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7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 04:24

Réunion - Clémendeau Hoareau inéligible pour trois ans

Le Conseil constitutionnel a prononcé vendredi 1er juin l'inéligibilité de Clémendeau Hoareau pour une durée de trois ans. Candidat aux élections qui se sont déroulées les 11 et 18 juin 2017, dans la 3ème circonscription de la Réunion, en vue de la désignation d'un député à l'Assemblée nationale, Clémendeau Hoareau a vu son compte de campagne rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques au motif, d'une part, que le compte n'a pas été présenté par un membre de l'ordre des experts comptables et, d'autre part, que le compte fait apparaître un solde déficitaire de 322 euros, en contradiction avec le code électoral qui prévoit que le compte de campagne doit être en équilibre ou excédentaire.

Considérant que l'intéressé cumulait deux négligences ou omissions, le Conseil constitutionnel à décidé de déclarer Clémendeau Hoarau inéligible en application des dispositions du code électoral pour une durée de trois ans à compter de la présente décision.

C'est Nathalie Bassire, LR, qui avait été élue au second tour. Clémendeau Hoareau, investi par le Modem n'avait obtenu que 0,86 % des voix au premier tour...

En revanche, le Conseil constitutionnel n'a pas donné suite à la demande d'inéligibilité à l'égard de Jean-Hugues Lebian, le candidat du Front national qui avait obtenu 7,02 % dans cette même circonscription.

Poleya inéligible aussi

Jean Alexandre Poleya, candidat divers droite aux élections législatives dans la première circonscription, a lui aussi été déclaré inéligible le 1er juin dernier par le conseil constitutionnel et ce pour une durée d'un an. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques dans sa décision du 12 février 2018 a rejeté son compte de campagne qu'il n'a pas fait présenté par un membre de l'ordre des experts-comptables et des comptables agréés.

M. Poleya avait obtenu 1,12 % des suffrages au premier tour.

Guyane - Michel Quammie inéligible pour un an

Le Conseil Constitutionnel prononcé vendredi l'inéligibilité de Michel Quammie pour une durée d'un an. Candidat divers droite dans la première circonscription de la Guyane, l'avocat a vu son compte de campagne rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (décision du 17 janvier 2018), au motif que des dons en espèces recueillis en vue du financement de la campagne du candidat pour un montant de 1 300 euros n'ont pas été versés sur le compte bancaire unique du mandataire, en méconnaissance du code électoral. "Eu égard, disent les juges de l'élection, au caractère substantiel de l'obligation faite au candidat à une élection législative de ne recueillir des fonds en vue du financement de sa campagne que par l'intermédiaire du compte unique ouvert au nom de son mandataire, dont M. Quammie ne pouvait ignorer la portée, il y a lieu, en application de prononcer l'inéligibilité de M. Quammie à tout mandat pour une durée d'un an à compter de la date de la présente décision."

Michel Quammie avait récolté 6,15 % au premier tour.

Paris - Babette inéligible pour un an

Le Conseil Constitutionnel a prononcé l'inéligibilité de Babette de Rozières pour un an à compter du 1er juin. candidate aux législatives dans la 17e circonscription de Paris, Babette de Rozières a vu son compte de campagne rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (décision du 12 octobre 2017), au motif, d'une part, que la candidate n'a pas respecté les dispositions du code électoral, aux termes desquelles le mandataire financier est tenu d'ouvrir un compte bancaire unique retraçant la totalité de ses opérations financières et, d'autre part, que la candidate a produit des pièces justificatives illisibles concernant deux versements sur le compte bancaire ouvert à la Caisse d'épargne, inscrits au compte au titre des versements personnels de la candidate, ce qui ne permet pas d'établir l'origine des fonds, et ce en contradiction avec le code électoral.

Le mandataire financier de la candidate a ouvert un premier compte bancaire à la Caisse d'épargne le 24 novembre 2016 puis un second compte au Crédit coopératif le 14 février 2017. Le compte ouvert à la Caisse d'épargne, qui n'a été clôturé que le 23 juin 2017, a continué d'être utilisé après l'ouverture du second compte.

Pour toutes ces raisons, Babette de Rozières est déclarée inéligible pour une durée d'un an.

En Guadeloupe, Hubert Quiaba aussi

Le compte de campagne d'Hubert Quiaba, candidat dans la 3e circonscription de la Guadeloupe aux dernières législtatives, a lui aussi été rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques dans sa décision du 17 janvier 2018 au motif que le compte bancaire du mandataire financier de ce candidat n'avait enregistré entre son ouverture et le dépôt du compte de campagne que 1 250 euros de recettes et 1 085 euros de dépenses alors qu'il résultait de l'instruction que 4 350 euros de dons et 8 840 euros de produits divers avaient été recueillis en espèces et n'avaient pas transité par le compte bancaire du mandataire. Pour ces raisons, le 25 mai dernier, le Conseil constitutionnel a déclaré Hubert Quiaba inéligible pour un an. Pour rappel, M. Quiaba avait obtenu 10,45% des voix au premier tour...

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 17:52

Muller condamné pour injure publique

La 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a rendu mardi 5 juin son délibéré dans l'affaire qui opposait le magistrat du parquet de Saint-Pierre à la Réunion, François Thévenot, à l'ancien procureur de Saint-Denis, Philippe Muller. Aucune des parties n'étaient présente ou représentée dans la salle d'audience. Le tribunal a rejeté les exceptions de nullité de l'ordonnance de renvoi soulevée in limine litis, de même qu'il a écarté le chef de diffamation publique. En revanche, il a déclaré Philippe Muller coupable d'injure publique en ayant agi en corbeau, en ayant envoyé sur le réseau de la messagerie de la justice réunionnaise le 4 juin 2014 un mail comportant ces mot : "François Thévenot, parce qu'il le veau bien." En répression, le tribunal a condamné Philippe Muller à une amende de 1000 euros avec sursis, à payer 1 euros de dommages-intérêts à M. Thévenot ainsi que 2000 euros au titre des frais de procédure. M. Thévenot a été débouté du reste de ses demandes. M. Muller, actuellement avocat général à Grenoble, devrait vraisemblablement faire appel.

FXG, à Paris

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 05:14
Loto patrimoine

Un loto pour le patrimoine en péril

La maison du receveur des douanes à Saint-Laurent, celle d'Aimé Césaire à Fort-de-France, l'habitation Bisdary à Gourbeyre, Maison Rouge à Saint-Louis et encore la sucrerie Soulou à Mayotte sont les cinq sites emblématiques qui seront restaurés grâce aux fonds du "loto patrimoine".

"Le patrimoine est une part de l'identité et du rêve français." Jeudi après-midi dans la salle des fêtes du palais de l'Elysée, le chef de l'Etat s'est adressé pendant près d'une demi-heure à un parterre d'invités composés de quelque 200 personnes engagées pour le patrimoine.

Parmi celles-ci, le député Martiniquais Serge Létchimy, réunionnais Thierry Robert et guyanais Lénaïck Adam, le maire de Saint-Laurent du Maroni, Léon Bertrand, mais également le président de la Région Réunion, Didier Robert, la vice-présidente de la Collectivité territoriale de Guyane, Hélène Sirder, et encore le sénateur Antoine Karam.

Ils étaient là car parmi les 2000 monuments identifiés comme "patrimoine en péril" par Stéphane Bern, 17 sont situés en outre-mer et bénéficieront de fonds dès cette première campagne de don et de mécénat. Il s'agit en Guyane du bagne des Annamites à Montsinéry-Tonnegrande, du camp des Hattes à Awala Yalimapo, de la maison traditionnelle du parc naturel régional à Kaw, de la maison du receveur des douanes à Saint-Laurent-du-Maroni.

En Martinique, c'est le fort de l'îlet à Ramiers, la maison Telle à Saint-Esprit et la maison d'Aimé Césaire à Fort-de-France. En Guadeloupe, c'est l'habitation Routa à Lamentin et l'habitation Bisdary à Gourbeyre. A Saint-Barth, c'est  le clocher de Gustavia et à Saint-Martin la plantation Mont-Vernon. A Mayotte, c'est la sucrerie Soulou à M'Tsangamouji et l'ancienne caserne de Dzaoudzi. Enfin, à la Réunion, il s'agit du site de Maison rouge à Saint-Louis, l'école Saint-Charles à Saint-Pierre, l'hôtel Laçay à Saint-Paul et le kiosque de la Villa Follio à Hell-Bourg.

Grattage et tirage

Si l'Elysée a voulu mettre en avant 18 projets emblématiques, soit un par région métropolitaine et d'outre-mer, en tout, ce sont 251 projets répartis sur tout le territoire qui ont été jugés prioritaires. En septembre dernier, Emmanuel Macron a missionné Stéphane Bern afin qu'il identifie le patrimoine en péril et qu'il trouve des solutions de financement innovantes pour le restaurer. C'est ainsi que lors du vote de la loi de finances rectificative 2017, la part de l'Etat sur les recettes des jeux organisés au profit du patrimoine serait attribuée à la fondation du patrimoine afin d'alimenter un fonds "patrimoine en péril".

Ainsi, à partir du 3 septembre, seront vendus dans les points de vente de la Française des jeux un jeu de grattage distribué à 12 millions d'exemplaire et d'un coût de 15 euros. A noter que les visuels sur les tickets à gratter, représentent un monument notoire comme le château de Chambord ou le mont Saint-Michel, quatre monuments emblématiques et métropolitains repérés par la mission Bern et la maison d'Aimé Césaire, choisie comme emblème des monuments en outre-mer.

Le 14 septembre, veille de la journée du patrimoine, aura lieu le tirage d'un super loto "mission patrimoine" doté de 13 millions d'euros.

Avec ce dispositif, la fondation du patrimoine et Stéphane Bern comptent ramasser de 15 à 20 millions d'euros avec lesquels ils vont pouvoir financer la restauration des 251 projets sélectionnés. Pour l'heure, 6 millions sont déjà fléchés sur les 18 projets emblématiques. La maison du receveur des douanes, bénéficiera de 200 000 euros, celle d'Aimé Césaire 100 000 euros, le site de Maison rouge, 118 000 euros et l'habitation Bisdary, 900 000.

L'opération, a assuré la ministre de la Culture, sera renouvelée chaque année autour de la journée du patrimoine.

FXG, à Paris

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 06:35

Lorion déçu de la loi ELAN

Porté par Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires et Julien Denormandie, son secrétaire d'Etat, le projet de loi ELAN (évolution du logement, de l'aménagement et du numérique) est en discussion en ce moment à l'Assemblée nationale. "C'est une bonne loi, expliquait le député LR David Lorion, en séance jeudi matin, car elle va alléger les contraintes qui pèsent sur le logement sachant qu'à la Réunion, il y a 80 000 mal logés et 20 000 demandes de logements sociaux, mais il y a des failles puisque l'outre-mer en est totalement oubliée." Seul l'article 14 fait mention expresse à l'Outre-mer par le biais du schéma d'aménagement régional (SAR) qui doit être revisité. Le SAR concerne exclusivement les territoires ultra-marins puisque les autres régions de France, à l'exception de l'Ile de France, ont un schéma régional d'aménagement, développement durable et égalité des territoires (SRADDET). Le député Lorion plaide pour étendre le SRADDET outre-mer et qu'il ne soit pas approuvé par le seul Conseil d'Etat mais par la Région aussi.

Les nouveaux outils d'aménagement proposés par la loi (projet partenariat aménagement avec l'Etat, Grandes opérations d'urbanisme), les aides fiscales à la libération du foncier ne devraient pourtant pas donner autant d'élan à la construction de logements. "L'Etat a voulu baisser le coût des loyers, poursuit M. Lorion, en baissant le niveau des aides et cela va provoquer un manque à gagner de 2 milliards pour les bailleurs sociaux d'ici 2020 alors que jusqu'alors leur autofinancement était de 800 millions... Cela va assécher leur investissement et créer une situation compliquée pour les collectivités qui garantissent les bailleurs sociaux." Le gouvernement le sait puisqu'il demande aux bailleurs de vendre en bloc cinq fois plus de logements que les 8000 vendus chaque année jusqu'alors. "Le patrimoine social est un patrimoine public", proteste le député LR.

Mais ce qui lui semble plus grave, c'est le "trouble d'oubli compulsif de l'Outre-mer" dans ce projet alors que le logement social représente 25 % des logements en outre-mer et que le plan logement outre-mer 2015-2020 ne donne aucun résultat puisque sur les 8000 logements attendus chaque année, il n'en sort que 4000. Cet échec a été reconnu par l'Association Régionale des Maîtres d'Ouvrages Sociaux (ARMOS) qui a établi dans le livre blanc du logement social outre-mer en septembre dernier six priorités. Qu'il s'agisse de la sécurisation des financements lors de la clôture des opérations (notamment les 30 % du crédit d'impôt qui fragilisent les dossiers), le non financement du FRAFU ou encore le parcours logement (avec la suppression de l'accession logement), aucune de ces priorités n'est inscrite dans la loi ELAN. La cerise sur le gâteau, c'est l'intervention en outre-mer de l'agence nationale de l'habitat (ANAH) promise par la ministre des Outre-mer lors du débat budgétaire l'automne dernier n'y figure pas non plus. "A part à ça, c'est une bonne loi", conclut David Lorion.

FXG, à Paris

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 05:48
L'ancien ministre de Jacques Chirac était à l'Elysée jeudi 30 mai

L'ancien ministre de Jacques Chirac était à l'Elysée jeudi 30 mai

Interview. Léon Bertrand, maire de Saint-Laurent du Maroni, était au nombre des personnalités engagées pour le patrimoine que le président Macron recevait jeudi à Paris.

"D'ici quelques années, je ne serai plus là et Lénaïck Adam représente une communauté importante"

Cette invitation de l'Elysée signe votre grand retour à Paris...

C'est vrai que ça fait bien un an que je n'ai pas mis les pieds à Paris parce qu'on est absorbé lorsqu'on est maire d'une commune comme Saint-Laurent du Maroni qui est une commune qui fait face à énormément de défis. On est absorbé par le quotidien et le temps passe ! Mais cette invitation du chef de l'Etat me permet effectivement  de reposer les pieds ici, surtout à l'Elysée. Je suis très content parce que c'est une grande reconnaissance pour le travail que j'ai réalisé depuis pas mal de temps avec plusieurs équipes municipales depuis 1983 quand j'ai été élu maire pour la première fois. Dès le départ, je suis allé à l'encontre de ce que mes prédécesseurs pensaient. A l'époque, les gens voulaient purement et simplement raser le bagne par exemple. Ils estimaient que le camp de la transportation était une verrue de l'empire colonial qui n'avait rien à faire en terre guyanaise...  Moi, en tant que petit-fils de bagnard — mon grand-père était un Vendéen de Jard sur mer et il y avait pas mal de gens comme moi — je pensais que c'était l'histoire et que nous faisions partie de l'histoire. Il faut l'assumer purement et simplement ! Et cette idée est venue de conserver le bagne, le nettoyer... A l'époque, il y avait des idées un peu folles qui circulaient : on voulait en faire un hôtel... Pendant des années nous nous sommes battus, j'ai même fait exproprier M. Tanon, le grand commerçant qui était propriétaire des lieux. La commune a fini par racheter ces bâtiments dans les années 1990, j'ai réussi à le faire classer en partie... Et c'est parti ! Aujourd'hui, il y a centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine, une bibliothèque, un groupe théâtral, des résidences d'artistes, un parcours de musée...

Et cela s'inscrit dans la démarche en faveur du patrimoine que vient saluer le président de la République ?

C'est pour un ensemble de sites car à côté du bagne, il y a tout le quartier officiel qui a été refait avec des chantiers d'insertion. Là, il s'agit du projet de rénovation de la maison du receveur des douanes... J'ai fait classer Saint-Laurent du Maroni en ville d'art et d'histoire et tout ça a concouru à faire en sorte que Saint-Laurent représente au point de vue patrimonial une ville assez unique.

Que peut apporter cette reconnaissance nationale ?

C'est un élan nouveau car c'est un coup de projecteur sur Saint-Laurent. C'est faire savoir que quand on parle du bagne, on a toujours une image négative alors que pour moi, aujourd'hui, le bagne est une richesse patrimoniale. C'était un lieu d'enferment qui est devenu un lieu d'ouverture et de rayonnement. C'est une fenêtre car les gens qui ont entendu parler du bagne veulent voir le bagne mais quand on vient, c'est un prétexte pour que les gens puissent découvrir autre chose. Cette autre chose, c'est notre diversité culturelle...

Et c'est une ville qui est amenée à évoluer très rapidement, n'est-ce pas ?

Dans 4 ou 5 ans, Saint-Laurent dépassera Cayenne et d'ici 12 ans, ce sera la ville la plus importante démographiquement de tout l'outre-mer !

Vous avez d'ailleurs fait appel à des urbanistes en prévision de cela...

Avec les ateliers de Cergy, nous avons imaginé la ville en 2060 car nous avons une croissance démographique inédite de 8,4 %. Et quand ça va trop vite, le risque est d'avancée dans le désordre. Là, on a voulu qu'il y ait un cap et ce cap nous a été donné par les urbanistes qui sont venus non seulement de Paris, mais de l'Amazonie et du monde entier. Il fallait qu'on ait la réflexion la plus large  possible. Grâce à cela, nous avons un cap qui nous permet de décliner année après année les programmes de développement de la ville.

Le président Macron, c'est le nouveau monde, et vous, ancien ministre de Chirac, vous représentez l'ancien. Comment vous situez-vous par rapport à lui ?

Le président Macron a un gouvernement divers avec un Premier ministre qui est issu des mêmes rangs que moi. Chez lui, ce que j'aime, c'est qu'il fait ce qu'il dit et nous avons besoin de ça parce que nous sommes aujourd'hui dans une situation assez compliquée. La France a besoin d'être redressée, a besoin de grandes réformes de fond et pas des réformettes. Ca veut dire qu'il faut avoir du cran pour aller jusqu'au bout. Et ça, je le décèle chez lui. C'est la raison pour laquelle je me sens à l'aise. Le fait que j'honore son invitation, c'est non seulement pour le plaisir de la reconnaissance du travail fait, mais sur le plan politique, ça ne me gène pas du tout ! Je me sens à l'aise !

Peut-on transposer cela sur le plan local ? Peut-on imaginer un rapprochement entre vous et Lénaïck Adam ?

Lénaïck Adam n'était pas mon candidat... J'avais pris des engagements avec un autre candidat mais néanmoins, d'ici quelques années, je ne serai plus là et Lénaïck Adam représente une communauté importante à Saint-Laurent-du-Maroni. Je suis en train de jeter des bases importantes pour le développement de la ville, les ateliers de Cergy, l'OIN, le programme de l'ANRU... Beaucoup d'opérations se montent actuellement et vont se réaliser dans les prochaines années. J'ai besoin que cela se fasse en toute harmonie... Nous n'avons pas intérêt à nous battre entre nous. C'est pourquoi, j'ai proposé à Lénaïck que l'on se voie, qu'il prenne connaissance en détail des projets pour Saint-Laurent afin que nous puissions les défendre ensemble. Nous avons intérêt d'être en synergie d'autant plus que nous savons bien que Saint-Laurent comme l'Ouest ont toujours été le parent pauvre de la Guyane par rapport au littoral, à l'île de Cayenne et à Kourou. Oublions un peu nos divergences politiques et rassemblons-nous dans l'intérêt du territoire de façon pragmatique...

Vous avez 67 ans et vous songez déjà à votre retraite ?

La loi sur le cumul et la limitation des mandats va sortir et m'obligera certainement à prendre ma retraite. Et puis, un moment donné, on sent qu'il faut laisser la place, passer la main ! Et il vaut mieux la passer de façon intelligente en accompagnant...

Lénaïck Adam pourrait-il vous succéder ?

Lui ou un autre ! Mais ce qu'il faut, c'est que tous ces jeunes qui arrivent aient une vision partagée avec la mienne. Je ne dis pas qu'il faut absolument être du même parti politique, pas du tout, on peut faire partie de groupes politiques différents, mais avoir une vison partagée, c'est cela que je demande et c'est ce que j'essaie de mettre en place en ce moment.

Vous n'avez jamais été au PSG et pourtant, vous tenez depuis 1983 Saint-Laurent... Y a-t-il une typologie politique spéciale dans l'Ouest ?

On a su avec Georges Patient, avec Elie Castor à une époque, et d'autres, nous réunir pour créer la première intercommunalité de la Guyane, la CCOG. Et nous l'avons fait toit en étant d'obédiences politiques différentes parce que nous avions déjà vu le déséquilibre qui existait entre l'île de Cayenne et le reste du département. Nous avons déjà démontré notre pragmatisme devant les défis à relever et ne pas toujours mettre en avant la politique pour l'intérêt général et celui de la population.

Où en êtes-vous de vos ennuis judiciaires ? Votre contrôle judiciaire a été levé puisque vous êtes à Paris ?

J'ai le droit d'être là ! J'ai le droit de me déplacer. J'attends une décision de la Cour de cassation. Quand on est dans une procédure de cassation, tous les effets de la cour d'appel précédente, en l'occurrence celle de Basse-Terre,  sont suspendus...

Etes-vous serein ?

Je n'ai rien à me reprocher ! Depuis des années, on a fouillé ma vie et on n'a jamais pu démontrer que j'avais détourné quoi que ce soit. Il n'y a pas d'enrichissement sans cause. J'ai peut-être fait quelques erreurs comme tout le monde, mais je ne me sens pas du tout coupable de ce qu'on m'accuse...

Vous avez déjà payé cher et souffert de votre personne...

J'ai quand  même fait quatre mois de prison, ce qui n'est pas rien du tout et c'est pour ça que je me bats et que je me battrai jusqu'au bout.

Cela a-t-il contribué à changer votre regard sur la délinquance et la détention ?

Il faut tout faire pour empêcher cela... Mais, en arrivant à Orly Ouest, j'ai vu le nombre de douaniers qu'il y avait. J'ai bien entendu été sollicité par eux et je leur ai dit que je venais de Saint-Laurent. J'ai vu tous les yeux des douaniers s'ouvrir grand ! Saint-Laurent a une mauvaise réputation à cause des mules, de la cocaïne. C'est ça le grand problème ! Quand je parlais tout à l'heure d'avoir une vision partagée, je crois que pour éviter cette délinquance, il faut vraiment tout mettre en oeuvre pour créer du développement économique et des formations. Si aujourd'hui, beaucoup de jeunes se retrouvent à faire la mule, c'est parce que, quelque part, il y a sûrement des échecs de nos politiques publiques. Au lei d'envoyer la police, la gendarmerie et la douane, j'aurai préféré qu'on envoie à la place de ces effectifs que l'on ne cesse de grossir, des fonctionnaires pour la formation, des experts pour nous aider à faire partir l'économie.

Comment voyez-vous Saint-Laurent en 2060 ?

C'est une ville qui sera très cosmopolite et qui sera un pôle de liaison avec Albina. Nos vies sont trop étroitement liées pour qu'on ne puisse pas avoir un développement qui tienne compte des deux rives du Maroni. Saint-Laurent sera différente de Cayenne parce que cette approche que nous avons avec le Suriname va nous obliger à aller chercher d'autres façons de fonctionner, même institutionnellement, même si on reste dans la République.

Quel est votre point de vue sur une évolution statutaire ?

Il faut déjà définir un projet pour la Guyane. C'est ce projet qui nous dira ensuite quel est l'article de la Constitution le plus adapté pour cela.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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2 juin 2018 6 02 /06 /juin /2018 05:50
Reforme des aides économiques et traitement spécifique à Mayotte et en Guyane

Annick Girardin promet un dispositif d'aides économiques différencié en Guyane et à Mayotte

Lors de son discours devant l'assemblée générale de la FEDOM, vendredi à Paris, la ministre des Outre-mer a évoqué l'avancement de la réforme des aides économiques et indiqué que Mayotte et la Guyane bénéficieraient de dispositifs spécifiques.

"Nous sommes très proche d'une solution pour la transformation des aides économiques que nous préparons avec les élus." Annick Girardin n'a pourtant pas voulu, vendredi à Paris, présenter le produit chiffré de la réforme des aides économique quoi qu'elle disposât déjà des arbitrages qui ont été rendus mercredi et encore vendredi matin par l'Elysée. La ministre s'en est expliquée car elle veut encore pouvoir "adapter à la marge les paramètres, affiner le travail avant de le rendre public". Les socio-professionnels et les élus guyanais étaient encore réunis au ministère des Outre-mer mercredi soir. "Nous avons fait comprendre au gouvernement qu'il fallait dissocier la Guyane des autres DROM", raconte Tara Govindin, présidente du Medef de la Guyane. Cela fait plus d'un mois que le Medef réunit tous les socio-pro, les élus et les chambres consulaires pour nourrir le projet du gouvernement. "C'est la première fois que je ressors du ministère avec un sentiment de satisfaction, explique le député Gabriel Serville.  Le cabinet de la ministre a compris que l'heure était grave et qui fallait vraiment trouver une solution qui s'inspire du  territoire guyanais et ne pas se baser sur des préconisations qui viendraient de Paris." Annick Girardin l'a confiemé elle même vendredi : "Nous allons mettre en place de nouveaux dispositifs de zones franches économiques avec des dispositifs particuliers proposés à Mayotte et à la Guyane." Ces  propositions spécifiques devront, après les réponses d'urgence, répondre sur les moyen et long termes aux situations de Mayotte et de la Guyane. "Ces deux territoires doivent aussi trouver leur place dans leur bassin maritime et pouvoir rayonner puisque dans ces territoires il y a aussi des compétences."

Cinq axes, quatre champs

Globalement, la réforme des aides économiques se concentre sur cinq axes : l'économie bleue, l'économie verte, le tourisme, l'économie agricole, industrielle et productive et enfin l'économie créative. Elle exclue les banques, les assurances et la grande distribution. Elle concerne quatre champs. Le premier est celui des territoires, le deuxième l'investissement. "L'aide fiscale à l'investissement sera préservée, mieux encadrée et simplifiée", a précisé Mme Girardin. Le troisième champ concerne le coût du travail. Le gouvernement recherche "un effet d'accompagnement sur les entreprises les plus exposées à la concurrence et sur le renforcement de la compétitivité du facteur travail autour du SMIC afin de faciliter la création d'activité et d'emploi". Le dernier champ concerne le financement des entreprises et de l'économie. "L'ensemble des offre des financeurs publics, AFD, BPI, CDC sera disponible en propre sur chacun des territoires à compter du 1er janvier 2019." Des mécanismes de financement nouveaux vont aussi être mis en place avec ces partenaires. Le gouvernement veut aussi intervenir sur les délais de paiement des collectivités qui trop souvent dépassent les 200 jours.

"Nous n'avons pas été entendus dans la totalité de nos demandes notamment les  exonérations de charges fiscales  et patronales", remarque Tara Govindin qui pour autant, comme le député Serville, se satisfait des premières ébauches de traitement spécifique à la Guyane qu'il s'agisse du plan de résorption des difficultés financières de gestion du RSA,  de la réévaluation du calcul des dotations de l'État afin de mieux prendre en compte le dynamisme démographique de la Guyane,  la possibilité de privilégier des prêts conditionnés et assortis d'une garantie de l'État, de mécanismes de décaissement par tranche conditionnée à la réalisation d'actions plutôt que des subventions du budget général sans contrepartie des collectivités... "On a évoqué, complète Gabriel Serville, la nécessité de mesurer le poids du travail illégal afin de définir une stratégie de lutte efficace et adaptée."

Un nouveau rendez-vous doit avoir lieu pour entrer de manière beaucoup plus technique dans les vingt propositions qui sont faites par les ministres des Outre-mer et les inspecteurs des Finances, sans doute dans la première quinzaine de juin puisque tout sera bouclé le 15 ou 20 juin pour une présentation au président de la République, le 28 juin.

FXG, à Paris

Un greffe privé pour les tribunaux mixtes de commerce

En 2009, le législateur a choisi de ne pas étendre complètement la réforme des tribunaux de commerce à l'Outre-mer.  Subsiste donc des tribunaux mixtes qui partagent la charge du greffe avec le tribunal de grande instance. Les délais de traitement des dossiers sont aujourd'hui de plusieurs mois.  "Combien de chefs d'entreprises m'ont informé avec dépit, a déclaré Annick Girardin, qu'ils avaient attendu plus de huit mois  pour avoir un K bis ! Ca ne pouvait plus durer. " Avec sa collègue garde des Sceaux, Nicole Belloubet, elles ont décidé de permettre à nos territoires d'être dans le droit commun.  Ainsi, dès cet été pour Mayotte et la Guyane,  et au plus tard,  au 1er janvier prochains pour tous,  seront établis des greffes privés dans l'ensemble des 11 tribunaux mixte de commerce des outre-mer. "Nous allons donc pouvoir réduire très vite les délais insupportables que vous avez connus", a conclu pragmatique la ministre des Outre-mer.

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 07:03
Le président de la FEDOM encore inquiet de la réforme des aides économiques

Jean-Pierre Philibert, réélu pour un troisième mandat à la tête de la FEDOM, vendredi 25 mai à Paris, est en plein travail de "co-construction" avec la ministre des Outre-mer sur la réforme des aides économiques que la FEDOM préfère qualifier de dispositifs de compensation de nos handicaps permanents. Entretien.

"Il va falloir qu'on aille au-delà du seuil d'exonération des charges de sécurité sociale"

Que retenez vous de vos échanges avec la ministre ?

De l'écoute, oui, des propositions, oui, des réponses du gouvernements non ! En tout cas pas de réponse chiffrée.  En dehors de la réforme des greffes des tribunaux de commerce qui est attendue depuis très longtemps,  la ministre n'a pas dit grand-chose si ce n'est répéter ce qu'elle dit depuis longtemps : "Nous co-travaillons à un écosystème."  Il y a une traduction très claire à cela c'est que les arbitrages qui ont eu lieu mercredi 23 mai et vendredi encore à l'Élysée n'ont pas été conclusifs.  J'ai deux façons de le prendre,  dans le mauvais sens c'est qu'elle serait revenue avec de mauvais chiffres qu'elle n'aurait pas annoncés ; dans le bon sens,  ça voudrait dire qu'il y a encore un temps de discussion...

La ministre vous a annoncé deux nouveaux rendez-vous...

La ministre a, je crois, la bonne vision des choses puisqu'il pourra y avoir des adaptations à la marge. Nous espérons ces adaptations vers le haut ! Certains dossiers sont bien avancés comme l'aide fiscale à l'investissement. Le gouvernement est d'accord pour proroger, pour simplifier, pour rendre éligible un certain nombre de secteurs qui ne l'étaient pas tout en exigeant des contrôles plus accrus, notamment pour l'aide fiscale de plein droit... Ca nous le savons à peu près...

Qu'est-ce que vous ne savez pas encore ?

Ce que nous ne savons pas aujourd'hui et qui est effectivement plus compliqué, c'est le problème de la révision des exonérations de charges.  C'est un sujet extrêmement sensible. La ministre s'est un tout petit peu dévoilée puisqu'il y avait il y a quelques jours encore six secteurs prioritaires et si j'ai bien lu il y en a un qui  a disparu entre-temps c'est l'économie sociale et solidaire. Elle a disparu sans doute pour revenir parce qu'on a considéré qu'il ne fallait pas en faire un secteur à part,  mais plutôt l'économie sociale et solidaire à travers les autres,  donc cinq secteurs.  Il y a des secteurs qui ne bénéficieront pas d'aides. La ministre a ciblé les banques,  les assurances,  la grande distribution.  Mais sur les secteurs éligibles, jusqu'où on va ? Comment on y va ? Si nous voulons des niveaux d'exonération au moins équivalents à ce qui se passait avant, CICE  plus exonérations confondus, il va falloir qu'on aille au-delà du seuil d'exonération des charges de sécurité sociale,  qu'on aille dans le dur de l'assurance-chômage et éventuellement des retraites complémentaires...  Or tant que les réformes n'ont pas été faites,  il y a un petit hic car aujourd'hui ce n'est pas l'État qui a la main.

Craignez-vous toujours que cette réforme ne soit le prétexte d'un nouveau coup de rabot ?

Oui nous le craignons toujours.  Sur la TVA NPR par exemple, qui représente 100 millions d'euros, On voit que les mécanismes qui ont été proposés ne nous donnent pas satisfaction.  Le risque c'est qu'au bout du bout,  les 100 millions d'euros disparaissent... J'ai rappelé au tout début de ce débat que le gouvernement avait déjà fait une économie de 100 millions € sur la défiscalisation du logement libre intermédiaire. Ce dispositif avait été supprimé en 2009 mais il a continué avoir des dépenses budgétaires inscrites pendant neuf ans...

Alors le compte y est-il ?

L'étude que nous avons confiée au cabinet Mazars montre que le chiffre initial qui avait été avancé par les services de Bercy,  380 millions d'euros, est très éloigné de la réalité. Nous sommes aujourd'hui à un peu plus de 500 millions d'euros,  hors Mayotte. Ça été un combat de quatre ou cinq mois !

La ministre a évoqué des dispositifs spécifiques pour Mayotte et la Guyane. Qu'en est-il ?

Ça ne peut vouloir dire que zone tranche globale sur l'ensemble de la Guyane qui l'avait déjà et pour Mayotte. Ça veut dire des mesures extrêmement précises qui ne sont pas forcément économiques, mais des mesures d'intérêt général notamment de lutte contre l'immigration clandestine. Mais je suis comme vous j'ai entendu "il y aura", j'aurai préféré entendre "il y a".

Propos recueillis par FXG, à Paris

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 05:14

Retraites en bonne marche à Saint-Pierre-et-Miquelon

Si le minimum vieillesse d'ne personne seule augmentera de 1200 euros par an d'ici 2020 en France et dans les DOM, il va gagner 4000 euros dans le territoire de la ministre des Outre-mer.

Le gouvernement a signé deux décrets de revalorisation des retraites. Le premier en date du 30 mars concerne tous les bénéficiaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou du minimum vieillesse. Il revalorise de manière exceptionnelle, pour les années 2018 à 2020, leur montant à compter du mois d'avril 2018 dans le but de "soutenir le pouvoir d'achat des retraités les plus modestes".

Pour les personnes seules, l'allocation passe ainsi de 9 600 euros par an à 9 998,40 euros par an à compter du 1er avril 2018, puis à 10 418,40 euros par an en 2019 et enfin à 10 838,40 euros en 2020.

Pour un couple, cette allocation passe de 14 904 euros par an à 15 522,54 euros par an à compter du 1er avril 2018, puis à 16 174,59 euros en 2019 et enfin à 16 826,64 euros en janvier 2020.

Un écart de 6000 euros pour un couple

Le second décret du 6 mai 2018 a le même objet de revalorisation à ceci près qu'il ne concerne que la seule collectivité de Saint-Pierre et Miquelon et que ses montants sont nettement supérieurs. Au lieu de se contenter de 9 998,40 euros par an à compter du 1er avril 2018, un retraité de Saint-Pierre-et-Miqelon touchera 13 174,18 euros, puis en 2019, 13 594,18 euros au lieu de de 10 418,40 euros et enfin 14 014,18 euros au lieu de 10 838,40 euros en 2020.

Pour un couple, la retraite de 15 522,54 euros par an fera un bon de plus de plus de 5000 euros compter du 1er avril 2018, à 20 702,21 euro, puis à 21 362,20 euros en 2019 contre 16 174,59 euros pour les autres, et enfin à 22 022,19 euros  en 2020 contre 16 826,64 euros pour le commun des Français.

Il y aura donc un écart d’au moins 6000 euros par an entre un couple de retraités de l’Hexagone ou d'outre-mer et un couple de St Pierre et Miquelon. Rien à voir bien sûr avec le fait que la ministre des Outre-mer soit une élue de Saint-Pierre-et-Miquelon.

FXG, à Paris

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 05:00
Au centre, Béatrice Fabignon, à droite Emmanuel Fournis, ambassadeur de la fondation Bocuse et de l'association Ô service d'Alain ducasse, maitre d'hôtel et professeur et à gauche en tablier, Stéphane Guénaud, argentier du palais de l'Élysée.

Au centre, Béatrice Fabignon, à droite Emmanuel Fournis, ambassadeur de la fondation Bocuse et de l'association Ô service d'Alain ducasse, maitre d'hôtel et professeur et à gauche en tablier, Stéphane Guénaud, argentier du palais de l'Élysée.

Un concours des arts de la table dans les Outre-mer

Béatrice Fabignon, cheffe de cuisine lance le premier concours des arts de la table dans les outre-mer. La première édition aura lieu les 22 et 2" juin à l'hôtel de la Pagerie en Martinique. Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 11 juin. Vingt candidats seront retenus pour participer à la finale. Dix doivent avoir moins de 2" ans et venir d'école hôtelière, du SMA ou du CFA. Les dix autres doivent être des professionnels (chefs de rang, chefs de salle, maîtres d'hôtel) en activité. "L'idée m'est venue l'an dernier, explique Béatrice Fabignon, lors d'une discussion avec Véronique des Chaumes, présidente de la Pagerie, avec qui nous évoquions la situation de la formation professionnelle. J'étais partie sur l'idée de faire un concours de cuisine, mais très vite, l'idée de faire un concours des arts de la table a pris le dessus parce que les concours de cuisine, il y en a pléthore !"

Parrainé par la fondation Paul-Bocuse, le concours  réunira un jury prestigieux avec Stéphane Guénaud, l'argentier de l'Elysée, Emmanuel Fournis, maître d'hôtel, ambassadeur de la fondation Paul-Bocuse et de l'association O service, d'Alain Ducasse, et Kévin Chambenoît, meilleur ouvrier de France 2015 pour les arts de la table. A ceux-là s'ajouteront les membres d'un jury local dont Renaud Flaun, proviseur du lycée hôtelier de Bellefontaine, la sous-préfète du Marin, un représentant de la CCIM, un autre d'Air France et Karine de Jaham.

La matinée du 22 juin sera consacrée au concours des jeunes ; celle du 23 aux pros. Ils auront tous sept épreuves à passer : le dressage d'une table pour deux personnes, le design foral, la création d'un cocktail, la découpe d'une volaille et d'un fruit, le carafage et le flambage.

Tourisme et formation

"Quand j'ai commencé à parler d'un tel concours, explique sa promotrice, je me suis rendu compte que la plupart des gens ignoraient ce que sont les arts de la table... Alors que les arts de la table, c'est important pour le tourisme et la formation. Nous voulons donc mettre un coup de projecteur et montrer que si les arts de la table sont importants, ils ne sont pas forcément synonymes d'hôtel trois étoiles ! Même si on est en short et en tongs, il y a une façon de présenter, de se présenter, de parler et de servir... Il y a une façon de faire un cocktail sur la plage ! Dans la Caraïbe, on mange très bien, mais les serveurs et maîtres d'hôtel ne sont pas tous à la hauteur. Ca va aider à relever un peu le niveau."

Béatrice Fabignon entend pouvoir renouveler le concours tous les trois mois histoire d'aller dans tous les territoires d'outre-mer.

FXG, à Paris

Une cheffe à domicile

Béatrice Fabignon est née à Paris, mais elle est de Morne-à-l'Eau par son père et du Moule et du Prêcheur par sa mère. Si la cuisine a toujours été une passion pour elle, elle a d'abord une première partie de sa vie dans le commerce. Très jeune, elle devient responsable de boutiques en prêt à porter, responsable régionale quand elle perd sa soeur. Béatrice démissionne et décide de suivre l'exemple de son frère qui a monté sa boîte pour faire ce qui lui lui plaît. Et ce qui lui plaît c'est la cuisine. Elle choisit de ne pas ouvrir de restaurant mais de faire cheffe à domicile. "Il y a quinze ans, c'était inédit et confidentiel", raconte-t-elle. Pourtant, ça marche tout de suite et très vite sa clientèle passe des particuliers aux institutionnels. sa spécialité : la cuisine créole haut de gamme. Aujourd'hui, elle oeuvre de plus en plus dans l'événementiel. Elle se défend d'être un traiteur, mais revendique son statut de cheffe et de consultante pour de grandes marques comme la banane de Guadeloupe et de Martinique ou Caresse antillaise.

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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 05:40
En face du 51 rue Marx-Dormoy, les passants ralentissent et prennent des photos

En face du 51 rue Marx-Dormoy, les passants ralentissent et prennent des photos

Atterrissage rude pour la maman du garçonnet sauvé par Mamadou Gassama

"Mon mari n'a rien à dire..." Les journalistes des chaînes d'information continue faisaient le pied de grue mardi dès potron-minet devant le 51 rue Marx-Dormoy, Paris 18, la résidence HLM de fonctionnaires où le jeune Malien Mamadou Gassama a sauvé samedi 27 mai la vie d'un enfant de 4 ans suspendu dans le vide. Tous guettaient le retour de la maman du garçonnet qui, la veille au soir, s'était envolée de Saint-Denis de la Réunion à bord d'un vol d'Air Austral pour l'aéroport Charles-de-Gaulle. La jeune maman est arrivée vers 7 h 50, mardi, devant les grilles de sa résidence avec son bébé dans les bras et ses bagages. Elle refuse alors de déclarer quoique ce soit aux médias présents.

Sur le boulevard,  certains véhicules ralentissent à hauteur de l'immeuble pour jeter un oeil à la façade rendue célèbre par les images du jeune Malien jouant les Spiderman sauveteur ! Des piétons aussi s'arrêtent, font des photos avec leur téléphone. Une bande de jeunes s'attardent devant la grille et l'un d'eux fait même mine d'escalader la façade, sans toutefois décoller du sol ! Les curieux commentent. L'un évoque la hauteur de la façade : "Il était au 5e niveau..." Un autre explique que l'enfant a chuté du 6e au 5e étage avant de se rattraper à la balustrade...

Le voisin que tous les téléspectateurs ont vu impuissant à côté de l'enfant suspendu n'est pas là, mais d'après une journaliste qui était déjà là la veille, il cherchait les médias pour leur expliquer sa réelle impossibilité à intervenir... Des badauds connectés par smartphone aux chaînes d'information  échangent : "Le père jouait à Pokemon go..." Un journaliste de TF1-LCI arrive sur place. Il indique que ses confrères envoyés à l'arrivée de l'avion se sont fait envoyés paître par la jeune mère. "Quelqu'un leur a même crié : charognard... Je ne sais pas à qui c'était adressé..." Leurs collègues de BFM témoignent du même refus qu'ils ont essuyé devant l'immeuble à son arrivée. Des journalistes de RTL Allemagne se sont pourtant introduits dans les étages de l'immeuble. Ils redescendent bredouille. "Elle nous a ouvert, mais pour nous dire qu'elle ne voulait pas parler."

Les voisins de la maman, au 6e, des Réunionnais aussi, ont ouvert leur porte, mais ils ne savent rien... "Elle est très agressive", témoigne le caméraman de RTL. Sur les images qu'il fait défiler, on voit la maman ouvrir la porte. " C'est vous la mère du garçon ?" "Non, je suis sa merde et vous aussi ! Entrez et j'appelle la police ! Dégagez ! Mon fils dort, vous allez le réveiller !" Profitant du passage d'un locataire de la résidence, quelques journalistes (dont votre narrateur) s'introduisent et parviennent devant la porte de la dame au 6e. Elle ouvre pour dire qu'elle ne souhaite pas parler à la presse. On lui demande toutefois si elle est rassurée par le fait que le procureur ait accepté de rendre son fils à son père. "Quelle personne sensée ne serait pas rassurée", répond-elle non sans moins d'agressivité. Elle regrette surtout qu'un "moment d'égarement" de son mari, "une affaire de famille comme ça", ait pu les projeter à la une de l'actualité nationale. Elle ne veut rien dire de son fils, ni de son mari... Elle explique son agressivité en disant avoir "le sentiment d'être jugée par la France entière". Affirmant qu'elle est quelqu'un de discret, elle refuse encore et encore de parler devant les caméras, concédant simplement qu'elle était heureuse de retrouver son enfant sain et sauf.

FXG, à Paris

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