Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 05:51
Edouard Philippe au Sénat le 20 février

Edouard Philippe au Sénat le 20 février

Edouard Philippe fait le point sur le plan Guyane

"L'Etat a honoré sa parole pour le plan  d'urgence Guyane." Interpellé par le sénateur Patient, mardi après-midi au Sénat à l'occasion de la séance de questions au gouvernement, le Premier ministre a répondu longuement à la question : "Où en est l'Etat dans l'exercice de sa responsabilité à l'égard de la Guyane ?" Edouard Philippe a d'abord rappelé la réponse budgétaire et comptable de l'Etat en rappelant les 250 millions sur cinq ans débloqués pour les lycées et les collèges et les 150 millions sur dix ans pour les écoles. Il a encore rappelé l'effort de l'Etat pour "recentraliser" le RSA : "Nous avons apporté 50 millions supplémentaires pour faire face à l'augmentation rapide de la dépense en Guyane et nous allons poursuivre sur ce chemin." Mais au-delà du plan d'urgence pour la Guyane, le Premier ministre a voulu donner quelques gages et marquer ainsi la volonté de son gouvernement pour répondre aux "aspirations de la population de Guyane à un modèle de développement plus équilibré". Il a ainsi évoqué une amélioration du pouvoir d'achat en indiquant que dès "cette année, une grande partie des habitants pourront constater la baisse massive de (la taxe d'habitation) compensée aux communes".

Concernant la sécurité, Edouard Philippe a déclaré : "La Guyane figure parmi les vingt départements reconnus prioritaires dans le cadre de la police de sécurité du quotidien." De même qu'en matière d'immigration, il a indiqué que la Guyane ferait à compter de juin prochain l'objet d'une expérimentation pour réduire les délais d'instruction des demandes d'asile.

Face aux critiques qui reprochent au gouvernement une relative lenteur, le Premier ministre a opposé "le temps de la réflexion" symbolisé par les assises des Outre-mer, mais également, a-t-il précisé, les états généraux des collectivités : "Ce sont deux exercices qui ne sont pas indépendants mais qui doivent se compléter." Pour conclure, le Premier ministre a rappelé que c'est en mai prochain que le livre bleu outremer qui conclura les assises démontrera que "les Outre-mer sont au coeur de nos politiques publiques".

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 05:49

Amende pour l'exportateur et les importateurs de piège à termites

L'Autorité de la concurrence usé de la loi Lurel contre la vie chère pour sanctionner trois entreprises qui avaient maintenu des accords avec des droits exclusifs d'importation non justifiés pour des pièges à termites. Le groupe Dow Agrosciences commercialise sous la marque « Sentri TechTM » le seul piège à termites à base de biocide dont l'efficacité est actuellement certifiée en outre-mer. Au terme d'une instruction menée à la suite d'une enquête de la répression des fraudes, l'Autorité a constaté que Dow Agrosciences avait maintenu des clauses d'importation exclusive dans les contrats de commercialisation de ses pièges plusieurs années après l'entrée en vigueur de l'interdiction, en mars 2013, avec la société Emeraude à La Réunion et la société CTC aux Antilles et en Guyane.

Le fabriquant a été condamné à une amende de 60 000 euros, la société CTC à 5 000 euros et la société réunionnaise 10 000 euros car elle avait refusé de fournir de manière discriminatoire ces produits à une société concurrente qui possédait la certification requise pour les commercialiser, ce qui est qualifié d'abus de position dominante.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 05:37
Quotas de rhum des DOM

Rhum : les quotas de la discorde

Le gouvernement s'apprêterait à valider le projet du CIRT-DOM de répartition des quotas supplémentaires de rhum contre une promesse de révision de la clé de répartition après 2020.

A quelques jours de l'ouverture du salon international de l'Agriculture, le gouvernement n'a toujours pas officiellement arbitré la répartition du contingent additionnel de 24 000 hectolitres d'alcool pur (hap) de rhum des DOM autorisé par Bruxelles. Selon nos informations, il semble que l'arbitrage à venir suive la proposition de répartition que le CIRT-DOM a transmis au gouvernement 18 janvier dernier. Cette répartition aboutirait à une augmentation du contingent agricole de la Martinique de 9631 hap contre 5722 hap pour la Guadeloupe. "Ce serait, regrette le Guadeloupéen Hervé Damoiseau, donner à la Martinique et surtout au Groupe Cofepp (la Martiniquaise, Bardinet) un chèque signé en blanc très inquiétant pour l’avenir..." Dans ces conditions, le syndicat des rhumiers de la Guadeloupe (SRIG) a écrit au ministère des Outre-mer pour dire son désaccord et dénoncer "un véritable hold up sur le contingent". Dans ce courrier daté du 1er février, les signataires, François Monroux, administrateur du Coderum, et Hervé Damoiseau, président du SRIG, rappellent qu'en septembre 2017, une première réunion du CIRT-DOM avait abouti par un vote de 8 contre 4 à l'attribution au rhum agricole de Guadeloupe, en sus de son attribution proportionnelle dans le contingent additionnel, de 2 265 hap "qu'il n'était plus possible d'attribuer à la sucrerie distillerie du Galion compte tenu de son incapacité à produire son contingent". Effectivement, il a été démontré qu'en 2017, 4000 hap de rhum ont été produits en Guadeloupe pour le compte de la Martinique sur le contingent de l'usine du Galion. Pire, une partie de la production de rhum de sucrerie de la Martinique a été réalisée avec de la mélasse de Guadeloupe pendant plusieurs années... Malgré cette entorse au code général de impôts, Jean-Claude Cantorné, le président du CIRT-DOM, a renégocié avec les rhumiers indépendants de la Réunion, leur attribuant 441 hap supplémentaires à leur prorata de 20 %, et dès lors obtenu un nouveau vote au désavantage de la Guadeloupe.

Menace de saisine du conseil d'Etat

Actuellement, la Guadeloupe dispose d'un quota de 11 285 hap et en produit 34 389. La Martinique dispose d'un quota de 43 158 hap et en produit 72 259, c'est à dire que le rapport en quota est de 1 en Guadeloupe contre 3,8 en Martinique pour un rapport en production de 1 à 2,15. La projection de la nouvelle répartition du quota aboutirai à un rapport de 1 contre 3,15. Insuffisant aux yeux des Guadeloupéens qui dénoncent ces "déséquilibres". Les distillateurs de la Guadeloupe exigent depuis 1999 la révision de la clé de répartition du contingent, tel que le prévoit le bulletin officiel des douanes (BOD). Dans les faits, les révisions successives depuis 1995 on permis à la Martinique d'accroître son quota agricole de 10 513 hap contre 6 785 hap pour la Guadeloupe.

Ainsi, le SRIG demande au gouvernement de ne pas suivre l'avis consultatif du CIRT-DOM et exige la révision triennale prévue au BOD. Le gouvernement fait valoir qu'en 2020, date d'échéance du contingent, une vraie réforme sera entreprise. Mais les sociétés Rhum Damoiseau et Bologne ainsi que le SRIG assurent se réserver le droit de porter l'affaire au Conseil d’Etat. Il s'agit, selon le SRIG, de "mettre fin à la situation humiliante de la Guadeloupe (...) rabaissée au rang de simple sous-traitant de la Martinique" et de mettre fin à "l'écart persistant" entre niveau de production et quotas entre les deux îles.

FXG, à Paris

Les exigences des rhumiers guadeloupéens

Les rhumiers guadeloupéens posent à nouveau leurs exigences : les 20 % additionnels prévus à la base, soit 8 422 hap, plus les attributions supplémentaires de rhum de sucrerie (2 265 et 4000) déjà produits en Guadeloupe, soit un total de 14 687 hap "pour rétablir le rapport production/contingent agricole et sucrerie entre la Guadeloupe et la Martinique". De même, ils demandent à "réserver l'accès à la soulte aux taux réduits aux rhums embouteillés dans les départements d'origine, afin de favoriser les producteurs qui privilégient le maintien des emplois locaux. Le rapport entre les stocks de rhum agricole dans l'Hexagone est de 1 pour la Guadeloupe contre 6,56 pour la Martinique.

Partager cet article

Repost0
23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 05:35

Les pourvois pour annuler les élections à la CCI sont rejetés

Le Conseil d'Etat a rejeté hier les pourvois en cassation déposés par Joël Forbin d'une part et par les colistiers Badi Faddoul, Medhi Keita, François Pellecuier et Gil Themine, d'autre part. Le Conseil d'Etat valide ainsi les élections à la chambre de commerce et d'industrie des îles de Guadeloupe. Ni le défaut de parité dans la liste "Ensemble pour l'entreprise des îles de Guadeloupe" conduite par Henri Nagapin et qui a remporté l'élection, ni les questions de vote par correspondance et de vote électronique n'ont suffi à convaincre les magistrats administratifs suprêmes qui ont ainsi validé l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux. Cet arrêt avait annulé le jugement de Basse-Terre du 14 février 2017 qui avait annulé le scrutin.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 05:31
Plan chlordécone 3

Trois ministres autour du chlordécone

Le chlordécone était au menu, hier, de la réunion des parlementaires des Antilles avec les ministres de la Santé, de l'Agriculture et de l’Alimentation et des Outre-mer. le débat s'est prolongé l'après-midi entre les députés et la ministre de la Santé.

Le gouvernement a voulu montrer son souci de "répondre aux questionnements légitimes des populations des Antilles au sujet des conséquences sanitaires de l’usage de la chlordécone". Cette réunion a été l’occasion pour les trois ministres concernés d'expliquer leur action dans ce domaine. Ainsi il a été rappelé les trois plans chlordécone financés par l'Etat et l'europe depuis 2008. Ainsi, il y a eu n v33 millions pour le plan 1 (2008-2010), 31 millons pour le plan 2 (2010-2013) et 30 millions pour le plan 3 (2014-2016).

Agnès Buzyn a insisté pour dire que toutes les études scientifiques programmées, notamment sur les populations exposées, avaient été financées et réalisées, à l'exception de l'étude "madiprostate", pour des rasions de pertinence scientifique. Elle a en revanche indiqué que l'étude "ti moun" était prorogée jusqu'à l'adolescence des patientss afin de pouvoir étudier l'incidence du chlordécone sur la puberté.

Le gouvernement a promis une étude scientifique exhaustive, à la fois médicale, environnementale et sociale, sur le sujet. Pour cela, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche est chargé de convoquer trois des grandes alliances de la recherche (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé, Alliance nationale de recherche pour l’environnement et Alliance nationale des sciences humaines et sociales). Un colloque scientifique  dédié exclusivement au chlordécone sera même organisé en octobre prochain.

Connaissance et communication

La deuxième priorité du gouvernement est de donner une meilleure information aux populations vulnérables dont les femmes enceintes. Ainsi, le directeur général de la santé et le directeur général de Santé publique France se rendront en Martinique et en Guadeloupe pour y tenir des forums citoyens.

Mais surtout, il s'agit de sécuriser l'alimentation avec une politique de prévention. Ainsi, le ministre de l'Agriculture a-t-il annoncé qu'au mois de juin le zonage des terres contaminées serait achevé et que l'évaluation individuelle des sols permettrait de relancer les jardins familiaux avec des circuits courts d'approvisionnement sans chlordécone. "La direction générale de la santé, a expliqué Agnès Buzyn, a des financements pour cela. Les populations peuvent faire contrôler leurs sols en le demandant à la direction générale de l'alimentation."

Limites maximales de résidus

La question des limites maximales de résidus (LMR) a fait l'objet d'une âpre discussion qui se semble pas au final avoir rassuré nos parlementaires. Les ministres ont déclaré que les contrôles mis en oeuvre sur les produits agricoles et alimentaires depuis 2005 n’avaient pas été affectés par les modifications réglementaires européennes intervenues en 2013 sur les LMR, car l’Etat n’avait pas changé son dispositif de contrôle (basé sur les LMR fixées en 2005). Serge Létchimy est restés sceptiques : "Le problème est que Stéphane Travert a signé en septembre 2017 une instruction pour prendre acte des modifications du calcul du taux de tolérance des LMR dans la viande..." L'intéressé a répondu qu'il allait trouver la Commission européenne afin de "confirmer la stratégie française en matière de contrôle"... Enfin, face au réquisitoire de Jean-Philippe Nilor qui reproche à l'Etat ne ne pas avoir pris la mesure de sa responsabilité dans ce scandale, Agnès Buzyn qui a participé aux plans Chlordécone 1 et 2 quand elle était présidente de l'institut national du cancer, a opposé  sa volonté de transparence : "Il faut qu'on montre à la population qu'on est prêt à répondre aux questions et qu'on n'est pas là pour cacher les choses."

Les ministres ont tenu à rappeler la nécessité d’associer les élus et les associations au pilotage du plan et de mieux communiquer sur les actions entreprises par l’Etat. A cet effet, les ministres ont pris l’engagement de réunir les parlementaires et les présidents des exécutifs locaux dès le mois prochain pour continuer à travailler, répondre aux questions soulevées et améliorer le plan chlordécone III.

FXG, à Paris

Elle a dit

Agnès Buzyn, ministre de la Santé

Répondant à un député alsacien sur le silence autour du scandale du chlordécone, la ministre de la Santé a déclaré : "L'île de la Guadeloupe n'a plus d'hôpital ! Si le CHU de Nice ou d'Orléans avait brûlé, ça aurait fait la une de tous les journaux métropolitains !"

 

Partager cet article

Repost0
22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 06:00

Me Ursulet fait cracher la France au bassinet

Le 15 février dernier la Cour européenne des droits de l'Homme, saisie par Me Ursulet, a condamné la France à payer 6,5 millions d'euros à un homme devenu infirme après son interpellation musclée par la police.

Après avoir fait condamné la France pour "traitements inhumain ou dégradant" en juillet 2015, le ténor du barreau, Alex Ursulet, vient d'obtenir de la Cour européenne des droits de l'homme que la France indemnise son client à hauteur de 6,5 millions d'euros ! Un succès d'avocat. Quatorze ans après les faits, voici enfin établi le montant de la facture pour une interpellation musclée ayant abouti à rendre un homme de 33 ans paraplégique ! Une décision historique qui vient à l'encontre de tous les jugements rendus jusqu'alors dans ce dossier par la chaîne judiciaire française, et inédite par son montant.

Rappel des faits. Ce 30 mars 2004, Abdelkader Ghedir se trouve dans la gare de Mitry-Villeparisis lorsqu'il fait l'objet d'un premier contrôle de la part d'agents de la SUGE, la police ferroviaire. Plus tard, vers 20 heures, deux policiers du commissariat de Mitry Mory auxquels on a signalé qu’un individu jetait des cailloux sur les trains, voient le même Abdelkader Ghedir mais il ne correspond pas à la description qu'on leur a faite. Abdelkader Ghedir, qui parait ivre et se montre agressif à leur égard, part en courant. Cinq agents de la SUGE l’interpellent. L'un des agents lui porte un coup de genou au visage alors qu'il est au sol, maintenu par deux autres agents et menotté dans le dos. Au moment où l'agent de la SUGE va porter un deuxième coup, le brigadier-chef de la police nationale l'arrête, la main sur le genou, et lui dit : « C’est bon. »

Un peu plus tard, lors de la garde à vue, Abdelkader Ghedir perd connaissance et tombe dans le coma... Il sort deux heures plus tard paraplégique et sur un brancard de sa garde à vue.

Les cinq agents de la SUGE sont mis en examen en décembre 2004. Le 15 février 2010, la juge d’instruction de Meaux ordonne un non-lieu. La chambre de l’instruction en conclut que l’information judiciaire n’a pas permis de réunir contre quiconque des charges suffisantes. Le 27 septembre 2011, la Cour de cassation rejette le pourvoi de M. Ghédir et le fonds de garantie contre les actes de terrorisme et d’autres infractions lui réclame la restitution des sommes allouées à titre provisionnel, soit 490 000 euros.

"Satisfaction équitable"

Onze ans plus tard, le 16 juillet 2015, la Cour européenne des droits de l'homme condamne la France pour violation de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme. Son arrêt indique : "Même dans les circonstances les plus difficiles, telle la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, la Convention prohibe en termes absolus la torture et les peines ou traitements inhumains ou dégradants". L'arrêt précise encore en ce qui concerne des violences survenues lors de contrôles d’identités ou d’interpellations opérés par des agents de police, que "le recours à la force doit être proportionné et nécessaire au vu des circonstances de l’espèce". Trente-six mois, depuis cet arrêt, auront été nécessaires pour trouver ce que la CEDH appelle une "satisfaction équitable". La Cour rappelle dans sa nouvelle décision du 15 février dernier qu’un arrêt constatant une violation de la Convention entraîne pour l’État défendeur "l’obligation de mettre un terme à la violation et d’en effacer les conséquences de manière à rétablir autant que faire se peut la situation antérieure à celle-ci". Dans les faits et après une âpre discussion financière qui pose les bases d'une jurisprudence d'indemnisation qui s'impose à toutes les juridictions françaises et européennes, le montant de la facture adressé à la France pour réparer les torts de sa police et de sa justice, eu égard aux frais de santé de la victime, s'élève à 6,5 millions d'euros ! "La CEDH, a commenté Me Ursulet, est ainsi venue dire aux juges et aux délégués du gouvernement dans cette négociation combien ils avaient fait preuve d'une indigne inhumanité."

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
21 février 2018 3 21 /02 /février /2018 15:50
Journée internationale des cancers de l'enfant

Les cancers pédiatriques

"C'est à gerber qu'on laisse crever nos gamins parce qu'il n'y a pas de pouvoir politique qui a décidé de mettre un peu d'argent dans la recherche..."

Jeudi 15 février, à l'occasion de la journée internationale des cancers pédiatriques, dans une des salles de réunion de l'Assemblée nationale, les prises de parole, ont permis d'entendre des témoignages terribles. A l'initiative du Réunionnais Gerry Ah Hee Ayan et de la députée Ericka Bareigts, une cinquantaine de personnes, toutes ou presque parents d'un enfant atteint ou décédé d'un cancer pédiatrique, se sont retrouvées pour partager leur expérience mais aussi pour débattre. A travers l'idée d'un "parti des enfants" ou d'une fédération "grandir sans cancer", ils souhaitent acquérir une plus grande visibilité médiatique pour une meilleure prise de conscience des politiques et de la population. Chaque année, ils sont quelque 500 parents à perdre leur "ange" des suites d'un cancer ou d'une maladie rare. La recherche ne consacre que 3 % de ses fonds à ces enfants. Sur 380 000 cancers diagnostiqués chaque année, 2500 concernent les enfants. Seuls ou regroupés en associations comme "le défi de Fortuné", "Eva pour la vie", "tous derrière Léa", les parents continuent de se battre par delà la mort. "On aurait pu faire résilience en tournant la page, explique Gerry, mais nous continuons à nous battre même si pour nous, c'est du passé !" Gerry a perdu sa fille Anne-Laure d'un cancer cérébral il y a six ans.

Les associations au premier rang

Autour de lui, Ghislaine venue du centre de la France, mère du jeune Amaury décédé à 13 ans d'une tumeur cérébrale, Anne, de Marseille, mère du petit Guillaume décédé en octobre dernier, Jessica, mère de Léa, victime d'une maladie rare, Stéphane, père d'Eva, elle aussi emportée par une tumeur cérébrale, Xavier père de Cassandra, morte de leucémie... "Pourquoi elle, pourquoi lui" ont souvent été la première question de ces parents, mais aussitôt suivie de cette autre : "Pourquoi n'y a-t-il pas de traitement ? Pourquoi nous dit-on qu'il n'y a pas de schéma thérapeutique ?" La recherche existe pourtant, mais elle est confrontée à un problème de rareté et un autre de rentabilité... Stéphane qui a monté l'association "Eva pour la vie", a étudié la structure des soutiens financiers à la recherche menée par l'INSERM dans sa ville de Bordeaux : "L'université donne 240 000 euros, puis les associations, de 150 000, à 40 000... La ligue régionale contre le cancer n'arrive qu'en 6e position. Quant à l'ARC, l'institut national contre le cancer ou l'industrie pharmaceutique, ils ne donnent rien. Et c'est comme ça dans toutes les régions de France !" Le député UDI Jean-Christophe Lagarde avait bien tenté de détourner une partie du produit de la taxe Chirac sur les compagnies aériennes au profit de la recherche... En vain. Cette fois, c'est le député En marche de Bordeaux, Benoît Simian, qui veut tenter à son tour un amendement pour affecter une partie de la taxe Chirac aux cancers pédiatriques. "Nous devons travailler avec Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, soutient-il. Tous les moyens viennent des associations et non de la solidarité nationale..."

"Pestiférés"

Il n'y a pas que la recherche qui manque de fonds. La présidente du groupe d'étude sur les cancers pédiatriques de la précédente  législature concluait : "La situation est pire que ce que j'imaginais, notamment sur le volet social." "Tous les parents, raconte Jessica, rencontrent les mêmes problèmes avec des professionnels qui n'écoutent pas, avec la sécurité sociale, les soins à l'étranger..." Sans parler des maladies non reconnues avec ses implications à l'école notamment. "Ca fait peur, témoigne Ghislaine, et on est des pestiférés ! Il faut apprendre à nos concitoyens que ça n'arrive pas qu'aux autres..."

Ketty, de l'association réunionnaise "Petit prince marmaille" se demande comment mieux faire vivre leurs associations qui sont les seules à accompagner les parents. Car s'il faut financer la recherche, faire des campagnes d'information, les associations restent les seules à demander quoi faire demain pour avancer; quoi faire pour aider les parents...

La vingtaine d'associations qui étaient réunies à Paris jeudi ont décidé de se revoir une fois par semestre... "Mon gamin est parti, a dit la maman du petit Guillaume, je suis en colère mais je veux transformer cette colère en énergie positive !"

FXG, à Paris

Interview. Gerry Ah Hee Ayan, organisateur de la rencontre des associations de parents d'enfants atteints de cancer

"La vie mon enfant n'a pas de prix !"

Quel a été le point de départ de cette journée ?

J'ai écrit l'an dernier "Pourquoi je suis pas un papillon", un livre sur le combat de ma fille. Il m'a valu beaucoup de contact avec ces associations et c'est alors que je me suis rendu compte que nous pouvions faire quelque chose ensemble parce que je me suis rendu compte que les cancers pédiatriques sont les oubliés de la recherche médicale. C'est compliqué parce qu'il y a soixante cas différents de cancers pédiatriques... Mais en tant que père, la vie mon enfant n'a pas de prix !

Ecrire un livre, témoigner vous a-t-il aidé ?

J'ai mis beaucoup de temps avant d m'y mettre, trois ans, mais je ne l'avais pas écrit pour qu'il soit édité. Je l'avais écrit pour raconter des scènes très fortes qui se sont déroulées dans l'intimité d'un cabinet médical ou celle du salon familial et que je voulais partager avec ma famille. Je n'arrivais pas à le dire alors j'ai écrit... Et c'est arrivé chez l'Archipel.

C'est ce livre qui a convaincu la députée de vous ouvrir les portes de l'Assemblée nationale ?

Avant d'être députée, Ericka Bareigts est d'abord une mère de famille. Elle a des filles dont une qui a le même âge que  la mienne et qui était sa meilleure amie. C'est par ailleurs elle qui a tilté sur la date du 15 février, journée nationale du cancer de l'enfant...

Qu'espérez-vous en organisant cette journée ?

J'ai été président de la fédération des associations chinoises de la Réunion qui regroupait 35 associations donc j'ai cette expérience de la mutualisation et de la fédération et c'est ce que, humblement, je souhaite amener. Le message a été entendu parce que nous avons tous vécu un drame important dans notre vie, celui de la perte d'un enfant. Toutes les actions sont bonnes, ce qu'il faut aujourd'hui, c'est les rendre efficaces, plus visibles.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 07:45

Le plan pluriannuel d'investissement pour Saint-Martin annoncé en mars

Le 5e comité interministériel pour la reconstruction de Saint-Barthélemy et Saint-Martin aura lieu en mars. Il est important, car c'est lors de ce comité que sera acté le plan pluriannuel d'investissement. Ce plan présentera une forme de tableau sur les 3 à 5 ans à venir qui dira qui de l'Europe, de l'Etat, de la collectivité, des opérateurs de réseau, de l'Ademe, de l'agence française de la biodiversité qui paye quoi et comment. Contrairement aux Pays-Bas qui ont procédé à un chiffrage flou de 550 millions et 7 millions d'ores et déjà débloqués, la France a procédé en examinant ses priorités, en définissant ses besoins et la répartition des financements. "C'est plus clair et plus responsabilisant", commente Philippe Gustin, le délégué interministériel à la reconstruction. Le plan pluriannuel est établi en partenariat avec la collectivité de Saint-Martin. Ainsi, quoique l'île de Saint-Martin ait perdu depuis le passage d'Irma 21 % de sa population scolaire, il est acquis qu'il va falloir construire un nouveau collège de 900 places et un groupe scolaire (maternelle et primaire) de 400 places. Les équipements sportifs devraient faire l'objet d'un volet dans le plan pluri annuel.

En matière d'accès aux soins, si l'hôpital de Concordia doit retrouver la totalité de sa capacité en termes de lit dès la semaine prochaine, il reste encore a faire un travail en matière d'offre de soins psychiatriques. Un pôle médico-social, un EHPAD ainsi qu'un accueil pour handicapés devrait compléter le site de Concordia.

Les dégâts sur la préfecture ont nécessité un relogement provisoire en attendant la reconstruction d'une cité administrative. A plus long terme une caserne de gendarmerie devrait aussi être reconstruite mais pour l'heure, tout est sécurisé et prêt pour affronter la prochaine saison cyclonique, à l'exception de la gendarmerie de Quartier d'Orléans en zone inondable comme tout le quartier du reste... Reste que depuis les épisodes d'émeutes, la situation sécuritaire à Saint-Martin n'a jamais été si bonne avec des chiffres de la délinquance au plus bas.

Sans présager du montant du plan pluriannuel d'investissement, la facture pour l'heure avoisinerait "au minimum les 200 millions d'euros dépensés ou engagés pour 2017 et 2018 par l'Etat et ses opérateurs hors reconstruction". Cela prend en compte les coûts de l'urgence, les 62,2 millions alloués à la collectivité, le chômage partiel et les autres mesures de soutien économique qui ont été prorogés jusqu'à la fin de l'année 2018.

Enfin, l'audit économique et social que préparent l'inspection générale des finances, celle des affaires sociales et le conseil général de l'économie, l'industrie, l'énergie et la technologie (Bercy), est attendu lui aussi courant mars. Philippe Gustin s'apprête à regagner Saint-Martin dès la semaine prochaine. Il sera rejoint par Annick Girardin début mars, avant que ne se tienne le cinquième comité interministériel.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
18 février 2018 7 18 /02 /février /2018 06:39

Réforme des aides économiques : le ministère des Outre-mer songe à un fonds d'investissement d'Etat

Si le temps des assises des outre-mer ont permis au gouvernement de gagner du temps pour faire passer des réformes impopulaires comme la suppression des contrats aidés, la suppression de l'accession sociale à la propriété ou encore la baisse de la ligne budgétaire unique (en faveur de la construction du logement social), ce temps aura permis au gouvernement de préparer sa réforme des aides économiques. C'est en tout cas de cette manière que le député LR de la Réunion, David Lorion s'est exprimé lundi 12 février sur le plateau du journal de France Ô à Malakoff : "les assises nous ont fait perdre beaucoup de temps", a-t-il ainsi déclaré un rien goguenard. Selon lui, depuis l'élection d'Emmanuel Macron et la nomination d'Edouard Philippe à Matignon, aucune grande mesure structurelle pour les outre-mer n'a encore été prise... Les assises des outre-mer ne seraient dès lors que le paravent de la réforme des aides économiques à venir ! Lors de son discours devant la fédération des entreprises d'outre-mer (FEDOM), Annick Girardin a rappelé son ambition quant aux aides économiques. Celles-ci représentent près de 500 millions d’euros par an pour les aides à l’investissement (défiscalisation, TVA non perçue récupérable), 1,5 milliard d’euros par an pour les aides au fonctionnement (exonération de charge, CICE, aides au fret), 10 millions par an pour les aides à la capitalisation (FIP) et 380 millions par an pour les dispositifs zonés (ZFA, ZFU, ZRR), soit un total de 2,5 milliards d'euros. Dans quelques jours, le gouvernement aura fini l'évaluation précise de ce "paquet" et pourra enfin faire ses propositions. Car la ministre des Outre-mer a des idées qu'elle a déjà déflorée le 29 janvier dernier. Elle souhaite "un outil qui intervienne sur les délais de paiement des collectivités, un autre qui renforce les exonérations de charge sur une catégorie d’emploi, d’entreprise ou sur un secteur d’activité, un outil d’intervention au capital des entreprises et un autre enfin qui permette une intervention directe et ciblée en subvention"... C'est ce dernier outil qui pourrait être le marqueur de l'action de ce gouvernement en outre-mer. En effet, sur le paquet de 2,5 milliards que représentent toutes les aides économiques outre-mer, le ministère espère  rationaliser l'ensemble et récupérer ainsi 100 à 200 millions d'euros pour mettre en place un fonds d'investissement d'Etat qui pourrait jouer le jeu que ne jouent ni les banques de dépôt en outre-mer ni la banque publique d'investissement. Cette fois, il ne s'agirait pas de thématiser l'aide (investissement, fonctionnement, capitalisation...) mais d'aider l'entreprise à passer un cap. C'est de cela qu'il s'agit quand Annick Girardin parle d'"une intervention directe et ciblée en subvention". L'idée ne serait pas pour déplaire du côté des entreprises (même si le rétrécissement de certaines aides va faire grincer des dents), à condition qu'un tel fonds ait un le bon comité de gestion à sa tête. Qui de l'Etat, pourvoyeur principal, les Régions, compétentes en matière économique, ou les entreprises seraient le mieux placer pour en décider ? Dans la Région Occitanie, un tel fonds d'investissement existe. Abondé par la CDC et des fonds régionaux, il était géré jusqu'à l'année dernière, au nom des entreprises... par un Réunionnais.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 09:29

Patrick Dumirier n'est plus le directeur général de Guadeloupe formation

A la demande du syndicat CFTC des agents territoriaux, le conseil d'Etat a confirmé hier l'annulation du recrutement de Patrick Dumirier comme directeur général de l'établissement public de formation professionnelle Guadeloupe formation. Si le tribunal administratif, s'estimant incompétent, avait refusé d'annuler son recrutement le 2 avril 2015, la cour administrative de Bordeaux, saisie par la CTFC, avait annulé le recrutement de M. Dumirier. Cette fois c'est le pourvoi en cassation déposé par Guadeloupe formation qui a été rejeté, confirmant ainsi l'annulation du recrutement du directeur général.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0

Articles Récents