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Publié par fxg

Emeline K/Bidi, co-présidente du groupe PCF-Outre-mer

Emeline K/Bidi, co-présidente du groupe PCF-Outre-mer

Les députés antillais votent la chute de Bayrou

Ils ont presque tous voté contre la confiance : même s'ils refusent de se dire « satisfaits » ou même « soulagés », les députés des Antilles, comme ceux de Guyane, ont obtenu avec leurs collègues des oppositions la chute du gouvernement de François Bayrou, ce lundi 8 septembre.

Leur main n'a pas tremblé : 364 députés sur 577 ont voté contre la confiance au gouvernement et parmi eux dix élus sur les onze que comptent les Antilles et la Guyane. Finalement, les députés antillais ne sont tombés d'accord avec François Bayrou que sur une seule phrase de son discours de politique générale. « Ce moment, je l'ai voulu ! », assurait le Premier ministre au début de son allocution.

À la tribune de l'Assemblée nationale, ce fidèle d'Emmanuel Macron s'adressait aux parlementaires et les mettait en garde : « Il est question de trancher des questions historiques qui concernent la prochaine génération. Vous avez le pouvoir de renverser le gouvernement mais pas celui de changer le réel. »

Pour la majorité des élus, cette démission — obligatoire car prévue par la Constitution — n'est qu'un début. « Ce que nous demandons maintenant, c'est que le président de la République fasse le bon choix, s'anime la députée (PS) de Martinique, Béatrice Bellay. Le bon choix, il est à gauche. Nous avons déjà démontré, au Parti socialiste, que nous sommes prêts à gouverner, prêts à faire des compromis, à être ouverts et à participer de la défracturation de la France. » Dans un communiqué publié lundi soir, le président de la République a annoncé qu'il nommera un Premier ministre « dans les tout prochains jours. »

Au sein du groupe GDR, qui compte une part équivalente de députés communistes et d'élus d'Outre-mer, l'appel à la démission d'Emmanuel Macron est l'étape suivante. « Nous ne sommes pas responsables de la situation, déplore Émeline K/Bidi, élue de la Réunion et co-présidente du groupe GDR. Ce sont les Français qui demandent la démission du président de la République ! »

Macron, démission !

Malgré l'ambiance électrique dans une Assemblée nationale surpeuplée de journalistes, l'élu GDR de Guyane Jean-Victor Castor refuse de se réjouir de la tournure du vote et de la chute du gouvernement Bayrou. « Faire tomber un gouvernement n'est pas un but en soi, assure-t-il. La violence sociale et l'irresponsabilité sont du côté du gouvernement. L'austérité, promise dans ce Budget que nous avons rejeté, concerne les entreprises, les personnes précaires, les collectivités, tout le monde. M. Bayrou a été utilisé comme fusible pour faire face au mouvement social du 10 septembre. Personnellement, je pense que M. Macron devrait tirer les conséquences de ce vote, reconnaître qu'il n'a aucune légitimité et démissionner ! »

Après avoir voté dans le même sens que ses collègues des groupes RN, UDR, LFI, GDR, Ecologistes et Socialistes, le député guadeloupéen du groupe Liberté Outre-mer et territoires (LIOT) Max Mathiasin (ex-PS, ex-Modem) voit dans la chute du gouvernement « le résultat de la présentation d'un mauvais projet politique. » Il plaide avec ses collègues Estelle Youssoupha (Mayotte) et Olivier Serva (ex-PS, ex-macroniste), pour la nomination à Matignon du député de la Marne Charles de Courson (ex-centriste). « Au groupe LIOT nous défendons sa nomination parce que c'est un homme sérieux, qui siège à l'Assemblée nationale depuis trente ans et qui sera capable de trouver des compromis à droite comme à gauche ! Dans l'intérêt de la France. »

Crise financière ou crise de recettes

Rapporteur spécial pour l'Outre-mer de la prochaine loi de finances, le député (PS) de Guadeloupe Christian Baptiste estime logique la chute du gouvernement. « M. Macron a créé cette crise politique. S'il nous avait écouté, nous n'en serions pas là. Il faut qu'il en tire les conséquences et qu'il quitte le pouvoir ! C'est sa politique qui ne correspond pas à la réalité de nos territoires d'Outre-mer. 350 millions d'euros d'économie sur la Lodeom cela revient à faire payer la dette du pays par les petites entreprises. »

Membre lui aussi du groupe socialiste, le député guadeloupéen Élie Califer refuse, pour sa part, d'appeler à la démission d'Emmanuel Macron. « Il ne faut pas ajouter du désordre au désordre. Ce vote est avant tout la confirmation que M. Bayrou n'avait qu'un projet inacceptable et aucune légitimité. La France est dans une crise financière, une crise de recettes, que ce gouvernement a provoqué. Nous n'avons fait que relayer le cri de colère de nos populations qui refusent que ce soit ceux qui ont le moins qui payent le plus ! »

En regardant le résultat de ce scrutin par le bout ultramarin de la lorgnette, c'est un véritable désaveu pour Manuel Valls, ministre des Outre-mer.

FA Paris

L'exception saint-martinoise

Membre du parti – et du groupe politique à l'Assemblée nationale – Les Démocrates, fondé par François Bayrou, le député de Saint-Barthélémy et Saint-Martin, Frantz Gumbs a voté pour la confiance au gouvernement. Le sens de son vote est exceptionnel à l'échelle des Antilles et de la Guyane mais aussi de l'Outre-mer tout entier puisqu'il est le seul ultramarin à avoir fait ce choix avec Nicolas Metzdorf (Nouvelle-Calédonie, Ensemble pour la République, macroniste).

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