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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 05:44

13 villes d'outre-mer éligibles au plan national "Action coeur de ville"

Pointe-à-Pitre et Basse-Terre en Guadeloupe, Fort-de-France et Le Lamentin en Martinique, Saint-Laurent et Cayenne en Guyane, Saint-Pierre, Saint-Joseph, Le Port et Saint-André à la Réunion et Mamoudzou, Dzaoudzi et Dembeni à Mayotte font partie des 222 villes retenues qui pourront bénéficier du plan national « Action cœur de ville », a annoncé le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard,, le 27 mars à Châtellerault (Vienne). "Les villes moyennes, a-t-il déclaré, concentrent 23% de la population française et 26% de l’emploi. Leur vitalité est indispensable car elle profite à l’ensemble de leur bassin de vie."

Les partenaires de l'Etat se sont mobilisés à hauteur de plus de 5 milliards d’euros sur 5 ans, dont 1 Md€ de la Caisse des dépôts en fonds propres, 700 M€ en prêts, 1.5 Md€ d’Action Logement et et 1,2 Md€ de l’Anah. Chaque ville peut espérer tirer de ce plan environ 10 à 12 millions auxquels pourront s'adjoindre d'autres financement publics et privés (ANRU, Région, bailleurs sociaux...)

Le plan « Action cœur de ville » répond à l'ambition d'améliorer les conditions de vie des habitants des villes moyennes et conforter leur rôle de moteur de développement du territoire. Élaboré en concertation avec l’association Villes de France, les élus locaux et les acteurs économiques des territoires, le programme vise à faciliter et à soutenir le travail des collectivités locales, à inciter les acteurs du logement, du commerce et de l’urbanisme à réinvestir les centres villes, à favoriser le maintien ou l’implantation d’activités en cœur de ville, afin d’améliorer les conditions de vie dans ces villes. Pour assurer cette revitalisation, chaque convention reposera sur 5 axes : l'attractivité de l’habitat, le développement économique et commercial équilibré, l’accessibilité, la mobilité et les connexions, l’espace public et le patrimoine et enfin l’accès aux équipements et services publics.

Le programme est mis en œuvre avec les collectivités territoriales. Le maire, en lien avec le président de l’intercommunalité, pilote la réalisation et préside le comité de projet.

FXG, à Paris

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 05:00
Dominique Sorain, la ministre Girardin, la délégation interministérielle et le sénateur Tani Mohamed Soilihi

Dominique Sorain, la ministre Girardin, la délégation interministérielle et le sénateur Tani Mohamed Soilihi

Dominique Sorain nommé préfet de Mayotte et délégué du gouvernement

"Nous voulons une réponse durable à ce qu'on peut dire aujourd'hui être un échec des politiques publiques depuis de nombreuses années", a déclaré la ministre Annick Girardin, mercredi à Paris, au sujet de Mayotte. Après des semaines de crise, le gouvernement a remplacé le préfet Frédéric Veau par l'actuel directeur de cabinet de la ministre des Outre-mer, le préfet Dominique Sorain. Celui-ci est en outre nommé délégué du gouvernement. Il est accompagné d'une délégation interministérielle composée de hauts fonctionnaires : Sylvie Especier, sous-préfète, responsable de la cellule nationale de coordination et d'appui à l'action territoriale, Nicolas Clouet, inspecteur de l'administration, Antoine Poussier, sous-directeur de la protection du ministère de l'Intérieur, Philippe Schmit, inspecteur général de l'administration au développement durable, Pierre Lussiana, inspecteur général à l'Education nationale et le Dr Grégory Emery, sous-directeur adjoint performance à la direction générale de l'offre de soin.

Cette équipe quittera Paris jeudi soir pour démarrer son action sur le terrain dès vendredi avec les élus, les acteurs du mouvement social et de la société civile et être en mesure de présenter dans un délai d'un mois "un train de mesures sociales et économiques". un point d'étape sera fait au cours de la semaine du 16 avril en présence du Premier ministre et des élus du territoire.

Si la ministre reconnaît aux grévistes des revendications légitimes, elle a rappelé que "les entraves à la circulation, la mise en danger de la vie d'autrui, les opérations de justice communautaire, le racket organisé sur certains barrages sont des faits passibles de poursuite". Elle a d'ailleurs rappelé que le général de gendarmerie Lambert Lucas qui l'avait accompagnée lors de son précédent déplacement était toujours sur place pour veiller au respect de l'ordre républicain.

FXG, à Paris

ITW Annick Girardin

"Mayotte est le 101e département français et le restera"

Pourquoi avoir attendu autant de temps pour engager la démarche que vous initiez aujourd'hui ?

Moi, je rien attendu ! Depuis la première heure, je travaille sur le sujet Mayotte. En janvier dernier, avec le président de la République et le Premier ministre, nous avions déjà anticipé avec des actions que nous allions mettre en place immédiatement après les élections et je devais de toute façon m'y rendre dans cette période. Je savais qu'il y aurait une crise. Quand ? Je ne savais pas, mais depuis je suis ici et même avant que je ne sois ici,  je connaissais le dossier Mayotte. La crise est partie d'une violence scolaire. Nous avons très rapidement répondu à cette question, mais la difficulté en matière de sécurité était telle qu'il était difficile de n'y apporter que cette réponse. Je suis venu sur place pour dire : "Ouvrons ces travaux." Avec le collectif et l'intersyndicale, contrairement aux élus, il y a eu et il y a encore sans doute une incompréhension sur la manière donc je souhaite travailler.  On construit une réponse dans la durée, en prenant des priorités avec des engagements que l'on peut tenir... Parce que j'ai vu dans d'autres cas des milliards alignés, notamment quand je suis arrivée ici ! Je peux vous assurer que même si le total est là, on ne peut pas aller plus vite que ce que peut accepter une machine.  Et à Mayotte il y a besoin avant tout d'ingénierie, d'accompagnement technique...  Ce n'est pas pour rien qu'il y a une mission interministérielle et ce n'est pas pour rien qu'on va renforcer les services de l'État.  Il faut une force de l'État aux côtés des collectivités pour que les projets sortent de terre. On a besoin d'une classe par jour !

Comment expliquez-vous que Mayotte soit le seul budget de l'Outre mer qui enregistre une baisse des autorisations d'engagement, en 2018 - 7,1 % ?

Je n'ai pas les chiffres sous les yeux  et je ne vais pas contester une petite baisse sur Mayotte, mais alors vraiment ce n'est pas le seul territoire !  N'oubliez pas que la population a énormément augmenté ces dernières années et d'ailleurs on a de la difficulté aujourd'hui à savoir combien de personnes rentrent ; on sait effectivement combien de personnes on raccompagne, mais on ne sait pas combien de personnes vivent sur le territoire. Mais souvent la plupart des lignes budgétaires sont des réponses à des projets.  Quand les projets ne sont pas là, effectivement, il n'y a pas d'argent en face ! On ne peut pas tout ramener au pourcentage d'habitants à Mayotte comme ailleurs. Les efforts qui devront être faits seront faits et dans les années à venir, il y aura des moyens. A Mayotte, tout est urgence et il faudra malgré tout prioriser : l'éducation, la santé, le logement, l'aménagement du territoire... Ca explique la  composition interministérielle de l'équipe qui va accompagner Dominique Sorain pour répondre aux urgences.

Ne manque-t-il pas quelqu'un des Affaires étrangères dans cette équipe puisque le ministère des Affaires étrangères semble favorable à une communauté de l'archipel des Comores ?

La réponse que nous avons à porter, elle est aux Mahoraises et aux Mahorais dans un premier temps sur des urgences qui concernent leur territoire. Ce 101e département a des droits et des devoirs et nous allons y veiller sur le territoire.  Dans les semaines à venir, nous préciserons au fur et à mesure le type de projets qui seront choisis et mis en place avec l'ensemble de ceux qui s'impliquent pour ce territoire,  je pense aux élus, aux des acteurs socio-économiques et aux citoyens.

Est-ce que le statut départemental de Mayotte peut être discuté ?

Mayotte est le 101e département français et le restera. Et à Mayotte comme dans tous les territoires,  S'il y avait une quelconque évolution, elle ne viendra pas du gouvernement, mais elle sera demandée par les élus du territoire. C'est très clair.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 04:06
Convention Guadeloupe Saint-Malo

Une convention entre les CCI de Saint-Malo et des îles de Guadeloupe

Patrick Vial-Collet, président de la CCI des îles de Guadeloupe, et Pierrick Auvray, président de la délégation malouine de la CCI d'Ille-et-Vilaine ont signé en présence d'Ary Chalus, la semaine dernière à Saint-Malo, une convention pour renforcer les liens entre leurs deux chambres consulaires à l'approche de la Route du rhum. L'accord conclu prévoit de favoriser la promotion des produits guadeloupéens (rhum, bananes, café, condiments...) auprès des professionnels bretons des cafés, hôtels, restaurants et des grossistes et inversement, et pas seulement au moment de la course transatlantique.

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 06:07

Le Conseil d'Etat donne raison aux pompiers de l'aéroport 

Le Conseil d'Etat a rendu hier une décision qui met un terme à un conflit salarial entre le syndicat CGTM des pompiers de l'aéroport et la société Aéroport Martinique Aimé Césaire (SAMAC) et la CCIM. Ces deux dernières viennent d'essuyer un refus d'admission de leur pourvoi en cassation alors que la cour administrative d'appel de Bordeaux avait déjà rejeté leur appel en juillet 2017 ! Ainsi, le syndicat CGTM des pompiers obtient définitivement gain de cause face à la direction de l'aéroport et de la CCIM pour le paiement des heures supplémentaires à partir de la 38e heure et non pas de la 41e. Ce litige remonte à 2013, quand à le président de la SAMAC a annulé la décision de la commission paritaire locale prise en 2008 relative au déclenchement des heures supplémentaires dès la 38e heure. La CGTM a fait annuler cette décision par le tribunal administratif  qui lui a donné gain de cause en 2015 et condamné la SAMAC (el la CCIM employeuse des pompiers jusqu'en 2012) à procéder à la régularisation du versement des rémunérations avec effet rétroactif. Les sages du Palais royal ont estimé que le pourvoi n'était fondé sur aucun motif sérieux.

FXG, à Paris

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 04:16
Marine Le Pen veut une loi spécifique à Mayotte

Alors que Mayotte est toujours bloquée, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a déposé une proposition de loi portant mesures d'urgence spécifiques à Mayotte en matière de maîtrise de l'immigration et de maintien de l'ordre public. Entretien.

"Le gouvernement ne cache pas une volonté de larguer Mayotte"

Pourquoi avoir écrit cette proposition de loi qui ne prospèrera pas ?

Il y a clairement une non-assistance à Français en danger car la situation de Mayotte est très largement pire que ce qu'on veut bien en montrer. Même si je ne suis pas dupe, la seule solution, ce sont des mesures d'urgence spécifiques à Mayotte qui tiennent compte de la situation actuelle et qui s'inscrivent dans le cadre de l'article 73 la constitution.  Les règles  peuvent faire l'objet d'adaptation. C'est cela ma proposition de loi. Si on continue comme ça, on va perdre Mayotte. Cela arrivera par un effet de substitution de populations qui va entraîner une aggravation manifeste des conflits.  Les étrangers sont déjà majoritaires sur l'île et une partie des Mahorais vont quitter Mayotte pour aller à la Réunion, puis en métropole. Or, tout déplacement massif de populations entraîne des tensions. Il va arriver un moment où les Comores vont monter le ton, comme ils l'ont fait en renvoyant un certain nombre d'embarcations qui ramenaient des clandestins aux Comores. Ce n'est pas admissible, d'autant que la France a versé entre 2010 et 2016 10 millions d'euros par an aux Comores.

Qu'attendiez-vous de l'Etat ?

Le Drian aurait dû convoquer l'ambassadeur des Comores et c'est l'ambassadeur de France qui a été convoqué ! Il fallait ensuite menacer de rompre les relations diplomatiques à commencer par les relations financières y compris celles individuelles. Ces transferts financiers particuliers représentent trois fois le budget du développement. Il faut se donner les moyens de se faire respecter ! Pour éviter la mascarade de cette pauvre Girardin mettant un mois à débarquer à Mayotte pour y rester cinq heures, j'avais proposer de mettre en place un ministère de plein exercice ! Ce gouvernement n'inscrit pas les outre-mer dans un projet stratégique de développement !

Que propose votre texte législatif ?

Je propose la suppression du droit du sol immédiatement parce que le statut d'extraterritorialité de la maternité de Mamoudzou est une dinguerie juridique ou politique. Il faut mettre  un terme aux reconnaissances de paternité qui sont tout à fait fantaisistes et souvent effectuée contre argent sonnant et trébuchant.  Tout enfant né de mère en situation irrégulière ne pourra pas faire l'objet d'une naturalisation. Enfin, je propose le renvoi immédiat des clandestins délinquants et l'irrecevabilité de toute demande d'asile à Mayotte. Il faut aussi mettre en place une situation d'état d'urgence en doublant les personnels de la police aux frontières et des forces de gendarmerie.

Financièrement, la France en a-t-elle les moyens ?

La France doit avoir les moyens de faire tout ça. Elle doit avoir les moyens de venir au secours d'une partie de la population française qui est dans une situation de danger immédiat. Si on ne tape pas fort, on va donner le signal à d'autres dans d'autres territoires, comme la Guyane ! Mayotte n'a rien d'exceptionnelle, elle est un peu à l'avant-garde des problèmes  qui vont nous tomber dessus. Par conséquent il faut apporter une réponse  extrêmement ferme  pour éviter une forme de contagion, de jurisprudence de la part de ceux qui souhaiteraient déstabiliser un territoire national quel que soit son statut, département ou territoires...

Fallait-il départementaliser Mayotte en 2011 ?

Nous n'étions pas contre la départementalisation à l'époque, encore fallait-il qu'elle soit accompagnée d'un certain nombre de mesures qui évitent d'aggraver la pression de l'immigration clandestine. J'ai entendu un professeur de sciences po, un macroniste, qui suggérait de vendre Mayotte ! Je finis par me poser la question de savoir si l'absence totale de réaction du gouvernement ne cache pas une volonté d'arriver à une situation de non retour et de laisser pourrir la situation au point que des violences s'y déroulent et qu'on finisse en réalité par larguer Mayotte.

Le résultat de l'élection partielle de dimanche 25 mars à Mayotte ne vient-il pas à contre-courant de vos idées ?

J'explique la victoire de la députée en marche, d'une  part , par la volonté des Républicains de ne pas être élus avec les voix d'électeurs du Front national, d'autre part, du fait que l'électorat de la députée en marche est un électorat urbain ou semi-urbain qui a été le moins pénalisé par les barrages. De surcroît, les partielles reproduisent exactement l'élection qui a été annulée.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 08:52
Samedi 24 mars à l'hôtel Mercure de l'avenue Jean-Jaurès à Paris 19

Samedi 24 mars à l'hôtel Mercure de l'avenue Jean-Jaurès à Paris 19

Rodolphe Alexandre anime les états généraux de la Guyane à Paris

Profitant d'un déplacement à Bruxelles, le président de la CTG a participé samedi à Paris à une réunion des états généraux de la Guyane.

Accompagné de Sergine Kokason et d'Elodie Arras-Sainte-Luce, deux cadres de la CTG, Rodolphe Alexandre a rappelé le cadre financier et institutionnel de la CTG avec ses 3460 agents et ses 675 millions d'euros de budget dont 348 pour son fonctionnement et 126 pour ses investissements. Grâce à l'accord de Guyane, la CTG a reçu un complément de 83 millions qui lui a permis de voter un budget en équilibre et de lancer un emprunt de 600 millions. "Notre budget est sincère, assure le président Alexandre, mais il reste fragile. Nous aurions besoin de 50 millions supplémentaires chaque année pendant cinq ans." Car la CTG traîne la dette de 130 millions des deux anciennes collectivités, Région et Département, et elle a perdu les 27 millions d'octroi de mer versés aux communes. L'exposédu président s'est ensuite concentré sur les filières économiques comme le bois et ses 80 000 m3 produits, l'agriculture (chaque année 30 nouveaux agriculteurs s'installent), la pêche, ses trois usines de transformation et ses quatre nouvelles licences, les ressources minières (les 2 tonnes d'or légales qui rapportent 500 000 euros à la CTG  — 253 euros par kilo pour la commune et 400 pour la CTG — et les 12 tonnes volées par les garimpeiros) et encore les ressources pétrolières. Total qui est entrée dans la société de capital risque montée par la CTG, et Exon exploitent des gisements au Guyana et au large de Macapa. Sur sept puits au Guyana, l'un produit 150 000 barils par jour, un autre 500 000. Le retour fiscal est respectivement de 150 millions et 500 millions...

C'est fort de ces données que le président Alexandre a lancé le débat en rappelant que le fruit de ces états généraux serait tenu à la loi de finances du gouvernement. Posant enfin la question du statut (article 74, 73 plus, 72 ou sui generis), Rodolphe Alexandre a maudit le président de de la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale, le Guadeloupéen En marche ! Olivier Serva parce ce dernier organise prochainement un colloque sur la réforme constitutionnelle et a omis d'inviter la Guyane.

FXG, à Paris

Les interventions au débat

Ce sont les 51 élus de la CTG, les 22 maires et les quatre parlementaires réunis en congrès au mois d'octobre qui ont convoqué ces états généraux, sur pression, faut-il le rappeler, de la rue et du mouvement social de mars et avril 2017. A Paris comme dans les neuf bassins de vie en Guyane, ou même sur Internet (civocracy.org/etatsgenerauxguyane), les citoyens ont abordé tous les sujets compris dans les neuf commissions thématiques.

Représentante de l'association Sinnamary en région parisienne, Josyane Beausoleil a ouvert le bal : "Nous n'avons pas attendu le 28 mars pour faire le point sur la situation de la Guyane ! J'espère qu'on va aller jusqu'au bout cette fois ! La CTG n'est pas suffisamment dotée pour bien administrer le territoire ? Doit-on changer de statut ? Le statut n'est pourtant pas une fin en soi..." Murielle Thierrin (photo), productrice de cinéma (600 kilos d'or pur, la loi de la jungle, la série Guyane) est venue rappeler l'importance du cinéma comme industrie : "En 2009, j'étais à Saint-Laurent pendant les états généraux de l'outre-mer. On nous a reproché de ne pas être organisés. Nous avons créé l'Association G-CAM (Guyane – Cinéma, Audiovisuel et Multimédia) et aujourd'hui nous voulons apporter notre pierre ! La culture n'est pas qu'une source de dépense et la Guyane a une carte à jouer ! En France, on externalise beaucoup les tournages. Le Venezuela est devenu instable, la Colombie se bat mais notre climat, notre forêt ont une plus value parce que nous sommes européens et français !" La productrice a ainsi rappelé qu'un 1 euro dépensé pour le cinéma générait 18 euros localement. Les professionnels demandent à pouvoir gérer au plus près le bureau d'accueil des tournages et à ce qu'il y ait des ultramarins au sein de la commission outre-mer du CNC à Paris.

Caroline Coly, secrétaire générale de l'association étudiante Guyane Avenir, est venue parler du prix des billets d'avion, tout comme Gilles Joseph qui a également dénoncé des bourses d'étudescencore bloquées, et tout comme Guillaume Carpentier (photo en tête de paragraphe) qui a du quitter la Guyane pour suivre une formation d'horticulture ("un comble", a-t-il dit). Celui-ci a demandé à ce que la CTG ouvre une antenne à Paris comme il en existe à Bruxelles et au Suriname et un lycée spatial à Kourou !

Etats généraux et assises

"Et les congé bonifiés ?", s'est écriée une dame dans le public. Cathy, une Guyanaise mariée à un Tunisien et dont la fille est partie vivre en Australie a pris la parole pour défendre l'emploi local : "Ok, développons l'or, la forêt, le pétrole mais dans le respect de nos spécificités, de la nature et de nos peuples autochtones. oui, il faut qu'on se développe mais à compétences égales, priorité aux Guyanais ! Petits pays, petits moeurs... Nos jeunes, compétents, surdiplômés, sont obligés d'aller travailler ailleurs. Protégeons nos jeunes et réservons l'emploi aux Guyanais !" Assise non loin de la chanteuse Sylviane Cédia, Denise Bodros (photo) est intervenue pour poser la question du financement des projets locaux : "Comment faire pour que le citoyen guyanais ne soit pas écarté des financements malgré la qualité des projets qu'il peut porter ? N'est-il pas temps de penser à une banque de Guyane qui porterait les projets existant ?" Une autre dame est intervenue pour dénoncer l'impossibilité de faire prendre en charge les personnes atteintes de maladies dégénératives...

Guy Myrto (photo), ingénieur télécom à Kourou a pris la parole pour dire son malaise : "J'ai monté ma boite il y a cinq ans et je n'ai jamais obtenu aucun marché !"

En guise de conclusion, le député serville est intervenu pour insister sur la gouvernance : "Je ne veux pus espérer mais exiger ce qui nous est du ! C'est l'Etat, quelle que soit sa couleur politique, et son bras armé, Bercy, qui décide. Il a un dessein pour la Guyane qui ne correspond pas au projet des Guyanais pour leur territoire." C'est sans doute la meilleure définition que l'on puisse faire de la différence entre les assises et les états généraux.

FXG

Ecologie et économie

Le débat sur les permis miniers a été le moment d'une petite passe d'armes entre Rodolphe Alexandre et Gabriel Serville. Le premier se vantant d'être celui qui avait fait plier l'Etat en 2012 en l'obligeant à reconnaître que la CTG était compétente pour octroyer les permis d'exploration et d'exploitation minière, le second reprochant au premier de ne pas l'avoir soutenu en octobre dernier au Parlement quand la loi Hulot est venue mettre un terme à tous les permis d'exploration d'hydrocarbure.... L'occasion pour le député Serville de rappeler qu'il avait blessé le ministre Nicolas Hulot en le traitant de colonialiste ; l'occasion pour le président Alexandre de révéler qu'avec l'aide du groupe Total, il allait attaquer la loi Hulot !

"Aujourd'hui ce sont les écologistes qui décident pour la Guyane, s'est énervé Rodolphe Alexandre Ils sont allés chercher les Amérindiens pour dire que la question minière était amérindienne, mais sur le site de la Montagne d'or, il n'y a aucune communauté de vie amérindienne !" Selon lui, la Guyane a raté une page d'histoire à cause d'eux avec l'échec du projet Iamgold à Kaw. "Je veux un débat sur la Montagne d'or, a répété M. Alexandre, et si les chefs coutumiers prennent position, il faudra écouter les deux sons de cloche !" Georges Vincent est venu crier son désaccord : "La Montagne d'or, c'est 700 emplois et combien de personnes contaminées au mercure et pour combien d'années ?" Rodolphe Alexandre lui a opposé la construction de la route du fleuve, la création d'une école des mines à Saint-Laurent et le développement de l'agriculture le long des 150 km de la route...

Enfin, revenant sur le brevet que l'IRD a déposé sur une molécule issue du couachi (quassia amara), Rodolphe Alexandre a rappelé que cette plante avait été importée en Guyane au XVIIe siècle et que son utilisation traditionnelle n'était pas plus du fait des Amérindiens que des Créoles ou des Bushinengués. "S'il doit y avoir des retombées locales, c'est la CTG la mieux placée", a-t-il affirmé.

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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 09:12
Rodolphe Alexandre, jeudi 22 mars au ministère des Outre-mer

Rodolphe Alexandre, jeudi 22 mars au ministère des Outre-mer

Rodolphe Alexandre, président de la CTG, et Jocelyn Ho Tin Noé ont clôturé une série de rencontres parisiennes par un entretien avec Annick Girardin jeudi matin pour faire le point sur l'accord de Cayenne, flécher la stabilité du budget de la CTG et aborder les nouveaux investissements qui devraient bientôt être en phase de réalisation. Entretien.

"Je n'aurai aucune omerta sur la question du statut"

Nos députés ne cessent d'interroger le gouvernement sur l'exécution de l'accord de Guyane et son plan complémentaire. Les mêmes chiffres, pour le RSA et les établissement scolaires reviennent toujours... Où en est la CTG avec l'Etat ?

La CTG est la collectivité majeure qui soutient et accompagne les collectivités communales et les EPCI, et surtout, elle est autorité de gestion. Il est donc normal que le fléchage financier passe pour une bonne partie par son budget. Au risque de me répéter, 53 millions ont été accordés à la collectivité pour soutenir l'emprunt de 600 millions pour les lycées, les collèges, la voirie... 30 autres millions nous ont été accordés pour pouvoir structurer notre budget. La fusion des deux collectivités, région et département, a laissé de part et d'autre des arriérés,  des problématiques qu'il faut donc compenser… Ces 30 millions ont permis de stabiliser notre budget. Maintenant tous les points qui avaient été annoncés concernant la construction de lycées et de collèges ont fait l'objet des premières instructions en matière de dossier. Nous nous apprêtons à lancer les travaux d'un collège à Saint-Laurent-du-Maroni. Le chantier de la cité scolaire de Saint-Georges de l'Oyapock, c'est-à-dire un lycée et un collège, a déjà démarré. Par ailleurs nous sommes en train d'ouvrir les plis pour retenir le cabinet d'architecture qui va travailler pour le lycée de Maripasoula. Les engagements sont là !

Mais qu'en est-il des autres dossiers ?

Le président Macron avait affirmé qu'il allait mettre à disposition 40 millions. Donc nous avons, avec la ministre et la veille avec toute l'équipe du fonds spécial du numérique, mis en place le portage du dossier. Dans les jours à venir les services de l'Etat vont confirmer ses engagements et je pense que dans les mois à venir, nous serons capables d'annoncer de très belles choses,  notamment pour l'intérieur du territoire.

Avez-vous évoqué une phase nouvelle de l'exécution de l'accord de Guyane ?

En ce qui concerne à la CTG et les accords de Guyane, sur notre base, ils sont vraiment finalisés et sont maintenant en poursuite. Maintenant il y a d'autres dossiers : l'hôpital de Cayenne, les centres de santé, les PMI, les recrutements de médecins...  Mais ce sont des dossiers dont nous parlerons au fur et à mesure. A l'heure actuelle,  il faut savoir que la CTG gère plus de 14 médecins sur l'ensemble du territoire. Nous venons d'allouer aux pompiers la deuxième dotation de la CTG, soit 3,5 millions d'euros d'investissement avec du matériel qui est déjà en Guyane. Nous explorons tous les points ! Je souhaite que nous, les parlementaires, le président des maires, moi-même, nous puissions nous retrouver à Paris pour faire un dernier bouclage avec la ministre pour la prospective 2019-2020. Nous pourrons par exemple aborder les 27 millions d'octroi de mer qui n'ont pas été compensés.  Mais cette fois, nous avons surtout travaillé sur la santé, Le numérique et l'architecture de notre budget.

La ministre des Outre-mer a annoncé hier au Parlement la création d'un site Internet pour permettre à chaque Guyanais de suivre  l'exécution de l'accord de Guyane. Qu'en pensez-vous ?

Je n'en pense que du bien. Ça permettra à tout un chacun, dès lors qu'il a accès à Internet et au haut débit,  de pouvoir répondre à des questions. Nous-mêmes à la CTG, nous allons revoir notre site et décliner territoire par territoire pour démontrer l'accompagnement que l'on porte au niveau des mairies, des EPCI, des associations pour que chacun sache clairement ce que la CTG réalise dans l'intérêt des Guyanais et de ceux qui habitent la Guyane.

Un an après les événements de mars 2017, quelle est la situation ?

La CTG assume son périmètre de compétences. Nous sommes sur le point d'aller encore plus loin avec les prospectives que l'assemblée va décider et nous poursuivons le travail pour lequel la population nous a désigné.

Qu'attendez vous des États généraux et de la réunion de ce samedi à Paris ?

Nous parcourons tout le territoire de la Guyane, il était normal que la diaspora, la communauté guyanaise installée en région parisienne, puisse être informée. Nous sommes venus samedi en toute liberté parler de la société guyanaise dans les 20 ou 30 ans à venir.

Quel est votre idée dans la perspective de la réforme constitutionnelle ?

Ce sera le débat ! Je n'ai pas attendu les accords de Guyane avec mon collègue de l'opposition, Alain Tien Liong,  pour débattre du statut.  Mais le statut n'est pas la panacée. Nous devons d'abord répondre à la problématique du sous-emploi, du chômage, de la fracture des territoires, de la formation...  Ce sont les véritables questions ! Maintenant le débat engage les prospectives sur les dix ou quinze ans qui viennent. Le fait que la Nouvelle-Calédonie aille sur un nouveau statut est un enjeu pour nous.  Nous allons observer, étudier... J'ai rencontré mon homologue corse et nous nous sommes mis d'accord pour nous rencontrer à Paris et sur nos territoires pour tenir un débat avec nos populations. Je n'aurai aucune omerta sur la question du statut.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 08:38
Un site pour suivre l'accord de Guyane

Un site Internet pour suivre les avancées du plan Guyane

Pour la troisième fois depuis le début de l'année, la séance de questions au gouvernement a été l'occasion d'interpeller le Premier ministre sur la mise en application du plan d'urgence pour la Guyane ainsi que celle du plan additionnel. La semaine dernière, c'est Lénaïck Adam qui obtenait du Premier ministre la même réponse que celle qu'Edouard Philippe avait faite à Gabriel Serville le 20 février. Cette fois, interpellé par Gabril Serville, le Premier ministre a laissé sa ministre des Outre-mer  répéter encore l'effort de l'Etat pour la Guyane et notamment ses écoles, ses lycées et le RSA. Et pour opposer des "preuves tangibles" à l'incrédulité du député de la première circonscription, Annick Girardin a annoncé que le site Internet permettant à chaque citoyen de suivre les mesures du plan Guyane au fur et à mesure de leur mise en oeuvre serait opérationnel à la fin du mois. Ce sera un site interactif, c'est-à-dire que les Guyanais pourront y laisser leurs commentaires.

FXG, à Paris

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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 05:10

Un député En marche ! s'inquiète de l'apparition de "la chimique" à la Réunion

Député de la 4e circonscription de la Charente-Maritime, Raphaël Gérard a rejoint la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale et s'y montre fort actif. Ayant été choqué par la diffusion virale d’une vidéo mettant en scène un jeune Réunionnais en pleine crise de démence et sous l’emprise d'une drogue appelée la « chimique », Raphael Gérard a écrit à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour l'inviter à prendre "des mesures d’urgence pour stopper net le développement de sa consommation sur l’île".

La chimique est une drogue synthétique sous la forme d’une poudre blanche qui, une fois chauffée, est mélangée avec du tabac. Son coût est faible, de 5 à 20 euros le gramme. Le député charentais signale que la chimique est déjà connue des services d’addictologie du Centre Hospitalier de Mayotte où elle fait son apparition en 2011.

Si elle est réputée produire des effets euphorisants, sa consommation sur l’archipel de Mayotte suscite de l'inquiétude du fait de l’exacerbation des comportements violents observés chez les consommateurs. "Le procureur de la République à Mayotte M. Garrigue, écrit le député charentais,  a établi un lien direct entre la montée de la délinquance et la prolifération de cette drogue sur l’île." Il précise que les faits de violence ont doublé de 2013 à 2015 et que "s'il y a une régression des cas d’admission aux urgences à Mayotte liés à des cas d’intoxication aigue à la « chimique », après deux pics importants en 2013 et en 2015, il semble que sa consommation se développe désormais sur l’île de La Réunion".  Par ailleurs, comme la molécule est encore nouvelle, elle n'est pas encore classée dans les produits stupéfiants

Pour toutes ces raisons, Raphael Gérard, demande à la ministre de la Santé de mobiliser ses services "pour éviter qu’une situation similaire à celle de Mayotte se développe à La Réunion où un homme jugé récemment pour des faits des violences a invoqué être sous l’emprise de la « chimique »".

FXG, à Paris

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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 07:13
Jean-Marc Mormeck, au fond sur la gauche, est assis à coté de Fréderic Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) et ancien conseiller outre-mer de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

Jean-Marc Mormeck, au fond sur la gauche, est assis à coté de Fréderic Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) et ancien conseiller outre-mer de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

Plan antiracisme : des mesures en faveurs des Ultramarins

Le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français des Outre-mer, Jean-Marc Mormeck assistait lundi au musée national de l'histoire de l'immigration, à la présentation par le Premier ministre du Plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme 2018-2020. Car si les 16 pages de ce plan sont essentiellement axées sur la lutte contre la haine sur Internet, l'éducation contre les préjugés, la protection des citoyens et l'accompagnement des victimes, ce plan propose aussi d'investir "de nouveaux champs de mobilisation". Dans ces nouveaux champs, il est question "d'agir pour l'égalité des Ultramarins". Ainsi trois mesures sont préconisées. La première est de sanctuariser une enveloppe de 100 000 euros gérée par la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH) et la Délégation interministérielle pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer (DIECFOM). Cette somme sera dédiée au soutien des projets visant à lutter contre les préjugés et les discriminations raciales dont peuvent être victimes les Français des outre-mer.
La deuxième mesure consiste à donner une nouvelle dimension à la mémoire de l’esclavage en soutenant la connaissance historique de l’esclavage, des traites et de leur abolition. Sur cette base, il s'agira de créer en lien avec la future Fondation « Mémoire de l’esclavage », et avec les Rectorats outre-mer des programmes d’échanges croisés de jeunes entre les outre-mer, l’hexagone et les pays africains.

La troisième mesure vise à mobiliser les associations, les réseaux professionnels et le Défenseur des droits pour lutter plus efficacement contre les préjugés, les discriminations dans l’accès au logement et à la domiciliation bancaire des ultramarins.

Par ailleurs, dans un chapitre consacré à l’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, le plan propose de poursuivre le développement du concours « La Flamme de l’égalité » sur la mémoire de l’esclavage et des traites.

FXG, à Paris

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