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10 juin 2018 7 10 /06 /juin /2018 04:47
Reconstruire après les cyclones

Une guide de bonnes pratiques pour reconstruire après Irma

"La reconstruction doit tirer les enseignements de l’événement et partager les nouveaux savoir-faire pour capitaliser, prévenir les risques et assurer la sécurité des populations." Ainsi salue le secrétaire d'Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie la publication d'un "guide des bonnes pratiques pour la construction et la rehabilitation de l’habitat" par la délégation interministérielle à la reconstruction de Saint-Barthélemy et Saint-Martin en lien avec la collectivité de Saint-Martin. Il s’agit d’un document assez exceptionnel réalisé par une cinquantaine d’experts pour aider les particuliers mais aussi les professionnels locaux de la construction (artisans, architectes, etc.) à respecter les pratiques les plus adaptées en termes de construction anticyclonique et antisismique. 

L’ouragan Irma a causé des dégâts considérables sur les deux îles, et notamment sur leur bâti. Selon, une première évaluation des dommages sur le bâti, réalisée par le CSTB le 18 septembre 2017, les ouvrages impactés par l’ouragan l’ont été principalement du fait de la légèreté de la structure elle-même, surtout pour l’habitat précaire ; des liaisons entre les éléments (fixation des toitures et des auvents, fixation des garde-corps, vitrage, etc.) ; de la qualité de la réalisation des constructions (surélévation avec ancrage insuffisant, défaut de raidisseurs dans certains ouvrages, etc.). Les structures des bâtiments en béton ou en maçonnerie ont été peu impactées. Pour ce type de bâtiments, les impacts concernent principalement les toitures

en tôles, les vitrages et les garde-corps. Quant aux effondrements, ils sont principalement la conséquence de ruptures de charpentes.

Le guide a ainsi été réalisé particulièrement pour Saint-Martin où 60 % des propriétaires ne sont pas assurés et où beaucoup ont recours à l’auto-reconstruction. Toutefois, les conseils du guide sont évidemment valides dans toutes les Antilles et la délégation interministérielle encourage les populations de Martinique et de Guadeloupe à y avoir également recours.

Le document fait environ 140 pages et comporte 6 fiches thématiques (couverture métallique, auvents, charpentes, fenêtres, maçonnerie et structures bois). "Ces six fascicules, indique Daniel Gibbs, président de la COM de Saint-Martin, détaillent clairement, étape par étape, les choix des matériaux à utiliser et les bons gestes à adopter, pour reconstruire dans les règles de l’art et surtout dans la plus grande sécurité." Il a été édité en français et en anglais pour s’adapter à l’environnement multilingue de Saint-Martin et des Antilles.

FXG, à Paris

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 05:41

Le concours scolaire du CIFORDOM

A l’occasion de la commémoration des 170 ans de l’Abolition de l’esclavage, le Centre d’Information, Formation, Recherche et Développement pour les originaires d’Outre-mer (CIFORDOM) organise un concours intitulé : Histoire, Citoyenneté et Humanité. Le thème de l’édition 2018 est "l’Humain d’abord". "depuis 1982, explique le président du CIFORDOM, José Pentoscrope, on fait du soutien scolaire, on a lancé le prix littéraire Fetkann', le réseau lire à la maison, c'est notre combat pour l'humain !"

Ce concours doit permettre aux enfants et aux jeunes de réfléchir sur les rapports humains, la solidarité, la fraternité, la tolérance et le vivre ensemble. Ouvert depuis le 27 avril, le concours sera clos le 20 décembre. Il est ouvert aux élèves des classes élémentaires, aux collégiens et lycéens d’Ile-de-France et des Régions d’Outre-mer. Les élèves participent à titre individuel, cependant, la participation par classe est possible, notamment pour l’élaboration de l’oeuvre artistique ouverte à toutes les catégories.

Les élèves des classes élémentaires représenteront la thématique par une oeuvre artistique de leur choix d’une dimension de 40X60 cm maximum : dessins, peintures, photos, collages, etc...

Les collégiens devront lire un livre parmi les cinq sélectionnés par le CIFORDOM (voir le site cifordom.net). Ils feront preuve d’esprit critique, de synthèse et diront dans une brève rédaction leur ressenti ; ce qu’ils tirent de leur lecture. 3 pages maximum.

Les lycéens disserteront à partir, de cette pensée d’Antoine de Saint-Exupéry : « Si tu es différent de moi, loin de me léser, tu m’enrichis », ou cette autre d’Edouard Glissant : « Comment être soi sans se refermer à l’autre, et comment

s’ouvrir à l’autre sans se perdre soi-même ? » Le texte proposé par les candidats pourra prendre différentes formes (récit, poème, satire, slam, conte). 5 pages maximum.

Tous les participants au concours s’engagent à participer au temps fort, organisé au premier trimestre 2019 dans le cadre du Printemps des Poètes à Massy et en Outre-mer. Les enfants et jeunes devront être accompagnés du professeur ou de l’adulte qui a proposé le concours à sa classe.

Les participants au concours enverront leurs travaux via internet à cifordom@club-internet.fr ou sous pli au siège social de l’association CIFORDOM, 4 bis rue de la Division Leclerc BP 30 91300 Massy Cedex..

Les oeuvres seront réceptionnées au plus tard le 20 décembre 2018, date de clôture du concours.

 

 

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 05:35
Péril démographique aux Antilles

Le cri d'alarme de Serge Létchimy

Profitant de la séance de questions au gouvernement, le député Nouvelle gauche de Martinique, Serge Léthimy a voulu "lancer devant la Nation toute entière un cri d'alarme" : "Nous sommes confrontés en Guadeloupe et en Martinique à une véritable extinction démographique ;  si rien n'est fait, nous allons à terme vers une disparition de ces peuples." Serge Létchimy a ainsi rappelé quelques chiffres : 70 000 habitants en mois en trente ans pour les deux îles soeur, soit - 20 %. 16 % de jeunes de moins de 30 ans contre 18 % dans l'Hexagone. 2 jeunes sur trois qui partent étudier ou travailler dans l'Hexagone ne reviennent pas... 40 % de la population aura plus de 60 ans d'ici vingt ans... Pour enfoncer le clou, le député  fait du désastre sanitaire que connaissent les CHU de Guadeloupe, Martinique et Guyane témoin de ce désastre démographique... "Quand ferez-vous germer, M. le Premier ministre, une politique de la jeunesse au service du développement économique", a conclu en saisissant la perche de la réforme constitutionnelle à venir.

"Oui, vous avez raison, lui a répondu Annick Girardin, si nous ne faisons rien, la Martinique deviendra d'ici 2030, le territoire où la population sera la plus âgée de France..." Elle a reconnu que cette menace pesait également sur Saint-Pierre et Miquelon et Wallis et Futuna...  Elle a ainsi assuré qu'elle était prête à donner le cadre juridique qui permettrait à la Martinique de se développer socialement et économiquement, mais également structurellement. "C'est ce que nous faisons avec la réforme constitutionnelle dans l'article 72 et 73, c'est ce que nous faisons à travers les assises des Outre-mer..." A partir de cet instant, Serge Létchimy a laissé se dessiner sur son visage un léger sourire qui en disait long sur sa confiance... Au même moment la ministre enchaînait avec "le pari de la confiance dans les citoyens d'outre-mer pour construire leur avenir, la confiance dans les collectivités locales qui veulent construire un avenir pour leurs jeunes et puis la confiance dans l'Etat capable de prendre en compte les spécificité et priorités des territoires"... Alors la ministre a vanté la restauration d'une démocratie économique garantissant l'accès à l'entreprise et à l'emploi, "c'est ce à quoi je m'attelle avec la réforme des aides économiques..." Et démographiques ?

FXG, à Paris

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 04:29
CReFOM en petite forme

CReFOM, petit dîner pour la 3e edition

Le Conseil représentatif des Français d'Outre-mer (CReFOM) a tenu son troisième dîner annuel jeudi 31 mai dans les salons de l'hôtel de Ville. Alors que les deux premiers dîners s'étaient tenus en présence du Premier ministre Manuel Valls, du président de la République, François Hollande, et même de l'ancien président Sarkozy, cette fois, les Ultramarins ont du se contenter de la présence du porte-parole du gouvernement, Benjamin Grivaux. Le président du CReFOM, Jean-Michel Martial, avait préparé un long discours, mais le président d'Honneur Patrick Karam, venu au bras droit de Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile de France, étant intervenu avant lui, Martial n'a pas voulu être redondant, limitant son intervention pour proposer que se tienne chaque année un mois des mémoires entre le 27 avril et le 23 mai : "Que partout en France, a-t-il déclaré, soit organisé un enseignement, des débats, des échanges autour de ces dates et de ce que la France a vécu et retenu comme enseignement."

Griveaux danse avec GPL

En réponse à Patrick Karam qui ne s'est pas gêné pour allumer le gouvernement, Benjamin Griveaux a répondu sereinement, évoqué le "réflexe outre-mer", repris quelques annonces déjà faites par Emmanuel Macron... La Cité des Outre-mer à Paris ne se fera « pas forcément en tant que lieu physique », a-t-il annoncé. "En marche vers un site Internet ?" se sont interrogés quelques cyniques. En revanche, le porte-parole du gouvernement n'a pas eu un mot sur l'avenir de France Ô et la réforme en gestation de l'audiovisuel public nonobstant la présence dans la salle du directeur du pôle outre-mer de France Télévisions, Walès Kotra.

La présence de M. Grivaux a été appréciée, même si les adhérents auraient souhaité recevoir le président ou le Premier ministre qui ont été pourtant invités... Fin politique, Benjamin Griveaux s'est mis dans l'ambiance, très décontracté, presque comme s'il était déjà chez lui. Il a même dansé avec l'ancienne ministre PS des Outre-mer George Pau-Langevin.

Celle-ci, forte de son expérience aux deux derniers dîners du CReFOM, est arrivée en retard et a ainsi pu parler longuement à un meilleur horaire qui celui initialement prévu !  Pendant ce temps là, Anne Hidalgo, la maire de Paris était ailleurs, retenue par d'autres obligations...

Le dîner du CReFOM a été annulé l'an passé en raison du calendrier électoral au risque de passer pour une soirée annuelle qui a lieu tous les deux ans ! Le CReFOM ne semble pas avoir non plus fait montre de sa force de proposition aux assises des Outre-mer comme il avait su porter auparavant le projet de l'égalité réelle outre-mer. Les adhérents, du reste, étaient peu nombreux à participer à cette soirée qui coûtait 100 euros d'adhésion.

L'absence d'Emmanuel Macron inquiète en fait les adhérents du CReFOM quant à l'intérêt réel qu'il porte aux outre-mer. Beaucoup se demandent si le président Martial est "the right man" pour défendre les Outre-mer sous le quinquennat de Macron... "Peut-il être, a même formulé un adhérent, un interlocuteur crédible de l'Etat pour améliorer le sort des ultramarins ?" Les instances du CReFOM doivent justement être renouvelées mais aucune date n'a encore été communiquée aux adhérents.

FXG, à Paris

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7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 04:45

L'autodétermination des Calédoniens au Conseil des ministres

« Voulez-vous  que  la  Nouvelle-Calédonie  accède  à  la  pleine  souveraineté  et  devienne indépendante ? » Voici la question à laquelle les Calédoniens devront répondre le 4 novembre prochain. Le ministre de l’Intérieur et la ministre des  Outre-mer  ont  présenté au conseil des ministres du 6 juin  un  décret  portant  convocation  des électeurs  et  organisation  de  la  consultation  sur  l’accession  à  la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie.  L’accord de Nouméa, signé le 5 mai 1998, prévoit en effet  qu’« au  cours  du  quatrième  mandat  du  Congrès,  une consultation électorale sera organisée […]. La consultation portera sur  le  transfert  à  la  Nouvelle-Calédonie  des  compétences régaliennes,  l'accès  à  un  statut  international  de  pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité ». Le vote aura lieu le 4 novembre.

FXG, à Paris

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7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 04:24

Réunion - Clémendeau Hoareau inéligible pour trois ans

Le Conseil constitutionnel a prononcé vendredi 1er juin l'inéligibilité de Clémendeau Hoareau pour une durée de trois ans. Candidat aux élections qui se sont déroulées les 11 et 18 juin 2017, dans la 3ème circonscription de la Réunion, en vue de la désignation d'un député à l'Assemblée nationale, Clémendeau Hoareau a vu son compte de campagne rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques au motif, d'une part, que le compte n'a pas été présenté par un membre de l'ordre des experts comptables et, d'autre part, que le compte fait apparaître un solde déficitaire de 322 euros, en contradiction avec le code électoral qui prévoit que le compte de campagne doit être en équilibre ou excédentaire.

Considérant que l'intéressé cumulait deux négligences ou omissions, le Conseil constitutionnel à décidé de déclarer Clémendeau Hoarau inéligible en application des dispositions du code électoral pour une durée de trois ans à compter de la présente décision.

C'est Nathalie Bassire, LR, qui avait été élue au second tour. Clémendeau Hoareau, investi par le Modem n'avait obtenu que 0,86 % des voix au premier tour...

En revanche, le Conseil constitutionnel n'a pas donné suite à la demande d'inéligibilité à l'égard de Jean-Hugues Lebian, le candidat du Front national qui avait obtenu 7,02 % dans cette même circonscription.

Poleya inéligible aussi

Jean Alexandre Poleya, candidat divers droite aux élections législatives dans la première circonscription, a lui aussi été déclaré inéligible le 1er juin dernier par le conseil constitutionnel et ce pour une durée d'un an. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques dans sa décision du 12 février 2018 a rejeté son compte de campagne qu'il n'a pas fait présenté par un membre de l'ordre des experts-comptables et des comptables agréés.

M. Poleya avait obtenu 1,12 % des suffrages au premier tour.

Guyane - Michel Quammie inéligible pour un an

Le Conseil Constitutionnel prononcé vendredi l'inéligibilité de Michel Quammie pour une durée d'un an. Candidat divers droite dans la première circonscription de la Guyane, l'avocat a vu son compte de campagne rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (décision du 17 janvier 2018), au motif que des dons en espèces recueillis en vue du financement de la campagne du candidat pour un montant de 1 300 euros n'ont pas été versés sur le compte bancaire unique du mandataire, en méconnaissance du code électoral. "Eu égard, disent les juges de l'élection, au caractère substantiel de l'obligation faite au candidat à une élection législative de ne recueillir des fonds en vue du financement de sa campagne que par l'intermédiaire du compte unique ouvert au nom de son mandataire, dont M. Quammie ne pouvait ignorer la portée, il y a lieu, en application de prononcer l'inéligibilité de M. Quammie à tout mandat pour une durée d'un an à compter de la date de la présente décision."

Michel Quammie avait récolté 6,15 % au premier tour.

Paris - Babette inéligible pour un an

Le Conseil Constitutionnel a prononcé l'inéligibilité de Babette de Rozières pour un an à compter du 1er juin. candidate aux législatives dans la 17e circonscription de Paris, Babette de Rozières a vu son compte de campagne rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (décision du 12 octobre 2017), au motif, d'une part, que la candidate n'a pas respecté les dispositions du code électoral, aux termes desquelles le mandataire financier est tenu d'ouvrir un compte bancaire unique retraçant la totalité de ses opérations financières et, d'autre part, que la candidate a produit des pièces justificatives illisibles concernant deux versements sur le compte bancaire ouvert à la Caisse d'épargne, inscrits au compte au titre des versements personnels de la candidate, ce qui ne permet pas d'établir l'origine des fonds, et ce en contradiction avec le code électoral.

Le mandataire financier de la candidate a ouvert un premier compte bancaire à la Caisse d'épargne le 24 novembre 2016 puis un second compte au Crédit coopératif le 14 février 2017. Le compte ouvert à la Caisse d'épargne, qui n'a été clôturé que le 23 juin 2017, a continué d'être utilisé après l'ouverture du second compte.

Pour toutes ces raisons, Babette de Rozières est déclarée inéligible pour une durée d'un an.

En Guadeloupe, Hubert Quiaba aussi

Le compte de campagne d'Hubert Quiaba, candidat dans la 3e circonscription de la Guadeloupe aux dernières législtatives, a lui aussi été rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques dans sa décision du 17 janvier 2018 au motif que le compte bancaire du mandataire financier de ce candidat n'avait enregistré entre son ouverture et le dépôt du compte de campagne que 1 250 euros de recettes et 1 085 euros de dépenses alors qu'il résultait de l'instruction que 4 350 euros de dons et 8 840 euros de produits divers avaient été recueillis en espèces et n'avaient pas transité par le compte bancaire du mandataire. Pour ces raisons, le 25 mai dernier, le Conseil constitutionnel a déclaré Hubert Quiaba inéligible pour un an. Pour rappel, M. Quiaba avait obtenu 10,45% des voix au premier tour...

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 17:52

Muller condamné pour injure publique

La 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a rendu mardi 5 juin son délibéré dans l'affaire qui opposait le magistrat du parquet de Saint-Pierre à la Réunion, François Thévenot, à l'ancien procureur de Saint-Denis, Philippe Muller. Aucune des parties n'étaient présente ou représentée dans la salle d'audience. Le tribunal a rejeté les exceptions de nullité de l'ordonnance de renvoi soulevée in limine litis, de même qu'il a écarté le chef de diffamation publique. En revanche, il a déclaré Philippe Muller coupable d'injure publique en ayant agi en corbeau, en ayant envoyé sur le réseau de la messagerie de la justice réunionnaise le 4 juin 2014 un mail comportant ces mot : "François Thévenot, parce qu'il le veau bien." En répression, le tribunal a condamné Philippe Muller à une amende de 1000 euros avec sursis, à payer 1 euros de dommages-intérêts à M. Thévenot ainsi que 2000 euros au titre des frais de procédure. M. Thévenot a été débouté du reste de ses demandes. M. Muller, actuellement avocat général à Grenoble, devrait vraisemblablement faire appel.

FXG, à Paris

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 05:14
Loto patrimoine

Un loto pour le patrimoine en péril

La maison du receveur des douanes à Saint-Laurent, celle d'Aimé Césaire à Fort-de-France, l'habitation Bisdary à Gourbeyre, Maison Rouge à Saint-Louis et encore la sucrerie Soulou à Mayotte sont les cinq sites emblématiques qui seront restaurés grâce aux fonds du "loto patrimoine".

"Le patrimoine est une part de l'identité et du rêve français." Jeudi après-midi dans la salle des fêtes du palais de l'Elysée, le chef de l'Etat s'est adressé pendant près d'une demi-heure à un parterre d'invités composés de quelque 200 personnes engagées pour le patrimoine.

Parmi celles-ci, le député Martiniquais Serge Létchimy, réunionnais Thierry Robert et guyanais Lénaïck Adam, le maire de Saint-Laurent du Maroni, Léon Bertrand, mais également le président de la Région Réunion, Didier Robert, la vice-présidente de la Collectivité territoriale de Guyane, Hélène Sirder, et encore le sénateur Antoine Karam.

Ils étaient là car parmi les 2000 monuments identifiés comme "patrimoine en péril" par Stéphane Bern, 17 sont situés en outre-mer et bénéficieront de fonds dès cette première campagne de don et de mécénat. Il s'agit en Guyane du bagne des Annamites à Montsinéry-Tonnegrande, du camp des Hattes à Awala Yalimapo, de la maison traditionnelle du parc naturel régional à Kaw, de la maison du receveur des douanes à Saint-Laurent-du-Maroni.

En Martinique, c'est le fort de l'îlet à Ramiers, la maison Telle à Saint-Esprit et la maison d'Aimé Césaire à Fort-de-France. En Guadeloupe, c'est l'habitation Routa à Lamentin et l'habitation Bisdary à Gourbeyre. A Saint-Barth, c'est  le clocher de Gustavia et à Saint-Martin la plantation Mont-Vernon. A Mayotte, c'est la sucrerie Soulou à M'Tsangamouji et l'ancienne caserne de Dzaoudzi. Enfin, à la Réunion, il s'agit du site de Maison rouge à Saint-Louis, l'école Saint-Charles à Saint-Pierre, l'hôtel Laçay à Saint-Paul et le kiosque de la Villa Follio à Hell-Bourg.

Grattage et tirage

Si l'Elysée a voulu mettre en avant 18 projets emblématiques, soit un par région métropolitaine et d'outre-mer, en tout, ce sont 251 projets répartis sur tout le territoire qui ont été jugés prioritaires. En septembre dernier, Emmanuel Macron a missionné Stéphane Bern afin qu'il identifie le patrimoine en péril et qu'il trouve des solutions de financement innovantes pour le restaurer. C'est ainsi que lors du vote de la loi de finances rectificative 2017, la part de l'Etat sur les recettes des jeux organisés au profit du patrimoine serait attribuée à la fondation du patrimoine afin d'alimenter un fonds "patrimoine en péril".

Ainsi, à partir du 3 septembre, seront vendus dans les points de vente de la Française des jeux un jeu de grattage distribué à 12 millions d'exemplaire et d'un coût de 15 euros. A noter que les visuels sur les tickets à gratter, représentent un monument notoire comme le château de Chambord ou le mont Saint-Michel, quatre monuments emblématiques et métropolitains repérés par la mission Bern et la maison d'Aimé Césaire, choisie comme emblème des monuments en outre-mer.

Le 14 septembre, veille de la journée du patrimoine, aura lieu le tirage d'un super loto "mission patrimoine" doté de 13 millions d'euros.

Avec ce dispositif, la fondation du patrimoine et Stéphane Bern comptent ramasser de 15 à 20 millions d'euros avec lesquels ils vont pouvoir financer la restauration des 251 projets sélectionnés. Pour l'heure, 6 millions sont déjà fléchés sur les 18 projets emblématiques. La maison du receveur des douanes, bénéficiera de 200 000 euros, celle d'Aimé Césaire 100 000 euros, le site de Maison rouge, 118 000 euros et l'habitation Bisdary, 900 000.

L'opération, a assuré la ministre de la Culture, sera renouvelée chaque année autour de la journée du patrimoine.

FXG, à Paris

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 06:35

Lorion déçu de la loi ELAN

Porté par Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires et Julien Denormandie, son secrétaire d'Etat, le projet de loi ELAN (évolution du logement, de l'aménagement et du numérique) est en discussion en ce moment à l'Assemblée nationale. "C'est une bonne loi, expliquait le député LR David Lorion, en séance jeudi matin, car elle va alléger les contraintes qui pèsent sur le logement sachant qu'à la Réunion, il y a 80 000 mal logés et 20 000 demandes de logements sociaux, mais il y a des failles puisque l'outre-mer en est totalement oubliée." Seul l'article 14 fait mention expresse à l'Outre-mer par le biais du schéma d'aménagement régional (SAR) qui doit être revisité. Le SAR concerne exclusivement les territoires ultra-marins puisque les autres régions de France, à l'exception de l'Ile de France, ont un schéma régional d'aménagement, développement durable et égalité des territoires (SRADDET). Le député Lorion plaide pour étendre le SRADDET outre-mer et qu'il ne soit pas approuvé par le seul Conseil d'Etat mais par la Région aussi.

Les nouveaux outils d'aménagement proposés par la loi (projet partenariat aménagement avec l'Etat, Grandes opérations d'urbanisme), les aides fiscales à la libération du foncier ne devraient pourtant pas donner autant d'élan à la construction de logements. "L'Etat a voulu baisser le coût des loyers, poursuit M. Lorion, en baissant le niveau des aides et cela va provoquer un manque à gagner de 2 milliards pour les bailleurs sociaux d'ici 2020 alors que jusqu'alors leur autofinancement était de 800 millions... Cela va assécher leur investissement et créer une situation compliquée pour les collectivités qui garantissent les bailleurs sociaux." Le gouvernement le sait puisqu'il demande aux bailleurs de vendre en bloc cinq fois plus de logements que les 8000 vendus chaque année jusqu'alors. "Le patrimoine social est un patrimoine public", proteste le député LR.

Mais ce qui lui semble plus grave, c'est le "trouble d'oubli compulsif de l'Outre-mer" dans ce projet alors que le logement social représente 25 % des logements en outre-mer et que le plan logement outre-mer 2015-2020 ne donne aucun résultat puisque sur les 8000 logements attendus chaque année, il n'en sort que 4000. Cet échec a été reconnu par l'Association Régionale des Maîtres d'Ouvrages Sociaux (ARMOS) qui a établi dans le livre blanc du logement social outre-mer en septembre dernier six priorités. Qu'il s'agisse de la sécurisation des financements lors de la clôture des opérations (notamment les 30 % du crédit d'impôt qui fragilisent les dossiers), le non financement du FRAFU ou encore le parcours logement (avec la suppression de l'accession logement), aucune de ces priorités n'est inscrite dans la loi ELAN. La cerise sur le gâteau, c'est l'intervention en outre-mer de l'agence nationale de l'habitat (ANAH) promise par la ministre des Outre-mer lors du débat budgétaire l'automne dernier n'y figure pas non plus. "A part à ça, c'est une bonne loi", conclut David Lorion.

FXG, à Paris

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 05:48
L'ancien ministre de Jacques Chirac était à l'Elysée jeudi 30 mai

L'ancien ministre de Jacques Chirac était à l'Elysée jeudi 30 mai

Interview. Léon Bertrand, maire de Saint-Laurent du Maroni, était au nombre des personnalités engagées pour le patrimoine que le président Macron recevait jeudi à Paris.

"D'ici quelques années, je ne serai plus là et Lénaïck Adam représente une communauté importante"

Cette invitation de l'Elysée signe votre grand retour à Paris...

C'est vrai que ça fait bien un an que je n'ai pas mis les pieds à Paris parce qu'on est absorbé lorsqu'on est maire d'une commune comme Saint-Laurent du Maroni qui est une commune qui fait face à énormément de défis. On est absorbé par le quotidien et le temps passe ! Mais cette invitation du chef de l'Etat me permet effectivement  de reposer les pieds ici, surtout à l'Elysée. Je suis très content parce que c'est une grande reconnaissance pour le travail que j'ai réalisé depuis pas mal de temps avec plusieurs équipes municipales depuis 1983 quand j'ai été élu maire pour la première fois. Dès le départ, je suis allé à l'encontre de ce que mes prédécesseurs pensaient. A l'époque, les gens voulaient purement et simplement raser le bagne par exemple. Ils estimaient que le camp de la transportation était une verrue de l'empire colonial qui n'avait rien à faire en terre guyanaise...  Moi, en tant que petit-fils de bagnard — mon grand-père était un Vendéen de Jard sur mer et il y avait pas mal de gens comme moi — je pensais que c'était l'histoire et que nous faisions partie de l'histoire. Il faut l'assumer purement et simplement ! Et cette idée est venue de conserver le bagne, le nettoyer... A l'époque, il y avait des idées un peu folles qui circulaient : on voulait en faire un hôtel... Pendant des années nous nous sommes battus, j'ai même fait exproprier M. Tanon, le grand commerçant qui était propriétaire des lieux. La commune a fini par racheter ces bâtiments dans les années 1990, j'ai réussi à le faire classer en partie... Et c'est parti ! Aujourd'hui, il y a centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine, une bibliothèque, un groupe théâtral, des résidences d'artistes, un parcours de musée...

Et cela s'inscrit dans la démarche en faveur du patrimoine que vient saluer le président de la République ?

C'est pour un ensemble de sites car à côté du bagne, il y a tout le quartier officiel qui a été refait avec des chantiers d'insertion. Là, il s'agit du projet de rénovation de la maison du receveur des douanes... J'ai fait classer Saint-Laurent du Maroni en ville d'art et d'histoire et tout ça a concouru à faire en sorte que Saint-Laurent représente au point de vue patrimonial une ville assez unique.

Que peut apporter cette reconnaissance nationale ?

C'est un élan nouveau car c'est un coup de projecteur sur Saint-Laurent. C'est faire savoir que quand on parle du bagne, on a toujours une image négative alors que pour moi, aujourd'hui, le bagne est une richesse patrimoniale. C'était un lieu d'enferment qui est devenu un lieu d'ouverture et de rayonnement. C'est une fenêtre car les gens qui ont entendu parler du bagne veulent voir le bagne mais quand on vient, c'est un prétexte pour que les gens puissent découvrir autre chose. Cette autre chose, c'est notre diversité culturelle...

Et c'est une ville qui est amenée à évoluer très rapidement, n'est-ce pas ?

Dans 4 ou 5 ans, Saint-Laurent dépassera Cayenne et d'ici 12 ans, ce sera la ville la plus importante démographiquement de tout l'outre-mer !

Vous avez d'ailleurs fait appel à des urbanistes en prévision de cela...

Avec les ateliers de Cergy, nous avons imaginé la ville en 2060 car nous avons une croissance démographique inédite de 8,4 %. Et quand ça va trop vite, le risque est d'avancée dans le désordre. Là, on a voulu qu'il y ait un cap et ce cap nous a été donné par les urbanistes qui sont venus non seulement de Paris, mais de l'Amazonie et du monde entier. Il fallait qu'on ait la réflexion la plus large  possible. Grâce à cela, nous avons un cap qui nous permet de décliner année après année les programmes de développement de la ville.

Le président Macron, c'est le nouveau monde, et vous, ancien ministre de Chirac, vous représentez l'ancien. Comment vous situez-vous par rapport à lui ?

Le président Macron a un gouvernement divers avec un Premier ministre qui est issu des mêmes rangs que moi. Chez lui, ce que j'aime, c'est qu'il fait ce qu'il dit et nous avons besoin de ça parce que nous sommes aujourd'hui dans une situation assez compliquée. La France a besoin d'être redressée, a besoin de grandes réformes de fond et pas des réformettes. Ca veut dire qu'il faut avoir du cran pour aller jusqu'au bout. Et ça, je le décèle chez lui. C'est la raison pour laquelle je me sens à l'aise. Le fait que j'honore son invitation, c'est non seulement pour le plaisir de la reconnaissance du travail fait, mais sur le plan politique, ça ne me gène pas du tout ! Je me sens à l'aise !

Peut-on transposer cela sur le plan local ? Peut-on imaginer un rapprochement entre vous et Lénaïck Adam ?

Lénaïck Adam n'était pas mon candidat... J'avais pris des engagements avec un autre candidat mais néanmoins, d'ici quelques années, je ne serai plus là et Lénaïck Adam représente une communauté importante à Saint-Laurent-du-Maroni. Je suis en train de jeter des bases importantes pour le développement de la ville, les ateliers de Cergy, l'OIN, le programme de l'ANRU... Beaucoup d'opérations se montent actuellement et vont se réaliser dans les prochaines années. J'ai besoin que cela se fasse en toute harmonie... Nous n'avons pas intérêt à nous battre entre nous. C'est pourquoi, j'ai proposé à Lénaïck que l'on se voie, qu'il prenne connaissance en détail des projets pour Saint-Laurent afin que nous puissions les défendre ensemble. Nous avons intérêt d'être en synergie d'autant plus que nous savons bien que Saint-Laurent comme l'Ouest ont toujours été le parent pauvre de la Guyane par rapport au littoral, à l'île de Cayenne et à Kourou. Oublions un peu nos divergences politiques et rassemblons-nous dans l'intérêt du territoire de façon pragmatique...

Vous avez 67 ans et vous songez déjà à votre retraite ?

La loi sur le cumul et la limitation des mandats va sortir et m'obligera certainement à prendre ma retraite. Et puis, un moment donné, on sent qu'il faut laisser la place, passer la main ! Et il vaut mieux la passer de façon intelligente en accompagnant...

Lénaïck Adam pourrait-il vous succéder ?

Lui ou un autre ! Mais ce qu'il faut, c'est que tous ces jeunes qui arrivent aient une vision partagée avec la mienne. Je ne dis pas qu'il faut absolument être du même parti politique, pas du tout, on peut faire partie de groupes politiques différents, mais avoir une vison partagée, c'est cela que je demande et c'est ce que j'essaie de mettre en place en ce moment.

Vous n'avez jamais été au PSG et pourtant, vous tenez depuis 1983 Saint-Laurent... Y a-t-il une typologie politique spéciale dans l'Ouest ?

On a su avec Georges Patient, avec Elie Castor à une époque, et d'autres, nous réunir pour créer la première intercommunalité de la Guyane, la CCOG. Et nous l'avons fait toit en étant d'obédiences politiques différentes parce que nous avions déjà vu le déséquilibre qui existait entre l'île de Cayenne et le reste du département. Nous avons déjà démontré notre pragmatisme devant les défis à relever et ne pas toujours mettre en avant la politique pour l'intérêt général et celui de la population.

Où en êtes-vous de vos ennuis judiciaires ? Votre contrôle judiciaire a été levé puisque vous êtes à Paris ?

J'ai le droit d'être là ! J'ai le droit de me déplacer. J'attends une décision de la Cour de cassation. Quand on est dans une procédure de cassation, tous les effets de la cour d'appel précédente, en l'occurrence celle de Basse-Terre,  sont suspendus...

Etes-vous serein ?

Je n'ai rien à me reprocher ! Depuis des années, on a fouillé ma vie et on n'a jamais pu démontrer que j'avais détourné quoi que ce soit. Il n'y a pas d'enrichissement sans cause. J'ai peut-être fait quelques erreurs comme tout le monde, mais je ne me sens pas du tout coupable de ce qu'on m'accuse...

Vous avez déjà payé cher et souffert de votre personne...

J'ai quand  même fait quatre mois de prison, ce qui n'est pas rien du tout et c'est pour ça que je me bats et que je me battrai jusqu'au bout.

Cela a-t-il contribué à changer votre regard sur la délinquance et la détention ?

Il faut tout faire pour empêcher cela... Mais, en arrivant à Orly Ouest, j'ai vu le nombre de douaniers qu'il y avait. J'ai bien entendu été sollicité par eux et je leur ai dit que je venais de Saint-Laurent. J'ai vu tous les yeux des douaniers s'ouvrir grand ! Saint-Laurent a une mauvaise réputation à cause des mules, de la cocaïne. C'est ça le grand problème ! Quand je parlais tout à l'heure d'avoir une vision partagée, je crois que pour éviter cette délinquance, il faut vraiment tout mettre en oeuvre pour créer du développement économique et des formations. Si aujourd'hui, beaucoup de jeunes se retrouvent à faire la mule, c'est parce que, quelque part, il y a sûrement des échecs de nos politiques publiques. Au lei d'envoyer la police, la gendarmerie et la douane, j'aurai préféré qu'on envoie à la place de ces effectifs que l'on ne cesse de grossir, des fonctionnaires pour la formation, des experts pour nous aider à faire partir l'économie.

Comment voyez-vous Saint-Laurent en 2060 ?

C'est une ville qui sera très cosmopolite et qui sera un pôle de liaison avec Albina. Nos vies sont trop étroitement liées pour qu'on ne puisse pas avoir un développement qui tienne compte des deux rives du Maroni. Saint-Laurent sera différente de Cayenne parce que cette approche que nous avons avec le Suriname va nous obliger à aller chercher d'autres façons de fonctionner, même institutionnellement, même si on reste dans la République.

Quel est votre point de vue sur une évolution statutaire ?

Il faut déjà définir un projet pour la Guyane. C'est ce projet qui nous dira ensuite quel est l'article de la Constitution le plus adapté pour cela.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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