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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 13:23

La poétique de la relation en Avignon

Edouard Glissant était invité du TOMA (Théâtres d’outre-mer en Avignon) cette année dans le cadre de la semaine du Tout-monde.

 La salle de la Chapelle du verbe incarné était remplie, le 13 juillet dernier, pour écouter le vieux sage martiniquais (Edouard Glissant aura 81 ans en septembre). Le thème de sa conférence, « Crises coloniales, crise mondiale », lui a donné l’occasion de revenir sur un concept dont il a tiré un ouvrage en 1990, la Poétique de la relation, et un plus récent, Philosophie de la relation (Gallimard 2009). « C’est l’intuition, la divination de notre rapport à nous, l’autre et le monde ». La poétique se distingue de la politique qui apporte une dimension sociale car elle renvoie à la solitude fondamentale de l’individu. « La connaissance du monde est un vertige, elle n’est plus une projection mais une divagation totale du monde. » La question qui se pose est donc de savoir comment nous pouvons agir et assumer dans l’imprévu, l’incertitude du monde ? « Il faut palpiter du tremblement même du monde, concevoir une totalité des lieux… » Edouard Glissant soutient qu’il faut construire une poétique de la relation « entre partout et partout » car chaque lieu est « un différent dans le tissu du vivant, la toile des cultures »… Et cette relation est le métissage, « d’une rive à l’autre, d’une rue à l’autre, d’un pays à l’autre, d’une race à l’autre… » Tout ce qui est différent, quelle que soit la valeur de l’écart entre les différences, renvoie au métissage. La créolisation est « la rencontre, le choc, l’harmonie de tous les différents qui s’attirent, se repoussent » et le résultat est « l’inattendu du monde » que le racisme n’accepte pas, c’est-à-dire le mélange et, par extension, la mondialisation. « Les richesses extorquées au monde ont été transformées en produit de consommation, et c’est ce produit qui a, en premier lieu, unifié les habitants de la terre. » C’est ce qu’ont fait les colonialismes et le capitalisme. « Nous sommes encore tributaire de la consommation passive ! Nulle part n’existe une poétique du rapport des humanités aux richesses du monde. »

L’élection comme une poétique

Pour le philosophe, il y a deux solutions pour l’homme : soit un retour aux idéologies, aux idées a priori, avec les dégâts que l’on sait, pour l’homme, soit se poser dans une poétique du monde qui, seule, permet d’échapper aux raideurs des idées. « Nous sommes des habitants possibles de la terre car nous n’avons pas encore assumé dans notre imaginaire notre rapport au monde… » Pour mieux défendre sa démonstration, Glissant se sert de l’élection de Barack Obama : « La seule alternative au fascisme, avant guerre, aux Etats-Unis était la créolisation et Obama est le symbole de cette créolisation raciale et culturelle. Cette élection n’est pas politique mais poétique car la communauté américaine cesse de vivre sur un non-dit fondamental et effrayant qui excluait le nègre de la constitution des Etats-Unis. » Le monde ne se fait plus avec des tyrans qui envahissent, exploitent le monde, comme le colonialisme ou le capitalisme, c’est pour ça que Glissant croit à l’avenir des petits pays. « Les capitalistes bâtissent tellement de revenus à parti des richesses du monde que ces revenus donnent lieu à des spéculations. Les gros pays sont producteurs de catastrophes, les petits pourraient être producteurs de profits accordés à la vie… » Il concède toutefois un rôle aux gros pays, celui, de réparateur écologique ou de coexistence pacifique, voilà comment se dessine chez Glissant la poétique de la mondialité.

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