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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 05:56

Les DOM en pied de classement pour l'emploi

Jobijoba, un opérateur privé de recherche d'emploi en ligne, établit depuis quelques années un classement des régions par rapport à la situation de l'emploi sur la base de 7 millions d’offres d’emploi recueillies et analysées entre le 27 janvier et le 8 novembre 2017. Sans surprise, son classement 2017 place les outre-mer, globalement, en pied de tableau juste devant la Corse avec respectivement 1,8 % et 0,2 % des offres d'emploi totales sur un an. Ces 1,8 % représentent quelque 118 000 offres d'emploi. C'est à Fort-de-France en Martinique que les offres sont les plus nombreuses avec 9 385 offres auxquelles on peut ajouter les 2 655 disponibles dans la ville voisine du Lamentin. Cayenne apparaît en second sans ce classement avec 6580 offres. Derrière ce sont les deux principales villes de la Réunion, Saint-Denis et Saint-Pierre qui affichent respectivement 5 460 et 5115 offfres d'emploi. En queue de tableau arrivent les villes de Baie-Mahault et Basse-Terre en Guadeloupe et de Nouméa en Nouvelle-Calédonie qui avoisinent le chiffre de 2500 offres.

C'est dans la santé que les offres sont les plus nombreuses (13 %), puis le commerce et la vente (12,6%), l'hôtellerie (10,2%), le BTP (7,4 %) et enfin l'industrie (7,2%). Dans la santé, les médecins sont les plus recherchés (salaire médian 72 500 euros) suivis des infirmiers (25 200 euros). Dans le commerce, ce sont les commerciaux (30 000 euros) ; dans la restauration, les serveurs (18 200 euros) et dans le BTP, les conducteurs de travaux (45 000 euros).

FXG, à Paris

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 17:52
Le sous-préfet de Lapwent, Eric Jalton, Jacques Bangou et le 2e adjoint au maire de Baie-Mahault, Georges Daubin

Le sous-préfet de Lapwent, Eric Jalton, Jacques Bangou et le 2e adjoint au maire de Baie-Mahault, Georges Daubin

Vieux-Bourg et les Lauriers en acte 2 de la rénovation urbaine

Les dirigeants de Cap Excelllence ont défendu le 21 décembre 2017 devant le comité d'engagement de l'ANRU leur nouveau programme de rénovation urbaine qui sera conduit parallèlement à l'émergence du nouveau CHU et du TCSP.

L'équipe de Cap Excellence, Eric Jalton (Les Abymes), Jacques Bangou (Pointe-à-Pitre) et Georges Daubin (Baie-Mahault) en tête, ont présenté hier à Paris, au siège de l'agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU), le nouveau programme de rénovation urbaine pour les cinq années qui viennent. "Nous avons ciblé, explique le président Eric Jalton, un certain nombre de quartiers qui méritent d'être rénovés, renouvelés et pour bien symboliser l'urgence, nous avons fait un zoom sur le quartier des Lauriers et de Vieux -Bourg." Après avoir rénové le grand Boissard et Lauricisque lors du précédent programme, les élus veulent faire sauter cette verrue coincée entre l'ex RN5 et la roacde. "On ne peut pas laisser cette plaie béante sans rénovation, insiste Eric Jalton. Il faut qu'on puisse passer de Raizet à Grand Camp sans changer de configuration en terme d'évolution dans la cité." Du côté de Baie-Mahault, c'est le quarter de Fond Richer qui a été retenu.

"Nous demandons à l'ANRU, explique Jacques Bangou, de pouvoir lancer dès aujourd'hui les études pour pouvoir définir sur les zones préalablement choisies les projets portés avec les habitants."

A ce stade, Cap Excellence n'attend que 1,8 millions de l'ANRU pour la phase d'études, mais à terme, c'est bien plus qui est en jeu. Ainsi le premier programme de rénovation entamé entre 2006 et 2009 a généré 500 millions d'investissements aux Abymes et autant à Pointe-à-Pitre, soit un milliard ! "Le deuxième plan de rénovation, continue Eric Jalton, ne sera pas forcément au même niveau compte tenu des contraintes budgétaires actuelles, mais ça se chiffrera à plusieurs centaine de millions d'euros." "C'est dans un an, précise Jacques Bangou, qu'on saura de manière précise l'ensemble des projets, donc des sommes en jeu."

Les élus ont aussi expliqué à l'ANRU comment s'achevait le premier programme avant de commencer le nouveau. Ainsi, la démolition des tours Gabare à Lauricisque, de la barre AB à Grand-Camp, du drainage du canal de Grand Camp restent à faire. La cité Chanzy est désormais vidée et devrait être rasée rapidement. Les bailleurs sont d'ores et déjà prêts à reconstruire du logement. A cet effet, Cap excellence a racheté les emprises foncières de l'ancien RFO et de l'espace de l'IEDOM à Miquel.

Le premier programme de rénovation est réalisé à 75 % et son achèvement semble bien orhestré.

Sans y être obligée, Cap Excellence est la seule communauté d'agglomérations d'Outre-mer à avoir pris en charge le pilotage de l'acte 2 de la rénovation urbaine. "Nous savons, poursuit Eric Jalton, que quand Cap Excellence se développe avec ses grands équipements structurants incontournables que sont le CHU, le port et l'aéroport, c'est l'ensemble de l'archipel guadeloupéen qui est entraîné dans un développement." C'est donc un très vaste projet qui a été présenté jeudi, qui articule plusieurs autres projets portés par des institutions différentes comme la Région et le département et bien sûr Cap Excellence.

L'ensemble du programme pourrait être achevé avec l'émergence du nouveau  CHU à Perrin aux environs de 2022, concomitamment au TCSP (transport en commun en site propre) qui doit traverser le territoire des trois communes pour joindre Jarry à Perrin en passant par les centre-ville de Pointe-à-Pitre et des Abymes, celui de Baie-Mahault via le morne Bernard et à l'opposé desservir Le Gosier, soit 16 kilomètres. "A priori, explique Georges Daubin, président su syndicat mixte de transport, ce sera un bus à haut niveau de service puisque la Région semble avoir privilégié ce mode de transport mais pour l'heure, le travail est consacré exclusivement au tracé."

Nicolas Grivel, directeur général de l'ANRU a montré une oreille intéressée et compréhensive et devrait faire connaître sa décision aux élus de Cap Excellence d'ici quelques jours. Il sera alors temps de passer à une nouvelle étape, c'est-à-dire préparer le projet lui-même avec le détail de l'ensemble des opérations. Une seule chose a fuité : "Les deux blocs des Lauriers ne devraient pas être rasés, mais remis aux normes anti-sismiques.

FXG, à Paris

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 17:49

Poursuivi pour agression sexuelle incestueuse, il est relaxé

Après dix mois de détention et six mois sous bracelet électronique, Jean-Michel D., un Carbétien trentenaire, est ressorti libre du tribunal correctionnel de Reims mardi. Alors que le parquet avait requis sept ans de prison pour agression sexuelle à caractère incestueux sur mineur de 15 ans, son avocat, le ténor martiniquais Alex Ursulet, obtenait la relaxe.

Cette histoire avait commencé comme un conte de fée dans les bas-fonds des Terres-Sainville il y a quelque six années. Jean-Michel travaillait comme agriculteur sur l'exploitation de sa mère au Carbet. Le week-end, il descendait à Fort-de-France pour se détendre. Il est  ainsi devenu le client régulier d'une prostituée dominicaine, Wendy dont il s'est amouraché rapidement. Wendy aussi s'est attaché à Jean-Michel qui l'a convaincu de quitter le trottoir. Wendy accepte alors de le suivre avec ses deux filles et son garçon à Kourou, en Guyane, et ils commencent une nouvelle vie. De cette union naît une fillette. Jean-Michel retourne en Martinique en 2014 pour y travailler tandis que Wendy et les enfants s'installent dans la région de Reims. Jean-Michel les rejoint en janvier 2016. Le 1er mai suivant, Christhin, la cadette alors âgée de 19 ans, vient dénoncer son beau-père au commissariat de Reims. Elle l'accuse de l'avoir sodomisée trois fois par semaine du mois d'octobre 2011 jusqu'en 2014, puis de lui avoir imposé des relations bucco-manuelles de janvier 2016 jusqu'au 29 avril, avant-veille de la plainte... Le jour même Jean-Michel se présente à la police, reconnaît avoir entretenu des relatons sexuelles avec Christhin tout en affirmant qu'elles étaient consenties. Il est aussitôt arrêté.

Jean-Michel est d'abord poursuivi pour viol avant que le magistrat instructeur ne correctionnalise l'affaire. A l'audience, mardi, le parquet a insisté sur la minorité sexuelle de la jeune femme, puis sur le caractère incestueux pour motiver les sept années de prison requises. Me Ursulet a évacué le premier écueil facilement puisque la plaignante avait bien 15 ans révolus au début des faits, c'est-à-dire la majorité sexuelle en octobre 2011. La deuxième partie de sa plaidoirie a consisté à démontrer que ces relations étaient consenties puisque la plaignante a déclaré lors de l'instruction : "Lorsque je lui disais non, ça ne se faisait pas." Par ailleurs, l'enquête a révélé l'existence d'une vidéo qui montre les intéressés se livrant à une fellation avant qu'ils ne s'embrassent sur la bouche... Enfin, le nombre et la répétition des rapports, estimés à 200, suffisent, a estimé l'avocat, à écarter toue idée de contrainte.

Cette relaxe, dans le contexte actuel du hashtag "balance ton porc", a surpris la défense dans la mesure où elle ouvre le champ à une action en responsabilité. Jean-Michel D. peut effectivement espérer obtenir une centaine de milliers d'euros en réparation de ses dix mois de détention. Mais le parquet de Reims a fait appel de ce jugement...

FXG, à Paris

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25 décembre 2017 1 25 /12 /décembre /2017 05:44
Lucien Jean-Baptiste au chanté Nwel organisé après l'avant première parisienne de son film le 12 décembre à l'Etoile Saint-Germain

Lucien Jean-Baptiste au chanté Nwel organisé après l'avant première parisienne de son film le 12 décembre à l'Etoile Saint-Germain

Lucien Jean-Baptiste sort "La deuxième étoile" qui s'annonce comme la grande comédie de Noël dans les cinémas de France et d'Outre-mer. Interview.

"Un film, c'est un acte d'amour"

Neuf ans après la première étoile, qu'est-ce qui vous a donné envie de repartir ?

C'est surtout l'envie de raconter une nouvelle histoire et pas tant de faire une suite copié-collé puisque j'ai mis neuf ans. En ce qui me concerne, je n'ai pas voulu rentrer dans une logique marketing et faire un film pour de mauvaises raisons. Faire un film, c'est un acte d'amour, c'est pour raconter une belle histoire ! C'est ça le secret. J'ai voulu parler de la difficulté qu'on a en 2017 à se réunir, à se parler en famille et quand je dis en famille, ça peut être très large, avec un voisin, un ami... J'avais envie de parler de ça, donc avec qui parler de ça ? L'idéal pour moi, c'était de le faire avec ma petite famille d'Antillais, la famille Elizabeth. Et puis quelle période ? Eh bien Noël. C'est bien de mettre en confrontation une période où l'on vous dit que vous devez être ensemble et un grand mouvement où chacun est derrière son petit écran pour vivre sa vie dans un cocktail comme La deuxième étoile...

Vous continuez de tordre le cou à tous les clichés. C'est une constante chez vous ?

Ah ! Toujours ! Je raconte mes histoires, j'aime bien cette expression autobiographique qu'il y a dans mes films. J'y mets beaucoup de moi, de mes observations et puis après le but, c'est de tordre le cou à tout ça ! J'essaie de parler de ce racisme ordinaire qui nous ronge, qui est la base d'un racisme beaucoup plus fort. Il faut, chacun à son niveau, lutter tranquillement. Moi, je le fais avec la comédie, des films pour les enfants et la famille.

Vous avez donné à Firmine Richard dans lequel elle s'épanouit merveilleusement bien. Comment s'est passé le tournage avec elle ?

Firmine était tellement contente de retrouver ce personnage et moi, sachant qu'elle était prête à tout, je lui ai fait un beau costume. Ca doit faire le troisième ou quatrième film qu'on fait ensemble, je sais comment obtenir le meilleur d'elle, même s'il y a peu d'effort à faire pour ça ! C'est une vraie battante.

Et les enfants ? Ca a été facile de les diriger ?

Nos jeunes Antillais n'ont pas tous les jours des propositions, donc ils sont très heureux de participer au tournage. Après, ce qui se passe, c'et que ce sont des adolescents, donc comme tous les ados, ils ont la smartphonite aigüe. C'est-à-dire qu'aujourd'hui un jeune quand tu lui parles, il faut savoir que tu ne lui parles pas qu'à lui, tu parles à tous ses copains qui sont en contact permanent avec lui sur les réseaux... Tu leur parles et ils ont toujours leur portable à la main, donc ça c'est un peu embêtant, mais c'est comme ça !

Faut-il  voir aussi un clin d'oeil à la génération rap avec le personnage de Didier Merville et ses amis ?

Ce n'est pas tant un clin d'oeil à la génération rap, mais un clin d'oeil à tous ces jeunes qu'on peut prendre aussi pour des méchants et qui, finalement, sont des petits lutins ! C'est pour ça que je voulais que Bonne-Maman (Firmine Richard, ndlr), à la fin, leur dise : "Mais tu sais, j'ai connu ta mère et on est arrivées dans le même avion ! Alors, qu'est-ce qu'elle dirait ta mère si elle te voyait en train de faire des bêtises ?" Mais j'y vais en douceur, c'est pour les enfants et la famille ! C'est vrai que je suis fan de NTM depuis toujours alors ça me faisait marrer de jouer avec ces garçons qui se font appeler Joey Starr... Alors, moi j'appelle mon personnage Obama, mais son nom, c'est Didier Merville !

Il y a aussi l'Antillais un peu mytho joué par Médi Sadoun...

Quand Médi Sadoun m'a proposé de faire l'accent antillais, je me suis méfié. Faut faire attention parce que les accents quand on les fait mal, ça le fait pas... En fait, c'est un garçon qui a baigné dans la culture antillaise, donc on s'est mis d'accord sur un genre de personnage qu'on a chez nous, ceux que j'appelle de grands rêveurs. Ces gens qui vivent toujours sur l'île et qui au lieu de s'en satisfaire, montent toujours des plans sur la comète... Il l'a joué divinement bien.

 

A l'avant-première parisienne mardi soir, vous avez parlé à l'oreille de Jacob Desvarieux. Que lui avez-vous dit ?

Je lui ai dit : "Jacob, j'ai encore fait honneur à la Perfecta, maos j'ai hâte de trouver le film pour faire honneur à Kassav !" Kassav, c'est moins ma petite madeleine que la Perfecta, la Divinité, les fêtes dans les HLM quand j'étais petit, mais maintenant pour une autre génération, c'est Kassav ! Il faudrait que je trouve le film pour mettre la musique et pas l'inverse !

En tout cas, vous avez réussi à faire chanter noël à la France entière !

On a fait 80 dates à travers la France, dans toutes les villes ! Et dans chacune des villes, on a fait chanter Noël, un  petit chant, un petit Michaux ! C'est important de garder cette culture présente !

Vous êtes un as de la comédie, vous sentiriez-vous de réaliser un drame ?

Un jour après la projection de mon film, "Il a déjà tes yeux", les gens étaient contents, avaient pleuré, avaient ri et le seul boug qui se lève et prend le micro, c'est un Antillais qui me demande quand est-ce que je ferai des films sérieux... Je n'ai même pas pris la peine de répondre au monsieur... Le gars, il croit que faire des films, c'est la fête ? C'est des années de travail et moi, je marie toujours le drame à la comédie. Après, je ne sais pas ce que je vais faire demain. J'ai tellement d'idée et de bazar dans ma tête... C'est pas simple, mais on va trouver !

Et la troisième étoile,  vous y songez ?

Je ne sais pas... J'aimerai bien. Mais aujourd'hui encore quand vous dîtes à un producteur,  je  veux faire un film aux Antilles, comme la TSA (taxe sur le prix des entrées aux séances organisées par les exploitants d'établissements de spectacles cinématographiques, ndlr) aux Antilles ne leur rapportent rien, ils n'y voient pas trop leur intétêt, malheureusement !

Cette histoire là n'est pas réglée ?

Non, on est obligés de pleurer pour demander à ce que la loi soit appliquée.. Là, on va voir. Ce qui a de malheureux, c'est que sur mon dernier film, ça a été respecté en partie, pour moi, mais les autres films sont toujours négociés au forfait et je trouve ça lamentable. Imaginez le film "Bienvenue chez les Ch'tis" sans les entrées chez les Ch'tis de la Région Hauts-de-France ! Et là, même si je sais que les Antillais vont aller voir La deuxième étoile, je ne saurai jamais combien !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 17:17
Airbus mis en cause dans le crash d'Air Asia

Crash de l'Airbus A 320 d'Air Asia : la famille du pilote se retourne contre Airbus

Le Martiniquais Rémi Plésel a trouvé la mort le 28 décembre 2014 lors d'un accident d'avion survenu au dessus de la mer de Java. Trois ans après les faits, Rolande et Renée Plesel, mère et soeur de la victime, viennent de demander au juge d'instruction Fabienne Bernard de mettre en examen la société Airbus et son sous-traitant Artus des chefs d'homicide involontaire.

Au lendemain du crash qui a fait 162 victimes, Me Arneton, avocat de la famille de Rémi Plesel, copilote, déposait au parquet de Paris une plainte pour mise en danger de la vie d'autrui. Si la plainte devait être rapidement classée, une information judiciaire était néanmoins ouverte confiée à une juge d'instruction. Dès lors, la famille du copilote a changé de défense et de stratégie pour se constituer partie civile. A la suite de la communication du rapport officiel et du rapport d'expertise, leur nouvel avocat Me Ursulet a écrit le 18 décembre dernier à la juge Fabienne Bernard pour lui demander d'examiner la question de la "responsabilité pénale d'Airbus (...) et d'Artus, son sous-traitant". Pour cela, la partie civile s'appuie sur la mise en évidence d'une pièce défectueuse de l'Airbus, un module fabriqué par Artus. Sur cette carte électronique associée à la gouverne de direction il y a une micro-fissure sur une soudure. Cette rupture provoque la perte de commande de la gouverne. Après trois premières alertes en vol (23 depuis le début de l'année), une quatrième aboutit au déséquilibrage de l'avion et sa chute en mer 10 000 mètres plus bas et 4 minutes plus tard... "La responsabilité pénale des constructeurs Airbus et Artus peut être engagée", signalent les trois experts en sécurité aérienne de la société ASIC dans leur rapport de mai 2017. Parmi les nombreuses fautes des constructeurs, sont notamment stigmatisées "la connaissance par le constructeur du caractère défectueux de certaines pièces", ainsi que "l'absence d'informations (pour les pilotes) sur des questions de sécurité indispensables à la sécurité du vol". Ainsi, les experts ont révélé qu'Artus recommandait le remplacement systématique du module en cas de panne. Au lieu de quoi les instructions  préconisées par Airbus et dont disposaient les pilotes consistaient à déconnecter puis reconnecter l'ordinateur par des impulsions électriques qui ont en fait contribué à la "fatigue des canaux du module et accéléré sa dégradation".

"Oh ! Mon Dieu..."

Les pilotes ignoraient donc que la panne ne venait pas d'une défaillance de l'ordinateur, mais d'une défaillance du module. Si le rapport officiel a pointé des réactions "inappropriées" du commandant de bord et du copilote français, les experts estiment qu'ils ne pouvaient "connaître les procédures de reprise de contrôle de l'avion". Airbus n'aurait donc pas assuré l'information de ses pilotes dans des conditions extrêmes, pire, ses recommandations rendaient "l'accident inévitable en dégradant davantage les composants du système de contrôle de la gouverne de direction"...

Pour rappel, alors que l'alarme de décrochage continuait de retentir, que l'avion basculait sur sa tranche, à la limite d'un passage sur le dos, le copilote Rémi Plésel trahissant le protocole qui oblige à tout dire en anglais, lâchait ces mots : "Oh ! Mon Dieu... "

En vertu de ces éléments, la famille de Rémi Plésel demande au juge d'ordonner une expertise sur le module défectueux de l'avion accidenté et de mettre en examen les sociétés Airbus et Artus.

FXG, à Paris

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 07:33
Le sénateur Othily à la tribune du Sénat en 2007

Le sénateur Othily à la tribune du Sénat en 2007

Le train du sénateur Othily : de la prison à l'immigration clandestine

Décédé le 18 décembre 2017 à 73 ans, le sénateur honoraire qui fut le premier président de la Région Guyane (1982-1992), est à l'origine de l'expression "Nou gon ké sa" à l'encontre des immigrés clandestins. Retour sur son parcours de sénateur.

Elu en 1989 au palais du Luxembourg, Georges Othily a toujours siégé au groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE), le plus ancien groupe politique du Sénat (puisqu'il a été créé en 1892) et qui permet à ses membres de garder toute l'ambigüité politique qu'il leur sied. "Un groupe où la liberté de parole et de vote est totale", souligne Georges Patient l'un des deux sénateurs qui lui ont succédé à la haute assemblée.

Au Sénat, Georges Othily s'était fait remarquer tant par ses postures que son comportement. Devenu sénateur honoraire, il avait pu conserver quelques unes de ses habitudes au palais du Luxembourg tout en prenant grand soin comme à la fin de son mandat d'éviter la presse...

La première proposition de loi déposée par le tout nouveau sénateur Othily en 1990 visait à la création à Cayenne d'une chambre détachée de la cour d'appel de Fort-de-France, "dotée des moyens humains et juridiques lui permettant d'assurer l'essentiel des fonctions d'une véritable juridiction d'appel en Guyane".

Dès lors son mandat va être marqué du sceau de la Justice et de l'administration pénitentiaire. En 1995, il est rapporteur du projet de loi relatif à la détention provisoire, estimant qu'elle doit demeurer l'exception. Il rédige encore son premier rapport pour avis sur le budget de l'administration pénitentiaire dans le cadre du projet de loi de finances de 1996. Dès lors, chaque année et jusqu'en 2004, c'est lui qui signe le rapport pour avis sur l'administration pénitentiaire lors de l'examen du budget.

En 1996, il est rapporteur de la proposition de loi consacrant le placement sous surveillance électronique comme modalité d'exécution des peines, c'est-à-dire l'instauration du bracelet électronique.

Non gon ké sa

En 2005, Georges Othily change de braquet et se détourne de la question des prisons pour être, sans doute le premier, à s'intéresser à la question de l'immigration clandestine en Guyane. Il prend alors la tête d'une commission d'enquête sénatoriale sur l'immigration clandestine. Georges Patient se souvient de la visite de cette délégation sénatoriale à Mana. "C'est à cette époque, raconte-t-il non sans prendre ses distances avec la formule, que Georges Othily, le premier, a prononcé lors d'une émission  de télé le fameux nou gon ké sa." Le rapport de la commission d'enquête est sans équivoque : "L'immigration clandestine, dont les immigrés eux-mêmes sont les premières victimes, nuit à l'intégration des étrangers en situation régulière et comporte un risque de déstabilisation sociale dont la situation dramatique outre-mer offre un exemple extrême. Constatant qu'elle ne bénéficie qu'au développement d'une nouvelle criminalité - passeurs, néo-esclavagistes - et de l'économie souterraine, la commission d'enquête conclut à la nécessité de combattre cette réalité inacceptable."

Mais plutôt que de s'en tenir aux 45 recommandations de son rapport, Georges Othily dépose une proposition de loi pour "modifier les conditions d'attribution de la nationalité française et à lutter contre les abus liés à l'immigration clandestine dans le département de la Guyane".

En janvier 2006, l'adjudant Alain Claverie  le chef de la brigade de gendarmerie de Mana est tué à la suite d'une manœuvre volontaire de chavirage effectuée par un individu interpellé à la suite d'une opération Anaconda. Il faudra attendre 2008, l'année où Georges Othily est battu par Jean-Etienne Antoinette et Georges Patient, pour que les moyens de lutte contre l'immigration clandestine soient significativement renforcés avec les opérations Harpie.

FXG, à Paris

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 06:59

La commune d'Entre-Deux pénalisée pour manque de logements sociaux

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, et son secrétaire d'Etat Julien Denormandie ont dévoilé mardi le bilan SRU 2014-2016 : 190 000 logements sociaux financés ou mis en service, soit une production en hausse de 35% par rapport à la période précédente. Cependant, lors de cette période, 649 communes n’ont pas atteint leurs objectifs sur les 1 152 communes concernées. Jacques Mézard a donc pris les mesures nécessaires, pour placer 269 communes en carence avec un taux de 36 à 41 % en-deça des objectifs. Parmi celles-ci, la commune réunionnaise d'Entre-Deux, seule commune d'outre-mer à intégrer la liste et qui devra à ce titre payer des pénalités. Chaque logement manquant à l’objectif assigné donne lieu à un prélèvement d’au moins 152 euros par an. Le montant de la sanction sera déterminé par arrêté préfectoral.

FXG, à Paris

 

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 06:38
Caroline Chopard et Zaf Zapha

Caroline Chopard et Zaf Zapha

Les voyages musicaux de Tout's Métisse

Zaph Zapha et le label Tout's Métisse présentent le 6ème livre-disque d'une collection basée sur le métissage des cultures et des musiques (pour les petits et les grands). Après les voyages musiciaux à la Nouvelle-Orlééans (Nola), en Afrique de l'Ouest (Dalaka), au Maghreb (Dounia), en Amérique Latine (Yemaya) et dans les mondes créoles (Kalenda), voici Amanha qui se penche sur les musiques brésiliennes.

Les auteurs, Zaf Zapha (musique), Laura Guery (Illustrations) et Caroline Chotard (textes) sont allés chercher des pointures de la musique bréslienne, Flavia Coehlo, Marcio Faraco, Albin De La Simone, Gerson Silva et Nazare Pereira, pour les accompagner dans ce voyage musical brésilien. La série a démarré avec l'album africain. "C'était une demande de mes enfants, explique le Guyanais Zaf Zapha, Il voulaient comprendre leur identité, leur métissage... Papa, on vient d'où ? Et ça c'était une sacrée question !" Faute de réponse clé en main à la médiathèque, il s'y est mis lui-même ! "J'ai commencé par Dalaka parce que l'Afrique, ça reste le centre, la base, le côté primaire !" Zaph n'a pas eu beaucoup de mal à caonvaincre les musiciens du monde entier. "J'ai travaillé pendant trente ans avec beaucoup de gens... Et j'ai pu chercher dans chaque région du monde les musiciens qu'il fallait !" Meiway, Fanta Mara, Diabate Diely, Moussa Kouyate et Elisabeth Kontomanou l'accompagne sur le premier opus, tandis qu'on retrouve Jacques Higelin dans Nola, Souad Massi dans Dounia et une pléthore des meilleurs artistes créoles dans Kalenda : Jocelyne Beroard, Mario Canonge, Davy Sicard, Oriane et René Lacaille, Kali, Lova Jah, Beethova Obas et Dédé Saint-Prix.

"Tous les artistes, poursuit Zaph, qui nous ont accompagnés et qui se sont investis dans ce projet parce que c'est leur culture, qu'ils veulent la montrer, la faire comprendre et la partager." Chaque album a été enregistré sur place pour avoir cette authenticité musicale et artistique. Et c'est vrai qu'en écoutant ces albums, on se sent là-bas !

Chaque livre a pris une année de travail, car il y a en amont un gros travail de collecte et de traduction des comptines traditionnelles, et un rédactionnel sur les éléments culturels des pays concernés. Enfin, chaque livre s'arrête sur les instruments traditionnels...

La collection a reçu un très bon accueil dans l'Hexagone et les auteurs regardent déjà du côté de l'Inde !

FXG, à Paris

Zaph le musicien voyageur

"Mon père faisait de la guitare dans les bals en Guyane, ma mère dansait aux Lauriers roses, une troupe de kassé ko.". Zaf Zapha a baigné très tôt dans un univers artistique et quand sa mère a offert une guitare à son père, elle s'est vite retrouvée dans les mains du petit Zaph. "Quand je suis entré en classe de sixième, je savais déjà ce que je voulais faire : musicien ! " Il apprend à jouer des musiques françaises comme du Brassens, se fait la main avec le répertoire de la variété française mais également la musique sud-américaine qu'affectionne beaucoup son père. Très vite Zaph devient musicien professionnel. Il accompagne ainsi de nombreux artistes français et étrangers comme Mathieu Bogaert, l'Ivoirien Meiway, le jazzman américain Cornélius ou encore Jacques Higelin...

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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 07:14
Prix innovation Outre-mer

Les prix Innovation Outre-mer récompensent les start-up de chez nous

Non seulement les start up made in outre-mer ont leur programme spécifique à la station F pour venir incuber dans le plus grand campus de France, mais encore, grâce à BPIFrance et Impact partenaires, elles ont leur concours dédié depuis trois ans avec les prix Innovation Outre-mer. Derrière tout ça, il y a le réseau Outremer Network. Jeudi dernier en présence d'Annick Girardin la ministre des Outre-mer et d'Elisabeth Moreno, pdg France de Lenovo, ont eu lieu les remises de récompense.

Le prix Stratégie a été remis à la chercheuse réunionnaise Anne-Laure Morel, fondatrice de Torskal, qui cherche à utiliser la biodiversité végétale de son île en nano-médecine. Le prix Social-Collaboratif a été remis à Gaël Musquet, un météorologue et adepte du logiciel libre, qui a monté sa start up CX Links pour gérer les risques météos en particulier de tsunami. Le prix Innovation E-Commerce a été remis à Thomas Laurent qui a monté sa start up Sogexis à la Réunion. Enfin, le prix Start up a été remis à deux Réunionnais, Vigile Hoareau et Jimmy Thomas pour leur plateforme musicale Crowdaa. Le premier est docteur en psychologie spécialisé en intelligence artificielle et serial-entrepreneur ; le second est "former vice-président de la Motown, producteur de Tupac, Notorious Big ou Wu Tang.

Enfin, un prix coup de coeur a été remis à la start up Néoz des Guadeloupéens Joséphine Garrick et Mathieu Thorin qui réinventent le négoce international.

FXG, à Paris

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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 16:46
Marc Ferro à son bureau le 26 octobre 2017

Marc Ferro à son bureau le 26 octobre 2017

Marc Ferro, l'historien âgé de 94 ans, est l'auteur d'une "Histoire des colonisations" (2010) qu'il ressort en version de vulgarisation sus le titre "Le colonialisme expliqué à tous" (Seuil, 2016). Interview.

"Les attentats sont l'héritage de la colonisation et de la régénération de l'islamisme"

Comment le spécialiste de la Révolution russe que vous êtes s'est-il intéressé à l'histoire des colonisations ?

Je n'avais aucune raison de m'intéresser à la colonisation, mais j'ai été nommé professeur à Oran en 1948, j'avais 23 ans. Je ne connaissais rien de l'Algérie ; j'avais quelques notions sur le problème colonial en France parce qu'il se trouvait que le parrain de ma fille était l'avocat des Malgaches (Joseph Raseta, etc...) et, en 1947, il avait écrit un petit bouquin, "Justice pour les Malgaches". Grâce à lui et sa femme, Renée Stibe qui, elle, a été par la suite l'avocate de Ben Bella, j'avais une petite coloration    n en quittant Paris, mais c'est tout ! J'étais un métropolitain, je n'avais aucune connaissance personnelle, si ce n'est, grâce à Stibe, une petite connaissance du procès des Camerounais et de quelques problèmes coloniaux.

Comment découvrez-vous Oran en 1948 ?

Je croyais que "le quartier nègre" était le quartier où il y avait des Noirs, alors qu'en fait, c'était le nom que donnaient les Pieds noirs aux Arabes dans ce quartier. J'étais nul ! Pas politiquement, puisque j'avais été résistant au Vercors, mais je n'avais aucune raison de m'intéresser aux problèmes coloniaux. On m'avait nommé là-bas, ma femme avec...

Et quel était votre état d'esprit ?

En arrivant en Algérie, je n'avais qu'une seule chose en tête, c'était le réarmement allemand ; j'étais évidemment contre. Je n'étais ni communiste, ni socialiste, je n'étais rien du tout, mais c'était pour moi un militantisme normal. J'ai si bien milité qu'au bout d'un an à peine, on m'a proposé de devenir le président du mouvement de la paix, ouh la la... J'ai refusé, mais j'ai été introduit dans les affaires du pays. Je voyais des communistes, je voyais des Musulmans... On disait alors plutôt des indigènes ou des Arabes. Et j'ai pu voir au mouvement de la paix où je militais que chaque fois qu'un de mes camarades musulmans proposait une motion pour le développement ou l'enseignement de la langue arabe, c'était toujours le dernier point de l'ordre du jour et ça ne passait jamais. Petit à petit, j'ai vu comment ça fonctionnait et le résultat, c'est que je suis devenu un militant des droits de la population algérienne à voire son identité reconnue.

Et vous avez fondé Fraternité algérienne ?

J'ai créé ce mouvement avec Jean Cohen. J'ai écrit un texte qui a été la motion et un programme de cohabitation franco-algérienne, une sorte de proposition de statut nouveau. Notre motion a été très bien accueillie et signée par 300 musulmans sur 600 personnes. On n'avait jamais vu ça ! Du coup, on a été voir Guy Mollet. C'était le 6 février 1956. Les communistes avaient voté oui, mais ils n'avaient délégué personne tandis que l'UDMA et le MTLD avaient envoyé quelqu'un. Dans la délégation, il y avait un catholique qui s'appelait Duchemin et le président de Fratenité algérienne qui était un médecin connu dans la ville. Dans le train, le gars de l'UDMA, un certain Mohamed, m'a demandé ce que c'était que le maquis, ce que j'y avais fait... J'étais surpris qu'il m'interroge là-dessus puisqu'il appartenait au mouvement de la paix... A peine arrivé à Alger, il ne nous a pas rejoint au rendez-vous chez Guy Mollet, il est entré dans un maquis. Quand je suis revenu à Oran, les communistes nous ont blâmé d'avoir fait une démarche par l'intermédiaire de la préfecture, c'est-à-dire de collaborer avec l'Etat bourgeois, et on a tous démissionné ! Le parti communiste a repris Fraternité algérienne jusqu'au jour où le FLN a ordonné aux communistes de ne plus être adhérents qu'au FLN et non plus au parti, même au PCA. C'est ainsi que j'ai eu une expérience coloniale du dedans !

Ca ne fait pas de vous pour autant un spécialiste...

Après l'Algérie, j'ai enseigné à l'université de Trinidad, je suis passé à la Martinique, au Canada, en Australie, en Guinée, en Tunisie, au Maroc, en Sibérie orientale, au Turkestan... Au fond, j'ai été un peu dans toutes les colonies. Et je me suis dit que j'avais vu, senti des trucs et que j'allais faire un bouquin dans lequel je dirais moins de connerie que les autres !

Vous faites le lien entre les attentats qui ont touché la France depuis 2015 et la colonisation, pourquoi ?

C'est du ressentiment... Mais, je crois qu'il y a deux choses. D'abord, vous observez que les 9/10e des attentats viennent du Maghreb. Qu'il y ait un lien avec notre colonisation, si on veut le nier, c'est qu'on ne veut rien voir. Mais on ne voit pas du même coup qu'il n'y a jamais eu d'attentat commis par des vietnamiens, ni par des gens de l'océan Indien, ni par des Caribéens, ou exceptionnellement... Ca veut dire que, vu mon passé, je juge que les attentats, forcément, sont l'héritage de la colonisation en Afrique du nord, mais dans la mesure où des colonisations n'ont pas secrété d'attentats, même s'il y a eu des guerres, ça veut dire que les attentats ont un autre foyer. Il y a deux foyers, celui qui émane de notre présence et celui qui émane de la régénération de l'islamisme parti d'Iran, d'Arabie, de l'Afghanistan... Il y a les deux, tantôt, c'est l'un, tantôt c'est l'autre et ils se nourrissent l'un l'autre.

La France a voté la loi de laïcité en 1905, mais ne l'a jamais appliqué dans ses colonies. Ceci explique-t-il cela ?

Vers 1997, juste avant que j'écrive un livre noir du colonialisme, j'ai été invité à faire une conférence à l'université d'Oujdah... J'ai pu passer un long moment avec le professeur, ses collègues et une vingtaine d'étudiants à discuter de l'islam, de la révolution, des Arabes, des femmes... Quand je leur ai demandé où étaient leurs femmes, il y a eu un silence de plomb. Puis, le prof qui m'avait invité m'a remis un petit paquet cadeau, un bouquin manifestement. Il m'a demandé de ne l'ouvrir que lorsque je serais hors du Maroc. Mystérieux... J'ai alors compris à certains détails que c'étaient des intégristes. Arrivé à Paris, j'ai découvert l'ouvrage d'Abdessalam Yassine, l'équivalant du mufti au Maroc, celui qui avait condamné Hassan II, lui reprochant de ne pas être assez musulman. Le titre de ce livre, c'était "Islamiser la modernité" et non pas "moderniser l'Islam". Il développait toute la théorie de l'intégrisme islamiste. La couverture représentait un gratte-ciel composé en chiffres numériques et au sommet le croissant de l'Islam. Dans cet ouvrage, Yassine écrit que les Français, avec leur laïcité, sont restés des années en Algérie sans se rendre compte que les Musulmans n'avaient pas de clergé. Et ils ne se sont pas aperçus que les lois d'Etat étaient des lois contre la religion de l'Islam. Autrement dit, Yassine et les intégristes nous accusaient d'abord d'avoir été aveugles, puis d'avoir voulu désislamiser comme on a décatholicisé en France, et surtout, ils nous reprochent d'avoir voulu faire adopter aux Musulmans nos principes sur les droits de l'Homme alors que nous-mêmes ne les appliquions pas.

Le terrorisme de Daech est-il comparable à celui qui voulait s'affranchir de la tutelle coloniale ?

La différence qu'il y a entre le premier terrorisme, celui d'avant la guerre d'Algérie, et le deuxième, celui qui a été initié par la révolution iranienne et Khomeiny, c'est qu'il y a eu une sorte de réveil international de l'Islam qu'il n'y a pas eu après la guerre d'Algérie. Car après l'Algérie, c'est plutôt vers Cuba que les gens se dirigeaient... Et le troisième assaut que Daech exprime plus que d'autres avant, c'est de retrouver avant tout son identité première, le salafisme, sans objectif précis, alors que pour l'Algérie, l'objectif était quand même l'indépendance. Khomeiny voulait islamiser la modernité et faire la révolution mondiale en épurant l'occidentalisme pourri par l'argent... C'est comme ça que Michel Foucault s'était rallié ! Mais ce troisième terrorisme a une perspective qu'on pourrait qualifier de nazi. Un des membres de Frères Musulmans du Caire donne des instructions sur la façon d'éduquer les enfants pour que ce soit une race pure, non pas pure en n'épousant pas des Chrétiens, mais pure en travaillant le corps du bébé, comme on redresse  un roseau qui n'est pas droit. C'est-à-dire une chimie appliquée à l'homme pour le redresser, pour que le Musulman soit pur de tout élément venu de l'extérieur.

Comment expliquez-vous que dans ce mouvement terroriste moderne, on trouve des personnes issues de l'Afrique subsaharienne, comme Amédy Coulibaly, voire des Antilles ou de la Réunion comme Willy Brigitte ou Fabrice Clain ?

Au milieu des années 1970, j'ai voulu rencontrer les Black Panthers mais ils étaient clandestins. Grâce à mon réseau d'anciens étudiants, j'ai fini par y arriver... Ils étaient une trentaine et je n'ai alors vu que deux ou trois Noirs. Il y avait des Latinos, des Asiatiques, des Blancs... C'était encore le temps de la tricontinentales et je me suis souvenu de ce slogan : "Nous ne nous voulons pas Noirs, mais révolutionnaires." Ce que je veux dire, c'est que chez les Islamistes, leur islamisme est au-delà du racisme et leur doctrine sublime un peu ces problèmes. Chez les durs, ça donne les crimes les plus incroyables, mais chez les mous, ça donne de bons rapports avec des gens qui ne sont pas de leur peau. Ils ont une vision mondiale de l'humanité, c'est la terre entière qu'ils entendent dominer dans leurs écrits.

Qu'est-ce qui a fait que l'islamisme a pris le dessus sur le tiers-mondisme et la tricontinentale ?

Le tiers-mondisme et Castro ont échoué complètement. Castro lui-même en a eu marre d'être obligé à cause de Che qu'il aimait bien de donner du fric pour l'Angola, le Congo, le Chili, le Paraguay... Donc, Castro a calmé ce jeu là ; Che a été tué très tôt. Il n'y avait donc plus l'internationaliste type... En France, les mouvements trotskistes et maoïstes étaient morts ; les dernières manifs contre la guerre du Vietnam, c'était en 1973 ! Tout ce champ révolutionnaire est apparu comme sans issue au point que Foucault a commencé à saluer Khomeiny ou que le communiste Roger Garaudy s'est converti à l'Islam... Ils ont agit ainsi pour des raisons de pureté même si Foucault a admis s'être trompé après...

Comment expliquez-vous l'exception française avec ses DOM et ses COM ?

Les Antilles sont les pays où il y a eu le plus de métissage. Quelle est la civilisation où il n'y a pas eu de guerre après les conquêtes, à deux exceptions près, c'est l'Amérique latine où il n'y a que du métissage. Et il n'y a pas de doute que quand il y a du métissage, comme au Brésil, il y a très peu de conflits raciaux. Il y a du racisme, bien sûr, mais rien à côté de ce qu'on peut voir ailleurs... Il existe une discrimination économique et politique forte, mais dans la rue, tout le monde couche ensemble ! les Noirs, les Indiens, les Blancs, les Jaunes... Ca change tout ! En Algérie, il n'y a pas eu de métissage alors qu'au Vietnam, il y en a eu pas mal, comme en Inde... Je suis venu en Martinique une fois où j'ai présenté mon film sur Castro. Il a été très applaudi puis un étudiant m'a demandé si, moi le spécialiste de l'analyse filmique, j'avais analysé mon film... Pris à contrepied, je me suis souvenu d'une séquence et je leur dit : "Oui, je remarque que Castro n'est entouré que de femmes blanches..." Qu'est-ce que je n'avais pas dit ! Ils m'ont foutu dehors pas la fenêtre, de fureur !

Pourquoi, prenez-vous soin dans vos ouvrages de bien relier esclavage et colonialisme ?

Je cris que les gens confondent deux autres choses... Quand Macron a dit que la colonisation était un crime contre l'humanité, je pense qu'il a commis une erreur qui n'est pas à la hauteur de  son intelligence, de ses connaissances. Il aurait dû dire que les conquêtes coloniales étaient un crime contre l'humanité, parce que ça, c'est vrai. mais la colonisation n'a pas été vraiment un crime contre l'humanité. La guerre d'Algérie, oui mais pas avant. J'ai été prof là-bas pendant huit ans...

Il y a eu le travail obligatoire, les transplantations de populations, le régime de l'indigénat...

Je ne dis pas que c'était un sanctuaire de bons sentiments, mais j'ai connu l'occupation allemande, j'ai connu la France en Algérie, ça ne m'est pas venu à l'esprit, même si j'ai milité pour un nouveau statut de l'Algérie, de faire une comparaison entre les types d'oppression qu'il y avait. Quand j'étais en Algérie, je n'ai pas eu l'impression de participer à un crime contre l'humanité en étant colonisateur, c'est trop là ! Les conquêtes coloniales, oui ! Les répressions, oui ! Mais toute la colonisation n'est pas un crime contre l'humanité... Ca ne veut pas dire que ce que la France a fait, c'était pour eux, c'était pour nous ! Ca ne veut pas dire que la France les traitait bien, on les traitait mal ! Je n'aurais pas milité pour 'indépendance ou la souveraineté de l'Algérie si j'avais jugé qu'on les traitait bien... Mais de là à dire que la colonisation a été un crime contre l'humanité, c'est trop ! Mitterrand a refusé une trentaine demandes de grâce sur 300 condamnations à mort. Mais même 300 condamnations à mort, ce n'est pas un crime contre l'humanité, c'est un crime bien sûr... Au Caire, au mois d'avril 1956, un dirigeant algérien a dit qu'on avait commis un génocide en Algérie... On l'a commis certainement pendant la conquête. Bugeaud faisait flamber les villages... Mais pas après ! Il y a eu de l'oppression et tout ce qu'on veut, 36 morts par Mitterrand au moment où il commençait à y avoir des attentats aussi...

Vous parlez du général Bugeaud, on pense à la chanson "la casquette du père Bugeaud"... A quel moment, l'enseignement de la colonisation a-t-il failli en France ?

Dès le début ! On ne fermait pas les yeux, mais on avait des yeux qui ne voyaient pas les mêmes choses. Moi, j'ai enseigné la colonisation en Algérie et j'ai raconté que Bugeaud faisait incendier les douars, Galliéni passait les Malgaches au fil de l'épée et je ne sais plus qui au Vietnam entassait dans des sacs des têtes d'Indochinois... Je ne cachais rien à mes élèves et c'était dans tous les bouquins, le Mallet-Isaac comme dans le manuel catholique ! On ne le cachait pas mais on n'avait pas la même vision des choses et on ne mesurait pas les crimes à la même aune. On n'en mesurait pas l'horreur...

La loi du 23 février 2005 a réveillé tous ces vieux démons avec les aspects positifs de la colonisation... l'histoire était une source de conflit...

Elle l'est toujours ! Cela dit Taubira que j'aime beaucoup et qui aime beaucoup ce que je fais, pousse un peu. Quand Pétré-Grenouillot a écrit son livre sur l'esclavage, il a montré ce qu'on savait mais qu'on n'avait jamais écrit, non seulement qu'il y avait eu des esclavagistes noirs avant les Portugais, mais qu'il y avait surtout eu des esclavagistes musulmans et des révoltes de Noirs en Arabie. Quand Pétré -Grenouillot a écrit que l'esclavage arabe, même avec des esclaves châtrés, était surtout domestique contrairement à l'esclavage de travail de la traite Atlantique, Mme Taubira a été scandalisée et les Antillais s'en sont pris à Pétré-Grenouillot à cause de ce livre, Mme Taubira a soutenu les Antillais. Pétré-Grenouillot disait seulement une vérité historique et ce chercheur n'a pu donner une conférence parce qu'il y avait des gens qui l'attendaient pour le tabasser... Mais Taubira avait raison sur un point, l'esclavage était un crime contre l'humanité. La colonisation a été un scandale, mais il ne faut pas tout mettre dans le même sac ! On est en fait tellement blessé par nos échecs qu'on ne supporte pas qu'on les rappelle.

Et d'autres qui sont à glorifier comme l'action médicale coloniale ?

En Afrique du nord, les indigènes n'ont pas voulu se faire vacciner. D'abord parce qu'on leur avait dit que c'était de la vache, ensuite, mais ils n'ont pas trouvé ça crédible, ils ont cru que c'était tiré des européens, les vaccins... Et ils ne voulaient pas recevoir du sang de roumis...

Il y a eu les affrontement coloniaux non-sud, les affrontement politiques, est-ouest... Qu'est-ce qui a changé ?

André Akoun était un de mes amis d'Oran, un Juif français dont le père glorifiait Freud et Marx. Mais lui glorifiait Maurice Thorez, Jacques Duclos... En 1956, André Akoun était communiste et pour l'indépendance de l'Algérie. Et c'est vrai que les indépendantistes disaient à l'époque que les Juifs étaient du pays. Or, voilà qu'après que les communistes aient voté les pleins pouvoirs à Guy Molet, ce qui lui fait quitter le PCF, à mon ami Akoun, voilà que les jeunesses algériennes dont il faisait partie décident que désormais ce seront les Jeunesses algériennes musulmanes. Donc, il a été exclu de fait. Il a écrit dans un livre : "J'ai quitté l'Algérie et puis c'est l'Algérie qui m'a quitté." Il y a aussi l'histoire de cet homme qui a été un des pères du maoïsme en France. Chaque année, avec ses amis, ils se réunissaient pour fêter la montée du trotskisme en France. Il y avait deux ou trois branches dont les lambertistes dont il avait partie avant de devenir maoïste. Là, il y avait Jospin, Cambadelis, Drai... Le jour où les lambertistes se sont rapprochés de Mitterrand, donc ils sont devenus entristes soit dans les syndicats, soit dans le parti, soit au pouvoir, le maoïste a jugé que c'était la fin des fins, que la révolution par l'Europe était morte pour toujours et il s'est suicidé. Il en a réchappé mais il n'a plus jamais parlé jusqu'à sa mort en 2003. Que ce soit pour cet homme ou pour André Akoun, il n'y avait plus d'histoire... Il s'est passé ça aussi !

 

 

Propos recueillis par FXG, à Saint-Germain-en-Laye

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