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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 04:16
Marine Le Pen veut une loi spécifique à Mayotte

Alors que Mayotte est toujours bloquée, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a déposé une proposition de loi portant mesures d'urgence spécifiques à Mayotte en matière de maîtrise de l'immigration et de maintien de l'ordre public. Entretien.

"Le gouvernement ne cache pas une volonté de larguer Mayotte"

Pourquoi avoir écrit cette proposition de loi qui ne prospèrera pas ?

Il y a clairement une non-assistance à Français en danger car la situation de Mayotte est très largement pire que ce qu'on veut bien en montrer. Même si je ne suis pas dupe, la seule solution, ce sont des mesures d'urgence spécifiques à Mayotte qui tiennent compte de la situation actuelle et qui s'inscrivent dans le cadre de l'article 73 la constitution.  Les règles  peuvent faire l'objet d'adaptation. C'est cela ma proposition de loi. Si on continue comme ça, on va perdre Mayotte. Cela arrivera par un effet de substitution de populations qui va entraîner une aggravation manifeste des conflits.  Les étrangers sont déjà majoritaires sur l'île et une partie des Mahorais vont quitter Mayotte pour aller à la Réunion, puis en métropole. Or, tout déplacement massif de populations entraîne des tensions. Il va arriver un moment où les Comores vont monter le ton, comme ils l'ont fait en renvoyant un certain nombre d'embarcations qui ramenaient des clandestins aux Comores. Ce n'est pas admissible, d'autant que la France a versé entre 2010 et 2016 10 millions d'euros par an aux Comores.

Qu'attendiez-vous de l'Etat ?

Le Drian aurait dû convoquer l'ambassadeur des Comores et c'est l'ambassadeur de France qui a été convoqué ! Il fallait ensuite menacer de rompre les relations diplomatiques à commencer par les relations financières y compris celles individuelles. Ces transferts financiers particuliers représentent trois fois le budget du développement. Il faut se donner les moyens de se faire respecter ! Pour éviter la mascarade de cette pauvre Girardin mettant un mois à débarquer à Mayotte pour y rester cinq heures, j'avais proposer de mettre en place un ministère de plein exercice ! Ce gouvernement n'inscrit pas les outre-mer dans un projet stratégique de développement !

Que propose votre texte législatif ?

Je propose la suppression du droit du sol immédiatement parce que le statut d'extraterritorialité de la maternité de Mamoudzou est une dinguerie juridique ou politique. Il faut mettre  un terme aux reconnaissances de paternité qui sont tout à fait fantaisistes et souvent effectuée contre argent sonnant et trébuchant.  Tout enfant né de mère en situation irrégulière ne pourra pas faire l'objet d'une naturalisation. Enfin, je propose le renvoi immédiat des clandestins délinquants et l'irrecevabilité de toute demande d'asile à Mayotte. Il faut aussi mettre en place une situation d'état d'urgence en doublant les personnels de la police aux frontières et des forces de gendarmerie.

Financièrement, la France en a-t-elle les moyens ?

La France doit avoir les moyens de faire tout ça. Elle doit avoir les moyens de venir au secours d'une partie de la population française qui est dans une situation de danger immédiat. Si on ne tape pas fort, on va donner le signal à d'autres dans d'autres territoires, comme la Guyane ! Mayotte n'a rien d'exceptionnelle, elle est un peu à l'avant-garde des problèmes  qui vont nous tomber dessus. Par conséquent il faut apporter une réponse  extrêmement ferme  pour éviter une forme de contagion, de jurisprudence de la part de ceux qui souhaiteraient déstabiliser un territoire national quel que soit son statut, département ou territoires...

Fallait-il départementaliser Mayotte en 2011 ?

Nous n'étions pas contre la départementalisation à l'époque, encore fallait-il qu'elle soit accompagnée d'un certain nombre de mesures qui évitent d'aggraver la pression de l'immigration clandestine. J'ai entendu un professeur de sciences po, un macroniste, qui suggérait de vendre Mayotte ! Je finis par me poser la question de savoir si l'absence totale de réaction du gouvernement ne cache pas une volonté d'arriver à une situation de non retour et de laisser pourrir la situation au point que des violences s'y déroulent et qu'on finisse en réalité par larguer Mayotte.

Le résultat de l'élection partielle de dimanche 25 mars à Mayotte ne vient-il pas à contre-courant de vos idées ?

J'explique la victoire de la députée en marche, d'une  part , par la volonté des Républicains de ne pas être élus avec les voix d'électeurs du Front national, d'autre part, du fait que l'électorat de la députée en marche est un électorat urbain ou semi-urbain qui a été le moins pénalisé par les barrages. De surcroît, les partielles reproduisent exactement l'élection qui a été annulée.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 08:52
Samedi 24 mars à l'hôtel Mercure de l'avenue Jean-Jaurès à Paris 19

Samedi 24 mars à l'hôtel Mercure de l'avenue Jean-Jaurès à Paris 19

Rodolphe Alexandre anime les états généraux de la Guyane à Paris

Profitant d'un déplacement à Bruxelles, le président de la CTG a participé samedi à Paris à une réunion des états généraux de la Guyane.

Accompagné de Sergine Kokason et d'Elodie Arras-Sainte-Luce, deux cadres de la CTG, Rodolphe Alexandre a rappelé le cadre financier et institutionnel de la CTG avec ses 3460 agents et ses 675 millions d'euros de budget dont 348 pour son fonctionnement et 126 pour ses investissements. Grâce à l'accord de Guyane, la CTG a reçu un complément de 83 millions qui lui a permis de voter un budget en équilibre et de lancer un emprunt de 600 millions. "Notre budget est sincère, assure le président Alexandre, mais il reste fragile. Nous aurions besoin de 50 millions supplémentaires chaque année pendant cinq ans." Car la CTG traîne la dette de 130 millions des deux anciennes collectivités, Région et Département, et elle a perdu les 27 millions d'octroi de mer versés aux communes. L'exposédu président s'est ensuite concentré sur les filières économiques comme le bois et ses 80 000 m3 produits, l'agriculture (chaque année 30 nouveaux agriculteurs s'installent), la pêche, ses trois usines de transformation et ses quatre nouvelles licences, les ressources minières (les 2 tonnes d'or légales qui rapportent 500 000 euros à la CTG  — 253 euros par kilo pour la commune et 400 pour la CTG — et les 12 tonnes volées par les garimpeiros) et encore les ressources pétrolières. Total qui est entrée dans la société de capital risque montée par la CTG, et Exon exploitent des gisements au Guyana et au large de Macapa. Sur sept puits au Guyana, l'un produit 150 000 barils par jour, un autre 500 000. Le retour fiscal est respectivement de 150 millions et 500 millions...

C'est fort de ces données que le président Alexandre a lancé le débat en rappelant que le fruit de ces états généraux serait tenu à la loi de finances du gouvernement. Posant enfin la question du statut (article 74, 73 plus, 72 ou sui generis), Rodolphe Alexandre a maudit le président de de la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale, le Guadeloupéen En marche ! Olivier Serva parce ce dernier organise prochainement un colloque sur la réforme constitutionnelle et a omis d'inviter la Guyane.

FXG, à Paris

Les interventions au débat

Ce sont les 51 élus de la CTG, les 22 maires et les quatre parlementaires réunis en congrès au mois d'octobre qui ont convoqué ces états généraux, sur pression, faut-il le rappeler, de la rue et du mouvement social de mars et avril 2017. A Paris comme dans les neuf bassins de vie en Guyane, ou même sur Internet (civocracy.org/etatsgenerauxguyane), les citoyens ont abordé tous les sujets compris dans les neuf commissions thématiques.

Représentante de l'association Sinnamary en région parisienne, Josyane Beausoleil a ouvert le bal : "Nous n'avons pas attendu le 28 mars pour faire le point sur la situation de la Guyane ! J'espère qu'on va aller jusqu'au bout cette fois ! La CTG n'est pas suffisamment dotée pour bien administrer le territoire ? Doit-on changer de statut ? Le statut n'est pourtant pas une fin en soi..." Murielle Thierrin (photo), productrice de cinéma (600 kilos d'or pur, la loi de la jungle, la série Guyane) est venue rappeler l'importance du cinéma comme industrie : "En 2009, j'étais à Saint-Laurent pendant les états généraux de l'outre-mer. On nous a reproché de ne pas être organisés. Nous avons créé l'Association G-CAM (Guyane – Cinéma, Audiovisuel et Multimédia) et aujourd'hui nous voulons apporter notre pierre ! La culture n'est pas qu'une source de dépense et la Guyane a une carte à jouer ! En France, on externalise beaucoup les tournages. Le Venezuela est devenu instable, la Colombie se bat mais notre climat, notre forêt ont une plus value parce que nous sommes européens et français !" La productrice a ainsi rappelé qu'un 1 euro dépensé pour le cinéma générait 18 euros localement. Les professionnels demandent à pouvoir gérer au plus près le bureau d'accueil des tournages et à ce qu'il y ait des ultramarins au sein de la commission outre-mer du CNC à Paris.

Caroline Coly, secrétaire générale de l'association étudiante Guyane Avenir, est venue parler du prix des billets d'avion, tout comme Gilles Joseph qui a également dénoncé des bourses d'étudescencore bloquées, et tout comme Guillaume Carpentier (photo en tête de paragraphe) qui a du quitter la Guyane pour suivre une formation d'horticulture ("un comble", a-t-il dit). Celui-ci a demandé à ce que la CTG ouvre une antenne à Paris comme il en existe à Bruxelles et au Suriname et un lycée spatial à Kourou !

Etats généraux et assises

"Et les congé bonifiés ?", s'est écriée une dame dans le public. Cathy, une Guyanaise mariée à un Tunisien et dont la fille est partie vivre en Australie a pris la parole pour défendre l'emploi local : "Ok, développons l'or, la forêt, le pétrole mais dans le respect de nos spécificités, de la nature et de nos peuples autochtones. oui, il faut qu'on se développe mais à compétences égales, priorité aux Guyanais ! Petits pays, petits moeurs... Nos jeunes, compétents, surdiplômés, sont obligés d'aller travailler ailleurs. Protégeons nos jeunes et réservons l'emploi aux Guyanais !" Assise non loin de la chanteuse Sylviane Cédia, Denise Bodros (photo) est intervenue pour poser la question du financement des projets locaux : "Comment faire pour que le citoyen guyanais ne soit pas écarté des financements malgré la qualité des projets qu'il peut porter ? N'est-il pas temps de penser à une banque de Guyane qui porterait les projets existant ?" Une autre dame est intervenue pour dénoncer l'impossibilité de faire prendre en charge les personnes atteintes de maladies dégénératives...

Guy Myrto (photo), ingénieur télécom à Kourou a pris la parole pour dire son malaise : "J'ai monté ma boite il y a cinq ans et je n'ai jamais obtenu aucun marché !"

En guise de conclusion, le député serville est intervenu pour insister sur la gouvernance : "Je ne veux pus espérer mais exiger ce qui nous est du ! C'est l'Etat, quelle que soit sa couleur politique, et son bras armé, Bercy, qui décide. Il a un dessein pour la Guyane qui ne correspond pas au projet des Guyanais pour leur territoire." C'est sans doute la meilleure définition que l'on puisse faire de la différence entre les assises et les états généraux.

FXG

Ecologie et économie

Le débat sur les permis miniers a été le moment d'une petite passe d'armes entre Rodolphe Alexandre et Gabriel Serville. Le premier se vantant d'être celui qui avait fait plier l'Etat en 2012 en l'obligeant à reconnaître que la CTG était compétente pour octroyer les permis d'exploration et d'exploitation minière, le second reprochant au premier de ne pas l'avoir soutenu en octobre dernier au Parlement quand la loi Hulot est venue mettre un terme à tous les permis d'exploration d'hydrocarbure.... L'occasion pour le député Serville de rappeler qu'il avait blessé le ministre Nicolas Hulot en le traitant de colonialiste ; l'occasion pour le président Alexandre de révéler qu'avec l'aide du groupe Total, il allait attaquer la loi Hulot !

"Aujourd'hui ce sont les écologistes qui décident pour la Guyane, s'est énervé Rodolphe Alexandre Ils sont allés chercher les Amérindiens pour dire que la question minière était amérindienne, mais sur le site de la Montagne d'or, il n'y a aucune communauté de vie amérindienne !" Selon lui, la Guyane a raté une page d'histoire à cause d'eux avec l'échec du projet Iamgold à Kaw. "Je veux un débat sur la Montagne d'or, a répété M. Alexandre, et si les chefs coutumiers prennent position, il faudra écouter les deux sons de cloche !" Georges Vincent est venu crier son désaccord : "La Montagne d'or, c'est 700 emplois et combien de personnes contaminées au mercure et pour combien d'années ?" Rodolphe Alexandre lui a opposé la construction de la route du fleuve, la création d'une école des mines à Saint-Laurent et le développement de l'agriculture le long des 150 km de la route...

Enfin, revenant sur le brevet que l'IRD a déposé sur une molécule issue du couachi (quassia amara), Rodolphe Alexandre a rappelé que cette plante avait été importée en Guyane au XVIIe siècle et que son utilisation traditionnelle n'était pas plus du fait des Amérindiens que des Créoles ou des Bushinengués. "S'il doit y avoir des retombées locales, c'est la CTG la mieux placée", a-t-il affirmé.

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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 09:12
Rodolphe Alexandre, jeudi 22 mars au ministère des Outre-mer

Rodolphe Alexandre, jeudi 22 mars au ministère des Outre-mer

Rodolphe Alexandre, président de la CTG, et Jocelyn Ho Tin Noé ont clôturé une série de rencontres parisiennes par un entretien avec Annick Girardin jeudi matin pour faire le point sur l'accord de Cayenne, flécher la stabilité du budget de la CTG et aborder les nouveaux investissements qui devraient bientôt être en phase de réalisation. Entretien.

"Je n'aurai aucune omerta sur la question du statut"

Nos députés ne cessent d'interroger le gouvernement sur l'exécution de l'accord de Guyane et son plan complémentaire. Les mêmes chiffres, pour le RSA et les établissement scolaires reviennent toujours... Où en est la CTG avec l'Etat ?

La CTG est la collectivité majeure qui soutient et accompagne les collectivités communales et les EPCI, et surtout, elle est autorité de gestion. Il est donc normal que le fléchage financier passe pour une bonne partie par son budget. Au risque de me répéter, 53 millions ont été accordés à la collectivité pour soutenir l'emprunt de 600 millions pour les lycées, les collèges, la voirie... 30 autres millions nous ont été accordés pour pouvoir structurer notre budget. La fusion des deux collectivités, région et département, a laissé de part et d'autre des arriérés,  des problématiques qu'il faut donc compenser… Ces 30 millions ont permis de stabiliser notre budget. Maintenant tous les points qui avaient été annoncés concernant la construction de lycées et de collèges ont fait l'objet des premières instructions en matière de dossier. Nous nous apprêtons à lancer les travaux d'un collège à Saint-Laurent-du-Maroni. Le chantier de la cité scolaire de Saint-Georges de l'Oyapock, c'est-à-dire un lycée et un collège, a déjà démarré. Par ailleurs nous sommes en train d'ouvrir les plis pour retenir le cabinet d'architecture qui va travailler pour le lycée de Maripasoula. Les engagements sont là !

Mais qu'en est-il des autres dossiers ?

Le président Macron avait affirmé qu'il allait mettre à disposition 40 millions. Donc nous avons, avec la ministre et la veille avec toute l'équipe du fonds spécial du numérique, mis en place le portage du dossier. Dans les jours à venir les services de l'Etat vont confirmer ses engagements et je pense que dans les mois à venir, nous serons capables d'annoncer de très belles choses,  notamment pour l'intérieur du territoire.

Avez-vous évoqué une phase nouvelle de l'exécution de l'accord de Guyane ?

En ce qui concerne à la CTG et les accords de Guyane, sur notre base, ils sont vraiment finalisés et sont maintenant en poursuite. Maintenant il y a d'autres dossiers : l'hôpital de Cayenne, les centres de santé, les PMI, les recrutements de médecins...  Mais ce sont des dossiers dont nous parlerons au fur et à mesure. A l'heure actuelle,  il faut savoir que la CTG gère plus de 14 médecins sur l'ensemble du territoire. Nous venons d'allouer aux pompiers la deuxième dotation de la CTG, soit 3,5 millions d'euros d'investissement avec du matériel qui est déjà en Guyane. Nous explorons tous les points ! Je souhaite que nous, les parlementaires, le président des maires, moi-même, nous puissions nous retrouver à Paris pour faire un dernier bouclage avec la ministre pour la prospective 2019-2020. Nous pourrons par exemple aborder les 27 millions d'octroi de mer qui n'ont pas été compensés.  Mais cette fois, nous avons surtout travaillé sur la santé, Le numérique et l'architecture de notre budget.

La ministre des Outre-mer a annoncé hier au Parlement la création d'un site Internet pour permettre à chaque Guyanais de suivre  l'exécution de l'accord de Guyane. Qu'en pensez-vous ?

Je n'en pense que du bien. Ça permettra à tout un chacun, dès lors qu'il a accès à Internet et au haut débit,  de pouvoir répondre à des questions. Nous-mêmes à la CTG, nous allons revoir notre site et décliner territoire par territoire pour démontrer l'accompagnement que l'on porte au niveau des mairies, des EPCI, des associations pour que chacun sache clairement ce que la CTG réalise dans l'intérêt des Guyanais et de ceux qui habitent la Guyane.

Un an après les événements de mars 2017, quelle est la situation ?

La CTG assume son périmètre de compétences. Nous sommes sur le point d'aller encore plus loin avec les prospectives que l'assemblée va décider et nous poursuivons le travail pour lequel la population nous a désigné.

Qu'attendez vous des États généraux et de la réunion de ce samedi à Paris ?

Nous parcourons tout le territoire de la Guyane, il était normal que la diaspora, la communauté guyanaise installée en région parisienne, puisse être informée. Nous sommes venus samedi en toute liberté parler de la société guyanaise dans les 20 ou 30 ans à venir.

Quel est votre idée dans la perspective de la réforme constitutionnelle ?

Ce sera le débat ! Je n'ai pas attendu les accords de Guyane avec mon collègue de l'opposition, Alain Tien Liong,  pour débattre du statut.  Mais le statut n'est pas la panacée. Nous devons d'abord répondre à la problématique du sous-emploi, du chômage, de la fracture des territoires, de la formation...  Ce sont les véritables questions ! Maintenant le débat engage les prospectives sur les dix ou quinze ans qui viennent. Le fait que la Nouvelle-Calédonie aille sur un nouveau statut est un enjeu pour nous.  Nous allons observer, étudier... J'ai rencontré mon homologue corse et nous nous sommes mis d'accord pour nous rencontrer à Paris et sur nos territoires pour tenir un débat avec nos populations. Je n'aurai aucune omerta sur la question du statut.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 08:38
Un site pour suivre l'accord de Guyane

Un site Internet pour suivre les avancées du plan Guyane

Pour la troisième fois depuis le début de l'année, la séance de questions au gouvernement a été l'occasion d'interpeller le Premier ministre sur la mise en application du plan d'urgence pour la Guyane ainsi que celle du plan additionnel. La semaine dernière, c'est Lénaïck Adam qui obtenait du Premier ministre la même réponse que celle qu'Edouard Philippe avait faite à Gabriel Serville le 20 février. Cette fois, interpellé par Gabril Serville, le Premier ministre a laissé sa ministre des Outre-mer  répéter encore l'effort de l'Etat pour la Guyane et notamment ses écoles, ses lycées et le RSA. Et pour opposer des "preuves tangibles" à l'incrédulité du député de la première circonscription, Annick Girardin a annoncé que le site Internet permettant à chaque citoyen de suivre les mesures du plan Guyane au fur et à mesure de leur mise en oeuvre serait opérationnel à la fin du mois. Ce sera un site interactif, c'est-à-dire que les Guyanais pourront y laisser leurs commentaires.

FXG, à Paris

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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 05:10

Un député En marche ! s'inquiète de l'apparition de "la chimique" à la Réunion

Député de la 4e circonscription de la Charente-Maritime, Raphaël Gérard a rejoint la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale et s'y montre fort actif. Ayant été choqué par la diffusion virale d’une vidéo mettant en scène un jeune Réunionnais en pleine crise de démence et sous l’emprise d'une drogue appelée la « chimique », Raphael Gérard a écrit à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour l'inviter à prendre "des mesures d’urgence pour stopper net le développement de sa consommation sur l’île".

La chimique est une drogue synthétique sous la forme d’une poudre blanche qui, une fois chauffée, est mélangée avec du tabac. Son coût est faible, de 5 à 20 euros le gramme. Le député charentais signale que la chimique est déjà connue des services d’addictologie du Centre Hospitalier de Mayotte où elle fait son apparition en 2011.

Si elle est réputée produire des effets euphorisants, sa consommation sur l’archipel de Mayotte suscite de l'inquiétude du fait de l’exacerbation des comportements violents observés chez les consommateurs. "Le procureur de la République à Mayotte M. Garrigue, écrit le député charentais,  a établi un lien direct entre la montée de la délinquance et la prolifération de cette drogue sur l’île." Il précise que les faits de violence ont doublé de 2013 à 2015 et que "s'il y a une régression des cas d’admission aux urgences à Mayotte liés à des cas d’intoxication aigue à la « chimique », après deux pics importants en 2013 et en 2015, il semble que sa consommation se développe désormais sur l’île de La Réunion".  Par ailleurs, comme la molécule est encore nouvelle, elle n'est pas encore classée dans les produits stupéfiants

Pour toutes ces raisons, Raphael Gérard, demande à la ministre de la Santé de mobiliser ses services "pour éviter qu’une situation similaire à celle de Mayotte se développe à La Réunion où un homme jugé récemment pour des faits des violences a invoqué être sous l’emprise de la « chimique »".

FXG, à Paris

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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 07:13
Jean-Marc Mormeck, au fond sur la gauche, est assis à coté de Fréderic Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) et ancien conseiller outre-mer de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

Jean-Marc Mormeck, au fond sur la gauche, est assis à coté de Fréderic Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) et ancien conseiller outre-mer de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

Plan antiracisme : des mesures en faveurs des Ultramarins

Le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français des Outre-mer, Jean-Marc Mormeck assistait lundi au musée national de l'histoire de l'immigration, à la présentation par le Premier ministre du Plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme 2018-2020. Car si les 16 pages de ce plan sont essentiellement axées sur la lutte contre la haine sur Internet, l'éducation contre les préjugés, la protection des citoyens et l'accompagnement des victimes, ce plan propose aussi d'investir "de nouveaux champs de mobilisation". Dans ces nouveaux champs, il est question "d'agir pour l'égalité des Ultramarins". Ainsi trois mesures sont préconisées. La première est de sanctuariser une enveloppe de 100 000 euros gérée par la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH) et la Délégation interministérielle pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer (DIECFOM). Cette somme sera dédiée au soutien des projets visant à lutter contre les préjugés et les discriminations raciales dont peuvent être victimes les Français des outre-mer.
La deuxième mesure consiste à donner une nouvelle dimension à la mémoire de l’esclavage en soutenant la connaissance historique de l’esclavage, des traites et de leur abolition. Sur cette base, il s'agira de créer en lien avec la future Fondation « Mémoire de l’esclavage », et avec les Rectorats outre-mer des programmes d’échanges croisés de jeunes entre les outre-mer, l’hexagone et les pays africains.

La troisième mesure vise à mobiliser les associations, les réseaux professionnels et le Défenseur des droits pour lutter plus efficacement contre les préjugés, les discriminations dans l’accès au logement et à la domiciliation bancaire des ultramarins.

Par ailleurs, dans un chapitre consacré à l’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, le plan propose de poursuivre le développement du concours « La Flamme de l’égalité » sur la mémoire de l’esclavage et des traites.

FXG, à Paris

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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 06:16
Mylène de Fabrique Saint-Tours des éditions SCITEP et Jean-Louis Malherbe des éditions Ibis rouge

Mylène de Fabrique Saint-Tours des éditions SCITEP et Jean-Louis Malherbe des éditions Ibis rouge

Nouveau paysage éditorial au salon du livre Paris

Le stand des Outre-mer au salon du livre Paris qui a refermé ses portes lundi 19 mars, présentait un tout autre visage que celui qu'on lui connaît depuis le début des années 2000. Finie, la grande librairie de l'Outre-mer trônant en son centre avec les petits éditeurs en périphérie, cette fois, l'exclusivité était réservée aux éditeurs ultramarins. "Le ministère des Outre-mer soutient les éditeurs", affichait la plaquette du ministère.

Pour le coup Régine Jasor, un peu contrariée d'être privée de sa librairie ne représentait plus que sa propre maison d'édition et regrettait de n'avoir pu accepter de représenter des confrères éditeurs empêchés comma Caraïbédition. Mais dans l'ensemble, la plupart des éditeurs présents semblaient satisfaits du choix du ministère. Si comme d'habitude, l'éditeur antillo-guyanais, Ibis rouge, avait pris son propre stand, l'espace du ministère accueillait Orphie, SCITEP, le Manguier, les éditions Rymanay et Plume verte de la Guyane, les éditions K'A et UDIR de la Réunion; les éditons Kilito, Nestor et Jasor de la Guadeloupe et, pour la Martinique, Idem. Tony Deslsham qui devait être présent a fait défection à la dernière minute !

Il a bien failli y avoir un couac quand le directeur adjoint de l'administration des Outre-mer a évoqué lors de l'inauguration un "barnum". la haut fonctionnaire a du s'expliquer en précisant que le "barnum, ce n'était pas le stand des Outre-mer mais l'élaboration de ce travail titanesque." Ouf ! On a eu chaud....

L'organisation et la conception de cet espace ont été délégués par la direction générale des Outre-mer au ministère de l'Intérieur qui en a l'habitude puisque c'est la place Beauvau qui s'occupe des stands pour le ministère de la Défense et désormais des Outre-mer. Et l'espace ainsi créé était clair, aéré et bien placé. Au centre, une agora a accueilli tout au long du week-end des présentations (prix Fetkann, compagnie des mornes bleus), un hommage à Guy Tirolien, une carte blanche à Claude Ribbe et son "autre histoire" avec entre autres Hector Poulet, des rencontres avec Jacques Exily (Sina et le secret de la Caraïbe), Marie-Ange Rousseau (Péyi an nou), Dominique Deblaine, Vikor Lazlo, Gael Octavia, des débats (numérique et diffusion), des lectures (Suzanne Dracius, Sylviane Vayaboury, France Nay)... Un éditeur martiniquais, fort habitué du salon, expliquait en connaisseur pourquoi certains vendaient des livres et d'autres non : "Les dédicaces, confiait-il, ça ne suffit pas, il faut monter des tables rondes !"

FXG, à Paris

La Réunion se fait remarquer par sa science fiction

Les éditions "La plume et le parchemin", spécialisées dans tout ce qui est littérature de l'imaginaire, que ce soit la fantaisie, la science fiction où le fantastique, a fait venir de nombreux auteurs au salon du livre Paris, qui a refermé ses portes lundi.  Et ça a vraiment très bien marché si l'on en croit Leatitia Bourgois de la librairie Autrement de Saint-Denis qui anime avec sa collègue Marie-Josée Gravier de Saint-Pierre, l'espace Réunion placé sous la haute main de Claudine Serre. « Il y a des auteurs qui ont leurs fans, explique Laetitia, mais il savent aussi faire de nouvelles recrues, car il y a énormément de stands sur ce salon qui font une place à cette littérature et en conséquence il y a beaucoup de passionnés. » Et ces passionnés n'ont pas hésité à s'arrêter devant la table de La plume et le parchemin, attirés par les couvertures très typées SF, fantastique... Et cette maison d'édition réunionnaise, seule de son genre sur L'île ne semblait rien devoir envier à ses consœurs de l'Hexagone au point que de l'avis des organisatrices, elle était le clou réunionnais de ce salon 2018.

Pour autant les autres éditeurs, ceux qui proposent des livres sur l'histoire de la Réunion,  de la fiction ou des livres jeunesse sont pas  demeurées en restes...  Ainsi,  Isabelle Kichenin,  toute nouvelle auteur est venu présenter son premier roman, "Gourmande". A ses côtés, se trouvait Teddy Iafaré Gangama, auteur jeunesse qui fréquente je le salon du livre Paris depuis cinq ans. Lui, il n'en démord pas : "Il faut venir et se montrer !"

Jean-Jacques Seymour plonge dans la médecine cubaine

La voix de Tropiques FM aime aussi être à l'occasion un plume. Depuis trente ans, Jean-Jacques Seymour sort régulièrement un essai. Le sujet varie, mais le thème est toujours la Caraïbe ! Cette fois, chez Owen publishing, il sort une somme documentaire sur Cuba sous un aspect rarement abordé, la médecine. Avec "Cuba, l'odysée médicale", Seymour qui a été marqué par cet échange inoui, pétrole vénézuélien contre médecins cubains, revient sur le miracle médical qu'a réussi la révolution castriste : l'ophtalmologie, les traitements de maladies de la peau comme le vitiligo, la cancérologie... En quinze ans, Cuba a formé plus de 10 000 médecins et nombre d'entre eux travaillent désormais dans plus de 80 pays, au Libéria, au Sierra Léone, en Guinée, en Amérique latine... Mais plus surprenant, aujourd'hui, des patients viennent du Canada et même des Etats-unis pour se faire soigner à la Havane et des experts internationaux s'intéressent toujours plus aux médicaments cubains... Dans cette étude poussée, l'auteur raconte le traitement miracle qui sauve de l'amputation les diabétiques, mais également son absence d'autorisation sur le marché fançais... La liste est longue des produits développés à cuba contre les cancers de la gorge, les gliomes malins et même le vaccin contre le cancer du poumon... Les Etats-Unis acceptent désormais de collaborer avec le centre d'immunologie moléculaire de la Havane ! Et comme le journaliste Seymour est un homme pratique, il n'hésite pas à publier dans ses pages les forfaits médico-touristiques pour aller se faire soigner d'un vitiligo sur la grande île !

On pourra reprocher à cet essai une forme par trop universitaire, mais le sujet, après tout, s'y prête et, à chaque page, on est un peu plus surpris !

Le clin d'oeil de Ladeca

Patrice Polycar, président de LADECA, était heureux d'avoir pu participer pour la troisième fois au salon du Livre Paris grâce au soutien financier de la Région. L'association d'expression culturelle et artistique qu'il préside est venue défendre quelques uns des artistes qu'il a emmenés dans son sillage à Paris. Ainsi, Claude Danican, Patrick Selbonne, Jean Galleron, Alice Cham Stanislas, Erick Mezence, Valerie Siracus, Winnie Kaona, Castro Desroches et Géraldine Naigre ont tous pu faire valoir ainsi leur travail et leur art. "J'ai été très étonnée, témoigne Géraldine Naigre, auteur d'une méthode de solfège, parce que je me disais que je n'allais peut-être pas avoir de succès puisque je suis dans l'Hexagone, qu'ils ont des conservatoires, eh bien je me suis rendue compte très vite que les problèmes que je rencontrais en Guadeloupe sont les mêmes ici et ma méthode réponds aux mêmes problèmes sur la musique qui ne le sont pas que sur la Guadeloupe !" Pour autant, Géraldine avoue ne pas avoir vendu un millier de livres : "Je n'en ai pas imprimé 1000, confie-t-elle en souriant, mais je reste très satisfaite et dans la vente et surtout au niveau des échanges parce que j'ai eu pas mal de portes ouvertes. C'est aussi cz qu'on était venus chercher une certaine visibilité."

Interview : Claude Tsao, éditions du Manguier

"J'ai trouvé les textes de Gerty Danbury"

Pourquoi avez-vous créé votre maison d'édition ?

Je suis passionné par la guerre de 14-18 et je voulais monter une maison d'édition parce que je trouvais que les livres d'histoire disponibles sur cette période ne me convenaient pas. Je voulais publier des textes allant de 1870 à 1940. J'ai eu du mal à trouver des textes et puis j'ai trouvé ceux de Gerty Danbury... C'est comme ça que j'ai commencé à éditer...

Pourtant, Gerty Danbury n'a pas écrit sur la guerre de 14...

Non pas du tout ! Mais bon voilà... J'ai publié sa pièce intitulé "Trame" que j'ai aussi fait traduire en deux langues, l'espagnol et l'anglais.  Ça a été mon premier travail d'éditeur et ça correspondait à mes goûts...

Et c'est ce qui vous a mis un pied dans l'étrier de la littérature d'outre-mer ?

Oui puisqu'aujourd'hui je publie trois auteurs ultramarins, Gerty Danbury de la Guadeloupe, Philippe Triay de la Martinique et Monique Dorcy de la Guyane. Avec Monique Torcy nous avons monté la collection Orénoque qui a pour objet de faire connaître à la jeunesse des personnages comme Léon Gontran Damas ou Alfred Parépou. En ce qui concerne Philippe Triay, j'ai publié un de ses recueils de poésie illustré par Romain Ganer, "Barbarie" et là, je publie "La fin de l'insouciance",  un récit, une observation du monde des médias et des politiques...

Après "La sérénade à Poinsettia", le roman de Gerty  Danbury, quelles sont les nouveautés ?

Nous sortons une réédition d'"Atipa" d'Alfred Parépou et dans un mois, je sors la pièce de Gerty Danbury, celle qu'elle a déjà fait jouer en Guadeloupe et en Martinique,  « La radio des bonnes nouvelles ».

Propos recueillis par FXG, à Paris

Cayenne-Moscou, le prochain roman de Joël Roy, chez Idem

Joël Roy s'apprête à publier chez Idem un roman de politique fiction intitulé Cayenne Moscou Plus que l'intrigue, l'important dans ce roman, c'est la Guyane et ses populations dont celle des Russes. La présence de ce derniers bien évidemment est liée à l'installation  à partir de 1999 de la base Soyouz. Avec cet ouvrage l'auteur met en relation les gens de la ville créole, Cayenne et cette nouvelle communauté russe désormais passer à Sinnamary. Le roman se déroule dans les années 2030 avec des russes qui ont déjà pu tomber dans la contagion de l'écologie, qui ont été rappelés et même emprisonnés... Joël Roy vit en Guyane depuis maintenant une quinzaine d'années. Il s'est prit une profonde passion pour ce pays qu'il n'envisage plus de pouvoir quitter. «effectivement j'ai assisté au début de cette nouvelle communauté de population. Il y a une trentaine de langues parlées en Guyane, ça en fait une de plus avec le Russe. » Joël Roy ne parle pas la langue de Tchekhov, même s'il a bien appris quelques poèmes révolutionnaires en 1968 ! Quand on lui demande de nous donner envie, il raconte la réélection de Vladimir Poutine le week-end dernier pour nous dire qu'en 2030, ce sera la fin  sans doute de son dernier mandat... C'est dans ce contexte qu'il démarre son Cayenne Moscou. « Avec cet ouvrage, conclut-il, j'ai eu envie de dire tout le mal que je pensais de tous les despotes de la terre. »

Djant M'Bitako écrit et publie en créole

"Je suis écrivain et traducteur professionnel en langue créole ; je ne suis salarié de personne !" C'est la réponse que fait Djant M"Bitako quand on lui demande si ça marche les publications en créole, parce que c'est sa fierté, et peut-être aussi parce que ce n'est pas évident de tenir ce discours au salon du livre de Paris... Alors, il explique que s'il est là, c'est qu'il s'est payé son avion, son hôtel et les vêtements qu'il porte grâce à son travail. Woulo ! lonè é respé ! Djant M'Bitako, enfant du Moule, se raconte sans trop vouloir en dire sur lui-même. On soupçonne son âge quand on voit posé sur la table son mémoire de maîtrise de lettres sur Guy Tirolien qu'il a obtenue en 1989, et qu'il a publié en créole...

Ecrire en créole guadeloupéen, c'est un désir que Djant M'Bitako fait remonter à sa classe de 5e, c'est dire antan lontan ! Aujourd'hui, il a publié 12 ouvrages adan lang Gwadloup ! D'abord deux recueils de poèmes, "Neg Mawon" et "Siwo Fiyel", deux albums de contes avec des coloriages, "Ti jan é paren a-y" et "Rézipel é espwi a krab-la", un conte de Noël, "Dinozo, kochon a nwel a ti bouboul", dont une version théâtrale telle qu'il l'a fait jouer en 2009 par les enfants de la maternelle de Château-Gaillard. Il a encore édité trois CD de contes, "Kont a lokans an nou", une pièce de théâtre "lenj sal" où face à trois Guadeloupéens, un quatrième personnage ne s'exprime qu'en créole martiniquais ! Il a encore traduit le discours de Philadelphie de Barak Obama (qu'il a joué pendant un an avec Dominique Bernard) ou la pièce de Dereck Walcott, "Ti jan and his brothers". Enfin, après un recueil d'istwakout, "Jan la vi ka bat kat a-y", il a publié un woman "Timoun an mwen". Toute cette oeuvre porte le label de sa société "Anlé kal a bato la". Vendredi, à l'ouverture du salon du livre de Paris, c'est lui qui a ouvert le bal des rencontres et tables rondes en prononçant, en créole, un hommage à Guy Tirolien inspiré de son mémoire de maîtrise. Ca lui rappelle soudain que le conseil départemental a non seulement financé l'édition de ce travail, mais également son voyage à Paris. Vi atist la red !

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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 07:14
Sébastien Clerc, PDG de Voltalia, annonce l'ouverture du chantier d'une centrale biomasse en Guyane

Interview

"Nous produirons près de 10% de l'électricité du réseau guyanais"

Vous venez de donner le premier coup de pioche du chantier de la centrale biomasse de Cacao à Roura. Quand sera-t-elle opérationnelle ?

C'est une centrale  dont le temps de construction est d'une trentaine de mois. La mise en service aura lieu au cours du premier semestre 2020. Elle sera connectée au réseau guyanais et aura une puissance de 5,1 mégawatts.  Le réseau répartit l'électricité en fonction de la demande, du plus proche jusqu'au plus éloigné. Elle desservira donc en priorité la région de Roura, ou si les besoins se font sentir, l'ensemble du réseau Guyane auquel elle sera connectée. 

Cette centrale fonctionnera avec des résidus de l'industrie du bois, comment allez-vous l'alimenter ?

L'unité est située juste à côté de la scierie de Cacao.  C'est un partenaire important avec qui nous travaillons déjà sur la centrale biomasse que nous avons à Kourou. Nous avons aussi d'autres partenaires afin de disposer d'une ressource repartie.

Vous disiez il y a un an, lors de l'annonce de ce chantier, que c'est parce que vous disposez d'un tarif que vous aviez pu le lancer. Le prix est-il différent selon que l'on produit de la biomasse, de l'hydroélectrique ou du solaire ?

La commission de régulation de l'énergie dispose de différents systèmes adaptés à chaque énergie.  L’avantage principal de la biomasse c'est qu'elle produit à tout moment, à la demande, contrairement au solaire ou à l'hydroélectricité.  Par conséquent, les structures tarifaires sont différentes des ressources intermittentes.

Entre la construction et l'exploitation de cette centrale, combien de personnes vont elles pouvoir être embauchées ?

La période pendant laquelle il y aura le plus de création d'emplois, c'est entre maintenant et l'année 2020, c'est-à-dire celle de la construction. Le total de création d'emplois directs et indirects sera de 105 personnes. Une fois qu'elle tournera, ce sera moins de 10 personnes.

Quelle est l'emprise de Voltalia en Guyane ?

Voltalia est une entreprise internationale présente dans 17 pays, mais c'est en Guyane qu'elle a été fondée en 2005. C'est pour ça que nous tenons beaucoup à ce territoire. Avec cette nouvelle centrale biomasse, notre cinquième unité sur le territoire, nous confirmons notre leadership de producteur privé en Guyane.  Une fois que la centrale de Cacao sera opérationnelle, nous produirons près de 10% de l'électricité du réseau littoral guyanais. Voltalia a aussi franchi l'Oyapock : nous avons remporté de beaux succès au Brésil où nous sommes maintenant un acteur de référence dans les énergies renouvelables.

Quels sont vos projets en Guyane ?

Nous avons remporté un appel d'offres avec un projet solaire et du stockage d'électricité avec batteries. Nous travaillons aussi au développement d'une série d'autres projets de biomasse.  C'est une filière qui en Guyane a beaucoup de sens avec l’importante ressource qui provient de l'activité forestière qui est bien développée. Nous travaillons enfin sur d'autres sources d'énergie,que ce soit sur le réseau ou en site isolé, comme à Maripasoula où nous développons un projet depetite centrale hydroélectrique. Ce qui est important pour nous, c’est de produire une énergie la plus propre et la moins chère possible. À Maripasoula comme à Cacao, les centrales se substitueront à des unités existantes de production d’électricité à partir de générateurs au fioul. Et pour être le moins cher possible, il faut être capable de maîtriser différentes énergies pour s’adapter à la ressource naturelle où l'on se trouve.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 14:14

Recherche lycéens pour aller aux Etats-Unis !

Il reste encore dix jours pour poser sa candidature au programme développé par l'ambassade des Etats-Unis à Paris, "Deviens jeunes ambassadeurs de l'engagement associatif". Pour la première fois, ce programme d'échange aux États-Unis d'Amérique est ouvert à trois lycéens martiniquais et trois guadeloupéens. Les lycéens qui sont intéressés disposent encore de quelques jours pour s'inscrire. En effet les inscriptions sont ouvertes jusqu'aux 30 mars 2018.

En tant que Jeune Ambassadeurs de l’Engagement associatif, ces lycéens représenteront la France et participeront à Paris et aux Etats-Unis d’Amérique à des rencontres et des débats avec des associations et des jeunes sur les thématiques de la diversité culturelle, l’égalité des chances et l’engagement associatif.

Le programme « Jeunes Ambassadeurs de l’Engagement associatif » comporte plusieurs réunions de préparation en région, une formation nationale du 10 au 13 juillet 2018 à Paris et un séjour de 2 semaines aux États-Unis du 20 octobre au 4 novembre 2018 La 1ère semaine sera consacrée aux visites institutionnelles et associatives à Washington D.C, la 2ème semaine au séjour en famille d’accueil et dans un lycée américain, en périphérie de Washington D.C.

Enfin, à l'issue, un weekend d’évaluation du programme aura lieu en janvier-février 2019 à Paris.

Pour postuler https://fr.usembassy.gov/fr/education-culture-fr/youth-ambassadors-fr/  et sur le site de la Délégation interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer www.gouvernement.fr/egalite-outremer

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 13:11
Me Démocrite, Francis Carole, Alfred Marie-Jeanne, Me Ursulet, Me Charrière-Bournazel, Me Boulogne Yang Ting

Me Démocrite, Francis Carole, Alfred Marie-Jeanne, Me Ursulet, Me Charrière-Bournazel, Me Boulogne Yang Ting

Procès Marie-Jeanne

Du 23 au 30 mars, la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Paris devait juger Alfred Marie-Jeanne, président de la CTM, sa fille Maguy, et le compagnon de cette dernière, Mark Frampton pour faux et usage de faux, prise illégale d'intérêt et recel dans l’affaire de la construction par la Région Martinique d’une école à la Dominique et la réhabilitation et construction de deux bâtiments d'une école à Grenade.

En raison de la journée "Justice morte", le 21 mars, le procès n'a démarré réellement que ce jeudi 22 pour être renvoyé à une date ultérieure... 

L'enjeu de l'audience de cet après-midi

Après le faux départ hier du procès, la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris n'abordera pas encore le fond ce jeudi après-midi. Les avocats de la défense vont d'abord soulever des incidents de procédure in limine litis, c'est à  dire avant l'examen du litige proprement dit qui pourrait ne démarrer que vendredi. C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre la présidente Fabienne Siredey-Garnier quand elle a déclaré que ce dossier comportait des "péripéties intrinsèques et extrinsèques propres à perturber le cour normal de cette audience".

Ainsi donc, la première "péripétie" sera l'examen d'une question prioritaire de constitutionnalité. Cette QPC  portera sur la question du dépaysement de ce procès qui pour la défense d'Alfred Marie-Jeanne créé un préjudice,  "un déséquilibre des armes". La défense entend donc plaider l'inconstitutionnalité de ce dépaysement. "M. Marie-Jeanne n'a pas choisi de venir ici", a résumé Me Ursulet. Pas sûr que ça ne marche.

Le seconde exception de procédure est une demande de sursis à statuer par rapport à la plainte pour faux qu'Alfred Marie-Jeanne a déposée contre le parquet de Fort-de-France.  En effet si le juge parisien chargé  d'instruire cette plainte a rendu une ordonnance de refus d'informer, l'appel de cette décision ne sera examiné que le 24 mai par la chambre de l'instruction. "Comment juger cette affaire, demande Me Ursulet, avant que le procureur de Fort-de-France ne réponde de notre plainte pour faux devant la justice ?" Cet aspect devrait interroger plus sérieusement les juges.

Enfin, la dernière exception procédurale concerne la défense de Marc Frampton qui reproche à l'ordonnance de renvoi devant la 11e chambre de n'être qu'un copié-collé, fautes d'orthographe comprise, du réquisitoire du parquet, ce qui laisserait entendre que le juge d'instruction n'aurait pas instruit ce dossier à charge et à décharge. Sa défense estime encore que cette ordonnance ne précise pas ce qui est reproché à M. Frampton.

Si le tribunal surmonte ces premières difficultés, le procès devrait se poursuivre vendredi. Sinon, il sera renvoyé à une date ultérieure. C'est sur le dernier point, la qualité de l'ordonnance de renvoi que le tribunal et le parquet ont donné raison à la défense...

FXG, à Paris

Repères

La défense d'Alfred Marie-Jeanne

Me Alex Ursulet et le bâtonnier Christian Charrière-Bournazel

La défense de Maguy Marie-Jeanne

Me Corine Boulogne Yang Ting et Me Daniel Démocrite

La défense de Mark Frampton

Me Raphaël Constant

La défense de la CTM, partie civile, représentée par Francis Carole

Le bâtonnier Jean-Marie Burguburu et Me Marie Burguburu

Les témoins présents à l'audience

Daniel Marie-Sainte

Michel Michalon

Miguel Laventure

Louis-Félix Ozier-Lafontaine

Serge Capgras

Le tribunal est présidé par Fabienne Siredey-Garnier

Le procureur est le substitut Nicolas Baïetto

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