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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 05:48

ITW Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT Mayotte (CGTMa)

Salim-nahouda-1.jpg« La grande distribution doit comprendre la situation de la population »

Vous avez lancé un nouveau préavis de grève pour le 19 décembre, pourquoi ?

Nous avions demandé que l’on intègre des amendements au projet d’accord initial et le médiateur Denis Robin a refusé. Ces amendements portaient sur la durée pendant lesquels le prix imposé des de produits de première nécessité doit courir. Nous avions demandé une prolongation au-delà du mois de mars. Par ailleurs, depuis la signature de l’accord du 17 octobre par FO, beaucoup de prix ont flambé et nous avons demandé la neutralisation de ces prix-là, et l’intégration de cette mesure dans l’accord. Là aussi, nous n’avons pas été pris en compte. Enfin, nous avons demandé à être aidé par un expert indépendant choisi par les organisations syndicales. Même refus. Sans prise en compte de la demande de l’intersyndicale et des associations, il nous a paru nécessaire de relancer le mouvement le 19 en espérant que l’Etat comprenne notre démarche. C’est une demande forte de la population et pas seulement de l’intersyndicale. Sur 200 000 habitants, seuls 30 000 ont un emploi...

Dans quelle circonstance, le mouvement a-t-il démarré ?

Le mouvement a commencé à la suite d’une pétition lancée par la CGTMa qui a recueilli 1 400 signatures. LA CFDT nous a rejoint et tout de suite après l’association de consommateurs s’est ralliée tout comme le Collectif des citoyens perdus et la Solidarité mahoraise. Maintenant, l’intersyndicale s’est élargie avec la CGC.

Peut-on dire que c’est un combat contre la vie chère ?

Oui, c’est contre la vie chère ! Très peu de Mahorais qui travaillent et sur le marché, on trouve, des produits dont les prix sont bien plus élevés que dans les autres départements d’outre-mer avec un pouvoir d’achat plus faible. Les minima sociaux n’existent presque pas à Mayotte. Ce n’est qu’en 2012 que le gouvernement a décidé de mettre en place les minima sociaux à hauteur de 25 % de la valeur qui s’applique dans les autres DOM et en métropole. Notre lecture de cela est que c’est comme si le coût de la vie à Mayotte serait 75 % moins cher que dans les autres DOM. Or, c’est l’inverse. Un pot de yaourt fabriqué à Mayotte coûte 52 ou 53 centimes, à la douzaine, ça va au-delà de 6 €. A la Réunion, à côté, on a les 12 yaourts à moins de 4 €. On voit combien la population est sous la pression des prix.

Après 144 jours de grève en Guadeloupe, l’accord Bino a été signé, mais la vie reste aussi chère… Ne craignez-vous pas d’aller dans le mur ?

Si on ne se bat pas, on n’obtiendra jamais rien. Puisque Mayotte est désormais un département, on doit prendre beaucoup de précaution pour ne pas retomber dans la situation d’avant. Aujourd’hui, tout le monde s’intéresse à Mayotte, veut venir y investir. A ceux-là nous disons qu’ils doivent investir avec les Mahorais, que ce ne soit pas une domination systématique avec des gens qui viennent pour tirer profit en permanence. On veut une construction nouvelle et que les Mahorais se sentent aussi chez eux et qu’ils puissent investir dans le monde économique.

Salim-Nahouda-2.jpgAvant l’adoption du statut départemental, vous aviez signifié une trêve sur ces questions économiques, mais vous aviez alerté les autorités de ce problème. La grève n’était donc pas une surprise ?

Pendant la période des consultations, nous n’avons pas voulu donner l’occasion qu’on nous pointe du doigt comme des indépendantistes, parce qu’on ne l’est pas contrairement à ce que certains peuvent le croire. Par contre, nous voulons défendre nos intérêts en étant Français et en se sentant chez soi. Nous avons laissé la procédure de départementalisation se mettre en place et nous avons toujours dit que s’il y avait un pacte pour la départementalisation, c’est-à-dire un pacte politique, il n’impliquait pas les organisations syndicales. Nous demandions un pacte social et c’est ce que nous sommes en train de revendiquer aujourd’hui.

Vous déconseillez toujours aux gens de venir passer les fêtes à Mayotte ?

Ce bruit qui a couru est un bruit erroné mais ceux qui viendront devront se rendre compte de la situation sociale. On n’interdit pas aux gens de venir passer des vacances à Mayotte, au contraire !

Mais ils pourraient être gêné par le mouvement de grève…

Grève peut-être, si les autorités ne donnent pas de réponse. La grande distribution doit comprendre la situation de la population.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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commentaires

thierry 19/12/2011 16:52


On teste ses lecteurs ???? Domota c'était 44 jours pour 144 mesures...

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