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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 06:30
Photo Stéphane Burlot

Photo Stéphane Burlot

Jean-Luc Mélenchon en Martinique et en Guadeloupe du 16 au 20 décembre. A l’occasion de ce déplacement, le candidat de la France insoumise publiera « Les Outre-mer, notre chance », un document de travail programmatique qui sera ouvert à commentaires et contributions via la plateforme jlm20107.fr

"Je n'ai jamais accepté le terme de régions ultrapériphériques"

Comment estimez-vous la manière dont la France gère ses outre-mer ?

Après deux décennies, on est au bout d'un modèle économique. Les Outre-mer sont considérés comme des espèces de hubs commerciaux avec des marchandises de l'Union européenne à destination de la population locale et éventuellement du territoire le plus proche... Comme ce système ne marche pas, on a voulu croire qu'en faisant de la défiscalisation et de la décharge de cotisations sociales, on allait stimuler comme ça une production locale. Tous ceux qui croyaient que cette politique pouvait fonctionner doivent se rendre à l'évidence que ça ne fonctionne pas. Mais, curieusement, tous se réclament de la continuité de ce type de méthode et même de son amplification, aussi bien pour Mme Le Pen qui l'a récemment déclaré, que M. Fillon et naturellement que tous les socialistes.

Ils demandent une base pour leurs yachts de plaisance et de leur livrer des bananes. Moi je vous demande de livrer à la métropole et au continent qui nous entoure les ingénieurs spécialisés dans les techniques qui ont à voir avec l’économie de la mer parce que c'est le futur de la France.

Encore faut-il pouvoir les former...

Il faudrait que dans lycées professionnels, il y ait des filières depuis le CAP jusqu'au BTS qui permettent d'arriver à la licence professionnelle au moins. Les îliens sont précisément ceux qui sont dans la situation de pouvoir expérimenter. Toutes les îles devraient, avec leurs assemblées locales, prendre la décision de parvenir à l'autonomie énergétique. Pas comme un voeu pieux, mais avec un calendrier et de la visibilité pour les entreprises locales qui feraient des investissements. Il serait d'ailleurs préférable que l'Etat et les collectivités investissent directement plutôt que de faire des dispenses fiscales ou sociales qui au bout du compte sont prises en charge par le budget de l'Etat au profit de très peu de monde.

Votre projet, c'est quoi ?

Les départements et territoires d'Outre-mer peuvent avoir un avenir autre et endogène. Il y a un modèle de développement économique possible et il faut partir des nécessités fondamentales des territoires : l'approvisionnement énergétique, la souveraineté alimentaire. Vous ne pouvez pas avoir d'économie locale si vous n'êtes pas capable de produire votre énergie d'une manière non polluante. Il y a de l'industrie autour de l'économie de la mer, beaucoup d'industries. Le développement d'un type industriel et technologique de haut rang sur cette base n'est pas une utopie.

Et que fait-on avec l'agriculture ?

La souveraineté alimentaire, je sais bien que ça n'est pas toujours possible à 100%.  Mais je demande simplement qu'on interroge à quel point elle n'est pas possible. Il y a une planification nécessaire pour le retour à l'agriculture vivrière. Si ça ne produit pas ipso facto la souveraineté alimentaire, ça peut permettre néanmoins un abaissement du niveau des prix de l'alimentation et une élévation de sa qualité. C'est quand même un problème important qui se pose dans les îles. Il ne faut pas simplement changer la manière de produire et d'échanger, mais aussi la manière de consommer. Là aussi, on a atteint une limite. Le meilleur moyen de nous nourrir, c'est de revenir à une agriculture vivrière et c'est le plus facile à faire. Là aussi, il faut un haut niveau de culture et de formation d'autant que les sols ont été dévastés par le passé par l'utilisation massive et irresponsable de pesticides et autres intrants chimiques. Cette transition nécessite donc elle aussi de la formation qualifiante.

Et le tourisme ?

Tant mieux qu'il y ait du tourisme. Mais on ne peut pas construire un mode de développement uniquement sur ce registre. Il y a le positionnement géographique des outre-mer, on parle des ambassadeurs de la France mais pourquoi faire ? La France doit s'impliquer dans les zones régionales de coopération. Je n'ai jamais accepté le therme de « régions ultrapériphériques » parce que cela suppose que le centre est l'Europe et son proche voisinage. Mais la France est présente sur les cinq continents. J'estime que les Caraïbes ont à voir avec l'ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique), elles ont à voir avec des mécanismes de coopération économique et militaire extrêmement denses qu'il faut construire avec nos voisins.

L'Europe est un frein aux échanges, avec ses normes...

Les décisions qui ont été prises pour l'Europe ne l'ont jamais été en tenant compte de la situation particulière de la France et de ses outre-mer. Je suis pour la désobéissance aux normes absurdes proposées par Bruxelles. Il faut que nous sortions des traités... De toute façon, si le TAFTA, le CETA sont appliqués, il n'y a plus d'Europe ! L'essentiel de son marché serait intégré dans une zone beaucoup plus grande, soumise à ses arbitrages qui n'ont plus rien à voir avec les directives et les lois européennes. Ce sera le cas avec les tribunaux d'arbitrage prévus par ces traités. De toute façon, que l'on m'apprécie ou pas la question de l'organisation de l'Europe va se poser. C'est tellement vrai que les cinq présidents (Commission européenne, BCE, Europarlement, Conseil de gouvernement et Eurogroupe, ndlr)) ont prévu en 2017 de faire une proposition de traité. Vous observerez que tout ça est très discret parce qu'ils n'ont qu'une peur, c'est que les gens s'en emparent...

Qu'attendez-vous des Ultramarins ?

Les Outre-mer ont un investissement particulier dans la prochaine élection présidentielle. On peut penser que la métropole a une profondeur de résistance qui permettrait d'encaisser encore d'autres chocs libéraux, mais les outre-mer français non ! C'est maintenant que se joue de manière assez définitive notre avenir.

Les Antilles ont largement voté Hollande en 2012. Comment allez-vous les convaincre de vous choisir ?

M. Hollande leur avait que son ennemi était la finance et qu'il allait renégocier le traité européen. Les gens se sont dits en toute bonne fois que François Hollande allait le faire et ils ont fait un vote digne, conscient et maintenant, de la même manière, ils font un bilan. Il ne faut jamais sous-estimer l'intelligence populaire. Ils ont à choisir dans l'élection qui vient entre deux logiques, celle de la cohérence que j'incarne et celle de gens comme M. Fillon ou M. Macron qui sont la prolongation du libéralisme et de la mise sous tutelle des DOM et des TOM pour lesquels ils n'ont aucune espèce d'idée sinon de continuer à les considérer comme des lieux où l'on fait de l'engraissement fiscal.

Vous êtes un un Français d'Europe. Comment vous adressez aux Ultramarins ?

Je suis un homme qui vient d'un métissage profond entre les deux rives de la Méditerranée et je suis passionné par tout ce qui s'est passé sur le continent qui est en face de vous et peut-être que parmi tous les candidats à la présidentielle, je suis le seul qui le connaît réellement d'un bout à l'autre. De même les Caraïbes sont loin d'être des inconnues pour moi compte tenu de tous mes passages dans  ce secteur, soit à titre privé soit à titre officiel. Vous le savez tous, ici, je suis chez moi.

Que pensez-vous de Mayotte ? Devrait-on la rétrocéder aux Comores ?

Jamais ! Je suis profondément ému par l'idée que les Mahorais aient choisi d'être Français. Je me souviens des manifestations à Anjouan... Si les Mahorais veulent retourner aux Comores, ce n'est pas moi qui m'y opposerai. Mais si on me demande mon avis, je ne vois pas pourquoi on le ferait.

Avec vous, la France resterait-elle dans le commandement intégré de l'OTAN ?

Non ! Nous n'avons aucune raison d'être dans les fourgons des Etats-Unis d'Amérique parce que l'OTAN, c'est juste l'armée des E-U étendue. Les achats d'armement se font d'une manière qui n'envisage jamais l'indépendance de notre patrie. Ca a assez duré ! On passe à un autre modèle, d'abord d'indépendance nationale, et ensuite de nouvelles coopérations. Nous avons plus à voir avec les BRIC qu'avec l'OTAN. Je serai le constructeur au nom de la France d'une vraie alliance altermondialiste qui corresponde à notre vision du monde, aux peuples qui veulent protéger leur souveraineté.

La colonisation est un sujet qui touche aux Antilles. François Fillon l'a éprouvé... Quel est votre regard sur notre histoire ?

L'histoire n'est pas une matière froide. Je suis un universaliste, je ne trie pas entre les Français et nous n'allons pas reproduire perpétuellement les guerres de nos ancêtres. Il n'y a rien de légitime dans la colonisation et pourtant je suis un enfant de pieds noirs, pauvres certes, mais de pieds noirs quand même. Je n'ai jamais accepté que l'on oublie que la colonisation était un acte de violence. Maintenant, je me méfie du fait de le ressasser. J'ai dit une fois très solennellement, quand on m'a demandé où j'irai en premier une fois élu, que j'irai à Alger et que je leur dirai : "Maintenant, la guerre est finie, on s'aime." C'est quand même un petit miracle, entre Français des Antilles, de la métropole, globalement, ça fonctionne bien, il y a un sentiment affectueux d'appartenance. Je trouve injuste que la population d'origine maghrébine soit continuellement montrée du doigt dans notre pays. Ca ne correspond pas à l'amour de la patrie qu'on ressent de la part des très nombreux Français qui en sont membres.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 06:07

Hit Lokal Awards 2017 : la playlist officielle

L’association Hit Lokal présente à l’occasion de leu 5ème édition, les hits de l’année (les meileurs artistes et musiciens des DOM) réunis sur la playlist officielle, une compilation des plus gros titres de l’année 2016 : Bamby, T Kimp Gee, Euridee's, Poplane, Princess Lover, Sorrow, Yoan, Pix’l, Nesly, T-Matt, Maxxy Dready, Mikl ou Encore Admiral T. La playlist est disponible depuis le 13 décembre à l’écoute et en téléchargement légal sur Deezer et Spotify. Elle sera mise à jour tous les mardis pendant la période des votes (10 décembre-10 janvier). A partir du 10 janvier et jusqu’à la cérémonie - le 24 février-, c’est l’ensemble des artistes nominés qui seront regroupés dans la liste de diffusion.
Pour accéder à la playlist et voter :

https://streaming.lnk.to/Hit_Lokal

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 05:08

FO Pénitentiaire exige des excuses du contrôleur général des lieux privatifs de liberté

Deux lignes discrètes dans le rapport publié le 14 décembre par la CGLPL, Adelibe Hazan, sur la situation à la prison de Fresnes où travaillent de nombreux Ultramarins, a mis les syndicats hors d'eux. Deux lignes où elle critique l'usage du créole entre les surveillants pénitentiaires domiens. La CGLPL écrit : « La langue créole est fréquemment utilisée pour les échanges professionnels entre surveillants, ce qui limite le contrôle hiérarchique et donne aux personnes détenues un sentiment d'incompréhension des décisions qui les concernent."

"Faux et archi-faux, dénonce SNP Outre-mer FO, c’est un vieux serpent de mer qui est véhiculé depuis trente ans dans les esprits, depuis l'époque de l'arrivée importante de personnels pénitentiaires ultramarins à la maison d'arrêt de Paris, la Santé, Trente ans après, on nous ressort les mêmes ficelles, ça suffit !"

Alors, puisque la contrôleuse des prisons a décidé de parler de l'outre-mer, le syndicat sort son répertoire : "Pourquoi ne parlez des discriminations administratives dans les droits à congés bonifiés des ultramarins ? Ce qui se passe dans la gestion de ce dossier est inhumain et intolérable." Le SNP-Outre-mer FO parle même de "traite négrière administrative" des Ultramarins.

"Pourquoi ne parlez vous pas de l'accueil des élèves ultramarins dans cette administration. Un jeune guyanais crevait de froid comme un chien devant les portes de la maison d'arrêt d'Epinal, que dire des évaluations stigmatisantes dont ils sont affublés pour redoubler ou être licenciés ?"

Le syndicat veut rappeller à Mme Hazan la situation d'un surceillant guadeloupéen relégué dans les sous-sols parce que le chef de détention ne supportait pas sa coiffure... Il évoque encore l'absence de programmes immobiliers pénitienoiaires dans les Outre-mer.

"L’histoire Pénitentiaire, écrit FO, s'écrit avec le sang du bleu", lors des évasions et mutineries. "Il n’y avait ni Céoles, ni Gaulois mais tout simplement des bleus..."

Le SNP FO menace de saisir SOS Racisme, le MRAP, le CRAN si Mme Hazan ne s'excuse pas publiquement.

FXG, à Paris

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 06:00
Erik Pedurand aux sources d'Eugène Mona

Erik Pédurand donnait un concert à Paris le 19 novembre dernier, l'occasion de présenter son dernier opus, "Tribute to Mona". Il sera au casino de la Batelière le 26 décembre, puis le 10 février à l'Artchipel à Basse-Terre.

Erik vit depuis trois ans à Detroit où il donne des cours à l'alliance française quand il n'est pas aux Antilles ou à Paris avec ses musiciens, The Keeys. Interview.

"Il y a quelque chose de subversif en Mona"

Est-ce facile de créer loin de vos racines antillaises ?

Pas simple du tout et c'est pour ça que je suis toujours resté en lien avec mon pays et je m'y suis rendu dès que j'en avais l'occasion ! C'est comme ça que je suis arrivé à développer mon projet en lien avec ma culture et mes racines, que je suis allé chercher Mona au fond de son morne en Martinique. C'est un projet hybride et c'est une orientation que je vais prendre pour les années qui viennent. Je vais chercher des choses avec lesquelles je n'ai pratiquement pas grandi. Dans les années 1990, la musique traditionnelle est pratiquement absente des radios. Les intellectuels étaient très proches de leurs racines, mais pas le reste de la population. Aujourd'hui, ça tourne un peu et j'ai envie de faire partie de ceux qui viennent diffuser ces racines.

Pourquoi Eugène Mona ?

Il y a quelque chose de particulièrement subversif en Mona. Il fait partie de ces artistes qui sont morts incompris. Il a connu quelques succès commerciaux vers la fin de sa carrière, mais ce n'était pas exactement le coeur de son art. Guy Conquète est proche de lui et je pense d'ailleurs à faire quelque chose avec lui. Leur époque, les années 70, début des années 1980, est marquée par une forme de colère noire. Nous sommes après le mouvement des droits civiques au Etats-Unis, c'est l'apparition du GLA en Guadeloupe, Aimé Césaire est toujours là... Tout ça crée un climat social et intellectuel qui fait que ces musiques ont pu germer. Les morceaux de Mona que j'ai choisis ont cette énergie là. J'aime le personnage de Mona, il a un côté gauche, brut. Il n'y a pas nécessairement de raffinement, mais il est toujours ancré. Je trouve ça particulièrement intéressant.

Pourquoi avoir choisi Bwa brilé ?

C'est un morceau connu qui parle du labeur et on a voulu retourner complètement ce qu'on sait de la musique de Mona et ce à quoi qu'on s'attend. On a voulu éclairer sa musique par un autre regard, le mien et celui des musiciens. On a dit de Mona qu'il était mystique et il y a beaucoup de choses étranges chez Mona, parfois dérangeantes. Je crois que ça émane d'une forme de frustration qui l'empêche d'exprimer à 100 % l'étendue de son imagination, de son inspiration...  A quel point il est transcendé, à quel point il a envie que la cause noire avance, que la Martinique soit vivante, debout, indépendante. C'est cette effervescence des années 1970 que je trouve magique et que j'ai voulu capturer parce que ça ressemble aussi à notre époque. Il y a beaucoup de nationalisme, en tout cas, de gens qui se séparent, une grosse conscience noire qui resurgit avec le mouvement Black lives matter. A Paris, il y a de plus en plus d'Antillais conscients de leur communauté... C'est une ambiance. Bwa brilé, c'est cette évidence...

Et Angoulous sé lamo ?

C'est le côté nihiliste de Mona ! Dans une Martinique très ancrée dans les valeurs catholiques, encore dans des valeurs conservatrices, je trouve génial qu'il écrive des choses comme ça : "Nous ne sommes que des corps, que des cadavres... Nous allons mourir demain..." C'est un etat d'esprit dans le monde, les punks contre Thatcher, mais aussi Féla Kouty dont j'ai repris "Ti milo", parce que c'est de l'afro beat, parce que c'est une musique dissidente...

Quel lien faites-vous entre vos deux précédents albums, "Chayé ko" et "Ecole créole" ?

Il y a une constante dans ma façon de travailler : je fonctionne avec un groupe de musiciens, un groupe de compositeurs. Je ne sis pas seul, jamais seul depuis le début. J'ai toujours recruté des compositeurs en force qui maîtrisent leur instrument. Ralph Lavital, Gwenaël Ladeux, Mathieu Edouard ou Wendy Milton sont des virtuoses, ils ont le talent de l'écriture et ils s'entendent entre eux. Depuis quatre ans que je travaille avec eux, je me positionne comme chef d'orchestre et je viens avec une proposition d'écriture. A partir de là, je ne me pose pas de limite. Mais en dehors de ça, il n'y a pas nécessairement de lien évident entre l'un ou l'autre album. Ce que j'ai voulu faire avec cet album, c'est un pont entre musique traditionnelle et musique urbaine, à la fois afro-américaine, hip hop et électro avec un socle traditionnel.

Où avez-vous réalisé cet album ?

Entre la Martinique et Paris.

Jamais à Detroit ?

Non, pas encore... Mais j'aimerai bien construire une autre histoire à Detroit. C'est à la fois la ville du rock et celle de l'électro. Ca fait longtemps que la Motown n'est plus là. Tout le monde est parti à Chicago ou New York, mais sont restés les white trash et les Noirs pauvres qui travaillent avec leur petite console. Il y a un mouvement underground électro avec des trucs très sales, inécoutables, et quelques trucs de très bonne qualité.

Comment est-ce de vivre à Detroit ?

Detroit est la ville de l'échec capitaliste américain, mais je m'y trouve plutôt bien. Au début, il s'agissait pour d'un besoin de vivre autre chose, découvrir de nouveaux horizons et puis je me laissé prendre au jeu, je me suis senti proche de la communauté afro-américaine et j'ai commencé à m'engager dans des causes un peu politiques. Detroit ne sent pas la joie de vivre, mais beaucoup de choses se révèlent en moi. Je me sens beaucoup français à l'étranger que je ne l'étais à Paris. Je découvre ma culture française, ma culture antillaise, je découvre qui je suis et qu'il y a des choses de possible. Je vis une sorte de panafricanisme, de rencontres avec les afro-américains, les Antillais, les autres cultures noires du monde.

Est-ce que Detroit un environnement propice à votre création ?

C'est un environnement post-industriel. Une ville qui a des allures de fin de monde, un peu apocalyptique. Il y avait une forte activité depuis le début du XXe siècle jusque dans les années 60 où on a commencé à délocaliser. Il y a eu une crise économique et s'en sont suivies quelques crises sociales. L'une des crises qui a vraiment sonné le glas de cette ville de Detroit, c'est la crise raciale. Après les émeutes, les gens se sont séparés. Les Blancs sont partis très loin autour de la Detroit Metropolitan area et dans la ville ne sont restés que les Noirs. Les Noirs n'ont pas de capital aux Etats-Unis et la ville est restée en décrépitude pendant trente ans. Ce n'est que depuis 2011, qu'on assiste à un réveil de la ville et ça m'inspire vraiment de voir cette ville renaître. Rien n'est pareil d'une semaine à l'autre.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 05:41

Muriel Icaré-Nourel et Sylvio Létard inéligibles pour un an

Saisi par la Commission de comptes de campagnes et financements politiques, le Conseil d'Etat a déclaré, hier, Muriel Icaré-Nourel inéligible aux fonctions de conseiller à l'assemblée de Guyane pour un an. Muriel Icaré-Nourel, membre du parti radical et de l'UDI, conseillère régionale de 1998 à 2010, et ancienne conseillère municipale de Remire-Monjoly, avait pris en décembre 2015 la tête d'une liste "L'union Guyane" qui a recueilli 573 voix, soit 1,59 % des suffrages au premier tour des élections à l'Assemblée de Guyane. La CNCCFP reproche à la candidate d'avoir inscrit dans son compte de campagne la somme de 13 207 euros directement réglés par elle, soit 70 % du montant des dépenses et 10 % de leur plafond. Le Conseil d'Etat a par ailleurs estimé "caractérisé" ce manquement à la règle et validé le non remboursement forfaitaire des frais de campagne de la candidate. Et comme ce manquement est non seulement "caractérisé", mais encore "délibéré", le conseil d'Etat a décidé de prononcer l'inéligibilité.

Sylvio Létard, quant à lui, avait recueilli 174 voix (0,48 % des suffrages exprimés au premier tour de l'élection territoriale à la tête de la liste "Pour une nouvelle vision de la Guyane française : un statut ambitieux et cohérent". Celui-ci n'a pas fait présenter son compte de campagne par un expert-comptable alors qu'il a bénéficié de 1275 euros de dons. Le conseil d'Etat le prive du remboursement forfaitaire de sa campagne et le rend inéligible pour un an.

FXG, à Paris

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 06:16
Les rapporteurs de la loi égalité réelle outre-mer au Sénat

Les rapporteurs de la loi égalité réelle outre-mer au Sénat

La loi égalité réelle outre-mer revient au Sénat

Le projet de loi d'Ericka Bareigts sur l"égalité réelle outre-mer est revenu mardi matin au Sénat devant la commission des lois, préalable à son examen public.  Ce projet de loi vise à améliorer la vie de 3 millions d'ultramarins sur la base de plans de convergence, "des outils adaptés à la diversité des territoires, selon la ministre, et permettant leur émancipation économique tout en préservant la solidarité nationale". Ainsi le projet poursuit l'harmonisation des prestations sociales entamée en 1996 (allocations familiales pour les indépendants, allocations vieillesse des personne au foyer), la lutte contre la vie chère et la création d'un small business act qui réserve un tiers des marchés publics aux PME locales ou l'élargissement de l'aide au fret pour les échanges régionaux et les transports de déchets pour leur valorisation. Concernant l'éducation, le projet de loi propose d'expérimenter pour 5 ans l'école obligatoire de 3 à 18 ans et, sur l'habitat social, la suppression de l'agrément fiscal.

D'emblée, les sénateurs de l'opposition gouvernementale ont fait part de leurs doutes sur la nécessité de garder deux dates commémoratives de l'histoire de l'esclavage (10 et 23 mai). Le sénateur Magras (LR Saint-Barth) a fait part de son opposition au principe d'égalité réelle en rappelant que "les territoires tirent leurs forces et leurs richesses de leurs différences" en rappelant les dégâts causés par le traitement égalitaire de l'Europe aux Outre-mer... Chantal Desseyne (LR), de la commission des affaires sociiales a bien noté l'extension des allocations familiales aux travailleurs indépendants qui ne sont pas à jour de leurs cotisations sociales, mais elle a posé la question de leur recouvrement quand seuls 50 % de ces charges sont payés outre-mer... La même a posé la question de la cotisation sociale sur les rhums, "30 fois inférieure à la métropole avec une bouteille à 6 ou 7 euros". Elle ajoute : "Cette préoccupation majeure de santé publique doit d'appliquer à l'ensemble du territoire..." Vivette Lopez (LR), rapporteur de la commission des affaires culturelles a mis en garde contre le pouvoir de saisine du CSA par l'office des langues régionales ou encore la tenue d'un état civil bilingue. Georges Patient (PS Guyane) a regretté que ce projet de loi ne vienne corriger le traitement des communes avec l'inégalité des dotations ou encore l'exclusion de la seule CCI de Guyane pour tenir le registre du commerce... Gélita Hoarau (PCR) a demandé pourquoi ne pas en profiter pour faire sauter les 40 % de vie chère... "Supprimer les 40 %, a répondu la ministre, c'est enlever 2 % du PIB à la Réunion."

Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a confirmé mardi après-midi dans sa déclaration de politique générale devant les députés que la loi égalité réelle outre-mer serait examinée début 2017 au Sénat et adoptée définitivement d’ici la fin du quinquennat.

FXG, à Paris

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 04:09

Air Caraïbe défiscalise un ATR

Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer, a annoncé les agréments obtenus par  Air Caraïbes et Air Tahiti dans leurs dossiers de défiscalisation. Il s'agit, a ajouté le cabinet de la ministre, d'un ATR pour Air Tahiti, et d'un ATR pour Air Caraïbes. Dans les deux cas, ces appareils sont destinés au transport domestique ou "court-courrier". Ces décisions ont été données car "elles participent au renforcement de la connectivité aérienne dans les territoires d’Outre-mer, indispensables au développement des échanges économiques et humains." Le seul gros porteur destiné au long courrier ayant été récemment défiscalisé était un Airbus d'air Caraïbes destiné à relier la Guyane à Orly.
FXG, à Paris

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 06:52
Cambadélis aux Antilles

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS est arrivé le 9 décembre en Martinique, puis le 11 en Guadeloupe, juste avant le lancement de la primaire du parti socialiste. Interview.

"Je demande à Macron et Mélenchon de participer à la primaire"

Pourquoi ce déplacement à ce moment ?

Je ne suis candidat à rien, si ce n'est au rassemblement de l'ensemble de la gauche. Je fais un tour de tous les territoires ultramarins parce que ce gouvernement est le plus pro-ultramarin de la Ve République, vu l'ensemble des mesures qu'il a pu prendre. Le PS, de son côté, veut donner une impulsion à ses fédérations. Je me suis rendu à Mayotte et à la Réunion, je vais aujourd'hui aux Antilles... Je vais faire des rencontres, avoir des discussions avec des militants et des sympathisants, pas de grand meeting ! Je ne viens pas donner la leçon, je viens écouter, comprendre, mesurer et ramener après ce qui est réellement, non pas des applaudissements, mais ce que pensent les gens.

Hormis Serge Létchimy et Victorin Lurel, avez-vous des amis aux Antilles ?

Louis-Joseph Manscour, le député européen est un ami personnel, mais il y a beaucoup de socialistes et de responsables sur place qui regardent d'un bon œil le courant progressiste.

Que retenez-vous de ce quinquennat pour les outre-mer ?

La loi égalité réelle Outre-mer, une très grande loi ; on n'avait jamais été jusque-là. On était dans l'égalité formelle et on voyait bien que ça ne fonctionnait pas. C'est une très grande avancée sur laquelle il sera difficile de revenir. L'effort que nous avons fait pour l'enveloppe de la mission Outre-mer, malgré un budget plutôt contraint sera poursuivi si nous sommes élus. Mais comme vous savez, nos adversaires proposent 100 milliards de réduction des dépenses publiques. Vous comprendrez qu'il va bien falloir couper dans les subventions et les services publics, les fonctionnaires, les allocations de solidarité... Les ultramarins seront les premiers touchés de cette réduction des dépenses publiques.

Manuel Valls a annoncé sa candidature à la présidentielle, pas à la primaire de la gauche. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Il y a bien une primaire. Mais, les candidats ne doivent pas s'enfermer dans le jeu des partis. Ils doivent parler à la France et aux Ultramarins même s'ils passent par la primaire. Il y a eu une ambiguïté ou une ambivalence dans les propos : ils parlent au pays et en même temps, ils passent par la primaire.

En 2012, les Antilles ont voté Hollande en masse. Depuis les régionales, la situation a changé. Qu''espérez-vous pour 2017 ?

Les Guadeloupéens, les Martiniquais s'interrogent. Mais ils vont comparer avec le programme et les propos de la droite, comme la fameuse formule de François Fillon sur la colonisation, partage des cultures (!) Je ne sais pas comment on peut recevoir cela si ce n'est la forme suprême du colonialisme... Il y a à la fois des programmes et puis le projet qu'il faut mesurer. Après avoir jugé, en bien ou en mal, la politique gouvernementale menée par Victorin Lurel, George Pau-Langevin et Ericka Bareigts, il va falloir comparer ce qui est proposé par les uns et ce qui a été fait par les autres. Je crois que ceci devrait être facile.

Comment faire la différence avec la candidature d'Emmanuel Macron qui était dans ce gouvernement et, avant, le conseiller de Hollande à l'Elysée ?

Il faut placer ce centre gauche devant ses responsabilités, car si nous sommes divisés et coupés en trois entre Jean-Luc Mélenchon, le candidat issu de la primaire de la gauche et Emmanuel Macron, nous mènerons un combat pour savoir qui sera le troisième, mais pas qui sera au deuxième tour. Or, c'est important qu'il y ait un deuxième tour entre la droite et la gauche, parce que je ne vois pas M. Fillon, dans sa radicalité, lancer un appel pour le candidat de gauche s'il était qualifié. Vu le programme de la droite, on va bien être en peine de rassembler le pays autour de son candidat. Ca fait un risque vis-à-vis du Front national. Si on veut conjurer ce risque, il faut retourner à un deuxième tour droite-gauche et pour cela, il faut un candidat qui soit sélectionné par les hommes et les femmes de gauche pour être au deuxième tour. Je demande donc à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon de participer à la primaire pour que la gauche soit au 2e tour de la présidentielle.

Comment vous positionnez-vous ?

Le premier secrétaire du PS est obligatoirement impartial évidemment, mais il y a des arguments que je ne peux pas accepter. On ne peut pas dire "Manuel Valls s'est disqualifié en disant que les deux gauches étaient irréconciliables" et estimer qu'on ne pourra jamais se réconcilier avec lui. C'est la primaire qui tranchera et rassemblera. Organisons la primaire et laissons les citoyens trancher, pas seulement sur la base d’hier, mais éclairons demain. Parce que s'empailler sur le lait renversé, ça ne fait pas rentrer le lait dans la bouteille !

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 05:31
Jimmy Terrine de GPX Outremer est le troisième en partant de la droite

Jimmy Terrine de GPX Outremer est le troisième en partant de la droite

La diversité dans les polices européennes

Le Martiniquais Jimmy Terrine, président de GPX Outremer, l'association de gardiens de la paix qui se battent pour réformer le système des mutations en outre-mer, a participé les 29 et 30 novembre derniers à Paris, au séminaire de l'Open Society Initiative For Europe (OSIFE). Nick Glynn, chargé du programme senior de gouvernance du maintien de l'ordre et de la sécurité au sein de OSIFE, a exposé le fonctionnement de son organisation et relevé, notamment, "les avantages de la diversité au sein des services de police et son impact sur la sécurité et la sûreté au bénéfice des citoyens". May-Britt Rinaldo, de la commission professionnelle de l'International Police Association (IPA), a évoqué "les opportunités de collaboration entre les organisations de policiers issus de la diversité à l'échelle européenne et internationale". Le public était composé de dirigeants et représentants d'organisations policières issues de la diversité de France, Belgique, Suède, Pays-Bas ou Royaume Uni.

Jimmy Terrine a partagé ses expériences avec ses homologues européens et entend "continuer à être force de propositions en matière de sécurité et faire rayonner ses actions porteuses et sa diversité" dans ce réseau international.

FXG, à Paris

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 05:36
Le patron de SNCF events face à GPL, Baroin et Bareigts

Le patron de SNCF events face à GPL, Baroin et Bareigts

Inauguration du train des Outre-mer

Le train des outre-mer va partir ! En voiture ! La ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, deux anciens ministres des Outre-mer, (George Pau-Langevin et François Baroin) un président et une conseillère territoriale (Didier Robert de la Réunion et  Louise Telle de la Martinique, la vice-présidente de Guyane, Helène Sirder est excusée), quelques sénateurs (Michel Magras de Saint-Barth, Hilaire Vandegout de Nouvelle-Calédonie, Taini Soilihi de Mayotte) et les nombreux partenaires du train des Outre-mer se sont retrouvés mercredi matin sur la voie M de la gare de Lyon pour l'inauguration "Ce train contribue, explique Ericka Bareigts, à briser les stéréotypes (...) reconnaître la différence, la diversité comme une richesse."

Ce train-corail est réaménagé en déambulatoire aussi long que la rame, conduisant même à une salle de conférence d'une cinquantaine de places. L'enjeu, c'est une visibilité dans une douzaine de villes sur le parcours. "C'est d'abord un enjeu touristique", explique Gaëtan Paderna, du comité martiniquais du tourisme. Nous avons prévu dans plusieurs villes d'inviter des agents de voyage pour découvrir les dernières actualités de la destination avec l'objectif qu'ils puissent mieux programmer et mieux nous vendre."

En faisant ce tour de France, le train des Outre-mer fait parcourir 66 000 km de destinations ultramarines à ses visiteurs de province. "Ca offre un peu de connaissance et donc de compréhension, commente François Baroin, partenaire du train des Outre-mer au titre de l'association des maires de France qu'il préside, ça rapproche un peu la planète, le globe..."

Dans le train expo, la Guyane et le CNES ont fait front commun pour partager l'espace d'un wagon. La Martinique en a pris 25 m2 à côté de la banane de Guadeloupe et Martinique et du stand "Ile de la Réunion Tourisme" (IRT). La Fédération des entreprises d'Outre-mer aussi est dans le train.

Des écoliers parisiens sont montés à bord. Ils découvrent en jouant avec des hôtesses la Réunion, Mayotte, Tahiti, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis et Futuna, la Nouvelle-Calédonie et même les TAAF. La Guadeloupe manque un peu, tout juste représentée par la communauté de communes de l'agglomération pointoise, Cap Excellence. George Pau-Langevin, aujourd'hui députée de Paris était ministre quand la SNCF lui a proposé ce projet : "Je regrette beaucoup, explique-t-elle, que certaines collectivités territoriales aient estimé que ça ne valait  pas la peine. C'est une occasion de donner envie à des publics de province de venir, c'est un atout pour le tourisme dans tous les territoires, y compris la Guadeloupe." "Chaque personne qui nous visite, raconte Gaëtan Paderna, voyage en Martinique et découvre des thématiques autour de nos fêtes et traditions, c'est-à-dire, ce qui nous ressemble." "Nous valorisons l'ensemble des atouts du territoire, poursuit son voisin réunionnais, que ce soient les filières agricoles, touristiques ou économiques." François Baroin y voit des opportunités de partenariats touristiques avec des grandes métropoles françaises ou universitaires : "On a beaucoup à apprendre de la vie en outre-mer, déclare-t-il, et beaucoup à prendre pour régler pour essayer de régler nos problèmes. C'est ce que j'ai compris quand j'ai quitté le ministère de l'Outre-mer."

Parti le 5 décembre de Lille, le train des outre-mer atteindra son terminus le 18. "Brest même ! Tout le monde descend !"

FXG, à Paris

Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer : "C'est le train de l'égalité, le train de la fraternité, le train de la liberté, le train de la République, parce que les Outre-mer représentent tout ça historiquement et pour l'avenir." (Photos FXG)

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