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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 05:06
Interview Didier Fauchard

Didier Fauchard, président du Medef Réunion, était à au comité outre-mer de l'université d'été du Medef, mardi 29 août, à Jouy-en-Josas. Il revient sur la préparation des assises de l'outre-mer et sur la prochaine loi de finances.

"Il est urgent d'avoir un cadre stable"

Comment abordez-vous les assises de l'Outre-mer ?

Nous sommes inquiets à la fois sur le déroulé, sur la méthodologie et sur le contenu. C'est un flou artistique pour l'instant. Comment va-t-on pouvoir déployer nos idées ? Imaginez que vous soyez invité et que vous deviez amener le vin alors que vous ne savez pas quel plat va être servi. Ca devient compliqué d'amener le vin ! Oui, nous avons des idées, mais il faut absolument les inscrire dans un document qui dépendra de la méthodologie adoptée par l'Etat.

Ces assises ne devraient-elles pas permettre d'envisager la façon dont pourrait être transformé le crédit d'impôts compétitivité emploi (CICE) ?

Nous n'avons aucune certitude que les assises de l'Outre-mer permettent l'élaboration d'une prochaine loi de développement de l'Outre-mer. Nous n'en savons rien du tout !

La loi de finances devrait le permettre, tout en moins en ce qui concerne le CICE...

Si le CICE devait être supprimé alors qu'il commence à porter ses fruits, cela revient à augmenter nos charges salariales de 10 % et cela provoquerait immédiatement des difficultés. Nos entreprises n'ont pas  la marge de manoeuvre qui permettrait d'absorber facilement une masse salariale différenciée. La suppression brutale du CICE reviendrait à nous placer dans la logique d'une législation ni stable, ni pérenne, ni lisible pour personne. Pierre Gattaz l'a rappelé : il ne peut y avoir de développement économique si les entrepreneurs n'ont pas confiance.

Comment souhaitez-vous qu'évolue le CICE ?

Nous pouvons imaginer que cette créance qui nous est remboursée un an plus tard soit détenue par l'URSSAF et que ce soit cet organisme qui se fasse rembourser directement. Nous aurions dés lors un allègement de charges positif. Nous devons trouver le bon véhicule technique pour que l'entreprise paye moins de charges chaque mois et que ce soit effectivement l'URSSAF qui dispose d'une créance auprès de l'Etat.

Certains dispositifs de défiscalisation doivent prendre fin. Que proposez-vous pour permettre l'investissement productif ou encore la construction de logements ?

La défiscalisation serait donc un cadeau ! Ce qui marche aujourd'hui, c'est quand le secteur marchand s'empare d'un sujet et fait des investissements dans un cadre fiscal lisible, pérenne et stable. Pourquoi veut-on remettre en cause en permanence ce système qui a fait ses preuves pendant des années. En 2008, le logement libre est tombé et le bâtiment est parti en vrille. Puis en 2014, le logement intermédiaire et le logement social ont été remis en cause, boum ! Ca leur est encore retombé dessus... Nous avons une certaine manie administrative à vouloir changer les règles du jeu et en particulier ce qui fonctionne.

Qu'attendez-vous des assises de l'outre-mer ?

Elles pourraient permettre à tous les acteurs du territoire, l'Etat, la Région, le département, les établissement publics commerciaux et industriels et le monde économique, de se mettre d'accord sur l'avenir du territoire.. Quand vous regardez quels sont les grands items des assises, l'économie n'est qu'un deuxième point, aliéna petit a ! Je ne vois pas comment nous pourrions développer nos territoires si l'économie n'est pas au coeur du système.

Quelle suite donner à la LODEOM qui arrive bientôt à sa fin ?

C'est une grande inconnue. La loi égalité réelle l'a prorogée donc nous sommes sur des dispositifs valables jusqu'en 2017, 2018, 2020... Nous n'avons aucune visibilité !

La préparation d'une nouvelle LODEOM pourrait sortir de ces assises ?

A-t-on besoin des assises de l'outre-mer pour avoir une lisibilité ? C'est une demande générale de tout le territoire hexagonal et nous avons exactement la même demande ! Nous avons vécu les états-généraux en 2009 qui ont fait l'objet de 137 mesures dont on n'a pas vu une déclinaison opérationnelle jusqu'à maintenant.

Le gouvernement vous a-t-il fait part de ses projets ?

Nous sommes dans l'expectative la plus totale pour l'instant. Nous attendons surtout le projet de loi de finances car c'est lui qui va conditionner pas mal de choses et aujourd'hui, il n'y a aucune communication nulle part.

De quels outils avez-vous besoin pour permettre le développement économique ?

D'abord d'outils de réductions des charges du travail, ensuite, par rapport à notre problématique de chômage que les précédents gouvernements ont essayé de traiter par les contrats aidés, je pense qu'il existe des poches d'emplois dans nos entreprises, mais c'est clair que ce sont des mini jobs. Est-ce que nous voulons que nos compatriotes retrouvent un travail, une dignité, une utilité sociale ou est-ce qu'ils doivent simplement disposer de prébendes ? C'est une vraie question et c'est un choix. La deuxième chose dont nous avons besoin, c'est un cadre fiscal. Quand je mène un projet dont la rentabilité est à 5, 7 ou 10 ans, voire 15 pour le tourisme, j'ai besoin de visibilité sur une durée équivalente. Le risque, c'est que les investisseurs qui s'intéressent à notre région préfèrent regarder du côté de Maurice où le cadre fiscal est beaucoup plus stable. Il est urgent d'avoir ce cadre stable.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 05:02

Le président du comité outre-mer du Medef rencontre le cabinet Girardin

Une délégation du comité outre-mer du Medef, conduite par son président le Martiniquais Bernard Edouard, a été reçue vendredi après-midi par Brice Blondel, directeur adjoint du cabinet de Mme Girardin (en déplacement à Mayotte) et Fabrice Thibier, conseiller chargé de l’économie, des entreprises, de l’agriculture et des affaires européennes. Les patrons d'outre-mer leur ont présenté la conclusion de leurs travaux issus de l'université d'été du Medef qui s'est tenue mardi et mecredi dernier à Jouy-en-Josas (78). Ils ont évoqué les assises de l'Outre-mer et se sont fait confirmer que le volet économique serait bien présent avec des sujets territoriaux et des sujets communs. "Nous avons déjà longuement réfléchi sur le sujet avec notre programme "Outre-mer 2020" et nous souhaitons que notre présence soit bien formalisée de façon à porter notre contribution lors de ces assises." Mais avant la tenue des assises, le comité Outre-mer a voulu aborder la LODEOM (loi de développement pour l'Outre-mer) dont la fin est programmée fin 2018, le crédit d'impôt compétitivité emploi qui, selon les déclarations du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, devrait être arrêté à partir de janvier 2019, et les contrats aidés qui, rappelle M. Edouard, sont remis en cause, tant dans le secteur marchand que non marchand.

Sur le CICE, le cabinet de la ministre a indiqué qu'il ne serait effectivement pas maintenu en l'état, mais que, du fait que les Outre-mer bénéficient d'allègements spécifiques sur les bas salaires dans la LODEOM, une solution est à l'étude pour que cet avantage ne soit pas perdu. Et ce d'autant plus que le CICE est majoré dans les outre-mer par rapport à son taux dans l'Hexagone.

"Le cabinet nous a bien écouté, explique M. Edouard, mais je ne pensais pas sortir de cette réunion avec des propositions directes et immédiates à appliquer, même si c'est ce que les entrepreneurs attendent." Le Medef entend surtout établir une communication directe et permanente avant les assises de l'Outre-mer et a fait passser son message pour un choc fiscal et social de simplification. "J'ai quand même été un peu surpris, ajoute M. Edouard, que sur ce point, on m'ait opposé deux mois de délai pour en parler..."

Le 5 septembre prochain, c'est Jean-Pierre Philibert, le président de la Fédération des entreprises d'outre-mer (FEDOM), qui sera reçu au ministère. Les patrons d'outre-mer devraient encore se retrouver à l'occasion d'un séminaire qui se tiendra à l'occasion du salon international du tourisme à Paris, la troisième semaine de septembre.

FXG, à Paris

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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 09:46
Université d'été du Medef

Le comité Outre-mer du Medef plaide pour un cadre stable

L'université d'été du Medef s'est tenue mardi 29 et mercredi 30 août sur le campus de HEC à Jouy-en-Josas dans les Yvelines. Pierre Gattaz a choisi de la placer sous le thème "confiance et croissance, l'avenir c'est la France !" Si les outre-mer ne figurait pas dans le programme global de cette université d'été, le comité outre-mer s'est néanmoins réuni mardi en fin de journée. Autour de Thibault Lanxade et Frédéric Motte, vice-présidents du Medef, les représentants des Medef outre-mer (Réunion, Martinique, Guadeloupe, Guyane et Saint-Martin) ont abordé la question de la coordination et de la mise en place des assises outre-mer que doit convoquer dans chaque territoire la ministre Annick Girardin d'ici la fin du mois de septembre. "Les assises qu'il y a eu par le passé, explique Thibault Lanxade, vice-président en charge des Outre-mer, étaient des exercices qui n'ont pas permis de donner le souffle et le dynamisme attendus dans les territoires ultramarins. Nous veillerons à ce que ce soit vraiment du bottom up, mais pour l'heure, l'économie dans ces assises semble minime."

Le comité Outre-mer du Medef a aussi abordé la préparation de la loi de finances avec la transformation annoncée du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), c'est-à-dire les allègements de charges sociales qui représentent globalement 1 milliard d'euros. "Sans accompagnement, ça va poser des problèmes, poursuit M. Lanxade. Si on supprime le CICE, les DOM vont être lésés. Il faudra qu'il soit compensé et c'est peut-être l'occasion pour le gouvernement d'être innovant." Le comité Outre-mer du Medef espère un nouveau projet fiscal qui intègrerait la loi de développement économique (LODEOM) prorogée jusqu'en 2018, l'octroi de mer et l'ensemble des véhicules fiscaux. C'est ce que Thibault Lanxade appelle une "flat tax". Il s'agit de simplifier une fiscalité jugée kafkaïenne. "On ne peut réformer sans revisiter l'intégralité du système fiscal", conclut le vice-président Lanxade.

Didier Fauchard, le président du Medef Réunion, plaide pour un cadre stable : "Nos positions rejoignent beaucoup celles des chefs d'entreprise de métropole. Si vous n'avez pas confiance dans l'avenir parce que vous ne savez pas à quelle sauce vous allez être mangé, vous avez du mal à mettre de l'argent sur la table pour investir quelque part ! Personne ne peut fonctionner dans un cadre instable."

Les représentants du comité outre-mer pourront faire part de toutes leurs réflexions à la ministre des Outre-mer qui les reçoit vendredi après-midi.

FXG, à Paris

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 04:59
Karine Sigaud-Zabulon présente d'habitude le JT de France Ô à 18 h 30

Karine Sigaud-Zabulon présente d'habitude le JT de France Ô à 18 h 30

Karine Sigaud Zabulon, joker de Francis Letellier sur France 3 en août

Karine Sigaud-Zabulon, la Martiniquaise qui présente en temps ordinaires le JT de France Ô (à l'horaire déplorable de 18 h 30) et contribue à l’élaboration du module « décryptage outre-mer » pour la chaine Franceinfo, sera l'une des jokers du journaliste et présentateur du Grand soir 3, Francis Letellier, cet été pour présenter le journal, du lundi 7 août au jeudi 20 août, en deuxième partie de soirée.

Rédactrice et présentatrice en radio, sur Martinique première, puis journaliste web sur la 1ère point.fr à Paris, elle a rejoint l’équipe télé de France Ô en juillet 2011. La communication de France Télévisions la présente comme "l’un des deux nouveaux visages de l’information de France 3 cet été", aux côtés de Nathanaël de Rincquesen, Jean-Baptiste Marteau, Julien Benedetto, Julian Bugier, Leïla Kaddour, Djamel Mazi, Virna Sacchi, David Boéri, Nora Boubetra, Stéphane Lippert, Anne Bourse... Ca va être dur de se faire remarquer avec tous ces jokers !

FXG, à Paris

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 09:28

La requête contre l'élection de Nathalie Bassire rejetée

Le recours de Perrine Rivière contre l'élection de Nathalie Bassire, le 18 juin dernier, a été rejeté et déclaré irrecevable vendredi 28 juillet par le Conseil constitutionnel. Perrine Rivière soutenait que la candidate élue avait bénéficié de moyens matériels du conseil régional pendant la campagne électorale. Les sages du Conseil ont estimé que Mme Rivière n'assortissait ses allégations "d'aucune précision ou justification permettant au Conseil constitutionnel d'en apprécier la portée".

D'autre part, Mme Rivière mettait aussi en cause la presse qui aurait accordé à Nathalie Bassire un traitement privilégié. Le Conseil constitutionnel estime que "la presse écrite est libre de rendre compte, comme elle l'entend, de la campagne des différents candidats comme de prendre position en faveur de l'un d'eux."

 

Les requêtes contre l'élection de Serville rejetées

La requête de Michel Palmot devant le Conseil constitutionnel contre l'élection de Gabriel Serville le 18 juin dernier a été déclarée irrecevable et rejetée vendredi 28 juillet.

Les sages de la rue Montpensier expliquent dans leur arrêt que l'élection d'un député ou d'un sénateur peut être contestée devant le Conseil constitutionnel jusqu'au dixième jour qui suit la proclamation des résultats de l'élection. Or, les résultats du scrutin du 17 juin 2017 pour l'élection d'un député dans la 1ère circonscription de la Guyane ont été proclamés le 18 juin 2017. La requête de M. Michel Palmot a été reçue au secrétariat général du Conseil constitutionnel le 17 juillet. Elle est tardive et, donc, irrecevable.

Autre requête, autre rejet : Christophe Mwanza Chabunda soutenait que plusieurs candidats avaient mené des opérations de propagande la veille du scrutin, que le candidat élu avait organisé une réunion publique le même jour et qu'il avait bénéficié d'une couverture médiatique particulière. Les allégations du requérant ne sont assorties, jugent les sages, d'aucune précision ou justification permettant au Conseil constitutionnel d'en apprécier la portée. Rejet !

Justine Bénin confortée

Au lendemain des élections législatives, Patricia Pompilius a déposée une requête au Conseil constitutionnel visant à faire annuler le scrutin dans la 2e circoncription de la Guadeloupe qui s'est conclu par l'élection de Justine Bénin. La requête de Mme Pompilius ne portait que sur les seules opérations du premier tour du scrutin du 10 juin 2017. Le 21 juillet, le Conseil constitutionnel a déclarée la requête irrecevable dans la mesure où "aucun candidat n'a été proclamé élu à la suite de ce premier tour" et parce que Mme Pompilius n'a pas non plus demandé la proclamation d'aucun candidat.

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 05:57
France Ô, la saison 2 pour Wallès Kotra

Wallès Kotra présente la rentrée de France Ô

"Tous ici, en quelques mots, nous partageons cette phrase d'Edouard Glissant : Agis en ton lieu, pense avec le monde." Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, a ainsi cité le philosophe du Tout-Monde, lors de son intervention  à la conférence de présentation de la rentrée de France Télévisions qui a eu lieu mercredi à Paris. et pour donner corps à ces mots, elle a prié son directeur du pôle Outre-mer, Wallès Kotra, de parler, le premier, des 1ère et de France Ô. Il a d'abord rendu hommage aux rédactions des chaînes 1ère et, notamment, à celle de la Guyane (avec une intervention vidéo d'Océlia Cartès de radio Guyane 1ère) qui a su diffuser via facebook live des heures de direct durant les événements de mars et avril derniers. Revenant à la chaîne France Ô, Walès Kotra en a parlé comme la chaîne "de l'histoire, de la culture et de la vie des outre-mer". "France Ô, a--t-il développé, n'est pas un voyage, mais une évocation de la richesse et la complexité des pays d'outre-mer." Preant le relais de son patron, la journaliste et présentatrice Nella Bipa a présenté la case Investigation qui démarre sa septième saison qui s'intéressera entre autres à parti de la rentrée aux mouvements clandestins des populations, mais également à la vie des urgentistes en outre-mer... Wallès Kotra a indiqué enfin que "France Ô consoliderait sa grille en fidélisant sur ses programmes phare". L'an prochain, la chaîne célébrera les 170 ans de l'abolition de l'esclavage de 1848, les cases documentaires, Archipel et Histoire continueront ainsi que Cut qui démarrera sa cinquième saison. "France Ô, a conclu M. Kotra, porte l'ambition de la visibilité des outre-mer dans la République."

FXG, à Paris

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 04:22
La scène de "On aura tout" dans le jardin de la médiathèque Ceccano

La scène de "On aura tout" dans le jardin de la médiathèque Ceccano

Taubira cartonne à Avignon

Dimanche 23 juillet à midi a eu lieu la dernière de "On aura tout" au festival d'Avignon. Une série théâtrale en 14 épisodes conçus par l'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira et  la metteuse en scène Anne-Laure Liégeois. Accès gratuit. Invitée par le directeur de"in", Olivier Py,  les deux femmes ont ouvert dans les jardins d'une médiathèque, une agora, une assemblée de diseurs.

40 comédiens amateurs, une quinzaine du conservatoire national supérieur d'art dramatique et quatre professionnels dont Nelson-Rafaell-Madel qu'on a pu voir précédemment en Avignon interpréter un "Petit prince" noir. Tous les jours, ils se sont alternés sur cette vaste tribune emplie de chaises d'écoliers pour reproduire des fragments de discours, de poèmes, de romans qui portent des combats politiques. "A chaque jour son sujet, explique Christiane Taubira, les droits des femmes, les conquêtes sociales, les libertés publiques, les violences d'Etat, la sécularisation du pouvoir et a laïcisation de la société..." Vendredi dernier, c'était la guerre à travers des textes de Jaurès, Barbusse, Giono, Rolland, Senghor, Dutrait, Hugo, Artaud, Delbo, Aragon, Genêt ou Binlin-Dadé.

Au début, Christiane Taubira, dite quelques mots d'accueil pour vite s'effacer devant les auteurs qu'elle a choisis et la foule des comédiens. La langue se fait geste, musique, silence... "Le vide de parole, explique Anne-Laure Liégeois, est aussi un mot ! Mais c'est la parole du vide, celle qui ne construit pas une langue, qu'on ne retiendra pas. Pas de discours creux, ni de mots vacants !"

Poésie indisciplinée

"La politique, poursuit l'ancienne ministre, a un but y compris lorsque les phrases sont belles..." Elle évoque Hugo : "Pourquoi les hommes s'égorgent-ils entre eux ? Nations trompées... Tous n'avez qu'un seul droit, c'est de vous aimer tous !" Mais elle sait aussi que la poésie est heureusement plus indisciplinée. Et c'est Artaud : "Je ne crois plus aux mots des poèmes... Le guerrier, la gueule trouée, est mort... Moi, celui qui me trouera la gueule, je l'attends !" L'ancienne garde des Sceaux signifie par le choix même de son concept qu'elle a bien quitté l'arène politique politique : "Dans ce jardin, nous ne sommes plus dans le moment du combat, nous en partageons les traces." L'Iraquien Mustafa Alsabah interprète la chanson de d'Al Rahabani, "Bagdad" que chante Ferouz.

A la fin du spectacle, les comédiens offrent leurs textes au public, pendant que, assise à une table, Christiane Taubira dédicace ses oeuvres. A partir du 10e épisode,  le public la cherchait en vain du regard. "Elle a quitté Avignon samedi dernier", explique un festivalier au parfum. N'empêche, depuis et jusqu'à la dernière, dimanche, "On aura tout" a joué à grilles fermées.

FXG, à Paris

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 04:30
Chamoiseau à Avignon

Deux jours à Avignon pour Patrick Chamoiseau

La comédienne Isabelle Fruleux a lu des extraits de "La matière de l'absence", de Patrick Chamoiseau". C'était le 20 juillet, à l'occasion des 20 ans du Théâtre des outre-mer en Avignon (TOMA), Le prix Goncourt 1992 était présent. "Le lieu du TOMA, explique-t-il, est transdisciplinaire. Le théâtre joint la musique, la danse, la littérature et c'est vrai que cette transversalité est utile, nécessaire et même indispensable si l'on veut comprendre la complexité des sociétés antillaises qui viennent des plantations esclavagistes. Ces sociétés se sont ré-humanisées par la créativité. La danse, la musique, le chant constituent le socle d'un processus de ré-humanisation qui a produit cette culture de survie qui est la nôtre. Les arts témoignent de cette trajectoire particulière, mais aussi d'une forme composite de l'expression humaine. Le TOMA est un lieu expérimental, un lieu de simulation pour ceux qui ont envie de se lancer et puis, c'est un lieu d'analyse des forces dominantes."

Le martiniquais, à l'invitation du groupe culturel du parti communiste, devait donner deux conférences. "les gens sont intéressés par le concept de Glissant, la question de la relation qui permet de jeter un éclairage sur les phénomènes contemporains, d'individuation, de sociétés multitransculturelles, beaucoup des grands défis contemporains peut être éclairés de manière très utile par les concepts de Glissant. La poétique de la relation doit déboucher sur une politique de la relation."

Le lendemain, Patrick Chamoiseau était l'invité du festival In à l'église des Célestins. Au programme : Isabelle Fruleux, accompagnée à l'harmonica par Laurent Maur, donnait une lecture de son dernier ouvrage, "Frère Migrant", sorti cette année chez Seuil.

FXG, à Avignon

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 04:32
Filipe Calodat, Nicolas Mouen et Tanya Jovial avant la parade

Filipe Calodat, Nicolas Mouen et Tanya Jovial avant la parade

Moun Zabym en Avignon

"Avignon, le Off ? C'est la première fois pour moi, témoigne le comédien Didier Andenas. C'est pas évident ! C'est une découverte, mais je prends du plaisir à faire ce qu'on fait !" En  pyjama rayé gris et gris, comme ses compères acteurs et prisonniers, Filip Calodat et  Nicolas Mouen, ils paradent et distribuent le flyer de leur spectacle, "Encres noires", qui joue tous les soirs à 20 h 30 à la chapelle du verbe incarné.

"Il faut se coucher tôt, confie Didier, parce qu'il faut parader, faut être en forme ! Avignon, c'est très physique." Il y a tant de spectacles, que la plus grande frayeur des compagnies du off, c'est la salle quasi vide. "Jusqu'à présent, sourit Didier, on n'a pas eu cette chance !" Dans les rues, ils chantent, ils dansent, ils jouent des extraits de leur pièce.

"C'est le boulagèl, le Koum bo, Koum bo ko, mambolo i bo... Les gens adorent et se demandent d'où ça sort !" Romuald Sérèmes, le chorégraphe, explique : "Ca sort de la Guadeloupe ! Cham bobo i bobo Angolo i bo... Je veux apporter une révolution dans ma danse, c'est un truc de José Marti que j'aime bien, alors je travaille dessus !"

Ces "Encres noires" sont une broderie de textes de personnalités politiques et d'auteurs noirs (Césaire, Fanon, Glissant, Damas, Senghor Sankara, Mandela Adiaffi, Bernabé, Depestre, Tirolien, Rilcy, Laye, Rupaire, Bebey, Lumumba. Au milieu des trois prisonniers, une femme. Tania  Jovial joue trois rôles. Elle danse, elle est la femme du professeur et maître (Filip) et elle est l'héroïne, soyeuse, subtile et sexy, du rêve des prisonniers.... "Les gens nous félicitent lorsqu'on les croisent dans la rue, apprécie Didier. C'est du bon boulot !"

Filip Calodat mène sa troupe gaillardement sur la scène comme dans les rues. C'est un familier de la chapelle du verbe incarné, il a joué "Comme deux frères", de Maryse Condé, au théâtre du Balcon... Romuald Sérèmes était déjà venu, en spectateur, il y a longtemps, en 1996... Cette fois, il a le sentiment de mieux en profiter : "Je vais voir des spectacles, je fais des rencontres... C'est vrai que je ne suis pas sur scène ! Je n'ai pas la pression."

Après Avignon, d'autres dates sont prévues, mais la troupe des Abymes espère en décrocher d'autres d'ici la fin du festival pour faire, selon Didier Andenas, "rayonner cette pièce à travers le monde". Malheureusement, France Ô, qui aurait bien fait une captation de cette création pour la télé, a du jeter l'éponge faute de l'accord de certains ayant-droits des auteurs cités dans "Encres noires".

FXG, à Avignon

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 04:18
Le thriller de la compagnie TRACK à Avignon

"Cyclone" coup de coeur de la presse avignonnaise

La pièce de Daniély Francisque de la compagnie TRACK rencontre un beau succès au festival d'Avignon.

C'est un arrêt sur image en 3D, pas un hologramme, mais deux femmes de chair et d'os, le visage convulsionné, prêtes à se foutre sur la gueule. Bienvenu devant Cyclone, la pièce de la Martiniquaise Daniély Francisque présentée au théâtre des Outre-mer en Avignon. Daniély joue Leyna face à la comédienne Gloriah Bonheur (Aline). Un cyclone s'approche des côtes. Aline, se protégeant la tête de la pluie avec sa valise, supplie l'affreuse Leyna de lui donner l'hospitalité pour une nuit dans sa vieille case...

La pièce a été créée à Fort-de-France en 2016, mais c'est une nouvelle version de la pièce. "Nous l'avons retraversée pour Avignon, car les conditions ne sont pas les mêmes..." Au théâtre, les pièces s'enchaînent et il faut monter et démonter en dix minutes le décor... Et trois coups de serpillère à chaque fois !

Bien avant de monter la pièce, Daniely Francisque portait ce texte. "C'est une histoire personnelle liée au thème central de la pièce, l'inceste. Depuis quinze ans, je chemine avec ce texte, je l'ai aimé, m'en suis séparée, je l'ai oublié, repris... De simple coup de gueule qu'il était, il a pris une autre forme... J'ai introduit un deuxième personnage pour parler de la folie, de la schizophrénie et, surtout, pour trouver comment faire dire l'indicible à ce personnage qui se tait depuis vingt ans..."

Bientôt à la télé

Daniély a créé la compagnie TRACK avec le metteur en scène Patrice Le Namouric, il y a quinze ans. Et c'est ensemble, qu'ils ont achevé l'ouvrage, lui donnant un parfum de thriller. La mise en scène emprunte elle aussi à ce genre tout en offrant de riches chorégraphies qui permettent de ne pas prononcer les mots de viol ou d'inceste.

Le bouche à oreille fonctionne et Cyclone fait partie des dix pièces finalistes pour le Coup de coeur du Club de la presse Vaucluse-Avignon, ce qui garantit aussitôt un passage sur France bleu Vaucluse et un article dans la Provence et le Dauphiné ! "C'est un vrai bonheur, témoigne Daniély, je revois les moments de solitude que j'ai eus avec ce texte... Et puis ce petit fil me conduit ici, d'une intimité à ce très grand festival de théâtre, c'est fabuleux !"

Tous les jours, Gloriah et Daniély paradent dans les rues de la Cité des papes. "On ne tracte pas pour tracter !" En 2009, Daniély Francisque était déjà là pour interpréter un rôle dans le Collier d'Hélène de Lucienne Salibur, elle connaît la chanson... "On rencontre les gens, on prend le temps de discuter avec le public pour leur expliquer les enjeux de cette pièce. Quelques professionnels sont venus les voir, raconte Daniély, et dès le mois de septembre, ils en sauront plus pour organiser la suite. Cyclone fait partie des spectacles qui sont captés cette semaine à Avignon pour France Ô et Martinique 1ère.

FXG, à Paris

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