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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 07:14
Le président de la CTG a été promu officier de la Légion d'Honneur

Le président de la CTG a été promu officier de la Légion d'Honneur

Les décorés du jour de l'an

Le ministère des Outre-mer a honoré une centaine de citoyens domiens (dont 22 Guyanais !) dans la promotion du 1er janvier de la légion d’Honneur et de l’ordre national du Mérite. Au premier rang de ceux-là, l’évêque de la Guadeloupe, Mgr Riocreux, et le président de la Collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre, tous deux promus officier de la légion d’Honneur. A noter aussi la promotion de l’ancien ministre des Outre-mer et ancien parlementaire, Louis Le Pensec sur la liste du ministère de la Mer.

Parmi les nouveaux chevaliers de la légion d’Honneur, les Martiniquais Line-Rose Arrouvel, présidente d'une association de protection civile, Valère Casca, président d'une association de secourisme et un seul Guadeloupéen, le nouveau président de Corsair, Patrick Vial-Collet, président de la chambre de commerce et d'industrie des Îles de Guadeloupe.

Dans l’ordre national du Mérite, ont été promus officiers Nathalie Ambroise, coordinatrice à la direction générale des services au conseil départemental de la Guadeloupe, présidente d'une association en faveur des personnes autistes, Lucette Manlius, présidente d'une association culturelle de la Guadeloupe, Michel Thimon, ancien conseiller municipal de Ducos, président honoraire d'une association d'anciens combattants, Monique Lowinski, directrice de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration de la préfecture de Martinique, ont été promus officiers de l’ordre national du Mérite. Une autre Martiniquaise est élevée au rang d’officier dans l’ordre du Mérite, mais sur la liste du ministère de la Jeunesse et Sport : Ghislaine Hierso, présidente-fondatrice d'un cabinet de conseil en gouvernance environnementale et sociale, trésorière d'une association de culture scientifique et d’éducation populaire.

Dans l’ordre du Mérite, on compte six chevaliers martiniquais : Bertrand Clerc, dirigeant d'un groupe industriel agroalimentaire, Guillaume Mauger, directeur départemental de la sécurité publique, Serge Pognon, président d'une association caritative, Marie-Claude Pastureau, directrice d'une école de gestion et de commerce, Marinette Torpille, courtier en assurances, membre de la chambre de commerce et d'industrie de Martinique et conseillère exécutive à la CTM, Alain Tripot, commandant de police, et Claudie Vétro, conseillère municipale du Lamentin, vice-présidente d'une communauté d'agglomération. Et deux Guadeloupéens : Robert Piperol, chef de la section déplacement, finances et logistique du ministère des Outre-mer, et Valérie Séné, directrice du parc national de la Guadeloupe, ancienne directrice des opérations du grand port maritime de la Guadeloupe.
A ceux-là, s’ajoute Yola Minatchy, avocate et présidente de l’association du réseau des Talents d’Outre-mer.

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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 06:51
Photo FTV/Nathalie Guyon

Photo FTV/Nathalie Guyon

Interview Karine Baste-Régis, présentatrice remplaçante sur le 20 heures de France 2

« J’ai un côté bonne copine »

Ça fait quoi d'arriver dans le fauteuil du JT de France 2 ?

Les JT de France 2, c’est une quantité d’éditions ! Autant d’éditions que j’ai eu la chance de présenter — les JT de Télématin de 6h30 à 9h, le 13h semaine, 13h week-end, et le 20h semaine —, donc à bien y regarder je suis dans ce fauteuil depuis quelques temps déjà.

C'est sûr que ça n'a pas eu le même retentissement que l’arrivée d’Harry Roselmack au 20 heures de TF1 en 2007 !

Pas le même retentissement tout simplement parce que ce sont deux situations différentes. Deux chaînes différentes, deux journalistes différents et plusieurs années séparent ces situations. Lorsqu’Harry arrive au 20 heures de TF1, c’est un évènement car il est le premier présentateur noir au 20 heures. Quant à moi, 13 ans plus tard, cette nomination intervient dans un contexte tout autre. Une femme au 20 heures, une ultramarine, ce n’est plus — et heureusement — un fait extraordinaire. Aussi France Télévisions m’a vu et fait grandir. C’est au sein de ce groupe que j’évolue depuis tant d’années.

Vous n'êtes pas seulement une enfant de France Télévisions mais aussi de RFO et des Antilles ! 

Le réseau des chaînes La 1ère fait partie intégrante du groupe France Télévisions. Jamais je n’oublierai d’où je viens. Tant de souvenirs à RFO, Télé Martinique ou Martinique 1ère.  Idem en Guadeloupe, Saint-Martin ou Saint-Barth. Tant de challenges ; tant de tournages sur le terrain. Des années particulièrement formatrices.

Quelle est la patte qui peut apporter une présentatrice comme vous dans un journal télévisé ? Quelles sont ses marges de manœuvre ?

 La patte et la marge de manœuvre sont deux choses distinctes. Une présentatrice ou un présentateur apporte de fait sa touche à une édition. Je pense que de sa personnalité, unique, en découle un style et une approche. A titre personnel je suis quelqu’un de très actif en conférence de rédaction. Régulièrement je fais des propositions, soumet des choses qui m’ont interpellée dans l’actualité ou alors ose un pas de côté pour innover.  L’objectif n’est pas d’avoir le dernier mot, mais d’être entendue afin de susciter le débat. Echanger avec les équipes est fondamental et très stimulant.                            

Et les marges de manœuvres, quelles sont-elles ?

La question est trop ouverte ! Tant de facteurs entrent en jeu. Nous faisons de la télé donc avoir envie de traiter une actualité ne suffit pas. Il faut des images, il faut idéalement des intervenants que nous n’aurons pas à flouter. A partir de là tout est possible en théorie ; puis en conférence de rédaction nous mettons chacun nos arguments sur la table, prenons toujours le temps d’évaluer l’intérêt du reportage souhaité et de nous poser la question des attentes de nos téléspectateurs.

On a connu des présentateurs vedettes qui parlaient de « leur » journal. Vous-même, parlez-vous de « votre » journal ? 

Honnêtement à ce stade il ne m’est jamais arrivé d’évoquer « mon » journal. Cela ne me ressemble pas, et surtout je ne sais que trop combien chaque maillon est absolument essentiel. Lorsque vous voyez un(e) journaliste à l’antenne, dites-vous qu’en coulisses il y a une quantité impressionnante de personnes qui ont porté cette présentatrice, ce présentateur. Sans le responsable d’édition dans l’oreillette, sans la rédaction en chef, sans ceux qui s’occupent de la lumière ou du son… C’est simple, il n’y aurait pas de JT !

Avez-vous un modèle, une référence ?

L’idée d’un modèle me dit spontanément qu’il y aurait eu quelqu’un dont je me serais inspirée pour présenter notamment. Du coup je dirais que non. Face caméra vous avez juste « KBR ». Entière, entièrement moi-même.

Comment vivez-vous cette notoriété ? Les gens vous interpellent-ils dans la rue ? 

Cela fait partie du métier ! Dès lors que l’on présente un JT, que l’on s’invite quotidiennement chez les gens, la notoriété est la règle du jeu. J’avoue ne pas être très à l’aise avec cela ; en revanche j’ai l’immense plaisir d’être reconnue pour ce que je suis. Le bonheur d’être interpellée sur ce naturel qui semble tant plaire aux téléspectateurs.  Le revers de la médaille c’est que ce côté bonne copine engage des échanges parfois un peu longs. Souvent les personnes qui m’arrêtent me parlent de leur proches, de leurs projets… c’est touchant.  

France Télévisions s'est imposé un pacte de visibilité pour les Outre-mer, je suppose que lors de ces conférences de rédaction vous en êtes une bonne avocate ?

Oui et non. J’ai évidemment une sensibilité ultramarine ; tout comme mes collègues bretons ou corses auront la leur. Donc je suis ce qu’il se passe outremer et bien sûr propose des reportages en conférence de rédaction. Toutefois j’ai la même exigence que pour toute autre actualité, les mêmes critères. Inenvisageable pour moi de proposer un sujet juste par principe ! Toutefois, France Télévisions n’a pas attendu ce pacte pour que concrètement lors de nos réunions l’outremer soit abordé. Même lorsque je présentais le Soir 3 il y a cinq ans, c’était déjà le cas. J’ai toujours été écoutée à ce niveau aussi.

Ça vous est déjà arrivé de glisser un petit clin d’œil sympathique et discret à des proches pendant un JT ?

Cela m’est sans doute arrivé oui ; mais alors il y avait forcément un lien avec une actualité et/ou un tournage.  Par exemple une équipe qui aura tourné à la pointe Finistère, rencontré une famille particulièrement touchante qui leur aura ouvert ses portes et du coup permis au reportage d’exister… Je m’autoriserais volontiers un clin d’œil, un salut amical à tous ceux qui nous regardent dans le Finistère ce soir-là. Mais rien de personnel non !

Et un tchip ?

Rires ! J’ai presque envie de dire que ça n’est pas impossible, mais ce serait spontané ! Je reste un être humain ! Mais quand même, je vais me retenir. Faut pas exagérer !

Quel est votre meilleur souvenir d’un JT ?

J’ai des tonnes de bons souvenirs de JT ! Mais je dois avouer que les meilleurs sont ceux durant lesquels l’adrénaline aura été maximale. Vous savez, les couacs cela arrive souvent, mais beaucoup sont invisibles pour le téléspectateur. Notre challenge est justement celui-là : que rien ne transpire. A ce moment alors, quelle satisfaction, quel bonheur. Par exemple prendre l’antenne mais les principaux reportages ne sont pas prêts, et l’on vous glisse dans l’oreillette qu’il faut « meubler ». Jargon qui dans notre métier signifie de parler un peu plus longtemps que prévu, le temps de pouvoir mettre le reportage à l’antenne. Souvenirs aussi d’invités qui ne viennent pas mais nous en informent en dernière minute ; ou alors ce fameux matin sur Franceinfo canal 27 ou après une très longue préparation des 3h30 d’antenne, notre rédacteur en chef nous informe 5 minutes avant le début du JT qu’il n’y aura justement pas de JT… Edition spéciale car il vient d’y avoir des frappes américaines en Syrie. Incroyable challenge relevé alors avec l’équipe ! Les invités se sont succédé, c’était intense.

Dans ces conditions vous n'avez pas de mauvais souvenir ?

Pour moi ce n'est pas possible ! Après j'en ai parlé avec d'autres collègues qui me disent : « Mon Dieu mais plus jamais ! Dès qu'il y a un couac dans un JT, c'est trop stressant, C'est trop difficile… » Mais moi, le stress je ne connais pas ! Je ne connais que l'adrénaline.

Un fou-rire ?

Oulala ! Des fous-rires ! Il suffit de taper « fou-rire » et mon nom sur Google ! Ça m’est arrivé mille fois !

Et le blanc ? Vous êtes en interview en direct et d’un coup, plus rien… Vous ne savez plus de quoi vous causez…

Ça ne m’est pas arrivé au cours d’une interview, mais au cours d’un lancement. C’était en Martinique à la mort du chanteur de Gramacks, Jeff Joseph, en 2011. J’ai eu un trou, plus rien ! Je cherchais son nom… Ça a duré une éternité et le nom de Jeff Joseph ne me revenait pas. Et mon responsable d’édition qui devait me parler dans l’oreillette à ce moment-là gérait un petit problème technique et n’a pas pu me glisser le nom… Je me suis sentie seule au monde ! C’est la seule fois où une telle chose m’est arrivée, je m’en souviens comme si c’était hier.

A quoi rêvez-vous avec un tel parcours ?

Je n’ai jamais été du genre à rêver, mais depuis seize ans, si heureuse au travail et si gâtée qu’il m’est impossible de changer de logiciel. J’ai fait un million de choses. Aux Antilles, les yoles, les magazines Résonance ou Caméra Directe, visites ministérielles, l’hebdomadaire Caraïbes, le JT, le terrain…Toujours ce téléphone qui sonnait et des propositions de collaborations. A la fois une chance inouïe mais également la reconnaissance de mon travail et mon implication car je suis une bosseuse. Alors pour répondre à votre question : comment pourrais-je rêver aujourd’hui ? Rêver alors qu’il y a quelques semaines à peine, mon téléphone sonnait et le 20 heures m’était proposé. Je suis gâtée par la vie !

Propos recueillis par FXG

Son parcours vite fait

Après avoir été formée à l’ESRA, Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle, à Nice, Karine Baste-Régis, KBR, devient journaliste en Martinique à RFO. Puis, elle part en Guadeloupe, où pendant quatre ans, elle va couvrir l’actualité, notamment à Saint-Martin. Elle débute en tant que présentatrice à Martinique la 1ère. A l’été 2015, elle est présentatrice du Soir 3/week-end, en remplacement de Francis Letellier sur France 3. Elle assure également le remplacement de la présentatrice du JT de 19 heures en Martinique. En avril 2016, elle présente une émission spéciale Zika pour France Ô. Lors du lancement de la chaîne franceinfo canal 27 en septembre 2016, KBR assure tous les matins, de 6h30 à 9h30, la présentation des JT de la matinale de la nouvelle chaîne d’information en continu. En janvier 2018, elle présente en alternance le magazine d’actualité quotidien, les Témoins d’Outre-Mer sur France Ô, en alternance avec Sonia Chironi. Cette même année, KBR effectue des remplacements au JT 12/13 national. A partir de septembre 2019, elle présente les journaux télévisés de Télématin sur France 2. En octobre 2019, la journaliste assure des remplacements au JT 13heures, puis, pendant l’été dernier, au journal télévisé de 13heures le week-end sur France 2. Depuis le mois d’octobre, KBR assure les remplacements d’Anne-Sophie Lapix au JT de 20 heures de France 2. Elle sera à l’antenne du 28 au 31 décembre 2020.

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17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 06:00
Du rhum 2002 aux enchères chez Artcurial

Du rhum vieux pour la cause de l’APIPD

Rhum Clément, la marque de rhum agricole de la Martinique met aux enchères les 17 et 18 décembre prochains chez Artcurial, l’exemplaire 100/100 de son millésime 2002 exceptionnellement doré à la feuille d’or. Organisée en partenariat avec la maison Artcurial, cette vente se fera au profit de l’Association Pour l’Information et la Prévention de la Drépanocytose (APIPD). La maison Clément soutient l’APIPD depuis de nombreuses années dans sa la lutte contre la drépanocytose, maladie génétique qui concerne plus de 150 millions de personnes dans le monde. « Rhum Clément, a déclaré Jenny Hippocrate Fixy, la présidente de l’APIPD, fait avec nous le pari de l’avenir en aidant la recherche médicale par des dons systématiques, renforçant par là même l’action globale de l’APIPD, notamment en faveur des malades les plus démunis. »

En 2017, la marque avait déjà remis à l’association une partie des bénéfices de la vente des bouteilles exclusives réalisées avec la maison Tournaire. Le rhumier et le joaillier avaient adressé un chèque de 15 000 euros à l’APIPD.

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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 06:39
Danican, du stylisme au mannequinat

A 50 ans, il démarre une carrière de top modèle

Le styliste guadeloupéen Franck Danican est un homme surprenant ! Celui qui se destine depuis son enfance à la mode et au stylisme et qui, pour cette raison, a quitté son Morne-à-l’Eau natal, est désormais l’égérie du photographe de mode new yorkais Victor Giganti. Depuis que la marque de chaussettes Mrd London et celle de maillots de bain Rufskin l’ont choisi pour mettre en valeur leurs modèles, Franck est devenu mannequin. A 50 ans, c’est un exploit ! Interview.

« Je suis un jeune avec un passeport de vieux ! »

Aviez-vous vu venir cette réorientation de votre carrière ?

C’est vrai qu’on m’avait déjà proposé de poser mais je ne voulais pas trop me mélanger avec les jeunes mannequins... Mais quand au début de l’année, Mrd London et Rufskin me l’ont proposé, j’ai sauté sur l’occasion... Aujourd’hui, je connais le métier de A à Z !

Comment vivez-vous ce nouveau statut ?

C’est le statut qu’il fallait pour complètement boucler le cercle ! Il n’est jamais trop tard pour faire les choses, c’est un rêve d’enfant !!!

Ce rôle de top-modèle ne va-t-il pas nuire à votre carrière de styliste ?

C’est un bonus ! Que du bonheur ! Je m’amuse et mes fans sont contents. Je pensais que c’était très facile de poser en maillot et j’ai découvert que c’était plus compliqué que ce que je ne pensais

Comment expliquez-vous que non seulement un photographe, Victor Giganti, ait flashé sur vous, mais que de grandes marques l’aient suivi ?

Le directeur de casting et le photographe ont aimé mon énergie et ils ont réalisé que je suis un jeune avec un passeport de vieux ! Comme dit le dicton populaire, c’est dans les vieilles marmites qu’on fait la bonne soupe ! J’ai accepté le premier casting avec Victor et ça a donné des photos magnifiques. Deux autres marques, Tani Underwear et Rufskin, les ont vues et ont demandé le même photographe et le même modèle. J’étais super honoré ! Depuis ont fait équipe, on travaille ensemble. Ma dernière campagne était pour une marque d’eau minérale !

Pouviez-vous imaginer que le profil d’un homme noir de 50 ans pouvait emporter l’adhésion du public au pays de George Floyd ?

Je ne fais jamais appel à ma date de naissance pour me donner du plaisir ou faire rêver !!!

Quant à Georges Floyd, paix à son âme ! La vie a toujours été ainsi émaillée par la peur, les viols, les accidents, les morts, les nuisances, le feu, les guerres, les meurtres… Nous devons être forts pour avancer et ne plus rester avec la haine et la tristesse. Il faut rêver !

A quoi rêvez-vous ?

Je rêve à un monde de paix de rêve et d’égalité ! Il faut se serrer les coudes et avancer ! La vie, ce n’est pas du lait ! Avec ou sans, il faut continuer à se battre. La réussite est toujours au bout. J’espère que même avec les masques, les Antilles fêteront noël et le réveillon du jour de l’an en grand ! Merci beaucoup aux lecteurs de France-Antilles, bonnes fêtes de fin d’année !

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 05:52
Une requête en inscription de faux contre le procureur de Fort-de-France

Alfred Marie-Jeanne poursuit le parquet de Fort-de-France pour faux

Ce 5 décembre, la première chambre civile du pôle 1 du tribunal judiciaire de Paris juge la requête en inscription de faux en écriture publique déposée par Alfred Marie-Jeanne et sa fille Maguy à l’encontre du procureur de la République de Fort-de-France.

La requête en inscription de faux en écriture publique concerne la réquisition d’enquête du ministère public à la police judiciaire datée du 19 avril 2010 et relative au dossier Green Parrot. La réquisition est datée du 19 avril 2010 alors que figure sur cette pièce le tampon de la DIPJ indiquant qu’elle a été reçue le 21 mars 2010. Un second exemplaire de cette réquisition figure au dossier pénal mais avec une mention manuscrite indiquant qu’elle a été reçue cette fois le 19 mars 2010. Dans les deux cas, elle aurait été reçue un mois avant d’avoir été expédiée !

C’est cette réquisition de la police judiciaire qui a valu à Alfred Marie-Jeanne d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris en mars 2018. Lors de cette audience, le tribunal avait constaté « l’irrégularité de l’ordonnance » qui renvoyait M. Marie-Jeanne et sa fille devant les juges et renvoyé le dossier au parquet. Après avoir requalifié les faits poursuivis en prise illégale d’intérêt, le parquet de Paris a de nouveau renvoyé Alfred Marie-Jeanne et sa fille devant le tribunal judiciaire (il n’y a pas encore de date). Il est reproché à celui qui alors le président de la Région Martinique d’avoir signé la délibération du 13 novembre 2007 qui attribue 850 000 euros au gouvernement de la Dominique alors que la Commission permanente ne s’était prononcée que sur 650 000 en septembre 2007.

En soulevant ce problème de date d’expédition et de réception, la défense d’Alfred Marie-Jeanne pose la question de la date à partir de laquelle débute la prescription pour les faits qui sont reprochés aux Marie-Jeanne.

Action civile et plainte pénale

Mais une requête en inscription de faux devant une juridiction civile doit être obligatoirement accompagnée d’une plainte pour faux devant la justice pénale. C’est ainsi qu’une première plainte pour faux a été déposée devant le parquet de Fort-de-France en février 2016. Cassée sans suite. Alfred Marie-Jeanne a déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction. Au bout d’un an, la juge Huguet a rendu une ordonnance de refus d’informer. Marie-Jeanne a fait appel. En juillet 2018, la chambre de l’instruction a confirmé l’ordonnance de refus d’informer. Le pourvoi en cassation de M. Marie-Jeanne a été rejeté en novembre 2019. Cette décision fait actuellement l’objet d’un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme.

Le 5 décembre prochain, puisque tous les recours ont été épuisés, le juge civil sera en mesure de rendre sa décision. Avec un enjeu de taille : soit le juge reconnaît le faux et cela ouvre la porte à un renvoi du procureur devant une cour d’assises, ce qui ne s’est jamais vu, soit le juge ne reconnaît pas le faux et c’est la fin de la partie. Sauf à ce que la France soit condamnée par la CEDH puisque dans ce dossier, la justice s’est privée d’entendre au moins une fois le plaignant Marie-Jeanne en cinq ans, alors que cela fait partie de ses obligations. Reste que le parquet de Fort-de-France a pris soin depuis le début de cette affaire d’avoir son propre avocat en la personne de Me Chabert du barreau de Paris.

FXG

Le contexte de l’affaire Green Parrot

21 novembre 2004, un séisme de magnitude 6,3 occasionne des dégâts considérables à la Dominique. Après avoir envoyé une mission d’expertise en Dominique, le Conseil régional de la Martinique alors présidé par Alfred Marie-Jeanne vote une mesure de soutien financier en faveur de ce pays voisin. A la fin de l’année 2009, alors que les élections régionales doivent avoir lieu en mars, le site Domactu publie un commentaire d'un lecteur intitulé « La coopération régionale selon Alfred ou le business de Maguy et Mark », accolé à un article totalement étranger à ce sujet. Cette publication allègue que les subventions en faveur de la Dominique étaient dictées par des motifs personnels… Alfred Marie-Jeanne dépose aussitôt plainte pour diffamation devant le doyen des juges d’instruction de Fort-de-France. Le 19 avril 2010, le parquet ouvre une enquête préliminaire contre Alfred Marie-Jeanne sur la base de lettres anonymes reprenant la teneur du commentaire publié sur Domactu. Une information judiciaire est ouverte en juin 2012. Alfred Marie-Jeanne est mis en examen pour prise illégale d’intérêt, faux et usage de faux le 8 février 2013. La mise en examen est annulée par la chambre de l’instruction le 9 juillet 2013. Alfred Marie-Jeanne est à nouveau mis en examen le 25 mars 2014. Le 6 janvier 2015, le juge d’instruction notifie à Alfred Marie-Jeanne les réquisitions du parquet datée du 6 octobre 2014 et déjà publiées dans la presse. Alfred Marie-Jeanne est déjà en campagne en mars 2015 quand il est renvoyé devant le tribunal correctionnel. Il est élu président de la CTM en décembre 2015. Février 2016, Alfred Marie-Jeanne découvre les problèmes de date sur la réquisition d’enquête signée du procureur…

 

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 10:16
Deux ans de répit pour le POSEI

Le Budget du POSEI reconduit pour deux ans

« Grâce à l’engagement du président de la République, du Premier ministre et des membres du Gouvernement, à la mobilisation de nos parlementaires au Parlement européen, en lien toujours étroit avec l’Espagne, le Portugal et la Grèce, le maintien des enveloppes annuelles du POSEI a été obtenu. » Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, s’est ainsi réjoui cette semaine du maintien du budget du programme d’option spécifique à l’éloignement et à l’insularité (POSEI), l’enveloppe destinée à soutenir l’agriculture des régions ultrapériphériques européennes à hauteur de 653 millions d’euros par an dont 278 pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Mayotte et Saint-Martin.  Après une bataille homérique entamée en juin 2018, le Comité Spécial de l’Agriculture (CSA) du Conseil européen a fini par valider vendredi 27 novembre le maintien de ce budget que la Commission européenne aurait bien aimé amputer de 25 millions d’euros. « Je me félicite de ce maintien du budget du POSEI, indispensable pour renforcer la résilience des exploitations agricoles dans les DOM et la souveraineté alimentaire dans ces territoires », a renchéri le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie. L’opposition y a, elle aussi, été de ses louanges : « C’est un soulagement, nous savons désormais que nos agriculteurs ne seront pas frappés par des baisses indignes, ça a été une bataille législative et politique d’une rare longueur de plus de deux ans », a déclaré le président de la Commission du développement régional au parlement européen, Younous Omarjee (LFI). Pourtant, la victoire chantée par tous  pourrait bien n’être qu’éphémère ou plus précisément biennale. En effet, le député européen André Rouget (RN) fait observer que l’abondement de l’enveloppe du POSEI proviendra « pour une moitié du fonds de réserve de la Commission européenne et pour une autre moitié d’un prélèvement sur les enveloppes PAC de la France, l’Espagne, le Portugal et la Grèce » et que cette dotation ne sera assurée que jusqu’en 2022. Cette courte victoire fait dire à l’eurodéputé LREM Stéphane Bijoux : « Avec nos professionnels du monde agricole, nous avons mené ce combat (…) C’est encore ensemble que nous continuerons à nous battre pour inscrire le POSEI dans la durée et sécuriser durablement nos agriculteurs et nos éleveurs. » Le Parlement européen doit se prononcera à son tour sur cet accord lors de la session de décembre 2020 avant que tous ne doivent remonter au créneau en 2022…

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 06:31
Karine Mousseau, présidente du Comité martiniquais du Tourisme

Karine Mousseau, présidente du Comité martiniquais du Tourisme

Le Comité Martiniquais du Tourisme a lancé une vaste campagne de communication télévisée et digitale sur le marché français. Karine Mousseau, présidente du Comité martiniquais du tourisme en précise les enjeux.

La Martinique sera une des seules destination long-courrier où il sera possible de voyager en 2021

Qu'attendez-vous d'une telle campagne de communication sur le marché français en terme quantitatif ?

Notre principal message est le suivant : La Martinique est une destination sûre, accueillante et accessible. La Martinique sera l’une des seules destinations long-courrier où il sera possible pour les touristes français de voyager cet hiver. Nous invitons tous les voyageurs en quête d’évasion et de rencontres authentiques à réserver dès aujourd’hui leurs prochaines vacances en Martinique. Enfin, nous souhaiterions rappeler aux français que voyager en Martinique est une façon de soutenir l’économie française. 

Si, l’Hexagone reste bien entendu la cible prioritaire de cette campagne, nous avons également prévus des actions à destination des marchés belge et canadien afin de faire de la Martinique une destination incontournable pour les vacances d’hiver. 

Où en sont actuellement, avant que ne commence cette campagne, les réservations en termes de voyage et d'hôtellerie ?

Le tourisme en Martinique subit d’importantes pertes.  La fréquentation touristique de séjour a reculé de 43.5 % au cours des 9 premiers mois de l’année 2020, en comparaison avec la même période de 2019 (la diminution sur le marché français a été de 49.6 %). Cette chute de fréquentation occasionne une perte de recettes extérieures générées par le tourisme de séjour de l’ordre de 162 millions d’euros. 

Le CMT est en lien permanent avec les professionnels. Nous assurons le relais de l’information sur les différents dispositifs d’aide mis en œuvre par l’État et la Collectivité Territoriale de Martinique. Nous sommes la porte d’entrée pour les demandes d’aides à la CTM. Nous souhaitons être les plus efficaces possible pour aider ces entreprises à traverser cette crise. 

A partir de quels objectifs estimez-vous que vous aurez réussi à sauvegarder la haute saison touristique de l’île ?

Il est certain que la crise de la Covid-19 a impacté l’activité touristique de la destination. La priorité du Comité Martiniquais du Tourisme est donc de soutenir les professionnels afin de maintenir l’offre touristique. Ainsi, en concertation avec les professionnels du tourisme martiniquais et à la suite d’une série de consultations avec les représentants de l’industrie, le Comité Martiniquais du Tourisme a fait le choix de mettre en place une campagne télévisée et digitale d’ampleur afin de permettre un redémarrage économique au plus tôt pour le secteur dès que le confinement sera levé.

Combien le Comité martiniquais du tourisme investit-il dans cette campagne ?

Pour cette campagne qui a été lancée le 27 novembre, nous avons débloqué un budget de 900 000 € consacré à une campagne télé et 200 000 € qui  sera destiné à un plan digital. Ce budget investi sur notre marché France fait partie d’un plan de relance global de 2,7 millions d’euros.

Pensez-vous que la fréquentation touristique puisse recommencer d'être en progression constante après la crise Covid19 ?

Il est évident que, la crise de la Covid-19 aura un impact durable le secteur du tourisme au niveau mondial. 

Alors que la perspective d’une reprise des voyages internationaux semble lointaine, nous pensons que nos efforts auprès du marché français porteront ses fruits et permettront la hausse d’une fréquentation touristique dès que les déplacements entre les régions seront autorisés.

Néanmoins, même le confinement passé, et la crise épidémique finie, nos visiteurs resteront prudents pendant très longtemps. Il y aura forcément un impact psychologique fort. Il faudra lutter contre « la peur de voyager » en gagnant la confiance de nos potentiels visiteurs. 

Nous travaillons donc à l’après crise avec un plan de relance avec des messages adaptés. Dans ce contexte bouleversé, la Martinique a une véritable carte à jouer. Nous souhaitons communiquer sur les facilités d’accès et la sécurité de la destination grâce aux protocoles sanitaires appliqués au même titre que la France hexagonale.

La Martinique sera une des seules destination long-courrier où il sera possible de voyager en 2021. En tirant sa force de son riche patrimoine naturel et culturel et de l'accueil de sa population, la Martinique a l’occasion aujourd’hui de s’inscrire durablement dans le cœur des français.

Le conseil économique et social environnemental a réfléchi à l'avenir du tourisme en outre-mer. A son avis, il devrait être durable et résilient. Le CMT et les professionnels du tourisme de la Martinique y sont-ils prêts ? 

Tout à fait,  la Martinique doit se réinventer et être partie prenante du tourisme de demain et se montrer exemplaire en termes de tourisme durable. Pour répondre à ces nouveaux enjeux, le CMT travaille en concertation avec les professionnels du tourisme martiniquais. Nous sommes convaincus que notre industrie du tourisme a toutes les capacités pour relever ce défi.

Propos recueillis par FXG

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 09:57
Lycinaïs Jean et sa mèche rebelle

Lycinaïs Jean vient de sortir son deuxième album, intitulé « Mèche reb'l », un titre qui lui ressemble. Rencontre.

« Je fais de la pop caribéenne »

Comment est née cette mèche ?

Cette mèche est née sur ma tête. Elle est née de ma coiffure même si c'est parti sur mon trait de caractère un peu têtu… C'est à ça que j'ai associé la mèche rebelle. Mèche rebelle ce n'est pas un titre, c'est un état d'esprit et pas un morceau en particulier. C'est la coupe en premier et puis le caractère ! Après j'ai choisi des morceaux qui rentrent dans ce cadre mais ce n'est pas un morceau en particulier qui m'a poussé à appeler mon album comme ça. Je suis en constant renouvellement et chaque album, je le vois un peu comme un échantillon de moi. Je ne veux pas reproduire la même chose à chaque fois, je ne veux pas rester dans ma zone de confort. Le but c'est de toujours en sortir.

C'est ça l'esprit de la mèche rebelle ?

Je pense que le premier album aurait déjà pu s'appeler comme ça

Qu'est-ce qui est important pour vous ?

Faire passer l'émotion… Avant tout, c'est ça ! Que les gens comprennent le propos. Ça dépend du message que je veux faire passer, ça dépend du titre parce qu'on ne peut pas précisément cataloguer mon propos.

Derrière cette mèche rebelle se cache le cœur tendre d'une jeune fille...

Derrière chaque personne qui a un fort caractère il y a toujours un cœur tendre. Plus la carapace est grosse, plus il y a un cœur tendre à protéger à l’intérieur. Moi aussi, je me protège.

Vous avez composé cet album pendant le confinement ?

Je ne dis pas que j'ai composé un album. Je compose tout court. Je compose des titres… Après on peut parler de l'état d'esprit dans lequel j'étais pendant cette période. Je n'étais pas dans une forme de rébellion mais j'étais dans un mood particulier et j'ai choisi les titres de cette période-là pour que ce soit cohérent avec le titre mèche rebelle.

Vous l’avez composée seule ?

J'ai composé cet album toute seule en grande partie. Il n’y a que 4 morceaux qui ne sont pas de moi. Pour Au Nom De l'Amour, c’est Bbo qui a fait l’instrumental, pour Pas à Pas, c’est  mon guitariste Joseph qui a fait des arrangements sur mon instrumental. Pour le titre Connasse, j’ai trouvé un beat maker qui a l'habitude de partager ses instrumentaux sur youtube. J'ai couru l'acheter et j'ai composé dessus et mon guitariste a ajouté ses arrangements. Le dernier, c’est Pas Dans le Mood…

Vous avez utilisé l'autotune, c’est pour être à la mode ?

Effectivement il y a la tendance qui fait que de plus en plus on entend le vocodeur et puis ça apporte une couleur différente en fonction du style musical mais c'est un outil que j'ai toujours utilisé. Dans tous mes titres, même les plus épurés, il y a toujours de l'autotune. C’est un outil qui, à la base, sert à faire de légères corrections, une fois qu'on le met fort, forcément ça s'entend !

Comment avez-vous vécu le confinement ?

C’est une sortie d'album confinée ! on ne peut pas faire de promo comme on pourrait le faire en temps normal c'est à dire faire des concerts allez donner des interviews en radio… on est obligé de tout faire maison, quoi. On essaye d'exploiter au maximum les réseaux sociaux on va payer de la pub sur internet pour faire un peu plus d'audience mais à part ça il n'y a pas 36 milles techniques quand on reste chez soi. En même temps tout le monde est à la maison donc on a plus de chance de toucher les gens aussi, qu'ils soient plus connectés sur internet mais bon ça ne suffit pas. Il faut qu'on puisse quand même exercer notre métier et gagner notre vie tout simplement. On sait très bien que ce ne sont pas les ventes de CD qui vont nous faire manger ça aurait été bien qu'on puisse recommencer à travailler normalement en faisant des concerts et repartir à la rencontre de notre public

Vous êtes déjà prête à repartir sur les scènes de France ?

Nous avons des concerts prévus pour la fin du mois de décembre si le confinement s'arrête comme prévu, quant à venir jouer aux Antilles honnêtement je ne sais pas. On n'a pas de visibilité.

Est-ce que le confinement est favorable à la composition ?

C'est grâce au premier confinement malgré tout ce qu'il avait de négatif que j'ai pu finaliser mon album, prendre du recul dessus… j'ai même retiré certains titres remplacés par d'autres… Ça m'a laissé plus de temps pour commencer à m'y mettre, pour concrétiser l’album surtout, tout mettre à plat. Ça m'a laissé le temps d'avoir envie aussi parce que j'ai passé 2 années consécutives à tourner sans cesse et le peu de fois où j'étais chez moi je n'avais pas spécialement envie de composer. J'avais plus envie de m'aérer l'esprit, faire autre chose que de la musique… Donc ça m'a quand même bien servi ce confinement !

Quel est votre morceau préféré ?

Mon morceau préféré... J'ai eu du mal mais finalement oui ! C’est Your Body. Sa mélodie me plaît, son côté épuré, acoustique… a me parle !

Avez-vous toujours ce même tropisme pour le zouk ?

Oui toujours, ça fait un petit moment que je n'en ai pas fait, mais j'attends de me renouveler à ce niveau-là. C'est comme tout ! Dès que j'aborde un style, pendant un petit moment il faut que je fasse une pause, que je me rafraîchisse un peu et que je revienne avec de nouvelles idées.

Vous faites toujours de la pop ?

Le mot pop réunit à peu près tous les styles musicaux… Oui ce que je fais c'est de la pop, caribéenne mais c'est de la pop. La Caraïbe c'est mon essence principale même si je le voulais, je ne pense pas que je pourrais m'en séparer.

Propos recueillis par FXG

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 05:41
Interview du ministre des Outre-mer

Interview Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer

« La commande publique est l’un des leviers majeurs pour le rebond de l’économie »

Les Antilles ont été frappées par des pluies diluviennes qui ont entraîné des inondations et causé des dégâts importants. Quelles mesures seront prises par l’Etat ?

Je suis de tout cœur avec nos compatriotes antillais qui ont été victimes de ces inondations. Les services de l’Etat compétents tant au niveau central que local ont enclenché la procédure qui conduira à la prise d’un arrêté de reconnaissance de catastrophe naturelle. Par ailleurs, le ministère des Outre-mer instruira les demandes d’indemnisation au titre du fonds de secours outre-mer qui lui seront présentées. La solidarité nationale sera au rendez-vous.

C’est la première fois qu’un ministre des Outre-mer dirige son ministère si longtemps depuis le Pacifique Sud où vous avez mené vos consultations en Nouvelle-Calédonie dans la foulée du deuxième référendum d’autodétermination. Comment avez-vous fait pour suivre les affaires antillaises et guyanaises ?

Vous avez raison, la situation n’était pas banale. Avant de répondre à votre question, laissez-moi rappeler pourquoi il était important que je me rende en Nouvelle-Calédonie au lendemain de la deuxième consultation sur l’indépendance. Le processus politique initié par les accords de Matignon (1988) puis de Nouméa (1998) arrive à sa fin : quoi qu’il arrive avant 2022, nous devons imaginer, avec les acteurs politiques calédoniens, la suite. Cela ne pouvait se faire à distance, par visioconférence. La quatorzaine, imposée à toute personne arrivant sur le sol calédonien, a forcément rallongé la durée de ce voyage.

Heureusement, les moyens de communication modernes et sécurisés m’ont permis pendant cette période de suivre les autres dossiers de mon ministère, en premier lieu évidemment la situation sanitaire dans les Antilles et en Polynésie. Deux points quotidiens étaient organisés avec mon cabinet, en tenant compte du décalage horaire. J’ai également pu participer aux Conseils de défense et de sécurité nationale et aux Conseil des ministres en visio. Malgré la distance, j’ai ainsi suivi la mise en place, par le préfet, du confinement en Martinique et de son respect.

La discussion budgétaire a donné l’occasion de parler du plan de relance, mais chaque territoire a encore du mal à trouver midi à sa porte. Comment cela va-t-il se répartir entre les DROM, comment les entrepreneurs vont -ils avoir accès aux mesures de soutien ? Dans quels délais ?

Il ne faut pas confondre les mesures d’urgence exceptionnelles mises en place depuis le printemps dernier, et encore renouvelées avec la poursuite des restrictions sanitaires, et France Relance dont l’objectif est de faire redémarrer durablement notre économie. Pour mémoire, pour les Outre-mer, les prêts garantis par l’État, l’activité partielle, le fonds de solidarité et les reports de charges représentent déjà plus de 4 milliards €. La présentation du plan de relance le 3 septembre était une première étape. La volonté du président de la République et du Premier ministre est maintenant que ce plan de relance soit territorialisé. Nous allons décliner pour les Outre-mer des plans de relance spécifiques à chacun des départements et régions ultramarins. Pour cela, nous devons travailler avec l’ensemble des parties prenantes localement : les élus, les acteurs socio-économiques, la société civile… C’est pourquoi j’ai demandé aux préfets de mener des consultations pour pouvoir remonter les besoins, et ainsi pouvoir financer dans le cadre de France Relance des projets concrets et au bénéfice des citoyens. Ce travail est en cours.

Quel rôle dans cette crise peut et doit jouer la commande publique, notamment pour le BTP ?

Il est clair que la commande publique est l’un des leviers majeurs pour le rebond de l’économie, et ce plus particulièrement dans les Outre-mer. C’est d’ailleurs pour cela que, dès juillet, avec Bruno Le Maire, nous avons signé un décret pour relever les seuils à 70 000€ HT pour le déclenchement des marchés publics. Cette facilité majeure accordée par le Gouvernement permet aux collectivités territoriales de jouer pleinement leur rôle dans cette période de crise.

Malgré les aides et le plan de relance, le tourisme est le vrai perdant de la crise COVID19 aux Antilles. N’est-ce qu’un moment à passer ? Si oui comment tenir en attendant une hypothétique reprise ?

Depuis le début de la crise, nous travaillons avec les acteurs du tourisme et les élus locaux pour prendre les mesures les plus adaptées aux économies locales. Si aujourd’hui notre priorité est la protection de nos concitoyens, nous devons dès maintenant préparer la reprise. Déjà, pour fluidifier le transport aérien vers les territoires ultramarins, nous avons permis l’installation d’un centre de tests antigéniques à l’aéroport d’Orly. Aussi, Atout France lancera une campagne de communication afin d’inciter les Français à se rendre dans les Outre-mer pour leurs vacances, dès que les conditions sanitaires le permettront. Si nous nous projetons à long terme, je crois que les Outre-mer sauront répondre à la nouvelle demande de tourisme : cette crise a révélé chez beaucoup de nos concitoyens une vraie envie de nature.

Le budget OM qui est en train d’être voté est-il assez adapté à la situation de crise que nous vivons dans les territoires ?

Ce budget incarne l’ambition du Gouvernement pour les Outre-mer. Les crédits propres au ministère sont en augmentation significative : + 6%. Sur l’ensemble budget de l’Etat, ce sont près de 20 milliards d’euros qui seront consacrés aux territoires ultramarins en 2021. Cela comprend les 1,5 milliard d’euros destinés au plan de relance en Outre-mer, dont les priorités sont clairement adaptées à la crise que nous vivons : 50 millions d’euros pour accélérer la construction et la rénovation des réseaux d’eau et d’assainissement ; 80 millions d’euros pour la transformation de l’agriculture ; 500 millions d’euros pour l’emploi et la formation… Aussi, pour soutenir les collectivités locales, nous allons installer les contrats d’accompagnement, que proposaient le député Jean-René Cazeneuve et le sénateur Georges Patient dans leur rapport parlementaire. Le principe est simple : les collectivités ultramarines qui le souhaitent prennent des engagements pour équilibrer leur budget, en contrepartie, l’Etat leur apporte un soutien financier exceptionnel.

Qu’est-ce qui a présidé aux choix faits de ne reconfiner que la Martinique ? Ce reconfinement, plus court là-bas, pourrait-t-il être amené à évoluer ? De leur côté, la Guyane et la Guadeloupe sont-elles définitivement épargnées ?

La situation sanitaire en Martinique est particulière : nous luttons sur place contre la propagation de la Covid-19, mais également de la dengue. Ce sont ces deux épidémies combinées, qui mettent en tension le système hospitalier. C’est pour cela que nous avons pris la décision de confiner la Martinique. Pour autant, nous prenons d’autres mesures pour endiguer l’épidémie dans les autres territoires. Elles sont toutes concertées avec les élus locaux et les acteurs socio-économiques. En Guadeloupe, l’épidémie est maîtrisée, mais reste à un niveau élevé. Les rassemblements y sont interdits, des restrictions sont appliquées dans les grandes surfaces… Quant à la Guyane, nous restons vigilants du fait de sa situation géographique.

La Martinique est agitée depuis plusieurs mois par les protestations du mouvements Rouge Vert Noir qui semble donner beaucoup de mal au parquet de Fort-de-France (et qui a abouti à renvoyer deux gendarmes devant le tribunal militaire). La stratégie employée par l’Etat est-elle la bonne ? Entendez-vous donner une suite aux travaux de la commission d’enquête chlordécone puisque toute cette agitation provient de ce dossier ?

Le Plan Chlordécone 4 sera annoncé d'ici la fin d'année. Il tiendra compte des 42 propositions de la commission d'enquête présidée par Serge Letchimy. 2 millions d’euros seront par ailleurs consacrés pour tester les publics prioritaires, notamment les femmes qui souhaitent procréer. Pour le reste, un procès est en cours et je ne souhaite pas m’exprimer sur une procédure judiciaire en cours. Le droit de manifester est constitutionnel, mais les manifestations doivent se dérouler dans le respect de l’ordre public et de l’Etat de droit. Personne n’aurait à gagner d’une récupération politique de ce sujet sensible.

Les autorités guyanaises semblent avoir beaucoup avancé dans leurs travaux préparatoires pour une évolution institutionnelle. Dans quel cadre pourrait naître ce nouveau statut sui generis que les Guyanais demandent ?

Effectivement depuis les Etats généraux sur la Guyane, beaucoup de réflexions ont eu lieu sur l'avenir institutionnel de cette collectivité. Les travaux se poursuivent et le Gouvernement est bien évidemment prêt à poursuivre cette réflexion. Toutefois, nous ne pouvons pas préempter les élections territoriales de l’année prochaine qui constituent une étape démocratique importante pour la Guyane.

Vous vous êtes dit favorable à une évolution institutionnelle en Guadeloupe à condition que les élus s’en emparent. La loi 3D sur la différenciation offrirait-elle une fenêtre de tir favorable ?

Le projet de loi 3D comportera un titre dédié à l'Outre-mer. C'est l'engagement du président de la République. Comme l'a annoncé le Premier ministre, ce projet de loi sera adopté en Conseil des ministres en janvier 2021. Compte tenu des échéances territoriales prévues en 2021, il a été décidé de ne pas y inclure de dispositions "statutaires" ou "institutionnelles" dans un texte si proche d'un scrutin électoral. Mais d'autres dispositions concernant la Guadeloupe pourront parfaitement trouver leur place dans le cadre du processus parlementaire.

Cette loi 3D pourrait-elle aussi permettre à la Martinique d’évoluer ?

De la même manière, nous ne changerons pas l'organisation et le fonctionnement d'une collectivité à seulement quelques mois d'une élection.

Propos recueillis par FXG

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 05:39
De 11 à 8

Le CESE aura 8 représentants des Outre-mer au lieu de 11

Dans le cadre de la réforme di Conseil économique social et environnemental, l’Assemblée nationale a adopté lundi soir l'amendement du gouvernement et de la majorité relatif à la représentation de ses membres. Rappelons que cette réforme voulue par le président de la République prévoit de ramener les effectifs globaux de 233 à 175 membres. L’amendement prévoit 45 représentants pour la cohésion sociale, territoriale et la vie associative dont 8 représentants des Outre-mer au lieu de 11 jusqu’alors. Reste désormais à définir le mode de désignation.

FXG

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