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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 10:49
Messe antillo-guyanaise à Saint-Sulpice

La grande messe des Antillais et Guyanais à Paris

Samedi 11 novembre, plus de 3 000 fidèles, tous originaires des Antilles et de la Guyane, se sont rassemblés à l’église Saint-Sulpice au cœur de Paris pour un office célébré sous la présidence de Monseigneur Jean-Yves Riocreux, évêque de Guadeloupe, en compagnie de Monseigneur David Macaire, évêque de Martinique, et de Monseigneur Emmanuel Laffont, évêque de Guyane.

Les trois prélats revenaient de Lourdes où ils avaient avoir assisté au rassemblement des évêques de France. Cette messe annuelle, très chère aux fidèles, est organisée par l’aumônerie des Antilles-Guyane sous la houlette du père Marcel Crépin.

Parmi les fidèles, une majorité de femme, mais aussi le nouveau député de Guadeloupe, Olivier Serva, qui a eu du mal à trouver une place au premier rang. Il a du rester debout sous le nef. Les chants étaient assurés par la chorale du « Chœur Salvé », largement épaulés par les fidèles qui reprenaient les refrains et donnaient de la voix.

Monseigneur Jean-Yves Riocreux a diffusé un message de paix et d’amour pour célébrer l’anniversaire de saint Martin de Tours, mais aussi un message de solidarité et d’assistance pour les habitants des îles de Saint-Martin, de Saint-Barthélemy, de la Dominique, de Marie-Galante et Terre-de-Bas, touchées par la violence des ouragans Irma et Maria. Il a ensuite évoqué le parcours de Christophe Colomb avec ses dix-sept caravelles lors de son deuxième  voyage depuis Saint-Domingue jusqu’aux îles du nord qu'il croise le 11 novembre 1493, jour où il baptise Saint-Martin. « Et à la manière de saint Martin de Tours, annonce l'évêque de la Guadeloupe, nous partageons notre manteau ! Nous allons remettre en état l’église de Grand-Case qui est indisponible et indispensable pour que la communauté se rassemble. » Sur ces paroles, Monseigneur Riocreux a invité ses deux homologues à prendre la parole.

« La Martinique, déclare Monseigneur David Macaire, se prépare à accueillir du 12 au 20 juillet 2018 la journée caribéenne de la jeunesse. La jeunesse de toute la Caraïbe est attendue à la Martinique pour cette occasion." Il a encore évoqué le 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage en 2018. "Nous allons fêter la mémoire de nos parents qui nous ont laissé en héritage non la honte, mais la profondeur de la foi. Après l’abolition, nos ancêtres esclaves sont accourus à l’église pour remercier le seigneur, c’est une réalité historique ! »

20 nouveaux prêtres

Mgr Laffont a rappelé que L’église de Guyane est engagée dans un projet pastoral de trois ans. "Nous avons pour mission de frapper à toutes les portes depuis le temps du carême et pendant les deux ans qui viennent, il est absolument interdit à un pratiquant de venir à la messe le dimanche sans avoir prié pendant la semaine avec le texte de la paroisse." Il est reparti s’assoir en laissant le micro à Mgr Riocreux : « En 2019, les Journées mondiales de la jeunesse auront lieu à Panama. Nous sommes sur la route de Panama et nous nous préparons pour vous accueillir. » Il a encore annoncé que les diocèses de Martinique, de Guyane et de Guadeloupe allaient accueillir 20 jeunes prêtres.

Sitôt la messe dite, les trois évêques sont pris d'assaut. Pour la première fois, Jacques est venu de Créteil. «  Ca me donne chaud au coeur de voir l’église comble, remplie par autant d’Antillais. Je suis vraiment content d’avoir fait le déplacement ». Pas loin de lui, au passage Mgr Macaire, un homme demande la bénédiction. « Mon père, mon père, bénissez-moi, pour moi et toute ma famille... » L’évêque pose la main sur la tête et repart avec le sourire du devoir accompli. Sa cousine, plus loin, n’ose pas s’approcher malgré son insistance ». Denise, venue de la Seine Saint-Denis, ne veut rien rater de cette journée. « Je suis à Paris depuis ce matin ! Cette messe je la vis en moi, c’est ma nourriture spirituelle, c’est ma lumière. Je suis contente d’être ici. Je repars heureuse retrouver ma famille avec des paroles qui éclairent ma vie. »

Alfred JOCKSAN

Mgr Laffont déterminé

Monseigneur Emmanuel Laffont a soulevé les fidèles en leur demandant de crier : "Déterminés". "La Guyane, a-t-il dit, en a plein le dos de voir que les fusées décollent et que la Guyane ne décolle pas ! Les gens l'ont dit de manière déterminée, avec beaucoup de force et très paisiblement. Mais ont-ils été entendus ? Sur tous les barrages où je suis allé, c’était la paix, la joie, la certitude d’être dans son bon droit. Ne pas réclamer l’impossible, mais réclamer le nécessaire ! (...) On en a jusqu’à la gorge, on est gonflé avec ça. Mais j’ai encore dans la tête ce beau dessin quand le pasteur demande qui veut le changement, tout le monde lève la main et quand on demande qui veut changer, tout le monde baisse la tête et regarde ses pieds..."

L'aumônerie Antilles-Guyane a besoin de sous

La quête était destinée aux caisses de l’aumônerie des Antilles et de la Guyane organisatrice de cette journée. Le père Crépin a tiré la signal d’alarme, car faute de donateurs et de mécènes, la revue Alizé risque de mettre la clef sous la porte. Et malgré la multitude, il y a eu peu d’offrande au moment de la quête... L’aumônerie doit mener ses missions tout au long de l’année et réserver l’église Saint-Sulpice pour ce rassemblement annuel et populaire avec les trois évêques des Antilles et de la Guyane. "La quête est un geste de solidarité, il faut donner en toute simplicité", explique le père Crépin. L’Aumônerie vient de quitter Paris dans le 19eme arrondissement pour s’installer à Pantin au 23 rue de la paix.

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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 06:33
Budget de l'Outre-mer - 1ère lecture

Budget Outre-mer adopté en première lecture

Malgré l'opposition déclarée des groupes FI, GDR, NG et LR, les députés ont voté, jeudi 9 novembre, par 91 voix pour et 39 contre la mission Outre-mer du budget 2018.

Contre l'avis du gouvernement et l'hostilité du groupe REM, les crédits fonds verts ont été rétablis.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a connu quelques moments de solitude, hier à l'Assemblée nationale à l'occasion de l'examen en première lecture du budget de sa mission : 2, 104 milliards d'euros en autorisations d'engagement et 2,068 milliards en crédits de paiement, soit 3,9 % de la dépense globle de l'Etat. La ministre qui veut "changer de modèle" et "rompre avec les conservatismes", a trouvé face à elle des députés remontés. Le Martiniquais du groupe Nouvelle gauche (NG) Serge Létchimy a relevé des "insuffisances suffisamment graves", La Réunionnaise Huguette Bello (GDR), "un budget en suspens, un recours accru au droit commun et une logique d'autocompensation", sa compatriote NG, Ericka Bareigts a exprimé "de grosses inquiétudes"... "Votre budget, a renchéri le député réunionnais de la France insoumise (FI) Jean-Hugues Ratenon, ne jette pas les bases pour un avenir meilleur !" "Il n'est pas meilleurs que le le précédant, a ajouté le Martiniquais Jean-Philippe Nilor (GDR), il n'est pas pire, il est sans audace..." A l'autre bout de l'hémicycle, le Réunionnais David Lorion (LR) a pointé un budget "contre les entreprises, contre les familles et contre les jeunes". Et mis à part, le Réunionnais Thierry Robert (Modem), la Polynésienne Maïna Sage (Les constructifs UDI), quoique "déçue", et la députée hexagonale Naïma Moutchou (porte-parole du groupe République en marche - REM), tous ont dénoncé la chute brutale de l'aide au logement, des enveloppes de Ladom et du plan séisme et encore l'absence de  toute mise en oeuvre de la loi égalité réelle outre-mer. Se défendant de tout "marketing", "virtuel ou "recul", la ministre s'est voulue rassurante sur Ladom et ses 13 % en moins : "Les crédits de Ladom sont à l'euro près ceux des dépenses de 2017." Face à l'effondrement de la ligne budgétaire unique (LBU) qui finance le logement social, Annick Girardin a déclaré : "C'est notre capacité à produire et rénover qu'il faut sanctuariser et augmenter."

Scrutins publics tendus

La discussion d'un premier amendement déposé par Serge Létchimy et visant à faire passer le fonds de secours de 10 à 500 millions d'euros, en raison des récents événements climatiques à Saint-Martin, Saint-Barthélemy, en Guadeloupe et en Martinique, a fait apparaître une ébauche de coalition de la gauche et de la droite contre le centre. L'alliance a fini par s'avérer payante lorsqu'il a été question du fonds vert pour le Pacifique que la ministre a fait passer de 25 millions à zéro euros. Maïna Sage a déposé un amendement signé par quasiment tous les groupes politiques, visant à rétablir ces 25 millions. Alors que les parlementaires discutaient, le président de l'Assemblée a annoncé qu'il était saisi d'une demande de scrutin public sur cet amendement, mais également sur le budget de la mission outre-mer. Les députés Modem et REM n'étaient pas assez nombreux pour empêcher l'adoption de l'amendement de Maïna Sage (46 pour, 40 contre). Et c'est après un épisode un peu fébrile et l'intervention au débotté de la porte-parole du groupe REM (qui a laissé le temps aux députés macronistes pour rappliquer dare-dare en séance) que le budget de la mission outre-mer a été adopté par 91 voix pour et 39 contre. Ouf !

Le budget de l'Outre-mer va maintenant être examiné par le Sénat avant de revenir au palais Bourbon avant Noël.

FXG, à Paris

L'argent des SIDOM

Huguette Bello (GDR Réunion) est revenue sur le "pactole" des SIDOM qui doit permettre à l'enveloppe de la ligne budgétaire unique de regonfler de 20 millions d'euros une fois la vente des sociétés immobilières d'outre-mer (SIDOM) à la société nationale immobilière (SNI) réalisée. "Quel montant, quand ?", a demandé le Réunionnais David Lorion (LR). Le prix de la vente est fixé à 190 millions d'euros pour 70 000 logements, soit 2714 euros par logement en moyenne. En comparaison, le secrétaire d'Etat au Logement, Julien Denormandy établit le prix d'un logement social dans l'Hexagone à 100 000 euros l'unité... Le prix est variable selon les territoires : 4750 euros en Martinique, 1968 à la Réunion, 1460 à la Guadeloupe, 3035 à Mayotte, 8000 euros à Kourou (la SIMKO sera aussi vendue, a confirmé Mme Girardin au député Serville), 200 à Cayenne... "1000 euros le logement, a manqué s'étouffer Serge Létchimy (NG), pas 1000 euros du mètre carré ! Et ça ne serait pas le prix de vente au locataire !" "Notre parc social, s'est indignée Huguette Bello, est-il à ce point délabré ? A moins que ça ne soit une très bonne affaire..." La ministre a rappelé que la cession avait été actée par le précédent gouvernement et la loi Sapin 2 : "J'hérite donc de ce dossier", a-t-elle dit avant d'ajouter : "Je suis convaincue désormais de ce projet." Le Martiniquais (GDR) Jean-Philippe Nilor a obtenu toutefois une petite compensation en obtenant un vote favorable pour son amendement visant à établir un rapport sur le risque d'amiante dans 70 % du parc locatif martiniquais.

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:39

Les dirigeants du CEREGMIA seront rejugés par leurs pairs

"Erreurs de droit." Le conseil d'Etat a annulé, mercredi 8 novembre, les sanctions de révocation et de suspension (trois et cinq ans) prises par le conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), le 8 juin 2016, à l'encontre des trois dirigeants du Centre d'Étude et de Recherche en Économie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée (CEREGMIA) de l'université des Antilles, Fred Célimène, son adjoint Kinvi Logossah et l'ancien doyen Eric Carpin.

La nouvelle est tombée sans trop de surprise dans la mesure où déjà, le 16 octobre dernier, le rapporteur public du Conseil d'Etat préconisait d'annuler ces sanctions.

Les trois universitaires, poursuivis en justice pénale pour avoir détourné des fonds européens, avaient d'abord été sanctionnés le 11 juin 2015 par la section disciplinaire du conseil d'administration de l'université Toulouse 1 Capitole où avait été dépaysée leur affaire (cinq ans de suspension pour Fred Célimène et un blâme pour ses collèges). Par la suite, l'université des Antilles avait fait appel et saisi le CNESER. Les trois universitaires sanctionnés ont déposé alors un pourvoi devant le Conseil d'Etat. Ce dernier a estimé, d'une part, que le CNESER "en annulant, alors qu'il en était exclusivement saisi par la voie de l'appel, la décision du 11 juin 2015 (...) a entaché sa décision d'une erreur de droit (...) au seul motif qu'elle est intervenue plus de six mois après la date à laquelle cette section disciplinaire avait elle-même été saisie". D'autre part, le même CNESER aurait du rouvrir l'instruction après que l'université des Antilles a produit deux mémoires accompagnés de pièces nouvelles après le dépôt du dossier. Cela aussi le conseil d'Etat l'a jugé comme une seconde erreur de droit. Résultat, MM. Célimène, Logossah et Carpin sont renvoyés à nouveau devant le CNESER pour être rejugés. Au passage, l'université des Antilles doit verser 3 000 euros à chacun d'entre eux.

FXG, à Paris

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 05:50
Joël et José Jernidier à Paris le 24 octobre dernier

Joël et José Jernidier à Paris le 24 octobre dernier

"Circulez", une pièce de mieux au répertoire caribéen

Joël et José Jernidier étaient à Paris, la semaine passée pour jouer ensemble la pièce "Circulez", écrite par José Jernidier et mise en scène par José Exelis. Après avoir rencontré un succès phénoménal en Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Martin, c'est le public du théâtre de l'Epée de bois à la Cartoucherie de Vincennes qui a pu applaudir les deux Guadeloupéens sur scène. Mais au-delà du fait d'avoir pu jouer dans la capitale (ils étaient déjà l'hôte du festival Kanoas mi-octobre à Ivry dans le Val de Marne), l'auteur José Jernidier a pu prendre livraison à la sortie de leur impression des premiers exemplaires du texte de la pièce que les éditions Jasor viennent de publier.

L'histoire met en scène un flic négropolitain qui reprend au pays une enquête sur un accident de la toute mettant en cause le fils Chofwa dont le père a trouvé la mort...

Cette publication vient aboutir un travail que José Jernidier a entamé il y a déjà longtemps. "A l'origine, raconte-t-il, on m'avait commandé un sketch pour la prévention routière. Joël l'a joué une ou deux fois... Et j'ai voulu revenir fouiller un peu ce texte..." José s'y remet, passe le texcte à son frère Joël qui l'envoie à José Exelis. Les premières lectures publiques au MACTe, en mai 2016, sont prometteuses, mais le texte est, pour reprendre les termes de José Jernidier, "work in progres". Les répétitions s'enchaînent et le texte s'enrichit pour enfin être fixé au moment de la création de la pièce. Lorsqu'il a vu la pièce, le patron de la scène nationale de Martinique, Hassane Kouyaté a déclaré : "Un théâtre caribéen est né !" D'où cette envie de publier la pièce : "Il m'est apparu nécessaire de la publier, raconte José Jernidier, car il y a un besoin pédagogique." José Jernidier a déjà publié "Moun Koubari" et "Vin vann", mettant ainsi à la disposition des compagnies théâtrales des pièces qui fondent ainsi le répertoire d'un théâtre caribéen.

La pièce doit prochainement être jouée à Cayenne et sera l'hôte du Théâtre des Outre-mer en Avignon en juillet 2018.

FXG, à Paris

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 10:28
Yldiz Pollack-Beighle, ministre des Affaires étrangères du Suriname, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et l'ambassadeur de la zone, Jean-Bernard Nilame

Yldiz Pollack-Beighle, ministre des Affaires étrangères du Suriname, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et l'ambassadeur de la zone, Jean-Bernard Nilame

Coopération France-Suriname

Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et Yldiz Pollack-Beighle, ministre des Affaires étrangères du Suriname, ont signé hier matin à Paris, en présence des quatre parlementaires guyanais et de l'ambassadeur de la zone, Jean-Bernard Nilame, un accord de coopération qui fixe les compétences maritime des deux pays dans l'estuaire du Maroni. Cette signature, aboutissement de négociations qui ont débuté dans les années 1990, règle des questions de souveraineté en mer et définit le cadre de la coopération à venir en matière économiques et environnementale. Elle permet en outre des actions communes contre les activités illégales de pêche notamment.

"Nous avons ouvert une nouvelle page pour aller plus loin dans la régularisation des relations entre nos deux pays, a déclaré Yldiz Pollack-Beighle, pour aller plus loin dans l'ouverture d'opportunités de développement pour nos deux populations que ce soit dans l'éducation, la santé, la sécurité, l'environnement."

Pour Georges Patient, cet accord est bienvenu vu "cette passoire qu'est le fleuve". Quant à son jeune collègue, Lénaïk Adam, il en attend plus de contrôles et un cadre qui permette de l'apaisement. La ministre française n'a pas voulu limiter cet accord çà une simple question de contrôle, tout comme son homologue surinamienne qui a ajouté : " Nous avons identifié spécifiquement ce que nous voulons faire grandir ensemble. Aujourd'hui, c'est une nouvelle page pour les futures générations. Notre intention, c'est d'être des partenaires pour le bien-être de nos pays et de nos populations. Nous avons éclairci les positions de nos populations et en faisant cela, nous avons fait avancer la cause de notre développement. Cela ouvre la porte à de futurs accords entre nos deux pays."

Au-delà de cette signature, la ministre française a salué le fait que le parlement surinamien ait enfin ratifié un accord de coopération policière signé en 2006... La question du transfert des détenus surinamiens qui purgent une peine à Rémire-Montjoly a été aussi évoquée. Mme Girardin s'est encore félicitée des flux touristiques et commerciaux qui s'accroissent et de l'ouverture prochaine du nouveau bac international entre Albina et Saint-Laurent, pour saluer la relance de la coopération culturelle dans le cadre du conseil du Fleuve. Enfin, la ministre des Outre-mer a indiqué que prochainement, de semblables accords devraient être signés avec le Brésil.

FXG, à Paris

Trois questions Annick Girardin

"Nous travaillons dans la confiance"

Quels sont les termes de cet accord ?

Anick Girardin : C'est un accord qui permet de délimiter nos zones économiques, qui nous permet de travailler ensemble sur la lutte contre la pêche illégale, mais surtout qui nous permet de faire un pas de plus vers cette amitié qui nous unit, le Suriname et la France, cette volonté de coopération régionale que nous voulons mener sur les questions de sécurité, de justice, de police dans l'intérêt de nos populations, des populations qui vivent sur le fleuve Maroni, qui ont beaucoup d'histoires en commun et qui doivent continuer à pouvoir penser un avenir commun.

Qu'est-ce que ça va changer ?

Cet accord a pour volonté de lutter contre l'insécurité d'un côté et de l'autre du fleuve, de travailler sur la question des trafics de drogue parce que nous avons à coeur de protéger notre jeunesse, mais nous avons aussi à coeur de travailler aussi sur les questions de santé, d'éducation, de développement économique. Nous voulons protéger nos populations bien sûr, mais nous voulons aussi les aider à avoir une vie meilleure, voilà ce que nous voulons construire ensemble.

L'accord délimite un espace maritime, ça veut dire qu'il n'était pas encore défini ?

Quand on définit un espace maritime, c'est effectivement qu'il ne l'était pas. Nous avons là une avancée certaine ! Mais délimiter les choses, c'est les rendre plus claires et c'est donc permettre une amitié encore plus transparente. Nous travaillons aujourd'hui dans la confiance et c'est le plus important.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 06:59
Mormeck et les assises des Outre-mer

Mormeck, avocat des assises des Outre-mer

Jean-Marc Mormeck fait partie de l'équipe projet ultramarin qui, au côté du coordinateur Thierry Bert, est en charge de l'animation des assises des Outre-mer. Depuis le lancement officiel des assises, le 4 octobre dernier, l'équipe projet a établi sa façon de travailler et distribué les rôles au sein des groupes où  chacune des personnalités qui la composent voudrait s'investir. "Du fait que je sois délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, explique l'ancien champion de boxe, je me tourne davantage vers le 6e DOM..." Ainsi, Jean-Marc Mormeck est déjà allé à la rencontre des Ultramarins de la région lyonnaise à Vaulx-en-Velin. Ce mercredi à Paris, il recevait les associations ultramarines d'Ile de France en compagnie de la ministre Annick Girardin. La semaine prochaine, il sera à Marseille et le 8 décembre, il sera en Nouvelle-Aquitaine. "Je viens écouter les compatriotes et je leur demande de s'investir, de participer, explique Jean-Marc Mormeck. Pour une fois, on leur donne la parole... C'est vrai qu'il y a toujours beaucoup de plaintes, mais moi je leur dis qu'il faut qu'ils arrêtent de tout attendre ! Il faut qu'ils se bougent ! Il n'y a pas rien, il y a un ministère, une délégation, il y a quand même des choses !" Et maintenant, il y a les assises... "Il faut qu'ils participent, insiste le délégué, et je leur dis que ces assises sont l'occasion de revendiquer ce qu'ils veulent. Il y a un site et il faut y aller pour dire ce dont les gens ont besoin, comment ils voient les choses !" A titre personnel, Jean-Marc Mormeck se dit qu'il faut trouver des solutions pour enrayer cette délinquance qui mine les outre-mer. "Ca, c'est impératif ! Avant de pouvoir construire quoi que ce soit, il faut régler les problèmes du présent." Jean-Marc Mormeck a entendu le président de la République proposer de faire venir les formations dans les territoires plutôt que de faire venir les jeunes dans l'Hexagone. "Le fait qu'il l'ait proposé, c'est déjà une bonne démarche. Ces jeunes ont besoin de se former dans les territoires, ensuite je pense que ça coulera de source." De ce côté-ci de l'océan, le délégué se place dans le sillage du premier titulaire de la délégation, Patrick Karam, quand il met en avant "le problème des billets d'avion". Voilà pourquoi, Jean-Marc Mormeck prie instamment les compatriotes à venir s'exprimer sur le site des assises des Outre-mer. "Et nous verrons qu'est-ce qui ressort en priorité." Il sait bien qu'il y a des gens qui doutent de l'utilité de ces assises, il va même plus loin en disant qu'il en faut, des gens dubitatifs. "Moi-même, je ne suis convaincu de rien ! Je dis simplement que la démarche est bonne, que l'envie de le faire, d'aller vers les autres, elle est là. Et puis, si toutes ces personnes viennent s'exprimer sur le site et qu'il ne se passe rien, alors il y aura des raisons de se plaindre, mais si on n'y vas pas, si on n'y croit pas, on n'a pas le droit de se plaindre !"

Jean-Marc Mormeck devait rencontrer le Premier ministre cette semaine. Une visite protocolaire normale pour le délégué qui dépend directement de Matignon. Le rendez-vous a été retardé pour des questions d'agenda. Jean-Marc Mormeck attendra encore un peu pour réitérer son idée d'élargir son périmètre d'action au-delà du périphérique. "Pourquoi se contenter de ce qu'on me donne, s'amuse-t-il, alors qu'on pourrait faire plus ! C'est ce qu'on demande aussi à toutes ces personnes de l'Outre-mer dans ces assises, de s'engager."

FXG, à Paris

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 06:11
La deuxième étoile, le 13 décembre en salles

La deuxième étoile de Lucien Jean-Baptiste

Vendredi 17 novembre à 19 heures, pour la cérémonie de clôture du festival Cinébanlieue - Lumière noire, le cinéma l'Écran de Saint-Denis (93) diffuse en avant-première La deuxième étoile, le dernier long-métrage de Lucien Jean-Baptiste.

A cette occasion, toute l’équipe du film, Firmine Richard, Lucien Jean-Baptiste, Anne Consigny, Edouard Montoute, Jimmy Woha Woha et Michel Jonasz, devrait être présente. Après La première étoile, cette fois, le héros, Jean-Gabriel a décidé d’emmener toute sa petite famille passer les fêtes à la montagne pour Noël. Mais sa mère débarque des Antilles, ses enfants n’ont pas envie de partir, Jojo lui confie son Hummer et sa femme lui annonce qu’elle doit s’occuper de son père qu’elle n’a pas revu depuis qu’elle a fait le choix d’épouser Jean-Gabriel. Mais pour Jean-Gabriel, la famille c’est sacré et Noël aussi ! Le film devrait faire sa sortie nationale le 13 décembre.

FXG, à Paris

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 07:19
En attendant le rapport de l'inspection générale de l'administration sur la reconstruction de Saint-Barth et Saint-Martin

Le rapport d'inspection de Saint-Martin encore confidentiel

C'est hier que le rapport de mission de l'inspection générale était rendu au préfet Gustin, délégué interministériel à la reconstruction de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Et comme ce rapport doit nourrir le dossier que la France doit envoyer à Bruxelles avant le 29 novembre, le préfet Gustin n'a rien encore voulu révéler de son contenu. Ordre de Matignon ! Le 10 novembre, après le déplacement du Premier ministre à Saint-Martin, Philippe Gustin, qui l'aura accompagné, lui rendra son propre rapport ainsi qu'au président de la République. Le rapport Gustin sera assis en partie sur celui de l'inspection générale de l'administration. Et c'est ce rapport de l'IGA qui permette de mettre une somme en bas de la facture Irma, mais aussi de faire des propositions tendant à chiffrer les améliorations à faire dans le domaine de la résilience des services de l'Etat.

"Ca va faire beaucoup d'argent de l'Etat et de l'Union européenne, assure Philippe Gustin, et nous prendrons la plus grande attention à ce qu'il soit utilisé dans la plus grande transparence et en évitant tout effet d'aubaine."

Le seul chiffre auquel nous avons accès est celui de la solidarité : la Fondation de France a déjà rassemblé quelque 10 millions d'euros et la Croix rouge, 5. Là aussi, le préfet Gustin se montre intransigeant sur la manière dont ces fonds sont distribués. Il a d'ores et déjà mis en garde les collecteurs contre des frais de gestion qui seraient trop gras comme sur la façon dont ils décident de répartir les dons.

La collectivité de Saint-Martin a déjà chiffré à 3,5 milliards les effets d'IRMA, mais il faut compter dans cette somme le coût du rattrapage. Philippe Gustin le reconnaît sans problème : "Pendant quarante ans, concernant l'adduction d'eau et les réseaux, rien n'a été fait..." Ajouté à cela une démographie qui a vu l'île passer de 8 à 35 000 habitants... "Irma a été le révélateur, poursuit le délégué, d'une situation qui lui préexistait et qui aurait pu tout aussi bien être révélée par un séisme."

L'enfouissement des réseaux devrait coûter de 13 à 14 millions à Saint-Martin et un peu moins de 10 millions à Saint-Barth. Un effort est particulièrement fait pour que tous les utilisateurs de réseaux (EDF, télécoms) partagent une autoroute commune afin de réduire les frais. Il est à noter que la fragilité des pylônes d'EDF a été renforcée du fait que de nombreux opérateurs de télécommunication les ont utilisés et ainsi surchargés... "L'investissement sera largement remboursé par l'absence de dégât à venir", insiste M. Gustin qui rappelle qu'il ne s'agit à Saint-Martin que de 50 km2 à couvrir !

Pour l'eau et l'assainissement, l'Agence française de la biodiversité a pris une résolution le 29 septembre dernier pour une première enveloppe de 4 millions, mais pour l'ensemble des les Antilles. Un expert du Conseil général du développement durable accompagnera l'établissement public de l'eau de Saint-Martin pour programmer un plan à moyen et long terme. L'AFB prend en charge 60 % des frais d'assainissement et d'adduction des eaux, et 80 % pour l'épuration. Enfin, le gouvernement de Sint-Maarten et la collectivité territoriale de Saint-Martin devraient cette fois s'entendre et parvenir à prendre en commun la gestion des eaux usées.

La problématique de l'eau est sensible aussi à Saint-Barthélemy car la station d'épuration y a été détruite. L'AFB devrait rallonger son enveloppe.

Du côté des aides déployées par la Banque publique d'investissement, BPI France, le nombre d'entreprises aidées atteint les 582 à Saint-Martin avec 3047 salariés en chômage partiel et 438 à Saint-Barthélemy avec 2288 salariés en chômage partiel. Les experts comptables de Saint-Martin semblent découvrir avec de grands yeux qu'il y avait tant de salariés ! "Il est clair, conclut le préfet Gustin, que le cyclone nous permet de compter enfin les entreprises et les salariés."

FXG, à Paris

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 06:51

Biométal remporte son bras de fer contre l'Etat sur l'aide au fret

En écrivant, le 10 mai 2012 au président de l'association martiniquaise pour la promotion de l'industrie (AMPI), pour lui expliquer que les subventions aux entreprises, au titre de l'aide au fret, seraient limitées à 25 % des dépenses éligibles pour l'ensemble des demandes en cours d'instruction jusqu'au 30 juin 2012, et que les nouvelles demandes postérieures au 30 juin 2012 ne seraient pas instruites, le préfet de Martinique a pris des dispositions réglementaires qui outrepassaient ses compétences. La loi de développement économique de l'outre-mer prévoit en effet une participation de l'Etat de l'ordre de 75 % pour l'aide au fret. Or pour justifier les mesures de restrictions qu'il édictait, le préfet avait expliqué qu'elles étaient dues "à l'insuffisance des crédits disponibles pour satisfaire l'ensemble des demandes qui lui étaient présentées"... La société Biométal s'était alors retournée contre les décisions du préfet qui ne lui accordaient pas le taux de subvention maximale pour les années 2010 à 2012 et lui refusaient toute subvention au titre de l'année 2013. Après un échec au tribunal administratif et un autre devant la cour administrative d'appel de Bordeaux, Biométal s'est pourvue en cassation devant le conseil d'Etat. Dans sa décision rendue le 25 octobre 2017, les magistrats du Palais Royal reconnaissent que les décisions du préfet à l'encontre de Biométal sont entachées d'incompétence. En conséquence, ils annulent, les décisions du préfet, le jugement de Fort-de-France et l'arrêt de Bordeaux et ils enjoignent au préfet de Martinique de réexaminer la demande de subvention de Biométal. L'Etat paiera en outre 5000 euros à Biométal.

FXG, à Paris

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 06:12
Gilles Saint-louis en tournée hexagonale

Les 25, 26 et 31 octobre, l'humoriste martiniquais, Gilles Saint-Louis, pas encore 26 ans, s'est produit à Bordeaux, Toulouse et au Casino de Paris, sa deuxième scène parisienne après la Cigale, le 5 février dernier. Interview avec un comique "comme jamais !"

"Djamel et Jean-Yves Rupert sont les artistes que j'ai le plus imités"

Comment êtes-vous tombé dans le one man show ?

J'ai toujours voulu faire un spectacle tout seul, du début à la fin, exactement comme le 100 % Debbouze, le spectacle qui m'a donné envie.

Quand avez-vous fait vos premiers pas sur scène ?

C'était en 2011, lors de différentes premières parties d'artistes, aussi bien chanteurs qu'humoristes et puis aussi sur internet avec beaucoup de vidéos, en commençant dans ma chambre, puis en travaillant avec des marques...

Quelle est la pâte de Gilles Saint-Louis ?

C'est lui-même ! C'est sa vraie nature. Bizarrement en étant comédien, je ne m'invente pas une vie, je raconte ce que je vis, comment je perçois les choses et je crois que c'est cette authenticité qui plaît et qui donne envie d'en connaître plus.

Vous avez commencé par faire rire vos parents lors du repas du dimanche ?

Exactement ! Ce n'étaient pas les textes, mais des textes que j'apprenais en regardant la télé ou des DVD dans ma chambre.

Quels étaient vos mentors alors ?

Djamel et Jean-Yves Rupert sont les artistes que j'ai le plus imités.

Et votre premier contact avec le théâtre ?

Ca a été au collège Corydon à Fort-de-France, à l'atelier théâtre entre midi et deux. Je me retrouvais avec quelques autres élèves, nous n'étions pas très nombreux, mais on aimait bien ce qu'on faisait.

Vous vous destiniez à quelles études ?

Forcément comédien, ce n'est pas un vrai métier, donc ma maman voulait que j'ai un plan B au cas où ! Donc à côté de ça, j'ai préparé un bac de sciences et techniques de gestion, puis un BTS de management des unités commerciales. J'ai travaillé dans la vente, à Conforama, à Disney, à la FNAC... J'avais quelques bases, mais je voulais m'épanouir dans ce que j'aime. Je décide de tenter le coup et je suis pris au cours Florent... Une nouvelle expérience parce que c'était la première fois que je me retrouvais dans une école où l'on ne parlait que de théâtre. Pour une fois, je ne me sentais pas rejeté !

Racontez-nous votre première scène...

C'était la première partie de XMan à l'Atrium...1000 personnes ! J'ai eu un stress énorme mais ça a été un très bon exercice. Puis j'ai fait la première partie de Jean-Yves Rupert à Bercy. Donc, là, on parle de 8 000 personnes ! Et puis il y a eu Djamel Debbouze quand il est retourné en Martinique... L'histoire avec Djamel, c'est que quand j'étais plus jeune, à l'âge de 13 ans, il était venu en Martinique jouer le 100 % Debbouze que je connaissais par choeur. A la fin du show, il faisait monter un enfant sur scène et ce soir là, ça a été moi. On a eu un échange rapide et je kieffe ce qui se passe sur scène. Le lendemain, dans le France-Antilles, un article était consacré à Djamel. Quelques lignes disaient que Djamel avait monter sur scène le jeune Gilles de 13 ans, pas impressionné une minute et qui a de l'avenir dans la profession ! Ca a été un sacré déclic !

Et onze ans plus tard, Djamel revient en Martinique...

Je me suis débrouillé pour le rencontrer, lui rappeler l'affaire. Il m'avait offert un tee-shirt que je lui montre. Il était complètement délavé ! Il m'a alors proposé de faire sa première partie ! C'est incroyable mais vrai !

Quand vous revoit-on au pays ?

En décembre, j'ai bien envie de faire un spectacle avec mes collègues humoristes aussi bien le Martiniquais Boby, les Guadeloupéens, Yolo et Mat le Buzz que les Guyanais Safia ou Cleveland ! Et je réfléchis déjà à mon prochain spectacle là bas d'autant que je ne suis jamais allé au Martinique Comedy club.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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