Mardi 29 janvier 2008
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Affaire
Ferdinand : versions divergentes et « rivière de douleur »
Le deuxième jour du procès de MM. Telchid, Tarer et Kelly, accusés d’avoir commis des violences ayant entraîné la mort de Jonathan Ferdinand sans
intention de la donner a connu deux grands moments hier avec l’interrogatoire des témoins clés et celui de la famille de Jonathan.
L’audition des principaux témoins de la bagarre, survenue à la fin de la soirée organisée sur la Péniche Le Charleston, le 31 janvier 2004, dont Chrisna Chafograck,
celui qui essayait de séparer les protagonistes et qui a tenter de porter secours à la victime, a été le premier moment fort de cette deuxième journée d’audience. « Jonathan reculait en évitant
les coups et il est tombé dans la Seine. » Selon lui, si les trois accusés n’avaient pas poursuivi Jonathan Ferdinand, « l’affaire en serait restée là ». Peu avant, la cour interrogeait Larry
Tarer sur les faits. La veille, Thierry Telchid et Ronnie Kelly avaient admis des violences quand le président Getti leur a demandé si « ils reconnaissaient avoir exercé des violences ayant
entraîné la mort de Jonathan involontairement ». Hier matin, Larry Tarer a répondu par la négative, ce qui n’a pas été du meilleur effet. Mais pour les co-accusés, il n’y a pas de lien de
causalité entre les violences et la chute… L’audition des témoins et des accusés avait pour but de décomposer les séquences qui ont conduit au drame. Et là, les versions divergent.
Expulsé de la fête vers 3 ou 4 heures, Jonathan espérait y être réadmis. Peu avant la fermeture à 5 heures, il était toujours dehors. C’est quand il a voulu
emprunter la passerelle pour remonter à bord de la péniche qu’une altercation a débuté entre lui et Ronnie Kelly, le policier stagiaire qui lui a interdit de monter. Jonathan l’a insulté. Ronnie
lui a mis une gifle avant de recevoir un coup de pied.
Témoins contradictoires
Chrisna Chafograck intervient pour emmener plus loin Jonathan qu’il connaît bien. C’est alors que Thierry Telchid et Larry Tarer viennent prêter main forte à Ronnie.
La bagarre reprend dans la confusion et le groupe se déplace vers un local à poubelles sur les quais, puis vers le bord de l’eau. Ronnie dit qu’il a été ceinturé par Michel Oliphar qui l’aurait
lâché après la chute de Jonathan. Ronnie lui-même dit qu’il a été libéré de son emprise juste avant et qu’il a eu le temps de se rapprocher des trois autres. Une contradiction qui déplaît à la
partie civile qui n’hésite pas à parler de pressions sur le témoin et rappelle que Ronnie avait appelé ses deux amis pour leur demander de minimiser sa présence, eu égard à sa qualité de policier
stagiaire. Georges Blanche, l’autre témoin, n’a plus sa mémoire mais ses précédentes dépositions confirment la mise en cause des trois accusés sans distingo. « Qui a fait pression sur vous pour
sauver ces trois là ? » lui demande Me Charrière-Bournazel, partie civile. Le patron de la péniche a déclaré : « La victime n’a pas voulu se battre, elle a préféré plonger dans l’eau. »
Mais selon d’autres témoins, dont Sébastien Lubin, boucher à Pointe-à-Pitre,, « il n’a pas été poussé, mais a été repoussé. Il reculait progressivement jusqu’à tomber dans l’eau ». Il confirme
que les trois faisaient face à Jonathan qui tournait le dos à la Seine…
La deuxième partie de l’audience a été consacrée aux parties civiles qui ont pu s’exprimer. La troisième journée du procès est consacrée à l’audition de l’ensemble
des témoins restants dont Alfred Marie-Jeanne et Joël Beaugendre et à l’examen des personnalités des trois accusés.
Parole d’une mère orpheline
« La Seine et la noyade sont des mots que j’ai du mal à entendre et quand je passe sur le pont de la Seine, je ne regarde pas… Les trois personnes qui ont provoqué la mort de mon fils ne m’ont
pas donné le sentiment du regret. Perdre un enfant est la fin d’un monde. Celui de Jonathan était un monde d’humanité. Mais en tuant mon fils, ils n’ont pas tué son humanité et que cette humanité
éveille la conscience de ceux qui ont provoqué sa mort. Je suis depuis quatre ans une mère orpheline. Mon désir, c’est que la justice soit rendue au nom de Jonathan. Ce n’est pas un animal qui
est tombé dans la Seine. »
Par fxg
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Publié dans : fxgpariscaraibe
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