Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 07:30

Le modèle de tourisme costaricien est adapté aux outre-mer

Dans un avis adopté mercredi dernier, le conseil économique, social et environnemental propose de promouvoir le tourisme durable dans les Outre-mer en s'inspirant du modèle touristique du Costa Rica.

Partant du fait que la Guadeloupe a été désignée par l'UNESCO, "réserve de biosphère", que la Martinique est un des 34 hot spots de la biodiversité, que la Guyane est connue pour son extraordinaire forêt amazonienne et ses nombreux fleuves et ses mangroves, que le lagon de Mayotte abrite 760 espèces de poissons différentes et 22 espèces de mammifères marins, soit 1/4 de la diversité mondiale des baleines à bosses, des dauphins et des dugongs, qu'une partie du lagon de Nouvelle-Calédonie a été inscrite au patrimoine de l’UNESCO ou encore que les pitons, cirques et remparts de La Réunion sont entrés au patrimoine mondial, le conseil économique, social et environnemental, dans l'avis qu'il a adopté mercredi 29 mars pour l’instauration d’un nouveau modèle de tourisme outre-mer préconise d'engager les outre-mer sur la voie du tourisme durable en mettant l’identité culturelle et la richesse de la biodiversité des territoires au coeur de leur stratégie, portée par une véritable politique de recherche. Il souhaite qu'au niveau national, une réunion interministérielle fixe les priorités d’élaboration des plans tourisme durable outre-mer qui déboucherait sur la signature des contrats d’objectifs entre l’État et les collectivités ultramarines. Le CESE propose encore que l'agence d'Etat Atout France se dote d’un pôle outre-mer pour faire le lien avec les collectivités ultramarines et appuyer les initiatives locales.

Compenser le coût carbone des voyages

Non content de vouloir doter les observatoires du tourisme d'outils statistiques, le CESE veut aussi mettre l'accent sur la formation et les offres d'apprentissage en lien avec LADOM. Il s'agit encore d'impliquer la population au développement durable par la découverte de la biodiversité. Ainsi France tourisme ingénierie, la CDC et la future Agence nationale des territoires pourraient accompagner les collectivités ultramarines dans l’élaboration et la mise en place de plans en faveur du tourisme durable.

Des taux bonifiés d’aide à l’investissement pourraient être proposés sur la base de critères de développement durable tout comme devraient être créés des dispositifs d’aide accompagnés d’un volet social (entre autres l’embauche, la formation continue, le maintien de l’emploi, l’accueil de jeunes en apprentissage) dans le secteur touristique.

Le CESE préconise encore que les entreprises de transport aérien et maritime qui assurent des liaisons vers les territoires d’outre-mer incitent leurs clients à compenser le coût carbone de leurs voyages par un don à une association locale oeuvrant pour la protection de l’environnement. Les compagnies s’engageraient à abonder ce don de façon équivalente.

Enfin, l’Etat et les collectivités poursuivent doivent amplifier leur politique de labellisation des initiatives touristiques durables présentes en outre-mer.

En conclusion, le CESE estime que Le tourisme durable dans les Outre-mer pourrait s’inspirer du modèle costaricien souvent cité pour son exemplarité. Celui-ci allie une offre touristique classique avec une offre durable basée sur une multitude de structures locales, souvent familiales, réparties sur tout le territoire, en lien avec des parcs naturels valorisant l’extraordinaire biodiversité de ce pays.

FXG, à Paris

La contribution du CESE aux assises

Jean-Etienne Antoinette et Joëlle Prévot-madère ont été les rapporteurs pour avis de la contribution aux assises des Outre-mer présentée par la délégation à l’Outre-mer.

L’accès à la santé et aux soins de qualité, l'accès à l’habitat et au droit au logement, l'accès pour la jeunesse aux parcours d'insertion et de formation, l'égalité femmes hommes, la transition numérique dans le sens de la performance sociale, économique et environnementale, la transition écologique, l'évaluation des dispositifs de soutien fiscal à l’investissement et d’aide sociale sont les huit axes développés dans cet avis, lui aussi adopté mercredi dernier.

Partager cet article

Repost0
12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 05:05
Prosper Eve et Philippe Vitale de la commission, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, les anciennes ministres et toujours députées PS George Pau-Langevin, Ericka Bareigts, et la sénatrice UDI Nassimah Dindar

Prosper Eve et Philippe Vitale de la commission, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, les anciennes ministres et toujours députées PS George Pau-Langevin, Ericka Bareigts, et la sénatrice UDI Nassimah Dindar

Le rapport de la commission Vitale

On ne dit plus les Réunionnais de la Creuse, mais les ex-mineurs de la Réunion transplantés en France hexagonale de 1962 à 1984

Quatre ans après l'adoption d'une résolution mémorielle par l'Assemblée nationale, la commission nationale d'experts nommée il y a deux ans par le gouvernement a remis, mardi 10 avril, à la ministre des Outre-mer son rapport sur les 2000 enfants de la Réunion transplantés dans l'Hexagone entre 1962 et 1984. Philippe Vitale, sociologue et président de cette commission, les historiens Prosper Eve et Gilles Gauvin, et le géographe et ancien député Wilfrid Bertile, ont ainsi pu recenser précisément 2015 mineurs de la Réunion relevant de l'aide sociale à l'enfance (ASE) transférés en un peu plus de vingt ans en France hexagonale dans le cadre d'une politique migratoire mise en place par le bureau des migrations intéressant les départements d'outre-mer (BUMIDOM). Il s'agissait alors de répondre à la question du sous-développement, de la misère et de l'explosion démographique dont était victime la Réunion. 83 départements français ont accueilli ces mineurs. Et quoique le département de la Creuse n'en ait pas accueilli plus de 200, ces mineurs furent longtemps appelés "les Réunionnais de la Creuse" dès lors que leur histoire fut connue. Car il fallut attendre les années 2000 pour qu'à l'instar de Jean-Jacques Martial, ils dénoncent ces drames humains et demandent justice à l'Etat.

Le rapport estime qu'ils sont encore 1800 ex-mineurs vivants dont les trois-quarts vivent dans l'Hexagone et un cinquième à la Réunion.

Tous les adoptés de France

Ce n'est que le 18 février 2014 que l'Assemblée nationale vota à l'unanimité une résolution reconnaissant la responsabilité morale de l'Etat. Cette fois, le rapport de la commission Vitale préconise une série de mesures réparatrices (voir encadré). Mais la principale d'entre elles est le libre accès de chacun, et plus largement de tous les adoptés de France, à leur acte de naissance et leur dossier administratif à l'ASE. Tous les dossiers n'ont pas été numérisés et certains dossiers sont très incomplets, ont été égarés ou détruits. Cela provient du fait que jusqu'en 1978, il n'était pas prévu de communiquer les dossiers, ce qui explique l'absence de culture d'archive et la façon erratique dont ces dossiers ont parfois été traités.

Annick Giradin s'est refusée hier à tout effet d'annonce, préférant laisser les associations (Rasin anler, génération brisée, etc...) travailler au sein d'un groupe de suivi à la finalisation des mesures de réparation préconisée dans le rapport. Elle a simplement précisé que la convention signée avec les associations pour faciliter le retour au pays serait reconduite et que son ministère continuerait d'accompagner les ex-mineurs réunionnais transplantés.

FXG, à Paris

Mémoire réparatrice

"Une faute a été commise, a déclaré la ministre Annick Girardin, et cette faute impose des réparations morales."

C'est ce que préconise le rapport. Ainsi, outre la stèle posée par le Département en 2013 à l'aéroport Roland-Garros, une centre d'interprétation des mémoires dédiés aux migrations réunionnaises dans le monde pourrait avoir une composante dédiée aux mineurs transplantés et qui servirait de lieu de retrouvailles et d'échanges. Le département de la Réunion a donné son accord à la Commission pour que l'iconothèque de l'océan Indien abrite un musée virtuel relatif aux ex-mineurs transplantés. Dans l'Hexagone, il s'agirait d'une structure dédiée à cette histoire spécifiquement et dont le lieu serait à définir entre le ministère et les associations. On parle de Guéret ou du Tarn...

Une journée commémorative pourrait aussi être instaurée. La date pourrait être celle du 18 février, date à laquelle l'Assemblée a reconnu la responsabilité morale de l'Etat, à moins que ce ne soit celle du 20 novembre,  journée internationale des droits de l'enfant.

Une autre mesure vise à intégrer cet épisode dans l'histoire nationale, aussi bien son enseignement que la recherche. Le rectorat de la Réunion l'a intégrée dans son plan académique de formation des professeurs depuis cette année. Par ailleurs un prix de recherches en sciences sociales et humaines pourrait récompenser les travaux sur l'aide sociale à l'enfance.

Interview - Philippe Vitale, président de la Commission

"Aucun élément ne justifie la qualification de déportation, de rafle ou d'enlèvement"

Quel est le tableau démographique  et sociologique précis des populations concernées ?

Jusqu'alors les chiffres relayés par les médias faisaient état de 1615 ou 1630 ex-mineurs transplantés. L'an dernier, nous avions recensé 2150 personnes.  Au 1er novembre 2017, nous en sommes à 2015 transplantés dans 83 départements donc 10 % ont étaient accueillis en Creuse. Cette différence de chiffres s'explique par des problèmes statistiques sur les tableaux issus de diverses administrations et des doublons pour les mineurs adoptés dont le nom a été changé. Nous avons stoppé notre décompte en 1982, mais nous avons noté six adoptions en 1983, lesquelles se poursuivent d'ailleurs jusqu'à aujourd'hui. C'est pourquoi nous proposons de clore cette épisode en 1984, date à laquelle la compétence de l'aide sociale à l'enfance (ASE) est passée de l'État au département. On peut avancer qu'un tiers des enfants a été envoyé en France avant l'âge de 7 ans. Ce sont surtout des enfants adoptés directement depuis la Réunion. Près d'un sur deux, âgés de 6 à 15 ans,  ont été placés en foyer ou en famille. Enfin un sur cinq avait plus de 15 ans. Ils étaient placés en apprentissage chez des particuliers ou dans des centres de formation.

D'où viennent les ex-mineurs ?

Ils ne sont pas tous originaire de la Réunion. Une très faible minorité est née hors de l'île, à Maurice, à Madagascar et même dans l'Hexagone. C'est une conséquence des échanges de populations qui ont eu lieu avec les îles de l'océan Indien de façon spontanée ou organisée avec Maurice et Madagascar ainsi que de façon interne au territoire national avec la France hexagonale. C'est pourquoi nous parlons des mineurs de la Réunion plutôt que les enfants réunionnais. Il n'en reste pas moins que 98 % des ex-mineurs transplantés ont vu le jour à la Réunion, notamment dans le nord urbain et les espaces sucriers, là où la misère endémique de la Réunion se double de rapports sociaux plus violents.

Comment s'est faite leur répartition dans l'Hexagone ?

D'une part dans les départements ruraux du fait de l'existence de places disponibles en institution, d'autre part par une répartition plus uniforme dans la France de l'Ouest en raison des adoptions. Cette répartition n'a obéi y'a aucune logique économique. Les relations entre les directeurs de DDASS a joué aussi un rôle important.  La transplantation des mineurs d'un département à un autre ne nécessitait pas un quelconque feu vert du ministère de tutelle.  C'est ce qui explique que leur répartition est très différente de celle des migrants du Bumidom qui elle est plus conforme aux réalités socio-économiques  du territoire français.

A-t-il été facile de rencontrer ces populations ?

La majorité des ex-mineurs transplantés ne peuvent ou ne veulent se faire connaître et il est impossible de les identifier sans leur concours. Sur les 1800 ex-mineurs vivants, nous n'en connaissons que 150... Pour les autres, nous ne savons rien et nous en ignorons les raisons. S'agit-il de méconnaissance, de gens qui veulent tourner la page ? Il y a une association à Guéret d'ex-mineurs transplantés qui ne souhaitent plus parler de transfert, de déportation et qui veulent tourner la page !

La migration des enfants était-elle isolée ?

Dans les années 60 et 70, l'État a organisé la migration près de 75 000 Réunionnais par l'intermédiaire du Bumidom. Cette politique et la concrétisation d'une conviction apparue dès les années 40, concernant la distorsion entre l'accroissement démographique et l'évolution économique que l'on croyait génératrice de sous-développement. C'est dans ce cadre que s'inscrit l'épisode des dits enfants de la Creuse. Cette transportation des mineurs s'est faite dans le cadre réglementaire de l'ASE. Les problèmes et abus rencontrés étaient dus au regard porté sur l'enfant et aux lacunes fonctionnements de l'ASE à cette époque. Cette affaire témoigne de ce que fut l'histoire de l'ASE relevant de l'autorité de l'État jusqu'en 1984. Par ricochet,  cette affaire révèle les failles de la politique générale de l'ASE qui, des années 60 au début des années 80, n'avaient ni les mêmes fondements, ni la même organisation, ni le même regard sur l'enfance.

Vous contestez les termes de déportation, enlèvement, rafles, pourquoi ?

Il existe un hiatus entre histoire et mémoire. Expliquer n'est pas excuser. Il en est ainsi des vols, enlèvements,  rafles d'enfants dont se serait rendue coupable l'ASE. Au-delà de la réalité du ressenti, de la variété des cas, des carences et des manquements de l'ASE qui se retrouvent dans la qualité inégale des dossiers individuels, de la brutalité du fonctionnement de l'ASE, à la Réunion comme dans l'Hexagone, de la violence de la transplantation, aucun élément valant preuve n'a été trouvé, pouvant être retenu, justifiant la qualification de déportation, de rafle ou d'enlèvement souvent employée et relayée par les médias.

Vous révélez que certaines familles ont profité du système. C'est-à-dire ?

Certaines familles migrantes ont utilisé des placements  pour "faire sauter la mer" à des mineurs qu'elles allaient ensuite récupérer une fois dans l'Hexagone, économisant ainsi les frais de transports. Mais comment classifier par ailleurs les regroupements familiaux, les placements pour raisons sanitaires, les services militaires anticipés ou encore les adoptions qui se poursuivent au demeurant jusqu'à nos jours ? Cette diversité des situations, leur légalité formelle n'efface en rien les traumatismes.

On a parlé de trafic...

Les changements de nom et de commune de naissance ne témoignent en rien de trafic et de déportation. Aussi brutaux soient-ils, ces changements d'identités étaient demandés par la législation alors en vigueur pour les enfants nés sous X et les enfants trouvés.  Mais cela a été étendu sans distinction à tous les adoptés de la Réunion comme dans l'Hexagone.

Vous tordez le cou à la théorie du repeuplement des zones rurales...

Il est difficile de soutenir qu'environ 2000 mineurs partis en vingt ans sur 83 départements aient pu participer de façon significative à un repeuplement quelconque !

Michel Debré était-il responsable de la souffrance de ces enfants ?

L'ancien premier ministre et député de la Réunion a impulsé cette politique sans l'avoir initiée puisqu'elle a été pensée et mise en œuvre avant son élection en 1963. Les souffrances et les traumatismes subis par les mineurs transplantés ont été aggravés par le contexte post-colonial, par leur vulnérabilité et leur déracinement. Les milieux de départ et d'accueil étant très différents.

Quelle leçon tirez-vous de cela ?

Il faut remettre l'enfant au centre. La France est la patrie des droits de l'homme, il faut qu'elle le demeure et qu'elle renforce la patrie des droits de l'enfant.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Ils ont dit

Jean-Jacques Martial, premier ex-mineur de la Réunion à avoir assigné l'Etat en justice

"Il s'agit d'un crime contre l'humanité, contre l'enfant ! J'ai été arraché aux miens quand j'avais 7 ans et je n'ai retrouvé ma maman qu'en 2002 ! J'ai alors pu dire "Maman" et entendre mes neveux m'appeler tonton ! Quelle jouissance après toutes ces années ! Aujourd'hui, le rapport, les positions de la ministre des Outre-mer, c'est grandiose, c'est beautyful ! Je suis l'ostrogoth qui a osé porter plainte contre l'Etat en demandant 1 milliard d'euros ! Qui aurait cru que je réussisse à faire éclater cette histoire !"

Marie-Thérèse Gast, ex-mineure de la Réunion transplantée en France hexagonale

"Le mot "transplantés" me gêne. Il va falloir que j'explique ça à ma mère, ma famille et quelques amis qui ne liront pas les 700 pages du rapport ! Il y a 20 ou 25 ans, nous étions parachutés, puis nous avons été déplacés, déportés, déracinés et maintenant nous voilà transplantés... Je ne sais plus qui je suis ! Je ne crois pas que nous serons nombreux à accepter ce terme."

Interview - Jean-Philippe Jean-Marie (association Rasin anler)

"Nous sommes toujours gazés dans notre tête !"

Que pensez-vous du rapport de la commission Vitale ?

C'est une montagne avec une petite souris à l'intérieur et il va falloir qu'on aille la déloger cette petite souris pour faire valoir nos droits ! Je pense qu'il y a des lacunes parce que les historiens qui ont produit ce rapport ne jugent pas. Ce sera à nous de voir quels droits ont manqué à notre histoire

Quels sont ces lacunes, ces droits manquants ?

Les personnes qui ont été prises comme esclaves dans les fermes n'ont pas eu leurs points de retraite. Ils ne les ont pas eus jusqu'à 21 ans parce qu'ils n'ont pas été déclarés. Certains d'entre nous vivent avec des pensions de 450 euros ! Et puis un billet d'avion tous les trois ans, c'est bien, mais ce n'est pas ça qui va compenser ce que nous avons subi. Tes ces manquements ont été organisés par l'aide sociale à l'enfance (ASE). L'Etat a profité de ces enfants qui ont été déracinés par force...

Le président de la commission réfute les termes de déportation ou de rafle...

C'est quelque chose qui a été caché ! On disait aux parents qu'on allait envoyer leurs enfants faire de grandes études alors qu'on les envoyait travailler dans des boulangeries ou des fermes ! Les membres de la commission voient ça d'une façon théorique, mais si on veut forcer quelqu'un, on déguise les faits ! Quand on dit que des familles ont abandonné leurs enfants, c'est faux ! L'Etat a pris la responsabilité de dire qu'il allait envoyer les enfants dans des écoles et c'est pour ça que les parents les ont laissés partir... C'étaient des rafles déguisées, mais des rafles quand même ! Quand on a des falsifications de documents concernant des adoptions plénières d'enfants tous nés à Sainte-Marie parce que c'est à côté de l'aéroport, quand la mère supérieure qui a aujourd'hui 102 ans nous dit qu'ils apportaient des bébés la nuit à 3 heures, je le demande si ce ne sont pas des rafles ! La déportation, ce sont des gens qui ont été internés et gazés aussitôt ; nous, nous sommes toujours gazés dans notre tête !

La commission préconise un jour de commémoration et un lieu de mémoire, qu'en pensez-vous ?

Nous avons déjà une stèle à l'aéroport. Moi j'entends travailler sur Saint-Paul, le berceau du peuplement de la Réunion... Ca pourrait être une plaque. Mais je voudrais que ça ne concerne pas seulement Sainte-Marie ou Saint-Denis, mais toute la Réunion ! Il faudrait que partout où nous sommes passés, il y ait des commémorations et que tout le monde sache. On ne veut pas que l'histoire de la Réunion soit enterrée ; et ça fait partie intégrante de l'histoire de la France et de la Réunion !

Interview - Valérie Andanson, présidente de l'association Rasin anler

"J'aimerai bien redevenir Marie-Germaine Périgogne, née à la Réunion"

Quelle est cette émotion que vous avez ressentie quand Philippe Vitale a présenté son rapport ?

Ce qui est remonté, c'est mon histoire personnelle parce que, aujourd'hui, je n'ai pas d'identité, je ne sais pas qui je suis... J'ai deux états-civils et je vois que nous allons avoir la possibilité de récupérer notre identité, c'est merveilleux ! Je m'appelle Valérie Andanson mais  parce que, aujourd'hui, je suis née dans la Creuse ! Non, je suis Réunionnaise et je veux redevenir Réunionnaise !

Qu'éprouvez-vous aujourd'hui ?

C'est un événement exceptionnel puisque après deux ans de travaux, les experts de la commission nationale nous livrent leur rapport final. Nous allons l'étudier ainsi que les propositions que la ministre a pu faire au sein du groupe de suivi puisque nous en faisons partie. Mais ce qui est primordial pour nous, c'est que notre histoire entre dans les manuels scolaires. C'est acté ! Qu'il y ait des lieux de mémoire, c'est exceptionnel ! Cette histoire va être encore plus connue et étudiée avec nos témoignages, nos photos... Nous sommes heureux de cette décision mais il reste encore des points à revoir.

Lesquels ?

Il est indispensable que la cellule de soutien psychologique soit mise en place et encadrée car nous avons des remontées d'expérience difficile à la Réunion avec des ex-mineurs qui se sont retrouvés dans une situation psychologique grave ! Il faut également une cellule psychologique en métropole car il y a eu de réels traumatismes.

Vous estimez qu'un vol pour la Réunion tous les trois ans, c'est insuffisant...

Il faut des billets tous les ans car nous vieillissons, nous sommes la plupart d'entre nous malades. Nous avons besoin de retourner sur notre île tous les ans et qu'on nous rallonge cette bourse de 500 euros car ce n'est pas suffisant eu égard au coût de la vie sur place. Nous souhaiterions également que cette aide (vol et bourse) soit élargie à nos enfants, nos descendants directs, car ils sont aussi témoins de nos histoires. Ils ont aussi besoin d'aller vers leurs origines parce que ce sont aussi leurs origines !

Partager cet article

Repost0
11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 06:41
Karine Baste-Régis sur France info TV et France Ô

Karine Baste-Régis, de la matinale de France Info TV aux Témoins d'Outre-mer

Karine Baste-Régis n'est pas du matin et pourtant, depuis deux ans, c'est elle qui anime la matinale sur France Info TV. Et comme la journaliste a plus d'une corde à son arc, elle assure une quinzaine sur deux depuis janvier la présentation de l'émission quotidienne, Les témoins d'Outre-mer, sur France Ô.

Native de Foyal, Karine a fait presque toute sa scolarité à Saint-Joseph de Cluny,à l'exception de sa terminale qu'elle a faite au lycée Acajou au Lamentin. Une fois son bac L en poche, elle s'est envolée pour m'Hexagone et a atterri à Nice où, pendant trois ans, elle a suivi une formation aux métiers de l'audiovisuel à l'ESRA. Elle en sort journaliste reporter d'image et revient travailler au pays pour la chaîne qui s'appelle encore RFO. Au bout de deux ans, elle part en Guadeloupe où, pendant quatre ans, elle va couvrir l'actualité, notamment à Saint-Martin où elle réalise ses sujets toute seule. Quand elle revient régulièrement à Pointe-à-Pitre elle produit des sujets magazine pour une émission hebdomadaire présentée par Murielle Tauzia. Quand surviennent le mouvement social de février 2009, elle prend sa première claque, une vraie ! Un géviste lui renvoie violemment sa caméra au visage. Y a pas vraiment de bobo... Le gréviste s'excuse d'ailleurs, mais Karine est choquée.

En juillet 2009, Karine retourne chez elle, en Martinique. Elle continue de tourner des sujets pour le journal télévisé, mais elle découvre la présentation d'émission. On  la voit ainsi présenter en alternance avec Sonia Laventure l'émission Caraïbe. Elle montre encore sa bobine dans le magazine présenté par Jean-Philippe Pascal, Caméra direct. Un an plus tard, la voici présentatrice du JT du week-end qu'elle va ainsi animer pendant six ans tout en continuant son boulot sur Caraïbe et Caméra direct. Puis, le mardi soir, on la voit présenter une émission de débat, Résonnance. "Je recevais quatre invités, raconte Karine,  et on débattait sur un thème, dans filtre, sans tabou, comme j'aime !" Elle se souvient des doutes de son équipe quand elle avait proposé la sexualité des séniors... "En fait, se souvient-elle, les gens se bousculaient pour être invités ! Le débat avait été très animé et joyeux !"

"C'était excitant de tout bousculer"

En avril 2016, Karine est envoyée en mission à Malakoff, au siège de France Ô, pour présenter une émission spéciale zika alors que l'épidémie est à son paroxysme aux Antilles. C'est là, dans l'ascenseur, qu'elle croise Stéphane Dubin, le patron de France info TV. "Je te veux sur la chaîne, lui lance-t-il à brûle pourpoint, postule !" Karine élude. Elle n'a pas envie de venir vivre à Paris. "A ce moment-là, je pensais davantage à une mutation dans le Pacifique ou l'océan Indien..." Et pourtant, à peine deux semaine plus tard, elle se décide. Elle postule, coup de téléphone, entretien... Tout ça n'est que formel, on l'attend ! Quinze jours plus tard, le 14 juillet, elle est dans l'avion et le déménagement est en route. Son mari et leur fils de 4 ans arriveront une semaine plus tard. "C'était excitant de changer de vie, de tout bousculer ! Il fallait trouver un appartement, une école. La famille s'installe à Boulogne et Karine commence son nouveau job, la présentation de la matinale. "C'était un challenge pour moi qui ne suis pas du matin." Fini les reportages. "De toute façon, j'en faisais de mojns en moins", concède-t-elle. En septembre dernier, on lui demande de venir faire un remplacement pour une semaine au mois d'octobre sur France Ô. Sa compatriote Sabine Quindou a quitté le plateau des Témoins d'Outre-mer, l'émission d'accueil de la mi-journée de la chaîne de Malakoff. "J'ai retrouvé l'esprit de "Résonnance" et comme j'aime parler, rire et sourire, j'ai essayé, j'ai trouvé ça royal ! J'ai trouvé une équipe de jeunes journalistes qui voulaient faire différemment, inviter des gens qu'on n'invite habituellement pas..." Si Karine se plaît dans cette émission "fraîche, spontanée, au contact des gens", elle ne souhaite pas aller plus loin que ce remplacement. D'ailleurs Sonia Chironi qui présente l'émission en alternance est toujours là et assure. La production insiste néanmoins auprès de Karine. "Ils m'ont proposé de reprendre l'émission en solo à compter du mois de janvier et j'ai dit non." Karine ne veut pour rien au monde lâcher la matinale sur France Info TV, alors elle propose de poursuivre l'alternance avec Sonia. "Je termine ma matinale à 9 h 30, donc j'ai du temps pour Les témoins d'Outre-mer. Et c'est ainsi que depuis quatre mois, elle présente l'émission deux semaines par mois. "J'ai carte blanche pour les thèmes et les invités, raconte-t-elle. J'ai ma liberté de ton et de parole et j'ai le droit d'avoir un fou rire ! Je peux parler de thèmes sérieux sans gravité !" Les thèmes abordés ? Elle préfère des sujets comme la calvitie, l'infidélité, l'art de recevoir, les mamans du monde ou la virilité à d'autres plus classiques comme l'acupuncture ou le mal de dos ! Et si on lui demande ses projets, elle répond d'abord qu'elle aime aller au bout de ses engagements avant de dire : "Je suis 100 % carpe diem."

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 17:52

Réouverture de l'instruction du dossier CEREGMIA au CNESER

Le Conseil national supérieur de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) était réuni lundi dans sa formation disciplinaire pour reprendre l'instruction de l'affaire du Centre d'Étude et de Recherche en Économie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée (CEREGMIA) de l'université des Antilles. Le CNESER doit rejuger Fred Célimène, l'ancien directeur du CEREGMIA, son adjoint Kinvi Logossah et l'ancien doyen Eric Carpin pour leur gestion des fonds européens et l'accumulation d'un "trésor des templiers" selon les propres mots de M. Célimène, tels qu'ils sont repris dans les considérants.

En juin 2016, le CNESER avait déjà prononcé de lourdes sanctions à l'encontre des trois enseignants en ordonnant la radiation de Fred Célimène de l'enseignement supérieur et en suspendant pour une durée de deux et cinq ans ses collègues Logossah et Carpin. Mais une erreur de droit a conduit le Conseil d'Etat à casser le 8 novembre dernier cette décision et à renvoyer à nouveau l'affaire devant le CNESER. Lundi, Fred Célimène était donc entendu par les membres du CNESER. Rien n'a filtré et Fred Célimène n'a fait aucune déclaration. Pour autant, a indiqué le greffe du CNESER à France-Antilles, aucune date n'a encore été fixée pour réunir une formation de jugement. Il ne s'agissait formellement que la réouverture de l'instruction. Y aura rien de neuf avant juin !

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 07:09
Le groupe réunionnais Ravate replante 10 000 arbres à La Possession

Reforest'Action à la Réunion

Une soixantaine de personnes, pour la plupart des collaborateurs du groupe Ravate, seront mobilisés le 10 avril prochain pour procéder à un e opération de reforestation sur le domaine du conservatoire du littoral à La Possession. Ce jour-là verra l'aboutissement de la collaboration du groupe réunionnais avec la société Reforest'Action. Cette entreprise basée en région parisienne a pour vocation de restaurer des espaces forestiers dégradés  un peu partout dans le monde. Elle intervient dans 15 pays, aussi bien en Californie, après les terribles incendies de forêts, en Afrique, en Haïti, en Guyane, en Europe et, pour la première fois cette année, à la Réunion.

"Depuis qu'on existe, en 2010, explique son président fondateur, Stéphane Hallaire, on a planté 2 millions d'arbres, ce qui représente à peu près 2000 hectares. On a mis sept ans à planter le premier million et un an à planter le 2e million !" Ses partenaires habituels, ce sont de grosses sociétés comme Axa, Carrefour, Crédit agricole et désormais le groupe Ravate. "Ce sont des entreprises, poursuit M. Hallaire, qui veulent avoir une action concrète dans l'environnemental et qui financent des plantations dans le cadre de leur démarche développement durable ou leur politique de responsabilité sociale de l'entreprise (RSE) comme c'est le cas du groupe Ravate. La plupart du temps, elles souhaitent intervenir au plus proche de chez elles ou sur leurs chaînes de valeur."

Le bois, métier historique du groupe Ravate

Conscient de l’impact de l’homme sur l'écosystème forestier et du déclin de la forêt sèche réunionnaise, le groupe Ravate a choisi de s'engager dans une opération de reboisement qui fait écho à son histoire. puisque la première entreprise fondée par Issop Ravate en 1939 faisait du négoce de bois péï. Alors quand les actuels dirigeants du Groupe ont rencontré, il y a plus d'un an, le président de Forest'Action au salon international des acteurs de l'environnement et de l'énergie au service de la performance économique (Pollutec) à Lyon, ils se sont aussitôt entendus. "On a identifié pour eux, raconte Stéphane Hallaire, un projet dont nous nous sommes assurés qu'il était de qualité." Ce projet, c'est l'opération financée par l'Union européenne "Life + forêt sèche". Il s'agit de replanter à la Réunion 80 à 100 000 essences locales sur une parcelle classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sur une cinquantaine d'hectares, il s'agit de recréer un véritable continuum écologique : bois de senteur blanc, bois de chenille, ti bois de senteur, bois de senteur bleu, bois d'huile, bois puant, bois blanc rouge, mahot rempart, bois de sable, bois d'ortie, bois de prune, tanguin péï, bois de lait... Le groupe Ravate a décidé d'y participer en finançant la replantation de 10 000 arbres. Reforest'Action est venue lui apporter son ingénierie et son savoir faire.

300 arbres le 10 avril

"Nous ne sommes ni pépiniéristes, ni planteurs, ni gestionnaires ou exploitants  forestiers, explique Stéphane Hallaire, mais nous préparons le projet en lien avec les acteurs locaux, que ce soit le pépiniériste, les planteurs et bien sûr le mécène local que nous aidons ensuite à valoriser son action en organisant un événement sur place qui aura lieu le 10 avril." Ce 10 avril, ce sont 300 arbres sur les 10 000 qui seront plantés à l'occasion  d’une activité de Team Building où seront présents les membres et les collaborateurs de Ravate. L'événement d'entreprise mais néanmoins ouvert va mobiliser une soixantaine de personnes qui vont planter les arbres par petits groupes. "On en profitera pour faire de la sensibilisation à l'environnement", poursuit M. Hallaire.

La plantation des 10 000 arbres nécessitera plusieurs jours de travail et devrait être un peu étalée dans le temps. "Pour l'heure, conclut Stéphane Hallaire, contrairement à la plupart des projets que nous développons dans l'Hexagone, et qui ont évidemment une dimension de biodiversité, une dimension paysagère mais également une dimension de production, là c'est une action purement environnementale qui n'a pour seul but que de restaurer la forêt sèche et son biotope."

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 05:18
Patient Vs Migaud

Georges Patient, spécialiste des finances locales au Sénat, a profité de la venue de Didier Migaud, premier président de la Cour des compte, à Cayenne la semaine dernière, à l'occasion de la rentrée solennelle de la chambre régionale des comptes des Antilles-Guyane, pour tordre le cou à certaines idées que l'on se fait à Paris sur la gestion financière des élus d'outre-mer. Interview

"Réduire la prime de vie chère amorcerait une spirale de la pauvreté"

La Cour des comptes n'a pas épargné la gestion des collectivités d'outre-mer dans son dernier rapport annuel. Pourquoi estimez-vous ses critiques injustifiées ?

Ce rapport était d'une charge rare contre les élus d'outre-mer, sans compter que, dans la foulée, le président de la Chambre régionale des Comptes (CRC) des Antilles-Guyane a appelé la population, dans une interview accordée au quotidien France Antilles, à sanctionner les élus en place. Depuis mon arrivée au Sénat, je souligne à chaque débat financier que les villes d’Outre-mer et de Guyane en particulier sont discriminées : dotation superficière, prélèvement sur l’octroi de mer, recensement non exhaustif de la population... C’est seulement lors de la loi Egalité réelle outre-mer qu’ont été prises des mesures venant corriger en partie cette situation.

La Cour reconnaît au moins que nos communes sont pénalisées dans le calcul de leurs dotations de péréquation à hauteur de 50 euros par habitant, soit 135 millions au total...

C'est une avancée majeure ! Beaucoup de communes sont en déficit, mais si elles avaient pu bénéficier des dotations de péréquation à leur juste niveau et des 27 millions d'euros de recettes d'octroi de mer indument transférées au Conseil général, elles ne seraient pas sinistrées. Pourtant, la CRC continue de leur demander des efforts qui seront payés in fine par la population, soit par une pression fiscale plus forte, soit par une réduction des services publics rendus.

Les charges de personnel se montent à 427 euros par habitant en Guyane contre une moyenne de 183 euros en métropole. Pourquoi ?

Ceci est en contradiction avec le constat de la Cour sur l'insuffisance des dotations. Elle jette l'opprobre sur toutes les communes d'outre-mer en disant qu'elles sont trop riches et qu'elles dépensent trop. Saint-Denis, dans le 93, consacre 63% de ses dépenses de fonctionnement aux frais de personnel ! La Cour compare avec l'Hexagone alors que la taille moyenne des communes dans les DOM est de 18 000 habitants contre 900 ! Nos coûts de fonctionnement sont plus élevés et nos défis plus lourds à relever parce que la contrainte sociale et économique est plus forte. Et si nous bénéficions de ressources plus élevées que dans l'Hexagone, c'est du fait de la fiscalité locale indirecte (octroi de mer, taxe sur les carburants) payée par le contribuable ultra-marin qui vient compenser partiellement la faiblesse de la fiscalité directe locale qui est moitié moins élevée que dans l’Hexagone. Il manque clairement des ressources à nos communes !

L'octroi de mer ne devrait-il pas payer l'investissement plutôt que les charges salariales ?

Affecter les recettes de l'octroi de mer au budget d'investissement des communes pour favoriser le développement économique est une fausse bonne idée et même dangereuse eu égard à la situation sociale. Il faut d'abord mettre à niveau les recettes de fonctionnement notamment par une péréquation plus équitable et nos communes pourront dégager des marges d'autofinancement pour l'investissement.

Le préfet critique lui aussi les élus locaux pour ne pas assez consommer les crédits publics. N'est-ce pas contradictoire ?

Le système administratif français et européen est tel que plus une collectivité est en difficulté, moins elle peut mobiliser les aides. Nos communes sont étranglées financièrement avec des délais de paiement énormes (jusqu'à 10 ans !), sans trésorerie et parfois insolvables. Les appels à projets nationaux et européens ne correspondent pas forcément à la satisfaction de leurs besoins immédiats. Quand elles font une demande de subvention elles doivent aussi préfinancer les travaux et payer les fournisseurs dans des délais requis pour être remboursées. Or, quand elles ont des liquidités, elles paieront plutôt les anciens fournisseurs en difficulté et du coup, ne respectant pas les délais, elles perdent leurs subventions ! Sans compter que les procédures mises en œuvre pour les mobiliser visent à en limiter la consommation et in fine préserver le budget de l'Etat. La crise des finances locales conduit logiquement à une sous-consommation des crédits.

M. Migaud est pour la suppression de la sur-rémunération des fonctionnaires. Qu'en pensez-vous ?

La Cour critique la prime de vie chère qui augmente les dépenses salariales des collectivités locales, mais la Cour cible en réalité la prime de vie chère que l'Etat verse à ses propres fonctionnaires pour un montant d'environ un milliard d'euros. Philipe Seguin se demandait pourquoi la réduction des avantages acquis aurait plus de chance de réussir en outre-mer qu'ailleurs ? Puisque l'objectif est de faire des économies, pourquoi ne pas raboter l'ensemble des primes versées aux 2,5 millions de fonctionnaires plutôt que faire supporter une perte de revenus d'un milliard d'euros aux seuls 90 000 fonctionnaires d'outre-mer ? Réduire la prime de vie chère, c'est diminuer le pouvoir d'achat d’un quart des actifs avec un impact sur le tissu économique et les ressources fiscales des collectivités. Ce serait amorcer une spirale de la pauvreté.

Didier Migaud est socialiste comme vous et vous semblez préférer le regard que portait sur les outre-mer son prédécesseur de droite Philippe Seguin, pourquoi ?

Philippe Seguin invitait à engager une réflexion sur ces lauses structurelles (charges de personnel sur laquelle les élus n'ont pas prise, adaptation des dotations de droit commun et prise en compte de la superficie des communes, retard d'équipement et potentiels fiscaux inférieurs), sauf à ce que soit remise en cause la décentralisation dans outre-mer. Didier Migaud considère que les communes ont des ressources suffisantes mais qu'elles doivent actualiser leurs bases cadastrales. Il met le doigt sur des dépenses privilégiant l'emploi public au détriment de l'investissement en estimant que "ces choix de politique communale [sont] difficilement soutenables à terme" et conteste le rôle "d'employeur social" des communes. Mais au-delà du clivage droite-gauche, je crois que les politiques publiques n'étaient alors pas déterminées par un succession de ratios. Peut-être Philippe Seguin était-il davantage familiarisé avec l'outre-mer... C'est pourquoi j'attends beaucoup de la venue du président Migaud en Guyane.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 05:14

L'AURAR sans réponse au Sénat

Le sénateur René-Paul Savary (LR Marne) a interrogé la ministre de la Santé sur "la prise en charge des insuffisances rénales chroniques notamment à la Réunion où il y a un problème manifeste avec un centre de dialyse". Il a donc demander au ministre quelle était la stratégie de l'Etat en ce qui concerne une meilleure prise en charge de l'insuffisance rénale chronique et quelles ont été les réponses du gouvernement au scandale du centre de dialyse de la Réunion, l'AURAR". Christophe Castaner, secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, a répondu en annonçant d'abord que la ministre de la Santé, empêchée, ferait une communication à ce sujet d'ici quelques semaines parce que l'insuffisance rénale chronique concerne 5,7 millions de Français. Là-dessus le ministre a parlé du diabète et de ses complications, de la greffe, de la dialyse et la prévention en déclarant que la "greffe rénale constitue dès qu'elle est possible la stratégie de traitement la plus efficiente y compris pour des patients âgés", selon la haute autorité de Santé. Rien sur l'AURAR ? Christophe Castaner a répété que la ministre ferait "prochainement des annonces afin d'améliorer la prévention et de conforter l'accompagnement des patients".

Le sénateur Savary est revenu à la charge pour répéter que la question, "précise" avait déjà été posée et que pour la deuxième fois, il n'avait pas de réponse... Il sera donc attentif aux annonces promises par la ministre de la Santé concernant l'AURAR.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 19:16
Plateforme égalité emploi

Le groupe Barbotteau rejoint la plateforme égalité emploi

Jean-Marc Mormeck et Jean-Pierre Barbotteau, dirigeant du groupe éponyme ont signé lundi 26 mars à Paris une convention pluri- annuelle qui permet aux jeunes candidats d’accéder sur la plateforme egalite-emploi.org à des offres d’emploi, de formation professionnelle et de stage situées dans les Outre-mer. Par celle-ci le groupe Barbotteau s’engage à iintégrer aux campagnes de recrutement de contrats en alternance les candidats originaires des outre-mer présélectionnés via la plateforme égalité emploi et diffuser ses offres de postes aux partenaires de la plateforme. Le groupe s'engage également à assurer le traitement des candidatures et encore effectuer un suivi personnalisé des candidatures reçues au moyen d’un contact référent.

Le groupe Barbotteau rejoint la liste déjà fournie des partenaires de la plateforme égalité emploi qui rassemble des sociétés telles que Accenture, Auchan, Carglass, EDF, la Fnac, Orange, la BRED, etc...

Jean-Marc Mormeck se réjouit qu'un groupe local comme le groupe Barbotteau se mobilise également pour l’emploi et la formation professionnelle des jeunes ultramarins dans les Outre-mer.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 18:30
Sherley Paredes dans l'aventure The Voice

Après avoir franchi le casting à l'aveugle, et l'audition finale où les candidats ont du séduire leur coach en dévoilant une facette artistique totalement différente de celle montrée lors de leur premier passage, Sherley Paredes a passé l'épreuve des fameux « Duels ». Native de Schoelcher en Martinique, elle fêtait ses 20 ans il y a 15 jours. Entretien.

"Il faut être soi et y aller avec son authenticité !"

Comment vous êtes-vous retrouvée embarquée dans cette histoire ?

L'aventure The Voice a commencé pour moi en novembre à Limoges. La radio Flash FM a organisé un casting. Devant Bruno Berberes, le directeur de casting de The Voice, il y avait une centaine de concurrents et ils n'ont gardé qu'une seule personne, moi. Du coup je suis allée Paris passer d'autres casting. J'ai du chanter devant le producteur artistique, Pascal Guix... Il y avait plein de monde dans les studios Hocco. Tout est allé très vite...  Dans la semaine qui suivait je repassais un autre casting.  Et le dernier casting qui allait confirmer ma continuation à l'émission, c'était devant les producteurs de ITV et d'Universal. Je suis arrivée,  j'ai chanté et une semaine après on m'a appelée pour me dire que je continuais.

Quelles chansons avez-vous choisi ?

Au départ, à Limoges, j'ai chanté "One day" d'Asaf Avidan et une de mes composition.  Bruno Berberes qui assistait au casting  m'avait dit que si j'étais sélectionnée pour Paris je devais trouver la chanson qui me corresponde.  Je me suis concentré pour trouver des chansons qui m'avait touchée et j'ai trouvé « Comme un boomerang » de Serge Gainsbourg et ça a été ma chanson pour les auditions à l'aveugle. C'est la première étape de the Voice quand les quatre coaches sont retournés...

Dès lors, vous n'êtes plus que la moitié à continuer ?

Plus deux qui ont été repêchés ! À partir de là on va entrer dans le vif du sujet.  Les fauteuils se seront retournés et c'est le vrai départ !

Qu'est-ce qui fait que vous avez réussi à passer toutes ces étapes ?

Ma voix...  Il y a un petit voile sur ma voix,  un petit souffle.  Maintenant moi je suis beaucoup plus dans l'interprétation.  Je suis les cours d'une école nationale de théâtre et  je m'aide aussi beaucoup de ça.  Le théâtre fait partie de moi et quand je suis sur une scène je ressens la chanson et tous les mots qui sont importants, les émotions que je traverse dans cette musique...

Pourquoi avoir voulu tenter cette aventure ?

Je fais toujours un peu tout sur des coups de tête.  J'ai voulu chanter du jour au lendemain et quand j'ai vu que the Voice passait à Limoges, je me suis dit pourquoi pas ! En plus, je regardais l'émission avec ma mère et elle me disait : "Ce serait bien que ce soit toi !"

Vous souvenez-vous comment vous vous êtes mise à chanter ?

Je chantais dans la chorale au collège et j'ai voulu essayer de chanter toute seule.  Je me suis mise à chanter "Rolling in the deep" d'Adèle dans ma chambre. C'est comme ça que j'ai commencé parce qu'Adèle était ma référence. Par la suite, j'ai passé un casting jeune talent dans ma région en Franche-Comté,  à Montbéliard. J'ai été lauréate du concours ; j'avais 14 ans.

Quel est votre lien à la Martinique ?

J'ai débarqué en Martinique, j'étais encore dans le bidon de ma maman !  Mon père était en mission là-bas, pour le travail et je suis née là-bas. J'en suis partie trop jeune et  je n'ai pas eu ce contact suffisant, mais il n'est resté beaucoup de choses, les goûts, la langue, les couleurs et la musique.  J'ai des amis martiniquais dans ma promotion de théâtre avec lesquels j'aime beaucoup danser le zouk.  J'aime beaucoup cette énergie et cette ambiance. J'ai très envie de faire un petit clin d'œil à la Martinique pendant The Voice mais Je ne sais pas comment ! C'est vrai que j'écoute beaucoup Kalash, "Mwaka moon", mais je ne me vois pas chanter du Kalash  (rires) ! Mais, s'il y a possibilité de faire un clin d'oeil, je le ferai !

Vous êtes dans une école de comédie, vous êtes-vous frottée au théâtre d'Aimé Césaire ?

Pour le concours d'entrée, il y a deux ans, j'ai travaillé le texte d'"Une saison au Congo". Odile Sankara était au jury et c'est elle qui voulait travailler sur Césaire. J'ai alors choisi d'apprendre le poème "Mot macumba" dans "Moi laminaire"... "Le mot est père des saints le mot est mère des saints / avec le mot couresse on peut traverser un fleuve peuplé de caïmans / il m’arrive de dessiner un mot sur le sol  / avec un mot frais on peut traverser le désert d’une journée / il y a des mots bâton-de-nage pour écarter les squales / il y a des mots iguanes / il y a des mots subtils ce sont des mots phasmes..."

Par rapport au plateau du théâtre, le plateau télé nécessite-t-il des qualités particulières ?

Je pense que ça ne nécessite pas de qualités particulières, mais que ça demande d'être présent au moment où il faut. Une fois qu'on est sur le plateau, quel qu'il soit, il faut être à ce qu'on fait, être concentré, dans le moment, dans l'instant. Parce que c'est à ce moment là qu'on est le plus vrai et qu'on peut dégager quelque chose de sincère. Il faut être soi et y aller avec son authenticité !

Propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 05:44

13 villes d'outre-mer éligibles au plan national "Action coeur de ville"

Pointe-à-Pitre et Basse-Terre en Guadeloupe, Fort-de-France et Le Lamentin en Martinique, Saint-Laurent et Cayenne en Guyane, Saint-Pierre, Saint-Joseph, Le Port et Saint-André à la Réunion et Mamoudzou, Dzaoudzi et Dembeni à Mayotte font partie des 222 villes retenues qui pourront bénéficier du plan national « Action cœur de ville », a annoncé le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard,, le 27 mars à Châtellerault (Vienne). "Les villes moyennes, a-t-il déclaré, concentrent 23% de la population française et 26% de l’emploi. Leur vitalité est indispensable car elle profite à l’ensemble de leur bassin de vie."

Les partenaires de l'Etat se sont mobilisés à hauteur de plus de 5 milliards d’euros sur 5 ans, dont 1 Md€ de la Caisse des dépôts en fonds propres, 700 M€ en prêts, 1.5 Md€ d’Action Logement et et 1,2 Md€ de l’Anah. Chaque ville peut espérer tirer de ce plan environ 10 à 12 millions auxquels pourront s'adjoindre d'autres financement publics et privés (ANRU, Région, bailleurs sociaux...)

Le plan « Action cœur de ville » répond à l'ambition d'améliorer les conditions de vie des habitants des villes moyennes et conforter leur rôle de moteur de développement du territoire. Élaboré en concertation avec l’association Villes de France, les élus locaux et les acteurs économiques des territoires, le programme vise à faciliter et à soutenir le travail des collectivités locales, à inciter les acteurs du logement, du commerce et de l’urbanisme à réinvestir les centres villes, à favoriser le maintien ou l’implantation d’activités en cœur de ville, afin d’améliorer les conditions de vie dans ces villes. Pour assurer cette revitalisation, chaque convention reposera sur 5 axes : l'attractivité de l’habitat, le développement économique et commercial équilibré, l’accessibilité, la mobilité et les connexions, l’espace public et le patrimoine et enfin l’accès aux équipements et services publics.

Le programme est mis en œuvre avec les collectivités territoriales. Le maire, en lien avec le président de l’intercommunalité, pilote la réalisation et préside le comité de projet.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0

Articles Récents