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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 18:18
200 euros pour les étudiants d'Outre-mer

Derniers jours pour obtenir l’aide étudiante exceptionnelle de 200 euros

Il ne reste plus que quelques jours aux étudiants pour bénéficier de l’aide exceptionnelle de 200 euros mise en place par le ministère de l’Enseignement supérieur et la Délégation interministérielle pour l’égalité des chances et la visibilité des Outre-mer. Jusqu’au 31 août inclus, les étudiants inscrits dans une formation initiale d'enseignement supérieur (hors apprentissage), boursier ou non-boursier, et qui n’ont pas rejoint leur famille au 1er mai 2020 peuvent encore s’inscrire sur la plateforme wwww.etudiant.gouv.fr pour la recevoir. Cette aide leur sera versée en une fois et n’est ni renouvelable ni cumulable avec le chômage partiel (qui concerne les apprentis/alternants) ou l'aide aux autoentrepreneurs. La décision d'attribution leur sera notifiée par le CROUS qui instruit la demande. Les étudiants peuvent contacter la plateforme Délégation interministérielle www.outremersolidaires.gouv.fr ou le CROUS via l'assistance sur « Mes Services Étudiant » pour savoir comment formuler leur demande.

La plateforme créée Maël Disa, le délégué interministériel pour l’égalité de chances et la visibilité des outre-mer, a été consultée par plus de 100 000 visiteurs en quête de conseils et de services offerts par des particuliers et des associations du réseau #OutremerSolidaires.

FXG

 

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 07:20
France Ô : manif et veillée funèbre

France Ô, le rideau tombe

Un mégaphone, un micro pour Guillaume de Lenclos dit Kant Lebeau, des intermèdes avec les percussions de Roger Raspail, et des prises de paroles de personnalités comme Priscilla Ludowsky, la députée MODEM du Val de Marne, Maud Petit, Emmanuel Gordien, le président du CM98, Samuel Féréol, le porte-parole du Mouvman kilitirel Choukaj, Florence Naprix ou encore Max Zita ont rythmé l’après-midi de mobilisation du comité Sauvons France Ô, dimanche devant le palais Royal, à deux pas du ministère de la Culture.

Le décret officiel de fermeture de la chaîne des Outre-mer dans l’Hexagone est attendu pour le 1er septembre, mais c’est hier que France Ô a offert son bouquet final pour s’éteindre à minuit.

Plusieurs membres du personnel de France Ô sont venus témoigner devant un public d’environ 200 personnes. Didier Givaudan (SNJ) et Jean-Michel Mazerolle (CGC), délégués syndicaux, ont relaté la tenue vendredi dernier du Comité social économique extraordinaire. « Nous n’avons rien appris de concret de la direction de France TV sur la manière dont nous allons poursuivre notre travail au service de la visibilité, ici ! » Maud Petit, la petite fille de l’ancien député Martiniquais Camille Petit, a défendu France Ô contre la majorité présidentielle à laquelle elle appartient. Aujourd’hui, elle reconnaît que le pacte de visibilité, qualifié de « ridicule » par les représentants du personnel est « insuffisant ». Elle assure qu’en tant que membre de la délégation aux Outre-mer et de la commission culture de l’Assemblée, elle contrôlera son application. « Aller nous envoyer France Ô sur internet, c’est du mépris, a déclaré au micro Flora Gaydu, employée de Radio Ô. Nous avons un compatriote qui s’appelle France Ô ! » Dans son intervention, Samuel Féréol a rappelé qu’il était né à Paris, de père Guadeloupéen, de mère Réunionnaise, avec de la famille en Martinique et une compagne guyanaise : « France Ô, c’est le lien ! » L’artiste Mégane a rendu hommage à Louis-Gérard Salcède, ancien journaliste devenu cadre de France Ô : « Il résiste, il se bat ! » Dans son allocution, Louis-Gérard a clamé : « C’est une honte pour la République, un mépris pour les Outre-mer ! »

La manifestation devait se prolonger par une veillée funèbre pour accompagner les dernières heures de France Ô.

FXG

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 05:45
Franck Danican, la nouvelle égérie de Mister London et Rufskin underwear

Franck Danican, nouvelle égérie de la mode

Le styliste new yorkais Franck Danican, originaire de Morne-à-l’Eau, a été sélectionné parmi 3000 candidats pour être l’égérie de la nouvelle campagne publicitaire de la marque anglaise d’accessoires (chaussettes, cravates) « Mister London ». C’est un photographe du New Yorker Magazine, Victor Giganti qui a réalisé les clichés le 8 août dernier à New York. Il a flashé sur le look dancer de Franck Danican et son énergie qu’il a su allier avec le design de de la collection (fleurs et motifs panthère). « Il fallait trouver le moyen de présenter les chaussettes ! », raconte celui qui est épaté d’avoir, à 50 ans, décroché cette campagne. « Il fallait garder les poses pour bien montrer le logo sous les chaussettes et ma pratique du yoga m’y a bien aidé ! » Depuis lundi, ces photos sont affichées à New York, Londres et Los Angeles. Mais ce n’est pas tout, le Guadeloupéen a également été choisi pour la campagne de maillot de bain pour hommes de la marque Rufskin underwear. Cette fois, Victor Giganti veut le photographier dans le métro.

Mais Danican n’est pas que mannequin, c’est un artiste complet, un créateur et un styliste déjà reconnu par ses pairs. La nouvelle collection qu’il préparait avant le confinement mondial devait être un hommage à Yves Saint-Laurent et à son père Serge Danican, décédé en mai dernier. La crise sanitaire ne lui a encore pas permis de la présenter mais, dit-il, « c’est promis, ce sera bientôt et surtout à Morne-à-l’Eau ! »

FXG

https://www.instagram.com/franckdanican5613/?hl=fr

 

 

 

 

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 04:13
Le siège de France Ô à Malakof

Le siège de France Ô à Malakof

France Ô, écran noir

Le 23 août est la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition. C'est cette date, ce jour, que le ministère de la Culture a choisi pour fermer France Ô. Et c’est ce même jour que ses défenseurs organisent un baroud d’honneur, une ultime manifestation de protestation. La dernière en date, le 2 août dernier n’avait guère mobilisé de foule, ce qui n’a bien sûr pas servi la cause. La pétition lancée par le collectif « Sauvons France Ô » a rassemblé environ 100 000 signatures. La députée LREM Aurore Berger qui visait un secrétariat d’Etat à l’audiovisuel au sein du ministère de la Culture a bien tenté de la défendre en interrogeant la ministre de la Culture Roselyne Bachelot sur la fermeture de France Ô et France 4. La ministre ne lui a pas répondu sur France Ô et c’est le 4 août qu’elle a, via un communiqué de presse, « confirmé, au terme du plein déploiement du pacte de visibilité pour les Outre-Mer, l’arrêt de la chaîne France Ô à compter du 23 août ». Il faut dire que Babette de Rozières qui jusqu’alors était montée au créneau pour défendre la chaîne des Outre-mer a publié sur son compte facebook une tribune où elle moque France Ô, « enjeu de petits pouvoirs et de règlements de compte médiocres », « la rédaction des copains », mais également le fait qu’elle et son émission culinaire en soient parties.

Décloisonnement ou invisibilisation des Outre-mer

Blanquer a sauvé France 4, Girardin n’a pas sauvé France Ô… Pourtant avant le changement de gouvernement, la délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer a défendu à Matignon sa vision pour une chaîne des Outre-mer : une chaine d’information qui répondrait aux demandes sociales de la communauté ultramarine de l’Hexagone qui n’a pas de flux ni accès aux chaînes La 1ère, et non une chaîne de divertissement et concurrente des autres. Mais également une qui puisse favoriser la visibilité des territoires, qui soit un levier pour les productions locales notamment pour les projets cinématographiques, audiovisuels et publicitaires. Edouard Philippe s’y était montré sensible, mais le remaniement est arrivé. Le nouveau ministre des Outre-mer a laissé la responsabilité du destin de France Ô à Roselyne Bachelot. « Notre objectif, a-t-il twitté, est de décloisonner les Outre-mer et leur donner plus de visibilité sur l'ensemble de l'audiovisuel public. Je serai vigilant quant à l’application du pacte de visibilité et aux moyens de le renforcer. »

Ce pacte de visibilité, signé l’été 2019 par France TV et les ministères de la Culture et des Outre-mer, présente cette étrangeté que l’on a demandé à la principale intéressée, France TV, d’en être juge… Un pacte qui n’est d’ailleurs pas finalisé et qui se résume à une offre de programmes documentaires et d’informations sur France 3 et France 5, et quelques sujets d’informations dans les JT de France 2. La prochaine réunion du comité de suivi de ce pacte est attendue en septembre. Selon le nouveau locataire de la rue Oudinot, « ce pacte a permis de tripler l’audience des programmes ultramarins par rapport à la couverture offerte par France Ô ». Maël Disa, le délégué interministériel que le président de la République a chargé de la visibilité des outre-mer, a aussi plaidé pour un pacte de visibilité non seulement renforcé au sein de France TV, mais étendu à tout l’audiovisuel public et privé.

Les opposants à la fermeture de la chaîne craignent une invisibilisation des Outre-mer. Quant à la plateforme numérique outre-mer de France TV, personne n’a encore vanté ses audiences.

FXG

Le canal de France Ô convoité

Sur la TNT, le canal 19 — celui de France Ô — suscite des convoitises. Sa position proche des chaînes d’info continue était avidement reluquée par la chaîne publique d’information France TV Info, mais pas seulement… Des députés, pour l’essentiel du groupe LR, mais également la martiniquaise Manuela Kéclard-Mondésir, ont déposé le 17 février 2020 une proposition de résolution visant à mettre en œuvre une nouvelle « chaîne des territoires » rassemblant les 50 chaînes de télévisions locales et les presses quotidiennes régionales, et diffusée sur un canal TNT. Par ailleurs, dans une tribune récente intitulée « Nous pouvons éradiquer le racisme en France », le Martiniquais Olivier Laouchez, président de Trace, plaide pour que dans la future loi sur l’audiovisuel, il y ait une « vraie obligation d’intégrer dans les programmes la diversité française ». Il propose d’ailleurs, « plutôt que de fermer France Ô, de la transformer en France D, la chaîne de la diversité, de l’inclusion et du vivre ensemble ».

Une telle chaîne a presque existé par le passé avec la chaîne numéro 23 attribuée en 2012 à la société Diversité TV France. Mais la chaîne ne respecte pas ses engagements. « La diversité n’a été qu’un prétexte pour obtenir la fréquence, dénonce l’ex-membre du CSA, Rachid Arhab en avril 2015. L’unique objectif des porteurs de ce projet était de planifier une belle opération financière. » La fréquence est revendue au groupe NextRadio TV (BFM et RMC) pour un peu moins de 90 millions d’euros et devient RMC Story. La chaîne de la diversité n’a pas fait long feu…

 

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 05:29
Sébastien Lecornu

Sébastien Lecornu

Sébastien Lecornu,ministre des Outre-mer

« Je suis un ministre enraciné »

Que représentent les Outre-mer pour vous ?

Dans la vie, il y a parfois des hasards. En ce qui concerne ma nomination, je crois qu’il n’y en a pas : j’ai toujours eu une passion pour les territoires d’Outre-mer ! Lors de la passation de pouvoir, j’ai donné une explication de cœur. Quand on est amoureux, il n’y a pas forcément d’explication rationnelle. Je me sens bien en Outre-mer et j’y ai toujours eu beaucoup d’amis proches, et ce depuis le collège et le lycée chez moi à Vernon dans l’Eure. Et puis, quand j’ai commencé à faire de la politique, j’ai vu le caractère enthousiasmant - mais aussi complexe ! - des Outre-mer. Enthousiasmant parce que ça ouvre à tous les horizons du monde, à une histoire passionnante, mais aussi parfois douloureuse. Et puis, complexe, car il y a la réalité de la vie quotidienne en outre-mer : les questions de transport, de vie chère, d’emplois et de préservation de la nature face au dérèglement climatique… Quand on aime la République et la politique, au sens noble du terme, on aime l’Outre-mer. J’ai profondément envie de me battre pour améliorer les choses : soit pour mieux les protéger - la culture de chaque territoire, ou  la nature par exemple - soit pour les faire évoluer. Selon les cas, cela peut passer par des questions institutionnelles mais surtout par les questions économiques et d’emploi. Pour toutes ces raisons de sensibilité personnelle, j’ai la fibre outre-mer. Après, je ne suis pas un ultramarin, donc je n’ai pas la prétention de connaître ce qu’un Ultramarin peut connaître. Je formule donc avec humilité une requête en adoption auprès de nos concitoyens en Outre-mer !

Que vous ont demandé le président de la République et le Premier ministre quand ils vous ont proposé ce portefeuille ministériel ?

La demande claire, c’est de tenir la maison Oudinot et de donner le meilleur de moi-même pour l’ensemble des territoires ultramarins. Le président de la République m’a nommé là avec beaucoup de liberté. J’ai été secrétaire d’Etat à l’Ecologie, ministre délégué en charge des Collectivités territoriales et je vois bien que dans la manière dont il m’a nommé ici, puisque c’est vraiment lui qui l’a souhaité, il y a une dimension “domaine réservé” qui ne dit pas son nom. Emmanuel Macron a la fibre outre-mer, on l’a vu dans ses déplacements. Cela peut nous rappeler les déplacements du Président Chirac, mais ce n’est pas à moi de le dire… Je me suis rendu avec lui en Guyane, en Nouvelle-Calédonie où tous se souviennent de son discours au théâtre de Nouméa, aux Antilles… Il y a un attachement très fort d’Emmanuel Macron aux Outre-mer, et d’ailleurs aussi pour les Français d’Outre-mer qui sont sur le territoire hexagonal. Il n’y a pas un jour qui passe sans que nous n’ayons un échange direct avec le président de la République sur une question ultramarine. J’ajoute que le nouveau Premier ministre, élu local comme moi, aborde les différents dossiers avec un pragmatisme précieux. Tout cela montre l’implication très forte de l'exécutif.

On dit qu’un bon ministre des Outre-mer est celui qui gagne ses arbitrages à Bercy. Qu’en pensez-vous ?

C’est une vision des choses qui suggère que le ministre des Outre-mer serait un avocat qui viendrait défendre son dossier, parce qu’attaqué par les autres ministères... Je ne ferai pas partie des ministres qui tapent sur Bercy, c’est trop facile. L’Etat, c’est l’Etat et il n’y a qu’un seul gouvernement. Il y a des arbitrages qui sont obtenus, d’autres, parfois, qui ne le sont pas, et ce n’est pour autant que la question ultramarine sera minorée. Et puis si on ne regarde que les questions budgétaires, je commence déjà en mettant les pieds dans le plat : de l’argent oui, il en faut évidemment et ce gouvernement a déployé des moyens inédits pour faire face à l’urgence du sauvetage de notre économie et nous allons continuer dans le cadre du plan de relance. Mais, est-ce qu’aujourd’hui dans la France des Outre-mer, l’argent est la seule et unique chose dont nous avons besoin ? On s’en serait rendu compte ces vingt ou trente dernières années...Ce ministère est l’un de ceux où l’on rencontre le plus « les économies de constatation ». En clair, c’est de l’argent qui a bien été voté par le Parlement au budget, mais que le ministère ou ses antennes, préfectures, opérateurs de l’Etat, et bien souvent les collectivités territoriales, n’ont pas réussi à dépenser. C’est un ministère dans lequel, il y a beaucoup d’argent qu’on n’arrive pas à dépenser ! Cela devrait faire réfléchir collectivement chaque acteur.

Votre feuille de route ?

Il y a ce qui s’impose à nous et ce que l’on peut peut-être un peu forcer pour l’avenir. Ce qui s’impose à nous très clairement, c’est la question de la relance économique. La crise économique est là en France, elle est lourde pour la plupart des pays occidentaux. Elle est donc lourde avec des particularités et des spécificités pour chaque territoire d’Outre-mer. C’est un sujet qui va être très central dans mes premiers mois dans cette maison. A la fin du mois d’août, un plan de relance sera présenté au conseil des ministres…

Un plan spécifique outre-mer ?

Un plan de relance globale dans lequel je veux, non pas un plan de relance spécifique outre-mer, mais un plan de relance spécifique par territoires. Un territoire dont l’économie repose sur la pêche et l’agriculture n'obéit ni aux mêmes enjeux, ni aux mêmes instruments et outils de relance qu’un territoire qui est porté d’ordinaire par le secteur tertiaire et notamment le tourisme. Sans compter les cas de la Guyane ou de Mayotte où l'épidémie perdure plus longtemps qu’ailleurs.  Mais il y a plusieurs enjeux sur la manière de faire ce plan de relance. D’abord, il faut un chapiteau global, des mesures transversales, même s’il y a des spécificités. Le chômage partiel par exemple, on l’a fait partout ! Il faut ensuite avoir des plans taillés sur mesure qui correspondent à chaque territoire ; mais ça ne fonctionnera pas si les Collectivités territoriales ne sont pas avec nous, d’où la main que j’ai tendue aux élus locaux dès la passation de pouvoirs. J’ai été maire, président de Département, je suis toujours élu local, je me suis beaucoup investi sur les finances locales en outre-mer… Je vois bien que sans les Collectivités, ce sera voué à l’échec. Cela veut dire qu’il y a une responsabilité des élus, en confiance avec l’Etat dans les moyens qui vont être apportés, et cela dans un calendrier électoral que nous connaissons. Je suis là pour bâtir un plan de relance efficace et je souhaite que les campagnes électorales à venir pour les élections départementales et régionales ne viennent pas remettre en question la cohésion indispensable entre tous les acteurs. Le plan de relance passera par des mesures financières de différentes natures, tournées notamment vers la commande publique ce qui est indispensable pour certains secteurs comme le BTP. Il faudra donc hiérarchiser nos priorités sans oublier les engagements passés comme pour la construction d’équipements scolaires. Il faudra aussi stimuler des projets existants comme ceux qui sont dans les accords de Guyane par exemple.

Ceux du plan séisme Antilles aussi ?

Oui ! J’y ai mis beaucoup d'énergie quand j’étais secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Ce sont aussi les investissements pour l’eau en Guadeloupe. Ensuite, il y a les mesures d’accompagnement pour le secteur privé Il y aura aussi un enjeu sur le volet normatif pour assouplir des règles qui peuvent être des freins à la relance. C’est le sujet le plus délicat : si ces normes existent, notamment environnementales, c’est parce qu’elles correspondent à un besoin. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi non plus au nom de la relance. Là, j’ai besoin de l'ensemble des parties prenantes : des élus locaux, du monde consulaire, des ONG, des filières professionnelles, des syndicats agricoles, en clair de toute la société civile de chaque territoire ultramarin. J’ai demandé aux préfets d’être dans une très large animation dans leur territoire. Ils doivent travailler avec les élus, avec tous les acteurs y compris le monde associatif. Sans oublier les agents de la fonction publique qui doivent être complètement investis des enjeux de cette relance…

La situation est souvent tendue dans nos territoires, vie chère, poids de l’histoire, défaut d’emploi… Comment rendre la confiance ?

Je ne suis pas ultramarin, mais quand on aime les territoires d’Outre-mer, on aime leurs histoires et on cherche donc à les comprendre, dans leurs identités et spécificités. On respecte ce qui s’y passe, on doit être humble face à ce qui a pu s’y passer. Une fois que j’ai dit ça, la crise économique qui nous guette suite à la pandémie est inédite et, peut-être à bien des égards, violente. Elle n’est du fait et donc de la faute de personne : ce virus nous renvoie à plus de modestie devant la nature et notre condition d’être humain. Il y a deux manières d’aborder cette épreuve : soit en se divisant et en considérant que c’est toujours la faute de l’autre, soit au contraire, en se rassemblant et en faisant de cette crise une opportunité de transformation, en faisant en quelque sorte “du judo” avec celle-ci. Je n’y arriverai pas seul. Je serai ministre des Outre-Mer comme j’ai été maire ou président de Département. Ce pragmatisme, cet état d’esprit, doit permettre de créer cette confiance. 

Pourquoi vous présentez-vous aux sénatoriales alors que vous venez d’être nommé à Oudinot ?

Les Ultramarins qui nous lisent doivent savoir que je suis un enraciné, que moi aussi j’ai mon territoire, que je ne suis pas “hors sol” et que j’ai une légitimité parce que je suis un élu Je viens d’un milieu populaire. Ma mère était secrétaire médicale, mon père a passé son diplôme de technicien en cours du soir au CNAM. J’ai décidé de m’investir à un moment donné pour devenir maire de la commune où j’ai été scolarisé. Ce n’est pas parce que je passe un peu de temps dans l’Eure que je me désintéresse de l’Outre-mer. Je suis un ministre enraciné. Si le Président de la République et le Premier ministre le souhaitent, je poursuivrai ma tâche au gouvernement. Dans ce cas, le suivant de la liste que je mène siégera en remplacement temporaire au Sénat comme le prévoit la loi.

Quel sera votre prochain déplacement en Outre-mer ?

Sûrement la Réunion, puis les Antilles sans doute en septembre. Je vais, dès l’automne, instituer des déplacements assez longs, un format atypique qui va me permettre de poser mes valises une semaine sur un territoire. Je veux prendre du temps. Typiquement sur la relance, il faut prendre ce temps avec la société civile, le monde économique ; faute de passer à côté de quelque chose.

Vous avez fait allusion aux élections territoriales de 2021. Que dites-vous de la proximité des présidentielles ?

Je représente l’Etat et le gouvernement. Je serai toujours vigilant à ne pas être dans un rôle qui n’est pas le mien. Quand j’étais ministre délégué, je parlais aux maires de Marseille, de Paris, de Pointe-à-Pitre ou de Basse-Terre sans me préoccuper de leur carte politique. Quand j’ai dû traiter la question de l’eau aux Antilles, je n’ai pas regardé les sensibilités politiques des élus autour de la table. La République, ce n’est pas ça. Quel que soit l’acteur et ses opinions politiques, s’il a besoin de l’Etat et du ministère que je dirige, il me trouvera dans cette bienveillance. Mais je suis aussi là pour porter notre bilan, la parole gouvernementale de ce qu’Emmanuel Macron a accompli depuis trois ans pour le pays et de ce qui a été fait pour les Outre-mer.

Etes-vous plutôt Belle-Câpresse, Neisson ou Bologne ?

Je suis les trois ! La vraie question, c’est en fonction des moments. Ti punch et rhum blanc et à d’autres moments, c’est plutôt ambré. J’ai une belle collection de rhums à Vernon !

Soufrière ou Pelé ?

Je connais mieux la Soufrière.

Césaire ou Condé ?

Lycéen, ça a été Césaire et son Cahier d’un retour au pays natal que j’ai lu plusieurs fois. Cette oeuvre, que je n’ai pas pu comprendre dans sa globalité tout de suite, m’a profondément touchée.  J’avais 16 ou 17 ans et j’avais cette édition ocre que j’avais fini par complètement écorner tellement je l’avais relu dans tous les sens !

Gontran-Damas ou Monnerville ?

Je suis candidat aux sénatoriales dans l’Eure, à la fin du mois de septembre, donc Monnerville ! Mais parce que je viens de Guyane et que vous ne l’avez pas posé la question, j’ai une tendresse infinie pour Félix Eboué.

Kourou ou Toulouse ?

J’ai failli vivre à Kourou. Quand j’étais gosse, mon père qui travaillait à la SEP devenue SNECMA, puis Safran et Arianespace depuis, m’amenait voir les tirs retransmis en direct de Kourou à Vernon. La question s’était posée alors d’aller vivre à Kourou ce qui ne s’est pas fait…

propos recueillis par FXG

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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 05:56
Prudence Ecoué (Martinique), Bernard Fontaine (Réunion), David Moueza (Guadeloupe) et Pierre Sebastien, le patron de Primevew

Prudence Ecoué (Martinique), Bernard Fontaine (Réunion), David Moueza (Guadeloupe) et Pierre Sebastien, le patron de Primevew

Ce que révèlent les rapports d’activité des commissaires aux comptes sur nos économies

Une étude du cabinet indépendant Primevew sur les entreprises dans les Outre-mer a été présentée le 8 juillet dernier aux députés de la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale.

Cette étude réalisée à la demande de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes a porté sur un million de rapports d’activité des commissaires aux comptes et experts-comptables dans tous les Outre-mer depuis 2016. Pour pouvoir comparer ce qui l’est, Pierre Sabatier, responsable du cabinet Primevew a établi préalablement cinq groupes de territoires. Le premier c’est Paris et sa région, le deuxième, ce sont les grandes régions, le troisième, dit intermédiaire, regroupe 43 départements dont la Réunion, le quatrième dit groupe des déclinants (au point de vue démographique) regroupe trente départements dont la Guadeloupe et la Martinique, et enfin, le cinquième groupe, dit émergent, n’est composé que de la Guyane et de Mayotte.La Guadeloupe et la Martinique se caractérisent, outre leur éloignement et leur démographie par un grand retard de formation et d’éducation qui les distingue de leur groupe de référence. Globalement, les dirigeants d’entreprises manquent de qualification. Si le niveau de rétention des diplômés (la fuite des cerveaux) aux Antilles est moins fort que dans leur groupe de référence, le taux de diplômés dans la population est insuffisant pour assurer le développement économique et améliorer le taux d’emploi. Ce dernier est inférieur de 14 % par rapport au groupe de référence. Avec un tissu entrepreneurial dispersé, les économies antillaises s’appuient, comme dans leur groupe de référence, sur le BTP, le commerce et les services publics. Quant à l’agriculture, contre toute attente, et à l’industrie, ce sont des secteurs atrophiés, notamment en termes d’emploi.

Si dans l’Hexagone, on compte 70 à 76 % d’entreprises sans salarié, ce taux est de 84 % en Guadeloupe, 81 % en Martinique et 79 % en Guyane. Cela entraîne une grande fragilité du tissu entrepreneurial, y compris pour les entreprises déjà structurées. Ainsi, les commissaires aux comptes ont relevé des inexactitudes ou des irrégularités, les contraignant à certifier les comptes avec réserves, voir à l’impossibilité de les certifier, pour 6 % des entreprises en Guadeloupe, 8, 1 % en Martinique, contre 5 % dans leur groupe de référence.

20 à 25 % de l’emploi est dans le secteur informel

Cette étude a aussi permis d’y voir plus clair sur le secteur informel. Grâce aux données collectées, Primevew est parvenu à l’estimer pour mesurer le manque à gagner en termes de business et de recettes fiscales. Ainsi, en Guadeloupe, le secteur informel représente 23 à 25 % de l’emploi, en Martinique, c’est 19 à 20 %. En revanche, l’étude n’a pu l’estimer pour la Guyane.

Le rapport observe encore que les conditions de financement des entreprises sont dégradées dans tous les Outre-mer. La rémunération réclamée par les banques est supérieure à celle de leur groupe de référence, soit une prime de risque plus élevée. Le manque de crédibilité financière de nos entreprises est aussi une spécificité ultramarine.

Prudence Ecoué, président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Fort-de-France, et David Moueza, président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Basse-Terre qui ont contribué à ce rapport, sont intervenus lors de cette présentation pour rappeler la nécessité d’un suivi et d’un contrôle des entreprises alors que dès 2021, les seuils en termes de chiffre d’affaires, de bilan et d’effectifs, rendant obligatoire la certification comptable, ont été relevés. Cela devrait contribuer à renforcer ce que Pierre Sabatier a appelé une « discrimination de traitement en termes de données sur les territoires ».

FXG

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 09:49
Le palais d'Iena, siège du CESE (photo : CESE)

Le palais d'Iena, siège du CESE (photo : CESE)

Le CESE se penche sur le chômage outre-mer

Le CESE propose de renforcer les statistiques de l’emploi outre-mer, de renforcer le nombre des apprentis en CFA comme celui des volontaires du SMA et d’évaluer les dispositifs d’exonération de charges sociales.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté, le 24 juin dernier, un avis sur « la prévention et la réduction du chômage de longue durée dans une perspective d’action territoriale ». Cet avis met l'accent sur la dimension territoriale du chômage de longue durée et concerne, à ce titre, tout particulièrement les territoires ultra-marins où un ménage sur trois est touché, entraînant des conséquences massives en termes d’inégalités sociales, de pauvreté et d’exclusion. La durée du chômage y est aussi trois fois plus longue en moyenne que dans l’Hexagone et la part des demandeurs d’emploi de longue durée dépasse de plus de dix points la moyenne nationale, ce qui traduit une difficulté structurelle liée à l’employabilité d’une partie importante de la population active. Pour tenter de remédier à cet état de fait, la délégation à l’Outre-mer du CESE, présidée par Jean-Etienne Antoinette, a porté sa contribution incluant plusieurs recommandations au sein de cet avis.

Evaluer les dispositifs d'exonération des charges

Michèle Chay, Conseillère confédérale de la CGT, vice-présidente de la section du travail et de l'emploi et rapporteure sur ce volet du texte pour la délégation outre-mer propose la réalisation d’enquêtes statistiques détaillées régulières et l’intégration systématique des données ultramarines aux niveaux national et européen, afin d’accroître la visibilité de ces territoires, actuellement laissés pour compte au sein des données de Pôle emploi et l’INSEE, d’augmenter du nombre de centres de formation des apprentis et leur mutualisation en construisant des filières par territoire pour accueillir les apprentis et demandeurs d’emploi à proximité, d’analyser les besoins de recrutement locaux sur la base d'une gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences, d’intégrer au moins un territoire ultramarin parmi le groupe de régions qui sera sélectionné par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) pour l'évaluation du plan d’investissement dans les compétences (PIC), de faire encore monter en puissance le service militaire adapté dans les territoires où la demande est émergente, en particulier en Guyane, à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie, et enfin de faire évaluer par une instance indépendante l'efficience des dispositifs d'exonération de cotisations sur les emplois francs, et le cas-échéant, de mieux définir le ciblage de ces aides au regard de secteurs stratégiques pour chaque territoire. Cet avis a été demandé par le Sénat.

FXG

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 05:23
Michel Magras dont c'est le dernier mandat de sénateur préside la délégation Outre-mer du Sénat

Michel Magras dont c'est le dernier mandat de sénateur préside la délégation Outre-mer du Sénat

Les sénateurs veulent parer à l’urgence économique en Outre-mer

La crise économique attendue après la crise sanitaire s’annonce « dévastatrice » en Outre-mer, les sénateurs déclinent 60 propositions pour y parer.

« Crise dévastatrice », c’est avec cette formule que débute le rapport que la délégation outre-mer du Sénat a adopté vendredi 9 juillet. Face à l’« urgence économique outrre-mer », les sénateurs estiment qu’il faut cibler le plan de relance sur les six secteurs leviers que sont le transport aérien, le BTP et le logement social, l’agriculture et la pêche, le numérique et le tourisme. Pour le secteur aérien, ils plaident pour la mise en place d’« un fonds de soutien d’urgence » et, pour préserver la trésorerie des compagnies aériennes, la création d’un « fonds de garantie de l’État » pour assurer la solvabilité des bons à valoir en cas d’annulation des billets. Seule la relance de l’aérien permettra le redémarrage du tourisme. « À partir du 10 juillet, indique le rapport, le test PCR avant départ deviendra obligatoire pour l’entrée dans les territoires ultramarins. Alors que les tests sont encore très difficiles à obtenir… » Si les sénateurs reconnaissent que la saison des grandes vacances est foutue pour ce qui concerne les touristes internationaux et métropolitains, ils comptent sur le tourisme local, régional et affinitaire. Ils recommandent donc qu’un dispositif de chèques vacances soit mis en place pour renforcer les échanges touristiques au sein d’un même bassin régional. Mais surtout, et notamment aux Antilles, « la sortie de crise doit être une opportunité pour accompagner le tourisme ultramarin vers un modèle de tourisme durable ». Ca veut dire développer un écotourisme responsable, avec des hébergements diversifiés, des séjours plus longs et plus qualitatifs.

Sortie de crise entre 2021 et 2030

En ce qui concerne le BTP, la reprise d’activité s’accompagne d’importants surcoûts que ni les entreprises ni les maîtres d’ouvrage (collectivités et bailleurs sociaux) ne peuvent assumer. Le rapport propose que les crédits non consommés de la ligne budgétaire unique (LBU) soient consacrés à la prise en charge de ces surcoûts. Il s’agirait encore de faciliter les formalités de passation de marchés, d’alléger les obligations de publicité et celles de régularité sociale et fiscale. Mais d’abord, le plan logement outre-mer établi en 2019, tout comme le plan séisme Antilles, doit voir son déploiement accélérer : « Sa phase opérationnelle doit être lancée dès septembre 2020 afin d’en ressentir les premiers effets d’ici septembre 2021. »

En dernière partie le rapport propose de construire « un modèle  de développement plus résilient ». Ca veut dire soutenir les agriculteurs et les pêcheurs à atteindre l’objectif d’autonomie alimentaire des territoires, utiliser le numérique comme un outil de résilience. Il faut donc faire les investissements nécessaires pour la couverture des zones isolées et, au-delà faciliter l’accès à la formation aux usages du numérique tant l’illectronisme - c’est à dire la difficulté ou l’incapacité à utiliser les outils numériques - touche probablement plus encore les outre-mer que l’Hexagone. Pour développer les emplois d’avenir, le rapport recommande de faire des outre-mer des zones franches numériques.

Enfin, la crise a rappelé les défaillances en termes de gestion de l’eau et d’assainissement. Le plan Eau Dom lancé en 2016 qui prévoit des investissements sur le long terme pour remédier à ces carences, doit être mis en œuvre dans les meilleurs délais.

Les sénateurs, évoquant la sortie de crise, ont cité une fourchette de temps allant de la fin du deuxième semestre 2020 à 2030.

FXG

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 15:44
France Ô à Malakoff (92)

France Ô à Malakoff (92)

Bachelot confirmera la fin de France Ô dans quelques jours

C’était à l’occasion du grand entretien de la matinale de France Inter, le 9 juillet dernier que la nouvelle ministre de la Culture a confirmé que le clap de fin pour France Ô retentirait le 9 août prochain. Roselyne Bachelot a déclaré : « Je crois que la question est résolue. Finalement, on était arrivé à une sorte de confinement de l’Outre-mer sur le service public de l’audiovisuel et l’Outre-mer doit participer à l’ensemble de l’audiovisuel public. » Seule France 4 sera peut-être sauvée parce que, a déclaré la ministre, « le service a été remarquable. » Décision finale dans quelques jours.

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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 10:12
Lecornu s'installe rue Oudinot

Passation de pouvoir au ministère des Outre-mer

Sébastien Lecornu a pris ses nouvelles fonctions rue Oudinot, mardi à 11 heures. S’il a beaucoup été question de la Covid19 en Guyane dans ses premières déclarations publiques, il a évoqué l’eau potable, la gestion des déchets et le souvenir de la catastrophe Irma…

Dans la cour du ministère des Outre-mer, devant le personnel administratif et son cabinet, Annick Girardin a d’abord prononcé son discours d’adieu : « C'est une grande émotion de partir après trois ans passés dans ce ministère, trois ans de travail de réflexion mais surtout d'action. (…) Les Outre-mer sont éloignées mais pas oubliées. » Annick Girardin a aussi évoqué « des souvenirs très forts, mais pas très heureux, Irma à Saint-Barthélemy et Saint-Martin, une catastrophe jamais vue », avant de céder la parole à son successeur. Premier non-ultramarin nommé aux Outre-mer depuis 2008, le jeune ministre (36 ans) a rappelé qu’il était d’abord un élu local et qu’il s’était beaucoup investi sur l’Outre-mer quand il était secrétaire d’Etat à la Transition écologique. Parlant par deux fois de « l’eau potable en Guadeloupe » et une fois de « la gestion des déchets », Sébastien Lecornu a déclaré : « Je ne découvre pas ces sujets. » En revanche, pas un mot sur les sargasses… Il est vrai que le dossier prioritaire que lui a laissé Annick Girardin est la gestion de la crise sanitaire en Guyane, territoire qui pourrait faire l’objet de son premier déplacement, même si rien n’est encore fixé.

Faisant écho à la ministre partante, Sébastien Lecornu est revenu sur l’ouragan Irma, à la suite duquel il avait accompagné le président de la République à Saint-Martin et Saint-Barthélemy : « Dès les premiers jours (du quinquennat, ndlr), nous avons traversé la catastrophe Irma. La catastrophe des catastrophes. » Globalement, au sujet de son nouveau portefeuille, il a évoqué un « ministère du temps long avec la transition écologique » et surtout un « ministère des situations de crise ». Et pour tâcher de convaincre qu’il était the right man, il a déclaré : « Je ne viens pas de l'Outre-mer mais j'ai la légitimité du cœur ! » Pourvu qu’il aime le rhum et qu’il nous remette l’eau !

FXG

Gustin, nouveau dircab

Le préfet de Guadeloupe, Philippe Gustin, ex délégué interministériel à la reconstruction de Saint-Martin après Irma, ex-directeur de cabinet de Sebastien Lecornu lorsqu'il dirigeait le département de l'Eure, ex-ambassadeur de France en Roumanie, mais également ex-préfet de Mayotte en 2001-2002, va quitter le palais d'Orléans à Basse-Terre pour diriger le cabinet du nouveau ministre.

La crise sanitaire en Guyane, priorité de Sébastien Lecornu

La crise sanitaire en Guyane est le dossier sur le haut de la pile qu’a laissé Annick Girardin en partant sur son bureau à son successeur Sébastien Lecornu. Et les premières déclarations publiques du nouveau titulaire du portefeuille des Outre-mer ont été pour la Guyane : « Les premiers enjeux sont les territoires où le virus circule encore : la Guyane et Mayotte. La crise économique que nous vivons doit nous inciter à réfléchir et à travailler différemment. Les enjeux sont aussi écologiques : en Guyane, dans la forêt, dans les îles, dans la mer. Il faut réinventer le « en même temps » et faire du développement économique en même temps que la transition écologique. »

La nomination du préfet Patrice Latron comme directeur de crise, samedi, a été d’ailleurs un des premiers actes du nouveau gouvernement avant même que les ministres ne soient nommés. C’est qu’il y avait urgence. La directrice de l’ARS, Clara de Bort réclame depuis des semaines des renforts pour la Guyane mais elle n’a pas beaucoup été entendue. La situation est devenue catastrophique et tout le monde, même la ministre Annick Girardin, lors de son passage le 22 juin dernier, criaient au secours ! Elle concédait même ne pas avoir encore de réponse gouvernementale à apporter, avant de « voir avec le ministère de la Santé pour prendre une décision ». Pourtant la même ministre s’était publiquement agacée de la réponse faite par l’ARS sur son manque de moyens, laissant la    fâcheuse impression que c’est l’ARS la responsable… Une semaine plus tard, le 30 juin, Annick Girardin, à l’Assemblée nationale, regrettait encore le manque de ressources humaine pour faire face à la crise de la Covid-19 en Guyane et lançait un appel aux soignants : « Plus de 100 soignants sont déjà arrivés depuis la semaine dernière mais il manque encore 200 volontaires. »

Et ce n’est que le 4 juillet qu’un directeur de crise a été nommé… Le ministère des Outre-mer ne figurait même pas sur ce communiqué de presse. Seuls l’Intérieur, la Santé et les Armées étaient mentionnés… Alors, mardi dans la cour d’Oudinot, au moment de défendre son bilan, Annick Girardin est rapidement passée sur la nomination de Patrice Latron. Au moins, a-t-elle pu nous apprendre que ce dernier allait « partir dans quelques heures », ajoutant encore : « C'est de moyens que la Guyane a besoin. »

Sébastien Lecornu a décidé de ne pas perdre de temps puisqu’il a annoncé mardi après-midi, sitôt après le conseil des ministres, une réunion de crise consacrée à la Covid-19 en Guyane. Au lendemain de cette passation de pouvoir, le Premier ministre Jean Castex a annoncé qu'il se rendrait dimanche 12 juillet en Guyane.

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