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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 19:44

Léon Bertrand décore les trois traiteurs martiniquais du salon de l’agriculture

Alfred Almont et Dominique de la Guigneraye ont opéré dans l’ombre et le réusltat est tombé : Léon Bertrand, le ministre délégué au Tourisme, s’est rendu, hier en début d’après-midi au hall de l’outre-mer du salon de l’agriculture pour remettre la médaille de bronze du tourisme à trois martiniquais qui exercent leur métier de traiteur dans les principales foires et salons nationaux. Marcel Louiset, patron de Douceur créole, Henri Bonnemain, patron de Madras, et Jean-Marc Floro, patron de Tropiques diffusion, reçus sur le stand de la Martinique, ont été ainsi mis à l’honneur. « C’est la reconnaissance nationale de votre action en faveur de la promition de la Martinique », a déclaré le ministre avant de leur accrocher la médaille tricolore.
(Photo : RDG)

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 19:43

Mediatropical n’émet plus

Depuis hier, un texto alarmiste circule dans la communauté antillaise de Paris. Ce SMS indique : « Médiatropical ne fonctionne plus depuis deux jours. Le Pdg roule en Mercedes toute neuve, les salaires n’ont pas été payés, l’électricité est coupée. Aidez Mediatropical… » S’ensuit un numéro de compte bancaire domicilié à la BNP. Alice Catoire, la fondatrice de la radio antillaise de Paris, s’insurge contre ce qu’elle appelle de la désinformation. Elle reconnaît que l’antenne a été coupée mardi en fin d’après midi et qu’elle devrait reprendre à compter de ce jeudi. « Il s’agit d’un réaménagement de l’antenne de diffision. Pour le reste, elle se dit persuadée d’une volonté de nuire. « Cette réparation était prévue de longue date et nous avons pris du retard », explique-t-elle, consciente que la technique de sa station soit vétuste. Quant aux salaires non versés, elle admet que le changement de banque de Médiatropical a conduit à verser les salaires à la date du 2 mars. Enfin, elle assure que Daniel Valminos, le Pdg ne roule pas en Mercedes, mais en 407 vieille de 2 ans ! Enfin, sur le compte bancaire, elle assure que ce compte n’est celui de Médiatropical qui est au Crédit agricole. Alice Catoire envisage de déposer une plainte.

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6 mars 2007 2 06 /03 /mars /2007 18:12

REPORTAGE

A la table des Jurés

Les jurés spécialistes du rhum du concours général agricole se sont retrouvés hier matin au salon international de l’agriculture pour distribuer les médaille aux nouveaux crus.

Trois médailles d’or pour la Guadeloupe, 4 pour la Martinique, 6 d’argent pour la Martinique, 2 pour la Guadeloupe,5 de bronze pour la Martinique et 1 pour la Guadeloupe !

En une matinée, la soixantaine de jurés (dont 30 fournis par l’académie du rhum de Charles Claude), répartis sur 12 tables, ont scellé pour une année l’image des rhums agricoles et punchs en compétition. Ces goûteurs viennent de tous horizon : Paul Luu, directeur de l’ODEADOM (c’était son premier concours), Alfred Jocksan, reporter chez Amina, Marcel Morvany de la chambre d’agriculture de Guadeloupe, Grégory Grob du syndicat des AOC Martinique, Roland Darosa, président de la Copcaf Guadeloupe, Aurélien Bémol, retraité martiniquais du ministère de l’Agriculture, Laurent et Charles Claude (académie oblige), notre confrère Gabriel Galion, le distillateur de Marie-Galante, Dominique Thierry, et même un des Frères ennemis, l’humoriste et chanteur André Gaillard ! Sur les tables, outre les bouteilles aux étiquettes mystérieuses, du pain, de l’eau, des verres et du papier pour noter. Au sol, un crachoir… Côté punchs passion, « on cherche à détecter des anomalies dans les couleurs et les goûts », confie Christian Bidonnot (Top moun). On sent qu’il regrette de ne pas goûter les rhums tandis que sur les tables des rhums blancs, certains regrettent de ne pas goûter les rhums vieux… Pau Luu regrette quant à lui de devoir les déguster sans sucre et sans citron ! Jocelyn Daniel (à la même table) demande à vérifier le degré d’alcool de deux bouteilles… « Ca dégage, ça arrache… Mais on a un bon cru avec les vieux ! »

Couleur, limpidité, impressions olfactives et gustatives

A la table des rhums blancs de Martinique à 50°, Dominique Thierry observe qu’ils ont affaire à cinq très bons rhums : « C’est difficile de préciser son choix. » Pour faciliter leur décision, les dégustateurs doivent noter la couleur, la limpidité, donner leur impression olfactive et leurs impressions gustatives, une première impression et un seconde, en longueur. A la table de Charles Claude, on goûte le blanc Guadeloupe à 59°. Tout le monde sait qu’il boit du Marie-Galante. « Le bielle est meilleur que le père Labat. Tu peux déjà dire que le Bielle a l’or », annonçait lors de l’apéritif suivant le concours le patron de l’académie du rhum. Manqué, c’est Bellevue qui coiffe Bielle ! En revanche, ils ne se sont pas trompés sur le Séverin 50°, « transparent, agréable, harmonieux ». A la table de Marcel Morvany on goûte les rhums blancs Guadeloupe 55°. Ils n’auront aucune médaille. Beaucoup de rhums sont jugés « rapeux, brûlants, agressifs, durs… » A la table des rhums blancs de Martinique à 50°, on considère que « il n’y a pas de mauvais produits ». « Deux sortent du lot », confie Laurent Charles. Vers 11 h 30, tout est plié et tous les jurès se retrouvent au stand des AOC Martinique pour, enfin, boire du rhum !

 (Photos : Régis Durand de Girard)

Trois questions

Aurélien Bémol, juré

« Notre verdict est un accompagnement »

Comment vous êtes-vous retrouvé juré ?

Je suis juré depuis quinze ans et économiste en retraite au ministère de l’agriculture. Je suis de Basse-Pointe. Voilà mes accointances avec le rhum et le salon !

C’est facile de faire un choix ?

Non, c’est difficile de choisir parce qu’on nous propose de déguster des produits de qualité et que nous devons déceler les efforts du producteur. Notre verdict est avant tout un accompagnement. Il doit être positif même s’il n’accorde pas de médaille.

Vous avez dégusté les rhums traditionnels de la Réunion, pour un Martiniquais, ce n’est pas difficile ?

C’est un plaisir de déguster les rhums blanc et les rhums vieux de la Réunion. Ils ne sont pas moins bons que les rhums antillais, ce n’est pas le même produit et les Réunionnais doivent cultiver leur différence et conserver la spécificité de leurs produits. On ne peut comparer. Et même si le rhum agricole reste le premier produit, chacun a sa valeur.

Le palmarès

Rhum blanc Martinique 50°

Or : Fleur de canne Saint-James

Argent : Neisson

Argent : Clément

Rhum blanc Martinique 55°

Or : La Mauny

Argent : Bally

Bronze : JM

Rhum vieux Martinique, 3 à 4 ans d’âge

Or : Trois-Rivières, Réserve spéciale

Argent : Depaz

Bronze : Habitation Saint-Etienne

Rhum vieux Martinique, plus de 4 ans

Or : Clément 10 ans

Argent : Dillon, réserve du Comte Arthur

Bronze : Habitation Saint-Etienne XO

Rhum blanc Guadeloupe 50°

Or : Séverin

Bronze : Bielle

Rhum blanc Guadeloupe 59°

Or : Bellevue

Rhum vieux Guadeloupe, 3 à 4 ans d’âge

Argent : Reimonenq 2003

Rhum vieux Guadeloupe, plus de 4 ans

Or : Damoiseau 15 ans

Argent : Reimonenq 2000

Schrubb

Bronze : Biguine-Dubois (Socara, Fort-de-France)

Punch passion

Bronze : Isautier (Sopavi, La Réunion)

Punch Coco

Argent : Dillon

Bronze : La Mauny

Punch planteur

Argent : Séverin

 

 

 

 


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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 20:40

Villepin à l’Espace outre-mer

On attendait Villepin lundi, mais il n’est pas passé à l’espace outre-mer. Une délégation des présidents de chambre d’agriculture conduite par Paul Luu, de l’Odeadom, s’est rendue à la rencontre du Premier ministre au stand du ministère de l’Agriculture.

Chargés de fruits tropicaux, de fleurs et de rhum, des paniers ont été préparés à l’intention de l’hôte de Matignon. Louis-Daniel Bertome, le nouveau président de la chambre d’agriculture de Martinique s’est fait le porte-parole de la profession : « Avec le nouveau système d’aides, les bananiers sont confrontés à un vrai problème de trésorerie. Nous ne possédons aucun document officiel qui permettrait au groupement de débloquer des avances de trésorerie. » Hier matin, Dominique de Villepin lui a assuré en personne qu’une réunion avec MM. Bussereau et Baroin sur le sujet aurait lieu dans les 7 jours. Daniel Dolin de la chambre de Guadeloupe évoquait les problèmes de continuité territoriale pour le frêt : « Les propositions pour une prise en charge d’une partie du coût commencent à dater. » Et puis, il y a le quota de sucre français qui doit baisser de 12 %. « Cela risque de nous pénaliser alors que nous atteindrons, cette année, notre quota de 75 000 tonnes. » Louis-Daniel Bertome sait que les ministres connaissent ces problème, mais il pense la période électorale « troublée » est peu propice à l’avancement des dossiers.  Il n’hésite pas à rappeler le blocage du fort Saint-Louis en 1999… Un haut-fonctionnaire se veut apaisant : « La période est propice pour arracher des décisions. » Dominique de Villepin a accordé 15 minutes aux ultra-marins, a dégusté un produit du terroir avec Eric de Lucy, sans se départir de son sourire ravageur. Un peu plus tard, Dominique de la Guigneraye (Spridom) rencontrait sur son stand le nouveau conseiller outre-mer de Jacques Chirac, Louis Lefranc. La dernière réunion relative au contingent de rhum remonte à l’automne 2006 et depuis il ne se passe plus rien… C’est cela aussi le salon.

La locomotive du Salon international de l’agriculture

« L’espace outre-mer est la locomotive du salon » a déclaré une des personnes responsables de comexpo, organisatrice du salon de l’agriculture. Après le week-end d’ouverture, les exposants se frottent les mains. Chez Caraïbes melonnier, on a écoulé tout le stock (80 colis) et lundi matin, une deuxième palette arrivait par avion avec autant de marchandise… « Samedi, on a plus vendu que l’an passé durant tout le salon ! », témoigne Isabelle Kader, sélectionneuse à l ‘usine de Portland au Moule et qui anime le stand avec Vivianne Narayananadom. Grégory Grob, du syndicat des rhums AOC de Martinique, estime que c’est un très bon salon qui s’annonce : « La fréquentation est en hausse de 20 % par rapport à l’an passé. » L’ultime visite présidentielle y est sans doute pour beaucoup ainsi que la campagne qui doit amener Bayrou et Lepen, ce matin, Royal et Sarkozy mercredi et jeudi. En attendant de voir lesquels passeront par l’outre-mer.

Une griffe pour Copcaf

Les planteurs de café de la côte sous le vent sont venus présenter leur production pour la première fois en tant que groupement. Commercialisé sous le nom de la coopérative, Copcaf, le café Guadeloupe devrait bientôt avoir sa griffe. On évoque des marques comme Mont d’or, Ami Roro ou Bovis… Une commission, en accord avec la Région Guadeloupe, a été constituée pour aboutir, après le salon de l’agriculture. En attendant, eux aussi ont écoulé à gogo des tasses de café (à 2 euros), ce week-end. « Les torréfacteurs nous connaissent mais pas le grand public, explique Anaïs Pompilius, secrétaire de la Copcaf, nous sommes là pour accroître la notoriété de notre café ».

La Guyane, grande absente du salon

Pour la deuxième année consécutive, la Guyane n’est pas présente au salon international de l’agriculture de Paris. Des difficultés financières seraient à l’origine de cette défection. Une situation qui, selon Paul Luu de l’Odeadom ne devrait pas durer.

(Photos : RDG)

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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 18:08

La MC Malcriado, interview croisée des quatre MC

     JP, Stomy Bugzy, Jacky Brown et Izé dans leur loge du New Mornig, le 2 mars dernier (Photos :     Régis Durand de Girard)

La MC Malcriado a donné son premier concert public, vendredi 2 mars au New Morning à Paris, deux mois après la sortie de leur album Nos pobreza ke nos rikeza.

 « La MC Malcriado, c’est le Bisso Nabisso des Capverdiens »

Présentez-nous la MC Malcriado...
Izé : C’est la réunion de quatre rappeurs, Jacky Brown des Neg marons, Stomy Bugzy, JP et moi. Nous sommes tous originaires du « petit pays », des îles du Cap-Vert. C’est le quartier, la famille qui nous a réunis.
Jacky Brown : La MC Malcriado, c’est une affaire de famille, ce n’est pas la musique qui nous a réunis.
JP : On se connaît tous depuis toujours. Mon père, celui d’Izé et celui de Jacky sont arrivés en France par le même bateau. Ma mère et celle de Stomy étaient très copines. Avant même notre naissance, la connexion était faite.
Izé : Nos parents sont arrivés en France dans les années 1970. J’ai grandi à Belleville et je suis tombé dans le brassage culturel. Je voulais aussi faire connaître la culture du Cap-Vert à Belleville. Dans Double nationalité et Mobilizé, il y avait déjà un mélange de musique cap-verdienne et de rap. Enfant, Jacky, mon cousin, chantait avec moi. JP, Stomy et Jacky vivaient ensemble à Sarcelles.

Malcriado veut dire mal élevé. Quel est le message ?
Izé : On nous appelait la mafia capverdienne, on voulait pas, on a préféré la MC Malcriado, les mal élevés. Pas forcément dans un sens péjoratifs, on peut être mal élevés face à la misère. Chacun de nous est mal élevé contre quelque chose.
JP : Je suis mal élevé dans le bon sens du terme. C’est une métaphore. A la base on est tous bien élevé, c’est une métaphore contre tout ce qui est négatif.
Stomy Bugzy : Nous sommes mal élevés face à toute forme d’injustice. C’est notre côté rebelle, mal élevés face à l’ancien colonisateur. On ne marche pas dans le rang !
Jacky Brown : Je suis de la family Brown dans le 95 ! A la base j’appartiens aux Neg maron. Un nom choisi pour fuir les préjugés et les stéréotypes qui font des banlieusards des drogués et des voleurs. C’est ça mon côté Malcriado. S’insurger contre l’injustice, ce n’est pas être mal élevé dans son éducation, c’est de la rébellion, un refus de la soumission.

Comment a débuté l’aventure de la MC Malcriado ?
Izé : Ca a commencé en 1998 au festival de Bahia das Gatas à Saint-Vincent (une des îles du Cap-Vert). C’est le Woodstock des îles ! Il y avait Stomy, Jacky et JP. Il ne manquait que moi. Je suis allé faire ce festival en 2003, mais seul.
Stomy Bugzy : C’était un concert de rap. Jacky était en vacances là-bas, à Santiago. Je suis venu avec JP et Amilcar, notre manager. On avait préparé quelques morceaux mais on a beaucoup improvisé et la sauce a pris. C’est là qu’on a décidé de faire le groupe. On nous appelait la mafia capverdienne mais il y avait déjà la mafia Zanfri alors on a pris Malcriado.
JP : Ca a pris le temps qu’il a fallu. On l’a fait à la vibes. Jacky et Stomy ont un planning chargé. C’était pas facile de se retrouver en studio. Mais on y est arrivé et on a fait l’album. La première partie a été faite à Paris en 2004 au festival de Bahia.
Jacky Brown : Au concert de Stomy, rien n’était prévu et au vu de la réaction du public, on a compris qu’il y avait quelque chose à faire. On avait déjà fait Bisso Nabisso avec les Congolais du rap, la MC Malcriado, c’est le Bisso Nabisso des Capverdiens.
Izé : Ca a pris en 2005, on était là, tous les quatre. Depuis huit ans on en parlait. On a pris le temps…
Stomy Bugzy : Depuis 1998, on travaille sur l’album à la coule. L’album a mûri avec nous. On a mis un peu de pression à la fin. Il y avait trop de morceaux inachevés ! On a terminé fin 2006.

Vous aviez déjà joué ensemble ?
Izé : Mon premier titre avec Stomy, c’est un single, Olele Cabo Verde, en 1996, sur l’album Le calibre qu’il te faut, du rap qui parlait déjà du « petit pays ».
JP : Je joue avec un collectif, Les deux doigts, avec Boulet. On a participé à des compils avec Stomy (Sale gosse), on a même fait un titre sur les discriminations sur les terrains de foot avec l’équipe de France et Marc Lavoine. En 2001, on a sorti un maxi, Manuscrit.

C’est facile de passer du rap à la musique capverdienne ?
Izé : Passer du rap à la musique du Cap-Vert… On l’avait en nous ! C’est comme sa langue maternelle et ça n’a pas été difficile de le sortir sur CD ! On sait d’où on vient, on connaît la richesse de nos dix petits cailloux, on parle la langue. Il y a la grande dame, Césaria Evora, et notre génération. L’idée, c’était plutôt de se dire « on va le faire », passer du dire au faire !
JP : C’était une expérience et un défi. Je suis né en France, mais ma langue maternelle est capverdienne. Enfant, j’écoutais ma mère chantant en faisant le ménage. Elle chantait le morna, des slows très doux, la coladera, des rythmes de Saint-Vincent. La musique de mon père était le funana ; il est de l’île de Praïa.
Stomy Bugzy : On garde notre flot de rappeur avec un peu plus de mélodie. C’était une envie et un besoin de s’exprimer dans la langue du Cap-Vert.
Jacky Brown : Je suis un MC qui doit être capable de s’adapter à toutes les musiques, toutes les situations. La musique du Cap-Vert, j’ai baigné dedans. Ca a été facile ! Ca a été une envie, mais ça a été surtout instinctif.

Que signifie le titre de l’album, Nos pobreza ke nos rikeza ?
JP : Nos pobreza ke nos rikeza, c’est notre pauvreté qui fait notre richesse. Chez nous, il n’y a pas de pétrole, pas de matières premières et c’est pas plus mal. C’est peut-être ça notre force !
Stomy Bugzy : Avec cet album là, on a un projet de tournée mondiale !
Izé : L’histoire ne fait que commencer !
Jacky Brown : Maintenant le souhait c’est d’en faire d’autres, continuer.

Quelle votre actualité en dehors de la MC Malcriado ?
JP : Je viens de réaliser un DVD sur le rap et la boxe thaï (Pirana prod). Les Français sont les meilleurs en boxe thaï et ça ne sa sait pas. A chaque boxeur, j’ai fait correspondre un rappeur.
Stomy Bugzy : Je sors Rime passionnelle le 21 mai, un album politiquement engagé, plus provoc et plus hardcore. Je reviens à mes premières amours du temps de Ministère amer. Le 20 juin, Gomez et Tavarez, le n°2, sort en salle et je joue le rôle d’André Aliker, en Martinique, sous la direction de Guy Deslauriers.
Jacky Brown : J’anime deux émissions sur Skyrock et Trace TV. Avec Neg maron, on finalise un album qui sortira en juin ou septembre.

 

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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 16:07

L’outre-mer au hall 7

Loin des vaches chères au président de la République, les régions d’outre-mer sont rassemblées au hall 7 du parc des expositions de la porte de Versailles avec les régions métropolitaines. A peine entré, ça sent les accras ! Et si les allées de la région Bourgogne, toute proche, sont encore clairsemées, ça se bouscule dans celles de l’outre-mer. Les stands de rhum (Dillon, Les AOC de Martinique, Clément/Damoiseau, Bielle, Bologne) sont pris d’assaut.  Les stands institutionnels (chambres d’agriculture, ODEADOM) sont encore tranquilles mais les fleurs tropicales se vendent comme les petits patés créoles chez Kdo des îles (Morne-Rouge, Macouba), Couleur Karukera ou Pastel fleur (Capesterre-Belle-Eau).
La foule se presse au stand de la banane. Christine Aron, l’une des quatre athlètes qui a accepté de figurer dans la campagne de promotion de la banane antillaise est là. Elle pose et signe des photographes avec une grande gentillesse et une extrême patience sous les flashes des photographes et des téléphones portables ! En face, le stand de Marie-Galante production profite de cette aubaine pour vendre à gogo ses sorbets coco. Deux sorbetières tournent  en permanence ! Au stand Clément, on espère avoir la visite de Dominique de Villepin, ce matin… C’est la journée de la Martinique. La Guadeloupe organise la sienne jeudi (ce sera la visite de Sarkozy, mais on attends aussi Ségolène et Lurel…). Demain mardi, c’est le jour du concours général agricole pour nos rhums. Les jurés sont invités à venir déguster à l’aveugle punches et rhums à partir de 10 heures. (Photos : Régis Durand de Girard)

IMAGE

Chirac au salon de l’agriculture

    Photo : Christophe Gosselin

Pour sa probable dernière visite du salon international de l’agriculture en tant que chef de l’Etat, Jacques Chirac a passé plus de 4 heures à la porte de Versailles, samedi matin. Cette fois, le président n’est pas passé par le hall 7 où se trouvent les régions de France dont l’outre-mer. Le service du protocole su salon est allé chercher un représentant de chaque région pour le présenter au président. Pour l’outre-mer, c’est le planteur Martiniquais du Gros-Morne (banane et fleurs tropicales), Christian Jean-Philippe qui a été retenu. Il a offert au président une sélection de sa production.

A propos de la campagne de promotion de la banane antillaise

Trois questions

Véronique Julienne, directrice marketing de l’Union des groupements des bananiers (Photo : Régis Durand de Girad)

« Vendre mieux nos bananes »

Peut-on mesurer aujourd’hui les effets de la campagne publicitaire lancée en octobre 2005 ?

L’objectif de cette campagne était de créer de la notoriété pour la banane antillaise. En octobre 2005, moins de 70 % des consommateurs connaissaient nos bananes, aujourd’hui ils sont 75 %. Le programme va durer un an et demi. Nous disposons grâce à l’Etat, l’Europe et aux planteurs de 3 millions d’euros par an. Actuellement, il y a deux vagues annuelles en octobre et en avril (télé et affichage). A partir du mois de mai, nous rentrons dans la presse magazine pour raconter l’histoire des planteurs, parler de leur savoir-faire et de leur engagement envers la terre et les hommes. A la notoriété, nous voulons ajouter une image de qualité. Par la suite, nous espérons lancer un deuxième programme.

Aron, Monfils, Anelka et Flessel vous ont-ils aidé à vendre plus de bananes ?

Nous avons toujours vendu toutes nos bananes, mais il s’agit de les vendre mieux pour améliorer le revenu des planteurs et pour valoriser leur production dans un nouveau contexte très concurrentiel. Nous résistons bien à l’arrivée des nouvelles bananes d’Amérique du Sud et s’il y avait un objectif à cette campagne, c’était bien celui-là !

A-t-on une idée de nos parts de marché ?

On commencera à se faire une idée de nos parts de marché d’ici quelques mois. Nous avons mis en place un panel et récolté les premières données en décembre dernier. Nous aurons des résultats en juillet prochain.

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 16:20

Nelly Olin  vient inaugurer le 1er conseil d'administration du parc

La ministre de l’Ecologie et du développement durable, Nelly Olin sera en Guyane du 11 au 14 mars. Accompagnée de Léon Bertrand, la ministre vient une dizaine de jours après la publication du décret portant création du parc national amazonien de Guyane. Selon son entourage, « c’est très possible qu’à son arrivée, elle participe au premier conseil d’administration du parc ». La ministre va rencontrer les élus et les partenaires du parc. Elle devrait sans doute aussi se rendre à Mari-Pasoula. Nul doute que Léon ira montrer à Nelly les Amérindiens qui vivent dans le périmètre du parc… Et qui ont besoin d’électricité !

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 11:09
ILES DU NORD

Dominique Lacroix tient la corde

Son patron, Richard Samuel, refuse de confirmer l'information, mais il semble que ce soit bien le directeur adjoint du cabinet de François Baroin, ministre de l'Outre-mer qui soit le prochain préfet délégué de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Dominique Lacroix est actuellement sous-préfet et seconde Richard Samuel (et Dominique Vian auparavant) au ministère depuis juillet 2005. Auparavant, M. Lacroix était secrétaire général aux affaires régionales en Guadeloupe de 2002 à 2005. Sa nomination doit intervenir "dans les jours à venir", selon le ministère. Ce nouveau préfet aura en charge de mettre en place le nouveau statut des îles du Nord adopté par le parlement en février. Dominique Lacroix connaît bien le dossier saint-martinois et saint-barth, mais il s'attendait plutôt, dit-on, à devenir le préfet pingouin, c'est-à-dire, le préfet des Terres australes antarctiques françaises, les TAAF.

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 15:34

Marguerite Valentine Dersion dite Joby Valente

« Contre l’idéologie du concept de suprématie »

Photos : Régis Durand de Girard

BIO Express

Née dans une famille de commerçants de Fonds Saint-Denis, d’un père boucher et saxophoniste et d’une mère épicière, Joby Valente, la chanteuse rendue célèbre grâce à sa chanson Dis la rayé, vit aujourd’hui dans un appartement du 19e arrondissement de Paris. Bouleversée par la mort de Martin Luther King en 1966, requinquée au contact de James Brown et de ses « frères américains » d’Harlem en 1974-1976, l’artiste s’est vouée par la suite à la conscientisation des Noirs en France tout en menant sa propre carrière de chanteuse et de comédienne.

 






Coup de cœur : Je ne suis pas indépendantiste, mais heureusement qu’ils existent !

Coup de gueule : Les media prennent le peuple français pour des moutons.

Son rêve : Les gens doivent réaliser que le diamant est une pierre que l’on trouve dans la boue.

PORTRAIT

Vi la pa rayé

Entre la très jeune institutrice antillaise perdue dans les Aurès entre 1958 et 1962 et la présidente du MNH qui se bat depuis les années 1980 pour le respect des personnes, Joby Valente a profité de sa vie pour dévoiler différentes facettes de son personnage, rarement les mêmes ! Légère par sa musique, grave par ses engagements, Joby Valente a été l’une des premières à réclamer des média et des places éligibles pour les Antillais en France métropolitaine. La visibilité, c’est un combat que connaît bien celle qui protège encore ses amies chanteuses qui, dans les années 1960-1970, prenaient l’accent anglais pour parler à la télé ! « Je n’ai pas souffert du racisme, mais j’ai senti le manque de respect. Dans nombre d’auditions, on m’a dit : Vous avez une belle voix, mais il y a des chanteuses en France. »

Depuis 15 ans qu’elle voyait des Antillais militer et n’être que « des porteurs de seau d’eau », jamais éligibles, elle parvient à monter pour les régionales de 1986 une liste d’Ultra-marins avec des complices métros qui ont bien voulu se mettre à la place des porteurs de seau ! Sans média, elle parvient à rassemblé 4 365 voix en Seine-Saint-Denis et autant dans le Val d’Oise avec Guy  Guioubli, à la tête d’une liste pluriethnique. Lucette Michaux-Chevry est nommée ministre et Joby pense avoir été entendue. Elle n’a pas d’ambition politique, mais elle se retrouvera avec Nelson Mandela au parlement européen. En 1992, Le rassemblement démocratie et civisme qu’elle met en place présente la liste Moutoussamy aux européennes. « Nous avons eu des élus aux municipales, à Evry (Virassamy), à Stains (Toutoute-Fauconnier) ou à Sarcelles. » En 1998, elle devient vice présidente du comité des fils et filles d’Africains déportés (COFFAD). Joby Valente a été la suppléante de Dieudonné aux législatives en 2002 et aujourd’hui, elle ne cherche pas à le percevoir : « S’il fait des choses bien, tant mieux. Il en a fait de très bien. Il a été victime de déformation de ses propos puisqu’il n’a pas perdu ses procès. Il est victime d’une certaine injustice mais il a été un détonateur. » Aujourd’hui, Joby ne s’est pas engagée sur les élections à venir, mais le MNH reste actif, puisqu’il a attaqué Finkielkraut, Lévy et Nahon ou encore Pétré-Grenouilleau sur leurs présumés dérapages. Joby n’en oublie pas pour autant sa carrière artistique. Depuis 1986, où elle fait ses premiers pas dans le cinéma avec le rôle de Champagne Lady dans Under the cherry moon de et avec Prince, elle joue. Au théâtre (A fond la caisse, en 2006), à la télévision (Joséphine, un docu-fiction pour Arte, en 2005) et encore au cinéma (Amis de Michel Boujenah, en 2006).

INTERVIEW

Où avez-vous passé votre enfance ?

Ma mère avait une épicerie bar à Fonds-Saint-Denis. Elle chantait à la maison et ses frères étaient musiciens. Mon père, boucher, jouait du saxo avec Hurar Coppet et Saint-Hilaire. Chez les parents de ma mère, il y a avait des flûtes en bois accrochées au mur. Mon grand-père, Gérard Chantalou, était un excellent tambouyé. A 11 ans, je suis partie à Fort-de-France, au lycée de jeunes filles (l’ancien pensionnat colonial qui est devenu un parking !). J’ai eu mon bac lettres modernes et je suis partie à bord d’un bananier, en Algérie.

 

C’était la guerre, là-bas ?

J’avais l’impression que si je restais en Martinique, je deviendrais une épave et je ne voulais pas dépendre de mes parents. J’ai contacté en douce l’inspection académique qui m’a proposée un poste en Algérie. J’ai débarqué à Alger, puis j’ai pris le train jusqu’à Constantine. Il y avait de mines, c’était dangereux. Je m’en foutais, j’étais un « s’en fout la mort » ! A Constantine, on m’a trouvé un poste à Biskra, dans les Aurès. Le climat était rude.

Ressentiez-vous la guerre autour de vous ?

Le soir, c’était difficile de ne pas prendre conscience que nous étions en guerre. On voyait des fumées… Les transports étaient difficiles, les routes étaient barrées, gardées. Dans les villages, quand le bus passait, j’ai vu des gens égorgés. A Biskra, il y avait des barbelés qui séparaient les autochtones des autres. Et puis, il y avait le couvre-feu. De temps en temps, une grenade sautait. La Palmeraie, l’ancienne clinique où j’habitais, a été grenadée trois fois. C’est là que les Européens habitaient. J’étais trop jeune pour prendre position et je vivais parmi les colons. Je ne faisais qu’observer. C’est avec le recul des années que j’ai vraiment compris ce qui s’était passé.

L’indépendance de l’Algérie a été proclamée en mars 1962, que faîtes-vous alors ?

Il fallait partir. Je n’ai pas pensé qu’ils avaient raison ou tord, mais je suis partie la mort dans l’âme, avec le sentiment d’abandonner mes élèves. Je ne suis partie qu’après l’école, en juin 1962, pour Chambly dans l’Oise. Je n’avais plus d’emploi, j’étais une rapatriée. J’ai finalement été nommée institutrice à Suresnes. Je me suis inscrite à la fac pour apprendre le secrétariat et le droit.

Et la musique ?

On m’a offert une guitare pour Noël 1965. J’avais une copine étudiante qui pianotait, Liliane Huygues-Beaufond. On chantait Verte campagne où je suis née et je cherchais les accord avec ma guitare. J’ai pris des cours et mon professeur qui travaillait chez Selmer, le facteur de sax, m’a proposé de m’apprendre des chansons. Je ne l’ai pas écouté. Mais Serge Chiflet recherchait pour son orchestre de latin music une chanteuse. Ma copine m’a proposé de faire une blague et d’y aller tout de même. On s’est retrouvé dans un petit studio à Pigalle, dans l’arrière boutique d’un magasin de musique, celui d’André Leprêtre. On nous a présenté cinq musiciens et le maître de l’orchestre, Paul Louis. « Qui est la chanteuse ? », demande-t-il. Je regarde Liliane. Elle me regarde et, prise de panique, elle me désigne. Il me tend deux disques : Donde de Ray Baretto et Vai Ven De Mi Careta de Johnny Patcheco. Je les travaille pendant une semaine. Il y a beaucoup d’argot dans leur espagnol, mais j’y arrive. Un mois plus tard, je donnai mon premier gala à la mairie du 4e arrondissement avec Los Caraibes. Nous étions au printemps 1966. Je me suis inscrite au conservatoire du XVIe, je répétais aussi avec le chef d’orchestre de la Canne à sucre, Luis Angel, mi-Martiniquais, mi-Vénézuélien, et le Guyanais Fabien Banet qui travaillait au Moulin rouge et je continuais avec Los Caraïbes…

Dans les années 1965-1966, vous fréquentez un cercle : le réarmement moral. Qu’est-ce que c’était ?

Franck Bookman était un Britannique qui avait décidé, après la guerre, de réunir les anciens belligérants, en Suisse, vers Montreux. Je me suis retrouvé là-dedans, à faire du théâtre. Nous avons joué au Westminster theater à Londres. J’avais le rôle de Sygma, un ministre des affaires du tiers-monde. J’ai réalisé mon impact sur scène. Je jouais, les gens pleuraient. J’ai alors développé ma conscience politique. Le réarmement moral était un mouvement humanitaire, pour la paix et l’honnêteté absolue. Il n’était pas question d’avoir tort ou raison, mais de voir juste. J’ai appris beaucoup de choses, notamment l’humilité. L’épouse du Pdg de la maison de disque Philips faisait la femme de chambre, sa fille était partie en Amérique du Sud aider les dockers. J’ai vu le petit-fils du Mahatma Gandhi faire la plonge. J’ai rencontré là Mme Duvallier ; elle se plaignait de la conduite de son mari vis-à-vis de sa famille… On n’a pas changé le monde, mais on était bien partis ! Nos réunions débutaient par un silence, puis chacun s’exprimait et faisait ses observations. Le jour où Martin Luther King a été assassiné, je me suis levée et j’ai dit : « C’est fini. Je ne ferai plus partie de votre groupe parce que nous ne changerons pas le monde. Si on a assassiné Martin Luther King, c’est que le monde n’est pas prêt. » Je suis rentrée à Paris et j’ai composé A un apôtre noir, un requiem…

Vous suiviez déjà vos cours à l’Olympia ?

J’ai suivi des cours d’acrobatie, de claquettes, de chant, de danse et de comédie à l’école du music-hall de l’Olympia vers 1967-1968. C’est la scène qui me plaisait. A cette époque, j’ai pu jouer dans quatre cabarets le même soir ! C’était ça ma vie. J’étais une bête de scène. Je ne pensais pas au disque… Même aujourd’hui, en studio, une prise suffit. Je m’exprime.

Quand sortez-vous Dis la rayé ?

Après mai 1968 Luis Angel a quitté la Canne à sucre pour reprendre la gérance de la Cabane à rythme, rue Fontaine, l’ancienne Cabane cubaine. On ne jouait plus à la Canne à sucre… Déçue, j’y suis retournée, seule. Je chantais, je faisais les présentations de spectacle et la sonorisation. La journée, je travaillais à l’école et je dormais. J’ai fini par tomber malade. Je devais faire un choix entre travailler le jour et travailler la nuit. J’ai choisi de travailler la nuit. Je me suis mise en dispo et suis partie en Martinique jouer mon spectacle. Mon père est venu me voir. Ma mère a refusé. Quand mon père est rentré à la maison, il a dit à ma mère : « Elle est faite pour ça ! Je chantais tous les soirs au Manoir, à Fort-de-France. A 23 heures, le Manoir était vide, à minuit, il était plein. Ca marchait fort. C’est à cette époque que j’ai expérimenté mon titre Dis la rayé et j’ai enregistré le premier single en Guadeloupe, chez Célini à Pointe-à-Pitre. Il y avait Georges Edouard Nouel au piano, Camille Soprane au saxo et, à la batterie, Joby Dendelet. Le disque a décollé aussitôt aux Antilles. Je n’ai jamais été une star, mais ça m’a permis d’être connue. Je n’ai pas compris l’importance de ce disque car je suis une personne de scène.

A quel moment êtes-vous attirée par les Etats-Unis ?

A l’école de music hall, Bruno Coquatrix a fait venir un pianiste américain remarqué par Charles Aznavour : Roland Hanna, concertiste et soliste. A la sortie des cours, je le croisais au club quand il jouait. Il m’a écoutée chanter et m’a proposée de venir travailler ma voix aux Etats-Unis. Je suis partie là-bas une première fois en 1969. J’y ai rencontré Ray Baretto qui m’a proposée de rester. Mais j’avais des craintes. Je suis revenue aux Etats-Unis en 1974. J’y suis restée deux ans, faisant des tournées en Haïti et aux Antilles. Je travaillais avec Roland Hanna et des orchestres haïtiens. J’ai rencontré Tito Puente en 1975. Plus tard, dans les années 1980, à la Cabane à rythme, je terminais mon tour de chant quand Henri Guédon m’amène Tito Puente. « Je vous connais, me dit-il, vous avez chanté au Bronx. On ne peut pas oublier quelqu’un comme vous. » J’avais chanté Dis la rayé.

Comment viviez-vous à New York ?

Je vivais dans la 73e rue entre Colombus et Amsterdam. J’allais souvent au Village Vangard, le temple du jazz. J’ai rencontré Ron Carter, écouté  James Brown à Harlem. J’ai fréquenté les églises où l’on chante le gospel… Mon immeuble était musician corporate, réservé aux musiciens professionnels. Je pouvais faire du bruit de 8 heures à 23 heures. Mon prof de chant était au 15e, moi au 8e, au même étage que le professeur de chant de Leontine Price. J’écoutais à travers la cloison ! Je suis rentrée à Paris en 1976 et j’ai repris ma tournée des cabarets parisiens.

Quelles impressions vous ont laissé ce séjour américain ?

Mon voyage aux Etats-Unis a été pour beaucoup au déclic politique que j’ai eu au début des années 1980. J’avais fréquenté mes frères là-bas et j’avais acquis une autre conscience. Harlem, James Brown… Ils rappelaient les bienfaits de leurs prédécesseurs, leur communauté, leur solidarité. Roland Hanna avait monté Mingus dynastie, car il craignait que sinon, on ne lui vole ses compositions ! Il ne pensait pas à lui, mais à la postérité ! Ca m’a frappé, ça correspondait à mon tempérament. A Paris, j’ai pensé qu’il nous fallait un média, une radio. Je savais que je n’avais pas la même liberté que mes frères américains. Je me souviens qu’en 1965-1966, une copine m’avait envoyée voir son oncle, rédacteur en chef d’une revue artistique. Il m’avait bien reçue, au restaurant, avant de m’inviter à laisser tomber : « Noir français, ça n’existe pas. Aux USA, oui. Ici, vous n’avez aucune chance. »

Malgré cela, vous vous accrochez ?

La troisième industrie est celle de la musique… Je pensais que nous pourrions avoir notre propre consortium. C’est avec cette idée que je suis rentrée des USA. On a manifesté et on a eu Radio Neg maron, puis Tropic FM et Radio diaspora 2000. J’ai animé des émissions comme l’Union fait l’artiste. On y parlait de Lodéon, de Greg Germain, d’Emilie Benoît. Avec Guy Numa, nous avons créé Zombi lèvè, une émission qui partait du principe que nous sommes tous des zombis depuis que la déportation nous est tombée dessus. Pas de passé, pas de culture, pas de civilisation. Il fallait affirmer l’inverse. On a fait aussi une émission sur les inventeurs noirs. En 1983, avec Greg Germain, on a créé le cercle des artistes.

C’est à ce moment là que vous créez le mouvement pour une nouvelle humanité ?

J’ai organisé, avec Guy Numa, la première manifestation nègre devant l’ambassade d’Afrique du Sud. Nous étions 5 000 dont 80 % de Noirs. Ce jour-là, j’ai créé le Mouvement pour une nouvelle humanité (MNH). Le MNH défend toutes les minorités ethniques. La nôtre est la plus défavorisée et on part au combat pour le respect mutuel, une rencontre entre les peuples. Nous sommes en guerre contre l’idéologie du concept de suprématie.

IMAGES

Orphelins soleil

J’organisais des voyages pour les enfants défavorisés de la région parisienne. Certains n’avaient jamais vu la mer, ni leur pays ! Par deux fois, des enfants ont retrouvé leur père lors de ces voyages. Les élus, Aimé Césaire nous recevaient. Cette photo a été prise en 1994 à Fonds-Saint-Denis, au saut gendarme

 









Le Black Sugar

Joby chante au Black sugar, au début des années 1980. Derrière elle, Georges Wibon, l’animateur, brandit son album Thema

 










La Cabane à rythmes

En 1976, à son retour des Etats-Unis, Joby retourne jouer à la Cabane à Rythme de Luis Angel. Autour d’elle, Serge Marne et Emmanuel Toussaint.


 


 


 


 


 


Zombi lèvè sur Tropic FM

Cofondatrice de Tropic FM, Joby est aux platines. Elle anime son émission de conscientisation Zombi Lèvè (1982).

 


 

 

 

 

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 12:15
Les lauréats de la mémoire et de l'histoire
L’artiste peintre et sculpteur, Jean-Claude Nasso, a choisi de récompenser les présidents d'associations antillaises de la région parisienne, les mettre à l'honneur pour le travail accompli . Jean-Claude Nasso a réalisé pour cela des trophées en bronze. Les lauréats sont Lydia Jean, présidente de l'association Bitasyon-Lyannaj-Kréyol de Villiers-le-Bel (artiste peintre), Emmanuel Gordien, vice président de l'association CM 98, Serge Romana, Président du CM98, Jacques Ambrosio, président de l'association Accolade de Paris et Jean-Pierre Passé-Coutrin de l'association Cromvo de Sarcelles. Ces lauréats ont un point commun : ils sont tous engagés autour de la recherche historique et mémorielle sur l'esclavage.

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