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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 05:09

L'administration ne reconnaît pas les centres d'intérêts matériels et moraux

A la suite des rencontres entre l’Administration et les organisations syndicales de la police qui se sont déroulées la semaine dernière au sujet de l'épineuse question des mutations des fonctionnaires originaires des Outre-mer, le syndicat Alliance Police nationale a fait savoir via le CReFOM que le sous-directeur des ressources humaines de la police souhaite que cette circulaire passe en comité technique en mars 2015. "Un empressement dénué de sens et défavorable à la cause des ultramarins", a indiqué le CReFOM. Ce même dirigeant aurait encore déclaré à Alliance qu’il ne se sentait pas contraint par les déclarations politiques dans ce dossier (à savoir les déclarations du président de la République et le rapport Lebreton). Tout au plus, le sous-directeur des ressources humaines s'est dit favorable à une augmentation de 30 à 100 points de bonification à compter de la 2e réitération des vœux. Un mieux, estime le CReFOM, mais le type même de cette bonification "permet toujours à l’ancienneté administrative de prévaloir sur l’ancienneté de la demande de mutation puisqu’elle serait accordée à tous".

Par ailleurs, le SDRH et le chef du bureau des gradés et gardiens de la paix ont expliqué que les centres d'intrêts matériels et moraux (CIMM) n’auraient pas de fondement juridique, que leur cadrage interministériel n’est pas parfait et que les critères définissant les CIMM sont flottants. Le CReFOM oppose à ce point de vue le fait que les CIMM sont pris en compte dans l’octroi des congés bonifiés au sein de la Police Nationale (circulaire FP de 2007). Un fondement juridique interministériel paraît dès lors nécessaire pour faire des CIMM un pivot des règles de mutation dans la fonction publique.

Patrick Karam prévient que le CReFOM poursuivra sans relâche son lobbying auprès du président de la République, du Premier ministre, du ministre de l'Intérieur, et des autorités administratives compétentes afin que la parole présidentielle soit respectée et que ce projet de circulaire soit modifié en conséquence.

FXG, à Paris

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 05:02

GPL a installé la commission Stora

Huit historiens pour établir la vérité sur les événements de décembre 1959, juin 1962 et mai 1967 aux Antilles.GPL-et-commission-Stora.JPG

Pour la première fois depuis leur nomination officielle le 22 avril 2014, les historiens Benjamin Stora (président), Michelle Zancarini-Fournel (secrétaire-générale), Serge Mam-Lam–Fouck, Jacques Dumont, René Bélénus, Louis-Georges Placide, Laurent Jalabert et le jeune doctorant Sylvain Marie (rapporteur) se sont réunis au ministère des Outre-mer, mardi 27 janvier 2015. Ils constituent la "commission temporaire d'information et de recherche historique" initiée par le ministère des Outre-mer et qui concerne les événements de 1959 en Martinique, de 1962 et 1967 en Guadeloupe. "L'installation et le lancement des travaux, a déclaré la ministre qui ne participe pas aux travaux, répondent à un engagement pris durant sa campagne par le président Hollande." Si l'arrêté de création de la commission est signée George Pau-Langevin, c'est l'ancien ministre Victorin Lurel qui en est à l'origine.

Ces faits de l'histoire contemporaine sur lesquels la commission va devoir se pencher font encore l'objet de controverses et de débats passionnés depuis qu'ils sont survenus. D'aucuns s'accordent à dire que la lumière n'a pas été faite depuis ces événements. "Quand il y a       des zones d'ombre sur un événement, indique GPL, non seulement ça laisse planer des incertitudes, mais ça peut aussi donner lieu à des doutes, des spéculations, voire des rancoeurs. La mémoire est donc difficile à construire et les deuils impossibles à faire sans compter tous les risques de manipulation." Pour ne pas parler de la théorie du complot, si à la mode !

"La vérité appartient à ceux qui la cherchent et non pont à ceux qui croient la détenir"

GPL-Stora.JPGLes événements de décembre 1959 à la Martinique sont à l'origine de l'OJAM et de son procès devant la Cour de sûreté de l'Etat ; le crash de l'avion de juin 1962 en Guadeloupe etses répercussions en Guyane puisque le député indépendatiste guyanais Justin Catayée y a trouvé la mort en même temps qu'Albert Béville alias Paul Niger le poète. Enfin, la répression sanglante de mai 1967 à Pointe-à-Pitre est à l'origine du procès du GONG devant la Cour de sûreté de l'Etat.

Si la promesse du candidat Hollande est ainsi tenu, la ministre a tenu à préciser ce que ne serait pas cette commission : "Nous ne pouvons pas rouvrir une enquête policière ; il ne s'agit pas non plus de se substituer à la justice pour refaire le procès de qui que ce soit. Nous ne tenons pas non plus à aboutir à une histoire officielle." Il s'agit donc pour cette commission d'établir ce qui peut l'être avec certitude. Cela reviendra aux historiens en toute indépendance. Ils rechercheront dans les archives, auprès des témoins tous les éléments susceptibles d'apporter des éclairages nouveaux sur les faits qui ont suscité et suscitent encore des débats passionnés. La commission a un an pour faire son rapport. La ministre a conclu cette cérémonie d'installation en citant Condorcet : "La vérité appartient à ceux qui la cherchent et non pont à ceux qui croient la détenir."

FXG, à Paris


Benjamin Stora, président de la commission

"Ni histoire officielle, ni contre-histoire"

"Nous allons travailler dans un esprit qui n'est pas celui de l'établissement d'une histoire officielle, ni dans l'établissement d'une contre-histoire qui prendrait le contre-pied de je ne sais quelle histoire officielle. Il s'agit tout simplement de s'approcher de la vérité au plus près parce qu'il est indispensable d'établir a vérité des faits sur ces trois grands événements qui continuent d'agiter la conscience, les imaginaires, les représentations, les pratiques politiques dans une grande partie des Antilles aujourd'hui. Ces trois événements sont de nature différentes, mais ils ont en même temps des points communs, c'est-à-dire en particulier des contextes historiques qui sont ceux des années 1960, de la Ve République, de la décolonisation bien entendu, à la veille de 1968. Il nous revient d'aller aux archives, de chercher, d'obtenir naturellement les dérogations permettant d'accéder aux sources et aux archives, de croiser les sources, bref, de faire un véritable travail scientifique qui, précisément, ne sera pas l'objet de manipulation de tous ordres que soit idéologique ou politique. C'est la tâche modeste mais indispensable que les historiens s'assignent notamment pour la transmission auprès des jeunes générations, c'est-à-dire des écoliers, des lycéens qui doivent connaître toujours et encore plus l'histoire pour pouvoir affronter leur métier de citoyen."

 


Le trombinoscope des historiensBenjamin Stora

Le président de la commission, Benjamin Stora

Michelle Zancarini-Fournel

La secrétaire générale, Michelle Zancarini-Fournel

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L'historien guyanais Serge Mam-Lam–Fouck

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L'historien martiniquais Louis-Georges Placide

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L'historien guadeloupéen René Bélénus

Jacques Dumont

L'historien hexagonal Jacques Dumont

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L'historien hexagonal Laurent Jalabert

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Le doctorant Sylvain Marie, rapporteur

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 05:44

Olivier Desroses, arbitre international de judo

oliver.jpgOlivier Desroses, 40 ans, a réussi, il y a quinze jours à Tunis, l'examen d'arbitre international de judo.

Retour sur un parcours qui a débuté au club Seiryoku Samouraï de Cayenne.

Martiniquais d'origine, Olivier Desroses est arrivé en Guyane à l'âge de 3 ans. Il est né à Orléans, où ses parents faisaient alors leurs études. La famille s'installe à Matoury à Cogneau-Larivot et le jeune Olivier fait sa primaire et son collège à Cayenne.

"J'ai découvert le judo à l'âge de 12 ans, après une première expérience à l'âge de 6 ans. En arrivant à l'externat Saint-Joseph, j'ai du arrêter de faire du foot parce que j'avais cours le mercredi, alors je me suis mis au judo avec Urbain Belliard au club Seiryoku Samouraï." Quatre ans après, alors qu'il n'est encore que ceinture marron, Serge Antourel, le conseiller technique régional, l'envoie en sport-études à Orléans. Il y prépare un bac scientifique tout en s'entraînant deux heures par jour au judo.

"Je n'avais pas de velléité de travailler dans le judo et d'ailleurs je suis devenu chef de projet en informatique pour l'entreprise d'animalerie et jardinerie Truffault à Lisses, près de Brétigny dans l'Essonne."

20 ans après  débuté dans l'arbitrage et trois ans après son diplôme de niveau européen, Olivier vient d'acquérir le statut d'arbitre international. Le 17 et 18 janvier derniers, à Tunis, Olivier a réussi l'examen. Ce diplôme couronne un parcours qui l'a vu porter haut les couleurs du judo guyanais. "Cet examen, c'était le 6e niveau, c'est-à-dire le niveau mondial." Ils étaient 24 à postuler. Parmi eux deux Européens (dont Olivier), deux Panaméricains, un asiatique et 19 Africains. Seuls deux ont échoué.

"Aujourd'hui, j'ai un diplôme d'arbitre mondial, mais la finalité, c'est de pouvoir aller arbitrer des événements majeurs comme les championats d'Europe, les championnats du monde et, pourquoi pas, les Jeux Olympiques. Tout dépendra de mes performances futures au niveau international. Car pour aller aux JO, il ne suffit pas d'être bon, mais d'appartenir aux meilleurs !"

Olivier-Desroses-3252-c-Remy-Cortin.JPGAvec Rinner et Décosse

Olivier s'est déjà frotté à nos champions. "Quand Teddy Riner était encore cadet, j'ai arbitré son premier championnat de France qu'il avait d'ailleurs gagné. Sur l'ensemble des championnats nationaux où Teddy s'est aligné, il m'est arrivé, depuis dix douze ans que je suis au niveau national, d'arbitrer certain de ses combats." Il a aussi déjà arbitré des combats de Lucie Decosse. Mais maintenant qu'il est arbitre international, sa qualité de Français lui interdit d'arbitrer les rencontres où se mesurent nos champions.

Le week-end des 24 et 25 janvier, Olivier était à Cannes pour le tournoi de France cadet. Dans deux semaines, ce sera le championnat de France par équipe - deuxième division et, à la fin du mois de février, il sera en Pologne pour l'European Open masculin. Avec un tel calendrier et son activité professionnelle, Olivier ne sait pas encore quand il pourra venir saluer ses parents et amis au pays. "Lorsque je reviens en Guyane, c'est généralement pendant les grandes vacances, en famille (Olivier a trois enfants), et là, les clubs sont fermés !" En 2011, juste après le titre de championne du monde de Lucie Decosse, il avait pu consacrer un peu de son temps à l'animation d'un stage à la demande de la ligue de judo de la Guyane. "Aujourd'hui, je partage les connaissances que j'ai assez facilement et avec plaisir, mais essentiellement dans l'Hexagone avec les autres arbitres. Si je le pouvais et si j'étais sollicité, je ferai la même chose en Guyane."

FXG, à Paris

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 05:07

La Région IDF participe aux voyages des ultramarins endeuillés

Les membres de la commission permanente du Conseil régional d'Ile de France voteront jeudi une enveloppe de 50 000 euros pour l’année 2015 destinée à financer l’aide régionale à la mobilité des Franciliens touchés par le deuil d'un proche en outre-mer. Ce dispositif pourrait bénéficier à plus de 600 Franciliens, essentiellement originaires d'outre-mer.

Le président de Région Ile de France, Jean-Paul Huchon, a confié en 2011 à Patrick Karam, élu régional d’opposition, la mission d’étudier les possibilités de mettre en place une aide tarifaire spécifique. C’est sur la base de ce rapport, et après un vote favorable du Conseil régional en juin 2013, que le dispositif a été conçu et que Pierre Serne, vice-président en charge des Transports et des Mobilités, a proposé que cette nouvelle aide à la mobilité soit inscrite dans son budget.

Cette aide vient compléter un dispositif mis en place en 2008 par Patrick Karam, alors délégué interministériel, et pratiqué par quatre compagnies aériennes (Air France, Air Caraïbes, Air Austral et Corsair). Celui-ci permet à des milliers de personnes de se rendre chaque année en outre-mer pour enterrer un proche grâce à des billets d’avion à tarif réduit.

L’aide régionale qui consiste en un remboursement d'une somme de 250 à 350 euros selon la destination, est versée à l’issue du déplacement. Les bénéficiaires doivent être domiciliés en Ile-de-France, être déjà bénéficiaires de billets à prix réduits, et présenter un quotient familial inférieur à 13.752 euros pour un couple ou une famille, et à 20.161 euros pour une personne seule sans enfant à charge.

Après quelques mois nécessaires à la mise en œuvre opérationnelle de ce dispositif, les premiers remboursements ont été effectués et sont aujourd’hui rétroactifs jusqu’à six mois après la date du décès à l’origine du déplacement.

Les destinations concernées sont la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Mayotte, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna.

FXG, à Paris

Pour bénéficier de l’aide de la Région Ile-de-France, il est nécessaire de télécharger un dossier accessible à l’adresse suivante : http://www.iledefrance.fr/aides-regionales-appels-projets/aide-regionale-mobilite-franciliens-touches-deuil-outre-mer

Pour tous renseignements complémentaires, une permanence téléphonique est assurée au 01-53-85-71-44 ou par mail à l’adresse suivante : anne.guerault@iledefrance.fr

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 05:06

Un accusé violent et menteur

Depuis qu'a démarré jeudi dernier le procès d'Olivier Ferdinand, accusé du meurtre d'Audrey Verdol le 11 avril 2009, il n'y a pas un jour sans que la présidente de la cour d'assises de Bobigny ne demande à l'accusé : "Qu'avez-vous fait ce jour-là entre 14h59 et 15h44 à Montgé-en-Goële ?" Et chaque fois, ce sont les mêmes imprécisions qui reviennent, les mêmes tergiversations : "Je ne connais pas les heures..." Olivier Ferdinand a-t-il la mémoire qui flanche ou est-il un menteur ? Les experts psychiatriques et psychologiques se sont succédés à la barre hier. "Est-il un menteur pathologique ?", a demandé la présidente au psychiatre. "Cette notion n'existe pas, seuls les délires sont pathologiques..." Et c'est vrai qu'à la barre l'accusé ne cesse d'aligner les mensonges, quitte à revenir dessus si ça ne va pas. Le psychologue préfère parler de "conduite psychopathique avec une tendance à la mythomanie". Mais ce qu'il retient cet expert, c'est qu'Olivier Ferdinand avait avec Audrey Verdol une relation maternante. "Elle m'entretenait, reconnaît-il. Le passage à la barre de deux ex-petites amies d'Olivier Ferdinand ont révélé la violence dont il était capable envers les femmes. Inouï ! " Que s'est-il passé avec Audrey, tente encore la présidente. Vous vous êtes disputés ?" La réponse fuse, nette : "Jamais de la vie !" "Il justifie ses mensonges, poursuit le psychologue, pour ne pas devoir rendre compte..." Sa mère, Maryse Etenna, une Martiniquaise, son beau-père Franz Ferdinand, son petit frère Julien sont appelés à la barre. Ils n'ont plus de relations avec Olivier. Tout de go, sa famille le voit manipulateur, agressif, violent, voulant toujours avoir le dernier mot. Son petit frère indique même préférer le voir rester en prison, "à titre préventif".

La présidente Sudre pose encore la même question : "Que faisiez-vous entre 14h59 et 15h44 à Montgé-en-Goële ?" L'accusé reste imprécis et contradictoire, mais il se fait fort d'avoir toujours réponse à tout.

Ce matin, l'avocat général Jean-Cédric Gaux devrait requérir et soutenir la thèse de l'engueulade qui a mal viré et Me Lebriquir plaider l'acquittement faute de preuves matérielles. Le verdict est attendu ce soir.

FXG, à Bobigny

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 05:05

CRIF et CReFOM aux Antilles

Le 30 janvier prochain, Patrick Karam sera en Martinique pour installer une section locale Conseil représentatif des Français d'Outre-mer (CReFOM). Guilaine Montout est pressentie pour en assurer la présidence. Le lundi 2 février, M. Karam sera en Guadeloupe pour installer Harry Mefons à la tête du CReFOM Guadeloupe. Enfin, deux jours plus tard, c'est le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Roger Cukierman qui est attendu pour mettre sur place une délégation régionale Antilles-Guyane du CRIF. Elle devrait être dirigée par André Saada qui serait lui-même par ailleurs membre du CReFOM.

FXG, à Paris

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 05:19

Lurel entre en campagne

Lurel-voeux.JPGLes voeux du président de Région, samedi soir à la maison de l'Amérique latine à Paris, ont eu quelques accents d'entrée en campagne électorale. Deux scrutins importants vont marquer l'année 2015 : les départementales en mars, dont on sait désormais qu'elles verront se mesurer les forces du PS et celles de GUSR, et les régionales en décembre, dont on sait que Victorin Lurel sera candidat à sa succession. Ces sujets électoraux, le président et député Lurel ne les a pas directement évoqués. Devant la ministre des Outre-mer, les sénateurs Arnell, Magras et Cornano et un public nombreux, Victorin Lurel est d'abord revenu sur les attentats des 7, 8 et 9 janvier derniers. "C'est la France toute entière qui a été attaquée (...) L'assassinat de Clarissa Jean-Philippe montre que les barbares ne font aucune distinction." La question de la laïcité, de la fraternité qui se pose à notre société l'a amené à évoquer "les fondements de la Nation française, les attributs de l'identité" pour mieux défendre "la reconnaissance du multiple" : "Si nous sommes tous égaux, commençons par reconnaître nos différence", a-t-il plaidé.

Arnell-Magras-Janky-Cornano-public.JPGLe président Lurel a choisi de placer l'année 2015 sous le signe de la mémoire et de la réconciliation entre les peuples. Il a donc encore défendu le Mémorial ACTe que le chef de l'Etat doit venir inaugurer le 10 mai prochain. Face aux attaques dont ce chantier de quelque 80 millions fait l'objet, Lurel persiste : "Je fonce !" Et en profite pour rappeler tous les autres investissements lancés par sa collectivité (100 millions d'euros). Victorin Lurel est pugnace et le dit : "Mon ardeur, certains vont l'éprouver pendant la campagne. Je serai bien là !"

Et l'homme qui dit aimer "les querelles utiles" est venu dire son idée sur la réforme des institutions : "Il y aura tôt ou tard une collectivité unique. Pourquoi précipiter les choses ?" La prochaine loi d'organisation territoriale va recentrer tout le social sur le Département qui lui-même risque de disparaître vers 2020. Victorin Lurel a rappelé à ce sujet que la précipitation de la Martinique qui a voté pour la collectivité unique en 2010, avait ajouté aux conséquences de la grande grève de 2009, se traduisant par une baisse du PIB martiniquais de 6 % ! Empruntant à l'univers nautique l'image du skipper qui tient sa barre, Victorin Lurel n'a pu s'empêcher, à la fin de son discours, de lâcher ces mots qui vont impacter ses futurs comptes de campagne : "Vous pouvez voter massivement pour nous !"

FXG, à Paris


Huit personnalités honorées

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La Région a honoré huit personnalités représentant "les richesses culturelles, sportives, économiques et humaines" de la Guadeloupe. Premier d'entre eux, Jean-Marc Mormeck, star mondiale de la boxe, six fois champion du monde. Sa défaite, le 5 décembre dernier face à Mateusz Masternak, a signé la fin de sa carrière. Mais Mormeck pourrait bien renaître en politique...

Les autres personnalités honorées sont le Pr Patrick Plaisance, chef du service des urgences à l'hôpital parisien de Lariboisière, la comédienne Mariann Mathéus, l'ingénieur Dora Destouches qui a mis au service de la société Kadalys ses compétences en agroalimentaire, la créatrice culinaire Carole Bélénus, le président de l'association des jeunes  guadeloupéens (AJeG), Edwing Laupen, un spécialiste des micro-algues au sein de l'entreprise innovante Spingwave, Alvyn Sévérien, et le célèbre couturier Denis Devaed.


Des nouvelles de Loïc Liber

Le président Lurel a donné des nouvelles d'une autre victime du terrorisme, Loïc Liber. Le jeune militaire, victime il y a trois ans, d'un tir de Mohamed Merah, est toujours en rééducation à l'hôpital des Invalides. Victorin Lurel l'a rencontré avec sa mère, Emilienne, samedi après-midi. "Il parle, répond au téléphone, dirige son ordinateur avec ses yeux et comprend parfaitement ce qui se passe en  France et en outre-mer. Il regarde tous les matins le journal de France Ô..."


Images

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Sourires génés entre Victorin Lurel et Hervé Damoiseau. Un seul commentaire du président de Région : "Pas de publicité !"

M-et-Mme-Pau-langevin.JPG

GPL a indiqué qu'un tiers des crédits européens attribués à la France pour la période 2014- 2020 seront pour les Outre-mer. La ministre a encore évoqué la cité des Outre-mer dont la première pierre pourrait être posée en 2015, pour passer "du rêve à la réalité".

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Lurel remet son trophée (réalisé par Rudy Jean-Jacques) au créateur de mode Denis Devaed

Elizeon-Laupen.JPGSophie Elizéon, déléguée interùinistérienne à l'égalité des chances des Français des Outre-mer remet son trophée au président de l'AJeG, Edwing Laupen.

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Josette Borel-Lincertin et Victorin Lurel avec le lauréat Alvyn Sévérien, spécialiste des micro-algues.

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Le sénateur Jacques Cornano remet son trophée à Carole Bélénus.

Desvarieux-Destouches.JPGJacob Desvarieux et Dora Destouches qui a permis le dépôt de deux brevets au profit de Kadalys, la ligne de produits cosmétiques à base de banane.

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GPL et la lauréate Mariann Mathéus

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Josette Borel-Lincertin remet ses récompenses au Pr Patrick Plaisance, chef du services des urgences à Lariboisière (Paris 10).

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Victorin Lurel a tendu un hommage spécial à Jean-Marc Mormeck.

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Ayden a assuré le rôle de maîtresse de cérémonie de la soirée.

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 05:09

Meurtre d'Audrey Verdol : Olivier Ferdinand tient bon malgré ses contradictions

Olivier Ferdinand, accusé du meurtre d'Audrey Verdol, tient bon. Depuis jeudi que son procès a débuté à la cour d'assises de Bobigny, il tient bon car aucun ADN ou trace de sang ne permettent de le relier au lieu où l'on a retrouvé le corps d'Audrey, sept mois après sa disparition le 11 avril 2009. Il tient bon, mais il parle beaucoup. Un témoin vient à la barre, aussitôt il réagit, souvent maladroitement : "Ne m'emmenez-pas dans cette voie-là", lance-t-il à la présidente. "Mais c'est vous qui nous y menez", répond la magistrate. "Quand je parle avec vous, on dirait que je mens sur tout. J'ai l'impression que pour vous, je suis le coupable." "Nous voulons comprendre vos contradictions", rétorque-t-elle doucement... Il est question d'un certain David, un ex petit-ami d'Audrey, qui s'était embrouillé au téléphone avec elle, peu avant le meurtre, pour une dette de 80 euros et un téléphone portable. C'est Olivier Ferdinand qui a signalé l'incident aux enquêteurs et une confrontation a eu lieu lors de l'instruction. La présidente en lit le procès verbal. L'accusé intervient pour ajouter des propos qui n'y figurent pas. "Vous parlez de la volonté de David de "démonter" Audrey, lui dit la présidente. Ce n'est pas anodin..." "J'ai dit ce que je savais mais je ne l'ai jamais accusé." "C'est ce que vous nous dîtes aujourd'hui..." Il est question d'un coup de fil d'Audrey à sa cousine après qu'elle soit allée prendre livraison du téléviseur qu'elle aurait été sensée acheter à un particulier dans la région du crime le jour de sa disparition. C'est la version de l'accusé. "Le dernier appel d'Audrey à sa cousine, rectifie la présidente, remonte à la veille du jour de sa disparition, à 20 heures." "Je suis d'accord avec vous, reprend Olivier Ferdinand, je me suis trompé de jour..." "Vous ne vous souvenez pas du jour où elle a disparu ?..."

Et l'on  parle d'un texto qu'Audrey aurait adressé à Olivier Ferdinand pour attester qu'elle lui prêtait bien sa voiture et son portable. "Elle a rédigé ce texto alors que j'étais encore avec elle..." Rien ne semble clair. Olivier Ferdinand tient bon, mais combien de temps encore ? Jeudi soir, à la fin de l'audience, Me Libriquir, l'avocat de la défense, avait déjà pris les devants en lançant à la cour cet avertissement : "Vous cherchez un coupable, pas la vérité."

Reprise de l'audience lundi.

FXG, à Bobigny

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 07:38

Gaston-Paul Effa prête vie à Raphaël Elizé

Gaston-Paul-Effa.jpgGaston Paul Effa relate sur le mode autobiographique l'histoire d'un illustre martiniquais, Raphaël Elizé.

Son ouvrage, paru le 31 décembre dernier chez Gallimard dans la collection Continents noirs, s'intitule Rendez-vous avec l'heure qui blesse.

Chassé de Saint-Pierre par l'éruption de la Pelée en 1902, Raphaël Élizé, le narrateur, va s'établir dans l'Hexagone. Il devient vétérinaire après la guerre de 1914-1918, et s'établit à Sablé-sur-Sarthe, aux portes de la Bretagne, en octobre 1919. Il devient en 1929 le premier maire noir d'une ville de France métropolitaine et est réélu en 1935. La Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande mirent malheureusement fin à son mandat pour des préjugés de couleur. Il entra dans la Résistance avant d'être dénoncé, arrêté puis déporté à Buchenwald en 1944 où il trouva la mort sous les bombardements alliés.

Rendez-vous avec l'heure qui blesse, c'est le destin historique d'un homme simple, plein de tendresse et de compassion, d'un homme devenu un héros national ; c'est le destin d'un homme emblématique de la condition humaine qui a inspiré ce roman où l'Histoire le dispute à l'émotion.

L'auteur, né en 1965 à Yaoundé au Cameroun, est établi en Lorraine où il est professeur de philosophie, critique et écrivain. Gaston-Paul Effa a publié plusieurs romans d'inspiration autobiographique, traversés par des questionnements identitaires et une posture très critique face aux coutumes et traditions africaines (Tout ce bleu, Grasset 1996, Le Cri que tu pousses ne réveillera personne Gallimard 2000, Nous enfants de la Tradition, Anne Carrère 2008). Gaston-Paul Effa, est également l'auteur de plusieurs livres d'entretiens avec Gabriel Attias et André Chouraqui consacrés aux relations entre le peuple juif et le peuple noir.

FXG, à Paris


Couv-Gaston-Paul-Effa.jpgExtrait : « Mon grand-père disait que pour les Noirs la peau est un mystère insondable, et il le disait sans chercher à savoir si nous comprenions, ou si, à Lamentin, on se souciait de la peau des esclaves, la mer, seule, évoquait quelque chose pour nous puisqu'elle n'était jamais bien loin, qu'elle nous nourrissait, qu'elle n'aurait jamais fini de charrier nos expériences originelles. Ce que voulait dire mon grand-père, c'était peut-être que la peau d'autrui et sans doute la sienne, et aussi la mienne aujourd'hui, sont un détroit où l'on ne peut que se perdre. »
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 05:06

Meurtre d'Audrey Verdol : Olivier Ferdinand reconnaît avoir menti 

"La bonne personne, elle est pas là ! C'est pas moi le coupable." La voix ferme, le menton haut, Olivier Ferdinand se tient droit dans le box de la cour d'assises de la Seine-Saint-Denis où débutait son procès jeudi. Avec son avocat, Me Pierre Lebriquir, il va tenter pendant les cinq jours que doit durer ce procès, de s'appuyer sur les doutes laissés par l'enquête de police pour convaincre les jurés de son innocence. "J'ai toujours dit que j'avais bien en Seine-et-Marne. J'avais simplement dit que j'étais rentré en train parce que je n'ai pas le permis de conduire et que j'étais allé vendre du shit." "Vous l'avez dit lors de votre garde à vue en 2011, pas en 2009. Pourquoi, lui demande la présidente Sudre. Vous avez subi des violences policières ?" Le capitaine de la PJ sort de ses gonds : "On n'est pas des gestapistes !" "Ces audtions en garde à vue ont été filmées? Pourquoi n'en avez-vous pas parlé au juge d'instruction ?", poursuit la présidente. "J'ai mis ça entre parenthèse parce que j'avais menti..."

Le Guadeloupéen (né il y a 30 ans en Ile de France) Olivier Ferdinand a-t-il tué sa petite amie, la Guadeloupéenne Audrey Verdol le 11 avril 2009 dans la forêt de Montgé-en-Goële ? Hier, un capitaine de la PJ du 93 est venu dire à la barre que les éléments d'enquête, la téléphonie, la zone géographique où Olivier Ferdinand avait été borné et ses déclarations qui n'ont cessé d'evoluer convergeaient dans le sens de l'accusation. Après le capitaine de police ce sont les experts de la police scientifique et de la médecine légale qui sont venus dire comment avait été découvert, près de sept mois après sa disparition, le cadavre d'Audrey, à l'état de squelette, le crâne recouvert d'un sac en plastique blanc et un lien en tissus noué autour du cou... Olivier Ferdinand a, pour l'heure, réponse à tout, mais ne semble guère convaincre.

La maman d'Audrey Verdol a fait le voyage depuis Lamentin pour ce procès. Elle est bien sûr épaulée de son avocate, Me Malika Larbi, mais également pas sa soeur et son beau-frère établis en région parisienne. Seule la distance temporelle des faits semble lui autoriser la sérénité qu'elle affiche.

FXG, à Bobigny


Les faits

Audrey Verdol avait quitté la maison familiale quatre ans plus tôt pour poursuivre ses études en Métropole. Son bac S en poche, elle s'était inscrite à l'université de Vélizy-Villacoublay. Après deux ans d'études, elle avait trouvé un travail, comme technicienne chez Spie Télécommunication. D'après sa maman, Anne Verdol, Audrey pensait reprendre ses études pour devenir ingénieur.

Après la disparition de sa fille, le 11 avril 2009, Anne Verdol, avait gardé espoir (notre édition du 7 décembre 2009). Jusqu'au 28 novembre 2009. Ce jour-là, les gendarmes ont frappé à la porte de sa maison de Lamentin. Pour lui dire qu'Audrey était morte. Les analyses ADN sont formelles. 

Le corps retrouvé par un promeneur dans la forêt de Montgé-en-Goële (Seine-et-Marne) trois jours plus tôt était bien celui de sa fille aînée. Le crâne, en état de décomposition, était recouvert d'un sac plastique. Au niveau de son cou pendait un tissu avec deux noeuds.

L'absence de la jeune femme avait été signalée une dizaine de jours après sa disparition. D'abord par sa cousine, inquiète de ne plus avoir de nouvelles. Puis par sa mère, qui s'est rendue en Métropole fin avril pour chercher sa fille. Convoqué par les policiers, son compagnon, Olivier Ferdinand, installé chez sa compagne depuis un récent séjour en prison pour une affaire de vol, avait dit lui aussi être sans nouvelles. 

Fin mai - début juin, toujours aucune trace d'Audrey. Anne Verdol doit rentrer en Guadeloupe. Toutes les semaines, elle appelle les enquêteurs. Le 26 novembre elle a appelé, comme d'habitude. C'est comme cela qu'elle a appris qu'un corps avait été retrouvé et qu'il pourrait s'agir d'Audrey. Quand les résultats tombent, elle s'écroule.

Placé en garde à vue, Olivier Ferdinand a finalement été mis en examen en juin 2011, après de multiples auditions. En cause: le bornage de son téléphone et de celui d'Audrey, repérés ensemble le jour de sa disparition près de Montgé-en-Goële. Mais aussi ses déclarations contradictoires sur son emploi du temps.

 

Dans un premier temps, le jeune homme avait dit avoir vu Audrey pour la dernière fois le 10 avril, à Aulnay-sous-Bois. Confronté aux relevés téléphoniques, il a finalement reconnu avoir passé une partie du 11 avril avec elle, assurant l'avoir déposée à Claye-Souilly, où elle devait récupérer un téléviseur auprès d'une connaissance.

Dans les jours qui avaient suivi sa disparition, Olivier Ferdinand avait utilisé le logement de la victime, sa voiture et son chéquier, sans se soucier de son absence. Plusieurs personnes, dans son entourage, s'étaient alors étonnées de son comportement.

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