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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 05:04
Foire de Paris, Guadeloupe

Etalage de savoir-faire à la Foire de Paris

Le conseil régional a délégué la chambre de métiers pour cette 114e édition de la Foire de Paris qui a débuté vendredi 27 avril et qui s'achève le 8 mai prochain. Le président Vainqueur a emmené une délégation de neuf élus de la chambre de métiers qui sont venus soutenir et accompagner les artisans guadeloupéens. En tout, ce sont pas moins de 32 exposants qui ont pris leur quartier sur 425 m2, dans un véritable village avec ses rues et ses avenues au coeur de la zone "Terres de tropiques", dans le hall 4 du parc des expositions de la porte de Versailles. L'investissement de la Région s'élève à 550 000 euros.

Tous les secteurs de l'artisanat sont représentés : textile (Doudou Diez, Gytane création, Nicoladre Madras des îles), alimentation (la kaz a bokit de Jean-Pierre Sturm, les lambis de Bernay, les kassav de Christianna Hery), coiffure, cosmétique, liqueurs et punchs (punch Mabi, Bielle, Damoiseau, Mi bébé), confiseries (Karu caprice), les fleurs de Trois-Rivières et les bois (peints ou en meubles de José Pindi)... La Région indique avoir convoyé 7 tonnes de marchandises !

Cet étalage des savoir-faire guadeloupéens donne un avant-goût de ce que devrait être la présence guadeloupéenne en octobre prochain à Saint-Malo avant le départ de la Route du Rhum. Les organisateurs ne s'y sont pas trompés qui ont installés au coeur du stand institutionnel de la Région, la chambre et le CTIG un immense tonneau de rhum. Il trône dans une allée rebaptisée "avenue de la Route du rhum".

FXG, à Paris

Ouh la la ! Zhoelala sort son 42

"Je suis la co-créatrice de jolies sandales en pvc, explique Dominique Crane-Moreau, créées par un couple de Thaïlandais. J'ai racheté les droits de la marque Zhoelala afin de développer le produit, les collections et les adapter à nos îles où nous sommes présents." L'événement la Foire de Paris a été la présentation de la taille 42 qui était très attendue par sa clientèle antillaise ! Et pour les enfants, du 32 au 35, il faudra attendre juillet !

450 kilos de douceurs d'antan

Ivanohé Jean-Baptiste de Karu caprice est présent pour la première fois à la Foire de Paris avec 450 kilos de doucineries. "Nous faisons découvrir ou redécouvrir aux Antillais de l'Hexagone toutes les douceurs d'antan, les sik a koko, les pipilits, la mangue confite, le chadek, les popotes à fruits à pain, les sik à noix ou à pistache..." Pour venir, il a bénéficié de l'aide régionale : "On a droit à 200 kilos de marchandises pris en charge par la Région et la chambre, et le reste, c'est à notre charge."

"Humainement, c'est extraordinaire !"

Dominique Elizé de Subtil Aw, entreprise basée aux Abymes, fait du bois peint. "Ce sont des objets en bois qui représentent notre diversité culturelle et traditionnelle de nos îles." C'est un habitué de la Foire de Paris. "Humainement, c'est extraordinaire, toute cette affluence de gens qu'on rencontre... Il y a des liens qui se tissent et, au fil des ans, nous avons un public averti qui, chaque année, revient nous voir !" L'aide de la Région et de la chambre ? L'avis de Dominique est tranché : "Sans cette aide, ça serait pas du tout la même musique ! Ca n'est pas sûr que j'y viendrais..."

1,5 tonne de fleurs

Harry Ruppert et Daniel Bienvenu (avec Nathalie sur la photo) sont les deux producteurs de fleurs tropicales de Trois-Rivières. Ils sont associés depuis 2007 au sein d'un groupement d'intérêt agro-écologique. Ils ont acheminé 1,5 tonnes de fleurs à la Foire, mais estime qu'en ne payant que 70 % du fret, ils font une bonne affaire. Ya plus qu'à espérer qu'ils en aient pris assez pour tenir les douze jours de la Foire !

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 04:43
Pierre Pastel, président, et David Auerbach-Chiffrin, porte-parole du CEGOM (photo FXG)

Pierre Pastel, président, et David Auerbach-Chiffrin, porte-parole du CEGOM (photo FXG)

Le baromètre du CEGOM donne 5,1/20 au président Macron

Un an après leur élection, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient récolté respectivement 7 et 30 % de notes supérieurs ou égales à 10/20. Cette année, la 9e consultation des Français d'Outre-mer lancée par le Collectif des états généraux de l'Outre-mer donne au président Macron 18,5 % notes supérieures ou égales à 10/20. Hollande avait débuté son mandat avec la note de 6,1/20 et l'achevait avec 5,4/20 ; Macron le débute avec 5,1/20. Certes l'échantillon qui a répondu à l'enquête du CEGOM dépasse à peine les 300 individus, mais "comparé aux échantillons classiques d'un millier de personne pour l'ensemble de la Nation, nous ne sommes pas mal", assure Pierre Pastel, sociologue et président du CEGOM. L'intention du CEGOM qui effectue chaque année la même enquête est de prendre le pouls des ultramarins par rapport à ce qu'ils vivent et subissent. "C'est un miroir de l'état d'esprit des Français des Outre-mer", résume David Auerbach-Chiffrin, porte-parole du CEGOM. Ainsi, Emmanuel n'a pas vraiment connu d'état de grâce. "Sa note, très basse, poursuit le porte-parole, indique une souffrance, une insatisfaction et un sentiment de discrimination."

"On ne pense pas à nous", "l'Outre-mer est délaissé", "Paris est déconnecté" , "Nous sommes oubliés", "L'Etat ne propose rien de bon pour l'Hexagone et rien du tout pour l'outre-mer" sont des phrases qui reviennent dans la plupart des territoires. Les personnes interrogées ressentent une méconnaissance ou une absence de politiques publiques pour l'outre-mer, ou à tout le moins, des politiques pas assez explicites." Les sondés se souviennent que le Premier ministre n'a pas su placer la Réunion sur une carte ou que le président a dit en Guyane : "Je ne suis pas le père Noël." Ils assimilent cela à du mépris. "Comme d'habitude, on nous répète que nous sommes Français mais cela ne se voit pas..." Dans la ligne de mire de ces Français d'Outre-mer l'emploi des jeunes (4/20), la cherté de la vie (3,7/20), la santé (4,4/20)... Dans tous les territoires on parle d'abus pour le coût des télécommunications, de l'essence et des billets d'avion... En Guyane (2,1/20), en Martinique (4,3/20), en Guadeloupe (4,2/20) et à Mayotte (4,8/20), la santé est un vrai sujet d'inquiétude qu'il s'agisse de prise en charge, d'équipements ou de personnels. A la Réunion, s'il n'y pas le même ressenti catastrophiste, la note dépasse tout juste 9/20... Ces incriminations ne visent pas spécifiquement la politique d'Emmanuel Macron, mais plutôt une continuité avec la rigueur budgétaire à laquelle s'ajoute un sentiment de discrimination pour les outre-mer en général et les ultramarins en particulier. Entre le bio-informaticien qui ne trouve pas d'emploi autre que celui de laveur de voitures et les infirmiers qu'on n'embauche pas, les gens ont du mal à croire à la politique de retour au pays ! Bref, les Français d'Outre-mer s'interrogent sur le rapport que l'Etat veut entretenir avec ses outre-mer... Pas trop de développement mais assez pour éviter les crises ? En neuf ans, bien peu de choses ont évolué dans la perception des Français d'Outre-mer. De temps en temps l'Etat semble prendre en compte une ou deux observations, en témoigne la meilleure note attribuée dans ce bilan : 6,6/20 pour tout ce qui touche à la mémoire et à la culture...

Résultat, si le deuxième tour de présidentielles avait lieu aujourd'hui, selon cet échantillon, Marine Le Pen obtiendrait 16,9 % (avec près de 60 % qui ne se prononceraient pas).

FXG, à Paris

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 06:50
Malgré son stand institutionnel de 140 m2, la Martinique a du mal à rivaliser les présences imposantes de la Guadeloupe et de la Guyane (Photos FXG)

Malgré son stand institutionnel de 140 m2, la Martinique a du mal à rivaliser les présences imposantes de la Guadeloupe et de la Guyane (Photos FXG)

La Martinique en toute discrétion à la Foire de Paris

La foire de Paris a ouvert ses portes le 27 avril et les refermera le 8 mai.

Dans le grand hall 4 de la Foire de Paris qui accueille  les stands des "Terres de tropique", la Martinique affiche une présence bien modeste pour ne pas dire discrète s'il n'y avait le stand institutionnel du comité martiniquais du tourisme (CMT) qui, heureusement, signale la présence de la Martinique avec son fameux "M". François Jock, du CMT, est d'ailleurs fier de présenter les 140 m2 de son stand, mais dans l'allée, ils ne sont que 14 exposants à avoir fait le voyage à Paris cette année. Stylisme, glaces, bijoux, épices, liqueurs et punchs, cosmétiques, mais également du service avec les assurances Colombo ou encore la mutuelle UFR... La Martinique essaie tant bien que mal d'offrir la palette de sa diversité, mais elle paraît écrasée par ses deux voisins qui ont massivement investi la zone de "Terres de tropiques" : la Guyane et ses 24 exposants et surtout le grand village de la Guadeloupe avec ses rues et ses 32 exposants !

"L'organisation de la foire de Paris cette année a été compliquée, confie Nuptia Allamelou, la présidente de Cap Antilles, l'association qui fédère et assure toute la logistique pour les artisans de la foire. Le soutien de la collectivité est moins présent... L'aide est là, mais elle tarde à arriver. On aimerait pouvoir toucher au moins une partie avant la foire, parce que les artisans sont obligés de tout financer et c'est quand même conséquent et très lourd comme budget !" Cap Antilles s'occupe des dossiers de financement auprès de la collectivité territoriale, réserve les espaces  de la foire pour les artisans qui font savoir, dès le mois de septembre, leur intention d'aller à la foire de Paris. Cap Antilles accompagne ensuite les exposants et se préoccupe même de l'agencement des stands grâce à un Martiniquais de bonne volonté établi en région parisienne. Depuis l'an dernier, Cap Antilles a trouvé un autre bon partenariat avec un déménageur de Ducos. "M. Ragot de DAOM, confie la présidente Allamelou, nous font des tarifs très préférentiels pour le fret."

Faible soutien de la collectivité

C'est que les moyens sont faibles. Cap Antilles a du faire avec un budget de 150 000 euros quand le voisin guadeloupéen a investi 550 000 euros sur la foire... Il suffit de regarder le stand de la Guyane pour voir qu'eux aussi ont mis des moyens importants.

Le président Marie-Jeanne est passé les visiter et les a tous chaleureusement encouragés. Mais Nuptia Allamelou, qui a aussi reçu les visites de Marinette Torpille, conseillère exécutive en charge du développement économique et de l'aide aux entreprises à la CTM, et du président de la chambre de métiers, Henri Salomon, compte surtout sur eux : "Mme Torpille et le président Salomon nous ont promis de travailler avec nous et, s'il le faut, reprendre le flambeau au niveau de la chambre." L'enjeu serait de réussir mieux l'année prochaine...

La commerciale chargée du hall 4 de la foire qui accueille les stands de "Terre de Tropique" a offert gracieusement à Cap Antilles et au CMT de poser des affichettes sur les entrées du hall pour signaler la présence et le lieu des stands la Martinique. "C'est une commerciale martiniquaise, lâche Nuptia, et ça lui a fait mal de voir qu'on ne nous voyait pas beaucoup !"

FXG, à Paris

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 04:54
Le visiteur est accueilli en entrant dans la galerie parisienne A2Z Art gallery par la toile "Freedom" du jeune Ronald Cyril. Un personnage sexy et fantasmagorique semble vouloir s'enfuir du tableau...

Le visiteur est accueilli en entrant dans la galerie parisienne A2Z Art gallery par la toile "Freedom" du jeune Ronald Cyril. Un personnage sexy et fantasmagorique semble vouloir s'enfuir du tableau...

Plastique guadeloupéenne à Paris

Voilà la première vague d'éclats d'îles ! Elle est arrivée à Paris, au coeur de Saint-Germain des Près, le 26 avril et y reste jusqu'au 9 mai.

"C'est le tsunami avant que n'arrivent les petites vagues, de manière plus douce, plus souple", explique Olivier Tharsis, qui dirige avec son compagne l'agence Krystel An Art, organisatrice de cette exposition pour la Région Guadeloupe. Après cette première exposition à la galerie A2Z Art gallery, la Région a prévu deux autres salves en juin puis en octobre, avec six artistes à chaque fois, à faire découvrir au public et collectionneurs parisiens.

Krystel Tharsis, co-commissaire de l'exposition, a séléctionné les artistes exposés. Ils sont So Aguessy Raboteur, la plus jeune, qui travaille beaucoup le numérique, Nicolas Nabajoth, le photographe du groupe, Joël Nankin, le défenseur des peuples et de la Guadeloupe, Alain Joséphine, plasticien abstrait et musicien, Ronald Cyril et ses imaginaires créoles, et Anaïs Verspan, qui apporte une touche abstraite mais aussi revendicatrice avec son casque colonial revisité. "Elle est un peu la filleule de Nankin", précise Olivier Tharsis. Ronald et Anaïs ont déjà travaillé avec Joël Nankin, c'était en 2014, pour l'ouverture de sa galerie. L'expo, autour de mé 67, s'appelait Grenn sel. Ces artistes appartiennent tous au paysage artistique guadeloupéen. "Nous voulons faire vivre une Guadeloupe de l'esprit, explique Georges Brédent, vice-président en charge de la culture, donner à voir sa manière d'explorer le réel et décliner notre identité plurielle et la mettre en relation avec d'autres cultures du monde."

L'opération est à saluer car en dehors du travail de Claire Richer, de Patricia Condo et les expositions 3X3 lancées en 2011 par la fondation Hayot, l'art caribéen a peu de visibilité à Paris. "Je crois que le marché de l'art parisien n'est pas prêt, relate Anaïs Verspan. Il faut donner les outils pour que les gens comprennent cet art. Les artistes haïtiens et africains sont présents, mais nous, nous n'avons aucune visibilité." Ronald Cyril qui était l'an dernier à la maison des arts de Bagneux avec notamment Hervé Télémaque estime que "sortir du pays permet de se nourrir, de valoriser l'art de la Guadeloupe, de dialoguer avec d'autres artistes." Il y a un mois encore, il était à Miami pour le premier Tout monde festival.

Esthétiques  singulières, esthétiques du monde

Si Anaïs Verspan pense que son art est jugé "trop fort, trop marqué et peut-être pas assez malléable" pour les Parisiens, elle reste persuadée qu'il y a "une place pour toute écriture" : "Il faut donc un lieu de démonstration et cette exposition est un tremplin pour essayer de changer un peu les mentalités." C'est ce chalenge que la Région et Krystel An Art relèvent avec ces éclats d'îles. Olivier Tharsis que l'on a connu patron du Bik Kréyol à Bémao, est, depuis parti s'installer au Portugal. De là, il organise avec Krystel des expositions d'art guadeloupéen à Londres, à Moscou, au Portugal...

"C'est déjà ce que je faisais au Bik kreyol, explique-t-il, promouvoir et mélanger la Caraïbe. On a des valeurs sûres, des choses à montrer au monde." La Région ne s'y est pas trompée qui a décidé de les accompagner dans leur démarche : "Dans cette plate-forme de l'art qu'est Paris, indique Georges Brédent, il est important que l'on sache que les îles de Guadeloupe, la Caraïbe existent, qu'elles ont des esthétiques peut-être singulières mais qui sont appelés à enrichir les esthétiques du monde." "Notre enjeu, complète Olivier Tharsis, c'est de dire qui on est ! Et comme on aime les choses de haut de haut niveau, on fait les choses à notre niveau !" C'est-à-dire au top.

FXG, à Paris

AGZ Art, Gallery 22 rue de l'échaudé, métro Saint-Germain des Près

Ils étaient au vernissage

Anaïs Verspan

"Mon art c'est moi, sans fard, même s'il y a toutes ces couleurs, et une part de la Guadeloupe. J'arrive à exprimer les choses en peignant,  en créant. Je pense être doué pour ça d'autres sont doués pour les mathématiques, d'autres pour la politique ou le management, moi c'est la création et j'arrive à véhiculer  et transmettre des sentiments, des premières émotions."

Sa série des "Douisom", repose sur un jeu de mot entre entre "dédou" et le doudouisme. Elle l'apparente à un doudouisme 2.0. "C'est un travail sur le madras, tissus traditionnel mais engorgé de doudouisme, victime de préjugés, et qui endosse pourtant un passé douloureux puisque les femmes esclaves récupéraient les torchons abîmés et s'en paraient parce qu'elles n'avaient plus leurs attributs esthétiques de beauté. C'est fou comment ce peuple peut transcender en fait les douleurs et les transformer en esthétique, en beauté !"

Ronald Cyril

Dominiquais par sa mère, Guadeloupéen par son père, L'artiste s'intéresse aux contes et légendes, à la mythologie... Ce décor nourrit son imaginaire fantastique, sa mythologie personnelle, son histoire propre et le désir d'arriver à l'universel. "Créer, dit-il, c'est s'affirmer, dire au monde qu'on est présent, affirmer sa présence. Mes peintures sont des métaphores plastiques." Son travail parle de nos territoires, de nos différences et de nos similitudes. Sa série Siwo parle du festif, des sorties en boite. Il y a l'avant Siwo et l'après Siwo, l'after... Derrière les mornes que Ronald Cyril peint, il y a ce no man's land où il existe une forme de mystère, d'indéterminé...

Quelques oeuvres

Alain Joséphine

Nicolas Nabajoth

Joël Nankin - Thiarroy

Ronald Cyril - Siwo

Anaïs Verspan

So Aguessy Raboteur - Renaissance

Anaïs Verspan - Douisom

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 11:56
Stanislas Cazelles et Olivier Serva au Panthéon le 27 avril

Stanislas Cazelles et Olivier Serva au Panthéon le 27 avril

De quoi parlent Olivier Serva et Stanislas Cazelles, conseiller outre-mer du président Macron, ce vendredi au Panthéon en attendant l'arrivée du chef de l'Etat ? Ils évoquent, l'un en souriant plus jaune que l'autre, l'échange entre Olivier Serva et et le journaliste Danyk Zandwonis tout récemment. Rappel du dialogue des deux hommes :

Olivier Serva : nous avons à nos deux ministres, Santé et Colonies...

Dany Zandwonis : Minis a denyè kolony fwansèz ?

OS : Vous êtes un indépendantiste, mais moi aussi !, mais il y a d'abord un chemin pour arriver à l'indépendance. Je crois qu'il doit y avoir d'abord  du développement économique...

DZ : Macron est d'accord avec ça ?

OS : Macron... C'est pas un Guadeloupéen. Là, je parle aux Guadeloupéens...

On dirait presque un débat entre MPGI et UPLG. Mais ce qui est sûr, c'est qu'à l'Elysée, ça ne l'a pas trop fait

FXG, à Paris

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 04:43
Macron au Panthéon

Le chef de l'Etat commémore l'abolition de l'esclavage

Emmanuel Macron a confirmé la création de la fondation pour la mémoire de l'esclavage qui siègera à l'hôtel de la Marine, le mur des noms au tuilerie et le renforcement du MACTe.

Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé au Panthéon, vendredi après-midi lors de la cérémonie qu'il a présidée pour commémorer l'abolition de l'esclavage 170 jour pour jour après le 27 avril 1848, mais il a adressé quelques mots à la presse à l'issue pour commenter la tribune qu'il a publié dès vendredi matin pour "clarifier plusieurs annonces et passer aux actes, à la fois sur la mise en place de la fondation, qui était très attendue et une nécessité". La fondation pour la mémoire de l'esclavage annoncée l'an dernier par François Hollande et dont le groupement d'intérêt public présidé par l'ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est en charge de la préfiguration, s'installera donc à l'hôtel de la Marine, place de la Concorde. "Ca va permettre, a ajouté le président de la République, de consolider tout ce travail sur la mémoire." Il a encore confirmé la création du mur des noms qui trouvera sa place au jardin des Tuileries. "C'est une manière de montrer, a-t-il encore déclaré, qu'il y a des vies, il y a des biographies, des personnes derrière cette réalité, ces chiffres et ces notions... Et les faire vivre ainsi dans ces lieux en miroir que sont l'hôtel de la marine et les Tuileries, lieux où Schoelcher a réussi à faire passer cette décision, a beaucoup de sens." Enfin, le président de la République a confirmé "la consolidation du Mémorial ACTe, un grand musée de l'esclavage qui a été ouvert en 2016, un lieu qui est exemplaire et absolument sublime qu'il m'a été donné de voir". Le chef de l'Etat souhaite que l'on puisse mettre en réseau toutes les archives et tous les différents lieux qu'il y a sur le territoire national et qui touchent à cette histoire. "Je veux qu'on puisse accompagner le rayonnement du Mémorial ACTe, à la fois dans toute la zone caribéenne, mais aussi avec les Amériques, l'Afrique et tout ce qui constitue la mémoire de l'esclavage sur le plan international."

FXG, à Paris

"Cette histoire n'est pas périphérique"

Emmanuel Macron a été accueilli par trois élèves du collège Galilée d'Evry et le président du centre des monuments historiques, Philippe Bellaval.

Devant le monument de la Convention où 111 enfants (élèves, collégiens et lycéens qui ont tous participé au concours de la Flamme de l'égalité) attendaient Emmanuel Macron. La comédienne Sourya Adèle a lu un témoignage de l'esclave Lucille, puis un collégien a lu le décret d'abolition avant qu'un autre comédien, Christian Julien lise un texte de Gaston Monnerville.

Emmanuel Macron s'est ensuite rendu dans la crypte, accompagné de Frédéric Régent. Première halte devant les tombeaux de Condorcet et l'abbé Grégoire, puis devant les plaques commémoratives de Toussaint Louverture et Louis Delgrès. Ils se sont ensuite rendus devant le caveau de Victor Schoelcher où le président a déposé une fleur. Frédéric Régent l'a rejoint et évoqué Félix Eboué. Le président d'est ensuite arrêté devant la plaque dédiée à Aimé Césaire et Jacques Martial a dit un extrait du "Cahier du retour au pays natal" qui a "bouleversé" le président de son propre aveu : "C'est un texte d'une violence, d'une humanité et d'une douceur extraordinaire... Le flow du texte le montre et ça rend formidablement compte de ce qu'est la complexité de cette histoire." Le président estime que la réconciliation des mémoires, c'est "ne jamais les négliger en voulant cacher la vérité, mais sans rester dans une culpabilité irréparable... Il y a cette violence et cette humanité douce, c'est ça une nation."

"Une histoire très française de ce rapport à l'esclavage"

Le président a expliqué  aux enfants présents qu'il y avait de grands héros de l'émancipation et des droits humains, "en particulier ceux qui ont lutté contre l'esclavage dont tout ceux que nous venons de parcourir. Et je pense que montrer cette chronologie, montrer que dans ce lieu, on a aussi cette histoire là qui regarde la vérité en face, notre passé avec ses pages sombres, mais aussi avec des actes de Françaises et de Français qui ont voulu cette émancipation... Il y a une histoire très française de ce rapport à l'esclavage avec ses pardons, sa part de culpabilité, mais aussi avec des Françaises et des Français qui ont voulu tourner cette page..." Le président a eu encore un mot pour "les Noirs, françaises et français, qui ont endossé cette histoire très différemment de ce qu'on a connu dans les sociétés anglo-saxones". Emmanuel Macron a fait une référence aux Etats-Unis où il était en déplacement officiel il y a quelques jours et où la ségrégation était encore en vigueur il y a quelques décennies. "Ce n'était pas le cas en France", s'est-il réjoui. Emmanuel Macron a voulu par cette cérémonie nouvelle dans son genre (le chef de l'Etat ne sera pas au Luxembourg le 10 mai prochain, où seul sera le Premier ministre, puisqu'il sera à l'étranger pour recevoir le prix Charlemagne) que "les gens se remémorent ce qu'a été l'histoire française avec toute sa complexité, tous ses aspects". C'était d'autant plus important dans ce lieu qu'il a qualifié de "temple de la reconnaissance de la nation" : "Cette histoire-là n'est pas périphérique", a-t-il conclu.

Le décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies fut signé à l'hôtel de la marine le 27 avril 1848 par les membres du gouvernement provisoire de la 2e République avant d'être mis en application le 22 mai en Martinique, le 27 mai à la Guadeloupe, le 10 juin en Guyane et le 20 décembre à la Réunion.

Pas de foule et des personnalités

La cérémonie en elle-même a été d'une grande sobriété et presque intime. D'abord, dès 14 heures, les forces de l'ordre avaient fait dégager la foule de la place du Panthéon. A l'intérieur, mis à part quelques personnalités invitées parmi lesquelles le président de la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale, le Guadeloupéen Olivier Serva, le président de la délégation outre-mer du Sénat, Michel Magras, l'ancienne ministre Christiane Taubira, le président de la fondation, Jean-Marc Ayrault, l'ancien premier ministre du Bénin et auteur du premier rapport sur la fondation, Lionel Zinsou, le conseiller Outre-mer du président Stanislas Cazelles, le président du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, Frédéric Régent, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, et encore le doyen de l'université Cheikh Anta Diop, Brahima Thioub.

 

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 20:41

La ministre des Outre-mer veut réviser les systèmes d'alerte

A la suite de la réunion de travail sur le déclenchement des alertes à l'occasion de phénomènes climatiques majeurs, mercredi soir à Paris, Annick Girardin  a indiqué qu'un travail s'initiait immédiatement pour réviser les systèmes d'alerte à la Réunion. Après avoir exprimée sa sympathie et sa solidarité à l'égard de la famille des deux victimes de Fakir, Franck et Maeva, la ministre  a déclaré que la dizaine d'événements climatiques vécus cette année dans l'ensemble des territoires et les 20 morts que ceux-là ont causé, "obligent à se questionner pour améliorer le modèle". Contrairement aux Antilles, les systèmes d'alerte à la Réunion ne disposent pas de niveaux intermédiaires de type "vigilance" ou "prévision", de même ne sont pris en compte que les vents quand il faudrait devoir tenir compte des précipitations et de la houle. "Le travail débute immédiatement", a déclaré la ministre qui ajoute que comme à Saint-Martin où un travail est en cours pour adapter les construction au risque climatique, cela doit aussi "se faire à la Réunion comme ailleurs".

Annick Girardin a indiqué que le préfet avait fait une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle dès mercredi auprès du ministre de l'Intérieur et qu'elle avait d'ores et déjà débloqué le fonds de secours.

FXG, à Paris

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 04:15
Tanya Saint-Val au Trianon

Tanya Saint-Val effectue son grand retour à Paris avec un concert inédit qu'elle donne au Trianon le 28 avril avant les Antilles...

Elle sera accompagnée de Ralph Lavital à la guitare, Boris Adélaïde à la percussion, Yohann Dagnet à la batterie, Nicolas Pelage et Linda Rey aux choeurs, Gwen Lahudeux à la basse et Jonathan Jurion, chef d'orchestre.

"J'ai trouvé le couloir lumineux"

On vous a vu au Grand Rex récemment au spectacle des figures des femmes totem d'Outre-mer, mais ça fait longtemps que les Parisiens n'ont pas eu droit à un concert de Tanya Saint-Val...

J'ai fait déjà l'Olympia, le Casino de Paris,  la Cigale, le Divan du monde et c'est vrai que le Trianon c'est la première fois ! C'est un beau théâtre et aujourd'hui, ce que je ressens,  la femme que je suis,  mes témoignages,  ma volonté,  mon vécu font que aujourd'hui j'ai envie d'aller au Trianon et d'y faire quelque chose de très glamour,  un concert Tanya Saint-Val.

Il y a bientôt 18 mois,  vous avez sorti l'album "Voyage".  Ce spectacle sera-t-il le concert de "Voyage" ?

Ce spectacle est en lien avec tout mon  répertoire depuis les années 80.  Il y aura 3 ou 4 chansons pour chaque période. Il y aura un peu de tout,  jusqu'à "You and me", "Mon petit nom", "Love" et tous les premiers comme "Mi", "Chalé", "Carole", "Calin" et les derniers titres et la présentation de quelques chansons de l'album "Voyage".

Ce sera donc plus que "Voyage", mais un grand voyage dans l'univers de Tanya Saint Val ! Remontons aux années 1980, quels souvenirs vous viennent-ils ?

Je me souviens de Joël Nankin que je connais depuis toujours parce que nous étions voisins de palier. Il me voyait aller à l'école et j'étais en classe avec sa nièce. J'étais là le jour où il a été arrêté... Je savais qu'on allait l'arrêter, je le sentais...  Quelques semaines avant, j'étais chez Henri Debs,  en studio, en train de mixer,  et je voyais dans la rue Frébault plein  deux gens,  des métros qui allaient par deux.  J'ai trouvé ça très bizarre...  Il y en avait partout dans Pointe-à-Pitre. J'étais avec Willy Salzedo et Frédéric Caracas...  Ça ne pouvait pas être des touristes ; il n'y avait pas encore de bateaux de croisière et ce n'étaient que des hommes... Deux jours après il y a une bombe qui a pété au restaurant l'Escale.  J'ai pensé à ces gars qui marchaient par deux, mais je ne me suis pas mêlée...  Je n'étais pas au courant de la politique et je me souviens de Joël et de sa coccinelle noire.  Et puis un matin j'ai entendu "boum boum boum" à côté...  J'avais les larmes aux yeux,  je savais et j'entendais sa femme qui disait : "Joël, prépare-toi, ils sont arrivés." J'étais en larmes et quand je suis sortie sur le balcon, j'ai vu tous les gars que j'avais vus deux par deux qui encadraient l'immeuble.

Ainsi est née la chanson pour Joël Nankin ?

Je n'ai pas fait une chanson sur ça, mais comme c'est quelqu'un de profond,  et comme il était professeur d'Éducation manuelle et technique ­— il fabriquait des tables et des tambours —, j'ai écrit "Tamboo". Quand j'ai sorti l'album en 1986, il m'a envoyé un petit courrier pour me dire qu'il avait entendu "Tamboo". C'est mon histoire avec lui, c'est tout...

Poursuivons cette promenade dans le temps de vos souvenirs...

Dans les années 1990, c'est "Tropical"... Je signe dans une major, Mercury, et je pars en Angleterre. Ma vie,  ma carrière changent. Je vais sur les plateaux télé... Ovationnée...  Jolie fille... Je gagne très correctement ma vie...  A Londres, je rencontre des producteurs et mon tube c'est "Tropical".

Arrive l'année 1994...

C'est l'album "Mi" avec "Two Piti"... C'est encore une très très belle époque avec Jean-Christophe Maillard à la guitare et toujours Willy Salzedo.  Je suis toujours chez Mercury, au studio la Muettte  et là on vient me chercher pour chanter "Love affair" en duo avec Johnny Hallyday. Et je l'accompagne sur le Lorada tour en Allemagne, en Belgique,  en Suisse... Au fait "Taratata" ensemble,  la Cigale...  Nous avons fort peu de moment d'échange.  C'est très professionnel. Nous n'étions pas pas dans les mêmes loges...  Il y avait 4 ou 5 gardes du corps. Il y avait tout un jeu, un rituel quand il se préparait à sortir de sa loge. Quand il en sortait, on ne pouvait plus sortir de notre loge.  Si j'ouvrais la porte, on la refermait sur moi. Clac ! Ses gardes du corps lui faisaient un passage tapis rouge pour monter sur scène. C'était assez impressionnant ! On ne s'occupait de rien, je n'avais rien à faire. Tout était pris en main par les régisseurs, les couturières,  la maquilleuse... C'était des moyens que je n'avais et que je n'aurai jamais. Si, alors que nous étions en Allemagne, Johnny voulait dormir à Paris, l'hélicoptère était là et nous, on repartait en bus... On n'était pas du tout dans le même monde par la même sphère... Ce sont de superbes souvenirs. Je n'ai jamais vécu ça de toute ma vie avec un artiste. C'est du haut de gamme !

Arrivent les années 2000 et votre label Netty prod...

J'ai créé mon label tout simplement parce que j'avais envie de faire la musique que j'aime. C'est vrai qu'en étant dans une major, j'ai eu énormément de joie parce que tout était extrêmement bien organisé. J'ai fait deux albums avec eux, j'ai fait le Zénith, c'était génial, mais en même temps, il fallait répondre à des critères, faire tel type de titre... Je n'étais pas prête donc je négocié mon départ. J'ai créé mon label pour être indépendante, avoir une entière liberté sur mes compositions, le choix des musiciens... C'est vrai c'était plus dur pour la promo mais c'était un choix et à ce moment-là j'en avais besoin. A cette époque, j'ai sorti le disque du bicentenaire de l'abolition de l'esclavage, "Ansanm'" et je chanterai le titre "Anmwé", un titre qui a été écrit par mon père et qui me tient à cœur. Il traite de la canne et des usines sucrières qui ferment.

En 2004 vous sortez l'album de "Noël gospel"...

J'avais envie de remercier Dieu de m'avoir donné tant de succès, d'avoir répondu à mes prières... C'était symbolique pour moi, c'était fêter Noël autrement mais en offrant des cadeaux aux enfants et en faisant un geste ! J'avais eu de beaux garçons, j'avais une famille, je me sentais à l'aise, je ne pouvais pas ne rien faire pour Noël et ça a été "Noël gospel" avec Dominique Zorobabel,  Gertrude Seinin et Njie.

Et puis vient l'album "Soleil"...

Là je vais reprendre des chansons ! C'est l'album où je travaille avec Ali Angel... Il y aura "Mon petit nom", "What'up". C'est un album qui a eu énormément de succès parce que je revenais après la naissance de mes enfants avec un projet en 2008. À part le projet de gospel, j'étais restée silencieuse pendant très longtemps.  Le succès était au rendez-vous, malheureusement les événements de 2009 vont changer la donne...

2010 ?

Je ne sais pas s'il y a grand-chose, mais bien sûr, il y a la mort de Patrick Saint-Eloi et je sors le titre "An té vlé di" qui sera bien sûr au concert. C'est un bel hommage à Patrick Saint-Eloi... C'est une chanson que j'avais déjà,  mais qui existait en français. Je devais la sortir sur mon prochain album quand je reçois un petit mot sur mon portable. C'est Frédéric Caracas qui m'écrit : "PSE est parti." Je me suis assise sur mon lit, en pleurs, mais rien... Je n'arrivais pas à parler. Je connaissais Patrick depuis toujours ; sa maison familiale était à côté de la caserne de Miquel et mon père le connaissait depuis toujours. Moi je devais avoir 15 ou 16 ans la première fois où je l'ai vu. Je passais devant chez lui pour aller école et il me chantait déjà "Fabiola"... C'était un choc ! Sans réfléchir il y a une chanson qui m'est venue.  Elle s'appelait : "Je veux te dire". Je me suis dit que ça devait être cette chanson et comme PSE n'aimait pas le français et qu'il était un fervent du créole, j'ai chanté "An té vlé di".  J'ai changé le texte et c'est devenu une chanson pour lui.

Votre dernier album c'est "Voyage", avec deux aspect, soleil et lune, pourquoi ?

Le soleil, c'est l'aspect coloré, chaleureux des Antilles, la féerie, la fête...  Quoi que le zouk ne soit pas que ça ! Et comme le soleil préside au jour, la lune préside à la nuit...  Deux lumières ! Et comme je ne peux pas m'enfermer dans un seul style, dans le seul zouk puisque j'ai chanté dans la comédie musicale de Serge Bilé le rôle de Winnie Mandela, que j'ai participé au concept autour du blues avec Francis Cabrel... Ça aussi j'avais envie de le chanter mais quand même dans un style caribéen ! Je me suis crée un univers qui fait que aujourd'hui si j'ai envie de chanter du zouk,  je chante et si j'ai envie de chanter autre chose, je chante ! Et dans cette autre chose, il y a la biguine, le gwoka qui me permettent de m'exprimer différemment avec des textes, des témoignages plus forts. Dans les années 80, on pouvait danser du zouk sur des sujets forts,  aujourd'hui les gens de ne veulent plus entendre un sujet de société sur du zouk... Il a fallu que je crée quelque chose et c'est ainsi que j'ai fait ce premier jet de Tanya autrement, "Taya lune", qui est l'aboutissement de la femme que je suis, la mère que je suis...  C'est cela que j'ai envie de partager,  des sujets sur la psychologie,  sur les migrants,  l'amour... J'ai envie de me positionner et il y a des choses que j'ai envie dire que je ne peux pas dire dans le zouk ! C'est malheureux parce qu'on ne peut plus le dire dans le zouk alors que par exemple dans la Dancehall on peut le dire ! Moi je veux être libre et je veux pouvoir chanter ce que j'ai envie de chanter comme j'ai envie de le chanter ! J'ai créé mon espace liberté, deux  lumières,  soleil, lune,  c'est comme ça que j'ai trouvé le couloir lumineux. 

Propos recueillis par FXG, à Paris

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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 06:02

Annick Girardin confirme le calendrier des assises

Après la semaine intense de réunions que la ministre des Outre-mer a tenue avec les élus des territoires et les ministres de l'Europe, de la Santé, de l'Economie et le Premier ministre pour ce qui concerne Mayotte, Annick Girardin est venue rappelé sa méthode et son calendrier de travail. "Le premier pari gagné, a-t-elle déclaré, ce sont 25 000 citoyens qui ont participé aux assises des Outre-mer." Elle s'est félicitée d'avoir reçu quelque 2000 projets qui seront tous consultables sur le site du ministère même si tous n'auront pas vocation à être mis en oeuvre ou à se retrouver dans le livre bleu outre-mer. Le coordinateur des assises Thierry Bert rendra son rapport dans un mois. Ce rapport sera à la base du livre bleu outre-mer qui sera remis au président de la République lors de la dernière semaine du mois de juin. Dans la foulée, la Premier ministre présidera un conseil interministériel de l'Outre-mer, sans doute début juillet. Enfin, la ministre a indiqué que les contrats et plans de convergence prévus dans la loi égalité réelle outre-mer seraient mis en place en septembre au lieu du mois de juillet. C'est ensuite dans le projet de loi de finances 2019 que se retrouveront les moyens et outils décidés lors des assises.

FXG, à Paris

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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 06:01
Annick Girardin le 19 avril 2018

Annick Girardin le 19 avril 2018

INTERVIEW : Annick Girardin, ministre des Outre-mer

"Le gouvernement souhaite donner de la visibilité à la défiscalisation jusqu'à 2030"

Pouvez-vous nous assurer que la réforme des aides économiques n'a pas été l'occasion pour Bercy de donner un coup de rabot dans l'enveloppe globale des 2,5 milliards d'aide ?

Le Premier ministre a souhaité que je conduise cette réforme à périmètre au moins constant, dans le respect bien sûr des contraintes budgétaires. Il y a eu des coups de rabot en 2013, c'est vrai. Mais ici, ce n'est pas vrai ! Il n'y a pas de coup de rabot parce que ce n'est pas l'esprit de la réforme. Et entre nous,  « Bercy », comme vous dites, n’a pas besoin de prétexte pour en faire, c’est sa vocation.
Plaider la cause de l'économie ultramarine dans un contexte budgétaire tendu a-t-il été facile ?

La cause ultramarine, elle se plaide ! Les spécificités, la prise en compte de la différence, ça se plaide avec toujours autant de difficultés. Les débats budgétaires n’ont jamais été faciles. J'ai été quatre ans ministre et je peux vous le confirmer, et les anciens ministres des outre-mer peuvent en témoigner. Le gouvernement dans son ensemble est intéressé à la question des Outre-mer et le président de la République a voulu les assises pour co-construire avec les territoires des réponses plus adaptées. Ca ne veut pas dire pour autant que nous aurons un budget illimité ! Ca veut dire que lorsque l'on a des propositions sérieuses, au service des territoires et de leurs transformations, alors on trouve des alliés dans le gouvernement ! C’est l’écosystème économique que nous réformons. Ces aides sont indispensables aux entreprises de nos territoires. Nous devons les adapter, en créer de nouvelles, mais surtout sécuriser dans le temps, c'est que nous demandent les entreprises.

La Lodeom a-t-elle vocation à être remplacée ?

Oui et non ! Oui car je souhaite renouveler et prolonger ses outils. Non car à ce stade je ne pense pas qu'une grande loi de programmation soit utile. Tout peut se passer en loi de finances même si beaucoup de parlementaires préfèreraient une loi type LODEOM2. Mais dans tous les cas, c'est la loi de finance qui va clore le débat !

Au niveau des aides à l'investissement, qu'en est-il de la future défiscalisation et de sa lisibilité dans le temps ?

La défiscalisation est une aide d'Etat pour une période donnée. La période actuelle prend fin en 2020. Il n'est pas évident que l'on puisse inscrire les choses dans un temps beaucoup plus long, mais tout le monde au gouvernement souhaite donner de la visibilité à ce dispositif. Moi qui suis très attachée à l'accord de Paris et aux 17 objectifs de développement durables qui ont pour échéance 2025 et 2030, j’aimerai caler ces réformes sur ces deux grands rendez-vous, qu’on puisse s’inscrire dans ce même temps.

La TVANPR est-elle suprimée, si oui sera-t-elle remplacée ?

La TVA NPR a été initiée en 1953. Le dispositif a été retravaillé depuis, mais je crois que nous devons nous interroger sur son efficacité. C'est un outil dont les montants restent stables d'année en année dans les documents budgétaires, c'est 100 millions... Il faut réactiver cette dépense et créer un nouvel outil plus dynamique et qui soutienne les entreprises dans le développement, l'ingénierie et le financement. Le montant sera équivalent et le dispositif à la hauteur des besoins. Ce nouvel outil sera en outre accessible à la Guyane et à Mayotte qui était exclue de la TVA NPR.

Quels seront les contours du futur fonds d'investissement d'Etat ? Comment les entreprises ultramarines pourront-elles y prétendre ?

Des territoires ont déjà des fonds d'investissement, je ne sais pas si nous devons en faire un directement à la main de l’État. Ce qui est sûr, c'est que la palette d'outils ne permet pas d'intervenir au capital des entreprises, c'est pourtant essentiel. Nous devons construire avec les acteurs économiques des partenariats de développement sous forme de subventions, de garanties bancaires ou de capitalisation. Il n' y a pas d'un côté l'Etat, de l'autre les entreprises, il faut une communauté de destin entre les entreprises et les territoires, c'est essentiel pour donner un élan économique, créer de la valeur et donc de l'emploi. Le fond d'investissement ou tout autre moyen d'intervention au capital est un bon moyen de répondre à cet enjeu.

L'aide au fret est-elle maintenue ?

Il y a deux aides au fret, l'aide au fret portée par les fonds européens, qui continue à fonctionner, et l'aide au fret de l’État réactivée par la loi EROM. 5M€ sont budgétisés sur cette ligne, et nous n'avons pas l'intention de le remettre en cause.

Comment a été arrêté le montant définitif du CICE et par quoi va-il être remplacé ?

Le CICE a été apprécié par les services fiscaux qui se sont appuyés sur les déclarations des entreprises, ce sont des vrais chiffres, pas des estimations. Je sais la polémique sur l'écart présumé entre le montant exigé et le montant exigible, je l'entends. Le CICE sera aussi supprimé dans l’Hexagone : il a été pensé ainsi. Rien ne justifie que nous ayons un écart de méthode. Je crois que nos chiffres en projection pour 2019 convergent avec ceux des socioprofessionnels, je suis sûre de pouvoir les rassurer sur ce point dès que nous annoncerons les sommes...

Environ ?

Un peu plus de 500 millions d'euros.

Qu'en sera-t-il des exonérations de charges sociales ?
Il y a aujourd'hui huit dispositifs d’exonération de charges, c'est assez peu clair et assez peu lisible. En y réinjectant le CICE, se sont près de 1,8 milliard qui sont dévolus à la baisse du coût du travail en outre mer. L'effort est considérable quand on le compare à la masse salariale globale outre-mer qui est de 8,6 Md€, soit 20 %. Nous souhaitons des dispositifs plus clairs tout en maximisant l'efficacité de ces mesures sur la compétitivité des entreprises et l'emploi.  Nous finalisons nos propositions avant d'échanger avec les parlementaires et les socioprofessionnels, permettez moi de leur réserver la primeur de nos propositions.

Que deviennent les dispositifs zonés (ZFA, ZFU, ZRR) ?
Même réponse. Nous finalisons nos travaux de co-construction et je réserve mes réponses. Je peux dire que les dispositifs zonés doivent permettre aux territoires d'être attractifs pour les investissements extérieurs, mais également permettre d'encourager des activités nouvelles, notamment vers l'export. Sur le fond, mon avis est que le zonage sur des tous petits territoires n’a pas grand sens et qu'il faut une mesure qui concerne l'ensemble du territoire. 

Les professionnels et les parlementaires réclament le rétablissement de de l'APL Accession. Quelle est la position du ministère sur ce dossier ?

A la demande des parlementaires, nous avons établi un diagnostic précis des ménages concernés (environ 1350 sur l'ensemble des outre-mer, 376 à la Réunion). Le gouvernement présentera prochainement ses décisions pour prendre en compte et traiter au mieux les opérations en cours. A plus long terme, je proposerai des solutions innovantes pour repenser les parcours résidentiels avec les collectivités, dans un projet plus global de relance du plan logement outre-mer.

Vos prédécesseurs et anciens collègues au gouvernement précédent, Victorin Lurel et Ericka Bareigts vous ont dans leur ligne de mire, Comment vivez-vous leurs attaques vives et régulières ?

J’ai accueilli Ericka à son arrivée à l’Assemblée et elle a été ma collègue au gouvernement pendant un an. J'ai siégé de nombreuses années aux côtés de Victorin Lurel à l'Assemblée. Quand je suis entrée dans le gouvernement de François Hollande, Victorin Lurel en sortait. Il a été très impliqué sur de nombreux dossiers sur lesquels nous nous sommes retrouvés. Ericka Bareigts partage ma vision ambitieuse de la France océanique. Son engagement sans faille pour les outre mer est une chance pour nos territoires et la représentation nationale. Elle est investie à 100% pour les outre-mer. Je travaille avec tous les élus, d’autant plus quand ils ont été ministre des outre-mer et qu’ils ont un regard et une expérience à partager. Avec Ericka Bareigts et Victorin Lurel, on est des insulaires. On peut avoir le sang chaud, mais l’intérêt de nos territoires prévaut toujours.

 

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