Le roman de la rentrée
Port-au-Prince Cotonou, un roman haïtien
Le nouveau roman de l'Haïtien Philomé Robert, sorti le 2 septembre chez Caraïbéditions, fait partie de la la sélection des 484 romans de la rentrée littéraire.
Léonce et Nortilia dite Titi, presque deux siècles à deux, ont prêté le serment du Cœur jaillissant quand ils étaient encore adolescents, quelque part dans un petit bourg de la campagne haïtienne où règnent des figures tels maître Michelet Ti Jean Dantor ou Simalo Dieubénit et son pitt à coq (une gaguère en Haïti). « Nous sommes peut-être la gloire d’Haïti, entreprend l’intrépide et audacieux Léonce aux dents rouges (ses lèvres ont goût de betterave), mais si nous voulons construire cette gloire, la faire prospérer et montrer au monde de quoi nous sommes capables, si nous voulons que cette gloire devienne concrète, il nous faut retourner à notre essence : l’Afrique. » C’est compliqué sous François Duvalier de s’échapper de « la réalité quotidienne d’Haïti ponctuée d’arrestations, d’assassinats, d’exécutions, parfois même de chiens après qu’on a abattu leurs propriétaires. La figure outrageusement laide de la dictature, celle de l’étau toujours brutal de la peur qui anesthésie, celle des espoirs vivaces lacérés par les mensonges sur une prétendue révolution afro-négro-duvaliériste, pesait sur nos consciences. »
Rentrer au pays ou pas
Léonce devenu agronome, Titi médecin, les voilà expatriés grâce à la mission internationale d’assistance technique de l’Unesco. Ils viennent former les cadres, les futures élites des États nouvellement indépendants en Afrique. « Le colon avait tout salopé en termes de ressources humaines, histoire de bien s’assurer qu’il restât toujours là, indispensable. » Une vie à œuvrer « dans les plaines, les forêts, les vallons du Congo puis du Bénin où nous, Haïtiens toujours debout et reconnaissants du privilège que nous avions d’écrire l’Histoire en Afrique, avons marqué de notre empreinte des générations entières d’Africains ». Au soir de leur vie, installés à Porto-Novo, Léonce se met en tête d’écrire un roman, Port-au-Prince Cotonou, un aller sans retour. « Vous le savez, annonce ce dernier le jour de son anniversaire et celui de l’indépendance d’Haïti, je m’apprête à rentrer en Haïti malgré la vive opposition de Titi… » Mais c’est Nortilia qui raconte à la première personne Port-au-Prince Cotonou, un écho sans retour, offrant au lecteur un regard inédit sur Haïti et leur histoire.
FA Paris
Port-au-Prince Cotonou, un écho sans retour, Philomé Robert, Caraïbéditions
Un troisième roman
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Philomé Robert est Haïtien, journaliste et auteur. Il commence sa carrière à Radio Vision 2000 à Port-au-Prince, avant de collaborer avec RFI à Paris. Contraint de fuir son pays en 2001, il rejoint cinq ans plus tard France 24 où il présente les matinales du week-end. Port-au-Prince Cotonou est son troisième roman après Exil au crépuscule (2012) et Vagabondages éphémères (2022).
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