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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 06:32
"L'habilitation à dessiner des frontières qui libèrent, Jet d'encre

Fabrice Birota, Serge Domi, Max Tanic signent chez Jet d'encre un essai intitulé "L'habilitation à dessiner des frontières qui libèrent". Un essai qui offre une réflextion sur les soubresauts actuels du monde et qui propose une politique de voisinage qui libère les frontières de la diversité.

"Se dessine aujourd’hui un moment archipel"

Quand vous avez eu l'envie d'écrire cet ouvrage, votre pensée était-elle orientée sur la philosophie du Tout-monde d'Edouard Glissant ou sur les navires chargés de migrants en Méditerranée ?

Glissant aurait très certainement poussé un cri énorme d’indignation en regardant ces naufrages de la migration aux portes de l’Europe.  Il aurait sans doute voulu interpeller le monde entier en prononçant de son verbe inégalable une chronique aussi acerbe que juste pour pourfendre l’indifférence devant le repli sur soi du vieux continent. Glissant n’aurait pas réagi ainsi seulement parce qu’il concevait le monde dans sa globalité, ce qu’il a si efficacement qualifié de tout monde, mais parce que tout comme lui, nous sommes des écorchés vifs. Et si nous feignons parfois d’oublier que nous sommes, nous aussi, descendants et pères et mères de migrants, nous savons bien que notre histoire commune, notre futur connaîtra de nouvelles migrations.

C'est l'indifférence, le danger ?

Nos territoires sont devenus des lieux où règne l’indifférence avec une désertion des responsabilités face aux défis du temps présent et une pathologie envahissante du contentement. Et on ne s’imagine pas à quel point toutes ces considérations, ces souffrances sont présentes dans notre quotidien avec le basculement de notre société dans le vieillissement, choc démographique à l’épreuve des transitions que nous vivons souvent en silence, ou parfois de manière éruptive comme en 2009 aux Antilles ou en 2017 en Guyane.

Les naufrages que nous pouvons vivre dans les déplacements du monde d’aujourd’hui nous interpellent sur l’urgence à chercher, bâtir, fonder, une alternative à la désespérance qui s’installe face notamment aux désastres climatiques annoncés.

A la lecture de votre livre, on est renvoyé dans un va et vient entre la mer des Caraïbes et son histoire esclavagiste et "toutes les mers du monde" aujourd'hui....

Le mouvement mondial des communautés et des individus, plus visible dans le va et vient sur toutes les mers du monde, bouscule les rigidités et les conformismes systémiques. Nous avançons l’idée que se dessine peut-être aujourd’hui un moment archipel. Nous pensons en effet que les trajectoires d’archipels pourraient accompagner la faculté ou l’habilitation à dessiner des frontières qui libèrent. Ce sont des trajectoires qui recèlent une dynamique relationnelle capable de s’affranchir des crispations et des sempiternels enfermements générés par l’État-Nation. C’est une dynamique de l’épanouissement humain qui repose sur la capacité à travailler la diversité.

Avez-vous pensé à l'ouvrage de Chamoiseau et Glissant, "Quand les murs tombent", écrit avant la crise de 2009, quand vous-même écrivez votre texte concommitamment aux événements de Guyane ?

Chamoiseau et Glissant n’ont pas pointé dans leurs ouvrages de l’époque combien l’antimonde gagne du terrain. C'est-à-dire ces espaces informels, illégaux, dérogatoires, nés de la complexité et du choc frontal des vivre ensemble. En contrepartie du tout-monde mal compris, on veut partout sur les continents ériger des frontières. Et des murs devront continuer de tomber ; des barrières mentales, chez nous comme sur les continents, si l’on veut prévenir l’implosion des territoires, le démembrement des républiques. Car ici et là nous continuons de conjuguer repli sur soi et rivalité mimétique avec en France une suradministration du territoire qui jugule l’expression du moment autonomie. Il y a nécessité, grande nécessité, on l’a vu avec la Catalogne, à donner de l’élasticité au lien tutélaire.

Que faire alors face à la suradministration des tutelles ?

Nous devons élaborer une mise en réseau donnant de la densité et de la fluidité aux échanges avec le monde qui entoure nos territoires protéiformes. C’est dans les termes d’une question fédérale que nous envisageons la saison des nouveaux commencements ; plus exactement au sein de ce que nous appelons l’archipélisation des continents qui annonce une nouvelle organisation des territoires en espace d’expression de relations autonomes et choisies.

Cette problématique d’une autre mise en relation de nos territoires, prend racine dans cette incapacité à une projection sociétale commune. Il y a là, comme une impossibilité à articuler projet de société et modèle économique efficient, opérant, performant. Car nous habitons un mode de fonctionnement schizophrénique qui entretient une fêlure majeure entre la sphère politique et la sphère économique.

L'avenir que vous rêvez pour ces lieux archipels doit-il être le même que l'Europe doit se construire face à la crise migratoire ? Et n'est-ce pas cette crise de l'accueil en Europe que vous nommez "crise de la responsabilité" en Caraïbe ?

La mondialité, c’est l’aventure sans précédent qu’il nous est donné aujourd’hui de vivre dans un monde qui, pour la première fois, réellement et de manière immédiate, foudroyante, se conçoit de façon multiple et unique et inextricable. Mais c’est aussi la nécessité pour chacun d’avoir à changer ses manières de concevoir, de vivre et de réagir, dans ce monde tel qu’il est, dans ce monde tel qu’il va.

Nous croyons que les lieux archipels peuvent nous aider à affronter cette nécessité. Du fait de leur propension à soutenir le divers du monde. Du fait de leur propension à faciliter la navigation des idées. Du fait que ces lieux archipels fixent et dessinent des mises en commun inattendues. Partout, les insularités constituent de sérieuses ressources pour la composition de territoires complexes. Et le projet de découverte que nous proposons à nos enfants repose sur le partage des connaissances de cette dimension essentielle du monde qu’est le moment archipel…

Comment saisir ce moment archipel ?

Le devenir des territoires passe par l’élaboration de réponses communes et fédérales face à un certain nombre de défis transversaux résultant de l’érosion de biodiversité provoquée par le peuplement chaotique, de l’ignorance des explorateurs, l’empreinte des indifférences et la cupidité de l’homme machine.

Notre responsabilité est un devoir d’inventaire et d’extraction de nos biodiversités. Il y a enfin urgence à transformer en bien commun d’exception la formation des interdépendances entre archipels en développant une politique de voisinage qui libère les frontières de la diversité.

Comment éclairer le monde sur son avenir et les phénomènes migratoires, comment renverser les peurs ?

Derrière le cynisme de Tocqueville qui voyait la réduction de « chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger », se pose la question de l’avenir possible des nations sans État. Il nous faut survivre à l’ère des rapprochements de tous avec tous sur les réseaux sociaux qui est aussi l’ère de la privatisation, de l’individuation des rapports sociaux et de la relation, rendant ainsi chaque jour plus indispensable le devoir de mémoire, de lutte contre tous les obscurantismes et de ce repli sur soi qui favorise la reproduction de ceux qui gouvernent et qui ne veulent pas quitter le pouvoir.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 05:26
Indivision successorale

Les députés débloquent les indivisions successorales

La proposition de loi de Serge Létchimy et du groupe nouvelle gauche sur l'indivision successorale dans des collectivités d'outre-mer régies par l'article 73 et Saint-Pierre-et-Miquelon, a été adoptée à l'unanimité et avec le soutien du gouvernement jeudi soir au palais Bourbon. Ce texte vise à faciliter la sortie de l'indivision successorale et à relancer la politique du logement en outre-mer. "La non-sortie de l’indivision représente 40 % des successions en moyenne en Martinique et quelque 28 % à la Réunion où, a expliqué Huguette Bello, "5 000 hectares sont concernés par les indivisions successorales, dont 400 sont localisés au sein même des zones urbaines ou à urbaniser". Le résultat, ce sont ces dents creuses, ces terrains vagues avec leurs problèmes sanitaires.

"Dans les Antilles, a indiqué Serge Létchimy, entre 2013 et 2014, quarante personnes sont mortes du chikungunya ou de la dengue et mille personnes ont été touchées. À La Réunion, en 2006, 243 personnes ont perdu la vie suite à ces maladies et près de 100 000 personnes ont été touchées par le chikungunya." Les débats ont abouti a simplifier le texte de loi qui est passé de quatre à deux articles. L'article 1 dispose que pour toute succession ouverte depuis plus de cinq ans, le ou les héritiers titulaires de plus de la moitié en pleine propriété des droits indivis, peuvent vendre ou partager le bien. Sont exclus du dispositif, le local d'habitation dans lequel réside le conjoint survivant du défunt. De même si des héritiers sont mineurs ou sous tutelle, l'autorisation du juge des tutelles sera requise.

L'article 2 précise le rôle du notaire, son obligation de notification de l'acte de vente ou de partage et les recours possibles. En cas d'opposition, les héritiers majoritaires qui veulent vendre ou partager le bien indivis saisiront le tribunal afin d'être autorisés à faire l'acte de vente ou de partage si cet acte ne porte pas "une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires".

Il reste désormais aux sénateurs de débattre de ce texte et de le voter.

FXG, à Paris

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20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 14:53
"Le Noir Vs le Nègre", Edouard Tinaugus

Essai

"L'humanité prend sa source dans le Noir et choit dans le Nègre..." En une phrase, le Martiniquais Edouard Tinaugus pose la problématique de la réflexion qu'il propose dans son dernier ouvrage, Le Noir VS le Nègre. L'auteur refuse de laisser associer une insulte, "Nègre", à un être humain, "Noir". Car pour lui le "Nègre" a cristallisé toute la bestialité de l'humanité. Edouard Tinaugus estime que faire usage du mot "Nègre" renvoie à attenter à l'humanité de celui qui est ainsi nommé. Avec cet essai, il estime que "le sang du Nègre a assez coulé des entrailles de l'humanité" et qu'il revient au Noir d'agir pour que cet état cesse. Entretien.

"On ne peut comparer la beauté du Noir à la laideur de l'insulte Nègre"

Comment vous est venue l'idée d'opposer ainsi le Noir au Nègre ? Quel a été le déclic ?
L'idée d'opposer le Noir au Nègre est venue pour deux raisons. La première, c'est qu'aux Antilles, on a pour habitude de se traiter affectueusement (pour certains) de Nèg et lorsque c'est un métropolitain qui utilise ce terme à notre encontre, ce mot ne sonne pas de la même façon dans les oreilles du Noir, car cela lui rappelle les "beaux jours" de l'esclavage et la traite négrière. Mais le vrai déclic, je l'ai eu après une visite au musée de l'Homme de Paris. Dans l'exposition permanente, "esthétisation de l'homme", il y a deux bustes du sculpteur Charles Cortier. Le buste de la femme était dénommé "La Négresse" et celui de l'homme, "Le Nègre du Soudan". J'estime qu'on ne peut pas esthétiser le Noir en le traitant de Nègre. Après des réclamations et des recherches, je ne suis rendu compte que le musée avait changé le nom du buste de la femme qui s'intitulait à l'origine "La Nubienne". Cela se passe de commentaire. J'ai du saisir le procureur de la République pour que ce buste retrouve son véritable nom. Dés lors le mot Nègre était devenu un problème pour le Noir que je suis.

Pensez-vous que les pères de la négritude aient pu se tromper ?
Comme je le dis dans le livre, je ne suis pas contre la négritude dans le fond, mais plutôt contre la constitution du mot. Je suis convaincu que prendre comme base une insulte pour redonner de la valeur aux Noirs n'était pas une bonne idée, mais une idée désastreuse d'humiliation.

Où placez-vous l'expression "Black is beautyful" dans l'équation que vous vous proposez de résoudre entre "Noir" et "Nègre" ?
il est incontestable que le Noir est naturellement beau, une beauté qui ne se limite pas à l'aspect physique, mais aussi une beauté d'humanisme. Le Noir est une beauté du monde. On ne peut comparer la beauté du Noir à la laideur de l'insulte Nègre. Comment voulez-vous que l'on respecte un Nègre qui ne se respecte pas lui-même en tant qu'homme noir ? Je veux que lorsqu'on me regarde, ma couleur de peau parle de l'humain que je suis. Il faut savoir se comprendre et s'accepter sans renier sa nature. Telle devrait être la pensée logique de tout homme et plus encore la pensée du Noir.
Vous semblez faire un parallèle entre la place de la femme vis-à-vis de l'homme et celle du Noir vis-à-vis du Nègre, pourquoi ?
Il y a une subtilité à saisir dans cette essai ; le Nègre est souffrance pour le Noir. Mais plus encore, la femme Noire a subi les méfaits du Nègre dans ses entrailles et dans la chair de ses descendants...

Propos recueillis par FXG, à Paris

Le Noir VS le Nègre (15 euros) est disponible chez www.librairiedesoutremer.com

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20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 06:42
Joey Starr dans les bureaux de Zéro virgule, le 7 décembre 2017

Joey Starr dans les bureaux de Zéro virgule, le 7 décembre 2017

Joey Starr et DJ Mike Moody sont partis en Guadeloupe, Martinique et Réunion à la découverte du rhum. Ca s'appelle "La route de la soif" et c'est sur Viceland le 23 janvier.

"On peut aimer le rhum, on peut aimer l'ivresse et être digne !"

Qu'est-ce que c'est que cette "route de la soif", un film documentaire touristique ou un film initiatique ?

C'est quelque chose de très en surface, deux Négropolitains en vadrouille dans les îles. On pourrait dire que l'alibi qui fait la raison, c'est la culture ilienne, mais la vraie raison, c'est le rhum. Après, forcément, le rhum a toute une histoire donc, derrière, on a naturellement des questions à poser aux gens qu'on rencontre et puis savoir qui ils sont aussi.

Le rhum est la porte d'entrée que vous avez choisie pour entrer dans cette histoire ?

C'est la porte d'entrée, mais réelle ! Ils ont su que j'avais l'alcool digne, que j'étais capable, après quelques lampées, de tenir une conversation avec des gens qui ont des choses à dire,  qui sont atypiques de par l'éloignement, de par le fait que ce sont des iliens... le spectre est large !

Vous décidez d'aller à la distllerie Damoiseau parce que vous l'avez entendu, en 2009, inviter ses compatriotes à aller voir comment ça se passe au Sénégal. Qu'avez vous appris de cette rencontre ?

Déjà, on ne va pas voir les gens pour leur cracher ou leur pisser sur la gueule ou pour faire une interview et aller dire après "blablabla"... Moi, c'est pas mon genre ! On va le voir. Il sait, on sait. On est allé le voir parce que le mec, il est brut de pomme et ça nous permet aussi de voir, dès les premiers épisodes, si nous aussi on se sentait capable de poser nos couilles sur la table, avec une certaine mesure, parce que le programme n'est pas là pour vendre une idéologie. C'est un programme festif !

Alors, vous l'avez trouvé comment ?

C'est un béké ! Mais le béké est lui aussi originaire du coin ; il fait partie de l'histoire du coin et on ne peut pas revenir là-dessus. L'histoire est ainsi faite et il faut composer avec, même si ce n'est jamais évident.

Quel est votre rhum préféré ?

Mon rhum préféré (il regarde la bouteille de Damoiseau 5 ans d'âge posée sur la table), il est caribéen, soit de Martinique, soit de Guadeloupe pour l'heure. Mais on va aller à Haïti prochainement... Mon rhum préféré, c'est à l'humeur ! Même si mon coeur balance pour le rhum de la Martinique, pour Neisson, pour JM... Mais bien sûr que Bielle, c'est le soleil !

Vous avez appris ce qu'est un rhum agricole par rapport à un rhum industriel ?

Je savais déjà, mais quand tu as les deux pieds dedans, forcément, ça s'inscrit différemment. J'ai appris plein de choses ! Je ne suis pas arrivé en territoire conquis une seule seconde. J'ai adoré les écouter tous. Parce que, il y a un principe qui est le même, ils ont tous une façon de te parler, c'est une chanson à mes oreilles ! Je suis allé voir le collectionneur qui me met un Longueteau à 75.9 dans gueule... C'est un des rares moments où c'est tombé comme une balle de ping pong et c'est remonté direct. J'ai eu des spasmes... J'ai été ménopausé pendant cinq minutes ! Voilà, il y a des gens qu'on prend plaisir à écouter !

Vous dîtes au début de la série que votre père a arrêté de manger du piment et de parler créole pour que vous soyez bien Français, avez-vous appris des choses sur vous-même ?

On apprend ce que que c'est cette espèce de fierté caribéenne qui s'inscrit par rapport à toute la mémoire... A chaque fois que je vais aux Antilles, quelque part, il y a des choses qui me reviennent à la gueule !

Et la Martinique, terre de vos parents, vous avez ressenti quoi, appris quoi ?

Quant à dire ce que ça m'a appris, c'est un peu plus global que ça ! Je comprends un peu plus le caractère rugueux antillais à chaque fois que j'y vais, c'est surtout ça en fait.

Ca vous a permis de comprendre pourquoi parfois l'Antillais est mal vu de l'Africain ?

Attends, les mecs nous ont échangé contre un peu de verroterie et de tabac ! Si on est mal vu par eux, ils sont bien gentils, mais on n'avait rien demandé au départ ! Ils sont gentils les mecs ! Ca, c'est un truc qui ne s'adresse pas à cette génération-là, ni à la génération d'avant... Faut arrêter les conneries ! Mal vu... Pardon... Mal vu de quoi ? Excusez-nous si on est mal vus ! Justement, on recommencera plus jamais !

Et pourtant, dans la série, vous avez rencontré quelqu'un de bien vu partout et qui a fait la synthèse, c'est Jacob Desvarieux...

Monsieur Jacob Desvarieux ! Ce qu'il représente, lui et les autres, c'est déjà une fierté ! Ces gens sont allés aux quatre coins de la planète chanter en créole ! Ils ont élargi les horizons du créole et d'un seul coup, il y a des gens aux quarre coins de la planète qui savent où se trouvent les Antilles et pas seulement à cause du rhum, mais pour un truc culturel propre ! Ils ont fait voyager le zouk, cet extrait de la culture créole, partout et sans y avoir mis de français, en étant resté intègre sur cette histoire. Ca me suffit amplement.

Vous êtes allé à la découverte des tanbouyés, de la jeunesse et vous abordez le chômage, la violence... C'est un enchainement que vous avez recherché ?

Non, il y a des gens qui sont venus nous voir et ça s'inscrit naturellement quand on vient vous chercher...

C'est surprenant...

J'espère bien que c'est surprenant ! Moi, je regarde ça comme un gamin ! Je me regarde, je me vois... Parce que tu nous as pas vu à la Réunion ! Je suis avec un zig qui fait des rhums arrangés. Un de ses potes arrive et fait le beau et finalement le mec, il finit couché alors que nous on commande des pizzas après et qu'on a bu quatre fois plus que lui. C'est marrant ce petit truc. Partout on est arrivé, il y avait des gens qui pensaient qu'ils allaient nous coucher. Et ça j'adore aussi ! On peut aimer le rhum, on peut aimer l'ivresse et être digne ! Moi, j'ai beau aimé l'ivresse, je fais ma musique... Ca facilite l'échange, ça crée de l'immédiat. Quand tu fais un sound system, tu as envie que ça démarre tout de suite et en général la magie opère... Mais c'est très dans la culture ilienne : tu arrives ; le mec te fais un éventail comme un gamin qui va te sortir tous ses jouets de sa chambre pour t'en lettre plein la vue et il attend le moment où tu tombes. Ben non, on flanche pas, mec ! J'aime vraiment ça et puis je suis content d'être là, content de ce que les gens me renvoient.

Qu'avez-vous découvert à la Réunion que vous ne connaissiez pas ?

La Réunion a été une découverte totale ! Je ne savais pas qu'au départ, c'était une île vierge et que quand les Français sont arrivés, ils ont ramené de la main d'oeuvre. Le melting pot culturel de la Réunion, c'est le fruit de cette histoire, de ce peuplement. J'étais déjà allé deux ou trois fois à la Réunion pour faire un sound system et deux fois avec NTM... Mais dans ces cas, quand ta tête est placardée partout, il n'y a pas d'autre échange que celui que tu proposes quand tu viens jouer, mais tu ne peux pas aller faire un tour comme ça. Cette fois, on est allé dans les terres, on est allé couper de la canne, on a été voir des gens qui font du vrai maloya. Et là, ce qui était beau, c'est de voir qu'il y avait encore plein de jeunes qui étaient toujours dans les terres. Des jeunes qui sont pas du tout américanisés... Ils étaient un peu Neymarisés, football oblige, mais ils étaient bien là, dans leur culture du maloya... Tout ayant le relais de l'occident, de la mondialisation, ils gardent les pieds bien dans leur culture et ça, c'est rassurant !

C'est un ancrage plus fort chez les jeunes Réunionnais que chez les Antillais ?

Oui, parce que l'éloignement, c'est encore autre chose à la Réunion. Ils n'ont pas les Etats-Unis à portée de main... Il n'y a pas tout ça, c'est l'Afrique ! Le gros morceau à côté, c'est l'Afrique. Mais attention, après, il y a l'alcool... quand tu apprends que les mecs, ils arrivent à tirer juste pour le pays un million de litres et qu'ils ne sont que 800 000, que tu sais en plus qu'il y a plusieurs communautés dont les musulmans qui ne boivent pas... Tu sens que l'alcool, c'est pas le même truc. On n'en parle moins, mais les ravages à la Réunion, ça rigole pas !

Et c'est plutôt rhum de mélasse qu'un rhum de jus de canne...

Oui, c'est un rhum industriel et il n'est pas travaillé pareil. Tu apprends aussi qu'il y avait 60 distilleries avant guerre et qu'après guerre, il n'en restait plus que trois parce que tu apprends qu'on peut faire des explosifs avec du rhum, que le rhum servait à ci et à ça et qu'il y a eu des blocus... Au final, il n'y a plus que trois distilleries mais qui sont industrielles ! Il y en a  un qui se prétend agricole... A la fin, je lui ai dit : "Il faut t'applaudir ?" Isautier, il nous a bien fait rigoler !

Ils ont de l'humour, j'espère...

Oui, mais nous on en a de l'humour, à revendre ! Quand le mec est un peu trop sérieux, j'hésite pas à bailler et le regarder dans les yeux en même temps !

Et Moody Mike qui vous accompagne ?

Ben lui, il est métis. Il est moitié guadeloupéen, moitié martiniquais mais il est comme moi, négropolitain, sauf qu'il a beaucoup plus de vécu aux Antilles.

Quand vous allez dans les soirées, que vous parlé de la jeunesse, du chômage, cela vous a-t-il renvoyé à vous plus jeune ?

Moi, je suis un peu à part dans le sens où je viens d'un quartier très populaire et j'ai très peu travaillé dans ma vie, c'est-à-dire que j'ai tout de suite eu la tête dans la danse, le graffiti, le machin que gratter ma gueule parterre, ça faisait partie du quotidien. Quand on me parle de racisme, je raconte toujours que de toute façon ma différence, je l'affichais déjà. Je faisais des graffitis et j'étais tâché de la tête au pied. Et avant de me dire sale noir, on me traitait de clochard !

Qu'est-ce que vous avez pensé quand la production vous a fait cette proposition ?

J'ai dit ok, on va aller boire du rhum, mais on va aller faire un tour dans le pays quand même ! C'était l'idée.

Qu'avez-vous ressenti en visitant le MACTe ?

Entre écouter des historiens, lire des choses et puis se rendre là-bas et voir la manière dont on attachait les gens... De voir encore comment pour le rhum, ils ont trouvé le truc... Et puis le voyage... J'écoutais le gars me parler et j'avais envie de me jeter en boule parterre ! Juste pour ça, cette découverte, j'adore ce qu'on est entrain de faire !

Avez-vous vécu une expérience aussi forte en Martinique ?

J'ai pas assez de vécu en Martinique, mais pour avoir grandi avec un Martiniquais, il y a plein de choses que je comprends, que ce soit dans le côté rugueux du caractère, dans le manque de compréhension, de lecture, une fois ici en métropole... Mon père pensait qu'il fallait qu'il me francise alors qu'il y a un truc qu'il ne savait pas, qu'on ne lui a pas appris, c'est que la vraie composante française, ce sont toutes ces différences. Il faut composer avec ce qu'est le pays et ce qu'on est aussi...

Et la Réunion ?

J'ai rencontré deux jeunes qui nous expliquent que le rhum avant, c'était bien, que ça aidait les mecs au boulot, entre l'esclavage et la main d'oeuvre sous-payée, mais aujourd'hui, ça enfume les masses. Ils nous ont raconté qu'au Chaudron, il y a toute la cité et au milieu, il y avait cinq bars et ces bars, ils ouvrent à 9 ou 10 heures le matin. Quand on y est allé, il était 10 heures. Il y avait deux bars d'ouverts et cinquante mecs au bar et en terrasse et c'est pas du café qu'ils buvaient... Et au milieu de ça, il y a des gens qui se baladent pour faire de la médiation pour pas que reste ce que c'était, un endroit dortoir, pour que ça s'ouvre un peu, que les gens connaissent au moins leurs avantages sociaux... Juste ça !

Quelles conclusions en tirez-vous sur les départements d'outre-mer ?

En vrai, on nous vend beaucoup qu'il faudrait les considérer comme des régions  françaises à part entière, mais l'éloignement et tout ce que ça englobe, tu peux pas lutter contre ça. Et puis le progrès, c'est quelque chose de froid. On a l'impression que le monde et les distances  rétrécissent, et en fait, pas tant que ça !

Alors, vous iriez plutôt passer votre retraite à Marie-Galante ?

Ils sont plutôt bien là-bas et ils ne sont pas beaucoup... Eh ! C'est tentant ce que vous me racontez...

Propos recueillis par FXG, à Paris

La saison 1 de « La Route de la soif » (6 x 25 minutes) est diffusée le 23 janvier 2018 à 21h50 sur la chaîne de télévision VICELAND (numéro 83 dans les offres CANAL, numéro 98 TV by CANAL chez Free et numéro 148 Famille by CANAL chez Orange)

Réalisation : Camille Jourdan - Production : Unrated France

Vice Media France 2017

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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 06:54

Ramlati Ali en péril

La députée de Mayotte Ramlati Ali, élue sur le fil en juin dernier sous les couleurs du PS (elle siège désormais au groupe En marche !), verra son sort décidé ce vendredi par le Conseil constitutionnel. Mardi matin, ses opposants sont venus défendre devant les sages de la rue Montpensier leur dossier. Elue avec 54 voix, Ramlati Ali risque bien de voir son élection invalidée au vu des centaines de procurations douteuses. La plupart d'entre elles ont été dressées avec une certaine légèreté par un chef de brigade territoriale de gendarmerie qui, depuis, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire...

FXG, à Paris

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 06:33
Indivision successorale outre-mer

L'indivision successorale outre-mer en débat à l'Assemblée nationale

Jeudi 18 janvier, l'Assemblée nationale examine la proposition de loi du député martiniquais Serge Létchimy (apparenté PS) visant à faciliter la sortie de l'indivision successorale dans les départements et régions d'outre-mer. "Aujourd'hui, en Martinique, explique le député Létchimy, 40 % des propriétés privées sont en indivision et quand on prend la seule commune de Macouba, ce chiffre atteint 83 % !" Le contentieux foncier d'une manière plus générale compte pour 30% des affaires civiles en Guadeloupe et Martinique et 25 % à la Réunion. "Dans ces conditions, poursuit Serge Létchimy, les marges de manoeuvre des communes qui sont dans une dynamique de réappropriation des biens privés pour la construction ou l'amélioration de l'habitat, sont faibles." La proposition de loi vise donc à sortir de cette impasse foncière. A l'heure actuelle, pour sortir d'une indivision successorale, il faut que la règle de l'unanimité soit respectée. Si un des héritiers se tait ou conteste, le projet est bloqué. Il faut alors passer par une procédure judiciaire qui peut durer de cinq à trente ans... Le texte propose de ramener, pendant une période de dix ans, le nombre d'héritiers suffisants à 51 % au lieu de 100 %, pour que le notaire puisse établir l'acte de vente ou de partage, tout en permettant aux 49 % restant pouvoir saisir le tribunal. "Ce texte peut nous sortir de situations catastrophiques ! Nous avons trop de bâtiments abandonnés, squattés, envahis par les herbes folles, des tôles arrachées, des rats, toutes espèces de moustiques, aedes aegypti ou chickungunya... L'insécurité, l'impossibilité d'aménager, de construire des logements... C'est une situation inacceptable !" La commission des lois a déjà voté la proposition à l'unanimité et Serge Létchimy était encore au ministère des Outre-mer jeudi 11 janvier pour évoquer ce texte qui semble avoir l'aval du gouvernement : "Nous avons réussi ensemble, majorité et opposition, à faire fi des tensions ou des oppositions, et voter un texte dans l'intérêt supérieur des peuples de l'Outre-mer." Le seul risque qui existe pour ce texte, c'est que la journée soit trop courte car la séance du 18 janvier est la niche réservée aux propositions de lois du groupe Nouvelle gauche qui entend mettre à la discussion quatre textes au risque de ne pouvoir tous les examiner...

FXG, à Paris

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 06:35
Philipe Jock et Florus Nestar à la sortie du bureau d'Annick Girardin le 11 janvier dernier

Philipe Jock et Florus Nestar à la sortie du bureau d'Annick Girardin le 11 janvier dernier

Le patron de Ladom reçu au MOM

Philippe Jock, le président de Ladom, et son directeur général, Florus Nestar, ont été reçus jeudi soir par Annick Girardin au ministère des Outre-mer. Un rendez-vous attendu depuis que la discussion budgétaire a entériné la baisse des crédits de l'agence de mobilité d'outre-mer de 12 %. "Nous avons abordé l'avenir de Ladom, a déclaré Philippe Jock à l'issue de cette rencontre, les missions de Ladom, les missions actuelles et celles prévues par la loi égalité réelle outre-mer. Nous avons fait un tour d'horizon complet sur la situation financière, la situation en termes d'effectifs... La ministre s'est montrée attentive et consciente du rôle que joue Ladom pour la mobilité des jeunes ultramarins en formation." Eu égard à la baisse des crédits, Philippe Jock a indiqué avoir "obtenu l'assurance" que les moyens pour réaliser les dispositifs opérés par Ladom (formation professionnelle, mobilité) seraient suffisants pour fonctionner toute l'année. Il a même dissipé une rumeur qui annonçait une baisse de 50 % des crédits de Ladom à l'issue du quinquennat d'Emmanuel Macron : "Il faut bien comprendre aujourd'hui que Ladom a plusieurs métiers, a-t-il rappelé ; certains métiers sont appelés à évoluer et en fonction de ces évolutions et en fonction du nombre de déplacements, le budget devra être adapté, mais je ne crois pas qu'il y ait aujourd'hui de la part de l'Etat et du gouvernement une volonté de retirer des moyens financiers à Ladom pour qu'elle assure ses missions de service public." Philippe Jock estime encore qu'il faut tenir compte de la situation particulière de chaque territoire. "Globalement, les effectifs devront être maintenus et les missions assurées, mais c'est sûr que sur une population vieillissante comme c'est le cas pour la Guadeloupe et la Martinique, cela implique moins de déplacement, moins de formations professionnelles..."

En octobre dernier, à Cayenne, le président de la République avait insisté sur le volet formation de son action politique et notamment sur la nécessité d'accroître les formations sur place, dans les territoires. Un message entendu par les administrateurs de Ladom et son président : "Ladom a pour mission d'assurer la mobilité pour les formations qui n'existent pas sur les territoires et le travail que nous faisons aujourd'hui avec le directeur général, c'est bien de nous assurer que les ultramarins ne partent que pour des formations qui n'existent pas dans les territoires ! Il est plus facile de garder nos jeunes chez nous que de les faire revenir ! Donc, évidement, nous travaillons à ce que les offres de formation soient plus étendues sur les territoires pour éviter que les jeunes s'en aillent."

En quittant le ministère, Philippe Jock, rappelait encore qu'il lui paraissait difficile, dans une année où la formation professionnelle était mise en avant par le gouvernement, avec une grande réforme à venir et des assises des Outre-mer en cours, que le gouvernement n'assure pas le bon fonctionnement de Ladom. "Il faut que nous soyons, nous aussi à Ladom, plus efficaces, a-t-il conclu. Certes la ministre nous a invité à gagner en productivité, être plus souple et plus agile et, en un mot, être plus efficace, mais c'est la volonté du conseil d'administration de Ladom."

FXG, à Paris

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 06:07
Andy Brigitte

Andy Brigitte, mort pour rien...

C'est un gamin originaire des Anses d'Arlet, un gamin de 22 ans que certains de ses amis surnommaient Rollex... Il est mort sur le quai de la gare RER du Châtelet à Paris, vendredi dernier vers 18 h 30. Il s'appelait Andy Brigitte et vivait chez sa tante à Grigny dans l'Essonne. Andy est décédé sous les coups de couteau que lui a infligé un homme de 35 ans, un gars de Melun, en Seine et Marne, qu'Andy aurait bousculé par mégarde dans le flot de la cohue des voyageurs sur le quai du RER D... Andy a reçu deux coups de couteau, un au flanc et un au thorax. « C’est une mort stupide, a confié au Parisien une source policière, celle d’un jeune qui se trouvait là au mauvais moment. » Le plus choquant — c'est ce qui ressort des commentaires laissés sur la page facebook d'Andy — ce sont des passants qui n'ont rien fait, ni alerté les secours, ni tenté de prodiguer quelque soin, mais qui ont filmé son agonie... Ainsi "Chachoune des Antilles", une de ses amies de facebook, écrit sur son mur : "Portable la té pou pété en djel yo... Franchement la haine me dépasse je n'arrive pas à comprendre que ton premier reflex soit de sortir ton tel avant de sauvé une vie sa me dépasse..." "Et ces gens qui film, écrit Délice Sherry, une autre amie sur facebook... Je n'ai pas de mot... Ils n'ont même pas honte de partager..."

Le corps d'Andy est resté un long moment sur le quai, recouvert par une couverture de survie. "Tellement attristé par tout ça, écrit encore Delice Sherry... C'est pas juste... On ne peut pas mourir comme ça.. Je n'ai pas vu l'altercation mais voir son corps sous la couverture de survie... Ça m'a fait mal..."
Le suspect a été interpellé tandis qu'une autre personne aurait eu le temps de prendre la fuite. « Nos services sont intervenus avec une extrême rapidité, a indiqué Stéphane Gouaud, le directeur du service sécurité de la RATP au Parisien, quatre minutes après cette terrible agression, ils se trouvaient là et interpellaient cet homme sur lequel ils ont retrouvé le couteau. »

L'enquête a été confiée au premier district de la police judiciaire de Paris à qui la RATP a remis les vidéos des caméras de surveillance (il y en a 450 dans cette seule station). "Les images que nous avons transmises sur le meurtre du Châtelet sont exploitables », a fait savoir Stéphane Gouaud au Parisien.

La maman d'Andy se trouvait encore en région parisienne ce week-end. Andy laisse, entre autres, une mamie aux Anses d'Arlet et un oncle et une tante à Cayenne...

FXG, à Paris

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 08:24

Périnatalité : Premiers résultats de l’enquête nationale 2016

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) ont publié au dernier trimestre 2017 les premiers résultats de l’enquête nationale périnatale 2016. Ce rapport national inclut les outre-mer puisque la dernière enquête réalisée en mars 2016 a permis un recueil pour 14 142 naissances et 13 894 femmes, dont 13 384 naissances et 13 148 femmes en France métropolitaine et 758 naissances et 746 femmes dans les départements et régions d'outre-mer.

Si l'étude révèle qu'en France métropolitaine, certains facteurs de risque ont augmenté en 2016, en outre-mer, les facteurs de risque sont différents de ceux de l'Hexagone et les indicateurs de santé périnatale sont globalement moins bons. Les caractéristiques socio-économiques des femmes dans les départements et régions d’outre- mer sont plus défavorables. Ainsi 25 % des femmes enceintes déclarent ne pas vivre en couple (contre 5 % des femmes dans l'Hexagone). Les femmes enceintes sont plus jeunes (6 % ont entre 18 et 19 ans contre 2 % en Hexagone). Le taux d’obésité des femmes enceintes est plus élevé (21 % contre 12 % en Hexagone). La fréquence des hospitalisations en cours de grossesse est plus élevée (27 % contre 18 %) et le taux de prématurité chez les enfants vivants uniques est de 10,1 % (contre 6 %). Seule touche positive : La consommation de tabac est plus faible en outre-mer (5 % contre 17 %).

Reste que les accouchements se déroulent dans des maternités offrant une plus grande sécurité et une meilleure réponse aux demandes des femmes. Le nombre des établissements est en baisse et se situait à 517 en mars 2016 dont 20 outre-mer.

FXG, à Paris

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 07:31

Mouvement dans l'intérim

Le groupe Actual, "spécialiste de l'emploi et des compétences", autrement dit une importante agence intérimaire, vient de racheter Ergos, leader sur les territoires antillais et guyanais dans le domaine de l'intérim (il détient 30 % du marché). Le groupe familial mayennais intègre ainsi à son réseau actuel onze nouvelles agences et 50 collaborateurs qui réalisent un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros sur le territoire des Antilles et de la Guyane.

Cette opération de croissance en outre-mer offre à Actual un coup d'accélérateur à sa croissance sur l'ensemble du territoire français, en privilégiant un réseau de proximité  associé à la marque Ergos, et lui d'expérimenter la gestion d'un réseau sur des territoires éloignés en vue d'une démarche d'internationalisation d'ici 2021.
Le groupe Actual a enregistré un chiffre d'affaires de 540 M€ en 2017. En 2018 son CA devrait atteindre 600 M€.

FXG, à Paris

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