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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 09:49
Annick Girardin à l'Assemblée nationale mardi 27 novembre

Annick Girardin à l'Assemblée nationale mardi 27 novembre

Livre bleu outre mer contre marée jaune

La ministre des Outre-mer avant d'être assaillie de toute part mardi 28 novembre sur le projet de loi de finance et le coût du travail dans les Outre-mer par les députés, y compris ceux d'En marche comme le Guyanais Adam, a du répondre à une question du député LR David Lorion lors de la séance de questions au gouvernement. Celui-ci faisant écho au cri lancé lundi par la FEDOM ("Le gouvernement a trahi les Outre-mer"), mais également celui lancé, lundi aussi, par le député FI Jean-Hugues Rattenon, a lancé a son tour le sien : "Votre livre bleu outre-mer ne correspond pas à la marée jaune à laquelle vous vous exposez." Avant de poser une question très simple : "Quel est votre projet pour les Outre-mer ?"

Il semble qu'il en faille plus pour déstabiliser Annick Girardin, du moins, tant qu'elle était encore dans l'enceinte du palais Bourbon et pas encore au pied du mur de gilets jaunes à la Réunion où elle est arrivée mercredi matin. Elle a ainsi assuré que les derniers arbitrages rendus lundi matin par Bercy et Matignon lui permettraient de faire voter dans la foulée de cette séance de questions d'actualité un amendement qui apporterait 130 millions de plus pour faire baisser d'autant le coût du travail, soit pour les entreprises de la Réunion, la somme de 41 millions. Annick Girardin a aussitôt traduit cette somme en termes de création d'emplois qu'elle a chiffrés à un minimum de 2000, tout en rappelant que sa collègue Muriel Pénicaud avait débloqué 11 000 emplois accompagnés. Pour finir, elle a affirmé : "Le livre bleu outre-mer est la meilleure réponse qu'on ait apportée pour les Outre-mer. Maintenant il nous faut le temps de le mettre en place." Message transmis aux gilets jaunes.

FXG, à Paris

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 05:10
Franck Riester, le 21 novemmbre devant les députés de la délégation Outre-mer

Franck Riester, le 21 novemmbre devant les députés de la délégation Outre-mer

Le ministre de la Culture et France Ô, "chaîne alibi"

Face aux députés de la délégation Outre-mer, Franck Riester a plaidé pour des productions ultramarines sur le service public.

"L'audiovisuel public doit montrer la France telle qu'elle est ; nous n'y sommes pas aujourd'hui." L'audition de Franck Riester, le nouveau ministre de la Culture, par la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale, mercredi, était très attendue notamment en ce qui concerne la réforme de l'audiovisuel public et la fin annoncée de France Ô. L'opinion du ministre semble faite : "France Ô, chaîne dédiée, n'a pas apporté de réponse malgré les efforts de ses équipes." Le ministre n'a pas hésité à dire que France Ô n'était qu'un "alibi" qui n'était parvenu qu'à "cantonner l'outre-mer à la périphérie au lieu du centre".

La semaine dernière, le chef de cabinet du ministre de la Culture et la ministre des Outre-mer ont installée la commission France Ô au sein de laquelle siègent nombre de députés de la commission des affaires culturelles dont Maïna Sage (UDI, Polynésie) ou Josette Manin (app. PS, Martinique), quoique ni les ministères des Outre-mer, ni celui de la Culture n'aient communiqué sur sa composition... Franck Riester a indiqué qu'une prochaine réunion de cette commission serait réunie jeudi prochain et une troisième en janvier 2019. Les membres de cette commission, a expliqué Franck Riester, doivent réfléchir avec les équipes de France TV à des indicateurs quantitatifs et qualitatifs qui devront trouver leur aboutissement dans le cahier des charges de France TV. "Un texte de loi, a ajouté le ministre, est en préparation pour pouvoir assurer cette présence forte de l'Outre-mer." Franck Riester a évoqué la présence de l'Outre-mer dans  le JT de France 2 : "Je veux que l'on parle de l'Outre-mer comme on parle de l'Hexagone !" Et sur le numérique, il a parlé de "programmes dédiés" : "A l'horizon 2020, a-t-il annoncé, lorsque France Ô cessera d'émettre, tous les Français verront sur le service public des programmes produits en Outre-mer."

Des députés hostiles

A l'appui de son assertion, il a évoqué le rapport de la mission de concertation du 19 juillet dernier et les engagements de Delphine Ernotte, présidente de France TV. Il a aussi assuré qu'il y aurait toujours "des personnels engagés au niveau central" et que le sort des personnels de France Ô était pris au sérieux, allant jusqu'à affirmer qu'il y aurait "des équipes spécifiques tournées vers l'Outre-mer dans France TV". Quant aux coproductions outre-mer, il a indiqué que les 10 millions d'euros qui leur sont consacrés seraient maintenus "comme les équipes éditoriales dans l'Hexagone".

Face à lui, le ministre a trouvé des députés peu convaincus. Maina Sage a déclaré : "Ce qui nous blesse, c'est que vous avez décidé de fermer France Ô avant même qu'on en parle !" Elle a moqué les premières propositions de la commission France Ô : un prime time ultramarin par mois sur l'ensemble du service public, un feuilleton ultramarin sur Internet et sur les chaînes la 1ère..." Son collègue LREM Raphaël Gérard a renchéri : "Une semaine outre-mer et une case outre-mer ne semblent pas être une bonne approche !" Justine Benin (Guadeloupe, Modem) a déploré l'attitude du Premier ministre qui annonçait dès juin dernier par communiqué de presse la fin de France Ô... Ce qui est acquis désormais, c'est la connaissance par le ministre de la Culture de l'hostilité au projet de l'ensemble de la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale. Reste à savoir si ses membres sauront faire valoir cette position lors du débat parlementaire sur la réforme de l'audiovisuel public à venir dans la mesure où le prince a déjà tranché.

FXG, à Paris

Décision importante pour la yole à l'UNESCO

Franck Riester, le nouveau ministre de la Culture, a été auditionné par la délégation outre-mer de l'assemblée nationale. A cette occasion, il est revenu sur la question de l'inscription de la yole ronde au patrimoine de l'UNESCO. La yole est avec la danse tahitienne, Ori Tahiti, un des six dossiers en préparation. Si le Ori concourt dans la catégorie patrimoine immatériel, la yole dans la catégorie des bonnes pratiques de sauvegarde, la France ne peut présenter qu'un seul dossier à la fois tous les deux ans. C'est vendredi 23 novembre que le comité France de l'UNESCO rendra l'avis préalable et obligatoire avant la décision ministérielle de transmettre à l'UNESCO "sachant, a précisé Franck Riester, que la yole a fait l'objet d'une inscription à l'inventaire français en juin 2018". Si la yole passe l'ecueil du 23 novembre, le prochain rendez-vous viendra alors en mars 2019.

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 18:16
La Yole en piste pour l'UNESCO

Avis favorable pour la yole à l'UNESCO

La délégation du comité de pilotage (Édouard Tinaugus, Georges Henry Lagier, Maryse Lamon, Alex Rosette, Alain-Claude Lagier et Catherine Bertho Lavenir) a défendu vendredi la candidature de la yole de Martinique à l’inscription au patrimoine immatériel de l’humanité à l’UNESCO (registre des bonnes pratiques) au ministère de la Culture à Paris. A l'issue de l'audition les membres de la commission de sélection ont salué la qualité de la présentation et émis un avis favorable au soutien du dossier de la yole. Ce dernier fera donc partie de la liste restreinte des dossiers transmis au ministre de la Culture en début d'année. Un seul dossier sera transmis sur les six qui ont déposé une candidature.

Cette audition s’inscrit dans un processus entamé depuis plusieurs 2006. En Juin dernier, la yole de Martinique a été inscrite à inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France. Et c'est en septembre 2017 qu’Edouard Tinaugus a proposé la création d'un comité de pilotage pour constituer la candidature de la yole martiniquaise à l’UNESCO.

Le comité compte sur la mobilisation de l'ensemble des acteurs politiques et institutionnels ainsi que celle de tous les Martiniquais pour soutenir la démarche de classement de la yole au patrimoine immatériel de l’humanité.

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 07:28
Les prix Fetkann'-Maryse Condé 2018

Ciprut, Coulthard, Jean-Elie et Bacon prix Fetkann' 2015

Le palmarès de la 15e édition du prix littéraire Fetkann' Maryse Condé - « Mémoire des Pays du Sud / Mémoire de l’humanité » a été annoncé jeudi matin au café de Flore à Saint-Germain des Près lors d'une cérémonie placée sous la présidence de Suzanne Dracius et en présence de George Pau-Langevin, la président du conseil départemental de Guadeloupe et du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie.

Mémoire

Le prix Mémoire a été attribué à Marie-Andrée Ciprut pour son ouvrage paru chez Fortuna, "Filles d'Ariane, des Antilles et d'ailleurs... La résilience en partage".

Psychologue-psychothérapeute et co-fondatrice de Pluriels (un centre de consultations ethnopsychologiques pour migrants à Genève), elle a déjà publié "Un racisme en Noir(e) et Blanc(he)" chez Fortuna en 2015. Cette fois, elle invoque les héroïnes de l'antiquité grecque comme ancêtres tutélaires des femmes antillaises, tisse des liens entre celles-ci et les femmes "potomitan" de plusieurs pays, femmes fortes et solides pour leurs proches, malgré les revers que la vie leur impose. Marie-Andrée Ciprut parvient ainsi à faire résonner les similitudes, souligner les particularismes et faire entendre la petite musique de la résilience féminine à travers les âges. "Les filles d'Ariane sont des battantes, annonce son éditeur, Marie-Andrée Ciprut leur a donné une voix !"

Recherche

Dans la catégorie recherche, le prix est décerné à l'ouvrage publié par l'éditeur canadien Lux, "Peau rouge, masques blancs - Contre la politique coloniale de la reconnaissance" de Glen Sean Coulthard. Politologue, membre de la nation Dénée du Nord-Ouest du Canada, l’auteur reprend ici la critique fanonienne de la reconnaissance dans les débats entourant l’autodétermination des peuples colonisés, notamment les peuples autochtones d’Amérique du Nord, et démontre en quoi cette reconnaissance ne fait que consolider la domination coloniale. Cet ouvrage de théorie politique engagée appelle à rebâtir et redéployer les pratiques culturelles des peuples colonisés sur la base de l’autoreconnaissance, seule voie vers une réelle décolonisation.

Jeunesse

Dans la catégorie jeunesse, c'est Barbara Jean-Elie qui remporte le prix Fetkann' avec "Sina, le secret de la Caraïbe", le premier roman illustré pour enfants sur la Caraïbe, édité par SCITEP en quatre langues : français, créole, anglais et espagnol. Aventurière et intrépide, la petite Sina sillonne la Caraïbe avec Momo le monstre de la montagne, Papou la grenouille et Filou le chien, rejoints par Cristofine la baleine à la recherche du méchant pirate Oscar de Malavida qui a enlevé les parents de Momo, persuadé qu’ils le rendront riche et beau !

Au-delà du conte pour enfant, l’ouvrage est une initiation très documentée aux richesses de l’archipel des Antilles : diversité culturelle, histoire, nature, environnement, mais aussi une première approche adaptée pour les enfants des questions économiques et sociales. Un CD inclus offre la lecture du récit par son auteure et une initiation musicale à la diversité des rythmes de la Caraïbe (calypso, reggae, salsa, konpa, ka…).

Poésie

Le Prix de la poésie est décerné à Joséphine Bacon, poétesse et réalisatrice amérindienne, innue de Betsiamites, installée à Montréal pour son recueil "Uiesh, quelque part" publié chez Mémoire d'encrier. "Quelque part, une aînée avance. Elle porte en elle Nutshimit, terre des ancêtres, une mémoire vive nomadise, épiant la ville, ce lieu indéfini... La parole agrandit le cercle de l’humanité. Joséphine Bacon fixe l’horizon, conte les silences et l’immensité du territoire..."

Mention spéciale

Enfin, le jury du 15e prix Fetkann' a attribué une mention spéciale à Winny Kaona pour son ouvrage "Coeurs biguine, Moune de Rivel & Winny Kaona", Editions A.D.M.T.

FXG, à Paris

José Pentoscrope, père du prix Fetkann'-Maryse-Condé

Enfant de Lapwent, José Pentoscrope a fait de la politique dans sa vie (élu au bureau national du PS, élu de la ville de Massy où il a fait installé une statue de Toussant Louverture sur la place Schoelcher en 1988), a été un économiste au service de collectivités ou de pays d'Afrique, et a été et reste l'animateur du centre d'information, de formation des originaires d'Outre-mer (CIFORDOM). C'est lui qui, en 2001, se basant sur les prescriptions du texte de la loi Taubira visant à promouvoir la mémoire de l'esclavage et de la traite négrière, décide créer ce prix littéraire "Fetkann' - Mémoire des pays du Sud, mémoire de l'humanité". Peu à peu, le rendez-vous du dernier jeudi du mois de novembre au premier étage du café de Flore va s'imposer. Gisèle Pineau, Edouard Glissant, Fabienne Kanor, Suzanne Dracius, Edwy Plennel, Alain Guédé et tant d'autres vont tour à tour être récompensés. Mais c'est sans attendre le prix Nobel alternatif de littérature de Maryse Condé que José Pentoscrope va obtenir l'accord de l'auteur de Ségou pour devenir le prix Fetkann'-Maryse Condé ! D'ailleurs, José Pentoscrope qui a été formé à la musique classique à Massabielle, qui a aiguisé son oreille au son du jazz et qui sait aussi manier le pinceau et les couleurs, ne cache pas  son ambition : faire du prix Fetkann-Maryse-Condé, l'équivalent d'un prix Nobel de littérature pour les pays du Sud.

Trois questions à Winny Kaona, chanteuse et auteur de "Coeurs biguine, Moune de Rivel & Winny Kaona",

"Le graal, c'est ce prix Fetkann' Maryse-Condé"

Moune de Rivel, c'est la grande affaire de votre vie ?

Ce n'est pas qu'une affaire, c'est la rencontre de deux âmes soeur unies par la même passion. J'ai découvert cette femme extraordinaire alors que je n'avais que 9 ans sur les ondes de l'ORTF dans une émission qui s'intitulait "Charme de Paris". En entendant cette voix, ses sifflements d'oiseau, je pleurais toutes les fois que l'émission se terminait et chaque semaine, c'était un rituel, je me disais : quand je serai grande, je chanterai comme "Femme" de Rivel... Je disais "Femme" parce que chez nous, il était interdit de parler créole.

Quand l'avez-vous enfin rencontrée ?

Quand j'ai eu une trentaine d'années, en 1988, je suis allée chez elle pour lui demander l'autorisation d'interpréter ses chansons. Que m'a-t-elle répondu ? "Je ne donne pas mes chansons à n'importe qui... Vous chantez quoi ?" Je lui réponds "Jodi sé jenn gen la"... J'avais gaffé, c'était un titre d'Al Lirvat qu'en plus j'avais écorché puisque le vrai titre était "Sé ou menm ki lanmou". Elle m'a repris, mais s'est tout de même mise au piano et j'ai chanté le couplet. Arrivée au refrain, elle m'a serré dans ses bras en me disant : "Après ma mort, quelqu'un de ta génération et de mon pays fera vivre toutes mes chansons..." C'est le premier sceau qu'elle a posé. Quelques années plus tard, sur la scène du Centre des arts, elle annonce à la fin du concert : "Je lègue mon flambeau de chansons à Winny Kaona." C'était il y a 24 ans...

Votre ouvrage vient saluer le centenaire de sa naissance ?

Je me suis mise à l'écriture de "Coeur biguine" qui remporte une mention spéciale. C'est l'histoire de deux artistes, deux âmes soeur... Le livre est sorti en février. En avril, j'ai sorti l'exposition "Une vie en chanson" à Pointe-à-Pitre. En mars, j'ai mis en place la première édition des trophées Moune de Rivel pour que les enfants de l'académie apprennent les chansons de Moune de Rivel et donner à la biguine ses lettres de noblesse. La deuxième édition est déjà programmée... J'ai ensuite sorti le disque "Moune à Tout' moun" et le centenaire Moune de Rivel sera clôturé mercredi prochain à la résidence départementale du Gosier. Mais le graal, c'est ce prix Fetkann' Maryse-Condé reçu aujourd'hui !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 06:36
Thierry Vatin et Georges Granville (photo : Diana Marimoutou)

Thierry Vatin et Georges Granville (photo : Diana Marimoutou)

Vaton et Granville sortent leur "Noël kantik bò kay"

Les auteurs du "Piano dans la musique créole", Thierry Vaton et Georges Granville, fondateurs de l’association pour le développement des musiques créoles (ADMC), récidivent en sortant ce 15 novembre "Noël kantik bò kay", une sélection de 24 chansons de l’Avent et de Noël (4 cahiers de chants avec partitions, paroles et ritournelles en français et en créole). "En plus d’être le fruit d'un travail de recherche, c’est un véritable outil de mémoire culturelle que nous souhaitons mettre à la disposition de tous", explique Thierry Vaton. Les deux pianistes ont créé l'ADMC pour faire découvrir, transmettre et promouvoir le patrimoine culturel musical créole sous ses formes historiques, sociologiques, géographiques, et avec tous les moyens ou supports (cours, master class, ateliers, concerts, expositions, conférences, stages) et par la création d'ouvrages pédagogiques tel ce "Kantik bò kay".

Georges Granville, passé par la Bill Evans Academy de Paris, a évolué avec des artistes aux univers totalement différents tels que Beethova Obas, Bélo, John Ellison, Tony Allen, Gérard Mendès, Zouk Machine, Tony Chasseur, Kali, Denise Reis, Marvin, Arsenik, Secteur A, Abd al Malik, Dédé Saint-Prix, Yannick Cabrion et Tanya Saint-Val. Il a été enseignant pendant près de quinze ans à l’école de musique ICM.

Thierry Vaton a fait le conservatoire de musique du 8e arrondissement puis l’American School of Modern Music, avant de collaborer avec Eliktara, Gazoline, Dédé Saint-Prix, Kaoma, Kassav’, Angélique Kidjo, Miriam Makeba, Mory Kanté, Dany Brillant, Philippe Laville, La Compagnie Créole...  Arrangeur, compositeur, réalisateur et chef d’orchestre, il a créé, avec Tony Chasseur, Mizikopéyi, le premier big band de musique antillaise contemporaine.

L'ouvrage des deux pianistes est préfacé par Simone Lagrand et illustré par Fred Alie.

FXG, à Paris

www.admc.fr

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 06:11
Sur Réunion La 1ère à partir du mercredi 7 novembre à 19h55 et sur France Ô à partir du 26 novembre.

Sur Réunion La 1ère à partir du mercredi 7 novembre à 19h55 et sur France Ô à partir du 26 novembre.

Cut, 6ème !

La nouvelle saison de Cut est prête à être diffusée et c'est le 352e épisode qui ouvrira cette sixième série le 26 novembre prochain sur France Ô et un petit peu avant sur Réunion la 1ère. "On a à coeur de développer la fiction, a déclaré Sophie Gigon, directrice de la fiction daytime à France télévision, et nous sommes les seuls à expérimenter ces sortes de fiction longues dans la journée comme Cut ou Plus belle la vie." Le prix des deux n'est certes pas le même puisque un épisode de Cut coût 34 000 euros contre 120 000 pour le soap de France 3, mais, rappelle Bernard Cohen, producteur et créateur de Cut, les enjeux restent les mêmes : "Nos personnages sont confrontés aux soubresauts de notre société et nous essayons de développer un point de vue de citoyen..."

Ainsi le personnage d'Adil (Ambroise Michel) va se lancer dans l'agriculture bio et vouloir s'engager en politique. Mélanie (Sophie Staub) qui a perdu son mari dans un attentat à Londres, entre dans sa vie... Angèle (Elodie Varlet) décide à 33 ans de reprendre ses études de médecine tandis que son copain Ruben (Edouard  Montoute) a accepté d'accueillir une ado à domicile... Jules (Sébastien Capgras) monte une start up pour faire découvrir l’île de la Réunion, Doid (Maxime Juan) s’affirme dans son métier de flic et Lulu (Nadia Richard) s’épanouit comme journaliste d’investigation sur Réunion la 1ère... "La banalisation de la haine et du cynisme, va être caractérisée, explique Bertrand Cohen, par l'arrivée de trois nouveaux personnages." Impossible de lui en faire dire plus : il ne veut pas "spoiler" la série !

400 heures de contenus transmédia

Côté transmédia, les producteurs annoncent 400 contenus exclusifs sur les réseaux sociaux, des "stories" particulières sur Facebook et Instagram qui vont coller au développement de la start up "Réunion secrète" que le réfugié Irfan (Ken Eind) monte avec Jules. France Ô revendique 250 000 abonnés à Cut sur les réseaux, 500 000 touches et 15 millions d'impression !

"Chaque année, quand on en arrive au montage, raconte l'autre producteur, Stéphane Meunier, c'est plus puissant, plus beau. C'est de l'industrie, avec 70 épisode et un double plateau, mais c'est aussi artisanal, car chaque jour ressemble à un court-métrage !" Daniel Grillon directeur des contenus du pôle outre-mer de France-Télé rappelle que "cette équipe qui gagne" est aussi un vecteur économique qui a rapporté 8 millions d'euros à la Réunion en six années, soit 1,5 millions par saison. "En six ans, observe Sophie Gigon, des professionnels ont grandi avec la série. Entrés comme stagiaires, ils sont devenus des techniciens titulaires de cette équipe !"

FXG, à Paris

L'avenir de Cut

Quel est l'avenir de Cut dans le contexte de la fin annoncée de France Ô ?  A cette question posée vendredi dernier au comité d'établissement de France Ô, Daniel Grillon, directeur de contenus a répondu : "C'est l'Etat actionnaire qui a décidé que d'ici 2020, France Ô aurait basculé vers le numérique et que la visibilité de l'Outre-mer serait aussi testée sur s'autres chaînes... Les auteurs pensent déjà à la saison 7, mais aller plus loin, c'est impossible à ce stade." Sophie Gigon a été à peine plus précise : "Le tournage de Cut débute en mars... Chaque année, on développe la saison suivante et la décision de produire se prend entre novembre et décembre. Cette année, on verra. La donne a un peu changé mais on a appris à être prêt sur le court terme !"

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 07:16

Annick Girardin réaffirme la fermeté de l'Etat

Le député Michel Larive de la France insoumise a interpellé au nom de son collègue Jean-Hugues Rattenon le Premier ministre lors de la séance de question au gouvernement mercredi 21 novembre sur les événements à la Réunion en cours depuis le 17 novembre. Rappelant un rapport de 2012 qui place neuf commune sur dix, les plus inégalitaires en termes de richesse, à la Réunion, le député a évoqué "une situation insurrectionnelle". Face au mouvement et à la contestation sociale, "ample et forte", aux trente barrages quotidiennement érigés, il a dénoncé le couvre feu instauré de 21 heures à 6 heures dans une douzaine de villes de l'île et le recours à la force avec l'arrivée annoncée d'un nouvel escadron de gendarmerie de Strasbourg. "Pas d'ordre public sans justice sociale, a conclu le député. Quelles autres options que la force comptez-vous mettre en oeuvre ?"

La réponse d'Annick Girardin a été empreinte de fermeté. "La Réunion connaît des blocages depuis samedi dont l'évolution est intolérable, car ceux des gilets jaunes le jour font pace à la violence des jeunes qui casent et même blessent des élus." Elle a donc réaffirmé "la fermeté de l'Etat face à eux le soir, toutes les nuits parce qu'il y a encore eu des dégâts et de nombreux blessés." Reprenant les propos du député sur les inégalité, elle a confirmé : "Oui, c'est sans doute le territoire le plus inégalitaire avec 40 % des moins de 25 ans qui sont demandeurs d'emploi et 40 % de la population sous le seuil de pauvreté, mais il y a aussi une classe qui va bien, qui développe le territoire et c'est normal que nous les accompagnions. Ce sont eux qui sont visés par la réforme de l'impôt sur le revenu... Un territoire accompagné à travers les mesures du livre bleu outre-mer, mais un territoire où la fermeté de l'Etat fera face à toutes les violences."

Un discours raccord avec celui du chef de l'Etat hier matin en conseil des ministres. Mais pour l'heure, le cabinet d'Annick Girardin ne fait aucun  commentaire sur un éventuel déplacement à La Réunion.

FXG, à Paris

PS: Jeudi 22 novembre, interrogée par les sénateurs Dindar, Malet et Dennemont, la ministre Girardin a reconnu que la situation était "grave" à la Réunion et fait savoir qu'elle se rendrait sur l'île dans les prochains jours.

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 05:22
capture d'écran du reportage de Martinique La 1ère

capture d'écran du reportage de Martinique La 1ère

Deux réprimandes et une relaxe à l'encontre de trois vétérinaires

Saisi par le Dr Gaube, le conseil régional de l'ordre des vétérinaires d'Ile de France et des départements d'Outre-mer a déclaré les Drs Sottovia et Plisnier coupables d'avoir dénigré leur confrère, d'avoir manqué à la déontologie à l'occasion d'un reportage de Martinique La 1ère et les a condamnés à la sanction de réprimande.

La décision du conseil régional de l'ordre des vétérinaires rendue le 15 novembre fait suite à l'audience de sa chambre disciplinaire qui s'est tenue à Paris le 18 octobre dernier. S'estimant dénigré par l'intervention dans un reportage télévisé critique sur sa clinique, par deux de ses confrères, les Drs Sottovia et Plisnier, président et membre de l'association des vétérinaires de Martinique, auteur d'une plainte devant le conseil de l'ordre contre le Dr Gaube et sa clinique Selvetga, Gérard Gaube s'est pourvu devant le conseil régional de l'ordre des vétérinaires. "Ce reportage, expliquait le Dr Gaube à l'audience, a fait fuir des associés, des salariés, des clients et j'ai du placer ma société sous procédure de sauvegarde en juin dernier." Le président du conseil de l'ordre estimait alors que le Dr Jean-Luc Sottavia avait manqué de confraternité et dénigré le Dr Gaube. De même, il estimait que le Dr Marcel Plisnier qui "invoque la maltraitance des animaux reçus par la clinique du Dr Gaube, a manqué aussi à ses devoirs". Il demandait contre chacun d'eux une peine de réprimande. Mes Ursulet et Charrière-Bournazel, conseils du Dr Gaube, demandaient quant à eux à la présidente de la chambre disciplinaire de retarder sa décision jusqu'au jugement de la plainte du Dr Sottavia, via l'association des vétérinaires de Martinique, contre le Dr Gaube. Ils demandaient également une sanction disciplinaire tenant compte de l'impact qu'avait eu le reportage de Martinique La 1ère sur le chiffre d'affaires de la clinique de leur client.

L'intervention du Dr Sottavia s'insérait en illustration des reproches faits à la clinique Selvetga par l'auteur du reportage. "Le Dr Sottavia, précise le jugement, ne pouvait que connaître l'orientation du reportage (...) et ne pouvait ignorer que les pratiques générales qu'il décrit comme étant la norme n'étaient pas celles reprochées à la clinique Selvetga, non seulement par la journaliste mais également par l'association des vétérinaires de Martinique qu'il dirigeait et avait précisément porté plainte sur ces points..." Quant au Dr Marcel Plisnier, celui-ci insiste dans sa très courte intervention sur la maltraitance des animaux. "Lui non plus, indique le jugement dans ses motifs, ne pouvait ignorer que le reportage portait sur les pratiques du Dr Gaube." En revanche, le Dr Patrick Arien a été relaxé. Ce dernier n'intervient qu'indirectement dans le reportage via deux photos de lui glanées sur internet et un commentaire qui indique qu'il a très brièvement travaillé avec le Dr Gaube avec lequel il a, depuis, un litige aux prudhommes...

FXG, à Paris

https://la1ere.francetvinfo.fr/martinique/y-t-il-scandale-veterinaires-martinique-506023.html

Le compte rendu de l'audience du 18 octobre 2018

Des vétérinaires comme chiens et chats devant le conseil de l'ordre

A la suite d'un reportage diffusé sur Martinique la 1ère, la chambre disciplinaire des vétérinaires saisie de plusieurs plaintes par des vétérinaires de l'île.

La chambre disciplinaire du conseil régional de l'ordre des vétérinaires (Île de France et DOM) s'est réunie à Paris jeudi 18 octobre pour examiner une plainte du docteur vétérinaire Gérard Gaube contre ses confrères Jean-Luc Sottovia, Marcel Plisnier (absent), Virginie Da Costa (en visio-conférence depuis la Guyane) et Patrick Arien. Ces derniers ont en commun d'être intervenu dans un reportage diffusé par Martinique la 1ère le 28 juillet 2017. Le Dr Gaube attaque ses confrères pour dénigrement et manquement à la déontologie. La chambre était aussi saisie d'une plainte, plus ancienne, de l'association des vétérinaires de Martinique (AVM) contre le Dr Gaube pour pratiques chirurgicales abusives. Mais la présidente a choisi de disjoindre les deux dossiers pour ne retenir que la plainte pour dénigrement. "Ce reportage, explique le Dr Gaube, a fait fuir des associés, des salariés, des clients et j'ai du placer ma société sous procédure de sauvegarde en juin dernier." Le Dr Da Costa qui n'apparaît qu'en voix off dans le reportage, témoigne : "Je ne suis pas à l'origine de ce reportage et j'ignorais que mes propos étaient enregistrés. La journaliste s'est acharnée sur un vétérinaire et une structure avec un titre genre scoop de l'année !" Aussitôt, le Dr Gaube retire sa plainte contre le Dr Da Costa. C'est au tour du Dr Sottovia d'intervenir : "En tant que président de l'AVM, j'ai voulu représenter la profession et situer le débat sur ce qu'on a le droit de faire ou de ne pas faire." Il admet que le reportage n'est nourri que par deux témoignages et que les images présentées comme celles de la clinique du Dr Gaube sont en fait des images de la SPA... Il évoque la plainte que son association, l'AVM, a déposé contre le Dr Gaube devant le conseil de l'ordre, dix-huit mois avant le reportage, et dont la journaliste a pris connaissance : "Elle m'a dit qu'elle allait faire un reportage sur le Dr Gaube, mais j'ai pris garde de ne pas pas citer son nom. Je ne voulais pas servir l'acharnement contre un confrère." "Vous avez eu l'impression d'une collusion, d'un montage ?", demande la présidente. "Je pense qu'elle en voulait au Dr Gaube. C'est une personne sensible à la cause animale qui a assimilé des opérations chirurgicales à répétition à de la maltraitance."

"C'est une affaire symptomatique d'un climat de plus en plus délétère", déclare le bâtonnier Charrière-Bournazel, conseil du Dr Gaube. Il oppose la liberté d'informer à l'instrumentalisation de la presse : "Dans le microcosme martiniquais, la concurrence fait qu'une association qui n'a pas de qualité pour agir, manipule la presse et coule ainsi le Dr Gaube. C'est un manquement aux règles, à l'éthique et à la présomption d'innocence." Me Ursulet, lui aussi conseil du Dr Gaube, enchaîne : "Le Dr Da Costa a reconnu qu'il s'agissait d'un acharnement ! Voilà pourquoi il ne fallait pas disjoindre les deux affaires. Ce reportage est l'expression d'une campagne de dénigrement qui commence avec la plainte de l'AVM qu'on fait passer pour une enquête de l'ordre ! C'est une manipulation pour détruire le Dr Gaube." Il conclut en demandant à la présidente de ne rendre son délibéré qu'en même temps qu'elle rendra son jugement sur la plainte de l'AVM...

Bruno Teissier, président de l'ordre, requiert à l'encontre des Drs Sottovia et Plisnier une peine de réprimande : "Moi aussi, j'aurais aimé que les deux affaires soient jointes car votre décision va être interprétée sans tenir compte du contexte de l'autre affaire." Il justifie ses réquisitions en évoquant "un dénigrement et un manquement passif à la confraternité". Il rappelle que si la plainte de l'AVM a fuité dans la presse, le Dr Sottovia qui est président de l'AVM, est seul responsable. Quant au Dr Plisnier qui n'a pas daigné venir, "il alimente une polémique avec un reportage délétère clairement dirigé contre Gaube". Me Fabrina Alexandrine, défenseur du Dr Sottavia, plaide la relaxe : "Ses propos sont neutres ! La journaliste a avoué qu'un de ses amis a été confronté au Dr Gaube et qu'elle s'est tournée vers le Dr Sottavia pour avoir des informations sur des pratiques chirurgicales abusives. Le Dr Gaube se plaint de dénigrement, mais lui aussi qualifie ses confrères d'incompétents !" Elle achève sa plaidoirie : "C'est la journaliste qui aurait dû être attaquée !" Délibéré au 15 novembre.

FXG, à Paris

L'ancien collaborateur du Dr Gaube

Patrick Arien, vétérinaire à Saint-Pierre, était lui aussi poursuivi pour non respect du code de déontologie. Dans le même reportage, on voit deux photos de lui tandis qu'on apprend qu'il est en conflit prudhommal avec le Dr Gaube. "J'ai rencontré la journaliste, témoigne-t-il à l'audience, lors d'une intervention d'urgence sur son chien qui était passé par le cabinet du Dr Gaube. Je lui ai dit que je m'étais éloigné à Saint-Pierre en raison de notre conflit et, à ce titre, que je ne voulais parler dans son reportage. J'ai été choqué de découvrir mon visage ; elle ne m'avait pas prévenu." "Elle dit qu'elle est une cliente du Dr Sottavia et qu'elle a un problème avec le Dr Gaube, s'étonne Me Ursulet, et vous lui parlez des 100 000 euros que vous lui réclamez aux prud'hommes... C'est la poule aux oeufs d'or et on dit au passage aux prud'hommes que le conseil de l'ordre le poursuit..." Me Charrière ironise sur "les avocats à la cour, les avocats de cour et les avocats sur cour" pour s'en prendre aux "vétérinaires sur cour, haineux et lâches". Le président Teissier  ne requiert pas de peine : "Ce qui lui est reproché est une discussions privée avec une journaliste qui ne s'est pas identifiée en tant que telle. Il n'y a pas de manque de confraternité actif, ni de dénigrement actif. On soupçonne la journaliste d'avoir utilisé ses propos pour nourrir son reportage." Me Staedlin, défenseur du Dr Arien plaide la relaxe : "C'est une pièce rapportée dans ce dossier ! Il aurait instrumentalisé l'affaire parce qu'il a un prud'homme ? On peut retourner la question. Il n'y a aucune preuve d'un manque de confraternité." Et à l'instar de Me Alexandrine, il conclut : "C'est un reportage qui dépasse l'entendement en termes de diffamation." Délibéré au 15 novembre.

 

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 15:04
Rapport sénatorial sur le sport dans les Outre-mer

Le Sénat mouille sa chemise pour le sport dans les Outre-mer

Quels tremplins pour le sport en Outre-mer ? C'est la question sur laquelle ont planché quatre sénatrices (Catherine Conconne, Martinique, Lana Tetuanui, Polynésie, Viviane Malet, Réunion, et Gisèle Jourda, Aude).

A l'issue d'échanges avec quelque 300 interlocuteurs, elles ont fait adopter mercredi par la délégation outre-mer du Sénat ce rapport qui comporte 30 recommandations qui s'articulent autour de 4 axes :  le soutien  au développement de la pratique sportive comme enjeu de cohésion sociale et de santé publique, le rattrapage en termes d'équipements sportifs, le haut niveau et le rayonnement des territoires. Non contents de proposer la systématisation des schémas territoriaux de développement du sport avec des contrats d'objectifs, les sénatrices proposent la création d'un "pass sport" pour les jeunes permettant d'être licencié dans une discipline. Si le mouvement sportif foisonne dans les territoire, le tissu associatif qui l'anime est fragile et manque de moyens. "Le suppression des contrats aidés fait peser une grave hypothèque sur une pratique sportive déjà insuffisamment encadrée (...) malgré l'immense dévouement des bénévoles." Or, les sénateurs observent que le Centre national du sport (CNDS) a réduit ses interventions financières sauf en Guyane et Mayotte de même que les subventions du ministère des Outre-mer. Il conviendrait de "pérenniser les emplois financés par le CNDS".

La mise à niveau des équipements sportifs montre un grand retard par rapport à l'Hexagone. Le plan Kanner qui prévoyait 80 millions d'euros sur 4 ans a tout juste atteint 20 millions d'euros en 2017 grâce à un effort du ministère des Sports, mais en 2018, l'enveloppe n'a pas excédé les 12 millions d'euros... Finalement le livre bleu Outre-mer a décidé d'octroyer 56 millions aux équipements sportifs de 2019 à 2022, soit 7 millions par an.

Haut niveau

Les sportifs de haut niveau sont aussi au coeur de la réflexion des sénateurs qui voudraient "ancrer les moyens de la performance dans des territoires réputés terres de champions". Aux JO de 2016, nos champions représentaient 12 % de la délégation française et 19 % des médaillés. Et pourtant, on observe une baisse de la contribution des Outre-mer au haut niveau. Les structures d'encadrement sont insuffisantes avec un CREPS à la Guadeloupe et un autre à la Réunion, un IMS en Martinique et un IFASS en Guyane... Toutes ces structures devraient être intégrées dans une "grand INSEP". Le temps scolaire n'est pas suffisamment aménagé, les méthodes de détection font des impasses sur les territoires et l'accès à la mobilité limite les confrontations entre territoires... Il conviendrait de systématiser dans les pôles de l'Hexagone un accompagnement des sportifs ultramarins sur le modèle pratiqué par l'INSEP. Là encore, les fonds manquent malgré la création en 2010 du FEBECS, fonds d'échange éducatif, culturel et sportif. Son niveau a chuté à 324 000 euros. Annick Girardin a promis qu'il serait à la hauteur de 1 million en 2019. Dans l'attente, les sénateurs proposent d'explorer les pistes du sponsoring et du partenariat pour faciliter la mobilité.

Sport, patrimoine culturel

Enfin, le sport, patrimoine culturel, est un vecteur de rayonnement qu'il convient de valoriser à travers des pratiques culturelle (vaa, yole, djokan) ou des événements à portée internationale (Route du Rhum, Grand raid.).. Il s'agit encore de permettre aux sportifs ultramarins de représenter la France et leur territoire dans des compétitions de bassin comme ce n'est pas le cas pour le foot par exemple... Ou pour Mayotte en raison de l'opposition des Comores... Enfin, les sénateurs estiment  qu'il faut "ériger les outre-mer en étapes vers les jeux de Paris par la création dès 2021 d'infrastructures d'entraînement, sur le modèle des bases avancées pour  les équipes étrangères des différents bassins". La délégation outre-mer du Sénat entend d'ailleurs auditionner la nouvelle ministre des Sports.

FXG, à Paris

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 11:58

La taxe sur le cinéma limitée à 5 %

L'amendement visant à limiter la taxe spéciale additionnelle (TSA) sur les entrées de cinéma a finalement été votée vendredi par l'Assemblée nationale. A l'origine, c'est le député LREM de Charente, Raphaël Gérard qui le propose avant d'être repris par Joël Giraud (LREM), rapporteur général. Il s'agit de limiter la TSA à 5% au lieu de 10,72 % dans le reste du territoire national

Pour justifier cette différence, la députée LREM Sophie Panonacle avance que "les coûts de construction sont plus importants dans les territoires ultramarins, en raison des aléas climatiques", et parce que "il y a des surcoûts d’investissement en raison de l’importation des équipements cinématographiques". Serge Letchimy (apparenté PS, Martinique) remercie ses collègues du groupe En marche pour cette proposition. "Nous aurions certes, modère-t-il, souhaité aller un petit peu loin : 3 % auraient été mieux. Mais la trajectoire prévue était beaucoup plus élevée. Le fait que vous fassiez cette proposition à 5 % me semble très important pour stabiliser le fonctionnement des salles tout en permettant un partenariat de mutualisation financière pour soutenir les producteurs, puisqu’un accord a été trouvé par les professionnels." Ces derniers regrettaient jusqu'alors que les salles de cinéma en Outre-mer ne participent pas à abonder le fonds de soutien du Centre national du cinéma et de l'image animée...

Seul Charles de Courson (Liberté et territoire) a insisté pour rester au plus près du droit commun :"Je me permets de vous rappeler, monsieur Letchimy, qu’en 2014, la majorité à laquelle vous apparteniez avait voté une mesure toute simple : tout le monde paie la même taxe et bénéficie des mêmes prestations." Il a ainsi rappelé que Le taux de l’outre-mer devait remonter pour atteindre les 8 % de l'Hexagone pendant deux ans – 6,5 %, puis 8 %, soit 24 centimes pour une place à 8 euros. "Vous pensez, a-t-il demandé à ses collègues, que cette mesure a un sens ?" La réponse fut oui puisque l'amendement a été voté ainsi que le souhaitait ardemment Alexandra Elyzé la présidente du syndicat des exploitants de salles de cinéma outre-mer qui avait fait exprès le déplacement et attendait depuis mercredi une telle issue.

FXG, à Paris

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