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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 17:24
Son sé love, le dernier album de Dominique Panol
Un rocker zouker

Dès l'âge de 7 ans, à Pointe-à-Pitre, Dominique Panol fréquente La Brisquante de Madame Adeline où il rencontre Guy Conquète, Sopta, et Vélo,  les meilleurs tambouyés. Après des études musicales à la Scola cantarum à Paris, il part à New York. Il a alors la vingtaine, occupant le reste du temps que lui laissent ses études de musicologie, à faire des petits boulots : cadreur vidéo, garçon de restaurant, coursier, et déjà professeur de musique dans une école. Inscrit à « Mannes Collège » à Manhattan (NY),il fait beaucoup de musique classique et d'histoire de l'Art. Il joue du piano, de la basse et bien sûr de la flûte traversière. Le soir, il apprend les standards de jazz, des pièces de Miles Davis ou de Duke Ellington au Sound of Joy. C'est aussi la nuit qu'il rencontre Gil Evans arrangeur de Miles Davis, Billy Harper saxophoniste arrangeur et maître d'orchestration, Gato Barberry, Max Roach batteur, Blood Hamer guitariste d’Archi Chep…
Enfant terrible du zouk
De retour en Guadeloupe, il rencontre Jacob Desvarieux. Ca  donnera un 1er album solo, Ti Kadance. Dominique Panol participe à l'éclosion du groupe Kassav'. Il compose Zombi, KDance, Bollote, I Douce, Socca Di we. Après quatre nouvelles années passées à New York, il sort un 3e album, Bolotte. Puis il intègre Volt-face avec Jeff Joseph, Georges Décimus, Catherine Thélamon et Dominique Coco. La réputation des enfants terribles du zouk, de la bande des Rockers Zoukers commence. Dominique Panol sort des titres comme Ma Puce, KC ça, Mail Man... En 1995, cinquième album, N'Limited, en solo. Il chante Zayan, Isabelle ou Mathilda. En 1997, il crée son propre groupe, N'Limited, composé de musiciens tels que les frères D'Huy. En 2000, il revient à la charge avec un nouvel album et le groupe Volt-face. Puis, c’est son sixième Album solo, Caribbean Groove, avec le titre La N. En 2004, la Karibbean attitude le remet au devant de la scène. Cet album, composé de troubadour, reggae, dance-hall, ballades créoles, avec l'intrusion du Ka, a été reçu par la presse comme un nouveau souffle. Sa collaboration avec Fred Deshayes (leader compositeur du groupe Soft)  a marqué. Sortirons deux tubes, Ti moun sen fouté et Hugo.
Dominique Panol a été récompensé par la SACEM en 2005 du prix spécial carrière. Son sé love est son 7e album.

INTERVIEW
"
Je ne veux pas parler qu’à moi et à mon peuple, je veux parler à tout le monde ! "
Est-ce un album où l’on retrouve le Panol que l’on connaît ou bien es-tu aussi pris dans cette mouvance des nouvelles musiques traditionnelles caribéenes ?
C‘est le même Panol, le Panol énergique ! Mais je suis aussi le Panol bassiste sur un titre de l’album, Ti cadance, qui a été repris par de jeunes rappeurs. Un de ces jeunes, Jakus, un Guadeloupéen qui travaille avec le collectif Maffia K.free m’a fait un très bon remix. Le titre Son sé love est très rock’n’roll avec un accord de guitare saturée par Thierry Delannay et Yann Négrit, deux très bons guitaristes. Je pense que c’est l’album de l’actualité, de l’échange, de la génération actuelle et de tout ce qui se passe.
C’est un concept, un récit ? Quel est ton propos ?
Je raconte beaucoup d’histoires et il y a beaucoup de thèmes qui parlent de la négritude. Ce n’est pas la mode, mais en ce moment, les Noirs ont la possibilité de dire les choses, donc on dit des choses à travers la musique. Un morceau, intitulé Linité parle de l’esclavage que nous avons subi. Quand je dis ça, je veux bien préciser qu’il n’y a pas de racisme chez nous. Quand on parle de choses à travers les chansons, c’est parce que c’est l‘Histoire et à partir de l’Histoire, on va continuer.
Tu as mis du temps à aborder ce thème dans tes chansons ?
Oui, j’ai mis du temps parce qu’on avait l’impression qu’à une certaine époque on ne pouvait pas vraiment dire les choses. Et je pense que maintenant, on peut un peu plus les dires, les choses. Que ce soient les Blancs ou les Noirs, on se parle, on se regarde dans les yeux. Je pense que c’est l’ancien système politique qui faisait que les choses ne se disaient pas franchement.
N’est-ce pas aussi une question de génération ?
Je ne parle pas des politiciens, je parle du peuple. Le peuple a changé. Nous sommes dans l’ère d’internet, nous n’avons pas besoin de voyager pour avoir des informations. Tout ça fait qu’on ne peut plus rien cacher et qu’on va vers la vérité. Et puis, en France, en Europe, je ne sais pas si c’est l’exemple américain avec la black attitude, mais j’ai l’impression que les gens ont envie de se dire les choses franchement. Peut-être que je me trompe...
T’intéresses-tu à l’autre, celui qui est différent de toi ?
Obligatoirement, car je suis un homme du monde. L’homme c’est un ! C’est une âme, c’est un esprit. A partir de ce moment-là, je m’intéresse beaucoup à l’autre et c’est lui qui m’apprend à être qui je suis.
L’amour est-il au centre de tes préoccupations ? Avec Son sé love comme titre pour l’album, on pourrait le penser…
Pas spécialement. Son sé love est plutôt un clin d’œil parce qu’on parle tellement d’agressivité. Mais quand je dis Son sé love, je parle musique, étoiles, environnement.
Ce n’est pas du zouk love !
Pas du tout ! Il y a des guitares et ça bouge à 200 à l’heure ! Il s’agit de la reconsidération de ce qui nous entoure . Il s’agit de faire attention à la planète, de tolérance. A partir du son, on peut réunir ça.
Comment as-tu travaillé à la réalisation de cet album, seul ? Accompagné ?
J’ai travaillé avec beaucoup de gens comme Delannay et Négrit, les musiciens. Et puis il y a des paroliers qui m’ont aidé. Des Antillais plongés dans la littérature créole, comme Dave Martial qui m’a écrit le titre Linité. Un autre, très grand créolophone, m’a fait quatre textes. Il y a aussi Eddy Damas qui est quelqu’un qui ne dit pas n’importe quoi. Tous des auteurs engagés sur les Antilles pour que ça aille mieux.
Ce n’est pas pour autant un album 100% créole…
Non. Moi, je suis créole français anglais ! Il y a des petits mots qui passent… J’ai même fait, à la demande de ma maison de disque une reprise de Allo maman bobo de Souchon. Et je ne savais pas que je savais aussi bien chanter du français ! Que ma voix pouvait si bien se placer sur un texte d’un grand monsieur.
Est-ce que la partie scénique sera différente de l’album ?
Ca va changer mais beaucoup de musiciens vont rester avec moi. J’ai une équipe avec Jean-Philippe Fanfant, Thierry Vaton, Michel Alibo, Stéphane Castriy… Je veux du beau monde, de bons musiciens. J’ai envie que la musique antillaise soit jouée par de vrais musiciens. Le problème de la musique antillaise en Europe, c’est qu’on a peur de la jouer avec de vrais musiciens. Avec Volt-face, on avait pris ce risque et ça marchait très bien. On n’avait plus de problème de communication ni avec les Blancs, les Noirs, les Indiens ou les Arabes parce qu’avec la musique, on avait trouvé l’osmose, la dynamique rock’n’roll. On peut recréer ça et donner une autre vie à la musique antillaise. Notre musique a beaucoup de vie ! Il ne faut pas s’arrêter à Kassav, s’arrêter à ce qui s’est passé…
Un antillais qu se revendique du rock, c’est rare. Qu’est-ce qui t’a mené au rock ?
J’ai toujours été rock’n’roll. Ma génération, c’est Hendricks, Marvin Gaye, je viens de là ! Le rythme and blues, c’est ça mon truc et je l’ai associé à la musique gwo ka. Parce que j’aime les musiques ouvertes. Je ne veux pas parler qu’à moi et à mon peuple, je veux parler à tout le monde ! Sinon, ça ne vaut pas la peine. Ensemble, on va se rendre compte qu’on est des gens merveilleux et qu’il est là, le paradis ! Quand les Blancs et les Noirs, on aura trouvé le système et bien voilà le paradis sur la terre ! A condition d’être sincère, franc, de s’accepter avec nos histoires et tous nos compromis…


 



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