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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 05:33

Ravy Vellayoudom inéligible pour trois ans

Le Conseil constitutionnel a déclaré ce vendredi Ravy Vellayoudom, candidat aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017, dans la 6ème circonscription du département de La Réunion, inéligible pour une durée de trois ans.

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, dans sa décision du 5 octobre 2017, a saisi le Conseil constitutionnel parce que le candidat n'a pas déposé de compte de campagne alors qu'il y était tenu. Ravy Velayoudom avait obtenu 1,99 % des suffrages exprimés au premier tour.

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 05:23
Bernard Lama

Interview Bernard Lama

"Les outsiders ont réussi leur entrée,  les favoris un peu moins"

Que ressentez-vous quand vient le temps de la coupe du monde ?

C'est une période particulière,  la grand-messe pour les footballeurs. C'est peut-être le seul moment où je suis concentré dessus... C'est la grande fête, on sait qu'on va voir de beaux matchs ! On est plutôt habitué à voir du football européen par ici. Là, on va voir d'autres footballs,  africain, sud-américain... Ça fait de grands moments avec de beaux stades et puis on est censé aussi découvrir un pays.

Ca vous rappelle des souvenirs ?

Non, on est au-delà de ça.  On espère voir du beau football,  voir son pays l'emporter...

Comment trouvez-vous ce début de coupe du monde ?

Ca a bien démarré ! Il y a beaucoup de buts,  des matches intenses, c'est toujours le cas en coupe du monde,  mais on a l'impression qu'elle a démarré plus vite que d'habitude,  dès le premier match Espagne-Portugal... On n'a pas eu le temps de prendre le temps.  Il faut être opérationnel immédiatement et ça, ça donne le ton à la coupe du monde. Et puis il y a toujours des surprises en coupe du monde c'est ce qu'ii y a de plus intéressant par rapport à un championnat d'Europe où le niveau est à peu près égal et où l'on finit par s'ennuyer.  Heureusement que la dernière fois, l'Islande est venue amener de la joie ! Tandis que dans cette coupe du monde, il y a déjà de la joie.  Il y a des populations qui viennent de partout, ça fait des stades très colorés...  C'est une grande fête.

Comment trouvez vous l'équipe de France ?

Elle est très jeune,  très talentueuse,  mais il faut trouver une équipe dans tout ça...  Il faut trouver une âme,  un cheminement...

La mayonnaise n'a pas encore pris ?

Non ça n'a pas encore pris...  ..  La France a pris ses trois premiers points, c'est ce qui était le plus important...

Avez-vous un pronostic ?

Je suis peut-être trop impliqué pour sortir un pronostic.  Je sais très bien qu'on peut être favori et passer à la trappe,  mais en général il n'y a pas de hasard à ce niveau là et on retrouve souvent les mêmes... Les Allemands, les Brésiliens,  les Espagnols, les Portugais ne devraient pas être très loin. Et puis derrière, il y a les nations qui ont faim comme la France,  la Belgique...  La France a l'avantage d'être une équipe jeune donc elle aura une plus grosse capacité de récupération...  Il y a beaucoup de talents offensifs... Ngolo Kanté, Blaise Matuidi... Après, il y a les deux flèches devant... Il y a un vrai talent offensif entre Ousmane Dembélé, Kylian Mbapé, Thomas Lemar, Nabil Fékir, Antoine Griezmann, Olivier Giroud... Il y a des talents qui se complètent, mais il faut trouver l'alchimie pour pouvoir leur permettre de s'exprimer...  Pas évident non plus. Et quand on a moins expérience,  ça peut bloquer. Il manque un ou deux vrais tauliers qui sentent les coups,  qui sentent à quel moment il faut donner un coup d'accélération,  à quel moment il faut temporiser... Ca peut se trouver en cours de route,  mais il faut des relais techniques.  Deschamps savait faire ça, mais c'est pas tout mon qui sait le faire.  Sur le terrain, y a une gestion de l'immédiat il faut assurer.  Il faut sentir les coups et ça,  quand vous êtes sur la touche,  c'est compliqué. On peut le faire,  on peut influencer à travers les changements de joueurs ou les changements tactiques,  mais c'est en complément...

Vous-même avez été un gardien aérien à la détente féline et au sens aigu de l'anticipation, avez vous eu conscience de révolutionner le poste de gardien de but à votre époque ?

Oui parce que j'ai joué à une époque où il y a eu des changements de règles...  Ne serait-ce qu'à travers mes équipements je pense avoir apporté autre chose ! J'avais un jeu complet ; je n'étais pas seulement gardien de buts,  j'étais aussi joueur de champ...  J'étais capable de me mettre dans la peau du défenseur,  du milieu ou de l'attaquant,  ce qui fait que tant je relançais,  j'en tenais compte.  Ensuite les balles aériennes, jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas grand monde qui va aller chercher.  Le jeu au pied aussi, comme  le positionnement.  Je jouais assez haut. Oui, j'avais conscience de tout cela, mais sans prétention aucune...

Vous avez parlé des équipements, mais vous avez joué sans gant au début de votre carrière...

J'ai joué sans gants à certains moments comme en été quand il faisait très chaud et que je n'étais pas à l'aise avec les gants,  donc que je les sortais. Ça me replongeait dans ce que je faisais quand j'étais gamin sur la plage, pendant ma formation.  Ça a été un moment important parce que c'est quand ma prise de balle s'est affirmée,  où elle est devenue beaucoup plus nette,  plus assurée.

Vous avez été meilleur gardien de France et vous avez souvent été sur le banc des remplaçants. Comment vit-on cela ?

Je n'ai pas été meilleur gardien de France,  j'ai été élu meilleur joueur français.  Ça va au-delà du poste de gardien.  Et Je ne suis pas tout à fait d'accord quand vous dîtes que j'ai souvent joué les doublures.  Il y a eu deux années où j'ai moins joué, mais toutes les années précédentes j'étais titulaire...

C'était à cause de votre sanction ?

Ma sanction, ma blessure,  je pense que c'est un tout  et puis il y a eu l'émergence d'un autre gardien de très haut niveau,  Fabien Barthez, c'est surtout ça.  Le coach avait deux gardiens potentiellement titulaires,  donc il a fait un choix...

L'avez-vous bien vécu ?

Je n'avais pas trop le choix et tout ça a coïncidé avec une blessure,  avec une suspension et une campagne médiatique qui ne m'était pas favorable,  loin de là...

Vous souvenez-vous de la blague qu'on racontait à votre propos : Pourquoi, n'y a-t-il pas d'herbe dans la surface de réparation ?

Ah ouais... (Rires) Parce que je la broutais ! Faut pas oublier non plus que, autant je peux être un chat, autant je peux être un lama !

Et vous savez aussi cracher...

Je sais aussi cracher mon venin quand il faut.

Vous êtes aujourd'hui le vice-président de la ligue de football de Guyane qui fait l'objet d'un débat avec Laura Flessel parce que la FIFA ne reconnaît pas les ligues d'outre-mer. Pensez-vous que les choses puissent évoluer ?

Il n'y a pas de débat puisque la France ne veut pas.  Ce n'est pas la FIFA qui ne veut pas,  c'est la France qui ne veut pas se séparer de ses départements d'outre-mer,  je pense que c'est une erreur,  que c'est un frein au développement du football outre-mer, mais pas seulement du football,  parce que le sport aujourd'hui joue un rôle social et un rôle canalisateur extrêmement important dans les DOM.  Avec la politique qui est menée,  on va voir les choses péricliter,  les gens se décourager et les révolutions arriver ! ça a déjà commencé donc il n'y a pas de raison que ça ne continue pas.

Comme le mouvement social de l'an dernier en Guyane ? Comment l'avez-vous vécu ?

Je l'ai vécu comme un grand moment de communion, mais pas pensé,   pas réfléchi, pas anticipé.  Il y a eu un élan sincère de la population,  mais faute de n'avoir pas été pensé, ça ne pouvait pas donner grand-chose de pérenne. Les élus ont subi et suivi le mouvement et pourtant il faut des interlocuteurs officiels à un moment donné... Mais c'était l'expression d'une souffrance  et manifestement, elle n'a pas été comprise au plus haut niveau.  Cette souffrance n'est pas comprise au niveau de la France ; on persiste à penser que les aides sociales sont tellement de développement...

Vous avez créé votre entreprise,  c'est difficile d'être entrepreneur en Guyane ?

C'est très compliqué parce qu'on vient déranger beaucoup de choses déjà établies et en fonction de votre domaine, vous vous retrouvez face à de puissants lobbys et on fait tout pour vous couler... Donc oui c'est compliqué,  on n'est pas forcément dans une situation très réjouissante alors qu'en Guyane on a tout ce qu'il faut...

Comment se porte la société Dilo aujourd'hui ?

Étant donné les circonstances,  on arrive à survivre avec la volonté de continuer à se développer. Nous avons une dizaine de salariés et une production d'environ 4 millions bouteille par an  pour le marché local. Nous nous sommes pas encore en mesure d'exporter...

N'avez-vous jamais eu envie de faire de la politique à l'instar de votre père qui était maire ?

C'est quoi faire de la politique ? L'idée de me faire élire dans le contexte actuel ne m'a jamais effleuré, par contre développer des projets, développer des politiques,  c'est ce que je fais. Dilo, c'est une politique... Quand je m'investis depuis 15 ans dans mon club de foot,  c'est de la politique. Quand je propose la base avancée,  c'est de la politique.  Avoir un mandat n'est pas forcément toujours utile. J'ai la chance d'avoir accès aux décideurs,  d'avoir un réseau...

Votre association humanitaire, Diambars, c'est de la politique ?

C'est de la politique !

C'est-à-dire ?

Diambars évolue sur plusieurs continents. Le premier centre a été mis en place au Sénégal et à partir de là on a développé des programmes pédagogiques.  Le travail se fait en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud, partout où nous pouvons intervenir, mais avec la volonté d'être des précurseurs et de proposer des choses innovantes.  Nous travaillons notamment sur une plate-forme pédagogique, un jeu dans lequel les enfants doivent construire un stade,  marquer des buts en répondant à des questions selon leur niveau scolaire. Le gamin va jouer pendant une heure ou deux, d'accord, mais il va intégrer de nouvelles données. Ce qui ne se fait pas encore.  Aujourd'hui, les enfants ils jouent tout simplement. C'est ça Diambars...

En Guyane, le débat actuel, c'est la Montagne d'or. Ca vous intéresse ?

Je suis plus qu'intéressé parce que moi je produis de l'eau.  Qu'est-ce que l'on veut ? Veut-on du développement ou veut-on rester tel que l'on n'est ? Le choix est cornélien mais néanmoins il faut que la Guyane se développe et ça passera par certains projets.  Au début du XIXe siècle la Guyane fournissait la métropole de toutes sortes d'épices et d'or,  il faut que cet or arrête de nous faire fantasmer et deviennent réalité. Au-delà de l'exploitation, c'est la valeur ajoutée qui est importante et la valeur ajoutée elle n'est jamais faite en Guyane... On vous envoie des satellites et il n'y a pas de taxes sur Kourou parce qu'on nous dit que les satellites ne restent pas là... On a besoin d'un développement équilibré, on a besoin simplement de routes,  besoin de sécurité, besoin d'énergie,  besoin d'une école qui joue réellement son rôle...  On n'a pas besoin de toutes les richesses du monde, mais nous avons dans notre sous-sol une grande partie des richesses de cette terre et il nous apparaît injuste de ne pas pouvoir en bénéficier...

Faut-il plus d'autonomie ?

Obligatoirement parce que, aujourd'hui, il ne faut construire un nouveau pays,  une nouvelle mentalité...  Il nous faut trouver une âme nouvelle.  La Guyane est un conglomérat de populations posées les unes à côté des autres et c'est quelque chose qui va finir par poser problème.  Nous sommes en train de créer les mêmes conditions de vie et de fonctionnement qui il y a dans certains pays africains... Cette colère qui a été canalisée l'année dernière ne le sera pas la prochaine fois,  au contraire elle sera excitée de manière à faire le plus de dégâts possibles...

Dans l'Hexagone, il y a une voix forte qui vient de Guyane, c'est celle de Christiane Taubira. Comment l'entendez-vous ?

Christiane Taubira était ma prof au lycée... Je connais son état d'esprit et c'est un état d'esprit qui passe par tous les états d'âme parce qu'on cherche des solutions pour faire avancer les choses... Etant un peu plus âgée que moi, elle a commencé un peu plus tôt à se battre pour que la Guyane devienne plus autonome, une vraie terre de développement et jusqu'à aller au plus haut niveau de l'Etat. Mais il y a toujours eu de grands hommes d'Etat en Guyane qui ont grandement servi la France et qui viennent d'u ne terre où en dehors de la base spatiale, c'est à peine si nous existons... C'est la Guya,e qui a produit Félix Eboué, Gaston Monnerville et aujourd'hui Christiane Taubira. Dans le domaine du sport, c'est la Guyane qui a produit le premier joueur de foot international noir, Raoul Diagne et on a l'impression que ça, on nous le fait presque payer ! Quand on voit le statut de la Corse ou celui de la Nouvelle-Calédonie, on se pose la question... Faut-il absolument des morts pour que ça bouge ?

Propos recueillis par FXG, à Paris

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 05:05
King Daddy Yod, le come back en 30 featuring

Saint-Félix Sténard, allias King Daddy Yod, sera aux Antilles pendant les grandes vacances, au tour des Yoles et au tour cycliste de la Guadeloupe) pour présenter les premiers titres de son coffret trente titres, "King is back"

"On fait croire aux gamins qu'il faut chanter du porno pour réussir"

Comment, à la fin des années 1980, êtes-vous passés du reggae au ragga ?

Avant le rub-a-dub, le style que je fais, le raggamuffin, il y avait le reggae pur à la Bob Marley, représenté en France par Neg Soweto, Savannes, Wash da, Azigmen et Natiwel. Et c'est avec King Yellow man, cet albinos venu de la Jamaïque, que j'ai eu envie de faire cette musique et j'ai su ce que j'allais faire : C'était le stye rub -a-dub. Bien sûr, j'ai été influencé par Bob Marley, mais mon style même m'a été soufflé par King Yellow man.

Qu'est-ce qui vous plaisait là-dedans ?

C'était le flow et puis la manière de raconter la vie quotidienne et notre mal être sur cette musique qui est le toast. A Paris, on traînait dans les squats, des lieux mythiques où sont nés tous ces mouvements à Corentin-Cariou, Bossuet, Quai de la gare...

Que représentait alors ce mouvement ?

C'est vrai qu'à l'époque, on fonctionnait en mouvement alors qu'aujourd'hui, c'est très individuel. Quand Princesse Ericka sortait "Trop de blabla", on était tous derrière elle. c'était une bonne compétition, sans jalousie, sans égoïsme... Quand Tonton David a pété dans "Rap attitude" et que c'est lui qu'on voyait à la télévision, on était tous contents car, en vérité, c'est tout le mouvement qu'il entraînait ! C'était du business parce qu'on a vendu beaucoup de disques mais on s'est fait connaître avec des chansons à texte... On était là pour dénoncer les choses.

Vous ne vous inscriviez pas dans variété...

C'est vrai qu'aujourd'hui, ça ressemble beaucoup  plus à de la variété, mais ce que j'aime avec les jeunes comme Krys, c'est qu'ils se prennent en main. Nous nous avons eu la chance de pouvoir bénéficier d'une logistique. Quand j'ai signé chez Sony ou chez Universal, ils faisaient du développement d'artistes. On pouvait faire un album qui ne marche pas, ils misaient plus sur le deuxième ou le troisième ! Aujourd'hui, les jeunes n'ont pas cette logistique, mais ils sont animateurs, producteurs, managers et je trouve qu'ils s'en sortent très bien; Admiral T a rempli Bercy tout en étant indépendant ! Maintenant, ce que je trouve dommage, moi qui me suis fait connaître par des chansons à texte, je trouve qu'aujourd'hui, c'est très sale ! On fait croire aux gamins qu'il faut chanter du porno pour pouvoir réussir ! J'aime beaucoup Coupé Cloué quand il chante "Saucisse", on sait très bien de quoi il parle, mais c'était du vers ! Quand Frankie Vincent te parle de "Braguette d'or", quand Gainsbourg fait chanter à France Gall "Les Sucettes", on sait très bien de quoi ils parlent, mais c'était du vers ! Aujourd'hui, je trouve que c'est très vulgaire !

Comment résister ?

Moi, je continue à faire ce que j'aime ! Je suis un peu comme le saumon : pendant que tout le monde suit le courant, moi je vais de l'autre côté ! A l'époque, un ami m'avait déconseillé de chanter "Faut pas taper la doudou" parce que, disait-il, "c'est une chanson de bouffon", et c'est devenu ma chanson la plus fameuse ! Quand on a démarré, tout le monde chantait en anglais comme bob Marley, mais nous on a chanté en français ! Je n'ai pas l'habitude de suivre le troupeau ! La preuve, alors que le disque ne se vend plus, moi je sors un coffret de trente titres inédits ! C'est ce qui fait ma force ! Connais-toi toi-même et tu connaîtras les Dieux !

Alors, est-ce vous le père spirituel d'Admiral T, Krys, Missié Sadik et les autres ?

Ce n'est pas à moi de le dire ! Mais si on remonte l'histoire, l'histoire ne ment pas. Moi, je suis enfant spirituel de Bob Marley, King Yellow man... Avant moi, il y avait quelque chose et chaque chose tire son origine de quelque part ! Les artistes jouent un grand rôle dans la société, s'il n'y avait pas eu Léonard de Vinci ou Alexandre Dumas, nous serions encore à l'âge de pierre ! Aujourd'hui encore, le monde a besoin de ses artistes et il ne faut pas attendre qu'ils meurent !

Votre album, c'est 30 titres et 30 featuring dont "Démaré Mwen" avec Jacob Desvarieux. Ca a été facile de le convaincre ?

Quand j'ai écrit le texte avec Bod Guibert, je lui ai dit que je voulais Jacob. Je suis allé voir Marie-Céline Chroné qui a écouté la maquette et qui m'a dit d'y aller ! Je l'ai appelé, il a dit ok et on s'est retrouvé au studio ! Je lui ai raconté un peu mes déboires et il a sorti le mot "démaré mwen". J'ai écrit des parties très toastées et Bod et Jacob ont écrit avec moi... Avec Pleen Pyromane, je chante du créole martiniquais pour casser les codes ! Sahel, ça faisait longtemps que je voulais faire quelque chose avec lui et c'est Pleen qui l'a appelé ! On s'est retrouvé chez Darwin family, un frère rastaman...

Vous avez écrit tous les titres avec les artistes invités ?

Tous, à part deux que j'ai écrits avec Linkhan, un gamin très doué au niveau des flows. Il m'a écrit une chanson que je chante en duo avec lui, "C'est comment" Les gens vont entendre parler de ce Linkhan parce qu'il a été signé depuis par Pascal Nègre !

Gordon Henderson est aussi sur cet album...

Le papa de K-Dans Lypso  chante avec moi "King Daddy Yod right hook", mais également Admiral T avec "Stoppons la violence"... Toute une génération s'est effacée avec la drogue, toute une autre avec la guerre et maintenant, il y a une génération qui s'efface avec la violence ! Le rap et le raggamuffin sont à l'origine des chansons à texte, donc, j'ai tenu à emmener Admiral dans mon univers avec cette chanson...

A travers ces 30 titres, quel est le message de King Daddy Yod ?

(Il chante) Plus d'amour dans nos coeur ! Pour trouver la vérité, faut la chercher... Plus d'amour dans nos vies ! Pour trouver la vérité, des fois il faut bouger... Depuis que j'ai mis les pieds dans l'île de la Jamaïque, je me dis faudrait aussi que j'aille en Afrique... Je suis né en Guadeloupe, j'connais la Martinique et toutes les autres îles grâce à ma musique. Un chant de liberté, un nouveau cantique ! Comme un soleil qui réchauffe le coeur du public...

Propos recueillis par FXG, à Paris

L'album sortira en octobre en même temps que sera programmé un concert au "Flow" à Paris, mais pour l'heure, sont déjà disponibles les titres "Démaré Mwen", "C'est comment", "Champion" et "Big up Tiger".

CV vite fait

Né en 1963 à Petit-Canal, près des marches des esclaves, Saint-Félix Sténard est enfant d'agriculteurs (ce qui lui a inspiré une chanson avec Princesse Ericka, "Koupé Kann"). Exilé à Paris à l'âge de 9 ans, en raison de problème de santé de son père, il est resté dans l'Hexagone et c'est en 1987 qu'il sort son premier morceau, "Elle n'est pas prête" suivi de "Né pour toaster"...

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24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 06:14
Journée "Destination Guyane" à Paris

Rendez-vous guyanais rue des Martyrs

Delices de Guyane qui a ouvert sa boutique parisienne dans la rue des Martyrs en mars 2017 s'est associé au Comité du tourisme de la Guyane pour organiser un événement Guyane à Paris samedi 16 juin.

Bernard Boulanger, le gérant de l'entreprise, a mis à la disposition du CTG son carnet d'adresse pour offrir quatre belles séquences dans la journée : gastronomie avec Béatrice Fabignon, Cinéma avec Stany Coppet, sport avec Kévin Séraphin et Culture avec Christiane Taubira. "L'idée, exlique Flavia Serve du CTG, est qu'on parle de la Guyane, qu'on fasse émerger la destination." Béatrice Fabignon a ouvert l'événement pour présenter le concours d'arts de la table qu'elle organise cette semaine en Martinique et qui devrait connaître bientôt une édition guyanaise. L'acteur Stany Coppet est venu avec son complice le réalisateur indo-britannique, Ashim Bhalla, présenter son projet de long métrage, Sisco, qu'il commencera à tourner à l'été 2019. Le comédien qu'on a pu voir dans la première saison de la série Guyane (la saison 2 sera diffusée à la rentrée de septembre) a fait venir le chanteur et comédien Kemso (qui s'apprête à sortir un album de rap en novembre), mais également Bénédicte Lesage, la productrice de la série qui assure "essayer" de faire en sorte qu'il y ait une troisième saison.

Mohamed Elarche, le premier assistant réalisateur de la série est là aussi. "Ma première fois en Guyane, raconte-t-il, c'était pour le court-métrage d'Imanou Petit, "Guyane", primé aux Ho Ho Ha en 2008." Stéréla Abakamofou, étudiante en 2e année au cours d'art dramatique Florent et ancienne élève du théâtre école de Saint-Laurent, Kokolampoe, est venue avec son compagnon, le gendarme David Gris qui a témoigné de son travail contre les orpailleurs clandestins dans un récit publié chez Edilivre, "Garimpeiros"...

Mo isi mo rot bo

Le basketteur Kevin Séraphin est venu témoigner de sa carrière en NBA et en équipe de France et de son retour en Europe, au FC Barcelone : "J'ai eu une petite opération au genou fin mars, je suis encore en phase de rééducation donc cet été je ne pourrai pas être en équipe de France, mais je me remets bien. Je pense pouvoir retourner sur le terrain fin juillet, août...  Peut-être septembre." 

Jouer à Barcelone lui plaît, assure-t-il, même si c'est totalement différent de la NBA. Il commence à apprendre l'espagnol et attend tranquillement la coupe du monde ! Son père, Thierry Séraphin, l'animateur de l'association Montabo Soley était là aussi, tout comme Myrtho Mathurin, président de de l'association Mo isi mo rot bo : "On se connaît tous. Il y a une trentaine d'associations guyanaises en France, au Mans, à Montpellier et en région parisienne comme Sinnamary, Roulo d'or et la première et la plus ancienne d'entre elles est l'UGAG qui a plus de 90 ans d'existence." L'historien Edenz Maurice est venu fêter son titre de docteur en histoire. Il a soutenu sa thèse la veille !  Son sujet : "Faire l'école dans une vieille colonie - Un Etat colonial aux prises avec le monde scolaire de 1928 au début des années 1950".

Signé Ch T

La présence du comédien guadeloupéen Jean-Michel Martial n'a pas étonné son vieil ami Bernard Boulanger qui l'a connu il y a plus de quarante ans quand l'actuel président du CReFOM exerçait comme dentiste au centre spatial. Car Jean-Michel Martial a eu une première vie guyanaise : "J'ai fait mes trois années de lycée en Guyane, raconte-t-il, puis j'ai fait mon service militaire au centre spatial avant de faire mes études dentaires à Paris et m'installer à Kourou..." Jusqu'à ce qu'il décide de changer de vie et de pays pour devenir comédien !

Le grand moment de la journée a été la présence de Christiane Taubira pour une longue séance de signature. Willy Rollé, producteur audiovisuel établi en Allemagne et qui prépare un film sur les réfugiés syriens établis au Liban, se présente avec l'ouvrage "Baroque sarabande". "Rollé ? Comme le docteur, demande l'ancienne ministre." "C'est mon oncle." "Je l'ai connu à Paris quand il a du refaire ses études de médecine parce que son diplôme roumain n'était pas valable en France..." "Il a été assassiné en 1998..."

L'ancienne garde des sceaux attire la foule et la queue grossit derrière Willy... Sylviane Cédia arrive pour assurer le spectacle, Hendy Chocho et Tadélia Privat du groupe Dokonon sont déjà là. Il ne manque plus que les élus pour le cocktail de clôture. Le premier arrivé a été Alex Madeleine, le président du Comité du tourisme, puis sont arrivés Lénaïck Adam et Antoine Karam... Tous enfin parés pour déguster les délices de Guyane !

FXG, à Paris

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 11:27
Le président du conseil départemental de la Réunion rue Oudinot

Melchior chez Girardin

A quelques jours de la remise du livre bleu Outre-mer au président de la République, la ministre des Outre-mer procède aux derniers ajustements et rencontre tous azimuts les responsables politiques ultramarins. Hier Annick Girardin a reçu les acteurs économiques de la Réunion avant de recevoir Cyril Melchior, président du conseil départemental. Ce dernier a bien voulu dévoiler l'objet de leur discussion. En premier lieu, il a été question des contrats de convergence qui devront être signés entre les collectivités locales et l'Etat. Pour le département de la Réunion, ce qui ressort, c'est le développement agricole avec la nécessité d'exporter mieux et plus, la sylver économy, c'est-à-dire le développement des emplois et services autour du thème du vieillissement de la population. Enfin, la question d'un meilleur équilibre du territoire a été abordée avec les problématiques propres à la micro-région est. Le département y soutient deux projets, le premier concerne l'irrigation des terres agricoles, le deuxième est un projet de desserte, d'une nouvelle route dans les Hauts de l'Est. "Je ne dis pas que ces projets vont démarrer tout de suite, a confié M. Melchior, mais la ministre les a accueillis favorablement."

La ministre a aussi dévoilé dans ses grandes lignes la réforme des aides économiques. "Ces mesures, a indiqué le président du conseil départemental, sont favorables, elles vont dans le bon sens et cela va rassurer un peu le monde économique en terme de pérennité et de lisibilité."

FXG, à Paris

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 11:26
Ancrage économique local

L'ancrage local des économies ultramarines en colloque au Sénat

Les Réunionnais sont venus en nombre au Sénat pour participer hier au colloque, "relever l'ancrage local des économies ultramarines, outils et bonnes pratiques". Philippe Labro, président du syndicat du sucre de la Réunion, est venu parler de l'importance de la structuration en filières et de sa remarquable efficacité dans les DOM. Johnny Law Yen, président de Solyval, est venu témoigner de la valorisation du pneu usagé à la Réunion et Antoine de Palmas (Suez) du recyclage et de la valorisation des déchets et de son projet pour maximiser l'économie circulaire. Dominique Vienne, président de la CPME de la Réunion et de l'asociation SBA Réunion, est venu expliquer l'intérêt du small business acte ou "stratégie du bon achat", comme levier économique puissant de la puissance publique. Enfin Arnaud Florentin, économiste et directeur associé du cabinet Utopies, et Guillaume Branlat, président du directoire de l'aéroport Roland-Garros, sont intervenus pour évoquer l'étude "REELLE" (ré-enraciner l'économie locale).

FXG

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22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 04:45
Norwegian

Bjorn Kjos, PDG de Norwegian Air Shuttle, était au siège parisien du comité martiniquais du tourisme où il a annoncé l'extension du réseau de sa compagnie depuis les Antilles vers le Canada et la Guyane. Interview

"Nous pourrons même envisager des routes depuis Paris vers les Antilles françaises"

Quelles sont les nouvelles lignes que vous allez ouvrir cet automne ?

Nous allons ouvrir de nouvelles routes vers Cayenne et Montréal depuis Pointe-à-Pitre et Fort-de-France. Nous allons aussi augmenter nos fréquences sur des routes existantes entre les Antilles françaises et New York et Fort-Lauderdale. Ce nouveau programme démarrera le 29 octobre et se poursuivra jusqu'à la fin mars 2019.

Ca représente combien de vols supplémentaires par rapport à l'offre que Norwegian proposait jusqu'alors sur les Antilles ?

Cayenne, ce sera quatre fois par semaine. Les Antilles-New-York, ce sera tous les jours sauf le samedi. Et pour le Canada, ce sera trois fois par semaine. Si vous voulez vous faire une image globale, l'an dernier nous proposions 150 000 sièges, cette saison ce sera 250 000.

Qu'est-ce qui vous a poussé à ouvrir Cayenne ?

Les prix sur cette route sont déjà très élevés et je sais que nous pouvons créer un nouveau marché, d'autant que les horaires coïncident avec les créneaux que nous avons eus.

Vous proposez une liaison Pointe-à-Pitre ou Fort-de-France - Cayenne à moins de 200 euros...

Nous démarrons l'offre à 169 euros le vol simple, le même prix que pour rallier le Canada.

Ces tarifs que vous présentez sont-ils des tarifs de lancement ou des tarifs durables ?

Ce sont des tarifs durables même si bien sûr, en fonction de la saison, comme à Noël, ils pourront connaître quelques variations et être un peu plus cher. Mais en dehors de la haute saison, ils resteront stables.

Le marché canadien est un marché porteur pour les Antilles françaises ?

Je le pense ! Le fait que la destination que l'on ait choisie, Montréal, soit une destination francophone est déterminant parce que les Francophones aiment se rendre dans des destinations francophones.

Pourquoi avoir attendu cette saison pour le faire ?

Nous avions besoin d'avoir les droits de trafic ; on ne les avait pas, nous n'avions que les droits pour les Etats-Unis et on a désormais les droits pour le Canada.

Ces nouvelles lignes à partir des Antilles françaises ne sont-elles qu'un début sur ce marché ?

Si ces nouvelles routes sont rentables cette année, nous pourrons envisager d'autres destinations au Canada et même envisager des routes depuis Paris vers les Antilles françaises.

Le marché Antilles-Paris n'est-il pas sur-occupé ?

Non, c'est un très gros marché qui a encore beaucoup de capacités. Nous pouvons encore nous y développer, comme nous pouvons développer entre Paris et les Etats-Unis comme entre Dublin et Toronto.

Et la Réunion, c'est pour quand ?

J'espère un jour pouvoir proposer des vols pour la Réunion que j'aime beaucoup. Je proposerais probablement des vols entre Paris et La Réunion ! Je pense que tout le monde devrait visiter cette île et y faire de la randonnée. J'ai moi-même fait des randonnées à la Réunion et c'est une des plus belles destinations que j'ai découverte !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 05:34
A vos droits Outre-mer

Outre-mer et droits de l'Homme

Au cours d'un colloque qui s'est tenu jeudi à Paris, la commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) a présenté la synthèse d'un travail qu'elle a mené pendant deux ans sur l'effectivité des droits de l'Homme dans les outre-mer : accès au droit et à la justice, droit à l'éducation et droit à un environnement sain.

"Les promesses de la République ne sont que partiellement honorées." L'ancienne ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts a ouvert jeudi matin le colloque de la CNCDH en citant Césaire et sa fameuse formule sur "les Français à part entière et les Français entièrement à part"... Et pour enfoncer le clou, elle a ajouté : "C'est tout le sens des excuses que j'ai prononcées sur le balcon de la préfecture de Cayenne..."

Renée Koering-Joulin, conseillère honoraire à la Cour de cassation, a ouvert le bal de l'indignité en s'arrêtant sur quelques chiffres qui placent la France au 14e rang sur 28 pour le budget de la Justice. En 2017, ce budget était de 411 millions d'euros dont 11 pour les cinq DOM. 56 % de ces 11 millions vont à la Réunion, 17 % à la Martinique, 19 % à la Guadeloupe, 7,8 % à la Guyane et 3,1 % à Mayotte... La situation de la Guyane est très particulière, comme celle de Mayotte, puisque la justice y semble un enfant plus que pauvre alors que l'activité judiciaire y est très riche. Ainsi, la cour d'assises de Cayenne a fonctionné à temps plein en 2016, quant à la chambre détachée de Saint-Laurent, sous-équipée, elle ne bénéficie que de deux avocats sur place, les 78 autres sont à Cayenne... A Mayotte, ils ne sont que 37 avocats ! Grâcieuse Lacoste, ancienne première présidente de la cour d'appel de Saint-Denis dont dépend aussi Mayotte a souligné entre autres le manque de traducteurs assermentés...  "On fait de l'état-civil, mais pas du droit familial de manière complexe puisqu'il n'y a pas de mariage civil et peu de divorce, on ne fait presque pas de droit social et commercial, mais du pénal !"

Côté éducation, Ségolène Lette, membre de la délégation des jeunes du Secours catholique, a regretté que les programmes scolaires ne prennent pas en compte l'histoire des outre-mer et encore que les orientations scolaires soient peu adaptées : pas d'offre de stage supérieure à deux mois car au-delà, la rémunération devient obligatoire, pas de formation sur place adaptée aux besoins des territoires ou aux envies des jeunes, des formations trop longues pour des jeunes qui ont connu l'échec scolaire et encore des livres scolaires trop chers... Elle a souligné que l'interdiction de "correction physique" devrait être compensée par une formation à la parentalité...

Un point particulier a été fait concernant les doctorants. Ainsi le montant des bourses diffèrent selon les territoires  : 1200 euros par mois en Martinique ou à la Réunion, 1320 en Guadeloupe, 1210 à 1265 à Mayotte et 3 à 4000 euros par an en Guyane tandis que la Région Ile-de-France offre 1400 euros par mois et y ajoute une aide à la mobilité...

Extractions minières

Mais le débat le plus passionné a été celui lié au droit à un environnement sain... "Montagne d'or, sargasses, chlordécone", a résumé le modérateur de la table ronde pour ouvrir le débat... Nicole Questiaux, ancienne ministre, ancienne présidente de la CNCDH et ancienne présidente de section au Conseil dEtat, a rappelé la position de la CNCDH sur "les dangers que les activités extractives en Nouvelle-Calédonie et en Guyane font courir aux populations locales". Comme Gabriel Serville qui, au sujet de la Montagne d'or, en priait la veille Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale, la CNCDH recommande un moratoire "pour responsabiliser toutes les parties prenantes". Elle veut des études sur les risques, des études d'impact, et ensuite des actes de l'ensemble des administrations en matière de santé et de sécurité. Florencine Edouard, fondatrice de l'Organisation des nations autochtones de Guyane, a plaidé "la citoyenneté autochtone marquée par l'harmonie avec la nature". Elle assure que le développement guyanais, c'est d'abord lutter contre la biopiraterie. "Il ne suffit pas, lance-t-elle, de dire non à la Montagne d'or pour protéger l'Amazonie, mais que dire à ceux qui veulent du développement économique ?" Denez Lhostis, président d'honneur de la fondation Nature Environnement, s'est clairement positionné contre, parlant même de "projet dangereux et mortifère". Philippe Edmond-Mariette, avocat martiniquais et membre du Conseil économique, social et environnemental, en appelle à l'arme de la justice pour s'opposer au code minier, pour réclamer des indemnisations dans le dossier du chlordécone ou celui des sargasses à l'instar de ce que les Polynésiens ont obtenu pour les essais nucléaires dans la loi égalité réelle outre-mer. "Il y, a une place pour une justice climatique", a-t-il martelé et lui qui a gagné un procès à Cayenne contre les promoteurs de la Montagne d'or, assure que « rien ne résiste à l’opinion publique lorsqu’elle est en mouvement ». Dans la salle, une militante de "Or de question" lui répond : "Ce n'est pas le code minier qui est périmé, mais l'industrie minière !"

FXG, à Paris

La réponse de Thierry Bert

Invité à clôturer le colloque en lieu et place la ministre des Outre-mer qui n'a pu répondre à l'invitation de la CNCDH, le coordinateur des assises des Outre-mer, Thierry Bert a décelé un inconscient dans l'intitulé de ce colloque : "A vos droits m'a fait pensé au départ d'une course pour acquérir des droits... dans l'essentiel, nous savons que les droits y sont mais que le problème, c'est l'effectivité des droits mais aussi la cohérence de ces droits entre eux. Quelle est la cohérence du droit à l'environnement et du droit à l'emploi ? Quelle cohérence entre les droits et le droit, y compris le droit constitutionnel car si nous voulons faire prévaloir des droits mais qu'il s'agit de marcher sur les platebandes des collectivités territoriales pleinement compétentes, nous n'en avons pas le droit." Et Thierry Bert annonce qu'il rejoint le député Serville en disant, pince sans rire, "Moi non plus, je ne crois pas au livre bleu, je crois simplement à une prise de conscience générale des populations, des collectivités, des élus, de nous -mêmes, pour mettre à nos marques et effectivement commencer la course." Il résume ce colloque à un dialogue entre "éthique de conviction et éthique de responsabilité"... Il renvoie ainsi la cherté des livres scolaires à leur non exonération de l'octroi de mer par les collectivités, le manque de transport scolaire à la défaillance des communes... "Ce sont des questions beaucoup plus gênantes qui doivent néanmoins être posées pour que nous puissions progresser dans la vérité, dans la transparence et tous ensemble..."

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 05:33
Stany Coppet prépare le tournage de "Sisco"

Stany Coppet, comédien, réalisateur et producteur, est arrivé lundi en Guyane pour préparer le tournage de "Sisco", un long-métrage en Guyane avec son coréalisateur indo-britannique, Ashim Bhalla. Interview

"En Espagne, on m'appelle El Malo, le méchant !"

Quel est le sujet de ce film que vous voulez tourner en Guyane ?

Le thème principal, disons le démarrage du film traite des mules, sujet ô combien délicat que nous connaissons en Guyane. C'est l'histoire d'un flic corrompu qui fait passer des mules de Guyane vers l'Europe et en même temps c'est un film qui veut traiter des sujets socio-économiques, politiques et culturels. C'est un prétexte pour parler de la Guyane d'aujourd'hui...  Il y a aussi l'histoire d'amour de deux jeunes lycéens guyanais. Trois histoires s'entrechoquent dans ce film, la première c'est celle du flic corrompu, la deuxième c'est celle de ces deux jeunes qui s'aiment et qui rencontrent certaines difficultés et la troisième, c'est celle d'un flic espagnol qui vient enquêter dans le cadre d'une commission rogatoire sur un chargement de cocaïne qui doit passer de la Guyane vers l'Europe.

Vous êtes en phase de développement, c'est-à-dire ?

Nous venons de créer notre société de production à Madrid et nous sommes, avec notre productrice Carmen Chaplin, en recherche de financement. Dans le même temps, nous lançons les repérages et avançons sur les partenariats en cours. Certaines sociétés guyanaises, comme Délices de Guyane jouent le jeu et je les remercie...

Combien vous faut-il ?

On n'est pas sur le budget de "Pirate des Caraïbes" ! "Sisco" est un film un tout petit plus ambitieux en terme du budget que "La vie pure", mais ça dépendra surtout de casting que nous annoncerons en partie ce mercredi 20 juin. Nous sommes en discussion avec plusieurs acteurs francophones et nous avons l'accord d'une actrice espagnole. Par ailleurs, le 23 nous organisons une journée casting à Cayenne.

Vous serez la tête d'affiche ?

Je vais interpréter le rôle du flic guyanais, celui qui est en prise avec ses démons !

Comment est né ce scénario ?

L'idée est venue parce que Ashim Bhalla et moi voulions faire quelque chose ensemble depuis un certain temps. Ashim a étudié à la New York University, son professeur était Spike Lee ! Il a déjà eu l'occasion de travailler sur de grosses productions,  il a aussi écrit pour la BBC...  Et puis sa femme et ma femme sont sœurs. Il fallait trouver le sujet et comme j'avais envie de retourner en Guyane avec un projet qui puisse, sans parler forcément de ce qui s'est passé l'an dernier, apporter quelque chose À cette situation qui est quand même dramatique.  Je n'arrive pas à concevoir que la Guyane qui est française, qui est un morceau d'Europe en Amazonie soit dans l'état dans lequel elle est aujourd'hui,  c'est-à-dire encore un pays en  voie de développement avec des jeunes qui se  baladent avec des flingues et qui n'ont plus peur d'aller en prison...  Avec Ashim, on s'est dit qu'on allait faire un film qui permette de raconter ça sans que ce soit un documentaire ou un film donneur de leçons. Nous voulons utiliser le genre drame policier pour raconter quelque chose de constructif. Nos références, c'est "Training day" et "Narcos" en Guyane... L'essentiel sera tourné à Cayenne mais une partie du film est un mini road movie, une fuite éperdue vers l'Ouest guyanais, jusqu'à Saint-Laurent...

Comment avez-vous travaillé avec votre co-auteur ?

Lui vivant à Londres, moi à Madrid, on a beaucoup travaillé sur Skype et sur FaceTime avec des séances qui pouvaient aller de 20 heures à 3 ou 4 heures du matin, parce que que je tournais durant la journée.  Et puis nous sommes retrouvés sur des sessions d'une semaine soit à Paris, soit à Londres ou dans la famille en Suisse.

Comment se fait-il que vous soyez maintenant établi en Espagne ?

J'ai plus de travail en Espagne ! Je suis guyanais,  j'ai un physique qui passe un peu partout mais qui est aussi typé oriental.  En ce moment, c'est la mode et on me donne des rôles de djihadiste, de terroriste,  de musulman conventionnel ou atypique... Je travaille tout temps en Espagne où on me propose des rôles intéressants,  des challenges,  des premiers rôles ou des seconds rôles, mais toujours avec quelque chose à défendre...  En Espagne, on m'appelle El Malo ! Je suis le méchant...

Comment les Espagnols vont ont donc déniché ?

Un peu par hasard... Ils cherchaient un français qui puisse monter à cheval,  qui sache parler espagnol et qui puisse faire de l'escrime pour un film que j'ai tourné là-bas en 2009 qui s'appelait "Aguila Roja", l'aigle rouge... Et depuis je n'ai pas cessé de travailler. Ça c'est donc un peu imposé que je m'installe à Madrid même si je continue de travailler en France.  J'ai travaillé sur la saison 1 de la série Guyane et j'espère encore travailler à nouveau pour les Anglais et les États-Unis...

Vous avez une vocation internationale...

Je ne sais pas, mais il se trouve que quand on m'appelle pour travailler en France,  c'est des choses qui sont beaucoup moins intéressantes.  On ne m'imagine pas dans le rôle d'un Maghrébin alors qu'ailleurs ça ne pose pas de problème. On ne m'imagine pas dans un rôle de flic ou de médecin...  Peut-être qu'en France, pour mon type, on n'a pas encore trouvé la case où me mettre. Et comme je n'ai pas de case, c'est compliqué mais ça ne m'empêche pas de travailler et de continuer à créer parce que je suis aussi scénariste et producteur.

C'est pour quand le premier coup de caméra ?

On espère commencer le tournage de "Sisco" entre juin et août 2019.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Le pitch

Cayenne, mars 2017 - Meurtres, braquages, scandales sanitaires et arrestations de mules à l’aéroport de Cayenne font les gros titres du France-Guyane. Dans le cadre d’une enquête sur un réseau de trafiquants drogue entre la Guyane et Marseille, des suspicions de corruption au sein de la police judiciaire de Cayenne, poussent une juge de Marseille à envoyer un  enquêteur à Cayenne. Cet enquêteur, Alban Caneau, a pour mission de confondre le possible « ripou » qui faciliterai le passage de la drogue vers Paris, puis Marseille. Sisco, un enquêteur des  stups de Cayenne, est dans le viseur. Il est connecté au milieu et est connu pour ses méthodes peu orthodoxes.

Parallèlement, Clive et Joanne, un jeune couple de Guyanais, sont sur le point de prendre le vol pour Paris avec pour objectif de vivre leur histoire loin des interdits des parents de Joanne. Ce que Joanne ne sait pas c’est que Clive a prévu de transporter près de 2 kilos de cocaïne pour financer leur voyage et assurer une réserve d’argent pour commencer leur nouvelle vie. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Joanne est enceinte de 2 mois. Arrivé à l’aéroport, Clive se rend compte qu’il  a été piégé par son commanditaire qui a prévu de le sacrifier pour assurer le passage des autres mules sur ce vol. Clive et Joanne sont contraint de fuir. Pour sauver sa peau et sa famille, Sisco doit retrouver les deux kilos de cocaïne mais surtout s’assurer du silence de Clive et effacer toutes les preuves qui le désignent comme l’organisateur du réseau, avant qu’Alban Caneau ne retrouve le jeune couple.

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 05:45
En attendant le livre bleu outre-mer

Les confidences de Thierry Bert sur le Livre bleu outre-mer

Le livre bleu outre-mer que remettra le 28 juin prochain Annick Girardin au président de la République est en cours de finalisation et actuellement, la ministre des Outre-mer enchaîne les rendez-vous avec les parlementaires pour le finaliser. Elle était d'ailleurs reçue à l'Elysée vendredi matin pour une réunion de travail sur les assises des Outre-mer avec le chef de l'Etat.

Pour l'heure, ce que l'on sait, c'est que ce livre bleu sera issu du rapport que le coordinateur des assises des Outre-mer, l'inspecteur général Thierry Bert, a remis le 18 mai dernier à la ministre. Le travail du coordinateur et de ses équipes a consisté à remonter  des opinions et des projets dans les territoires à travers des sondages, des consultations numériques, physiques, téléphoniques, des entretiens, des groupes témoins dans tous les départements et une bonne partie des territoires d'Outre-mer. Ainsi, ont été identifiées les priorités par thématique à partir desquelles, Thierry Bert a rédigé un rapport administratif. Depuis le 18 mai, la ministre et son cabinet reprennent, politiquement, les projets ou les suggestions de mesures et sont en train de faire une sorte de programme qui peut être territorial comme national. "C'est, explique Thierry Bert, cet élément qui sera remis par la ministre au président de la République dans quelques jours." Sans dévoiler la matière de son rapport, le coordinateur des assises, invité à clôturer jeudi dernier le colloque de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme sur l'effectivité des droits dans les outre-mer, a livré quelques éléments.

Education

Ainsi, "la mère des batailles", la priorité N°1 de l'ensemble des consultations sur l'ensemble des territoires se trouve être l'éducation. Si le rapporteur constate des taux très importants de difficultés de lecture (30 % des jeunes et jusqu'à 73 % à Mayotte contre 10 % en France hexagonale), il souligne l'effort de l'Education nationale : "La croissance des dépenses entre 2011 et 2014 a été le double pour le primaire, une fois et demi pour les collèges et 1,3 fois pour les lycées par rapport à l'Hexagone." Il souligne encore un excellent taux d'encadrement avec pratiquement un professeur par élève de plus dans les DOM par rapport à ce qui se passe dans l'Hexagone. Ceci étant, Thierry Bert considère que ce qui doit être améliorer, c'est la prise en charge de la petite enfance et cela concerne les collectivités locales. "Il y a, explique-t-il, des problèmes de crèches, des problèmes de disponibilité budgétaire des collectivités territoriales pour financer le petit 20 % d'investissement qu'ils ont à mettre quand la Caisse d'allocation familiale abonde les 80 % qui leur sont imputables." En matière d'accompagnement pédagogique, tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut le renforcer et accentuer les programmes de réussite éducative, que ce soit en primaire ou dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. La formation des professeurs en langue originelle n'est pas acquise, mais l'accueil des élèves, notamment dans le primaire, à partir d'une langue maternelle est considéré comme important car en mesure de pacifier les choses et d'améliorer la pédagogie. Enfin, il s'agira de renforcer la lutte contre le décrochage scolaire. En Martinique, cela a donné des résultats spectaculaires puisqu'il y avait 3000 décrocheurs en 2011 et qu'il n'y en a plus que 963 en 2017. Cela a été possible parce que ces jeunes sont mieux repérés, mieux suivis grâce à un accompagnement de plus en plus personnalisé en couplant le social avec l'éducatif. Le dernier point à améliorer regarde l'environnement des élèves, les cantines, les internats, la mobilité et la santé scolaire...

Environnement

Le livre bleu devrait faire une belle part à l'environnement car il y a eu beaucoup de projets d'énergies nouvelles (parcs solaires, SWAC, chauffeaux...). Le ministère des Outre-mer est par ailleurs très intéressé par l'idée de promouvoir les voitures électriques sur les territoires pour lutter contre la pollution notamment dans des villes comme Pointe-à-Pitre ou Fort-de-France qui sont un peu congestionnées par le trafic automobile.

L'eau devrait être aussi un des dossiers essentiels de ce livre bleu afin de mettre un terme aux coupures et à des phases de pollution. Le plan eau initié en 2016 dans les DOM devrait donner lieu de plus en plus à des contrôles sévères et en Guadeloupe en particulier, une échéance a été fixée en 2022 pour mettre fin aux coupures d'eau avec le financement nécessaire pour refaire les réseaux. Dans les autres départements, ce sont des études sanitaires qui détermineront de façon plus précises les degrés de pollution des eaux potables.

Les questions de santé, de développement économique ou de culture n'ont pas été abordées par le coordinateur, mais elles font aussi partie des priorités et devraient donc être traitées dans le livre bleu outre-mer. De même la réforme des aides économiques qui est traitée par le gouvernement et l'Elysée en direct.

Pour autant, Thierry Bert assure que la remise du livre bleu outre-mer ne signe pas une fin : "La ministre, le Premier ministre, le président sont tous attentifs à ce que ce soit le début d'un processus. Certaines mesures doivent être appliquées, d'autres complétées et d'autres vont arriver..." Ainsi devrait-il en être avec les éco-industries en Guyane, par exemple, qui n'ont pas encore trouvé de porteurs de projets... Concernant les financements, ce devrait être là aussi le début d'un processus puisque le tour de table "Etat, Europe et collectivités locales" sera finalisé par les contrats de convergence (ex contrats Etat Région) qui fixeront les objectifs à réaliser et les moyens financiers. Ca, ce devrait être pour le mois de septembre.

FXG, à Paris

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