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Publié par fxg

Yvan Odonnat et Stéphane Foucault

Yvan Odonnat et Stéphane Foucault

La banque centrale prévoit encore des « dégradations »

Confrontés à une inflation pénalisante, les territoires ultramarins doivent composer avec une consommation en baisse et des investissements insuffisants. L'Institut d'émission d'Outre-mer (Iedom), filiale de la Banque de France, diagnostique « une fragilisation des entreprises » et craint « un recul de l'activité ».

Les Antilles devraient-elles se réjouir d'avoir échappé à une crise économique majeure ? Martinique et Guadeloupe peuvent au moins se féliciter d'avoir « évité une spirale inflationniste » selon l'Institut d'émission Outre-mer (Ieom). Malgré des indicateurs qu'il décrit lui-même comme « dégradés », le p-d-g de l'Institut d'émission d'Outre-mer (Iedom) veut à tout prix éviter « l'alarmisme ». Selon Yvan Odonnat, « l'inflation reflue, elle a été réduite de moitié. Nous n'avons pas eu d'effondrement de la consommation. Le but premier de notre politique monétaire est de contenir l'inflation : c'est ce que nous avons réussi à faire. »

« Pas d'effondrement », mais une baisse sensible de la consommation : l'indice d'évolution des paiements par carte bleue (CB) est en recul de plus de 2% depuis le début de l'année. Et l'inflation alimentaire ne connait, elle, aucun répit, elle atteint 10%.

Dans son rapport annuel, rendu public hier mercredi lors d'une conférence de presse à Paris, on peut lire que les défaillances d'entreprises sont « en nette hausse ». Dans le même temps, le « climat des affaires » s'est dégradé et « le taux de chômage reste élevé ». Selon l'Institut, qui joue le rôle de banque centrale des territoires de l'Outre-mer français, la perspective est celle d'une « fragilisation des entreprises et d'un recul de l'activité dans certains territoires ».

Économies ultramarines sinistrées

Pour compléter ce tableau peu réjouissant, « les effectifs salariés de la construction et du commerce ralentissent ». En Martinique, ces deux importants secteurs d'activité perdent même des emplois. L'explication en est à chercher du côté de la démographie selon l'Iedom. « Une baisse et un vieillissement de la population entraînent plusieurs conséquences, explique Stéphane Foucault, directeur à l'Iedom. C'est le principal sujet de long terme de la Martinique et de la Guadeloupe, l'évolution dramatique à la baisse de leur population. »

Les facteurs conjoncturels et les crises successives du Covid et de la hausse du coût des matières premières, ne sont pas pour autant à négliger. Le prochain sujet de la banque centrale est de relancer une économie antillaise en fort déficit d'investissements. « Depuis déjà quelques mois déjà, nous avons stabilisé le niveau des taux d'intérêt, poursuit Yvan Odonnat. Même si je formule des propositions, je ne suis pas décisionnaire en la matière : un premier paramètre à considérer, c'est ce que la Banque centrale européenne (BCE) pourra décider en matière d'inflexion des taux d’intérêt. Les marchés anticipent une baisse de ces taux à l'horizon de juin 2024. »

Amélioration des délais de paiement des collectivités locales, innovation sur la transition énergétique, meilleure intégration régionale, les remèdes que suggère l'Iedom à ces économies ultramarines sinistrées sont connus de longue date. Le chemin à parcourir paraît encore long : selon les indicateurs compilés dans ce dernier rapport, moins de 4% des fournisseurs des entreprises antillaises se trouvent dans le bassin caribéen. 60% d'entre eux sont dans l'Hexagone.

FA Paris

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