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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 07:47
Karl Wesson Consil, évadé et champion de freefight

L'aventure extraordinaire de Wesson Consil, l'évadé devenu champion de boxe thaïe

Jeudi 24 janvier, le tribunal correctionnel d'Arras a condamné à un an de prison pour évasion un jeune homme d'origine martiniquaise, Karl Consil dit Wesson, après six ans de cavale en Thaïlande et en Chine où il est devenu un champion de boxe thaïlandaise et pensait avoir trouvé la voie de sa rédemption jusqu'à une dénonciation anonyme et son extradition en France...

L'histoire de Karl Consil débute en 1986 dans la banlieue parisienne, à Aubervilliers (93), puis à Ully Saint-Georges (60). Ses parents ont débarqué de la Martinique peu avant. Leurs trois enfants vont très vite subir la pression dure de la cité et le jeune Karl montre très vite des signes de turbulence. Dès qu'il est dehors, il exprime son mal vivre par la violence. Seul le sport parvient à le calmer. A 16 ans, Karl est un délinquant et à 27 ans, il a déjà fait neuf années de prison. Il profite alors d'une permission de sortie pour annoncer à ses parents que, déprimé, il ne retournera pas en cellule. Il a 2000 euros en poche et en claque 1600 pour acheter un ticket pour la Thaïlande. Là-bas, il se rend au grand gymnase où tous les soirs ont lieu des combats de muay thaïe, la boxe thaïlandaise, le free fight ! Il assiste à quelques matchs et rencontre le taulier avec lequel il sympathise et qui accepte qu'il s'entraîne sur place. Il apprend les rudiments et très vite demande à combattre. Il a une telle rage en lui qu'à la surprise générale, il gagne son premier combat.  Repéré par un manager local, il signe un contrat : il combattra tous les deux soirs et touchera 70 euros par match. Le manager garde ses papiers. Son visa n'est valable que trois mois... Karl gagne tous ses combats et sa réputation n'est bientôt plus à faire.

A Shanghaï

Au bout d'un an, las d'être exploité et méprisé par son manager, il s'enfuit en Chine, à Shanghaï où il ne connaît personne. Il traîne les salles de sport, s'entraîne encore et combat. Premier combat, première victoire ! Un manager le repère, un Américain cette fois qui lui propose 30 % des gains, soit 300 US$ par match. Karl devient Wesson. Il va gagner plus mais reste un clandestin, un sans papier. Il dort dans le dojo du club Wu Taï Hui, apprend l'anglais, le chinois et commence à se reconstruire une vie autour de ce sport. En réalité, c'est un nouveau calvaire qui démarre. "Je croyais que la prison était ce qu'il y avait de plus dur, en réalité je trouvais pire à l'extérieur." Karl est reconnu comme champion, mais il est un esclave.

Il s'enfuit dans la région du Wuhan, dans la province de Hubei, pour échapper à son manager et devient professeur de boxe dans une école. Il se rend au Tibet pour s'initier au Shao-Lin et améliore encore ses facultés. En Chine, Karl est devenu une vedette. Wesson est révéré dans le monde de la boxe. Les enfants s'arrachent ses affiches, d'autres lui demandent des selfies... Il songe à la France... Tout cela est désormais derrière lui. Mais le manager américain n'a pas apprécié de perdre son poulain et le dénonce.

Un homme qui souffre n'est pas un ours qui danse

Un soir après un combat, Wesson se rend dans un fast food. La police le contrôle. Il n'a pas de papier, il est arrêté et très vite extradé en France...

Jeudi dernier, à la barre du tribunal d'Arras, alors qu'il était jugé pour son évasion sept ans plus tôt, Karl Consil, alias Wesson a raconté son histoire. "Ce procès n'est pas un spectacle, a commencé le procureur dans son réquisitoire ! Vous racontez votre vie avec complaisance, mais vous vous êtes évadé. C'est grave ! Il faut donner un signal fort à ceux qui sont à l'intérieur ! Je demande trois ans ferme !"

Me Ursulet, appelé à sa défense par le père de Karl, réplique : "Un homme qui souffre n'est pas un ours qui danse ! Ce n'est  pas un spectacle, mais la confession douloureuse d'un homme sur le chemin de la rédemption..." Un peu plus tôt Karl déclarait au tribunal : "Quand je me suis évadé, j'étais dans un état pathologique, le même que celui dans lequel se trouvait Mohamed Merah..." Un grand murmure a parcouru la salle d'audience. "Dans le sport, a-t-il poursuivi, je me suis désamorcé. Aujourd'hui, je n'ai plus de haine... L'homme qui s'est évadé il y a sept ans n'est pas celui qui est devant vous." Le tribunal prononce la peine : Un an. La présidence explique sa décision de clémence puis demande : "Voulez-vous ajouter quelque chose ?" Karl répond en chinois. "J'espère que ce n'est pas un outrage", reprend la présidente. "Je vous ai dit merci en chinois..." Karl a passé six ans en Chine... Dans la prison d'Arras où il purge sa peine, Karl s'entraîne. Il se prépare pour son premier combat en France, à sa sortie. Il veut monter une association de combattants franco-chinois et une école de free fight à la Martinique.

FXG, à Paris

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29 janvier 2019 2 29 /01 /janvier /2019 06:29
Max Zitta enchaîne deux soirées gospel à l'Olympia les 16 et 17 février

Max Zitta est de retour au pays pour animer une masterclass ce 29 janvier à Gourbeyre avec les élèves qui l'accompagneront sur la scène de l'Olympia pour le marathon du Gospel le 17 février, au lendemain de son concert avec les Gospel voices. Rencontre avec le roi du gospel français.

"Je suis la référence du Gospel en France"

Quelles sont vos attaches guadeloupéennes ?

Je viens de Douville/Sainte-Anne. Du côté de mon père, c'est la branche musicienne. On dit depuis toujours que c'est la musique qui nous a amenés aux Antilles. C'est une vieille tante que j'ai eu le temps de connaître qui m'a raconté que la famille Zitta était une famille de musiciens du Congo. C'était déjà la fin de l'esclavage quand ils ont été pris dans un traquenard. On les a fait venir à bord d'un navire pour se produire et pendant qu'ils jouaient, le bateau a levé l'ancre... Ils ont été ainsi déportés. Depuis il y a eu des Zitta en Martinique, il y a eu des Zitta qui ont été des nèg mawon en Guadeloupe et il y a eu aussi des Zitta en Haïti. Ce sont tous des musiciens, des griots.

Comment avez-vous commencé à être musicien vous-même ?

J'ai commencé la musique avec mon père à la chorale. Quand le courant adventiste est arrivé, mon grand-père qui était aussi musicien s'y est rallié. Sur ses sept enfants, trois fils et quatre filles, deux de ses fils sont devenus pasteur et deux de ses filles se sont mariées chacune avec un pasteur. Mon approche du gospel vient de là ! Mon père était directeur de chorale de la communauté et m'emmenait à la chorale de Boissard. On dit même qu'alors que je ne savais pas encore parler, quand les gens chantaient faux à côté de moi, je leur chantais la bonne mélodie... J'ai été baigné dans le chant choral et c'est à l'âge de 12 ans, quand mon père a mis un 45 tours sur un pick up Golden gate qu'on avait à la maison, que j'ai ressenti cette musique profonde qui m'envahissait. Intuitivement,  je me suis dit que cette musique était la mienne. Ca a été une révélation, un appel...

Vous saviez déjà ce que vous vouliez faire dans la vie ?

Absolument pas, mais à 16 ans, à l'école protestante de Boissard, la Persévérance, je faisais déjà partie d'un groupe de chant avec Joël Pharaon qui en était l'instigateur, nous étions les Pléiades. Nous jouions nos compositions et bien sûr du gospel. Nous écoutions beaucoup le chanteur Andréa Crouch, une sommité du gospel. Nous chantions beaucoup plus ses chansons que nos compositions qui étaient des louanges en quelque sorte...

A 16 ans, vous êtes dans le premier groupe du genre en Guadeloupe qui décide de faire des concerts payant ! Racontez-nous cela...

Nous avions loué la salle des fêtes des Abymes, fait notre billetterie, préparé nos costumes et sommes allés vendre les billets. Ce concert a si bien marché qu'il a marqué par la force de sa musique les communautés chrétiennes. On nous a aussi critiqué en nous disant que nous vendions l'Evangile, mais un engagement demande des moyens ! Dès lors, j'avais intégré que c'était possible ! On a continué nos études, j'ai passé mon bac littéraire et tout le groupe est venu à Paris pour étudier. Ils faisaient des études de médecine, d'avocat, de marketing... Joël et moi sommes les seuls à avoir entrepris des études de musicologie à Paris VIII où nous avons passés notre licence. Parallèlement à ça, nous avons continué avec les Pléiades à donner des concerts à l'église américaine.

Les pléiades se séparent en 1986, que se passe-t-il alors ?

Je rencontre alors Monique Ange Hertin (chef du choeur Gospel Celebration, ndlr) qui me demande d'être son assistant sur un nouveau choeur, le Gospel Chord Singers qu'elle venait de créer. Je suis resté un an avec elle jusqu' à ce que je décide de créer avec Benjamin Faleyras (créateur de Gospel sur la colline, ndlr) les Gospel Voices. Tout de suite, nous donnons des concerts à l'auditorium des Halles. Je loue une salle, nous commençons à faire nos affiches, distribuer des tracts, vendre nos tickets et on arrive à se faire connaître.

Jusqu'à ce que l'animateur de télévision Jacques Martin vous repère...

Il est venu nous voir pour nous demander d'accompagner l'artiste Rika Zaraï. Du coup, on commence à être médiatiquement connus...

Et vous rencontrez Nicoletta !

C'est une rencontre très importante. On avait chanté Mamy Blue avec elle à la télé, et elle nous avait dit que ce serait bien qu'on parte un jour faire une tournée dans les églises. Ce n'était pas du vent, elle a rappelé : "Max, m'a-t-elle dit, j'ai trouvé le producteur, on va faire cette tournée !" C'était en 1996, nous avons même enregistré un titre sur l'un de ses albums... Il se trouve qu'elle avait pris un arrangeur qui n'est jamais venu. Le soir, je faisais les arrangements, le lendemain on répétait... L'album s'est vendu à 70 000 exemplaires. Actuellement, il aurait été disque d'or !

Vous enchaînez avec "Gospel pour cent voix"...

C'est un producteur, Jean-Baptiste Vuillon, qui me propose de tourner dans des théâtres. C'est donc avec lui que pour le cent-cinquantenaire de l'abolition de l'esclavage, j'ai créé "Gospel pour cent voix". J'ai mené de projet de 1998 à 2001 jusqu'à ce que je découvre qu'il avait tout déposé à son nom seul. Chose que je n'ai pu accepter et je suis parti. Il a continué quand même et il m'a empêché de travailler pendant dix ans ! Et ça continue encore ! Alors que mes deux soirées à l'Olympia sont annoncées depuis une année, il a programmé une semaine avant moi "Gospel pour cent voix" au Dôme de la porte de Versailles ! De toute façon, par rapport à ce que j'ai fait, je suis la référence du Gospel en Fr   ance. J'ai mis le pied à l'étrier à plein de personnes et plein de groupes seront à l'Olympia avec moi le 17 février. Ils seront huit à se succéder sur scène, dont les Guadeloupéens d'Accord Gospel Singers de Kaleb Séjor !

Quel est l'objet de cette masterclass que vous animez ce 29 janvier à Gourbeyre ?

Dans l'esprit de la fête et de la réunion, j'ai décidé de faire en cadeau à tous les choeurs amateurs qui ont soutenu mon action un passage sur la scène de l'Olympia. Parmi eux, il y a le choeur de Guadeloupe que j'ai créé il y a trois ans avec Madly Etien, une ancienne chanteuse de mon académie à Paris. Nous allons travailler avant l'Olympia. Ils ont tous déjà leur billet d'avion !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 06:32

 

Les collectivités d'OM aux rencontres "formation-compétences en Outremers" à Biarritz

L'ensemble des Régions d'Outre-mer prépare son adaptation à la réforme de la formation professionnelle qui doit intervenir à la fin de l'année.

Les rencontres "Formation-Compétences en Outre-mers" qui se tiendront le 29 janvier à Biarritz vont réunir une cinquantaine de représentants de sept territoires ultramarins, dont les Régions Guadeloupe (avec Guadeloupe Formation) et Réunion, les Collectivité de Saint-Martin, Guyane (avec l'organisme public de formation régionale), Martinique (avec l'AGEFMA) et Saint-Pierre-et-Miquelon, et du département de Mayotte à l'invitation du Centre Inffo, un organisme national d'information sur l'orientation, la formation professionnelle et l'apprentissage. Le dernier événement de ce type était la 5e édition de l'Université de la Formation Professionnelle des Régions et Collectivités Outre-Mer (URCOM) organisée en Guyane en Octobre 2016. Le Centre Inffo qui est partenaire de l'ensemble des régions françaises y compris ultramarines pour les accompagner dans le développement des politiques publiques de formation, est le seul organisme à réunir nos Collectivités sur le thème de la formation.

Une ordonnance attendue pour septembre 2019

La formation professionnelle a fait l'objet d'une réforme en 2018 qui a bousculé le système existant. La loi de 2018 qui sera la base des débats, a notamment retiré la compétence "apprentissage" que les Régions détenaient depuis 1982 et les lois Deferre, pour la confier en partie aux partenaires sociaux. En revanche les Régions se voient confier un rôle en matière d'orientation des jeunes en formation initiale. Enfin cette loi voit revenir l'Etat sur le champ de la formation des demandeurs d'emploi obligeant les Régions à se coordonner avec lui. Compte tenu des spécificités tant territoriales qu'économiques, les Collectivités d'outre-mer vont connaître des adaptations réglementaires à travers une ordonnance en préparation pour septembre 2019. 

Cette journée à Biarritz est faite pour que les acteurs de la formation dans nos territoires puissent discuter de leurs particularités et de leurs attentes quant à l'adaptation à venir de la loi. 

FXG, à Paris

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 06:21
Tricia Evy en tournée aux Antilles

Guadeloupéenne par son père et martiniquaise par sa mère, la chanteuse Tricia Evy sera en tournée en Guadeloupe et Martinique du 25 janvier au 7 février. Rencontre avec une voix amoureuse du jazz et de la biguine.

"Notre musique a un pouvoir, c'est un trésor !"

Dans quel contexte s'inscrit cette tournée ?

J'ai récemment sorti un album qui s'intitule "Usawa", je l'ai présenté dans une grande salle à Paris au mois de décembre et je viens le présenter en Guadeloupe et en Martinique.

Quelle est l'inspiration de cet album ?

"Usawa" veut dire équilibre en swahili et, dans cet album, j'avais envie de mettre en avant les deux musiques qui m'inspirent le plus, qui me parlent le plus, d'est-à-dire le jazz et la biguine. Pour moi elles ont la même valeur, la même force, le même pouvoir... C'est pourquoi je parle d'équilibre. Ces deux musiques occupent une très grosse place dans la vie...

Pourquoi avoir choisi de donner le titre en swahili ?

Le mot "équilibre" ne me parlait pas... J'avais envie d'une autre langue et j'ai pensé au swahili. J'ai cherché sur google traduction... Je crois en la loi de l'attraction et je me suis dit qu'en utilisant un mot africain, j'aurai peut-être des chances d'appeler l'Afrique et d'aller y jouer un jour, d'aller découvrir ce continent... C'est un petit signal que j'envoie dans l'univers !

Jazz et biguine sont donc comme vos deux jambes ?

Oui ! C'est ce que je fais. J'ai découverts ces musiques à peu près au même moment et je suis tombée amoureuse des deux ! Je suis née à Bondy (93, ndlr), mais j'ai grandi en Guadeloupe, donc je connaissais la biguine, les grands standards, mais j'ai vraiment découvert ce qu'était la biguine quand je suis arrivée à Paris... Mon tout premier concert que j'ai vu à Paris, c'était le groupe de David Fackeure, Jazz on biguine....

La biguine n'est-elle pas le jazz ?

Mais oui ! C'est intrinsèquement lié ! Ce sont deux musiques qui ont une histoire commune, sauf qu'il y en a une qui est reconnue partout dans le monde et une autre qui l'est moins. En fait elle est connue, mais surtout dans sa partie instrumentale parce qu'on a Mario Canonge et Alain Jean-Marie qui ont fait le travail ! Mais la partie chantée est moins valorisée de nos jours. Si on veut chercher des chanteuses de biguine, c'est tout de suite un peu folklorique alors qu'elle a aussi ce côté précieux... Ce n'est pas que de la danse même si je ne remet pas du tout en cause cet aspect, mais c'est important que les gens sachent que notre musique a un pouvoir, que c'est un trésor !

Votre premier concert, c'était quand ?

J'ai chanté la première fois sur une scène parisienne en mai 2007. J'ai été invitée à chanter par le groupe de David Fackeure, justement, à l'occasion de la sortie de leur album et mon premier concert de jazz a eu lieu le 21 juin 2007 pour la fête de la musique, j'ai chanté trois morceaux ! Mais mon premier concert payé et déclaré, c'était le 23 juin. A partir de là, c'est parti. J'ai fait des tournées, j'ai joué dans des restaurants, dans des bars... J'ai fait mes classes sur scène, j'ai appris la musique sur scène !

Et pourtant, vous n'avez pas l'air d'avoir souffert...

Le truc, c'est que je suis arrivée par la grande porte ! J'ai rencontré les bonnes personnes dès le début et j'ai joué au Baiser salé avec Thierry Fanfant, invitée par Mario Canonge... J'ai chanté avec Tony Chasseur... Ca a été très vite et très fort tout de suite donc je n'ai pas eu à galérer. Je faisais mes études en même temps pendant les deux premières années et un moment donné, il a fallu que je choisisse...

Qu'étudiez-vous alors ?

J'ai commencé par la biologie, donc j'ai eu une licence de biologie en 2007, puis j'ai changé pour des études juridiques appliquées à l'immobilier...

Ca, c'était pour gagner votre vie...

Voilà ! Pour avoir un bagage... Et il a vite fallu que je choisisse parce que j'avais pas mal de concerts et les cours d'immobilier, c'était le soir comme les concerts....

Qu'éprouvez-vous à l'idée de revenir chanter aux Antilles ?

J'y étais en novembre pour l'arrivée de la Route du rhum... J'y étais en juin... Je viens assez régulièrement mais là, c'est la première fois que je fais une tournée aussi grande, avec autant de dates en une courte période...

Depuis que vous chantez, David Fackeure ne vous lâche pas, pourquoi ?

C'est moi qui ne le lâche pas ! Ce garçon est une perle. C'est un des meilleurs pianistes que je connaisse. Il est d'une générosité et d'un talent fou et d'un grand professionnalisme ! C'est le meilleur pour moi, c'est pour ça que je ne lâche pas.

Et Thierry Fanfant ?

Thierry n'est pas sur cet album ; il était sur le précédent. J'ai pris un contrebassiste de jazz qui s'appelle Pierre Boussaguet et il intervient sur quatre morceaux. Sur la tournée, je serai accompagnée aussi par Daniel Varillon pour la première semaine et Fabrice Fanfant, le cousin, la deuxième semaine...

Quel répertoire allez-vous offrir à votre public ?

 Je vais chanter des standards du jazz et de la biguine. Je dis des standards de la biguine parce que j'ai envie de donner des lettres de noblesse à cette musique. Ce sont toutes des reprises... Il y a des morceaux d'Al Lirvat, des morceaux du répertoire martiniquais, des standards que j'ai découverts lors de tournées... Ce sont des coups de coeur, souvent des morceaux qui ne sont pas très connus mais qui me touchent énormément et que j'ai envie de lettre en avant comme "The Thrill Is Gone". C'est une version que peu de gens connaissent puisqu'on connaît la version de BB King. Il y a "Misry And The Blues" que j'ai découvert lors d'une tournée en Australie, "Blue Prelude" que j'ai découvert en Espagne... Il y a aussi un standard de la bossa nova, "Falando De Amor". Ca swingue ! La particularité de cet album est que les morceaux de biguine sont sans basse et sans batterie et les morceaux de jazz sont sans batterie. J'ai épuré au possible. C'est vraiment un album et un concert très intimiste qui met en avant les mélodies et les harmonies.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 07:21
Isabelle de Silva, la présidente de l’Autorité de la concurrence, à droite d’Ericka Bareigts, et une partie de l’équipe de l’AdC qui a participé à l’entretien.

Isabelle de Silva, la présidente de l’Autorité de la concurrence, à droite d’Ericka Bareigts, et une partie de l’équipe de l’AdC qui a participé à l’entretien.

Ericka Bareigts propose ses idées à l'Autorité de la concurrence

Ericka Bareigts veut un ticket de caisse centralisé et une transparence des prix alimentaires à l'égale de celle obtenue sur les produits pétroliers.

Ericka Bareigts s'est entretenue jeudi à Paris avec Isabelle de Sylve, la présidente de l'Autorité de la concurrence (AdC), au moment où ses agents achèvent à peine leur instruction de terrain dans l'océan Indien sur les produits de première nécessité. Il s'est d'abord agi de transparence. "Je suis favorable, a indiqué la députée de Saint-Denis, à ce qu'on instaure un ticket de caisse centralisé, ce qui existe dans l'Hexagone, mais pas dans les Outre-mer." Ce ticket de caisse centralisé permettrait de recenser tous les achats faits dans les grandes et moyennes surfaces de l'île et d'avoir ainsi une véritable transparence sur les prix pratiqués en étant moins captif des promotions fictives ou des promotions tournantes. Il permettrait ainsi de mettre en évidence les grandes surfaces qui seraient plus chères malgré les apparences. "Un consommateur, explique-t-elle, peut ainsi gagner sur paquet de biscuits, mais perdre sur les quatre autres produits de base qu'il achète à côté." Cette question a déjà été abordée à l'observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) à la Réunion et il suffirait que l'INSEE se mette au diapason et trouve accessoirement des moyens pour cela. L'idée aurait séduit la présidente de l'AdC.

L'entretien a aussi porté sur les produits alimentaires : "j'ai aussi proposé, explique l'ancienne ministre, de faire sur quelques produits l'exercice du marché de gros qui avait été pratiquée pour les produits pétroliers." Il s'agirait d'étudier la formation du prix depuis l'usine de biscuits, par exemple, jusqu'au consommateur final, c'est-à-dire une décomposition du prix à chaque étape intermédiaire pour faire la transparence à chaque échelon. "A chaque fois que l'on parle de ça à l'OPMR, regrette Mme Bareigts, on nous explique toujours que le transport, c'est à la marge et que ça ne pose pas de problème, qu'à telle autre étape, c'est encore à la marge et au final, il n'y a jamais de problème... Sauf que quand on passe à la caisse, c'est un problème !" Pour illustrer son propos, Ericka Bareigts a fait valoir qu'en vingt ans, elle avait constaté que pour les produits vestimentaires, on arrive à trouver des chemises, des tee-shirts, des pantalons, des shorts, franchisés ou non, au même prix que ce qu'on trouve dans l'Hexagone. "Pourquoi quand ça marche sur un tee-shirt, on nous explique que ça ne marche pas sur boîte de biscuits ? Je veux comprendre ça." L'AdC qui est en train de préparer l'avis que lui a demandé le président de la République en juin dernier, sur le même sujet que celui qui avait été rendu en 2009 sur les biens de première nécessité, pourrait trouver là des armes utiles. "Les gens, aujourd'hui, ont besoin de voir comment se forment les prix ; il faut donc trouver les noeuds et quand on trouve les noeuds, il faut essayer de les faire exploser parce qu'on ne peut pas encore avoir un différentiel de 30 ou 40 % sur de l'alimentaire alors qu'on est arrivé à faire bouger les lignes sur les produits pétroliers, les vêtements, la téléphonie..."

Pièces détachées automobiles

En 2009, le travail de l'AdC avait permis de faire aboutir la loi Lurel de régulation économique. Aujourd'hui l'évaluation de la loi Lurel et de la loi égalité réelle outre-mer se fait dans un contexte qui est sensiblement le même qu'en 2009 avec les mouvements sociaux. "Celui qu'on a connu à la Réunion en décembre, poursuit Mme Bareigts, augure de mauvais jours si on arrive pas à avancer sur le sujet."

Les matériaux de construction et les pièces détachées automobiles ont encore été abordés. "Les pièces détachées, c'est un problème de sécurité publique auquel s'est montrée sensible la présidente de l'AdC, assure Ericka Bareigts. Il s'agit de pneus, de phares, de plaquettes de frein et quand une famille modeste n'a pas les moyens de changer ses pneus ou ses plaquettes, elle se met en danger, elle met ses enfants en danger et les autres avec !" Sur ce sujet, il pourrait y avoir plus que des problèmes de transparence, à savoir des contentieux à venir, voire des sanctions. Avec des plaquettes de frein à 67 euros quand on trouve les mêmes à 19 euros dans l'Hexagone, il y a là un vrai sujet pour l'AdC qui devrait s'en emparer rapidement.

FXG, à Paris

Produits de dégagement

La question des produits de dégagement a été abordée alors même que la veille en commission, Ericka Bareigts demandait à Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture, quand allait-il mettre en application les lois égalité réelle et "égalim". Réponse du ministre : "Ce sujet est un vrai scandale !" Une ordonnance devrait donc sortir d'ici quelques semaines pour l'application de ces deux lois sur les produits de dégagement.

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 04:34
Un album de musique bushinengé chez Buda Musique

Buda musique vient de sortir dans sa collection "Musiques du monde" (distribué par Universal) l'album "Les Bushinengé , Nèg mawon de Guyane" dont la direction a été confiée au Pr Apollinaire Anakesa Kululuka, directeur des recherches à l'Université des Antilles.

"Partager une part de la richesse de notre humanité, et donc du bonheur recherché par tous"

 Comment est née l'idée de cet album ?

La production de cet album est la conséquence logique de la valorisation et de la vulgarisation de mes recherches sur les cultures musicales guyanaises, en l’occurrence bushinengé, recherches que j’ai débutées en 2007, en tant que chercheur du CNRS/LACITO en mission, puis en tant qu’enseignant-chercheur à l’Université des Antilles et de la Guyane jusqu’en 2014.

Pourquoi la culture bushinengé particulièrement ?

Cette culture relève incontestablement du patrimoine, riche en mémoires, en valeurs et en significations, dont la Guyane, et au-delà, la France voire le monde, se doivent de valoriser les connaissances, savoirs et savoir-faire sous-jacents, car cela contribue à un meilleur développement durable et une meilleure cohésion de la société, au sens large du terme.

Comment avez-vous choisi les artistes et le répertoire ?

Le choix, d’abord du répertoire, puis des artistes le représentant, m’a été édicté par les sujets et/ou problématiques abordés (l’homme, la société, la nature, le sacré et les relations ainsi que les interactions sous-jacentes, en lien avec les traditions et leurs évolutions dans les pratiques tradi-modernes, notamment par les jeunes), en les inscrivant dans le passé et dans le présent. En fonction de ces thématiques, tout en tenant compte de la diversité des lieux et des personnes ressources (femmes, hommes, jeunes, vieux, autorités traditionnelles, porteurs des savoirs et savoir-faire — Sabima, Obiaman, Sabiuman, Obiauman —, des associatifs et des anonymes, au sein des villages, des bourgs et des villes.  

Quand et comment ont été enregistrés les morceaux ?

Les enregistrements de ce CD datent entre 2009 et 2014. Ce sont des enregistrements réalisés en situation sur le terrain, soit chez les personnes ressources, soit lors des manifestations (festivals, levées de deuil, puu baaka), pendant des rencontres fortuites et consenties.

Cela a-t-il été facile de convaincre un label de vous sortir ?

Oui et non, car les labels visent d’abord la rentabilité (cela se conçoit, puisqu’il s’agit avant tout de structures commerciales). Mais fort heureusement, certains vont au-delà du seul intérêt financier, car il s’agit également d'enjeux socioculturels d’importance ; c’est là aussi le moyen de partager une part de la richesse de notre humanité, et donc du bonheur recherché par tous. C’est donc à la personne qui apporte la culture concernée de convaincre pour montrer que par-dessus l’argent, il y a aussi des valeurs, avec des apports très significatifs, souvent insoupçonnés et qui n’ont pas de prix et dont les effets peuvent être incommensurables, car ils participent à créer réellement de la richesse, dont regorge l’homme premièrement, ensuite produire de l’argent directement ou indirectement à partir du produit commercialisé ou non.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Les bushinengés en images

Maison traditionnelle ornée de tembé, Apatou

Accueil des chasseurs de retour au village pendant le puu baaka

Les chasseurs prêts à débarquer, puu baaka

Sonnailles kaway

Obia Man

Apollinaire Anakesa Kululuka est l'auteur de toutes ces photos

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 09:39
La Martinique et ses forêts d'exception

Les forêts des volcans de Martinique labellisés "Forêt d'exception"

Le label "Forêt d'exception" a été attribué hier à l'unanimité du jury aux forêts des volcans de Martinique.

C'est une pierre de plus dans le dossier de candidature de nos volcans au patrimoine mondial de l'UNESCO qui s'apprête à vivre une finale difficile.

Le Comité national d’Orientation Label Foret d’Exception a validé mardi la candidature des forêts des volcans de Martinique au label "Forêt d’exception" à l’unanimité du jury. Louis Boutrin, président du parc naturel régional et représentant du président de la CTM, accompagné du directeur de l'ONF, Pierre Verry. Pour décrocher ce label pour lequel la Martinique a déposé sa candidature depuis 2012, un contrat de projet a été signé en octobre dernier par le président du conseil exécutif, celui du parc naturel et l'ONF, et les communes et communautés d'agglos concernées et autres partenaires institutionnels. Le label concerne les forêts de volcan du nord de la Martinique, principalement la montagne Pelée et les pitons du Carbet qui sont en soi des monuments naturels exceptionnels à titre géologique et historique, mais également biologique par son niveau d'endémisme et la qualité de sa forêt primitive "La Martinique, a argumenté Louis Boutrin devant le jury d'experts dont le Pr Paul Arnould, des hot spots de la biodiversité au niveau mondial." Il a encore parlé d'exception pour souligner que 91 % de l'eau consommées en Martinique proviennent de ces deux massifs qui, en plus, structurent les paysages du nord de l'île.

Hier à Paris, l'audition a duré quatre heures avec la présentation du dossier de candidature, la lecture des deux rapports (ONF et ministère de la Transition écologique) et un feu de question des experts, la bonne nouvelle est tombée.

Richesse patrimoniale et bonne gouvernance

Ce label "Forêt d'exception" est outil national de valorisation qui n'en recense que 17 à son catalogue comme la forêt de Rambouillet en Ile de France. La Martinique est désormais le seul territoire labélisé en outre-mer. "Cela témoigne, souligne Louis Boutrin, d'une richesse du point de vue patrimoniale mais également d'une gestion concertée entre les collectivités et l'ONF, donc d'une bonne gouvernance." Car ce label couronne nos forêts d'exception du point de vue biologique, géologique et historique, mais également du point de vue social puisqu'il y a des sites d'accueil, des itinéraires de randonnée... "Nous avons été beaucoup interrogé, ajoute le président du parc, sur le développement de la sylviculture, notamment  les essences comme le mahogany, le gaillac qui est en voie de disparition et le gommier dont le coup est interdite depuis 1946." Sans parler de l'arboriculture et l'agroforesterie puisque le café arabica typica qui a été réintroduit, le développement du cacao et bientôt de la vanille, trois cultures de niche à haute valeur ajoutée. Une délégation  viendra en avril en Martinique pour remettre au président Marie-Jeanne le label "Forêt d'exception". "Ca va venir enrichir, conclut Louis Boutrin, notre projet d'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO qui avance indépendamment."

FXG, à Paris

Les sites des volcans de Martinique en finale pour l'Unesco

La candidature de la Maison carrée de Nîmes a été délaissée par le ministère de la Culture, au profit de celle du phare de Cordouan. Désormais, il n'y plus que deux candidats en lice pour le 'inscription au patrimoine mondial, le phare de Cordouan et les forêts et volcans de la Martinique, dossier présenté par le ministère de la Transition écologique. C'est à la fin du mois de ce mois que le président Macron  choisira entre les deux projets et c'est début février que la candidature unique de la France sera déposée devant les instances de l'UNESCO. Pour autant, la partie risque d'être ardue. Le phare de Cordouan dans l'estuaire de la Gironde est chargé d'histoire. Il a guidé tous les navires négriers au moment du commerce triangulaire, lequel commerce a fait la richesse de Bordeaux. "Si ce dossier passe l'étape nationale française, prévient Louis Boutrin, il trouvera face à lui des pays comme ceux de la Caraïbe et de l'Afrique qui sont membres du jury international de l'UNESCO..." Or, il est largement soutenu par Dominique Bussereau et Alain Juppé. "Le choix de Macron sera-t-il seulement politique", s'interroge avec quelques craintes Louis Boutrin.

 

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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 06:48
Didier Robert, Edouard Philippe, Rodolphe Alexandre et Ary chalus à Matignon le 17 janvier à la sortie du déjeuner

Didier Robert, Edouard Philippe, Rodolphe Alexandre et Ary chalus à Matignon le 17 janvier à la sortie du déjeuner

Chalus évoque le LKP à Matignon

"Le grand débat national, s'est étonné Ary Chalus dans la cour de Matignon après le déjeuner offert aux présidents de Régions et Départements par Edouard Philippe, moi, j'ai plutôt sur la convention de Cahors (contrat de maîtrise des dépenses des collectivités, ndlr), nos problèmes de sargasses, le blocage de la Désirade et la situation de Capesterre de Marie-Galante, également l'apprentissage et le problème de Guadeloupe formation..." Et sur tous ces sujets, le Premier ministre et les ministres concernés (ils étaient aussi nombreux autour de la table) lui ont confirmé leur accord pour l'accompagner dans le règlement de tous ces problèmes. Ainsi, dans l'ensemble des Outre-mer, les habilitations pour la formation seront validées le 29 mai prochain. Quant au dossier de l'eau, l'Etat qui avait annoncé le déblocage de 7 millions  augmenté son offre de 10 millions dans le premier plan d'urgence (sur un total de 71 millions nécessaires).

Sur le grand débat en lui-même, Ary Chalus s'est longuement exprimé pour expliquer au gouvernement que ce qui se passe aujourd'hui dans l'Hexagone s'est produit il y a dix ans aux Antilles. "C'était le LKP... C'est vrai encore aujourd'hui, il faudrait prendre des mesures, être sur le terrain aux côtés de la population, à son écoute. Ca a été ma manière d'agir quand j'étais maire à Baie-Mahault. Si on avait pris en charge, il y a dix ans, certaines choses, aujourd'hui, nous serions plus avancés..."S'il ne revient pas aujourd'hui aux Région d'organiser le grand débat, leurs présidents ont accepté de nommer un référent régional pour les représenter dans le grand débat même si, a expliqué le président Chalus, c'est le rôle du Conseil économique, social et environnemental régional. Dans la foulée, les présidents de régions d'Outre-mer était attendu rue Oudinot pour une réunion de travail suivie d'un dîner. Quant à Matignon, le prochain rendez-vous est dans trois mois.

FXG, à Paris

Didier Robert évoque "ses" gilets jaunes

C'était la première réunion officielle qu'avait Didier Robert avec le Premier ministre et un certain nombre de membres de son gouvernement depuis les événements du mois de décembre sur l'île de la Réunion. Le président de Région est venu apporter son témoignage sur la crise gilets jaunes de la Réunion. "J'ai pu reporter de vive voix au Premier ministre, raconte Didier Robert, ce qui s'est passé à la Réunion, les difficultés que nous avons pu rencontrer et surtout porter la voix des Réunionnais jusqu'à lui." Il a donc été question sur le fond du pouvoir d'achat et de la fiscalité, comme de la crise de la représentation démocratique. Mais également du fait que la Réunion a été confrontée à la nécessité d'ouvrir une discussion avant même le lancement du grand débat national. "Depuis l'assemblée plénière du 19 décembre dernier, nous avons acté le principe des conseils consultatifs de citoyens. Il y a déjà eu des premières réunions et il y aura un rendu le 26 janvier prochain. Nous voulons aller relativement vite et c'est dans ce contexte qu'il faut replacer ce que les différentes coordinations de gilets jaunes et de citoyens auront à apporter dans le cadre du grand débat national." Ce rendez-vous du Premier ministre avec les présidents des collectivités territoriales est désormais un rendez-vous trimestriel.

Alexandre veut un référendum statutaire

Le président de la CTG, Rodolphe Alexandre, a enchaîné les rendez-vous politiques à Paris jeudi. Le matin seul en face à face avec Annick Girardin au ministère des Outre-mer, puis au déjeuner à Matignon à la table du Premier ministre en présence de ses pairs présidents de collectivités territoriales et d'un certain nombre de ministres, puis à nouveau rue Oudinot en fin de journée pour une réunion collective avec les présidents de collectivités d'Outre-mer suivi d'un dîner. A dire vrai, Rodolphe Alexandre était un peu à contre courant puisque le grand débat, ce n'est pas tellement son affaire. "On n'a fait que ça en mars et avril 2017, a-t-il indiqué de prime abord ! Je suis parfaitement favorable et je soumettrai à la collectivité notre participation au niveau national, mais mon intérêt était d'aborder les questions spécifiques à la Guyane, les ressources potentielles, je parle de l'or, je parle de l'aurifère, et puis surtout des grandes dotations..." Chacun a eu son temps de parole, mais Rodolphe Alexandre ne s'est pas encore étendu sur sa demande de consultation électorale. Pour l'heure, il en a fait la demande écrite à la ministre des Outre-mer avec laquelle il en a parlé le matin même. "Je pense que dans les mois à venir, j'aurai une première réponse." Sa lettre à la ministre reprend ce qu'a décidé le Congrès, d'abord la consultation populaire sur la question statutaire, la proposition du front sur ce que doit être cette réforme statutaire et sa proposition de loi d'Outre-mer qui demande des compétences. Si Annick Girardin a promis une première réponse, Rodolphe Alexandre en attend une du cabinet du Premier ministre.

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 06:59
France Ô... Encore

La place des Outre-mer sur la télé publique fait débat au Sénat

Le délégation Outre-mer et la commission culture du Sénat ont auditionné le ministre de la culture sur la fin de France Ô.

"Il fallait arrêter ces deux canals (sic)." En parlant de France 4 et France Ô, faute de français comprise, Franck Riester, le ministre de la culture auditionné par les sénateurs jeudi matin, a ainsi rappelé les bases sur lesquelles repose la réforme de l'audiovisuel public. Ce dialogue entre le ministre et les sénateurs a permis de mettre en exergue la précipitation de la décision de sortir France Ô de la TNT, son impréparation et l'absence toujours criante de stratégie et de vision pour trouver une place à l'Outre-mer sur la télévision publique. "Une méthode gênante" pour le président de la délégation Outre-mer, Michel Magras (LR). Ce dialogue aura aussi mis en exergue la vraie motivation de ceux qui ont décidé la mort de la chaîne : l'audience. "La chaîne n'a pas trouvé son public, peut-être par déficit de sa ligne éditoriale", a indiqué Catherine Morin-Desailly, présidente (UC) de la commission culture du Sénat, qui s'est émue de cette disparition "sans contrepartie d'une présentation de l'offre, si ce n'est une offre numérique sur une plateforme de France TV. Ce serait une non-équité de traitement de l'ensemble des Français." Toujours fidèle à sa formule, "France Ô, chaîne alibi", le ministre de la Culture a voulu rassurer, précisant qu'il y aurait "toujours du personnel dans les services centraux de France TV pour l'Outre-mer" et que l'enveloppe de 10 millions d'euros pour des coproductions de documentaires ultramarins serait non seulement "maintenue mais augmentée".

Visibilité nationale des Outre-mer

Quant à la seule et véritable question que pose la fermeture de France Ô, à savoir, la visibilité des Outre-mer sur les écrans nationaux, le ministre en a appelé au cahier des charges, au contrat d'objectif et de moyens (COM) et à la future loi audiovisuelle qui allaient permettre "de l'inscrire noir sur blanc". Avec un contrôle du CSA. Le groupe de travail sur France Ô piloté par son ministère et celui des Outre-mer avec des parlementaires et des responsables de France TV réfléchit à mettre en place des indicateurs. "Le passé a pourtant montré, souligne Maurice Antiste (app PS), rapporteur pour la délégation Outre-mer sur le sujet, que le renforcement des liens entre F2, F3 et FÔ, prévu dans le COM 2011-2015, est resté lettre morte. Quelles raisons impérieuses ont donc empêché France TV de respecter cette obligation ?"

Pour l'heure, le ministre a parlé d'un programme mensuel sur les Outre-mer sur F2 ou F3 et il trouve "formidable" d'apprendre la météo des Outre-mer sur F2, même s'il admet peu après que c'est aussi "anecdotique". Son souci serait de s'assurer que "la politique de l'audiovisuel public soit tournée vers son public" et selon lui, ce public a de plus en plus accès à Internet. Antoine Karam (LREM) lui a rappelé que la France est universelle grâce à ses Outre-mer et sa zone maritime et que si les fusées partent de Guyane, "trop de monde dans ce département n'ont pas à accès à Internet, sans parler de l'eau !"

Et pourquoi pas des moyens supplémentaires pour France Ô...

David Assouline (PS) a dénoncé la fermeture des deux canaux de télévision à des fins budgétaires et Céline Brulin (PCF), regrettant partout le recul de la proximité, a demandé à Franck Riester : "Pourquoi ne pas travailler la piste d'une modification de la ligne éditoriale de la chaîne et de moyens supplémentaires pour qu'elle puisse conquérir des parts d'audience supplémentaires"... Il est vrai que France Ô a un tout petit budget de 26 millions d'euros contre 2,083 milliards pour France TV. Pour affirmer le fait que "la richesse des Outre-mer doit être parfaitement visible de nos compatriotes", le ministre s'est empressé de citer les chaînes 1ère : "Elles sont un média global qui a un public large et elles ont une vision moderne de ce que doit être l'audiovisuel public, ici en France, dans l'Hexagone pardon..."

Mais que recouvre le terme de "visibilité", a demandé la sénatrice Sylvie Robert (PS), "est-ce la régularité des programmes, la capacité des moyens de production ? Et quid du rôle patrimonial de France Ô ?" "Que veut-on montrer, quel positionnement ? éditorial", demande Stéphane Artano (RDSE). Il signale que la bascule de France Ô sur le numérique réduirait à zéro les aides du CNC qui ne finance des documentaires qu'à la condition qu'ils soient diffusés sur une vraie chaîne... Sans donner guère de réponse avant que la commission France Ô n'ait fini son travail (dans un an), le ministre a voulu faire preuve d'inventivité en suggérant que les journalistes nationaux de France TV ne couvrent plus eux-mêmes les événements dans les outre-mer et qu'ils laissent travailler leurs confères ultramarins.

FXG, à Paris

Franck Riester a annoncé lors de cette édition qu'il se rendrait au premier trimestre en Guyane en Martinique et en Guadeloupe. Au programme : l'audiovisuel, le patrimoine et le "pass" culture en Guyane.

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 07:50
Les mules, France Guyane et le Sénateur Karam

La nouvelle Une de France-Guyane brandie au Sénat

Le sénateur Karam a interpelé le gouvernement sur le trafic de cocaïne entre la Guyane et Paris.

"Dimanche dernier, 19 kilos de cocaïne ont été retrouvés dans les bagages d’une mère et de ses enfants à l’aéroport Felix Eboué de Cayenne. Alors je vous le montre, voilà le quotidien des Guyanais !" Et mêlant le geste à la parole, en pleine séance de questions au gouvernement, jeudi après-midi au Sénat, Antoine Karam a brandi la nouvelle Une du France-Guyane paru le 16 janvier pour alerter le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nunez, de la gravité du trafic de drogue depuis la Guyane et de la situation souvent dramatique des mules. Ainsi, le sénateur a énumé des chiffres qui font froid dans le dos : "Entre 2014 et 2018, les saisies ont augmenté de 335 %, passant de 145 à 631 kilogrammes. Si bien que selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, près de 30% du marché français - évalué entre 25 et 30 tonnes - proviendraient de la Guyane. Et j’en témoigne ici pour avoir vu une jeune femme mourir d’overdose en plein vol sous les yeux de son fils."

Parce que les moyens de lutte et les tribunaux sont aujourd’hui saturés, parce que le trafic s’accroît, et avec lui le nombre de ses victimes, Antoine Karam a demandé à Laurent Nunez quel plan "ambitieux" de prévention et de lutte, il entendait déployer contre le trafic de stupéfiants en provenance de Guyane.

Laurent Nunez a confirmé le constat dressé par M. Karam avant de rappeler les résolutions prises par le groupe interministériel (Intérieur, Justice et Santé) à savoir "un renforcement significatif des contrôles au départ et à l'arrivée avec des effectifs en hausse". Cette mesure serait déjà opérationnelle. En second lieu, le ministre a annoncé que les effectifs de police, gendarmerie et douane sur le territoire avait été renforcé en 2017 et 2018. Enfin, il a indiqué qu'un plan global de lutte était mis en oeuvre qui "incluait une collaboration et un partenariat avec les pays de provenance de cette cocaïne".

D'après les chiffres su sénateurs, on compterait 20 à 30 mules par avion, soit plus de 3 000 personnes par an et seulement 10% qui sont interpelés.

FXG, à Paris

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