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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 04:45
Christian Prudhomme (directeur du Tour de France), Audrey Ktourza (chef de groupe marketing- UGPBan), Philippe Ruelle (directeur général de la Banane Française), Géraldine Mbarga Mboa (responsable des relations publiques) et Yann Le Moenner (directeur général d’A.S.O.)

Christian Prudhomme (directeur du Tour de France), Audrey Ktourza (chef de groupe marketing- UGPBan), Philippe Ruelle (directeur général de la Banane Française), Géraldine Mbarga Mboa (responsable des relations publiques) et Yann Le Moenner (directeur général d’A.S.O.)

La banane des Antilles s'offre le Tour de France

La banane de Guadeloupe et de Martinique désormais commercialisée sous l'appellation "la banane française" va s'offrir un regain de notoriété en devenant partenaire du Tour de France cycliste 2018. L'accord a été signé le 16 mai à Boulogne-Billancourt (92), siège d'Amaury sport organisation (ASO) qui gère le Tour de France. Le partenariat signé par Philippe Ruelle, directeur général de la banane française, et Yann Le Moenner, directeur général d’ASO, fait de "la banane française" non seulement le fournisseur officiel du Tour, mais surtout le parrain du Classement par équipes du Tour de France 2018.

Le Tour de France partira de Vendée le 7 juillet pour arriver le 29 juillet sur les Champs-Elysées à Paris.

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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 05:04

Marine Le Pen fait des sargasses une affaire d'Etat

Dix jours après le lancement du plan PULSAR, la présidente du Front national demande dans un courrier à Nicolas Hulot que l'Etat prenne toutes ses responsabilités contre l'invasion des sargasses.

"La prolifération des algues brunes marines constitue une pollution au sens de l’article 1er de la Convention des Nations Unies de 1982 de Montego Bay sur le droit de la mer et relève de la responsabilité des États souverains." Dans un courrier adressé au ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, la députée et présidente du Front national s'invite dans le débat sur les sargasses aux Antilles. Marine Le Pen souligne ses responsabilités à Nicolas Hulot et lui écrit qu'il "appartient à l’État d’assumer ses responsabilités régaliennes pour lutter contre ce phénomène qui devient un fléau mortifère pour ces territoires". La députée frontiste rappelle que "contrairement à ce qui avait été dit auparavant, les sargasses représentent un danger sanitaire pour tous les êtres vivants, y compris l’homme, en raison de leurs composantes biologiques où des molécules de poison mortel, dont l’arsenic, ont été décelées". Dès lors, elle indique que "tous les projets de transformation qui avaient été élaborés en amont dans le but d’exploiter les sargasses comme matière première pour la production industrielle à des fins économiques, sont de facto caducs aujourd’hui".

Algues brunes ou vertes

Il n'en faut guère plus à la dirigeante frontiste pour condamner "la gestion déficiente de cette catastrophe naturelle par l’État" et "des carences fautives, analogues à celles pour lesquelles les juridictions administratives ont déjà condamné l’État dans la gestion de l’invasion du littoral métropolitain par les algues vertes en Normandie, notamment". Elle conclut en rappelant que "la gestion des algues qui prolifèrent de manière anormale et exceptionnelle sur le domaine public maritime de l’État ne relève pas seulement de la responsabilité ni de la compétence des collectivités locales, mais bien d’abord de celle de l’État". Prenant un ton plus polémique, Marine Le Pen ajoute : "Le Gouvernement ne saurait se défausser de sa responsabilité sur les collectivités territoriales, qui ne disposent que de moyens limités pour lutter contre un tel fléau naturel. (...) Il est indigne de renvoyer sur les maires la lourde charge de mener des actions que seul l’État est en mesure de promouvoir efficacement."

Ce courrier daté du 15 mai intervient onze jours après celui de Nicolas Hulot et Annick Girardin aux parlementaires et présidents des collectivités locales de Guadeloupe et Martinique dans lequel les deux ministres indiquent à nos élus le lancement du plan local de lutte contre les sargasses (PULSAR).

FXG, à Paris

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 07:48
Kwassa kwassa... C'est quoi ça ?

Le business des kwassa kwassa sur France Ô

Qui sait que "kwassa kwassa", le nom donné aux embarcations qui servent au trafic de clandestins entre l'île comorienne d'Anjouan et Mayotte, est en fait le nom d'une danse congolaise ? Et qui sait qu'un passage en kwassa kwassa coûte de 50 à 300 euros ou encore que le prix d'une coque de kwassa kwassa n'est que d'une centaine d'euros ? Alors que le 101e département français, Mayotte, vit une grave crise depuis le début de l'année, au point que le gouvernement y ait nommé un préfet, délégué du Gouvernement, la réalisatrice Pascale Poirier à qui on doit un sulfureux portrait de Calédonien Jacques Lafleur et encore un film sur la flamboyante parenthèse ministérielle de Victorin Lurel, signe un film instructif intitulé "le business des kwassa kwassa". L'ONU et le Vatican ne reconnaissent pas la partition de l'archipel des Comores décrétée unilatéralement par la France en 1975. Des deux côtés de la mer, la réalisatrice est allé à la rencontre des passeurs, des fabriquants de kwassa-kwassa, mais également des autorités de Domoni à Anjouan, des clandestins ou des travailleurs sociaux à Mayotte pour tenter d'expliquer les fondements de cette crise migratoire qui a déjà laissé 20 000 personnes au fond de l'eau... Le film de Pascale Poirier ouvre une réflexion nouvelle en apportant la démonstration que de tout temps, les gens de Grande-Comore, de Mohéli, d'Anjouan et de Mayotte ont toujours circulé d'une île à l'autre et que, l'instauration du visa dit Balladur instauré en 1995 et qui interdit de fait toute migration légale n'est pas étranger à la situation de crise actuelle. Alors, on allège ou on rétrocède ?

FXG, à Paris

Mercredi 16 mai à 21 h 50 à l'occasion de la soirée "Investigation" spéciale Mayotte sur France Ô

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 06:56
Bertrand Dicale est journaliste à France-Info et critique musical

Bertrand Dicale est journaliste à France-Info et critique musical

Bertrand Dicale, journaliste, auteur de "Ni noires, ni blanches, histoire des musiques créoles" (Éditions de la Philharmonie) s'exprime sur le jazz créole au moment où Franck Nicolas cesse sa grève de la faim.

"Nous sommes ce grand désordre identitaire, profitons-en !"

Pensez-vous que Franck Nicolas dénonce à juste titre le sort fait aux musiques antillaises sur les scènes et les antennes hexagonales ?

Il y a une part peut-être un peu exagérée, mais ce qui est sûr c'est qu'il y a une difficulté dans l'identification des musiques antillaises et de manière générale des cultures antillaises en France.

Comment l'expliquez-vous ?

Historiquement, il y a eu des moments où la culture antillaise a été extrêmement présente dans la culture métropolitaine. A l'époque de Stellio, dans les années 30, il y a des musiciens d'Amérique latine, des Etats-Unis même, qui se font passer pour des musiciens antillais parce que les Antilles sont alors à la mode avec Alexandre Stellio ou Léona Gabriel. On a encore vécu ça dans les années 80-90 avec Kassav et le zouk, et tout un ensemble de groupes comme Zouk machine et de personnages comme Joëlle Ursull dans le sillage de Kassav. Mais là, il faut se demander si ce qui s'est passé n'était pas plus lié au genre, la biguine, le zouk, qu'à l'antillanité... C'est vrai que tout ce qu'ont dit Césaire, Glissant, Chamoiseau et même David Martial, fait que pour les Français les Antilles sont difficiles à identifier. C'est proche et c'est lointain... Tout le monde a l'impression de connaître. Tout le monde se dit : "Ah oui, les Antilles, le soleil, les accras de morue, la banane..." On a deux ou trois cartes postales mais ça ne va pas beaucoup plus loin et je pense que ça tient principalement à une espèce d'ignorance. Mais, la réalité de ce qu'est cette culture, de ce que sont les cultures créoles en général, est tout à fait ignorée des Européens et tout à fait ignorée des Africains. Je l'ai beaucoup vécu, notamment en suivant les tournées de Kassav, souvent en Afrique, vous avez des chefs d'entreprises, des intellectuels, des ministres qui imaginent que les Antilles, c'est juste un petit bout d'Afrique qui est quelque part en train de flotter dans l'océan Atlantique. Or, non ! C'est une culture spécifique, un type de culture... Les cultures créoles sont des cultures spécifiques dans l'histoire de l'humanité. Ce n'est pas de la culture africaine, ce n'est pas de la culture européenne... Et les Européens sont en ce sens comme les Africains, ils ont du mal à comprendre...

Il y a eu la biguine, puis le zouk... Aujourd'hui quelles sont les musiques antillaises qui traversent l'océan ?

Il y a des aventures individuelles, il y a de la littérature et puis tout le monde continue à jouer du zouk et à en danser ! Bob Marley est mort depuis plus de trente ans, mais tous les guitaristes, tous les batteurs et tous les bassistes en France, tous les musiciens de bal qui vont à la campagne, au fin fond du Limousin pour jouer de la musique de bal, ils savent tous vous faire un reggae ! Ces musiques ont été transmises et sont devenues des musiques européennes. J'ai connu une chanteuse qui avait sorti un premier album il y a quatre ou cinq ans. Je lui parlais de la jolie biguine qu'elle chantait et elle ne savait pas du tout que c'était une biguine, simplement que c'était de la musique de France... Effectivement la biguine avant la Seconde guerre mondiale, le zouk après... Des terres qui n'ont même pas un million d'habitants ne peuvent pas apporter une révolution musicale tous les cinq ans ! Ce qui vient des Antilles anglaises dans la culture britannique, hors Jamaïque et hors reggae, c'est l'arrivée du Calypso dans les années 50 ; mais les Anglais ne savent rien de Trinidad et Tobago.

Franck Nicolas qui a inventé le jazz ka regrette le manque de place fait en France au jazz créole. Qu'en pensez-vous ?

On fait un mauvais sort au jazz créole en France, mais comme à tous les sous-idiomes, comme à tous les genres à l'intérieur de cette immense machine qu'est le jazz américain, le jazz mondial. Le trompettiste Enrico Rava mêle de la musique traditionnelle italienne à son jazz, les jazzmen japonais utilisent un shamisen, un instrument traditionnel à trois cordes... Le fait de mêler une musique au jazz ne fait pas plus grande cette musique. Le jazz ka touche des gens qui sont touchés par la musique antillaise, mais pas nécessairement... Ce n'est pas parce que vous arrivez dans cet océan mondial du jazz en disant que vous avez un nouvel idiome, une nouvelle écriture, un nouveau style que ce style va s'imposer. Aujourd'hui, la plupart des Européens aiment le jazz américain, traditionnel, carré, conventionnel... Il en est du jazz créole comme de beaucoup d'expressions culturelles. Ceci étant Alain Jean-Marie, Mario Canonge en France, Jacques Schwartz-Bart aux Etats-Unis, ont des carrières. Ils sont présents ! Mais, ce n'est pas, encore une fois, parce que vous mettez votre part d'ombre sur cette musique que votre musique va être plus écoutée. Ce n'est pas pour ça qu'elle va l'être moins, mais ce n'est pas pour ça qu'elle va l'être plus ! Je me souviens d'avoir interviewé, il y a des années, Sony Rollins. Il avait mêlé beaucoup de calypso au jazz hard bop. Et si moi, comme Antillais, ça me séduisait énormément, il me disait que ça avait été une déception, que les gens à New York, ils préféraient un jazz plus urbain, plus dur, plus virtuose plutôt qu'une musique qui faisait danser et qui, par moment, leur rappelait la musique qu'ils avaient écouté à l'hôtel quand ils étaient allés passer des vacances aux îles Moustique !

L'apport des musiques traditionnelles dans le jazz pose-t-il toujours des problèmes ?

C'est la tragédie de la vie d'un autre trompettiste, un Breton qui s'appelle Eric Le Lann et qui a été considéré comme un des plus grands espoirs du jazz au début des années 1980. Et il n'est pas arrivé à faire entendre une fusion entre les musiques celtiques, son âme celtique, et le jazz. C'est le même problème pour le pianiste Didier Squiban qui, aujourd'hui, est plus connu pour son travail avec les musiciens et chanteurs traditionnels bretons comme Yann-Fanch Kemener que pour son travail dans le jazz !

Donc, faut-il conseiller à Franck Nicolas de laisser tomber sa conque de lambi ?

Non, pas du tout ! Je crois que le plus grand talent que nous avons collectivement, nous Antillais, c'est d'être polyglottes ! On n'a pas choisi. On est né à un carrefour. Nous sommes Européens, nous sommes Antillais, nous sommes Africains, nous sommes Américains, nous sommes tout à la fois ! Donc, nous pouvons par moment nous déguiser, nous maquiller, faire croire ou nous avouer que nous sommes dans une espèce de ressemblance avec la pureté. Le combat pour la spécificité est un combat personnel, mais on ne gagne pas toujours à ce que ce soit un combat public. Ce qui est intéressant aussi, c'est d'être l'autre, c'est d'être américain, d'être européen, d'être antillais, d'être tout ça à la fois. Mais vouloir dire : je ne suis que ça, c'est se mettre aussi dans une impasse. C'est ce que disait Edouard Glissant : on doit bien comprendre quelle est notre présence dans le monde ! Notre présence dans le tout-monde, elle est dans la relation, elle est dans le fait que nous sommes connectés avec notre conte du dorlis, avec la vraie vie mais aussi aux trompettes qu'il y avait à la cour de Louis XIV. Nous sommes à la fois et en même temps dans tous ces domaines là, donc profitons-en ! Et c'est vrai que c'est horriblement douloureux de ne pas réussir à faire comprendre quelle est notre spécificité, mais c'est au moins aussi enrichissant que de pouvoir naviguer, changer de masque, changer d'identité... Pouvoir dire : regardez-moi, je suis Français, je suis Américain, je suis l'Afrique, je suis tout ça ! C'est ça notre force ! Je pense que de toute façon et de toute manière et de tout endroit et, Glissant l'a dit encore mieux que moi, nous ne gagnerons jamais à essayer de faire croire que nous sommes purement quelque chose, que nous sommes uniquement quelque chose. Nous ne serons jamais purs, nous ne serons jamais uniques ! Nous sommes la relation, nous sommes ce grand désordre identitaire, donc profitons-en plutôt que d'en faire une douleur. Qu'on en fasse une richesse, qu'on en fasse un plaisir, qu'on en fasse une jubilation !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 04:49
Le 10 mai 2018 au jardin du Luxembourg

170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage à Paris

En l'absence d'Emmanuel Macron, parti à Aix-La -chapelle, recevoir le prix Charlemagne, la 12e journée nationale de commémoration de la traite, l'esclavage et leurs abolitions au jardin du Luxembourg, a été présidée pour la première fois par le Premier ministre Edouard Philippe.

"Il y a un flambeau de la liberté que chaque génération doit se transmettre avec un soin très particulier. Et ce flambeau, c’est d’abord la mémoire qui l’entretient et qui le ranime." Le Premier ministre Edouard Philippe, maître de cérémonie en remplacement du président appelé ailleurs, hier, dans les jardins du Luxembourg, à l'occasion de la 12e journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, s'est placé dans les pas de Gaston Monnerville qui célébrait au même endroit, il y a 70 ans le centenaire de l'abolition. La différence, c'est qu'à l'époque, ii n'était question que d'une date.

Aujourd'hui, on en compte neuf ! 25 mars (ONU), 27 avril (Mayotte), 10 mai (journée nationale de la mémoire des traites, de l'esclavage et de leurs abolitions), 22 mai (Martinique), 23 mai (journée nationale d'hommage aux victimes de l'esclavage), 27 mai (Guadeloupe), 10 juin (Guyane), 23 août (UNESCO) et 20 décembre (Réunion)... "Trop de dates ? s'interroge le Premier ministre. Non, mais un archipel de dates et de mémoires parce que l’esclavage fut un phénomène à la fois local et mondial." Et puis, il y a la dette laissée par l'esclavage qui fut "le moteur de la mondialisation marchande". Edouard Philippe a été maire du Havre, une ville portuaire qui doit aussi son essor au commerce avec les colonies, à la traite et à l’esclavage. "Cette dette, je la mesure", précise-t-il en rappelant comment en 1814, les armateurs de sa ville pétitionnèrent pour défendre la traite des Noirs, quand les ancêtres de Gaston Monnerville y sont peut-être passés, à fond de cale...

Peu de parlementaires d'outre-mer sont là (aucun des Antilles ou de la Guyane), peu de personnalités de la culture ou du monde associatif, et mis à part Christiane Taubira, Jacques Toubon, Jean-Marc Ayrault et les ministres en exercice, Jean-Michel Blanquers, Catherine Nyssen, Laura Flessel et Annick Girardin, seule une délégation de la Smith Union Institute qui a ouvert à Washington un grand musée de l'histoire afro-américaine donne le change dans le public.

Un mur pour 200 000 noms aux Tuileries

Dans son discours, le Premier ministre est venu confirmer ce qu'avait annoncé, après François Hollande en 2017, le président Macon au Panthéon le 27 avril dernier, c'est-à-dire la transformation du GIP en fondation pour la mémoire de l'esclavage, l'érection d'un mémorial des 200 000 noms d'esclaves aux Tuileries. Bref, ce que le Premier ministre a appelé en référence au MACTe (qui sera étatisé), "une mémoire en actes" : "Une mémoire consciente que l’abolition de l’esclavage n’a aboli ni les préventions sociales, ni les discriminations, ni le racisme."

Avant de remettre les prix de la flamme de l'égalité aux élèves du lycée François-Mauriac de Bordeaux pour leur réalisation audiovisuelle intitulée "Esclaves d'hier et migrants d'aujourd'hui", Edouard Philippe a lu ces lignes de Victor Hugo :

"Au moment où le gouverneur proclamait l’égalité de la race blanche, de la race mulâtre et de la race noire, il n’y avait sur l’estrade que trois hommes, représentant pour ainsi dire les trois races : un blanc, le gouverneur ; un mulâtre qui lui tenait le parasol ; et un nègre qui lui portait son chapeau. » Une manière pour lui de rappeler que "la devise de la République, liberté, égalité, fraternité, est, reste et sera toujours une création continue, perpétuellement recommencée, qu’il nous appartient de poursuivre sans relâche". Le thème du concours de la flamme de l'égalité l'année prochaine sera "devenir libre".

FXG, à Paris

Ils ont dit

George Pau-Langevin, députée PS, ancienne ministre des Outre-mer

"Je suis soulagée car je me demandais si la cérémonie aurait lieu... Nous savions que le président ne serait pas là, mais nous nous demandons si cette absence sera ponctuelle ou habituelle... Ceci dit, je pense que c'est une date qui s'installe et que petit à petit, la tragédie de l'esclavage rentre dans la mémoire collective des Français et c'est une bonne chose."

Serge Romana, président de la fondation Esclavage et réconciliation

"C'est la première fois que, officiellement, un Premier ministre, parle du 23 mai dans une cérémonie comme celle-là. Nous sommes d'autant plus contents que le mur des noms soit devenu un projet carrément gouvernemental. Ce n'était pas évident d'avoir les Tuileries, là où a siégé la Convention qui a voté la première abolition, à côté de l'ancien hôtel de la Marine où le décret de la deuxième abolition a été signé, à côté de la place de la Concorde et à côté du palais Bourbon, c'est-à-dire la République... Nous allons contribuer de façon très conséquente à l'édification de ce mémorial dont le budget est de 3 millions d'euros. Et peut-être, pourrons-nous inviter le président Macron le 23 mai 2019 pour son inauguration !"

Jean-Michel Martial, président du CREFOM

"Le message est en train d'être mieux perçu... Il est mieux digéré et mieux partagé. Le fait que l'enseignement, l'éducation soient aux premières loges nous engage à continuer parce que, année après année, nous nous retrouvons ici ,au jardin du Luxembourg, à Villers-Cotterêt, ou dans tous les lieux de mémoire où nous distribuons une information. Petit à petit, ça rentre dans les cerveaux ! Il nous revient à nous de faire en sorte que cette histoire de l'esclavage ne se reproduise plus."

Frédéric Régent, président du CNMHE

"Le 10 mai est une journée de transmission, d'éducation dans le système commémoratif que nous avons. Le 27 avril, en gros tous les dix ans et a fortiori quand on fêtera le bicentenaire, est le jour de commémoration des combattants de la liberté, que ce soient les combats des esclaves ou celui des abolitionnistes. Et enfin, le 23 mai cette année, dans sa partie officielle, est axé sur la recherche, et dans sa partie populaire, sur un hommage aux victimes anonymes. Voilà comment se structurent les commémorations. Le contemporain, le réel de l'esclavage nous a rattrapé et, du coup, la manière de l'aborder va changer parce qu'il y a des combats d'urgence à mener, aujourd'hui, maintenant, tout de suite !"

Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage

"Cette cérémonie du 10 mai a été voulue par Jacques Chirac et est issue de la loi Taubira. Il faut poursuivre ce grand chantier de la construction d'une mémoire partagée par tous les Français. Cette histoire est celle de la France, de l'Europe, mais c'est aussi une histoire mondiale. L'objectif de la Fondation, c'est de reprendre et de prolonger ce qui a déjà été entrepris pour que cette mémoire nous rende plus forts, plus libres, plus solidaires, plus fraternels pour affronter aussi les question contemporaines, les discriminations, le racisme et aussi les formes d'esclavage qui existent encore à travers le monde. Voilà ce qui est notre tâche, une tâche noble mais qui s'inscrit aussi dans le respect de nos valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité."

Laura Flessel, ministre des Sports

"Nous avons eu un très beau discours du Premier ministre et, effectivement, le mot qui revient, c'est "liberté", nourrir la liberté. Nous avons ce devoir de mémoire au niveau national et international, pour ne pas tomber dans les travers. Aujourd'hui, trop de millions de personnes se retrouvent dans l'esclavage, mais pour avancer, il faut aussi connaître son histoire, avancer sans déni et accepter de construire un futur ensemble. Et pour la jeunesse, c'est un élan d'espoir. On peut modifier les croyances, casser les paradigmes pour s'affranchir et prendre sa liberté."

Nassimah Dindar, sénatrice UDI

"C'est une date commémorative pour toute l'histoire de l'humanité et pour notre grand pays qui a mis un terme à l'esclavage. Derrière tout ça, il y a tous les débats que nous avons, ici même au Sénat, sur le devenir de la diversité française. Ce matin, je suis fière d'être française ! Nous aurions bien sûr voulu que le président de la République soit là, mais il est dignement représenté par son Premier ministre et tous les parlementaires, présidents d'association et tous les citoyens qui travaillent sur la question depuis de nombreuses années."

Pierre Kanuty, conseiller régional IdF PS

Après l'édition 2017 où il y avait deux présidents et comme d'habitude beaucoup de monde, cette année, je trouve bizarre l'absence du président de la République. Le 27 avril, le président Macron a eu raison de se rendre au Panthéon, mais en petit comité et devant une place vide... Là, on se retrouve dans un jardin du Luxembourg quasiment vide alors qu'on célèbre les 170 ans de l'abolition... C'est bizarre ! J'aimerai comprendre... C'est une question que je pose, sachant qu'il y aura une grande marche le 23 mai et que partout des communes commémorent. C'est une vague et beaucoup de Français non ultramarins sont demandeurs de s'associer à cet événement qu'ils jugent importants. Ca n'est plus un événement occulté ou oublié, la série d'Arte sur les routes de l'esclavage en témoigne. Il faut donc continuer !"

Jean-Hugues Ratenon, député FI

"J'ai hésité avant de venir...On a l'impression que c'est l'affaire de quelques personnes de la France d'en haut. On sent bien qu'il n'y a pas une prise de conscience dans le peuple français ! Il faut que dès la maternelle, dès la primaire, tous les Français aient la connaissance de ce qu'a été l'esclavage en France, dans le monde et en même temps qu'ils comprennent que l'esclavage est un combat de tous les jours parce que ce n'est pas fini ! Le 20 décembre dernier, j'ai pris a parole à l'Assemblée nationale pour dire : "Aujourd'hui, 20 décembre, jour férié." La grande majorité des députés étaient étonnés... Je me suis alors dit qu'il serait bon de faire une proposition de loi ! On est en train de la rédiger pour qu'on célèbre aussi l'abolition de l'esclavage à travers un jour férié partout en France et pas seulement dans les Outre-mer parce que la problématique de l'esclavage, c'est pas seulement dans les Outre-mer !"

Trois questions à Louis-Georges Tin, président du CRAN

"Les anciens esclavagistes doivent participer à l'effort de réparation"

Qu'attendez-vous d'une telle journée ?

Commémorer, c'est bien, réparer c'est mieux. Nous avons obtenu trois réparations l'an dernier : la mise en place de la fondation pour la mémoire de l'esclavage, le vote par le conseil de Paris d'un mémorial de l'esclavage et la promesse de la restitution des trésors coloniaux pillés pendant la colonisation. Cette année, il n'y a pas d'avancée. M. Macron a parlé de la Fondation, mais elle existait déjà... On n'a pas beaucoup avancé cette année...

Le président Macron n'a-t-il pas apporté de la confusion dans les dates en se rendant au Panthéon le 27 avril ?

Au départ, il y avait une date, puis deux, maintenant il y en a trois et demain, il y en aura quatre ! C'est compliqué même pour des enseignants ou des élèves qui ne savent pas ce qu'il faut faire et quand il faut le faire... L'important, c'est qu'est-ce qu'on fait quelle que soit la date ? La commémoration nous permet-elle d'avancer ou nous sert-elle uniquement à examiner le passé ? Il faut examiner le passé mais à condition de construire des instruments nouveaux pour la réparation comme la restitution de la dette au peuple haïtien ou la réforme agraire dans l'outre-mer...

Le CRAN vient encore d'assigner l'Etat, pourquoi ?

Nous avons décidé de mettre en cause l'article 5 du décret Schoelcher parce qu'il attribue de manière indue des réparations à l'envers aux anciens propriétaires d'esclaves. Ils se sont enrichis grâce à l'esclavage et, derechef, grâce à l'abolition ! Ces bénéficiaires ont reçu des biens très mal acquis et il faut que ceux-là soient restitués. Nous allons mettre en cause cet article devant le tribunal administratif et si on arrive à le faire casser, l'Etat aura l'obligation de restituer aux vraies victimes ces sommes. Les actions judiciaires permettent d'entretenir une pression pour que l'Etat comprenne qu'on ne peut cautionner les injustices. Schoelcher était un homme formidable, mais pour des raisons de real politik, il a du faire ces concessions qui, aujourd'hui, ne sont plus acceptables. Les anciens esclavagistes dans les Outre-mer doivent participer à l'effort de réparation commencé par l'Etat.

Propos recueillis par FXG, à Paris

ITW. Christiane Taubira, ancienne ministre

"Une histoire d'une violence indicible, mais aussi d'une extrême beauté"

Regrettez-vous l'absence du président Macron ?

Ce n'est pas tout à fait la première fois qu'un président ne vient pas parce que M. Sarkozy, une fois, avait délocalisé la cérémonie et c'est vrai que les codes protocolaires ne sont pas que des codes mondains, ils fournissent aussi les références symboliques et conceptuelles et on a lieu de s'interroger sur la présence du président de la République au Panthéon pour honorer à juste titre la mémoire des grands abolitionnistes français et la délégation au Premier ministre de cette cérémonie des mémoires de la traite de l'esclavage et de leurs abolitions...

Vous dénoncez ?

Je ne dénonce pas parce qu'en ces circonstances, j'évite les polémiques. Je pense qu'elles sont inutiles, stériles et malfaisantes. Je ne dénonce pas mais je considère qu'on a lieu de s'interroger. Il faut se demander s'il n'y a pas à nouveau ce regard qui rétrécit cette histoire de luttes d'une très grande violence, d'une très grande souffrance, qui la réduit à des décrets d'abolition en en faisant le point de fixation. Ces décrets sont importants ! Ils révèlent l'éthique, la probité, le courage de grands hommes tels que Schoelcher ou l'abbé Grégoire avant lui. Mais il ne suffit pas de montrer que la seule face lumineuse de cette histoire serait les décrets d'abolition, non, c'est une histoire de résistance, de combativité, de créativité et riche d'enseignement...

Une journée de commémoration quand l'ancienne ministre Pau-langevin évoque un mois des mémoires...

Il y a eu de nombreux débats stériles autour de ce combat pour instaurer une journée nationale... Mais la loi ne fait pas que ça ! La loi, dans son article 2, prévoit l'enseignement de cette histoire, l'encouragement de la recherche et de la coopération. C'est elle aussi qui crée le Comité national pour l'histoire et la mémoire de l'esclavage, c'est donc un texte de loi avec des dispositions normatives. Et à l'époque, il y a eu des débats sur les dates ! Là, c'est une date de célébration nationale au coeur des institutions et elle ne fait pas ombrage aux autres dates ! Mais je pense effectivement qu'il faut un mois de la mémoire plutôt que de se battre pour telle ou telle date... Le mois de mai s'y prête, mais ça n'est pas suffisant un mois pour mettre en lumière tout ce que cette histoire nous apporte, toutes les traces qu'elle a encore laissées aujourd'hui...

A quelles traces pensez-vous ?

Je pense aux langues créoles, aux religions syncrétiques qu'on trouve sur tout le continent américain et toute la Caraïbe... Je pense encore à toute cette cosmogonie et toutes ces histoires orales, l'oraliture, cette transmission de savoirs, de cultes, de cultures qui, après, a nourri la littérature écrite qui vient de la Caraïbe aussi bien francophone qu'anglophone... Il y a une créativité absolument phénoménale. Il y a une contribution au patrimoine culturel de l'humanité et je pense qu'un mois où l'on consacrerait des efforts à voir les traces dans la peinture d'aujourd'hui, les sculptures, la littérature, les contes, mais également dans les rapports à l'environnement, la pharmacopée... Cela montrerait que c'est effectivement une histoire d'une extrême violence, d'une violence indicible, mais c'est aussi une histoire d'une extrême beauté parce qu'il y a eu une créativité sans limite !

L'intitulé du prix des lycéens de la flamme de l'égalité, "Esclave d'hier, migrants d'aujourd'hui", vous a interpellé, pourquoi ?

On ne peut pas mettre une équivalence avec la situation des réfugiés, des migrants aujourd'hui, avec celle des esclaves, mais il y a un continuum dans la sensibilité, c'est-à-dire que comprendre la situation des esclaves nous aide à refuser la situation des migrants.

Propos recueillis par FXG, à Paris

En images

Arrivée du président du CNMHE, Frédéric Régent

Les "abolition's girls"

Daniele Obono, députée de Paris (FI)

Frédéric Lazorthes, ancien secrétaire général du CNMHE

Jean-Michel Martial et Jean-Marc Mormeck

Sourya Adèle

Wallès Kotra, directeur du pôle Outre-mer de France Télévisions​​​​​​​

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 04:46
Franck Nicolas, en grève de la faim, hospitalisé

Franck Nicolas est hospitalisé depuis mardi

Le jazzman guadeloupéen, Franck Nicolas, est hospitalisé dans un établissement de Montpellier, où il vit, depuis mardi 8 mai. Mardi, c'est le jour où il donne ses cours. Un de ses élèves de trompette est venu le chercher pour aller au JAM, le Jazz action de Montpellier, l'école de jazz ou il travaille. L'imposant escalier qui conduit à l'entrée du JAM a eu raison de ses forces. "Heureusement, confie-t-il à France-Antilles, j'ai bu de l'eau sucrée avant, parce qu'ensuite, une fois dans la salle, bien essoufflé, j'ai voulu souffler dans ma trompette et là." Son coeur a fait des bonds et Franck, saisi de vertige, défaille, dans les vaps. Son élève l'a directement conduit à l'hôpital où on lui a fait d'emblée subir un électrocardiogramme et une prise de sang...

Le médecin s'est montré rassurant. "En réalité, explique Franck, mon corps est bien et seul mon coeur m'a fait mal car la perte brutal de poids ne lui plaît pas... Je tiens bon car j'ai des réserves... J'avais grossi depuis décembre et je pesais 100 kg mon 1er jour de grève !". Franck continue le combat avec une perfusion... "Là je ne fais plus d'effort, je reponds aux textos, c'est tout et avec tous les messages que je reçois, je suis très occupé !" Ses soutiens viennent de sa famille, des amis, des fans. "Grâce aux journalistes de la presse écrite de la télé et de la radio, j'obtiendrai peut être des résultats", veut-il espérer.

Son affaire avec Pôle emploi qui lui réclame deux ans d'indemnités a-t-elle évolué ? Pense-t-il avoir réussi à sensibiliser ce monde aux musiques de la Caraïbe, à la place qu'elles ont dans nos festivals et maisons de disque ? Les artistes se sont-ils montrés solidaires ? "Je ne peux répondre à toutes ces questions maintenant, explique Franck, parce que je n'ai pas les réponses ! La seule chose que je peux dire, c'est qu'il semble y avoir des avancées sérieuses et si tout se confirme dans les jours qui viennent, j'arrêterai ma grève de la faim avec le plus grand plaisir !"

Franck Nicolas a commencé sa grève il y a 18 jours pour protester contre le sort et la place que la société occidentale française de l'Hexagone fait au jazz créole... Son corps est fatigué et son médecin lui a recommandé fermement de ne pas répondre au téléphone.

FXG, à Paris

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 09:42
Casting à la Réunion

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 20:52

Affaire du foyer de Terre rouge : Nassimah Dindar, Bachir Valy et Jean-Jacques Vlody tranquilles

La chambre criminelle  de la Cour de cassation a rejeté lundi après-midi, le pourvoi du procureur général de Saint-Denis de la Réunion contre l’arrêt de la cour d’appel du 9 mars 2017, qui a relaxé Nassimah Dindar, Raymond Michel Soucramanien, Bachil Valy et Jean-Jacques Vlody des chefs de discrimination pour la première, et complicité de discrimination pour les trois autres. L'affaire a été examinée en audience publique le 20 mars dernier et déjà l'avis de l'avocat général allait dans le sens de la décision rendue lundi.

Nassimah Dindar, alors présidente du conseil général de la Réunion et présumée auteur principal, M. Soucramanien, chargé du suivi des recrutements à son cabinet, et les conseillers généraux Bachir Valy et Jean-Jacques Vlody, présumés complices, ont été poursuivis et condamnés devant le tribunal correctionnel pour discrimination en raison des opinions politiques à l’occasion du recrutement d’agents contractuels dans le foyer départemental de l’enfance dit foyer de Terre-Rouge.

Les trois élus et le chargé de mission ont fait appel et la cour d'appel de Saint-Denis a infirmé le jugement de première instance.

L’arrêt de la cour d'apel explique d'abord que, d'un point de vue procédural, "aucune demande de requalification des faits de complicité en coaction n’a été formée à l'encontre des présumés complices et qu’une telle requalification aurait exigé la réouverture des débats". Or, il se trouve que le ministère public a envisagé une telle requalification mais ne l'a pas requise et que les prévenus ont été expressément invités à présenter leurs observations. "L’arrêt n’encourt pas la censure, assure la Cour de cassation (...) dès lors qu'il n’était pas démontré que Mme Dindar aurait eu connaissance des conditions de sélection des candidats."

La cour d’appel a donc justement jugé que "les offres d’emploi litigieuses n’avaient pas été subordonnées aux opinions politiques des personnes recrutées, de sorte qu’en l’absence de fait punissable, le grief sur l’absence de requalification est inopérant."

L'arrêt de la cour d'appel ne commet pas plus d'erreur lorsqu'il indique que "s'il a bien été procédé aux recrutements litigieux à la suite d’interventions des élus en faveur des candidats, c'était pour leur seule qualité d’administrés de ceux-ci et non pas en raison de leurs opinions politiques". Les juges d'appel n'ont donc pas commis d'erreur en déduisant que le délit de discrimination dans les offres d’emploi n’était pas constitué à l'encontre de Nassimah Dindar, ni à l'encontre des trois autres prévenus par voie de conséquence.

Tous les moyens de contestation soulevés par le parquet général ayant été écarté, la Cour de cassation n'a pu que rejeter son pourvoi et confirmer ainsi la relaxe prononcée en appel.

FXG, à Paris

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 07:00
Sourya Adèle est Mary Prince

Mary Prince, la vidéo

Sourya Adèle, interprète et adaptatrice au théâtre du texte de l'esclave de Mary Prince, a fait appel au réalisateur Arnaud Emery, pour proposer une version vidéo de la pièce. Ils sont ensemble retournés sur les traces de l'incroyable odyssée de Mary Prince dans la Caraïbe, aux Bermudes, aux îles Turks-et-Caïcos et à Antigua, mais aussi à Londres où elle a obtenu son émancipation. Conçue comme du « théâtre-documentaire », cette recréation est un va-et-vient entre la scène théâtrale et les lieux de mémoire de l’esclavage où vécut Mary Prince. C'est donc plus que la pièce, mais un voyage dans le temps et dans l’espace que propose ce DVD pour raconter l’histoire exceptionnelle et bouleversante d’une des premières esclaves libérées avant l’abolition de 1834 dans les colonies britanniques.

Cette oeuvre audiovisuelle invite au dépassement d’une mémoire conflictuelle et à l’élaboration d’une conscience collective sur des questions qui restent hélas toujours d’actualité.

« Mary Prince, récit autobiographique d’une esclave antillaise » (60 minutes)

Recréation réalisée par Arnaud Emery, produit par Frédéric Tyrode Saint Louis, interprété par Sourya Adèle, adaptaté par Emma Sudour et Souria Adèle d'après le texte de Mary Prince, mise en scène de la pièce par Alex Descas.

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 06:44
Bernard Pons se livre dans ses mémoires - partie 2

Grand entretien (suite)

Bernard Pons, l'un des derniers barons de la Chiraquie se confie...

"C'était tellement commode aux autres, à Chirac, à Balladur, à Pasqua..."

Quand vous avez lancé la défiscalisation en 1986, vous dites : "Faisons de l'Outre-mer la Suisse des Caraïbes !"

J'ai même été plus loin ! J'avais proposé que l'on crée un système fiscal avantageux pour les dépôts bancaires en Outre-mer, pour que l'on crée non pas des paradis fiscaux mais enfin... presque. Et là, j'ai été retoqué. Chirac m'a dit que je rêvais !

Cette année 1986, Camille Darsière a célébré le mariage de votre fille. Que retenez-vous de cet homme ?

Il était un des piliers du PPM et un pilier dur. Juriste, il était très engagé et ne faisait pas de cadeau aux autres formations politiques. Avec Emile Maurice, il ne filait pas l'amour parfait, même à l'intérieur du PPM où il y avait souvent des bagarres. Il était le patron et il entendait le rester ! Avec moi, les premiers contacts ont été difficiles et puis, nous avons fini par nous accommoder l'un de l'autre. Il a fait un geste en acceptant de célébrer le mariage de ma fille avec Alex Ursulet.

Vous avez du revenir souvent pour expliquer la défiscalisation...

Je voulais surtout expliquer la loi programme aux parlementaires et aux élus locaux. Cette loi programme, on n'en parle pas beaucoup, mais elle a été formidable, elle a été un booster parce qu'elle a apporté des crédits considérables, des crédits d'Etat. Malheureusement, ça a été arrêté après et l'Etat s'est considérablement désengagé de l'Outre-mer. La situation actuelle à Mayotte et en Guyane en est l'image même !

La Guyane en 2017 et Mayotte en 2018...

A Mayotte, c'est un problème d'immigration, mais d'immigration massive ! Alors moi je crois que tant qu'on n'aura pas rétabli des liens beaucoup plus étroits avec les Comores on n'arrivera pas à grand-chose à Mayotte.  Il ne faut pas les traités par le mépris d'autant plus que le président est un francophone qui a fait ses études à Lyon. Donc rien ne s'oppose à ce que nous mettions un peu dans dans notre vin pour nos relations bilatérales avec les Comores. En deuxième lieu, il faut complètement revoir les infrastructures de Mayotte et revoir aussi la capacité en personnels de sécurité, de santé et sociaux...

En 1986, vous avez permis la rentabilité de la liaison maritime de la CGM avec les Antilles au cours d'une réunion avec Marcel Fabre, Jacques Saadé et les frère Guy et Bernard Hayot. Quel genre d'hommes avez-vous vu dans les frères Hayot ?

Ce sont des mammouths ! Ce sont des hommes qui ont trouvé, quand ils sont arrivés aux affaires, une structure présente, mais qui l'ont développée d'une façon intelligente et moderne. Bernard Hayot qui est présent dans le monde entier reste un Martiniquais de coeur, attaché à sa commune du François, et tout ce qui touche à la Martinique le touche personnellement. Il y a quelques jours encore, il a fait une déclaration sur la faiblesse de la détermination des responsables politiques de la Martinique sur le plan économique par rapport aux autres !

Vous connaissez bien aussi le patron de la banane de Guadeloupe et Martinique, Eric de Lucy...

Il a déjà sauvé la banane antillaise alors qu'elle était moribonde et il est en train de réussir une opération en Afrique qui est absolument stupéfiante ! Plus de 5000 hectares de bananes vont être plantées au Cameroun avec un système de mise en container sur place, d'évacuation sur les navires... Tout est organisé, c'est remarquable ! Eric de Lucy est quelqu'un qui est imposant par sa connaissance de l'Outre-mer, des Antilles en particulier, et par sa connaissance des circuits commerciaux.

Que pensez-vous d'Alfred Marie-Jeanne ?

J'ai toujours eu de très bons rapports avec Alfred Marie-Jeanne. C'est un indépendantiste qui est plus autonomiste qu'indépendantiste et, surtout, c'est un homme non violent. Il est extrêmement intelligent, pointu. Sa maîtrise du créole laisse rêveur. Il connaît presque chaque habitant de la Martinique et il connaît toute la lignée de la famille ! Alfred Marie-Jeanne est porteur de l'histoire de la Martinique !

Il a su faire un accord avec vos amis politiques dont Yann Monplaisir...

Cela montre l'intelligence des deux. Ils avaient affaire à un gros morceau, Serge Létchimy, qui était un des poulains de Césaire et qui semblait déjà tenir en main toutes les structures politiques de la Martinique, c'est-à-dire la Région, la capitale et le département. Et puis, tout d'un coup, cette alliance a surpris tout le monde, moi-même en particulier. Une alliance extrêmement intelligente si elle débouche sur une dynamique économique et sociale plus grande. Or, je sens que depuis le démarrage, il y a des frictions, des freinages et qu'ils n'arrivent pas à donner ce qui répondrait à l'espoir qui les a fait élire. L'heure de vérité est venue pour eux ! Il faut qu'ils se reprennent. Il y a un problème de logement social, d'insalubrité, de précarité... Regardez Fort-de-France à partir de 21 heures... Il n'y a rien ! C'est une ville endormie... Et, globalement, la Martinique est aussi endormie sur le plan économique.

Autre personnalité dont vous avez été proche, c'est Gaston Flosse en Polynésie...

C'est un cas particulier. Il vient de perdre à nouveau au premier tour des élections territoriales... Gaston est un cas, c'est un Polynésien dans l'âme, il maîtrise toutes les langues vernaculaires de tous les atolls de Polynésie. Il est la Polynésie et la Polynésie, c'est lui ! Il s'est totalement identifié à ce pays et il a le sentiment que rien ne peut marcher sans lui. Mais l'âge est là. Moi, je me suis rendu compte de mon âge à 75 ans ; il en a 85 passés. Il devrait peut-être ouvrir les yeux...

Oscar Temaru n'est pas tellement plus jeune...

Non, mais on voit aussi le résultat qu'a fait Oscar... Ce n'est pas brillant. C'est sans doute un des plus mauvais résultat qu'il ait enregistré depuis longtemps !

Que pensez-vous de son combat pour l'indépendance de la Polynésie ?

Je ne me mets pas à la place des autres ; ce sont eux qui décident, qui choisissent. Ce que je dis, c'est que l'outre-mer est une chance pour la France, mais la France et l'Europe sont une chance pour l'Outre-mer. Et aujourd'hui où il y a de grands ensembles qui se conjuguent ou qui s'affrontent, je crois qu'il est capital que ces départements, ces territoires réfléchissent bien à leur avenir et celui de leurs enfants. Je crois qu'une large autonomie, comme celle dont bénéficient la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie et dont bénéficient de plus en plus les départements d'outre-mer, est la meilleure formule, la plus intelligente. Il faut aussi que les Métropolitains se rendent compte qu'ils ont intérêts à porter un regard bienveillant sur l'Outre-mer parce que c'est la présence de la France dans le monde. Le Pacifique devient au XXIe siècle, la première mer du monde, et déjà que la Chine développe des tentacules sur le Vanuatu. Il faut faire attention ! Donc la présence française est capitale. Pour la conquête spatiale, la présence française sur les deux hémisphères est un élément de plus pour la conquête spatiale européenne.

A la Réunion, on chuchote que Paul Vergès vous a aidé à faire gagner Jacques Chirac en 1995...

Il a été un interlocuteur constructif avec Chirac alors qu'il était vraiment très engagé politiquement, c'était un communiste actif ! Mais, avec lui, c'était aussi la Réunion avant tout, peut-être même avant son engagement politique. Il était disposé à comprendre, à aider et il a plutôt facilité les choses, même après que je sois parti. Car à l'époque où j'étais ministre de l'Outre-mer, il était balbutiant politiquement. Il est devenu après président du conseil régional et d'ailleurs, je lui tire un coup de chapeau parce qu'il a été l'un des premiers à lancer des opérations pour les énergies renouvelables. Et puis, au plan local, il arrivait à avoir de bons rapports avec ses collègues qui n'étaient pas de la même formation politique que lui, en particulier avec Jean-Paul Virapoullé ou André Thien Ah Koon — je salue leur longévité !

Vous avez connu Gaston Monnerville, député de la Guyane puis sénateur du Lot, Léon Bertrand, ministre de Jacques Chirac, mais quid de Christiane Taubira ?

Je ne l'ai pas tellement connue quand je m'occupais de l'Outre-mer ; elle ne jouait pas un rôle très important sur le plan politique guyanais. Elle a milité avec les indépendantistes mais je n'ai pas eu de rapport avec elle. Je l'ai rencontrée aux obsèques d'Aimé Césaire...

Vous évoquez la loi Taubira dans votre livre...

C'est bien normal pour un ancien ministre de l'outre-mer qui adore l'outre-mer ! Je sais que l'esclavage est une plaie mal cicatrisée, qui pèse profondément sur tous ceux qui en ont été les victimes indirectes et qui se sentent encore profondément blessés dans leurs racines. Je le mets aussi au crédit de Jacques Chirac.

En Nouvelle-Calédonie, la grande figure chiraquienne, c'était Jacques Lafleur...

Une forte personnalité ! Il avait tenu la Calédonie à bout de bras, un peu seul avec l'ancien maire de Nouméa, Laroque. Laroque était un gaulliste de la première heure, une personnalité forte ! C'est Laroque qui a fait naître Lafleur sur le plan politique et c'est Laroque qui lui a donné ce tempérament un peu rugueux du Calédonien. Avec Jacques, c'était tout ou rien. Ou il vous aimait et vous prenait dans ses bras, il vous amenait chez lui et vous traitait comme un ami de toujours, ou alors, il vous faisait la tête, il refusait de vous voir. Il vous envoyait une délégation et il vous faisait dire qu'il était absent ! Il boudait. avec Jacques Lafleur, c'étaient des bouderies ou des démonstrations d'amitié excessives !

Anticipant, la violence de la crise, vous auriez aimé que le procès aux assises des auteurs de la mort des frères de Jean-Marie Tjibaou soit dépaysé, mais Jacques Lafleur s'y serait opposé. Résultat, ils ont été relaxés. Est-ce exact ?

Nous nous n'y pouvions rien, c'était la justice ! Les inculpés qui étaient déférés aux assises avaient pris un avocat parisien de droite, un type de talent qui a démontré d'une façon incontestables que leurs clients étaient en état de légitime défense. La gendarmerie avait reçu pour ordre de ne plus sortir, de ne plus aller sur le terrain et de ne plus rien voir ! Donc, ils avaient organisé des milices et voilà. Ca a été un guet-apens meurtrier puisqu'il y a eu dix morts dont deux frères de Tjibaou... Mais, là, c'était la justice. Chirac et moi n'y pouvions rien. Alors Jacques Lafleur avait voulu s'impliquer dans ce dossier et je me demande même si ce n'est pas lui qui avait choisi l'avocat...

Trente ans après, vous revenez sur la prise d'otages d'Ouvéa et vous critiquez son instrumentalisation a postériori... Pouvez-vous expliquer ?

L'instrumentalisation a posteriori se comprend très bien ! En 1988, se produit un changement de majorité. Mitterrand est réélu face à Jacques Chirac qui avait été Premier ministre de cohabitation. C'est une revanche, pas pour Mitterrand qui était déjà fatigué quoi que toujours un bon manoeuvrier, mais pour son entourage. C'était une revanche sur 1986 ! Le problème à Ouvéa avait été réglé par la force malheureusement, puisqu'il n'y avait pas d'autre issue, que j'avais exigé que l'ordre soit conjoint entre le président de la République et le Premier ministre et que je n'aurais rien fait si l'ordre avait été seulement donné par le Premier ministre... Ce sont eux qui ont donné l'ordre, pas moi. Le problème a été réglé par la force et il y a eu des victimes parmi les forces de l'ordre, parmi les ravisseurs, mais pas parmi les otages, ce qui était miraculeux. Personne ne l'a relevé, pas plus qu'on a parlé des douze otages qui ont été libérés avant par la négociation. Ils n'ont pas été libérés spontanément ! C'est le colonel Benson qui, parce qu'il a su utiliser les éléments coutumiers présents sur le terrain, a permis la libération des douze otages du sud. Une fois les otages libérés, tous ceux qui avaient été compromis ont été déférés à la justice. Ils ont eu des avocats. Comme c'est le nouveau pouvoir qui était en place, aussitôt, on leur a donné des avocats très liés à la ligue des droits de l'Homme et comme la meilleure défense, c'est l'attaque, ils ont fait de la surenchère sur la libération des otages. Tous les moyens ont été bons, jusqu'à même dire qu'il y avait eu des exactions, etc... L'enquête diligentée par M. Chevènement, menée par deux généraux, a montré qu'il n'y avait eu qu'une exaction sur Alphonse Dianou dont je dis dans mon livre qu'elle est regrettable parce qu'il était un bourreau et qu'on en a fait une victime.

Le livre de Legorjus et le film de Kassovitz vous prêtent un bien sale rôle...

Oui. Je l'explique par le comportement de M. Legorjus qui est aussi à l'origine de monstruosité qui ont été dites après et il s'est parjuré ! Et il arrive à convaincre Kassovitz qu'il est le héros de cette histoire. Et il fait de son livre un scénario formidable ! Kassovitz va se faire avoir et ce film fera un bide total ! Moins de 125 000 entrées.

Vous vous êtes retrouvés seuls face aux attaques... Vous avez appelé Jacques Chirac au lendemain de son échec électoral de mai 1988 ; il est resté aux abonnés absents. Vous ne le racontez pas dans votre livre, pourquoi ?

Non... Parce que ce n'était pas glorieux pour Chirac. Il se tenait très éloigné d'Ouvéa. J'étais là pour prendre les coups. D'ailleurs, il y a quelqu'un qui ne s'y est pas trompé c'est Christnacht. Il y a quelques jours, il a twitté sur mon livre en disant : "Il est très intéressant le livre de Bernard Pons, en particulier le chapitre sur la Nouvelle-Calédonie. J'avais toujours pensé qu'on lui avait fait porter le chapeau..." Ce n'est pas que j'ai porté le chapeau, c'est que c'était tellement commode aux autres, à Chirac, à Balladur, à Pasqua... Il n'y en a qu'un qui a été correct, c'est Giraud...

Pourquoi votre amitié avec Jacques Chirac a pris fin ?

Je me suis opposé à des prises de position du président de la République, en particulier la dissolution de 1997 dont j'explique qu'elle est une faute grave, une faute politique grave qui a marqué notre pays. Ca, je ne pouvais pas l'admettre, donc j'ai claqué la porte. A partir de ce moment-là, j'ai été excommunié. Du jour où je suis rentré au gouvernement comme ministre de l'Equipement, j'ai été repris par l'action politique, par le travail et je ne me suis pas éloigné de l'analyse politique, mais j'ai cru que ma familiarité avec Chirac pouvait continuer, mais en fait un président de la République ne peut plus avoir d'amis, de copains issus du monde politique. Ce n'est pas possible, il peut avoir des amis personnels en dehors du monde politique et encore, très peu, mais il ne peut plus avoir de copains. Cette fonction présidentielle est impitoyable. J'ai eu du mal à le réaliser... Quand j'ai rencontré Philippe Seguin à la veille des élections municipales à Paris où j'avais l'habitude de conduire la liste dans le 17e, il s'est opposé. Il avait reçu l'ordre de m'exécuter politiquement et comme il ne m'aimait pas tellement, ça ne le gênait pas beaucoup... Alors j'ai réalisé mon âge, 75 ans ! J'ai su que c'était la fin de ma carrière politique et j'y ai mis fin sans aucune amertume.

Pourquoi avoir choisi la Martinique pour la première partie de votre retraite ?

Parce que ma femme était amoureuse de la Martinique ! Quand notre fille s'est mariée en Martinique, une grande partie des invités ont été logés à Grande-Anse aux Anses d'Arlet, ma femme également. Elle est devenue complètement amoureuse de Grande-Anse et elle a voulu absolument qu'on achète une maison là. Quand nous avons vendu notre propriété de Grasse, nous avons eu de quoi acheter quelque chose de plus près de la mer sur la Côte d'Azur et en même temps à la Martinique. J'ai acheté sans défiscaliser et M. Plenel est venu sur place pour le vérifier...

Et pourquoi en être parti ?

En 2010, nous avons eu la dengue. Ma femme a été très malade, ma fille Nathalie a failli mourir et moi, j'ai eu la dengue hémorragique qui m'a valu une greffe  de la valve aortique à l'hôpital Pompidou en 2013. Mes enfants n'ont plus voulu y aller... J'ai eu la sensation que l'on se foutait éperdument du sujet ! Et quand les deux ministres, Roseline Bachelot et Marie-Luce Penchard, sont venues toutes les deux, elles ont fait trois petits tours, sont allées saluer le préfet qui était lui aussi hospitalisé... J'ai regardé leur manège, c'était pitoyable ! Si on ne prend pas des mesures, on aura de plus en plus de gros problèmes.

Quel avenir voyez-vous pour l'Outre-mer ?

Je ne comprends pas que ces territoires d'outre-mer ne s'investissent pas comme la Réunion a pu le faire du temps de Paul Vergès dans les énergies renouvelables. Je ne comprends pas qu'il n'y ait nulle part outre-mer des études pour inventer le nouveau logement antisismique, anticyclonique, isolé thermiquement et phoniquement, bioclimatique, indépendant au point de vue énergétique et à bas coûts ! Je ne comprends pas qu'on ne lance pas des études sur l'élimination du déchet là où il est produit... L'Outre-mer a tous les atouts pour le faire.

Propos recueillis par FXG, à Aigues-Mortes

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