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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 05:11
De jeunes ambassadeurs antillais aux Etats-Unis

Appel à candidature de lycéens de Guadeloupe et Martinique pour aller aux Etats-Unis

"Tu es un lycéen en 2nde ou 1ère ? Deviens un jeune ambassadeur de l’engagement associatif aux Etats-Unis d’Amérique !" Jean-Marc Mormeck, le délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, a convaincu l'ambassade américaine à Paris d'étendre à la Guadeloupe et à la Martinique un programme qu'elle a mis en place, il y a dix ans, après les émeutes à Clichy-sous-Bois (93). Soutenu par le Commissariat général à l’Egalité des territoires (CGET), ce programme permet à des jeunes issus des Quartiers de la politique de la Ville de mener un programme d’échange avec les Etats-Unis et de s’engager à réaliser un projet associatif à leur retour en France. Jusqu'alors, ils étaient chaque année trente issus de cinq départements (la Seine-Saint-Denis, la Gironde, la Haute-Garonne, l’Aisne, les Bouches-du-Rhône et le Rhône) à en bénéficier. Désormais, il y aura en plus trois lycéens martiniquais et trois autres guadeloupéens. "J'avais été invité une année par l'ambassade des Etats-Unis à intervenir auprès de ces jeunes, raconte Jean-Marc Mormeck. Je suis retourné les voir et je leur ai fait remarquer qu'en excluant les départements d'outre-mer, ils faisaient de la discrimination..." Et comme l'un des objets de ce programme d'engagement associatif vise à lutter contre les discriminations, l'affaire a été pliée et ce d'autant plus vite que la Guadeloupe et la Martinique ne sont qu'à deux ou trois heures de vol. "Ils n'avaient pas pensé à l'outre-mer", sourit Jean-Marc Mormeck qui aimerait encore élargir le dispositif à la Guyane et la Réunion... La compagnie Corsair et les deux collectivités, CTM et Région Guadeloupe, financent le dispositif.

Les candidats retenus devront d'abord se rendre à Paris du 10 au 13 juillet pour suivre une formation avant de se rendre à Washington pendant deux semaines, du 20 octobre au 4 novembre. A Paris comme à Washington, ils participeront à des rencontres et des débats avec des associations et des jeunes sur les thématiques de la diversité culturelle, l’identité, l’égalité des chances et l’engagement associatif. Aux Etats-Unis, leur première semaine sera consacrée aux visites institutionnelles et associatives, la deuxième semaine sera en immersion dans une famille d’accueil et dans un lycée américain, en périphérie de Washington D.C. A leur retour, les lycéens devront réaliser un projet associatif avec les autres participants du programme.

FXG, à Paris

Pour s'inscrire et postuler :

https://goo.gl/forms/9ludaQml8X9K0VSg1

Pour postuler au programme, il faut être inscrit(e) dans un lycée public, en seconde ou en première pour l’année scolaire 2017/2018, résider dans un quartier de la politique de la ville (pour vérifier: https://sig.ville.gouv.fr/adresses/recherche), être de nationalité française ou détenteur d’un document de circulation pour Etranger Mineur (DCEM) ou d’un Titre d’Identité Républicain (TIR) en cours de validité, être éligible à l’ESTA (Electronic System Travel Authorization) ou le cas échéant, pour le visa correspondant aux exigences légales pour voyager (les frais de visa sont pris en charge), avoir un bon niveau d’anglais (niveau européen B1 :  http://www.courslangues.com/paris/cours-anglais/test-anglais-gratuit), n’avoir jamais participé à un voyage aux États-Unis, et enfin avoir déjà une expérience de bénévolat ou d’engagement citoyen.

Les dossiers de candidature, accompagnés des pièces justificatives, doivent être impérativement envoyés par email ou par voie postale (cachet de la poste faisant foi) avant le 30 mars 2018. Les candidats retenus seront convoqués pour un entretien en français et en anglais devant un jury régional au mois de mai 2018.

Guadeloupe
jeunesambassadeursguadeloupe@gmail.com
ou Philippe RONDOT

DJSCS Guadeloupe
323 Boulevard du Général de Gaulle
97100 Basse Terre

Martinique
Jeunesambassadeursmartinique@gmail.com
ou Fred BRUANT
DJSCS Martinique
Agora 2
Rond-point du Calandrier Lagunaire
Zone de l’étang Z’abricot
BP 669
97264 Fort de France

 

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 05:59
Babette et ses soutiens lors de la conférence de presse du 3e SAGASDOM

Babette et ses soutiens lors de la conférence de presse du 3e SAGASDOM

Le 3e Salon de la gastronomie d'outre-mer sur les rails

Babette de Rozières, la célèbre et médiatique cheffe de cuisine guadeloupéenne, présentait mercredi 4 janvier dans les salons de l'hôtel de ville de Paris la 3e édition du salon de la gastronomie d'Outre-mer et de la Francophonie (le Liban est invité) qui se tiendra le mois prochain, les 2, 3 et 4 février, au pavillon 5 du parc des expositions de la porte de Versailles. Annulé l'an passé pour cause d'élections (Babette a été candidate LR malheureuse aux législatives à Paris), le salon revient en force. Il y avait 70 exposants en 2015, 130 sont annoncés cette année sur une surface démultipliée avec 7000 m2 et un invité d'honneur : la Polynésie française.

"La dernière fois, lors de la 2e édition, raconte Babette, ils avaient un tout petit stand avec des produits magnifiques ! Ils devaient sortir du bois !" Babette a été séduite par la manière dont les Polynésiens travaillent le fruit à pain, différemment des Antillais. "C'est ça qui fait notre richesse", clame celle qui rejette les clichés "accras boudin machin"... "J'en ai ras-le-dos de ça, poursuit elle. Il faut vraiment que les gens se plongent dans nos cultures pour voir que nous avons du talent et que nous savons faire des choses aussi bien qu'eux !"

Et si cette année, c'est Tahiti, s'il y a deux ans c'était la Réunion, Babette rejette aussi tout idée de concurrence entre les outre-mer. "Ce salon, c'est le nôtre, c'est notre toit ! On est tous rassemblés, unis ! C'est un lien fort que nous créons dans l'Hexagone par le biais de ce salon de la gastronomie des Outre-mer et de la francophonie." Babette se plaît à rappeler qu'elle a eu du mal au début pour avoir l'ensemble des Outre-mer : "Les Outre-mer au début, ils sont craintifs, un petit peu peureux... Quand ils ont vu que c'était la première édition du salon, ils ont été très réticents. Mais ceux qui sont venus à la première ont aussitôt réservé pour la deuxième et maintenant ils attendent la 3e avec impatience parce que c'est le seul endroit où ils peuvent être tous ensemble et montrer des produits différents."

En 2016, lors de la deuxième édition, un groupe d'acheteurs des groupes Carrefour et Auchan a visité le salon. Carrefour a retenu trois produits (deux confitures de la Réunion et un nectar de goyave de Martinique qui ont été labellisés "Reflets de France" et qui sont depuis le mois d'août 2016 distribués dans l'Hexagone chez Carrefour. Cette année encore, Babette a créé un pôle spécialement pour ces grands acheteurs. Parmi les produits sélectionnés, on note quelques marques connues comme Toco Guyane, Man Féfé, Lauzéa, Coeur des îles ou encore Kanasao.

Cette année encore, le trophée de Babette récompensera les élèves des écoles et lycées hôteliers des Outre-mer tandis qu'un nouveau prix "Innovation food and drink" viendra distinguer les meilleurs produits ultramarins.

Les exposants voient d'un bon oeil ce salon de la gastronomie d'outre-mer puisque, trois semaines plus tard, le salon international de l'agriculture, au même endroit, offre un nouveau et tout proche débouché pour tous les invendus !

FXG, à Paris

 

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 05:01
French B...

French blue devient French bee

L'extension des activités aux Etats-Unis de French blue, la sister compagnie d'Air Caraïbes, l'a conduit à changer de nom pour devenir French bee. La compagne aérienne low cost, filiale du groupe Dubreuil, s'est heurtée aux objections de JetBlue Airways, un opérateur américain, lequel se prévaut de l'antériorité de sa marque pour revendiquer un monopole sur le terme « blue ». Quoique le groupe Dubreuil estime contestable la posture et les revendications de cet opérateur, il ne souhaite pas entrer dans un contentieux avec la compagnie américaine. "Pour mener à bien nos projets de développement dans le timing déjà établi, explique Marc Rochet, président de French bee, French blue fait évoluer son nom, sans changer les fondamentaux qui lui ont permis d'entrer avec succès sur le marché réunionnais."

La semaine dernière l'opérateur français qui vient d'ajouter la Polynésie française, a obtenu les autorisations pour desservir en propre San Francisco, son escale entre la Orly et Faa. Un créneau qui vaut bien de perdre un peu de bleu ! "Symboliquement, explique Sophie Hocquez, directrice commerciale de French bee, nous gardons la première lettre du mot 'blue' pour évoluer vers une personnification de la compagnie en une abeille, symbole de la cohésion d'équipe qui anime la compagnie." 

Après la Réunion et Tahiti, les réservations pour San Francisco sont ouvertes à compter du 6 février.

FXG, à Paris

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 05:53
Soirée Mai 1967 sur France Ô

France Ô diffusera le documentaire Mai 67, ne tirez pas sur les enfants de la république, mercredi 31 janvier dans le cadre d’une soirée Histoire d’Outre-mer présentée par Fabrice Almeida. Le documentaire sera suivi d'un débat avec Me Henri Leclerc qui fut l'avocat de Paul Tomiche, Benjamin Stora, président du musée de l'immigration et président de la commission d'historien chargée de faire la lumière sur les événements de mai 1967, Eli Domota, secrétaire général de l'UGTG et leader du LKP, et George Pau Langevin, députée en ancienne ministre des Outre-mer, puis d'une rediffusion du documentaire réalisé par Xavier-Marie Bonnot, Mai 67, un massacre oublié.

Entretien avec Mike Horn, réalisateur du documentaire "Ne tirez pas sur les enfants de la République"

"Secrets d'histoire et tabou familial"

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à faire ce film ?

J'ai appris l'existence des événements de mai 1967 il y a moins de dix ans et à partir du moment où j'ai su que ma mère et ma grand-mère en avaient été témoins malgré elles, j'ai eu besoin de faire ce film et d'ailleurs, ça m'a servi de thérapie. On a besoin de savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va et qui l'on est ! C'est la première fois que je pouvais en parler avec ma famille et c'est une autre intimité que j'ai eue avec ma mère et ma grand-mère.

Votre mère et votre grand-mère étaient à la cour Monbruno, à la veillée mortuaire de Camille Taret, quand Gildas Landre a été tué ?

Exactement ! Camille Taret était un cousin et elles ont été directement témoins de cela et elles ne savaient pas ce qui se passait.

Comment se fait-il que vous n'ayez eu connaissance de ces événements que récemment ?

On en parle en Guadeloupe ; en France, on n'en parle pas. Moi, la première fois que j'en ai entendu parler, c'est alors que je tournais un documentaire sur le carnaval tropical de Paris. J'ai rencontré des intervenants qui m'ont parlé de mai 1967... Ensuite, j'ai vu le reportage de Complément d'enquête tourné au moment du mouvement social de 2009. Là, me le suis dit qu'il y avait un truc à faire...

Avez-vous eu des difficultés à monter ce projet ?

Nous avons notre propre boite de production et grâce à ça, on peut plus facilement se battre pour les sujets qui nous tiennent à coeur. Et puis, nous travaillons depuis longtemps avec France Ô. Il y avait pas mal de monde qui voulait parler de mai 1967 à l'occasion du cinquantenaire et France Ô savait qu'on voulait faire un film particulier.

Vous vous êtes intéressés davantage à la trace de mai 1967 dans la société qu'aux événements eux-mêmes. Pourquoi ?

J'ai vu les films qui ont été consacrés à mai 1967 et qui retracent impeccablement ces événements, donc je n'avais pas besoin de refaire un énième documentaire sur ça, j'ai eu besoin de donner plus de ressenti, plus d'humain. Les chiffres et tout ça, j'ai pu me tromper et il faut me pardonner pour ça, mais ce n'était pas le but de ce film ! Grâce à ce film j'ai rencontré Jean-Claude Barny avec qui nous réfléchissons ensemble aux Antilles d'aujourd'hui.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 05:39
Jenny Hippocrate au centre

Jenny Hippocrate au centre

Jenny Hippocrate au CESER d'Ile de France

La présidente de l'association pour l'information et la prévention de la drépanocytose, Jenny Hippocrate a été nommée membre du conseil économique, social et environnemental de la Région Ile de France. C'est sur une proposition du Guadeloupéen Patrick Karam et de la présidente de Région LR Valérie Pécresse que l'ancien préfet de Martinique, désormais préfet d'Ile de France, Michel Cadot a signé sa nomination pour le 4ème collège, celui des personnalités qualifiées.

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 07:47
Flessel au Sénat

Audition de Laura Flessel au Sénat

La ministre des Sports, Laura Flessel, a été auditionnée par la délégation outre-mer du Sénat mercredi après-midi. Quatre sénatrice préparent en effet un rapport d'information, il s'agit de Catherine Conconne (apparentée PS, Martinique), Viviane Malet (Les Républicains, La Réunion), Lana Tetuanui (Union centriste, Polynésie française) et Gisèle Jourda (PS, Aude). La ministre a reconnu "un déficit quantitatif et qualitatif" en matière d'infrastructures sportives des Outre-mer : "1/3 de moins en moyenne par rapport à la métropole", mais également des équipements vétustes. Elle est donc revenue sur le plan Kanner de 2017. Celui-ci prévoyait un investissement de 20 millions (répartis moitié-moitié entre les ministères des Sports et des Outre-mer).  Au final 86 dossiers ont été financés à hauteur de 13 millions d'euros. Pour 2018, Laura Flessel a évoqué une nouvelle enveloppe de 7 millions d'euros de son ministère tout en ajoutant qu'elle avait demandé au ministère des Outre-mer de faire un effort équivalent et qu'il allait falloir compter avec le soutien financier de l'Agence française de développement.

Interpellée par Viviane Malet sur la nécessité du recours aux contrats aidés pour l'entretien des chemin de randonnée et celui des parcours sportifs, Laura Flessel a rappelé que 200 000 contrats aidés étaient maintenus en 2018.

Quoique l'audition de la ministre ait eu lieu dans une très bonne ambiance, elle semble ne pas avoir dissipé chez les sénateurs de gros doutes sur les crédits des infrastructures sportives et la survie des associations sportives. Commentaire d'un participant à l'issue : "Elle était très floue dans ses explications, s’est contredite à plusieurs reprises, mais tout le monde a compris qu’il y aurait baisse."

FXG, à Paris

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 06:37
Chanté Nwel : les gagnants d'Ile de France

L'Ile de France récompense ses meilleurs chanté Nwel

La Région Ile de France qui a soutenu 150 déclinaisons de chanté Nwel en organisant un concours entre le 4 et le 23 décembre en région parisienne, a dévoilé son palmarès le 22 janvier. Chaque association inscrite à ce concours (et dument enregistrée à la préfecture) recevait 300 euros. A charge ensuite pour cette dernière d'organiser gratuitement en Île-de-France, un chanté Nwel en créole et/ou français avec orchestre et/ou percussions.

Les deux premiers prix, ex aequo, d'un montant de 3 000€ ont été remis à l'association Madi et Kéra d'Argenteuil (95) et à Lekol-Bélé d'Ivry-sur-Seine (94). Deux deuxièmes prix, toujours ex aequo, d'un montant de 2 000€, ont été remis à Agora Karayib de Clichy (92) et Fey Fouyapen de Vaux-le-Pénil (77). Enfin, les trois troisièmes prix, encore ex aequo, d'un montant de 1 000€, ont été remis à Otantika de Rosny-sous-Bois (93), l'Association Châtaigne de Fresnes (94) et l'Aproh de Paris.

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 18:25
André Yché et Annick Girardin le 15 janvier dernier

André Yché et Annick Girardin le 15 janvier dernier

André Yché, président de la Société nationale immobilière (SNI), vient de signer un contrat d'objectif sur cinq ans avec la ministre des Outre-mer à la suite du rachat par la SNI des parts sociales de l'Etat dans les six société immobilière d'Outre-mer, dont les 34 % de la SIDR (Réunion), la SIMAR (Martinique), la SIG (Guadeloupe), la SIM (Mayotte) et de la SIGUY (Guyane) et 74 % (avec les parts du CNES et de la commune) dans la SIMKO (Kourou). Les six sociétés et leur 70 000 logements ont été évaluées à 190 millions dont 20 reviendront cette année au budget de l'Outre-mer. Interview.

"La dette des SIDOM s'élève à plus de 3 milliards"

Que prévoit ce contrat d'objectif ?

Tout en professionnalisant la gestion, nous devons pouvoir apporter des ressources financières complémentaires permettant de dynamiser la mise en oeuvre du plan logement outre-mer. Il faut tenir compte de la situation de chaque société et de chaque territoire où les démographies sont différentes et où les situations du patrimoine ne sont pas les mêmes non plus partout. Il y a des endroits où le patrimoine existant est dégradé et il faudra faire un effort de réhabilitation, de rénovation, voire de démolition et de reconstruction significatif. Et puis nous devrons faire un effort pour introduire davantage de diversité dans l'offre. C'est-à-dire que nous devons, lorsque c'est bien localisé, introduire la possibilité de quelques logements dans la catégorie intermédiaire pour attirer des cadres moyens sur certaines localisations. Nous devons aussi faire un effort pour faire davantage d'accession à la propriété. On ne pourra le faire du jour au lendemain, mais en prenant beaucoup de précautions pour sécuriser les accédants, éviter les situations de surrendettement et leur offrir la possibilité, s'ils regrettent leur décision, de redevenir locataire sans perdre d'argent. Il y a maintenant deux ans que nous avons commencé à étudier cette opération et nous connaissons assez bien la situation dans chaque territoire et ce qu'il faut c'est passer à l'action.

Quels sont vos objectifs eu égard aux prévisions du plan logement outre-mer qui table sur la construction de 1000 logements par an ?

Il y a six sociétés, cinq territoires différents, ce sont cinq problématiques différentes qu'il faut prendre en compte. Nous n'allons pas fixer aujourd'hui une limite haute parce qu'on voit bien que sur certains territoires comme la Guyane ou Mayotte, les besoins sont tout à fait considérables. Ils sont moins importants dans les Antilles, mais on continue d'avoir une croissance démographique en Guadeloupe et bien sûr à la Réunion. Notre objectif va être de tenir ce rythme de croissance. Nous allons aussi devoir faire pas mal de renouvellement. De ce point de vue, il faut souligner qu'il y a des ensembles immobiliers qui sont bien localisés et nous devons apprendre à mieux tirer profit de ces belles localisations pour produire des logements avec des ensembles collectifs un peu mieux adaptés aux besoins actuels.

Quand pourra-t-on connaître les objectifs que vous allez vous fixer ?

En termes de calendrier, au cours du mois de janvier, chaque conseil d'administration dans chaque SIDOM va faire approuver son plan d'affaires. Ce ne sont pas seulement des objectifs financiers, mais des objectifs opérationnels, combien de logements à construire, à réhabiliter ? Quels objectifs en gestion locative ? Tout cela est en cours. La SIDR et la société immobilière de Mayotte ont tenu leur conseil d'administration la semaine dernière, les autres suivent. Dans ces conseils d'administration, les actionnaires ont approuvé à l'unanimité les plans de développement et les plans d'affaires de chaque société.

L'état des lieux a-t-il été fait ?

Oui, l'état des lieux est assez bien réalisé. Maintenant, ce qu'il faut, c'est mettre en place des procédures de fonctionnement qui permettent de mieux maîtriser la gestion de chaque société. Il y a des erreurs dans le passé qui ont été commises. Par exemple, à la Réunion, on a développé des programmes de logements intermédiaires dans des localisations où il n'était pas envisageable de louer ce type de logements. Et il y a des dizaines de logements qui sont encore vacants ou qui sont mal utilisés, loués en-deça de leur valeur. Ce genre d'erreurs, il faut éviter de les commettre trop souvent parce qu'elles coûtent très cher et ce sont des sociétés qui ont besoin de tout leur argent pour être utiles et efficaces.

Un certain nombre de parlementaires ont critiqué ce projet de reprise et évoqué un risque de plus value indue. Comptez-vous réaliser des opérations immobilières ?

Le principe que nous appliquons quand nous prenons une participation dans une filiale comme la SIDR à la Réunion c'est que l'argent reste dans la SIDR. Nous ne remontons pas un euro et je dirai même qu'en réalité nous allons injecter des ressources supplémentaires dans chacune des SIDOM. Lorsque des opérations d'accession à la propriété, dans l'intérêt des occupants, sont réalisées, quand des locataires vont pouvoir se constituer un petit patrimoine cessible pour leur descendance, l'argent qui sera dégagé restera dans les sociétés en question pour développer davantage de logements. En métropole, nous faisons la même chose quand nous vendons des logements. Nous sommes une entreprise du secteur public ; c'est la Caisse des dépôts qui nous détient à 100 %. Il n'y a pas un sou qui sort de cette sphère ! Et la Caisse des dépôts, pour nous permettre de développer davantage, nous apporte des financements complémentaires d'une part et d'autre part nous exonère de dividende. Tout cet argent reste dans le périmètre de l'intérêt général. Et dans le cas des SIDOM, les ressources tirées de la vente de logements vont rester sur le territoire en question. Il n'y aura pas de transfert inter-DOM des plus values réalisées. Bien sûr quand on vend des logements en accession à la propriété, on fait des plus values parce qu'ils ont été amortis et même si on les vend à un tarif intéressant, on gagne de l'argent. Mais cet argent va être immédiatement réinvesti, réinjecté dans du nouveau patrimoine.

Une des principales critiques dont la SNI fait l'objet de la part des syndicats est de n'y connaître rien à l'Outre-mer. Quelle expertise offrez-vous ?

C'est vrai que nous découvrons l'Outre-mer, mais il y a un domaine dans lequel personne ne peur dire que nous ne connaissons rien, c'est le logement et l'habitat. Il me semble que c'est au moins aussi important d'être compétent en matière de logement et d'habitat dans la mesure où nous sommes disposés — et nous l'avons montré — à faire l'effort d'appréhension des réalités locales.

Est-ce que la SNI fait une bonne affaire ?

La SNI fait une bonne affaire en  termes de développement de ses implantations parce que nous sommes par nature et par désignation une entreprise nationale. C'est difficile de prétendre avoir une vocation nationale sans être présent dans les outre-mer. Cette opération, nous ne la faisons pas pour gagner de l'argent. J'ai dit et je répète que nous n'envisageons pas de remonter un euro de chacune de ces sociétés. Ce que nous faisons, c'est essayer de remplir notre rôle sur tous les territoires de la République indifféremment.

Les parlementaires ont critiqué ce prix de vente en établissant le prix moyen d'un logement à 2714 euros. Qu'en dîtes-vous ?

Je dis qu'on ne peut pas comparer des fonds qui sont donnés pour payer le capital social des SIDOM et de la valeur du patrimoine qui est à 80 % payée par la dette. Quand on rachète des sociétés, on reprend aussi cette dette et cette dette s'élève à plus de 3 milliards pour l'ensemble des SIDOM.

Malgré la recapitalisation de certaines d'entre elles ?

C'est sans commune mesure ! L'opération que nous faisons, fondamentalement, c'est une reprise d'endettement. Voilà le vrai sujet derrière cette opération. Ca n'est financièrement ni une bonne, ni une mauvaise affaire en ce sens que notre objectif est d'utiliser toutes les ressources présentes sur chaque territoire pour développer l'habitat. Pour être clair, c'est une affaire qui va nous coûter des dizaines de millions d'euros que nous allons financer avec la Caisse des dépôts pour améliorer le potentiel de développement. Raisonner en terme de prix au logement, c'est en quelque sorte biaiser le sujet. Par exemple, la dette de la SIDR est supérieure au milliard d'euros. La SIMAR, la SIMKO vont bien. La SIGUY a été recapitalisée et se trouve dans un plan de redressement qui va durer encore trois ans et la SIM va être recapitalisée, mais dans une échelle beaucoup plus petite.

Comment allez-vous travailler avec les collectivités locales présentes au capital de ces SIDOM ?

Le travail avec les collectivités territoriales est une obligation naturelle qui pèse sur nous. Nulle part, on ne peut réaliser d'opérations immobilières sans travailler en accord avec les collectivités. Notre métier est un métier qu'on ne peut pas faire contre les collectivités locales, mais avec elles. Simplement, il faut que chacun apporte ce qu'il doit apporter. La collectivité apporte l'expression des attentes locales, nous notre rôle est d'essayer de mettre tout ça en musique dans une perspective de professionalisation.de ces programmes et de leur gestion ultérieure.

Y aura-t-il des changements à la tête des SIDOM ?

Au stade actuel, il n'y a pas de changement envisagé.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 14:14

Loi asile et immigration outre-mer

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a si bien acquis le "réflexe outre-mer" cher à Annick Girardin que la loi "asile et immigration" s'appliquera dans les outre-mer aussi bien que dans l'Hexagone. Ce projet de loi ne dispose dans son état actuel d'aucune disposition spécifique aux outre-mer nonobstant les situations à Mayotte, en Guyane ou à Saint-Martin. Il n'en reste pas moins que la ministre des Outre-mer a sa propre réflexion relative à la situation de Mayotte et de la maternité de Mamoudzou, non seulement la plus importante maternité de France, mais encore d'Europe en termes de naissances ! "Il ne peut et ne doit y avoir aucun tabou sur Mayotte, a déclaré Annick Girardin à France-Antilles et France-Guyane. Toutes les solutions ont vocation à être discutées." Dans l'entourage de la ministre, on dit même que "les expérimentations, même celles autour d'un changement de statut, comme à la maternité de Mamoudzou par exemple, sont les bienvenues." De là à imaginer un statut d'extraterritorialité pour la maternité qui propose déjà tarifs low cost pour les mères comoriennes ? Ce n'est en tout cas pas (encore) au programme de la loi "asile et immigration".

FXG, à Paris

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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 07:00
Chalus chez Macron

Ary Chalus a été reçu hier à l'Elysée par le chef de l'Etat pendant une petite heure. Le président annonce la venue d'une mission d'expertise sur l'eau et la transformation du MACTe en établissement public de coopération culturelle. Interview.

"L'Etat est prêt à nous donner 400 millions"

Pourquoi cette visite à l'Elysée ?

Je vois le président de la République quand j'en ai envie si j'ai besoin de le voir ! Suite au mouvement qu'il y a eu en Guadeloupe concernant les problèmes d'eau, il fallait qu'après la réunion de jeudi dernier avec les présidents d'EPCI où la Région a annoncé qu'elle accompagnerait les travaux d'urgence à hauteur de 30 millions, il est clair qu'il fallait trouver un créneau pour nous recevoir, pour que je lui fasse part des difficultés que nous rencontrons et que nous risquons de rencontrer si on ne résout pas très vite ce problème d'eau. Je rappelle qu'au mois de décembre, il y a eu une pénurie d'eau dans les hôtels du Gosier et de Saint-François et surtout à la clinique et l'hôpital ! J'ai voulu sensibiliser le président sur l'importance que l'Etat puisse agir rapidement à nos côtés, Région, département, EPCI... Il nous faudrait au moins 400 millions pour régler définitivement ce problème.

Quelle a été sa réaction ?

Je ne vous cache pas qu'il a été très étonné que la Guadeloupe subisse ces difficultés. Il m'a même dit qu'il essaierait de faire de son mieux pour régler très vite ce problème et qu'il sera aux côtés des Guadeloupéens, des EPCI, de la Région et du département pour que nous puissions rapidement entamer les travaux. Il m'a aussi annoncé qu'il dépêchera dans le mois qui vient une mission d'expertise et qu'il appellera Bercy pour aller vite. Il souhaite pouvoir régler cette question de l'eau dans le quinquennat. Je lui ai rappelé le projet mis en place avec l'ancien gouvernement, 500 millions sur huit à dix ans ; il m'a demandé si ce serait possible d'aller plus vite, en moins de huit ans...

De quelles ressources financières a-t-il parlé ?

Il a cité l'Agence française de développement, la Caisse des dépôts et consignation... Nous lui avons fait un point global sur la situation parce que réparer dans l'urgence pour éviter les coupures et les tours d'eau en communes n'est pas satisfaisant. Il faut réparer définitivement. Le budget général eau et assainissement, c'est 900 millions, mais pour l'instant, nous ne parlons que d'eau, soit 5 à 600 millions maximum. Le président semble prêt à nous donner 400 millions et Si l'Etat nous donne 400 millions, nous ferons l'effort pour mettre le reste avec la Région, le département et les EPCI. Nous devons d'abord réparer les réseaux et par la suite nous parlerons de gouvernance... le président est pour qu'une structure unique gère tout cela.

Qu'avez-vous décidé pour le MACTe ?

Le Mémorial Acte est actuellement un gouffre financier pour la Région et nous lui avons demandé de pouvoir le passer en établissement public de coopération culturelle. Il m'a dit que ça serait fait normalement cette année avec le ministère de la Culture. Nous devons encore travailler avec les élus d'outre-mer pour conforter la place du MACTe dans la Caraïbe et dans la France. L'idée est d'avoir de nouveaux partenaires financiers pour diminuer la part de la Région...

Le président a-t-il confirmé qu'il viendrait à l'inauguration du cyclotron ?

Le cyclotron sera inauguré au mois d'avril et nous avons souhaité sa présence parce que c'est un enjeu important pour la Caraïbe qui envoie ses patients soit en Amérique, soit en Angleterre. On ne peut pas inviter des chefs d'Etat de la Caraïbe si le président ou au moins un ministre n'est pas là ! Le président Macron m'avait promis de venir en septembre... Ca nous fait un peu loin. Nous verrons si on peut attendre ou si l'on inaugure le cyclotron avec la ministre de la Santé et des chefs d'Etat de la Caraïbe.

Vous avez fait part de vos besoins financiers pour les routes...

Nous avons de gros chantiers de désenclavement à venir avec les déviations de La Boucan, Sainte-Marie, Sainte-Anne et Moudong. Nous avons besoin de 174 millions et nous travaillons avec les services de l'Etat de manière à trouver des moyens. Il m'a indiqué que s'il pouvait aller plus loin sur le montant qu'il est prêt à apporter pour l'eau, ca rendrait des marges de manoeuvre à la Région pour les routes. Nous ne pourrons pas accompagner l'eau et en même temps faire le désenclavement...

Concernant le chantier du CHU, y a-t-il une place pour les entreprises locales ?

Ce que nous voulons, la Région et l'Etat, c'est que nos entreprises ne soient pas des sous-traitants, mais des co-traitants. Là-dessus, le chef de l'Etat et moi, nous sommes sur la même longueur d'onde. Il m'a dit: "Il faut que les entreprises guadeloupéennes puissent travailler et donner du travail aux jeunes..." Cinq ans et 500 millions, il faut que suivions ça de près.

Propos receuillis par FXG, à Paris

L'expérimentation d'un droit de dérogation reconnu au préfet

Ary Chalus a demandé au président d'étendre à la Guadeloupe le décret du 29 décembre 2017. Il permet l'expérimentation d'un droit dérogatoire reconnu au préfet, susceptible d'accélerer les procédures notamment en matière d'aménagement du territoire, d'emploi et d'activité économique au nom de l'intérêt général. Cette expérimentation est déjà en oeuvre à Saint-Martin et Saint-Barth.

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