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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 01:28
Les états généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone
Les Ultramarins de l’Hexagone auront eux aussi leurs états généraux. Patrick Karam a été chargé de coordonner la réunion des contributions.

Le 22 avril prochain, le délégué Patrick Karam réunira des états généraux des ultramarins de métropole au siège du secrétariat d’Etat à l’Outre-mer. De mêmeque des ateliers doivent avoir lieu dans les territoires sous l’égide de Richard Samuel, il en sera de même dans le 5e DOM avec M. Karam. Quatorze ateliers ont été formés pour traiter des grands dossiers retenus. Les huit proposés par l’Etat, les Collectivités ou les élus, et ceux spécifiques à la consultation en métropole : culture et visibilité dont les rapporteurs sont Greg Germain et Claudy Siar ; mémoire et identité avec François Durpaire, Jean-claude Judith de Salins et Pierre Pastel ; l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations avec David Auerbach-Chiffrin ; la citoyenneté, avec Gérard Ginac et Freddy Loyson ; le sport avec René Silo et Bernard Solitude ; et les problématiques de l’émoignement avec Lydie Comdapanaiken-Duriez zt Patrick Théophine. Pour les ateliers commun à  l’outre-mer on retrouve la magistrate Marie-Lucie Divialle, de la Cour de cassation (elle a décliné), l’ancien administrateur civil porté sur la plume, Henri Hazaël-Massieux, Jean-Jacques Seymour le journaliste (insertion des DOM dans leur environnement régional, José Pentoscrope (production locale et développement endogèhe), Yann  Géniès, Patrick Arnolin, Pierre Pluton ou encore Guy Numa. Manquent plus que José Vatin et Claude Ribbe pour que tout le monde soit là ! Même Claudy Siar a répondu favorablement à Patrick Karam. Ne cherchons pas à y voir de nouvelles allégeances, non ! Les ultramarins de Paris semblent très intéressés par ces états généraux et en attendent beaucoup aussi. Après le 22 avril, la restitution finale des travaux est programmée pour le 9 juin.

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 01:10
Les députés ont voté la LODEOM
Victorin Lurel, député de Guadeloupe, chef de file de l'opposition socialiste pour l'outre-mer au Parlement, s’est abstenu sur la Loi pour le développement économique des outremers (LODEOM) qui était adoptée la nuit dernière à l’Assemblée nationale, mais il a tenu à « saluer les avancées historiques du texte, fruit du travail conjoint des parlementaires et du gouvernement ». Ainsi, la loi adoptée par les députés valide la demande d’habilitation de la Région Guadeloupe à légiférer, dans le cadre de l’article 73 de la Constitution, dans les domaines de la formation professionnelle et dans les énergies renouvelables. « Cette décision historique, saluée comme telle par le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer et d’autres parlementaires, constitue une innovation institutionnelle majeure qui permettra au Conseil régional de la Guadeloupe de fixer ses propres règles dans ces deux domaines en agissant au plus près des réalités locales. »Voilà ce que Victorin Lurel attendait comme « petite enveloppe » du gouvernement ! Content encore, M. Lurel, de la création d’un véritable « bouclier insulaire » pour les Iles du sud, dont les entreprises bénéficieront d’un « troisième étage » de zone franche, pareil pour les communes de la Côte sous le vent et du sud Basse-Terre, désormais éligibles à un dispositif de zones franches rurales très favorable, mis au point par la Commission des finances de l’Assemblée nationale. La pharmacopée guadeloupéenne est intégrée dans la pharmacopée française des plantes médicinales et un amendement cosigné avec son collègue réunionnais Jean-Claude Fruteau ouvre la voie à une meilleure valorisation de l’électricité produite à partir de la bagasse. Ultime concession obtenue du gouvernement par les députés de l’opposition : le vote d’un amendement qui indique que le créole fait partie du patrimoine national, « offrant ainsi au créole une nouvelle reconnaissance législative, après sa reconnaissance constitutionnelle ». Finalement, il est content de la LODEOM Lurel, quand est-ce qu'il rentre au gouvernement ?

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 00:14
Kreyol factory
Critique et reportage Régis Durand de Girard (avec FXG)

L’événement parisien du moment est l’ouverture de la saison kréyol de Jacques Martial à la Villette.

« Le nègre n’est pas, le blanc non plus », Rama Yade a compris, au fur et à mesure de l’exposition que Frantz Fanon avait tout dit… Des vagues labyrinthiques en carton et tôles ondulées, les matériaux de la construction non durable, pour définir tous les espaces de réflexion que propose la Saison kréyol de Jacques Martial à La Villette, à Paris : Traversées, trouble des genres, l’Afrique communauté imaginée, Noir comment ? des îles sous influences, les nouveaux mondes, chez soi de loin…  Le sol est un miroir qui réfléchit les surfaces murales d’exposition, les démultiplie. On se déplace en s’accrochant aux œuvres. Ça force le regard ! Les pièces se confrontent, les espaces et les visiteurs aussi qui ne restent pas inactifs. Il y a des vis-à-vis ; des mondes artistiques se rencontrent… Les œuvres interrogent sur la diversité, celle aussi des regards portés. L’autre nous regarde et nous invite. Les concepts proposés sont attirants. Edouard Glissant aimerait sans doute. Les lumières, très pointues, de Christian Dubet finissent de donner à l’ensemble une atmosphère confortable, intime. La pénombre amène à s’oublier au profit des œuvres… « Il s’agit tout simplement de parler de la diversité du monde, explique Jacques Martial, La créolisation du monde est une contre-proposition à la mondialisation qui tend à éliminer les différences, à formater les esprits, » Polibio Diaz, un Dominicains présente une œuvre, Despues de la siesta, assemblage de grandes photos qui forment un storyboard géant. La sieste, nous dit-il, est la même à Saint-Domingue et à Port-au-Prince. Dans son prolongement, lui répondent les photos d’Haïti de Jane Evelyn Atwood.
Noir comment ?
The big one world, l’œuvre de Bruno Peinado, un Martiniquais exilé en Bretagne, interroge sur l’absurdité de la représentation. En plagiant le bibendum blanc de Michelin, il nous rappelle insidieusement que le caoutchouc des pneus est noir… C’est aussi le monde à l’envers, Le titre de l’œuvre est imprimé en miroir. En arrière-plan du bibendum noir, douze boîtes lumineuses pour une photo rétroéclairée de Jean-Ulrik Desert qui se met en scène en costume folklorique bavarois. Exorcisme des fausses représentations.
Jean-Luc de Lagarigue expose Martinique LTD, une quête des vestiges de la tradition créole comme s’il voulait retenir, stopper la déperdition de la mémoire. Plus loin, Limber Vilorio expose une carcasse de voiture qu’il a tapissée de 210 000 douilles. Une armure faite avec des objets d’attaque. Chez soi de loin s’ouvre aux diasporas caribéennes et océaniennes à Paris, New York, Miami ou Londres. David Damoison est présent avec sa série La rose est sans pourquoi dans les cités françaises, Alex Majoli avec les Jamaïcains de Brixton ou Susan Meiselas à Harlem… Il y a bien une fin à l’exposition, mais le questionnement soulevé est sans fin, ce parcours ouvre une multitude de passerelles. Jacques Martial, Yolande Bacot et les équipes de la Villette ont réalisé une grande exposition qui rendra le travail plus dur aux trois musées new yorkais qui annoncent pour 2011 un concept similaire.
Photos Régis Durand de Girard

Christine Albanel, ministre de la Culture
« Il y a eu la parole de protestation et là, il y a une parole qui n’est pas moins forte, mais qui est une parole artistique. Cette saison sur le thème de toutes les créolités ça met bas toute forme d’exotisme facile et beaucoup d’idées reçues. Nous sommes en face d’un projet total, esthétique bien sûr, mais culturel, philosophique, un projet d’affirmation identitaire très forte. Il y a un dialogue entre ces formes de créolités extrêmement intéressant. Ca donne des clés et je crois que tous les visiteurs vont s’émerveiller mais comprendre surtout, respecter, entrer… On peut en sortir différent. »

Miguel Luciano, de Porto-Rico, vivant à Brooklyn, NYC
"J’ai appelé les pièces que j’expose Pure plantainum et Plantain pride, c’est un mélange entre plantain et platinium. C’est une commémoration de la banane plantain qui est un symbole culturel. J’en ai fait un symbole exagéré, très gros à porter et qu’on exhibe avec fierté comme un symbole, une caricature et une fierté ( ?) de ce que nous sommes."

Triptyka, de Guadeloupe
Jean-Yves Adelo, artiste vidéaste guadeloupéen (des Abymes) présente Triptyka, œuvre créée en 2002 et basée sur les soirées traditionnelles gwoka.
"Triptyka, le nom est un clin d’œil aux retables qui étaient présentés dans les églises à la Renaissance, des triptyques qui permettaient d’éduquer le peuple à travers des images, c’étaient les premières bandes dessinées éducatives. Tous les illétrés pouvaient comprendre. Maintenant je me le réapproprie avec le medium audiovisuel et j’en fais de la peinture en mouvement. C’est là mon cheval de bataille. Je m’appuie sur une tradition orale, mais aussi la danse traditionnelle et j’essaie de tirer des mouvements des danseurs et des textes des chansons, des symboles, des signes qui viennent nourrir la vidéo pour faire une peinture. J’ai besoin d’obtenir du pixel et de la matière. Quand on connaît l’histoire de la Guadeloupe, on va voir des clins d’œil, on va entendre certains hommes politiques comme Michaux-Chevry, Ibo Simon mais ma grand-mère aussi ! Car tous sont des personnages qui m’ont nourri de leurs commentaires, leur pensée sur ce qu’est être Guadeloupéen. Aujourd’hui, je les rassemble dans ce monde qu’est Triptyka pour en faire une genèse personnelle."


Le bateau poubelle de Jean-François Boclé (Saint-Esprit, Paris)
« Je récupère des cartons au sol dans des villes du monde. Et puis, il y a un moment où affleure un langage globalisé, du chinois, de l’allemand, du français… Il n’y a pas de créole même s’il y a beaucoup de cartons de banane de Guadeloupe et de Martinique. Il y a des phrases étranges comme « Rien ne peut l’abattre » que je n’ai toujours pas compris mais c’est un slogan qui m’impressionne beaucoup car c’est comme une pensée magique là où on ne l’attend pas car que peut-on trouver de plus fragile et de plus aberrent que cette monoculture de la banane qui nous a amené une économie coloniale et le chlordécone, faisant de nous une poubelle. A la fin des marchés à Paris, on trouve les cartons des bananes de Guadeloupe et de Martinique et… Rien ne peut l’abattre ! J’utilise ce slogan, mais pas en entier et là, on peut lire « peut l’abattre ».




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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 23:33
Tanya Saint-Val fait son 2e Olympia le 11 avril
Tanya pendue au téléphone, de l'effervescence dans le studio de la Main d'oeuvre à Saint-Ouen, le batteur Grégory Louis, le directeur musical, est en pleine concentration, le nez sur son ordinateur, les deux choristes Claudine Pennont et K-Rolyn' Loïal checkent leurs partitions, assises sur une banquette. Ca se lève, s'assoit, vient boire, retourne à son instrument. En place, en position de jeu : Yann Négrit, Mike Clinton, Audrey Claudion et le deuxième clavier Didier Davidas avec Wilfrid, sa mascotte, une peluche,... Ils mettent en place la musique en s'amusant, plaquent un accord, lancent du Chick Choréa pour se détendre, du Weather report... Ils se lancent des mots en créole dans tous le sens, ça fuse, ça bosse. Samedi, c'est l'Olympia de Tanya.
Tanya Saint-Val et l'ensemble de son staff au studio de la main d'oeuvre, 4 jours avant l'Olympia.A la basse Mike Clinton...Aux percussions Olivier Just...Synthé blouson noir  Audrey ClodionSynthé locks Didier DavidasBatteur et directeur Musical  Gregory Louis

La choriste en bleu, Claudine Pennont, l'autre choriste K-Rolyn Loial (la cousine de la danseuse Chantal !) et, au milieu, la reine Tanya et son chien fou à vous emporter la tête ! Demandezà un journaliste radio de Guadeloupe que l'on ne nommera pas, par discrétion !

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 17:53
PIPOL
Saison kréyol
Lundi 7 avril, Catherine Albanel, ministre de la Culture, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Jacques Gillot, sénateur de Guadeloupe et Victorin Lurel, député de Guadeloupe, sont venus assister à l'inauguration de la saison kréyol de Jacques Martial. Reportage en images à la Grande Halle de la Villette by RDG
Le transgenre était un des sujets de l'expo, une créature mystérieuse est venue illustrer le sujet...Firmine Richard et Joby Valente, vedettes de La première étoile, avec Keyza Nubret de KS Communication.Andrée Simonnot, collaboratrice de la député Jeanny Marc, Georges Brédent, conseiller général de Guadeloupe, Juliette Jean-Baptiste, collaboratrice de l'intergroupe parlementaire de l'outre-mer et Emile Romney, architecte.Jean-Michel, Jacques et Josette Martial (manque Maya et une autre soeur pour avoir tous les Martial !) et un proche.Maryse Condé et Jean-Yves Adelo, vidéaste des Abymes exposé à La Grande Halle.Elles sont toutes deux guyanaises, Stéphanie Danbury, professeur de sport de haut niveau, et Murielle Auguste, maquilleuse de mode, habillée d'une robe du créateur sino-antillais, Alex Rotin.Christine Albanel, entourée de Jacques Martial et de la commissaire de l'exposition, Yolande Bacot, directrice des expositions de la Grande Halle.Mick Jaegger et Firmine RichardL'écrivain Claude Ribbe, Jean-Claude Cadenet (mairie de Paris), et le comédien Stany Coppet.Olivier Laouchez de Trace TV qui fait la bise à Keyza Nubret, et le producteur de spectacles vivants, Joseph Dunoyer dit Djoe (un pote d'Harry Roselmack !)L'artiste plasticienne Tamara Botkine, arrière petite-fille du médecin du Tsar Nicolas II, s'entretient avec le scénographe de l'exposition La Saison Kréyol. Au milieu Hervé Guichet, prétendument balayeur économe.Rama Yade, en vedette américaine pour le vernissage de l'expo parisienne de l'année, avec Jacques Martial et Yolande Bacot.Le sénateur et président du conseil général de Guadeloupe, Jacques Gillot et le député et président du conseil régional de Guadeloupe autour du blogger et correspondant de France-Antilles, France-Guyane et du JIR à Paris. Connivence...Lilian Thuram et Karine Lemarchand avec Françoise Vergès.Yolande Bacot, Claudy Siar de Tropiques FM et Chantal Loïal, resplendissante  qui
aprés avoir dansé la diversité dans Paradis de Montalvo - Hervieu l'an dernier officie actuellement chez le chorégraphe flamand Kuhn Agustineen.Jacques Martial, Jacques Gillot et Yves Jégo. Culture et politique...Xavier Dolin, Murielle Thierrin, productrice chez Aldabra films, et le réalisateur Fabrice Pierre.Jean-Claude Barny, le cinéaste de Tropiques Amères et de Neg'mawon, l'incontournable Keyza, et le directeur artistique, Kris Cheung, proche collaborateur du premier.

José Pentoscrope et Lionnel Marcin, du CIFORDOMProchains rendez-vous avec Mizik Factory. link






















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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 23:06
4X4 et téléphone en débat dans la LODEOM
Au troisième jour de l’examen de la LODEOM, les députés débattent des amendements à apporter au texte de loi. Le nouveau fonctionnement de l’Assemblée nationale, depuis la réforme constitutionnelle de juillet 2008, donne aux commissions du Parlement le pouvoir de remodeler le texte qu’on lui présente. Les amendements acceptés le sont, en général, en commissions. En séance publique, ceux qui n’ont pas eu l’avis favorable de la commission des finances ont guère de chance d’être adoptés, même s’il en passe deux ou trois, c’est ce que Lurel a appelé « le petite enveloppe du gouvernement ». Mercredi, deux amendements intéressants, refusé pour l’un, adopté pour le second :
- Télécommunications et désenclavement
Gaël Yanno (Rapporteur UMP, Nouvelle-Calédonie) avait demandé que les opérateurs métropolitains appliquent des tarifs identiques entre les appels métropolitains et les appels émis de métropole vers l’outre-mer. En revanche l’amendement ne visait pas les appels de l’outre-mer vers la métropole afin de ne pas mettre les opérateurs locaux en difficulté. Le député Jean-Claude Fruteau (PS La Réunion) s’y est opposé en indiquant que cela créerait une inégalité entre les résidents en outre-mer et en métropole. La proposition du député calédonien a été rejetée. Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo a néanmoins demandé au régulateur des télécommunications (l’ARCEP) de réaliser, avant la fin de septembre 2009, un rapport qui étudie les différentes voies pour faire baisser les tarifs.
Dans le cadre de la politique de désenclavement numérique de l’outre-mer les câbles sous-marins pourront être défiscalisés.
- La défisc’ des 4x4 mieux encadrée
Un amendement Migaud (PS)-Carrez (UMP) a été adopté afin que les SUV ne soient plus défiscalisés quand ils n’ont pas un objectif professionnel. Un gérant d’entreprise ne pourra donc plus se faire défiscaliser son 4x4 s’il n’y a pas un lien direct avec l’exploitation de l’entreprise.
La séance devait finir tôt, jeudi matin, pour reprendre à 16 heures l’après-midi.
D.M. pour les Nouvelles Calédoniennes et les Nouvelles de Tahiti




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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 20:24
Harry Durimel lance la campagne des européennes à ParisTête de liste des Verts aux européennes pour la deuxième fois, Harry Durimel est venu présenter sa candidature dans les locaux d’Europe écologie, à Paris, entouré de Cécile Duflot et Catherine Grèze. Avec 47,5 % voix en Guadeloupe et 32,5 en Guyane en 2004, il ne manquait que 2000 suffrages à l’avocat et militant guadeloupéen, engagé dans une bataille juridique autour du chlordécone, pour siéger à Bruxelles et Strasbourg à la place du Réunionnais Jean-Claude Fruteau, démissionnaire depuis. Cette fois, son sparring-partner est Marie-Luce Penchard, tête de liste UMP, Guadeloupéenne elle aussi. « C’est la fille de Lucette Michaux-Chevry qui vit à Paris et qu’on veut récompenser en lui donnant une légitimité électorale… » Harry Durimel est une des huit têtes de liste régionales des Verts aux côtés de Daniel Cohn-Bendit et Eva Loly (Ile de France) ou José Bové (Sud-Ouest). Sa position sur les états généraux est désabusée : « Il ne nous reste qu’Internet… C’est ça la démocratie participative à la Sarko ? ». Il s’échauffait déjà pour le grand meeting national Europe écologie auquel il a participé mercredi à Toulouse. Harry Durimel est favorable à une fédération de régions autonomes avec un statut dérogatoire pour un autre modèle de développement, basé sur l’article 74 de la Constitution. Passer du LKP à l’Europe, ça ne le dérange pas : « Le souci est d’intégrer nos régions périphériques dans notre environnement, c’est l’Europe qui a le plus prôné cela. » Il évoque encore les accords de partenariat économiques, conclus « par devers nous » et les « negative listes » dans la Caraïbe qui empêchent l’exportation régionale de certains de nos produits locaux. Sur la liste outre-mer d’Europe écologie composée de neuf membres, Marie-Odile Walter, conseillère municipale de Sainte-Anne en Martinique, est n°2, puis c’est le Guyanais Michel Dubouille. Raliba Dubois mène la section océan Indien avec Ahamada Salime de Mayotte et Mireille Jolet de la Réunion, et Veeta Jacques Bryant celle du Pacifique. Les élections auront lieu le 7 juin. L’ordre de la liste pourrait être modifié, le ministère de l’Intérieur devant encore donner des précisions pour savoir si la parité se fera sur chaque section ou sur la globalité de la liste.

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 20:12
La contribution de l’UMP aux états généraux« Notre rôle, c’est d’être devant ! » Le député UMP Marc-Philippe Daubresse a réuni, mercredi matin, dans un bureau de l’Assemblée nationale, la mission UMP pour les outre-mers. Une mise au point sur la méthode de travail et le calendrier pour élaborer la contribution de l’UMP aux états généraux de l’outre-mer. Selon M. Daubresse, cette contribution est « hors cadre institutionnel, la contribution d’un parti ». Après deux audioconférences avec les fédérations UMP d’outre-mer, la mission a choisi d’attendre que les militants et les élus élaborent leurs propositions avant de venir en débattre avec eux. Un déplacement était prévu du 14 au 17 avril. Pour ces raisons, mais aussi compte tenu de l’état de santé d’Alfred Almont (qui va mieux et n’est plus hospitalisé), la mission a préféré reporter ce voyage à la fin mai. En métropole, l’UMP réunira des assises des ultramarins de l’Hexagone et amis de l’Outre-mer le 17 avril à la maison de la Mutualité à Paris. Elles seront pilotées par Marie-Dominique Aeschlimann avec la participation de Patrick Karam. Quatre thèmes ont été choisis : l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations, a place des ultramarins dans la sphère politique, la santé publique (drépanocytose…), et les pistes pour recréer du lien entre les outre-mers et la métropole et entre les ultramarins de métropole.
Enfin, le 5 mai, les députés présenteront la contribution de leur parti. Quatre thèmes ont été adoptés. Michel Diefenbacher (Lot) est en charge du développement économique, Jérôme Bignon (Somme), de la biodiversité et l’environnement, Didier Quentin, la gouvernance, et Eric Raoult (Région parisienne), la culture, l’identité et l’école (un ajout fait à la demande du Réunionnais Didier Robert). « On sent une vraie volonté des militants des outre-mers de prendre part à ce débat », souligne Marie-Luce Penchard, conseillère politique chargée de l’outre-mer et tête de la liste l’UMP aux européennes de juin prochain. Elle insiste pour dire que « le parti est là non pour décider, mais pour accompagner et soutenir pour une meilleure prise en compte des projets des territoires ».

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 19:50
Interview d'Edouard Boulogne, philosophe et blanc créole (pour le Mika déchaîné de septembre 2008)
Un jeune journal guadeloupéen « Le Mika déchaîné » a publié dans son numéro de septembre 2008, un dossier sur les blancs de la Guadeloupe : les « blancs péyi » dans lequel Edouard Boulogne leur accorde un entretien. Cet entretien a été fidèlement publié. Mais les nécessités de la mise en page ont entraîné des coupures. En voici la longue intégralité.
«  Il y a désormais des mariages interraciaux »
Qu'est-ce qu'un blanc créole ?
Al’origine, c'est un homme de race blanche, né en Guadeloupe, et d'autant plus créole qu'il y a vécu plus longtemps. Les métropolitains simplement de passage dans l’île ne sont pas des blancs créoles. Les enfants de métropolitains, nés dans le département, qui aiment le pays, qui pensent s'y installer, qui fréquentent les diverses « communautés », qui ont appris à parler le créole, sont des Guadeloupéens et peuvent être considérés comme des blancs créoles. Beaucoup d'entre eux se présentant, par exemple,  à  des  concours  sportifs  comme  Guadeloupéens, peuvent être considérés comme des blanc créoles, de la même façon qu'un Thierry Henry, d'origine guadeloupéenne, peut être considéré comme un métropolitain (« négropolitain », comme nous disons, avec notre humour particulier).
Les blancs créoles ont une longue familiarité avec la Guadeloupe. Ils en sont à l'origine. Les Caraïbes, derniers « propriétaires » de l'île avant la colonisation, et qui en furent les victimes incontestables, étaient des guerriers, et des navigateurs. Ils ne cultivaient la terre qu'autour de leurs villages côtiers, dans leurs jardins, pour les besoins immédiats de leurs communautés. A l'arrivée des premiers européens, et en ce qui nous concerne, des premiers Français, (pour simplifier à partir de 1635) la Guadeloupe est une terre vierge, sur sa plus grande surface. Ces premiers européens relèvent de plusieurs catégories. Il y a des gens, une petite minorité, qui ont de l'argent ou du prestige social lié à leur qualité d'aristocrates. Ces « grands blancs », parfois des bourgeois, ont de  l'argent qu'ils veulent faire fructifier en l'investissant   dans   un   « nouveau   monde »,   moins   soumis   aux contraintes de la France métropolitaine d'alors. Il y a des cadets de familles nobles qui cherchent à prospérer, ce qui ne leur est pas possible en Europe, l'essentiel du patrimoine familial échéant à l'aîné de la famille. Il y aussi des nobles qui, par suite de fautes diverses, ont été mis au ban de la société métropolitaine, et qui comptent sur le caractère plus « ouvert » à cet égard du « nouveau monde », pour se refaire une sorte de « virginité », et pensent s'appuyer sur le prestige de leur nom, pour y « prospérer ».
Les blan ba fey
Et puis il y a une autre catégorie (le singulier est un peu simplificateur, car cette catégorie est elle-même assez hétérogène), de très loin la plus nombreuse,   celle   des   « petits   blancs » :   amateurs   d'aventures, individus misérables qui cherchent, un « nouveau monde », dans l'espoir d'une vie nouvelle, parfois des repris de justice, qui espèrent aussi à se refaire loin des lieux de leurs turpitudes, etc. Ces gens, étaient qualifiés « d'engagés », ou encore de « trente six mois », car ils s'engageaient à travailler aux Isles, pour une durée de trois ans éventuellement renouvelable. Ils furent les gros bataillons des débuts de la colonisation.
Ils furent ceux qui défrichèrent la Guadeloupe, édifièrent les premières agglomérations,    tracèrent    les    premières    routes,    inaugurèrent l'agriculture. Très exploités par les planteurs riches (la minorité) ils vécurent dans des conditions extrêmement dures, misérables. Les chroniqueurs de l'époque en témoignent.
Par exemple Gabriel Debien cite un correspondant de Colbert qui écrit à ce dernier en 1669 : « II est à propos de dire et de savoir que cet engagement de service pour trois ans estoit une espèce d'esclavage, et mesme quelque chose de plus quand l'engagé tombe entre les mains d'un mauvais maître ».
Et le père du Tertre, dans son Histoire générale des Antilles, écrit : « II y a eu autrefois des maistres si cruels qu'on a esté obligé de leur deffendre d'en acheter jamais, et j'en ai connu un à la Guadeloupe qui en a enterré plus de cinquante sur la place, qu'il avait fait mourir à force de travailler, et pour ne pas les avoir assistés dans leurs maladies. Cette dureté vient sans doute de ce qu'ils ne les ont que pour trois ans, ce qui fait qu'ils ont plus de soin d'épargner leurs Nègres que ces pauvres gens ».
Contrepoint
On est loin, on le voit, de l'image du blanc créole, au ventre proéminant, richement vêtu, le cigare au bec, et le fouet à la main, promenant son arrogance cruelle au milieu des champs de cannes, même si de tels « maîtres » ont parfois existé, certes. Mais cette image d'Epinal, surtout forgée dans le cadre   de la campagne justifiée des abolitionnistes des 18è et 19è siècles, ne donne pas une idée exacte de la réalité d'alors.
Ce qui différencie la vie des premiers colons blancs, les « engagés » des esclaves noirs qui arrivent peu à peu et deviennent majoritaires dès la fin du 17e siècle, c'est moins la dureté de la vie, que leur statut d'hommes « libres » (statut tout formel, mais malgré tout) pour les « engagés », quelle que soit leur humilité sociale, et d'esclaves pour les noirs, c'est-à-dire de biens meubles, achetables et disponibles à merci. Ce sont les « nécessités » des politiques économiques européennes, à cette  époque  qui  ont  engendré  ce  retour  à  l'esclavage   (aboli progressivement en Europe tout au long du moyen âge) en Amérique, et aux isles. C'est, rétrospectivement, une tragédie.
C'est cette législation distinguant les hommes libres, et les esclaves (pas tout à fait hommes) qui créa une hiérarchie fondée sur la couleur, qui ne fut pas sans engendrer des conséquences néfastes et durables. Ainsi les « engagés » dont les conditions d'exploitation par des blancs comme eux étaient équivalentes,  sinon pires,  à celles  de leurs compagnons de misère, noirs, vont se désolidariser de ceux-ci, ne voulant pas être assimilés à des esclaves.
C'est ce  qui explique,  en partie,  le tarissement progressif des « engagements », réduit à presque rien dès la fin du 17e siècle, et officiellement aboli en 1774. Les engagés devinrent alors les forces d'encadrement des esclaves sur les habitations, commandeurs, etc. Les plus intelligents réussirent à se faire une place au soleil (si j'ose dire) en se hissant jusque dans la hiérarchie des grands blancs. Tel le célèbre La Ramée, qui se trouva à la tête d'une des plus grandes fortunes de l'île. Ces considérations historiques, un peu longues peut-être pour une interview, me paraissent indispensables pour bien comprendre la personnalité de base du Guadeloupéen et celle du blanc créole en particulier.
On peut donc dire, que s'est créée au fil des siècles une stratification sociale, où les blancs, et pas seulement les riches, mais aussi les « petits blancs » ont constitué une aristocratie sociale (elle-même hiérarchisée en son sein), où la couleur de la peau était le critère de visibilité.
La Révolution
Un système économique et juridique a enserré, tous ces hommes, quelle que soit leur place dans la hiérarchie, dans un filet où la liberté individuelle ne disposait que d'un champ très réduit. La Révolution française viendra bouleverser cet ordre (ou ce désordre si l'on se place sur le plan d’une morale de la transcendance), en deux temps, 1794 et 1848 (continuité de 1789). Les blancs de la Guadeloupe, dont beaucoup furent massacrés, davantage par les révolutionnaires de l'hexagone d'ailleurs, que par les esclaves, furent ruinés. La Martinique « épargnée par la tourmente révolutionnaire » connut dès lors un devenir parallèle, mais différent de celui de la Guadeloupe. Et c'est pourquoi ce que je dis des Blancs créoles de la Guadeloupe, ne s'applique pas (ou plus) tout à fait aux Békés, les blancs de la Martinique, après 1789. Même affaiblis, les créoles Guadeloupéens ont continué à être une élite sociale, morale, culturelle tout au long du I9eme siècle, et au 20e siècle, au moins jusqu'à la seconde guerre mondiale. Et ils demeurent, aujourd'hui, un groupe social respecté, et je crois pouvoir le dire estimé (même s'il a des défauts, comme les autres groupes !). Mais son pouvoir économique a diminué au profit des grandes sociétés métropolitaines ou martiniquaises, tandis que l'on voit monter et s'affirmer d'autres groupes, y compris dans l'ordre de l'économie, issus des milieux « de couleur » (mot qui découle de notre histoire singulière évoquée plus haut).
Les blancs créoles sont-ils racistes ?
Tout dépend de ce que l'on place sous ce mot de « racisme ». Si je me  réfère  à un  dictionnaire  reconnu  comme  le  Robert, « racisme » désigne  la croyance à une hiérarchie des races, à l'existence d'une race supérieure, et à l'hostilité à l’encontre des groupes ethniques considérés comme inférieurs. Le « vrai » racisme paradoxalement s'est développé avec l'apparition de la science moderne, au 18e mais surtout au 19e siècle.
Dans les tout débuts de la colonisation aux Antilles, il n'y a pas eu de racisme en ce sens. Les mariages interraciaux étaient fréquents.
Comme il a été dit plus haut, le développement de l'esclavage comme institution, compliqué chez nous par la publication du Code Noir, a développé une idéologie raciste, et il ne fait pas de doute que les blancs créoles à cette époque ont été racistes. Ce racisme n'a jamais eu le caractère hystérique qu'il a pu prendre à certaines époques en Europe, chez les Nazis par exemple, entre 1924 et 1945.
Il a été tempéré d'abord par la vie en commun, je dirai la promiscuité des communautés, dans le cadre de l'économie de plantation. Avec les Noirs, nous avons vécu en osmose, affrontant ensemble les événements heureux mais aussi les peurs liées aux épidémies qui frappaient indistinctement les uns et les autres, les phénomènes naturels : cyclones, tremblements de terre, éruptions volcaniques, etc. Il y avait aussi la vie affective et sentimentale qui rapprochait ces gens que la loi de l'époque et les intérêts opposaient par ailleurs. Le métissage constant ne fut pas seulement, ni principalement, à mon sens, le résultat du viol et de la force, mais le fruit du rapprochement  plus ou moins secret de gens de races différentes que des usages sociaux, renforcés par la loi contraignaient par ailleurs à la discrétion dans leurs rapports privés. Ces usages rendaient difficiles ensuite la reconnaissance légale des enfants nés de ces rencontres. Même quand les pères suivaient ensuite leur progéniture, leur assurant sur les plantations des postes gratifiants, commandeurs de plantation par exemple, ces enfants naturels connaissaient le malaise de ceux qui sont entre deux, ni tout à fait d'un milieu, ni tout à fait d'un autre. Et cette ambiguïté a engendré des troubles d'ordre moral et psychologique fort dommageables à l'équilibre de la société créole, dont les conséquences se font encore sentir dans la vie politique et sociale actuelle.
Il y a longtemps (j'avais vingt ans !) j'ai eu une conversation avec un professeur antillais, noir, qui fut assez engagé dans les mouvements sinon séparatistes, du moins autonomistes de l'époque. Cet homme estimable, qui vit encore (je l'ai vu pour la dernière fois, à la télévision, à l'occasion de la veillée de Gérard Lauriette, papa Yaya) me dit tout de go, et sur le ton de la confiance (l'estime était partagée entre nous) qu'il était parfaitement opposé aux mariages interraciaux. Sur le moment, suffoqué, je n'osai lui demander ses raisons, et je le regrette. Je suppose, qu'en homme d'une génération ancienne, il pensait à ces conséquences fâcheuses d'union « illégitimes » dans un milieu façonné par l'histoire.
Mais le temps passe, les mentalités évoluent, rien n'est définitivement figé. Précisément, à cet égard, l'opinion des blancs créoles a profondément évolué en Guadeloupe sur ces questions, et sauf rares exceptions il n'y en a plus qui se réfèrent à je ne sais quel « racisme scientifique ». Cela est fini, terminé.
Sur le plan intellectuel, et sur tous les plans, les Noirs, et les Indiens antillais, côtoyés, non plus seulement dans l'univers de la plantation, mais sur les bancs des écoles, et dans les lieux de décisions et de responsabilité où ils ont accédé de plus en plus nombreux, surtout depuis 1946 et la loi de départementalisation, apparaissent pour ce qu'ils sont, des partenaires à part entière, partageant tous les caractères de l'humaine condition comme disait le philosophe. Est-ce à dire que le mariage interracial est sur le point d'apparaître comme une vieille lune ? Là, je ne le crois pas. Mais il ne s'agit plus de racisme. Les blancs créoles constituent un milieu, façonné par l'histoire. Ce milieu a sa sensibilité particulière, ses rites, son humour propre, ses souvenirs, son « mode d'être ensemble », pour parler un peu « pédant », où le sens de la famille est particulièrement développé. On descend de tel ou tel, on a pour ancêtre commun « tante Yvonne », ou « l'oncle Hyppolyte ». On constitue un être collectif vivant, qui répugne à s'incorporer des individualités aux références autres. (Fortuné Chalumeau a su rendre avec beaucoup de délicatesse la sensibilité familiale blanche créole dans son beau roman « La maison du Bois-Debout, ou l'enfance de St-John Perse », aux éditions Daniel Radford). Ce n'est pas du racisme. En métropole des familles aristocratiques désargentées (elles sont majoritaires) réagissent de la même façon à l'égard de bourgeois par ailleurs estimables et fortunés. L'achat par M. Edmond Giscard, (le père de Valéry) du nom et des titres de la vieille famille d'Estaing, n'a pas plu à tout le monde dans ce milieu. Ceci, n'est-ce pas, toutes choses égales, et pour aider à faire comprendre ce que peut être l'attitude des blancs créoles à l'égard du mariage interracial : un certain esprit de corps, qui malheureusement, chez nous, l'histoire, toujours l'histoire, prend une .... teinte épidermique.
Cela dit il y a désormais des mariages interraciaux, j'en connais ; je suis invité dans ces familles, et « l'événement » n'a entraîné aucune tourmente comme sûrement, jadis, il en eut été.
Les blancs créoles participent-ils à la culture ?
Sans aucun doute. Et à toute époque. Les premiers noms qui viennent à l'esprit sont ceux d'Alexis Léger, plus connu sous son pseudonyme de St-John-Perse, ou encore Gilbert de Chambertrand. Mais il y en a beaucoup d'autres. Je pense par exemple à Auguste Bébian, grand pédagogue, spécialiste reconnu des questions d'éducation, qui exerça longtemps ses activités en métropole et fut même un moment invité par le Tsar de Russie à prendre la direction à Moscou d'un institut pour sourds-muets. De retour au pays il fonda une école mutuelle pour enfants de familles modestes, à Pointe-à-Pitre, rue de la Loi, devenue la rue Bébian. Je pense à Louis-Daniel Beauperthuy, savant éminent, spécialistes des maladies tropicales, dont les travaux contre la fièvre jaune, et la lèpre firent autorité au 19e siècle (un hôpital porte son nom aujourd'hui dans la commune de Pointe-Noire). Je pense au docteur Cabre dont Arlette Blandin-Pauvert a tracé un portrait si vivant dans son livre « Au temps des mabos », publié chez Desormeaux. Et il y en a bien d'autres. Mais les blancs créoles ne sont pas la classe de l'intelligentsia. Ils ont joué, davantage et longtemps, un rôle important dans la politique, mais aussi, principalement, dans la vie économique. L'intelligentsia a plutôt été l'apanage de la classe des hommes de couleurs, des métis. Aujourd'hui les noirs les rejoignent dans ce domaine si important.
Quel avenir voyez vous à la communauté blanche-créole ? Va-t-elle disparaître ?
Les blancs créoles, en Guadeloupe représentent un pour cent à peu près, de la population. C'est leur principale faiblesse, due là encore à des causes historiques, au système économique qui structura notre île autrefois. Il serait trop long, ici, d'entrer dans les détails. Je ne vois pas pourquoi notre groupe humain disparaîtrait s'il sait, tout en  restant fidèle  à ce  qu'il y  a  de  valable  dans  ses valeurs traditionnelles,   s'adapter  aux  nouvelles   donnes   de   la  politique nationale et internationale. Ce milieu est parfaitement accepté, estimé, et même aimé de la population. Il y a bien sûr les criailleries de certains politiciens extrémistes, les vociférations syndicales à de certains moments un peu chauds de la vie sociale. Mais tout cela n'est pas grave, fait partie du jeu, du cinéma politicien, ici, comme ailleurs. C'est qu'il y a entre nous et les autres membres de la collectivité guadeloupéenne, une cohabitation, une connivence de bientôt quatre siècles. Nous sommes tous Français, à un certain niveau, et très peu de gens le contestent désormais, sauf quelques hurluberlus : « pawol pou ri »! Mais  nous   sommes,  en  profondeur  Guadeloupéens.  Nous  nous connaissons parfaitement, avec nos qualités et nos défauts, nos forces et nos faiblesses, nos motifs de fierté, et nos ridicules : ki blan, ki nèg, ki zindien ! Moun a kaze !
Sans doute la réponse à votre question dépend-elle des jeunes Créoles, plus que de moi, qui commence à passer de la catégorie des acteurs à celle des témoins d'an tan lontan. Les jeunes blancs guadeloupéens, comme les autres jeunes ont à affronter une modernité arrogante, destructrice des valeurs spirituelles, niveleuse de tout ce qui n'est pas immédiatement consommable ou jetable. Il faut se rappeler que dans la mesure où nous avons contribué à la construction de la Guadeloupe, cela n'a pas été dans la perspective de ces pseudos valeurs. Nous avons été des constructeurs, des travailleurs, résistants et entêtés, pas des glandeurs. Malgré nos défauts, parfois grands, nous nous sommes accrochés à des principes moraux et spirituels (je sais toute l'ironie qu'on pourrait, que JE pourrais faire, à cet égard. Mais qui est sans péché ?). Aux jeunes de ma communauté (parce que c'est de celle-ci qu'il s'agit dans cette interview, mais je pourrais en dire autant aux autres pour les leurs) je dis : « vous êtes appelé à innover, mais dans la fidélité à la tradition, une tradition vivante, donc critique, mais fidèle. A cette condition vous continuerez à servir la Guadeloupe, sans renier votre milieu d'origine, sans repli sur vous-même ; dans un esprit d'ouverture, sans oubli des fondamentaux. Vous êtes appelés par les sirènes de la modernité, très matérialiste, à oublier les valeurs spirituelles sans lesquelles une communauté humaine s'avilit et sombre dans la médiocrité. Mais ce n'est pas dans la possession des derniers gadgets, d'un bateau, d'un 4X4, qu'on se découvre comme homme. Il faut trouver les moyens d'ETRE, et savoir que l'Etre ne se trouve pas dans le seul AVOIR. Je vous incite à méditer cet aphorisme du grand poète Goethe : « Ce que tu as hérité de tes pères, conquiers le, afin de le mériter."

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 19:47
Le chlordécone à l’instruction à Paris
Le juge d’instruction au pôle santé du tribunal de grande instance de Paris, Anne-Marie Bellot, est le magistrat saisi pour instruire la plainte pour administration de substance mortelle et mise en danger de la vie d’autrui déposée par des associations de Guadeloupe, dite l’affaire d’empoisonnement au chlordécone. D’après Me Durimel, avocat des plaignants, le juge se serait aperçu qu’une pièce essentielle serait manquante au dossier. « C’est la nomination du premier juge d’instruction dans ce dossier, André Roger, du TGI de Basse-Terre. Un document côté au dossier atteste que la juge Marine Jan a été adjointe au juge Roger, mais on ne trouve pas trace de sa désignation, la pièce n’est pas là », s’inquiète Harry Durimel qui rappelle que la plainte date de mars 2006 et qu’il a fallu attendre 2008 pour que la Cour de cassation transfère l’enquête au pôle santé de Paris. Le juge Bellot aurait saisi le parquet qui a pris des réquisitions pour saisir la chambre de l’instruction de la cour d’appel. C’est elle qui dira si c’est une erreur matérielle réparable ou s’il s’agit d’un vice rédhibitoire. « On le saura quand ils voudront bien audiencer l’affaire, explique l’avocat qui ajoute toujours inquiet : « Ça dépend du parquet général… »
En revanche, une autre plainte pour empoisonnement au chlordécone, datée de 2007 et émanant du Dr  Denivet, de Petit-Canal, en congé de longue maladie, a été confiée au même magistrat. Cette fois-ci, pas de problème de forme, Anne-Marie Bellot devrait donc pouvoir commencer son instruction sur le fonds. Ce dossier qui concerne un cas particulier a peut être plus de chance d’aboutir que la première plainte, trop proche sans doute des class action non reconnus par la justice française.

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