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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 06:13

« Kassav n’est pas un groupe qui joue aux stars »

jocelyne-jacob_2699.jpgPourquoi ce titre Sonjé ?

Jocelyne : Nous n’avons pas fait d’album depuis 2007 et Patrick Saint-Eloi est mort il y a deux ans. C’était pour nous quasiment obligatoire de lui rendre hommage. Il a passé plus de vingt ans avec nous, neuf ans en solo, c’était légitime.

Avez-vous vécu difficilement son départ du groupe ?

Jocelyne : On n’était pas heureux, mais il voulait rentrer au pays, retrouver sa famille et faire sa musique quand il en avait envie. La vie a continué pour chacun de nous, mais on ne s’attendait pas à ce qu’il nous quitte complètement. C’est une douleur supplémentaire. Il a marqué l’histoire du groupe ; il avait une couleur particulière qui était la sienne et qui était appréciée. On n’a pas remplacé Patrick, on n’a pas comblé un vide, on a continué sans lui.

Comment a été composée la chanson Sonjé ?

interview_2739.jpgJocelyne : Jean-Philippe a composé la chanson. C’est une présentation de Patrick et ensuite on fait un petit survol de quelques-uns de ses titres. C’est une création au départ puisque même les hommages sont sur une base rythmique que Jean-philippe a créée. Il a adapté les chansons de PSE qui rentrait bien sur sa rythmique.

Avez-vous ressenti de l’angoisse au moment de composer ?

Jocelyne :  Bien sur ! Je crois qu’il y a toujours le syndrome de la page blanche… Qu’est-ce qu’on peut raconter encore ? Les mélodies nous inspirent-elles ? J’ai eu du mal à rentrer dans l’album au début, mais parce que j’étais angoissée. Je me disais à chaque fois, il faut qu’on prouve quelque chose. On doit rester au même niveau… Et les gens ont une mémoire volatile.

Jacob : Je me suis dit qu’on devait faire un album encore meilleur que les autres…

Comment voyez-vous Kassav aujourd’hui ? Vous êtes-vous assagis ?

jacob_2827.jpgJacob :  Quand on fait ce genre de métier, je ne sais pas si on est mûr un jour… C’est faire des choses auquel on ne s’attend pas qui est intéressant. Si on devient sage un jour, on peut prendre notre retraite !

Jocelyne : La sagesse est beaucoup plus relationnelle. On sait que ce qui est important, c’est de faire notre musique ensemble.

Quels souvenirs marquant gardez-vous de cette aventure ?

Jocelyne : Notre premier Zénith. Notre musique est une musique de bals de village et on a rempli la salle ! Après ca, les autres ont osé y aller, On a été la locomotive. En Afrique aussi, on a vécu de petites aventures. Comme lorsqu’on s’est retrouvés pris en otage au Gabon, nos passeports confisqués parce que l’organisateur avait fait un chèque sans provision à la femme d’Omar Bongo…

Jacob :  Maintenant, on en rit, mais pas à l’époque...

jocelyne_2745.jpgJocelyne :  Au Cameroun, ca a été plus douloureux… On aurait pu être blessés. Un autre grand souvenir, c’est la pelouse de Reuilly en 1987. Il y avait 300 000 personnes. On était bouche bée. Des gens à perte de vue…

Jacob : Le plus grand succès, c’est la reconnaissance de notre vivant.

Jocelyne :  Le groupe est devenu une icône.

Comment se passe votre quotidien aux Antilles ?

Jocelyne-Jacob_2721.jpgJocelyne :  On est chez nous ! On va faire les courses, manger du court-bouillon… Kassav n’est pas un groupe qui joue aux stars.

Jacob :  On fait de toute façon plus de monde à l’étranger…

Jocelyne : En France on est un groupe marron ; à l’étranger, on est un groupe français.

Rien à voir avec le nom de la tournée, Mawonaj tour ? Un titre symbolique fort.

Jocelyne : Ce monde fonctionne énormément avec des tendances. Quand ca vient de l’étranger, ce n’est jamais ancien, ni rétro. Quand ca vient de chez nous, faut surtout faire moderne ! Et faire moderne, c’est allé chercher ailleurs. Mais on fait notre musique et on n’a pas envie de faire de compromis, de partir ailleurs et déconsidérer la musique qu’on a créée.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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