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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 06:38
Mouv'K

Le Mouv'K de Kévin sur D8

Depuis quatre ans, les téléspectateurs de D8 peuvent suivre le jeudi ou le vendredi matin à 7 h 30 un cours de remise en forme animé par Sandrine Arcizet et le Martiniquais Kévin Coique. Celui-ci a su imposer à l'antenne le Mouv'K', un concept dansé de remise en forme au son des musiques afro-caribéennes. Portrait.

S'il est né dans l'Hexagone, Kévin est vite revenu au pays de ses ancêtres. il y est resté de l'âge de 4 ans, jusqu'à ses 18 ans. Il a vécu Saint-Esprit et à Rivière-Pilote. Avec un père musicien et une mère danseuse, le jeune Kévin est rapidement sensibilisé à l'expression artistique. Sa mère Joëlle danse aux rythmes africains et initie son fils, et son père Lucien joue du piano.

Une professeur va le marquer, Dominique Zéphyr en le poussant dans la direction du sport artistique. "Je faisais de la capoeira et elle m'a orienté vers la gymnastique artistique à Ducos." Une discipline qui n'accueillait pas encore les garçons en Martinique. Il se lance dans l'aérobic artistique en même temps qu'il prépare son bac STI électrotechnique.

Il part alors pour l'Hexagone où on lui offre la possibilité d'intégrer les entrainements de l'équipe de France de gymnastique aéro après ses bons succès aux championnats antillais et deux participations aux championnats de France où il se hisse à la 4e place.

Dès lors, il sait que le sport sera son métier. Il oublie son idée de devenir moniteur de sport à l'armée et se rend compte qu'il préfère être entraîné qu'entraîner. Il prépare son brevet d'Etat de gymnastique et, au dernier moment, présente le brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS). Il peut dès lors donner des cours collectifs de fitness. Formé à cet exercice par David Fonclaud en Martinique, il exerce cette activité depuis sept ans.

Dans les salles parisiennes Aqualoft où il donne ses cours, une de ses élèves lui dit souvent : "Votre place n'est pas dans une salle..." Il reste dubitatif, n'imaginant pas comment il pourrait trouver une autre voie... "Je débarquais des Antilles, je n'avais pas de réseau..." Cette élève lui demande ses coordonnées. Kévin a le temps d'oublier cette histoire quand, quatre mois plus tard, il reçoit un appel de la chaîne Direct 8. C'était en 2010... "J'étais devant ma télé et on me demande de passer..." On veut le voir danser, l'entendre parler, le voir coacher... Gym direct est alors animé par Sandrine Arcizet seule à l'antenne qui cherche quelqu'un pour la danse. Il rejoint Gym direct et Sandrine et anime une autre émission de renforcement musculaire.

Après le rachat de Direct 8 par Canal +, il propose son concept à lui, le Mouv'K.

"Ca pouvait faire peur parce que j'utilise beaucoup de musiques très roots de chez nous avec des artistes antillais comme E.Sy Kennenga, Admiral T, Dédé Saint-Prix... Des fois j'ose et je mets carrément du kompa ! Et ça n'a pas choqué du tout, Ils étaient super content comme les téléspectateurs."

Les débuts n'ont pas été si aisés pourtant. Pour le première émission, Kévin a du recommencer trois fois... Sa voix tremblait. "Fallait juste dire bonjour, on l'a refait trois fois ! Donner un cours face à quatre caméras, ce n'est pas la même chose que de donner un cours à 70 personnes !"

Quatre ans après, Kévin est hyper à l'aise. Il enregistre trois émissions par semaine ; elles sont diffusées le jeudi et quelque dois le vendredi à 7h30.

Malgré le succès, Kévin veut encore se former pour progresser. Il devient "Trainer Lesmills", leader mondial de la remise en forme, puis athlète Reebok, l'enseigne a été aussi séduite par son concept Mouv'K.

"Mon but c'était pas révolutionner la planète mais marquer l'identité de ce que je faisais. Entre la zumba et tous les concepts qui sortent, on s'y retrouvait plus..." C'est ainsi qu'il dépose le nom de Mouv'K qu'il protège en tant que marque.

Aujourd'hui, Kévin a formé deux professeurs, un Antillais et une métro, avec lesquels chacun entraîne quelque 70 adeptes par cours ! Avec les événements organisés les week-end et la télévision, les adeptes du Mouv'K sont déjà une petite foule ! Son public n'est pas spécifiquement composé d'Antillais, c'est très ouvert, "surtout au niveau des âges", se satisfait Kévin. Il sait que la musique et la danse plaisent, mais c'est surtout la philosophie du concept qui attire. "Je leur dis de ne pas avoir honte, de penser joie et partage... J'utilise la danse comme une thérapie."

Evénement en Martininque

Le 30 avril, Kévin sera en Martinique à l'invitation de David Fonclaud, pour organiser un stage de Mouv'K, "un événement!", corrige-t-il. Ce sera sur le terrain de basket de Saint-Esprit, un endroit capable d'accueillir 200 personnes. les gens sont invités à vivre un véritable show auquel seront conviés des artistes surprise, des associations, des artistes brésiliennes. Il y aura du Mouv'K, mais également des passages folkloriques...

Le Mouv'K : concept dansé de remise en forme

Kévin propose à ses élèves des mouvements authentiques par rapport au style de la musique. Si c'est de la dancehall, on fera des mouvements de dancehall, si c'est de la soca, on va sauter, si c'est de la danse africaine, on va faire des mouvements typiques afro... On mélange pas des steps de danse sur des styles qui ne correspondent pas.

Son déclic, ca a été le phénomène zumba. La zumba a permis à beaucoup de personnes de bouger, d'aller dans des salles pour pratiquer le sport, mais à un moment donné n'importe, même sans diplôme, s'est mis à donner des cours de zumba et on s'est retrouvé avec un peu de bon et beaucoup de mauvais. Moi aussi, j'aimais la zumba, mais je voulais faire quelque chose qui me ressemble. C'est à ce momeent-là que j'ai eu envie de créer mon truc, le Mouv'K avec uniquement des profs diplômé et des musiques afro-caribéennes.

Son rêve est de former des professeurs de Mouv'K et de leur distribuer des licences. La zumba a eu besoin de 10 ans avant d'arriver en France ! Aujourd'hui, Kévin se dit que si le Mouv'K devait prendre la même ampleur, il y est prêt. "Je serai content d'avoir participé au développement de ma culture."

Twitter Kévin : https://twitter.com/kevcoique (@kevcoique)

Intagram Kévin: kevin.coique
Site web Mouv'K: www.mouvk.com

 

 

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 06:18

Fackeure et Fanfant sortent Frères chez Aztec musique

Frères, le 1er album de Thierry Fanfant et David Fackeure, sorti chez Aztec Musique, est un pur album de jazz. Les deux hommes, accompagnés de Jean-Philippe Fanfant à la batterie et Thibault Hien au saxo, se connaissent depuis l'an 2000. Thierry Fanfant a découvert "ce pianiste français qui faisait de la biguine" (David Fackeure a notamment accompagné Jenny Alfa dans Douvan Pote Doudou). Quelques années plus tard, en 2007, Fanfant remplace au pied levé son bassiste quand David Fackeure anime résidence au Franc Pinot sur l'île Saint-Louis. La collaboration révèle leurs affinités musicales et démarre pour eux l'aventure de "Fackeure on Jazz". Et quand Thierry Fanfant doit partir jouer en Colombie et en Equateur en 2009, il fait appel à David, c'est la révélation. Thierry lui demande de venir jouer sur son album Simé Lanmou. Concert après concert, ils deviennent plus proches. Chacun gratte des morceaux dans son coin et quand ils se rendent compte que chacun des deux prépare un album avec les mêmes musiciens, ils décident de le faire ensemble. Chacun apporte sa patte sur les compositions de l'autre. Ils composent, enregistrent, mixent, masterisent et réalisent l'album de A à Z, pochette comprise dont les photos sont signées Thierry Fanfant. "Une maturité dans le visuel et la musique", se réjouit Thierry.

Le titre, Frères, est celui d'un morceau, Fwèw, composé par David et dans lequel chaque musicien a son solo à jouer. Les deux artistes revendiquent un album jazz caribéen. "On y retrouve tout ce qu'on a vécu comme musique, souligne Thierry, de la biguine à la rumba cubaine. Le fond des Antilles est omniprésent." Les deux musiciens s'inspirent, s'émulent et ouvrent des portes, mais pas question de chercher à prouver quoi que ce soit, simplement crée de l'émotion.

"Jouer sur la composition de l'autre oblige à aller dans des directions qu'on n'a pas forcément envisagées, explique David. Ca demande un travail personnel pour aller dans la seule direction qui compte, celle du morceau !" Au final, l'album offre un univers avec des chansons sans parole. Leur jazz caribéen rythmique casse la glace. Les morceaux sont écrits dans le format des standards de jazz, une mélodie, un thème... "Ca permet d'être plus libres, d'avoir moins de rendez-vous susceptibles de de rompre leur fluidité. "On pourrait partir tous les deux à Los Angeles et trouver nos musiciens sur place !", souligne David. "Ce ne sont pas des compositions tordues", complète Thierry.

Après le New Morning, le 11 avril et le Duc des Lombards le 25 mai, le tourneur Cyril Coudoux devrait les faire venir aux Antilles d'ici la fin de l'année.

FXG, à Paris

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 13:54

Christian Julien joue Boesman et Léna au théâtre de la Tempête

Mise en scène de Philippe Adrien.Tous les jours à 20 h 30 ; dernière dimanche 12 avril à 16h30

Homme de théâtre sud-africain, blanc, né en 1932, Athol Fugard se présente comme « un Afrikaner qui écrit en anglais ». Sa description aiguë des conséquences humaines de l’apartheid a fait de lui, dans les années 1960, une des figures marquantes de l’opposition politique de son pays. Chassés d’un bidonville par le bulldozer de l’homme blanc, Boesman (Christian Julien) et Léna (Nathalie Vairac), un couple de « bruns » – métis, errent jusqu’à un terrain vague où lui va, une nouvelle fois, construire un abri. L’arrivée d’un vieux Bantou (Tadié Tuéné) – pour eux, un « nègre », un cafre – bouleverse leur relation : elle croit possible le dialogue ; lui ne comprend pas, se montre jaloux, haineux… Qu’est-ce qui est mutilé ? Placés dans une situation invivable, Boesman et Léna sont à la fois bourreaux et victimes… En somme, une histoire d’amour où chacun représente le destin de l’autre.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 07:37

Quinze Martiniquais formés à Aurillac

Le directeur général de LADOM, Jean-Claude Cadenet, était à Aurillac ce lundi 30 mars pour signer une convention avec Escot Telecom et la chambre de commerce et d'industrie du Cantal. Quinze demandeurs d'emploi de Martinique vont être formés à Aurillac sur le campus de la CCI du Cantal durant 455 heures, puis au sein du groupe Escot pendant 175 heures. Leur formation complète associera théorie et pratique. A l'issue de la formation, les stagiaires présenteront le titre professionnel d'installateur de réseaux câblés communications (IRCC) et seront employés par Escot Télécom en Martinique. D'ores et déjà une nouvelle promotion de quinze Martiniquais est prévue.

L'entreprise Escot Telecom va déployer la fibre optique en Martinique. Pour cela, elle doit recruter des personnels qualifiés. Créée en 1975, Escot Telecom intervient dans les DOM depuis 1982. En 2007, Escot Telecom a participé à la reconstruction des réseaux téléphoniques de la Martinique et de la Réunion suite à des cyclones. Escot Telecom est compétente dans l'étude et la conception des réseaux, l'installation des lignes téléphoniques, l'entretien des réseaux de télécommunication, la conception, la construction et l'exploitation des réseaux pour l'accès au haut débit. Escot Telecom a confié au Centre national de formation au très haut débit de la chambre de commerce et d'industrie du Cantal le soin de sélectionner, de former et de recruter les futurs salariés de ces territoires.

FXG, à Paris

 

 

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 04:39

Ericka Bareigts taxe Robert Drahi de patron voyou

"L'emploi dans le secteur des télécommunications à la Réunion est menacée par des ptratiques de voyou." Tel est le message qu'a porté la députée PS Ericka Bareigts au cabinet d'Emmanuel Macron, à l'Autiruté de la concurrence et, hier encore, au président de l'ARCEP, Sébastien Soriano. Pour étayer son affirmation, la députée rappelle que Robert Drahi, le patron de Numéricâble, a pris des engagements écrits, stipulant qu'il sauvegarderait l'emploi au moins pendant une période de 36 mois. Or, Mme Bareigts a été alertée par Pierre Clain de la CFDT. "Il y a des activités qui sont clairement en train de basculer vers Maurice", affirme le syndicaliste, même s'il reconnaît ne pas être en mesure de quantifier le phénomène en termes d'emploi. Il s'agit des centres d'appel. M. Clain s'inquiète du déficit de formation en ce qui concerne le très haut débit. Le syndicat demande un vrai plan de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans les télécoms à l'instar de ce qui se passe à la Martinique qui forme actuellement à Aurillac (avec le soutien de LADOM) des techniciens pour déployer le très haut débit.

Plus globalement, Ericka Bareigts rappelle le principe des contreparties attendues du patronat en matière d'emploi en échange de l'ensemble des mesures d'aides publiques dont il bénéficie à la Réunion. "Ce n'est pas acceptable de voir des entreprises s'installer à la Réunion, siphonner les fonds publics et casser l'emploi."

Au-delà de la sonnette d'alarme qu'elle est venue activer à Paris, la députée voudrait que se réunisse l'ensemble des partenaires dans le secteur des télécoms afin que "tout le monde précise ses engagements." La députée affirme qu'elle a bénéficié d'une écoute attentive du président de l'ARCEP, comme des collaborateurs du ministre de l'Economie qu'elle devrait revoir prochainement.

FXG, à Paris

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 07:45

Jacky Tavernier goûte les lectures

La comédienne Jacky Tavernier était au salon du livre la semaine dernière pour lire un extrait de la nouvelle "Tala Ngai" du talentueux Steve-Léo Mékoudja (Cameroun), lauréat du Prix Stéphane Hessel, dans la catégorie "nouvelles", en présence de Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde (FMM), de Jean R.Th. Guion, Président International de l’Alliance Francophone, de Eric Amiens, coordinateur du Prix Stéphane Hessel et présentateur du Club RFI….

Dzifa Gbéblo (24 ans, Togo) a eu le prix pour son recueil de poèmes "La force de croire".

La troisième édition du Prix Stéphane Hessel de la Jeune écriture francophone avait pour thème : « L’exaspération est un déni de l’espoir » (une citation de Stéphane Hessel).

Çela fait maintenant trois ans, que Jacky Tavernier met en voix les textes des lauréats de ce prix. "C'est une manière de prolonger mon engagement auprès des jeunes dans le cadre de la Francophonie qui m'est chère." Jacky a eu l'occasion de travailler au siège parisien de l'Agence de coopération culturelle et technique, il y a de nombreuses années, avec les centres de lecture et d'action culturelle en Afrique.

Eric Amiens lui a demandé, en 2013, d'apporter sa collaboration en tant que comédienne martiniquaise, donc francophone, ayant reçu en 2009 le prix de la meilleure actrice au Festival du Film Francophone d'Angoulême.

"C'est pour moi l'occasion de découvrir de jeunes auteurs contemporains de très grand talent, des textes très forts qu'il est agréable de mettre en voix, autour d'une thématique différente chaque année."

Jacky a déjà mis en voix le dernier roman de Franck Salin, membre du Jury Hessel. L'avant-dernière lecture qu'elle a faite en février dernier était un extrait de la pièce de théâtre, Anacaona, de Jean Metellus, avec Jean Michel Martial, à la Maison de l'Amérique Latine, à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Jean Metellus.

FXG, à Paris

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 07:45

L'Europe confirme la condamnation de Dole dans l'affaire du cartel de la banane

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a confirmé la condamnation de Dole dans l’affaire du « cartel de la banane ». Entre 2000 et 2003, trois des principaux importateurs de bananes en Europe du Nord (Dole, Weichert et Chiquita) avaient s'était entendu sur le prix de référence des bananes commercialisées dans huit pays d’ Europe du Nord. En 2008, la Commission européenne avait infligé des amendes pour un montant de 60,3 millions € à deux des trois entreprises, Dole et Weichert, Chiquita avait pu fournir des informations à la Commission et échapper à l'amende. Dole avait déposé un recours contre cette décision devant le tribunal de l’Union, recours rejeté le 14 mars 2013. C’est cette décision de rejet du recours de Dole qui vient d’être validée par la Cour de justice européenne.

Source : Olivier Masbou http://leblognotesdoliviermasbou.com/2015/03/nouvelles-fraiches-81/

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 05:34

Le soutien fiscal à l'investissement outre-mer met le gouvernement face à ses contradictions

"C'est un problème d'autorité de l'Etat." En une phrase, Jean-Pierre Philibert, président de la Fédération des entreprises d'Outre-mer (FEDOM), a posé le grand problème qui se pose aux milieux économiques ultramarins : la sécurisation des aides à l'investissement. Alors que le gouvernement ne cesse de répéter que la défiscalisation a été stabilisée jusqu'en 2017 et complétée par le mécanisme du crédit d'impôt, tout ne semble pas fonctionner correctement si l'on en croit le patron de la FEDOM qui relaie ces jours-ci les inquiétudes des lobbystes ultramarins d'Eurodom à Bruxelles. le patron d'Eurodom, Gérard Bally cherche à renégocier le RGEC, c'est -à-dire le règlement général d’exemption par catégorie. Ce nouveau régime, entré en vigueur le 1er juillet dernier, "étend considérablement le champ d’application des exemptions de l’obligation de notification préalable des aides d’État octroyées aux entreprises", selon la Commission européenne. Autrement dit, les États membres peuvent octroyer un plus grand nombre de mesures d’aide pour des montants plus importants sans avoir à les notifier au préalable à la Commission pour obtenir son autorisation.

Dans les faits, et malgré les "lettres de confort" émanant de la Commision européenne et sensées guider les décisions des fonctionnaires de Bercy, 600 millions d'euros d'investisssements dont 200 d'aides fiscales (défiscalisation ou crédit d'impôt) sont bloqués depuis deux mois. Les bureaux d'agrément de Bercy et des directions régionales des finances publiques outre-mer se justifient en expliquant qu'ils attendent les notifications de Bruxelles ! Un paradoxe quasi kafkaïen pour les entrepreneurs ultramarins.

A la niche... fiscale !

"Le gouvernement nous dit de continuer à investir, assure le patron de la FEDOM, mais Bercy ne donne pas suite. On ne peut continuer avec deux interprétations différentes du cadre juridique dans lequel nous évoluons." Ainsi les secteurs du transport, de l'énergie (un comble au moment où l'on ne parle que de transition énergétique !) ou encore le renouvellement des investissements dans le secteur agricole sont exclus des aides fiscales.

A l'approche du 11 avril, date de la Journée Outre-mer développement où Manuel Valls doit intervenir, les milieux économiques sont vent debout et le discours du Premier ministre sera analysé dans ses moindres détails. Ce sera sans doute ce moment que choisira le gouvernement pour annoncer de nouvelles "lettres de confort" pour que les secteurs du transport, l'énergie et l'agriculture soient à nouveau éligibles aux aides fiscales d'Etat. Autrement dit, tous attendent du Premier ministre un coup de menton pour siginifier à ces messieurs de Bercy de rentrer à la niche... fiscale !

Le gouvernement en est capable puisqu'il vient d'imposer à Bercy la levée de blocages similaires concernant la défiscalisation dans le logement social outre-mer.

Tout cela est d'autant malvenu que le décret du 10 février dernier moralisant la profession des intermédiaires en défiscalisation (auquel est annexée une charte de déontologie) doit entrer en vigueur le 12 avril.

FXG, à Paris

L'AG de la FEDOM

 

Le 10 avril, la FEDOM réunit son assemblée générale. Au programme, le renouvellement de ses instances (Jean-Pierre Philibert est candidat à sa succession), mais surtout la préparation de la future loi de structuration économique dans les Outre-mer puisque que la loi de développement économique (LODEOM) initiée par Yves Jégo fin mai 2009 arrivera à son terme début 2017.

Par ailleurs, les débats devraient aussi porter sur le plan Junker et le fléchage d'une partie des 315 milliards du fonds européen d'investissement stratégique vers les outre-mer. Même chose avec le nouveau grand emprunt pour les investissements d'avenir que voudrait lancer le président Hollande. Pour mémoire les 35 milliards du grand emprunt lancé par le président Sarkozy en 2010 et complétés par 12 miliards levés sous le gouvernement Ayrault n'ont en rien concerné les outre-mer.

 

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 07:53

Belle vitrine ultramarine au salon du livre de Paris

Au coeur de la halle, les outremers étaient pour une fois fort bien situés, face à l'entrée des VIP. Reportage.

"Nous sommes aux premières loges", l'Haïtien Viener Kerns Fleurimont, écrivain Ibis rouge, était au stand de son éditeur aux avant-postes d'un véritable quartier des littératures ultramarines au salon du livre de Paris ce week-end, extrêmement bien placé, face à l'entrée des VIP, des journalistes et des auteurs. "Nous étions jusqu'alors toujours les derniers de la classe, raconte Régine Jasor qui tient la librairie des outremers, c'est-à-dire au fond du salon où personne ne nous voyait. Ca nous a été utile une seule fois quand Israël était l'invité d'honneur. Il y a eu une alerte attentat et nous avons été les premiers évacués !"

Cette année, l'outre-mer est au centre, non loin de grandes maisons d'édition. Autour de l'espace du ministère des Outre-mer qui accueille la librairie Jasor et une pléthore de petits éditeurs éparpillés aux quatre coins de la planète dont la totalité des éditeurs guadeloupéens, la Martinique, la Nouvelle-Calédonie et la Réunion, à l'instar d'Ibis rouge, ont planté leurs propres stands. Tous sont à proximité de l'espace conférence. Sur cette scène dénommée "Voyage littéraire", Ernest Pépin (Le griot de la peinture, Caraïbéditions) et Gisèle Pineau (Les voyages de Méri Sisal, Mercure de France) ont parlé de leur dernier né, Frédéric Régent et le comédien Boris Terral ont fait vivre L'ancêtre en solitude, de Simone Schwarz-Bart retenue au pays avec un foutu mal de dos.

Timalo est venu slamer, il distribue à qui veut bien un bristol qui annonce son prochain livre, Dyables, prèmié woman kreyol Gwadloup. Joëlle Verdol, Errol Nuissier, Serge Diantantu, Bruno Kissoun, Quincy Gane sont venus pour des séances de signature. Quincy est un jeune auteur de l'écurie Jasor. "Il est la relève, assure Régine Jasor, promis à une très belle carrière, équivalente à celle d'Alex Godard. J'espère qu'un jour il sera édité chez Gallimard ou une grande maison". Willy Salzedo fait partie de ces auteurs qui débarquent de l'avion et arrivent au salon avec encore du sable entre les orteils ! "Ceux-là, expliquent Régine Jasor, ils vont vers le public, ils l'interpellent." Une grand-mère cherchait un livre pour son petit-fils, elle est passée devant les stands d'outre-mer où elle a a découvert Les longues nattes de Poética, de Marielle Plaisir. "Elle était venue au salon pour trouver un Chat botté", raconte Mme Jasor. Voilà pourquoi cette année, tous se sont réjouis de cet excellent emplacement. "Nous sommes différents, explique Errol Nuissier, mais nous sommes Français. Il est important de montrer comment cette différence apporte à l'enrichissement de la culture française."

FXG, à Paris

Interpeller le lecteur

Comment parvenir à intéresser le lecteur dans cette halle où des centaines de milliers de livres lui sont proposés ? "Ca c'est l'énigme, avoue Joëlle Verdol. Mais le simple fait qu'on soit présent, c'est déjà un appel, ensuite, s'il regarde votre livre, on l'invite à jeter un coup d'oeil à l'intérieur des pages..." Son mari, Philippe Verdol, habitué des salons littéraires, a de l'expérience : "Ca paraît chaque année un peu plus difficile, mais il ne faut pas hésiter à interpeller le chaland et la discussion s'engage... Les visiteurs ont un peu peur de solliciter les auteurs, il faut qu'on aille vers eux."

Avec ses vingt ans de salon l'éditeur Jean-Louis Malherbe connaît ses auteurs. Il y a ceux qui se mettent face à leurs livres et qui essaient de faire quelque chose pour vendre. Il y a ceux qui se mettent sur le côté et discutent entre eux, la vente sera plus difficile..."

"Faut pas faire le marchand de tapis, les gens s'arrêtent tout seul", remarque Willy Salzedo. "Je regarde les gens, explique Bruno Bulot, un auteur Ibis rouge, et eux regardent la couverture du livre qui les interpelle... S'ils s'arrêtent, ils regardent la 4e de couverture et c'est ce qui va peut-être susciter l'intérêt et la sympathie, alors on discute..."

L'entrée du salon est chère, 12 euros. "Les gens paient pour rencontrer des auteurs qu'on voit très peu, analyse Régine Jasor, comme le Brésiliens invités d'honneur, et pas nécessairement nos auteurs pays." "Je crois qu'on n'arrête pas le chaland, observe Timalo. Je ne l'arrête pas. Mes titres en créole sont intrigants. Soit ils interpellent du fait de la langue et sinon, il ne faut pas insister."

"Les gens qu'on arrête sont des gens qui ont été sensibilisés, explique Errol Nuissier. Ceux qui viennent au stand outre-mer ont déjà une petite idée et là, ils peuvent vérifier si leur idée est conforme à la réalité ou quel delta il existe entre leur représentation des outremers et la réalité telle que nous la concevons."

"Arrêter le chaland, ça se fait par le regard, confie le jeune Quincy Gane, un simple bonjour... C'est une question de feeling, d'alchimie. Les gens pressés, ça se voit et je ne m'attarde pas trop, les curieux, ça se voit aussi et je leur parle."

"C'est à la fin du salon qu'on voit si c'est bon ou pas bon, conclut Malherbe. Mon plus gros chiffre a été 12 000 euros. L'année passée, j'ai fait 3000. Je n'avais rien vendu le premier jour et beaucoup le dernier..."

FXG

Régine Jasor : "Déghettoïser la littérature de nos pays"

"La réaction première du lecteur parisien est de dire "Ah bon ? Ces pays ont une littérature ? Il y a autre chose que des gens capables d'écrire papa avec cinq P ou des livres de cuisine, de rhum ou de tourisme ?" Nous sommes là pour dire aux gens que nous sommes des pays où il y a des gens qui réfléchissent, qui écrivent... Des pays où il y a une telle complexité telle que des gens extérieurs à ces pays écrivent sur ces pays. Nous sommes là pour tordre le cou aux idées reçues et aux préjugés. Nous sommes là pour déghettoïser la littérature de nos pays."

Bruno Bulot est un picard passionné des Antilles. "je passe tous les étés à Saint-Martin", précise-t-il avec hâte. Il a publié Ajay, La conquete de l'ancien monde chez Ibis Rouge. L'histoire de Christophe Colomb revisitée. Deux Indiens d'Hispaniola réagissent à l'arrivée de Christophe Colomb et s'en méfient. AJay et Wokanagari vont alors partir à la conquête de l'Europe... Une aventure où vont se mélanger les Indiens, les conquistadors et les pirates qui vont troubler leur jeu.

Joëlle Verdol présente son livre Les commandeurs de l'aube chez Lharmattan. L'histoire de la déchéance et de la rédemption d'un blan gaché en Guadeloupe contemporaine. "Au-delà des antagonismes de race, de couleurs et de fortune, explique l'auteur, il y a des lieux, il y a des gens, des peuples, qui malgré le passé et ses douleurs, permettent à certains de retrouver leur humanité."

 

 

 

Philippe Verdol est venu promouvoir son essai Du Chlordécone, comme arme chimique française en Guadeloupe et en Martinique et de ses effets en Europe et dans le monde - plainte et demande de réparation. "C'est parti d'une réflexion du président du plan chlordécone aux Antilles, explique l'auteur. Il a dit que comme le marché est trop petit, la dépollution des sols serait difficile à mettre en oeuvre..." De là, il développe une enquête sur la manière dont le chlordécone a été utilisé en Europe, en Allemagne, mais aussi sur les agriculteurs ou les pêcheurs qui demandent aux Antilles le relèvement des seuils d'interdiction pour pouvoir continuer à travailler... Il y aurait même un certains nombre de personnes en Guadeloupe et Martinique prêts à manger contaminé pour sauver la production local, c'est le syndrôme "Karunina"...

Errol Nuissier a publié chez Carïïbéditions deux ouvrages, Psychologie des sociétés créoles qui est sorti en novembre 2013 et Violence dans les sociétés créoles aux Antilles paru en octobre dernier.

Un ouvrage sur la violence pour elle toute seule ?

La Guadeloupe est le premier département français en matière de violence. C'est un thème extrêmement important et il fallait qu'on essaie de se questionner mais autrement, sortir des sentiers battus et réfléchir avec d'autres moyens, d'autres outils pour essayer de comprendre et d'avancer sur cette question.

Alors la violence, c'est le rhum, la promiscuité familiale, la désagrégation des repères de la jeunesse ?

C'est à la fois ces trois éléments, dont le problème de désagrégation des repères de la jeunesse, mais surtout la dislocation des familles. Les liens sociaux sont de plus en plus fragilisés. Ils se délitent.

La question du vivre ensemble ne révèle-t-elle pas l'absence de projet commun ?

Il y a de plus en plus de difficultés à vivre ensemble, à accepter nos différences et notre métissage... Il y a une espèce de refus de l'autre alors que ce métissage est ce qui fait notre société. La difficulté vient du fait que nous avons du mal à accepter cette différence, à ne pas supporter la frustration et refuser l'existence de l'autre.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Quincy Gane

Il présente ses deux livres publiés chez Jasor, Le sourire de Mlle Lune pour un public entre 3 et 7 ans, et L'incroyable histoire de Lucien le coiffeur pour un public plus âgé, entre 7 et 10 ans.

Trois questions à Willy Salzedo qui publie aux éditons Nestor, Mon histoire du zouk.

Pourquoi avoir choisi le genre autobiographique ?

C'est mon parcours, l'histoire de ma vie musicale. Je me présente au début du llivre de manière intimiste, mais ensuite je mets l'accent sur toutes ces années de tournée, de musique... Ce sont les coulisses que je raconte essentiellement, que j'ouvre au public. Mon histoire du Zouk aurait pu aussi bien s'appeler Les backstages de Willy...

C'est un récit riche d'anecdotes...

Je raconte quand Patrick Saint-Eloi, dans une petite soirée privée, après avoir chanté La Créole nous a demandé si ça pouvait marcher... Quand on voit le standard que c'est devenu ! C'est toute l'humilité, la simplicité et le génie de l'homme. J'évoqie aussi ma rencontre avec Thomas Sankara quand nous étions allés jouer au Burkina Faso. Il s'est fait malheureusement assassiner une année après... Je me suis aussi trouvé à faire le boeuf avec Enrico Macias et Véronique Samson dans les coulisses d'une émission de Michel Drucker ! Ca fourmille d'anecdotes !

Vous sentez-vous bien au stand outre-mer du salon du livre de Paris ?

C'est la première fois que je viens au salon. Il faut bien sûr cet espace dédié. Il n'y a pas tellement de lieux où sont exposées nos richesses culturelles. Je ne suis pas sûr qu'on trouve tous les ouvrages exposés ici à la FNAC. Mais la ministre des Outre-mer vient nous voir, ce qui prouve qu'il y a quand même un intérêt. Je ne peux que dore oui à cet espace qui nous valorise.

Propos recueillis par FXG

L'effet Guyane au salon du livre de Paris

Au salon du livre de Paris, les auteurs guyanais font beaucoup de renseignement touristique et jouent sur l'attrait d'une Guyane encore bien mystérieuse dans l'imaginaire des visiteurs.

Les Guyanais aussi étaient aux avant-postes, tous sont à proximité de l'espace conférence. Eudoxie Jeantet l'a inauguré vendredi pour parler de son Encyclopédie des animaux de la Guyane (Plume verte). Cet éditeur est là pour la première fois. "On a beaucoup de visibilité même si la plupart des gens ne font que passer." Suzy Lan, l'éditrice, a emmené un de ses auteurs, Huguette Tibodo, présenter son beau-livre Le costume traditionnel créole guyanais. "C'est la Guyane qui attire les visiteurs, explique Huguette, ils s'arrêtent pour nous poser des questions sur la Guyane."

Tchisseka Lobelt de l'association Promolivre qui a coordonné la présence de la délégation guyanaise, confirme : "Quand je tenais un stand Promolivre, on ne faisait que du renseignement touristique ! On reste un territoire mal connu qui excite d'autant plus l'intérêt des gens. Il faut jouer dessus."

Grâce au fonds d'échange de la préfecture, l'éditeur Plume verte, la libraire Guyalivre, l'association guyanaise d'édition (Pierre Stéphenson auteur des Fables guyanaises - Orphies) et l'écrivain Elie Stephenson ont pu venir alors que l'invité d'honneur du salon est le voisin brésilien.

Mais il n'est pas facile même pour la fine fleur de notre littérature d'interpeller le chaland au milieu de cette immense halle où des centaines de milliers de livres lui sont proposés.

Huguette Tibodo regarde les gens qui s'approchent avec une grande bienveillance et elle attend qu'ils lui posent une question pour parler...

"Il faut être derrière sa table, insiste Tchisseka Lobelt, et interpeller le passant. Les gens ne demandent ça. Ils veulent des signatures, des photos, poser des questions !"

Jean-Louis Malherbe avec ses vingt ans de salon est un expert : "Il y a les auteurs qui se mettent face à leurs livres et qui essaient de faire quelque chose pour vendre. Il y en a qui se mettent sur le côté et qui discutent entre eux, la vente sera plus difficile..." L'entrée du salon est chère, 12 euros. Si les gens payent, c'est pour aller voir des auteurs rares, qui viennent du Brésil ou une célébrité comme Michel Drucker et pas nécessairement nos auteurs pays...

André Paradis (dix livres au compteur d'Ibis rouge dont Il est l'or Victor) a compris le truc. "Quand il vient, explique Malherbe, il vend tout ses livres." Jisseka parle peut-être de lui quand elle raconte la méthode d'un auteur qu'elle ne veut pas nommer : "Il se met debout au milieu de l'allée et quand quelqu'un passe, il vient en travers pour lui vendre son histoire et son livre !" Cette année, André Paradis n'est pas là ; Malherbe a pris beaucoup moins de ses bouquins.

FXG, à Paris

Un ouvrage sur les Wayanas

Perpective du mal que vient de sortir Ibis rouge est un ouvrage du médecin psychiatre, anthropologue et Ethnologue, Jean Chapuis. Après avoir travaillé pendant vingt ans aux contact des Amérindiens Wayanas, il propose une somme savante sur leur malheur. Il aborde ce groupe carib forestier des Guyanes dans une approche ethnographique à partir de la perspective du malheur, et plus particulièrement du malheur somatique. Il laisse souvent la parole à des interlocuteurs bien identifiés, présente des histoires de cas, s’appuie sur des récits vernaculaires, sur le lexique et sur des témoignages anciens et récents.

La perspective du mal, Jean chapuis, Ibis rouge, 964 pages, 60 euros

Editeurs et auteurs martiniquais au stand Martinique

 

Les Martiniquais sont venus au stand des Outremer, sur la scène des conférences où se sont succédés Simone Henry Valmore, Jeanne Wiltor, Suzanne Dracius, puis Daniel Maximin, pour évoquer Césaire, Jean-marc Rozier et Julienne Salvat pour évoquer Zobel, François Babourg et ses confrères réunionnais pour évoquer la caricature en outre-mer...

Mais, autour de l'espace du ministère des Outre-mer qui accueille la librairie des outremers et une pléthore de petits éditeurs éparpillés aux quatre coins de la planète, la Martinique comme la Nouvelle-Calédonie, la Réunion, à l'instar d'Ibis rouge, ont planté leurs propres stands. "C'est la cinquième année, explique Manuel Césaire, coordinateur du stand Région Martinique, que la Région plante sa tente à côté du stand des Outre-mer de la rue Oudinot au salon du livre de Paris. "Nous voulons permettre aux auteurs et aux éditeurs, poursuit Manuel Césaire, de rencontrer notre public mais aussi d'autres éditeurs et d'autres réseaux de diffusion. C'est un salon basé à Paris, mais qui est aussi international." Et Manuel Césaire a aussi en tête de faire connaître le salon du livre qui se tient en Martinique au mois de novembre.

FXG, à Paris

Comment parvenir à intéresser le lecteur ?

"Ca c'est l'énigme, avoue la Guadeloupéenne Joëlle Verdol. Mais le simple fait qu'on soit présent, c'est déjà un appel, ensuite, s'il regarde votre livre, on l'invite à jeter un coup d'oeil à l'intérieur des pages..." Pour susciter l'intérêt du passant, Michel Bagoé sait qu'il faut aller chercher le lecteur : "C'est pas du racolage, mais presque ! On les invite à découvrir la littérature martiniquaise et on essaie de défendre notre oeuvre ! Le salon est une vitrine intéressante, il vaut mieux y être que de ne pas y être !" "Avec ceux qui sont accrochés par la couverture du livre, avance Renaud Saé, il y a un vrai contact qui s'établit, en plus de l'achat du livre... Mais je ne fais pas de racolage !" "Je regarde les gens, explique Bruno Bulot, un auteur Ibis rouge, et eux regardent la couverture du livre qui les interpelle... S'ils s'arrêtent, ils regardent la 4e de couverture et c'est ce qui va peut-être susciter l'intérêt et la sympathie, alors on discute..."

L'entrée du salon est chère, 12 euros. "Les gens paient pour rencontrer des auteurs qu'on voit très peu, analyse Régine de la librairie des outremers, comme les Brésiliens, invités d'honneur, et pas nécessairement nos auteurs pays."

"Chacun trouve son bonheur"

"Trouvez des idées, préparer ses dessins, c'est pas pareil que de vendre ses livres !" François Gabourg présente son recueil de caricatures, Rouge bitume, sorti il y a un an. Il a délégué l'approche des visiteurs à un responsable du stand Martinique. "J'aime bien vendre, mais pas mes propres affaires."

La plupart des auteurs martiniquais présents intéressent en général d'abord un public antillais. "L'objectif , poursuit le dessinateur, est de trouver un public un peu plus ouvert. Et celui-là quand on le rencontre, c'est un visiteur qui s'est perdu, que les grands éditeurs n'ont pas accroché. A ce moment, nous sommes là pour lui dire que c'est peut-être nous sa solution."

"J'essaie déjà de sourire et d'intéresser les gens à la poésie, à l'écriture d'une façon assez romantique, explique le poète Kamal Valcin. Et comme je sais que souvent les gens sont intéressés par Aimé Césaire, je leur dis que ça continue, ça ne s'arrête pas à Césaire et qu'il y a d'autres auteurs qui ont des messages à faire passer."

Suzanne Dracius s'y connaît en salons. Elle les écume tous, de la Forêt des livres qui achève la saison en août à La place du livre à Nancy qui l'ouvre en septembre.

"Je ne fais pas le bateleur, mais je suis très volcanique et très ouverte. Je ne dis rien d'abord, je suis et mes livres sont, surtout ! Les gens s'arrêtent sur mes titres. Il y a aussi des lectures de ma poésie qui sont faites et qui génèrent de l'intérêt pour découvrir la suite..." Elle répond aux questions et consacre du temps. "Les livres sont nombreux au salon, conclue-t-elle et les lecteurs sont dans une féérie où chacun va arriver à trouver son bonheur."

FXG

Centenaire Zobel

Sur la scène des conférences, Jenny et Charlotte Zobel entourent Romuald Fonkoua et Roland Monpierre qui a adapté en bande dessinée aux Nouvelles éditions latines, le roman de Joseph Zobel, Diab'la paru en 1947, La soeur et la petite fille de Zobel sont venues lanver l'année du centenaire du plus cévenol des écrivains martiniquais à l'occasion de son centenaire. C'était vendredi une des tables rondes les plus suivies de ce 35e salon du livre de Paris. Romuald Fonkoua animera en décembre un colloque sur Zobel, le premier exclusivement consacré à l'auteur de Rue Case-nègre

Lyne-Rose Beuze, conservatrice-en-chef de musée en Martinique, a présenté samedi un recueil de nouvelles inédites de Joseph Zobel et sa petite-fille Charlotte Zobe présente un recueil de photos signées Joseph Zobel, totalement inédites. "Elles étaient inconnues jusque-là de sa famille", témoigne Patricia Théry qui fait vivre depuis plusieurs années le souvenir de Joseph Zobel avec l'exposition, Zobel, le coeur en Martinique, les pieds en Cévennes récemment installées encore à la maison de la Martinique à Paris.

Le saxo de Saé

Renaud Saé n'a pas mâché son saxophone, sa guitare ou le micro tout au long de sa présence sur le stand de la Martinique. On lui a demandé de faire des animations, mais il est aussi venu en dédicace. Il présente un recueil de partitions des oeuvres de Philippe Burdy aux éditions Itawi, et l'ouvrage Wash illustré par Stéphanie Destin. "Ceux qui savent ce que c'est une biguine sur une guitare wash comprennent !" Il y retrace l'évolution des instruments à corde. "Comment un arc utilisé pour la chasse est devenu harpe, puis kora, luth, guitare jusqu'au piano..." L'ouvrage est sorti depuis deux ans et c'est la deuxième fois que Renaud vient au salon.

Milo de Bagoé

Michel Bagoé revient lui aussi au salon avec sa bande dessinée musicale illustrée par Evelyne Lagier, Milo tigasson, les aventures d'un gamin des îles chez Dagan éditions.

Milo est un gamin qui évolue dans les années 1970 en milieu rural avec ses petits cousins et ses copains à qui il arrive des histoires cocasses.

Louis Adelson

Elle présente les Tribulations d'une négropolitaine chez Lharmattan.

Kamal Valcin présente un recueil de poèmes. "Je navigue sur les vaisseaux de mon passé, de mon île la Martinique où j'ai grandi même si je suis né à Sainte-Lucie. Je propose aussi un regard sur le monde actuel. C'est un petit message que j'envoie et j'espère toucher le plus grand nombre pour faire comprendre que la société ne doit pas être seulement ce qu'elle est aujourd'hui et que nous pouvons la faire changer."

 

Le premier stand de la Réunion des livres

Les frères Alexandre et Raphaël Morellon sont assis derrière une table au grand stand "Ile de la Réunion/La Réunion des livres" du salon du livre de Paris. Ils dessinent, cachés derrière leur dernière bande-dessinée "Kastan".

"Le salon, explique Alexandre Morellon, c'est beaucoup de livres et peu de dessins... Alors si on fait une différence, on la fait en dessinant constamment même s'il n'y a personne. On dessine jusqu'à ce que les gens viennent."

Pour  arrêter le chaland, il y a plusieurs techniques. La sienne c'est de le mettre à l'aise. "Si je vois qu'il est intéressé par le dessin, la bande dessinée en général, je lui parle de ce qu'il aime et très vite on en vient à aborder ma BD."

" Je n'ai pas de truc, dit le romancier Pierre-Louis Rivière, Il faut se dire qu'il y a très peu de gens qui viennent, mais quelque fois avec certains d'entre eux, c'est très fort."

Ils sont douze éditeurs et trente auteurs sur le stand. La Région ont investi 40 à 50 000 euros de la Région, la DAC et le ministère des Outre-mer ont mis aussi la main à la poche.

Marie-Christine Dabadie pilote à la Pyramide inversée deux schémas dont celui de la lecture publique et de la littérature réunionnaise. "Cette présence à Paris est une des premières actions qui rentre dans ce schéma, dit-elle. Nous nous sommes unis pour soutenir, élever, encourager cette littérature en plein développement et qui n'a pas à rougir."

Marie-Jo Lo-Thong, de la DAC Réunion s'est occupée d'animer la filière livre pour mener à bien le projet de La Réunion des livres au salon.

"Ca fait longtemps que tout le monde en avait marre d'être dans le stand de l'outre-mer, dans un petit coin au milieu des Antillais qui ont un réseau depuis longtemps...", confirme Pierre-Louis Rivière. "Il suffit de lever la tête... La Réunion est partout !", applaudit l'éditeur Eric Robin. "Au sein de l'outre-mer, la notion de Réunion était très discrète."

Dans ce nouveau stand bien identifié, les auteurs, éditeurs, libraires montrent ce qu'ils sont capables de faire ensemble. "C'est une histoire de filière !", applaudit Mme Lo-Thong.

Jean-François Samlong, figure tutélaire "gallimardisée" de longue date, prête son concours et sa notoriété à la vie du stand. Pour les nouveaux romanciers, La Réunion des livres a invité Pierre-Louis Rivière parce qu'il a une actualité littéraire. Les fonds n'ont permis la présence que d'un unique représentant par genre (roman, BD, numérique, nouvelles, essai).

Ils ont déjà leurs habitués qui viennent tous les ans voir les nouveautés, mais il y a aussi les visiteurs de passage et ceux qui sont venus à la Réunion et qui viennent un peu revivre leur voyage par procuration.

"Je me suis baladé dans les allées et j'ai vu ces milliers de bouquins, témoigne Eric Robin qui tient deux maisons sur le stand, Epsilon éditions et Océan éditions. Mais comment on fait nous pour arriver encore à en vendre ? C'est génial !"

"Mademoiselle, c'est une revue de nouvelles, la moitié sont réunionnaises !"

M. Genvrin arbore son plus beau sourire commercial. Il vend Kanyar, une revue littéraire réunionnaise de Paris qui publie des nouvelles. "C'est l'émanation du Cri du Marbouillat, le théâtre Vollar, cette espèce de famille qui était à Jeumont, la future cité des arts, la factory réunionnaise, qui se perpétue dans cette revue littéraire..." La lectrice est une Réunionnaise de Lyon. Vendu.

Aska, sacrée championne de slam de l'océan Indien en décembre dernier à Madagascar, est l'invitée du ministère de l'Outre--mer. Elle se produit sur la scène des conférences. Elle est aussi extrêmement présente sur le stand de la Réunion des livres car elle a prêté sa voix sur l'album numérique "Bébête slam" que Bababouk éditions a mis en démonstration.

FXG

Aska slame : "Je sème des mots, des graine où la lettre RN, sereine, pérenne, où la paix règne..."

Le salon du livre de Paris a clôturé ses portes dimanche soir après avoir reçu la visite de GPL, vendredi, puis celle du chef de l'Etat et de la ministre de la Culture samedi.

 

 

 

 

 

 

Le 2e des 4 tomes de Kastan

Au XVIIe siècle, un jeune marin français est victime d'une attaque de pirates en mer, est enrôlé de force et se retrouve pris en tenaille dans un conflit opposant deux royaumes, deux empires... Les choix qu'il va devoir faire vont forger son avenir et celui des deux royaumes.

Le fond historique est vrai, mais ils ont adapté les lieux et les thèmes pour raconter leur histoire.

Avertissement des auteurs : même si nous sommes dans une maison d'édition réunionnaise, notre public est international. Nous faisons de la BD d'aventure pas de la BD locale. Si les gens veulent une BD sur la Réunion, nos racines, Kastan n'est pas pour vous.

Pierre-Louis Rivière, auteur

Deuxième participation au salon de Paris pour Pierre-Louis Rivière qui présente un roman fantaisiste dont les illustrations sont signées Leïla Payet. L'an dernier il signait Le vaste monde, cette fois c'est l'histoire de Klermance Kilo, voyante extra-lucide. "Un petit livre humoristique autour de cette femme qui se lance dans la voyance de manière unique." Ce texte a été publié en feuilleton au Marbouya, puis  l'éditrice de Poisson rouge, Colette Bertier a décidé d'en faire un feuilleton numérique, sur le net. Comme ce n'est pas encore très au point, on est passé au bon vieux livre en papier." Leïla Payet s'est inspirée du thème du tarot pour ses illustrations. Un tarot contemporain qui laisse notamment voir une bouteille de charrette dans une de ses arcanes.

Bébête slam

Christophe, de Gecko développement, et Héléna, de Bababouk éditions ont sorti  la toute première version de Bébête slam en tactile et numérique. Ce sont diverses histoires sur les animaux de la Réunion, le chikungunya, le boeuf charrette, la baleine, le dodo... Ils sont mis en voix et l'utilisateur peut interagir. Ils étaient invités pour slamer au salon avec Aska, et comme le Bébête slam était prêt, ils l'ont amené en démonstration à Paris.

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 07:23

France Ô démarre le tournage de la 3e saison de Cut

Après deux saisons, la série Cut reprend les tournages à la Réunion à partir du 2 avril (jusqu'au 29 juillet). La saison 3 s'annonce comme un "thriller sentimental" traitant de l’attirance d’une jeune femme pour l’assassin de sa mère et de la manipulation d’un père qui, pour s’en sortir, sacrifie son fils...

Eva et Lulu sont deux soeurs qui veulent comprendre ce qui est arrivé à leur mère. Deux soeurs qui n’acceptent pas de croire à une disparition volontaire. Elles ignorent encore que leur venue à La Réunion coïncide avec celle du père d’Adil, un psychiatre débonnaire et apprécié, qui avait aidé leur mère peu de temps avant ce départ soudain. Tous viennent y trouver Adil, un Adil enfin heureux en couple, apaisé quoique frustré professionnellement. Adil ne sait pas encore qu’il est au centre de l’affrontement qui se joue. Sa vie, son couple, vont servir de terrain à ces personnes qui ont décidé de lui nuire alors qu’évidemment, elles agissent masquées. "Les amours dans Cut seront forts, contemporains, libres. Les jeunes, les très jeunes, les plus vieux se définiront tous encore par leur capacité à aimer et à susciter l’amour. Des amours qui nous intriguent, des astres qui se percutent..."

Eva, cette jeune femme simple, sage, s’avère réceptive à Adil qui semble partager ses valeurs, sa droiture… Elle voudrait oublier que cet homme a quelque chose à voir avec la disparition, ou plus probablement, la mort de sa mère… La pression s’accentue sur Adil, sur le point de succomber à Eva… Comme si tout cela avait été écrit à l’avance par son père...

Avec les 70 épisodes de cette nouvelle saison, les téléspectateurs vont découvrir Sabine Perrault (Eva), Nadia Richard (Lulu) et Charles Clément (Jean) les nouveaux comédiens de la série et des guests à venir. Ils retrouveront bien sûr Ambroise Michel (Adil), Antoine Stip (Charles de Kervelec), Sébastien Capgras (Jules Park), Julie Boulanger (Laura Park), Emilie Granier (Billie), Vincent Vermignon (Stefan), Benjamin Tribes (Mathis), Youshaa Ravate (César) et Yaëlle Trules (Nine).

La série est réalisée par Stéphane Meunier, Vincent Trisolini, François Bigrat et David Hourregue. La 3e saison a été écrite par Eugénie Dard, Emmanuelle Dupuy, Roman Turlure et Bertrand Cohen.

C'est une co-production ALP/Terence films avec la participation de France Ô, Outre-mer 1ère et TV5 Monde, avec le soutien de la Région Réunion et en partenariat avec le CNC.

FXG, à Paris

Cut en transmedia

Cut, saison 3, se poursuit aussi avec les aventures "second écran" de Jules. Mais cette saison voit aussi l'apparition en transmedia d’un nouveau personnage féminin : Lulu.

Plusieurs centaines de statuts, de vidéos, de photos vont être produits par Terence Films et ALP, écrits par Eline le Fur et Clémence Lebatteux, et mis en scène par Béryl Coutat. Les personnages principaux du transmedia sont interprétés par Sébastien Capgras et Nadia Richard, une Youtubeuse connue sous le nom de Nad’ Rich’Hard

https://www.youtube.com/user/nadrichhard.

Bigger Than Fiction sera en charge de la mise en oeuvre de l’appli et du processus de suivi de la fabrication. Cette saison 3 révélera toutes les aspérités des personnages principaux dans leurs vies quotidiennes avec leurs coups de gueule, leurs amitiés, leurs amours qui vont marquer les intrigues de ces 70 nouveaux épisodes et apporter une réelle proximité et une intimité sans égale aux fans de Jules et de Lulu. L'application Jules974, cette saison, sera enrichie par de nouvelles fonctionnalités notamment instagram. Lulu, nouveau personnage digital, disposera d’un compte Instagram MissLulu974 et d’une chaîne Youtube MissLulu974 où elle livrera régulièrement le compte rendu de ses aventures dans de courts montages rythmés et commentés avec humour (sur le modèle des vidéos de youtubers). Mais Lulu a aussi ses coups de spleen, ses coups de gueule : il lui arrivera de se confier dans des vidéos plus simples et plus sobres, comme on le ferait dans un journal intime, sur ce qu’elle vit et ressent. Enfin, sur Facebook, plus que jamais, les personnages de la série communiqueront par photos et vidéos interposées, impliquant les internautes dans leur relation amoureuse.

Pour suivre le tournage de la série en direct @cut_la_serie

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