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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 07:00
Sourya Adèle est Mary Prince

Mary Prince, la vidéo

Sourya Adèle, interprète et adaptatrice au théâtre du texte de l'esclave de Mary Prince, a fait appel au réalisateur Arnaud Emery, pour proposer une version vidéo de la pièce. Ils sont ensemble retournés sur les traces de l'incroyable odyssée de Mary Prince dans la Caraïbe, aux Bermudes, aux îles Turks-et-Caïcos et à Antigua, mais aussi à Londres où elle a obtenu son émancipation. Conçue comme du « théâtre-documentaire », cette recréation est un va-et-vient entre la scène théâtrale et les lieux de mémoire de l’esclavage où vécut Mary Prince. C'est donc plus que la pièce, mais un voyage dans le temps et dans l’espace que propose ce DVD pour raconter l’histoire exceptionnelle et bouleversante d’une des premières esclaves libérées avant l’abolition de 1834 dans les colonies britanniques.

Cette oeuvre audiovisuelle invite au dépassement d’une mémoire conflictuelle et à l’élaboration d’une conscience collective sur des questions qui restent hélas toujours d’actualité.

« Mary Prince, récit autobiographique d’une esclave antillaise » (60 minutes)

Recréation réalisée par Arnaud Emery, produit par Frédéric Tyrode Saint Louis, interprété par Sourya Adèle, adaptaté par Emma Sudour et Souria Adèle d'après le texte de Mary Prince, mise en scène de la pièce par Alex Descas.

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 06:44
Bernard Pons se livre dans ses mémoires - partie 2

Grand entretien (suite)

Bernard Pons, l'un des derniers barons de la Chiraquie se confie...

"C'était tellement commode aux autres, à Chirac, à Balladur, à Pasqua..."

Quand vous avez lancé la défiscalisation en 1986, vous dites : "Faisons de l'Outre-mer la Suisse des Caraïbes !"

J'ai même été plus loin ! J'avais proposé que l'on crée un système fiscal avantageux pour les dépôts bancaires en Outre-mer, pour que l'on crée non pas des paradis fiscaux mais enfin... presque. Et là, j'ai été retoqué. Chirac m'a dit que je rêvais !

Cette année 1986, Camille Darsière a célébré le mariage de votre fille. Que retenez-vous de cet homme ?

Il était un des piliers du PPM et un pilier dur. Juriste, il était très engagé et ne faisait pas de cadeau aux autres formations politiques. Avec Emile Maurice, il ne filait pas l'amour parfait, même à l'intérieur du PPM où il y avait souvent des bagarres. Il était le patron et il entendait le rester ! Avec moi, les premiers contacts ont été difficiles et puis, nous avons fini par nous accommoder l'un de l'autre. Il a fait un geste en acceptant de célébrer le mariage de ma fille avec Alex Ursulet.

Vous avez du revenir souvent pour expliquer la défiscalisation...

Je voulais surtout expliquer la loi programme aux parlementaires et aux élus locaux. Cette loi programme, on n'en parle pas beaucoup, mais elle a été formidable, elle a été un booster parce qu'elle a apporté des crédits considérables, des crédits d'Etat. Malheureusement, ça a été arrêté après et l'Etat s'est considérablement désengagé de l'Outre-mer. La situation actuelle à Mayotte et en Guyane en est l'image même !

La Guyane en 2017 et Mayotte en 2018...

A Mayotte, c'est un problème d'immigration, mais d'immigration massive ! Alors moi je crois que tant qu'on n'aura pas rétabli des liens beaucoup plus étroits avec les Comores on n'arrivera pas à grand-chose à Mayotte.  Il ne faut pas les traités par le mépris d'autant plus que le président est un francophone qui a fait ses études à Lyon. Donc rien ne s'oppose à ce que nous mettions un peu dans dans notre vin pour nos relations bilatérales avec les Comores. En deuxième lieu, il faut complètement revoir les infrastructures de Mayotte et revoir aussi la capacité en personnels de sécurité, de santé et sociaux...

En 1986, vous avez permis la rentabilité de la liaison maritime de la CGM avec les Antilles au cours d'une réunion avec Marcel Fabre, Jacques Saadé et les frère Guy et Bernard Hayot. Quel genre d'hommes avez-vous vu dans les frères Hayot ?

Ce sont des mammouths ! Ce sont des hommes qui ont trouvé, quand ils sont arrivés aux affaires, une structure présente, mais qui l'ont développée d'une façon intelligente et moderne. Bernard Hayot qui est présent dans le monde entier reste un Martiniquais de coeur, attaché à sa commune du François, et tout ce qui touche à la Martinique le touche personnellement. Il y a quelques jours encore, il a fait une déclaration sur la faiblesse de la détermination des responsables politiques de la Martinique sur le plan économique par rapport aux autres !

Vous connaissez bien aussi le patron de la banane de Guadeloupe et Martinique, Eric de Lucy...

Il a déjà sauvé la banane antillaise alors qu'elle était moribonde et il est en train de réussir une opération en Afrique qui est absolument stupéfiante ! Plus de 5000 hectares de bananes vont être plantées au Cameroun avec un système de mise en container sur place, d'évacuation sur les navires... Tout est organisé, c'est remarquable ! Eric de Lucy est quelqu'un qui est imposant par sa connaissance de l'Outre-mer, des Antilles en particulier, et par sa connaissance des circuits commerciaux.

Que pensez-vous d'Alfred Marie-Jeanne ?

J'ai toujours eu de très bons rapports avec Alfred Marie-Jeanne. C'est un indépendantiste qui est plus autonomiste qu'indépendantiste et, surtout, c'est un homme non violent. Il est extrêmement intelligent, pointu. Sa maîtrise du créole laisse rêveur. Il connaît presque chaque habitant de la Martinique et il connaît toute la lignée de la famille ! Alfred Marie-Jeanne est porteur de l'histoire de la Martinique !

Il a su faire un accord avec vos amis politiques dont Yann Monplaisir...

Cela montre l'intelligence des deux. Ils avaient affaire à un gros morceau, Serge Létchimy, qui était un des poulains de Césaire et qui semblait déjà tenir en main toutes les structures politiques de la Martinique, c'est-à-dire la Région, la capitale et le département. Et puis, tout d'un coup, cette alliance a surpris tout le monde, moi-même en particulier. Une alliance extrêmement intelligente si elle débouche sur une dynamique économique et sociale plus grande. Or, je sens que depuis le démarrage, il y a des frictions, des freinages et qu'ils n'arrivent pas à donner ce qui répondrait à l'espoir qui les a fait élire. L'heure de vérité est venue pour eux ! Il faut qu'ils se reprennent. Il y a un problème de logement social, d'insalubrité, de précarité... Regardez Fort-de-France à partir de 21 heures... Il n'y a rien ! C'est une ville endormie... Et, globalement, la Martinique est aussi endormie sur le plan économique.

Autre personnalité dont vous avez été proche, c'est Gaston Flosse en Polynésie...

C'est un cas particulier. Il vient de perdre à nouveau au premier tour des élections territoriales... Gaston est un cas, c'est un Polynésien dans l'âme, il maîtrise toutes les langues vernaculaires de tous les atolls de Polynésie. Il est la Polynésie et la Polynésie, c'est lui ! Il s'est totalement identifié à ce pays et il a le sentiment que rien ne peut marcher sans lui. Mais l'âge est là. Moi, je me suis rendu compte de mon âge à 75 ans ; il en a 85 passés. Il devrait peut-être ouvrir les yeux...

Oscar Temaru n'est pas tellement plus jeune...

Non, mais on voit aussi le résultat qu'a fait Oscar... Ce n'est pas brillant. C'est sans doute un des plus mauvais résultat qu'il ait enregistré depuis longtemps !

Que pensez-vous de son combat pour l'indépendance de la Polynésie ?

Je ne me mets pas à la place des autres ; ce sont eux qui décident, qui choisissent. Ce que je dis, c'est que l'outre-mer est une chance pour la France, mais la France et l'Europe sont une chance pour l'Outre-mer. Et aujourd'hui où il y a de grands ensembles qui se conjuguent ou qui s'affrontent, je crois qu'il est capital que ces départements, ces territoires réfléchissent bien à leur avenir et celui de leurs enfants. Je crois qu'une large autonomie, comme celle dont bénéficient la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie et dont bénéficient de plus en plus les départements d'outre-mer, est la meilleure formule, la plus intelligente. Il faut aussi que les Métropolitains se rendent compte qu'ils ont intérêts à porter un regard bienveillant sur l'Outre-mer parce que c'est la présence de la France dans le monde. Le Pacifique devient au XXIe siècle, la première mer du monde, et déjà que la Chine développe des tentacules sur le Vanuatu. Il faut faire attention ! Donc la présence française est capitale. Pour la conquête spatiale, la présence française sur les deux hémisphères est un élément de plus pour la conquête spatiale européenne.

A la Réunion, on chuchote que Paul Vergès vous a aidé à faire gagner Jacques Chirac en 1995...

Il a été un interlocuteur constructif avec Chirac alors qu'il était vraiment très engagé politiquement, c'était un communiste actif ! Mais, avec lui, c'était aussi la Réunion avant tout, peut-être même avant son engagement politique. Il était disposé à comprendre, à aider et il a plutôt facilité les choses, même après que je sois parti. Car à l'époque où j'étais ministre de l'Outre-mer, il était balbutiant politiquement. Il est devenu après président du conseil régional et d'ailleurs, je lui tire un coup de chapeau parce qu'il a été l'un des premiers à lancer des opérations pour les énergies renouvelables. Et puis, au plan local, il arrivait à avoir de bons rapports avec ses collègues qui n'étaient pas de la même formation politique que lui, en particulier avec Jean-Paul Virapoullé ou André Thien Ah Koon — je salue leur longévité !

Vous avez connu Gaston Monnerville, député de la Guyane puis sénateur du Lot, Léon Bertrand, ministre de Jacques Chirac, mais quid de Christiane Taubira ?

Je ne l'ai pas tellement connue quand je m'occupais de l'Outre-mer ; elle ne jouait pas un rôle très important sur le plan politique guyanais. Elle a milité avec les indépendantistes mais je n'ai pas eu de rapport avec elle. Je l'ai rencontrée aux obsèques d'Aimé Césaire...

Vous évoquez la loi Taubira dans votre livre...

C'est bien normal pour un ancien ministre de l'outre-mer qui adore l'outre-mer ! Je sais que l'esclavage est une plaie mal cicatrisée, qui pèse profondément sur tous ceux qui en ont été les victimes indirectes et qui se sentent encore profondément blessés dans leurs racines. Je le mets aussi au crédit de Jacques Chirac.

En Nouvelle-Calédonie, la grande figure chiraquienne, c'était Jacques Lafleur...

Une forte personnalité ! Il avait tenu la Calédonie à bout de bras, un peu seul avec l'ancien maire de Nouméa, Laroque. Laroque était un gaulliste de la première heure, une personnalité forte ! C'est Laroque qui a fait naître Lafleur sur le plan politique et c'est Laroque qui lui a donné ce tempérament un peu rugueux du Calédonien. Avec Jacques, c'était tout ou rien. Ou il vous aimait et vous prenait dans ses bras, il vous amenait chez lui et vous traitait comme un ami de toujours, ou alors, il vous faisait la tête, il refusait de vous voir. Il vous envoyait une délégation et il vous faisait dire qu'il était absent ! Il boudait. avec Jacques Lafleur, c'étaient des bouderies ou des démonstrations d'amitié excessives !

Anticipant, la violence de la crise, vous auriez aimé que le procès aux assises des auteurs de la mort des frères de Jean-Marie Tjibaou soit dépaysé, mais Jacques Lafleur s'y serait opposé. Résultat, ils ont été relaxés. Est-ce exact ?

Nous nous n'y pouvions rien, c'était la justice ! Les inculpés qui étaient déférés aux assises avaient pris un avocat parisien de droite, un type de talent qui a démontré d'une façon incontestables que leurs clients étaient en état de légitime défense. La gendarmerie avait reçu pour ordre de ne plus sortir, de ne plus aller sur le terrain et de ne plus rien voir ! Donc, ils avaient organisé des milices et voilà. Ca a été un guet-apens meurtrier puisqu'il y a eu dix morts dont deux frères de Tjibaou... Mais, là, c'était la justice. Chirac et moi n'y pouvions rien. Alors Jacques Lafleur avait voulu s'impliquer dans ce dossier et je me demande même si ce n'est pas lui qui avait choisi l'avocat...

Trente ans après, vous revenez sur la prise d'otages d'Ouvéa et vous critiquez son instrumentalisation a postériori... Pouvez-vous expliquer ?

L'instrumentalisation a posteriori se comprend très bien ! En 1988, se produit un changement de majorité. Mitterrand est réélu face à Jacques Chirac qui avait été Premier ministre de cohabitation. C'est une revanche, pas pour Mitterrand qui était déjà fatigué quoi que toujours un bon manoeuvrier, mais pour son entourage. C'était une revanche sur 1986 ! Le problème à Ouvéa avait été réglé par la force malheureusement, puisqu'il n'y avait pas d'autre issue, que j'avais exigé que l'ordre soit conjoint entre le président de la République et le Premier ministre et que je n'aurais rien fait si l'ordre avait été seulement donné par le Premier ministre... Ce sont eux qui ont donné l'ordre, pas moi. Le problème a été réglé par la force et il y a eu des victimes parmi les forces de l'ordre, parmi les ravisseurs, mais pas parmi les otages, ce qui était miraculeux. Personne ne l'a relevé, pas plus qu'on a parlé des douze otages qui ont été libérés avant par la négociation. Ils n'ont pas été libérés spontanément ! C'est le colonel Benson qui, parce qu'il a su utiliser les éléments coutumiers présents sur le terrain, a permis la libération des douze otages du sud. Une fois les otages libérés, tous ceux qui avaient été compromis ont été déférés à la justice. Ils ont eu des avocats. Comme c'est le nouveau pouvoir qui était en place, aussitôt, on leur a donné des avocats très liés à la ligue des droits de l'Homme et comme la meilleure défense, c'est l'attaque, ils ont fait de la surenchère sur la libération des otages. Tous les moyens ont été bons, jusqu'à même dire qu'il y avait eu des exactions, etc... L'enquête diligentée par M. Chevènement, menée par deux généraux, a montré qu'il n'y avait eu qu'une exaction sur Alphonse Dianou dont je dis dans mon livre qu'elle est regrettable parce qu'il était un bourreau et qu'on en a fait une victime.

Le livre de Legorjus et le film de Kassovitz vous prêtent un bien sale rôle...

Oui. Je l'explique par le comportement de M. Legorjus qui est aussi à l'origine de monstruosité qui ont été dites après et il s'est parjuré ! Et il arrive à convaincre Kassovitz qu'il est le héros de cette histoire. Et il fait de son livre un scénario formidable ! Kassovitz va se faire avoir et ce film fera un bide total ! Moins de 125 000 entrées.

Vous vous êtes retrouvés seuls face aux attaques... Vous avez appelé Jacques Chirac au lendemain de son échec électoral de mai 1988 ; il est resté aux abonnés absents. Vous ne le racontez pas dans votre livre, pourquoi ?

Non... Parce que ce n'était pas glorieux pour Chirac. Il se tenait très éloigné d'Ouvéa. J'étais là pour prendre les coups. D'ailleurs, il y a quelqu'un qui ne s'y est pas trompé c'est Christnacht. Il y a quelques jours, il a twitté sur mon livre en disant : "Il est très intéressant le livre de Bernard Pons, en particulier le chapitre sur la Nouvelle-Calédonie. J'avais toujours pensé qu'on lui avait fait porter le chapeau..." Ce n'est pas que j'ai porté le chapeau, c'est que c'était tellement commode aux autres, à Chirac, à Balladur, à Pasqua... Il n'y en a qu'un qui a été correct, c'est Giraud...

Pourquoi votre amitié avec Jacques Chirac a pris fin ?

Je me suis opposé à des prises de position du président de la République, en particulier la dissolution de 1997 dont j'explique qu'elle est une faute grave, une faute politique grave qui a marqué notre pays. Ca, je ne pouvais pas l'admettre, donc j'ai claqué la porte. A partir de ce moment-là, j'ai été excommunié. Du jour où je suis rentré au gouvernement comme ministre de l'Equipement, j'ai été repris par l'action politique, par le travail et je ne me suis pas éloigné de l'analyse politique, mais j'ai cru que ma familiarité avec Chirac pouvait continuer, mais en fait un président de la République ne peut plus avoir d'amis, de copains issus du monde politique. Ce n'est pas possible, il peut avoir des amis personnels en dehors du monde politique et encore, très peu, mais il ne peut plus avoir de copains. Cette fonction présidentielle est impitoyable. J'ai eu du mal à le réaliser... Quand j'ai rencontré Philippe Seguin à la veille des élections municipales à Paris où j'avais l'habitude de conduire la liste dans le 17e, il s'est opposé. Il avait reçu l'ordre de m'exécuter politiquement et comme il ne m'aimait pas tellement, ça ne le gênait pas beaucoup... Alors j'ai réalisé mon âge, 75 ans ! J'ai su que c'était la fin de ma carrière politique et j'y ai mis fin sans aucune amertume.

Pourquoi avoir choisi la Martinique pour la première partie de votre retraite ?

Parce que ma femme était amoureuse de la Martinique ! Quand notre fille s'est mariée en Martinique, une grande partie des invités ont été logés à Grande-Anse aux Anses d'Arlet, ma femme également. Elle est devenue complètement amoureuse de Grande-Anse et elle a voulu absolument qu'on achète une maison là. Quand nous avons vendu notre propriété de Grasse, nous avons eu de quoi acheter quelque chose de plus près de la mer sur la Côte d'Azur et en même temps à la Martinique. J'ai acheté sans défiscaliser et M. Plenel est venu sur place pour le vérifier...

Et pourquoi en être parti ?

En 2010, nous avons eu la dengue. Ma femme a été très malade, ma fille Nathalie a failli mourir et moi, j'ai eu la dengue hémorragique qui m'a valu une greffe  de la valve aortique à l'hôpital Pompidou en 2013. Mes enfants n'ont plus voulu y aller... J'ai eu la sensation que l'on se foutait éperdument du sujet ! Et quand les deux ministres, Roseline Bachelot et Marie-Luce Penchard, sont venues toutes les deux, elles ont fait trois petits tours, sont allées saluer le préfet qui était lui aussi hospitalisé... J'ai regardé leur manège, c'était pitoyable ! Si on ne prend pas des mesures, on aura de plus en plus de gros problèmes.

Quel avenir voyez-vous pour l'Outre-mer ?

Je ne comprends pas que ces territoires d'outre-mer ne s'investissent pas comme la Réunion a pu le faire du temps de Paul Vergès dans les énergies renouvelables. Je ne comprends pas qu'il n'y ait nulle part outre-mer des études pour inventer le nouveau logement antisismique, anticyclonique, isolé thermiquement et phoniquement, bioclimatique, indépendant au point de vue énergétique et à bas coûts ! Je ne comprends pas qu'on ne lance pas des études sur l'élimination du déchet là où il est produit... L'Outre-mer a tous les atouts pour le faire.

Propos recueillis par FXG, à Aigues-Mortes

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 06:43
Bernard Pons, le 24 avril 2018, chez lui à Aigues-Mortes (Photo FXG)

Bernard Pons, le 24 avril 2018, chez lui à Aigues-Mortes (Photo FXG)

Grand entretien

Bernard Pons, l'ancien ministre de l'Outre-mer du gouvernement de Jacques Chirac (1986-1988), vient de publier ses mémoires (Aucun combat n'est jamais perdu, aux éditions de l'Archipel). Âgé aujourd'hui de 92 ans, il est l'un des derniers barons de Jacques Chirac qu'il a accompagné de 1967 à 2001.

"Je crois qu'une large autonomie est la formule la plus intelligente"

C'est le voisinage de Georges Pompidou qui vous fait entrer en politique alors que vous étiez médecin de campagne dans le Lot avec un passé de jeune Résistant. Comment s'est faite cette première et décisive rencontre ?

J'étais médecin dans le lot et c'est là que j'ai connu Georges Pompidou par l'intermédiaire du maire de Cajarc où il avait une résidence secondaire et où il était conseiller municipal. Et mon ami Murat qui était maire de Cajarc avait organisé un déjeuner chez lui. A la fin du repas,  Georges Pompidou m'a demandé de l'accompagner et nous nous sommes promenés pendant une demi-heure à peu près. Il m'a posé des tas de question et quand j'ai quitté, j'ai senti que ça avait presque été un examen de passage. Et quand quelque temps plus tard,  j'ai été invité a rencontré Jean Charbonnel qui était ministre de la coopération,  et Jacques Chirac qui était conseiller auprès du premier ministre pour me parler des élections législatives de 1967 dans le Lot, j'ai compris que j'avais réussi mon examen de passage.

Et pourtant, vous n'étiez candidat à rien à ce moment-là ?

Non, à rien du tout ! Et d'ailleurs, le fait de me proposer d'être candidat dans le nord du département, à Figeac, alors que moi j'habitais dans le sud, me paraissait une hérésie, absurde... Je n'avais aucune chance de gagner. C'est là que Chirac m'a dit : « Mais Pompidou est persuadé que tu es le meilleur candidat,  d'abord parce que tu as été dans la Résistance, tu as été dans les FTP, c'est un atout considérable, tu es médecin, tu es gaulliste, donc tu as un certain nombre d'atouts et en plus Pompidou viendra faire campagne pour toi. » Et effectivement, il a tenu parole et c'est comme ça qu'est née une très grande amitié entre lui et moi...

Et avec Jacques Chirac ?

Sur tous les jeunes loups que présentait Georges Pompidou, nous avons été seulement deux à être élus, Jacques Chirac en Corrèze et moi dans le Lot. Et à partir de là est née une amitié qui a duré pratiquement 40 ans.

Comment s'est faite votre première rencontre avec l'Outre-mer ?

En 1968, Georges Pompidou m'a posé une question : "Bernard, est-ce que vous connaissez l'outre-mer ?" Je lui réponds : "Non, pas du tout." Il me déclare : "Vous êtes l'homme qu'il me faut." Il avait en tête de préparer les élections présidentielles qu'il voyait venir après le référendum de 1969 qu'il sentait déjà perdu et il voulait qu'on lui fasse un rapport sur la situation d'au moins deux départements d'Outre-mer, la Martinique et la Guadeloupe.

Vous découvrez la Guadeloupe au lendemain du drame de mai 1967... Qu'en avez-vous su alors ?

Pas grand-chose... J'avais bien vu l'ampleur et l'extrême gravité des événements, mais la version officielle était minorée et la version syndicale était un peu exagérée. Il fallait absolument que j'aille sur le lieu même du drame et que je prenne contact avec des syndicalistes qui avaient participé ou qui connaissait le drame... Ils étaient très traumatisés... Le préfet Deleplanque qui était un homme habile avait bien essayé d'établir des contacts, mais en quelque sorte, c'est moi qui ai établi le premier contact. Ce qui m'a frappé, c'est que c'étaient des hommes extrêmement simples qui n'avaient pas fait d'études supérieures, c'était du brut de décoffrage, mais la qualité de leur accueil, la qualité de leur élocution m'ont surpris et j'ai alors connu la dialectique antillaise qui est vive, rapide, colorée, mais très précise. A partir de cet entretien, dans mon rapport que j'ai remis à Pompidou, j'avais bien évoqué ce drame, l'analyse qu'ils en faisaient et les conséquences qu'il fallait en tirer.

La commission Stora a rendu ses travaux sur ces événements et a établi que le préfet Bolotte et le procureur général avait fait une véritable paranoïa sur le GONG qui était en fait un groupuscule pas très dangereux. Or, depuis 1966, la Guadeloupe était devenu un relais stratégique pour la France et sa politique de défense nucléaire puisqu'elle était devenue l'escale entre Paris et Mururoa...

A l'époque, c'était une grande noria, importante !

Ce fameux week-end de la fête des mères 1967, un KC 135 de la force aérienne stratégique était en escale au Raizet. Cela a-t-il pu favorisé cette paranoïa ?

Ca a pu provoquer une certaine tension auprès préfet et du procureur...

Et de Jacques Foccart... Le ministre de l'Outre-mer, Pierre Billotte était totalement absent...

Totalement.

C'est Foccart qui a tout piloté depuis l'Elysée...

C'était l'époque et il ne dérogeait pas à la règle générale

C'est peu avant votre prise de fonction comme ministre de l'Outre-mer en 1986 que votre prédécesseur George Lemoine a avancé le chiffre de 87 morts pour les événements de 1967...

J'ai toujours dit que le chiffre avait été gonflé... La préfecture avait certainement minoré le nombre de morts... Je sais que d'un côté ils ont minoré et que de l'autre ils ont exagéré. Mais je suis incapable de vous dire le nombre de morts... Mais enfin, quel que soit ce nombre, ce fut quand même un drame épouvantable, une tragédie.

Quelle Martinique découvrez-vous ensuite ?

Après la Guadeloupe, je découvre la Martinique et entre les deux, j'ai véritablement un coup de coeur pour l'outre-mer... Et je réalise aussi bien en Guadeloupe qu'en Martinique, l'état de retard de ces deux départements français. Les infrastructures étaient balbutiantes... Pour aller du nord au sud, il fallait emprunter des routes impossibles. La rocade de Fort-de-France n'existait pas... J'avais une vision... Mon rapport pour Georges Pompidou démontrait qu'il fallait que lui prenne en main la responsabilité de l'Outre-mer, que même si dans le futur gouvernement, il nommait un ministre de l'Outre-mer, il fallait qu'il y accorde un intérêt particulier. Il m'a entendu puisqu'il nommera finalement Pierre Messmer ministre d'Etat chargé des DOM-TOM.

Pourtant Pompidou n'a pas réellement marqué beaucoup d'intérêt pour l'Outre-mer une fois à l'Elysée. Pourquoi ?

Il avait d'autres préoccupations, des préoccupations économiques majeures. Il a lancé la dévaluation massive du franc de 12,5 % et il avait le problème de l'industrialisation de la France. Il a eu d'autres priorités ; il n'a pas donné tout ce qu'il aurait pu et très vite, il a été touché par la maladie...

Cela va vous éloigner de l'Outre-mer jusqu'aux années 1980. Comment y revenez-vous ?

J'ai d'abord accompagné Jacques Chirac en Guyane pour la campagne présidentielle de 1981. Chirac était malade comme un chien à la suite de la réunion qu'il avait tenue à Cayenne. Il avait promis d'aller à Saint-Georges de l'Oyapock et il m'a envoyé le représenter. J'y suis allé accompagné d'Alain Marleix et Jacques Chirac a obtenu 90 % des suffrages dans cette commune.

Qu'est-ce qui vous prédispose à devenir ministre de l'Outre-mer en 1986 ?

J'ai quitté le secrétariat général du RPR que j'occupais depuis 1979 en 1984. Chirac m'a installé au boulevard des Invalides pour m'occuper de l'Outre-mer A ce moment-là, la priorité, c'est le Pacifique et la Nouvelle-Calédonie. Je suis dans l'opposition, je reçois toutes les informations qui nous sont données par nos élus dans les collectivités locales ou au Parlement et je les communique à Jacques Chirac qui prépare les législatives de 1986.

Vous rencontrez alors Lucette Michaux-Chevry qui sera votre collègue au gouvernement... Quel genre de femme est-elle alors ?

La dame de fer ! Lucette est une fille extraordinaire, d'abord avocat de profession, une oratrice de talent, une guadeloupéenne à part entière, un franc-parler, un culot monstre, mais un coeur énorme ! Voilà comment je peux la décrire...

En Martinique, vous êtes liés à Emile Maurice qui préside alors le conseil général...

Emile Maurice, c'était le sage. Il était issu de l'enseignement et parmi tous les hommes politiques locaux que j'ai rencontrés, c'est celui qui m'a le plus impressionné par sa modestie, son travail, sa modération. C'est moi qui ai prononcé son éloge funèbre à la place de Jacques Chirac. Le sénateur Valcin était un excellent juriste et j'avais avec lui d'excellentes relations comme avec Camille Petit, le député qui était médecin comme moi. Mais quand Emile Maurice prenait la parole, il était digne de crédit.

Vous souvenez-vous de Michel Renard, dit le sheriff ?

Michel était maire du Marigot. Ancien communiste, il a été assez longtemps le secrétaire départemental du RPR. C'était un grand type, la grande gueule qui se présentait aux élections municipales contre Césaire à Fort-de-France. Il avait ses gardes du corps, Césaire avait les siens et ça faisait des affrontements musclés que Michel adorait raconter !

Quels étaient vos rapport avec Aimé Césaire ?

Bien qu'adversaires politiques, nous avons toujours eu des rapports extrêmement courtois. Il m'a beaucoup aidé pour la loi de défiscalisation et la loi programme. J'arrivais à avoir avec lui un dialogue constructif. Césaire était un homme engagé sur le plan culturel avec la négritude, mais sur le plan économique et social, il était prêt à discuter avec des  responsables politiques qui n'étaient pas de son bord, ce qui était mon cas.

Césaire vous a-t-il impressionné ?

Il est né à Basse-Pointe, ce tout petit village au sud de la Dominique, dans un océan toujours agité... Sortir de ce petit village pour faire naître et devenir l'homme de culture mondial que représente Césaire, il a fallu une volonté personnelle ! Pour lui, aucun combat n'était jamais perdu... Et il était d'une modestie et d'une simplicité déconcertante.

Aimé Césaire a reçu Nicolas Sarkozy dans son petit bureau de Fort-de-France en 2006 et lui a donné pendant près d'une heure un véritable cours sur le colonialisme après l'affaire de la loi sur la  colonisation positive...

Nicolas et le colonialisme (sourires)... Nicolas a toujours d'énormes qualités, mais il a les défauts de ses qualités et la patience n'est pas son fort et l'était encore moins quand il était président de la République...

Le président Sarkozy a cru qu'il suffisait d'invoquer le nom de Césaire pour faire une politique en Outre-mer...

La fille de Lucette, Marie-Luce Penchard n'avait pas le tempérament de Michaux-Chevry, sa mère et je crois qu'elle ne connaissait pas l'outre-mer. Depuis que je m'intéresse à l'Outre-mer, je n'ai pas vu de gens qui paraissent avoir une fibre. J'ai vu de bons administrateurs qui restait plus souvent à Paris qu'en Outre-mer...

Cinq ministres originaires d'outre-mer se sont succédés rue Oudinot depuis 2009. Comment les avez-vous trouvés ?

Je ne peux pas dire qu'ils ont apporté ce qu'on était en droit d'attendre d'hommes et de femmes issus de l'Outre-mer qui par principe auraient du s'impliquer plus fortement. Ils ont suivi les dossiers. Ils ont fait preuve de plus de suivisme que d'initiatives. A aucun moment, je n'ai vu un projet... Je pense au logement social, à la précarité...

Considérez-vous que le président Macron a une vision pour l'Outre-mer ?

J'ai trouvé son discours de Cayenne intéressant. Pour un homme qui n'avait aucune raison de s'intéresser particulièrement à l'outre-mer, c'est le premier après Jacques Chirac qui a une vision positive et active de l'Outre-mer. Il veut faire de l'Outre-mer un acteur et non pas un assisté, c'est cela qui me paraît intéressant.

Quel était le lien du président Mitterrand avec l'Outre-mer ?

Il n'avait pas une attirance tellement grande... Intellectuellement non... Je raconte le voyage à Saint-Pierre-et-Miquelon, mais Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est à part, ce n'est pas du tout l'Outre-mer tel que nous le connaissons, c'est une exception, une particularité dans l'outre-mer

Jacques Chirac a-t-il été le premier président à avoir une vraie affinité avec l'Outre-mer ?

Dès qu'il m'a confié en 1984 le dossier de l'Outre-mer, Chirac m'a demandé de m'y impliquer totalement. Il savait ce que m'avait demandé Pompidou en 1968, il connaissait mon intérêt et m'a assuré de son soutien "par tous les moyens". Il voulait que je sois ministre d'Etat à l'Outre-mer et c'est Balladur qui s'y est opposé, voulant être le seul ministre d'Etat du gouvernement... Ce qui m'importait, c'était qu'il me soutienne vis-à-vis du budget et que je puisse faire la défiscalisation et la loi programme. On a depuis critiqué la défiscalisation, mais personne ne l'a abrogée.

A suivre...

Propos recueillis par FXG, à Aigues-Mortes

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 04:17
Le 10 mai 2017, les présidents Hollande et Macron sous le kiosque à musique du jardin du Luxembourg

Le 10 mai 2017, les présidents Hollande et Macron sous le kiosque à musique du jardin du Luxembourg

La cérémonie du 10 mai toujours plus contestée et boycottée

Pour la première fois depuis 2006, la cérémonie de la Journée nationale des mémoires de l’esclavage et de son abolition, le 10 mai au Jardin du Luxembourg à Paris, se déroulera sans la présence du président de la République. Emmanuel Macron recevra ce jour à Aix-La-Chapelle en Allemagne le prix Charlemagne pour l'unification européenne. Le chef de l'Etat enverra donc son Premier ministre au jardin du Luxembourg. Emmanuel Macron peut être serein, il a assuré un service minimum au Panthéon le 27 avril et s'évite ainsi une présence au Luxembourg où il aurait pu être mal à l'aise. En effet, son conseiller outre-mer, comme son gouvernement a reçu un rapport émanant d'une partie des membres du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage qui avait déjà été adressé, il y a trois ans, au gouvernement et au président précédents.

Ce rapport établit un diagnostic critique de cette cérémonie et propose sa décentralisation comme cela a pu être fait par deux fois, en 2011 à Bordeaux et en 2016 à Pointe-à-Pitre.

Le rapport critique d'abord le choix des jardins du Sénat, "un lieu sans légitimité historique et vide de puissance émotionnelle".

Alors que la France commémore la Résistance au Mont Valérien ou au plateau des Glières, la Grande Guerre à  l’ossuaire de Douaumont ou à Notre-Dame de Lorette, la Shoah au Vel d’Hiv ou à Drancy, aucun acte, aucun moment, aucun personnage historique ne rattache les Jardins du Luxembourg à l’histoire de l’esclavage et de ses abolitions.

"Pourquoi commémorer la plus grande tragédie de l’Histoire qui a duré 4 siècles et fait plus de 12 millions de victimes dans un recoin d’un parc fréquenté des seuls joggeurs et mémés venant nourrir les pigeons ? interroge le rapport. Quel message transmet-on aux deux millions de français descendants d’esclaves ?" Et ce, d'autant plus que c'est le Sénat qui fut justement l’artisan du rétablissement  de l’esclavage... Cette assertion mérite un détour historique quand en 1801, Napoléon Bonaparte qui prépare la paix d'Amiens avec les Anglais, prpose une solution mixte en ce qui concerne l'esclavage : maintien de l’esclavage là où il n’a pas été aboli, à la Martinique et la Réunion, et maintien de l’abolition là où elle a été appliquée en 1794, à savoir à Saint-Domingue, en Guyane et en Guadeloupe.

Le projet de loi édicté par Bonaparte est approuvé par le Tribunat, puis le Corps Législatif mais repoussé par  le Sénat qui s'oppose aux volontés de Bonaparte et impose le rétablissement de l'esclavage à 100 000 Guadeloupéens et Guyanais au prix des effroyables massacres de 1802 en Guadeloupe et à Saint-Domingue.

A ce qui s'apparente comme une bourde historique, s'ajoute le caractère privé et élitiste de la cérémonie du 10 mai dont les participants doivent présenter un carton d'invitation à l'entrée du jardin...

Ainsi, la majeure partie des publics populaires, descendant d’esclaves est donc contenue derrière les grilles d’entrée des Jardins. Ainsi, régulièrement, des happenings, des protestations et revendications s'y sont produits sous la houlette du CRAN, de la brigade antinégrophobie ou encore comme la venue de Dieudonné... D'autres cérémonies viennent d'ailleurs concurrencer l'officielle, comme celle des amis du général Dumas, place du général Catroux, devant le monument des fers brisés, dans le 17e arrondissement, ou celle du CM98, le 23 mai, place de la République.

Faut-il donc continuer à commémorer l’esclavage et son abolition dans un lieu sans légitimité historique, devant un public privilégié et élitiste, déserté des véritables acteurs nationaux de la mémoire et dénoncé par nombre de descendants d'esclaves ? Emmanuel Macron semble y avoir répondu.

FXG, à Paris

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 05:31
Di Falco à Saint-Pierre en mai et au bal Blomet en juin

Di Falco chante l'histoire du théâtre de Saint-Pierre dans ses ruines

La fresque musicale, "Begin the biguine" de Fabrice di Falco et l'ensemble classique, Les Sauvages", sera donnée le 8 mai à 18 heures dans les ruines du théâtre de Saint-Pierre dans le cadre du festival "Mai à Saint-Pierre".

C'est quand il était étudiant au Lycée de Bellevue dans les années 90, que sa professeur de musique Gisèle Oberic lui a fait découvrir que nous avions à Saint-Pierre un monument culturel ! Des années plus tard, à  l'occasion d'un concert avec la pianiste Lydia Jardon dans le cadre du festival  Musiciennes en 2016 à l'Atrium, Fabrice di Falco est retourné à Saint-Pierre. Il s'est assis dans les ruines pour rêver, imaginer les opéras qu'on y a joués et qui ont donné tant de valeur à ce lieu majestueux. "J'ai essayé l'acoustique et ma surprise fut grande de constater que le lieu avait gardé une acoustique malgré que ses murs disparus depuis le 8 mai 1902." Le 8 mai 2018, Fabrice di Falco et ses musiciens, Jonathan Goyvaertz, Julien Leleu et Aurélien Pasquet, seront sur la scène du théâtre de Saint-Pierre, au milieu des ruines, et fonneront le spectacle qu'ils donnent depuis le mois de décembre au bal Blomet à Paris, "Begin the biguine". Si à Paris, la version proposée était jazz, à Saint-Pierre, ce sera du lyrique avec des arrangements musicaux spécifiques qui rendent hommage aux biguines créoles ou aux chants comme "Fanm Matinik douce" ou encore "Maladie d'amour"...

Réalité virtuelle

Pour sa scénographie, l'artiste lyrique s'accompagnera des créations Martial Bazabas. Ses photos et documents en 3D rétabliront virtuellement ce qu'était le théâtre opéra de Saint-Pierre avant la funeste éruption. "Il nous parlait souvent de ce théâtre, avec passion, et comme une certaine nostalgie", confie son pianiste Jonathan Gouvaertz. "Il prouve que l'opéra est un art qui était bien présent aux Antilles, poursuit son contrebassiste, Julien Leleu, et qu'il a inspiré la musique des rues antillaises telle que nous la connaissons aujourd'hui."

Fabrice di Falco réalise ainsi son plus grand rêve en donnant la version classique avec l'ensemble Les Sauvages dans les ruines et ainsi donner à Saint-Pierre le même spectacle que les Parisiens pourront voir et entendre au Théâtre du Gymnase en 2019.

FXG, à Paris

Le 7 juin au bal Blomet

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 08:58
Annick Girardin, Nicolat et Agnès Buzyn, le 27 avril au ministère de la Transition écologique et solidaire

Annick Girardin, Nicolat et Agnès Buzyn, le 27 avril au ministère de la Transition écologique et solidaire

Un plan d'urgence locale sargasse

Après la réunion du 18 avril dernier avec l'ensemble des parlementaires, les ministres des Outre-mer et de la Santé, le sujet des sargasses a été évoqué au Conseil des ministres du 27 avril dernier. Le gouvernement a ainsi décidé d'apporter "une réponse d'ampleur, structurée et de long terme à la crise des sargasses".

Dans un courrier adressé le 4 mai aux parlementaires et aux présidents de collectivités, que France-Antilles s'est procuré, les ministres Girardin et Hulot annoncent la nomination d'un haut fonctionnaire chargé de la rédaction d'un plan national de lutte contre les sargasses. Ce plan sera piloté par les ministères des Outre-mer, de la Transition écologique et solidaire, de la santé ainsi que le ministère de l'Intérieur.  Il sera décliné pour chaque territoire en un plan opérationnel dit plan d'urgence locale sargasse (PULSAR). Ce plan doit instaurer une procédure réactive en cas d'échouages,  en coordonnant l'utilisation des moyens humains et des matériels disponibles. L'État va débloquer en outre un fonds de 3 millions d'euros aux côtés des collectivités et des fonds communautaires pour financer des solutions innovantes de ramassage et des équipements de protection individuelle pour les équipes de ramassage.

Une mission d'assistance de la sécurité civile a d'ores et déjà été dépêché aux Antilles pour assister les équipes de ramassage. Le RSMA a été déployé en appui et en complément,  des personnes  condamnées à des travaux d'intérêt généraux sont mobilisées.

L'Ademe va lancer pour 1 millions d'euros  de nouveaux appels à projets, qu'il s'agisse de ramassage ou de valorisation des algues. D'autres moyens de prévention vont être déployés pour surveiller les nappes de sargasses comme les survols aériens plus fréquents à moyen terme et l'observation satellitaire via le programme européen Copernicus. Les agences régionales de santé doivent procéder à un renforcement du dispositif de mesures des émanations de gaz issus des sargasses en décomposition.

24 capteurs fixes pourront être déployés en Guadeloupe grâce au financement de la Région et de l'État. Parallèlement le haut conseil de la santé publique est saisi pour rendre un avis sur les conséquences sur la santé humaine des expositions observées.

Comme il l'a été décidé pour le chlordécone, un séminaire sera organisé à l'automne à l'occasion de la prochaine réunion de coopération régionale Antilles-Guyane. Il sera dédié à la connaissance du phénomène des sargasses,  de ses origines et des solutions existantes pour y faire face.

Enfin une réunion avec les assureurs sera organisée pour identifier les meilleures solutions de prise en charge des dommages subis par les biens et les personnes du fait de l'échouage des algues sur les côtes des territoires concernés.

FXG, à Paris

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 04:30

Des sous pour la filière bois

Stéphane Travert (Agriculture) et Annick Girardin (Outre-mer) ont signé un décret qui permet la compensation des surcoûts  supportés par les opérateurs exerçant des activités de valorisation du bois de Guyane, dans les secteurs de la gestion et de l’exploitation forestière et de la première transformation du bois.

Elle permettra ainsi aux entreprises de la filière d'améliorer leurs marges et leurs capacités à investir pour développer leurs activités.

Pour en bénéficier, les gestionnaires, exploitants et transformateurs de bois devront s’engager à respecter les orientations du programme régional de la forêt et du bois, à compter de son adoption. L’aide sera octroyée annuellement sous forme d’un versement unique à terme échu, et sera calculée en fonction des surcoûts supportés dans la limite de 20,74 euros par m3 de grumes récoltés, dont 3,04 euros pour la gestion forestière, et dans la limite de 17,61 euros par m3 de grumes transformés en scierie.

Parue au Journal officiel du 4 mai, cette nouvelle aide prend date au 1er octobre 2017 pour la campagne qui s'est achevée le 31 mars. Pour les années suivantes, les campagnes s’étendront du 1er avril au 31 mars.

Les demandes d’aide doivent être adressées à la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Guyane au plus tard le 31 mai 2018.

FXG, à Paris

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 05:53
Un jazzman en grève de la faim

Le combat de Franck Nicolas pour le jazz créole

Depuis le 24 avril, le trompettiste Franck Nicolas a commencé une grève de la faim pour protester contre le sort que Pôle emploi lui fait et que la société fait à la musique créole.

Il a communiqué sobrement la nouvelle sur son mur facebook en postant une photo de lui surmonté de ces quelques mots : "En grève de la faim". L'artiste guadeloupéen explique les raisons de son geste pour deux raisons, la première, c'est que l'association qui lui délivre l'essentiel de ses cachets d'artiste (comme à la plupart des artistes de Montpellier où il est installé), a été déclarée invalide par Pôle emploi. "Je me retrouve condamné à rembourser deux ans d’assedic, explique-t-il, et on ne me verse plus d’indemnité... Bref, ils me jettent à la rue." Il proteste donc contre cette chasse aux intermittents du spectacle qui sont souvent vilipendés alors que, défend-il, "c'est l'art qui donne du rêve et de l'espoir à la population". Et pour ce qui le concerne, c'est du jazz ! Et là, vient la seconde raison de son geste désespéré : il dénonce "une discrimination évidente à l’égard de la musique jazz qui vient de Guadeloupe ou de Martinique. "Quel musicien des Antilles françaises a déjà eu une Victoire jazz de la musique ? Pourquoi n’y a- t-il aucun Martiniquais ou Guadeloupéen avec son groupe de jazz Caribéen sur la grande scène de Marciac ?" Alors qu'un appel à la solidarité a été lancé sur leetchi (www.leetchi.com/c/en-solidarite-avec-franck-nicolas),

Du jazz-ka à Marciac !

Franck a reçu de nombreux soutiens dont celui de Roland Brival qui milite pour "la reconnaissance collective de notre "différence" dans les festivals musicaux de l'hexagone". L'artiste martiniquais rappelle que le jazz n'est pas qu'une musique américaine : "De nombreux musiciens de la sphère Caraïbe ont participé à son élaboration. Et s'ils parlent le créole en Louisiane, c'est bien la preuve que nous y avons laissé des traces ! C'est tout un pan de notre culture qu'ont confisqué les Français dits hexagonaux, et qu'ils refusent de nous rendre. Au nom de quoi ? Serions nous des "Français" mis à part ? Ignorés ? Sous-évalués?  Marre de tout ça! Et je comprends ton indignation, Franck."

Franck Nicolas, à l'instar des Alain Jean-Marie, des Mario Canonge, des Jacques Schwartz-Bart, des Arnaud Dolmen (la liste ne saurait être limitée) s'interroge : "On n’est pas du niveau des autres ? Est- ce que nos musiques, la biguine, le jazz-Ka ou le jazz-bèlè, sont si peu intéressantes qu’elles ne méritent pas d’être programmées dans tous les festivals jazz en France? Font-elles peur parce qu’elles prennent racine dans l’histoire de nos îles ?"

Le cri de Franck Nicolas a toutefois été bien relayé sur les réseaux sociaux et dans la presse nationale. Mercredi matin, Franck donnait de ses nouvelles. Il a perdu 5 kilos, s'est senti mal samedi dernier à Nîmes alors qu'il devait jour, mais a pu tout de même souffler, y compris dans les aigus ! " Wouaw, écrit-il, le corps humain est une œuvre artistique parfaite de Dieu..." Faut l'espérer, car pour l'heure, il n'a pas l'intention de s'arrêter.

FXG, à Paris

A noter, la musique de la pièce de théâtre "Bo lanmou pa lwen" de Franck Salin, qui sera jouée en Guadeloupe du 25 mai au 3 juin, est signée Franck Nicolas...

Un morceau de solidarité

Pour prolonger son combat et la chaîne solidaire qu'il a su créer, Franck Nicolas a composé un morceau, "peut être mon ultime composition : Greve De La Faim... " Pour manifester de façon originale et pacifique, il demande à tous les musiciens qui le souhaitent de rejouer cette petite mélodie. "Ca sera un acte solidaire et surtout de liberté pour l'expression des jazz de Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion..."

Il met à disposition les play-backs sur SoundClound.

https://soundcloud.com/franck-nicolas-jazz-ka

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 05:11
Thomas Degos, Annick Girardin et Thierry Bert le 17 avril, salle Félix Eboué, rue Oudinot

Thomas Degos, Annick Girardin et Thierry Bert le 17 avril, salle Félix Eboué, rue Oudinot

Réunion agitée autour des assises et des aides économiques

Parmi l'une des nombreuses réunions tenues récemment au ministère des Outre-mer, celle du 17 avril, dédiée aux assises des Outre-mer et à la réforme des aides économiques, a duré 4 heures.

C'était pour les élus, parlementaires ou chefs d'exécutif, territoriaux, l'occasion d'y voir un peu plus clair sur la politique que prépare le gouvernement pour le reste du quinquennat à partir de l'année 2019.

Thierry Bert, le grand coordinateur des assises des Outre-mer, entouré d'une partie de l'équipe projet ultramarin (Audrey Pulvar, Nassir Goulamaly, Joelle Prévot-Madère...) s'est livré à une présentation de la "dernière étape des assises des outre-mer". Ce qui se dégage de l'ensemble des consultations, selon M. Bert, c'est le financement de l'entrepreneuriat, la conquête ou la reconquête de l'autonomie alimentaire, l'accélération de la mise en place d'un écosystème numérique ("C'est techno, a-t-il commenté, mais je ne peux pas m'en empêcher"), l'accélération de la transition énergétique (il a parlé d'une mission en cours sur le développement de véhicules électriques), le développement du tourisme maritime et culturel ("le tourisme n'est pas une panacée, a pontifié le haut fonctionnaire, mais il faut une stratégie") et encore la volonté des chambres consulaires de mettre un coup d'accélérateur sur l'apprentissage et la formation professionnelle. Il a cité trois projets "ponctuels mais de grande ampleur" : les mobilités, la gestion de l'eau et celle des déchets. D'autres "de plus petites dimensions, mais de grand intérêt" : tourisme, mobilité, culture, santé, personnes âgées. Enfin des mesures transversales comme la défiscalisation et la création de zones franches, l'adaptation de certaines règles dans le domaine de l'environnement et l'adaptation des normes et des aides dans le domaine du logement. Enfin, l'équipe projet ultramarin a reçu 1000 projets qui seront accessibles en ligne. Dans chaque territoire, le préfet proposera aux collectivités de co-piloter leur suivi et leur accompagnement en fonction des priorités choisies.

Premiers échanges vifs avec les élus

"S'agit-il de 1000 projets publiés ou 1000 projets financés ?", demandent la sénatrice Victoire Jasmin (PS  Guadeloupe) et le député Serge Létchimy (Nouvelle gauche, Martinique). "Et l'accord de Guyane ?", demande le sénateur Georges Patient (LREM Guyane). "Quels sont les financements nouveaux pour la loi égalité réelle outre-mer ?", reprend Serge Létchimy très remonté qui s'interroge sur le fil conducteur des projets et la différenciation des territoires... "Cela prend il en compte le rattrapage, le grand plan d'investissement, le fonds exceptionnel d'investissement, les contrats de plan Etat Région ?"

La sénatrice Nassimah Dindar (UDI Réunion) félicite le rapporteur Bert et salue les nombreux projets déposés. Le président Chalus (Région Guadeloupe) fait beaucoup de phrases pour dire qu'il a besoin de concret ! Le député Olivier Serva (LREM Guadeloupe) reste lisse mais demande aussi du concret. Le député Thierry Robert (Modem Réunion) s'interroge à l'instar de son collègue Létchimy sur la mise en oeuvre de la loi égalité réelle outre-mer... Le député Jean-Hugues Ratenon (FI Réunion) se tait, consterné. Les sénateurs Lagourgue (LR Réunion) et Dennemont (LREM Réunion) se taisent aussi. L'intervention d'Alfred Marie-Jeanne, président de la collectivité de Martinique, est peu audible. Tous les préfets sont là, de même les conseillers du Premier ministre et du président Macron. Annick Girardin répond aux uns et aux autres. Elle indique que les mesures pour Mayotte seront fixées à la mi-mai. Elle insiste pour dire qu'il n'y a jamais eu autant de voyages officiels de ministres dans les Outre-mer et que, peut-être, il n' y a pas assez d'habilitation, d'accompagnement et d'ingénierie...

Les aides économiques

Deuxième point de la réunion, la réforme des aides économiques. Premier constat : les dispositifs sont trop peu ciblés vers les entreprises ouvertes à la concurrence. Il est envisagé des modifications paramétriques pour les aides fiscales à l'investissement productif ou plus fondamentales sur les exonérations de charge sociales. L'empilement des dispositifs zonés est trop peu lisible pour assurer l'attractivité des territoires. Le soutien à la capitalisation est atrophié.

La réforme veut rendre l'environnement des affaires, attractifs, compétitifs et performants, des fonctions d'intervention nouvelle pour le développement, l'ingénierie et le financement et enfin une ligne de développement clair dans l'économie bleue, verte, numérique, touristique, agricole et productive.

Serge Létchimy se félicite de cette "discussion positive et à développer". Olivier Serva pose la question des délais de paiement des collectivités, des exonérations de charge dans certains secteurs et des indicateurs au sein des plans de convergence. La députée Nadia Ramassamy (LR Réunion) demande la liste de toutes les aides économiques en détail mais la ministre a mis tellement de temps à lui répondre qu'elle est partie sans entendre la réponse. Le député David Lorion (LR Réunion) se plaint de n'avoir pas été invité au groupe de travail sur les aides économiques. Il souligne la nécessité de mieux cibler les aides pour regagner de la compétitivité tout en se montrant dubitatif : "On critique l'empilement des aides, mais ça n'a pas si mal fonctionné quand on observe le taux de croissance en 2017 !" Rodolphe Alexandre, président de la collectivité territoriale de Guyane, regrette lui aussi l'absence de concertation et de consultation, mais surtout, il et s'inquiète de la baisse de dotation venant de l'Union européenne... Yolaine Costes, vice-président de la Région Réunion s'inquiète elle de la visibilité de ces aides dans le temps et de l'efficacité des zones franches "Les zones franches zéro impôt, lui répond la ministre, je n'y crois pas ; les zones franches ciblées, oui !"

Arrive alors Victorin Lurel (PS Guadeloupe). Il n'y a plus de place autour de la table. On l'invite à s'assoir avec les collaborateurs. Que nenni ! Le sénateur Lurel prend une chaise qu'il pose en bord de table. Annick Girardin achève de répondre aux élus, assure que les réunions sont ouvertes à tous, que la défiscalisation ira jusqu'en 2025 ou 2030. Enfin, elle clôt la réunion. Lurel frappe alors la main su la table et exige la parole. Il rappelle que la loi égalité réelle outre-mer a fixé la date butoir du 1er juillet pour les plans de convergence de même qu'elle prévoit un rapport du gouvernement sur les dispositifs fiscaux. "Nous allons devoir nous contenter de l'expertise faite pas Bercy !", regrette-t-il avant de s'inquiéter sur les dispositifs ciblés et la Guyane : "Le programme de stabilité ne prévoit rien pour pour la Guyane !" Victorin Lurel achève son intervention dans une saillie pleine de menaces : "J'ai appelé à voter Macron au second tour, maintenant, je vous le dis : si vous continuez, vous irez à l'affrontement !"

Le directeur adjoint de cabinet, Brice Blondel, ancien conseiller de Victorin Lurel quand il était ministre des Outre-mer, prend la parole : "M. Le ministre, ce ministère a d'autres priorités que de faire des rapports aux parlementaires !"

Avant que Victorin ne s'étrangle, Annick Girardin l'invite à la suivre dans son bureau ministériel pour tâcher de mettre un siwo miel dans tout ça !

FXG, à Paris

Les assises en  chiffres

8200 participants aux réunions publiques, 12 000 aux consultations numériques, 50 ateliers organisés, 30 articles sur le blog des Assises...

Calendrier

Le 16 mai, Thierry Bert remettra son rapport bâti sur le fondement des consultations. Il s'agira d'une série de priorités et de propositions avec une "stratégie cohérente de transformation et d'avenir déclinée par territoire par thèmes et par filière." En annexe, il y aura les projets, priorités et stratégies territoriales.

En juin, une réunion interministérielle sera consacrée aux Outre-mer avant l'adoption définitive du livre bleu outre-mer et sa remise au président dans la semaine du 20 au 27 juin. Ce livre bleu outre-mer nourrira les plans et contrats de convergence prévus par la loi égalité réelle Outre-mer. Les plans devront donner une vision des territoires sur vingt ans contre cinq pour les contrats. Prévus à la signature au 1er juillet, ils ne seront vraisemblablement pas signés avant la fin de l'été.

Les aides actuelles : 2,5 milliards

TVA NPR : 100 millions

Aides fiscales à l'investissement productif : 415 millions

Crédits d'impôt recherche et innovation : 15 millions

Exo de charges : 1,25 milliard

CICE : 500 millions

Aides au fret : 5 millions

FIP DOM : non communiqué

Zones franches d'activité : 115 millions

Zone de revitalisation rurale : 3 millions

Zones franches d'exportation : 40 millions

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 05:04
Foire de Paris, Guadeloupe

Etalage de savoir-faire à la Foire de Paris

Le conseil régional a délégué la chambre de métiers pour cette 114e édition de la Foire de Paris qui a débuté vendredi 27 avril et qui s'achève le 8 mai prochain. Le président Vainqueur a emmené une délégation de neuf élus de la chambre de métiers qui sont venus soutenir et accompagner les artisans guadeloupéens. En tout, ce sont pas moins de 32 exposants qui ont pris leur quartier sur 425 m2, dans un véritable village avec ses rues et ses avenues au coeur de la zone "Terres de tropiques", dans le hall 4 du parc des expositions de la porte de Versailles. L'investissement de la Région s'élève à 550 000 euros.

Tous les secteurs de l'artisanat sont représentés : textile (Doudou Diez, Gytane création, Nicoladre Madras des îles), alimentation (la kaz a bokit de Jean-Pierre Sturm, les lambis de Bernay, les kassav de Christianna Hery), coiffure, cosmétique, liqueurs et punchs (punch Mabi, Bielle, Damoiseau, Mi bébé), confiseries (Karu caprice), les fleurs de Trois-Rivières et les bois (peints ou en meubles de José Pindi)... La Région indique avoir convoyé 7 tonnes de marchandises !

Cet étalage des savoir-faire guadeloupéens donne un avant-goût de ce que devrait être la présence guadeloupéenne en octobre prochain à Saint-Malo avant le départ de la Route du Rhum. Les organisateurs ne s'y sont pas trompés qui ont installés au coeur du stand institutionnel de la Région, la chambre et le CTIG un immense tonneau de rhum. Il trône dans une allée rebaptisée "avenue de la Route du rhum".

FXG, à Paris

Ouh la la ! Zhoelala sort son 42

"Je suis la co-créatrice de jolies sandales en pvc, explique Dominique Crane-Moreau, créées par un couple de Thaïlandais. J'ai racheté les droits de la marque Zhoelala afin de développer le produit, les collections et les adapter à nos îles où nous sommes présents." L'événement la Foire de Paris a été la présentation de la taille 42 qui était très attendue par sa clientèle antillaise ! Et pour les enfants, du 32 au 35, il faudra attendre juillet !

450 kilos de douceurs d'antan

Ivanohé Jean-Baptiste de Karu caprice est présent pour la première fois à la Foire de Paris avec 450 kilos de doucineries. "Nous faisons découvrir ou redécouvrir aux Antillais de l'Hexagone toutes les douceurs d'antan, les sik a koko, les pipilits, la mangue confite, le chadek, les popotes à fruits à pain, les sik à noix ou à pistache..." Pour venir, il a bénéficié de l'aide régionale : "On a droit à 200 kilos de marchandises pris en charge par la Région et la chambre, et le reste, c'est à notre charge."

"Humainement, c'est extraordinaire !"

Dominique Elizé de Subtil Aw, entreprise basée aux Abymes, fait du bois peint. "Ce sont des objets en bois qui représentent notre diversité culturelle et traditionnelle de nos îles." C'est un habitué de la Foire de Paris. "Humainement, c'est extraordinaire, toute cette affluence de gens qu'on rencontre... Il y a des liens qui se tissent et, au fil des ans, nous avons un public averti qui, chaque année, revient nous voir !" L'aide de la Région et de la chambre ? L'avis de Dominique est tranché : "Sans cette aide, ça serait pas du tout la même musique ! Ca n'est pas sûr que j'y viendrais..."

1,5 tonne de fleurs

Harry Ruppert et Daniel Bienvenu (avec Nathalie sur la photo) sont les deux producteurs de fleurs tropicales de Trois-Rivières. Ils sont associés depuis 2007 au sein d'un groupement d'intérêt agro-écologique. Ils ont acheminé 1,5 tonnes de fleurs à la Foire, mais estime qu'en ne payant que 70 % du fret, ils font une bonne affaire. Ya plus qu'à espérer qu'ils en aient pris assez pour tenir les douze jours de la Foire !

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