Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

2 juin 2018 6 02 /06 /juin /2018 05:50
Reforme des aides économiques et traitement spécifique à Mayotte et en Guyane

Annick Girardin promet un dispositif d'aides économiques différencié en Guyane et à Mayotte

Lors de son discours devant l'assemblée générale de la FEDOM, vendredi à Paris, la ministre des Outre-mer a évoqué l'avancement de la réforme des aides économiques et indiqué que Mayotte et la Guyane bénéficieraient de dispositifs spécifiques.

"Nous sommes très proche d'une solution pour la transformation des aides économiques que nous préparons avec les élus." Annick Girardin n'a pourtant pas voulu, vendredi à Paris, présenter le produit chiffré de la réforme des aides économique quoi qu'elle disposât déjà des arbitrages qui ont été rendus mercredi et encore vendredi matin par l'Elysée. La ministre s'en est expliquée car elle veut encore pouvoir "adapter à la marge les paramètres, affiner le travail avant de le rendre public". Les socio-professionnels et les élus guyanais étaient encore réunis au ministère des Outre-mer mercredi soir. "Nous avons fait comprendre au gouvernement qu'il fallait dissocier la Guyane des autres DROM", raconte Tara Govindin, présidente du Medef de la Guyane. Cela fait plus d'un mois que le Medef réunit tous les socio-pro, les élus et les chambres consulaires pour nourrir le projet du gouvernement. "C'est la première fois que je ressors du ministère avec un sentiment de satisfaction, explique le député Gabriel Serville.  Le cabinet de la ministre a compris que l'heure était grave et qui fallait vraiment trouver une solution qui s'inspire du  territoire guyanais et ne pas se baser sur des préconisations qui viendraient de Paris." Annick Girardin l'a confiemé elle même vendredi : "Nous allons mettre en place de nouveaux dispositifs de zones franches économiques avec des dispositifs particuliers proposés à Mayotte et à la Guyane." Ces  propositions spécifiques devront, après les réponses d'urgence, répondre sur les moyen et long termes aux situations de Mayotte et de la Guyane. "Ces deux territoires doivent aussi trouver leur place dans leur bassin maritime et pouvoir rayonner puisque dans ces territoires il y a aussi des compétences."

Cinq axes, quatre champs

Globalement, la réforme des aides économiques se concentre sur cinq axes : l'économie bleue, l'économie verte, le tourisme, l'économie agricole, industrielle et productive et enfin l'économie créative. Elle exclue les banques, les assurances et la grande distribution. Elle concerne quatre champs. Le premier est celui des territoires, le deuxième l'investissement. "L'aide fiscale à l'investissement sera préservée, mieux encadrée et simplifiée", a précisé Mme Girardin. Le troisième champ concerne le coût du travail. Le gouvernement recherche "un effet d'accompagnement sur les entreprises les plus exposées à la concurrence et sur le renforcement de la compétitivité du facteur travail autour du SMIC afin de faciliter la création d'activité et d'emploi". Le dernier champ concerne le financement des entreprises et de l'économie. "L'ensemble des offre des financeurs publics, AFD, BPI, CDC sera disponible en propre sur chacun des territoires à compter du 1er janvier 2019." Des mécanismes de financement nouveaux vont aussi être mis en place avec ces partenaires. Le gouvernement veut aussi intervenir sur les délais de paiement des collectivités qui trop souvent dépassent les 200 jours.

"Nous n'avons pas été entendus dans la totalité de nos demandes notamment les  exonérations de charges fiscales  et patronales", remarque Tara Govindin qui pour autant, comme le député Serville, se satisfait des premières ébauches de traitement spécifique à la Guyane qu'il s'agisse du plan de résorption des difficultés financières de gestion du RSA,  de la réévaluation du calcul des dotations de l'État afin de mieux prendre en compte le dynamisme démographique de la Guyane,  la possibilité de privilégier des prêts conditionnés et assortis d'une garantie de l'État, de mécanismes de décaissement par tranche conditionnée à la réalisation d'actions plutôt que des subventions du budget général sans contrepartie des collectivités... "On a évoqué, complète Gabriel Serville, la nécessité de mesurer le poids du travail illégal afin de définir une stratégie de lutte efficace et adaptée."

Un nouveau rendez-vous doit avoir lieu pour entrer de manière beaucoup plus technique dans les vingt propositions qui sont faites par les ministres des Outre-mer et les inspecteurs des Finances, sans doute dans la première quinzaine de juin puisque tout sera bouclé le 15 ou 20 juin pour une présentation au président de la République, le 28 juin.

FXG, à Paris

Un greffe privé pour les tribunaux mixtes de commerce

En 2009, le législateur a choisi de ne pas étendre complètement la réforme des tribunaux de commerce à l'Outre-mer.  Subsiste donc des tribunaux mixtes qui partagent la charge du greffe avec le tribunal de grande instance. Les délais de traitement des dossiers sont aujourd'hui de plusieurs mois.  "Combien de chefs d'entreprises m'ont informé avec dépit, a déclaré Annick Girardin, qu'ils avaient attendu plus de huit mois  pour avoir un K bis ! Ca ne pouvait plus durer. " Avec sa collègue garde des Sceaux, Nicole Belloubet, elles ont décidé de permettre à nos territoires d'être dans le droit commun.  Ainsi, dès cet été pour Mayotte et la Guyane,  et au plus tard,  au 1er janvier prochains pour tous,  seront établis des greffes privés dans l'ensemble des 11 tribunaux mixte de commerce des outre-mer. "Nous allons donc pouvoir réduire très vite les délais insupportables que vous avez connus", a conclu pragmatique la ministre des Outre-mer.

Partager cet article

Repost0
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 07:03
Le président de la FEDOM encore inquiet de la réforme des aides économiques

Jean-Pierre Philibert, réélu pour un troisième mandat à la tête de la FEDOM, vendredi 25 mai à Paris, est en plein travail de "co-construction" avec la ministre des Outre-mer sur la réforme des aides économiques que la FEDOM préfère qualifier de dispositifs de compensation de nos handicaps permanents. Entretien.

"Il va falloir qu'on aille au-delà du seuil d'exonération des charges de sécurité sociale"

Que retenez vous de vos échanges avec la ministre ?

De l'écoute, oui, des propositions, oui, des réponses du gouvernements non ! En tout cas pas de réponse chiffrée.  En dehors de la réforme des greffes des tribunaux de commerce qui est attendue depuis très longtemps,  la ministre n'a pas dit grand-chose si ce n'est répéter ce qu'elle dit depuis longtemps : "Nous co-travaillons à un écosystème."  Il y a une traduction très claire à cela c'est que les arbitrages qui ont eu lieu mercredi 23 mai et vendredi encore à l'Élysée n'ont pas été conclusifs.  J'ai deux façons de le prendre,  dans le mauvais sens c'est qu'elle serait revenue avec de mauvais chiffres qu'elle n'aurait pas annoncés ; dans le bon sens,  ça voudrait dire qu'il y a encore un temps de discussion...

La ministre vous a annoncé deux nouveaux rendez-vous...

La ministre a, je crois, la bonne vision des choses puisqu'il pourra y avoir des adaptations à la marge. Nous espérons ces adaptations vers le haut ! Certains dossiers sont bien avancés comme l'aide fiscale à l'investissement. Le gouvernement est d'accord pour proroger, pour simplifier, pour rendre éligible un certain nombre de secteurs qui ne l'étaient pas tout en exigeant des contrôles plus accrus, notamment pour l'aide fiscale de plein droit... Ca nous le savons à peu près...

Qu'est-ce que vous ne savez pas encore ?

Ce que nous ne savons pas aujourd'hui et qui est effectivement plus compliqué, c'est le problème de la révision des exonérations de charges.  C'est un sujet extrêmement sensible. La ministre s'est un tout petit peu dévoilée puisqu'il y avait il y a quelques jours encore six secteurs prioritaires et si j'ai bien lu il y en a un qui  a disparu entre-temps c'est l'économie sociale et solidaire. Elle a disparu sans doute pour revenir parce qu'on a considéré qu'il ne fallait pas en faire un secteur à part,  mais plutôt l'économie sociale et solidaire à travers les autres,  donc cinq secteurs.  Il y a des secteurs qui ne bénéficieront pas d'aides. La ministre a ciblé les banques,  les assurances,  la grande distribution.  Mais sur les secteurs éligibles, jusqu'où on va ? Comment on y va ? Si nous voulons des niveaux d'exonération au moins équivalents à ce qui se passait avant, CICE  plus exonérations confondus, il va falloir qu'on aille au-delà du seuil d'exonération des charges de sécurité sociale,  qu'on aille dans le dur de l'assurance-chômage et éventuellement des retraites complémentaires...  Or tant que les réformes n'ont pas été faites,  il y a un petit hic car aujourd'hui ce n'est pas l'État qui a la main.

Craignez-vous toujours que cette réforme ne soit le prétexte d'un nouveau coup de rabot ?

Oui nous le craignons toujours.  Sur la TVA NPR par exemple, qui représente 100 millions d'euros, On voit que les mécanismes qui ont été proposés ne nous donnent pas satisfaction.  Le risque c'est qu'au bout du bout,  les 100 millions d'euros disparaissent... J'ai rappelé au tout début de ce débat que le gouvernement avait déjà fait une économie de 100 millions € sur la défiscalisation du logement libre intermédiaire. Ce dispositif avait été supprimé en 2009 mais il a continué avoir des dépenses budgétaires inscrites pendant neuf ans...

Alors le compte y est-il ?

L'étude que nous avons confiée au cabinet Mazars montre que le chiffre initial qui avait été avancé par les services de Bercy,  380 millions d'euros, est très éloigné de la réalité. Nous sommes aujourd'hui à un peu plus de 500 millions d'euros,  hors Mayotte. Ça été un combat de quatre ou cinq mois !

La ministre a évoqué des dispositifs spécifiques pour Mayotte et la Guyane. Qu'en est-il ?

Ça ne peut vouloir dire que zone tranche globale sur l'ensemble de la Guyane qui l'avait déjà et pour Mayotte. Ça veut dire des mesures extrêmement précises qui ne sont pas forcément économiques, mais des mesures d'intérêt général notamment de lutte contre l'immigration clandestine. Mais je suis comme vous j'ai entendu "il y aura", j'aurai préféré entendre "il y a".

Propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 05:14

Retraites en bonne marche à Saint-Pierre-et-Miquelon

Si le minimum vieillesse d'ne personne seule augmentera de 1200 euros par an d'ici 2020 en France et dans les DOM, il va gagner 4000 euros dans le territoire de la ministre des Outre-mer.

Le gouvernement a signé deux décrets de revalorisation des retraites. Le premier en date du 30 mars concerne tous les bénéficiaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou du minimum vieillesse. Il revalorise de manière exceptionnelle, pour les années 2018 à 2020, leur montant à compter du mois d'avril 2018 dans le but de "soutenir le pouvoir d'achat des retraités les plus modestes".

Pour les personnes seules, l'allocation passe ainsi de 9 600 euros par an à 9 998,40 euros par an à compter du 1er avril 2018, puis à 10 418,40 euros par an en 2019 et enfin à 10 838,40 euros en 2020.

Pour un couple, cette allocation passe de 14 904 euros par an à 15 522,54 euros par an à compter du 1er avril 2018, puis à 16 174,59 euros en 2019 et enfin à 16 826,64 euros en janvier 2020.

Un écart de 6000 euros pour un couple

Le second décret du 6 mai 2018 a le même objet de revalorisation à ceci près qu'il ne concerne que la seule collectivité de Saint-Pierre et Miquelon et que ses montants sont nettement supérieurs. Au lieu de se contenter de 9 998,40 euros par an à compter du 1er avril 2018, un retraité de Saint-Pierre-et-Miqelon touchera 13 174,18 euros, puis en 2019, 13 594,18 euros au lieu de de 10 418,40 euros et enfin 14 014,18 euros au lieu de 10 838,40 euros en 2020.

Pour un couple, la retraite de 15 522,54 euros par an fera un bon de plus de plus de 5000 euros compter du 1er avril 2018, à 20 702,21 euro, puis à 21 362,20 euros en 2019 contre 16 174,59 euros pour les autres, et enfin à 22 022,19 euros  en 2020 contre 16 826,64 euros pour le commun des Français.

Il y aura donc un écart d’au moins 6000 euros par an entre un couple de retraités de l’Hexagone ou d'outre-mer et un couple de St Pierre et Miquelon. Rien à voir bien sûr avec le fait que la ministre des Outre-mer soit une élue de Saint-Pierre-et-Miquelon.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 05:00
Au centre, Béatrice Fabignon, à droite Emmanuel Fournis, ambassadeur de la fondation Bocuse et de l'association Ô service d'Alain ducasse, maitre d'hôtel et professeur et à gauche en tablier, Stéphane Guénaud, argentier du palais de l'Élysée.

Au centre, Béatrice Fabignon, à droite Emmanuel Fournis, ambassadeur de la fondation Bocuse et de l'association Ô service d'Alain ducasse, maitre d'hôtel et professeur et à gauche en tablier, Stéphane Guénaud, argentier du palais de l'Élysée.

Un concours des arts de la table dans les Outre-mer

Béatrice Fabignon, cheffe de cuisine lance le premier concours des arts de la table dans les outre-mer. La première édition aura lieu les 22 et 2" juin à l'hôtel de la Pagerie en Martinique. Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 11 juin. Vingt candidats seront retenus pour participer à la finale. Dix doivent avoir moins de 2" ans et venir d'école hôtelière, du SMA ou du CFA. Les dix autres doivent être des professionnels (chefs de rang, chefs de salle, maîtres d'hôtel) en activité. "L'idée m'est venue l'an dernier, explique Béatrice Fabignon, lors d'une discussion avec Véronique des Chaumes, présidente de la Pagerie, avec qui nous évoquions la situation de la formation professionnelle. J'étais partie sur l'idée de faire un concours de cuisine, mais très vite, l'idée de faire un concours des arts de la table a pris le dessus parce que les concours de cuisine, il y en a pléthore !"

Parrainé par la fondation Paul-Bocuse, le concours  réunira un jury prestigieux avec Stéphane Guénaud, l'argentier de l'Elysée, Emmanuel Fournis, maître d'hôtel, ambassadeur de la fondation Paul-Bocuse et de l'association O service, d'Alain Ducasse, et Kévin Chambenoît, meilleur ouvrier de France 2015 pour les arts de la table. A ceux-là s'ajouteront les membres d'un jury local dont Renaud Flaun, proviseur du lycée hôtelier de Bellefontaine, la sous-préfète du Marin, un représentant de la CCIM, un autre d'Air France et Karine de Jaham.

La matinée du 22 juin sera consacrée au concours des jeunes ; celle du 23 aux pros. Ils auront tous sept épreuves à passer : le dressage d'une table pour deux personnes, le design foral, la création d'un cocktail, la découpe d'une volaille et d'un fruit, le carafage et le flambage.

Tourisme et formation

"Quand j'ai commencé à parler d'un tel concours, explique sa promotrice, je me suis rendu compte que la plupart des gens ignoraient ce que sont les arts de la table... Alors que les arts de la table, c'est important pour le tourisme et la formation. Nous voulons donc mettre un coup de projecteur et montrer que si les arts de la table sont importants, ils ne sont pas forcément synonymes d'hôtel trois étoiles ! Même si on est en short et en tongs, il y a une façon de présenter, de se présenter, de parler et de servir... Il y a une façon de faire un cocktail sur la plage ! Dans la Caraïbe, on mange très bien, mais les serveurs et maîtres d'hôtel ne sont pas tous à la hauteur. Ca va aider à relever un peu le niveau."

Béatrice Fabignon entend pouvoir renouveler le concours tous les trois mois histoire d'aller dans tous les territoires d'outre-mer.

FXG, à Paris

Une cheffe à domicile

Béatrice Fabignon est née à Paris, mais elle est de Morne-à-l'Eau par son père et du Moule et du Prêcheur par sa mère. Si la cuisine a toujours été une passion pour elle, elle a d'abord une première partie de sa vie dans le commerce. Très jeune, elle devient responsable de boutiques en prêt à porter, responsable régionale quand elle perd sa soeur. Béatrice démissionne et décide de suivre l'exemple de son frère qui a monté sa boîte pour faire ce qui lui lui plaît. Et ce qui lui plaît c'est la cuisine. Elle choisit de ne pas ouvrir de restaurant mais de faire cheffe à domicile. "Il y a quinze ans, c'était inédit et confidentiel", raconte-t-elle. Pourtant, ça marche tout de suite et très vite sa clientèle passe des particuliers aux institutionnels. sa spécialité : la cuisine créole haut de gamme. Aujourd'hui, elle oeuvre de plus en plus dans l'événementiel. Elle se défend d'être un traiteur, mais revendique son statut de cheffe et de consultante pour de grandes marques comme la banane de Guadeloupe et de Martinique ou Caresse antillaise.

Partager cet article

Repost0
31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 05:40
En face du 51 rue Marx-Dormoy, les passants ralentissent et prennent des photos

En face du 51 rue Marx-Dormoy, les passants ralentissent et prennent des photos

Atterrissage rude pour la maman du garçonnet sauvé par Mamadou Gassama

"Mon mari n'a rien à dire..." Les journalistes des chaînes d'information continue faisaient le pied de grue mardi dès potron-minet devant le 51 rue Marx-Dormoy, Paris 18, la résidence HLM de fonctionnaires où le jeune Malien Mamadou Gassama a sauvé samedi 27 mai la vie d'un enfant de 4 ans suspendu dans le vide. Tous guettaient le retour de la maman du garçonnet qui, la veille au soir, s'était envolée de Saint-Denis de la Réunion à bord d'un vol d'Air Austral pour l'aéroport Charles-de-Gaulle. La jeune maman est arrivée vers 7 h 50, mardi, devant les grilles de sa résidence avec son bébé dans les bras et ses bagages. Elle refuse alors de déclarer quoique ce soit aux médias présents.

Sur le boulevard,  certains véhicules ralentissent à hauteur de l'immeuble pour jeter un oeil à la façade rendue célèbre par les images du jeune Malien jouant les Spiderman sauveteur ! Des piétons aussi s'arrêtent, font des photos avec leur téléphone. Une bande de jeunes s'attardent devant la grille et l'un d'eux fait même mine d'escalader la façade, sans toutefois décoller du sol ! Les curieux commentent. L'un évoque la hauteur de la façade : "Il était au 5e niveau..." Un autre explique que l'enfant a chuté du 6e au 5e étage avant de se rattraper à la balustrade...

Le voisin que tous les téléspectateurs ont vu impuissant à côté de l'enfant suspendu n'est pas là, mais d'après une journaliste qui était déjà là la veille, il cherchait les médias pour leur expliquer sa réelle impossibilité à intervenir... Des badauds connectés par smartphone aux chaînes d'information  échangent : "Le père jouait à Pokemon go..." Un journaliste de TF1-LCI arrive sur place. Il indique que ses confrères envoyés à l'arrivée de l'avion se sont fait envoyés paître par la jeune mère. "Quelqu'un leur a même crié : charognard... Je ne sais pas à qui c'était adressé..." Leurs collègues de BFM témoignent du même refus qu'ils ont essuyé devant l'immeuble à son arrivée. Des journalistes de RTL Allemagne se sont pourtant introduits dans les étages de l'immeuble. Ils redescendent bredouille. "Elle nous a ouvert, mais pour nous dire qu'elle ne voulait pas parler."

Les voisins de la maman, au 6e, des Réunionnais aussi, ont ouvert leur porte, mais ils ne savent rien... "Elle est très agressive", témoigne le caméraman de RTL. Sur les images qu'il fait défiler, on voit la maman ouvrir la porte. " C'est vous la mère du garçon ?" "Non, je suis sa merde et vous aussi ! Entrez et j'appelle la police ! Dégagez ! Mon fils dort, vous allez le réveiller !" Profitant du passage d'un locataire de la résidence, quelques journalistes (dont votre narrateur) s'introduisent et parviennent devant la porte de la dame au 6e. Elle ouvre pour dire qu'elle ne souhaite pas parler à la presse. On lui demande toutefois si elle est rassurée par le fait que le procureur ait accepté de rendre son fils à son père. "Quelle personne sensée ne serait pas rassurée", répond-elle non sans moins d'agressivité. Elle regrette surtout qu'un "moment d'égarement" de son mari, "une affaire de famille comme ça", ait pu les projeter à la une de l'actualité nationale. Elle ne veut rien dire de son fils, ni de son mari... Elle explique son agressivité en disant avoir "le sentiment d'être jugée par la France entière". Affirmant qu'elle est quelqu'un de discret, elle refuse encore et encore de parler devant les caméras, concédant simplement qu'elle était heureuse de retrouver son enfant sain et sauf.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
30 mai 2018 3 30 /05 /mai /2018 15:41
Frédéric Régent, président du CNMHE le 10 mai 2018 au jardin du Luxembourg

Frédéric Régent, président du CNMHE le 10 mai 2018 au jardin du Luxembourg

Les célébrations nationales ou locales de l'abolition de l'esclavage et des luttes émancipatrices des esclaves sont l'occasion de réclamations vis-à-vis de l'histoire et de certains de ses acteurs dont les effigies devraient, nous dit-on, être déboulonnées. Le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage  (CNMHE) a publié un texte qui replace Colbert dans son temps. C'était le 13 novembre 2017.

Quand la guerre des mémoires éradique l'Histoire

Nous sommes concernés par les prises de position récentes autour de la demande de débaptiser les lieux publics du nom de Colbert, à partir d'un argumentaire qui met l'accent sur le fait que le nom de Colbert est lié à deux piliers du système esclavagiste colonial de l'Ancien Régime, le Code noir pour la théorie, et les Compagnies de commerce pour la pratique. Cette demande est portée, notamment, dans une pétition dont les initiateurs principaux sont Louis-Georges Tin, du CRAN, et Louis Sala-Molins. Nous ne sommes pas favorables à cette demande, sur le fond et sur la forme.

Des faits discutables

Relevons quelques erreurs et incohérences dans l'argumentaire. L'Edit sur la police des esclaves, ultérieurement vulgarisé sous le nom de Code Noir, qui porte le nom de Colbert, date de mars 1685. Or, Jean-Baptiste Colbert, celui qui est célébré au fronton des bâtiments publics, est mort deux ans plus tôt, en 1683. Le Colbert de l'Edit est son fils, Colbert de Seignelay. En revanche, Jean-Baptiste Colbert est bien celui qui a restructuré la Compagnie des Indes, en regroupant toutes les compagnies antérieures en deux secteurs géographiques, Orient et Occident.

Réformateur, et non fondateur, puisque toutes les compagnies pratiquant le commerce colonial, et notamment la traite des esclaves, existaient bien avant qu'il n'occupe le ministère du Commerce.

Enfin, il est surprenant de s'offusquer de la contradiction entre le nom de Colbert et la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité », puisqu'il existe un décalage de plus d'un siècle entre les deux. La Révolution française, en célébrant Vauban, Turenne ou Jean Bart, grands serviteurs de la monarchie, n'a pas manifesté une telle passion éradicatrice.

Il faut être attentifs aux contextes croisés. Il faut élargir le propos. Le problème réside dans la confrontation entre deux mises en contexte. Si la tâche primordiale de l'historien est la contextualisation, celle-ci présente une double dimension, savoir replacer un acteur dans son époque, et tenir compte de la demande actuelle de fractions de nos concitoyens qui s'estiment légitimement victimes d'une action entreprise dans un passé révolu. En l'occurrence, reconnaître chez Colbert à la fois la volonté de rationaliser un mode de production esclavagiste qui n'était guère contesté à son époque, et le souci du service public ; et admettre que les esclaves et leurs descendants sont les victimes d'un crime contre l'humanité, pour lequel l'Etat monarchique porte une lourde part de responsabilité.

Oublier ou déformer le passé conduit à une impasse tragique.

La façon de régler un problème d'éducation et d'intégration est-il d'effacer les traces laissées par l'Histoire dans notre patrimoine commun ? Nous répondons par la négative. L'abbé Grégoire en son temps, franc républicain et ami des Noirs, avait fermement condamné le vandalisme qui consiste à détruire les traces symboliques du passé monarchique et féodal. Le même problème se pose aux Etats-Unis avec les statues des généraux sudistes, en Europe de l'Est avec les nombreuses empreintes du régime totalitaire. Condamner le passé à l'oubli, outre le risque de le revivre, témoigne d'une conception héroïque de l'Histoire. Un personnage public n'est pas monolithique, prisonnier pour la postérité d'une seule action, enfermé dans une image univoque. Il est complexe et contradictoire, comme le réel. Sortons de cette vision manichéenne, qui oppose tout d'un bloc les héros et les salauds. Substituer des figures héroïques à d'autres qui auraient failli ne changera rien au problème, car nous savons bien que Toussaint-Louverture ou Louis Delgrès portaient aussi les contradictions de leur temps et de leur condition. Décapiter la statue de Joséphine relève de la magie, et non de la pédagogie.

Alors, que faire ?

Essayons de manier la plume, plutôt que de brandir les ciseaux ou le burin. Nous préconisons une pédagogie plurielle et collective. L'enseignement de l'Histoire est certes central dans la construction d'un récit critique commun ; mais il faut beaucoup de temps et de patience pour retisser une trame rompue, et pour combattre les mythologies et les approximations véhiculées par la désinformation en réseaux. Les collectivités publiques peuvent contribuer à répandre les informations historiques indispensables au moyen de panneaux explicatifs, ou de brochures, à l'abord des monuments publics, ou bien aider les musées et les archives à organiser des expositions, des conférences pour le grand public.

Partager cet article

Repost0
28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 05:31
La circonscription électorale d'outre-mer aux européennes

La circonscription électorale ultramarine est enterrée

Mercredi le Sénat a adopté définitivement la loi modifiant le scrutin européen en créant une circonscription nationale unique.

"Les parlementaires européens seront élus, à partir de l'an prochain, sur des listes nationales sans subdivision, ce qui veut dire que leur représentativité dépendra de la responsabilité des formations politiques." Le propos liminaire d'Alain Richard, rapporteur pour le Sénat de la commission mixte paritaire, mercredi 23 mai au Sénat, est clair et signe la fin de la grande circonscription outre-mer qu'il y avait jusqu'alors à côté des sept circonscription hexagonales pour les élections européennes. Par 182 voix pour et 148 contre, comme l'Assemblée l'a déjà voté, la circonscription d'outre-mer est morte.

Mercredi au Sénat, il n'y avait plus qu'un seul sénateur ultramarin, le calédonien Poaja, pour exprimer encore une fois son désaccord. L'affaire était en effet pliée depuis le 10 avril quand la majorité a rejeté trois amendements identiques qui visaient à rétablir une circonscription d'Outre-mer. Le premier était déposé par un conglomérat de sénateurs de différents groupes politiques dont le Calédonien Gérard Poadja (UC), le Saint-Pierrais Stéphane Artano (RDSE), les Réunionais Jean-Louis Lagourgue (Indépendants) et Viviane Malet (LR), et la Polynésienne Lana Tetuanui (UC). Le deuxième amendement était présenté par le groupe PS dont les sénateurs des Antilles Victorin Lurel, Catherine Conconne, Maurice Antiste et Victoire Jasmin. Le troisième était soutenu par une poignée de sénateurs du groupe RDSE menés le Saint-martinois Guillaume Arnell.

Les Ultramarins hostiles

Michel Magras (LR) a plaidé pour que la loi sécurise la représentation de chacun des trois bassins océaniques au Parlement européen : "Il est, sinon hypocrite, du moins illusoire de renvoyer aux partis politiques le soin de désigner en position éligible des candidats ultramarins sur les listes." Victorin Lurel a soutenu que "scrutin proportionnel et circonscription ultramarine sont compatibles" pour écarter tout risque d'inconstitutionnalité. Il emportait même les applaudissements de Viviane Malet (LR) et Nassimah Dindar (UC). "Les Ultramarins dans leur ensemble, a déclaré Maurice Antiste (app. PS), qui ont déjà le sentiment d’être les exclus de la République, sont hostiles à cette volonté de circonscription unique." Guillaume Arnell (RDSE) a conclu son intervention par une boutade : "Pourquoi devrions-nous avoir un ministre des outre-mer ? Un autre ministre, par exemple, celui de l’Intérieur, pourrait tout aussi bien s’occuper de tous les territoires… L’existence d’un ministre des outre-mer se justifie par les particularismes et les spécificités de ces territoires, auxquels il convient d’accorder une attention particulière." "Nous sommes des citoyens européens, a poursuivi Nassimah Dindar (UC), et l’Union européenne (...) nous fait bien exister en tant que régions ultrapériphériques (...). Je défends donc, avec l’ensemble de mes collègues, les amendements tendant à faire en sorte que nous soyons représentés au sein d’un seul corps électoral. Nous ne voulons pas de trois corps électoraux distincts. Mais il faut que les Réunionnais, les Guadeloupéens, les Martiniquais et les habitants des collectivités d’outre-mer puissent aussi être représentés."

Malgré ce tir défensif groupé, soutenu en outre par le vote du groupe communiste, le gouvernement représenté par la ministre Jacqueline Gourault est parvenu à écarter la revendication des ultramarins. Ce qui est apparu aussi lors de ce débat, c'est que les sénateurs ultramarins du groupe LREM, qui soutenait le texte, Georges Patient, Antoine Karam, Michel Dennemont et Thani Mohamed Soilihi ont préféré jouer la chaise vide plutît que de donner l'impression de se tirer une balle dans le pied.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 04:22

L'Autorité de la concurrence autorise le rachat de Dimeco par Cafom

Le projet d'acquisition de la société Dimeco, qui exploite deux magasins de produits électrodomestiques en Guadeloupe, Connexion et Circuit ménager) par le groupe Cafom,  a reçu l'aval de l'Autorité de la concurrence (AdC) sans conditions, a-t-on appris de l'AdC mercredi 23 mai.

Le groupe Cafom qui détient l'enseigne Habitat et exploite, notamment en Guadeloupe, plusieurs magasins (But et Darty) de produits électrodomestiques qui distribuent des produits électrodomestiques (produits bruns, produits gris et produits blancs), sous les enseignes But et Darty, exerce des activités communes au groupe Dimeco sur plusieurs marchés. Ce sont les enseignes Connexion et Circuit ménager, à Baie-Mahault que le groupe Dimeco entend céder à la CAFOM

Au terme de son analyse concurrentielle, l'AdC a considéré que l'opération n'était pas de nature à porter atteinte à la concurrence en Guadeloupe.

L'Autorité a déjà eu l'occasion de définir les marchés de produits électrodomestiques lors de l'examen de la prise de contrôle de la société Darty par le groupe Fnac. Dans cette décision, l'Autorité avait, pour la première fois, défini un marché incluant les canaux de distribution en ligne et en magasins pour la distribution au détail de produits bruns et gris, estimant que la pression concurrentielle de la vente en ligne était devenue suffisamment importante pour être totalement intégrée dans le marché pertinent. Mais compte tenu des frais de la vente en ligne (importance des coûts de transport et de la fiscalité douanière), les marchés ont donc été définis en ne retenant que les acteurs disposant de points de vente physique dans les zones de chalandise des deux magasins concernés par l'opération.

Les positions de la nouvelle entité resteront inférieures à 40 % dans la mesure où le groupe CAFOM a pris la décision de ne pas exploiter l'autorisation commerciale de la société Dimeco à Dothémare et de fermer son point de vente Darty à Baie Mahault. Le reste du marché concerné par cte opération est aux mains des enseignes Euronics Gitem, Digital et Carrefour.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 07:00
Annick Girardin s'exprime sur les algues sargasses qui envahissent les Antilles

ITW. Annick Girardin, ministre des outre-mer

A l'issue de la réunion  du  Comité  de  pilotage  «  sargasses  »  avec  Nicolas  Hulot,  ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, la ministre des Outre-mer s'est exprimée sur le plan sargasses en cours de finalisation.

"Nous ne sommes qu'au début de ces phénomènes liés au dérèglement climatique"

Quels sont les moyens que vous pouvez mettre en place contre cette nouvelle vague de sargasses qui irrite énormément aux Antilles ?

Il y a des difficultés aujourd'hui pour s'adapter au dérèglement climatique,  que ce soit la montée des eaux,  la question des cyclones de plus en plus prégnante et il y a une réponse à apporter pour sécuriser sur le plan sanitaire, sur le plan de la vie possible au bord de la mer...  J'ai d'abord envie de dire que aujourd'hui la mobilisation du gouvernement, elle est total. Nous sommes plus de cinq ministères engagés dans cette démarche d'accompagnement,  d'autres nous rejoindront demain parce que nous avons des réponses à apporter sur tous les plans,  sanitaire, écologique,  économique...  Il faut une mobilisation générale. Dans l'urgence, nous avons répondu à cette difficulté qui d'ailleurs est un phénomène  qui n'a jamais été aussi important que celui de cette année : 3 millions en urgence !

Et l'avenir ?

Nous construisons des plans nationaux et territoriaux qui permettront désormais de réagir immédiatement. Alors pourquoi ne l'avons-nous pas fait avant ? Pourquoi sommes-nous obligés d'attendre une année on est complètement  submergés pour qu'enfin un gouvernement dise qu'il faut un plan d'action. Il faut que quand on est à J moins 4 ou J moins 5 de l'arrivée de nappes de sargasses, qu'on s'organise sur les territoires parce qu'on sait le faire ! Or jamais cela n'a été organisé.  Même financièrement puisque les 3 millions nous avons débloqué en urgence sont le double de ce qui avait été mis les années précédentes... C'est une  mobilisation générale, une prise de conscience de la difficulté sur les territoires et une résolution : il ne faut pas laisser les sargasses sur les bords de plage plus de 48 heures,  sinon il y a ces émanations et ces difficultés de santé qui peuvent éventuellement en découler.

Il était temps...

C'est peut-être un petit peu trop tard par rapport aux alertes des élus et je veux les remercier, notamment les maires et les parlementaires. C'est un travail collectif qui qui vient de commencer là et qui va durer pour les années à venir parce qu'on sait pas pendant combien de temps vont continuer d'arriver ces sargasses.

Nicolas Hulot a annoncé que vous et lui iriez bientôt aux Antilles. Quand ?

En terme d'échéancier,  c'est un préfet coordonnateur qui a été nommé il y a déjà plusieurs jours et qui a déjà travaillé sur le plan sargasse qui sera concrétisé d'ici une semaine à 10 jours.  Le préfet coordinateur se rendra ensuite les territoires pour décliner les plans à l'échelle territoriale.  Alors, quelques jours après, avec  Nicolas Hulot,  nous irons sur les territoires. Il nous reste d'abord encore un arbitrage à obtenir sur ce plan national et ces plans territoriaux.  Qui fait quoi comment et qui paye ? Cet arbitrage sera rendu dans les jours qui viennent.  Alors Nicolas Hulot et moi pourrons annoncer des mesures qui feront que plus jamais  il n'arrivera ce qui est arrivé là c'est à dire des arrivées massives d'algues qu'on n'a pas eu le temps de ramasser et qui s'entassent et produisent tous les inconvénients que l'on connaît  sur la santé, sur la pêche, sur l'économie...

Vous avez parlé de cinq ministères engagé dans la lutte contre les algues sargasses, peut-on envisager que les Affaires étrangères vous rejoignent, eu égard au rôle prêté au Brésil dans le phénomène ?

Cinq ministères sont engagés aujourd'hui et d'autres viendront effectivement en renfort puisqu'on va travailler aussi dans le temps,  mais il nous faut aussi travailler avec nos voisins.  Comment était-il cette difficulté ? On a besoin d'organiser une conférence autour de ce sujet ou au moins une réunion de coopération régionale. Nous allons également travailler avec le ministère des Affaires étrangères ; nous avons déjà contacté les différentes ambassades de nos voisins pour savoir qu'est-ce qui se passe et comment c'est traité chez eux.

Peut-on envisager que soit décrété un état de catastrophe naturelle ?

Comment répond-on à cette question assurancielle ? C'est aussi un travail que nous avons commencé ce matin et que nous devrons poursuivre avec les assurances pour pouvoir apporter une réponse au moins un éclairage sur cette difficulté. Cette question se pose en Guadeloupe et en Martinique parce qu'il y a des riverains qui ont eu à déclarer un certain nombre d'effets sur leurs équipements dus très certainement aux sargasses. Cette dimension nous n'avons pas oublié dans les discussions que nous avons, mais pour l'instant, cette couverture n'est pas faite par les assurances, d'où une discussion aussi avec les assureurs qui sont impliqués dans les territoires. Je veux dire aussi que nous ne sommes qu'au début de ces phénomènes qui sont en partie liés au dérèglement climatique,  qui sont en partie liés à la pollution des mers... La France doit en prendre la mesure avec l'exemple des sargasses et se dire que nos outils ne sont pas complètement adaptés à ces phénomènes. Les sargasses en Martinique et en Guadeloupe nous obligent à nous dire que la France est aussi concernée et qu'elle doit apporter des réponses à ces territoires.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 06:29
Ratenon veut un jour férié national pour l'esclavage

Ratenon propose de faire du 4 février un jour férié

Le député Jean-Hugues Ratenon a profité du 23 mai, journée d'hommage national aux victimes de l'esclavage, pour présenter la proposition de loi qu'il a co-signée avec les députés de son groupe politique à l'Assemblée, La France insoumise, Bastien Lachaud et Muriel Ressiguier, et le député de Corse non inscrit, Paul-André Colombani. Jean-Hugues Ratenon a eu l'idée de cette proposition de loi le 20 décembre dernier lors d'une prise de parole dans l'hémicycle de palais Bourbon. "J'ai expliqué que le 20 décembre était un jour férié à la Réunion et tout le monde semblait l'ignorer..." Ainsi est née la proposition de loi relative à la création d'un jour férié national commémorant l'abolition de l'esclavage par la République française. "L'esclavage n'est pas que l'affaire des Outre-mer, a déclaré Jean-Hugues Ratenon, l'esclavage, c'est l'histoire de France et elle ne doit pas être commémorée que dans ses outre-mer." Il a encore expliqué que les ultramarins qui vivent dans l'Hexagone ne disposent pas, contrairement à leurs compatriotes dans les territoires, de journée spécifiquement fériée. Plus globalement, il estime qu'il faut permettre "aux Français dans leur ensemble d'avoir une date pour se poser et réfléchir à l'esclavage, qui fait partie de notre histoire" ! Et si le 10 mai est une journée officielle de commémoration de l'esclavage, de la traite et de leurs abolitions, le député réunionnais assure que "rares sont les personnes à connaître le 10 mai". Même chose pour le 23 mai qui est pourtant la deuxième date nationale officielle dédiée à la mémoire des aïeux esclaves. Alors aux dates du 27 avril à Mayotte, 22 mai en Martinique, 27 mai en Guadeloupe, 10 juin en Guyane et 20 décembre à la Réunion, le texte de la proposition de loi instaure une date nationale et hexagonale faisant du 4 février, date de la première abolition par la Convention de la 1ère République en 1794, un jour férié et chômé.

La proposition de loi sera débattue lors de la prochaine niche parlementaire du groupe La France insoumise.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0

Articles Récents