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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 17:27
Dicussion budgétaire tendue

Perte sèche de 1 milliard pour les Outre-mer

D'un côté le budget de la mission outre-mer indique une hausse de 450 millions, de l'autre, le document de politique transversale indique une perte de sèche de 500 millions pour la Réunion, 220 pour la Martinique et la Guadeloupe et 18 millions pour la Guyane...

Au deuxième jour des débats sur le budget de la mission Outre-mer, trois députés du groupe socialiste et apparenté, Hélène Vainqueur-Christophe (Guadeloupe), Ericka Bareigts (Réunion) et Serge Létchimy (Martinique) ont dénoncé, après l'avoir découvert mardi soir en séance dans le document de politique transversale du gouvernement, qu'il manquait près de 500 millions d'euros de crédits de paiement pour la Réunion, plus de 200 millions chacun pour la Guadeloupe et la Martinique et 18 millions pour la Guyane. Dans ce document budgétaire qui trace toutes les dépenses de l'Etat en direction des Outre-mer, il est écrit que le PLF 2019 inscrit pour la Réunion 5,189 milliards en crédits de paiement quand la loi de finance initiale de 2018 en inscrivait 5,6 et ainsi de suite pour les autres DOM. Les députés PS notent donc que non seulement la hausse de 450 millions du budget de la mission Outre-mer est en trompe-l'oeil (l'argent provenant du recyclage des 100 millions de la TVA NPR et de la réforme de l'impôt sur le revenu), mais qu'en plus l'Etat a rayé des compte près d'un milliard pour l'Outre-mer... Et non content de cette première découverte, ils découvrent encore l'existence d'une cagnotte de 1,6 milliard d'euros.  "Avec une cagnotte de 2,1 milliards, a indiqué Ericka Bareigts, on aurait compris que c'était le prix des contrats de convergence, mais là, c'est 1,6 milliard, pour qui, pour quoi ? Nous ne savons pas..." Cette somme conséquente apparaît elle aussi dans le document de politique transversale ainsi : "pour les outre-mer, sommes non affectées". 343 millions n'étaient pas affectés en 2018, cette fois, dans le PLF 2019, c'est bien 1,8 milliard...

Mais ce n'est pas tout ce qui provoque la colère des députés d'opposition. Serge Létchimy fait observer que les 70 millions d'euros qui proviennent de la réforme des plafonnements de l'abattement fiscal (réduit de 30 à 40 %) sont entièrement financés par les DOM tandis qu'ils vont être redistribués pour 20 millions vers les DOM et pour 50 millions vers les COM... Pour Ericka Bareigts, c'est donc un changement de philosophie dans la construction du budget de l'Outre-mer qui jusqu'alors reposait "à 100 % sur la solidarité nationale". "Cette fois, conclut l'ancienne ministre, il s'agit d'un financement des Outre-mer par les Outre-mer, une pente prise par le gouvernement. C'est nouveau et dangereux !"

Mais ce n'est pas tout. Les députés PS reprochent à ce gouvernement une "part d'amateurisme" puisque lors de l'examen du projet de loi de finance de la sécurité sociale comme pour celui de la mission Outre-mer, les députés votent un document "instable" puisqu'il va être revu la semaine prochaine par la ministre et les socio-professionnels pour réévaluer l'ecosystème des aides économiques avec la Guyane...

FXG, à Paris

Le logement à la peine

"La politique du logement est calamiteuse", s'est plainte Hélène Vainqueur-Christophe qui dénonce une LBU passée de 247 millions d'euros à 226, des crédits pour l'accession à la propriété en baisse malgré la remise en marche provisoire de l'APL accession. Il est vrai que ce qui s'est passé autour de la défiscalisation sur le logement social a de quoi laissé rêveur. Supprimée par le ministère, cette défiscalisation est rétablie grâce à un amendement de Serge Letchimy. Pourtant, en dépit de ce vote, le gouvernement fait revoter l'amendement entre 4 et 5 heures du matin et, ayant rameuté les députés LREM, il est cette fois rejeté... Mardi soir encore, c'est le député Olivier Serva (Guadeloupe LREM) qui a tenté un amendement "que je trouve tellement bien, adécalré Olivier Serva, que j’émets un avis favorable". Réponse de la ministre qui considère l'outil proposé douteux : " Ce n’est pas parce que je vais vous demander de retirer votre amendement que je ne suis pas une femme de gauche."

15 millions pour les exos dans la presse et le transport

Un seul amendement de taille a été adopté mardi soir lors de l'examen du budget de la mission Outre-mer. Il concerne le financement des exonérations de charge dans les secteurs de la presse, l'audiovisuel et les transports, aériens et maritimes. Ces secteurs avaient délà  été réintroduits dans le secteur aidé. Hier, il s'agissait d'en assurer le financement, c'est ce qui a été fait par l'amendement proposé par Annick girardin qui apporte 15 millions pour soutenir cette action.

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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 11:32
Sept skippers de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe s'engagent pour l'Aquarius

Sept skippers se mobilisent pour l'Aquarius et SOS Méditerrannée

François Gabart et Romain Pilliard, skippers de la classe Ultime, Isabelle Joschke et Alexia Barrier, skippers de la classe IMOCA, Thibaut Vauchel-Camus, skipper de la classe Multi50, et Kito de Pavant et Luke Berry, skippers de la Class 40, se sont retrouvés mercredi sur le Class 40 "Made in Midi" de Kito de Pavant pour s'engager publiquement aux côtés des marins sauveteurs de l'Aquarius, Antoine, Tugdual et Théo - ce dernier est également nageur-sauveteur SNSM sur la Route du rhum. Ensemble, ils voulaient rappeler cette règle incontournable : "L'assistance en mer est une obligation pour tout marin."

Par cet engagement, les sept skippers ont pris publiquement la parole pour que l'Aquarius retrouve au plus vite un pavillon et puisse reprendre la mer et sa mission d'assistance. Depuis 4 ans, plus de 15 000 hommes, femmes et enfants sont morts noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. SOS Méditerranée est une association européenne de citoyens qui affrète l'Aquarius pour porter secours à ceux qui fuient. En deux ans et demi, 29 523 personnes ont été secourues dont 23% sont des mineurs. Une personne sur huit qui traverse la Méditerrannée y laisse sa vie. Chaque jour en mer coûte 11 000 euros et 93 % du budget de SOS Méditerrannée provient de dons privés. "Je suis sidéré que le sauvetage en mer soit visiblement devenu un délit", a réagi Kito de Pavant. Alexia Barrier a choisi de faire sa qualification pour la Route du Rhum en Méditerranée, "une mer que je refuse de voir se transformer en cimetière sans rien faire". François Gabart soutient SOS Méditerrannée depuis de nombreuses années : "L'assistance à personnes en danger est universelle... Aider à sauver des vies ne résout pas tout, mais c'est déjà ça..."

FXG, à Saint-Malo

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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 05:00
Sur les bancs de l'opposition de gauche du gouvernement, les députés ultramarins ont été virulents

Sur les bancs de l'opposition de gauche du gouvernement, les députés ultramarins ont été virulents

Débat autour du budget de l'Outre-mer

L'examen du budget de la mission Outre-mer a débuté mardi soir à l'Assemblée nationale. La ministre des Outre-mer a aussitôt confirmé le retour des secteurs de la presse, l'audiovisuel et les transports dans le mécanisme des exonérations de charges. Pour le reste, Annick Girardin a réaffirmé la hausse de ses crédits de quelques 20 % dont 100 millions pour les aides économiques directes aux entreprises. Cette hausse de 20 %, soit 466 millions d'euros provient des économies faites avec la suppression de la TVA NPR, l'abaissement de l'abattement fiscal de 40 ou 50 % selon les territoires et la réforme du CICE. Or, tous ces sujets ont été abordés lors de l'examen du projet de loi de finances 2019 et de la sécurité sociale. Pour le coup, même les parlementaires pro-Macron, comme les deux rapporteurs Olivier Serva (LREM) ou Max Mathiasin (Modem) ont parlé de réforme "brutale, manquant de concertation"... Tous les députés ont déploré de ne pas disposer du document de politique transversale qui affiche l'ensemble des dépenses de l'Etat pour les Outre-mer, à savoir 18,5 milliards, voire 24 si l'on ajoute les dépenses fiscales. A côté, le budget de la mission Outre-mer ne se monte qu'à 2,054 milliards. Premier appelé à s'exprimer au nom du groupe GDR, le Martiniquais Jean-Philippe Nilor a regretté qu'il n'y ait rien contre la vie chère, rien pour la convergence vers l'égalité réelle. "Au lieu de ça, a-t-il dénoncé, le gouvernement met en place une solidarité inter pauvres, remet en cause le vote des députés pour la défiscalisation au logement social..."

Sylvain Brial, porte-parole du huitième et nouveau groupe politique, Libertés et Territoires, a annoncé qu'il voterait ce budget. Même choix de la part de Ramlati Ali pour le groupe LREM qui a reconnu que Mayotte était bien servie dans ce budget.

David Lorion, porte-parole des Républicains, s'est montré acerbe lui aussi sur la hausse de 20 % du budget : "Cet élan de générosité n'est que le transfert de l'argent des Domiens vers les autres territoires." Et s'il salue le fait que 81 % de ce budget soit fléché en direction des entreprises, il s'est moqué d'un budget "bricolé" et de l'écart avec la parole présidentielle vantant "la Réunion, Singapour de l'océan Indien" et la réalité des chiffres... C'est donc sans surprise qu'il a annoncé que son groupe ne voterait pas ce budget.

Justine Bénin, pour le groupe Modem, a porté un soutien tiède, mais un soutien tout de même. Elle regrette elle aussi un manque de concertation sur les réformes de la TVA NPR et de l'abattement fiscal.

Porte-parole du groupe PS, Ericka Bareigts a rappelé que l'essentiel des débats avaient déjà eu lieu lors du PLF et du PLFSS. "Vous faîtes, a-t-elle déclaré à Annick Girardin, reculer la solidarité nationale ! Vous ne donnez que 23 millions aux plans de convergence et mettez 110 millions dans le fonds exceptionnel d'investissement qui est peu distributif et centralisé... Le groupe socialiste ne votera pas ce budget car il  véhicule l'idée que les Outre-mer coûtent cher à la France. Les Outre-mer ne coûtent pas cher à la France, ils sont la France !"

Après Nicole Sanquer qui a annoncé le vote favorable du groupe UDI, Jean-Hugues Rattenon pour le groupe LFI a bouclé le tour de parole des groupes politiques : "La confiance n'est plus là... Vous donnez aux riches et abandonnez le peuple !" Il rappelle que lors du PLF et du PLFSS, Annick Girardin qui avait l'unanimité des députés d'outre-mer contre elle, a sonné le rappel des députés LREM de l'Hexagone pour "nous écraser". Et pour conclure face à celle à qui il reproche de ne pas écouter, il a conclu en créole son intervention pour annoncer le vote négatif du groupe insoumis.

Ce n'est qu'après ce tour de parole et avant le débat sur les amendements que le député PCF Sébastien Jumel a pris la parole pour demander une suspension de séance afin que le document de politique transversale soit tout de même communiqué aux parlementaires présents...

FXG, à Paris

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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 07:54

Le CHAR sous administration provisoire

La décision de placer le centre hospitalier Andrée-Rosemon sous administration provisoire a été annoncée à Cayenne la semaine dernière lors de la réunion de son conseil de surveillance où siègent de nombreux élus, mais c'est ce mercredi que la décision est officialisée par les deux ministres des Outre-mer et de la Santé. Agnès Buzyn et Annick Girardin réunissent au ministère de la Santé et des Affaires sociales les élus guyanais "pour une réunion de travail dans le cadre de la mise en administration provisoire du Centre hospitalier Andrée-Rosemon (CHAR) de Cayenne". Le CHAR passe donc sous la tutelle de trois administrateurs parisiens, à l'instar du CHU de la Martinique placé sous ce régime depuis le début de l'année. Les raisons s'expliquent avec la crise des démissions en série ou en suspens tant aux urgences qu'à la direction de l'établissement. "Des élus, confie une source proche du dossier, ont demandé la tête de le la directrice du CHAR et du patron de l'ARS, mais il n'y a plus d'équipe dirigeante..." Quant aux finances, inutile d'en parler. Un fournisseur du CHAR attend plus d'un an pour se faire payer une facture... "Au-delà du financement, explique l'expert, c'est la gouvernance qui pose problème." Ainsi, les administrateurs vont disposer de six mois pour remettre le CHAR en ordre de marche mais aussi pour lui reconstituer une équipe dirigeante opérationnelle. Des services sont-ils menacés de fermeture ? L'offre de soin va être repensée en plaçant le CHAR aux côtés du CHOG et de Kourou... Le ministère des Outre-mer estime qu'il y a aussi des efforts à faire dans le mode de gestion et table sur des économies de 25 à 30 millions d'euros en reprenant en main les marchés publics.

Depuis le 1er août, en Martinique, les administrateurs provisoires du CHUM ont laissé la place à une nouvelle équipe dirigeante. Elle a jusqu'à la fin de l'année pour présenter sa feuille de route et la période sous tutelle sera révolue. C'est le timing qu'espère le gouvernement dans le dossier du CHAR.

FXG, à Paris

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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 05:52
Deux ministres au chevet de l'hôpital de CayenneDeux ministres au chevet de l'hôpital de Cayenne

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Annick Girardin, ministre des Outre-mer, ont répondu aux questions de France-Guyane sur le placement du CHAR sous administration provisoire.

"Un processus de recrutement pour une nouvelle équipe dirigeante"

Quelles sont les raisons de cette mise sous tutelle ? Qui en est responsable ?

Agnès Buzyn : Il ne s’agit pas d’une mise sous tutelle. Les membres de l’administration provisoire ont une feuille de route clairement définie et agiront comme une direction à part entière mais n’ont pas vocation à rester durablement. Ils sont envoyés en mission. Madame la Ministre des Outre-Mer et moi-même avons pris la décision de placer l’établissement sous administration provisoire. Cette décision a été motivée par les difficultés de l’établissement à revenir à une trajectoire financière acceptable avec une gouvernance stabilisée. Cet accompagnement est aujourd’hui nécessaire. Nécessaire bien sûr pour parce que ces derniers mois, le CHAR a connu des tensions sociales très fortes, nécessaire surtout pour que cet établissement puisse regarder l'avenir et avoir une feuille de route pour les professionnels qui y travaillent, nécessaire enfin car nous devons aujourd'hui faire en sorte que les guyanais retrouvent confiance dans leur système de santé.

Le CHAR est placé sous administration provisoire pour six mois. Que signifie une telle décision ?

Annick Girardin : Il s’agit d’une période  de 6 mois renouvelable. Pendant cette période, les décisions qui incombent traditionnellement au directeur de l’établissement seront prises par les membres de l’administration provisoire. Les difficultés particulières auxquelles cet établissement est confronté exigent une mesure exceptionnelle de la part de l’Etat, permettant de rétablir la confiance entre les acteurs de la gouvernance afin de partager les orientations stratégiques qui permettront à l’établissement d’offrir aux Guyanais, et dans la durée, un accès aux soins de qualité. Pour la ministre de la santé et moi même, il était important que cette démarche soit expliquée aux élus et aux Guyanais.

Des services vont-ils être supprimés ?

Agnès Buzyn : Non, il n’est pas prévu de supprimer des services.

L'administration provisoire permettra-t-elle d'éviter une nouvelle crise aux urgences ?

Agnès Buzyn :  La crise qu’a traversée le service des urgences du CHAR pendant les mois de mai et juin était liée à des postes d’urgentistes vacants et à l’absence d’un chef de service. Un nouveau chef de service et des urgentistes ont été recrutés par la direction du CHAR au mois de septembre permettant de stabiliser le fonctionnement du service. Renforcer l’attractivité médicale constitue un des axes de travail de l’administration provisoire.

Permettra-t-elle aussi la reconstitution d'une équipe dirigeante ?

Agnès Buzyn :  Une administration provisoire est par essence… provisoire. De ce fait, un processus de recrutement sera rapidement engagé afin de constituer une nouvelle équipe dirigeante qui succèdera à l’administration provisoire. La mission a pour objectif de remettre l’établissement sur une trajectoire claire, garante de stabilité et donc d’attractivité.

Quels moyens l’État va-t-il mettre en place pour sortir l'établissement de son lourd déficit financier ?

Annick Girardin : Le CHAR bénéficie d’un niveau d’aides très important. Depuis 2014, cet établissement a en effet perçu 57 M€ d’aides nationales en trésorerie. Par ailleurs, la modernisation de l’établissement est financée à hauteur de 40 M€ par l’Etat sur les 42 M€  que coûte le projet. Enfin, plusieurs enveloppes dont celles relatives à la prise en charge de la patientèle précaire et au fonctionnement des centres délocalisés de prévention et de soins ont été revues à la hausse, afin d’assurer une augmentation pérenne des ressources de l’établissement. Le rôle primordial du CHAR dans l’organisation des soins en Guyane, en font le second centre hospitalier le plus accompagné de France

Comment le CHAR va-t-il s'inscrire dans la carte de l'offre de soin et à quelle échéance ? 

Agnès Buzyn : le CHAR joue pleinement son rôle d’établissement de recours au sein du territoire guyanais et a une place particulière dans le système de soins guyanais que nous devons conforter

Propos recueillis par FXG, à Paris

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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 05:50

Le CHAR sous administration provisoire

La décision de placer le centre hospitalier Andrée-Rosemon sous administration provisoire a été annoncée à Cayenne la semaine dernière lors de la réunion de son conseil de surveillance où siègent de nombreux élus, mais c'est ce mercredi que la décision est officialisée par les deux ministres des Outre-mer et de la Santé. Agnès Buzyn et Annick Girardin réunissent au ministère de la Santé et des Affaires sociales les élus guyanais "pour une réunion de travail dans le cadre de la mise en administration provisoire du Centre hospitalier Andrée-Rosemon (CHAR) de Cayenne". Le CHAR passe donc sous la tutelle de trois administrateurs parisiens, à l'instar du CHU de la Martinique placé sous ce régime depuis le début de l'année. Les raisons s'expliquent avec la crise des démissions en série ou en suspens tant aux urgences qu'à la direction de l'établissement. "Des élus, confie une source proche du dossier, ont demandé la tête de le la directrice du CHAR et du patron de l'ARS, mais il n'y a plus d'équipe dirigeante..." Quant aux finances, inutile d'en parler. Un fournisseur du CHAR attend plus d'un an pour se faire payer une facture... "Au-delà du financement, explique l'expert, c'est la gouvernance qui pose problème." Ainsi, les administrateurs vont disposer de six mois pour remettre le CHAR en ordre de marche mais aussi pour lui reconstituer une équipe dirigeante opérationnelle. Des services sont-ils menacés de fermeture ? L'offre de soin va être repensée en plaçant le CHAR aux côtés du CHOG et de Kourou... Le ministère des Outre-mer estime qu'il y a aussi des efforts à faire dans le mode de gestion et table sur des économies de 25 à 30 millions d'euros en reprenant en main les marchés publics.

Depuis le 1er août, en Martinique, les administrateurs provisoires du CHUM ont laissé la place à une nouvelle équipe dirigeante. Elle a jusqu'à la fin de l'année pour présenter sa feuille de route et la période sous tutelle sera révolue. C'est le timing qu'espère le gouvernement dans le dossier du CHAR.

FXG, à Paris

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 12:47
Photo : Régis Durand de Girard

Photo : Régis Durand de Girard

Décès de Gérald Bloncourt

Le photographe haïtien qui fut avec Jacques Stephen Alexis, Gérard Chenet et René Depestre, l'un des fondateurs du Centre d'art haïtien en 1944, est décédé lundi 29 octobre à six jours de ses 92 ans. Natif de Bainet, d'un père Guadeloupéen, frère de Melville Bloncourt, député de la Guadeloupe, héros de la commune de Paris, et condamné à mort par Thiers, il a vu son frère Tony fusillé par les nazis au mont Valérien en 1942. "On descend du comte de Moyencourt qui était un corsaire du roi au XVIIe siècle, qui s'est mis à son compte et est devenu pirate. Il vivait avec une fille Caraïbe qui portait un nom français, Leblond. Noble, il ne pouvait lui donner son nom, alors il a pris Moyencourt et Leblond pour faire Bloncourt."

Gérald Bloncourt a été au petit séminaire puis au collège Martial à Port-au-Prince, avant de devenir linotypiste. Exilé à 20 ans, il n'est revenu en Haïti qu'à 60. Entretemps, Gérald Bloncourt est devenu photographe à l'Humanité, puis Avant-garde, Vie ouvrière, Le Nouvel Observateur, L’Express, La Vie ouvrière ou encore Témoignage chrétien. On l'a appelé le photographe de la classe ouvrière française. Deux fois dans les années 1980, il a occupé l'ambassade d'Haïti, "revolver en main", et il fait partie de ceux qui ont créé dès 1988 le comité pour juger Duvallier. Il avait publié fin 2014, ses "Mémoire d'un révolutionnaire" chez Mémoire d'encrier.

FXG, à Paris

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 12:43
Taxe sur le rhum

Taxe de sécurité sociale sur le rhum : le combat n'est pas fini

Le vote sur la taxe de sécurité sociale sur les rhums des DOM a révélé un désaccord entre Annick Girardin à l'Outre-mer et Agnès Buzyn à la Santé à l'occasion de l'examen du projet de loi de finances de la sécurité sociale la semaine dernière. En effet alors que la ministre des Outre-mer avait promis le 25 octobre, devant la commission des lois, d'étaler sur dix ans au lieu de quatre et à partir de 2020 au lieu de 2019, l'alignement de cette taxe sur son niveau hexagonal, la ministre de la Santé n'en a rien fait. Mardi 30 octobre, lors du débat sur la mission Outre-mer, Jean-Philippe Nilor (Martinique GDR) a remis le sujet sur le tapis : "J’aurais pu vous parler de l’amendement inique tendant à aggraver la fiscalité sur les rhums outre-mer. Il va pénaliser l’un des fleurons de notre économie, démontrant, s’il en était encore besoin, que la France n’a jamais considéré le rhum comme une production nationale, alors qu’il est produit sur des territoires français. Aucun gouvernement n’a jamais défendu le punch avec autant de punch qu’il le fait pour le vin !" Hélène Vainqueur-Christophe (Guadeloupe PS), elle aussi, a dit ce qu'elle pensait à la ministre des Outre-mer : "Après ce qu’il s’est passé pour la fiscalité du rhum, nous sommes un peu échaudés. Ce n’est pas que nous ne croyons plus à votre sincérité mais nous craignons que votre parole ne soit pas respectée. Je vous rappelle que l’amendement relatif au rhum a été voté ici, après le retrait de l’amendement gouvernemental..."

En guise d'explication, Annick Girardin s'est dédouanée de sa responsabilité : "Le Parlement a fait un choix en adoptant un amendement qui provoque une augmentation de 600 % en quatre ans de la fiscalité sur le rhum. Ce n’est pas le souhait du Gouvernement : je vous l’ai déjà dit en commission et je le répète ici. Le choix est de lutter contre les addictions, bien évidemment – chacun partage cette volonté –, mais aussi d’envisager la situation économique de nos territoires d’outre-mer. Le problème est tel que les barrières tarifaires ne sont pas suffisantes, c’est vrai. Pour ma part, j’ai plusieurs priorités, dont la création d’un fonds spécifique, qui sera alimenté par une taxe sur le rhum mais peut-être aussi sur d’autres alcools, à compter du 1er janvier 2020. Par ailleurs, la durée de cette taxation doit être davantage lissée." Ceci signifie que le sujet de la taxe sociale sur le rhum produit et consommé dans les DOM pourrait être revu, au moins dans son étalement dans le temps, lors du passage du PLFSS devant le sénat.

FXG, à Paris

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 07:56
Saint-Paul au salon du patrimoine culturel

La ville de Saint-Paul invitée à Paris

Saint-Paul faisait partie, aux côtés de Dax, Nancy, Pézenas, Rochefort, et Saint Laurent du Maroni, des six villes (sur quelque 220) que Sites & Cités remarquables de France, l'association des villes et pays d'art et d'histoire et des sites patrimoniaux, a choisi de valoriser à l'occasion du salon du patrimoine culturel qui a ouvert ses portes jeudi au Carrousel du Louvre à Paris. "La ville de Saint-Paul est labélisée ville d'art et d'histoire depuis 2012, explique Jean-Diony Laval, responsable du service culturel, et cette invitation nous a paru une belle opportunité pour rencontrer les différents acteurs du patrimoine et de la culture, les autres collectivités et les entreprises qui oeuvrent à la sauvegarde, la protection et le développement du patrimoine." Dès jeudi, soir, ce sont les Réunionnais de Paris qui ont été invités à venir saluer la présence de Saint-Paul sur ce salon, mais au-delà de cet aspect purement convivial, Tanguy Sevat, animateur de l'architecture et du patrimoine doit participer à une conférence, samedi, sur le thème "territoire et patrimoine". "La conférence que je vais co-animer, explique Tanguy Sevat, samedi aura pour objectif de montrer le lien entre patrimoine et aménagement, patrimoine et identité territoriale, patrimoine et mise en tourisme, c'est-à-dire comment on peut partir du patrimoine pour repenser le territoire et développer son attractivité." Saint-Paul a pour elle d'être la cinquième plus grande commune de France, la baie du meilleur ancrage, la première ville à avoir été fondée à la Réunion, le berceau du peuplement... Cet atout historique s'accompagne d'une richesse architecturale avec des habitations en bois et en dur qui datent des XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles, avec un patrimoine archéologique qui reste encore à découvrir, sans parler du patrimoine immatériel lui aussi très important sur le territoire, qu'il s'agisse de danse, le maloya qui a été labellisée par l'UNESCO, les pratiques culinaires, les savoir-faire (calumet tressé, taille de pierre, chemins pavés), l'artisanat d'art... "C'est, poursuit M. Sevat, ce patrimoine qui continue à vivre mais qu'on souhaite également protéger et valoriser."

Aujourd'hui pour l'équipe municipale de Saint-Paul, la sauvegarde et la préservation du patrimoine sont devenues des enjeux prioritaires dès lors qu'il s'agit d'aménagement du territoire. De même, les relations avec les milieux scolaires sont aussi une priorité tant il est nécessaire que la jeunesse saint-pauloise s'approprie ces enjeux patrimoniaux sur le territoire.

Aujourd'hui Saint-Paul veut poursuivre sur cette lancée et a publié une série d'ouvrages à destination des scolaires, des touristes qu'elle entend poursuivre en 2019. Tout récemment, le conseil municipal a pris une délibération pour mettre en oeuvre un site "patrimoine remarquable" sur un périmètre du centre-ville de Saint-Paul dont l'architecture serait préservée. "Nous souhaitons, continue Jean-Diony Laval, obtenir son classement avant la fin 2019 et nous voulons continuer à faire vivre notre label ville d'art et d'histoire et rappeler ainsi que nous ne sommes pas limités au sport et au nautisme !" L'enjeu n'en reste pas moins la promotion de la destination.

FXG, à Paris

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 07:45
Sophie Charles dans l'espace des Cités et sites remarquables de France au Carrousel du Louvre.

Sophie Charles dans l'espace des Cités et sites remarquables de France au Carrousel du Louvre.

Saint-Laurent au salon du patrimoine culturel

La ville de Saint-Laurent, invitée du salon du patrimoine culturel qui se tient jusqu'à dimanche à Paris, vise désormais l'inscription du camp de la transportation au patrimoine mondial de l'humanité.

Saint-Laurent faisait partie, aux côtés de Dax, Nancy, Pézenas, Rochefort, et Saint Paul à la Réunion, des six villes (sur quelque 220) que Sites & Cités remarquables de France, l'association des villes et pays d'art et d'histoire et des sites patrimoniaux, a choisi de valoriser à l'occasion du salon du patrimoine culturel qui a ouvert ses portes jeudi au Carrousel du Louvre à Paris. Pour Sophie Charles, c'était sa première intervention officielle en dehors de sa ville depuis qu'elle a pris la succession de Léon Bertrand à la mairie de Saint-Laurent. "C'est notre tenacité pour la revalorisation du patrimoine qui nous vaut cette présence à Paris, sur ce salon, explique-t-elle. Nous fournissons ce travail depuis les années 1980, quand nous avons commencé la rénovation du patrimoine de notre ville avec son centre historique et le camp de la transportation à partir de 1990." Aujourd'hui, Saint-Laurent du Maroni partage le haut de l'affiche avec la fusée Ariane à Kourou ! "Nous avons mis un peu de temps pour acquérir le site du bagne, poursuit Sophie Charles, parce que ce n'est jamais simple d'acquérir un bâtiment énorme et pas forcément en bon état ! C'est grâce à un partenariat avec l'Etat que la ville a pu le rénover et en faire ce qu'il est devenu aujourd'hui, un lieu de vie !" Le camp accueille Kokolampoe, c'est-à-dire un théâtre et son école, le centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine (CIAP), la bibliothèque, les archives, l'association Vidéo Multimédia qui organise le festival Amazonie Caraïbes qui vient de s'achever, mais également des expositions et des résidences artistiques... C'est ainsi que le camp de la transportation accueille désormais tous les ans 20 000 touristes (dont 10 000 visites guidées) et 9 000 scolaires qui viennent au CIAP avec un animateur. Ce dernier a accompagné Mme le maire sur ce salon parisien du patrimoine culturel où des rendez-vous sont prévus, mais également une conférence samedi où il sera question de patrimoine et de tourisme durable. "Nous voulons, indique Sophie Charles, montrer, expliquer notre mode de fonctionnement et notre stratégie patrimoniale. Ca permet à d'autres qui viennent nous voir sur le stand de Sites et cités remarquables, d'étudier ce qui est possible de faire dans le cadre de la rénovation d'une ville dont le centre historique a été pénitentiaire. Nous avons à coeur de garder le patrimoine, mais d'en faire des outils nouveaux au service de la vie de la cité et de son développement économique." Et cette politique continue puisque la ville a été retenue pour la réhabilitation de la maison du receveur des douanes. De même le récent déménagement de l'hôpital de Saint-Laurent a libéré un autre bâtiment du bagne. Un nouveau travail est en cours avec l'Etat et le CHOG pour déterminer  la future destination de ces bâtiments dans l'esprit d'une revitalisation du coeur de ville et des îlots adjacents. Hier après-midi, une rencontre était d'ailleurs prévue avec l'agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) pour aborder la nouvelle de réhabilitation dénommée "projet centre-fleuve". "Nous voulons partir de la ville historique, détaille Sophie Charles, et accompagner le développement urbain jusqu'aux berges du fleuve, au quartier de la Charbonnière." déjà forte de son label "ville d'art et d'histoire" qu'elle entend renouveler, du label touristique "qualité tourisme", Saint-Laurent du Maroni vise désormais une inscription du camp de la transportation au patrimoine mondial de l'humanité, à l'UNESCO. "Nous vivons ici les prémices de cette aventure", conclut Mme le maire avec gourmandise.

FXG, à Paris

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