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Publié par fxg

Marie-Luce Penchard rate son implantation en Guadeloupe

La ministre de l’Outre-mer comptait sur ces élections régionales, non pour gagner mais pour capitaliser. Elle concédait même, avant le vote, qu’elle n’aurait « aucune amertume en cas de défaite ». Mais avec le plus mauvais score jamais acquis par la droite guadeloupéenne (14,01%), Marie-Luce Penchard a échoué dans sa volonté de s’implanter politiquement en Guadeloupe. On ne parlera pas de « parachutage raté » car la ministre est 100 % guadeloupéenne. Marie-Luce Penchard avait deux objectifs en tête : les élections territoriales de 2014 et la 4e circonscription législative en 2012. Marie-Luce Penchard a eu, durant cette campagne, les yeux rivés sur ce qui se passait lors des meetings dans la circonscription de Victorin Lurel. Or, dans cette circonscription (naguère détenue sa mère et qui a été retaillée pour favoriser la droite), la seule commune où sa liste est en tête est Terre-de-Bas où 55 % des 1209 votants l’ont soutenue. Pour le reste, c’est la berezina. A Basse-Terre dont le maire est sa mère, sa liste dépasse à peine les 17 %. A Gourbeyre, commune traditionnellement à droite que sa mère a dirigé de 1987 à 1995), elle obtient quelque 21 % contre 52 % à Lurel. A Baillif, c’est encore pire (9,5 % contre 61,5)… Pour Axel Urgin, secrétaire national du PS à l’Outre-mer, « il y a eu un vaste front républicain, anti-autonomiste, antiviolences, anti-Domota, anti LKP . Blaise Aldo et Marie-Luce Penchard ont été incapables d’incarner une ligne anti-rue. » La ministre paye là, sans doute, sa filiation car Lucette Michaux-Chevry, depuis la Déclaration de Basse-Terre, est considérée comme capable d’emmener la Guadeloupe vers là où elle ne veut pas aller : l’autonomie. L’attitude de celle qui n’était encore que secrétaire nationale à l’UMP et conseillère outre-mer à l’Elysée pendant les 44 jours de grève du début 2009, a dû peser. Les électeurs se sont souvenus qu’elle pensait (avec sa mère) que ce mouvement était dirigé contre Lurel… L’attitude du président de la République aussi a dû peser avec ses propositions d’évolution institutionnelle. Elles ont pu être considérées comme une ouverture positive à l’autonomie. Axel Urgin, réagissant lundi matin, sur les radios nationales, indiquait ne pas vouloir « tirer sur une ambulance ». Mais il pense qu’en toute logique, avec ce score, elle devrait quitter le ministère de l’Outre-mer… C’est peut-être oublier un peu vite qu’en Guyane et à la Réunion, rien n’est encore joué.

FXG (Agence de presse GHM)

Marie-Luc Penchard laconique

fx-20-2490-1-.jpgElle a la palme du plus mauvais score parmi tous les ministres candidats aux régionales. Hier, à la sortie du conseil des ministres, Marie-Luce Penchard ne s’est pas étendue  sur son cuisant échec en Guadeloupe.

« Je savais que l’élection était difficile, mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut se laisser abattre. On ne gagne pas toujours la première fois. Cela étant, on tire beaucoup d’enseignement et, je pense qu’après, ça permet d’être meilleur ». C’est tout.

Après trois jours de silence total, Marie-Luce Penchard  avait prévenu la presse d’outre-mer qu’elle réagirait à l’issue du conseil des ministres. Il n’en fut rien hier. Elle n’a pas souhaité s’étendre sur la grosse claque reçue par la liste UMP de Guadeloupe où elle figurait en deuxième position (14,01 % des voix)  et l’élection de la liste PS au premier tour.

C’est en compagnie du Premier ministre, François Fillon, et de Brice Hortefeux, son ministre de tutelle, que Marie-Luce Penchard a quitté le hall du palais de l’Elysée pour aller à la rencontre de la presse. Elle a été la seule avec Dominique Bussereau et Eric Besson à s’arrêter devant les medias. Pourtant, la ministre s’est montrée fuyante face aux questions des journalistes. Pour mieux botter en touche, Marie-Luce Penchard a affirmé que « les élections régionales ce n’est pas que la Guadeloupe, car il y a d’autres enjeux ».

MLP-sortie.jpgLa ministre "au carton"

La ministre estime qu’ « avec l’outre-mer, l’UMP peut regagner deux régions importantes, je pense à la Guyane, et nous avons une petite chance sur La Réunion ». Suivant les consignes de l’état major de l’UMP, elle s’est voulue résolument positive pour mieux nier l’échec du premier tour. Pour elle, les résultats outre-mer veulent dire que « le président de la République a eu raison par rapport aux états généraux de l’outre-mer et, notamment, en ce qui concerne les mesures prises lors du conseil interministériel de l’outre-mer. Parce que les Ultramarins ont bien compris que le gouvernement est là. Il est présent et il peut les accompagner dans leur développement économique ». Pourtant son entourage se montre plus direct. En Guadeloupe, « on l’a envoyée au carton », affirme ainsi un membre de son cabinet. Elle sera vendredi à Ponte-à-Pitre pour l’élection de Victorin Lurel à la présidence du conseil régional. Et siègera. « A cette heure, il n’est pas prévu qu’elle démissionne » du conseil régional, affirme un proche. Mais elle reviendra dès samedi à Paris pour suivre le second tour…

David Martin (Agence de presse GHM)


Marie-Luce "jusqu’à la dernière seconde"

Sur les vingt ministres en lice aux régionales Marie-Luce Penchard est celle qui a subi la plus lourde défaite. Mais elle assumera ses fonctions « jusqu’à la dernière seconde ». Pourrait-elle être victime d’un remaniement ? Dans une longue interview au Figaro vendredi, Nicolas Sarkozy affirmait : « Si l'on devait changer de gouvernement du simple fait des élections régionales, ce serait parfaitement incohérent avec la dimension régionale de ce scrutin. J'insiste sur ce point : si un scrutin régional devait avoir des conséquences nationales, alors que ferait-on lors d'un scrutin national ? ». Si la majorité présidentielle devait prendre une seconde grosse claque dimanche, le chef de l’Etat resterait-il sur cette position ? Il n’en demeure pas moins que la rue Oudinot a déjà connu en trois ans trois ministres : Christian Estrosi, Yves Jégo et Marie-Luce Penchard. Un changement pénaliserait à nouveau le suivi des dossiers ultramarins. L’éviction de Marie-Luce Penchard serait aussi un échec pour Nicolas Sarkozy qui avait rompu avec la règle non-écrite selon laquelle un originaire d’outre-mer ne peut pas avoir le portefeuille de l’Outre-mer. Sauf à mettre un autre Ultramarin à sa place. Le nom de Rodolphe Alexandre, surnommé le « Besson de Guyane », circule. Mais Nassimah Dindar serait aussi un bon clin d’œil aux nombreux électeurs Réunionnais…

DM

Photos DM

 

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