouvelle par projets. "Une échelle à taille humaine", promet l'Elysée...

Le livre bleu outre-mer va être ensuite décliné dans chaque territoire et donner lieu aux plans (sur 20 ans) et contrats (sur 5 ans) de convergence et de transformaton et de transformation, en s’appuyant sur les dix-sept objectifs de développement durable définis par l’Organisation des Nations-Unies. Véritables feuilles de route des territoires, ils sont déjà pour certains lancés comme en Guyane, à Mayotte, en Polynésie ou en Nouvelle-Calédonie et seront de toute façon tous bouclés au deuxième semestre 2018.

FXG, à Paris

Les Rencontres-projet

25 porteurs de projets vont échanger ce matin avec 25 répondants (dix ministres et des directeurs ou présidents d'établissements publics) lors d'une séance de speed dating à l'hôtel de Marigny, annexe de l'Elysée. S'ensuivra ensuite un forum des projets à l'automne 2018. Ces 25 projets issus de collectivités, d'entreprises, d'associations ou de la société civile seront accompagnés : méthode, financement, marques de qualité, labels... La Martinique veut ainsi développer une filière cacao, la Guadeloupe une filière café, la Guyane une filière fruits... Il y a aussi des projets numériques comme la ruche connectée en Polynésie pour prévenir la mortalité des abeilles ou un data center à Mayotte. Il y a encore des projets touristiques à Saint-Pierre en Martinique ou pour l'accueil de la croisière aux Antilles. En Guyane, un projet de fourniture d'énergie décarbonnée dans les villages enclavés a été retenu. A la Réunion, c'est le projet News de concentrateur solaire...

Discours et livre bleu de la jeunesse

Ce jeudi matin, dans la salle des fêtes de l'Elysée, un jeune Guyanais et un jeune Mahorais procèderont à la lecture du livre bleu de la jeunesse d'outre-mer élaboré lors d'un atelier d'écriture par le labo des historiens. Puis Annick Girardin présentera le ivre bleu outre-mer avant que le président de la République ne conclut la séquence par un discours où il abordera chacun des territoires ultramarins.

Elle a dit

Annick Girardin au conseil des ministres : " le Livre Bleu outre-mer a pour ambition de mobiliser l’ensemble des politiques publiques au service de la transformation des outre-mer, et d’un avenir pensé pour et avec chacun des territoires. Autour de quatre axes stratégiques, il vise à en faire des territoires à vivre, des territoires pionniers, des territoires d’influence et de rayonnement et des territoires accompagnés dans ces réalisations par l’Etat et l’Union européenne."

 

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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 06:00
Les fonds du POSEI sauvegardés

Les commissaires Hogan et Moscovici rassurent les agriculteurs des RUP

"Mon engagement, a déclaré mardi le commissaire européen Phil Hogan, et celui du président Juncker sont des engagements solennels." La démonstration de force déployée par Eurodom lundi et mardi à Bruxelles a donc payé puisque les deux commissaires européens, Phil Hogan pour l'agriculture et Pierre Moscovici pour l'économie se sont engagés devant les 170 représentants des filières agricoles et agroalimentaires des régions ultrapériphériques de l'Europe à ne pas toucher à l'enveloppe du programme d'options spécifiques liés à l'éloignement et à l'insularité (POSEI).  Phil Hogan a déclaré qu'il s'engageait "à ce que l'on recule sur la baisse de 3,9 %" qui figure dans le projet de budget des commissaires. "Je ne peux rien vous promettre pour des enveloppes budgétaires supérieures", s'est-il même permis d'ajouter tout sourire. Reconnaissant que les économies des RUP sont dans "des situations spécifiques uniques", il a assuré que la Commission "continuerait de les prendre en considération". Peu avant, le conseiller RUP de la commissaire Corina Cretu abait lancé : "Les régions ultrapériphériques sont ultra importantes !"

Ce retournement de situation s'explique notamment par le fait que le président de la Commission s'était publiquement engagé à ne pas toucher le POSEI lors de sa visite à Cayenne avec le président Macron en octobre dernier.

Par ailleurs, lundi au parlement européen, les 12 eurodéputés des RUP dont Younous Omarjee et Louis-Joseph Manscour ont aussi rappelé que le POSEI avait le soutien du parlement. Or, si la commission propose le budget, c'est le Parlement et le conseil des ministres européen qui l'adoptent. M. Omarjee a indiqué que le budget global de l'Union était en hausse pour la période 2021-2027 malgré le Brexit grâce au fonds européen de développement. Ainsi, le budget de la politique migratoire va croître de 210 % en passant de 10 à 30 milliards, celui de la défense de 1,9 à 24 milliards... "La Commission, a-t-il expliqué a fait le choix de financer de nouvelles priorités et de sacrifier la solidarité et les territoires ruraux." Louis-Joseph Manscour assurait derrière son collègue réunionnais la "volonté de gagner cette bataille". Il est vai que la somme en jeu semblait dérisoire à côté des milliards évoqués puisque le POSEI ne coûte que 678 millions et la baisse envisagée dépassait tout juste les 25 millions...

Dernier à intervenir devant les socio-professionnels des RUP, Pierre Moscovici est venu confirmer la bonne nouvelle : "Le bilan de la Commission Juncker, a-t-il déclaré, est ambitieux pour les RUP." Il a assuré que la commission reconnaissait l'utilité des dispositifs fiscaux spécifiques comme pour les quotss de rhum ou l'octroi de mer. "La Commission européenne, a-t-il encore affirmé, soutiendra le maintien du niveau du POSEI. La Commission propose, les Etats disposent !"

FXG, à Bruxelles

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 05:04
Les 170 représentants des filières agricoles et agroalimentaires des RUP devant l'Europarlement à Bruxelles lundi 25 juin

Les 170 représentants des filières agricoles et agroalimentaires des RUP devant l'Europarlement à Bruxelles lundi 25 juin

Démonstration de force des RUP à Bruxelles

"L'Europe va mal ! Il nous faut montrer un visage uni et solidaire." Serge Hoareau, vice-président du Conseil départemental de la Réunion, a accompagné la délégation des 170 professionnels de l'agriculture et l'agroalimentaire des régions ultrapériphériques de l'Europe à Bruxelles lundi. Emmenée par le groupe de pression Eurodom, cette imposante délégation composée de Réunionnais, d'Antillais, de Guyanais mais également d'Espagnols des Canaries et de Portugais des Açores et de Madère, est venue faire une démonstration de force aux autorités européennes. Depuis le mois de mai, la Commission qui prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle pour la période 2021-2027, a annoncé, en raison du retrait de l'Angleterre et de la réorientation de ses priorités vers la sécurité et le changement climatique, une baisse du budget de la politique agricole commune et donc du Programme d'Options Spécifiques à l'Eloignement et à l'Insularité (POSEI). Jusqu'alors d'un montant global de 643 040 euros, l'enveloppe est annoncée à la baisse de 3,9 %, soit 25,41 millions en moins.

"Un affront vis-à-vis des agricultures des RUP", estime le président d'Eurodom, Gérard Bally qui rappelle que l'agriculture et l'agroalimentaire sont les seules activités de développement endogène des économies d'outre-mer à côté de l'importation, la grande distribution, les services et les transferts publics... "Si l'Europe lâche nos campagnes, lance Angela, agricultrice aux Canaries, nous lâcherons nos pays et émigrerons en Europe or nous sommes Européens et nous voulons être maintenus en tant que RUP..." "En oubliant que nous sommes les portes de l'Europe, explique Jean-Bernard Gonthier, de la chambre d'agriculture de la Réunion, l'Europe prend des décisions qui nous mettent en danger !" "Il ne s'agit pas d'aides, assène Richard Blonbou, acteur de la filière viande en Guadeloupe, mais de compensations !" Patrick Labranche, agriculteur en Guyane, rappelle les mots prononcés par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Cayenne en octobre dernier : "Pas question de toucher au POSEI." "C'est notre mode de vie qui est en cause, avance un agriculteur de Madère et les effets ne seront pas limités à 3,9 % !" "Si le régime spécifique d'approvisionnement baisse et que le POSEI baisse aussi, s'alarme Claude Bihry, c'est l'ensemble de la filière élevage de la Réunion qui est en péril." "Alors que nous avons fait passer le taux de couverture de la consommation locale de poisson de 15 à 21 %, regrette Fabrice Minatchy, on nous annonce une baisse de 25 à 30 % pour le plan de compensation des surcoûts ! Ca va réduire à néant tous nos efforts..."

Tous ces cris ne répondent pour l'heure qu'à des menaces car les négociations qui s'ouvrent entre les Etats membres et l'Europe promettent d'être compliquées sur le fond et sur la forme si on veut qu'elles aboutissent avant les élection du printemps 2019... Pour l'heure, la France a fait clairement savoir sa position sur l'évolution de la PAC : c'est non. La semaine dernière au conseil des ministres de l'agriculture, Stéphane Travert a indiqué que les coupes claires annoncées étaient inacceptables, que la France exigeait a minima le maintien des montants actuels. A ce stade, les négociateurs français ne souhaitent pas faire émerger au sein de la PAC des sujets, tel le POSEI, qui affaibliraient la position forte défendue par la France. Mais l'objectif des lobbystes d'Eurodom reste malgré les suppliques des négociateurs français, d'arracher aux commissaires une promesse favorable au POSEI. C'est tout l'objet des trois rendez-vous de ce mardi avec le conseiller RUP de la commissaire européenne à la politique régionale Corina Cretu, le commissaire à l'agriculture Phil Hogan et le commissaire aux affaires économiques et financières, fiscalité et douanes Pierre Moscovici.

"Les RUP, assure Fernando Sousa, du gouvernement des Açores, nous sommes 5 millions, soit plus que la population de certains Etats de l'Europe ! Nous sommes le 28e Etat membre de l'Union européenne !"

FXG, à Bruxelles

Un combat avec le ministre français de l'Agriculture

Non content d'avoir à supporter la menace de la réduction des fonds du POSEI, les agriculteurs domiens sont actuellement confrontés à un mur d'incompréhension du côté du cabinet de Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture qui refuse de revoir à la hausse l'aide nationale d'Etat en complément du POSEI. "Ironie, désinvolture, mépris et hostilité", assurent les lobbystes d'Eurodom qui ont trouvé en Vincent Abt, le conseiller Outre-mer et budgétaire du ministre, un bien décevant interlocuteur. Depuis 2009, l'Europe a autorisé la France à apporter une aide nationale à l'agriculture afin de permettre le développement des aides couplées à la production. Ainsi 40 millions ont été débloqués pour que chaque année, la production puisse s'accroître et permettre ainsi l'amélioration des taux de couverture qui restent insuffisants quand on vise dans chaque territoire l'autonomie alimentaire. Or, on en est loin puisque la Réunion ne couvre que 80 % de ses besoins animaux, 70 % de ses besoins en végétaux, la Martinique n'est qu'à 30 % et la Guadeloupe à 20 pour la viande et pour ces deux îles, moins de 10 % en végétaux.... "Plus une filière est organisée, explique benoît Lombrière d'Eurodom, plus le taux de couverture est fort." Voilà pourquoi la nécessité de renforcer cette aide nationale est essentielle pour les producteurs des DOM pour qui le POSEI et cette aide complémentaire d'Etat est une arme anti-importation.

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 06:34
Sargasses

Un aspirateur géant anti-sargasses à l'étude

Une délégation du conseil régional de la Guadeloupe composée des vice-présidentes Sylvie Gustave dit Duflot et Maguy Céligny s'est rendue à Saint-Hilaire de Riez en Vendée à la rencontre de Thierry Thomazeau de Thomsea, qui a développé avec Cyril Thabard de la société CDO Innov, des solutions pour la collecte et l'élimination des sargasses. Reportage en images (FXG)

Le véhicule amphibie, "L'Amadeus", est le support d'une pompe puissante reliée à un bec aspirant capable d'avaler des tonnes d'algues. Adapté aux sargasses, ce kit d'un coup de 1,5 million pourrait bientôt être validé par le comité de pilotage du plan Pulsar pour être utilisé sur certains sites antillais.

 

En Vendée, les algues sont devenues une ressource autour de  laquelle s'est structurée en moins de cinq ans une véritable filière qui a trouvé son modèle économique avec une entreprise de collecte et de traitement et une usine, All Mix, qui fournit l'industrie cosmétique, l'agroalimentaire pour animaux et des engrais. Nos deux élues n'en sont hélas pas encore à voir les sargasses avec la même reconnaissance...

Si ici deux hommes suffisent à manoeuvrer le bec aspirant dans ce bassin où se trouvent des algues rouges, le modèle développé pour les Antilles devrait être large de 2 mètres, amphibie et chenillé, et muni d'une cabine pressurisé. Le tuyau devrait être deux fois plus large.

 

Une fois aspirées, les algues passent dans un jacuzzy où elles sont séparées du sable avant d'être évacué dans un container.

Si et quand la question de la valorisation des algues sargasses sera résolue (métaux lourds, amoniaque et sulfure d'hydrogène), elles pourront être lavées et dessalées afin d'être retraitée soit sous forme de jus, sous par une technique de cracking.

Thierry Thomazeau inventeur

Marin-pêcheur et armateur pendant 34 ans, Thierry Thomazeau a inventé ses premières machines pour aspirer les hydrocarbures en cas de marée noire avant de s'intéresser aux algues et depuis peu aux plastiques abandonnés en mer.

Thomas Volkmar de la SAFEGE et le préfet sargasses

Thomas Volkmar, du bureau d'études SAFEGE, est l'expert qui doit aider techniquement à l'adaptation du kit d'aspiration aux nécessités liées aux sargasses et au  milieu antillais. A côté de lui se trouve le préfet sargasses, Serge Bideau qui assure la coordination interministérielle de la lutte anti-sargasses.

 

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 06:30
Loi constitutionnelle Outre-mer

Loi constitutionnelle : Adam veut plus d'autonomie

"Il ne s’agit en aucun cas pour moi de proposer de tendre vers l’indépendance mais au contraire, de se diriger vers une meilleure reconnaissance de la diversité des territoires français." Dans le cadre du projet de loi constitutionnelle, le député LREM de Guyane, Lénaïck Adam a déposé une douzaine d'amendements qu'il entend défendre auprès de son groupe avant l’examen en séance publique aura lieu à partir de mi-juillet. "En dépit de mon appartenance au groupe majoritaire, j’ai décidé de profiter de cette opportunité pour faire des propositions pour une meilleure réalisation du droit à la différenciation", soutient le jeune élu qui assure que "donner plus de possibilités et de flexibilité ne conduira pas à une volonté d’indépendance mais, à l’inverse, contribuera à un sentiment de meilleure prise en compte du destin des ultramarins".

Sa proposition de base est la création des Pays d’outre-mer, une nouvelle catégorie régie par un statut-cadre adopté conjointement par le Parlement et l’Assemblée délibérante de la collectivité et ensuite soumis aux électeurs qui seuls décident de l’approbation, la ratification ou de la modification du statut. Cette proposition vise à répondre aux difficultés résultant de l’excessive rigidité des articles 73 et 74 en créant un statut similaire à ce qui existe pour les Canaries, Madère ou les Açores.

M. Adam propose encore lacréation d’un article 73-1 qui permettrait aux collectivités uniques issues de la fusion d’un Dom et d’un Rom de conforter leur statut actuel en lui donnant valeur de loi organique.

Il propose également de donner à l’ensemble des collectivités une compétence normative en matière socio-économique et environnementale sans porter atteinte aux régimes sociaux et à tout ce qui touche aux droits des personnes. "Cela permettrait une meilleure adaptation des normes sans atteindre les droits fondamentaux des habitants", justifie-t-il.

Il propose encore de perfectionner le pouvoir d'habilitations consenties aux collectivités de l’article 73 et d’assouplir certaines procédures pour donner aux collectivités l’initiative des lois, la possibilité d’être entendues par les commissions parlementaires, d'être associées aux décisions européennes et traités internationaux et de mieux faire défendre leur statut par le Conseil constitutionnel.

Un autre amendement étend la possibilité pour le président de la République de consulter les électeurs des outre-mer sur toutes questions les concernant et non plus seulement sur l’organisation et les compétences d’une collectivité et que cette initiative soit étendue

à l’Assemblée Nationale, au Sénat, à l’Assemblée délibérante et même à une fraction des électeurs tout en laissant le dernier mot au président de la République.

Enfin, il propose de créer un droit de pétition des citoyens auprès des assemblées parlementaires et le renforcement du référendum local et du référendum d’initiative populaire.

FXG, à Paris

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 05:22
Raphaël Gérard, Laurence Vanceunebrock-Mialon, Olivier Serva (LREM) et Gabriel Serville (GDR)

Raphaël Gérard, Laurence Vanceunebrock-Mialon, Olivier Serva (LREM) et Gabriel Serville (GDR)

Un rapport contre les discriminations LGBT outre-mer

La première partie du grand livre sur les discriminations en outre-mer a été rendu public mardi avec la présentation des haines LGBT.

Avant de donner la parole aux trois députés qui ont enquêté en outre-mer sur les violences et discriminations dont sont victimes les homosexuels en Outre-mer, le président de la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale, Olivier Serva, s'est livré à un mea culpa qui a ému ses collègues députés : "La campagne législative a été marquée par la réapparition d'images dans lesquelles je tenais des propos regrettables..." Non content de se satisfaire du communiqué de presse qu'il avait alors émis pour présenter ses excuses, le député Serva s'est livré à une confidence : "C'est à la lueur de ces tristes événements que j'ai découvert l'homosexualité d'un de mes amis. Il m'a dit sa colère, il m'a dit sa peine, il m'a dit son humiliation et j'ai alors compris..." C'est donc dans ce contexte et après une audition du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie qui a fait apparaître au grand jour le déficit de données objectives que les députés ont choisi de missionner Raphaël Gérard, Laurence Vanceunebrock-Mialon (LREM) et Gabriel Serville (GDR) afin qu'ils procèdent à une évaluation. "C'est la première partie du grand livre sur les discriminations outre-mer a résumé Olivier Serva, qui sera compléter par le rapport de Josette Manin et Maud Petit sur les discriminations en général dont sont victimes les ultramarins." Le rapport peut ainsi se résumer : "La haine LGBT dans les outre-mer est bien plus marquée que dans le reste du territoire national."  La mission exploratoire et les auditions ont révélé un "constat cruel", "un silence assourdissant", une "émancipation au prix de l'exil ou du sang", des lesbiennes en situation d'invisibilisation...

Interconnaissance et imprégnation religieuse

Laurence Vanceunebrock-Mialon a incriminé le poids de la colonisation, le poids des stéréotypes de genre chez les jeunes en particulier : "La figure de l'homosexualité est perçue comme transgressive dans des sociétés fondées sur la hiérarchie et la binarité des genres." En cause encore, le poids de l'interconnaissance et de l'insularité avec ses rumeurs et son makrélaj aux Antilles ou son ladi lafé à la Réunion dans des sociétés où tout le monde se connaît, où la honte induite par le regard des autres brime les individus. "L'honneur familial brime encore davantage l'expression sexuelle des individus, souligne le rapport, et cette interconnaissance exacerbe les violences intrafamiliales qui peuvent aller de l'expulsion au viol punitif et limite le recours à la justice comme la prévention de l'épidémie de VIH..."

Le poids de l'imprégnation religieuse est aussi en cause qui peut légitimer un discours de répression sociale de l'homosexualité jugée "contre nature"...

Pour limiter la stigmatisation, le rapport propose un certain nombre de piste comme le renforcement du maillage associatif en association avec la DILCRAH, la sensibilisation des acteurs sociaux et des policiers, celle du grand public qui a tendance à "minimiser ces violences physiques ou psychologiques", selon Gabriel Serville. "L'éducation doit permettre de déconstruire tous ces préjugés", soutient Raphael Gérard. Le rapport propose encore d'avoir recours à des personnalités, des artistes, des politiques pour porter des messages positifs et encore de mieux documenter les LGBTphobies en outre-mer.

Les députés ont souhaité aussi impliquer les gens d'église dans ce travail. Et si l'évêque de Guadeloupe n'a pas souhaité rencontrer les députés en mission, Josette %Manin s'est proposé de remonter cette proposition à l'archevêque de Martinique, "plus ouvert"...

FXG, à Paris

Le mariage gay

Depuis 2014, il n'y a eu qu'un mariage homosexuel à Wallis et Futuna et à Mayotte, 4 à Saint-Martin, 5 en Polynésie, 6 en Martinique, 7 en Guyane, 8 à Saint-Barthélemy et 18 en Nouvelle-Calédonie. Les chiffres de la Guadeloupe n'ont pas été communiqués.

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 06:45
POSEI

L'agriculture des DOM menacée par le Brexit

L'audition relative au financement du programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI) qui a eu lieu hier matin au Sénat visait à informer les sénateurs de la délégation Outre-mer sur "le danger de la contraction du soutien financier apporté aux agricultures des DOM par le POSEI" en raison du Brexit. La Commission européenne a elle-même souligné en 2016 "la conformité aux objectifs de la politique agricole commune, mais surtout la pertinence et l'efficacité en faisant valoir que le programme POSEI était essentiel au maintien des productions de diversification traditionnelles et s'était avérée utiles dans la mise den oeuvre des exigences en matière de qualité d'environnement". En effet, la Commission vient d'annoncer une baisse de 3,9 % dans le cadre financier pluriannuel 2021-2027, soit une amputation de près de 11 millions d'euros pour les RUP françaises, tandis que 'enveloppe de la PAC, pour l'agriculture hexagonale baisserait de 6,5 % par an. Le 6 juin, les sénateurs ont adopté une résolution avec l'avis favorable du gouvernement pour prôner le maintien des aides européennes à leur niveau actuel tant pour la politique agricole commune que pour le POSEI.

Gérard Bally, le patron et fondateur d'Eurodom, a donc conduit devant les sénateurs une délégation de socioprofessionnels des RUP tels Ange Milia, président de Madivial, Sylvain Edouard de la filière provenderie en Guyane, Philippe Ruelle, directeur de l'UGPBan, Justin Céraline de la SICA Cannes Union Martinique ou Jean-Claude Cantorne du CIRT-DOM.

Le POSEI représent pour les RUP 680 millions d'euros dont environ 290 M€ pour les DOM avec 130 M€ pour la banane, 75 M€ pour la filière canne, 26 M€ pour la filière viande et 15 M€ pour la diversification

Vendredi matin, Gérard Bally a conduit sa délégation chez la ministre des Outre-mer avant de se rendre à Bruxelles lundi et mardi à la tête 170 professionnels concernés par le POSEI, aussi bien des RUP françaises que des Canaries, des Açores et de Madère. Ils rencontreront les commissaires Phil Hogan, Corina Cretu et Pierre Moscovici.

FXG, à Paris

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