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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 05:08

Les fragilités du budget de l'Outre-mer apparaissent

Seize députés ultramarins,  issus de tous les camps et tous les territoires ou presque (Bruno-Nestor Azerot, Ericka Bareigts, Huguette Bello, Justine Benin, Moetai Brotherson, Serge Letchimy, David Lorion, Josette Manin, Max Mathiasin, Jean-Philippe Nilor, Napole Polutele, Nadia Ramassamy, Jean-Hugues Ratenon, Olivier Serva, Gabriel Serville et Hélène Vainqueur-Christophe) ont signé un communiqué de presse intitulé « Inquiétudes sur le budget de LADOM ». Ils dénoncent un baisse  de 8,82 millions d'euros, soit 12,9% de son budget.

C'est que la consultation du bleu budgétaire donne un autre éclairage sur le budget de la mission outre-mer que celui joliment montré par la ministre lors de la présentation de son budget le 28 septembre dernier. Ladom perd  donc près de 13 %, mais l'aide à la continuité territoriale (7,6M€ en AE et en CP) baisse de 4,5 %, le passeport-mobilité études (17 M€ en AE et en CP) baisse de 0,5 %, le passeport-mobilité formation professionnelle (6,1 M€ en AE et en CP) baisse de 12 %, le passeport-mobilité stages professionnels (0,8 M€) baisse de 11 % et la continuité funéraire (0,6 M€) de 25 %...

D'autres lignes dans ce budget surprennent certains parlementaires comme le plan séisme Antilles qui baisse de 11,5 %... Ou la ligne budgétaire unique qui perd 20 millions en autorisation d'engagement et 6 en crédits de paiement.

Tous ces points ne manqueront pas de faire débat lors de la discussion de ce budget en commission élargie à l'Assemblée nationale début novembre.

FXG, à Paris

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 05:03

Débat tendu autour des contingents de rhum à l'export

L'augmentation du contingent de rhum des DOM de 24 000 Hap (hectolitres d'alcool pur) obtenu à Bruxelles a été saluée unanimement par l'ensemble de la filière. Si le contingent de la Guyane doit passer de 500 à 1000 Hap, tandis que celui de la Réunion doit prendre 20 %, la nouvelle répartition à définir entre la Martinique et la Guadeloupe pose problème.

"Dans cette répartition, explique le président du CODERUM, le Martiniquais Charles Larcher, nous serons fauchés en plein vol." Il indique que la Martinique a fait le choix territorial d'avoir une petite production de canne et d'excellence tandis que la Guadeloupe aurait fait un choix, celui du sucre. "Aujourd'hui, poursuit le Martiniquais, il y a une réorientation de la politique de nos amis guadeloupéens mais qui ne doit pas se faire au détriment de notre territoire." Charles Larcher reconnaît que la répartition du contingent favorise la Martinique, mais il n'admet pas que cette répartition soit" remise en cause pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la qualité du produit". Ainsi ce serait la démarche "appellation d'origine contrôlée" (AOC) qui donnant un statut de meilleur rhum offrirait aux Martiniquais une légitimité aux aides et au contingent. Mais qu'en est-il dans les faits et, surtout, que sont ces parts supplémentaires du contingent au bénéfice des Martiniquais ? Il s'agit du contingent du Galion, soit 20 % du contingent martiniquais. Or, ce contingent est produit en partie depuis des années, grâce à une dérogation d’importation de mélasse ou de travail à façon en Guadeloupe. Les rhumiers guadeloupéens, dans les discussions en cours, disent que leur demande ne vise que la rétrocession des 20% du Galion. "Le rhum agricole Martinique bénéficiera bien de sa part de 20% d’augmentation", fait observer Hervé Damoiseau. La Martinique manque structurellement de canne ce qui l’oblige à importer du rhum de Guadeloupe pour répondre à ses autres marchés."

Les rhumiers martiniquais ont fait des efforts de replantation, mais ce qu'il leur manque, ce sont plus de 15 000 tonnes de cannes supplémentaires au minimum. Les terres à bananes que la Martinique veut planter en cannes ont elle été agréées par l’AOC ?

Dans le soutien qu'il a porté à la filière martiniquaise, le président Alfred Marie-Jeanne a souligné lui aussi l'importance de l’AOC qui permet de mieux valoriser les rhums martiniquais. "Les Martiniquais ne devraient même pas avoir besoin de contingent puisque l’AOC leur assure des débouchés et une notoriété dont ne dispose pas la Guadeloupe, ironise Hervé Damoiseau, d'autant qu’en prix de vente consommateur, ils sont moins chers que les rhums de Guadeloupe."

L’AOC est un cahier des charges expliquant la méthode et le procédé de production tout comme l’indication géographique (IG) que la Guadeloupe a sollicité, refusant l’AOC.

FXG, à Paris

La réalité du contingent actuel

Le contingent agricole devrait être au minimum à 50% du contingent global, or actuellement, il est réparti à 55% pour le rhum de sucrerie et à 45% pour le rhum agricole.

Le rapport de production de rhum agricole entre la Guadeloupe et la Martinique est de 1 à 2, le contingent de 1 à 3,8 et les stocks en métropole de 1 à 6 (certains operateur de Guadeloupe sont obligés de travailler à flux tendu quand ce n’est pas mettre le marché en rupture).

A production égale, les distilleries ne disposent pas du même contingent au nom d’une situation historique qui n’évolue pas en fonction du marché ni du souhait des consommateurs :

Damoiseau a un contingent de 3 214 Hap alors qu’il produit à peu près comme La Mauny – Trois-Rivières (une seule distillerie pour les deux marques) qui a un contingent de 9 524 Hap, ou encore comme Dillon-Depaz qui a un contingent de 11560 Hap.

Bologne produit en moyenne la moitié de La Mauny - Trois-Rivières a un contingent de 1 874 hap

Les disparités existent à l’intérieur même de la Martinique :

La distillerie du Simon, HSE, dont la production se rapproche de celle de RMSJ Saint-James, a un contingent de 7 105 Hap contre 12 141 Hap pour le second (même si ces deux producteurs ne valorisent pas leurs marques en vendant du Rhum "marque de distributeur" ou à pas cher.)

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 06:13
Dominique Théophile au Sénat

GUSR envoie un sénateur à Paris

Dominique Théophile est arrivé à Paris quelques jours après son élection au Sénat. "Je suis venu rapidement prendre mes marques, raconte le nouvel élu qui était déjà venu au palais du Luxembourg, mais en touriste. Je n'avais pas encore visité les arcanes du Sénat ! Je suis passé par une dizaine de bureaux pour remplir toutes les formalités..." Ces formalités vont jusqu'à prendre le son de sa voix (pour la reconnaissance vocale lors des débats) et sa photo !

Evidemment, c'est émouvant pour un nouveau sénateur de pénétrer ce lieu où se sont écrites quelques pages de l'histoire de France. "Je revoyais mes cours, quand j'étais étudiant, et le Sénat m'apparaissait comme un summum !" Ses pensées sont allées vers des hommes politiques dont il se sent proche, qu'il s'agisse de Dominique Larifla ou de Jacques Gillot. "Ils m'ont ouvert la voie !" S'il lui a fallu quelques instants en entrant dans les lieux pour réaliser qu'il était bien l'éu de la République, le sénateur, la réalité politique s'est très vite remise au premier plan. Jeudi dernier, il a pu rencontrer Stanislas Cazelles, le conseiller Outre-mer d'Emmanuel Macron, Xavier Brunetière, celui d'Edouard Philippe, et les dirigeants d'En marche ! Il y a eu beaucoup de réunions et le président de GUSR, Guy Losbar l'a accompagné. "Nous avons fait le tour ensemble, posé nos bases et les conditions de collaboration intelligente." Dominique Théophile s'est apparenté au groupe La République en marche. "Nous leur avons dit que nous n'étions pas venus en supplétifs, mais vraiment pour travailler et faire en sorte que les politiques qui seront menées outre-mer le seront en faveur des Ultramarins. Nous leur avons demandé de nous contacter en amont, avant nos concurrents et même avant la presse. Nous sommes des élus de la majorité, nous avons une bonne connaissance du terrain et pour éviter quelques couacs, il vaut mieux s'appuyer sur les gens qui connaissent le terrain." Dominique Théophile, comme la plupart des collègues ultramarins du groupe En marche ont su faire monter les enchères au moment du choix du groupe. "Il va falloir compter avec nous, insiste M. Théophile. Nous serons très constructifs dans les débats, mais nous avons averti que pour défendre le gouvernement, nous devrons être informés en pleine et toute connaissance de choses !" Dominique Théophile assure que les élus de son groupe ne sont pas des élus "japlod". "Nous sommes des constructifs et nous montrerons notre différence lorsqu'une mesure ne nous apparaîtra pas comme un bénéfice ou un plus pour les Outre-mer. Nous ne serons pas complices de quoique ce soit ! Nous serons clairvoyants et jouerons franc jeu avec le gouvernement."

Dominique Théophile sera le seul Guadeloupéen à siéger à la commission des affaires économiques. Il sera de retour au pays à partir du 11 octobre, puis reviendra siéger au Sénat le 16 pour la première semaine de session.

FXG, à Paris

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 06:30
Un forum pour la Guyane

Verset veut booster les affaires en Guyane

Franck Verset, président fondateur de la plateforme internationale www.promoinvestguyaneurop.com, consultant expert en management projets grands comptes, et éphémère dircab de Gabriel Serville, a l'ambition de réunir à l'hôtel Georges V à Paris le 30 mars 2018 une conférence internationale intitulée "Guyane richesses & Amazonie".

Il s'agit d'une initiative associative économique internationale qui doit servir de préalable au forum économique, culturel et international de la Guyane à Paris en 2019.

"La conférence de mars 2018, explique M. Verset, doit servir au lancement d'une start up qui fera de l'accompagnement, de l'expertise, et qui créera le besoin pour des investisseurs potentiels dans une dimension croisée Guyane, Outre-mer et Europe-Afrique. Franck Verset n'a jamais oublié cette injonction du président Chirac : "Guyanais, retroussez vos manches !" Il n'a pas attendu le conflit social pour réfléchir à la question et il estime que 50 milliards suffisent pour réellement lancer la Guyane. "Ce n'est pas l'accord de Guyane qui va changer les choses, ce sont des investisseurs capables de mettre 20 ou 30 millions sur la table pour le bois, l'agriculture..." Après deux ans de préparation, il est fier de dire qu'il a dû décrocher le Georges V, car la conférence sera doublé d'un gala. Non pas qu'il tienne au gala, mais il veut marquer le coup. Pour l'heure, cet acteur de la société civile recherche des bonnes volontés pour donner corps à son projet : membres bienfaiteurs, généreux donateurs, ONG, Associations, PME, PMI, TPE, hommes et femmes d'affaires de Guyane, d'Outre mer, d'Europe et d'Afrique. Son appel s'adresse à tous ceux qui croient en la Guyane et qui veulent y favoriser les affaires.

FXG, à Paris

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 06:23
La République en aquarelles, par Noëlle Herrenschmidt

Taubira en aquarelle sur les grilles du jardin du Luxembourg

L'aquarelliste Noëlle Herrenschmidt (au centre, bras tendu) a été autorisée à accéder partout où se joue la pièce de la République, de l'Elysée à Matignon jusque dans les écoles publiques, les prisons et les hôpitaux, en passant par le conseil d'Etat et le Parlement. Son travail est actuellement exposé sur les grilles du jardin du Luxembourg à Paris. Sur une des aquarelles, on reconnaît fort bien Christiane Taubira. C'était le 1er février 2013, lors du débat sur le mariage pour tous. Ce jour-là, les échanges ont été très vifs. A minuit passé, le président annonce : "C'est l'anniversaire de Mme la garde des Sceaux depuis un quart d'heure !" Pause surprise. Applaudissements, bouquets de fleurs, photos souvenirs. Un quart d'heure plus tard, la trève est rompue. Les débats reprennent de plus belle.

(Photos FXG, à Paris)

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 06:17
Victorin Lurel et Michel Magras au palais du Luxembourg le 5 octobre

Victorin Lurel et Michel Magras au palais du Luxembourg le 5 octobre

Victorin Lurel et sa seconde liste Victoire Jasmin ont intégré le groupe socialiste du Sénat. Si la seconde a intégré la commission des affaires sociales, le premier est devenu secrétaire du bureau du Sénat et siège à la commission des finances. Interview.

" La difficulté, c'est que le Sénat est à droite"

Après quinze ans à l'Assemblée, ça fait quoi d'entrer au Sénat ?

J'ai été ministre et j'allais régulièrement au palais du Luxembourg. Je ne peux pas dire que je suis un apprenti. Evidemment, je connais moins les arcanes, les rites et rituels du Sénat, je ne dis pas les secrets... Mais il y a du non-dit dans toute assemblée, il y a une culture au Sénat qu'il faut comprendre... Je dis simplement qu'on a à travailler, élucider tout ça pour être le plus efficace possible.

Comment allez-vous vous positionner vis-à-vis de ce gouvernement et du groupe LREM où siègent beaucoup de vos anciens collègues ?

J'aurai pu faire comme eux et aller ailleurs, aller à la soupe...

Vous ne pouviez pas, Ary Chalus avait déjà occupé la place...

Non, non, j'aurai pu... Puisque sollicité par les uns et les autres, j'aurais pu aller ailleurs ! Je suis socialiste depuis toujours et je n'ai jamais changé de parti. Kothy Jasmin et moi-même, nous restons bienveillants à l'égard de la majorité du président Macron et de son gouvernement, mais nous restons libres, avec la philosophie qui est la nôtre, la justice, la lutte contre les inégalités, la meilleure prise en compte des outre-mer. La difficulté, c'est que le Sénat est à droite, ça veut dire que tous les textes qui arrivent sont revus par cette majorité libérale. Comment allons-nous pouvoir voter ces textes ? Déjà que nous avons quelque distance sur les textes de Macron même lorsque nous reconnaissons quand ils sont bons... Ils vont être renforcés sur leur aspect ultra-libéral... C'est toute la difficulté !

L'un des premiers textes que le Sénat va examiner, ce sera le budget... Serez-vous bienveillant ?

Le texte présenté par le gouvernement dérange sur un certain nombre de points, notamment sur le traitement infligé aux collectivités... Il faudra amender très sérieusement ces textes... Nous allons faire des propositions, mais si on ne nous entend pas, nous pourrons voter contre. Sur les Outre-mer par exemple, le budget est d'à peu près 2 milliards et je ne vois pas d'augmentation. Je demanderai à Annick Girardin qui a été ma collègue pendant dix ans à l'Assemblée nationale, si elle veut améliorer le texte, si Bercy peut lâcher, si on peut avoir une vraie augmentation... Le président de la République s'est engagé sur 3 milliards pour les Outre-mer, plus la dotation de la Guyane, à 1,08 milliard, ça fait 4 milliards ! Sans compter les conséquences des cyclones Irma et Maria... Entre 4 et 5 milliards sur cinq ans ! Regardez le budget... Non, le compte n'y est pas. Et même si vous examinez les autres missions budgétaires, on ne trouve pas...

Comment ça, le compte n'y est pas ?

Lorsqu'on nous dit que les assises de l'Outre-mer vont s'étendre jusqu'à octobre 2018, on perd deux lois de finances initiales sur les engagements que le président a pris ! Il doit respecter la parole donnée sur le plan Guyane, sur les plans et les contrats de convergence, ne pas supprimer l'agence de promotion et de diffusion des cultures d'Outre-mer, ni la Cité des Outre-mer, ne pas diminuer l'enveloppe de continuité territoriale, respecter le financement de construction d'écoles, de collèges et de lycées, ne pas diminuer le plan séisme Antilles, ni la Ligne budgétaire unique qui avait pourtant été sanctuarisée ! Est-ce que le dire est une déclaration d'hostilité ? Dire la vérité doit-il être le fait de l'opposition ?

A l'Assemblée comme au Sénat, vous êtes trois anciens ministres des Outre-mer dans un groupe d'opposition face à une ministre qui a été dans votre majorité quand vous étiez aux affaires. N'est-ce pas schizophrénique comme exercice ?

Je ne sais pas comment l'actuelle ministre des Outre-mer vivra cela, mais il est certain qu'avec elle, nous serons bienveillants. Nous n'allons pas faire mal pour faire mal, ni s'opposer pour s'opposer. Si elle peut vraiment améliorer les choses, pourquoi pas ! Mais on ne va pas nous raconter d'histoire. Nous sommes trois anciens ministres des Outre-mer et quand vous avez compris les arcanes budgétaires, on ne peut pas vous raconter d'histoire. Il faudra bien qu'il y ait en amont une explication, je ne dirai pas franche comme disent les diplomates, mais vraie.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 06:06
Les sénateurs Patient et Karam salle des conférences au Sénat la semaine dernière

Les sénateurs Patient et Karam salle des conférences au Sénat la semaine dernière

Patient manque de peu la vice-présidence du Sénat

Le groupe La République en marche au Sénat peut remercier l'Outre-mer, car ils sont six à être venus grossir ses rangs, leur permettant ainsi de décrocher une vice-présidence du Sénat. A un élu près, ils représentent le tiers du groupe ! Ces sénateurs sont les deux élus de la Guyane, Antoine Karam et Georges Patient, le Réunionnais Michel Dennemont, les Mahorais Tani Mohamed Soilihi et Abdallah Hassani, et enfin le Guadeloupéen Dominique Théophile.

Ces six sénateurs ont pu rencontrer jeudi 28 septembre au Sénat, Stanislas Cazelles et Xavier Brunetière, les conseillers outre-mer d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe ainsi que les dirigeants de LREM. Ils ont ainsi pu faire monter les enchères et obtenir une totale liberté de vote et de parole. Selon l'un d'eux, ils ont encore obtenu la garantie d'être les interlocuteurs privilégiés du gouvernement et de la présidence pour tout ce qui concerne leurs territoires, avant leurs concurrents et avant la presse ! C'est sans dout ce qui a fait fléchir Antoine Karam qui était hésitant à rejoindre le groupe de la majorité présidentielle.

C'est pour affirmer sa reconnaissance et assurer aux sénateurs ultramarins de son groupe qu'ils n'étaient pas des supplétifs que le président du groupe LREM François Patriat, a décidé d'octroyer la vice-présidence qui revenait aux LREM à un élu d'outre-mer. Certes, l'ancien ministre de la Défense et ex-socialiste, Alain Richard, s'est présenté au premier tour, face à Tani Mohamed Soilihi de Mayotte et Georges Patient de Guyane, mais il s'est retiré au second tour, laissant seuls les deux ultramarins. C'est le Mahorais qui l'a emporté face au Guyanais qui a pâti de la présidence d'un autre Guyanais, il y a cinquante ans, à la tête du Sénat, Gaston Monnerville... En compensation, Georges Patient a obtenu la vice-présidence de la commission des finances. Antoine Karam a choisi de siéger à la commission des affaires culturelles.

FXG, à Paris

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 05:09
Le palais du Luxembourg d'après une aquarelle de Noëlle Herrenchmidt

Le palais du Luxembourg d'après une aquarelle de Noëlle Herrenchmidt

Les sénateurs réunionnais éparpillés

Les trois colisitiers de "l'entente républicaine" se répartissent sur les groupes LR, Union du centre et "constructifs", Dennemont chez LREM

Les trois autres sénateurs élus le 24 septembre derniers siègent tous dans des groupes différents, mais chacun, y compris Michel Dennemont, dans un groupe qui a apporté son soutien au président sortant, Gérard Larcher. Jusque là, rien d'anormal puisque les grands électeurs réunionnais ont choisi de n'envoyer ni communiste, ni socialiste à la chambre haute. Parmi les trois élus de la liste "Entente Républicaine", Viviane Malet a choisi de siéger au sein du groupe Les Républicains, Jean-Louis Lagourgue au sein du Groupe République et Territoires / Les Indépendants (que l'on résumera par "reconstructifs") et Nassimah Dindar au sein du groupe Union centriste. Cette dernière siège comme Viviane Malet à la commission des affaires sociales et Jean-Louis Lagourgue siège à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Quand à M. Dennemont, il siège à la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable.

Dennemont fait monter les enchères

Michel Dennemont a attendu le dernier moment pour faire connaître le nom du groupe au sein duquel il s'inscrivait. "J'ai adhéré à 15 h 15 hier, déclarait-il au JIR le 4 octobre. Mon arrivée a fait franchir au groupe LREM la barre symbolique des vingt sénateurs." C'est qu'il a été dragué et choyé ! Jeudi 28 septembre, il a rencontré, comme les cinq autres sénateurs ultramarins du groupe LREM, Stanislas Cazelles et Xavier Brunetière, les conseillers outre-mer d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe ainsi que les dirigeants de LREM. "J'ai fait monter les enchères et j'ai obtenu la totale liberté de vote et de parole." Il assure aussi avoir obtenu la garantie d'être l'interlocuteur privilégié du gouvernement et de la présidence pour tout ce qui concerne la Réunion, "avant mes ennemis et avant la presse" ! Il est fier de pouvoir dire que son arrivée à Paris donne une autre image du mouvement En marche ! à la Réunion. "Thierry Robert et moi, c'est le ying et le yang. J'ai redoré le blason, mais il faut qu'il sache se tenir !" Michel Dennemont a rejoint le groupe LREM du Sénat en même temps que le groupe LPA de la Région était dissout et que le groupe La Réunion en marche était créé. "Celui qui voulait ma tête, le chef, a dit que Dennemont n'avait pas de programme... On n'est pas aux municipales ! En tout cas, j'y suis ! Il va se reconnaître, le chef, dans sa pyramide..." Le maire des Avirons a indiqué que son premier adjoint prendrait sa succession le 22 octobre à 10 heures.

FXG, à Paris

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 16:34

Deux Martiniquais victimes d'une opération d'infiltration foireuse

Incarcéré pendant neuf mois pour trafic de drogue, un couple de commerçants martiniquais a été victime de la technique du rip off, c'est-à-dire d'une opération d'infiltration.

Rod S et son associée, Olivia B, commerçante à Sainte-Marie, ont été libérés le 27 septembre de la prison de Lille où ils étaient détenus depuis neuf mois. Leurs avocats, dont Me Ursulet, ont convaincu le juge des libertés et de la détention (JLD) contre l'avis du parquet et celui du juge d'instruction. Mis en examen en février 2017 pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs, Rod et Olivia n'ont cessé de clamer leur innocence. Pour leur défense, ils ont été victimes de la technique dite du « rip off », technique qui consiste à dissimuler des marchandises de fraude dans un flux commercial à l’insu de l’expéditeur et du destinataire durant l’une des phases de transport.

Lors de l'audience du 22 septembre, la défense a convaincu le JLD que de nombreux éléments du dossier accréditaient la thèse d'une opération d'infiltration ayant piteusement échoué, mais ayant abouti du fait de flottements entre les douanes et l'OCRTIS à l'incarcération de deux innocents !

Tout commence le 26 juillet 2016 à Rouen par un contrôle du container de vêtements destinées à être vendus dans le magasin d'Olivia à Sainte-Marie. A l'issue de ce contrôle, les douaniers délivrent un avis de contrôle conforme. Les gabelous reviennent le 29 juillet parce qu'ils affirment avoir constaté lors de leur première visite la présence de tee shirts Armani en vrac, d'un moteur usagé et de cartons non-étiquetés ne figurant pas sur le bordereau d'exportation. Pourtant, ce n'est que ce 29 juillet qu'ils disent avoir  brisé les scellés commerciaux et qu'ils découvrent des cartons non étiquetés qui recèlent plus de 500 kilos de haschish !

Trop d'incohérences

A partir de là, la procédure est parsemée de tant d'incohérences que le JLD n'a pas hésité à remettre en liberté les deux dangereux trafiquants martiniquais.

La technique du « rip off » suppose que des individus aient infiltré ou soudoyés des agents participant à l’organisation du transport, afin d’avoir accès au conteneur après l’expéditeur et avant le destinataire. Or, c'est un salarié de son transitaire qui, chose tout à fait surprenante, a demandé à Rod de bien vouloir transporter le vieux moteur pour l’une de ses connaissances...

Rob et Olivia ont rempli eux-mêmes leur container et confié à un transporteur son acheminement au port. Le chauffeur à qui ils ont laissé le chargement n'est pas celui qui a signé le bon de livraison à Rouen, et il s'avère qu'il n'a même pas son permis. Ce même chauffeur s'était étonné du faible volume utilisé dans le container ; à l'arrivée, la lettre de voiture fait etat d'un chargement de 2 tonnes... Le trajet qui dure normalement une heure trente, a duré trois heures trente... Par ailleurs, les douaniers ont constaté la présence inhabituelle d'un cadenas en plus du plomb commercial pour fermer le container. Rod et Olivia ont pourtant vu leur chauffeur poser un plomb, pas un cadenas...

Enfin, alors que la découverte du cannabis remonte à la fin juillet, la police a attendu six mois pour entendre Rod. Ce dernier a anticipé son retour de Miami pour s'expliquer et s'est fait arrêter en sortant de l'avion, à l'aéroport Aimé-Césaire...

La défense pensait devoir attendre le 6 octobre pour faire libérer Rod et Olivia à l'occasion d'une audience consacrée aux nullités de la procédure. Une simple demande de mise en liberté aura suffi. Quant à l'audience du 6 octobre, elle a été reportée sine die...

FXG, à Paris

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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 05:58
Assises de l'Outre-mer

Les assises de l'outre-mer : une équipe, un site et un concours

Annick Girardin a ouvert hier la période de sept mois au cours de laquelle les institutionnels et les citoyens devront décider de la nouvelle politique publique pour les Outre-mer.

"Construire ensemble l'avenir des outre-mer", voilà le but que se proposent d'atteindre les assises des Outre-mer. Hier, Annick Girardin, entourée du coordonnateur des assises, Thierry Bert, et d'une partie de "l'équipe projets ultramarins", a officiellement lancé cette promesse de campagne du président de la République. La séquence ouverte hier matin doit durer sept mois. D'ores et déjà et jusqu'au 22 novembre, les citoyens peuvent s'exprimer sur le site www.assisesdesoutremer.fr. Ils sont inviter à classer ce qui leur paraît le plus important pour leur pays : équipements publics, développement économique, emploi, environnement, santé, jeunesse, culture, sécurité... C'est une phase de diagnostic pour identifier les besoins. Cette participation citoyenne est un des deux piliers de ces assises. L'autre, c'est le pilier institutionnel avec ses ateliers qui regroupe les élus, les services de l'Etat et la société civile. "Nous allons multiplier les ateliers locaux, a déclaré Thierry Bert, lesquels seront présidés par des personnes issues de la société civile, quelque fois par des spécialistes."

Parallèlement, l'équipe projets ultramarins composée de personnalités choisies pour leur parcours, leurs compétences et leur sensibilité (voir par ailleurs) et réunie régulièrement sous la présidence de la ministre, donnera son avis sur les projets remontés lors des ateliers ou sur le Net. Elle sera le trait d'union entre les ateliers et la consultation citoyenne, tout en se voulant la boussole de ces assises.

Livre bleu outre-mer

A partir du 15 janvier 2018, jusqu'au 28 février le site Internet permettra la consultation numérique. Celle-ci permettra de déterminer les projets retenus. "Le rôle de l'équipe projets ultramarins, a indiqué la ministre, sera de trier et de faire émerger des projets structurants." Viendra ensuite le temps de la rédaction du livre bleu outre-mer avec le concours de l'équipe projets, mais également du travail interministériel. Ce livre bleu outre-mer sera le socle des politiques publiques du quinquennat dans les territoires. Car la ministre a insisté pour dire que le résultat de ces assises ne serait pas "un catalogue déconnecté des réalités et aboutissant à des mesures inapplicables."

La loi Egalité réelle a posé comme obligation au gouvernement de travailler avec les collectivités, territoire par territoire, sur un contrat de convergence. Comment s'intègrera l'élaboration de ce contrat ? "Ce contrat, a indiqué Mme Girardin, va nécessiter d'abord un état des lieux, et celui-ci servira autant aux assises qu'il servira à la signature des contrats de convergence qu'il faudra boucler avant juillet 2018." Même raisonnement pour les différents accords en chantier, Mayotte 2025, les accords de Guyane, ceux de l'Elysée pour la Polynésie : "Les actions vont se faire et seront soutenues", a certifié la ministre.

Pour l'heure une seule chose est connue pour les cinq ans qui viennent, c'est le budget de la mission outre-mer qui tournera un peu au-dessus de 2 milliards chaque année. Sans doute sera-ce suffisant pour financer "ces nouvelles politiques publiques tournées vers le développement des territoires ultramarins".

FXG, à Paris

Un concours d'innovation

L'équipe projets ultramarins sera aussi le jury du concours d'innovation sociale à destination des français d'Outre-mer. Du 18 octobre au 31 janvier, les porteurs de projets sont invités à déposer leur candidature sur le site. Une présélection sera faite en février pour ouvrir en mars une phase de vote public. La sélection finale aura lieu en mars et les projets labélisés bleu outre-mer présentés au printemps 2018. Les lauréats auront un accompagnement financier et technique pour concrétiser leur projet.

L'équipe projets ultramarins

Dominique Restino, patron de Moovjee, président de la CCI de Paris

Bernard Ramanantsoa, ancien directeur d'HEC

Audrey Pulvar, présidente de la FNH

Gaël Musquet, président de Hand

Jean-Marc Mormeck, délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'outre-mer

Pascal Légitimus, comédien

Céline Lazorthes, pdg de Leetchi

Gaël Lagadec, président de l'université de Nouvelle-Calédonie

Mémona Hintermann-Afféjee, membre du CSA

Nassir Goulamaly, chef d'entreprise

Jean-François Delfraissy, présidente du comité national consultatif d'éthique

Guy Claireaux, professeur à l'université de Brest

Joelle Prévot-Madère, chef d'entreprise

Jean-Etienne Antoinette, président de la délégation outre-mer au CESE

Rozette Issouf, psychologue.

Trois questions à Mémona Hintermann

"En 2009, on a déblayé le terrain"

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous impliquer dans l'équipe projets ultramarins ?

Ce qui m'a motivé, c'est d'abord que je je suis une fille de la base. Je viens du 4e sous-sol de la pauvreté à la Réunion. J'ai été sauvée par l'école, je sais ce que veut dire le chômage, je sais ce que veut dire le décrochage scolaire. Je sais aussi que si on va dans le concret, on peut faire naître des initiatives. J'ai fait trente ans de journalisme et j'ai vraiment détesté ces moments où je voyais les politiques promettre de grands projets qui n'aboutissaient nulle-part. Pas seulement chez nous ! Je préfère avoir une idée, un projet, l'appuyer, aller chercher des fonds et faire en sorte que quelque chose au moins fleurisse quelque part ! C'est le concret.

Comment considérez-vous le rôle de l'équipe projets ultramarins que vous intégrez ?

L'équipe, ça veut dire que chacun a une force, ce sont des énergies qui se coordonnent, des expériences, des parcours qui s'ajoutent. Il y a des hauts fonctionnaires qui connaissent l'administration ! Nous ne sommes pas là dans l'égo, nous sommes embarqués dans le même sujet et le même but, c'est-à-dire rendre service aux gens. Audrey Pulvar comme moi, nous faisons partie de la société civile. Nous ne sommes pas élue, n'appartenons pas à un parti ni à une administration. Les gens nous connaissent pour être des personnes capables de tenir de propos et d'être sincères.

En 2009, vous avez participé aux états généraux des Outre-mer. Pourquoi serait-ce différent cette fois ?

En 2009, on m'avait proposé de rejoindre les états généraux ; je ne savais pas comment ça allait déboucher. Mais il faut absolument se souvenir que oui, en 2009, il y a eu un lancement, une énorme équipe, la salle était pleine ! Là, nous sommes une équipe ramassée, on se connaît presque tous autour de la table et nous pourrons épauler des initiatives concrètes. En 2009, il y a eu de grandes idées, on a déblayé le terrain. Aujourd'hui, on sait qu'on n'a plus le droit à l'erreur. Je vais continuer à taper à la porte et faire en sorte qu'on m'entende.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Trois questions à Audrey Pulvar

"Rendez-vous dans quelques mois !"

Pourquoi avoir accepté de faire partie de l'équipe projets ultramarins ?

La fondation que je préside a toujours porté cette vision que les questions liées au réchauffement climatique, à l'effondrement de la biodiversité ou aux perturbations de l'environnement et sa dégradation sont des questions transversales qui ne peuvent pas être considérées si on n'inclut pas un prisme social, si on ne se pose pas la question des inégalités, de la précarité et des discriminations. L'environnement, ce n'est pas une question d'espaces verts ; le réchauffement climatique, ce n'est pas une question de calotte glacière qui fond, c'est bien plus vaste. Aujourd'hui, les principales victimes, les premiers exposés aux conséquences du réchauffement climatique ou de l'effondrement de la biodiversité, ce sont les populations les plus précarisées et ces populations, on en trouve beaucoup dans nos territoires ultramarins.

Comment comprenez-vous le rôle que doit jouer l'équipe projets ultramarins ?

Nous devons avoir un rôle de facilitateur. Il y a des tas de projets qui vont remonter des territoires, de la part des élus, des associations, des ONG, de la société civile... Et notre rôle sera de donner de la cohérence à toutes ces propositions, de faciliter peut-être le dialogue, l'échange, le regroupement de certaines propositions pour qu'on débouche peut-être sur une loi, peut-être des règlements, mais en tout cas un livre bleu outre-mer qui sera publié au printemps et qui rassemblera les projets qui nous semblent, en collaboration avec tous les acteurs de ces assises, les plus cohérents et les plus constructifs.

Pourquoi ça marcherait mieux cette fois qu'en 2009 ?

Je ne sais pas si ça marchera. Nous avons cet objectif. Depuis combien de temps des politiques ont été menées dans les outre-mer, des projets ont été lancés, des milliards d'euros ont été dépensés... Le constat aujourd'hui, c'est que si les territoires ultramarins sont pleins de potentiels, pleins de richesses, pleins d'idées et de talents, ils sont aussi en proie à des difficultés qui sont devenues structurelles et auxquelles on n'arrive pas à mettre fin. Je pense au chômage de masse, notamment chez les jeunes. Je pense au sentiment d'isolement, de déréliction, d'abandon de la part de la communauté nationale... Je ne sais pas si nous réussirons, nous essayons pour une fois d'être un peu moins centralisateur. Nous verrons bien si ça marche. Rendez-vous dans quelques mois !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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