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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 07:28

 

Ariane-5.jpgITW Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur

« Nous voulons préparer le lanceur du futur »

Vous serez en Guyane, le 15 février, pour le lancement de la fusée Ariane. Comment définissez-vous aujourd’hui la politique spatiale française. Se distingue-t-elle de la politique spatiale européenne ?

Ce sera le 200e lancement d’Ariane depuis le 24 décembre 1979 et, en 32 ans d’existence, le lanceur Ariane a su s’imposer en devenant une référence européenne. Il en est à 41 tirs réussis d’affilée depuis le port spatial de l’Europe, Kourou qui est aujourd’hui un élément incontournable de l’identité de la Guyane. L’activité spatiale représente 1 500 salariés directs et 9 000 emplois indirects sur la zone, soit 15 % de la population active guyanaise. En ce qui concerne ce lanceur, on ne peut pas distinguer la politique française de la politique européenne. Nous avons notre propre politique de valorisation de Kourou, qui a permis l’accueil des lanceurs italien  avec Vega et russe avec Soyouz, et notre politique de défense du lanceur européen. Je me bats en permanence dans les instances européennes pour la préférence européenne pour nos lanceurs, de façon à ce que tous les Etats d’Europe privilégient Ariane pour leurs opérations et notamment pour les lancements institutionnels. Les Etats-Unis et en particulier les Chinois donnent la priorité pour leurs vols institutionnels à leurs propres lanceurs.

Avons-nous une ambition en matière vols habités ?

Nous avons une réflexion aujourd’hui au niveau européen sur les vols habités puisque le président de la République a exprimé son accord pour participer à une aventure mondiale sur l’exploration de l’espace mais non pour la France ou l’Europe en solo. On y réfléchit avec les Russes, les Américains, pour savoir comment l’Europe pourra se situer dans cette aventure d’exploration habitée, et avec quel savoir-faire. C’est intéressant parce que le 15 février, on ne lance pas de Kourou un satellite ordinaire puisqu’on lance l’ATV 2 (véhicule de transfert automatique, NDLR) de construction européenne. Ce sera la première mission totalement opérationnelle de ce véhicule qui s’amarrera avec une procédure automatisée de rendez-vous à la station spatiale internationale. Je vous dis cela parce que l’ATV est la préfiguration de ce que pourrait être une capsule habitée si on s’engageait dans les projets que développe Astrium. Le savoir-faire européen sur ATV peut être valorisé dans le cadre de notre réflexion sur l’exploration spatiale habitée dans une démarche mondiale. On va mettre 20 tonnes en orbite pour ravitailler la station spatiale ! C’est extraordinaire et c’est la plus grosse charge utile jamais lancée par l’Europe.

Et quid de la stratégie spatiale française ?

Les Allemands ont défini leur propre stratégie qui inclut la question des lanceurs, des satellites, de la recherche mais aussi de la Défense et nous aussi nous ressentons le besoin d’avoir une stratégie nationale définie. Aujourd’hui, cette réflexion se tient essentiellement au niveau du  CNES. C’est dans ses missions. Mais je pense qu’il faudrait mettre les choses sur la table, faire une vraie  concertation avec tous les industriels, dans un cadre interministériel avec Eric Besson pour l’Industrie, Alain Juppé pour la Défense, et que nous définissions aussi nos priorités. En 2012 aura lieu la nouvelle conférence pour l’agence spatiale européenne (ESA), et ce sera important pour la France d’arriver elle aussi avec un document consolidé et porté par les trois ministres. Nous avons déjà mené une réflexion nationale sur l’avenir d’Ariane : nous voulons une nouvelle génération de lanceurs, après avoir modernisé Ariane 5. C’est le plan Ariane 5 ME qui permettra d’emporter des satellites plus lourds. Mais il faut aller au-delà de cette modernisation, nous voulons préparer l’après Ariane 5,  le lanceur du futur, et c’est ce que nous ferons grâce aux Investissements d’avenir.

Propos recueillis par François-Xavier Guillerm (agence de presse GHM)

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 06:58

Dominik Coco  fête vingt ans de chansons à LA Cigale (Paris)

Samedi soir, la Cigale  était bondée pour fêter les vingt ans de vie artistique et de chansons de Dominik Coco.Dominik-et-son-groupe-devant-son-public-a-la-cigale-photo-A.jpg

Avec Coco, pas de musique sans tradition, sans âme, sans désir et sans public C’est un Dominik Coco, tourbillonnant et en état de grâce qui s’est offert sur la scène de la Cigale, samedi. Pour sa prestation parisienne Dominik Coco s’est entouré de Franck Nicolas à la trompette et aux conques, Dominique Tauliaut aux percussions, Willy Salzedo au clavier, Stevy Langlemoine à la batterie, Eric Delblond à la guitare basse, Ludovic Tinval à la guitare, et pour les voix, Lydia Barlagne et Meemee Nelzy aux chœurs. C’est du beau, c’est du grand et tout est en place pour le swing tropical made in Guadeloupe.

Dominik-COCO-20-ans-photo-A--Jocksan.jpgAprès Freepon, chargé de chauffer la salle, et que le public commençait déjà à siffler pour réclamer l’artiste tant attendu depuis deux ans sur Paris, voilà Coco avec sa casquette vissée sur la tête… avant, d’un  geste, de libérer ses  tresses sur son cou. Il interprète Cheveux naturels, la fête bat son plein.

Ghislaine-Decimus-s-envole-photo-A--Jocksan.jpgSes invités défilent… Jean-Michel Rotin, Dominik Panol, puis le phénoménal Admiral T, suivi de deux jeunes voix de la scène Guadeloupéenne, Inès Khai, et  le détonnant Fuckly. Et, pour mieux mixer l’ensemble, les danseuses Ghislaine Décimus, Cindy Odin, et, coté masculin, Max Diakok et Ovide Carindo. En final il a donné un vrai son de carnaval avec le  groupe Myo, installé dans la fosse avec les spectateurs. Magistral.

Textes et photos : Alfred  Jocksan (agence de presse GHM)


Il a dit

Dominique Panol

Dominique Panol photo A Jocksan« Un anniversaire, ça se fête entre ami. Dominik coco est un frère depuis le temps qu’on se connaît. Nous avons des bonnes ondes. Je peux même vous faire une confidence, il est déjà invité sur mon concert du New Morning des 9 et 10 avril prochains.  C’est formidable une amitié qui dure. On voudrait faire comprendre à la jeunesse qu’avec un peu d’amour, avec de vraies valeurs, on fait briller les cœurs. C’est tout ce que Coco dit dans sa musique. Nous sommes des militants et c’est ce que nous demandons pour le peuple. »


ITW Dominik Coco

Dominik-COCO-guitare-photo-A--Jocksan.jpg« L’esprit de ma musique, c’est le gwo ka »

D’entrée vous mettez la musique traditionnelle au cœur de votre soirée d’anniversaire. Pourquoi ?

C’est là que tout a commencé pour nous Guadeloupéens. C’est notre musique la plus ancienne, le gwo ka, la  biguine, la mazurka, le quadrille. Le zouk est venu après ; le zouk est une musique contemporaine. La source, c’est le gwo ka et ses différents rythmes. Tout de suite, il était important de planter le décor. Car la base de ma musique, son esprit, c’est le gwo ka. C’est tout ce mélange qui me stimule.

Après une tournée chez vous, en Guadeloupe, vous voila à Paris. Le public est toujours au rendez-vous ?

Mon public se trouve partout et vingt ans, c’est un bel âge, une belle date à fêter. Après toute une tournée en Guadeloupe, j’ai clôturé l’année par une dernière prestation dans ma commune à Sainte-Anne. C’est important de jouer à Paris. Je n’avais pas encore fait la Cigale. Il y a deux ans, j’avais joué au New Morning qui est une petite salle prestigieuse. La Cigale est une autre étape, un challenge. Nous sommes dans un combat où rien n’est acquis. Je constate que le public a répondu présent… On en a besoin, on se nourrit de la vibration du public. Il faut ce soutien populaire car on ne fait pas de la musique que pour soi. Ce qu’on dit, la musique qu’on fait, le message qu’on véhicule, sont d’abord pour le peuple.

Peut-on dire que le public de Dominik Coco (très jeune et féminin dans la salle ce soir) évolue ?

Dominik-COCO-la-cigale-20-ans-1--photo-A--Jocksan.jpgJ’ai un public très mélangé, en passant par les jeunes, les quadras… Moi, j’ai déjà quarante ans et durant mes vingt ans de carrière, je retrouve des gens qui ont grandi avec moi et une partie du public plus jeune qui est venue depuis ma chanson, en 1998, « Naturel Poésie ». Il faut savoir que je collabore  énormément avec des jeunes artistes. Il est important d’avoir une certaine fraîcheur dans sa musique. L’éloignement fait que la musique est plus chaude, plus belle.

Comment regardez-vous votre évolution personnelle depuis vos années Volt-Face ?

Je fais du Kako music. Pendant longtemps on avait du mal à me classer. Et Zost, un copain musicien guadeloupéen, est venu me parler de ce mouvement musical, Kako music. C’est un travail axé sur les musiques du pays, les musiques qu’on aime, le zouk, le gwo ka avec toutes les influences de la Caraïbe. Les gens m’ont connu en tant qu’artiste zouk, mais le public m’a soutenu dans mon combat. Dans cette flopée de genres musicaux, c’est bien d’avoir sa petite touche personnelle pour sortir de l’ordinaire. Le groupe Volt-Face était une sorte d’ovni musical en son temps. J’ai grandi dans cet univers et j’aime surprendre mon public. Sur ma dernière compilation, j’ai fait un zouk pour rappeler aux gens l’époque Volt-Face, c’est un un clin d’œil pour répondre à ceux qui disent que je ne fais plus du zouk…

Un clin d’œil seulement ?

C’est avec Volt-Face que tout a commencé. Mais j’ai débuté bien avant, avec le groupe « La cour zaboka ». En 1990, la rencontre avec Georges Décimus a été déterminante. Cela m’a permis d’être connu et reconnu du grand public et surtout, j’ai beaucoup appris les cinq années durant lesquelles j’ai collaboré avec eux. J’ai appris, en termes de réalisation, à mener un projet. J’ai beaucoup appris aussi en côtoyant une bête de scène comme Jeff Joseph et le bouillonnant Dominique Panol. C’était mon université musicale.

Pourquoi un tel choix  parmi vos invités  sur la scène aujourd’hui ?

Il y a Panol qui fait toute la tournée avec moi. C’est l’ancien compositeur de Volt-Face. Après ce sont des invités qui s’imposent. Fuckly et Inès Khai, la chanteuse de Soul Kréol, sont des artistes que j’aime. Rotin est un garçon que j’adore. Pour moi, c’est un artiste Kako car il a su faire ce mélange musical, créer un nouveau style sur lequel tout le monde surfe actuellement. Avec Admiral T, c’est pareil, nous avons collaboré sur l’album KSS. Autour de moi, il y a des artistes que j’aime et que j’apprécie.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Je dirai rendez vous dans vingt ans. Le chemin n’a pas toujours été facile, il y a eu des périodes de grandes difficultés. Mais, j’ai toujours su trouver l’énergie nécessaire. Et ça je le dois au public. Nous sommes sur de petits îlets et nous souffrons de manque de réseaux.

Propos recueillis  par Alfred  Jocksan (agence de presse GHM)


En imagesAdmiral-T-et-Dominik-photo-A--Jocksan.jpg

Admiral T et Dominik CocoCindy-Odin-en-action--photo-A--Jocksan.jpg

Cindy Odincoco-au-baton-photo-A--Jocksan.jpg

Coco et son bâtonCOCO-et-fuckly-photo-A--Jocksan.jpgCoco et FucklyDominik-en-action-et-la-salle-explose-photo-A--Jocksan.jpg

Avec les choristes Lydia et MeemeeDominiqueTauliaut-photo-A---Jocksan.jpg

Dominique TauliautEric-Delblond-photo-A--Jocksan.jpg

Eric DelblondInes-Khai-et-Dominik-Coco-photo-A--jocksan.jpg

Avec Inès KhaïJean-Michel-Rotin-et-Dominik-photo-A----JOCKSAN.jpg

Avec Jean-Michel Rotinle souffleur Franck Nicolas à la trombonne photo A Jocksa

Le souffleur Franck Nicolas, à la conqueLudovic-Tinval-a-la-guitare-photo-A--Jocksan.jpg

Ludovic TinvalMax-Diakok--photo-A--Jocksan.jpg

Max DiakokOvide-Carindo--dans-ses-oeuvres-photo-A--Jocksan.jpg

Ovide CarindoPanol-et-Coco.jpg

Panol et Cocosalut-l-artiste-photo-A--Jocksan.jpgLe public de la CigaleStevy-Langlemoine-donne-le-rythme-photo-A--Jocksan.jpg

Steevy LanglemoineUN-FINAL-AVEC-LE-GROUPE-MYO.jpgFinal avec Myo

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 06:57

Sarkozy laisse nos élus jouer encore avec leur hochet institutionnel

En priant les élus de poursuivre leur réflexion pour un projet de société guadeloupéen, le président de la République semble leur donner le choix entre une évolution à la martiniquaise avec une consultation populaire ou la réforme territoriale sans aménagement notoire.MLP-GLC-Vizy-lombriere-Nicolas-Gilot-Dumirier-Lurel-X-et-La.jpg

Il ne manquait qu’Eric Jalton. A 11 heures hier, René Noël, Gabrielle Carabin, Lucette Michau-Chevry, Jeanny Marc, Daniel Marsin , Jacques Gillot et Victorin Lurel ont été reçus par Nicolas Sarkozy en compagnie de Marie-Luce Penchard et Brice Hortefeux. L’entrevue faisait suite à la délibération du congrès du 28 décembre dernier et aux annonces du président lors de ses vœux aux Ultramarins. C’est Marie-Luce Penchard qui a été chargée d’annoncer la parole présidentielle à l’issue de la rencontre : « Le président de la République a pris acte de la décision des élus de la Guadeloupe de vouloir rester dans le cadre du droit commun. Nous avons examiné les propositions formulées par les élus régionaux et départementaux, le 28 décembre 2010. IMLP-Biancarelli-Vizy-Lombriere.jpgl s’avère que les adaptations proposées ne sont pas anodines et sont de nature à modifier les institutions de la Guadeloupe. Le président a rappelé que dans le cadre du droit commun, il n’est pas possible, au regard de la réforme des collectivités territoriales, de faire un aménagement du scrutin pour les élections du conseil territorial. S’agissant du nombre de conseillers, les élus ont souhaité que ce nombre puisse passer de 43 à 65. Le président a rappelé qu’aucun département n’avait pu négocier ce nombre et qu’à ce titre, il renvoyait les choses au découpage cantonal et à son analyse… » Le président a admis d’ailleurs, selon sa ministre, « qu’il y a de grandes disparités d’un canton à l’autre », et que dans le cadre de ce découpage, il n’est pas fermé à l’idée d’avoir une ou deux cantons de plus. Le président a indiqué encore qu’il n’était pas question d’aller vers une évolution institutionnelle sans consulter les électeurs de la Guadeloupe. Enfin, il a indiqué que la loi sur la réforme des collectivités territoriales devant s’appliquer en 2014, la porte était ouverte si les élus le souhaitaient pour une évolution institutionnelle. « Cela appartient aux élus et, dans le cas contraire, la loi de la République s’appliquera. »

Le Congrès avant 2014 ou la réforme territoriale en 2014

Lurel-Nicolas-Carabin.jpgVictorin Lurel estimait s’en être « sorti par le haut, dans un compromis plus que raisonnable (…) Nous avons donc jusqu’en 2014 pour aboutir à un compromis institutionnel répondant aux vœux des élus et de la population. Le Congrès devrait donc se réunir à nouveau pour poursuivre ses réflexions… » Gabrielle Carabin a indiqué qu’il fallait maintenant « proposer à la population ce que nous voulons effectivement : une assemblée unique dans l’article 73, une collectivité unique dans ce même 73 ou une autre collectivité dans le cadre de l’article 74 ? Il me semble que les Guadeloupéens préfèrent l’assemblée unique dans le 73. » La réforme territoriale s’appliquera tant qu’aucune réunion du Congrès ne dira ce que les Guadeloupéens veulent. « Une Assemblée unique ? demande Lurel… MLP.jpgDes parlementaires sont pour une Collectivité unique. Nous reprendrons selon notre tempo ces réflexions là. Les délais qu’on nous avait donnés courent toujours, donc on revient à l’épure initiale. » Le rendez-vous n’a pas été du goût de la sénatrice Michaux : « Ce déplacement pour moi est une perte de temps. Il va falloir qu’on se revoit, qu’on discute, qu’on palabre… » Jeanny Marc a lâché la phrase : « Il faut qu’on se mette au travail et que nous produisions quelque chose de concret. » Même son de cloche chez Daniel Marsin : «  Qu’on fasse un ou deux Congrès et une proposition consensuelle et progressiste qui tienne la route. Je suis bien content que le président ait accepté de ne pas siffler la fin de la partie. Et comme nous n’avons pas assez travaillé, mettons-nous au travail ! » Le président de la République semble pencher, selon Jacques Gillot, pour que la Guadeloupe s’inscrive dans la même démarche que la Guyane et la Martinique avec une collectivité unique. Quant à Marie-Luce Penchard, interrogée sur sa préférence, elle a indiqué : « En ma qualité de ministre chargée de l’Outre-mer, il ne m’est pas possible pour l’instant de siéger au conseil régional puisque je devais à un moment donné porter ces questions institutionnelles. »

FXG (agence de presse GHM)

 


Ils ont dit

 

Gabrielle Louis Carabin

Carabin.jpg« C’était une très bonne réunion. Ce n’est pas possible de changer pour aller vers plus de proportionnelle, mais concernant le nombre d’élus, le président de la République a indiqué que les ministres de l’Intérieur et de l’Outre-mer vont étudier la question dans le cadre d’une loi qui devrait être votée dans l’été. On ne sait pas de combien le nombre de conseillers territoriaux pourrait être augmenté, mais c’est déjà une bonne chose. Et concernant l’Assemblée unique, la collectivité territoriale et l’article 74, il est possible que nous continuions à interroger, informer et après le président de la République qui s’est dit ouvert est prêt à interroger la population. Si, avant 2014, nous n’avons rien fait, la réforme territoriale s’appliquera à nous avec une petite augmentation du nombre de conseillers territoriaux… »

 


Victorin Lurel

 

Lurel.jpg« Le président de la République a pris le temps qu’il fallait pour nous recevoir. Toutes les options ont été analysées. Il nous a dit deux choses : « Je vous entends et je vous engage à poursuivre votre réflexion. » Deuxième chose, « Je vous adapterai d’ici mars le nombre d’élus. Vous pourrez engager des discussions avec les deux ministres Hortefeux et Penchard. Quelques unités supplémentaires sont possibles… Sur le mode de scrutin, puisque vous poursuivez vos réflexions dans le cadre d’un projet guadeloupéen de société, je ne ferme aucune porte… » Il y a des acquis sur le nombre d’élus, sur le fait que rien ne sera fait de Paris ou d’ailleurs, sur le fait qu’on consultera la population le moment venu, et sur le fait qu’on admet la poursuite des réflexions. Simplement le mode de scrutin que nous demandons pourrait encourir la censure du Conseil constitutionnel ; il est donc prudent de ne pas proposer cela. »


Jacques Gillot

Gillot-2.jpg« Le président de la République nous a entendu. Les réponses proposées ne me satisfont qu’à demi. Le président comprend notre situation archipélagique et devrait nous donner quelques élus en plus. Sur le mode de scrutin, il nous a dit qu’actuellement s’il propose dans ce cadre ce que nous avons demandé, il serait censuré par le Conseil constitutionnel. Mais dans le cadre d’une réflexion que nous poursuivrions, nous pourrions revoir ce mode de scrutin. L’ensemble des résolutions du congrès ont été vues et discutées par le président et nous avons aujourd’hui des solutions. Mais la réponse la plus positive du président de la République a été de dire : « Continuez votre réflexion, je suis ouvert, rien n’est tabou, pour qu’avant 2014, vous fassiez une proposition pour consulter la population. »

 


Jeanny Marc

Jeanny-Marc.jpg« Le président s’était engagé lors des vœux en Outre-mer à rencontrer les élus qui ne s’étaient pas encore tout à fait déterminés sur l’avenir de nos institutions contrairement aux autres départements. Aujourd’hui, les demandes formulées n’ont pas obtenu les réponses demandées mais j’ai noté que le délai qui avait été demandé pour travailler le projet guadeloupéen court toujours. Le président n’a pas sifflé la fin de la partie. Il nous appartient maintenant de montrer notre bonne volonté et, avec les Guadeloupéens, arriver à monter ce projet avec une éventuelle évolution institutionnelle. Pour l’instant, l’augmentation du nombre d’élus territoriaux ne se fera qu’à la marge. Ca sera discuté dans le cadre d’un projet de loi qui sortira pendant l’été. Pour le reste, on a bien vu dans la réponse du Conseil constitutionnel ce qui n’était pas possible. La population de la Guadeloupe demande à être consultée. Ses priorités sont l’efficacité économique mais aussi les contre-pouvoirs ou encore l’insertion dans notre environnement caribéen.


Lucette Michaux-Chevry

LMC.jpg« Le président nous a renvoyé dans nos buts. On demande d’abord de modifier le scrutin. On ne peut le faire sans violer la Constitution. D’autre part, on demande plus d’élus parce qu’on dit que 43 ne sont pas assez. Dans ce contexte d’économie où la population est préoccupée par l’emploi et le chômage, les institutions, le règlement des ordures, le président nous a dit : « Mettez-vous d’accord puisque vous voulez encore débattre sur les institutions de la République ; vous voulez encore élaborer un projet de société pour la Guadeloupe, je ne suis pas fermé… » Enfin, il l’est un petit chouïa pour augmenter le nombre d’élus. Mais c’est un problème, à mes yeux, qui aurait pu se régler entre élus responsables. En réalité, le problème de la Guadeloupe est qu’on veut plus d’élus et le scrutin uninominal gêne certains élus qui ont peur d’affronter le verdict populaire. Il faut savoir prendre des coups en politique ! »

 


Daniel Marsin 

Daniel-Marsin.jpg« Je n’attendais pas grand-chose de cette rencontre dans la mesure où les élus ont choisi d’inscrire la Guadeloupe dans le droit commun. Le président nous a expliqué que si l’on choisit le droit commun comme la Creuse ou la Moselle, nous ne pouvons pas par ailleurs demander des adaptations strictement pour nous. Il n’est pas question de changer le mode de scrutin, il n’est pas question non plus d’augmenter excessivement le nombre d’élus quand on sait déjà que la moyenne guadeloupéenne est très largement inférieure à la moyenne nationale ou même celle de la Réunion. Par conséquent, le président tout en se disant ouvert à des adaptations pour tenir compte du caractère archipélagique de la Guadeloupe, n’envisage pas d’évolution majeure. Et puis le président a dit : « Si vous n’avez pas suffisamment réfléchi, continuez à réfléchir, je reste ouvert… C’est tout ce que j’avais dit ! C’était utile que le président dise le droit parce que ce que je disais moi ne pouvait être entendu, je suis Guadeloupéen. Et quand c’est le président qui le dit, c’est peut-être mieux. »

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 06:56

Interview Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur

 « L’UAG doit être la base avancée de la francophonie et du génie français »

Portrait-de-Valerie-Pecresse.jpgLa ministre sera en déplacement dans les Antilles et la Guyane (son 4e depuis 2007) à compter du 14 février. Elle arrive d’abord en Guyane avant la Martinique, mercredi, et la Guadeloupe, jeudi.

 Où en est la renégociation du contrat pluriannuel avec l’UAG ?

Notre objectif est le passage à l’autonomie de l’université après la signature du contrat effectuée dès 2010. Nous avons besoin  d’une université francophone, pluri-territoriale et en réseau entre la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. L’UAG a été pionnière parce que son organisation est celle qu’aujourd’hui, nous sommes en train de prôner comme modèle pour les universités en métropole. L’UAG doit devenir un pôle francophone très attractif pour les étudiants d’Amérique du Sud et du Nord. Mais pour passer à l’autonomie, il reste encore du travail…

L’UAG est–elle prête au passage à l’autonomie ?

Le président Saffache a fait un énorme travail de ce point de vue. Il a mis de l’ordre dans la gestion des ressources humaines et nous lui donnerons les moyens d’avoir de vrais indicateurs d’activité, de performance et de résultat avant de passer à l’autonomie. Mais ça nécessite que nous n’ayons pas un système opaque, qu’il y ait une vraie transparence. L’UAG va entrer en phase d’audit parce qu’il n’est pas question de donner l’autonomie à une université qui serait trop fragile. L’autonomie, c’est beaucoup plus de libertés et beaucoup plus de responsabilités. L’université doit devenir un outil de promotion et de valorisation du territoire. On a besoin de faire de cette université la base avancée de la francophonie, de la culture française, de l’intelligence et du génie français dans la zone.

L’Etat a-t-il suffisamment aidé l’UAG à ce passage ?

L’UAG a été l’une des grandes bénéficiaires de l’effort de l’Etat en faveur des universités. On a eu une hausse des moyens très forte, + 33 % depuis 2007 (contre + 22 % en moyenne en métropole), soit 3.78 millions € supplémentaires. On a aussi fait un effort inédit en faveur de l’immobilier universitaire : 67 millions €. Ca représente 20 % d’augmentation par rapport au contrat de projet Etat Région 2000-2006. On a mis 21 millions € pour la Guyane, qui ont notamment permis de financer le chantier de la bibliothèque universitaire que je vais inaugurer, 18 millions € en Martinique pour l’extension de la bibliothèque et du restaurant universitaires, et 27 millions € pour la Guadeloupe. De plus, j’ai débloqué au début de cette année 300 000 € supplémentaires pour sécuriser le site de Fouillole. Je souhaite que les Collectivités  locales viennent compléter cet effort.

Aura-t-elle des moyens supplémentaires avec l’autonomie ?

L’année précédant le passage à l’autonomie, l’université fait l’objet d’un accompagnement particulier, avec notamment une enveloppe de 50 000  € pour récompenser les efforts des personnels qui se sont investis dans la démarche d’autonomie. L’année du passage, l’université se voit transférer les moyens que payaient auparavant l’Etat, comme la masse salariale par exemple. Elle bénéficie aussi d’une augmentation de son enveloppe de primes d’au moins 10% afin de pouvoir mener une politique de ressources humaines dynamique.

Où en est l’appel à projets pour la mise en place de masters internationaux ?

J’ai demandé à l’UAG de travailler en lien avec les trois recteurs à la mise en place de masters internationaux. J’en ai parlé à mon homologue colombien qui est très demandeur, mais je souhaite aussi en parler aux universités américaines puisque je me rends aux Etats-Unis en avril. Il faut qu’on puisse en parler à tous les ambassadeurs des pays de la zone, et nous ferons un appel à projets pour mettre au point un certain nombre de diplômes conjoints.

Le pôle universitaire de Guyane est en plein développement… Quelle est votre ambition pour ce pôle ?

Pour moi, l’avenir du pôle guyanais s’inscrit vraiment dans cette université pluri-territoriale en réseau. Aujourd’hui, il n’y a pas de place pour une université qui n’aurait pas une véritable ambition de visibilité internationale. C’est pour cela qu’en unissant leurs forces, les trois pôles de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane peuvent vraiment faire des merveilles. Le pôle guyanais est encore trop petit et il a besoin de ses voisins pour offrir une large palette de formations de qualité. Cela dit, je serai particulièrement attentive à ce que la politique de gestion des ressources humaines de l’université permette au pôle guyanais de se développer harmonieusement.

Vous allez signer avec l’Etat de l’Amapa, l’IRD et l’UAG un accord sur la biodiversité. Quel apport scientifique la Guyane peut apporter en ce domaine ?

On a besoin de recherche en Guyane pour assurer le leadership de la France dans les sujets de biodiversité. Avec notamment le muséum d’histoire naturelle, l’institut d’écologie et d’environnement du CNRS, la France est en matière d’écologie à la pointe de la recherche. Nous avons souhaité nous allier avec un autre pays qui est aussi à la pointe de la recherche, le Brésil, pour établir un partenariat international de recherche sur la biodiversité : c’est la création du Centre franco-brésilien sur la biodiversité amazonienne, qui vient de lancer, fin janvier, son premier appel à projets Ca rappelle d’abord que la France est un Etat de l’Amazonie, une présence en l’Amérique du sud et ça nous donne une responsabilité vis-à-vis de la préservation de la planète. Les questions de la préservation de l’environnement et de la recherche sur la biodiversité ne sont qu’une seule et même question pour nous. La biodiversité a en plus un rôle important à jouer en sciences du vivant puisque nombre de nos découvertes en matière médicale viennent de l’exploration des ressources insoupçonnées de la biodiversité.

A quoi va donner naissance l’accord avec le Brésil ?

Il y aura deux accords ! Le premier pour renforcer la coopération entre l’IRD, l’UAG et l’Université de l’Amapa dans la recherche sur la biodiversité. Un second pour lancer un programme d’échanges universitaires : dans les 3 ans, ce sont près de 50 étudiants de Master qui effectueront, dans ce cadre, une coopération transfrontalière.

Selon vous quels liens doivent se tisser entre l’UAG et Haïti ?

On l’a vu au moment du drame d’Haïti. La solidarité a joué immédiatement et je me félicite de l’accueil fait aux étudiants haïtiens. Nous avons débloqué des fonds du bureau d’aide d’urgence pour pouvoir organiser l’accueil dans un master conjoint franco-haïtien d’économie-gestion. Mais il y avait déjà des diplômes conjoints entre Haïti et la Martinique. Il faut renforcer ces liens parce qu’il y a une histoire commune entre nos deux pays qui passe par une solidarité régionale. On a aussi accueilli beaucoup de jeunes Haïtiens en métropole mais il est évident que les partenariats les plus simples et les plus faciles se feront dans les Caraïbes. L’enjeu derrière, et pour toute l’UAG, c’est la francophonie.

Une nouvelle faculté de sciences humaines  va être ouverte au camp Jacob à Basse-Terre. Ne va-t-elle pas concurrencer le campus de Schoelcher ?

Notre politique est de considérer que chaque île a sa spécificité, mais cela n’empêche pas qu’on puisse avoir une recherche en lettres, en sciences humaines, en sciences sociales dans chaque territoire. C’est donc normal d’avoir un campus de sciences humaines en Guadeloupe. Nous recherchons une complémentarité de l’offre et certainement pas une concurrence.

Où en est l’enseignement de la médecine ?

Nous avons donné le feu vert pour une 4e année de médecine à la rentrée 2011. L’implantation de  la 4e année en Guadeloupe est logique mais en revanche pour les 5e et 6e années, l’idée serait de les répartir en fonction des CHU. On est vraiment sur le registre de la complémentarité entre les deux sites. Je vais redéployer deux postes de praticien hospitalier professeur des universités en direction des Antilles, et, dès qu’on aura fini de mettre en place la 4e année, on fera une évaluation pour savoir quand on met en place un cursus complet. Quel que soit le territoire d’implantation, ce que nous recherchons, c’est la formation sur place du personnel de santé. Alors, oui à l’augmentation du numerus clausus et c’est ce qu’on a fait depuis 4 ans, oui à la poursuite d’études médicales, oui aussi à l’ouverture de passerelles entre les métiers paramédicaux et les métiers médicaux. C’est ce qu’on est en train de faire avec Xavier Bertrand. L’infirmière praticienne pourrait évoluer vers des délégations de gestes, de certains actes spécialisés pour répondre mieux aux besoins de soins.

Le numérus clausus a été relevé et pourtant, des étudiants se plaignent qu’on les refuse à la faculté de médecine de Bordeaux par exemple…

L’université est un outil stratégique de continuité territoriale. Dans une UAG qui rayonne, nous devons proposer des cursus d’excellence, de niveau international, qui attirent les étudiants antillais, guyanais mais aussi étrangers. L’UAG doit être une base avancée de la France dans les zones  Caraïbes et amazonienne.

Le président de la Région Guadeloupe demandait la création d’un IEP sur place. Le professeur de droit, Claude Emery, s’y opposait car il redoutait que cela ne vide la faculté de droit des meilleurs éléments…

Il avait raison ! Il faut faire attention à ne pas vider l’université quand elle a une filière qui marche bien au profit des écoles. Tout ça, ce sont des équilibres extrêmement complexes. En revanche, je pense qu’on doit pouvoir réussir à faire certains cursus à valeur ajoutée qui ne passent pas forcément par la création d’un IEP. J’ai eu cette discussion avec des élus antillais et avec Sciences-Po quand cette école envisageait une antenne aux Antilles…

En matière de classes préparatoires, êtes-vous satisfaites du nombre d’élèves et de classes ?

Les classes prépa et leur maintien aux Antilles sont un enjeu stratégique. Il faut que les meilleurs élèves puissent poursuivre leurs études sur place. Quant au nombre de classes prépa, leur taux de remplissage et leur taux de réussite, on fera le point. Mais tous les étudiants, de métropole comme d’outre-mer, doivent avoir le même droit à l’accès aux classes préparatoires.

Comment expliquez-vous que l’université française ne puisse accueillir des personnalités comme Edouard Glissant ou Maryse Condé alors que la City university of New York l’a fait ?

Les grands artistes devraient pouvoir enseigner à l’université, au-delà même de savoir s’il faut avoir un doctorat. J’ai pris conscience de ça quand Tony Morrisson est venue à Paris IV. Elle a dit : « En France, je ne pourrais pas enseigner la littérature alors que je suis prof de littérature à Princeton. » Et elle est juste prix Nobel de littérature ! Je pense qu’il faudrait créer  dans des universités autonomes des chaires pour accueillir des grands artistes qui ne sont pas docteurs. Je pense aux écrivains comme aux chefs d’orchestre, mais aussi aux grands chefs d’entreprises, aux experts socioprofessionnels. On est dans un système concurrentiel où l’on doit rayonner de manière puissante en faisant rayonner l’ensemble de la culture française.

Le passage à l’autonomie permettra-t-il cette évolution ?

Une université autonome peut recruter qui elle veut sur des emplois de titulaires ou sur contrat à durée indéterminée, dans la limite de son plafond d’emploi. Ce sera très important pour l’UAG parce qu’elle pourra puiser dans le vivier des professeurs étrangers beaucoup plus facilement.

Propos recueillis par François-Xavier Guillerm (agence de presse GHM)

 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 06:14

 

Air Caraïbes : les raisons d’un divorce à l’amiableTzygalnitsky-et-Rochet-assis.jpg

Serge Tzygalnytski et Marc Rochet, à Paris en décembre dernier, lors de la soirée des dix ans de la compagnie (photo : RDG)

« La concurrence est bonne ; elle nous a sérieusement grignoté et nous oblige à réagir plus que ce qu’on a fait jusqu’à présent », indiquait Marc Rochet à France-Antilles en décembre dernier. Une phrase qui peut expliquer à elle toute seule le limogeage  annoncé, jeudi 10 février, de Serge Tzygalnytski de son poste de directeur général d’Air Caraïbes. L’opérateur historique du marché régional s’est laissé coincé entre Air France qui mis un gros porteur sur l’axe Fort-de-France/Pointe-à-Pitre offrant ainsi une surcapacité qui lui permet d’augmenter ses parts de marché de 37 % depuis 2006, et Air Antilles Express qui, par une politique commerciale agressive, a connu une croissance de 11,5 % en 2009 contre 4,5 % à Air Caraïbes. Car si tout le monde voit en Serge Tzygalnytski le patron aux Antilles de la compagnie régionale, tout le monde se trompe. L’activité d’Air Caraïbes se tronçonne en deux pôles : le transatlantique dont le dirigeant responsable est Philippe Lenfant (qui a succédé en décembre 2009 à François Hersen) ; et le pôle régional dont le dirigeant responsable est, jusqu’à la fin du mois de février, Serge Tzygalnytski. On sait d’ores et déjà que le successeur de ce dernier a déjà été trouvé mais qu’il ne sera pas opérationnel avant cinq ou six mois. L’intéressé doit quitter son actuel emploi… La transition sera donc assurée personnellement par le président de la compagnie, Marc Rochet. Une chose semble certaine, Marc Rochet et Serge Tzygalnytski ne se séparent pas en mauvais termes. Après 7 ans à bord du navire, Serge Tzygalnytski n’aurait plus été en mesure de se remettre en cause et de redonner un nouveau souffle au marché régional qui est, ne l’oublions pas, le cœur historique de la compagnie. C’est un peu comme en 2003 lorsque le même Serge Tzygalnytski a remplacé Philippe Chevallier. « Cette année-là, nous nous sommes retrouvés en concurrence sur le réseau régional avec Air Antilles. Sauf à décider de végéter, il fallait rebondir, en ayant une nouvelle ambition », indiquait Serge Tzygalnytski à France-Antilles en décembre dernier. Aux mêmes maux donc, les mêmes remèdes !

FXG (agence de presse GHM)

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 08:00

 

Eric-Eric-Basset.jpgInterview Eric Basset, gérant du label Aztec Musique et co-organisateur des Nuits tropicales avec le Collectifdom

« Le festival est une vitrine qui dépasse le potentiel de chacun »

Quel est le concept des nuits tropicales ?

L’idée est de faire un festival des musiques du sud sachant que ça n’existe pas. C’est paradoxal pour une ville comme Paris qui a toujours été une plaque tournante des musiques du sud… On peut considérer, dans le domaine musical, qu’il y a toujours un rapport fort entre les anciennes colonies et les anciennes métropoles Les musiques des îles anglophones passent pas Londres et tout ce qui vient de l’ancienne Afrique française passe par Paris. Et pourtant, à Paris, il n’existe aucune manifestation qui permette de donner un coup de projecteur là-dessus.

Un festival des musiques du Sud, certes… Mais là, votre programmation est surtout caribéenne... Ne manque-t-il pas une dimension africaine ?

Non, parce que nous avons fait un choix. C’est la première édition de ce festival, Nuits tropicales. Elle se fait pendant l’année des Outre-mer français, alors la programmation est essentiellement ultra-marine. Mais l’année prochaine, les Nuits tropicales ne seront pas exclusivement ultramarines.

Le festival fait une belle place à la nouvelle scène créole dont votre société de production, Aztec Musique, est l’un des artisans…

Nous voulons profiter de cet événement pour mettre en valeur ce qui est aujourd’hui en train de régénérer la musique des Antilles. On ne peut parler d’une nouvelle génération d‘artistes mais ces artistes représentent un moment dans l’histoire de la musique. Depuis l’irruption et le succès de Soft, à partir de 2005, une nouvelle voie  s’est ouverte pour des gens qui ont une pratique artistique différente de ce qui se faisait avant, avec plus d’acoustique, plus de contenu dans les textes…

Eric-Basset-2.jpgCes artistes ont fait émerger de nouveaux sons de la Caraïbe et vous, vous avez misé sur ce renouveau ?

Oui, on a joué un rôle mais ça correspond aussi à ce qu’on fait depuis 25 ans. On a toujours défendu les artistes comme Malavoi, Dédé Saint-Prix, Beethova Obas, Chris Combette… Et je trouve que, sans parler de filiation, il y a une proximité dans leur démarche musicale et celle des nouveaux artistes. Nous essayons aussi d’avoir notre propre cohérence !

Ce qui est peut-être moins cohérent, c’est de continuer à produire des disques (plus d’une dizaine par an) dans ce marché sinistré. Comment ça se passe pour Aztec musique ?

La crise a commencé depuis fin 2003. Le marché a perdu 60 ou 70 % de son potentiel. Cette crise touche la musique antillaise comme toutes les autres musiques. Aujourd’hui, les chiffres de vente qu’on fait sur les albums qu’on sort n’ont strictement rien à voir avec ce qu’on faisait il y a dix ans. C’est donc très compliqué et on est obligé de faire attention à toutes les dépenses, que ce soit en production ou en promotion. Mais nous sommes aussi volontaristes parce que, pour l’instant en tout cas, les choix qu’on a faits ne semblent pas mauvais. Les artistes que nous avons produits ont rencontré leur public sur un marché assez dramatique et ils sont plutôt classés du côté des meilleures ventes.

Dans l’Hexagone comme dans les outre-mer ?

C’est plus net aux Antilles et en Guyane qu’à Paris. Soft, Victor O, Stevy Mahy ou E. Sy Kennenga sont parmi les meilleures ventes en Martinique et en Guadeloupe. A Paris, ça se passe bien mais disons que le zouk et le zouk love habituels résistent mieux en métropole qu’aux Antilles. C’est donc vrai que nos artistes ont trouvé leur public et c’est ce qui nous permet de continuer d’exister.

Allez-vous survivre dans cette nouvelle économie numérique ?

On résiste parce que l’on pense qu’à terme les choses vont évoluer et que l’économie numérique va jouer un rôle de plus en plus important. Aujourd’hui, le numérique représente 10 à 12 % de notre chiffre ­– c’est peu et ça ne compense pas du tout les pertes du marché physique – et il n’y a pas de raison que ça ne finisse pas par représenter une part importante du marché de la musique. Ce jour-là, ceux qui auront réussi à développer des artistes et créer du catalogue, seront bien placés.

Dans cette perspective, où se situent dans votre stratégie la scène et un festival comme les Nuits tropicales ?

J’ai commencé à produire des concerts pour Malavoi en 1983, et c’est parce qu’ils n’avaient pas de producteur de disques et qu’il faut un disque pour pouvoir faire des concerts régulièrement qu’on s’y est mis. Aujourd’hui, on essaie de mener de front les deux. On n’est pas organisé pour faire des tournées pour l’instant mais les concerts à Paris, comme on en fait depuis des années, sont indispensables pour mettre en valeur les artistes qu’on produit. La scène est un passage incontournable et le Festival une vitrine de ces musiques qui permet de mettre en valeur les artistes à l’intérieur d’un événement qui dépasse le potentiel de chacun.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

Festival des Nuits tropicales, les 4, 5 et 6 mars à la Villette. Une iniytiative du Collectifdom qui en a confié la réalisation à Aztec Musique

 


Aztec Musique

Avant que le nom de sa société ne prenne celui d’Aztec musique, Eric Basset a dirigé les labels Blue Silver puis Déclic avec qui il a produit, notamment, Zouk machine en 1990. En 1998, il est racheté par Sony Music qui vire tout le monde au bout de 18 mois. Eric Basset remonte alors Créon Music en 1999. Il continue de produire Malavoi, Edith Lefel, Tanya Saint-Val, Jocelyne Béroard, Beethova Obas, Sonia Dersion, Ti-Vice, Ralph Thamar, Dédé St-Prix, Christiane Valejo, Chris Combette, Jane Fostin, Victor Delver… En 2006 la sortie de l'album de Soft « Kadans a péyi la » lui ouvre les portes de grands média nationaux. Créon est racheté par le groupe audiovisuel Maya (qui choisit le nom Aztec). En 2008, Eric Basset reprend la main sur son label. Depuis il a produit Ti Malo, Eric Cosaque, V-Ro, Orlane, Tabou Kombo,Goldie, James Germain, Stevy Maky, Krys, Rony Théophile ou Kennenga…

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 06:12

L’avenir de la Guadeloupe se joue à l’Elysée

Nicolas Sarkozy reçoit les élus de Guadeloupe (Victorin Lurel pour la Région, Jacques Gillot pour le Département, René Noël pour l’association des maires, et les parlementaires Lucette Michaux-Chevry, Jeanny Marc, Eric Jalton, Daniel Marsin et Gabrielle Louis-Carabin), ce lundi 14 février à 11 heures, au palais de l’Elysée.Comme il s'y était engagé lors de ses vœux aux Français d'Outre-mer le 9 janvier dernier, le président de la République évoquera avec les élus les demandes d'adaptations institutionnelles qu’ils ont exprimées lors de leur Congrès du 28 décembre dernier. Les représentants guadeloupéens ont demandé l’application de la réforme territoriale*, qui a été adoptée par le Parlement le 16 novembre dernier pour l’ensemble de la Nation, avec une demande d’ajustement en ce qui concerne le nombre d’élus (ils en voudraient 65 au lieu de 43), et le mode de scrutin. Ils voudraient qu’il fasse une large place à la représentation proportionnelle. Lors de son discours de voeux aux Français d’outre-mer, Nicolas Sarkozy s’était montré réticent : « Vos élus souhaitent que soient appliquées des règles spécifiques, distinctes de celles du reste de la France (…)  Les élus guadeloupéens n’ont donc pas fait le même choix que les élus martiniquais et guyanais, qui ont souhaité une collectivité unique. C’est leur droit (…) Je note toutefois que c’est bien le passage à la collectivité unique, en Martinique et en Guyane, qui a permis l’adoption de règles particulières. La question posée est donc, en réalité, de savoir jusqu’où l’on peut adapter le droit de la République outre-mer sans passer par l’une des évolutions institutionnelles explicitement prévues par notre Constitution et qui nécessitent toutes le consentement des électeurs. » Le conseiller outre-mer du président considérait d’ailleurs, à la veille de ce discours, que ces deux points d’adaptation étaient « des points lourds et non de simples aménagements ». Il considérait le passage de 43 à 65 élus comme « une hausse significative qui nécessiterait bien plus qu’un simple petit redécoupage cantonal ».  Pour Nicolas Sarkozy, il s’agit d’une question de droit mais  aussi de principe. « Je considère, disait-il encore à Petit-Bourg, qu’il faut analyser toutes les conséquences de cette proposition et ne pas répondre à chaud. » Il répondra donc à froid aujourd’hui. Au risque que ça prenne pour nos élus des airs de douche écossaise !

FXG (agence de presse GHM)

*Les conseillers territoriaux remplaceront en mars 2014 les 84 conseillers généraux et régionaux. Ils siègeront à la fois au conseil général et au conseil régional qui conserveront chacun leur exécutif.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 06:55

La Guyane fait rêver l’Assemblée Nationale

L’association guyanaise Papakaï s’est vue décerner le prix de grand gagnant à l’Assemblée Nationale, le 10 février. Cette soirée de remise de prix nationaux, récompensait les appels à projets valorisant l’éducation par le Sport sous l’intitulé « Fais nous rêver ».

Ziliette-Odang-avec-sa-batte.jpgLa voix et les jambes tremblantes, Ziliette, 23 ans, récupère son prix des mains d’Emmanuel Petit, dans l’un des grandioses salons de la République qu’abrite le palais Bourbon. Elle porte le projet de Papakaï avec « toute  sa volonté et tout son cœur » depuis le début de l’aventure du concours « Fais nous rêver ». L’association regroupe des femmes de la banlieue de Kourou de 13 à 50 ans, qui pratiquent le slak baal, sport dérivé du base-ball qui se joue sur la plage. Leur projet a retenu l’attention du jury parmi 350 autres et c’est dans la catégorie « Sport, prévention et citoyenneté » que l’association guyanaise remporte le prix.

Pour la 12e édition de cet appel à projet, l’objectif de l’Agence pour l’Education par le Sport est une nouvelle fois de recenser, mettre en valeur et soutenir les initiatives régionales innovantes dans le domaine de l’implication sportive dans l’éducation. Cette année, le jury présidé par le député Paul Le Guen a sélectionné les 49 finalistes régionaux parmi plus de 800 projets.

Danie-Baur-et-Samy-Shoker.jpgLa Guyane s’était déjà particulièrement illustrée dans cette sélection, puisque, outre l’association Papakai qui œuvre pour l’intégration sociale des femmes par le sport, l’association les cavaliers des 3 palétuviers était l’un des lauréats de la catégorie « Sport et égalité des chances ». C’est à Saint-Georges de l’Oyapock, dans le petit lycée des 3 Palétuviers que le proviseur Daniel Baur a initié le jeu d’échec dans le village de 130 habitants. Les résultats en attestent depuis 4 ans, le jeu d’échec est vecteur de lutte contre l’échec scolaire mais aussi de cohésion sociale dans tous le village. Loin d’être déçu de l’issue de la soirée Daniel Baur y voit  «  la reconnaissance de ce que peuvent faire les enfants du fleuve. Et puis c’est quand même la Guyane qui a gagné ! »

Une victoire pour la Guyane. Mais surtout pour cette association de la ville de Kourou, ce qui lui vaut 1 500€ de dotation d’aide au développement et une mise en réseau avec les acteurs institutionnels en vue de pérenniser son action. Concrètement, pour Ziliette et son équipe, cela représente de nouvelles balles, de nouvelles battes et peut-être un nouveau terrain pour une équipe qui s’entraîne avec des balles de tennis et des battes artisanales. Les yeux brillants, Ziliette confie sa joie de pouvoir rapporter un prix à l’équipe pour prouver à toutes ces femmes «  que même avec peu, on peut aller loin. »

Gaëlle Jotham (agence de presse GHM)

 


ITW Ziliette Odang

 

Ziliette-Odang-et-son-prix.jpg« Je voulais y croire »

Une première visite dans l’hiver parisien et une victoire en prime, une soirée riche en émotion pour Ziliette Odang 23 ans.

Comment a commencé votre participation à cet appel à projets ?

Les filles du village m’ont sollicité pour des achats de matériels. Rien de colossal : des plots et des balles. La directrice nous apporté le dossier et c’est parti comme ça, on a répondu à l’appel d’offre et me voici à Paris, à l’Assemblé Nationale !

Qu’avez-vous ressenti en entendant que Papakaï faisait partie des grands gagnants ?

J’étais très émue, je le suis encore. Mais sans fausse modestie, j’y croyais ! Parce qu’aujourd’hui j’ai présenté ce projet avec tout mon cœur et le jury avait l’air d’apprécier, donc je voulais y croire.

Qu’avez-vous prévu pour la suite ?

On va continuer à jouer comme d’habitude. Mais on va sonner à toutes les portes : la Région, la mairie pour qu’on nous attribue un terrain près de notre village. En ce moment on joue sur le terrain de football au bord de la plage de Kourou, on le réquisitionne tous les mercredis après-midi.

Propos recueillis par Gaëlle Jotham (agence de presse GHM)

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 06:40

MLP versus Jégo, Karam réagit

L’entourage du délégué interministériel nous fait savoir que si Patrick Karam ne s’était rendu aux vœux d’Yves Jégo en janvier 2009, c’est parce que « son équipe (et non lui) n’avait pas été invitée ». Le même entourage précise : « Tout ça est tellement grotesque que lorsqu’en février 2009, Yves Jégo s’est retrouvé en difficulté avec les événements en Guadeloupe, Patrick Karam a écrit une lettre au président de la République pour lui dire que son secrétaire d’Etat n’avait pas démérité, qu’il s’était investi dans sa tâche avec une vraie vision pour l’outre-mer et qu’il avait convaincu les Ultramarins, raisons pour lesquelles il fallait le maintenir à la rue Oudinot. » Et comme si cela ne suffisait pas, il ajoute : « Yves Jégo bénéficie d’une vraie aura aux Antilles contrairement à Marie-Luce Penchard dont les scores électoraux en Guadeloupe, son département de naissance, témoignent du peu de cas que les Ultramarins, particulièrement les Guadeloupéens, font d’elles. » L’entourage achève sa philippique par ces mots : « Elle ne fait qu’inaugurer les chrysanthèmes ! »

Que l’Elysée ou Matignon fasse quelque chose pour mettre un terme à ce combat intra-majoritaire, Vite !

FXG (agence de presse GHM)

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 07:31

Un nouveau directeur de la rédaction à France Ô et Outre-mer 1ère

C’est un Corse que France Télévisions a chosi de nommer à la tête de la rédaction télé de France Ô et Outre-mer 1ère. René Siacci qui arrive de l’île de beauté a eu une première confrontation avec ses équipes la semaine dernière. Pour commencer, il a indiqué qu’il connaissait les problématiques d’insularité, mais quand il lui a été demandé de donner son point de vue sur la diversité, il a préféré sursoir à sa réponse pour consulter sur cette question brûlante sa hiérarchie à France Télévisions…

FXG (agence de presse GHM)

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