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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 13:30

Macron veut parler à la jeunesse africaine

Le groupe audiovisuel TRACE propose le 3 décembre sur ses antennes une rencontre avec le président de la République française.

A l'occasion de son déplacement en Afrique, du 28 au 30 Novembre 2017, et du sommet Europe-Afrique qui se tient à Abidjan, le président de la République française, Emmanuel Macron a accepté l’invitation de TRACE, à répondre aux questions posées par les jeunes générations africaines. Cet entretien se présentera sous forme d'un dialogue avec la jeunesse africaine et sera diffusé lors d'une émission spéciale, présentée par la journaliste Alice Tumler sous le titre : "TRACE rencontre le président Macron, une conversation avec la jeunesse africaine." En moins de 24 heures, annonce la chaîne, plus de mille questions ont déjà été envoyées au président via les réseaux de TRACE. Les principaux thèmes abordés sont la redéfinition de la relation France-Afrique, l’accès à l’éducation et à la formation, le rôle de la France auprès des gouvernements en place en Afrique, la réussite professionnelle, les transferts de compétences, l’emploi des jeunes en Afrique, la place des femmes dans la nouvelle société africaine, l’importance de la culture et du sport dans l’Afrique contemporaine...

L’émission sera diffusée à partir du dimanche 3 décembre sur les huit chaînes francophones et anglophones du groupe TRACE, distribuées principalement en Afrique, en France métropolitaine et en Outre-mer et qui cumulent plus de 100 millions de fans sur les réseaux sociaux.

FXG, à Paris

Sur TRACE Urban (4 chaînes)

- 14h en France métropolitaine dans la Caraïbe-Océan Indien | Rediffusion à 20h - 14h GMT en Afrique francophone | Rediffusion à 20h

- 12h GMT en Afrique australe | Redffusion à 18h GMT

Sur TRACE Africa (2 chaînes)

- 13h GMT en Afrique francophone | Rediffusion à 19h GMT - 13h GMT en Afrique australe | Rediffusion à 17h GMT

Sur TRACE Mziki

- 11h GMT en Afrique de l’est et en Afrique centrale | Rediffusion à 18h GMT

Sur TRACE Naija

- 13h GMT au Nigéria, au Ghana et en Afrique de l’ouest | Rediffusion à 19h GMT

Ainsi que la plateforme de télévision et de VOD TracePlay www.traceplay.tv et le site www.trace.tv partout dans le monde.

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 06:19
Ces mesures annoncées par la garde des Sceaux aux députés de la Guadeloupe ne satisfait les syndicats de la pénitentiaire

Ces mesures annoncées par la garde des Sceaux aux députés de la Guadeloupe ne satisfait les syndicats de la pénitentiaire

370 places de plus en 2023 et un troisième établissement pénitentiaire annoncés

300 places supplémentaires seront construites  au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, a annoncé Nicole Belloubet, la ministre de la Justice à Justine Bénin, Hélène Vainqueur-Christophe et Max Mathiasin qu'elle a reçus place Vendôme mercredi après-midi. 106 millions d'euros ont ainsi été ainsi inscrits dans les comptes publics dès cette année.

dès cette année. Elle a encore annoncé 70 places de plus à la maison d’arrêt de Basse-Terre avec un marché public annoncé en 2018 pour une livraison au plus tard en 2023.

Enfin, la ministre a annoncé la création d’un nouvel établissement pénitentiaire d’une capacité de 400 places pour désengorger les prisons préexistantes et améliorer la prise en charge des détenus.

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 05:23

Qui a tué le docteur Burger ?

Plus de deux ans après la mort du docteur Dominique Burger, sa mère et son frère s'apprêtent à revenir en Martinique pour rencontrer la juge qui instruit le dossier. France-Antilles revient sur un dossier criminel délicat car ses acteurs sont un médecin, un pompier volontaire, quatre gendarmes et la justice.

L'affaire

À 2 heures du matin, le 20 mars 2015, alors qu’il circule sur la commune du Carbet, le brigadier-chef L. reçoit une demande d’intervention au niveau de la piscine de Schoelcher. Un homme prétend avoir été agressé. Accompagné de trois gendarmes adjoints volontaires, il se transporte immédiatement sur les lieux. A l'arrivée de la patrouille, à 2 h 15, l'homme qui les a appelés, un pompier volontaire, est dans sa voiture avec son amie. Il leur rapporte qu’une personne sortie des bosquets a fracassé son pare-brise à l’aide d’une barre de fer et qu'elle s'est enfuit. Il indique l'endroit aux gendarmes. Ceux-ci s’engagent sur le chemin obscur et cinq minutes plus tard, ils découvrent un individu porteur d’un bonnet blanc, roulé en boule dans les herbes, prostré et face contre terre. Les gendarmes lui tombent dessus, lui envoient six décharges de tazer et le menottent. Le pompier volontaire les rejoint et les aide même à maintenir l'homme au sol. Celui-ci ne ventile plus et malgré un massage cardiaque et une prise en charge rapide par les pompiers et le SAMU, il bascule en mort cérébrale

L'autopsie a démontré que l'homme a été victime d'une agression qui lui a laissé des côtes cassées et que l'intervention des gendarmes, alors qu'il était déjà en détresse respiratoire, a provoqué son asphyxie.

Ce n'est qu'aux urgences que l'on apprendra l'identité de la victime, le docteur Dominique Burger. Ce soir là, il était sorti promener trois de ses chiens, une race de coursiers sud-américains du côté de la mangrove à Case-Navire.

Le juge Colombet qui a mis en examen les gendarmes et le pompier volontaire qui les avait appelés, a quitté la Martinique du jour au lendemain, sans avoir averti la famille du docteur Burger à qui il aurait pourtant promis de clôturer le dossier. Il est parti au lendemain de la reconstitution des faits. Une reconstitution effectuée sans la compagne du pompier volontaire, pourtant le principal témoin, et qui révèle la fragilité de la thèse défendue par les cinq mis en examen. Dès lors, le dossier devient embarrassant pour le juge car cette mise en examen doit aboutir soit au non lieu, soit au renvoi des intéressés, dont quatre gendarmes, devant une cour d'assises... C'est d'ailleurs après le récit de cette reconstitution qu'est mort le père du docteur Burger...

Désormais une nouvelle juge d'instruction a repris le dossier. Elle devait d'ailleurs s'entretenir mardi dernier par visioconférence avec la mère du docteur Burger. Et c'est dans ce contexte que cette dernière a choisi d'exposer sa détresse dans nos colonnes car elle est revenue sur sa décision de ne plus revenir en Martinique, bien décidée à connaître la vérité sur la mort de son fils.

Madame Burger avait déjà fort mal vécu ces jours qui suivirent la mort de son fils, à Schoelcher. Avec son mari, ils avaient longtemps cherché les chiens, les avaient appelés, longtemps, jusqu'à ce que, désespérée, elle finisse par hurler dans la nuit le nom de son fils... Et les chiens se taisaient.

FXG, à Paris

ITW Madame Burger, mère de la victime

"Dominique aurait presque dû s’excuser de se trouver là ce soir-là !"

Pourquoi prendre la parole aujourd’hui ?

Je suis interloquée. Je ne constate guère d’avancée dans le déroulement de l’enquête. Nous voulons savoir ce qui s’est passé ce soir ou mon fils a trouvé la mort (je dis bien "trouvé la mort" car dès les premiers jours, les médecins nous ont affirmé qu’il n’y avait aucune chance de réveil au vu de l’étendue des lésions cérébrales).

Que savez-vous ?

Ce soir là, Dominique a d’abord croisé la chemin d’un homme bien connu comme pratiquant les sports de combat, de dix ans plus jeune que lui et champion dans sa discipline, puis une équipe d’intervention de la gendarmerie qui s’est fait assister par cet homme dans son intervention ! Ce qui est avéré c’est que lorsque cette équipe arrive, Dominique est vivant,  quand elle le mène à l’hôpital, il est en mort cérébrale. Malgré tout cela, il a fallu que son frère, arrivé dans le week-end du drame, dépose une plainte pour que le procureur se saisisse du dossier. Et ce procureur déclenche alors une enquête de flagrance à l’encontre de mon fils, sa maison fouillée, les voisins interrogés…

Depuis combien de temps votre fils vivait-il à la Martinique ?

Déjà lors de ses études de médecine, Dominique parlait d’aller vivre dans les îles et quand, grâce à ses choix d’interne, en 2000, il a pu s’y rendre, il l’a fait et n’en est plus jamais parti. Il s’y est installé, y a ouvert son cabinet, ses enfants y sont nés (ils sont métis). Dominique n’aurait pas voulu vivre ailleurs, il se sentait bien en Martinique.

Comment votre famille vit cette enquête ?

Comment notre famille vit cette enquête ? Nous sommes envahis par l’incompréhension, la colère et le chagrin. J’aurai 73 ans bientôt, j’en avais 70 lorsque ce drame s’est produit. Les trois enfants de Dominique grandissent sans leur père. Nous n’arrivons pas à faire notre deuil tant que la justice n’aura pas été rendue. Il y a un sentiment étrange qui entoure ce dossier, et ce depuis le début, comme si certains éléments étaient gênants. D’abord pendant deux mois aucune information sur ce drame n’a été évoquée, ni dans les médias, ni au parquet, ni au tribunal. C’est nous, mon mari et moi, qui avons dit à notre avocate d’alors, au bout de deux mois de cet étrange silence, que nous allions rendre cette affaire publique. Nous avons écrit nous  mêmes à diverses autorités pour que, enfin, une mesure d’instruction soit prise… Nous étions confrontés à des dé-responsabilistations de toutes part.

Personne ne vous avait entendu ?

Seul le commandant de gendarmerie de Schoelcher a eu la correction et l’humanité de nous répondre. C'est lui qui a demandé au procureur de saisir le juge d’instruction. Mais quand on lit le rapport d’expertise, on voit qu'il a été fait par un médecin expert qui a travaillé dix ans avec les pompiers de Fort-de-France, et c'est l'un des leurs qui est impliqué le soir du drame. On a l’impression que personne n’a contribué au décès de Dominique, c’est presque comme si c’était de sa faute s’il a fait l’objet de violences mortelles ce soir là, comme s’il s’était lui-même fracturé les côtes en dix endroits… C’est ahurissant ! Il aurait presque dû s’excuser de se trouver à cet endroit ce soir là !

Que reprochez-vous à l'enquête ?

Les gendarmes ont pris plus d’une dizaine de photos du véhicule avec le pare-brise étoilé, mais aucune du soit disant auteur de ces faits, transporté inconscient à l’hôpital, notre fils, pourquoi ? Le surlendemain, son frère l'a vu couvert de bleus, la moitié du torse noire d’ecchymoses, une plaie derrière la tête, la peau arrachée en plusieurs endroits et pas une photo pour garder des traces de tout ça… Comment comprendre cela ? Notre avocate d’alors voulait que nous faisions confiance à la justice, que nous laissions le juge travailler de façon sereine sur le dossier… Il est parti sans jamais nous prévenir et nous en sommes toujours au même point, nous attendons… Une nouvelle juge d’instruction a été nommée et j’ai sollicité d’être entendue dans son bureau en ma qualité de partie civile.

Qu'attendez-vous de la nouvelle juge ?

Je veux simplement la vérité et nous irons jusqu’au bout, quels que soient les sacrifices que cela demandera. Mon fils avait choisi la Martinique pour y vivre, il y était très heureux. Je lui dois cette détermination d’exiger que la justice fasse son travail en toute objectivité, quels que soient ceux qui ont causé sa mort. Il est hors de question que l’on nous serve une demi-vérité pour protéger je ne sais qui.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 06:14
Au café de Flore, vendredi 24 novembre 2017

Au café de Flore, vendredi 24 novembre 2017

Gary Victor et Bernard Gainot lauréats du prix Fetkann

Pour la 16e année depuis 2001 et pour la 14e fois, le prix Fetkann-Maryse-Condé, mémoire des pays du Sud, mémoire de l'humanité, a été remis, vendredi matin, au café de Flore à Paris, en présence de l'ancienne ministre des Outre-mer, la députée PS de Paris, George Pau-Langevin, du président LREM de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, et du délégué interministériel pour la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie, et ancien conseiller outre-mer de Valls et Cazeneuve à Matignon, Frédéric Potier.

Le prix de la poésie a été attribué à un homme de théâtre et de cinéma, Gabriel Garran, bien connu à Aubervilliers (93) au théâtre de la commune, puis au théâtre international de langue française, pour son recueil, "Filiation", publié chez Riveneuve.

Le prix jeunesse a été attribué par un jury de collégiens de La Rochelle, Pavillon-sous-Bois et Massy à "L'Atlas des inégalités" de Stéphanie Ledu et Stéphane Frattini avec des illustrations de Julien Castanié (Milan édition).

Le prix de la mémoire a été attribué au romancier haïtien, Gary Victor pour "Les temps de la cruauté" (édition Philippe Rey), un roman analeptique qui démarre par une rencontre entre Valensia, une jeune fille qui tapine dans un cimetière de Port-au-Prince, et Carl Vausier qui voit en elle la possibilité de sa propre rédemption...

Enfin, le prix de la recherche a été attribué à Bernard Gainot, pour son ouvrage "La révolution des esclaves, Haïti, 1763-1803" chez Vendémiaire. Cet historien a déjà distingué du prix du livre d'histoire de l'outre-mer lors de la dernière Journée outre-mer développement.

Une mention spéciale a été attribuée au docteur Marie-Antoinette Séjean pour son ouvrage de diététique, "Mince  un régime créole" aux éditions Orphie.

FXG, à Paris

ITW Bernard Gainot, auteur de "La révolution des esclaves. Haïti 1763-1803"

"C'est une révolution de la couleur !"

Pourquoi Haïti est-elle intéressante dans cette période précise ?

La période qui va de 1763 à 1803 va des lendemains de la guerre de Sept ans, moment où Saint-Domingue n'est plus seulement une colonie d'exploitation, mais c'est aussi un territoire important dans les rivalités impérialistes entre la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne. On va avoir une vue complètement différente de l'espace de Saint-Domingue qui va se traduire par la première cartographie de Saint-Domingue. Et les cartes de Saint-Domingue qui seront le sujet de mon prochain livre, naissent à partir de ce moment-là. Au-delà, j'ai essayé de croiser cette représentation du territoire avec une représentation des populations, donc le social et, là-dedans, le problème de l'esclavage, celui des libres de couleur qui est absolument stratégique, et, un peu moins, le monde créole blanc qui a déjà été pas mal étudié. J'ai mis l'accent sur les mulâtres et les Noirs libres qui ont reçu une éducation et qui vont remplacer, après la révolution sociale, l'ancienne classe blanche. C'est une révolution de la couleur !

Sur quelles archives vous vous êtes appuyés pour écrire cet ouvrage sur la révolution haïtienne...

Je travaille depuis 1986 sur ces questions et le travail de l'historien, c'est d'abord un gros travail de dépouillement d'archives. Je n'ai pas tout dépouillé bien sûr, j'ai surtout travaillé sur les officiers de couleur à partir des archives de Haïti qui se trouvent à Vincennes au service historique de la défense. Les rares historiens qui ont abordé la révolution  de Haïti n'avaient pratiquement pas touché à ce fonds, d'autant plus pour la période qui précède la révolution. Or, c'est dans cette période que se dessine non seulement le destin de ce que va devenir la révolution de Saint-Domingue, mais également le destin de Haïti au moment de l'indépendance, voire jusqu'à aujourd'hui. L'existence d'un problème militaire s'explique aussi par les antécédents de la colonisation.

Pourquoi ce sujet vous touche-t-il particulièrement ?

Je travaillais sur la Révolution française et je me suis rendu compte que les historiens de la Révolution ne prenaient pas en compte ou très mal le problème colonial. On ne pouvait pas comprendre certaines issues de la Révolution sans comprendre ce qu'il s'était passé pendant la Révolution aux colonies. J'ai eu la chance de rencontrer Yves Bénot qui avait écrit "La Révolution française et la fin des colonies" au moment où j'avais commencé à travailler à ces questions. Depuis ce temps-là, je continue d'exploiter le fonds d'archives de Vincennes pour écrire la biographie du général Lavaux, un quasi inconnu qui était le gouverneur général de Saint-Domingue au moment de l'abolition de l'esclavage et qui est celui qui a promu Toussaint Louverture au grade de général de division et de gouverneur adjoint.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 07:21
Le ministre de l'Agriculture aux Antilles

Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation

"Nous voulons des exploitations qui répondent  aux attentes locales"

Les états généraux de l'alimentation ont-ils un prolongement dans les assises des Outre-mer ?

Ce déplacement est une occasion pour moi de réaffirmer d'une part l'attachement du gouvernement à la situation des Antilles, d'autre part celui du ministre de l'Agriculture que je suis, à mes concitoyens qui sont notamment dans l’agriculture, la pêche, l'aquaculture... Les assises vont prolonger les travaux des Etats Généraux de l'alimentation qui se déroulent actuellement. Les problématiques sont prises en compte localement par les préfets au regard de la situation spécifique des territoires. L'état des lieux montre qu'on a d'abord une disponibilité alimentaire locale insuffisante. On doit donc travailler le sujet tant en produits de la terre que de la mer car les magasins compensent avec les importations de façon importante.  Et puis, on a des pratiques de consommation qui sont liées à un pouvoir d'achat plus fragile qu'en métropole.

L'indépendance alimentaire est-elle l'objectif ?

Comment faire en sorte que nos agriculteurs, nos pêcheurs, nos aquaculteurs puissent vivre dignement de leur travail ? Il faut que la réflexion soit conduite avec l'ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, celle de distribution et l'ensemble des filières. Comment pouvons-nous, à travers cet engagement pris dans les Etats Généraux, mieux créer et répartir la valeur ? Comment stimuler la montée en gamme d'un certain nombre de produits ? Comment faire en sorte que demain, l’alimentation soit encore plus saine, plus durable et accessible à tous ? C'est la question du pouvoir d'achat que j'évoquais. Aujourd'hui, la question de la transition nutritionnelle se pose au regard de la santé des populations. Ce que nous voulons faire avec ces Etats Généraux de l'alimentation et les assises des Outre-mer, c'est emmener les populations avec nous, amener les  professionnels à moderniser leurs exploitations et transformer leurs pratiques agronomiques. Il s’agit de créer plus de valeur et ainsi d’avoir des exploitations plus compétitives, qui répondent  aux attentes des consommateurs et fournissent les marchés locaux.

Vous arrivez au lendemain du passage des cyclones ; les bananes sont par terre. Comment gérez-vous cette catastrophe naturelle ?

Les procédures d’indemnisation via le fonds de secours sont engagées. Le ministère des Outre-mer a autorisé l’intervention du fonds de secours permettant le lancement de la phase de dépôts et d'instruction de l'ensemble des dossiers d'indemnisation pour le secteur agricole. Nous veillerons à ce que ces indemnisations puissent être versées dans les meilleurs délais, en respectant le cadre réglementaire pour garantir un traitement équitable des demandes. Nous sommes mobilisés pour déterminer les conditions d’activation des circonstances exceptionnelles prévues par la règlementation sur les aides européennes et porter la demande auprès de la Commission. La gestion des risques et la résilience des exploitations est un enjeu majeur en Outre-Mer. Au regard de ces enjeux : la modernisation des exploitations et le changement  d'un certain nombre de pratiques.

Le président a annoncé 15 milliards pour la formation. Quelle sera la part pour l'agriculture en outre-mer ?

Pour la formation, il y a un volet outre-mer et il y a un volet agricole ! L’enseignement agricole relève de mon ministère et c’est une de mes priorités.  Dans ces territoires, la formation est essentielle. Nous en avons besoin pour modifier les pratiques agronomiques, travailler à la diversification et monter en gamme. Les territoires ont besoin de gens bien formés pour répondre à la diversité des métiers de l’agriculture et pour améliorer les performances des pratiques agricoles. Des gens bien formés cela permet aussi de diversifier les produits agricoles, mieux les marqueter, et avoir une offre qui corresponde à l'attente des consommateurs et qui soit suffisante pour limiter les importations.

Le partage du contingent de rhum supplémentaire est difficile entre Martiniquais et Guadeloupéens. Que comptez-vous leur dire ?

Je vais tenir un langage de franchise, de vérité et de sincérité. Les démarches engagées par la France, en lien avec la filière rhum, pour obtenir une augmentation du contingent fiscal à destination du rhum traditionnel des DOM ont reçu un avis favorable du Parlement européen et de la Commission. Aujourd'hui, nous sommes dans l'attente de la décision du Conseil d'ici la fin de l'année. Il appartient aux professionnels de préparer la répartition. J'ai abordé le sujet avec ma collègue Annick Girardin et nous sommes dans l'attente des informations nous permettant d'établir cette répartition.

Il y a une demande d'équité et de transparence...

Equité et transparence entre les deux territoires, c'est bien normal. A ce stade, nous continuons à travailler.

L'Europe a-t-elle définitivement fini de freiner la pêche dans nos départements ?

Il y a eu des plans de sortie de flottes massifs qui ont concerné l'ensemble des territoires français et l'interdiction pour l'Etat et les collectivités de financer un effort supplémentaire de pêche. Aujourd'hui, nous considérons que la flottille de pêche dans les Outre-Mer est vieillissante. Nous avons besoin d'assurer la sécurité des marins pêcheurs, qu'ils puissent mieux pêcher, de façon plus durable, en laissant une empreinte environnementale beaucoup plus propre. Nous avons besoin de nouvelles techniques de pêche qui leur permettent d'être plus compétitifs. Le Président de la République, à la réunion des RUP à Cayenne, a obtenu que l'Europe rouvre la discussion autour du renouvellement de la flotte, dans le cadre d’une gestion durable des ressources, parce que c'est un enjeu stratégique qui revêt dans les DOM un caractère particulier. On a besoin d'assouplir le cadre. On a sollicité la Commission en ce sens et j’ai moi-même évoqué le sujet avec le Commissaire européen Vela. Ce message a été entendu. Nous devons maintenant travailler aux outils d'accompagnement dans la mesure où les pêcheurs sont confrontés à une concurrence qui ne dépend pas du droit communautaire ; je pense notamment à la taille ou au maillage des filets, aux questions de motorisation ou à celle des quotas.

Vous vous intéressez à l'innovation d'un point de vue de veille sanitaire, qu'est-ce à dire ?

Il nous a paru important d'aborder les filières sous l'angle de l'innovation car nous savons que les professionnels sont mobilisés, que de nombreux travaux sont en cours en lien avec l'INRA et le CIRAD. Il y a un fort besoin de développer de nouvelles connaissances et de nouvelles techniques dans le contexte particulier de cette agriculture tropicale. Je tiens à découvrir ce qui se fait en matière d’innovation aussi bien dans le secteur de la banane que dans les autres secteurs de productions végétales ou animales.

Vous allez visiter la banque alimentaire, pourquoi ?

C'est la semaine de la banque alimentaire et nous souhaitons porter cet engagement au titre de la solidarité. Nous avons besoin de dons alimentaires, que nos concitoyens, lorsqu'ils le peuvent, puissent faire des dons alimentaires. Nous avons besoin de lait, de lait infantile, premier et deuxième âge. Nous avons besoin de venir en aide aux plus précaires et je sais que cette aide de la banque alimentaire en Martinique comme en Guadeloupe est fortement attendue. La banque alimentaire joue son rôle lorsqu'un cyclone s'abat. Après Maria et IRMA, 400 tonnes de denrées ont été expédiées aux Antilles.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 05:28

La guerre des quotas bat son plein entre rhumiers antillais

Un Conseil d'administration du Conseil Interprofessionnel du Rhum Traditionnel des Départements d'Outre-Mer (Cirt Dom) s'est tenu le 21 Novembre rue des Archives à Paris sous la présidence de Jean-Claude Cantorné. Ernest Prévot représentait la Guyane, Jérôme Isautier et Alain Chatel, la Réunion, Jean-Claude Benoît, José Hayot et Nathalie Guillier-Tual, la Martinique, et François Montroux, Hervé Damoiseau et Michel Claverie, la Guadeloupe. Au menu de ce conseil, la répartition du contingent supplémentaire de 24 000 hectolitres d'alcool pur (HAP) à la fiscalité avantageuse accordé par Bruxelles. Pour la Guyane, les choses sont claires, son contingent passe de 500 à 1000 HAP. Même chose avec la Réunion dont le contingent de 22 905 HAP doit croître de 20 %.

Pour tenter de débloquer la situation tendue entre Guadeloupéens et Martiniquais, le président du CIRT-DOM a proposé, lors du groupe de travail qui s’était tenu le 19 septembre,  que la Guadeloupe récupère 20 % de l'augmentation à laquelle prétend l'usine du Galion, soit 2200 HAP. Les représentants guadeloupéens ont accepté, mais pas les Martiniquais qui ont rejeté en bloc cette proposition et s'en sont justifiés, expliquant qu'ils n’avaient pas de mandat pour accepter une répartition autre que 20% à chaque département, hormis la Guyane.

En attendant Travert

Le président Cantorné a alors proposé mardi que la hausse de 20% du quota du Galion soit repartie à 50/50 entre Guadeloupe et Martinique, soit 1100 HAP par département. Cette fois, ce sont les Guadeloupéens qui ont fait savoir qu’ils demandaient toute la part de contingent que produit la Galion par la mélasse importée ou le travail à façon réalisé en Guadeloupe. "La Guadeloupe n’est pas le sous-traitant de la Martinique", ont fait savoir les Guadeloupéens furieux de voir que les Martiniquais leur proposent des miettes dont eux-mêmes ne veulent pas ! Les parties se sont séparées sans avoir trouvé d'accord, tandis que le président Cantorné cherche encore à trouver une proposition unanime à donner aux administrations. La venue du ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert ce jeudi en Guadeloupe et samedi en Martinique pemettra peut-être de donner davantage de transparence et d'équité sur ce dossier essentiel pour les deux îles soeur.

FXG, à Paris

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 06:35
Centre hospitalier universitaire de la Martinique

Agnès Buzyn reprend la main sur la CHUM

Les six parlementaires de la Martinique ont été reçus mardi soir au ministère de la Santé par Agnès Buzyn. Avec eux, des membres de son cabinet ainsi que le directeur de cabinet adjoint d'Annick Girardin et sa conseillère santé. Le 1er novembre dernier, les six parlementaires ont cosigné un courrier qui récapitulait les difficultés du centre hospitalier universitaire de la Martinique et les raisons de la mobilisation. "Nous avons été agréablement surpris, relate Catherine Conconne, d'apprendre que la ministre allait dans le bon sens ! Hormis le terme un  peu barbare de mise sous tutelle qui va être corrigé d'ailleurs, il y a une vraie prise en compte du problème des hôpitaux d'une manière générale, pas seulement du CHUM." Une mission de l'inspection générale des affaires sociales va être opérationnelle au 1er janvier et elle a six mois pour tout mettre à plat et lancer un certain de procédures. "Depuis six ans poursuit la sénatrice, nous n'avons pas cessé de verser des subventions. Ca a eu un effet rustine, mais il y a encore des trous dans le système. Il faut avoir le courage d'une vraie procédure de remise à plat." L'Etat va donc reprendre la main pendant le premier semestre. Un administrateur sera nommé par l'IGAS et aura une feuille de route. Celle-ci existe d'ailleurs déjà puisqu'un projet d'établissement a été écrit pour 2016-2020. "Il faudra reprendre toutes ses préconisations utiles et le mettre en oeuvre", conclut Mme Conconne. Le ministère a promis aux parlementaires de les tenir au courant et de les associer aux décisions. Prochaine étape : installation de la mission au 1er janvier.

FXG, à Paris

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 06:33
Standing ovation pour Max Mathiasin, mardi au palais Bourbon

Standing ovation pour Max Mathiasin, mardi au palais Bourbon

L'esclavage moderne au palais Bourbon

Les députés Vincent Ledoux (Les Constructifs), Eric Coquerel (LFI), Sereine Mauborgne (LREM), Max Mathiasin (Modem) et encore Serge Létchimy (Nouvelle gauche) ont pris la parole mardi lors de la séance de questions d'actualité au gouvernement pour évoquer la situation des migrants africains vendus comme esclaves en Lybie. L'intervention de Max Mathiasin s'est achevée par une standing ovation sur l'ensemble des bancs, de l'extrême gauche à l'extrême droite de l'hémicycle. Le député de Guadeloupe a d'abord évoqué sa grand-mère qui lui raconta son propre grand-père, né libre en Afrique, capturé et vendu aux Antilles, avant de mourir libre après l'abolition de l'esclavage ! Il a ensuite rappelé que c'est cette même assemblée qui avait adopté la loi reconniassant l'eclavage comme un cime contre l'humanité. Peu après, le député de la Martinique, Serge Létchimy, s'est félicité de l'indignation de toute l'Assemblée nationale, pour lui préférer toutefois une condamnation. Il a rappelé qu'il y avait 390 000 migrants africains bloqués en Lybie et 9 000 privés de liberté quand la France ne veut en accueillir que 25 000. La ministre déléguée à l'Europe, Nathalie Loiseau, en charge de répondre pour le gouvernement, a employé le terme "abominable" pour évoquer ce sujet et indiqué partager l'indignation de la représentation nationale. Elle a parlé de la détermination de la France pour lutter contre les passeurs, des agents de l'OFPRA qui interviennent au Niger et encore du risque que prennent les migrants subsahariens en passant par "un pays où il n'y a pas d'Etat". Concernant les "migrants économiques illégaux", Nathalie Loiseau a évoqué l'aide au développement pour que les jeunes Africains restent chez eux. Elle a ainsi évoqué le fonds fiduciaire européen d'urgence qui a triplé son enveloppe en direction des pays subsahariens pour atteindre 3 milliards et encore l'augmentation des fonds versés au Haut comité aux réfugiés et à l'Organisation internationale des migrations. Elle a, pour finir, évoqué le prochain sommet de l'Union européenne et de l'Union africaine  qui doit se tenir les 29 et 30 novembre à Abidjan où "ces questions de migration seront à l'ordre du jour".

FXG, à Paris

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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 13:06
Maurice Bonte, président de l'association des maires de Martinique

Maurice Bonte, président de l'association des maires de Martinique

Les contrats aidés et les assises au menu du congrès des maires

Ils étaient nombreux les élus, maires, adjoints, présidents de communauté de communes, venus de tous les territoires d'outre-mer. Et ils étaient tout aussi nombreux à râler contre la suppression des emplois aidés. Ainsi, le président de l'association des maires de Martinique, Maurice Bonte : "Il n'est pas utile de revenir sur leur intérêt, leur nombre et le sort qui leur est réservé. Cela risque de raviver 2009 dont la Martinique n'est pas complètement remise !" Stéphane Fouassin, président de m'association des maires de la Réunion, très énervé, a dénoncé "le recul de la décentralisation qui ne sert ni l'emploi, ni l'économie, ni les services publics". La ministre des Outre-mer, dans son adresse aux maires, n'a pu que leur confirmer que les temps étaient durs... Parlant de "choix politique assumé", même si elle a indiqué regretter "la baisse brutale", et travailler pour une transition douce grâce au grand plan de 10 milliards pour la formation, Annick Girardin a déclaré : "Ces contrats ne peuvent être le seul avenir pour nos jeunes et nos moins jeunes."

Invités à participer activement aux assises des Outre-mer qui seront, a insisté la ministre, le "récit du quinquennat", les maires ont fait montre de politesse plus que d'enthousiasme à l'instar du président de l'association des maires de Guyane, David Riché qui s'est dit partant pour les assises même si elles n'apporteraient pas les 2 milliards du plan complémentaire de l'accord de Guyane... David Riché s'est fait moins poli quand il a rappelé toutes les promesses non tenues des présidents de la République avant de citer le président Macron "qui n'est pas le père Noël".

Cette journée inaugurale du congrès des maires de France, le 100e cette année, ne se déroule plus à l'hôtel de ville de Paris, mais dans les locaux de l'Association des maires de France. La mairie de Paris s'est contentée d'accueillir les maires d'outre-mer pour une cérémonie lundi soir. Le ministère des Outre-mer les accueillera ce soir à l'occasion de la remise de la palme Ifrecor et l'Elysée recevra les maires de toute France mercredi soir.

FXG, à Paris

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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 05:59
6e JOMD

Les aides économiques revues avant 2019

La 6e Journée Outre-mer développement qui s'est tenue samedi au palais de la Bourse à Paris a été l'occasion pour la ministre des Outre-mer d'annoncer aux acteurs économiques deux mesures nouvelles. La première est l'extension ddu dispositif des emplois francs. Ce dispositif, annoncé par le président de la République pour le 1er janvier prochain, doit permettre aux  entreprises qui embauchent des habitants issus des quartiers dits « politique de la ville »  de recevoir une prime pour lutter contre l’assignation à résidence et l’exclusion sociale. "Cette assignation à résidence, a déclaré Annick Girardin,  concerne aussi les Français d’outre-mer. C’est pourquoi je vais travailler à une extension de ce dispositif dans les outremer." La ministre entend s'inspirer de la charte pour

l’emploi à La Réunion ou le dispositif Pacte pour l’emploi des Jeunes en Guadeloupe. "Ces dispositifs ont fait leurs preuves. Et puis, ils ont été pensés par les territoires, par les acteurs économiques eux même !"

La deuxième annonce de la ministre concerne une réforme profonde des aides économiques.  Annick Girardin a en effet déclaré vouloir "conduire une revue en profondeur des dispositifs d’aide (...) avec un périmètre budgétaire qui ne se réduira pas." Les revues de dépenses sont un dispositif d’évaluation des dépenses publiques, instauré par la loi de programmation des finances publiques 2014-2019. Elles ont pour objectif explicite de documenter des mesures et des réformes structurelles de redressement des comptes publics. De quoi faire frissonner les entrepreneurs d'outre-mer !

TVANPR et CICE

Ainsi, la TVA Non Perçue et Récupérable (NPR), une aide directe à l’investissement qui représente près de 100M€ par an, devrait être réformée. "Est elle encore adaptée, demande Mme Girardin ? Doit-on toujours s’appuyer sur un outil créé au siècle dernier ?" La ministre a encore parlé de la suppression du crédit d'impôt pour l'emploi et la compétitivité (CICE) au 1er janvier 2019. "Comment le recycle-t-on? Que propose-t-on ? J’ai vu que sur ce sujet les territoires ne partagent pas tous la même vision, prenons donc le temps d’adapter le dispositif par territoire !"

Annick Girardin plaide donc pour "des outils modernes, adaptés, ciblés, efficaces, et territoriaux" et qui soient inscrits au budget de 2019. Ce sera donc l'une des principales attentes  des assises des Outre-mer. La ministre entend encore faire partager un concept Tout en se défendant d'un quelconque "coup fourré" ou de "duplicité", Annick Girardin a lancé le "concept de frugalité (...) parfaitement adapté à nos territoires" : "faire plus avec moins ou équivalent, ou faire mieux !" Jean-Pierre Philibert, président de la FEDOM, a aussitôt fait savoir son aversion pour le terme de "frugalité". Il a, pour le coup, indiqué qu'il serait candidat à sa succession en mai prochain et que d'ici là, il était prêt à aiguiser ses crocs face au projet de la ministre ! Cyril Conte, fondateur de la JOMD, a regretté que l'on doive remplacer quelque chose de "très intelligent", le CICE : "C'est un outil qui a permis aux entreprises de réels gains de productivité et qui n'était pas capé." La ministre a en tête une méthode, la co-construction des nouveaux outils d'accompagnement des entreprises.

FXG, à Paris

Interview Annick Girardin, ministre des Outre-mer

"A périmètre constant, a minima"

Pourrez-vous réformer les aides économiques sans réduire l'enveloppe ?

Plus d'efficacité, c'est toujours possible. On a des outils qui ont été pensés au siècle dernier pour accompagner les entreprises dans les territoires d'outre-mer et qui peut-être prennent insuffisamment en compte les innovations, les nouveautés. Nous voulons aujourd'hui que les entreprises  ne soient pas présentes que sur leur territoire, mais puissent aussi rayonner dans l'ensemble de leur bassin maritime, voire dans le monde ! L'ambition de ce gouvernement avec une revue de toutes les aides

est d'accompagner mieux, plus, les entreprises dans leurs projets et leurs initiatives.

Faire mieux avec autant ?

Il faut se réinterroger à chaque fois sur nos outils. Est-ce qu'ils répondent aux besojns ? Est-ce qu'ils sont adaptés au siècle que nous vivons, à ce monde qui bouge très vite, qui est connecté ? Et sinon, il faut que l'on recherche des outils plus adaptés. Pour ça, j'ai dit "à périmètre constant a minima", parce que c'est l'accord que j'ai du Premier ministre pour le faire et on verra à la sortie des assises où l'on en est de ces besoins.

Quelle sera l'échéance de cette revue des aides ?

Cette réflexion sur l'écosystème qui accompagne les entreprises des territoires d'Outre-mer et les porteurs de projet doit être achevée pour juin prochain, car à partir de juin commence déjà la réflexion du budget 2019. Donc, il est important d'agir dans les mois à venir, en même temps que se mène la réflexion des assises des Outre-mer, qu'on puisse définir ensemble ces nouvaux outils, réformer certains, conforter d'autres.

Pourquoi avez-vous besoin de préciser qu'il n'y avait ni coup fourré ni duplicité ?

La confiance, c'est ma méthode. Je travaille avec des gens en toute confiance et j'ai besoin de ce même retour. Confiance et responsabilité ! Responsabilité du gouvernement, de l'Etat, des politiques et du milieu économique pour faire que dans les territoires d'Outre-mer, il y ait une dynamique économique qui soit encore plus importante et qui fasse encore plus de place aux jeunes issus des territoires d'Outre-mer ou à ceux qui veulent connaître des mobilités.

Comment expliquez-vous la baisse du budget de Ladom ?

J'ai budgétisé pour l'année 2018 la somme exacte qui a été dépensée en 2017. Je veux bien les grandes annonces au moment du budget, mais faut savoir après que dans la pratique et dans la consommation, ce ne sont pas toujours les mêmes résultats. Nous avons donc budgétisé la somme dépensée l'an dernier ! Quand il y aura des besoins et notamment à la sortie des assises, le président de la République l'a dit, les projets seront financés, accompagnés avec des modifications règlementaires, législatives s'il le faut et avec des accompagnements budgétaires s'il le faut ! Nous ferons le point d'ici juin des besoins de Ladom.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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