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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 11:56
Stanislas Cazelles et Olivier Serva au Panthéon le 27 avril

Stanislas Cazelles et Olivier Serva au Panthéon le 27 avril

De quoi parlent Olivier Serva et Stanislas Cazelles, conseiller outre-mer du président Macron, ce vendredi au Panthéon en attendant l'arrivée du chef de l'Etat ? Ils évoquent, l'un en souriant plus jaune que l'autre, l'échange entre Olivier Serva et et le journaliste Danyk Zandwonis tout récemment. Rappel du dialogue des deux hommes :

Olivier Serva : nous avons à nos deux ministres, Santé et Colonies...

Dany Zandwonis : Minis a denyè kolony fwansèz ?

OS : Vous êtes un indépendantiste, mais moi aussi !, mais il y a d'abord un chemin pour arriver à l'indépendance. Je crois qu'il doit y avoir d'abord  du développement économique...

DZ : Macron est d'accord avec ça ?

OS : Macron... C'est pas un Guadeloupéen. Là, je parle aux Guadeloupéens...

On dirait presque un débat entre MPGI et UPLG. Mais ce qui est sûr, c'est qu'à l'Elysée, ça ne l'a pas trop fait

FXG, à Paris

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 04:43
Macron au Panthéon

Le chef de l'Etat commémore l'abolition de l'esclavage

Emmanuel Macron a confirmé la création de la fondation pour la mémoire de l'esclavage qui siègera à l'hôtel de la Marine, le mur des noms au tuilerie et le renforcement du MACTe.

Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé au Panthéon, vendredi après-midi lors de la cérémonie qu'il a présidée pour commémorer l'abolition de l'esclavage 170 jour pour jour après le 27 avril 1848, mais il a adressé quelques mots à la presse à l'issue pour commenter la tribune qu'il a publié dès vendredi matin pour "clarifier plusieurs annonces et passer aux actes, à la fois sur la mise en place de la fondation, qui était très attendue et une nécessité". La fondation pour la mémoire de l'esclavage annoncée l'an dernier par François Hollande et dont le groupement d'intérêt public présidé par l'ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est en charge de la préfiguration, s'installera donc à l'hôtel de la Marine, place de la Concorde. "Ca va permettre, a ajouté le président de la République, de consolider tout ce travail sur la mémoire." Il a encore confirmé la création du mur des noms qui trouvera sa place au jardin des Tuileries. "C'est une manière de montrer, a-t-il encore déclaré, qu'il y a des vies, il y a des biographies, des personnes derrière cette réalité, ces chiffres et ces notions... Et les faire vivre ainsi dans ces lieux en miroir que sont l'hôtel de la marine et les Tuileries, lieux où Schoelcher a réussi à faire passer cette décision, a beaucoup de sens." Enfin, le président de la République a confirmé "la consolidation du Mémorial ACTe, un grand musée de l'esclavage qui a été ouvert en 2016, un lieu qui est exemplaire et absolument sublime qu'il m'a été donné de voir". Le chef de l'Etat souhaite que l'on puisse mettre en réseau toutes les archives et tous les différents lieux qu'il y a sur le territoire national et qui touchent à cette histoire. "Je veux qu'on puisse accompagner le rayonnement du Mémorial ACTe, à la fois dans toute la zone caribéenne, mais aussi avec les Amériques, l'Afrique et tout ce qui constitue la mémoire de l'esclavage sur le plan international."

FXG, à Paris

"Cette histoire n'est pas périphérique"

Emmanuel Macron a été accueilli par trois élèves du collège Galilée d'Evry et le président du centre des monuments historiques, Philippe Bellaval.

Devant le monument de la Convention où 111 enfants (élèves, collégiens et lycéens qui ont tous participé au concours de la Flamme de l'égalité) attendaient Emmanuel Macron. La comédienne Sourya Adèle a lu un témoignage de l'esclave Lucille, puis un collégien a lu le décret d'abolition avant qu'un autre comédien, Christian Julien lise un texte de Gaston Monnerville.

Emmanuel Macron s'est ensuite rendu dans la crypte, accompagné de Frédéric Régent. Première halte devant les tombeaux de Condorcet et l'abbé Grégoire, puis devant les plaques commémoratives de Toussaint Louverture et Louis Delgrès. Ils se sont ensuite rendus devant le caveau de Victor Schoelcher où le président a déposé une fleur. Frédéric Régent l'a rejoint et évoqué Félix Eboué. Le président d'est ensuite arrêté devant la plaque dédiée à Aimé Césaire et Jacques Martial a dit un extrait du "Cahier du retour au pays natal" qui a "bouleversé" le président de son propre aveu : "C'est un texte d'une violence, d'une humanité et d'une douceur extraordinaire... Le flow du texte le montre et ça rend formidablement compte de ce qu'est la complexité de cette histoire." Le président estime que la réconciliation des mémoires, c'est "ne jamais les négliger en voulant cacher la vérité, mais sans rester dans une culpabilité irréparable... Il y a cette violence et cette humanité douce, c'est ça une nation."

"Une histoire très française de ce rapport à l'esclavage"

Le président a expliqué  aux enfants présents qu'il y avait de grands héros de l'émancipation et des droits humains, "en particulier ceux qui ont lutté contre l'esclavage dont tout ceux que nous venons de parcourir. Et je pense que montrer cette chronologie, montrer que dans ce lieu, on a aussi cette histoire là qui regarde la vérité en face, notre passé avec ses pages sombres, mais aussi avec des actes de Françaises et de Français qui ont voulu cette émancipation... Il y a une histoire très française de ce rapport à l'esclavage avec ses pardons, sa part de culpabilité, mais aussi avec des Françaises et des Français qui ont voulu tourner cette page..." Le président a eu encore un mot pour "les Noirs, françaises et français, qui ont endossé cette histoire très différemment de ce qu'on a connu dans les sociétés anglo-saxones". Emmanuel Macron a fait une référence aux Etats-Unis où il était en déplacement officiel il y a quelques jours et où la ségrégation était encore en vigueur il y a quelques décennies. "Ce n'était pas le cas en France", s'est-il réjoui. Emmanuel Macron a voulu par cette cérémonie nouvelle dans son genre (le chef de l'Etat ne sera pas au Luxembourg le 10 mai prochain, où seul sera le Premier ministre, puisqu'il sera à l'étranger pour recevoir le prix Charlemagne) que "les gens se remémorent ce qu'a été l'histoire française avec toute sa complexité, tous ses aspects". C'était d'autant plus important dans ce lieu qu'il a qualifié de "temple de la reconnaissance de la nation" : "Cette histoire-là n'est pas périphérique", a-t-il conclu.

Le décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies fut signé à l'hôtel de la marine le 27 avril 1848 par les membres du gouvernement provisoire de la 2e République avant d'être mis en application le 22 mai en Martinique, le 27 mai à la Guadeloupe, le 10 juin en Guyane et le 20 décembre à la Réunion.

Pas de foule et des personnalités

La cérémonie en elle-même a été d'une grande sobriété et presque intime. D'abord, dès 14 heures, les forces de l'ordre avaient fait dégager la foule de la place du Panthéon. A l'intérieur, mis à part quelques personnalités invitées parmi lesquelles le président de la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale, le Guadeloupéen Olivier Serva, le président de la délégation outre-mer du Sénat, Michel Magras, l'ancienne ministre Christiane Taubira, le président de la fondation, Jean-Marc Ayrault, l'ancien premier ministre du Bénin et auteur du premier rapport sur la fondation, Lionel Zinsou, le conseiller Outre-mer du président Stanislas Cazelles, le président du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, Frédéric Régent, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, et encore le doyen de l'université Cheikh Anta Diop, Brahima Thioub.

 

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 20:41

La ministre des Outre-mer veut réviser les systèmes d'alerte

A la suite de la réunion de travail sur le déclenchement des alertes à l'occasion de phénomènes climatiques majeurs, mercredi soir à Paris, Annick Girardin  a indiqué qu'un travail s'initiait immédiatement pour réviser les systèmes d'alerte à la Réunion. Après avoir exprimée sa sympathie et sa solidarité à l'égard de la famille des deux victimes de Fakir, Franck et Maeva, la ministre  a déclaré que la dizaine d'événements climatiques vécus cette année dans l'ensemble des territoires et les 20 morts que ceux-là ont causé, "obligent à se questionner pour améliorer le modèle". Contrairement aux Antilles, les systèmes d'alerte à la Réunion ne disposent pas de niveaux intermédiaires de type "vigilance" ou "prévision", de même ne sont pris en compte que les vents quand il faudrait devoir tenir compte des précipitations et de la houle. "Le travail débute immédiatement", a déclaré la ministre qui ajoute que comme à Saint-Martin où un travail est en cours pour adapter les construction au risque climatique, cela doit aussi "se faire à la Réunion comme ailleurs".

Annick Girardin a indiqué que le préfet avait fait une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle dès mercredi auprès du ministre de l'Intérieur et qu'elle avait d'ores et déjà débloqué le fonds de secours.

FXG, à Paris

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 04:15
Tanya Saint-Val au Trianon

Tanya Saint-Val effectue son grand retour à Paris avec un concert inédit qu'elle donne au Trianon le 28 avril avant les Antilles...

Elle sera accompagnée de Ralph Lavital à la guitare, Boris Adélaïde à la percussion, Yohann Dagnet à la batterie, Nicolas Pelage et Linda Rey aux choeurs, Gwen Lahudeux à la basse et Jonathan Jurion, chef d'orchestre.

"J'ai trouvé le couloir lumineux"

On vous a vu au Grand Rex récemment au spectacle des figures des femmes totem d'Outre-mer, mais ça fait longtemps que les Parisiens n'ont pas eu droit à un concert de Tanya Saint-Val...

J'ai fait déjà l'Olympia, le Casino de Paris,  la Cigale, le Divan du monde et c'est vrai que le Trianon c'est la première fois ! C'est un beau théâtre et aujourd'hui, ce que je ressens,  la femme que je suis,  mes témoignages,  ma volonté,  mon vécu font que aujourd'hui j'ai envie d'aller au Trianon et d'y faire quelque chose de très glamour,  un concert Tanya Saint-Val.

Il y a bientôt 18 mois,  vous avez sorti l'album "Voyage".  Ce spectacle sera-t-il le concert de "Voyage" ?

Ce spectacle est en lien avec tout mon  répertoire depuis les années 80.  Il y aura 3 ou 4 chansons pour chaque période. Il y aura un peu de tout,  jusqu'à "You and me", "Mon petit nom", "Love" et tous les premiers comme "Mi", "Chalé", "Carole", "Calin" et les derniers titres et la présentation de quelques chansons de l'album "Voyage".

Ce sera donc plus que "Voyage", mais un grand voyage dans l'univers de Tanya Saint Val ! Remontons aux années 1980, quels souvenirs vous viennent-ils ?

Je me souviens de Joël Nankin que je connais depuis toujours parce que nous étions voisins de palier. Il me voyait aller à l'école et j'étais en classe avec sa nièce. J'étais là le jour où il a été arrêté... Je savais qu'on allait l'arrêter, je le sentais...  Quelques semaines avant, j'étais chez Henri Debs,  en studio, en train de mixer,  et je voyais dans la rue Frébault plein  deux gens,  des métros qui allaient par deux.  J'ai trouvé ça très bizarre...  Il y en avait partout dans Pointe-à-Pitre. J'étais avec Willy Salzedo et Frédéric Caracas...  Ça ne pouvait pas être des touristes ; il n'y avait pas encore de bateaux de croisière et ce n'étaient que des hommes... Deux jours après il y a une bombe qui a pété au restaurant l'Escale.  J'ai pensé à ces gars qui marchaient par deux, mais je ne me suis pas mêlée...  Je n'étais pas au courant de la politique et je me souviens de Joël et de sa coccinelle noire.  Et puis un matin j'ai entendu "boum boum boum" à côté...  J'avais les larmes aux yeux,  je savais et j'entendais sa femme qui disait : "Joël, prépare-toi, ils sont arrivés." J'étais en larmes et quand je suis sortie sur le balcon, j'ai vu tous les gars que j'avais vus deux par deux qui encadraient l'immeuble.

Ainsi est née la chanson pour Joël Nankin ?

Je n'ai pas fait une chanson sur ça, mais comme c'est quelqu'un de profond,  et comme il était professeur d'Éducation manuelle et technique ­— il fabriquait des tables et des tambours —, j'ai écrit "Tamboo". Quand j'ai sorti l'album en 1986, il m'a envoyé un petit courrier pour me dire qu'il avait entendu "Tamboo". C'est mon histoire avec lui, c'est tout...

Poursuivons cette promenade dans le temps de vos souvenirs...

Dans les années 1990, c'est "Tropical"... Je signe dans une major, Mercury, et je pars en Angleterre. Ma vie,  ma carrière changent. Je vais sur les plateaux télé... Ovationnée...  Jolie fille... Je gagne très correctement ma vie...  A Londres, je rencontre des producteurs et mon tube c'est "Tropical".

Arrive l'année 1994...

C'est l'album "Mi" avec "Two Piti"... C'est encore une très très belle époque avec Jean-Christophe Maillard à la guitare et toujours Willy Salzedo.  Je suis toujours chez Mercury, au studio la Muettte  et là on vient me chercher pour chanter "Love affair" en duo avec Johnny Hallyday. Et je l'accompagne sur le Lorada tour en Allemagne, en Belgique,  en Suisse... Au fait "Taratata" ensemble,  la Cigale...  Nous avons fort peu de moment d'échange.  C'est très professionnel. Nous n'étions pas pas dans les mêmes loges...  Il y avait 4 ou 5 gardes du corps. Il y avait tout un jeu, un rituel quand il se préparait à sortir de sa loge. Quand il en sortait, on ne pouvait plus sortir de notre loge.  Si j'ouvrais la porte, on la refermait sur moi. Clac ! Ses gardes du corps lui faisaient un passage tapis rouge pour monter sur scène. C'était assez impressionnant ! On ne s'occupait de rien, je n'avais rien à faire. Tout était pris en main par les régisseurs, les couturières,  la maquilleuse... C'était des moyens que je n'avais et que je n'aurai jamais. Si, alors que nous étions en Allemagne, Johnny voulait dormir à Paris, l'hélicoptère était là et nous, on repartait en bus... On n'était pas du tout dans le même monde par la même sphère... Ce sont de superbes souvenirs. Je n'ai jamais vécu ça de toute ma vie avec un artiste. C'est du haut de gamme !

Arrivent les années 2000 et votre label Netty prod...

J'ai créé mon label tout simplement parce que j'avais envie de faire la musique que j'aime. C'est vrai qu'en étant dans une major, j'ai eu énormément de joie parce que tout était extrêmement bien organisé. J'ai fait deux albums avec eux, j'ai fait le Zénith, c'était génial, mais en même temps, il fallait répondre à des critères, faire tel type de titre... Je n'étais pas prête donc je négocié mon départ. J'ai créé mon label pour être indépendante, avoir une entière liberté sur mes compositions, le choix des musiciens... C'est vrai c'était plus dur pour la promo mais c'était un choix et à ce moment-là j'en avais besoin. A cette époque, j'ai sorti le disque du bicentenaire de l'abolition de l'esclavage, "Ansanm'" et je chanterai le titre "Anmwé", un titre qui a été écrit par mon père et qui me tient à cœur. Il traite de la canne et des usines sucrières qui ferment.

En 2004 vous sortez l'album de "Noël gospel"...

J'avais envie de remercier Dieu de m'avoir donné tant de succès, d'avoir répondu à mes prières... C'était symbolique pour moi, c'était fêter Noël autrement mais en offrant des cadeaux aux enfants et en faisant un geste ! J'avais eu de beaux garçons, j'avais une famille, je me sentais à l'aise, je ne pouvais pas ne rien faire pour Noël et ça a été "Noël gospel" avec Dominique Zorobabel,  Gertrude Seinin et Njie.

Et puis vient l'album "Soleil"...

Là je vais reprendre des chansons ! C'est l'album où je travaille avec Ali Angel... Il y aura "Mon petit nom", "What'up". C'est un album qui a eu énormément de succès parce que je revenais après la naissance de mes enfants avec un projet en 2008. À part le projet de gospel, j'étais restée silencieuse pendant très longtemps.  Le succès était au rendez-vous, malheureusement les événements de 2009 vont changer la donne...

2010 ?

Je ne sais pas s'il y a grand-chose, mais bien sûr, il y a la mort de Patrick Saint-Eloi et je sors le titre "An té vlé di" qui sera bien sûr au concert. C'est un bel hommage à Patrick Saint-Eloi... C'est une chanson que j'avais déjà,  mais qui existait en français. Je devais la sortir sur mon prochain album quand je reçois un petit mot sur mon portable. C'est Frédéric Caracas qui m'écrit : "PSE est parti." Je me suis assise sur mon lit, en pleurs, mais rien... Je n'arrivais pas à parler. Je connaissais Patrick depuis toujours ; sa maison familiale était à côté de la caserne de Miquel et mon père le connaissait depuis toujours. Moi je devais avoir 15 ou 16 ans la première fois où je l'ai vu. Je passais devant chez lui pour aller école et il me chantait déjà "Fabiola"... C'était un choc ! Sans réfléchir il y a une chanson qui m'est venue.  Elle s'appelait : "Je veux te dire". Je me suis dit que ça devait être cette chanson et comme PSE n'aimait pas le français et qu'il était un fervent du créole, j'ai chanté "An té vlé di".  J'ai changé le texte et c'est devenu une chanson pour lui.

Votre dernier album c'est "Voyage", avec deux aspect, soleil et lune, pourquoi ?

Le soleil, c'est l'aspect coloré, chaleureux des Antilles, la féerie, la fête...  Quoi que le zouk ne soit pas que ça ! Et comme le soleil préside au jour, la lune préside à la nuit...  Deux lumières ! Et comme je ne peux pas m'enfermer dans un seul style, dans le seul zouk puisque j'ai chanté dans la comédie musicale de Serge Bilé le rôle de Winnie Mandela, que j'ai participé au concept autour du blues avec Francis Cabrel... Ça aussi j'avais envie de le chanter mais quand même dans un style caribéen ! Je me suis crée un univers qui fait que aujourd'hui si j'ai envie de chanter du zouk,  je chante et si j'ai envie de chanter autre chose, je chante ! Et dans cette autre chose, il y a la biguine, le gwoka qui me permettent de m'exprimer différemment avec des textes, des témoignages plus forts. Dans les années 80, on pouvait danser du zouk sur des sujets forts,  aujourd'hui les gens de ne veulent plus entendre un sujet de société sur du zouk... Il a fallu que je crée quelque chose et c'est ainsi que j'ai fait ce premier jet de Tanya autrement, "Taya lune", qui est l'aboutissement de la femme que je suis, la mère que je suis...  C'est cela que j'ai envie de partager,  des sujets sur la psychologie,  sur les migrants,  l'amour... J'ai envie de me positionner et il y a des choses que j'ai envie dire que je ne peux pas dire dans le zouk ! C'est malheureux parce qu'on ne peut plus le dire dans le zouk alors que par exemple dans la Dancehall on peut le dire ! Moi je veux être libre et je veux pouvoir chanter ce que j'ai envie de chanter comme j'ai envie de le chanter ! J'ai créé mon espace liberté, deux  lumières,  soleil, lune,  c'est comme ça que j'ai trouvé le couloir lumineux. 

Propos recueillis par FXG, à Paris

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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 06:02

Annick Girardin confirme le calendrier des assises

Après la semaine intense de réunions que la ministre des Outre-mer a tenue avec les élus des territoires et les ministres de l'Europe, de la Santé, de l'Economie et le Premier ministre pour ce qui concerne Mayotte, Annick Girardin est venue rappelé sa méthode et son calendrier de travail. "Le premier pari gagné, a-t-elle déclaré, ce sont 25 000 citoyens qui ont participé aux assises des Outre-mer." Elle s'est félicitée d'avoir reçu quelque 2000 projets qui seront tous consultables sur le site du ministère même si tous n'auront pas vocation à être mis en oeuvre ou à se retrouver dans le livre bleu outre-mer. Le coordinateur des assises Thierry Bert rendra son rapport dans un mois. Ce rapport sera à la base du livre bleu outre-mer qui sera remis au président de la République lors de la dernière semaine du mois de juin. Dans la foulée, la Premier ministre présidera un conseil interministériel de l'Outre-mer, sans doute début juillet. Enfin, la ministre a indiqué que les contrats et plans de convergence prévus dans la loi égalité réelle outre-mer seraient mis en place en septembre au lieu du mois de juillet. C'est ensuite dans le projet de loi de finances 2019 que se retrouveront les moyens et outils décidés lors des assises.

FXG, à Paris

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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 06:01
Annick Girardin le 19 avril 2018

Annick Girardin le 19 avril 2018

INTERVIEW : Annick Girardin, ministre des Outre-mer

"Le gouvernement souhaite donner de la visibilité à la défiscalisation jusqu'à 2030"

Pouvez-vous nous assurer que la réforme des aides économiques n'a pas été l'occasion pour Bercy de donner un coup de rabot dans l'enveloppe globale des 2,5 milliards d'aide ?

Le Premier ministre a souhaité que je conduise cette réforme à périmètre au moins constant, dans le respect bien sûr des contraintes budgétaires. Il y a eu des coups de rabot en 2013, c'est vrai. Mais ici, ce n'est pas vrai ! Il n'y a pas de coup de rabot parce que ce n'est pas l'esprit de la réforme. Et entre nous,  « Bercy », comme vous dites, n’a pas besoin de prétexte pour en faire, c’est sa vocation.
Plaider la cause de l'économie ultramarine dans un contexte budgétaire tendu a-t-il été facile ?

La cause ultramarine, elle se plaide ! Les spécificités, la prise en compte de la différence, ça se plaide avec toujours autant de difficultés. Les débats budgétaires n’ont jamais été faciles. J'ai été quatre ans ministre et je peux vous le confirmer, et les anciens ministres des outre-mer peuvent en témoigner. Le gouvernement dans son ensemble est intéressé à la question des Outre-mer et le président de la République a voulu les assises pour co-construire avec les territoires des réponses plus adaptées. Ca ne veut pas dire pour autant que nous aurons un budget illimité ! Ca veut dire que lorsque l'on a des propositions sérieuses, au service des territoires et de leurs transformations, alors on trouve des alliés dans le gouvernement ! C’est l’écosystème économique que nous réformons. Ces aides sont indispensables aux entreprises de nos territoires. Nous devons les adapter, en créer de nouvelles, mais surtout sécuriser dans le temps, c'est que nous demandent les entreprises.

La Lodeom a-t-elle vocation à être remplacée ?

Oui et non ! Oui car je souhaite renouveler et prolonger ses outils. Non car à ce stade je ne pense pas qu'une grande loi de programmation soit utile. Tout peut se passer en loi de finances même si beaucoup de parlementaires préfèreraient une loi type LODEOM2. Mais dans tous les cas, c'est la loi de finance qui va clore le débat !

Au niveau des aides à l'investissement, qu'en est-il de la future défiscalisation et de sa lisibilité dans le temps ?

La défiscalisation est une aide d'Etat pour une période donnée. La période actuelle prend fin en 2020. Il n'est pas évident que l'on puisse inscrire les choses dans un temps beaucoup plus long, mais tout le monde au gouvernement souhaite donner de la visibilité à ce dispositif. Moi qui suis très attachée à l'accord de Paris et aux 17 objectifs de développement durables qui ont pour échéance 2025 et 2030, j’aimerai caler ces réformes sur ces deux grands rendez-vous, qu’on puisse s’inscrire dans ce même temps.

La TVANPR est-elle suprimée, si oui sera-t-elle remplacée ?

La TVA NPR a été initiée en 1953. Le dispositif a été retravaillé depuis, mais je crois que nous devons nous interroger sur son efficacité. C'est un outil dont les montants restent stables d'année en année dans les documents budgétaires, c'est 100 millions... Il faut réactiver cette dépense et créer un nouvel outil plus dynamique et qui soutienne les entreprises dans le développement, l'ingénierie et le financement. Le montant sera équivalent et le dispositif à la hauteur des besoins. Ce nouvel outil sera en outre accessible à la Guyane et à Mayotte qui était exclue de la TVA NPR.

Quels seront les contours du futur fonds d'investissement d'Etat ? Comment les entreprises ultramarines pourront-elles y prétendre ?

Des territoires ont déjà des fonds d'investissement, je ne sais pas si nous devons en faire un directement à la main de l’État. Ce qui est sûr, c'est que la palette d'outils ne permet pas d'intervenir au capital des entreprises, c'est pourtant essentiel. Nous devons construire avec les acteurs économiques des partenariats de développement sous forme de subventions, de garanties bancaires ou de capitalisation. Il n' y a pas d'un côté l'Etat, de l'autre les entreprises, il faut une communauté de destin entre les entreprises et les territoires, c'est essentiel pour donner un élan économique, créer de la valeur et donc de l'emploi. Le fond d'investissement ou tout autre moyen d'intervention au capital est un bon moyen de répondre à cet enjeu.

L'aide au fret est-elle maintenue ?

Il y a deux aides au fret, l'aide au fret portée par les fonds européens, qui continue à fonctionner, et l'aide au fret de l’État réactivée par la loi EROM. 5M€ sont budgétisés sur cette ligne, et nous n'avons pas l'intention de le remettre en cause.

Comment a été arrêté le montant définitif du CICE et par quoi va-il être remplacé ?

Le CICE a été apprécié par les services fiscaux qui se sont appuyés sur les déclarations des entreprises, ce sont des vrais chiffres, pas des estimations. Je sais la polémique sur l'écart présumé entre le montant exigé et le montant exigible, je l'entends. Le CICE sera aussi supprimé dans l’Hexagone : il a été pensé ainsi. Rien ne justifie que nous ayons un écart de méthode. Je crois que nos chiffres en projection pour 2019 convergent avec ceux des socioprofessionnels, je suis sûre de pouvoir les rassurer sur ce point dès que nous annoncerons les sommes...

Environ ?

Un peu plus de 500 millions d'euros.

Qu'en sera-t-il des exonérations de charges sociales ?
Il y a aujourd'hui huit dispositifs d’exonération de charges, c'est assez peu clair et assez peu lisible. En y réinjectant le CICE, se sont près de 1,8 milliard qui sont dévolus à la baisse du coût du travail en outre mer. L'effort est considérable quand on le compare à la masse salariale globale outre-mer qui est de 8,6 Md€, soit 20 %. Nous souhaitons des dispositifs plus clairs tout en maximisant l'efficacité de ces mesures sur la compétitivité des entreprises et l'emploi.  Nous finalisons nos propositions avant d'échanger avec les parlementaires et les socioprofessionnels, permettez moi de leur réserver la primeur de nos propositions.

Que deviennent les dispositifs zonés (ZFA, ZFU, ZRR) ?
Même réponse. Nous finalisons nos travaux de co-construction et je réserve mes réponses. Je peux dire que les dispositifs zonés doivent permettre aux territoires d'être attractifs pour les investissements extérieurs, mais également permettre d'encourager des activités nouvelles, notamment vers l'export. Sur le fond, mon avis est que le zonage sur des tous petits territoires n’a pas grand sens et qu'il faut une mesure qui concerne l'ensemble du territoire. 

Les professionnels et les parlementaires réclament le rétablissement de de l'APL Accession. Quelle est la position du ministère sur ce dossier ?

A la demande des parlementaires, nous avons établi un diagnostic précis des ménages concernés (environ 1350 sur l'ensemble des outre-mer, 376 à la Réunion). Le gouvernement présentera prochainement ses décisions pour prendre en compte et traiter au mieux les opérations en cours. A plus long terme, je proposerai des solutions innovantes pour repenser les parcours résidentiels avec les collectivités, dans un projet plus global de relance du plan logement outre-mer.

Vos prédécesseurs et anciens collègues au gouvernement précédent, Victorin Lurel et Ericka Bareigts vous ont dans leur ligne de mire, Comment vivez-vous leurs attaques vives et régulières ?

J’ai accueilli Ericka à son arrivée à l’Assemblée et elle a été ma collègue au gouvernement pendant un an. J'ai siégé de nombreuses années aux côtés de Victorin Lurel à l'Assemblée. Quand je suis entrée dans le gouvernement de François Hollande, Victorin Lurel en sortait. Il a été très impliqué sur de nombreux dossiers sur lesquels nous nous sommes retrouvés. Ericka Bareigts partage ma vision ambitieuse de la France océanique. Son engagement sans faille pour les outre mer est une chance pour nos territoires et la représentation nationale. Elle est investie à 100% pour les outre-mer. Je travaille avec tous les élus, d’autant plus quand ils ont été ministre des outre-mer et qu’ils ont un regard et une expérience à partager. Avec Ericka Bareigts et Victorin Lurel, on est des insulaires. On peut avoir le sang chaud, mais l’intérêt de nos territoires prévaut toujours.

 

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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 11:29

Audit 2018 de l’action d’Emmanuel Macron

Le Cégom (Collectif des États généraux de l’outre-mer / Fédération des Français d’outre-mers) lance la consultation nationale qu’il conduit chaque année, depuis les états-généraux de l’outre-mer en 2009, afin d’évaluer les politiques menées par les chefs de l’État successifs en direction des Français d’outre-mers.

Ceux qui veulent participer à l'audit 2018 peuvent le faire sur

https://goo.gl/forms/sc2FpgCXlzV7jVjW2

 

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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 06:55
Dol attaque l'Etat au TA

Les Affaires étrangères pour le rejet de la requête de Thierry Dol

Le recours de Thierry Dol contre l'Etat français a été dépaysé au tribunal administratif de Fort-de-France et est examiné le 24 avril 2018.

Avec ce recours contre l'Etat, personne morale de droit public, l'ancien otage d'Arlit entend  engager la responsabilité de l'Etat français pour faute lourde lors de la séquestration dont il a fait l'objet par Al Qaïda entre 2010 et 2013 et ce indépendamment de la faute des ravisseurs.

Libéré après trois ans de captivité, le 29 octobre 2013 avec ses camarades de captivité Daniel Laribe, Marc Ferret et Pierre Legrand, Thierry Dol a appris qu'il était resté en captivité pour une durée supplémentaire de 544 jours à cause d'une faute de l'Etat. En effet, il a été révélé que le processus de négociation en vue de sa libération et de celle de ses camarades avait pris fin de manière brutale le 3 mai 2013. C'est en effet à cette date que le directeur de la protection d'Areva, Jean-Michel Chereau prenait acte, par une lettre officielle, de l'abandon de l'Etat des négociations en cours.

Thierry Dol a alors dénoncé cette rupture de négociation le 11 mars 2016 en faisant un recours indemnitaire préalable adressé au cabinet du président de la République. Ce recours a été rejeté le 23 mai 2016 par le ministre des Affaires étrangères au motif que l'Etat n'aurait commis "aucune faute lourde susceptible d'engager sa responsabilité", indiquant par ailleurs que la saisine du Fonds de garantie des victimes di terrorisme faisait obstacle à toutes demandes  d'indemnisation complémentaires. Le 24 juin 2016, Thierry Dol a fait un recours contre cette décision, mais le 3 août, le directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères rejette sa nouvelle demande. C'est alors que Thierry Dol a saisi la justice administrative afin d'obtenir la condamnation de l'Etat à l'indemniser pour le préjudice résultant de la rupture des négociations, à savoir 544 jours supplémentaires de captivité.

Réalité ou non de la rupture des négociations...

Le tribunal administratif devrait se montrer retors dans la mesure où il met déjà en doute sa compétence ou encore l'aspect tardif de la requête de Thierry Dol. Par ailleurs, le mémoire en défense du ministère des Affaires étrangères indique que "l'obligation des ressortissants français à l'étranger ne saurait s'entendre comme une obligation de résultat", mais il ajoute : "Ce n'est qu'en cas de carence manifeste de l'Etat qu'une faute lourde de l'Etat est susceptible d'être caractérisée et d'engager la responsabilité de la puissance publique." Il estime que Thierry Dol ne fait pas la démonstration de la réalité de la rupture des négociations... Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères trouve l'évaluation que fait M. Dol de son préjudice au titre de ces 544 jours de détention supplémentaires "manifestement exagérée" et même non fondée ! Le ministre des Affaires étrangères propose au tribunal administratif de rejeter la requête de Thierry Dol.

FXG, à Paris

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 14:07
 iqué en ligne
LOGO France Ô

 

France Ô propose aux Ultramarins de l’Hexagone de devenir un des visages de la chaîne !

 

France Ô
 

En janvier dernier, les chaînes du groupe France Télévisions ont changé d’identité graphique.
À cette occasion, France Ô la chaîne des Outre-mer, change d’habillage.
Plus proche, plus spontanée, plus incarnée : France Ô souhaite faire de ses téléspectateurs les visages de son antenne !

 



Des petits modules de 10 secondes viendront ponctuer la programmation de la chaîne. Ils mixent des visages et des lieux tournés en Outre-mer et dans l’Hexagone.

 



Des tournages* seront organisés à Marseille, Bordeaux, Le Mans et Paris à partir du 11 juin prochain.

Vous êtes originaire d’Outre-mer, homme ou femme, jeune ou moins jeune, devenez un des visages de France Ô ! 

 



Pour participer, envoyez un selfie, précisez vos coordonnées mail ou téléphone, votre ville, la/les date(s) et où vous serez disponible à : yelena.dossantos@francetv.fr.

Date limite de vos envois pour participer : le 15 mai. Une fois sélectionné(e), vous recevrez un mail de confirmation et le lieu/horaire de rendez-vous.

* Une autorisation et une cession de droits à l’image sera signée lors des tournages par chacun des protagonistes.

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 11:11
Pollutions en Guadeloupe et Martinique

Ary Chalus, président de Région

"M. Hulot méconnaît vraiment les problèmes"

Que retenez-vous de la réunion consacrée à la crise chlordécone avec les ministres des Outre-mer et de la Santé ?

D'abord l'annonce d'un appel à projets pour que les scientifiques puissent faire des recherches et trouver des solutions pour que nous puissions éliminer cette molécule et rassurer la population. Mme Girardin a annoncé la tenue d'un colloque en octobre à la Martinique et j'espère que ce colloque nous apportera des. Ce qui est important aujourd'hui c'est que nous soyons solidaires,  que la population soit rassurée et que les scientifiques puissent proposer un plan pour remédier à cette pollution en Guadeloupe et en Martinique.

C'est le troisième plan chlordécone et ça fait 20 ans qu'on en parle. Tout ceci est-il bien utile ?

On est au troisième plan est peut-être y en aura-t-il un quatrième, un cinquième et que d'ici 400 ans, nous serons encore dessus... Nous attendons la venue du directeur de la santé, mais c'est des scientifiques nous attendons quelque chose, qu'ils trouvent un remède pour éliminer cette molécule et rassurer la population guadeloupéenne.

Sommes-nous sûrs de la qualité des produits importés ?

C'est une question qui s'est posée à Saint-Martin après les ouragans.  Nous avons envoyé de l'eau,  des aliments,  des racines dont des ignames susceptibles de contaminer Saint-Martin.  J'ai demandé à ce qu'on soit véyatif et surtout que l'on fasse un contrôle strict sur tous les aliments qui entre en Guadeloupe, notamment ceux qui sortent du Costa Rica. Car même si nous faisons un travail pour supprimer cette molécule si nous laissons entrer d'autres aliments de pays plus contaminé que nous,  ça n'arrangera pas le problème !

Y a-t-il un problème sur les limites maximales de résidus ?

Oui elles ne sont pas toutes au même niveau de pourcentage et ça a été un grand débat lors cette réunion mais ce sont les scientifiques qui nous donneront les résultats lors du colloque du mois d'octobre.

Les clés du problème sont donc dans les mains de scientifiques, pas tellement des politiques ?

C'est par là que nous aurions dû commencer, comme pour les  sargasses ! On ne peut pas nous dire quel est le niveau de toxicité, on ne peut pas nous dire si cela pose un problème de santé publique... Je crois que les scientifiques sont les plus aptes à nous dire aujourd'hui que faire, où, quand et comment dépolluer. Sara Gaspard qui est professeur de chimie à l'université des Antilles et qui nous a accompagné lors de cette réunion, nous dit que l'eau agricole qui sort de la montagne polluée peut polluer aussi la Grande-Terre ! Voilà pourquoi il est important de pouvoir financer des recherches.

Quel était l'état d'esprit de la ministre ?

Les deux ministres, Mme Buzyn et Mme Girardin sont vraiment prêtes à nous accompagner et à mettre les moyens pour que nous puissions définitivement régler ce problème.

Avez-vous le même optimisme avec la crise des sargasses ?

Nous ne sommes pas satisfaits de la présence de la directrice de cabinet de M. Hulot ! On aurait préféré que le ministre soit là pour nous écouter et prendre une décision. Il était dans une réunion à Notre-Dame des Landes ! Annick Girardin nous a indiqué sa volonté de lancer des appels à projet qui tardent à venir, mais ce qui est important actuellement, c'est que l'Etat prenne conscience de la gravité de ce problème.

Y aura-t-il une déclaration de catastrophe naturelle ?

L'état de catastrophe naturelle n'existe pas, mais c'est une catastrophe que nous vivons ! La ministre nous annoncé une centaine personnels. J'ai demandé l'intervention de l'armée pour nettoyer les communes, qu'on puisse mesurer sérieusement le PPM et avoir des résultats sur le niveau de toxicité de ces sargasses. Nous avons des entreprises à Capesterre de Marie-Galante qui ont un marché pour travailler et qui ne peuvent travailler car les gens ne peuvent respirer !

Etes-vous satisfait de la somme débloquée ?

1,7 millions, ce n'est pas assez ! Le sénateur de Saint-Barthélemy, Michel Magras nous a indiqué que sur sa petite île, il dépense 1 million dans l'année. Pour la Guadeloupe, 1,7 millions ne seront pas assez !

Vous vous êtes entretenu tout de même avec M. Hulot, il y a quelques jours au téléphone...

Je me suis rendu compte qu'il méconnaît vraiment les problèmes parce qu'il m'a posé beaucoup de questions concernant l'impact sur la Guadeloupe. Mais comme je lui ai dit, si ça se passait dans l'Hexagone, en Bretagne ou ailleurs, je pense que plusieurs ministres se seraient déplacés. J'ai fait comprendre et entendre mon mécontentement, mais c'est à nos, Guadeloupéens et Martiniquais, d'être solidaires et de prendre nos responsabilités pour pouvoir soulager nos populations. Et nous devons coopérer à l'échelle de la Caraïbe pour trouver la source de ce fléau et l'enrayer définitivement.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Unanimité contre Nicolas Hulot dans le dossier sargasses

Mercredi 18 avril à Paris, la réunion consacrée à la crise sargasse au ministère des Outre-mer a viré au pugilat pour dénoncer l'absence du ministre de Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. "Il s'est fait représenter, je veux bien une fois ou deux, mais enfin pas tout le temps, s'est récrié le sénateur Maurice Antiste ! Et c'est vrai qu'on l'a rarement vu sur cette question qui est une question fondamentale d'environnement et liée à la santé !" La réunion a donc été tendue et le mécontentement partagé par tous, y compris les élus de la majorité. "Alors que c'est nous qui nous déplaçons à Paris, M. Hulot est allé régler le problème de Notre Dame des Landes, a commenté le député Jean-Philippe Nilor, ça nous interroge... Est-ce que si on zadifie, si on corsifie davantage nos méthodes, serons-nous mieux pris en considération ? C'est un beau sujet de réflexion que je soumets au peuple de Martinique et de Guadeloupe !" "C'est chaud, a renchéri le député Serge Létchimy, parce que j'ai le sentiment qu'au plus haut niveau de l'Etat, on ne prend pas conscience du niveau de la catastrophe. Alors, on fait de la gestion ! Cette gestion était possible quand il y avait des contrats aidés. On se débrouillait, on prenait des camions, des pelles de la mairie et on charroyait avec les mains quelques fois ! On se débrouillait... Mais ça fait plus de cinq ans ! On a essayé de traiter le problème en amont mais je ne vois rien..."

Face à  eux, la ministre des Outre-mer a montré la volonté de prendre à bras le corps ce problème et s'est engagée à ce qu'une conférence internationale sur le phénomène sargasse soit organisée. "Ce sera une bonne chose en termes de partage de expériences, de la recherche", a salué le sénateur Antiste tout comme M. Létchimy : "Si on ne ramasse pas les sargasses à la source ou en mer, il faut traiter et avoir un usage, donc il faut de la recherche, trouver une utilisation en termes d'engrais, de valorisation... On tâtonne encore trop !" "Il y a un problème d'émanations gazeuses, complète M. Antiste, mais aussi des particules qui se fixent sur les façades des habitations, une espèce de suie... Quel est le niveau de la recherche dessus ? Parce que si ces particules se fixent sur les façades, elles se fixent également dans nos poumons et nos estomacs ! Qu'on nous dise vite la nature réelle de ces particules pour qu'on puisse se protéger." Serge Létchimy veut connaître "la toxicité véritable et les conséquences sur des gens et l'économie".

Les sargasses ont un effet sur l'environnement, sur la santé, sur l'économie, le tourisme, les activités nautiques, la pêche, mais elles ne sont pas considérées juridiquement comme une catastrophe naturelle. "On nous explique que c'est une catastrophe, explique M. Nilor, que c'est un phénomène naturel mais que ce n'est pas une catastrophe naturelle !" Car évidemment, l'enjeu, c'est le déblocage de moyens immédiats, notamment des assurances. La ministre a annoncé des moyens matériels : 1,7 millions d'euros à répartir entre la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. Une somme jugée insuffisante même si Annick Girardin a indiqué que son ministère pourrait rallonger si nécessaire. "On ne résume pas le destin d'un peuple à 1,7 millions", a commenté Serge Létchimy. Annick Girardin a encore annoncé 100 personnes réparties en 20 brigades entre la Martinique et la Guadeloupe, soit sous forme de travaux d'intérêt général, soit des jeunes du SMA.

FXG, à Paris

Une réunion interministérielle attendue

Face à la levée de boucliers des élus desAntilles et de la Guyane, Annick Girardin a indiqué qu'elle rencontrerait bientôt Nicolas Hulot en compagnie d'Agnès Buzyn (Santé) et de Frédérique Vidal (Enseignement supérieur et Recherche). C'est avec eux d'ailleurs que seront décidés les moyens financiers supplémentaires consacrés au ramassage et à l'élimination des sargasses.

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