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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 04:09

Un trophée pour les présidents d'associations ultramarines en Ile de France

La salle des fêtes de l’hôtel de ville de Bondy a accueilli le 2 mai dernier le gala des présidents d’associations ultramarines, sous le haut patronage de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale.

Lors de cette 3e édition, le Réseau Initiative Stratégie Intelligence, organisateur de ce trophée, a récompensé les présidents d’association méritants, reconnus pour l’ensemble du travail accompli sur plusieurs années. Marie-Antoine Séjean, présidente de Nutricréole, Gaston Calife (Case Sociale), Jean Luc Cyprien (Grande Vigie), Nita Alphonso (Madi & Kera), Jacques Ambrosio (Accolade) ainsi que Jean Pierre Passe-Coutrin (pour son militantisme en faveur de la cause ultramarine) sont les heureux lauréats de l'année.

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 14:03

Genèse d'un projet de loi

La nomination, annincée le 9 mai en Guadeloupe par François Hollande, de Victorin Lurel comme député en mission chargé de préfigurer la future loi pour l'égalité réelle fait suite à l'intense lobbying mené par le président du CreFOM, Patrick Karam, depuis sa première rencontre avec le président de la République le 12 mars 2014. En témoigne le courrier du chef de l'Etat du 14 avril 2014 : "L'égalité réelle entre les outre-mer et le reste de la Nation est un objectif auquel je souscris totalement. Après l'égalité civique et l'égalité vis-à-vis des systèmes de protection sociale, au moins s'agissant des départements d'outre-mer, il faut viser aujourd'hui l'égalité économique." Le 21 novembre dernier, au dîner du CReFOM, François Hollande s’engage en répondant favorablement au président du CREFOM : « Vous me demandez un plan pluriannuel en faveur de l'égalité réelle. (...) Il faut adopter une méthode. Cette méthode, c'est de fixer des objectifs en concertation avec les élus des territoires concernés (...) ensuite, viser des délais qui constitueraient des guides, avoir des critères de mesure..."

Sous la houlette du CReFOM, les trois lobbies économiques ultramarins, la FEDOM, EURODOM et l’UGPBAN se réunissent en janvier 2015. Le dossier est piloté par Guy Dupont, ex-président de la FEDOM et animateur de son think tank. Après de multiples échanges, une proposition de texte est soumise à l’Elysée et à Matignon.

Le 11 avril dernier, à la Journée Outre-mer développement, le Premier ministre évoque dans un même passage de son discours le déplacement du président aux Antilles et l'égalité réelle : "Nous avons, avec le président de la République, une grande ambition pour les Outre-mer. Certains, comme Patrick Karam, évoquent avec talent la notion d’égalité réelle. De nombreux textes émanant notamment de la rue de Solferino, ou de la Fondation Jean-Jaurès, utilisent cette expression. On ne peut pas reprocher à notre ami Patrick Karam de s’inspirer des meilleures sources …"

Manuel Valls donne ainsi un blanc-seing au projet de Karam alors que ce dernier est un conseiller régional UMP d'Ile de France qui revendique son amitié avec Nicolas Sarkozy. Mais aussi avec Victorin Lurel, cheville ouvrière de cette opération et que Hollande reçoit le 21 avril dernier. C'est ainsi que François Hollande a invité Patrick Karam à l'accompagner à l’occasion de son déplacement aux Antilles pour qu'il l'entende en direct annoncer que l'égalité réelle des Outre-mer est une priorité de la Nation.

FXG, à Paris

Patrick Karam, président du CReFOM

"Ce sera une loi cadre"

Pourquoi une loi ?

Au XIXe siècle, nous avons obtenu l'égalité civique avec l'abolition de l'esclavage, au XXe, l'égalité politique avec la loi de départementalisation, au XXIe siècle, ce sera une loi pour l'égalité réelle.

Beaucoup estiment que nos territoires sont assistés...

C'est faux, l'effort global de l'Etat pour les Outre-mer est de 22,5 milliards, 2,2 % du total, Sécurité sociale incluse, pour 4 % de la population. Où est l'assistanat ? La Réunion perçoit 5 % de moins que la moyenne nationale en termes de crédits publics.

Que doit établir ce projet de loi ?

Ce sera une loi cadre pour parvenir sur une génération à l'égalité réelle. Il s'agit d'imposer une obligation de résultat sur des objectifs d'amélioration de la convergence avec le standard hexagonal en 20 à 30 ans. Cette loi doit fixer des objectifs mesurables régulièrement avec un droit opposable collectif.

Comment va être mesuré ce standard ?

Une autorité indépendante contrôlera tous les deux ans l'évolution de l'indice de développement humain et notamment le revenu par habitant. Cette autorité inépendante existe déjà, c'est la commission nationale d'évaluation des politiques publiques crée par la loi de développement économique (lodeom) de 2009. Elle sera en mesure de proposer des mesures particiluères de rattrapage. Son rapport peut être transmis au Parlement.

Les objectifs diffèreront-ils selon les territoires ?

Chacun aura son plan territorial et disposera d'un droit opposable, c'est-à-dire le droit à la réalisation intégrale de ses objectifs garantis par l'Etat au représentant de chacune des collectivités. Ce droit s'exerce par un recours amiable, puis un recours contentieux devant le conseil d'Etat.

Quand sera votée cette loi ?

Le CReFOM plaide pour 2015, mais Matignon indique que ça ne pourra pas être possible avant 2016 car l'agenda est trop chargé. Il faut donc qu'avant la fin 2016, dans chaque collectivité d'outre-mer s'ouvrent des négociations pour forger son plan pour atteindre l'égalité réelle, dire quel projet de développement pour chaque territoire...

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 05:56

Luc Reinette, président du Comité international des peuples noirs, est à Paris pour donner de la résonnance à son interpellation du président de la République à la veille de sa venue en Guadeloupe. Il a ainsi rencontré Edwy Plenel de Médiapart, Béatrice Gurrey du Monde, une équipe de France Ô et a été reçu par Jean-Jacques Seymour sur Tropiques FM. Interview.

"Ce Memorial est un outil de déconstruction du système de pensée coloniale"

Le CIPN est à l'origine du Memorial ACTe et pourtant, vous boycotterez son inauguration par le président Hollande, pourquoi ?

Nous ne voulons pas servir de caution à M. Hollande qui vient avec, nous le pensons, toujours la même façon d'aborder la question. A savoir que pour le président de la République, les réparations sont impossibles ou alors simplement mémorielles. Il y aura certainement une participation financière de l'Etat au Memorial ACTe... Mais en plus le président dit que l'esclavage est un crime odieux certes, mais que c'est un crime commis par les Français contre d'autres Français. Il estime que nous n'avons pas à demander justice à la France.

Vous lui avez adressé une interpellation. Quel est son objet ?

Nous lui exposons notre point de vue sur les réparations et lui posons cette question : Un violeur dont la victime met au monde un enfant devient-il un père respectable ? Bien sûr, nous n'avons pas de réponse. Mais ce qui est important pour nous, c'est de ne pas servir de caution à M. Hollande et de l'interpeller pour qu'il demande pardon, comme l'a fait le pape Jean-Paul II en 1992 au Sénégal au nom de l'Eglise et de l'humanité. Nous pensons que M. Hollande va refuser de demander pardon au nom du peuple français pour les crimes de déportation, d'esclavage et de colonisation. Nous lui demandons aussi de reconnaître l'existence du peuple guadeloupéen et non d'une population. Enfin, nous lui demandons de reconnaître notre droit à réparation en insistant sur le fait que les réparations sont consubstantielles de la colonisation.

Et vous vous adressez aussi au président de Région...

Jusqu'alors, M. Lurel s'était aligné sur les positions de M. Hollande, mais il a évolué puisqu'il a déclaré qu'il n'était pas opposé à des réparations dès lors qu'elles seraient collectives et non individuelles. Il a même saisi le Comité économique et social pour aborder cette question. Les choses évoluent dans un contexte général satisfaisant puisque désormais la quasi totalité des pays du CARICOM ont pris fait et cause pour les réparations et ont même dit que désormais les réparations sont un paramètre qu'ils pensent inscrire dans leur projet de développement économique et social.

Le président a parlé pour les "vieilles colonies" de décolonisation dans la République...

C'est très jacobin. Qu'ils soient de droite ou de gauche, les dirigeants français veulent faire de nous leurs parents et que nous oubliions le passé. Quelque part, il répond positivement à ceux qui disent que nous sommes des Français descendants d'esclaves. C'est une notion qui me heurte profondément parce que ça voudrait dire que nous prendrions l'identité du bourreau de l'époque. M. Lurel est encore dans cette façon de penser qu'il a prise auprès des tenants de cette thèse (le CM98 de Serge Romana, NDLR). Alors si M. Lurel devient favorable aux réparations, il est obligé de se poser la question de son positionnement en termes identitaires. Nous, nous disons que nous ne sommes pas des Français et encore moins des Français descendants d'esclaves, nous sommes des Guadeloupéens colonisés descendants d'hommes et de femmes réduits en esclavage et la décolonisation est notre objectif. Voilà ce qui nous sépare.

Vous étiez pourtant d'accord en 2008 lors de la pose de la première pierre de Memorial ACTe ?

Il y a des moments dans la vie où des hommes habitant le même pays doivent pouvoir se rencontrer pour bâtir ensemble quelque chose qui va les dépasser demain. M. Lurel passera, moi aussi, lais le Memorial restera comme un hommage qu'on aura rendu à nos ancêtres, ceux qui ont été déportés et réduits en esclavage, mais aussi à ceux qui, les armes à la main, ont résisté au rétablissement de l'esclavage en 1802.

Vous n'êtes donc pas contre le Memorial ?

Nous le contestons d'autant moins que c'est le CIPN qui en est à l'origine en 1998. Nous avons transmis le projet en 2008 à la Région. C'est le Memorial des Guadeloupéens et au-delà des Caribéens parce que dès l'origine nous avons voulu que ce Memorial ait une dimension internationale. Son intitulé initial était Mémorial caribéen de la traite et de la l'esclavage et c'est devenu le Memorial ACTe ! Ce Memorial est très important et nous demandons aux Guadeloupéens de se l'approprier. Il est le symbole du génie guadeloupéen avec l'architecte Pascal Berthelot, avec une entreprise guadeloupéenne. Ils ont pensé ce Memorial comme une oeuvre fondamentale. Et c'est la fierté de 300 ouvriers guadeloupéens qui ne construisent pas un bâtiment quelconque, mais le Memorial ACTe ! Demain, on parlera de la Guadeloupe à travers le Memorial comme on parle de la France à travers la tour Eiffel, des Etats-Unis à travers la statue de la Liberté ou encore de l'Australie à travers l'opéra de Sydney. Voilà l'objectif !

On critique aussi beaucoup son coût...

Ceux qui critiquent son coût sont à côté de la plaque ! Même s'il coûte 83 millions, il faut le comparer au MUCEM à Marseille qui a coûté 350 millions pour un coût au départ de 83 millions, au musée des convergences de Lyon qui a été chiffré à 55 millions pour finir à 260 millions. Et ce Memorial va être un moteur de développement. Il va drainer en Guadeloupe des centaines de milliers de personnes sur les décennies qui viennent. Il va générer des ressources pour tous les secteurs d'activité, hôtellerie, gîtes, restauration, transports, artisanat... Dans un pays en panne économique, ce Memorial est un multiplicateur d'investissements. La ville de Pointe-à-Pitre s'en trouve déjà transformée. Ce Memorial est un outil qui servira à la déconstruction du système de pensée coloniale pour que nous puissions enfin nous construire en tant que peuple et en tant que pays.

Comment ouvrir le chapitre des réparations ?

M. Hollande a peur d'ouvrir ce chapitre car les réparations ne vont pas s'arrêter à la Guadeloupe et la Martinique, ça va concerner l'Afrique aussi. On vient de commémorer le centenaire du génocide arménien et l'Allemagne vient de reconnaître une coresponsabilité et annonce qu'elle est prête à envisager la question des réparations. L'Allemagne a déjà réparé au niveau de nos amis juifs. Il est temps que M. Hollande fasse un pas qualitatif. Il doit mettre en place un plan de développement économique et social. Les réparations doivent parler dans un premier temps de décolonisation et d'accession de la Guadeloupe à sa souveraineté, elles doivent aussi donner les moyens de faire exister le présent par rapport aux ressources et transferts publics, mais nous donner les moyens de mettre en place notre projet économique.

Concrètement, c'est quoi réparer ?

Le Comité international des peuples noirs a une ambition pour le monde noir et c'est ce monde qui est le plus en retard de développement. Il faut des sommes importantes sur la longue durée, des sommes issues des pays qui se sont développés sur la base du trafic d'êtres humains et du commerce triangulaire. Ces sommes abonderaient un fonds international visant à financer des plans pluriannuels de développement aussi bien pour l'Afrique noire que pour la Caraïbe.

Mais jamais les possédants ne donneront bénévolement quoi que ce soit...

Il faut que ce soit une décision de justice, c'est pour quoi nous nous battons pour que les réparations deviennent réalité. C'est un combat de toute une vie, mais il ne peut en être autrement.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 07:49

Sarkozy complète son comité des Outre-mer

Nicolas Sarkozy avait annoncé en janvier dernier la création au sein de l'UMP d'un comité des Outre-mer dont il assure la présidence. Jusqu'alors, il avait nommé Daniel Gibbs comme secrétaire général, et annoncé la création de quatre vice-présidences par bassin. Le premier vice-président nommé a été Michel Fontaine pour l'océan Indien puis Pierre Frogier pour le Pacifique. Pour la Caraïbe, Nicolas Sarkozy avait indiqué au mois de janvier qu'il n'avait trouvé personne nonobstant les desiderata de Marie-Luce Penchard. Hier, Nicolas Sarkozy a annoncé la nomination de Samia Badat-Karam pour les ultramarins de l'Hexagone. Mais il n'a encore trouvé personne pour les Caraïbes.

FXG, à Paris

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 06:53

Voyage présidentiel en Caraïbe

Le déroulé du déplacement du président de la République dans la Caraïbe, du 8 au 12 mai, a été dévoilé hier par les services de l'Elysée.

"C'est une visite importante par son ampleur et avec toutes les premères qu'elle contient", a indiqué le sherpa du président. Ainsi, c'est la première fois qu'un chef de l'Etat se rend à Saint-Barthélemy et Saint-Martin depuis qu'elles sont collectivités d'outre-mer et depuis Giscard d'Estaing, aucun ^président ne s'était plus rendu à Saint-Barthélemy. En Martinique ce sera la dernière fois que le président s'adressera aux conseillers généraux et régionaux. A Cuba, aucun président français ne s'y est rendu depuis l'indépendance de l'île en 1898. Enfin, à Haïti, c'est la première visite officielle puisque le président Sarkozy s'y était rendu quelques heures au lendemain du séisme de 2010 pour marquer la solidarité et le soutien de la France.

Le président sera entouré d'une importante délégation à géométrie variable selon que l'on soit dans la séquence outre-mer ou dans celle internationale. Ainsi, François Hollande sera accompagné des ministres Pau-Langevin, Taubira, Girardin et Royal, de Roger Bambuck, Firmine Richard, Simone Schwaerz-Bart, Euzhan Palcy, Jean-Michel Martial, Patrick Karam, Viviane Romana, Olivier Laouchez, Ingrid Maisonneuve-Chaîne (Shopîle) ainsi que du député réunionnais Jean-Claude Fruteau et du sénateur guyanais Georges Patient. L'ancien président du Sénat, Jean-Pierre Bel et le président de l'Assemblée nationale seront aussi de la délégation. A Cuba et Haïti, les ministres Fekl, Touraine et Pellerin, les rejoindront ainsi que Michel Le Bris, François Marthouret et Jérôme Clément.

En Martinique

Le voyage officiel commence le 8 par "un petit passage" à Saint-Barthélemy et Saint-Martin où le président rencontrera les élus. Il s'envolera le soir même pour la Martinique qui accueille le 9 mai la conférence Caraïbe Climat 2015. Avant de se rendre à Madiana pour accueillir les trente chefs d'Etat et de gouvernement de la Caraïbe, François Hollande ira fleurir la tombe d'Aimé Césaire puis le monument aux morts. Cette conférence climat a deux objectifs : préparer les contributions des Etats à la conférence de Paris de décembre 2015 et renforcer la coopération régionale pour que ces petits Etats insulaires puissent s'adapter aux effets du réchauffement climatique. Avant les tables rondes de l'après-midi (les énergies renouvelables, animée par Ségolène Royal, et l'aménagement du territoire et du littoral, animé par Annick Girardin, le déjeuner sera consacré à la coopération régionale dans tous les domaines (climat, environnement, sécurité, transports, numérique...). Ce sera l'occasion aussi tous les acteurs de la diplomatie française et régionale dans la Caraïbe.

Le président Hollande devrait avoir des entretiens bilatéraux avec les Premiers ministres de la Dominique et de Sainte-Lucie ainsi qu'avec le secrétaire général du CARICOM (à noter que la veille, il se sera entretenu avec le gouverneur de Sint-Maarten).

En Guadeloupe

A 15 heures, François Hollande rencontrera les élus martiniquais à l'Atrium avant de filer en Guadeloupe et de rencontrer aussi sec les élus guadeloupéens au palais des sports du Gosier. le président devrait aborder la question du cyclotron et de l'égalité réelle. Concernant le cyclotron, l'entourage présidentiel n'a pas voulu révéler laquelle des deux îles de Martinique ou de Guadeloupe serait l'heureuse élue, mais un conseiller a eu cette phrase prometteuse : "Difficile de faire un choix unique."

Concernant l'égalité réelle, idée chère au président du CReFOM, Patrick Karam, le président devrait annoncer la nomination de Victorin Lurel comme parlementaire en mission chargé d'élaborer un projet de loi fixant objectif, méthode et obligation de résultat...

Le 10 mai, François Hollande prendra un petit-déjeuner avec des chefs d'entreprise avant de déposer une gerbe au monument aux morts de la place de la Victoire et de se recueillir devant la stèle des Cent-sang Sans chaînes.

Ensuite, le président sera accueilli par Victorin Lurel au Memorial ACTe pour trois-quarts d'heure de visite. Il accueillera ses homologues africains et haitien et les chefs de gouvernement de la Caraïbe pour la cérémonie d'inauguration et une photo de famille au morne mémoire.

Le président achèvera sa visite à la mairie des Abymes, puis au SMA avant de s'envoler pour Cuba.

Cuba et Haïti

François Hollande rencontrera lundi 11 mai le cardinal Jaime Ortega y Alamino qu'il devrait décorer d'une cravate de commandeur de la légion d'honneur, puis il rencontrera des étudiants et le recteur. Le président assistera ensuite au déjeuner de conclusion du forum économique où seront signés quelques accords (biomédecine, énergie, transports...). François Hollande inaugurera ensuite le nouveau siège de l'Alliance française au palacio Gomez avant de rencontrer la communauté française. Alors seulement, à 17 h 30 commencera la séquence officielle avec Raoul Castro. L'Elysée a demandé à rencontrer Fidel Castro. Pas de répone pour l'heure.

Le 12 mai, François Hollande atterrit à l'aéroport international Toussaint-Louverture de Port-au-Prince où Michel Marthély l'accueillera officiellement. Ensemble, les deux chefs d'Etat feront un dépôt de gerbe devant le monument à Toussaint Louverture et une visite du panthéon national haïtien avant de s'entretenir en privé. L'après-midi, la délégation se rendra à l'emplacement du futur hôpital de l'université d'Etat d'Haïti que financent la France et les Etats-Unis, en présence de Sean Penn. Après le déjeuner offert par Michel Marthély, François Hollande recevra la commnauté française avant de rentrer en France.

FXG, à Paris

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 06:45

La Réunion s'affiche à la foire de Paris

La Réunion a choisi d'afficher à la Foire de Paris sa façade touristique, ses hébergements et ses activités, mais elle a aussi emmené le savoir-faire réunionnais avec ses artisans, ses producteurs. Achars, vanille, écaille, safran, essences... "On a ramené un petit peu de la Réunion à Paris pour donner envie aux métropolitains de venir nous voir", déclare François Boyer d'Ile de la Réunion Tourisme (IRT).

C'est l'équipe de l'IRT de Paris qui est sur le pont dans les travées du hall tropical, mais tous les autres sont des acteurs économiques (neuf artisans et trois groupements de producteurs - Gîtes de France, Défi Réunion et UHR) qui se sont spécialement déplacés pour la foire pour animer leurs productions.

La Foire, c'est une habitude pour Marie-Rose Séverin, présidente de la CAHEB, mais cette année, elle bénéficie de l'effet "Chinois". "Comme les Chinois sont venus chez nous, raconte Marie-Rose, je ne sais pas quelle télé a diffusé cela, mais les gens viennent me voir, me posent des questions ! Ah, c'est votre géranium ?..." Et voilà comment appâter le client. Marie-Rose a eu un contact avec neuf maisons chinoises et même des Japonais qui viendront à la Réunion en juin.

Dans les allées de la foire, le stand de la CAHEB est séduisant avec ses flacons de vetiver, de géranium, de cryptomeria comme l'est celui de M. Leichniz et sa vanille de Saint-Philippe... Ils n'ont pas de mal à vendre leur marchandise. "Quand on a de la bonne qualité, en général ça se vend", assure Mme Severin.

FXG, à Paris

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 07:36

La Guadeloupe en vitrine à la foire de Paris

Une vingtaine de stands aux couleurs de la Guadeloupe sont installés à la foire de Paris cette semaine. Ils sont là pour vendre la destination Guadeloupe et annoncer la mini-transat Douarnenez-Pointe-à-Pitre qui partira le 19 septembre et au même moment le Grand Pavois de La Rochelle dont la Guadeloupe est l'invitée d'honneur cette année. Alors pour accompagner cette promotion, la Guadeloupe a sorti tout son savoir-faire, tous ses produits d'excellence : les rhums, la banane, les fleurs coupées, les plantes médicinales transformées....

Le CTIG a investi quelque 80 000 euros dans l'opération, mais il n'est pas seul opérateur sur cette foire. La chambre de métiers et la CCI sont aussi de la partie.

"Le retour d'investissement est palpable, assure Marcellin Chingan du CTIG, car beaucoup de gens prennent des informations ici, à la foire de Paris, pour aller en Guadeloupe ou y retourner."

Jean-Yves Ramassamy, vice-président de la chambre de métiers conduit une délégation de 42 artisans grâce au soutien financier de la Région. Leur venue se chiffre à 100 000 euros. La chambre de métiers a donné la priorité aux artisans de l'agro-transformation (alimentaire ou cosmético-médicinale) et aux artisans d'art. "Les Guadeloupéens découvrent la valeur guadeloupéenne à Paris, observe M. Ramassamy et la foire est une occasion d'exporter pour nos entreprises." C'est sur cet aspect de l'export que la chambre entend aider ses mandants. "Nous attendons de connaître l'ensemble des commandes qui vont être réalisées, puis, avec la Région, nous allons les aider à exporter ; nous avons déjà bien négocié pour amener ici 5,5 tonnes de fret." Les surpoids ont été acquittés par les artisans eux-mêmes.

Mabi a mis en vente 600 bouteilles de punch à 32 euros l'unité. Carole Samson, la commerciale des rhums Bielle, vante la qualité de la petite distillerie marie-galantaise avec ses 2000 hl par an. "C'est un rhum très fruité en nez comme en bouche et les gens commencent à le connaître avec sa typicité." Celle-ci provient de l'exigence d'avoir une canne coupée et chargée à la main sur les charrettes à boeufs. "On n'a pas d'apport de boue dans nos machines ! On ne boit que de la canne !" Les arguments fusent car la concurrence est rude : les rhums JM, Clément, Madras et Damoiseau ont un stand, et L'artisan rhumier (Nicolas Bicharra-Jabbour) partage le sien avec Bielle et Bologne...

Cyril Pierrot de la kassaverie de Capesterre-Belle-Eau revient depuis cinq ans à la foire. "Pour présenter aux parisiens, aux métropolitains la kassaverie, mais ça ne rapporte pas !" Il a quand même emmener près d'une tonne de farine et une platine plus petite et moins lourde que les fois précédente. Elle ne fait que 50 kilos ! Les habitués de la foire et de son hall tropical commencent à bien connaître les kassaves des Pierrot ! Mais s'ils sont à la foire de Paris jusqu'à dimanche, ils seront tout de même au rond-point de Petit-Bourg ce vendredi !

FXG, à Paris

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 07:33

La Guyane vend ses savoir-faire à Paris

Artisans de la vannerie, de bois nobles ou précieux en passant par Mme Antoinette, faiseuse de kwak, les fabricants de vêtements traditionnels, les marchands de fleurs et même une écrivaine, Mylène Danglades venue présenter ses oeuvres littéraires... Ils sont 20 exposants, 5 par stand, soit 110 à 120 personnes pour la seule délégation guyanaise à la foire de Paris qui se tient jusqu'à dimanche à Paris. 19 exposants sont venus exprès, le 20e, c'est l'association francilienne Sinamary qui a l'habitude de représenter seule la Guyane en l'absence de représentation officielle sur ce type d'opération de promotion. Cette fois, ce n'est pas rien, ce sont 120 personnes ! "C'est ce qu'il faut pour représenter la Guyane, confie Joël Couetta, collaborateur du président Alexandre. D'année en année, le président de Région cherche à améliorer les choses et le stand Guyane s'étend de plus en plus. Cette année, c'est plus de 400 m2 contre la moitié l'an passé." Le CNES est encore aux côtés de la Région pour financer cette opération dont le montant s'élève à un peu plus de 200 000 euros. "Nous faisons voir que nous existons et que nous avons des savoir-faire." Si la Guyane ne présente pas encore à la foire de Paris de produits innovants issus de la transformation de la biodiversité, ça pourrait ne plus être bientôt une utopie : "Un projet est en cours avec les essences de bois de rose et Léa Minerve vend déjà, ici à la foire de Paris, des essences de Guyane." Léa propose de l'huile de carapate, d'awara, de toto... "C'est pour les bienfaits du corps humain !" Plus surprenant, Léa vend aussi de "l'anizette". Un pastis péyi, fait maison, à Zéphyr par Toutoune. Léa vend aussi le parépo de Guyane qu'elle prépare en douceurs. "Ca ne marche qu'un petit peu, les gens ne connaissent pas encore !"

Ses clients de la foire, elle les connaît ! "Ici, c'est le rendez-vous des Guyanais de Paris, mais aussi de ceux qui sont en soin à Paris et qui viennent nous voir. Ils achètent tous quelque chose !"

FXG, à Paris

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 06:43

Un programme spécial abolition de l’esclavage les 9 et 10 mai sur France Ô

Pour la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage, France Ô mobilise son antenne. La programmation, qui démarre dès le samedi 9 mai, inclut fiction, documentaire, théâtre et long-métrage. Point d’orgue de l’événement : la retransmission en direct le 10 mai de l’inauguration du Mémorial ACTe, en Guadeloupe, par le président de la République, et de la cérémonie au jardin du Luxembourg en présence du Premier ministre. Ce direct sera diffusé entre 15 heures et 18 heures.

Amistad, de Steven Spielberg, dimanche à 20 h 45

Quinze ans avant son Lincoln, récompensé aux oscars 2013, Steven Spielberg s’emparait d’un épisode de l’histoire de l’Amérique devenu le symbole de la lutte pour l’abolition de l’esclavage. évocation dramatique de la traite des Noirs vers l’Amérique, Amistad raconte le combat de deux fervents abolitionnistes (Morgan Freeman et Stellan Skargard) et d’un jeune avocat (Matthew Mc Conaughey) pour défendre des esclaves africains jugés pour piraterie après s’être mutinés sur leur bateau-prison. Au cours d’un long et éprouvant procès qui va diviser l’opinion publique, c’est à un implacable plaidoyer pour les droits de l’homme qu’on assiste.

Mme Desbassayns, mythe et réalité d'une icône de l'esclavage, dimanche 10 mai à 23 h 15.

Retour sur la vie d’une femme hors du commun qui a marqué l’histoire de la Réunion. Mariée dès l’âge de 15 ans au quadragénaire Henri-Paulin Panon Desbassayns, Hombeline Gonneau, une jeune créole, se retrouve rapidement à la tête de la plus puissante famille de propriétaires terriens de l’île. énergique et entreprenante, Mme Desbassayns va gérer durant sa longue existence son vaste patrimoine, à une époque où le rôle économique et politique de la femme était quasi inexistant. Mais l’image que cette propriétaire d’esclaves a laissée dans la mémoire collective demeure controversée…

Half slave, half free, samedi 9 mai à 22 h 45

Téléfilm de Gordon Parks

Désormais mondialement connue grâce au film de Steve Mac Queen 12 years a slave, l’histoire de Solomon Northup avait déjà été adaptée pour le petit écran en 1984 par Gordon Parks, militant noir et réalisateur de films engagés dans les années 1970. C’est cette version, très fidèle au livre autobiographique de Northup, que France Ô propose de découvrir. A travers l’existence dramatique de l’esclave affranchi, Half slave, half free dénonce la ségrégation et la violence dont ont souffert les noirs américains bien longtemps après l’abolition de l’esclavage.

Toussaint Louverture, le samedi 9 mai à 13 heures

Une fiction en deux parties sur Toussaint Louverture avec Jimmy Jean-Louis (prix du meilleur acteur lors de la 20e édition du Panafrican film festival à Los Angeles).

Le dimanche à 00 h 45, dans « Multiscénik », La mission, une pièce du dramaturge allemand Heiner Müller qui retrace la première tentative d’abolition de l’esclavage aux Antilles après la Révolution française.

Mon nom est Solitude, le 10 mai à 14h25 dans Archipels

Un film d’Aurine Crémieu

"Une héroïne nécessaire." Voilà ce que la réalisatrice, mais aussi Simone Schwarz-Bart veulent nous dire de Solitude. Cette mulâtresse anonyme, fille d’une esclave noire et d’un marin blanc, a traversé l’histoire sans laisser de trace, ou si peu. Et pourtant ! Des rues, des écoles portent son nom… On l’imagine belle et révoltée. Son histoire, écrite par le romancier André Schwarz-Bart, est une fiction. Mais Solitude s’en est affranchie. Par-delà le silence et l’amnésie qui se sont abattus sur la Guadeloupe après la révolte de 1802 contre le rétablissement de l’esclavage, la mulâtresse Solitude s’est glissée dans la mémoire collective. Encore méconnue, elle habite désormais « la maison Guadeloupe » aux côtés des grands héros de la résistance à l’esclavage. De ceux qui ont préféré vivre libres ou mourir...

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 07:25

Le Sang des nègres

Le 30 mai 1967, il fallait un regard avisé pour remarquer, à la une du Monde, un encart de dernière minute, tout en bas à gauche : « Les violentes manifestations de Pointe-à-Pitre témoignent du malaise social à la Guadeloupe. » Le quotidien fait état de 6 morts puis 9… Plus tard on parlera de 22 jusqu’au chiffre « officiel » de 87… Rien n’est précis sur ce massacre. Un demi-siècle plus tard, on imagine les réactions que susciterait un tel événement. Mais, en cette année 1967, le pouvoir gaulliste ne vacille pas encore sous la pression des pavés de 1968, le monde retient son souffle devant l’imminence d’une guerre entre l’Egypte et Israël... Alors qui peut s’intéresser à ces jeunes Antillais tombés sous les balles des forces de l’ordre de la République française ? Les noms des victimes sont pourtant connus, leurs assassins aussi, mais la justice demeure sourde et aveugle... et on s’empresse de les oublier.

Pourquoi sont-ils si rares, parmi les gauchistes enflammés de Mai 68, à vouloir se souvenir des frères de Guadeloupe tombés au champ d’honneur de la cause prolétarienne, un an plus tôt, jour pour jour ? Déni de consciences jacobines ? Volonté bien française de flinguer la mémoire ? Il y a de tout cela. Il y a plus.

Que se passe-t-il en effet le 26 mai 1967 en France et ailleurs ? Comment expliquer la violence de la répression ? Comment expliquer que la jeune Ve République du général de Gaulle se soit autorisée son ultime massacre colonial ?

Pour comprendre, il faut remonter le cours de l’histoire. Et c’est ce que font avec Le Sang des Nègres, au moment où une commission d’enquête présidée par Benjamin Stora vient d’être ouverte pour faire la lumière sur le dernier massacre commis par la France depuis l’Algérie, Xavier-Marie Bonnot et François-Xavier Guillerm dans un essai riche, brillant et passionnant, qui nous plonge au cœur de la Caraïbe et du monde.

 

http://www.liberation.fr/livres/2015/05/07/me-67-la-memoire-d-un-massacre-en-guadeloupe_1294809

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