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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 06:19
La cuisine de Jean-Rony Leriche

"Ma Cuisine Antillaise" par le chef Jean-Rony Leriche

Mardi dernier à l'espace Gaggenau (Paris 17e), le chef Jean-Rony Leriche, qui tient le restaurant Leriche de Saveurs à Toulouse, a présenté, à l'occasion de la remise du prix Collet du livre de chef 2018, son livre "Ma Cuisine Antillaise" (Ed. Brigitte Eveno), dans lequel il évoque le terroir antillais et la transmission.

Né de parents haïtiens, Jean-Rony Leriche a grandi en Guadeloupe où il a baigné dans les effluves de cuisine. Arrivé en Métropole pour y étudier la chimie, cet ancien basketteur de haut-niveau, s'est rapidement dirigé vers une autre forme de chimie, la cuisine ! Il obtient rapidement son CAP et réalise son stage de fin d'études au restaurant toulousain étoilé "En Marge", sous la houlette du chef Franck Reminel. Il continue ensuite son apprentissage dans d'autres établissements avant d'être chef à domicile et traiteur.

Il ouvre en 2014 avec son ami Hervé Turlepin, son premier restaurant "Leriche de Saveurs", restaurant gastronomique antillais, situé dans le centre ville de Toulouse. Les plats proposés sont un hommage aux terroirs antillais et haïtien, avec des dressages et une version gastronomique de mets peu connus. Il enseigne également la cuisine. 

FXG, à Paris

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7 septembre 2018 5 07 /09 /septembre /2018 06:57
Entretien avec Diarah N'Daw-Spech, co-fondatrice du FIFDA

Entretien avec Diarah N'Daw-Spech, co-fondatrice du FIFDA

La huitième édition du festival international de films de la diaspora africaine (FIFDA) s'ouvre vendredi à Paris avec le documentaire "Jocelyne Mi tche mwen" en tête d'affiche et, pour la première fois en salle à Paris, la série antillaise de France Télévisions, "Le rêve français".

"Nous voulons donner la vision du vécu des noirs au-delà des frontières par le cinéma"

Avant d'arriver à Paris, ce festival a connu d'abord une version américaine, racontez-nous sa préhistoire...

Avec Renaldo Barroso Spech, nous voulions présenter une vision un peu plus large de l'expérience du vécu des personnes d'origine africaine dans le monde car aux États-Unis en particulier, peu de cinéma explorait cette réalité. Quand il s'agissait des noirs il s'agissait principalement des noirs américains.  Moi-même étant franco-africaine et mon époux et partenaire étant Cubain d'origine jamaïcaine et haïtienne, nous avons voulu faire partager au public américain le vécu des noirs au-delà des frontières américaines. Aujourd'hui,  nous voulons élargir cette expérience au public parisien ! Le cinéma est un outil de communication très efficace et nous voyons le cinéma comme espace éducatif où les gens peuvent être confrontés à une réalité, un monde qu'ils ne connaissent pas nécessairement faute d'un véritable accès dans les médias et dans les salles. Renaldo Barroso-Spech est prof de langue et il se sert du cinéma pour enseigner les langues. Nous avons simplement élargi la salle de classe !

Comment décidez-vous de la programmation ?

Pour la première édition, nous avons fait la programmation en puisant dans notre mémoire filmique. C'était en 1993 et d'une certaine manière c'était une rétrospective de notre mémoire. En 2009, on a lancé l'édition parisienne parce qu'on est tous les deux Français et qu'on s'est rendu compte les films qui ne sont pas subventionnés par le gouvernement français demeure absolument inconnus du public français. Avec ce festival, on a voulu ouvrir un pont.

Pour cette huitième édition, il y a une tonalité très antillaise...

C'est la première fois que nous ouvrons ce festival au cinéma antillais et c'est en particulier du à la production du "Rêve français" sur France télévision. Nous avions  déjà invité France Zobda à New-York, lors de la sortie du film "Toussaint Louverture" et quand elle nous a montré "Le rêve français", nous avons saisi cette occasion pour le montrer pour la première fois en salle à Paris. L'intérêt de montrer le film au cinéma c'est la possibilité d'avoir une discussion derrière alors que la télé ne permet pas l'échange avec les producteurs, les créateurs et les acteurs,  ce que nous offrons au festival avec Firmine Richard notamment qui est marraine de ce festival.

Vous projetez aussi en clôture, dimanche, "Jocelyne, Mi tche Mwen", le documentaire de Maharaki sur la chanteuse de Kassav. Pourquoi ?

Parce que Jocelyn Béroard est une femme qui représente la culture antillaise et comme cette année le festival est ancré dans les Antilles,  on a pensé que c'était intéressant de la mettre en avant. En plus c'est une très belle photo et les gens la reconnaissent !

La projection est précédée d'une table ronde autour du livre "Noire n'est pas mon métier", et des épines que nos actrices noires ont laissées sur la tapis rouge du palais des festivals à Cannes cette année. Pourquoi ?

J'étais à Cannes et Je connais la plupart de ces actrices. J'ai voulu leur donner une nouvelle tribune.  Je sais qu'elles ont eu beaucoup d'opportunité de parler et de présenter le film mais Je crois que le plus on en parle, mieux c'est parce que c'est un sujet qui est encore très tabou dans la culture française.  Ça va au-delà du communautarisme ça parle du respect dû à l'être humain et à des professionnelles honnêtes dans leur travail. Leur démarche est légitime et si j'ai la possibilité de leur donner  un espace pour continuer à faire passer leur message, je le fais.

Les Antilles ne sont pas que françaises et vous projetez samedi soir le documentaire lui aussi inédit en Europe, "Barrow freedom Fighter" de Marcia Weekes sur l'indépendance de la Barbade, pourquoi ce choix ?

La Barbade a obtenu son indépendance en 1966 ! J'ai fait des recherches et je suis aperçu qu'il y avait 300 000 habitants à la Barbade et il y en a plus de 400 000 en Guadeloupe...  Donc quand la question se pose : est-ce qu'un petit pays des Antilles peut vivre de façon autonome ? Il suffit de regarder l'exemple de la Barbade et on se rend compte que oui. C'est une question de volonté, de savoir-faire, d'organisation et d'envie ! Mais le nombre de personnes n'est pas vraiment déterminant... Voilà pourquoi présenter ce film dans notre contexte français est intéressant pour cela d'autant que personne ne connaît la Barbade. Il n'y a même pas de consulat ou d'ambassade en France,  il faut aller en Belgique ! La Barbade n'existe pas dans l'imaginaire français et nous aurons le producteur et le réalisateur qui seront à la projection du film, donc c'est vraiment exceptionnel !

Propos recueillis par FXG, à Paris

Le programme des projections www.fifda.org

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 05:54
Démission de Laura Flessel

Laura Flessel jette poliment l'éponge

"J'espère que l'outre-mer sera fier de cette insulaire qui ne l’oubliera pas", déclarait à France-Antilles Laura Flessel avant son premier déplacement ministériel en juin 2017.

Comme ministre des Sports, Laura Flessel, un peu à l'écart, dans le 13e arrondissement de Paris, avait bonne presse et était l'une des plus populaires ministres du gouvernement d'Edouard Philippe. Sans compter qu'elle pouvait mettre à son crédit la réussite de la candidature de Paris aux JO 2024 et même la deuxième étoile sur les maillots de l'équipe de France de foot... Et puis, patatra ! La guêpe a surpris tout le monde en annonçant mardi sa démission. Selon les déclarations de son entourage à l'AFP, Laura Flessel assure que ce choix n'a rien à voir avec des questions budgétaires, ajoutant même qu'elle "veut retrouver sa liberté et agir différemment". Pourtant, quoiqu'elle s'en défende, l'ombre de Bercy, le ministère qui faisait face au sien par delà la Seine, pourrait bien avoir tout de même un peu participé à sa décision. Le 22 juin 2017, à la veille de se rendre aux Antilles pour son premier déplacement officiel en tant que ministre, Laura Flessel déclarait encore à France-Antilles : "Je veux être fière des actions que nous allons mener, notamment en Guadeloupe et en Martinique." A ce moment-là, elle saluait l’action de son prédécesseur PS Patrick Kanner qui avait lancé depuis janvier 2017 un plan de 20 millions d'euros pour rénover et construire des équipements sportifs outre-mer. 10 millions devaient provenir du Centre national pour le développement du sport (CNDS), dix autres des Outre-mer. Laura Flessel présente alors sa politique pour le sport de haut niveau et le sport en général en outre-mer ainsi : "Les enjeux sont multiples : il y a de l'infrastructure bien sûr, mais aussi la cohésion, l'encadrement des sportifs, leurs déplacements, leur déracinement... Je sais de quoi je parle : j'ai rencontré ces mêmes problèmes. Il y a eu des améliorations, mais pour innover, il faut se rendre sur le terrain. Si on veut des champions, il faut travailler l'encadrement, stimuler l'environnement, comprendre les dysfonctionnements, l'éloignement, et le coût qu’il représente... de beaux chantiers devant nous !"

Plan Kanner à la trappe

En septembre 2017, à l'occasion de son audition par les députés, Annick Girardin annonce qu'elle n'entend plus verser sa part de 10 millions d'euros. Elle explique aux députés que les Jeux olympiques ne sont pas uniquement ceux de Paris, mais de la France, donc des Outre-mer et indique qu'elle est "ouverte à un débat pour voir comment nos champions peuvent faire participer les outre-mer à la réussite de la France au JO"... Fin octobre, l'examen du budget révèle que le pal Kanner a disparu des lignes budgétaires. Mieux que les crédits du CNDS siont amputés de 130 millions d'euros au bénéfice de JO... Le CNDS ne peut dès lors plus financer le plan d’actions pour le développement des installations sportives qui passe à la trappe...

Au début du mois de novembre 2017, à l'occasion de son déplacement en Guadeloupe et à Saint-Martin, Edouard Philippe, le Premier ministre, annonce une enveloppe de 7 à 12 millions d'euros alimentés à la fois par le budget du ministère des Sports et celui du CNDS.  Ce dernier lance par la suite "un appel à projets relatif aux études d’équipements sportifs démonstrateurs innovants adaptés aux territoires ultramarins"...

Laura Flessel a ainsi éprouvé les difficultés qu'il y a à être ministre à l'ombre de Bercy. et son départ intervient au moment où le mouvement sportif s'inquiète pour ses moyens, un an après l'attribution des JO-2024 à Paris. Son dernier budget avait accusé une baisse de 7%, à 481 millions d'euros, avant une rallonge de 27 millions d'euros votée au Parlement. D'ici 2024, l'Etat doit aussi investir 1 milliard d'euros dans les infrastructures des Jeux olympiques.

Juste avant d'être nommée ministre, Laura Flessel avait avais pris l'engagement de se rendre à une manifestation en Guadeloupe autour des bienfaits du sport pour la santé, pour lutter contre les maladies cardio-vasculaires, les AVC, et autour de l’enjeu de l'accès au sport pour les cérébro-lésés. Aujourd'hui, elle veut "retrouver des engagements passés, justement tournés vers l'humain, la solidarité et la coopération internationale".

FXG, à Paris (avec l'AFP)

Démission fiscale ?

Le Canard enchaîné et Médiapart ont évoqué dès mardi l'hypothèse d'une démission pour raison fiscale. Selon les deux titres, le lièvre aurait été soulevé par la Haute Autorité de la transparence de la vie politique qui aurait alerté l'administration fiscale, particulièrement la Commission des infractions fiscales après avoir découvert des manquements déclaratifs de la ministre concernant la société de droit à l’image, Flessel & Co, détenue à 87,5 % par Mme Flessel et à 12,5 % par son mari, Denis Colovic, qui en est aussi le gérant. Les sommes en cause s’élèveraient à plusieurs dizaines de milliers d’euros d'impôt potentiellement éludés sur les trois derniers exercices de l’entreprise concernée, selon les deux titres. Le cabinet de Mme Flessel n'a pas admis cette version pour expliquer sa démission.

Bareigts salue une "décision courageuse"

L'ancienne ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts a salué la décision de démissionner de Laura Flessel comme une "décision courageuse  qui intervient alors que le gouvernement souhaite continuer les coupes sombres dans le budget en faveur du sport". Ericka Bareigts observe qu'alors que les moyens sont croissants pour les JO 2024 alors que ceux accordés au sport amateur, aux associations de quartier "connaissent une baisse drastique".

"Il y a tout juste un an, explique l'ancienne ministre, j’avais eu l'occasion de partager avec Laura Flessel, les inquiétudes des associations et des familles. Comment envoyer nos jeunes Réunionnais talentueux aux compétitions sportives nationales sans moyens pour la mobilité ? Comment continuer l'investissement que j'avais moi-même engagé sur la rénovation des infrastructures sportives nécessaires à la pratique de proximité ?"

Ericka Bareigts assure encore que cette démission est "un nouveau signal d’alerte pour le gouvernement : le sport, comme l’écologie, ne sont pas des variables d’ajustements budgétaires."

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 04:59
Risques naturels Outre-mer

Risques naturels outre-mer : encore des déficiences

Le rapport que la délégation sénatoriale aux Outre-mer (Guillaume Arnell, Saint-Martin, RDSE, Mathieu Darnaud, Ardèche, LR et Victoire Jasmin, Guadeloupe, PS)  a rendu mardi révèle que malgré une culture bien réelle du risque dans les territoires, les populations sont en droit d'attendre mieux des politiques publiques pour leur protection.

Les Antilles françaises (de Saint-Martin à la Martinique) sont les zones les plus exposées de France au risque sismique et des tsunamis locaux ou lointains peuvent également les atteindre. Le risque cyclonique est une réalité saisonnière... L'arrivée de l'ouragan Irma de classe 5 en septembre dernier sur Saint-Martin et Saint-Barth était une première (Hugo en 1989 et Luis en 1995 étaient de classe 4). 15 % de la population guadeloupéenne est exposée aux inondations et 11 % au risque de submersion marine La Martinique et la Guadeloupe sont en outre exposées au risque des glissements de terrain et au risque volcanique qui toucherait 200 000 personne dans chacune de deux îles. En outre, la Martinique est concernée par le phénomène des lahars, coulées de boue (700 éboulements recensés sur la Pelé au premier trimestre 018 et 200 lahars). Le caractère exigu et insulaire, la forte densité de population et la persistance de l'habitat informel et précaire augmentent l'impact de tous ces facteurs de risques.

Depuis 2011, un nouveau risque, les sargasses, que les rapporteurs voudraient faire reconnaître comme naturel et susceptible d'être reconnu comme catastrophe naturelle, est apparu. Les échouages ont été particulièrement massifs au début de l'année 2018 révélant un risque sanitaire bien réel. Enfin, à ces risques climatiques ou géologiques, s'ajoute un risque sanitaire avec la dengue, le zika et le chik transmis par les moustiques.

Plan de prévention des risques naturels

Les communes des deux départements des Antilles sont couvertes par un plan de prévention des risques naturels (PPRN) depuis 2004, Saint-Martin depuis 2011 et Saint-Barth s'apprête à approuver le sien. Concernant le risque tsunami, le projet EXPLOIT, piloté par l'université de Montpellier 3, prévoit des itinéraires d'évacuation dans 31 communes de Guadeloupe, 27 de Martinique et les deux îles du nord. Sur les 122 territoires français à risque important d'inondation, deux sont en Guadeloupe et un en Martinique.

Concernant le risque de submersion marine, les rapporteurs ont pointé une vraie faiblesse tant au niveau de l'alerte que de la coordination des services. Exception notable avec le Malécon de Fort-de-France qui protège le centre-ville de la houle et des risques de submersion.

La réponse d'urgence de l'Etat en période de crise qui s'exprime par les plans ORSEC et ORSAN (sanitaire) est complétée par les plans communaux de sauvegarde (PCS) quand ils existent... La Martinique est le seul département où chaque commune a rédigé son plan. La commune de Sainte-Anne a même intégré un volet sargasse. En Guadeloupe, 24 communes ont rédigé leur PCS.

Les rapporteurs insistent sur la culture du risque que doivent posséder les populations concernées. Cela passe par la mise à disposition du "document d'information communal sur les risques majeurs". 27 communes en Martinique et 22 en Guadeloupe en sont dotés.

Cette culture du risque s'appuie sur les acteurs que sont les sauveteurs, les gendarmes, les pompiers, mais également les médias locaux et les institutions que sont Météo France et le BRGM. Or, les effectifs de Météo France aux Antilles Guyane ont baissé de 17,4 % entre 2009 et 2016. Météo France ne dispose d'ailleurs que de huit radars pour tous les Outre-mer dont 3 dans le secteur Antilles-Guyane.

Absence de système d'alerte

Le réseau national de surveillance des cours d'eau dispose outre-mer de cellules de veille hydrologique (CVH) depuis 2010. La Réunion est la figure de proue de ce réseau, suivi de la Martinique. La Guyane vient en troisième position, tandis que la CVH de Guadeloupe est en cours de construction...

Les rapporteurs relève une lacune concernant le réseau national d'alerte de l'Etat qui avait omis l'Outre-mer de son plan d'équipement de sirènes. Ainsi, si l'on recense tout de même 25 sirènes en Martinique, il en manque 92. La situation n'est pas meilleure en Guadeloupe où avec 5 sirènes recensées, il en manque 153 !

Au terme de leur rapport, les sénateurs n'ont décliné pas moins de 60 préconisations qui montrent que malgré la culture du risque qui prévaut dans Outre-mer, il reste encore beaucoup à faire... "A commencer par, souligne Guillaume Arnell, le fait de ne pas remplacer en même temps et juste avant la saison cyclonique le préfet, son directeur de cabinet et son secrétaire général !"

FXG, à Paris

Le fonds Barnier

La prévention des risques est plus difficile dans un contexte où l'habitat sans droit ni titre est répandu. A ces fins, depuis 2011 et la loi Létchimy, il est possible d'aider au relogement des gens dont les habitations doivent être détruites en raison de la menace d'un risque naturel prévisible. A ces fins le fonds de prévention des risques naturels majeurs dit fonds Barnier doit permettre de financer de tels programmes. Mais son activation est si compliquée que seules Mayotte et la Guyane ont pu en bénéficier. En Guadeloupe, une démarche est en cours sur la commune de Petit-Bourg qui devrait aboutir en 2019.

Pour l'essentiel, le fonds Barnier a servi à financer le confortement des HLM et les études et travaux consacrés aux SDIS dans le cadre du plan séisme Antilles. Depuis 1995, la Guadeloupe (avec les îles du nord) a bénéficié de 66 millions d'euros et la Martinique, 117. Depuis 2010, 166 millions ont bénéficié aux Antilles. En dehors du fait que ce fonds est très compliqué à mobiliser, il n'a financé aucune campagne d'information outre-mer. Les sénateurs plaident pour l'intervention de l'AFD pour rendre ce fonds plus accessible.

Le plan séisme Antilles

Créé en 2007, c'est le seul plan national dédié à la prévention d'un risque. La première phase du plan a permis la reconstruction de deux états-majors et 7 centre du SDIS, 21 sites de l'Etat, des interventions sur 9 centres hospitaliers, 51 écoles, 6 collèges, 3 lycées et 3511 logements sociaux, soit 860 millions dont 397 apportés par l'Etat.

La deuxième phase du plan (2016-2020) doit permettre le confortement parasismique de 120 établissements scolaires et 3000 logements sociaux, la reconstruction d'une quinzaine de casernes de pompiers, des travaux sur les établissements hospitaliers et bâtiments de l'Etat. L'enveloppe est de 450 millions. Les sénateurs regrettent la lente progression du plan séisme malgré le concours supplémentaires en Guadeloupe et Martinique du fonds exceptionnel d'investissement et en appellent à une plus forte mobilisation du fonds Barnier.

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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 02:39
Légine australe

La nécessaire éco-labélisation des pêcheries de légine

Le syndicat des armements réunionnais des palangriers congélateurs (SARPC) est le premier et le seul groupement labélisé MSC (Marine Stewardship Council) à la Réunion.

Deux pêcheries de légine australe ont été certifiées en 2013 (Kerguelen) et 2016 (Crozet). Pour cela, le SARPC a d'abord organisé des campagnes d’évaluation du stock afin de mieux comprendre la biologie de cette espèce à croissance lente et grande longévité. "Il y a, sur tous ses bateaux, explique Margaux Favret, responsable pêcheries pour le MSC France, des observateurs embarqués qui récoltent des données sur le poids, la taille et l’âge des captures afin d’alimenter un modèle d’évaluation. Ces informations ont permis d’adapter les pratiques de pêche et d’imposer une taille minimale de capture de 63 cm, pour laisser les individus non matures se reproduire." Les quotas ont également été fixés de façon à laisser un stock important de géniteurs et assurer le renouvellement de l’espèce. La légine étant un poisson très convoité, la pêche illicite a pu être éradiquée grâce aux importantes mesures de la commission pour la conservation de la vie marine en Antarctique (CCAMLR) et des armateurs : en plus d’une surveillance satellitaire, un navire de la marine nationale œuvre 250 jours par an et un bateau de surveillance, financé en partie par les armateurs, tourne 150 jours par an.

Un marché concurrentiel

"Les sept armements qui composent le SARPC sont concurrents, explique Delphine Ciolek, secrétaire générale du SARPC, mais nous avons souhaité faire une demande d'éco-labélisation dans une démarche commune. Nous avons regardé ce qu'il y avait à bord des sept navires, comparé les pratiques, ce qui n'avait jamais été fait avant. Et tout ça a été positif pour faire évoluer les pratiques des pêcheurs dans un sens plus durable."

Le SARPC exporte la légine aux États-Unis  et vers les pays d'Asie. "Certains clients, poursuit Delphine Ciolek, ne veulent acheter que du produit labellisé MSC. Si on veut continuer à vendre il faut avoir le label !"

La demande est telle pour les produits de la mer durable que sans ce label, il leur serait difficile de maintenir les marchés existants et d'en ouvrir de nouveaux. "En Allemagne et en Scandinavie, confirme Margaux Favret, il y a une très grosse demande pour les produits éco-labélisés et le label MSC est aujourd'hui une clé d'entrée chez de nombreux distributeurs. En Europe du Sud comme en France par exemple, la demande est extrêmement croissante depuis quatre ans et on observe la même tendance en Amérique du Nord..."

Le renfort des scientifiques

Les scientifiques du muséum évaluent la ressource. "C'est le coeur de la certification pour avoir une pêcherie durable, explique Christophe Guinet, directeur du centre d’études biologiques de Chizé à l'université de la Rochelle-CNRS qui, de son côté, a aidé les pêcheurs réunionnais à lutter contre la déprédation. "Les orques sont attirés par le bateau de pêche qui a des légines au bout de ses lignes ; ils viennent manger directement sur les hameçons et cela peut avoir un impact sur la gestion de la ressource." Ils ont quantifié la part de surconsommation par les cétacés et, surtout, ils ont mis en place des solutions avec les armements pour limiter ces déprédations. Pour réduire la mortalité des pétrels, ils ont recours à des lignes lestées et blanches...

Aujourd'hui 100 % des pêcheries françaises certifiées ont choisi, à l'instar du SARPC, de rentrer en réévaluation au bout de cinq ans. "Ça veut dire qu'ils y trouvent tous un bénéfice, souligne Margaux Favret. Ça peut être directement monétaire, mais aussi en termes d'image et d'amélioration environnementale. Et sur le long terme, ça assure la pérennité de leur activité."

Le SARPC devrait voir son éco-labélisation renouvelée pour les deux zones au premier trimestre 2019.

FXG, à Paris

Investissements

Depuis la création de la filière dans les années 2000, 75 M€ ont été investis notamment pour disposer de navires adaptés aux conditions de mer extrêmes pour l’activité, la sécurité et le confort des équipages.

150 M€ d'investissements futurs sont programmés sur l’activité légine (auxquels il faut ajouter les investissements sur les autres activités de pêche développées de manière connexe par les armements - tant dans l’océan Indien, qu’en France métropolitaine et à Saint Pierre et Miquelon), en terme de : remplacement de navires, réparation navale, développement du marché local.

Emplois (source Rinzen, méthode INSEE)

En 2017, la pêche à la légine a permis d’assurer l’existence de 2 144 emplois français, dont 785 emplois directs. En 10 ans, les emplois consacrés à la pêche de légine ont progressé de 70% (soit une croissance annuelle de 5% - contre 1,1% pour l’économie réunionnaise) ;

Au vu du contexte international, si les armements disposent pour la campagne à venir (2018-2019) de quotas équivalents à cette saison, les activités permettront de maintenir 2 144 emplois français (2 783 emplois au total). Soit pour l’Ile de la Réunion, 720 emplois directs, indirects et induits français.

Sur le long terme, la stratégie de développement des armements permettra de créer près de 1 000 emplois à l’horizon 2025 sur le territoire local et national.

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 04:46
Polar en Gwada

"Soleil de fiel", un polar à la sauce Gwadloup

Jean Favreau, chef d’entreprise en vue, est retrouvé égorgé dans la marina de Pointe-à-Pitre. Entre Pascaline, sa femme handicapée, Carmen, son énigmatique secrétaire, ses maîtresses vénales et ses copains de bordée, envieux de sa réussite, toutes les pistes sont soigneusement explorées dans l’espoir de démasquer le coupable. Mais, quand les témoins disparaissent un à un, la tâche s’avère plus compliquée que prévu pour les deux enquêteurs du Morne Vergain.

Après "Soleil coquin", son premier polar publié par Jets d'encre, Manu Queffelec, entrepreneur en retraite, réédite ses exploits de romancier policier avec "Soleil de fiel" chez le même éditeur. Si son premier livre mettait en scène la mort de trois notables, l'un à Petit-Bourg, le deuxième au Gosier et le troisième à Sainte-Anne, et un club de rencontres, Soleil coquin, cette fois, Manu Queffelec a voulu revenir sur des platebandes qui lui sont plus familières, en mettant en scène l'assassinat de Jean Favreau, directeur de l'entreprise Agrochim, spécialisée dans les produits phytosanitaires et le désormais honni round up. De 1986 à 2000, Manu Queffelec a dirigé une entreprise de jardinerie, Jardi Jarry, et, depuis qu'il a regagné Carquefou en Loire-Atlantique pour y vivre sa retraite, il soigne sa nostalgie guadeloupéenne en écrivant des polars. "Je me téléporte en Guadeloupe en écrivant !" L'auteur connaît bien le milieu qu'il décrit, celui de la bourgeoisie tant locale que métro, qui partage son temps entre la Riviera, de Saint-François au Gosier, ou des hauteurs d'Arnouville à Vernou, et la zone industrielle de Jarry. A cela, il ajoute les deux piments essentiels que sont le fric et le cul pour, au final, offrir à ses deux héros du SRPJ, le Breton Le Guenec et le Martiniquais Linon, dits les Siamois, une enquête à leur mesure. "Soleil de fiel" a été sélectionné parmi les six ouvrages finalistes du prix du Quai des orfèvres 2017. "Je ne sais pas où je vais quand j'écris, raconte l'auteur, je remplis des pages, trente ou quarante, pendant trois ou quatre mois et ça me donne le squelette. Après je mets des ramifications... Je passe bien plus de temps à peaufiner l'histoire qu'à l'écrire." A la lecture de son polar, on reconnaît des lieux, des bars, des restaurants, on reconnaît certains faits divers et on reconnaît même des gens. Mais même sous la torture, Manu Queffelec ne balancera aucun nom, sauf peut-être celui de Théo Timon, son copain qui était commandant à la brigade financière de la PJ et qui a inspiré l'un de ses héros, Linon.

A peine cet ouvrage publié, Manu Queffelec est déjà sur un troisième roman dont le décor sera celui de l'arrivée de la Route du Rhum. Sortie prévue au premier semestre 2019. Adan dot Soley !

FXG, à Paris

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 04:16
Un livre sur les yoles

Edouard Tinaugus signe un livre sur les secrets des yoles

"Le terme yole, issu du norvégien jol (« canot ») désigne une embarcation étroite, effilée, légère et très rapide, de faible tirant d’eau et généralement mue par des rameurs. Aux Antilles, la yole dotée de voiles a d'abord été utilisée  sur la côte est de la Martinique par les pêcheurs en remplacement du gommier (...) La yole a l’avantage d’être plus maniable et plus rapide." Avec "La Yole de Martinique", Edouard Tinaugus, auteur prolixe qui avait déjà commis un album de photos consacrées à la yole ronde (La sagesse du yoleur, 2014, édilivre), offre cette fois un ouvrage plus érudit, plus scientifique pour raconter l'histoire de cette embarcation dont le nom reste attaché à l'identité martiniquaise. Il la fait remonter aux débuts de la colonisation, au XVIIe siècle quand elle n'était qu'un "instruments de bordage au service des navires du roi, des bateaux négriers et de ceux du commerce qui mouillaient dans les rades et anses de la Martinique". Peu à peu, Les charpentiers navals profilent la structure des yoles. Etambot à engrenage à l'arrière, étrave à tête de chien à l'avant... Puis les bois dressés pour stabiliser la yole, la pagaie à tête pour la diriger, le faux mât, etc. Pour révéler les secrets de la yole ronde, Edouard Tinaugus est allé chercher les savoirs de spécialistes tels Fernand Bellemare, du Robert, Alain Rezars de Wouves et Joseph (Athon) Mas, du François. On y apprend encore que les courses de yole ont commencé dans les années 1930 et que le premier tour des yoles rondes de Martinique est parti en 1985.

Ce livre s'adresse à tous les amateurs de yoles, mais également aux curieux qui veulent en savoir plus sur ce bateau que nombre de Martiniquais verraient avec joie intégrer le patrimoine mondial de l'UNESCO. Le livre est distribué par l'éditeur SCITEP et sa librairie en ligne.

FXG, à Paris

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27 juillet 2018 5 27 /07 /juillet /2018 06:38
Retour au pays des fonctionnaires originares d'Outre-mer

Olivier Serva a bouclé sa mission sur l'emploi local des fonctionnaires

Le député LREM de Guadeloupe, Olivier Serva, sera reçu ce vendredi après-midi par le Premier ministre en présence d'Annick Girardin, ministre des Outre-mer. Au menu de cette "réunion de travail" à Matignon, le rapport de mission pour « la valorisation et l’attractivité de la fonction publique ultramarine » dont Olivier Serva a été chargé par Edouard Philippe. D'après ce qu'a confié Olivier Serva à nos confrères de Radio 1 en Polynésie française, où il s'est rendu la semaine dernière, il s'agirait d'instaurer un système à points pour « objectiver » les centres d'intérêt matériels et moraux (CIMM), de supprimer l’indemnité d’éloignement versée aux fonctionnaires métropolitains et de créer une « bourse de l’emploi public local ».

Alors que ce sujet mobilise depuis de nombreuses années les fonctionnaires de police regroupés au sein du collectif GPX Ultramarin, que l'ancien député PS de la Réunion, Patrick Lebreton avait déjà pondu un rapport sur la question, que la priorité du retour dans leurs territoires des fonctionnaires ultramarins était affichée dans la loi "Egalité réelle Outre-mer", cette problématique demeure encore sans solution réelle pour les intéressés.

Olivier Serva, qui préside la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale, propose donc d’ « objectiver la mesure de l’intensité du CIMM » par un système à points. Ainsi les fonctionnaires originaires des territoires ultramarins pourraient engranger des points à chaque année passée en métropole et ainsi devenir prioritaires pour une mutation dans leur territoire d’origine.

Pour faciliter le retour des agents de la fonction publique chez eux, il faut aussi que les postes en outre-mer soient moins attractifs. C'est pourquoi M. Serva propose purement et simplement de supprimer l’indemnité d’éloignement.

Cette indemnité est attribuée aux fonctionnaires métropolitains mutés dans les territoires des Outre-mer, mais pas aux Ultramarins en service en métropole. « Cela avait un sens, a expliqué le député à nos confrères polynésiens, quand il y avait 30 ou 45 jours de bateau... » A l'inverse, Olivier Serva veut instaurer une bonification pour les ultramarins qui doivent partir en formation en métropole.

Enfin, pour permettre plus de mobilité entre les différentes fonctions publiques (Etat, Hôpital, territoires), Olivier Serva propose qu’une « bourse de l’emploi public local » ouverte à tous les fonctionnaires leur permette de postuler à des offres d’emploi dans les trois fonctions publiques sur un même territoire.

A l'issue de ce rendez-vous, Edouard Phillipe devrait rester seul avec sa ministre des Outre-mer pour un entretien dont le sujet n'a pas été rendu public.

FXG, à Paris

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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 07:35
Mormeck et les étudiants

Mormeck cherche 3000 billets d'avion

Jean-Marc Mormeck, délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, réfléchit à un dispositif au mérite pour aider les étudiants  originaires des territoires d'Outre-mer en formation dans l'Hexagone à rentrer plus souvent chez eux. Des négociations seraient en cours auprès d'une compagnie aérienne, mais également des collectivités territoriales et des entreprises pour financer 3000 billets d'avion par an. Jean-Marc Mormeck devrait en dire un peu plus long sur ce projet le 22 septembre prochain à l'occasion du forum étudiant organisé par sa délégation au ministère des Outre-mer.

FXG, à Paris

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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 07:32
Mouvement en perspective à France Ô

Jean-Philippe Pascal pressenti pour succéder à Wallès Kotra à France Ô

Après l'annonce par le Premier ministre de la fin de France Ô sur le canal hertzien et la TNT, le directeur exécutif du pôle Outre-mer, Wallès Kotra, devrait retourner en Nouvelle-Calédonie. Ce départ devrait intervenir début 2019, après le référendum calédonien du 4 novembre. Wallès Kotra retrouverait la direction régionale de Nouvelle-Calédonie La 1ère, poste qu'il avait laissé pour rejoindre l'équipe de Delphine Ernotte-Cunci en 2016. Visiblement, il préfère diriger une petite antenne locale de France télévisions dans le Pacifique (chez lui !) plutôt qu'un des futurs sites internet pilote de l'audiovisuel public. Pour le remplacer à Paris, le nom du Guadeloupéen Jean-Philippe Pascal, actuellement directeur régional de Nouvelle-Calédonie La 1ère, est évoqué.

FXG, à Paris

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