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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 04:46
Franck Nicolas, en grève de la faim, hospitalisé

Franck Nicolas est hospitalisé depuis mardi

Le jazzman guadeloupéen, Franck Nicolas, est hospitalisé dans un établissement de Montpellier, où il vit, depuis mardi 8 mai. Mardi, c'est le jour où il donne ses cours. Un de ses élèves de trompette est venu le chercher pour aller au JAM, le Jazz action de Montpellier, l'école de jazz ou il travaille. L'imposant escalier qui conduit à l'entrée du JAM a eu raison de ses forces. "Heureusement, confie-t-il à France-Antilles, j'ai bu de l'eau sucrée avant, parce qu'ensuite, une fois dans la salle, bien essoufflé, j'ai voulu souffler dans ma trompette et là." Son coeur a fait des bonds et Franck, saisi de vertige, défaille, dans les vaps. Son élève l'a directement conduit à l'hôpital où on lui a fait d'emblée subir un électrocardiogramme et une prise de sang...

Le médecin s'est montré rassurant. "En réalité, explique Franck, mon corps est bien et seul mon coeur m'a fait mal car la perte brutal de poids ne lui plaît pas... Je tiens bon car j'ai des réserves... J'avais grossi depuis décembre et je pesais 100 kg mon 1er jour de grève !". Franck continue le combat avec une perfusion... "Là je ne fais plus d'effort, je reponds aux textos, c'est tout et avec tous les messages que je reçois, je suis très occupé !" Ses soutiens viennent de sa famille, des amis, des fans. "Grâce aux journalistes de la presse écrite de la télé et de la radio, j'obtiendrai peut être des résultats", veut-il espérer.

Son affaire avec Pôle emploi qui lui réclame deux ans d'indemnités a-t-elle évolué ? Pense-t-il avoir réussi à sensibiliser ce monde aux musiques de la Caraïbe, à la place qu'elles ont dans nos festivals et maisons de disque ? Les artistes se sont-ils montrés solidaires ? "Je ne peux répondre à toutes ces questions maintenant, explique Franck, parce que je n'ai pas les réponses ! La seule chose que je peux dire, c'est qu'il semble y avoir des avancées sérieuses et si tout se confirme dans les jours qui viennent, j'arrêterai ma grève de la faim avec le plus grand plaisir !"

Franck Nicolas a commencé sa grève il y a 18 jours pour protester contre le sort et la place que la société occidentale française de l'Hexagone fait au jazz créole... Son corps est fatigué et son médecin lui a recommandé fermement de ne pas répondre au téléphone.

FXG, à Paris

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 09:42
Casting à la Réunion

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 20:52

Affaire du foyer de Terre rouge : Nassimah Dindar, Bachir Valy et Jean-Jacques Vlody tranquilles

La chambre criminelle  de la Cour de cassation a rejeté lundi après-midi, le pourvoi du procureur général de Saint-Denis de la Réunion contre l’arrêt de la cour d’appel du 9 mars 2017, qui a relaxé Nassimah Dindar, Raymond Michel Soucramanien, Bachil Valy et Jean-Jacques Vlody des chefs de discrimination pour la première, et complicité de discrimination pour les trois autres. L'affaire a été examinée en audience publique le 20 mars dernier et déjà l'avis de l'avocat général allait dans le sens de la décision rendue lundi.

Nassimah Dindar, alors présidente du conseil général de la Réunion et présumée auteur principal, M. Soucramanien, chargé du suivi des recrutements à son cabinet, et les conseillers généraux Bachir Valy et Jean-Jacques Vlody, présumés complices, ont été poursuivis et condamnés devant le tribunal correctionnel pour discrimination en raison des opinions politiques à l’occasion du recrutement d’agents contractuels dans le foyer départemental de l’enfance dit foyer de Terre-Rouge.

Les trois élus et le chargé de mission ont fait appel et la cour d'appel de Saint-Denis a infirmé le jugement de première instance.

L’arrêt de la cour d'apel explique d'abord que, d'un point de vue procédural, "aucune demande de requalification des faits de complicité en coaction n’a été formée à l'encontre des présumés complices et qu’une telle requalification aurait exigé la réouverture des débats". Or, il se trouve que le ministère public a envisagé une telle requalification mais ne l'a pas requise et que les prévenus ont été expressément invités à présenter leurs observations. "L’arrêt n’encourt pas la censure, assure la Cour de cassation (...) dès lors qu'il n’était pas démontré que Mme Dindar aurait eu connaissance des conditions de sélection des candidats."

La cour d’appel a donc justement jugé que "les offres d’emploi litigieuses n’avaient pas été subordonnées aux opinions politiques des personnes recrutées, de sorte qu’en l’absence de fait punissable, le grief sur l’absence de requalification est inopérant."

L'arrêt de la cour d'appel ne commet pas plus d'erreur lorsqu'il indique que "s'il a bien été procédé aux recrutements litigieux à la suite d’interventions des élus en faveur des candidats, c'était pour leur seule qualité d’administrés de ceux-ci et non pas en raison de leurs opinions politiques". Les juges d'appel n'ont donc pas commis d'erreur en déduisant que le délit de discrimination dans les offres d’emploi n’était pas constitué à l'encontre de Nassimah Dindar, ni à l'encontre des trois autres prévenus par voie de conséquence.

Tous les moyens de contestation soulevés par le parquet général ayant été écarté, la Cour de cassation n'a pu que rejeter son pourvoi et confirmer ainsi la relaxe prononcée en appel.

FXG, à Paris

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 07:00
Sourya Adèle est Mary Prince

Mary Prince, la vidéo

Sourya Adèle, interprète et adaptatrice au théâtre du texte de l'esclave de Mary Prince, a fait appel au réalisateur Arnaud Emery, pour proposer une version vidéo de la pièce. Ils sont ensemble retournés sur les traces de l'incroyable odyssée de Mary Prince dans la Caraïbe, aux Bermudes, aux îles Turks-et-Caïcos et à Antigua, mais aussi à Londres où elle a obtenu son émancipation. Conçue comme du « théâtre-documentaire », cette recréation est un va-et-vient entre la scène théâtrale et les lieux de mémoire de l’esclavage où vécut Mary Prince. C'est donc plus que la pièce, mais un voyage dans le temps et dans l’espace que propose ce DVD pour raconter l’histoire exceptionnelle et bouleversante d’une des premières esclaves libérées avant l’abolition de 1834 dans les colonies britanniques.

Cette oeuvre audiovisuelle invite au dépassement d’une mémoire conflictuelle et à l’élaboration d’une conscience collective sur des questions qui restent hélas toujours d’actualité.

« Mary Prince, récit autobiographique d’une esclave antillaise » (60 minutes)

Recréation réalisée par Arnaud Emery, produit par Frédéric Tyrode Saint Louis, interprété par Sourya Adèle, adaptaté par Emma Sudour et Souria Adèle d'après le texte de Mary Prince, mise en scène de la pièce par Alex Descas.

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 06:44
Bernard Pons se livre dans ses mémoires - partie 2

Grand entretien (suite)

Bernard Pons, l'un des derniers barons de la Chiraquie se confie...

"C'était tellement commode aux autres, à Chirac, à Balladur, à Pasqua..."

Quand vous avez lancé la défiscalisation en 1986, vous dites : "Faisons de l'Outre-mer la Suisse des Caraïbes !"

J'ai même été plus loin ! J'avais proposé que l'on crée un système fiscal avantageux pour les dépôts bancaires en Outre-mer, pour que l'on crée non pas des paradis fiscaux mais enfin... presque. Et là, j'ai été retoqué. Chirac m'a dit que je rêvais !

Cette année 1986, Camille Darsière a célébré le mariage de votre fille. Que retenez-vous de cet homme ?

Il était un des piliers du PPM et un pilier dur. Juriste, il était très engagé et ne faisait pas de cadeau aux autres formations politiques. Avec Emile Maurice, il ne filait pas l'amour parfait, même à l'intérieur du PPM où il y avait souvent des bagarres. Il était le patron et il entendait le rester ! Avec moi, les premiers contacts ont été difficiles et puis, nous avons fini par nous accommoder l'un de l'autre. Il a fait un geste en acceptant de célébrer le mariage de ma fille avec Alex Ursulet.

Vous avez du revenir souvent pour expliquer la défiscalisation...

Je voulais surtout expliquer la loi programme aux parlementaires et aux élus locaux. Cette loi programme, on n'en parle pas beaucoup, mais elle a été formidable, elle a été un booster parce qu'elle a apporté des crédits considérables, des crédits d'Etat. Malheureusement, ça a été arrêté après et l'Etat s'est considérablement désengagé de l'Outre-mer. La situation actuelle à Mayotte et en Guyane en est l'image même !

La Guyane en 2017 et Mayotte en 2018...

A Mayotte, c'est un problème d'immigration, mais d'immigration massive ! Alors moi je crois que tant qu'on n'aura pas rétabli des liens beaucoup plus étroits avec les Comores on n'arrivera pas à grand-chose à Mayotte.  Il ne faut pas les traités par le mépris d'autant plus que le président est un francophone qui a fait ses études à Lyon. Donc rien ne s'oppose à ce que nous mettions un peu dans dans notre vin pour nos relations bilatérales avec les Comores. En deuxième lieu, il faut complètement revoir les infrastructures de Mayotte et revoir aussi la capacité en personnels de sécurité, de santé et sociaux...

En 1986, vous avez permis la rentabilité de la liaison maritime de la CGM avec les Antilles au cours d'une réunion avec Marcel Fabre, Jacques Saadé et les frère Guy et Bernard Hayot. Quel genre d'hommes avez-vous vu dans les frères Hayot ?

Ce sont des mammouths ! Ce sont des hommes qui ont trouvé, quand ils sont arrivés aux affaires, une structure présente, mais qui l'ont développée d'une façon intelligente et moderne. Bernard Hayot qui est présent dans le monde entier reste un Martiniquais de coeur, attaché à sa commune du François, et tout ce qui touche à la Martinique le touche personnellement. Il y a quelques jours encore, il a fait une déclaration sur la faiblesse de la détermination des responsables politiques de la Martinique sur le plan économique par rapport aux autres !

Vous connaissez bien aussi le patron de la banane de Guadeloupe et Martinique, Eric de Lucy...

Il a déjà sauvé la banane antillaise alors qu'elle était moribonde et il est en train de réussir une opération en Afrique qui est absolument stupéfiante ! Plus de 5000 hectares de bananes vont être plantées au Cameroun avec un système de mise en container sur place, d'évacuation sur les navires... Tout est organisé, c'est remarquable ! Eric de Lucy est quelqu'un qui est imposant par sa connaissance de l'Outre-mer, des Antilles en particulier, et par sa connaissance des circuits commerciaux.

Que pensez-vous d'Alfred Marie-Jeanne ?

J'ai toujours eu de très bons rapports avec Alfred Marie-Jeanne. C'est un indépendantiste qui est plus autonomiste qu'indépendantiste et, surtout, c'est un homme non violent. Il est extrêmement intelligent, pointu. Sa maîtrise du créole laisse rêveur. Il connaît presque chaque habitant de la Martinique et il connaît toute la lignée de la famille ! Alfred Marie-Jeanne est porteur de l'histoire de la Martinique !

Il a su faire un accord avec vos amis politiques dont Yann Monplaisir...

Cela montre l'intelligence des deux. Ils avaient affaire à un gros morceau, Serge Létchimy, qui était un des poulains de Césaire et qui semblait déjà tenir en main toutes les structures politiques de la Martinique, c'est-à-dire la Région, la capitale et le département. Et puis, tout d'un coup, cette alliance a surpris tout le monde, moi-même en particulier. Une alliance extrêmement intelligente si elle débouche sur une dynamique économique et sociale plus grande. Or, je sens que depuis le démarrage, il y a des frictions, des freinages et qu'ils n'arrivent pas à donner ce qui répondrait à l'espoir qui les a fait élire. L'heure de vérité est venue pour eux ! Il faut qu'ils se reprennent. Il y a un problème de logement social, d'insalubrité, de précarité... Regardez Fort-de-France à partir de 21 heures... Il n'y a rien ! C'est une ville endormie... Et, globalement, la Martinique est aussi endormie sur le plan économique.

Autre personnalité dont vous avez été proche, c'est Gaston Flosse en Polynésie...

C'est un cas particulier. Il vient de perdre à nouveau au premier tour des élections territoriales... Gaston est un cas, c'est un Polynésien dans l'âme, il maîtrise toutes les langues vernaculaires de tous les atolls de Polynésie. Il est la Polynésie et la Polynésie, c'est lui ! Il s'est totalement identifié à ce pays et il a le sentiment que rien ne peut marcher sans lui. Mais l'âge est là. Moi, je me suis rendu compte de mon âge à 75 ans ; il en a 85 passés. Il devrait peut-être ouvrir les yeux...

Oscar Temaru n'est pas tellement plus jeune...

Non, mais on voit aussi le résultat qu'a fait Oscar... Ce n'est pas brillant. C'est sans doute un des plus mauvais résultat qu'il ait enregistré depuis longtemps !

Que pensez-vous de son combat pour l'indépendance de la Polynésie ?

Je ne me mets pas à la place des autres ; ce sont eux qui décident, qui choisissent. Ce que je dis, c'est que l'outre-mer est une chance pour la France, mais la France et l'Europe sont une chance pour l'Outre-mer. Et aujourd'hui où il y a de grands ensembles qui se conjuguent ou qui s'affrontent, je crois qu'il est capital que ces départements, ces territoires réfléchissent bien à leur avenir et celui de leurs enfants. Je crois qu'une large autonomie, comme celle dont bénéficient la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie et dont bénéficient de plus en plus les départements d'outre-mer, est la meilleure formule, la plus intelligente. Il faut aussi que les Métropolitains se rendent compte qu'ils ont intérêts à porter un regard bienveillant sur l'Outre-mer parce que c'est la présence de la France dans le monde. Le Pacifique devient au XXIe siècle, la première mer du monde, et déjà que la Chine développe des tentacules sur le Vanuatu. Il faut faire attention ! Donc la présence française est capitale. Pour la conquête spatiale, la présence française sur les deux hémisphères est un élément de plus pour la conquête spatiale européenne.

A la Réunion, on chuchote que Paul Vergès vous a aidé à faire gagner Jacques Chirac en 1995...

Il a été un interlocuteur constructif avec Chirac alors qu'il était vraiment très engagé politiquement, c'était un communiste actif ! Mais, avec lui, c'était aussi la Réunion avant tout, peut-être même avant son engagement politique. Il était disposé à comprendre, à aider et il a plutôt facilité les choses, même après que je sois parti. Car à l'époque où j'étais ministre de l'Outre-mer, il était balbutiant politiquement. Il est devenu après président du conseil régional et d'ailleurs, je lui tire un coup de chapeau parce qu'il a été l'un des premiers à lancer des opérations pour les énergies renouvelables. Et puis, au plan local, il arrivait à avoir de bons rapports avec ses collègues qui n'étaient pas de la même formation politique que lui, en particulier avec Jean-Paul Virapoullé ou André Thien Ah Koon — je salue leur longévité !

Vous avez connu Gaston Monnerville, député de la Guyane puis sénateur du Lot, Léon Bertrand, ministre de Jacques Chirac, mais quid de Christiane Taubira ?

Je ne l'ai pas tellement connue quand je m'occupais de l'Outre-mer ; elle ne jouait pas un rôle très important sur le plan politique guyanais. Elle a milité avec les indépendantistes mais je n'ai pas eu de rapport avec elle. Je l'ai rencontrée aux obsèques d'Aimé Césaire...

Vous évoquez la loi Taubira dans votre livre...

C'est bien normal pour un ancien ministre de l'outre-mer qui adore l'outre-mer ! Je sais que l'esclavage est une plaie mal cicatrisée, qui pèse profondément sur tous ceux qui en ont été les victimes indirectes et qui se sentent encore profondément blessés dans leurs racines. Je le mets aussi au crédit de Jacques Chirac.

En Nouvelle-Calédonie, la grande figure chiraquienne, c'était Jacques Lafleur...

Une forte personnalité ! Il avait tenu la Calédonie à bout de bras, un peu seul avec l'ancien maire de Nouméa, Laroque. Laroque était un gaulliste de la première heure, une personnalité forte ! C'est Laroque qui a fait naître Lafleur sur le plan politique et c'est Laroque qui lui a donné ce tempérament un peu rugueux du Calédonien. Avec Jacques, c'était tout ou rien. Ou il vous aimait et vous prenait dans ses bras, il vous amenait chez lui et vous traitait comme un ami de toujours, ou alors, il vous faisait la tête, il refusait de vous voir. Il vous envoyait une délégation et il vous faisait dire qu'il était absent ! Il boudait. avec Jacques Lafleur, c'étaient des bouderies ou des démonstrations d'amitié excessives !

Anticipant, la violence de la crise, vous auriez aimé que le procès aux assises des auteurs de la mort des frères de Jean-Marie Tjibaou soit dépaysé, mais Jacques Lafleur s'y serait opposé. Résultat, ils ont été relaxés. Est-ce exact ?

Nous nous n'y pouvions rien, c'était la justice ! Les inculpés qui étaient déférés aux assises avaient pris un avocat parisien de droite, un type de talent qui a démontré d'une façon incontestables que leurs clients étaient en état de légitime défense. La gendarmerie avait reçu pour ordre de ne plus sortir, de ne plus aller sur le terrain et de ne plus rien voir ! Donc, ils avaient organisé des milices et voilà. Ca a été un guet-apens meurtrier puisqu'il y a eu dix morts dont deux frères de Tjibaou... Mais, là, c'était la justice. Chirac et moi n'y pouvions rien. Alors Jacques Lafleur avait voulu s'impliquer dans ce dossier et je me demande même si ce n'est pas lui qui avait choisi l'avocat...

Trente ans après, vous revenez sur la prise d'otages d'Ouvéa et vous critiquez son instrumentalisation a postériori... Pouvez-vous expliquer ?

L'instrumentalisation a posteriori se comprend très bien ! En 1988, se produit un changement de majorité. Mitterrand est réélu face à Jacques Chirac qui avait été Premier ministre de cohabitation. C'est une revanche, pas pour Mitterrand qui était déjà fatigué quoi que toujours un bon manoeuvrier, mais pour son entourage. C'était une revanche sur 1986 ! Le problème à Ouvéa avait été réglé par la force malheureusement, puisqu'il n'y avait pas d'autre issue, que j'avais exigé que l'ordre soit conjoint entre le président de la République et le Premier ministre et que je n'aurais rien fait si l'ordre avait été seulement donné par le Premier ministre... Ce sont eux qui ont donné l'ordre, pas moi. Le problème a été réglé par la force et il y a eu des victimes parmi les forces de l'ordre, parmi les ravisseurs, mais pas parmi les otages, ce qui était miraculeux. Personne ne l'a relevé, pas plus qu'on a parlé des douze otages qui ont été libérés avant par la négociation. Ils n'ont pas été libérés spontanément ! C'est le colonel Benson qui, parce qu'il a su utiliser les éléments coutumiers présents sur le terrain, a permis la libération des douze otages du sud. Une fois les otages libérés, tous ceux qui avaient été compromis ont été déférés à la justice. Ils ont eu des avocats. Comme c'est le nouveau pouvoir qui était en place, aussitôt, on leur a donné des avocats très liés à la ligue des droits de l'Homme et comme la meilleure défense, c'est l'attaque, ils ont fait de la surenchère sur la libération des otages. Tous les moyens ont été bons, jusqu'à même dire qu'il y avait eu des exactions, etc... L'enquête diligentée par M. Chevènement, menée par deux généraux, a montré qu'il n'y avait eu qu'une exaction sur Alphonse Dianou dont je dis dans mon livre qu'elle est regrettable parce qu'il était un bourreau et qu'on en a fait une victime.

Le livre de Legorjus et le film de Kassovitz vous prêtent un bien sale rôle...

Oui. Je l'explique par le comportement de M. Legorjus qui est aussi à l'origine de monstruosité qui ont été dites après et il s'est parjuré ! Et il arrive à convaincre Kassovitz qu'il est le héros de cette histoire. Et il fait de son livre un scénario formidable ! Kassovitz va se faire avoir et ce film fera un bide total ! Moins de 125 000 entrées.

Vous vous êtes retrouvés seuls face aux attaques... Vous avez appelé Jacques Chirac au lendemain de son échec électoral de mai 1988 ; il est resté aux abonnés absents. Vous ne le racontez pas dans votre livre, pourquoi ?

Non... Parce que ce n'était pas glorieux pour Chirac. Il se tenait très éloigné d'Ouvéa. J'étais là pour prendre les coups. D'ailleurs, il y a quelqu'un qui ne s'y est pas trompé c'est Christnacht. Il y a quelques jours, il a twitté sur mon livre en disant : "Il est très intéressant le livre de Bernard Pons, en particulier le chapitre sur la Nouvelle-Calédonie. J'avais toujours pensé qu'on lui avait fait porter le chapeau..." Ce n'est pas que j'ai porté le chapeau, c'est que c'était tellement commode aux autres, à Chirac, à Balladur, à Pasqua... Il n'y en a qu'un qui a été correct, c'est Giraud...

Pourquoi votre amitié avec Jacques Chirac a pris fin ?

Je me suis opposé à des prises de position du président de la République, en particulier la dissolution de 1997 dont j'explique qu'elle est une faute grave, une faute politique grave qui a marqué notre pays. Ca, je ne pouvais pas l'admettre, donc j'ai claqué la porte. A partir de ce moment-là, j'ai été excommunié. Du jour où je suis rentré au gouvernement comme ministre de l'Equipement, j'ai été repris par l'action politique, par le travail et je ne me suis pas éloigné de l'analyse politique, mais j'ai cru que ma familiarité avec Chirac pouvait continuer, mais en fait un président de la République ne peut plus avoir d'amis, de copains issus du monde politique. Ce n'est pas possible, il peut avoir des amis personnels en dehors du monde politique et encore, très peu, mais il ne peut plus avoir de copains. Cette fonction présidentielle est impitoyable. J'ai eu du mal à le réaliser... Quand j'ai rencontré Philippe Seguin à la veille des élections municipales à Paris où j'avais l'habitude de conduire la liste dans le 17e, il s'est opposé. Il avait reçu l'ordre de m'exécuter politiquement et comme il ne m'aimait pas tellement, ça ne le gênait pas beaucoup... Alors j'ai réalisé mon âge, 75 ans ! J'ai su que c'était la fin de ma carrière politique et j'y ai mis fin sans aucune amertume.

Pourquoi avoir choisi la Martinique pour la première partie de votre retraite ?

Parce que ma femme était amoureuse de la Martinique ! Quand notre fille s'est mariée en Martinique, une grande partie des invités ont été logés à Grande-Anse aux Anses d'Arlet, ma femme également. Elle est devenue complètement amoureuse de Grande-Anse et elle a voulu absolument qu'on achète une maison là. Quand nous avons vendu notre propriété de Grasse, nous avons eu de quoi acheter quelque chose de plus près de la mer sur la Côte d'Azur et en même temps à la Martinique. J'ai acheté sans défiscaliser et M. Plenel est venu sur place pour le vérifier...

Et pourquoi en être parti ?

En 2010, nous avons eu la dengue. Ma femme a été très malade, ma fille Nathalie a failli mourir et moi, j'ai eu la dengue hémorragique qui m'a valu une greffe  de la valve aortique à l'hôpital Pompidou en 2013. Mes enfants n'ont plus voulu y aller... J'ai eu la sensation que l'on se foutait éperdument du sujet ! Et quand les deux ministres, Roseline Bachelot et Marie-Luce Penchard, sont venues toutes les deux, elles ont fait trois petits tours, sont allées saluer le préfet qui était lui aussi hospitalisé... J'ai regardé leur manège, c'était pitoyable ! Si on ne prend pas des mesures, on aura de plus en plus de gros problèmes.

Quel avenir voyez-vous pour l'Outre-mer ?

Je ne comprends pas que ces territoires d'outre-mer ne s'investissent pas comme la Réunion a pu le faire du temps de Paul Vergès dans les énergies renouvelables. Je ne comprends pas qu'il n'y ait nulle part outre-mer des études pour inventer le nouveau logement antisismique, anticyclonique, isolé thermiquement et phoniquement, bioclimatique, indépendant au point de vue énergétique et à bas coûts ! Je ne comprends pas qu'on ne lance pas des études sur l'élimination du déchet là où il est produit... L'Outre-mer a tous les atouts pour le faire.

Propos recueillis par FXG, à Aigues-Mortes

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 06:43
Bernard Pons, le 24 avril 2018, chez lui à Aigues-Mortes (Photo FXG)

Bernard Pons, le 24 avril 2018, chez lui à Aigues-Mortes (Photo FXG)

Grand entretien

Bernard Pons, l'ancien ministre de l'Outre-mer du gouvernement de Jacques Chirac (1986-1988), vient de publier ses mémoires (Aucun combat n'est jamais perdu, aux éditions de l'Archipel). Âgé aujourd'hui de 92 ans, il est l'un des derniers barons de Jacques Chirac qu'il a accompagné de 1967 à 2001.

"Je crois qu'une large autonomie est la formule la plus intelligente"

C'est le voisinage de Georges Pompidou qui vous fait entrer en politique alors que vous étiez médecin de campagne dans le Lot avec un passé de jeune Résistant. Comment s'est faite cette première et décisive rencontre ?

J'étais médecin dans le lot et c'est là que j'ai connu Georges Pompidou par l'intermédiaire du maire de Cajarc où il avait une résidence secondaire et où il était conseiller municipal. Et mon ami Murat qui était maire de Cajarc avait organisé un déjeuner chez lui. A la fin du repas,  Georges Pompidou m'a demandé de l'accompagner et nous nous sommes promenés pendant une demi-heure à peu près. Il m'a posé des tas de question et quand j'ai quitté, j'ai senti que ça avait presque été un examen de passage. Et quand quelque temps plus tard,  j'ai été invité a rencontré Jean Charbonnel qui était ministre de la coopération,  et Jacques Chirac qui était conseiller auprès du premier ministre pour me parler des élections législatives de 1967 dans le Lot, j'ai compris que j'avais réussi mon examen de passage.

Et pourtant, vous n'étiez candidat à rien à ce moment-là ?

Non, à rien du tout ! Et d'ailleurs, le fait de me proposer d'être candidat dans le nord du département, à Figeac, alors que moi j'habitais dans le sud, me paraissait une hérésie, absurde... Je n'avais aucune chance de gagner. C'est là que Chirac m'a dit : « Mais Pompidou est persuadé que tu es le meilleur candidat,  d'abord parce que tu as été dans la Résistance, tu as été dans les FTP, c'est un atout considérable, tu es médecin, tu es gaulliste, donc tu as un certain nombre d'atouts et en plus Pompidou viendra faire campagne pour toi. » Et effectivement, il a tenu parole et c'est comme ça qu'est née une très grande amitié entre lui et moi...

Et avec Jacques Chirac ?

Sur tous les jeunes loups que présentait Georges Pompidou, nous avons été seulement deux à être élus, Jacques Chirac en Corrèze et moi dans le Lot. Et à partir de là est née une amitié qui a duré pratiquement 40 ans.

Comment s'est faite votre première rencontre avec l'Outre-mer ?

En 1968, Georges Pompidou m'a posé une question : "Bernard, est-ce que vous connaissez l'outre-mer ?" Je lui réponds : "Non, pas du tout." Il me déclare : "Vous êtes l'homme qu'il me faut." Il avait en tête de préparer les élections présidentielles qu'il voyait venir après le référendum de 1969 qu'il sentait déjà perdu et il voulait qu'on lui fasse un rapport sur la situation d'au moins deux départements d'Outre-mer, la Martinique et la Guadeloupe.

Vous découvrez la Guadeloupe au lendemain du drame de mai 1967... Qu'en avez-vous su alors ?

Pas grand-chose... J'avais bien vu l'ampleur et l'extrême gravité des événements, mais la version officielle était minorée et la version syndicale était un peu exagérée. Il fallait absolument que j'aille sur le lieu même du drame et que je prenne contact avec des syndicalistes qui avaient participé ou qui connaissait le drame... Ils étaient très traumatisés... Le préfet Deleplanque qui était un homme habile avait bien essayé d'établir des contacts, mais en quelque sorte, c'est moi qui ai établi le premier contact. Ce qui m'a frappé, c'est que c'étaient des hommes extrêmement simples qui n'avaient pas fait d'études supérieures, c'était du brut de décoffrage, mais la qualité de leur accueil, la qualité de leur élocution m'ont surpris et j'ai alors connu la dialectique antillaise qui est vive, rapide, colorée, mais très précise. A partir de cet entretien, dans mon rapport que j'ai remis à Pompidou, j'avais bien évoqué ce drame, l'analyse qu'ils en faisaient et les conséquences qu'il fallait en tirer.

La commission Stora a rendu ses travaux sur ces événements et a établi que le préfet Bolotte et le procureur général avait fait une véritable paranoïa sur le GONG qui était en fait un groupuscule pas très dangereux. Or, depuis 1966, la Guadeloupe était devenu un relais stratégique pour la France et sa politique de défense nucléaire puisqu'elle était devenue l'escale entre Paris et Mururoa...

A l'époque, c'était une grande noria, importante !

Ce fameux week-end de la fête des mères 1967, un KC 135 de la force aérienne stratégique était en escale au Raizet. Cela a-t-il pu favorisé cette paranoïa ?

Ca a pu provoquer une certaine tension auprès préfet et du procureur...

Et de Jacques Foccart... Le ministre de l'Outre-mer, Pierre Billotte était totalement absent...

Totalement.

C'est Foccart qui a tout piloté depuis l'Elysée...

C'était l'époque et il ne dérogeait pas à la règle générale

C'est peu avant votre prise de fonction comme ministre de l'Outre-mer en 1986 que votre prédécesseur George Lemoine a avancé le chiffre de 87 morts pour les événements de 1967...

J'ai toujours dit que le chiffre avait été gonflé... La préfecture avait certainement minoré le nombre de morts... Je sais que d'un côté ils ont minoré et que de l'autre ils ont exagéré. Mais je suis incapable de vous dire le nombre de morts... Mais enfin, quel que soit ce nombre, ce fut quand même un drame épouvantable, une tragédie.

Quelle Martinique découvrez-vous ensuite ?

Après la Guadeloupe, je découvre la Martinique et entre les deux, j'ai véritablement un coup de coeur pour l'outre-mer... Et je réalise aussi bien en Guadeloupe qu'en Martinique, l'état de retard de ces deux départements français. Les infrastructures étaient balbutiantes... Pour aller du nord au sud, il fallait emprunter des routes impossibles. La rocade de Fort-de-France n'existait pas... J'avais une vision... Mon rapport pour Georges Pompidou démontrait qu'il fallait que lui prenne en main la responsabilité de l'Outre-mer, que même si dans le futur gouvernement, il nommait un ministre de l'Outre-mer, il fallait qu'il y accorde un intérêt particulier. Il m'a entendu puisqu'il nommera finalement Pierre Messmer ministre d'Etat chargé des DOM-TOM.

Pourtant Pompidou n'a pas réellement marqué beaucoup d'intérêt pour l'Outre-mer une fois à l'Elysée. Pourquoi ?

Il avait d'autres préoccupations, des préoccupations économiques majeures. Il a lancé la dévaluation massive du franc de 12,5 % et il avait le problème de l'industrialisation de la France. Il a eu d'autres priorités ; il n'a pas donné tout ce qu'il aurait pu et très vite, il a été touché par la maladie...

Cela va vous éloigner de l'Outre-mer jusqu'aux années 1980. Comment y revenez-vous ?

J'ai d'abord accompagné Jacques Chirac en Guyane pour la campagne présidentielle de 1981. Chirac était malade comme un chien à la suite de la réunion qu'il avait tenue à Cayenne. Il avait promis d'aller à Saint-Georges de l'Oyapock et il m'a envoyé le représenter. J'y suis allé accompagné d'Alain Marleix et Jacques Chirac a obtenu 90 % des suffrages dans cette commune.

Qu'est-ce qui vous prédispose à devenir ministre de l'Outre-mer en 1986 ?

J'ai quitté le secrétariat général du RPR que j'occupais depuis 1979 en 1984. Chirac m'a installé au boulevard des Invalides pour m'occuper de l'Outre-mer A ce moment-là, la priorité, c'est le Pacifique et la Nouvelle-Calédonie. Je suis dans l'opposition, je reçois toutes les informations qui nous sont données par nos élus dans les collectivités locales ou au Parlement et je les communique à Jacques Chirac qui prépare les législatives de 1986.

Vous rencontrez alors Lucette Michaux-Chevry qui sera votre collègue au gouvernement... Quel genre de femme est-elle alors ?

La dame de fer ! Lucette est une fille extraordinaire, d'abord avocat de profession, une oratrice de talent, une guadeloupéenne à part entière, un franc-parler, un culot monstre, mais un coeur énorme ! Voilà comment je peux la décrire...

En Martinique, vous êtes liés à Emile Maurice qui préside alors le conseil général...

Emile Maurice, c'était le sage. Il était issu de l'enseignement et parmi tous les hommes politiques locaux que j'ai rencontrés, c'est celui qui m'a le plus impressionné par sa modestie, son travail, sa modération. C'est moi qui ai prononcé son éloge funèbre à la place de Jacques Chirac. Le sénateur Valcin était un excellent juriste et j'avais avec lui d'excellentes relations comme avec Camille Petit, le député qui était médecin comme moi. Mais quand Emile Maurice prenait la parole, il était digne de crédit.

Vous souvenez-vous de Michel Renard, dit le sheriff ?

Michel était maire du Marigot. Ancien communiste, il a été assez longtemps le secrétaire départemental du RPR. C'était un grand type, la grande gueule qui se présentait aux élections municipales contre Césaire à Fort-de-France. Il avait ses gardes du corps, Césaire avait les siens et ça faisait des affrontements musclés que Michel adorait raconter !

Quels étaient vos rapport avec Aimé Césaire ?

Bien qu'adversaires politiques, nous avons toujours eu des rapports extrêmement courtois. Il m'a beaucoup aidé pour la loi de défiscalisation et la loi programme. J'arrivais à avoir avec lui un dialogue constructif. Césaire était un homme engagé sur le plan culturel avec la négritude, mais sur le plan économique et social, il était prêt à discuter avec des  responsables politiques qui n'étaient pas de son bord, ce qui était mon cas.

Césaire vous a-t-il impressionné ?

Il est né à Basse-Pointe, ce tout petit village au sud de la Dominique, dans un océan toujours agité... Sortir de ce petit village pour faire naître et devenir l'homme de culture mondial que représente Césaire, il a fallu une volonté personnelle ! Pour lui, aucun combat n'était jamais perdu... Et il était d'une modestie et d'une simplicité déconcertante.

Aimé Césaire a reçu Nicolas Sarkozy dans son petit bureau de Fort-de-France en 2006 et lui a donné pendant près d'une heure un véritable cours sur le colonialisme après l'affaire de la loi sur la  colonisation positive...

Nicolas et le colonialisme (sourires)... Nicolas a toujours d'énormes qualités, mais il a les défauts de ses qualités et la patience n'est pas son fort et l'était encore moins quand il était président de la République...

Le président Sarkozy a cru qu'il suffisait d'invoquer le nom de Césaire pour faire une politique en Outre-mer...

La fille de Lucette, Marie-Luce Penchard n'avait pas le tempérament de Michaux-Chevry, sa mère et je crois qu'elle ne connaissait pas l'outre-mer. Depuis que je m'intéresse à l'Outre-mer, je n'ai pas vu de gens qui paraissent avoir une fibre. J'ai vu de bons administrateurs qui restait plus souvent à Paris qu'en Outre-mer...

Cinq ministres originaires d'outre-mer se sont succédés rue Oudinot depuis 2009. Comment les avez-vous trouvés ?

Je ne peux pas dire qu'ils ont apporté ce qu'on était en droit d'attendre d'hommes et de femmes issus de l'Outre-mer qui par principe auraient du s'impliquer plus fortement. Ils ont suivi les dossiers. Ils ont fait preuve de plus de suivisme que d'initiatives. A aucun moment, je n'ai vu un projet... Je pense au logement social, à la précarité...

Considérez-vous que le président Macron a une vision pour l'Outre-mer ?

J'ai trouvé son discours de Cayenne intéressant. Pour un homme qui n'avait aucune raison de s'intéresser particulièrement à l'outre-mer, c'est le premier après Jacques Chirac qui a une vision positive et active de l'Outre-mer. Il veut faire de l'Outre-mer un acteur et non pas un assisté, c'est cela qui me paraît intéressant.

Quel était le lien du président Mitterrand avec l'Outre-mer ?

Il n'avait pas une attirance tellement grande... Intellectuellement non... Je raconte le voyage à Saint-Pierre-et-Miquelon, mais Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est à part, ce n'est pas du tout l'Outre-mer tel que nous le connaissons, c'est une exception, une particularité dans l'outre-mer

Jacques Chirac a-t-il été le premier président à avoir une vraie affinité avec l'Outre-mer ?

Dès qu'il m'a confié en 1984 le dossier de l'Outre-mer, Chirac m'a demandé de m'y impliquer totalement. Il savait ce que m'avait demandé Pompidou en 1968, il connaissait mon intérêt et m'a assuré de son soutien "par tous les moyens". Il voulait que je sois ministre d'Etat à l'Outre-mer et c'est Balladur qui s'y est opposé, voulant être le seul ministre d'Etat du gouvernement... Ce qui m'importait, c'était qu'il me soutienne vis-à-vis du budget et que je puisse faire la défiscalisation et la loi programme. On a depuis critiqué la défiscalisation, mais personne ne l'a abrogée.

A suivre...

Propos recueillis par FXG, à Aigues-Mortes

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 04:17
Le 10 mai 2017, les présidents Hollande et Macron sous le kiosque à musique du jardin du Luxembourg

Le 10 mai 2017, les présidents Hollande et Macron sous le kiosque à musique du jardin du Luxembourg

La cérémonie du 10 mai toujours plus contestée et boycottée

Pour la première fois depuis 2006, la cérémonie de la Journée nationale des mémoires de l’esclavage et de son abolition, le 10 mai au Jardin du Luxembourg à Paris, se déroulera sans la présence du président de la République. Emmanuel Macron recevra ce jour à Aix-La-Chapelle en Allemagne le prix Charlemagne pour l'unification européenne. Le chef de l'Etat enverra donc son Premier ministre au jardin du Luxembourg. Emmanuel Macron peut être serein, il a assuré un service minimum au Panthéon le 27 avril et s'évite ainsi une présence au Luxembourg où il aurait pu être mal à l'aise. En effet, son conseiller outre-mer, comme son gouvernement a reçu un rapport émanant d'une partie des membres du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage qui avait déjà été adressé, il y a trois ans, au gouvernement et au président précédents.

Ce rapport établit un diagnostic critique de cette cérémonie et propose sa décentralisation comme cela a pu être fait par deux fois, en 2011 à Bordeaux et en 2016 à Pointe-à-Pitre.

Le rapport critique d'abord le choix des jardins du Sénat, "un lieu sans légitimité historique et vide de puissance émotionnelle".

Alors que la France commémore la Résistance au Mont Valérien ou au plateau des Glières, la Grande Guerre à  l’ossuaire de Douaumont ou à Notre-Dame de Lorette, la Shoah au Vel d’Hiv ou à Drancy, aucun acte, aucun moment, aucun personnage historique ne rattache les Jardins du Luxembourg à l’histoire de l’esclavage et de ses abolitions.

"Pourquoi commémorer la plus grande tragédie de l’Histoire qui a duré 4 siècles et fait plus de 12 millions de victimes dans un recoin d’un parc fréquenté des seuls joggeurs et mémés venant nourrir les pigeons ? interroge le rapport. Quel message transmet-on aux deux millions de français descendants d’esclaves ?" Et ce, d'autant plus que c'est le Sénat qui fut justement l’artisan du rétablissement  de l’esclavage... Cette assertion mérite un détour historique quand en 1801, Napoléon Bonaparte qui prépare la paix d'Amiens avec les Anglais, prpose une solution mixte en ce qui concerne l'esclavage : maintien de l’esclavage là où il n’a pas été aboli, à la Martinique et la Réunion, et maintien de l’abolition là où elle a été appliquée en 1794, à savoir à Saint-Domingue, en Guyane et en Guadeloupe.

Le projet de loi édicté par Bonaparte est approuvé par le Tribunat, puis le Corps Législatif mais repoussé par  le Sénat qui s'oppose aux volontés de Bonaparte et impose le rétablissement de l'esclavage à 100 000 Guadeloupéens et Guyanais au prix des effroyables massacres de 1802 en Guadeloupe et à Saint-Domingue.

A ce qui s'apparente comme une bourde historique, s'ajoute le caractère privé et élitiste de la cérémonie du 10 mai dont les participants doivent présenter un carton d'invitation à l'entrée du jardin...

Ainsi, la majeure partie des publics populaires, descendant d’esclaves est donc contenue derrière les grilles d’entrée des Jardins. Ainsi, régulièrement, des happenings, des protestations et revendications s'y sont produits sous la houlette du CRAN, de la brigade antinégrophobie ou encore comme la venue de Dieudonné... D'autres cérémonies viennent d'ailleurs concurrencer l'officielle, comme celle des amis du général Dumas, place du général Catroux, devant le monument des fers brisés, dans le 17e arrondissement, ou celle du CM98, le 23 mai, place de la République.

Faut-il donc continuer à commémorer l’esclavage et son abolition dans un lieu sans légitimité historique, devant un public privilégié et élitiste, déserté des véritables acteurs nationaux de la mémoire et dénoncé par nombre de descendants d'esclaves ? Emmanuel Macron semble y avoir répondu.

FXG, à Paris

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 05:31
Di Falco à Saint-Pierre en mai et au bal Blomet en juin

Di Falco chante l'histoire du théâtre de Saint-Pierre dans ses ruines

La fresque musicale, "Begin the biguine" de Fabrice di Falco et l'ensemble classique, Les Sauvages", sera donnée le 8 mai à 18 heures dans les ruines du théâtre de Saint-Pierre dans le cadre du festival "Mai à Saint-Pierre".

C'est quand il était étudiant au Lycée de Bellevue dans les années 90, que sa professeur de musique Gisèle Oberic lui a fait découvrir que nous avions à Saint-Pierre un monument culturel ! Des années plus tard, à  l'occasion d'un concert avec la pianiste Lydia Jardon dans le cadre du festival  Musiciennes en 2016 à l'Atrium, Fabrice di Falco est retourné à Saint-Pierre. Il s'est assis dans les ruines pour rêver, imaginer les opéras qu'on y a joués et qui ont donné tant de valeur à ce lieu majestueux. "J'ai essayé l'acoustique et ma surprise fut grande de constater que le lieu avait gardé une acoustique malgré que ses murs disparus depuis le 8 mai 1902." Le 8 mai 2018, Fabrice di Falco et ses musiciens, Jonathan Goyvaertz, Julien Leleu et Aurélien Pasquet, seront sur la scène du théâtre de Saint-Pierre, au milieu des ruines, et fonneront le spectacle qu'ils donnent depuis le mois de décembre au bal Blomet à Paris, "Begin the biguine". Si à Paris, la version proposée était jazz, à Saint-Pierre, ce sera du lyrique avec des arrangements musicaux spécifiques qui rendent hommage aux biguines créoles ou aux chants comme "Fanm Matinik douce" ou encore "Maladie d'amour"...

Réalité virtuelle

Pour sa scénographie, l'artiste lyrique s'accompagnera des créations Martial Bazabas. Ses photos et documents en 3D rétabliront virtuellement ce qu'était le théâtre opéra de Saint-Pierre avant la funeste éruption. "Il nous parlait souvent de ce théâtre, avec passion, et comme une certaine nostalgie", confie son pianiste Jonathan Gouvaertz. "Il prouve que l'opéra est un art qui était bien présent aux Antilles, poursuit son contrebassiste, Julien Leleu, et qu'il a inspiré la musique des rues antillaises telle que nous la connaissons aujourd'hui."

Fabrice di Falco réalise ainsi son plus grand rêve en donnant la version classique avec l'ensemble Les Sauvages dans les ruines et ainsi donner à Saint-Pierre le même spectacle que les Parisiens pourront voir et entendre au Théâtre du Gymnase en 2019.

FXG, à Paris

Le 7 juin au bal Blomet

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 08:58
Annick Girardin, Nicolat et Agnès Buzyn, le 27 avril au ministère de la Transition écologique et solidaire

Annick Girardin, Nicolat et Agnès Buzyn, le 27 avril au ministère de la Transition écologique et solidaire

Un plan d'urgence locale sargasse

Après la réunion du 18 avril dernier avec l'ensemble des parlementaires, les ministres des Outre-mer et de la Santé, le sujet des sargasses a été évoqué au Conseil des ministres du 27 avril dernier. Le gouvernement a ainsi décidé d'apporter "une réponse d'ampleur, structurée et de long terme à la crise des sargasses".

Dans un courrier adressé le 4 mai aux parlementaires et aux présidents de collectivités, que France-Antilles s'est procuré, les ministres Girardin et Hulot annoncent la nomination d'un haut fonctionnaire chargé de la rédaction d'un plan national de lutte contre les sargasses. Ce plan sera piloté par les ministères des Outre-mer, de la Transition écologique et solidaire, de la santé ainsi que le ministère de l'Intérieur.  Il sera décliné pour chaque territoire en un plan opérationnel dit plan d'urgence locale sargasse (PULSAR). Ce plan doit instaurer une procédure réactive en cas d'échouages,  en coordonnant l'utilisation des moyens humains et des matériels disponibles. L'État va débloquer en outre un fonds de 3 millions d'euros aux côtés des collectivités et des fonds communautaires pour financer des solutions innovantes de ramassage et des équipements de protection individuelle pour les équipes de ramassage.

Une mission d'assistance de la sécurité civile a d'ores et déjà été dépêché aux Antilles pour assister les équipes de ramassage. Le RSMA a été déployé en appui et en complément,  des personnes  condamnées à des travaux d'intérêt généraux sont mobilisées.

L'Ademe va lancer pour 1 millions d'euros  de nouveaux appels à projets, qu'il s'agisse de ramassage ou de valorisation des algues. D'autres moyens de prévention vont être déployés pour surveiller les nappes de sargasses comme les survols aériens plus fréquents à moyen terme et l'observation satellitaire via le programme européen Copernicus. Les agences régionales de santé doivent procéder à un renforcement du dispositif de mesures des émanations de gaz issus des sargasses en décomposition.

24 capteurs fixes pourront être déployés en Guadeloupe grâce au financement de la Région et de l'État. Parallèlement le haut conseil de la santé publique est saisi pour rendre un avis sur les conséquences sur la santé humaine des expositions observées.

Comme il l'a été décidé pour le chlordécone, un séminaire sera organisé à l'automne à l'occasion de la prochaine réunion de coopération régionale Antilles-Guyane. Il sera dédié à la connaissance du phénomène des sargasses,  de ses origines et des solutions existantes pour y faire face.

Enfin une réunion avec les assureurs sera organisée pour identifier les meilleures solutions de prise en charge des dommages subis par les biens et les personnes du fait de l'échouage des algues sur les côtes des territoires concernés.

FXG, à Paris

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 04:30

Des sous pour la filière bois

Stéphane Travert (Agriculture) et Annick Girardin (Outre-mer) ont signé un décret qui permet la compensation des surcoûts  supportés par les opérateurs exerçant des activités de valorisation du bois de Guyane, dans les secteurs de la gestion et de l’exploitation forestière et de la première transformation du bois.

Elle permettra ainsi aux entreprises de la filière d'améliorer leurs marges et leurs capacités à investir pour développer leurs activités.

Pour en bénéficier, les gestionnaires, exploitants et transformateurs de bois devront s’engager à respecter les orientations du programme régional de la forêt et du bois, à compter de son adoption. L’aide sera octroyée annuellement sous forme d’un versement unique à terme échu, et sera calculée en fonction des surcoûts supportés dans la limite de 20,74 euros par m3 de grumes récoltés, dont 3,04 euros pour la gestion forestière, et dans la limite de 17,61 euros par m3 de grumes transformés en scierie.

Parue au Journal officiel du 4 mai, cette nouvelle aide prend date au 1er octobre 2017 pour la campagne qui s'est achevée le 31 mars. Pour les années suivantes, les campagnes s’étendront du 1er avril au 31 mars.

Les demandes d’aide doivent être adressées à la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Guyane au plus tard le 31 mai 2018.

FXG, à Paris

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