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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 07:35

« Le Carnaval des deux rives prend les couleurs de l’Outre-mer »

Dans le cadre de l’année des Outre-mer français, la ville de Bordeaux a dédié son carnaval des deux rives aux Antilles et à la Réunion.

Et tandis qu’Alain Juppé honorait la manifestation de son nouveau prestige d’homme fort du gouvernement, la polémique sue la jardin d’acclimatation ne cesse d’enfler.Juppe-MLP.jpg

« Je veux vous dire toute l’importance, pour le maire de Bordeaux et l’homme politique, des relations qui m’attachent avec nos douze territoires. Nous ne l’éludons sous aucun de ses aspects… » L’allocution d’Alain Juppé, nouvel homme fort du gouvernement Fillon, était très attendue, samedi à la mairie de Bordeaux. Maximin-MLP-Juppe-tribune.jpgA l’occasion du carnaval des deux rives, la municipalité d’Alain Juppé a établi un partenariat avec le commissariat de l’année des outre-mer français, dédiant cette édition du carnaval traditionnel de Bordeaux à ses relations, historiques mais aussi universitaires, avec les départements d’Outre-mer. Le groupe carnavalesque de Guadeloupe, Voukoum, et les groupes réunionnais Les tambours sacrés de la Réunion et Kontoner en sont les invités d’honneur. L’an dernier, c’était la Turquie… Depuis trois semaines, les groupes sont accueillis en résidence au centre culturel du Rocher de Palmer, à Cenon (l’autre rive de la Gironde). C’est ici qu’en amont du grand défilé de dimanche, on a préparé le carnaval. « On a deux groupes en résidence qui sillonnent les écoles, les bibliothèques, les associations de hip hop pour préparer la parade du 6 mars, le bouquet final », raconte la Martiniquaise Aurélie Stuber, chargée de communication du Rocher des Palmer. Dimanche, le déboulé du carnaval des deux rives paré aux couleurs des outre-mer, aura mis quatre heures pour parcourir les 4 kilomètres qui séparent les deux rives de la Gironde.Fred-demitrius-Voukoum-et-les-enfants-de-Bordeaux.jpg

Bordeaux, ville antillaise, ville négrière

Les deux rives symbolisent aussi celles de l’Atlantique… Bordeaux, port négrier mais aussi Bordeaux, académie des Antilles et de la Guyane, siège de la cour administrative d’appel... Au XXe siècle, des étudiants antillais (Comme Henri Bangou ou Claude Lise) y sont venus nombreux étudier la médecine tropicale, le droit, la pharmacie… Au point qu’entre anciens étudiants, on s’appelle encore entre soi « les Bordelais ».

Voukoum-MLP-et-Juppe.jpgMais c’est la mémoire esclavagiste qui était au cœur de la visite de la ministre de l’Outre-mer, samedi dans la capitale de la Guyenne. Marie-Luce Penchard, sitôt descendue de l’avion, s’est rendu au musée d’Aquitaine. Le conservateur François Hubert lui a fait visiter les salles consacrées au négoce, à la traite avec les Antilles au 18e siècle. Très émue, Marie-Luce Penchard a confié que son père descendait d’un négociant français de Bordeaux et sa mère d’une esclave venue de Saint-Domingue… Francois-hubert-et-MLP-registre-esclaves-bateaux.jpg« Elle est peut-être passée par Bordeaux… » Puis poursuivant sur la polémique du jardin d’acclimatation et au refus de certains Améridiens de Guyane d’y participer à cause du passé de zoo humain du site, elle a déclaré : « Bordeaux a pris la mesure de son passé et l’assume. Il faut savoir réinvestir ces lieux même s’ils sont douloureux et chargés d’histoire. Je réaffirme tout mon soutien et ma confiance à Daniel Maximin. » Le commissaire de l’année des Outre-mer a conclu la cérémonie officielle ainsi : « Ce ne sont pas la traite et l’esclavage, nos origines, mais la résistance à ceux-là. » Citant René Méril, dans un numéro de 1941 de la revue Tropiques, il a déclaré : « Nous ramassons des ordures pour en faire des diamants », avant de conclure avec Sartre : »L’important n’est pas ce qu’on a fait de nous, mais ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous ! »

FXG à Bordeaux (agence de presse GHM)Maximin-MLP-Juppe-ka-koute-Voukoum.jpg


Ils ont dit

Alain David, maire de Cenon (agglomération de bordeaux)Alain-David.jpg

« Je connaissais de réputation le carnaval antillais. C’est une très grande chance pour nous cette année de pouvoir accueillir le groupe Voukoum de la Guadeloupe ou les tambours sacrés de la Réunion. Ce sont des animateurs exceptionnels qui ont un sens de la fête, de la convivialité… Ici, nous avons 52 nationalités et pour nous, cet échange est exceptionnel. »

Pierre de Gaëtan Njikam Mouliom, chargé de mission diversité, citoyenneté, vis associative et questions africaines au cabinet du maire de BordeauxPierre-de-Gaetan.jpg

« L’idée était de faire un retour sur la mémoire de Bordeaux qui est particulièrement liée aux Antilles, mais également de projeter ce travail vers l’avenir à travers des thématiques qui interpellent les outre-mer : les nouvelles technologies, la biodiversité, le développement durable qui sont pour Bordeaux aujourd’hui les axes essentiels de la politique de la ville. Nous avons voulu valoriser les cultures que portent en ville les Bordelais originaires des outre-mer et mettre en valeur les relations qu’il y a eues entre les Antilles et Bordeaux au plan universitaire et scientifique. Et ce lien est fort car Bordeaux a été, comme pour l’Afrique, l’académie des Antilles-Guyane. Jusqu’à récemment encore, tout jeune Antillais qui passait son bac venait à Bordeaux suivre ses études. Puisse cette année des outre-mer contribuer à raviver ce lien. »

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commentaires

dominique 07/03/2011 16:35



j'aime bien lafontaine


l'année de l'outre mer me rappelle une fable de la fontaine



thierry 07/03/2011 08:41



Il ne faut pas amalgamer traite négrière et esclavage. De même que toutes les traites négrières ne sont pas identiques. On ne peut pas comparer par exemple un
esclave corse qui généralement se laissait mourir par refus de "travailler" et un esclave américain passé du Sud à plus au Nord après y avoir été vendu via les "West Indies". Je veux dire par là
que la "qualité" des "maîtres" a été et est déterminante. On voit bien que la noblesse française (en fin d'esclavage, aux antilles) a su mieux traiter même dans des conditions de quasi-famine
(sauf en Haïti) ses "sujets" que ne cherche à le faire aujourd'hui, par exemple, une certaine bourgeoisie qui a sévi surtout au Maghreb. La méconnaissance des "valeurs" antillaises rend risible
l'intention politico-médiatique de l'année des outre-mer. C'est surtout l'occasion de subventionnements institutionnels pour l'organisation de manifestations qui est opérante, bien que peu de
sous soient donnés. Cette année de l'outre-mer est plus mal vécue par les gens de la politique et assimilés que par la majorité des autres gens. La perception de "l'esclavage" par un blanc
d'aujourd'hui est bien différente de celle d'un Antillais d'aujourd'hui, c'est là une différence qui parfois (sincèrement) fait sourir intérieurement des pseudos mea culpa ou expressions de pitié
sur fond d'esclavage(s). Ne pas être "expressif" ne signifie pas être "inconscient".



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