Commémoration de l’abolition de l’esclavage à Saint-Étienne
« Moi y’en a bien aimé la France ! »
La journée du 10 mai, dite journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite, à Saint-Étienne (Loire), a été marquée par le discours séditieux de Gilles Roussi devant les élus de la ville et du département. Installé devant la sculpture intitulée « La liberté inachevée », qu’il a créée en 2019, l’artiste n’a pas prononcé le discours qu’il avait communiqué au nouveau maire (PS) de la ville, et a créé la surprise en révélant que le discours qu’il avait prévu de prononcer avait été « revisité, édulcoré » par les autorités préfectorales. Il a ainsi benoitement débuté par un hommage à son arrière-grand-mère née esclave, matricule 693 sur les registres d’individualité de Sainte-Luce, avant d’honorer Suzanne Roussi, la sœur de son père et l’épouse d’Aimé Césaire, « connue pour ses écrits dans la revue Tropiques, particulièrement pour sa lettre du 12 mai 1943 au gouverneur de la Martinique relative à la censure du régime de Vichy ». A l’aube de ses 80 ans, Gilles Roussi a répondu à ce coup de ciseaux de Madame Anastasie en reprenant de mot de Senghor qui, répondant à un parlementaire qui le félicitait de la qualité de son français, avait répondu : « Moi Y’en a bien aimé la France ! ». Ces « vérité qui dérangent », ainsi que Gilles Roussi les a dénoncées publiquement en ce 10 mai 2026, concernait un passage de son discours relatif au passé esclavagiste du palais de l’Élysée. En effet, sa construction fut financée au XVIIIe siècle par Antoine Crozat, un financier ayant fait fortune dans la traite négrière, pour le compte du comte d’Evreux, l’époux de sa fille.
Après avoir lancé le fameux « yékri, yékrak !» des conteurs créoles, auquel ont répondu les Antillais du public, le neveu de Césaire a ostensiblement déchiré son discours, jetant un froid dans l’assistance avant que, dans les rangs de l’opposition présente, se fassent entendre des applaudissements.
FXG
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