Vote de confiance
Les députés d'outre-mer contre Bayrou
Avec l'intégralité de leurs collègues du groupe politique Gauche démocrate et républicaine (GDR) et l'immense majorité des députés ultramarins, les Guyanais Davy Rimane et Jean-Victor Castor entendent bien faire chuter le gouvernement de François Bayrou, le 8 septembre prochain, à l'Assemblée nationale.
« Moi, voter la confiance à ce gouvernement ? Jamais de la vie ! » L'intention de vote de Davy Rimane, président de la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale, est on ne peut plus claire. « Le Premier ministre met en place le vote de confiance en sachant pertinemment qu'il ne l'aura pas. Il prépare sa sortie. On va juste valider sa demande ! »
Joignant leurs forces à celles de tous les autres groupes d'opposition — y compris celles du Rassemblement national (RN) —, les députés de gauche tiennent ces jours-ci une réelle opportunité de faire chuter le gouvernement. Dans un communiqué du 25 août, le groupe GDR a indiqué « voter contre la confiance que le Premier ministre [leur] demande. » Pour de nombreuses et anciennes raisons parmi lesquelles une politique sociale « dévastatrice », le « mépris » et l'austérité à venir.
En choisissant de soumettre la poursuite de son travail — et potentiellement celui de toute l'équipe gouvernementale — à un tel scrutin à l'Assemblée nationale, François Bayrou a pris son « risque », comme il le reconnaissait lui-même au début de la semaine.
Nouveau Premier ministre de pacotille ou dissolution ?
Le Premier ministre n'a de toute façon pas la majorité nécessaire au Parlement pour faire adopter la prochaine loi de finances sans avoir recours à l'article 49.3 de la Constitution. « François Bayrou est rentré dans une impasse, juge Christian Baptiste, député (PS) de Guadeloupe et rapporteur spécial du prochain budget de la mission Outre-mer. Le Premier ministre sait pertinemment qu'il aura une réponse négative. Il nous oblige à le sanctionner parce qu'il sait qu'il a échoué à apporter une réponse à la hauteur des grands enjeux de la France. »
Comme le reste du groupe socialiste — qui compte aussi le député de Guadeloupe Elie Califer et la Martiniquaise Béatrice Bellay — Christian Baptiste votera contre la confiance au chef du gouvernement. « Les mêmes difficultés que l'année dernière risquent de se poser à nouveau, estime le Saintannais. Il faudra reprendre le budget de l'année précédente et surtout voir ce que le nouveau Premier ministre propose. »
Mais qui sera alors à Matignon ? Les pronostics et les offres de service ont déjà commencé. Faudra-t-il aller chercher le prochain locataire de Matignon dans les rangs du groupe Liberté indépendants Outre-mer et territoires (LIOT) ? Le député de Guadeloupe, Olivier Serva, y siège. Il votera sans hésiter contre la confiance au gouvernement le 8 septembre prochain ainsi qu'une « nette majorité » de son groupe. « François Bayrou a acté son échec, il doit partir. »
FA Paris
Quid du projet de loi contre la Vie chère ?
Si le gouvernement chute le lundi 8 septembre prochain, qu'adviendra-t-il des projets de loi qui étaient inscrits à l'agenda du Parlement ? La loi contre la vie chère doit être examiné par le Sénat le 30 septembre prochain. Pour l'instant, dans l'avion entre la Nouvelle-Calédonie et la France, Manuel Valls est encore un ministre d'État. D'ici quelques jours le ministre des Outre-mer pourrait être plus simplement un membre du gouvernement en charge des « affaires courantes ». Il n'empêche que ni lui ni son entourage ne confirment pour l'instant un quelconque changement de calendrier. Le 20 juillet dernier, Manuel Valls a même recruté un nouveau directeur de cabinet en la personne du haut-fonctionnaire, aguerri à l'Outre-mer et passé par la Guadeloupe, Thomas Degos.
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