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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 06:59

La commune d'Entre-Deux pénalisée pour manque de logements sociaux

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, et son secrétaire d'Etat Julien Denormandie ont dévoilé mardi le bilan SRU 2014-2016 : 190 000 logements sociaux financés ou mis en service, soit une production en hausse de 35% par rapport à la période précédente. Cependant, lors de cette période, 649 communes n’ont pas atteint leurs objectifs sur les 1 152 communes concernées. Jacques Mézard a donc pris les mesures nécessaires, pour placer 269 communes en carence avec un taux de 36 à 41 % en-deça des objectifs. Parmi celles-ci, la commune réunionnaise d'Entre-Deux, seule commune d'outre-mer à intégrer la liste et qui devra à ce titre payer des pénalités. Chaque logement manquant à l’objectif assigné donne lieu à un prélèvement d’au moins 152 euros par an. Le montant de la sanction sera déterminé par arrêté préfectoral.

FXG, à Paris

 

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 06:38
Caroline Chopard et Zaf Zapha

Caroline Chopard et Zaf Zapha

Les voyages musicaux de Tout's Métisse

Zaph Zapha et le label Tout's Métisse présentent le 6ème livre-disque d'une collection basée sur le métissage des cultures et des musiques (pour les petits et les grands). Après les voyages musiciaux à la Nouvelle-Orlééans (Nola), en Afrique de l'Ouest (Dalaka), au Maghreb (Dounia), en Amérique Latine (Yemaya) et dans les mondes créoles (Kalenda), voici Amanha qui se penche sur les musiques brésiliennes.

Les auteurs, Zaf Zapha (musique), Laura Guery (Illustrations) et Caroline Chotard (textes) sont allés chercher des pointures de la musique bréslienne, Flavia Coehlo, Marcio Faraco, Albin De La Simone, Gerson Silva et Nazare Pereira, pour les accompagner dans ce voyage musical brésilien. La série a démarré avec l'album africain. "C'était une demande de mes enfants, explique le Guyanais Zaf Zapha, Il voulaient comprendre leur identité, leur métissage... Papa, on vient d'où ? Et ça c'était une sacrée question !" Faute de réponse clé en main à la médiathèque, il s'y est mis lui-même ! "J'ai commencé par Dalaka parce que l'Afrique, ça reste le centre, la base, le côté primaire !" Zaph n'a pas eu beaucoup de mal à caonvaincre les musiciens du monde entier. "J'ai travaillé pendant trente ans avec beaucoup de gens... Et j'ai pu chercher dans chaque région du monde les musiciens qu'il fallait !" Meiway, Fanta Mara, Diabate Diely, Moussa Kouyate et Elisabeth Kontomanou l'accompagne sur le premier opus, tandis qu'on retrouve Jacques Higelin dans Nola, Souad Massi dans Dounia et une pléthore des meilleurs artistes créoles dans Kalenda : Jocelyne Beroard, Mario Canonge, Davy Sicard, Oriane et René Lacaille, Kali, Lova Jah, Beethova Obas et Dédé Saint-Prix.

"Tous les artistes, poursuit Zaph, qui nous ont accompagnés et qui se sont investis dans ce projet parce que c'est leur culture, qu'ils veulent la montrer, la faire comprendre et la partager." Chaque album a été enregistré sur place pour avoir cette authenticité musicale et artistique. Et c'est vrai qu'en écoutant ces albums, on se sent là-bas !

Chaque livre a pris une année de travail, car il y a en amont un gros travail de collecte et de traduction des comptines traditionnelles, et un rédactionnel sur les éléments culturels des pays concernés. Enfin, chaque livre s'arrête sur les instruments traditionnels...

La collection a reçu un très bon accueil dans l'Hexagone et les auteurs regardent déjà du côté de l'Inde !

FXG, à Paris

Zaph le musicien voyageur

"Mon père faisait de la guitare dans les bals en Guyane, ma mère dansait aux Lauriers roses, une troupe de kassé ko.". Zaf Zapha a baigné très tôt dans un univers artistique et quand sa mère a offert une guitare à son père, elle s'est vite retrouvée dans les mains du petit Zaph. "Quand je suis entré en classe de sixième, je savais déjà ce que je voulais faire : musicien ! " Il apprend à jouer des musiques françaises comme du Brassens, se fait la main avec le répertoire de la variété française mais également la musique sud-américaine qu'affectionne beaucoup son père. Très vite Zaph devient musicien professionnel. Il accompagne ainsi de nombreux artistes français et étrangers comme Mathieu Bogaert, l'Ivoirien Meiway, le jazzman américain Cornélius ou encore Jacques Higelin...

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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 07:14
Prix innovation Outre-mer

Les prix Innovation Outre-mer récompensent les start-up de chez nous

Non seulement les start up made in outre-mer ont leur programme spécifique à la station F pour venir incuber dans le plus grand campus de France, mais encore, grâce à BPIFrance et Impact partenaires, elles ont leur concours dédié depuis trois ans avec les prix Innovation Outre-mer. Derrière tout ça, il y a le réseau Outremer Network. Jeudi dernier en présence d'Annick Girardin la ministre des Outre-mer et d'Elisabeth Moreno, pdg France de Lenovo, ont eu lieu les remises de récompense.

Le prix Stratégie a été remis à la chercheuse réunionnaise Anne-Laure Morel, fondatrice de Torskal, qui cherche à utiliser la biodiversité végétale de son île en nano-médecine. Le prix Social-Collaboratif a été remis à Gaël Musquet, un météorologue et adepte du logiciel libre, qui a monté sa start up CX Links pour gérer les risques météos en particulier de tsunami. Le prix Innovation E-Commerce a été remis à Thomas Laurent qui a monté sa start up Sogexis à la Réunion. Enfin, le prix Start up a été remis à deux Réunionnais, Vigile Hoareau et Jimmy Thomas pour leur plateforme musicale Crowdaa. Le premier est docteur en psychologie spécialisé en intelligence artificielle et serial-entrepreneur ; le second est "former vice-président de la Motown, producteur de Tupac, Notorious Big ou Wu Tang.

Enfin, un prix coup de coeur a été remis à la start up Néoz des Guadeloupéens Joséphine Garrick et Mathieu Thorin qui réinventent le négoce international.

FXG, à Paris

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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 16:46
Marc Ferro à son bureau le 26 octobre 2017

Marc Ferro à son bureau le 26 octobre 2017

Marc Ferro, l'historien âgé de 94 ans, est l'auteur d'une "Histoire des colonisations" (2010) qu'il ressort en version de vulgarisation sus le titre "Le colonialisme expliqué à tous" (Seuil, 2016). Interview.

"Les attentats sont l'héritage de la colonisation et de la régénération de l'islamisme"

Comment le spécialiste de la Révolution russe que vous êtes s'est-il intéressé à l'histoire des colonisations ?

Je n'avais aucune raison de m'intéresser à la colonisation, mais j'ai été nommé professeur à Oran en 1948, j'avais 23 ans. Je ne connaissais rien de l'Algérie ; j'avais quelques notions sur le problème colonial en France parce qu'il se trouvait que le parrain de ma fille était l'avocat des Malgaches (Joseph Raseta, etc...) et, en 1947, il avait écrit un petit bouquin, "Justice pour les Malgaches". Grâce à lui et sa femme, Renée Stibe qui, elle, a été par la suite l'avocate de Ben Bella, j'avais une petite coloration    n en quittant Paris, mais c'est tout ! J'étais un métropolitain, je n'avais aucune connaissance personnelle, si ce n'est, grâce à Stibe, une petite connaissance du procès des Camerounais et de quelques problèmes coloniaux.

Comment découvrez-vous Oran en 1948 ?

Je croyais que "le quartier nègre" était le quartier où il y avait des Noirs, alors qu'en fait, c'était le nom que donnaient les Pieds noirs aux Arabes dans ce quartier. J'étais nul ! Pas politiquement, puisque j'avais été résistant au Vercors, mais je n'avais aucune raison de m'intéresser aux problèmes coloniaux. On m'avait nommé là-bas, ma femme avec...

Et quel était votre état d'esprit ?

En arrivant en Algérie, je n'avais qu'une seule chose en tête, c'était le réarmement allemand ; j'étais évidemment contre. Je n'étais ni communiste, ni socialiste, je n'étais rien du tout, mais c'était pour moi un militantisme normal. J'ai si bien milité qu'au bout d'un an à peine, on m'a proposé de devenir le président du mouvement de la paix, ouh la la... J'ai refusé, mais j'ai été introduit dans les affaires du pays. Je voyais des communistes, je voyais des Musulmans... On disait alors plutôt des indigènes ou des Arabes. Et j'ai pu voir au mouvement de la paix où je militais que chaque fois qu'un de mes camarades musulmans proposait une motion pour le développement ou l'enseignement de la langue arabe, c'était toujours le dernier point de l'ordre du jour et ça ne passait jamais. Petit à petit, j'ai vu comment ça fonctionnait et le résultat, c'est que je suis devenu un militant des droits de la population algérienne à voire son identité reconnue.

Et vous avez fondé Fraternité algérienne ?

J'ai créé ce mouvement avec Jean Cohen. J'ai écrit un texte qui a été la motion et un programme de cohabitation franco-algérienne, une sorte de proposition de statut nouveau. Notre motion a été très bien accueillie et signée par 300 musulmans sur 600 personnes. On n'avait jamais vu ça ! Du coup, on a été voir Guy Mollet. C'était le 6 février 1956. Les communistes avaient voté oui, mais ils n'avaient délégué personne tandis que l'UDMA et le MTLD avaient envoyé quelqu'un. Dans la délégation, il y avait un catholique qui s'appelait Duchemin et le président de Fratenité algérienne qui était un médecin connu dans la ville. Dans le train, le gars de l'UDMA, un certain Mohamed, m'a demandé ce que c'était que le maquis, ce que j'y avais fait... J'étais surpris qu'il m'interroge là-dessus puisqu'il appartenait au mouvement de la paix... A peine arrivé à Alger, il ne nous a pas rejoint au rendez-vous chez Guy Mollet, il est entré dans un maquis. Quand je suis revenu à Oran, les communistes nous ont blâmé d'avoir fait une démarche par l'intermédiaire de la préfecture, c'est-à-dire de collaborer avec l'Etat bourgeois, et on a tous démissionné ! Le parti communiste a repris Fraternité algérienne jusqu'au jour où le FLN a ordonné aux communistes de ne plus être adhérents qu'au FLN et non plus au parti, même au PCA. C'est ainsi que j'ai eu une expérience coloniale du dedans !

Ca ne fait pas de vous pour autant un spécialiste...

Après l'Algérie, j'ai enseigné à l'université de Trinidad, je suis passé à la Martinique, au Canada, en Australie, en Guinée, en Tunisie, au Maroc, en Sibérie orientale, au Turkestan... Au fond, j'ai été un peu dans toutes les colonies. Et je me suis dit que j'avais vu, senti des trucs et que j'allais faire un bouquin dans lequel je dirais moins de connerie que les autres !

Vous faites le lien entre les attentats qui ont touché la France depuis 2015 et la colonisation, pourquoi ?

C'est du ressentiment... Mais, je crois qu'il y a deux choses. D'abord, vous observez que les 9/10e des attentats viennent du Maghreb. Qu'il y ait un lien avec notre colonisation, si on veut le nier, c'est qu'on ne veut rien voir. Mais on ne voit pas du même coup qu'il n'y a jamais eu d'attentat commis par des vietnamiens, ni par des gens de l'océan Indien, ni par des Caribéens, ou exceptionnellement... Ca veut dire que, vu mon passé, je juge que les attentats, forcément, sont l'héritage de la colonisation en Afrique du nord, mais dans la mesure où des colonisations n'ont pas secrété d'attentats, même s'il y a eu des guerres, ça veut dire que les attentats ont un autre foyer. Il y a deux foyers, celui qui émane de notre présence et celui qui émane de la régénération de l'islamisme parti d'Iran, d'Arabie, de l'Afghanistan... Il y a les deux, tantôt, c'est l'un, tantôt c'est l'autre et ils se nourrissent l'un l'autre.

La France a voté la loi de laïcité en 1905, mais ne l'a jamais appliqué dans ses colonies. Ceci explique-t-il cela ?

Vers 1997, juste avant que j'écrive un livre noir du colonialisme, j'ai été invité à faire une conférence à l'université d'Oujdah... J'ai pu passer un long moment avec le professeur, ses collègues et une vingtaine d'étudiants à discuter de l'islam, de la révolution, des Arabes, des femmes... Quand je leur ai demandé où étaient leurs femmes, il y a eu un silence de plomb. Puis, le prof qui m'avait invité m'a remis un petit paquet cadeau, un bouquin manifestement. Il m'a demandé de ne l'ouvrir que lorsque je serais hors du Maroc. Mystérieux... J'ai alors compris à certains détails que c'étaient des intégristes. Arrivé à Paris, j'ai découvert l'ouvrage d'Abdessalam Yassine, l'équivalant du mufti au Maroc, celui qui avait condamné Hassan II, lui reprochant de ne pas être assez musulman. Le titre de ce livre, c'était "Islamiser la modernité" et non pas "moderniser l'Islam". Il développait toute la théorie de l'intégrisme islamiste. La couverture représentait un gratte-ciel composé en chiffres numériques et au sommet le croissant de l'Islam. Dans cet ouvrage, Yassine écrit que les Français, avec leur laïcité, sont restés des années en Algérie sans se rendre compte que les Musulmans n'avaient pas de clergé. Et ils ne se sont pas aperçus que les lois d'Etat étaient des lois contre la religion de l'Islam. Autrement dit, Yassine et les intégristes nous accusaient d'abord d'avoir été aveugles, puis d'avoir voulu désislamiser comme on a décatholicisé en France, et surtout, ils nous reprochent d'avoir voulu faire adopter aux Musulmans nos principes sur les droits de l'Homme alors que nous-mêmes ne les appliquions pas.

Le terrorisme de Daech est-il comparable à celui qui voulait s'affranchir de la tutelle coloniale ?

La différence qu'il y a entre le premier terrorisme, celui d'avant la guerre d'Algérie, et le deuxième, celui qui a été initié par la révolution iranienne et Khomeiny, c'est qu'il y a eu une sorte de réveil international de l'Islam qu'il n'y a pas eu après la guerre d'Algérie. Car après l'Algérie, c'est plutôt vers Cuba que les gens se dirigeaient... Et le troisième assaut que Daech exprime plus que d'autres avant, c'est de retrouver avant tout son identité première, le salafisme, sans objectif précis, alors que pour l'Algérie, l'objectif était quand même l'indépendance. Khomeiny voulait islamiser la modernité et faire la révolution mondiale en épurant l'occidentalisme pourri par l'argent... C'est comme ça que Michel Foucault s'était rallié ! Mais ce troisième terrorisme a une perspective qu'on pourrait qualifier de nazi. Un des membres de Frères Musulmans du Caire donne des instructions sur la façon d'éduquer les enfants pour que ce soit une race pure, non pas pure en n'épousant pas des Chrétiens, mais pure en travaillant le corps du bébé, comme on redresse  un roseau qui n'est pas droit. C'est-à-dire une chimie appliquée à l'homme pour le redresser, pour que le Musulman soit pur de tout élément venu de l'extérieur.

Comment expliquez-vous que dans ce mouvement terroriste moderne, on trouve des personnes issues de l'Afrique subsaharienne, comme Amédy Coulibaly, voire des Antilles ou de la Réunion comme Willy Brigitte ou Fabrice Clain ?

Au milieu des années 1970, j'ai voulu rencontrer les Black Panthers mais ils étaient clandestins. Grâce à mon réseau d'anciens étudiants, j'ai fini par y arriver... Ils étaient une trentaine et je n'ai alors vu que deux ou trois Noirs. Il y avait des Latinos, des Asiatiques, des Blancs... C'était encore le temps de la tricontinentales et je me suis souvenu de ce slogan : "Nous ne nous voulons pas Noirs, mais révolutionnaires." Ce que je veux dire, c'est que chez les Islamistes, leur islamisme est au-delà du racisme et leur doctrine sublime un peu ces problèmes. Chez les durs, ça donne les crimes les plus incroyables, mais chez les mous, ça donne de bons rapports avec des gens qui ne sont pas de leur peau. Ils ont une vision mondiale de l'humanité, c'est la terre entière qu'ils entendent dominer dans leurs écrits.

Qu'est-ce qui a fait que l'islamisme a pris le dessus sur le tiers-mondisme et la tricontinentale ?

Le tiers-mondisme et Castro ont échoué complètement. Castro lui-même en a eu marre d'être obligé à cause de Che qu'il aimait bien de donner du fric pour l'Angola, le Congo, le Chili, le Paraguay... Donc, Castro a calmé ce jeu là ; Che a été tué très tôt. Il n'y avait donc plus l'internationaliste type... En France, les mouvements trotskistes et maoïstes étaient morts ; les dernières manifs contre la guerre du Vietnam, c'était en 1973 ! Tout ce champ révolutionnaire est apparu comme sans issue au point que Foucault a commencé à saluer Khomeiny ou que le communiste Roger Garaudy s'est converti à l'Islam... Ils ont agit ainsi pour des raisons de pureté même si Foucault a admis s'être trompé après...

Comment expliquez-vous l'exception française avec ses DOM et ses COM ?

Les Antilles sont les pays où il y a eu le plus de métissage. Quelle est la civilisation où il n'y a pas eu de guerre après les conquêtes, à deux exceptions près, c'est l'Amérique latine où il n'y a que du métissage. Et il n'y a pas de doute que quand il y a du métissage, comme au Brésil, il y a très peu de conflits raciaux. Il y a du racisme, bien sûr, mais rien à côté de ce qu'on peut voir ailleurs... Il existe une discrimination économique et politique forte, mais dans la rue, tout le monde couche ensemble ! les Noirs, les Indiens, les Blancs, les Jaunes... Ca change tout ! En Algérie, il n'y a pas eu de métissage alors qu'au Vietnam, il y en a eu pas mal, comme en Inde... Je suis venu en Martinique une fois où j'ai présenté mon film sur Castro. Il a été très applaudi puis un étudiant m'a demandé si, moi le spécialiste de l'analyse filmique, j'avais analysé mon film... Pris à contrepied, je me suis souvenu d'une séquence et je leur dit : "Oui, je remarque que Castro n'est entouré que de femmes blanches..." Qu'est-ce que je n'avais pas dit ! Ils m'ont foutu dehors pas la fenêtre, de fureur !

Pourquoi, prenez-vous soin dans vos ouvrages de bien relier esclavage et colonialisme ?

Je cris que les gens confondent deux autres choses... Quand Macron a dit que la colonisation était un crime contre l'humanité, je pense qu'il a commis une erreur qui n'est pas à la hauteur de  son intelligence, de ses connaissances. Il aurait dû dire que les conquêtes coloniales étaient un crime contre l'humanité, parce que ça, c'est vrai. mais la colonisation n'a pas été vraiment un crime contre l'humanité. La guerre d'Algérie, oui mais pas avant. J'ai été prof là-bas pendant huit ans...

Il y a eu le travail obligatoire, les transplantations de populations, le régime de l'indigénat...

Je ne dis pas que c'était un sanctuaire de bons sentiments, mais j'ai connu l'occupation allemande, j'ai connu la France en Algérie, ça ne m'est pas venu à l'esprit, même si j'ai milité pour un nouveau statut de l'Algérie, de faire une comparaison entre les types d'oppression qu'il y avait. Quand j'étais en Algérie, je n'ai pas eu l'impression de participer à un crime contre l'humanité en étant colonisateur, c'est trop là ! Les conquêtes coloniales, oui ! Les répressions, oui ! Mais toute la colonisation n'est pas un crime contre l'humanité... Ca ne veut pas dire que ce que la France a fait, c'était pour eux, c'était pour nous ! Ca ne veut pas dire que la France les traitait bien, on les traitait mal ! Je n'aurais pas milité pour 'indépendance ou la souveraineté de l'Algérie si j'avais jugé qu'on les traitait bien... Mais de là à dire que la colonisation a été un crime contre l'humanité, c'est trop ! Mitterrand a refusé une trentaine demandes de grâce sur 300 condamnations à mort. Mais même 300 condamnations à mort, ce n'est pas un crime contre l'humanité, c'est un crime bien sûr... Au Caire, au mois d'avril 1956, un dirigeant algérien a dit qu'on avait commis un génocide en Algérie... On l'a commis certainement pendant la conquête. Bugeaud faisait flamber les villages... Mais pas après ! Il y a eu de l'oppression et tout ce qu'on veut, 36 morts par Mitterrand au moment où il commençait à y avoir des attentats aussi...

Vous parlez du général Bugeaud, on pense à la chanson "la casquette du père Bugeaud"... A quel moment, l'enseignement de la colonisation a-t-il failli en France ?

Dès le début ! On ne fermait pas les yeux, mais on avait des yeux qui ne voyaient pas les mêmes choses. Moi, j'ai enseigné la colonisation en Algérie et j'ai raconté que Bugeaud faisait incendier les douars, Galliéni passait les Malgaches au fil de l'épée et je ne sais plus qui au Vietnam entassait dans des sacs des têtes d'Indochinois... Je ne cachais rien à mes élèves et c'était dans tous les bouquins, le Mallet-Isaac comme dans le manuel catholique ! On ne le cachait pas mais on n'avait pas la même vision des choses et on ne mesurait pas les crimes à la même aune. On n'en mesurait pas l'horreur...

La loi du 23 février 2005 a réveillé tous ces vieux démons avec les aspects positifs de la colonisation... l'histoire était une source de conflit...

Elle l'est toujours ! Cela dit Taubira que j'aime beaucoup et qui aime beaucoup ce que je fais, pousse un peu. Quand Pétré-Grenouillot a écrit son livre sur l'esclavage, il a montré ce qu'on savait mais qu'on n'avait jamais écrit, non seulement qu'il y avait eu des esclavagistes noirs avant les Portugais, mais qu'il y avait surtout eu des esclavagistes musulmans et des révoltes de Noirs en Arabie. Quand Pétré -Grenouillot a écrit que l'esclavage arabe, même avec des esclaves châtrés, était surtout domestique contrairement à l'esclavage de travail de la traite Atlantique, Mme Taubira a été scandalisée et les Antillais s'en sont pris à Pétré-Grenouillot à cause de ce livre, Mme Taubira a soutenu les Antillais. Pétré-Grenouillot disait seulement une vérité historique et ce chercheur n'a pu donner une conférence parce qu'il y avait des gens qui l'attendaient pour le tabasser... Mais Taubira avait raison sur un point, l'esclavage était un crime contre l'humanité. La colonisation a été un scandale, mais il ne faut pas tout mettre dans le même sac ! On est en fait tellement blessé par nos échecs qu'on ne supporte pas qu'on les rappelle.

Et d'autres qui sont à glorifier comme l'action médicale coloniale ?

En Afrique du nord, les indigènes n'ont pas voulu se faire vacciner. D'abord parce qu'on leur avait dit que c'était de la vache, ensuite, mais ils n'ont pas trouvé ça crédible, ils ont cru que c'était tiré des européens, les vaccins... Et ils ne voulaient pas recevoir du sang de roumis...

Il y a eu les affrontement coloniaux non-sud, les affrontement politiques, est-ouest... Qu'est-ce qui a changé ?

André Akoun était un de mes amis d'Oran, un Juif français dont le père glorifiait Freud et Marx. Mais lui glorifiait Maurice Thorez, Jacques Duclos... En 1956, André Akoun était communiste et pour l'indépendance de l'Algérie. Et c'est vrai que les indépendantistes disaient à l'époque que les Juifs étaient du pays. Or, voilà qu'après que les communistes aient voté les pleins pouvoirs à Guy Molet, ce qui lui fait quitter le PCF, à mon ami Akoun, voilà que les jeunesses algériennes dont il faisait partie décident que désormais ce seront les Jeunesses algériennes musulmanes. Donc, il a été exclu de fait. Il a écrit dans un livre : "J'ai quitté l'Algérie et puis c'est l'Algérie qui m'a quitté." Il y a aussi l'histoire de cet homme qui a été un des pères du maoïsme en France. Chaque année, avec ses amis, ils se réunissaient pour fêter la montée du trotskisme en France. Il y avait deux ou trois branches dont les lambertistes dont il avait partie avant de devenir maoïste. Là, il y avait Jospin, Cambadelis, Drai... Le jour où les lambertistes se sont rapprochés de Mitterrand, donc ils sont devenus entristes soit dans les syndicats, soit dans le parti, soit au pouvoir, le maoïste a jugé que c'était la fin des fins, que la révolution par l'Europe était morte pour toujours et il s'est suicidé. Il en a réchappé mais il n'a plus jamais parlé jusqu'à sa mort en 2003. Que ce soit pour cet homme ou pour André Akoun, il n'y avait plus d'histoire... Il s'est passé ça aussi !

 

 

Propos recueillis par FXG, à Saint-Germain-en-Laye

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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 06:22

Une proposition de loi pour les victimes du chlordécone

La députée Hélène Vainqueur-Christophe (Nouvelle gauche, Guadeloupe) a annoncé son intention de présenter une proposition de loi en vue de l’indemnisation des victimes du chlordécone et du paraquat en Guadeloupe et en Martinique. "Mon objectif, assure la députée de la 4e circonscription de la Guadeloupe, n'est pas d'incriminer les pouvoirs publics ni de contester l'utilité des plans chlordécone, mais de passer d'une logique de sensibilisation  et  de  protection  à  une  logique  de  réparation  des  préjudices  des  victimes  de  ces  produits  et singulièrement les professionnels (pêcheurs et agriculteurs)."

Hélène Vainqueur-Christophe a été reçue mardi par le cabinet d'Annick Girardin, qui lui aurait donné l'assurance de la ministre de la soutenir. Avant toute chose, la députée  entend organiser un vaste cycle de consultations avec des associations, des socioprofessionnels et des experts afin de recueillir leurs propositions et "créer un dispositif de réparation efficace, partagé par tous". Elle propose, par ailleurs, que les assises des Outre-mer soient l’occasion d’aborder cette question sur le plan sanitaire et économique.

FXG, à Paris

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 07:36
Christophe Aubel, directeur général de l'AFB

Christophe Aubel, directeur général de l'AFB

L'AFB veut être une sentinelle du changement climatique

Christophe Aubel, directeur général de l'Agence française de la biodiversité (AFB), a ouvert, jeudi matin au Sénat un cycle de tables rondes sur la biodiversité ultramarine. "Ce partenariat avec le législateur est nécessaire, estime-t-il, pour éclairer la décision publique. Il faut éviter de refaire les erreurs que nous avons faites dans le passé comme opposer les activités humaines (tourisme, génétique, biomasse) et la défense de la biodiversité. "Nous voulons faire changer le regard sur la biodiversité, explique Christophe Aubel, car la biodiversité n'est pas un empêcheur mais un atout !" Il veut donc jouer la carte de la biodiversité comme source de développement. Si la nouvelle législation sur la recherche des hydrocarbures en Guyane ou  l'impact environnemental d'un chantier comme celui de la Nouvelle route du littoral à la Réunion peut faire débat, le DG de l'AFB rappelle que la décision ne lui appartient pas, mais relève du politique, et qu'en revanche son agence peut jouer un rôle de police de la nature, qu'elle peut fournir des outils techniques pour "éviter, réduire ou compenser les impacts sur la biodiversité". Bien sûr, le changement climatique est au coeur des préoccupations de l'AFB, car il ne peut qu'impacter les précipitations, le rythme des saisons, le cycle de l'eau et donc l'équilibre des sociétés humaines. C'est pourquoi l'AFB revendique un rôle de sentinelle pour aider à atténuer les effets du réchauffement climatique.

L'AFB doit encore établir son contrat d'objectif et de performance pour les cinq prochaines années à venir. Pour l'heure, elle a déjà ses actions propres. Elle a ainsi voté récemment une enveloppe de 4 millions d'euros, un fonds de solidarité après les cyclones Irma et Maria, pour l'assainissement et la restauration du milieu. Christophe Aubel ajoute aussi que le nombre d'aires marines éducatives est ainsi passé de 8 à 55 dont 13 en outre-mer.

En janvier, l'AFB doit lancer un appel à projets en direction des territoires d'outre-mer et de leurs acteurs économiques et associatifs pour favoriser la restauration et la valorisation de la biodiversité et pas seulement pour des actions de sensibilisation. "Tout doit être décidé en accord avec les territoires, assure Christophe Aubel, et pas par moi depuis mon siège de Vincennes." Le directeur général de l'AFB estime que si ses missions l'obligent à financer de gros projets de type adduction d'eau et assainissement, l'agence se doit de financer des micro-projets autour de villages, d'associations pour répondre aux besoins quotidien des gens en outre-mer.

FXG, à Paris

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 05:45

Annick Girardin et Muriel Pénicaud attendues

Annick Girardin effectue ce week-end son dernier déplacement de l'année dans un territoire d'outre-mer. Accompagnée de Jean-Marc Mormeck, le délégué interministériel à l'égalité des chances des Français des Outre-mer, la ministre doit arriver vendredi en Martinique où sa collègue, ministre du Travail, Muriel Pénicaud doit la rejoindre lundi après un déplacement en Guadeloupe et à Saint-Martin. Samedi Annick Girardin animera dans le cadre des assises un atelier culture. Dimanche sera consacré à la mer. La journée de lundi, avec la ministre du travail sera consacrée à la formation. Enfin, mardi, le rapport du conseil économique, sociale et environnemental sur les violences faites aux femmes en Outre-mer lui sera remis. A cette occasion, la ministre a choisi de se rendre, entre autres, à France-Antilles, une entreprise qui respecte la parité homme femme.

FXG, à Paris

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 05:30
Les ministres Frédérique Vidal et Annick Girardin

Les ministres Frédérique Vidal et Annick Girardin

Le CNES augmente sa contribution à l'économie locale

Pesant 17 % du PIB de la Guyane, la filière spatiale va réhausser sa contribution financière de 10 millions d'ici 2020.

C'était une ligne dans le texte de la loi égalité réelle outre-mer : un rapport du gouvernement "présentant les différents scénarios permettant une augmentation des retombées financières de l'activité spatiale sur les collectivités territoriales de Guyane". Préparé par l'inspection générale des affaires sociales, de l'administration et des finances, ce rapport rappelle que la filière spatiale représente 1700 emplois directs, 7000 indirects, soit 25 % de l'emploi privé, et 17 % du PIB (estimé à 4 milliards). Un tiers des marchés publics du CNES sont réservées aux PME locales dans le cadre du programme Ariane 6 et l'Union des employeurs de la base spatiale regroupe les membres de la communauté industrielle et 37 sous-traitants.

Au titre du plan partenariat hermès au développement régionale (PHEDRE), le CNES a contribué à hauteur de 50 millions de 1990 à 1997. Sur la période 2000-2013, le CNES s'est impliqué dans le contrat de plan Etat, Région en permettant de créer ou de sauvegarder 3900 emplois. Pour la période 2014-2020, le CNES s'est engagé à hauteur de 28 millions dans le cadre du contrat de plan, et 13 millions dans le contrat de projet en faveur des communes et des associations.. En outre, des engagement supplémentaires à hauteur de 11 millions ont été pris en faveur des îles du Salut et de l'hôtel des Roches.

Une chaire spatiale

Le rapport préconise une augmentation de la contribution de la filière spatiale au développement de la Guyane. Le gouvernement a écarté la piste de l'alourdissement de la fiscalité de la filière qui n'aurait rapporté que 1 à 4 millions au mieux. Ce sera donc une hausse de la contribution du CNES de 10 millions d'euros (3 millions par an), portant l'effort jusqu'en 2020 à 50 millions. Une somme assez importante puisque le budget de la base spatiale est de 200 millions quand le budget global du CNES est de 1,5 milliards. Le gouvernement propose aussi de rénover les liens qui unissent le CNES aux collectivités et aux associations. Il y a aujourd'hui 17 conventions bilatérale... Il s'agira donc de donner plus de lisibilité, de cohérence pour maximiser les interventions de l'Etat et des collectivités. L'idée générale est de mieux associer les collectivités afin qu'elles participent aux choix stratégiques concernant l'emploi des sommes lâchées par le CNES en Guyane. Une grande partie de cet effort doit bénéficier à la formation, l'éducation, l'apprentissage spatial et l'enseignement supérieur. Une chaire spatiale sera créée à l'université de Guyane et le nombre de bourses d'études va être multiplié.

FXG, à Paris

Frédérique Vidal, ministre d'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation

"Nous allons faire un effort sur la formation des maîtres"

A partir de quand ces 10 millions supplémentaires seront disponibles ?

Ca fait partie du budget du CNES, dès l'année 2018 et jusqu'à l'année 2020. Il s'agit de compléter les 40 millions que le CNES avait prévu d'investir d'ici 2020.

Comment ces sommes vont-elles être utilisées ?

J'ai demandé au CNES de me fournir pour le tout début du mois de janvier un rapport opérationnel de façon à ce que nous soyons en capacité de valider de manière très concrète les actions qui seront soutenues par le CNES avec ces nouveaux financements. Ce sera une programmation que nous validerons avec Annick Girardin et que nous positionnerons dans le cadre des conclusions des assises des Outre-mer.

Comment se fera le lien avec l'université de Guyane ?

Le lien avec l'université de Guyane se fait au travers de mon ministère qui a à la fois la tutelle du CNES et de l'UG. J'ai déjà eu l'occasion de rencontrer le président de l'UG et nous voulons travailler à la mise en place de formations, notamment en apprentissage autour des sujets du spatial, mais plus largement autour de tous les centres d'intérêt économique de la Guyane.

Que prévoyez-vous concrètement pour la formation  des jeunes ?

Nous allons faire un effort sur la formation à la fois des nouveaux diplômés et sur la formation des maîtres de manière à avoir suffisamment de gens formés pour les écoles du primaire et du secondaire. Nous y travaillons avec Jean-Michel Blanquer.

Propos recueillis par FXG, à Paris

François Ringuet, maire de Kourou

"Il reste encore des bidonvilles"

Etes-vous satisfait de cet effort du CNES ?

10 millions d'euros en plus pour la Guyane, c'est une très bonne chose. Le rapport qui a été fait sur l'activité spatiale montre bien que la participation du CNES est bien réelle, mais en même temps, il faut faire attention aux Américains ! La concurrence existe. Donc, oui, le CNES doit contribuer mais il ne faut pas fragiliser l'activité spatiale.

Qu'est ce que ça représente pour votre ville ?

Il y a près de 900 personnes qui travaillent directement sur le spatial. Le spatial, c'est 17 % du PIB et 9000 emplois indirects. Ca veut dire que la ville de Kourou vit autour du spatial et il ne faut donc pas fragiliser l'activité première. Le premier employeur à Kourou, c'est le spatial !

Qu'en est-il des bidonvilles aujourd'hui ?

A travers la ZAC 2 et l'opération d'intérêt national, la ville va se développer en même temps que l'activité spatiale. Kourou s'est toujours développé en fonction des nouvelles campagnes et là, avec Ariane 6, la ville va encore se développer et plus rapidement. Oui, il reste encore des bidonvilles sur Kourou, mais nous avons reçu des financements pour réhabiliter la cité du stade, près de 2,5 millions ont été rajoutés et 2 autres à venir dans le cadre du plan Phèdre.

Quelles retombées escomptez-vous côté enseignement à Kourou ?

La plupart des jeunes qui sont à l'IUT de Kourou travaillent après leur cursus au centre spatial et dans les 42 entreprises de l'union des employeurs de la base spatiale. D'un point de vue scolaire nous allons lancer une nouvelle dynamique en commençant à travailler avec les enfants dès l'école primaire. Ce sera une école purement numérique pour préparer les plus jeunes au monde numérique et spatial pour les préparer à intégrer des écoles comme l'IUT puisque depuis quelques années, nous avons des jeunes directeurs des opérations sur le spatial, de jeunes ingénieurs. C'est pour ça que nous allons mettre 9 millions d'euros pour l'école Saba en partenariat avec Ariane Groupe.

Kourou pourra-t-il rivaliser un jour avec Toulouse ?

Je voudrai que Kourou ressemble à Toulouse dans le domaine du spatial, oui, c'est ça mon objectif !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 06:38
Jacques Ambrosio, président du jury de présélection, et Patrick Karam, vice-président de la Région IdF

Jacques Ambrosio, président du jury de présélection, et Patrick Karam, vice-président de la Région IdF

Le concours de Chanté Nwel a démarré en Ile de France

La Région Ile de France a débloqué 80 000 euros pour financer le premier concours de Chanté Nwel. L'association des amis des îles (où l'on retrouve des personnalités comme Jacques Ambrosio et René Silo) a remporté l'appel d'offres pour être l'organisateur avec la Région de ce concours. Le Guadeloupéen Patrick Karam, vice-président de la Région en est à l'initiative. "J'ai voulu, explique-t-il, qu'on donne à cette longue tradition antillaise dans l'Hexagone une reconnaissance officielle. C'est injuste que ces manifestations restent dans l'anonymat le plus total alors qu'elles rencontrent un franc succès !" Pour participer, les associations doivent se faire "labelliser" à la Région qui leur remet aussitôt 300 euros. Une quarantaine se sont d'ores et déjà fait labelliser et les chanté Nwel ont déjà démarré. Patrick Karam explique qu'il a écrit à tous les maires de la Région pour que le meilleur accueil soit fait à ces manifestations et que des salles leur soient éventuellement proposées. Jacques Ambrosio est à la tête d'un jury chargé de présélectionner les finalistes. Le cahier des charges impose que ces événements soient gratuits et que les livres de cantiques soient aussi mis à disposition gracieusement. A l'arrivée, l'association lauréate recevra 3000 euros, les deux suivantes, 2000 euros chacune et les trois suivantes, 1000 euros chacune. Ces chanté Nwel devront se dérouler avant le 23 décembre. Le 14 décembre, un grand Chanté Nwel aura lieu au siège de la Région Ile de France, mais celui-ci sera hors concours.

FXG, à Paris

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 06:10

Tram'Tiss débouté face à la Région

Comme le préconisait le rapporteur public lors de l'audience en Conseil d'Etat le 17 novembre dernier, le pourvoi en cassation de la société Tram'Tiss contre la décision de la Région de renoncer au chantier du tram-train n'a pas été admis.

la société Tram'Tiss avait demandé au tribunal administratif de Saint-Denis de condamner la Région à lui payer 169 727 135 euros au titre du préjudice subi suite à la résiliation du contrat passé pour la réalisation du tram-train. Le tribunal comme la cour administrative d'appel de Bordeaux ont rejeté cette demande. Tram'Tiss estimait pour faire valoir son pourvoi en cassation que la Région l'avait grugé car la mise en oeuvre du contrat dépendait d'analyses prospectives financières que la Région n'avait pas jugé opportune de présenter à son client. En prétendant renoncer à l'entrée en vigueur du contrat, donc du projet, pour des raisons financières, la Région aurait commis une erreur de droit eu égard au principe de loyauté contractuelle alors qu'elle aurait voulu "se soustraire à ses engagement pour des motifs purement politiques". L'argument a été rejeté et le Conseil d'Etat a reconnu toute la validité de la clause suspensive, rajoutée, il est vrai, la veille de la signature du pré-contrat ! Son pourvoi a donc été rejeté

FXG, à Paris

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