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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 06:15

La bataille budgétaire a commencé

Un amendement au projet de loi de finances 2018 déposé par Gabriel Serville et soutenu par 13 députés ultra-marins des sept groupes politiques de l’Assemblée nationale (y compris LREM, Modem et Constructifs) vise à créer une taxe additionnelle sur les transactions financières (au taux de 0.0008%) afin de compenser la baisse annoncée des fonds de LADOM (-12% soit 8.8 millions d’euros) et de pérenniser ainsi le financement de la mobilité des jeunes ultra-marins en formation, ainsi que des autres missions de LADOM (aide au retour, continuité funéraire, etc.). Les députés ont lancé cet amendement d'appel pour faire pression sur le ministère des Outre-mer. La ministre s'est entretemps entretenu avec quelques uns de ces députés signataires et elle tente d'arracher un arbitrage favorable vis-à-vis de Bercy. "C'est un coup de pression au gouvernement et ça peut marcher", explique un collaborateur de Gabriel Serville.

L'amendement, faute d'accord, devrait être débattu au moment de l'examen de l'article 19 sur les taxes additionnelles, cette semaine à l'Assemblée nationale. La bataille parlementaire du budget a bel et bien commencé. C'est à l'aune des arbitrages gagnés ou perdus face à Bercy que se fera la réputation de la nouvelle ministre.

FXG, à Paris

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 04:00
Gilles Perrault et la Martinique an tan Wobè

Gilles Perrault et le sous-marinier allemand en Martinique

Paru en 2001, le roman « Les vacances de l’oberleutnant Von La Rochelle » est passé relativement inaperçu alors qu’il aborde un épisode de l’histoire martiniquaise que l'on pensait oublié jusqu'à ce que ne sorte le téléfilm de Jean-Claude Barny, "Rose et le soldat". Un livre de Gilles Perrault à redécouvrir.

« Ouiiiiii, je serai ravi d’aborder le sujet, venez donc chez moi ! » Domicilié dans une petite bourgade de la Manche, l’écrivain Gilles Perrault reçoit chez lui, avec une grande simplicité.

Dans ses écrits, l’auteur aux nombreux succès — parmi lesquels « Le pull over rouge » — a abordé bien des époques et des rivages. Mais à l’écouter parler, avec sa femme Thérèse à ses côtés, la Martinique est un souvenir à part, qui provoque un sourire sur leurs deux visages à la simple évocation des quelques mois passés sur place, en 1975.

« Je m’y étais initialement rendu pour écrire un livre sur l’esclavage, qui ne s’est jamais fait », se souvient Gilles Perrault, aujourd’hui âgé de 86 ans. Il passe alors plusieurs mois sur place à effectuer des recherches. Mais ses plans ont été contrariés lorsque, au gré des rencontres, vient à ses oreilles l’histoire du sous-marinier nazi blessé durant la Seconde guerre mondiale, qui est soigné à la Martinique alors placée sous le contrôle de Vichy...

« Au cours des huit mois passés au Diamant, on a entendu cette histoire, on nous a parlé de l'amiral  Robert qui a instauré un régime autoritaire — et pour qui je n’ai guère d’indulgence — et on nous a raconté comment des sous-mariniers allemands en mission achetaient des poissons aux pêcheurs, etc. »

Puis vint l’histoire de ce jeune sous-marinier qui, en mission durant l’hiver 1942 avec son équipage dans la Caraibe, est blessé au cours d’un raid visant à détruire les pétroliers devant les raffineries d’Aruba. 

Témoin des affres de la guerre, fils de résistant, Gilles Perrault se renseigne sur ces sous-mariniers qui, sur un effectif total de 40 000 engagés dans la plus dure bataille de la guerre, seront 10 000 à survivre.

Pourtant, dans le récit de Perrault, les sous-marins n'apparaissent que de manière fantomatique dans les premières pages, le temps de déposer un membre d’équipage malade qui risque la mort sans soins urgents. Débarqué sur une plage à Sainte-Anne, le jeune Allemand découvre un univers bien différent de l’atmosphère étouffante d’un u-boot. « Ce qui me passionnait, poursuit Gilles Perrault, c’est ce que ça représente pour ces sous-mariniers qui mènent la bataille de l’Atlantique et qui découvrent les tropiques, le soleil, les fruits exotiques. C’était le paradis.  »

Inspiré de faits réels

Le 16 février 1942, lors du premier raid mené par les u-boots dans la Caraibe, le sous-marinier Dietrich von Dem Borne est grièvement blessé et doit être amputé d’une jambe. L’Etat-major donne l’ordre au U-156 de déposer Dietrich von Dem Borne à proximité de Fort-de-France, ce qui sera fait au cœur de la  nuit du 21 février, dans la plus grande discrétion.

Le sous-marinier tout juste âgé de 22 ans passera ainsi plus d’une année sur l’île, libre, avant d’être rapatrié en Europe en 1944 à la faveur d’un échange de prisonniers organisé par la Croix-Rouge, suite à la chute du régime de Vichy aux Antilles françaises.

Le sous-marinier, décédé en 2005, gardera un souvenir très fort de cette escale martiniquaise qui lui a sauvé la vie. Si dans le livre, il est confié aux bons soins du docteur de Popriac, dans la réalité il doit sa survie au docteur Collin. D’ailleurs, Dietrich von Dem Borne serait revenu en Martinique dans les années soixante-dix, et a même confié à l’historien de marine Léonce Peillard que sa convalescence sur l’île constitue « le plus beau temps de (sa) vie. »

Il faut dire qu’une fois remis sur pied, Dietrich Von Dem Borne n’a rien d’autre à faire que de profiter de ce congé forcé dans une île épargnée par les combats même si, de temps à autres, des bateaux victimes des torpilles allemandes viennent s’échouer sur les côtes de l’île.

Gilles Perrault invente ce personnage de Klaus von La Rochelle, nom qui trahit les origines française de ce fils de protestant. « Il ne faut pas oublier que Berlin a pris son essor avec l’arrivée des protestants français, puisqu’un hôpital a été baptisé Charité,  glisse Gilles Perrault, féru d’histoire. J’avais envie de faire de Larochelle le descendant de ces protestants. » Il fait de son personnage un marin, victime de péritonite en mission, et nazi convaincu. C'est au contact de la population créole et d’un médecin humaniste, qu'il va peu à peu mettre en doute ses propres convictions. Il fait de son personnage le témoin improbable d'une île en proie au régime despote de Vichy, au bord de l’implosion, menacée par la famine et convoitée par les Américains et les Allemands en raison des près de 300 tonnes d’or de la Banque de France stockés au Fort-Desaix. Chouchouté par les opposants du pétainisme, cible des dissidents qui veulent le kidnapper, le jeune Allemand ne passe pas inaperçu, comme son modèle.

« La coqueluche de l’île »

« En faisant des recherches, je me suis rendu compte que ce sous-marinier est devenu la coqueluche de toute la Martinique. Ce qui m’avait fasciné, c’est la carrière amoureuse de ce jeune garçon, qui était reçu dans toutes les habitations. Il fallait l’avoir dans les dîners ! », explique Gilles Perrault qui plonge son héros dans les bras de plusieurs femmes et ce dès sa convalescence à l’hôpital. Le livre évoque la sexualité débridée du marin. « Je me souviens que lorsque le livre est sorti, un journaliste a été très surpris et s’est demandé quelle mouche avait piqué Perrault pour qu’il parle de sexualité ! », sourit l’intéressé.

D’ailleurs, Raphael Confiant ne décrit pas un personnage différent lorsque le sous-marinier échoué apparaît au détour d’une page dans son roman « Le nègre et l’amiral ». Idem dans le téléfilm de Jean-Claude Barny, diffusé sur France 2 en avril 2016. Dans ce téléfilm, Dietrich von Dem Borne, interprété de manière très convaincante par Josef Mattes, s’amourache d’une institutrice dissidente...

« Les vacances... » n’a pas été écrit immédiatement au retour de l’écrivain de Martinique, mais quand il rentre en1976, il a déjà la conviction que l’histoire de ce sous-marinier plongé dans la Martinique an tan Robert « ferait bien un livre ».

A sa sortie à l’aube du XXIe siècle, le livre connaît un « un petit succès », mais est passé presque inaperçu en Martinique. « Mon éditeur a même dit : on va le vendre au cinéma ! » Mais « Les vacances...  » n’aura jamais les honneurs du grand écran. Le roman mérite malgré tout une deuxième chance.

Emmanuel Blumstein

« Les vacances de l’oberleutnant von La Rochelle », Fayard, 2001, 17 euros

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 06:17
Veronique Valenzuela et Patrice Pierre

Veronique Valenzuela et Patrice Pierre

Le Maroni Lab et la ville française d'Amazonie

L'opération d'intérêt national (OIN) lancée en décembre 2016 confie à l'Etat la gestion de l'urgence en matière de logements. L'Etat, après avoir organisé le pilotage de la gouvernance de l'OIN (Etat, CTG, EPCI et communes), a confié à l'établissement public foncier et d'aménagement de la Guyane (EPFAG) le soin de la mettre en oeuvre.

Hier à Paris, les dirigeants de l'EFPAG ont fait un premier point d'étape de la première OIN en outre-mer.

L'OIN, c'est 5803 hectares (49 % privé, 51 % public dont des terrains non aménageables — monts ou inondables) sur 24 périmètres répartis dans trois secteurs (Saint-Laurent et Mana, Kourou et le centre littoral) où mettre en place les projets urbains en s'adaptant aux spécificités guyanaises.

Pour démarrer, l'EPFAG a été doté de 2 millions d'euros en 2016 et 4 autres, cette année, Ce des crédits d'études, mais également des crédits pour constituer des réserves fonncières (pré-zones d'aménagement différé). A l'exception de celles lancées avant le démarrage de l'OIN, toutes les opérations ne sont qu'en phase d'étude pour l'heure.

A Kourou, le "dialogue compétitif" avec trois groupements (Ter, Technée et BRN) pour établir un projet de territoire est lancé depuis quinze jours.

A Saint-Laurent, le maire a demandé à l'EFPAG, en s'appuyant sur le nouveau plan de rénovation urbaine d'imaginer la ville d'ici 2060.

Patrice Pierre, directeur général (pi) de l'EPFAG, Aurélien Boujot (photo), directeur de l'aménagement urbain de l'EPFAG, et Véronique Valenzuela, directrice de projet des ateliers de maîtrise d'oeuvre urbaine de Cergy-Pontoise, se sont livrés, vendredi matin à Paris, à un exercice complexe de restitution du travail conduit durant 18 mois pour imaginer  « une ville française en Amazonie ». Car Saint-Laurent qui avait 3000 habitants en 1950, 45 000  en 2013, pourrait en avoir de 115 à 150 000 en 2030, devenant la première ville de Guyane. Avec cette particularité que l'habitat spontané y représente d'ores et déjà 50 % du tissu urbain. Le travail aux ateliers de Cergy a mis en avant la nécessité d'une démarche fédératrice plutôt qu'une planification figée autour d'un concept nouveau, le "Maroni lab", un outil de gouvernance pour une stratégie d'adaptation et un laboratoire d'expérimentation urbaine. C'est ce "lab" qui proposera aux décideurs l'aménagement urbain selon qu'il y ait ou pas un port en eau profonde, une mine d'or, un pont sur le Maroni, un barrage ou une turbine flottante, etc... C'est encore lui qui proposera d'encadrer le logement spontané plutôt que de le remplacer par des barres d'immeubles aux normes européennes. "Le Maroni Lab, expliquait hier, lors de sa présentation à Paris, Patrice Pierre,  est un laboratoire d'expérimentation urbaine qui devra éclairer les décideurs." Le "Maroni lab" a été distingué et admis en juin dernier dans le club des "démonstrateurs ville durable", un réseau dans lequel l'EFPAG entend bien puiser les idées autant qu'en apporter.

FXG, à Paris

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 18:56
Daniel Gibbs, Annick girardin, Philippe Gustin et Brubo Magras

Daniel Gibbs, Annick girardin, Philippe Gustin et Brubo Magras

Gibbs et Magras présents aux 3e comité interministériel à Matignon

Le 3e comité interministériel pour la reconstruction de Saint-Martin et Saint-Barthélemy s'est tenu mercredi soir à Matignon en présence notamment des présidents des collectivités concernées, Daniel Gibbs et Bruno Magras. A l'issue du comité, la ministre des Outre-mer et le délégué interministériel, Philippe Gustin ont fait un point d'étape. Si le réseau EDF est rétabli, l'adduction d'eau reste problématique à Saint-Martin puisque seuls 63 % des gens sont raccordés. Quatre quartiers restent dépourvus d'eau potable, en cause les réseaux totalement détruits. L'Agence française de la biodiversité qui a des compétences en matière d'eau et d'assainissement a indiqué son intervention immédiate pour restaurer les réseaux. La ministre a tenu à dire que tout le monde était ravitaillé en eau, soit par le biais de fontaines (dont les écoles ont été aussi équipées), soit par des distributions de bouteilles.

La rentrée des classes a pu avoir lieu pour 50 % des élèves de Saint-Martin et pour 100 % de ceux de Saint-Barthélemy. Tous seront rentrés pour la Toussaint et Annick Girardin a confirmé la venue à ce moment du Premier ministre, de son collègue de l'Education nationale et d'elle-même.

Quant aux forces de sécurité, celles engagées exceptionnellement devraient rester encore quelques semaines, mais a rappelé la ministre, le gros des forces dans ces iles sont les gendarmes.

Au point de vue de la reprise économique, des liaisons aériennes et maritimes, il a surtout -été question des aides exceptionnelles pour les entreprises. Trois types d'aide sont accordées : 1000 euros pour le redémarrage, 5 000 euros pour le maintien de l'emploi avec recours au chômage partiel et 10 000 pour un forfait redémarrage et le maintien de l'emploi avec recours au chômage partiel.

Philippe Gustin a indiqué que 2346 salariés de 386 entreprises de Saint-Martin avaient été mis au chômage partiel et 2061 sur 410 entreprises à Saint-Barthélemy. Les salariés concernés touchent 85 % du SMIC net. Daniel Gibbs, président de la collectivité de Saint-

Martin a indiqué que le chômage était passé de 33,6 % avant Irma a 60 %.

Les dégâts sont désormais chiffrés à 3,5 milliards d'euros. Mais, a expliqué le délégué Gustin, une mission de l'inspection générale doit remettre un rapport le 30 octobre. Son estimation doit permettre d'activer le fons de secours de l'Union européenne et d'estimer réellement le coût de la reconstruction, tout comme actualiser les normes liées aux aléas climatiques.

Bruno Magras, président de la collectivité de Saint-Barth, a indiqué que cette crise avait révélé combien les deux îles étaient tributaires l'une de l'autre, notamment pour le tourisme et les liaisons aériennes. Il a plaidé pour le "maintien de la stabilité sociale dans les deux îles et la reprise de l'activité économique. Enfin, Philippe Gustin, au delà de la culture du risque à développer, a plaidé pour la coopération régionale avec Sint-Maartin afin d'éviter d'avoir l'emploi en partie hollandaise et les aides sociales en partie française. Il a aussi posé la question d'un aéroport international commun aux trois collectivités de Saint-Martin, Sint-Maartin et Saint-Barthélemy.

FXG, à Paris

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 06:34
Jean-Michel Martial, des Kanoas au CReFOM en passant par Edmond

Jean-Michel Martial tient en alternance le rôle de M. Honoré dans Edmond, la pièce aux cinq Molières d'Alexis Michalik, qui entame sa deuxième année ! Rencontre avec un homme qui consacre son temps à la comédie, au théatre mais également à la présidence du CReFOM.

"Ce n'est même plus un succès, c'est un triomphe !"

Qu'est-ce qui vous a donné envie de créer le festival Kanoas dont la 3e édition a lieu du 12 au 14 octobre à Paris et Vitry ?

Quand j'y travaille, j'y puise de l'énergie ! Ca correspond à quelque chose de profond en moi et ça me procure de la joie. Je suis fait pour jouer la comédie, mais il y a un espace très particulier qui correspond à ce festival Kanoas et il y a beaucoup de gens qui l'attendent, ce qui m'encourage à continuer.

Quelle est la philosophie du festival Kanoas ?

C'est offrir un espace de visibilité plus large à nos artistes et faire connaître les auteurs de la Caraïbe. J'aime leur écriture et il faut que les gens sachent qu'on pense de cette manière quand on est de l'autre côté de l'eau ! L'idée, au départ, était que chaque spectacle soit vu par des publics différents à Vitry, Pontoise et Paris. Faute de suffisamment de financement, on s'est cantonnés à Vitry et Paris. Je vais voir s'il est possible d'aller jouer vers Créteil et pourquoi pas Bordeaux...

Qu'est-ce que ça procure de jouer dans une pièce comme Edmond qui est un joli succès ?

Ce n'est même plus un succès, c'est un triomphe ! Il faut dire les choses comme elles sont ! C'est suffisamment rare pour pouvoir en être heureux. J'ai fait les 300 premières représentations et puis comme je tourne également, que j'ai ma compagnie, le festival, des responsabilités au  niveau du CReFOM, j'ai obtenu de bénéficier d'une alternance. Il y a  une deuxième équipe qui commence une tournée de 170 dates et une autre qui joue à Paris. Moi, je me repose depuis la reprise de septembre et j'ai le choix de jouer dans l'une ou l'autre des formations. Si j'ai envie de jouer, je téléphone à l'autre comédien et s'il est d'accord, je le remplace. Il m'a été dit que j'avais priorité sur le rôle.

Est-ce un élément facilitateur de participer à un triomphe ?

Un succès, ça apporte toujours de l'intérêt, c'est de la lumière. Il y a plein de bonnes vibrations qui vous arrivent, on est nourri par ça aussi, c'est le propre des comédiens et des artistes, ça nous permet une exposition également différente... Maintenant, moi, je ne m'interroge plus sur mon quotidien. Pour des comédiens qui vivent au jour le jour, quand on est dans une belle aventure comme celle-là, on n'a plus l'inquiétude du quotidien. Moi qui joue dans des séries et des films, je n'ai plus cette question en tête, ça me permet d'être libéré et de travailler vraiment aux choses que j'aime aussi et de les développer comme le festival Kanoas qui n'a pas dit son dernier mot ! C'est sa troisième édition, mais j'ai l'impression que c'est la première d'une longue série !

Comment gérez-vous en même temps vos fonctions de président du CReFOM ?

C'est infaisable  et je me demande comment je fais... L'autre nuit, à 3 heures, je me suis réveillé pour écrire une lettre (rires)... Donc, je suis toujours pris ! Mais je dois faire attention, car en tant que président du CReFOM, je me suis fait un point d'honneur de me poser au-delà du débat politique. Le CReFOM transcende les clivages politiques, moi je veux être au-delà ! Ca demande une vraie réflexion et les mots ont leur importance car quand on lâche un mot inapproprié, ça a des répercussions terribles. Il faut respecter les populations, à savoir moi et vous, mais également les élus qui défendent les intérêts de la population, qui sont mandatés par le peuple, et en même temps être capable de dire que telle chose n'est pas cohérente, que telle autre ne va pas et surtout, j'y attache beaucoup d'importance, proposer des solutions.

Votre mandat s'achève bientôt, qu'allez-vous faire ?

Il y aura de nouvelles élections au premier trimestre de l'année prochaine. Une nouvelle liste se présentera, la mienne en fera partie et on verra. Pour l'instant, je continue à développer l'eau bleue, c'est-à-dire la philosophie autour de l'eau, des mers... 80 % de la surface maritime française est donnée par les outre-mer. Si on réussit à développer une réflexion qui inclut d'emblée l'espace maritime français, on touche à la recherche, à l'écologie, à l'industrie, au tourisme... Les spécialistes ont estimé qu'au bas mot, on pouvait créer 400 000 emplois.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 05:22

Une audience judiciaire en mai et une audience présidentielle refusée

Le 29 septembre dernier, a eu lieu la rencontre entre les avocats Boulogne-Yang-Ting, Constant et Ursulet, une représentante du parquet et le président de la cour d'appel pour fixer la date de l'examen en appel de l'ordonnance de non-lieu dans le dossier de la catastrophe aérienne du 16 août 2005 à Maracaïbo au Venezuela. Ce sera le 31 mai 2018. Si le président de la cour d'appel avait proposé la salle de l'Atrium, ce sera finalement, en principe, dans les locaux rénovés de la cour d'appel que se déroulerait l'audience. Problème, il y a quelque 900 parties civiles et la salle prévue ne pourra accueillir que 250 personnes.

Considérant ce non lieu comme "une blessure supplémentaire", l’AVCA (Association des Victimes de la Catastrophe Aérienne du 16 août 2005), sachant "tout l’intérêt que le président Macron porte aux familles des victimes quelles qu’elles soient et son exigence de vérité pour que l’apaisement succède à la colère" lui a adressé une lettre le 31 juillet dernier. Une lettre "au nom des proches des 152 victimes françaises de cette catastrophe" pour regretter que "douze ans après, les blessures (soient) encore profondes et les réponses inexistantes".

Courrier transmis au ministre des Transports

Rose-Marie Taupin-Pélican, présidente de l'AVCA, lui a donc demandé audience afin de lui exposer "ce qui risque d’être pour ces familles dans les prochains mois, une deuxième tragédie". Le président Macron a fait répondre le 19 septembre dernier par son chef de cabinet, François-Xavier Lauch, qu'il ne lui était "pas possible de répondre favorablement à (cette) demande d'audience". Quoique le président de la République fasse part de son "attention" et de son "attachement au souvenir des victimes", de sa "compréhension de la douleur" et de sa "compassion", le chef de cabinet se borne à indiquer à Mme Taupin-Pélican qu'il a "relayé (son) intervention auprès de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports afin qu'elle en soit informé".

Cette réponse n'a pas totalement surpris Mme Taupin-Pélican qui la considère au regard "du mépris dont les autorités ont toujours fait montre vis-à-vis des familles des victimes de cette catastrophe". Et c'est non sans amertume que la présidente de l'AVCA se remémore les paroles du président Macron le 14 juillet 2017 face aux familles des victimes des attentats de Nice. "Nous concernant, indique-t-elle à France-Antilles, toutes nos demandes adressées à l'Etat aboutissent ne varietur à une fin de non recevoir qui signifie clairement qu'on s'en fout de savoir si la procédure est menée correctement ou pas, si le non-lieu est justifié ou pas..." "Mais qu'à cela ne tienne, ajoute-t-elle, nous nous battrons."

FXG, à Paris

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 06:40

Corsair se connecte au réseau d'Easyjet

La compagnie aérienne Corsair intenational a pris une longueur d'avance sur ses concurrents Air Caraibes et French blue en signant un partenariat avec Easyjet. Lors du salon Top Résa, tandis que les dirigeants de ces deux compagnies faisaient savoir leur intérêt pour la plateforme « Worldwide by easyJet », Pascal de Izaguirre, pdg de Corsair annonçait la signature d'un partenariat avec la compagnie britannique. Cet accord doit permettre aux clients de Corsair de bénéficier du réseau d’EasyJet en provenance et à destination de la province française et de l’Europe, soit une vingtaine de lignes desservies au départ d’Orly, dont Nice et Toulouse. « Le nouveau partenariat avec EasyJet, indique le patron  de Corsait, nous ouvre des perspectives énormes en matière de connectivité, notre réseau vient enrichir celui d’EasyJet sur le moyen-courrier à Orly, »

Le développement de la connectivité au sein d’Orly est un enjeu majeur pour faciliter le parcours des passagers et leur assurer une meilleure flexibilité. C'est ce que les pros de l'aérien appellent le "self connect". Cet accord va permettre à Corsair d'avoir accès à la clientèle d'Easyjet et de lui proposer par exemple un Nice Fort-de-France ou un Toulouse Saint-Denis avec une simple escale à Orly.

Enfin, grâce à ce partenariat, les billets Corsair seront dorénavant revendus sur le site Internet d’EasyJet, qui accueille chaque année 360 millions de visiteurs. La mise en vente des billets sera opérationnelle dès la fin de l’année.

FXG, à Paris

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 06:17
Alex Ursulet et Juan Alberto Chirino

Alex Ursulet et Juan Alberto Chirino

Le chef d'escale d'Air France à Caracas enfin libéré

Juan Alberto Chirino, le chef d'escale d'Air France à Caracas, a été libéré le week-end dernier après quatre années de détention dans la prison de Macuto de sinistre réputation (voir France-Guyane du 18 juin 2015). Accusé de trafic de drogue par la justice vénézuélienne, l'agent d'Air France a été acquitté une première fois après un procès qui a duré dix-huit mois, puis une seconde fois après l'appel du parquet vénézuélien.

En septembre 2013, la police française avait découvert à bord d'un avion d'Air France en provenance de Caracas 1,3 tonnes de cocaïne. Taxées de laxisme par le ministre de l'Intérieur d'alors, Manuel Valls, les autorités vénézuéliennes avaient alors procédé à un grand coup de filet à l'aéroport de Caracas, allant jusqu'à arrêter le délégué d'Air France. Faute de pouvoir l'accuser sérieusement, la police vénézuélienne avait alors arrêté le plus haut gradé vénézuélien d'Air France, son chef d'escale Juan Alberto Chirino. "Il a été un otage pendant quatre ans", estime Alex Ursulet, l'avocat qu'Air France a mis au service de son employé. Aujourd'hui, Juan Alberto Chirino reste partie civile dans le volet français de cette affaire qui est instruite à la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Créteil.

FXG, à Paris

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 05:08

Les fragilités du budget de l'Outre-mer apparaissent

Seize députés ultramarins,  issus de tous les camps et tous les territoires ou presque (Bruno-Nestor Azerot, Ericka Bareigts, Huguette Bello, Justine Benin, Moetai Brotherson, Serge Letchimy, David Lorion, Josette Manin, Max Mathiasin, Jean-Philippe Nilor, Napole Polutele, Nadia Ramassamy, Jean-Hugues Ratenon, Olivier Serva, Gabriel Serville et Hélène Vainqueur-Christophe) ont signé un communiqué de presse intitulé « Inquiétudes sur le budget de LADOM ». Ils dénoncent un baisse  de 8,82 millions d'euros, soit 12,9% de son budget.

C'est que la consultation du bleu budgétaire donne un autre éclairage sur le budget de la mission outre-mer que celui joliment montré par la ministre lors de la présentation de son budget le 28 septembre dernier. Ladom perd  donc près de 13 %, mais l'aide à la continuité territoriale (7,6M€ en AE et en CP) baisse de 4,5 %, le passeport-mobilité études (17 M€ en AE et en CP) baisse de 0,5 %, le passeport-mobilité formation professionnelle (6,1 M€ en AE et en CP) baisse de 12 %, le passeport-mobilité stages professionnels (0,8 M€) baisse de 11 % et la continuité funéraire (0,6 M€) de 25 %...

D'autres lignes dans ce budget surprennent certains parlementaires comme le plan séisme Antilles qui baisse de 11,5 %... Ou la ligne budgétaire unique qui perd 20 millions en autorisation d'engagement et 6 en crédits de paiement.

Tous ces points ne manqueront pas de faire débat lors de la discussion de ce budget en commission élargie à l'Assemblée nationale début novembre.

FXG, à Paris

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 05:03

Débat tendu autour des contingents de rhum à l'export

L'augmentation du contingent de rhum des DOM de 24 000 Hap (hectolitres d'alcool pur) obtenu à Bruxelles a été saluée unanimement par l'ensemble de la filière. Si le contingent de la Guyane doit passer de 500 à 1000 Hap, tandis que celui de la Réunion doit prendre 20 %, la nouvelle répartition à définir entre la Martinique et la Guadeloupe pose problème.

"Dans cette répartition, explique le président du CODERUM, le Martiniquais Charles Larcher, nous serons fauchés en plein vol." Il indique que la Martinique a fait le choix territorial d'avoir une petite production de canne et d'excellence tandis que la Guadeloupe aurait fait un choix, celui du sucre. "Aujourd'hui, poursuit le Martiniquais, il y a une réorientation de la politique de nos amis guadeloupéens mais qui ne doit pas se faire au détriment de notre territoire." Charles Larcher reconnaît que la répartition du contingent favorise la Martinique, mais il n'admet pas que cette répartition soit" remise en cause pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la qualité du produit". Ainsi ce serait la démarche "appellation d'origine contrôlée" (AOC) qui donnant un statut de meilleur rhum offrirait aux Martiniquais une légitimité aux aides et au contingent. Mais qu'en est-il dans les faits et, surtout, que sont ces parts supplémentaires du contingent au bénéfice des Martiniquais ? Il s'agit du contingent du Galion, soit 20 % du contingent martiniquais. Or, ce contingent est produit en partie depuis des années, grâce à une dérogation d’importation de mélasse ou de travail à façon en Guadeloupe. Les rhumiers guadeloupéens, dans les discussions en cours, disent que leur demande ne vise que la rétrocession des 20% du Galion. "Le rhum agricole Martinique bénéficiera bien de sa part de 20% d’augmentation", fait observer Hervé Damoiseau. La Martinique manque structurellement de canne ce qui l’oblige à importer du rhum de Guadeloupe pour répondre à ses autres marchés."

Les rhumiers martiniquais ont fait des efforts de replantation, mais ce qu'il leur manque, ce sont plus de 15 000 tonnes de cannes supplémentaires au minimum. Les terres à bananes que la Martinique veut planter en cannes ont elle été agréées par l’AOC ?

Dans le soutien qu'il a porté à la filière martiniquaise, le président Alfred Marie-Jeanne a souligné lui aussi l'importance de l’AOC qui permet de mieux valoriser les rhums martiniquais. "Les Martiniquais ne devraient même pas avoir besoin de contingent puisque l’AOC leur assure des débouchés et une notoriété dont ne dispose pas la Guadeloupe, ironise Hervé Damoiseau, d'autant qu’en prix de vente consommateur, ils sont moins chers que les rhums de Guadeloupe."

L’AOC est un cahier des charges expliquant la méthode et le procédé de production tout comme l’indication géographique (IG) que la Guadeloupe a sollicité, refusant l’AOC.

FXG, à Paris

La réalité du contingent actuel

Le contingent agricole devrait être au minimum à 50% du contingent global, or actuellement, il est réparti à 55% pour le rhum de sucrerie et à 45% pour le rhum agricole.

Le rapport de production de rhum agricole entre la Guadeloupe et la Martinique est de 1 à 2, le contingent de 1 à 3,8 et les stocks en métropole de 1 à 6 (certains operateur de Guadeloupe sont obligés de travailler à flux tendu quand ce n’est pas mettre le marché en rupture).

A production égale, les distilleries ne disposent pas du même contingent au nom d’une situation historique qui n’évolue pas en fonction du marché ni du souhait des consommateurs :

Damoiseau a un contingent de 3 214 Hap alors qu’il produit à peu près comme La Mauny – Trois-Rivières (une seule distillerie pour les deux marques) qui a un contingent de 9 524 Hap, ou encore comme Dillon-Depaz qui a un contingent de 11560 Hap.

Bologne produit en moyenne la moitié de La Mauny - Trois-Rivières a un contingent de 1 874 hap

Les disparités existent à l’intérieur même de la Martinique :

La distillerie du Simon, HSE, dont la production se rapproche de celle de RMSJ Saint-James, a un contingent de 7 105 Hap contre 12 141 Hap pour le second (même si ces deux producteurs ne valorisent pas leurs marques en vendant du Rhum "marque de distributeur" ou à pas cher.)

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