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23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 06:40
Expo du Fabriqué en France à l'Elysée

Boullanger à l'Elysée

"Pour nous, c'est une belle vitrine !" La pâte de piment végétarien de Délices de Guyane, l'entreprise de Bernard Boullanger, faisait partie des 120 produits de la Grande Exposition du Fabriqué en France, à l’Elysée, le week-end dernier. Pour être sélectionnés, il fallait démontrer qu'il y avait plus de 95 % de produits français dans tous les composants du produit fini proposé. "Comme on n'utilise que des produits guyanais, explique l'entrepreneur, on était à 100 %." Dans les salons du palais présidentiel, il a pu avoir un contact direct avec le ministre de l'Industrie et sa secrétaire d'Etat, la ministre de l'Outre-mer et le président : "On a pu parler de nos produits..." Bernard Boullanger a aussi évoqué les difficultés de la boutique parisienne des Délices de Guyane, "et de sa "volonté d'aller de l'avant...  Même si ça va très vite, on ne peut pas 'étaler".

10 000 visiteurs visiteurs ont vu son piment végétarien, bien agencé sur une table au sein du pôle agroalimentaire. "L'important, c'est la visibilité que ça nous donne." Lundi, le show room s'est poursuivi à Versailles, au sommet "Choose France". Cette troisième édition, qui a vocation à promouvoir l’attractivité économique de la France à l’international, a mis l’accent sur la valorisation des territoires français et l’innovation technologique et environnementale. Bernard Boullanger devait rentrer à Cayenne, il ne s'y est donc pas rendu, mais ses produits, oui.

L'Elysée concluait la séquence mardi par une réception de 500 chefs d'entreprises de tailles intermédiaires (ETI), invités à écouter un discours du président de la République et participer à des tables rondes avec des ministres. "Une entreprise moyenne, explique le patron de Délices de Guyane, ça fait 250 personnes, on n'est pas là-dedans !"

FXG, à Paris

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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 05:31
La banane bio antillaise commence à exister

La banane bio, c'est 0,5 % de la production antillaise

C'est le magasine de la distribution alimentaire, Linéaires, qui sort l'information : "Cinq planteurs sont désormais en mesure de proposer de la banane bio française (variété cavendish), l’un en Guadeloupe, quatre en Martinique." Sur 200 000 tonnes de bananes antillaises, seuls 0,5 % ont  été produits en bio en 2019, selon Pierre Monteux, le nouveau directeur général de l'Union des groupements de producteurs de bananes (UGPBan), qui espère que les volumes bio seront doublés en 2020. Ces bananes bio ont trouvé un débouché commercial avec la chaîne Naturalia et le réseau de 366 magasins La Vie Claire. A terme, pour la production biologique, les producteurs devraient remplacer la cavendish, leader sur le marché, par la toute récente variété Cirad 925 qui est tolérante à la cercosporiose. "Quarante hectares ont été plantés en 2019, une vingtaine en Martinique et autant en Guadeloupe", indique Pierre Monteux à nos confrères de Linéaires. Les premières 925 bio sont attendues en mars dans l'Hexagone, avec un potentiel de 1 500 t envisagé pour 2020.

FXG, à Paris

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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 05:10
Clémence Bottino dans la fameuse robe verte de Jessica Selbonne

Clémence Bottino dans la fameuse robe verte de Jessica Selbonne

Jessica Selbonne et la fameuse robe verte de Miss France

Jessica Selbonne, est une styliste modéliste de chez nous, qui a su conquérir le goût de la future Miss France 2020.
 

Jessica Selbonne est la créatrice de la fameuse robe verte, qu’à portée Clémence Botino sur un cliché posté lors de sa préparation à l’élection de miss Guadeloupe. Autant dire que cette robe a véritablement marqué les esprits, sans doute pour son allure créolisante à souhait.
Tout a commencé à Miami avec Jessy Schuster, sa collaboratrice de toujours qui porte et place les collections...
Journaliste, productrice, réalisatrice et présentatrice de télévision en Floride, Jessy y a repéré Clémence et a organisé une séance photo. "C'’était la première rencontre entre Clémence Botino et mes créations, explique Jessica Selbonne, et Clémence a tout de suite adoré la collection qui lui a été proposée." La styliste et son modèle ne se sont rencontrés que plus tard à Paris. "Ca a été l’apothéose, se souvient Jessica. Clémence est une fille délicate, cultivée et raffinée." Et la robe de Jessica a plu à Clémence.

"Mais d’où viens cette robe qui a captivé tant de monde ? Et qui en est la créatrice ?", se sont demandés les connaisseurs et amateurs de stylisme ainsi que les innombrables fans de Clémence Botino sur les réseaux sociaux jusqu’au État unis. La photo de Clémence portant la fameuse robe verte a reçu des milliers de like. Elle a également été publiée dans certains magazines comme Voici.
Jessica Selbonne aime travailler les matières nobles dont la soie qui est sa matière de prédilection. Bien qu’ayant beaucoup voyagé, ses inspirations restent caribéennes car Jessica Selbonne est Antillaise. Elle a vécu à Marie-Galante, en Guadeloupe et en Martinique. Elle affectionne les couleurs et les imprimés sur les belle étoffes : "J’aime à savoir que mon travaille emmène la joie de vivre et que mes créations subliment et caressent le corps de la femme à chacun de ses mouvements.
La soie, explique-t-elle, glisse et virevolte sur la peau en fonction de l’air et du temps."

La "buterfly" de Kate Middleton

Une photo de la robe buterfly de Jessica portée par Kate Midelton, parue dans un magazine

Pour autant Jessica Selbonne n’a pas habillé que la nouvelle Miss France. Elle a créé d’autres robes phare particulièrement la "buterfly". Une robe répondant à une coupe si spécifique que sont concept a été déposé. Son tombé d’apparence magique a séduit une autre miss comme Valérie Bègue, devenue Miss France qui l’arbora naguère. Mais la cerise sur le gâteau demeure le fait que cette robé buterfly a été portée par la princesse Kate Middleton l’épouse du prince William, duc de Cambridge et fils aîné du prince Charle ! Rien que ça !
Pour autant Jessica Selbonne sait rester humble. "Ce n’est pas elle qui lui a sélectionné sa robe : "Je travaille en étroite collaboration avec des stylistes qui proposent les pièces à des personalités en fonction de certains événements." .
Avant d’en arriver là, Jessica Selbonne a fait des études dans des écoles de haute couture. "Je savais, dit-elle, alors que je n'étais qu'une petite fille que j’allais devenir styliste sans même en savoir la définition. Aujourd’hui je fais le métier de mes rêves !"

Jessica travaille sur sa nouvelle collection prévoit déjà de nouveaux défilés ainsi que des ventes privées au cœur de Paris et aux Antilles avec son réseau de clientèle. Autant dire que depuis le post de Clémence de cette photo d’elle portant ce qu'on appelle désormais "la fameuse robe verte", l’intérêt du public pour ses créations a été décuplé, permettant aussi à ses chères Antilles de redécouvrir un vrai talent de chez nous.

Les créations de Jessica Selbonne sont précieuses mais nullement inabordables. "Mon credo, explique-t-elle, est que toutes les femmes puissent s’offrir une part de rêve, de soie, de légèreté signée Jessica Selbonne." Et ça c'est du très haut de gamme !

FXG, à Paris

insta : Jessica selbonne

mobile : 0650394343 "sur commande et à vos mesures"

 

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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 11:25
Maël Disa, lors de sa présentation aux associations ultramarines au ministère des Outre-mer jeudi 16 janvier

Maël Disa, lors de sa présentation aux associations ultramarines au ministère des Outre-mer jeudi 16 janvier

 

Maël Disa succède à Jean-Marc Mormeck

Le Guadeloupéen Maël Disa-Vingatami a été nommé mercredi en Conseil des ministres délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre-mer et la visibilité des Outre-mer. Depuis octobre 2017, il était le référent territorial de la République En Marche (LaREM) en Guadeloupe.

Ayant grandi dans une famille militante, Maël s’est intéressé très tôt à l’engagement citoyen. Etudiant, il a participé en 2007 à la campagne présidentielle avec les Jeunes UMP avant de se dire déçu par l’extrême droitisation de ce mouvement. Ingénieur chimiste de formation, il se consacre alors à l’entreprenariat entre développement durable et santé. Il oeuvre alors entre la Guadeloupe et les Etats-Unis.

Marcheur de la première heure, il a participé activement à la campagne présidentielle du président Macron. L'ex référent d'En marche prend donc ses quartiers dès ce jour boulevard des Invalides, dans l'arrière-cour du ministère des Outre-mer. Trois experts l'accompagneront dans sa tâche : Catherine Jean-Joseph, Ferdinand Melin-Soucramanien et Joëlle Monlouis.

FXG, à Paris

 

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 06:33
Air France améliore ses services en vol et au sol

Air France réagit à la concurrence sur les Antilles et l'océan Indien

Alors que les compagnies Corsair, Air Caraïbes et French Bee ne cessent de renforcer leurs lignes ou la qualité de leurs services depuis quelques années, la compagnie nationale réagit enfin pour freiner l'érosion de ses parts de marché sur ces destinations qui connaissent une belle croissance. Air France a dévoilé mardi ses nouvelles cabines de voyage disponibles à bord de son Boeing 777-300 desservant principalement ses destinations de la région des Caraïbes et de l'océan Indien.

A bord, les 472 sièges de l'appareil (14 en Business, 28 en Premium Economy et 430 en Economy) ont été entièrement repensés  afin de proposer des cabines avec un meilleur standard de confort, "dans une ambiance douce et chaleureuse", selon la communication de la compagnie.

Dès le 15 janvier 2020, le premier appareil équipé de ces cabines s'envolera pour la première fois vers Pointe-à-Pitre puis vers Fort-de-France (16 janvier 2020) et Saint-Denis de La Réunion (saison été 2020).

De janvier à décembre 2020, Air France installera progressivement ces nouvelles cabines sur l'ensemble de ses dix Boeing 777-300, principalement dédiés à ce réseau, grâce à un investissement global de 120 millions d'euros. En plus de Pointe-à-Pitre, Fort-de-France et Saint-Denis de la Réunion, ces nouvelles cabines s'envoleront ainsi au cours de l'année vers l'île Maurice, La Havane, Cancùn, Saint-Domingue et Punta Cana.

Par ailleurs, dès ce 16 janvier, Air France invite ses clients Business et membres Flying Blue Elite Plus à découvrir son nouveau salon dédié aux vols long-courriers, au départ du terminal 3 de l'aéroport de Paris-Orly. 720m2 réservés à ses clients à destination de Cayenne (Guyane), Fort-de-France (Martinique), Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Saint-Denis de la Réunion (La Réunion) et New York (Etats-Unis), ainsi qu'Alger (Algérie). Ouvert tous les jours de 7h à 21h*, ce nouveau salon Air France offre une capacité d'accueil de 120 sièges.

FXG, à Paris

 

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 09:18
Collectif zéro chlordécone

 

Un rassemblement à Paris en soutien aux sept Martiniquais jugés ce lundi

"Non à la répression, oui à la réparation", pouvait-on lire place de la Nation, à Paris dimanche après-midi. Un rassemblement de soutien aux sept Martiniquais convoqués devant la justice le 13 janvier à Fort-de-France pour avoir participé au blocage d'un hypermarché appartenant au groupe Bernard Hayot le 27 novembre dernier. Ils sont poursuivis pour violences contre les gendarmes. Ce rassemblement de soutien était organisé par plusieurs collectifs antillais de la région parisienne tels le CROMVO, le MNH de Joby Valente, le COFFAD, le MIR France, le CO-10 mai et encore le komité Réunyoné panafrikin, et a réuni une centaine de personnes. Des prises de paroles ont eu lieu, notamment celle de Tony Mango, pour expliquer les raisons de l'action menée contre les grandes surfaces du groupe Hayot en Martinique. A l'instar des mouvements menés en Martinique ces derniers temps, les participants à cette mobilisation reprochent aux dirigeants de GBH leur rôle dans l'importation et l'utilisation du chlordécone dans les bananeraies antillaises entre 1972 et 1993.

FXG

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 05:43
Rue du Renard à Paris... La boutique de l'ïle de la Réunion  désormais porte close

Rue du Renard à Paris... La boutique de l'ïle de la Réunion désormais porte close

La boutique de Paris du Conseil départemental de la Réunion fermée

En plein coeur de Paris, à deux pas de Beaubourg, la boutique "Ile de la Réunion", dépendance du Conseil départemental, a pris des airs d'abandon. Longtemps vantée comme le lieu d'exposition de "l'excellence réunionnaise dans l'Hexagone", elle est aujourd'hui "temporairement" fermée. Un petit panonceau placardé sur sa porte d'entrée explique que cette fermeture a été décidée pour préparer sa reconversion et que le Conseil départemental avertira le chaland "dès que possible de la mise en oeuvre de son nouveau projet". A suivre donc...

(Photo : FXG)

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9 janvier 2020 4 09 /01 /janvier /2020 08:44
Clarissa, cinq après

Montrouge et Malakoff rendent hommage à Clarissa Jean-Philippe

Cinq ans après la séquence qui a semé la mort depuis les locaux de Charlie Hebdo, rue Appert (75), le 7 janvier, la départementale 906 qui sépare Malakoff de Montrouge, le 8 janvier, et l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier, sont revenus comme chaque année les moments de commémorations.

L'hommage rendu hier à Clarissa Jean-Philippe, la jeune policière municipale de Montrouge assassinée par Ahmédy Coulibaly, n'a pas mobilisé autant de ministres que la veille lorsque l'on a commémoré coup sur coup et le massacre de Charlie Hebdo et celui de l'hyper cacher en présence de Nicole Belloubet, Christophe Castaner, Laurent Nuñez, ainsi que la maire de Paris Anne Hidalgo. Hier à 11 heures, en présence des maires de Malakoff et de Montrouge, de quelques élus dont le conseiller régional Pierre Kanuty, et des personnalités de la communauté antillaise, il n'y avait que Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, et son inséparable secrétaire d'Etat Laurent Nuñez, à l'endroit où est tombée Clarissa le 8 janvier 2015. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, pourtant annoncée, n'était pas là. Même la tante de Clarissa qui, les autres années, étaient toujours présente, n'a pas fait le déplacement.

La cérémonie qui était consacrée à la jeune Samaritaine n'en a été que plus brève et après un petit quart d'heure, soit un bref discours et un dépôt de gerbes, la départementale était rouverte à la circulation.

Au même moment, dans les salons de l'hôtel de ville de Paris, Anne Hidalgo qui recevait Babette de Rozière et ses invités pour annoncer le prochain salon de la gastronomie d'Outre-mer, a eu, lors de sa prise de parole,  un mot pour la victime martiniquaise des terroristes. Elle a ainsi rappelé que la ville de Paris lui avait consacré l'an dernier une allée dans un jardin du 14e arrondissement avant d'ajouter : "J'étais aux Antilles l'hiver dernier pour le travail et nous avons eu l'occasion de nous recueillir à Sainte-Marie sur sa tombe." Fermez le ban.

FXG, à Paris

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7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 05:40
Me Ursulet contre-attaque

Affaire Ursulet : plainte pour viol et contre plainte pour faux et escroquerie au jugement

Le 15 octobre dernier, Mediapart révèle qu’une plainte pour viol vise l’avocat Alex Ursulet. Une élève avocate qui a été sa stagiaire pendant trois semaines, affirme que ce dernier lui a fait subir une pénétration digitale fin janvier 2018 en son cabinet. Depuis février 2019, la commission de déontologie de l’Ordre des avocats s’est saisie de l’affaire et l’a même transmise à la commission de discipline alors que l’élève avocate n’a encore déposé plainte ni devant le parquet, ni devant l’Ordre des avocats. C’est une autre avocate, Me Emmanuelle Clément, qui a fait un signalement en juillet 2018 à la bâtonnière de Paris. Comme il l’a fait devant les commissions de déontologie puis de discipline de l’Ordre, Me Ursulet nie les faits révélés par Mediapart. En réaction à cette publication, il dépose une première plainte pour dénonciation calomnieuse.

Alors que la plainte de l’élève avocate a été déposée le 26 septembre devant le parquet de Paris, la commission disciplinaire de l’Ordre des avocats, sans attendre la fin de l’enquête pénale, devait se prononcer avant la fin du mois de décembre. Ce qu'elle a fait en décidant de la radiation de l'vocat qui a immédiatement fait appel.

Entretemps, au cours du même mois de décembre, Me Ursulet, a déposé une nouvelle plainte contre son ancienne élève avocate et Me Emmanuelle Clément, l’avocate qui a fait un signalement à la bâtonnière de Paris et déclenché l’enquête disciplinaire. Me Ursulet leur reproche de s’être rendu « coupables de faux et usage de faux, au soutien d’une tentative d’escroquerie au jugement ». La défense de Me Ursulet verse au débat sur 18 pages une série de contradictions et d’éléments qui posent question dont la preuve, notamment, que des SMS échangés entre sa stagiaire et son collaborateur ou Me Ursulet ont été tronqués ou leur heure de réception masquée. Ainsi, la stagiaire « aurait agi sciemment à dessein de tromper la religion des juges ». Quant à Me Clément, Me Ursulet lui reproche, entre autres, de ne pas avoir tenu compte du témoignage de Me Olfa Ouled, l’avocate qui a accueilli l’élève avocate en son cabinet pendant six mois, après son départ du cabinet de Me Ursulet. En effet, Me Ouled a déclaré au conseil de l’Ordre que lors du rendez-vous entre Me Clément et la stagiaire avocate, auquel elle a assisté puisque c’était à son cabinet, elle a « clairement senti qu’il s’agissait de constituer un dossier contre notre confrère Alex Ursulet », qu’elle a mis en garde sa stagiaire lui disant qu’il « fallait qu’elle fasse attention de ne pas être instrumentalisée ». Or ces informations, entre autres, ne figurent pas dans le signalement au conseil de l’Ordre que Me Clément a rédigé, alors même que ces éléments, révélés par Me Ouled, contrediraient les déclarations de Me Clément devant la commission disciplinaire où elle a été interrogée le 6 septembre dernier.

A l’appui de sa plainte pénale, l’élève avocate produit une attestation du collaborateur d’Alex Ursulet, en date du 23 septembre 2019, dans laquelle il déclare lui avoir conseillé, lors de son départ du cabinet le 31 janvier 2018, d’expliquer à son école qu’il s’était passé « des faits graves, de nature sexuelle », alors que le 9 février 2018, il lui avait envoyé un SMS dans lequel il lui disait qu’il ne savait pas ce qui avait provoqué son départ du cabinet…

Par ailleurs, un des témoins clés cités par la plaignante, qui avait affirmé avoir recueilli le récit du viol le lendemain des faits allégués lors d’un déjeuner, a vu, devant la même commission disciplinaire cette version mis en doute par un SMS dans lequel ce témoin affirme ne pas pouvoir déjeuner avec sa camarade, en raison d’une surcharge de travail…

Tous ces éléments pouvant remettre en cause la crédibilité de la parole de cette élève-avocate, devenu depuis lors avocate, sont désormais entre les mains du procureur de la République de Paris à qui il reviendra d’apprécier l’opportunité d’une poursuite contre l’avocat martiniquais.

FXG, à Paris

Interview

Christian Charrière-Bournazel, ancien bâtonnier de l'Ordre des avocats du barreau de Paris (2008 -2010) et ancien président du Conseil national des barreaux (2012-2014), assure la défense de l’avocat Alex Ursulet.

« Me Ursulet n'a pas la bonne couleur »

Que pouvez-vous dire de l’affaire qui est actuellement en cours contre Me Ursulet que ce soit devant la justice pénale ou devant le conseil de l’Ordre des avocats ?

Me Ursulet fait l’objet d’une acrimonie particulièrement extravagante de la part non seulement de la plaignante, mais également de ceux qui représentent l’autorité de poursuite à l’Ordre des avocats. J’en parle avec d’autant plus d’assurance que, moi-même ayant été autorité de poursuite, je sais qu’on ne peut pas poursuivre d’une manière disciplinaire un avocat lorsqu’il y a une plainte pénale et qu’il n’y a pas de fait détachable qui pourrait tomber sous le coup de l’instance disciplinaire. Si l’on reproche à quelqu’un un délit pénal qui est à l’instruction judiciaire, le conseil de discipline de l’Ordre doit surseoir à statuer en attendant que le pénal ait fini son office.

Et ce n’est pas le cas ?

Et bien non ! Ce n’est pas ce qui s’est passé puisqu’avec une sorte de violence insupportable, l’autorité de poursuite s’est déchaînée contre lui et c’est tout à fait anormal. J’ai beaucoup de considération pour Alex Ursulet qui est non seulement un très grand avocat et qui a, comme moi, le privilège d’avoir vu son prix de premier secrétaire de la conférence remis par cet immense personnage qu’était Gaston Monnerville, petit-fils d’esclave, et qui a honoré à la fois les Antilles et la Guyane et le barreau de Paris dont il a été membre éminent. Je ne peux pas accepter que l’on traite Alex Ursulet d’une manière qui me paraît incompatible avec ce sens républicain de légalité à l’égard d’un avocat qui honore à la fois son île d’origine et le barreau de Paris.

Dans ce dossier, vous avez déposé une plainte pour escroquerie au jugement. Que pouvez-vous en dire ?

Je ne peux pas en dire plus parce que je suis tenu au secret de l’instruction qui commence, mais j’ai bien l’intention d’aller jusqu’au bout parce que cette procédure lancée contre lui me paraît complètement extravagante et résultant davantage d’une sorte de manipulation d’une prétendue victime que de faits réels. Je serai à ses côtés jusqu’au bout parce que je ne peux pas accepter qu’on le traite de la manière dont on le fait.

Sans dévoiler la procédure, pouvez-vous nous dire où elle en est ? Est-ce que le parquet a bien enregistré votre plainte, a-t-il commencé ses investigations eu égard à la plainte de la plaignante et de la vôtre ?

Le parquet a déposé un timbre avec son cachet sur le double de la plainte que nous lui avons remis, mais pour le moment, je n’ai pas d’information sur ce qui peut être fait du côté du parquet. Je pense que les choses suivront un cours classique pour une plainte, c’est-à-dire une enquête préliminaire confiée à la police judiciaire avec audition du plaignant et ensuite des personnes mises en cause et puis peut-être la désignation d’un juge d’instruction. Je vais veiller à ce que l’on fasse ce qu’il faut pour pouvoir instruire et mener jusqu’au bout une enquête qui s’apparente en réalité pour ces faits allégués à quelque chose d’anormal.

Votre respect du secret de l’instruction vous honore. Pourtant les avocats de la partie adverse n’ont pas eu les mêmes scrupules en s’épanchant largement dans la presse parisienne…

Ce n’est pas parce qu’il y a des gens indignes que je vais, moi, me vautrer dans l’indignité. Je trouve tout à fait inadmissible et contraire à nos règles qu’un avocat s’exprime publiquement contre quelqu’un alors que la personne n’est pas là pour se défendre et que ce qui est en cause n’a pas encore fait l’objet d’une enquête et d’un jugement serein. Leconte de L’Isle disait : « Je ne danserai pas sur ton tréteau banal avec les histrions et les prostituées. » C’est ma ligne de conduite depuis toujours.

Si comme vous le pensez, Me Ursulet est innocent, pourquoi, pour vous citer, cette acrimonie, cette manipulation ? Parce qu’il ne serait pas de l’establishment ? Parce qu’il est Martiniquais ?

C’est tout à fait possible… Son père, un grand bâtonnier de la Martinique, lui avait dit quand il a prêté serment de rentrer au pays. Me Ursulet lui a dit non, qu’il voulait tenter sa chance à Paris. Son père lui a dit qu’il avait toutes les qualités pour être un grand avocat mais qu’il n’avait pas la bonne couleur... Je ne suis pas loin de penser qu’il y a quelque chose d’aussi abject que cela dans les poursuites qui sont, avec rage, commencées contre lui. Je suis navré parce que c’est une épreuve épouvantable pour quelqu’un qui est innocent, mais je suis tout à fait serein et nous irons jusqu’au bout.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 09:57
Délégation interministérielle à la visibilité des Outre-mer

Délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer et plus...

Le conseil des ministres du 18 décembre n’a pas nommé de successeur à Jean-Marc Mormeck, démissionnaire de ses fonctions de délégués interministériel à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer en septembre dernier. En revanche, un décret du 17 décembre institue une nouvelle « délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer et la visibilité des Outre-mer ». Pas encore de nomination à ce poste, mais déjà une quinzaine de candidats à la candidature dont Nathalie Fanfant (Martiniquaise, conseillère LR de Paris), Angèle Louviers (Guadeloupéenne, ancienne secrétaire générale du CNMHE et ex PS) ou encore Christine Kelly (Guadeloupéenne, ex-membre du CSA et animatrice controversée sur CNews pour coprésenter avec Eric Zemour « Face à l’info »). Malgré le talent évident de ces candidats pour ce poste hautement stratégique et rémunéré environ 8000 euros par mois (la délégation a un budget d’à peine plus de 100 000 euros), il semble que l’Elysée ait sous le coude une candidature réunionnaise… Quoique le dernier mot, nous assure-t-on au Château, revienne à la ministre des Outre-mer.

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