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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 16:46
Marc Ferro à son bureau le 26 octobre 2017

Marc Ferro à son bureau le 26 octobre 2017

Marc Ferro, l'historien âgé de 94 ans, est l'auteur d'une "Histoire des colonisations" (2010) qu'il ressort en version de vulgarisation sus le titre "Le colonialisme expliqué à tous" (Seuil, 2016). Interview.

"Les attentats sont l'héritage de la colonisation et de la régénération de l'islamisme"

Comment le spécialiste de la Révolution russe que vous êtes s'est-il intéressé à l'histoire des colonisations ?

Je n'avais aucune raison de m'intéresser à la colonisation, mais j'ai été nommé professeur à Oran en 1948, j'avais 23 ans. Je ne connaissais rien de l'Algérie ; j'avais quelques notions sur le problème colonial en France parce qu'il se trouvait que le parrain de ma fille était l'avocat des Malgaches (Joseph Raseta, etc...) et, en 1947, il avait écrit un petit bouquin, "Justice pour les Malgaches". Grâce à lui et sa femme, Renée Stibe qui, elle, a été par la suite l'avocate de Ben Bella, j'avais une petite coloration    n en quittant Paris, mais c'est tout ! J'étais un métropolitain, je n'avais aucune connaissance personnelle, si ce n'est, grâce à Stibe, une petite connaissance du procès des Camerounais et de quelques problèmes coloniaux.

Comment découvrez-vous Oran en 1948 ?

Je croyais que "le quartier nègre" était le quartier où il y avait des Noirs, alors qu'en fait, c'était le nom que donnaient les Pieds noirs aux Arabes dans ce quartier. J'étais nul ! Pas politiquement, puisque j'avais été résistant au Vercors, mais je n'avais aucune raison de m'intéresser aux problèmes coloniaux. On m'avait nommé là-bas, ma femme avec...

Et quel était votre état d'esprit ?

En arrivant en Algérie, je n'avais qu'une seule chose en tête, c'était le réarmement allemand ; j'étais évidemment contre. Je n'étais ni communiste, ni socialiste, je n'étais rien du tout, mais c'était pour moi un militantisme normal. J'ai si bien milité qu'au bout d'un an à peine, on m'a proposé de devenir le président du mouvement de la paix, ouh la la... J'ai refusé, mais j'ai été introduit dans les affaires du pays. Je voyais des communistes, je voyais des Musulmans... On disait alors plutôt des indigènes ou des Arabes. Et j'ai pu voir au mouvement de la paix où je militais que chaque fois qu'un de mes camarades musulmans proposait une motion pour le développement ou l'enseignement de la langue arabe, c'était toujours le dernier point de l'ordre du jour et ça ne passait jamais. Petit à petit, j'ai vu comment ça fonctionnait et le résultat, c'est que je suis devenu un militant des droits de la population algérienne à voire son identité reconnue.

Et vous avez fondé Fraternité algérienne ?

J'ai créé ce mouvement avec Jean Cohen. J'ai écrit un texte qui a été la motion et un programme de cohabitation franco-algérienne, une sorte de proposition de statut nouveau. Notre motion a été très bien accueillie et signée par 300 musulmans sur 600 personnes. On n'avait jamais vu ça ! Du coup, on a été voir Guy Mollet. C'était le 6 février 1956. Les communistes avaient voté oui, mais ils n'avaient délégué personne tandis que l'UDMA et le MTLD avaient envoyé quelqu'un. Dans la délégation, il y avait un catholique qui s'appelait Duchemin et le président de Fratenité algérienne qui était un médecin connu dans la ville. Dans le train, le gars de l'UDMA, un certain Mohamed, m'a demandé ce que c'était que le maquis, ce que j'y avais fait... J'étais surpris qu'il m'interroge là-dessus puisqu'il appartenait au mouvement de la paix... A peine arrivé à Alger, il ne nous a pas rejoint au rendez-vous chez Guy Mollet, il est entré dans un maquis. Quand je suis revenu à Oran, les communistes nous ont blâmé d'avoir fait une démarche par l'intermédiaire de la préfecture, c'est-à-dire de collaborer avec l'Etat bourgeois, et on a tous démissionné ! Le parti communiste a repris Fraternité algérienne jusqu'au jour où le FLN a ordonné aux communistes de ne plus être adhérents qu'au FLN et non plus au parti, même au PCA. C'est ainsi que j'ai eu une expérience coloniale du dedans !

Ca ne fait pas de vous pour autant un spécialiste...

Après l'Algérie, j'ai enseigné à l'université de Trinidad, je suis passé à la Martinique, au Canada, en Australie, en Guinée, en Tunisie, au Maroc, en Sibérie orientale, au Turkestan... Au fond, j'ai été un peu dans toutes les colonies. Et je me suis dit que j'avais vu, senti des trucs et que j'allais faire un bouquin dans lequel je dirais moins de connerie que les autres !

Vous faites le lien entre les attentats qui ont touché la France depuis 2015 et la colonisation, pourquoi ?

C'est du ressentiment... Mais, je crois qu'il y a deux choses. D'abord, vous observez que les 9/10e des attentats viennent du Maghreb. Qu'il y ait un lien avec notre colonisation, si on veut le nier, c'est qu'on ne veut rien voir. Mais on ne voit pas du même coup qu'il n'y a jamais eu d'attentat commis par des vietnamiens, ni par des gens de l'océan Indien, ni par des Caribéens, ou exceptionnellement... Ca veut dire que, vu mon passé, je juge que les attentats, forcément, sont l'héritage de la colonisation en Afrique du nord, mais dans la mesure où des colonisations n'ont pas secrété d'attentats, même s'il y a eu des guerres, ça veut dire que les attentats ont un autre foyer. Il y a deux foyers, celui qui émane de notre présence et celui qui émane de la régénération de l'islamisme parti d'Iran, d'Arabie, de l'Afghanistan... Il y a les deux, tantôt, c'est l'un, tantôt c'est l'autre et ils se nourrissent l'un l'autre.

La France a voté la loi de laïcité en 1905, mais ne l'a jamais appliqué dans ses colonies. Ceci explique-t-il cela ?

Vers 1997, juste avant que j'écrive un livre noir du colonialisme, j'ai été invité à faire une conférence à l'université d'Oujdah... J'ai pu passer un long moment avec le professeur, ses collègues et une vingtaine d'étudiants à discuter de l'islam, de la révolution, des Arabes, des femmes... Quand je leur ai demandé où étaient leurs femmes, il y a eu un silence de plomb. Puis, le prof qui m'avait invité m'a remis un petit paquet cadeau, un bouquin manifestement. Il m'a demandé de ne l'ouvrir que lorsque je serais hors du Maroc. Mystérieux... J'ai alors compris à certains détails que c'étaient des intégristes. Arrivé à Paris, j'ai découvert l'ouvrage d'Abdessalam Yassine, l'équivalant du mufti au Maroc, celui qui avait condamné Hassan II, lui reprochant de ne pas être assez musulman. Le titre de ce livre, c'était "Islamiser la modernité" et non pas "moderniser l'Islam". Il développait toute la théorie de l'intégrisme islamiste. La couverture représentait un gratte-ciel composé en chiffres numériques et au sommet le croissant de l'Islam. Dans cet ouvrage, Yassine écrit que les Français, avec leur laïcité, sont restés des années en Algérie sans se rendre compte que les Musulmans n'avaient pas de clergé. Et ils ne se sont pas aperçus que les lois d'Etat étaient des lois contre la religion de l'Islam. Autrement dit, Yassine et les intégristes nous accusaient d'abord d'avoir été aveugles, puis d'avoir voulu désislamiser comme on a décatholicisé en France, et surtout, ils nous reprochent d'avoir voulu faire adopter aux Musulmans nos principes sur les droits de l'Homme alors que nous-mêmes ne les appliquions pas.

Le terrorisme de Daech est-il comparable à celui qui voulait s'affranchir de la tutelle coloniale ?

La différence qu'il y a entre le premier terrorisme, celui d'avant la guerre d'Algérie, et le deuxième, celui qui a été initié par la révolution iranienne et Khomeiny, c'est qu'il y a eu une sorte de réveil international de l'Islam qu'il n'y a pas eu après la guerre d'Algérie. Car après l'Algérie, c'est plutôt vers Cuba que les gens se dirigeaient... Et le troisième assaut que Daech exprime plus que d'autres avant, c'est de retrouver avant tout son identité première, le salafisme, sans objectif précis, alors que pour l'Algérie, l'objectif était quand même l'indépendance. Khomeiny voulait islamiser la modernité et faire la révolution mondiale en épurant l'occidentalisme pourri par l'argent... C'est comme ça que Michel Foucault s'était rallié ! Mais ce troisième terrorisme a une perspective qu'on pourrait qualifier de nazi. Un des membres de Frères Musulmans du Caire donne des instructions sur la façon d'éduquer les enfants pour que ce soit une race pure, non pas pure en n'épousant pas des Chrétiens, mais pure en travaillant le corps du bébé, comme on redresse  un roseau qui n'est pas droit. C'est-à-dire une chimie appliquée à l'homme pour le redresser, pour que le Musulman soit pur de tout élément venu de l'extérieur.

Comment expliquez-vous que dans ce mouvement terroriste moderne, on trouve des personnes issues de l'Afrique subsaharienne, comme Amédy Coulibaly, voire des Antilles ou de la Réunion comme Willy Brigitte ou Fabrice Clain ?

Au milieu des années 1970, j'ai voulu rencontrer les Black Panthers mais ils étaient clandestins. Grâce à mon réseau d'anciens étudiants, j'ai fini par y arriver... Ils étaient une trentaine et je n'ai alors vu que deux ou trois Noirs. Il y avait des Latinos, des Asiatiques, des Blancs... C'était encore le temps de la tricontinentales et je me suis souvenu de ce slogan : "Nous ne nous voulons pas Noirs, mais révolutionnaires." Ce que je veux dire, c'est que chez les Islamistes, leur islamisme est au-delà du racisme et leur doctrine sublime un peu ces problèmes. Chez les durs, ça donne les crimes les plus incroyables, mais chez les mous, ça donne de bons rapports avec des gens qui ne sont pas de leur peau. Ils ont une vision mondiale de l'humanité, c'est la terre entière qu'ils entendent dominer dans leurs écrits.

Qu'est-ce qui a fait que l'islamisme a pris le dessus sur le tiers-mondisme et la tricontinentale ?

Le tiers-mondisme et Castro ont échoué complètement. Castro lui-même en a eu marre d'être obligé à cause de Che qu'il aimait bien de donner du fric pour l'Angola, le Congo, le Chili, le Paraguay... Donc, Castro a calmé ce jeu là ; Che a été tué très tôt. Il n'y avait donc plus l'internationaliste type... En France, les mouvements trotskistes et maoïstes étaient morts ; les dernières manifs contre la guerre du Vietnam, c'était en 1973 ! Tout ce champ révolutionnaire est apparu comme sans issue au point que Foucault a commencé à saluer Khomeiny ou que le communiste Roger Garaudy s'est converti à l'Islam... Ils ont agit ainsi pour des raisons de pureté même si Foucault a admis s'être trompé après...

Comment expliquez-vous l'exception française avec ses DOM et ses COM ?

Les Antilles sont les pays où il y a eu le plus de métissage. Quelle est la civilisation où il n'y a pas eu de guerre après les conquêtes, à deux exceptions près, c'est l'Amérique latine où il n'y a que du métissage. Et il n'y a pas de doute que quand il y a du métissage, comme au Brésil, il y a très peu de conflits raciaux. Il y a du racisme, bien sûr, mais rien à côté de ce qu'on peut voir ailleurs... Il existe une discrimination économique et politique forte, mais dans la rue, tout le monde couche ensemble ! les Noirs, les Indiens, les Blancs, les Jaunes... Ca change tout ! En Algérie, il n'y a pas eu de métissage alors qu'au Vietnam, il y en a eu pas mal, comme en Inde... Je suis venu en Martinique une fois où j'ai présenté mon film sur Castro. Il a été très applaudi puis un étudiant m'a demandé si, moi le spécialiste de l'analyse filmique, j'avais analysé mon film... Pris à contrepied, je me suis souvenu d'une séquence et je leur dit : "Oui, je remarque que Castro n'est entouré que de femmes blanches..." Qu'est-ce que je n'avais pas dit ! Ils m'ont foutu dehors pas la fenêtre, de fureur !

Pourquoi, prenez-vous soin dans vos ouvrages de bien relier esclavage et colonialisme ?

Je cris que les gens confondent deux autres choses... Quand Macron a dit que la colonisation était un crime contre l'humanité, je pense qu'il a commis une erreur qui n'est pas à la hauteur de  son intelligence, de ses connaissances. Il aurait dû dire que les conquêtes coloniales étaient un crime contre l'humanité, parce que ça, c'est vrai. mais la colonisation n'a pas été vraiment un crime contre l'humanité. La guerre d'Algérie, oui mais pas avant. J'ai été prof là-bas pendant huit ans...

Il y a eu le travail obligatoire, les transplantations de populations, le régime de l'indigénat...

Je ne dis pas que c'était un sanctuaire de bons sentiments, mais j'ai connu l'occupation allemande, j'ai connu la France en Algérie, ça ne m'est pas venu à l'esprit, même si j'ai milité pour un nouveau statut de l'Algérie, de faire une comparaison entre les types d'oppression qu'il y avait. Quand j'étais en Algérie, je n'ai pas eu l'impression de participer à un crime contre l'humanité en étant colonisateur, c'est trop là ! Les conquêtes coloniales, oui ! Les répressions, oui ! Mais toute la colonisation n'est pas un crime contre l'humanité... Ca ne veut pas dire que ce que la France a fait, c'était pour eux, c'était pour nous ! Ca ne veut pas dire que la France les traitait bien, on les traitait mal ! Je n'aurais pas milité pour 'indépendance ou la souveraineté de l'Algérie si j'avais jugé qu'on les traitait bien... Mais de là à dire que la colonisation a été un crime contre l'humanité, c'est trop ! Mitterrand a refusé une trentaine demandes de grâce sur 300 condamnations à mort. Mais même 300 condamnations à mort, ce n'est pas un crime contre l'humanité, c'est un crime bien sûr... Au Caire, au mois d'avril 1956, un dirigeant algérien a dit qu'on avait commis un génocide en Algérie... On l'a commis certainement pendant la conquête. Bugeaud faisait flamber les villages... Mais pas après ! Il y a eu de l'oppression et tout ce qu'on veut, 36 morts par Mitterrand au moment où il commençait à y avoir des attentats aussi...

Vous parlez du général Bugeaud, on pense à la chanson "la casquette du père Bugeaud"... A quel moment, l'enseignement de la colonisation a-t-il failli en France ?

Dès le début ! On ne fermait pas les yeux, mais on avait des yeux qui ne voyaient pas les mêmes choses. Moi, j'ai enseigné la colonisation en Algérie et j'ai raconté que Bugeaud faisait incendier les douars, Galliéni passait les Malgaches au fil de l'épée et je ne sais plus qui au Vietnam entassait dans des sacs des têtes d'Indochinois... Je ne cachais rien à mes élèves et c'était dans tous les bouquins, le Mallet-Isaac comme dans le manuel catholique ! On ne le cachait pas mais on n'avait pas la même vision des choses et on ne mesurait pas les crimes à la même aune. On n'en mesurait pas l'horreur...

La loi du 23 février 2005 a réveillé tous ces vieux démons avec les aspects positifs de la colonisation... l'histoire était une source de conflit...

Elle l'est toujours ! Cela dit Taubira que j'aime beaucoup et qui aime beaucoup ce que je fais, pousse un peu. Quand Pétré-Grenouillot a écrit son livre sur l'esclavage, il a montré ce qu'on savait mais qu'on n'avait jamais écrit, non seulement qu'il y avait eu des esclavagistes noirs avant les Portugais, mais qu'il y avait surtout eu des esclavagistes musulmans et des révoltes de Noirs en Arabie. Quand Pétré -Grenouillot a écrit que l'esclavage arabe, même avec des esclaves châtrés, était surtout domestique contrairement à l'esclavage de travail de la traite Atlantique, Mme Taubira a été scandalisée et les Antillais s'en sont pris à Pétré-Grenouillot à cause de ce livre, Mme Taubira a soutenu les Antillais. Pétré-Grenouillot disait seulement une vérité historique et ce chercheur n'a pu donner une conférence parce qu'il y avait des gens qui l'attendaient pour le tabasser... Mais Taubira avait raison sur un point, l'esclavage était un crime contre l'humanité. La colonisation a été un scandale, mais il ne faut pas tout mettre dans le même sac ! On est en fait tellement blessé par nos échecs qu'on ne supporte pas qu'on les rappelle.

Et d'autres qui sont à glorifier comme l'action médicale coloniale ?

En Afrique du nord, les indigènes n'ont pas voulu se faire vacciner. D'abord parce qu'on leur avait dit que c'était de la vache, ensuite, mais ils n'ont pas trouvé ça crédible, ils ont cru que c'était tiré des européens, les vaccins... Et ils ne voulaient pas recevoir du sang de roumis...

Il y a eu les affrontement coloniaux non-sud, les affrontement politiques, est-ouest... Qu'est-ce qui a changé ?

André Akoun était un de mes amis d'Oran, un Juif français dont le père glorifiait Freud et Marx. Mais lui glorifiait Maurice Thorez, Jacques Duclos... En 1956, André Akoun était communiste et pour l'indépendance de l'Algérie. Et c'est vrai que les indépendantistes disaient à l'époque que les Juifs étaient du pays. Or, voilà qu'après que les communistes aient voté les pleins pouvoirs à Guy Molet, ce qui lui fait quitter le PCF, à mon ami Akoun, voilà que les jeunesses algériennes dont il faisait partie décident que désormais ce seront les Jeunesses algériennes musulmanes. Donc, il a été exclu de fait. Il a écrit dans un livre : "J'ai quitté l'Algérie et puis c'est l'Algérie qui m'a quitté." Il y a aussi l'histoire de cet homme qui a été un des pères du maoïsme en France. Chaque année, avec ses amis, ils se réunissaient pour fêter la montée du trotskisme en France. Il y avait deux ou trois branches dont les lambertistes dont il avait partie avant de devenir maoïste. Là, il y avait Jospin, Cambadelis, Drai... Le jour où les lambertistes se sont rapprochés de Mitterrand, donc ils sont devenus entristes soit dans les syndicats, soit dans le parti, soit au pouvoir, le maoïste a jugé que c'était la fin des fins, que la révolution par l'Europe était morte pour toujours et il s'est suicidé. Il en a réchappé mais il n'a plus jamais parlé jusqu'à sa mort en 2003. Que ce soit pour cet homme ou pour André Akoun, il n'y avait plus d'histoire... Il s'est passé ça aussi !

 

 

Propos recueillis par FXG, à Saint-Germain-en-Laye

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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 06:22

Une proposition de loi pour les victimes du chlordécone

La députée Hélène Vainqueur-Christophe (Nouvelle gauche, Guadeloupe) a annoncé son intention de présenter une proposition de loi en vue de l’indemnisation des victimes du chlordécone et du paraquat en Guadeloupe et en Martinique. "Mon objectif, assure la députée de la 4e circonscription de la Guadeloupe, n'est pas d'incriminer les pouvoirs publics ni de contester l'utilité des plans chlordécone, mais de passer d'une logique de sensibilisation  et  de  protection  à  une  logique  de  réparation  des  préjudices  des  victimes  de  ces  produits  et singulièrement les professionnels (pêcheurs et agriculteurs)."

Hélène Vainqueur-Christophe a été reçue mardi par le cabinet d'Annick Girardin, qui lui aurait donné l'assurance de la ministre de la soutenir. Avant toute chose, la députée  entend organiser un vaste cycle de consultations avec des associations, des socioprofessionnels et des experts afin de recueillir leurs propositions et "créer un dispositif de réparation efficace, partagé par tous". Elle propose, par ailleurs, que les assises des Outre-mer soient l’occasion d’aborder cette question sur le plan sanitaire et économique.

FXG, à Paris

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 07:36
Christophe Aubel, directeur général de l'AFB

Christophe Aubel, directeur général de l'AFB

L'AFB veut être une sentinelle du changement climatique

Christophe Aubel, directeur général de l'Agence française de la biodiversité (AFB), a ouvert, jeudi matin au Sénat un cycle de tables rondes sur la biodiversité ultramarine. "Ce partenariat avec le législateur est nécessaire, estime-t-il, pour éclairer la décision publique. Il faut éviter de refaire les erreurs que nous avons faites dans le passé comme opposer les activités humaines (tourisme, génétique, biomasse) et la défense de la biodiversité. "Nous voulons faire changer le regard sur la biodiversité, explique Christophe Aubel, car la biodiversité n'est pas un empêcheur mais un atout !" Il veut donc jouer la carte de la biodiversité comme source de développement. Si la nouvelle législation sur la recherche des hydrocarbures en Guyane ou  l'impact environnemental d'un chantier comme celui de la Nouvelle route du littoral à la Réunion peut faire débat, le DG de l'AFB rappelle que la décision ne lui appartient pas, mais relève du politique, et qu'en revanche son agence peut jouer un rôle de police de la nature, qu'elle peut fournir des outils techniques pour "éviter, réduire ou compenser les impacts sur la biodiversité". Bien sûr, le changement climatique est au coeur des préoccupations de l'AFB, car il ne peut qu'impacter les précipitations, le rythme des saisons, le cycle de l'eau et donc l'équilibre des sociétés humaines. C'est pourquoi l'AFB revendique un rôle de sentinelle pour aider à atténuer les effets du réchauffement climatique.

L'AFB doit encore établir son contrat d'objectif et de performance pour les cinq prochaines années à venir. Pour l'heure, elle a déjà ses actions propres. Elle a ainsi voté récemment une enveloppe de 4 millions d'euros, un fonds de solidarité après les cyclones Irma et Maria, pour l'assainissement et la restauration du milieu. Christophe Aubel ajoute aussi que le nombre d'aires marines éducatives est ainsi passé de 8 à 55 dont 13 en outre-mer.

En janvier, l'AFB doit lancer un appel à projets en direction des territoires d'outre-mer et de leurs acteurs économiques et associatifs pour favoriser la restauration et la valorisation de la biodiversité et pas seulement pour des actions de sensibilisation. "Tout doit être décidé en accord avec les territoires, assure Christophe Aubel, et pas par moi depuis mon siège de Vincennes." Le directeur général de l'AFB estime que si ses missions l'obligent à financer de gros projets de type adduction d'eau et assainissement, l'agence se doit de financer des micro-projets autour de villages, d'associations pour répondre aux besoins quotidien des gens en outre-mer.

FXG, à Paris

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 05:45

Annick Girardin et Muriel Pénicaud attendues

Annick Girardin effectue ce week-end son dernier déplacement de l'année dans un territoire d'outre-mer. Accompagnée de Jean-Marc Mormeck, le délégué interministériel à l'égalité des chances des Français des Outre-mer, la ministre doit arriver vendredi en Martinique où sa collègue, ministre du Travail, Muriel Pénicaud doit la rejoindre lundi après un déplacement en Guadeloupe et à Saint-Martin. Samedi Annick Girardin animera dans le cadre des assises un atelier culture. Dimanche sera consacré à la mer. La journée de lundi, avec la ministre du travail sera consacrée à la formation. Enfin, mardi, le rapport du conseil économique, sociale et environnemental sur les violences faites aux femmes en Outre-mer lui sera remis. A cette occasion, la ministre a choisi de se rendre, entre autres, à France-Antilles, une entreprise qui respecte la parité homme femme.

FXG, à Paris

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 05:30
Les ministres Frédérique Vidal et Annick Girardin

Les ministres Frédérique Vidal et Annick Girardin

Le CNES augmente sa contribution à l'économie locale

Pesant 17 % du PIB de la Guyane, la filière spatiale va réhausser sa contribution financière de 10 millions d'ici 2020.

C'était une ligne dans le texte de la loi égalité réelle outre-mer : un rapport du gouvernement "présentant les différents scénarios permettant une augmentation des retombées financières de l'activité spatiale sur les collectivités territoriales de Guyane". Préparé par l'inspection générale des affaires sociales, de l'administration et des finances, ce rapport rappelle que la filière spatiale représente 1700 emplois directs, 7000 indirects, soit 25 % de l'emploi privé, et 17 % du PIB (estimé à 4 milliards). Un tiers des marchés publics du CNES sont réservées aux PME locales dans le cadre du programme Ariane 6 et l'Union des employeurs de la base spatiale regroupe les membres de la communauté industrielle et 37 sous-traitants.

Au titre du plan partenariat hermès au développement régionale (PHEDRE), le CNES a contribué à hauteur de 50 millions de 1990 à 1997. Sur la période 2000-2013, le CNES s'est impliqué dans le contrat de plan Etat, Région en permettant de créer ou de sauvegarder 3900 emplois. Pour la période 2014-2020, le CNES s'est engagé à hauteur de 28 millions dans le cadre du contrat de plan, et 13 millions dans le contrat de projet en faveur des communes et des associations.. En outre, des engagement supplémentaires à hauteur de 11 millions ont été pris en faveur des îles du Salut et de l'hôtel des Roches.

Une chaire spatiale

Le rapport préconise une augmentation de la contribution de la filière spatiale au développement de la Guyane. Le gouvernement a écarté la piste de l'alourdissement de la fiscalité de la filière qui n'aurait rapporté que 1 à 4 millions au mieux. Ce sera donc une hausse de la contribution du CNES de 10 millions d'euros (3 millions par an), portant l'effort jusqu'en 2020 à 50 millions. Une somme assez importante puisque le budget de la base spatiale est de 200 millions quand le budget global du CNES est de 1,5 milliards. Le gouvernement propose aussi de rénover les liens qui unissent le CNES aux collectivités et aux associations. Il y a aujourd'hui 17 conventions bilatérale... Il s'agira donc de donner plus de lisibilité, de cohérence pour maximiser les interventions de l'Etat et des collectivités. L'idée générale est de mieux associer les collectivités afin qu'elles participent aux choix stratégiques concernant l'emploi des sommes lâchées par le CNES en Guyane. Une grande partie de cet effort doit bénéficier à la formation, l'éducation, l'apprentissage spatial et l'enseignement supérieur. Une chaire spatiale sera créée à l'université de Guyane et le nombre de bourses d'études va être multiplié.

FXG, à Paris

Frédérique Vidal, ministre d'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation

"Nous allons faire un effort sur la formation des maîtres"

A partir de quand ces 10 millions supplémentaires seront disponibles ?

Ca fait partie du budget du CNES, dès l'année 2018 et jusqu'à l'année 2020. Il s'agit de compléter les 40 millions que le CNES avait prévu d'investir d'ici 2020.

Comment ces sommes vont-elles être utilisées ?

J'ai demandé au CNES de me fournir pour le tout début du mois de janvier un rapport opérationnel de façon à ce que nous soyons en capacité de valider de manière très concrète les actions qui seront soutenues par le CNES avec ces nouveaux financements. Ce sera une programmation que nous validerons avec Annick Girardin et que nous positionnerons dans le cadre des conclusions des assises des Outre-mer.

Comment se fera le lien avec l'université de Guyane ?

Le lien avec l'université de Guyane se fait au travers de mon ministère qui a à la fois la tutelle du CNES et de l'UG. J'ai déjà eu l'occasion de rencontrer le président de l'UG et nous voulons travailler à la mise en place de formations, notamment en apprentissage autour des sujets du spatial, mais plus largement autour de tous les centres d'intérêt économique de la Guyane.

Que prévoyez-vous concrètement pour la formation  des jeunes ?

Nous allons faire un effort sur la formation à la fois des nouveaux diplômés et sur la formation des maîtres de manière à avoir suffisamment de gens formés pour les écoles du primaire et du secondaire. Nous y travaillons avec Jean-Michel Blanquer.

Propos recueillis par FXG, à Paris

François Ringuet, maire de Kourou

"Il reste encore des bidonvilles"

Etes-vous satisfait de cet effort du CNES ?

10 millions d'euros en plus pour la Guyane, c'est une très bonne chose. Le rapport qui a été fait sur l'activité spatiale montre bien que la participation du CNES est bien réelle, mais en même temps, il faut faire attention aux Américains ! La concurrence existe. Donc, oui, le CNES doit contribuer mais il ne faut pas fragiliser l'activité spatiale.

Qu'est ce que ça représente pour votre ville ?

Il y a près de 900 personnes qui travaillent directement sur le spatial. Le spatial, c'est 17 % du PIB et 9000 emplois indirects. Ca veut dire que la ville de Kourou vit autour du spatial et il ne faut donc pas fragiliser l'activité première. Le premier employeur à Kourou, c'est le spatial !

Qu'en est-il des bidonvilles aujourd'hui ?

A travers la ZAC 2 et l'opération d'intérêt national, la ville va se développer en même temps que l'activité spatiale. Kourou s'est toujours développé en fonction des nouvelles campagnes et là, avec Ariane 6, la ville va encore se développer et plus rapidement. Oui, il reste encore des bidonvilles sur Kourou, mais nous avons reçu des financements pour réhabiliter la cité du stade, près de 2,5 millions ont été rajoutés et 2 autres à venir dans le cadre du plan Phèdre.

Quelles retombées escomptez-vous côté enseignement à Kourou ?

La plupart des jeunes qui sont à l'IUT de Kourou travaillent après leur cursus au centre spatial et dans les 42 entreprises de l'union des employeurs de la base spatiale. D'un point de vue scolaire nous allons lancer une nouvelle dynamique en commençant à travailler avec les enfants dès l'école primaire. Ce sera une école purement numérique pour préparer les plus jeunes au monde numérique et spatial pour les préparer à intégrer des écoles comme l'IUT puisque depuis quelques années, nous avons des jeunes directeurs des opérations sur le spatial, de jeunes ingénieurs. C'est pour ça que nous allons mettre 9 millions d'euros pour l'école Saba en partenariat avec Ariane Groupe.

Kourou pourra-t-il rivaliser un jour avec Toulouse ?

Je voudrai que Kourou ressemble à Toulouse dans le domaine du spatial, oui, c'est ça mon objectif !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 06:38
Jacques Ambrosio, président du jury de présélection, et Patrick Karam, vice-président de la Région IdF

Jacques Ambrosio, président du jury de présélection, et Patrick Karam, vice-président de la Région IdF

Le concours de Chanté Nwel a démarré en Ile de France

La Région Ile de France a débloqué 80 000 euros pour financer le premier concours de Chanté Nwel. L'association des amis des îles (où l'on retrouve des personnalités comme Jacques Ambrosio et René Silo) a remporté l'appel d'offres pour être l'organisateur avec la Région de ce concours. Le Guadeloupéen Patrick Karam, vice-président de la Région en est à l'initiative. "J'ai voulu, explique-t-il, qu'on donne à cette longue tradition antillaise dans l'Hexagone une reconnaissance officielle. C'est injuste que ces manifestations restent dans l'anonymat le plus total alors qu'elles rencontrent un franc succès !" Pour participer, les associations doivent se faire "labelliser" à la Région qui leur remet aussitôt 300 euros. Une quarantaine se sont d'ores et déjà fait labelliser et les chanté Nwel ont déjà démarré. Patrick Karam explique qu'il a écrit à tous les maires de la Région pour que le meilleur accueil soit fait à ces manifestations et que des salles leur soient éventuellement proposées. Jacques Ambrosio est à la tête d'un jury chargé de présélectionner les finalistes. Le cahier des charges impose que ces événements soient gratuits et que les livres de cantiques soient aussi mis à disposition gracieusement. A l'arrivée, l'association lauréate recevra 3000 euros, les deux suivantes, 2000 euros chacune et les trois suivantes, 1000 euros chacune. Ces chanté Nwel devront se dérouler avant le 23 décembre. Le 14 décembre, un grand Chanté Nwel aura lieu au siège de la Région Ile de France, mais celui-ci sera hors concours.

FXG, à Paris

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 06:10

Tram'Tiss débouté face à la Région

Comme le préconisait le rapporteur public lors de l'audience en Conseil d'Etat le 17 novembre dernier, le pourvoi en cassation de la société Tram'Tiss contre la décision de la Région de renoncer au chantier du tram-train n'a pas été admis.

la société Tram'Tiss avait demandé au tribunal administratif de Saint-Denis de condamner la Région à lui payer 169 727 135 euros au titre du préjudice subi suite à la résiliation du contrat passé pour la réalisation du tram-train. Le tribunal comme la cour administrative d'appel de Bordeaux ont rejeté cette demande. Tram'Tiss estimait pour faire valoir son pourvoi en cassation que la Région l'avait grugé car la mise en oeuvre du contrat dépendait d'analyses prospectives financières que la Région n'avait pas jugé opportune de présenter à son client. En prétendant renoncer à l'entrée en vigueur du contrat, donc du projet, pour des raisons financières, la Région aurait commis une erreur de droit eu égard au principe de loyauté contractuelle alors qu'elle aurait voulu "se soustraire à ses engagement pour des motifs purement politiques". L'argument a été rejeté et le Conseil d'Etat a reconnu toute la validité de la clause suspensive, rajoutée, il est vrai, la veille de la signature du pré-contrat ! Son pourvoi a donc été rejeté

FXG, à Paris

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 06:05
Intergroupe parlementaire de l'Outre-mer

Nadia Ramassamy prend la tête de l'intergroupe parlementaire de l'Outre-mer

Le sénateur de la Guyane Georges Patient a du remettre en jeu sa fonction de président de l'intergroupe parlementaire de l'Outre-mer qu'il occupait depuis 2013. Cette présidence échoit cette fois à un membre de l'Assemblée nationale. Mardi 5 décembre au soir, au palais du Luxembourg, se tenait donc une réunion de quelques uns des membres de l'intergroupe puisqu'on ne comptait parmi les présents que trois députés — les polynésiens Moetaï Brotherson (FI) et Maïna Sage (UDI) et la Réunionnaise Nadia Ramassamy (LR) — et six sénateurs  — Georges Patient (LREM), Antoine Karam (LREM), Nassimah Dindar (UC), Michel Magras (LR), Victorin Lurel (PS) et Catherine Conconne (PS). Une seule candidature a été déposée, celle de Nadia Ramassamy qui a été élue à l'unanimité, mais non sans avoir dû préalablement répondre aux interrogations de la sénatrice martiniquaise Catherine Conconne. Celle-ci lui a demandé son positionnement politique. "Je n'ai pas de couleur, lui a répondu Mme Ramassamy, je suis d'outre-mer." "Mais vous êtes bien dans un groupe ?" "Je ne suis qu'apparentée..." Il a presque fallu lui arracher son appartenance au groupe LR tandis qu'elle a insisté pour rendre un hommage appuyé à "ma présidente, Nassimah Dindar". Victorin Lurel a été ensuite élu vice-président. Pour la seconde vice-présidence, faute de candidature, Nassimah Dindar a proposé la candidature du Réunionnais (LR) David Lorion. Mais sans déclaration signée de l'intéressé et hors de sa présence, Georges Patient a préféré reporter à une prochaine séance la suite de cete électon.

FXG, à Paris

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 04:18
Budget outre-mer au Sénat

Budget Outre-mer en débat au Sénat

Malgré un flot de critiques, le Sénat a voté jeudi dernier la mission Outre-mer. Ainsi, les centristes et le groupe RDSE ont voté ce budget. Stéphane Artano, sénateur RDSE de Saint-Pierre et Miquelon a regretté que le président de la République n'ait pas de vision sur l'Outre-mer et demande aux outre-mer de lui en livrer une "sur un plateau". Jean-François Longeot pour les centristes a indiqué qu'il demanderait une hausse de 100 000 euros du fonds d'échange éducatif, culturel et sportif pour pallier la fausse promesse du gouvernement de le multiplier par deux. Les sénateurs de La République en marche ont soutenu le budget mais les critiques là encore ont fusé sur la baisse des finances de Ladom ou la disparition du plan Kanner. Les Républicains n'ont pas voté ce budget, regrettant eux aussi la suppression du plan Kanner et la baisse des crédits de Ladom. Les indépendants (constructifs) se sont abstenus. Sans surprise, les élus communistes ont voté contre ce budget, tout comme le PS et Catherine Conconne (Martinique) qui s'est moquée de la déception que devait ressentir la ministres des Outre-mer et qu'elle partageait avec elle.

Georges Patient (Guyane, LREM), en tant que rapporteur de la commission des finances a dit qu'il jouerait le jeu en votant "ce budget de transition". Sa collègue de la commission des affaires sociales, Nassimah Dindar (UC, Réunion) a critiqué la baisse de l'aide au logement mais s'est dite favorable à voter ces crédits. Quant à Michel Magras (LR, Saint-Barthélemy), pour la commission des affaires économiques, il a sévèrement regretté la fin du CICE et demandé quelles en seraient les compensations. Quant à l'ancien ministre PS, Victorin Lurel (Guadeloupe),  il a résumé sa critique en une formule : "Loin d'être en marche, nous sommes à l'arrêt en attendant les assises."

FXG, à Paris

La ministre défend un changement de rhétorique

Annick Girardin, pugnace, a reconnu la "pertinence et la légitimité" de certaines observations des sénateurs sur ce budget dans le contexte général d'une baisse de 7 milliards des dépenses, quand son budget augmente de 85 millions. Elle s'est refusée en revanche à accepter les critiques d'insincérité. Son budget, a-t-elle rappelé, est une "première étape". Non, elle n'oublie pas les engagements de l'Etat pour la Guyane, non, elle n'oublie pas la loi égalité réelle outre-mer dont 20 % des décrets d'application sont d'ores et déjà signés. Et puis, a-t-elle encore rappelé, l'outre-mer gagne 336 millions entre 2017 et 2018 dans l'ensemble des missions ministérielles. L'effort de l'Etat pour les Outre-mer est ainsi de 17 milliards. Elle a encore rappelé que le prochain projet de loi de finances traduirait le fruit des assises. Annick Girardin a rappelé les 127 emplois de plus pour le SMA en cinq ans et elle a confirmé le doublement du FEBECS : de 4 à 8000 trajets ! Elle s'est encore expliquée sur la baisse des crédits de Ladom : "L'ensemble des besoins présents et avenir seront mis en oeuvre."

Quant aux exonérations de charges et au maintien du CICE en 2018, elle est revenue sur la réforme des aides aux entreprises : "On ne peut plus penser l'économie d'aujourd'hui comme on le faisait hier." Ni coup de rabot, ni rafistolage, la ministre  veut construire des outils modernes pour le budget 2019.

Enfin, sur le logement, elle comprend les inquiétudes des sénateurs et ne veut pas esquiver ce sujet : "Mon choix, c'est la construction neuve et la résorption de l'insalubre et de l'informel." Enfin, sur le plan Kanner, Annick Girardin a rappelé que l'enveloppe de Laura Flessel, ministre des Sports étaient maintenus, quant aux 10 millions de l'Outre-mer, ils seront prélevés dans le fonds exceptionnel d'investissement.

"Il n'est pas question pour moi, ni pour la ministre de la Culture de supprimer France Ô." Annick Girardin a conclu ainsi sur le plan culturel avec France Ô. Et sur la cité des Outre-mer, elle a dit : "Un projet culturel sans le ministère de la Culture, sans la Région Ile de France ?" Annick Girardin a dit que ce qui gênait était son changement de rhétorique et qu'il avait un nom : la sincérité.

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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 05:42
Georges Santtalikan, Eric Paulin, Ary Chalus, Pascal Marchais, Alain Pochon, et Mathieu Sarrot

Georges Santtalikan, Eric Paulin, Ary Chalus, Pascal Marchais, Alain Pochon, et Mathieu Sarrot

La Guadeloupe vend la route du bleu

Ary Chalus déclare au Nautic de Paris que la Route du Rhum-Destination Guadeloupe est le point d'orgue d'une série d'actions que mène la Région.

La Région Guadeloupe a fait hier au salon nautique de Paris une démonstration de sa force maritime. Le président de Région s'est ainsi entouré du patron de la voile traditionnelle Georges Santtalikan, du patron de la Karujet, Eric Paulin, du représentant de Triskell, Pascal Marchais (en l'absence de Jean-Michel Marziou), du patron de Guadeloupe Grand Large, Jean-Paul Fischer, du patron du Grand Pavois et du rallye des îles du soleil, Alain Pochon, et enfin et surtout du nouveau patron de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, Mathieu Sarrot. Ensemble, ils représentent le calendrier nautique de la Guadeloupe pour l'année 2018.

La pemière édition du rallye des îles du soleil est partie de Lanzarote le 18 novembre dernier et les premiers voiliers sont attendus dès cette semaine à Marie-Galante. S'ils ne sont que quinze en mer cette année, l'objectif est d'en doubler le nombre et d'atteindre pourquoi pas les 100 embarcations !

Eric Paulin a promis une nouvelle Karujet du 10 au 13 mai. Il promet un événement avec la même envergure internationale mais axé sur la formation des jeunes (en lien avec les lycées de Blanchet et de Baimbridge) et sur l'environnement. "Nous avons passé un deal avec la DEAL, a expliqué sans rire Eric Paulin. Nous allons mettre en place des moyens de survol pour éviter les collision entre nos pilotes et les cétacés." A terme, l'objectif est de parvenir à déplacer peu à peu la Karujet pour qu'elle se déroule fin juin, c'est-à-dire à la fin de la période où les cétacés croisent dans les eaux de Karukéra. 80 pilotes sont attendus.

La Route du Rhum jusqu'en 2026

Du 6 au 17 juillet, ce sera le tour de la Guadeloupe à la voile traditionnelle, dit le TGVT. Là, ce sont quelque 40 canots qui régateront. "Nos skippers, a expliqué Georges Sannttalikan,sont un vivier pour la minitransat !" Et les régates sportives comme l'AG2R ou la Triskell Cup qui essaiera encore de réunir quelque 80 bateaux sur le plan d'eau guadeloupéen au moment même où à Saint-Malo, une centaine de bateaux prendront le départ de la 11e Route du Rhum-Destination Guadeloupe, 40 ans pile poil après la première édition. Arrivée attendue devant le MACTe ! Le président Chalus semblait si emballé qu'il a promis Beyoncé avant de se raviser ! Mathieu Sarrot a également annoncé que les bateaux ayant couru le Rhum donneraient deux parades au pays. Le première rassemblera les IMOCA, les Multi50 et les Ultimes le 18 novembre 2018 ; la seconde réunira toute la flotte à l'occasion de la Grande Galette, le 25 novembre 2018.

Ary Chalus confirme ainsi son engagement pour la "route du bleu" avec son plan nautisme et la structure de formation « Guadeloupe Grand Large » destinée à faire émerger la filière et former des skippers et des équipes de préparateurs à la course au large. Ary Chalus s'est félicité des récentes performances de Damien Seguin et du jeune Keni Piperol que la Région a décidé de soutenir sur le Rhum, dès 2018 en espérant un podium en 2022. La Région peut se projeter aussi loin puisqu'elle doit signer lors de ce salon Nautic avec le propriétaire de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, une nouvelle convention liant les deux structures pour les trois prochaines transatlantiques, ce qui nous transporte jusqu'en 2026.

FXG, à Paris

Un lycée de la mer

le président Chalus a annoncé qu'un diagnostic précis des besoins en compétence et en métiers, serait réalisé en partenariat avec les services de l’État et les socio_professionnels, début 2018. "Une offre de formation adaptée sera construite avec l’ambition de la faire porter par un centre caribéen de formation maritime préfigurant un lycée de la mer." Le président Chalus a même parlé de l'ancien collège de Terre-de-bas pour accueillir cette structure de formation qu'il promet "d’excellence, à l’instar du lycée agricole et du lycée de l’hôtellerie" et avec "une dimension Antilles Guyane, afin de mutualiser l'offre et les moyens et les partager avec les îles voisines des petites Antilles, qui connaissent des besoins similaires".

Les ponts de l'Alliance et de la Gabarre

Interpellé par Pascal Marchais de Triskell, sur la non-ouverture des ponts sur la Rivière Salée depuis huit ans, Ary chalus a indiqué que la réparation du mécanisme coûterait 8 millions d'euros et l'entretien, deux millions pas an. Il n'a pas dit qu'il ne ferait rien mais il a fait un appel du pied à la marina de Pointe-à-Pitre avant de lancer qu'une marina à Baie-Mahault permettrait d'accueilllir les voiliers du nord. Autant dire qu'on est pas près de les voir se relever les deux ponts de l'Alliance et de la Gabarre !

50 000 euros pour les skippers guadeloupéens et 100 % pour Keni

Interpellé par Willy Bissainte, qualifié pour le Rhum, mais sans le sous à onze mois du départ, Ary Chalus s'est un peu échauffé avant de lâcher ce que les cinq ou six skippers guadeloupéens attendus pour la prochaine édition (comme Rodolphe Cépho entre autres qui était là) avaient envie d'entendre : "Nous ferons au moins ce qui a été fait lors de la précédente Route du Rhum." L'enveloppe avait alors été de 50 000 euros par projet. ary Chalus a d'ores et déjà choisi son poulain puisqu'il a fait savoir à Keni Piperol de la dernière promotion de Guadeloupe Grand Large que s'il participe à l'édition 2018, la Région l'accompagnera à 100 %.

L'échange Keni Piperol - Ary Chalus : "C'est un travail de longue haleine, deux ans de formation...  Avant, je savais aller aux Saintes en hobbie cat 16, maintenant on m'a injecté l'ADN de la course au large ! La Région m'a fait confiance, j'ai passé les tests et après la transat AG2R, la Région m'a suivi pour la minitransat. J'espère qu'elle sera encore à mes côtés pour continuer. J'ai un programme cohérent pour la suite ! J'espère faire un podium sur le Rhum, mais ce ne sera pas pour 2018, mais 2022." C'est alors que le président Chalus lui a rétorqué : "Si, tu vas prendre de l'expérience, il faut participer dès 2018 !"

Mathieu Sarrot, le nouveau boss du Rhum

Mathieu Sarrot, directeur général de la course n'est pas un inconnu puisque depuis quatre éditions, il en était le commissaire général, toujours dans le sillon de Pierre Bojic qui après quatre éditions lui aussi a fait valoir ses droits à la retraite au moment où Pen Duick a été absorbé par l'anglais Oc Sport. Petit clin d'oeil de l'histoire, si Mathieu était trop jeune en 1978, il a néanmoins vu partir la première édition à Saint-Malo !

 

 

 

 

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