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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 07:51

Ethnographie des Kanak, 100 ans après

couverture.jpgRéédité par Ibis presse, l’Ethnographie des Kanak de Roux et Sarrasin n’a pas encore rencontré son public.

Il y a cent ans, Fritz Sarasin et Jean Roux, deux zoologues suisses parcouraient la Nouvelle-Calédonie et les îles Loyauté durant 9 mois afin de poursuivre des recherches sur les « fondements premiers de l’histoire de la nature et de la culture », travaux entamés au Sri Lanka et en Indonésie, aux îles Célèbes (Sulawesi aujourd’hui) et aux Moluques. Ils étaient loin de cette « nostalgie du Pacifique », si forte chez nombre de leurs contemporains et, bien que zoologues de formation, leur travail va très vite devenir un travail d’anthropologie dans une optique évolutionniste. Sarasin voulait démontrer que l’ensemble de la Mélanésie était peuplée par les descendants d’une première population remontant très loin dans le temps... En 1929, leurs travaux sont publiés en langue allemande sous le titre Ethnologie des Neu-Caledonier und Loyalty-insulaner. Les échantillons rassemblés par les deux Suisses sont alors exposés au Völkerkunde Museum de Bâle. Ils deviennent vite la collection de référence sur l’ethnographie des Kanak, avec plus de 500 pièces. C’est ce travail, traduit en français, que proposent les éditions Ibis presse.

COLLECTIE-TROPENMUSEUM-Fritz-Paul-Sarasin-expedition-Celebe.jpgLe travail de Roux et Sarasin est dominé par son angle ethnographique, très proche des sciences naturelles, et non par l’ethnologie au sens moderne. Emmanuel Kasarhérou, directeur de la maison de la Culture Jean-Marie Tjibaou n’en a pas moins été frappé dans les textes de Sarasin, par son respect pour les gens. « Certaines paroles s’inscrivent bien dans son époque mais, croit pouvoir affirmer Christian Kaufmann, il n’était pas raciste et ne s’inscrivait pas du tout dans une théorie des races. » Sarasin aurait d’ailleurs pris ses distances avec l’anthropologie physique de l’école de Berlin quand celle-ci est devenue ouvertement raciste au moment de la montée du nazisme.

« Il y avait la crainte que tout disparaisse »

Peche-hamecons-sagaies.jpgRoux et Sarasin ont effectué un véritable échantillonnage des arts et traditions Kanak et un recensement de toute la littérature existante avant 1920, y compris tout ce qu’ils ont pu trouver chez les missionnaires. Et cette littérature, ils la comparent aux objets et à leur utilisation. Ils sont les premiers anthropologues à avoir profité de Maurice Leenhardt. Celui-ci qui s’est installé en 1906 en Nouvelle-Calédonie, les a aidés à préparer leur voyage « car, explique Christian Kaufmann,  Leenhardt a déjà en 1911 cette idée de créer une ethnographie Kanak. Leur intérêt n’est pas du tout celui de l’administration coloniale car cela relevait par trop d’un respect pour les traditions Kanak… » Les deux hommes, arrivés en Nouvelle-Calédonie avant la 1re guerre mondiale et la révolte de 1917, sont témoins de la misère coloniale. « On a introduit de l’alcool dans ces sociétés, rappelle Kaufmann, pour des raisons administratives, pour gérer la colonie… » Les Kanak sont alors dans une situation de quasi extinction. « Pour Sarasin, poursuit Christian Kaufmann, il s’agit de sauver ce qu’on voit encore car il pense qu’il y aura une science qui en aura besoin. Il ne pense pas encore aux hommes alors que le futur de la société Kanak n’est pas assuré à ce moment-là. »

ustensiles-menagers-paniers.jpgParmi les objets collectés, nombre d’entre eux ont complètement disparu aujourd’hui, par exemple dans la vannerie ou les petits objets comme les hameçons qui ont été remplacés par des objets plus modernes… Ce livre permet de renouer avec une histoire pas complètement perdue. « Il y avait la crainte que tout disparaisse, raconte Kaufmann, mais il y a aussi une continuité d’intérêt chez les Kanaks sur leur propre histoire. Ce qui a disparu ce sont des connaissances spécifiques dans le domaine des femmes, le textile ou la vannerie, mais il n’y a pas une rupture totale. Sarasin qui a fait un grand tout de l’île et des îles Loyauté cherchait déjà ce qui n’était plus en usage. »

FXG (agence de presse GHM)

Les photographies sont extraites de l’ouvrage. Les photos sont signées Jean Roux. Sauf pour les deux planches couleurs « ossuaires » (musée municipal de Pithiviers) et « masque » (musée des Beaux-Arts d’Angoulème).

La photographie en brousse représente Paul et Fritz Sarasin lors de leur expéditions  aux Célèbes (collection Tropen museum).

 


Une référence, pas un best seller

Masque.jpgAujourd’hui, vu le peu d’écho rencontré par Ethnographie kanak en Nouvelle-Calédonie, Christian Kaufmann se demande si les Kanak s’intéressent autant à la Nouvelle-Calédonie qu’à leurs tribus. « Ce livre aura une grande vie plus tard, mais aujourd’hui les Kanak sont davantage dans des problèmes d’identité quasiment familiale ou clanique plutôt que dans des problèmes d’identité kanak. C’est une hypothèse… » L’époque coloniale avec son administration, son enseignement, a voulu faire disparaître les spécificités en interdisant aux Kanaks d’utiliser leurs langues de vallée entre eux au profit du français. Ce qui explique un trou dans leur mémoire sur ces spécificités de vallée. « Ce livre, ajoute Christian Kaufmann, permettra à chacun de retrouver un morceau de ce qui l’intéresse mais pas un chapitre… C’est une construction sur la société Kanak vue de l’extérieur mais qui permet de fixer une époque, un moment de cette société que l’on ne retrouvera plus. » « Rares sont les sociétés qui ont ce genre d’inventaire, et c’est assez exceptionnel, indique l’éditeur Bernard Césari. Il y a la distance nécessaire, sans jugement de valeur (même si derrière il y a l’éthique protestante), et donc ca reste relativement lisible aujourd’hui. »


Genèse d’un livre

Ossuaires.jpgDès les années 1970, Christian Kauffman, conservateur du département Océanie au Völkerkunde Museum de Bâle, s’est intéressé au travail de Félix Speiser. Ce naturaliste suisse avait entrepris un travail similaire à celui de Roux et Sarasin aux Nouvelles-Hébrides. Avec l’indépendance du Vanuatu, en 1980, la décision est prise de traduire le travail de Speiser. Dans le même temps, émerge, en Nouvelle-Calédonie, cet intérêt pour la culture mélanésienne. Kaufmann met alors en place un projet d’exposition pour 1984 à Nouméa. Projet avorté à cause de la situation politique locale, mais l’Agence pour le développement de la culture Kanak (ADCK) a alors l’idée de retravailler le fonds d’archives et de collections Sarasin. Roger Boulay, chef du projet de l’inventaire des collections Kanak en Europe, se rend compte qu’aucune autre collection n’est aussi complète que celle de Sarasin et Roux. En 1991, le « Speiser » sort pour le Vanuatu et on décide de lancer le projet Nouvelle-Calédonie… Il faudra attendre 2009 pour le voir édité par Bernard Césari d’Ibis presse.

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 07:35

« Le Carnaval des deux rives prend les couleurs de l’Outre-mer »

Dans le cadre de l’année des Outre-mer français, la ville de Bordeaux a dédié son carnaval des deux rives aux Antilles et à la Réunion.

Et tandis qu’Alain Juppé honorait la manifestation de son nouveau prestige d’homme fort du gouvernement, la polémique sue la jardin d’acclimatation ne cesse d’enfler.Juppe-MLP.jpg

« Je veux vous dire toute l’importance, pour le maire de Bordeaux et l’homme politique, des relations qui m’attachent avec nos douze territoires. Nous ne l’éludons sous aucun de ses aspects… » L’allocution d’Alain Juppé, nouvel homme fort du gouvernement Fillon, était très attendue, samedi à la mairie de Bordeaux. Maximin-MLP-Juppe-tribune.jpgA l’occasion du carnaval des deux rives, la municipalité d’Alain Juppé a établi un partenariat avec le commissariat de l’année des outre-mer français, dédiant cette édition du carnaval traditionnel de Bordeaux à ses relations, historiques mais aussi universitaires, avec les départements d’Outre-mer. Le groupe carnavalesque de Guadeloupe, Voukoum, et les groupes réunionnais Les tambours sacrés de la Réunion et Kontoner en sont les invités d’honneur. L’an dernier, c’était la Turquie… Depuis trois semaines, les groupes sont accueillis en résidence au centre culturel du Rocher de Palmer, à Cenon (l’autre rive de la Gironde). C’est ici qu’en amont du grand défilé de dimanche, on a préparé le carnaval. « On a deux groupes en résidence qui sillonnent les écoles, les bibliothèques, les associations de hip hop pour préparer la parade du 6 mars, le bouquet final », raconte la Martiniquaise Aurélie Stuber, chargée de communication du Rocher des Palmer. Dimanche, le déboulé du carnaval des deux rives paré aux couleurs des outre-mer, aura mis quatre heures pour parcourir les 4 kilomètres qui séparent les deux rives de la Gironde.Fred-demitrius-Voukoum-et-les-enfants-de-Bordeaux.jpg

Bordeaux, ville antillaise, ville négrière

Les deux rives symbolisent aussi celles de l’Atlantique… Bordeaux, port négrier mais aussi Bordeaux, académie des Antilles et de la Guyane, siège de la cour administrative d’appel... Au XXe siècle, des étudiants antillais (Comme Henri Bangou ou Claude Lise) y sont venus nombreux étudier la médecine tropicale, le droit, la pharmacie… Au point qu’entre anciens étudiants, on s’appelle encore entre soi « les Bordelais ».

Voukoum-MLP-et-Juppe.jpgMais c’est la mémoire esclavagiste qui était au cœur de la visite de la ministre de l’Outre-mer, samedi dans la capitale de la Guyenne. Marie-Luce Penchard, sitôt descendue de l’avion, s’est rendu au musée d’Aquitaine. Le conservateur François Hubert lui a fait visiter les salles consacrées au négoce, à la traite avec les Antilles au 18e siècle. Très émue, Marie-Luce Penchard a confié que son père descendait d’un négociant français de Bordeaux et sa mère d’une esclave venue de Saint-Domingue… Francois-hubert-et-MLP-registre-esclaves-bateaux.jpg« Elle est peut-être passée par Bordeaux… » Puis poursuivant sur la polémique du jardin d’acclimatation et au refus de certains Améridiens de Guyane d’y participer à cause du passé de zoo humain du site, elle a déclaré : « Bordeaux a pris la mesure de son passé et l’assume. Il faut savoir réinvestir ces lieux même s’ils sont douloureux et chargés d’histoire. Je réaffirme tout mon soutien et ma confiance à Daniel Maximin. » Le commissaire de l’année des Outre-mer a conclu la cérémonie officielle ainsi : « Ce ne sont pas la traite et l’esclavage, nos origines, mais la résistance à ceux-là. » Citant René Méril, dans un numéro de 1941 de la revue Tropiques, il a déclaré : « Nous ramassons des ordures pour en faire des diamants », avant de conclure avec Sartre : »L’important n’est pas ce qu’on a fait de nous, mais ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous ! »

FXG à Bordeaux (agence de presse GHM)Maximin-MLP-Juppe-ka-koute-Voukoum.jpg


Ils ont dit

Alain David, maire de Cenon (agglomération de bordeaux)Alain-David.jpg

« Je connaissais de réputation le carnaval antillais. C’est une très grande chance pour nous cette année de pouvoir accueillir le groupe Voukoum de la Guadeloupe ou les tambours sacrés de la Réunion. Ce sont des animateurs exceptionnels qui ont un sens de la fête, de la convivialité… Ici, nous avons 52 nationalités et pour nous, cet échange est exceptionnel. »

Pierre de Gaëtan Njikam Mouliom, chargé de mission diversité, citoyenneté, vis associative et questions africaines au cabinet du maire de BordeauxPierre-de-Gaetan.jpg

« L’idée était de faire un retour sur la mémoire de Bordeaux qui est particulièrement liée aux Antilles, mais également de projeter ce travail vers l’avenir à travers des thématiques qui interpellent les outre-mer : les nouvelles technologies, la biodiversité, le développement durable qui sont pour Bordeaux aujourd’hui les axes essentiels de la politique de la ville. Nous avons voulu valoriser les cultures que portent en ville les Bordelais originaires des outre-mer et mettre en valeur les relations qu’il y a eues entre les Antilles et Bordeaux au plan universitaire et scientifique. Et ce lien est fort car Bordeaux a été, comme pour l’Afrique, l’académie des Antilles-Guyane. Jusqu’à récemment encore, tout jeune Antillais qui passait son bac venait à Bordeaux suivre ses études. Puisse cette année des outre-mer contribuer à raviver ce lien. »

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 07:34

3 questions à Alain Juppé, maire de Bordeaux et ministre des Affaires étrangères

Juppe-ITW.jpg« Bordeaux regarde en face son passé, mais regarde surtout l’avenir »

Bordeaux assume-t-elle son passé négrier ?

Nous avons montré dans les salles du musée d’Aquitaine le passé esclavagiste de Bordeaux. Mme Penchard, qui l’a visité, rappelait que sa propre maman était fille d’esclave. Lors de l’inauguration de ce musée, il y a deux ans, en présence de l’ancien gouverneur du Canada, Mickaëlle Jean, elle m’a dit sur les quais de Bordeaux : « Moi, arrière arrière petite-fille d’esclave, je suis ici à Bordeaux, ville qui a été négrière et qui regarde en face son passé », mais qui regarde surtout l’avenir.

C’est votre part de devoir de mémoire ?

La mémoire, c’est bien, mais ce qu’il y a de mieux est la foi en l’avenir. Nous avons des échanges universitaires, des liens humains. Des milliers de familles d’origine ultramarine vivent dans nos quartiers, siègent au conseil de la diversité, sont des artistes, des entrepreneurs…

Le carnaval des deux rives poursuit cette histoire avec les communautés originaires des Antilles, de la Réunion ou d’autres espaces ultramarins de la France. C’est une fête très symbolique de notre unité dans la diversité, de ce lien du cœur.

Quel regard avez-vous sur les outre-mer en tant que ministre des Affaires étrangères ?

Je mesure combien la France d’outre-mer participe à notre rayonnement au-delà des mers. Nous y sommes attachés par l’histoire, par le cœur et par affection.

Propos recueillis par FXG

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 07:33

Kali’na au Jardin d’acclimation : la polémique continue

Les échanges vifs se poursuivent au sujet de la décision de certains Kali’na de boycotter le jardin d’acclimatation qui doit accueillir le jardin d’outre-mer du 8 avril au 8 mai. Après la réponse de Marie-Luce Penchard, jeudi dernier au courrier de Christiane Taubira qui dénonçait le choix d’un lieu où avaient été déshumanisés des peuples du monde, la députée de Guyane a renvoyé une flèche acerbe. « Je soutiens son choix ! Daniel Maximin a suffisamment écrit sur l’esclavage pour qu’on ne lui fasse pas ces griefs. Il a multiplié les rencontres avec les populations locales… Si un maire s’est exprimé, il faut expliquer mais personne n’est dupe de cette polémique à quelques jours des cantonales. » Réplique de Taubira : « Sans forcément sortir de votre tropisme électoral, vous auriez pu vous renseigner. Je ne suis pas candidate aux cantonales et mon parti politique Walwari ne présente aucun candidat dans les communes de populations amérindiennes. Sans doute avez-vous du mal à percevoir nos compatriotes amérindiens tels qu'ils sont : des citoyens libres, responsables, instruits de leur histoire et de nos histoires, soucieux, pour faire destin commun, de ne pas laisser nier leur dignité ni piétiner leurs meurtrissures. Vous vous seriez honorée à débattre en présentant vos meilleurs arguments, plutôt qu'à vous défausser par l'invective. » La polémique commence à enfler et d’autres voix s’élèvent. Greg Germain s’interroge sur « l’émoi que soulève l’année des Otre-mer dans la communauté et notamment cette affaire de jardin d’acclimatation, une mauvaise idée qui rappelle l’exposition coloniale… Comme si dans commémoration juive, on allait faire une fête à Drancy ou au Vel d’Hiv. » Daniel Maximin, commissaire de l’exposition et donc responsable de ce choix, a sorti sa plume pour expliquer que ni lui, ni les actuels responsables du Jardin n’ignorent que « des actions passées au XIX° siècle et jusque dans les années 30 ont laissé des traces ô combien douloureuses »… Mais aussi qu’il était « temps pour l’Outre-mer de réinvestir  ce Jardin , de répondre aux errements passés en y affirmant la vitalité de cultures dont nous ne pouvons qu’être  immensément fiers ». Reste que si samedi Daniel Maximin était heureux qu’Alain Juppé l’aide à donner plus d’écho à l’année des Outre-mer français, une polémique de niveau national ne serait pas pour lui déplaire. « Au moins, on parlera de l’Outre-mer ! »

FXG (agence de presse GHM)

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 07:31

« Afin que le passé révolu ne fasse pas reculer l’avenir » par Daniel Maximin, commissaire de l'Année des Outre-mer français

« Certaines voix viennent de s’élever pour exprimer la crainte que le Jardin d’Acclimatation, qui va accueillir du 8 avril au 9 mai prochains la manifestation « Un Jardin en Outre-mer », ne soit pas un lieu approprié pour  présenter avec respect et dignité les cultures  des outre-mer. Nul n’ignore, ni nous organisateurs de cette année des Outre-mer, ni les actuels responsables du Jardin, que des actions passées au XIX° siècle et jusque dans les années 30 ont laissé des traces ô combien douloureuses : l’exhibition  insensée, et aujourd’hui heureusement  inconcevable d’hommes et de femmes de tous les continents, choisis pour leur différence et leur « attraction » exotique, Nubiens, Cosaques, Soudanais, Indiens, Lapons, Hindous, Galibis de Guyane, Kanaks et bien d’autres, livrés à la curiosité de visiteurs inconscients de l’humiliation infligée. (…) Il est temps pour l’Outre-mer de réinvestir  ce Jardin , de répondre aux errements passés en y affirmant la vitalité de cultures dont nous ne pouvons qu’être  immensément fiers et de les présenter avec toute l’exigence d’excellence qui préside au choix des spectacles et activités envisagés. Valoriser ces cultures, partager leur découverte, célébrer leur diversité, manifester avec force leur dignité, tels sont les critères fondamentaux qui ont présidé au choix du lieu et du programme de cette manifestation et ce à l’intention des  quelque 300.000 visiteurs attendus : une majorité d’enfants amenés par leurs familles ou par les centres aérés, et venus de toute la France en cette période de vacances scolaires.

(…) C’est dans cet esprit que le Commissariat a répondu à la proposition des responsables du Jardin d’Acclimatation de consacrer aux Outre-mer français leur grand rendez-vous annuel avec les cultures du monde, à la suite de l’Inde, du Japon, du Maroc, de la Corée, des Etats-Unis, de la Chine, de la Russie et bien loin des « exhibitions » du siècle précédent. L’idée leur avait été soufflée par les salariés ultramarins du Jardin qui souhaitaient que  « leurs » outre-mer puissent à leur tour y révéler la diversité de leurs ressources et de leurs richesses. »

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 07:30

La musique du sud fait son printemps au Zénith de Paris

Le festival des musiques du sud, Les nuits tropicales, a trouvé sa place dans un calendrier très fourni. Vendredi et samedi soir au Zénith de Paris, entre 3 et 5 000 personnes se sont déplacées. Victor  O, le groupe Soft  et Buika  ont donné le départ du festival avec trois styles en opposition et le soleil pour lien. Samedi, ce sont E. Sy Kenenga, Ti Kabzy, Rony Théophile, Alain cavé et Dean Junior, Tropical Juke Box (Lynnsha, Neg’ Marrons, Milca et Singuila) et le Zouk all stars, évènement créé pour le festival avec Princess Lover, Jocelyne Labylle, Kim, Warren, V-Ro… Le festival se poursuivait encore dimanche soir avec Stevy Mahy, Davy Sicard, Groove lélé et Raoul Paz. Compte rendu de la soirée de vendredi.Salle-du-Zenith.jpg

Le Zénith était en configuration restreinte et sans jeu des lumières, un peu fade et sans âme. En absence de Logan, l’animateur de tropique FM qui était attendu pour présenter la soirée, c’est Laura Beaudi  qui a assuré l’intérim avec le brio qu’on lui connaît, alors qu’elle venait de se voir signifier l'accès au parking du Zénith… Victor-O--fait-son-zenith-son-reve-d-ado-photo-A-Jocksan.jpgVictor O à la guitare et au chant. Il est accompagné d’Alain Agbo  et Julien Biloi, venus spécialement de Rivières Salée pour son premier Zénith et « contents d’être là ! » Au clavier- synthé, Joël Jaccoulet. Rémy Rascar à la guitare basse, Cédric Cléry à la batterie. « C’est génial ! J’espère que cela se renouvellera chaque année. » Serge Marne qui a joué avec le grand Miles Davis dans Le Dingo, un film australien, est aux percus. Manu et sa bande se présentent sur la scène à 20h 45 pour une prestation express de 55 minutes. Juste le temps d’interpréter sept morceaux et puis retour dans les loges.  « C’est un énorme plaisir de jouer ici, au Zénith, lâche Victor O. Un Zénith !!! D’abord, je réalise un rêve d’adolescence. J’ai vu tellement de beaux concerts au Zénith et notamment le premier concert de Kassav. Dans mon univers personnel cela représente plus que l’Olympia. C’était sympa, mais un peu court ».  Oui,  un peu court pour celui qui aime s’adonner à la scène. Mais, un très bel exercice de style.

SOFT-EN-secen-photo-A--Jocksan.jpgLe groupe Soft  de Fred Deshaies et ses musiciens, Julie Aristide au violon, Philippe Sadikalay,,le professeur et souffleur, au saxophone, le grand Joel Larochelle à la guitare basse et la contrebasse, Arnaud Dolmen dit Momo à la batterie et l’expérimenté Charlie  Chomereau-Lamotte aux percussions avant une tournée dans la Caraïbe.  Un changement de rythme et un son plus dansant,  festif… C’est la transe de Soft.

BUIKA-ca-decoiffe-photo-A--Jocksan.jpgBuika et ses deux musiciens, Fernando  Fauer au Gipsy Box et Melou au piano, c’est du grand, du beau, du cœur. Un bouquet final énergique. Elle fait son show et donne de l’amour. Tout ce qu’on demande à un artiste, se transcender  sur scène. Buika vous laisse sur le popotin ! Ca balance, ca décoiffe. Pendant plus d’heure  elle a tout donné à son public pour finir vidée, mais heureuse. Elle est la musique du sud. Cette chanteuse a pied nu est vraiment formidable, magnifique. Elle arrive à dégriser cette fin d’hiver, même en interprétant, Piaf, « Ne me quitte pas ».

Une première qui donne le sourire au premier producteur parisien des musiques afro- caribéennes, le boss d’Aztec  musique, Éric Basset.

Alfred  Jocksan  (agence de presse GHM)

Photos Alfred Jocksan et Régis Durand de Girard

 


Réaction

Victor-O-photo-A-Jocksan.jpgVictor O : « J’espère que ma musique et plus largement la musique antillaise dépassera le cadre de la diaspora qui nous porte. Je suis très  heureux, il  y a vraiment une diaspora, des amis antillais qui soutiennent leurs artistes et c’est important. Pour moi, pour Érik (Pédurand), pour Soft, les grands groupes du zouk, il y a du monde. Cela veut bien dire que notre communauté répond. Maintenant il faut que nous autres Antillais nous passions à la phase de conquête. C’est notre destin, si on veut que notre futur soit brillant et rémunérateur. On doit partir à la conquête, mais avec en tête qu’on va gagner.  Ca veut dire mettre en place nos tournées en France même si ça reste tres difficile et aller tourner sur  le circuit de la world music. Nous Antillais nous n’y sommes pas.  Alors que nous avons amené les gens à la musique afro, ce qui fait l’essentiel de leur succès depuis vingt cinq  ans.  Moi, je pense que notre tour est venu et il ne faut pas attendre qu’on nous donne les choses, il faut aller prendre les choses. Nous devons construire nous même, pour nous même et avec ambition. Si on a pas cette ambition, nou mo. »

 


Faible succès pour le carnaval à la grande HalleDokonon-a-la-grande-Halle.jpg

Concurrence des nuits tropicales oblige, beaucoup moins de monde qu’attendu dans la grande nef du parc de la Villette pour Dokonon et Dédé Saint-Prix. Mais le public qui a fait le déplacement était acquis à la cause carnavalesque ! Et puis, certains, comme nous, voulaient aussi aller au Zenith et comme toute sortie est définitive. Bref, 2 à 300 personnes pour un évenement subventionné à hauteur de quelque 150 000 euros, ça fait cher le spectateur !… (Photo : Régis durand de Girard)

 


 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 07:28

ITW Fred Deshaies

fred-et-julie--dans-le-mouv--photo-A-Jocksan.jpg" Une musique de résistance "

Le succès est toujours au rendez-vous ?

Fred Deshaies : « Heureux d’être là. Les gens connaissent nos chansons, chantaient les paroles. On était en bonne compagnie. La musique de Soft que le public apprécie est partie des musiques  traditionnelles pour aller quelque part. Nous ne savons pas encore où. Mais, ce sont des arrangements  modernes sur une musique traditionnelle, le point de départ. Et sur les paroles, c’est la description de la société guadeloupéenne, avec un peu de piment. On montre comment on trouve la cadence de notre pays sans être moralisateur, on partage les points de vue. »

Comment vois-tu l’évolution de la musique antillaise de demain ?

Elle est très différente selon qu’elle est conçue à Paris, ou qu’elle est fabriquée chez nous. Je remarque que le zouk parisien est quasiment à 90 % en français, il est terriblement « kompacifié » et il a pris une certaine direction. Fred-et-Joel-photo-A-Jocksan.jpgTandis qu’il y a d’autre tendance, comme Victor O ou E.SY Kennenga, plus reggae, plus jamaïquain et tu as une musique qui est une musique de résistance. Moi, je vois trois grands courants. Un courant de résistant qui est évolutif avec plein de gens comme KKoustic, Erik Pédurand  Soft ou Dominique Coco, un courant qui tend vers la musique haïtienne, terriblement… Terriblement ! Et un autre courant Jamaïquain et en dernier, des gens très à part. 

Dominique Coco dit qu’il fait du Kako music et toi ?

Je suis mal placé pour définir notre musique. Nous, ce n’est pas Kako.  Kako a de la musique urbaine en dedans et nous ne faisons pas de la musique urbaine.  La musique urbaine, ce n’est pas ce que je cherche.

Propos recueillis par Alfred Jocksan

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 07:27

En imagesAlain Agbo et mamu photo A Jocksan

Alain Agbo et manuArnaud-Domen--batterie-photo-A-Jocksan.jpg

Arnaud Dolmenavec-sa-guitare-et-sa-voix-enflamme-le-public-photo-A-Jocks.jpg

Manu à la guitareBUIKA--en-flamme-le-zenith-photo-A--Jocksan.jpg

Buika, la révélation du festivalCharlie-Chaume-Lamotte-photo-A-Jocksan.jpg

Charlie Chomereau-Lamotte aux percusEmelyne-Medina-Mariette-Monpierre.jpg

Emelyne Medina de Regard créole et Mariette Monpierre, réalisatrice, en backstageBUIKA--tire--le-portrait--des-autres-photo--A--Jocksan.jpg

Buika fait le shooting des photographes de la fosseJaccolet-Victor-O-et-Julien-photo-A--jocksan.jpg

Joël Jacoulet, Manu et Julien BiloiJoel-Larochelle-au-contre-bass-photo-A-Jocksan.jpg

Joël LarochelleJulie-Aristique-photo-A--Jocksan.jpg

Julie la violoniste de SoftKenega-en-ITW.jpgE. Sy Kenenga en interview en backstageKeyza-Nubret-Laura-Beaudi.jpg

Keyza Nubret et Laura Beaudi, présentatrice de la soiréeLa-scene--avec-Victor-O-photo-A--Jocksan.jpg

La scène avec victor OLaura-Beaudi-Patrick-Basset.jpg

Laura Beaudi et Patrick Basset, le frère d'Eric le boss d'Aztec musiqueLe-boss-Fred-Deshayes--photo-A-Jocksan.jpg

Fred DeshaiesLe-groupe-SOFT-au-Zenith-de-paris--photo-A--Jocksan.jpg

SoftPhilippe-Sadikalay--saxo-photo-A-Jocksan.jpg

Philippe SadikalayRony-Theophile-2.jpg

Rony ThéophileRony-Theophile-1.jpg

L'autre profil de Rony ThéophileVictor-O-et-OMS--Jimmy---photo-A--Jocksan.jpg

Victor O et OMS Jimmy


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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 07:37

Le successeur de Luc Laventure attendu le 14 mars à la tête de France Ô

Luc Laventure, jusqu’alors directeur d’antenne à France Ô, devrait être remplacé le 14 mars prochain. Aucun nom ne filtre, mais certaines sources proches de la direction ont évoqué « une ou un successeur ». Il semble que le directeur du pôle France Ô et les chaînes 1ère, Claude Esclatine, contrairement à ses prédécesseurs François Guilbeau et Yves Garnier qui ont eu l’air de ne jamais trop oser y toucher, soit en train d’achever sa prise en main de l’ancien RFO. Luc Laventure a sans doute eu le mérite de faire vivre la station de Malakoff depuis le lancement de RFO Sat, puis de France Ô, mais sa politique en matière de programme n’a pas toujours été heureuse puisqu’il a réduit le budget consacré aux programmes de stocks (des documents à valeur patrimoniale) pour l’affecter aux programmes de flux (des programmes éphémères : émissions de plateau, informations, jeux, météo, sport, certains magazines…). Quant à la ligne éditoriale qu’il entendait mettre en œuvre sur France Ô, il n’a pas su faire passer son message qui consistait à parler de l’outre-mer, mais aussi du reste du monde vu depuis les outre-mer, ou encore des gens au contact des Ultramarins de l’Hexagone ou des territoires... Réduit à sa version simplifiée, c’est devenu ce concept de chaîne de la diversité qui, au lieu d’ouvrir les Français sur les autres et les ailleurs (y compris en Hexagone avec les cultures urbaines), les a enfermés dans une chaîne facilement qualifiée de ghetto… Voilà tout l’enjeu que la ou le successeur de Luc Laventure devra maîtriser. Puisque, ainsi que le stipule son cahier des charges, France Ô doit être « la chaîne de la mixité et de la diversité culturelle » et offrir dans l’Hexagone « une vitrine de choix à toutes les composantes qui participent de l’identité de la communauté nationale, en particulier aux populations ultramarines ».

FXG (agence de presse GHM)

 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 07:34

Peine de prison avec sursis confirmée pour Freddy Loyson

La cour d’appel de Versailles a confirmé la condamnation à deux ans de prison avec sursis de Freddy Loyson mais réduit sa facture à payer au Conseil général des Hauts-de-Seine.

Jugé en appel en janvier dernier par la cour d’appel de Versailles, Freddy Loyson qui avait été reconnu coupable, en tant que directeur général de la maison de l’Outre-mer des Hauts-de-Seine (MDOM), d’abus de confiance, a vu sa peine confirmée le 3 mars : 2 ans de prison avec sursis, 5 ans de privation des droits de gérer et le versement de la totalité des sommes détournées, soit 157 394 € en réparation. Selon Me Deboosere-Lepidi, la cour a ramené cette somme due au Conseil général des Hauts de Seine au titre du préjudice moral à 10 000 €. En revanche, l’amende délictuelle de 5 000 € a été augmentée…

Nouvelle enquête et pourvoi en cassation

La cour d'appel a rejeté la demande de supplément d'information faite par la défense au regard de l'enquête préliminaire ordonnée par le parquet de Nanterre sur le rapport d'audit du Conseil général des Hauts-de-Seine, « l'élément principal ayant justifié les poursuites et la condamnation de Monsieur Loyson », selon son avocat. Toutefois, à la suite de la plainte pour faux et usage de faux déposée, après le procès en première instance, par Freddy Loyson, ce dernier était entendu ce vendredi par la brigade financière. « En l'état, a indiqué le conseil de Freddy Loyson, je considère que Monsieur Loyson n'a pas bénéficié d'un procès équitable et, malgré l'infirmation de la condamnation de première instance sur les intérêts civils, nous formons un pourvoi en Cassation. »

FXG (agence de presse GHM)

 

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