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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 06:11

Une nouvelle maison d'arrêt annoncée à Cayenne

Lors de sa visite à l'école nationale d'administration pénitentiaire à Agen, hier, le Premier ministre accompagné du ministre de la Justice, a annoncé la création de 33 nouveaux établissements pénitentiaires sur l’ensemble du territoire national, et plus particulièrement, d’une seconde maison d’arrêt d’une capacité de 300 places dans l'agglomération de Cayenne. Les parlementaires Chantal Berthelot et Georges Partient regrettent que cet établissment ne soit localisé à Saint-Laurent ou tout au moins dans l'Ouest guyanais.

FXG, à Paris

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 04:23

Ericka Bareigts : "Une vision et un projet politique que je porte depuis trente ans"

La restitution de la consultation numérique sur le projet de loi égalité réelle (lancée en août dernier par l'ancienne ministre des Outre-mer George Pau-Langevin) a été l'occasion, lundi matin, pour son successeur, Ericka Bareigts, de se livrer à un exercice de communication alors que le dit projet venait en débat plénier mardi après-midi à l'Assemblée nationale.

La ministre a d'abord salué la "réussite" de la participation des citoyens des outre-mer et de l'Hexagone. 7 660 visiteurs uniques, 840 inscrits, 1829 contributions et 3112 personnes ayant pris part au vote sur les contributions... Rappelons que le nombre d'inscrits au 1er mars 2015, dans les seuls départements et régions d'outre-mer est de 1,287 millions (sur 44,6 millions au total). "Ces chiffres témoignent de l'intérêt autour de ce projet de loi", souligne Mme Bareigts qui se se dit "étonnée agréablement de la compréhension de la démarche et du sujet". Car la ministre n'a pas oublié comment étaient moqueurs les commentaires lors de sa nomination aux fonctions de secrétaire d'Etat à l'Egalité réelle en février dernier (passées entretemps par pertes et profits). Mais désormais, tout a bien changé : "Quand ils m'ont dit que l'égalité des chances n'était pas l'égalité réelle, professe-t-elle, les gens ont tout compris..." Les citoyens se sont donc appropriés le concept d'égalité réelle et c'est le fruit du travail de Mme Bareigts, pas seulement depuis février dernier. "Parce que c'est un combat que je mène depuis 2006, assène-t-elle, parce que c'est une vision et un projet politique que je porte depuis trente ans."

Deux mesures citoyennes

La consultation a été clôturée le 9 septembre quand les travaux parlementaires avaient déjà débuté du côté du rapporteur général et dix jours seulement avant l'audition de la ministre par les députés. Des propositions citoyennes auront-elles eu le temps d'être reprise dans le texte ? "Mon combat indique la ministre, a été l'approche régionale du développement des Outre-mer et la co-construction." Ainsi, c'est à elle que l'on doit les mesures sociales et économiques, "soutenues par le président de la République" : l'introduction du complément familial outre-mer, la revalorisation de l'allocation vieillesse des parents au foyer, le versement de l'allocation familiale aux artisans qui ne sont pas à jour de leurs cotisations, l'aide au fret pour abaisser le coût des intrants, la possibilité pour le ministère des Outre-mer (et non plus seulement de Bercy) de saisir l'Autorité de la concurrence, un fonds spécial pour financer les échanges scolaires et universitaires dans les bassins géographiques des territoires. La ministre attribue aux citoyens les mesures sur l'aide au fret et sur la continuité territoriale en cas de deuil et l'accompagnement au retour des jeunes diplômés. "En six mois, on est allé très vite", conclut-elle sa présentation en forme de répétition générale au débat qui débutait le lendemain.

FXG, à Paris

Les propositions des citoyens internautes

L'encadrement des prix, la coopération régionale, la continuité territoriale, un tarif aérien spécial résidents, l'eau potable garantie, la libre concurrence, l'attractivité du prix des véhicules électriques, des transports en commun de qualité, des tarifs en baisse pour le téléphone et internet, des énergies renouvelables, la baisse de la pression fiscale indirecte, la place des seniors...

 

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 03:16
Cazeneuve aux Antilles Guyane

Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, a entamé jeudi un déplacement d’une semaine en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane. Interview.

"400 policiers et gendarmes en renfort"

Allez-vous annoncer les renforts de gendarmes et de policiers dans chacun des DFA ? Combien et dans quel délai ?

Je viens aujourd’hui aux Antilles pour dire à nos concitoyens de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane que l’Etat est à leurs côtés, pour combattre la délinquance et assurer à chacun la sécurité et la tranquillité à laquelle il a droit, comme partout en France. Ce ne sont pas que des principes et des mots ; c’est une réalité concrète : je peux vous annoncer aujourd’hui que plus de 400 policiers et gendarmes vont renforcer les forces de sécurité déjà présentes dans ces trois départements. Près de 250 entre septembre 2016 et juin 2017, et plus de 150 autres en 2018. Chaque territoire va en bénéficier : 85 policiers et gendarmes pour la Martinique, 158 pour la Guadeloupe, et 165 pour la Guyane. Ces renforts s’ajoutent aux 70 gendarmes mobiles envoyés en Guadeloupe le 17 septembre après le meurtre du jeune Yohann, qui nous a tous meurtris. Ils sont bien entendu pérennes ; ils ont vocation à rester. C’est un effort important, nécessaire, car la sécurité des Martiniquais, des Guadeloupéens et des Guyanais l’exige. Je n’oublie pas bien entendu les habitants Saint-Martin, confrontés également à une situation particulière. Je recevrai les élus de l’île fin octobre.

Le plan sécurité Outre-Mer que vous avez lancé en juin dernier est-il perfectible dans chacun de ces territoires ?

Ces renforts s’inscrivent dans le cadre du plan Outre-mer que j’ai en effet présenté le 27 juin dernier avec ma collègue chargée des Outre-Mer George Pau-Langevin, et que nous mettons en œuvre avec Ericka Bareigts depuis sa nomination. Je rappelle que ce plan qui concerne tous les territoires ultramarins, comprend 22 mesures pour renforcer les effectifs et les moyens des forces de l’ordre, assurer une co-production de sécurité avec les acteurs locaux, et mener des actions ciblées spécifiques. Bien entendu, ce plan est ensuite décliné à l’échelle de chaque territoire, sous la responsabilité des préfets, avec des solutions adaptées. Par exemple, en Martinique, le groupe des pelotons d’intervention Outre-mer de Fort-de-France (GPIOM) est devenu une antenne du GIGN. Ce nouveau statut permettra de faire évoluer ses moyens à l’avenir. Pleinement opérationnelle, cette antenne garantit en cas d’urgence des interventions rapides et efficaces. Pour la Guadeloupe, j’ai dégagé de nouveaux financements - 166 000 euros - pour renforcer l’équipement en caméras de vidéo-protection de la commune de Pointe-à-Pitre. 20 nouvelles caméras seront ainsi disponibles. En Guyane, j’ai décidé la création d’une zone de sécurité prioritaire à Saint-Laurent-du-Maroni, particulièrement adaptée au contexte local.

Les élus locaux ne cessent de plaider pour des solutions pérennes et durables à l'insécurité ; cela doit-il s'exprimer uniquement en renforts de police ?

Les renforts en effectifs sont déterminants. Mais naturellement nous les accompagnons d’investissements, en matériel, en locaux notamment. En Martinique, comme en Guyane et en Guadeloupe, des matériels nouveaux, armes, casques, véhicules sont en partie arrivés et vont continuer d’être livrés dans les mois qui viennent. C’est une remise à niveau qui était indispensable pour que nos forces travaillent dans les meilleures conditions de sécurité et d’efficacité. Par ailleurs, l’investissement dans le long terme passe également par de nouvelles infrastructures. C’est pourquoi je visiterai le chantier du futur hôtel de police de Cayenne. C’est un équipement très attendu des élus et de tous les Guyanais. Nous procédons également à une réorganisation des services de police pour assurer une présence renforcée sur la voie publique ainsi qu’une meilleure coordination en matière d’investigation. Nous faisons le maximum, aux côtés des élus locaux qui défendent leurs territoires avec passion, pour la sécurité de tous.

Justement, est-ce que la coproduction de sécurité fonctionne bien ? Les collectivités apportent-elles leur pierre à l'édifice ?

Le plan sécurité Outre-mer constitue justement une nouvelle étape dans cette co-production, avec la réunion d’une conférence semestrielle rassemblant tous les acteurs locaux autour du préfet : services de l’Etat, élus, agents des collectivités territoriales, communauté éducative, associations et société civile. Elle dressera un bilan des actions et de priorités en matière de prévention et de lutte contre la délinquance. Je tiens particulièrement à cette co-production car elle est une des conditions de la réussite de notre politique de sécurité. J’en parle régulièrement aux élus, notamment à Victorin Lurel, dont l’expertise est reconnue. J’ai reçu il y a quelques jours au ministère le Président du conseil régional de la Guadeloupe et la Maire de Cayenne. Je verrai l’ensemble des élus au cours de mon déplacement. Je sais qu’au-delà des sensibilités politiques des uns et des autres, chacun partage cette conviction : nous devons nous élever au-delà des clivages partisans pour défendre l’intérêt général. C’est cela la République. Et je le rappelle : la République et la France, c’est la même chose.

Peut-on parler d'une typologie de la violence spécifique en Guadeloupe, en Martinique ou en Guyane ?

Il y a des traits communs à la délinquance constatée en métropole, mais il y a aussi des spécificités locales que nous traitons particulièrement. Par exemple, en Guyane, nous développons une stratégie globale de lutte contre l’orpaillage illégal, qui repose sur trois volets : le développement de la coopération avec les pays voisins, Suriname et Brésil, un volet coercitif à travers l'opération Harpie, et le développement de l’activité économique en forêt, notamment par la réinstallation de sociétés minières légales sur d’anciens sites illégaux. Cette stratégie volontariste porte ses fruits : depuis 2014 le nombre de chantiers d'orpaillage illégal actifs a chuté de 67 %, passant de de 479 à 160, entraînant une réduction importante des impacts sur l’environnement. Par ailleurs, la gendarmerie maritime est très active contre le braconnage maritime et agit efficacement contre ceux qui essaient de piller nos eaux territoriales. En Martinique, nos services spécialisés mènent une action de pointe contre les trafiquants de drogue, et en Guadeloupe, la lutte contre la prolifération des armes à feu est prioritaire.

La prévention peut-elle réellement faire baisser la criminalité ?

La prévention, plus la répression, plus l’ensemble des moyens que je viens de décrire : c’est notre action globale pour la sécurité qui doit faire reculer la criminalité. Nous obtenons des résultats : en Martinique, depuis le début de l’année nous élucidons 10 % de faits en plus. En Guadeloupe, la situation reste difficile, mais nous percevons une amélioration, notamment une baisse des atteintes aux biens (vols, dégradations) depuis janvier. En Guyane, les cambriolages ont diminué de 9 % l’année dernière. Nous avons rompu avec la politique de nos prédécesseurs qui avaient, à l’échelle du territoire national, supprimé 12 500 postes de policiers et de gendarmes entre 2007 et 2012, alors que nous en recréons 9 000 sur l’ensemble de ce quinquennat. Il n’y a pas de fatalité en matière de lutte contre la délinquance. C’est une question de moyens, et nous les mettons. C’est aussi une question de volonté, de détermination, de constance. Voilà ma conviction.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 03:50
Etienne à la station Vélib où il a été interpellé le 25 septembre au matin

Etienne à la station Vélib où il a été interpellé le 25 septembre au matin

Confondu avec l'agresseur d'une cycliste, un jeune Marie-Galantais reçoit des coups et une convocation au tribunal

Le 7 octobre prochain à 17 heures, le tribunal de police du 18e arrondissement devait entendre Etienne John, 25 ans, serveur dans un restaurant du Marais. Poursuivi pour outrage sous l'empire d'un état alcoolique... Les poursuites dont fait l'objet ce jeune homme originaire de Grand-Bourg Marie-Galante, vont surtout permettre aux trois policiers qui l'ont violemment interpellé dimanche 25 septembre à 5 heures, rue Pajol à Paris, de se dédouaner de ce qui s'apparente à une bavure.

Ce dimanche, au petit matin, Etienne rentre du travail en vélib, casquette et capuche sur la tête et des écouteurs sur les oreilles. Il est à deux pas de chez lui quand il range son vélo sur emplacement libre. Soudain, il est pris à partie par derrière par trois hommes. "Je ne les avais pas vus, raconte-t-il... Ils m'ont sorti de mon vélib, plaqué au sol... Ils ont du me parler mais avec mes écouteurs, je n'ai rien entendu..." Il découvre les trois policiers, un Asiatique, un Maghrébin et un métropolitain. Ce n'est qu'une fois ses écouteurs enlevés qu'il leur demande ce qui se passe. En guise de réponse, il prend des gifles et se retrouve vite fait menotté, embarqué dans la voiture de police... "Jusque là, je ne sais pas trop ce qui m'arrive..." L'équipage l'emmène à l'hôpital. "J'avais bu un coup à la fin de mon service... J'ai été ausculté vite fait puis embarqué vers un commissariat où j'ai encore reçu des coups avant d'être transféré dans un autre poste de police..." Il assure avoir été étranglé au point d'avoir eu du mal à ingurgiter pendant trois jours (son médecin lui a mis une semaine d'arrêt de travail). "J'ai été gardé en cellule toute la journée... J'ai compris qu'ils me reprochaient un outrage parce que je me suis un peu lâché et que j'ai contesté..." A 18 heures, quand il est relâché, on lui présente un procès verbal qui lui indique enfin pourquoi il a été interpellé. "Je correspondais au profil d'un homme recherché qui avait agressé une demoiselle sur son vélo peu avant... Quand ils ont fouillé mon sac, ils ont trouvé un tire-bouchon, un stylo et un tablier de service... Ils n'ont même pas pris la peine de s'excuser..."

Les policiers ont fait chou blanc, mais Etienne est reparti avec une convocation devant le tribunal de police... Une semaine plus tard, Etienne est encore en colère et il souhaite dénoncer cette bavure : "Je pensais pouvoir vivre tranquillement dans une ville où pendant cinq ans, il ne m'est rien arrivé d'extraordinaire... Et puis là, c'est la peur et l'injustice !" Etienne sera défendu par Me Jock.

FXG, à Paris

Etienne John a passé les quinze premières années de sa vie à Grand-Bourg avant de rejoindre le lycée hôtelier du Gosier où il a d'abord été interne, avant que sa mère ne s'installe aux Abymes. Enfin diplômé, Etienne est parti à Paris, il y a déjà cinq ans, où il a trouvé un emploi de serveur.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 10:15

Le projet de loi égalité réelle outre-mer prend de l'épaisseur

La commission des lois de l’Assemblée nationale a terminé mardi soir l’examen du projet de loi Egalité réelle Outre-mer. Le texte déposé par le gouvernement comportait 15 articles répartis en 4 titres, il y a désormais 112 articles et 12 titres. "Le texte, tel qu’issu de la Commission, intègre plusieurs mesures majeures pour plus d’égalité sociale, économique, sanitaire, environnementale et culturelle", précise le député Lurel, rapporteur de la loi. L'article 1 affirme "le droit aux populations d'outre-mer à disposer de l'ensemble des mêmes droits que l'ensemble du peuple français". L'architecture de la stratégie de convergence distingue les plans et contrats de convergence et renforce les obligations des signataires ainsi que l'évalutation confiée à la CNEPEOM mais également aux Chambres régionales des comptes. L'âge de la scolarité obligatoire passe de 3 à 18 ans au lieu de 6 à 16 ans. La représentativité des syndicats locaux est reconnue à l'égal des syndicats nationaux. L'assiette de collecte du FIPDOM est élargie à l'ensemble du territoire, des zones franches globales dès 2019. La création d'un cgrand onseil coutumier en Guyane. Celle d'un livret de famille en langue régionale. L'alignement des tarifs postaux... La liste est longue.

Victorin Lurel n'a pas manqué de fournir une liasse d'amendements qu'il a dû renoncer à déposer (tout comme l'a fait Monique Orphé, rapporteure de la commission des affaires sociales) : "Contraints par l’article 40 de la Constitution, nous ne pouvons en tant que députés proposer des amendements créant ou aggravant la charge publique. Or notre volonté d’aligner l’ensemble des prestations et allocations sociales sur les montants versés en France hexagonale représente un coût budgétaire certain qui rend nos amendements irrecevables."

Réunis à l'Elysée avec Ericka Bareigts, juste avant l'examen du texte en Commission des lois, les parlementaires ont fait savoir au chef de l'Etat que "l’égalité des droits pour nos compatriotes ultramarins ne peut souffrir d’arbitrages strictement comptables". Le président de la République leur aurait assuré de son "total engagement pour qu’une égalité en droits – fusse à en étaler le coût - entre les Ultramarins et leurs concitoyens hexagonaux soit enfin respectée".

Le texte revient en discussion plénière mardi à l'Assemblée nationale.

FXG, à Paris

 

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 07:33
Serge Létchimy, rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques

Serge Létchimy, rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques

Plus de mesures économiques et sociales

Avant la commission des lois (mardi soir), les commissions des affaires économiques et sociales se sont réunies pour proposer leurs amendements à la loi Bareigts qui vient en débat à l'Assemblée nationale le 4 octobre.

Serge Létchimy, rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques défendra une petite vingtaine d'amendements. Tout en reconnaissant dans ce projet de loi "un engagement politique majeur" et "une stratégie de convergence vers l'égalité réelle", il souhaite accroître encore davantage "le potentiel de développement" Une série d'amendements visent à renforcer les mesures économiques du titre 4 : prolonger la LODEOM et ses zones franches de deux ans et non plus d'un seul, intégrer le BTP dans le secteur protégé, étendre le plan cadre avenir de Mayotte à tous les DROM, faciliter ainsi le retour des jeunes formés, étendre l'aide fiscale à l'investissement au renouvellement du matériel, élargir à l'Hexagone l'assiette de collecte du FIPDOM, ouvrir la défiscalisation des logements sociaux à de grosses entreprises (sur ce point, l'abstention du député Naillet —­ suppléant de Mme Bareigts — présage de l'avis du gouvernement), supprimer l'agrément préalable pour le logement en accession sociale à la propriété, élargir les crédits de l'ANRU à l'Outre-mer, créer un statut du travailleur pluriactif en raison de la saisonnalité...

En commission des affaires sociales, Monique Orphé a d'abord évoqué les amendements qu'elle avait du retirer parce qu'il créait de la dépense publique... Son premier reproche est venu pour regretter que le titre 3 ne s'applique qu'à Mayotte. Elle veut donc améliorer la prise en charge de l'allocation solidarité des personnes âgées comme le complément familial. Ses amendements visent à améliorer la santé publique et l'accès aux soins.

Hier soir, en commission des lois, c'est une liste d'amendements bien plus importante qui devait être discutée avant le débat de mardi en séance plénière.

FXG, à Paris

Lobby rhumier et santé publique

Les amendements de Monique Orphé pour augmenter les droits d'accises sur le rhum ou interdire la communication sur les alcools a fait réagir les députés Nilor (Martinique) et Carabin (Guadeloupe) qui sont montés au créneau pour défendre la production rhumière locale. Le premier refusant de voir stigmatiser le rhum quand, explique la seconde, "les jeunes prennent de la bière, du vin blanc ou de la Déspé mélangés à l'essence sans plomb ! Mais pas du rhum, pas avant 19 ou 20 ans !"

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 05:42
Erica Bareigts juge son budget "bon" et "volontaire"

Erica Bareigts juge son budget "bon" et "volontaire"

Budget outre-mer en hausse de 16 millions

Ericka Bareigts a présenté hier le projet de budget de la mission outre-mer. En 2017, ce budget atteint les 2 milliards et 32 millions d'euros (un mieux de 16 millions par rapport à 2016). La partie "conditions de vie outre-mer" s'élève à 787,6 millions, en hausse de 12,3 %, dont 247 millions pour le logement (ligne budgétaire unique) et 33 millions pour la continuité territoriale. Ce budget veut soutenir l'accès au financement bancaire des collectivités en consacrant 25 millions à un équivalent "fonds vert", via l'Agence française de développement, pour mobiliser 100 millions de prêts à l'investissement dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Ericka Bareigts qui a rappelé la prorogation des zones franches d'activité et de la LODEOM d'une année (la dégressivité du dispositif est gelée), assure que le reliquat budgétaire, "important", sera réaffecté au soutien économique outre-mer. Le Fonds exceptionnel d'investissement reste maintenu donc à 40 millions. Le budget affiche encore 10 millions d'euros pour la cité des outre-mer. "Les travaux débuteront en 2017", promet le ministère ! De bonnes sources, ce devrait être du côté de La Villette, dans le 19e arrondissement. Le budget affiche encore 10 millions d'euros de crédits supplémentaires pour la dotation globale d'autonomie de la Polynésie.

La ministre a, par ailleurs, annoncé le retour de la France dans le capital de la banque caribéenne d'investissement.

Le programme "Emploi outre-mer" s'élève à 1,140 milliards. 42 millions sont en faveur de la formation en mobilité, l'insertion et la qualification professionnelle. La subvention de LADOM pour charge de service public est portée à 7,8 millions. Le SMA émarge à un peu moins de 200 millions d'euros et reste dans sa trajectoire pour atteindre les 6000 volontaires formés par an. Par ailleurs, le MOM a investi 700 000 euros pour une convention pluriannuelle avec l'IFCASS, l'école de Dieppe qui forme 300 ultramarins chaque année aux métiers sanitaires et sociaux.

Le plus lourd dans ce budget, c'est la ligne des exonérations des charges sociales pour réduire le coût du travail. Le ministère paye ainsi 1,033 milliards aux caisses de sécurités sociales pour 70 000 salariés. La ministre assure que ces exonérations ne seront pas réformées pour en 2017, mais elle souhaite arriver à meilleur ciblage pour les travailleurs indépendants.

Pour Ericka Bareigts, ce budget qui sera discuté et voté avant la fin de l'année, est "bon" et "volontaire".

Ce budget participe-t-il déjà à financer la future loi égalité réelle ? "Les mesures votées dans la loi égalité réelle outre-mer, a indiqué la ministre, seront financées par budgets supplémentaires, d'autres lignes budgétaires, d'autres ministères, mais pas par celui de la mission outre-mer."

FXG, à Paris

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 05:39

Kalash de retour à la barre

L'artiste martiniquais Kalash, 28 ans, comparaissait hier devant la cour d'appel de Paris pour détention d'un pistolet automatique Husqvarna de calibre .9 mm, deux chargeurs et six balles. Le 19 mai dernier, il était jugé en comparution immédiate et condamné à six mois de sursis quand le parquet avait requis un an ferme et le mandat de dépôt. C'est sur appel du parquet que le chanteur est revenu à la barre hier. La culpabilité était acquise, mais c'est sur le quantum de la peine que la cour devait se prononcer.

A l'origine, une commission rogatoire dans une affaire de stupéfiants d'un juge d'instruction qui ordonne une perquisition au domicile parisien de l'artiste. C'est là que la police trouve l'arme et ses munitions ainsi qu'une mallette frappée d'un logo de la police nationale. Cette mallette appartient à un Guyanais gardien de la paix jusqu'à sa radiation en 2013.

Kalash se dit étranger à toute histoire de stups mais revendique la propriété de l'arme, qui n'a jamais servi, acquise moyennant 2000 euros. Il explique que c'est pour la protection de ses proches et de lui-même de "personnes emprisonnées à Fresnes". Kalash explique qu'il a refusé de payer le moindre pourcentage sur les recettes de ses concerts. Il explique encore qu'il fait l'objet de menaces de mort et de racket depuis 2015 et la sortie de son tube national Bando.

Ce qui n'a pas plu au parquet, c'est que Kalash n'a jamais voulu donner son vendeur quand la justice veut remonter la filière dans le contexte des attentats... Alors, la théorie des menaces, le parquet n'y croit pas trop : "Il est vague ; il n'a pas été menacé directement..." "C'est du racket", intervient Kalash. Le président parle d'"allégations de menaces pas très matérialisées". "C'est toujours assez vague et sournois", insiste Kalash qui explique qu'il a recours à des gardes du corps à la suite de menaces de racket de la part de certains membres de la communauté africaine...

Me Arneton, l'avocat de Kalash explique que depuis le succès de Bando, il a du renforcer sa sécurité personnelle... Las pour lui, l'avocat général en fait une "affaire de principe" : "Les armes, c'est extrêmement sérieux et vous êtes un exemple !" Il rappelle qu'une procédure est en cours dans une affaire de violence contre la police en état d'ébriété... Me Arneton lui rappelle que des plaintes ont été déposées contre les policiers ! "Avec vos gardes du corps et votre arme, vous allez à l'encontre de votre message, vous avez choisi la mauvaise voie." Il requiert douze mois de prison dont six avec sursis.

"Ce que vous avez à juger, plaide Me Arneton, c'est la rançon de la gloire ! Cet homme est pourchassé !" Il rappelle le cas de Bouba, de Joey Starr... "Quand on est devant une juridiction pour détention d'arme, ça fait désordre de s'appeler Kalash, continue l'avocat, mais c'est pour son flow saccadé et rapide !" Il cite le maire de Fort-de-France qui indique que "sans prjuger de la culpabilité de l'artiste, c'est un jeune homme qui a des convictions religieuses et qui sait ce qu'il représente aux yeux de la jeunesse". Me Arneton demande à la cour de confirmer la peine de première instance.

La décision sera rendue le 26 octobre.

Kalash a quitté la salle entouré de nombreux fans qui avaient assisté à l'audience ; il s'est contenté de les saluer d'un geste appaisant.

FXG, à Paris

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 05:44
Ary Chalus à la sortie de l'hôtel Beauvau mardi

Ary Chalus à la sortie de l'hôtel Beauvau mardi

En attendant Cazeneuve

Le ministre de l'Intérieur arrive le 30 septembre en Guadeloupe et sa venue annoncée et reportée maintes fois, survient au lendemain du drame qui a coûté la vie à Yohann, un lycée de 15 ans. Comme Il avait reçu le député Victorin Lurel au début du mois de septembre pour lui promettre déjà des renforts, Bernard Cazeneuve a reçu le président et député Ary Chalus, hier après-midi. L'entretien a duré trois-quarts d'heure. Au menu l'insécurité et les moyens que le ministre s'apprête à annoncer pour "rassurer la population", selon Ary Chalus, des "moyens concrets". Les effectifs de police et de gendarmerie vont donc être augmentés et les mutations de fonctionnaires ultramarins facilitées. Le ministère et la Région devraient aussi signer une convention relative à la vidéoprotection pour les communes... Ary Chalus a évoqué le renfort des polices municipales selon les désidérata des communes...

Mais Ary Chalus est revenu sur son cheval de bataille, l'établissement public d'insertion de la Défense sur le site du CFA Jean-Melloc, l'ancien Saint-Jean-Bosco, "pour accompagner nos jeunes". Et Bernard Cazeneuve lui a prêté une oreille bienveillante. Non seulement, il annoncera des renforts, mais le ministre rendra visite à la famille du jeune Yohann. "Ce que nous pouvons faire ensemble avec le ministère de l'Intérieur et le Département, c'est dont nous débattrons lors de sa venue."

Le sujet de l'insécurité est un sujet porteur en période électorale. Il y a quinze jours, Victorin Lurel se prévalait d'avoir eu de la bouche même du ministre du l"Intérieur l'annonce de l'annonce des renforts. Le 22 septembre, dernier, c'est Nicolas Sarkozy qui se fendait d'une lettre à Ary Chalus pour lui dire tout ce qu'il pensait de l'insécurité en Guadeloupe. "Il faut qu'on arrête de faire la politique, commente Ary Chalus, et qu'on se mette au travail. J'aurais préféré que le ministre reçoive les quatre parlementaires de la Guadeloupe ensemble pour parler de l'insécurité en Guadeloupe." Nul doute qu'ils seront tous là ce week-end avec lui pour l"entendre annoncer ses "solutions pérennes et durables" contre la violence en Guadeloupe.

FXG, à Paris

Ary Chalus :

"On ne pourra jamais donner du travail à tous les Guadeloupéens"

"La Guadeloupe est un territoire non extensible et on ne pourra jamais donner du travail à tous les Guadeloupéens. Le premier acteur à mobiliser doit être la famille ; on a perdu les valeurs familiales, l'amour de nos enfants... Des cousins germains, des oncles, des tantes, des neveux ne se connaissent pas... Il faudrait que nous puissions retrouver déjà ces valeurs familiales, par la suite mettre en place des formations avec le plan 500 000 formations. Les communes doivent aussi lancer les états généraux de la jeunesse pour savoir ce que nos jeunes veulent !"

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 16:33
Patrick Kanner est aux Antilles puis en Guyane à partir du 22 septembre 2016

Patrick Kanner est aux Antilles puis en Guyane à partir du 22 septembre 2016

Un plan gouvernemental de rattrapage des équipements sportifs

Après deux voyages officiels à La Réunion, Patrick Kanner, ministre des Sports, se rend à partir du 22 septembre en Guadeloupe, Martinique et Guyane. "Je viens leur dire que la République ne se cantonne pas au périmètre hexagonal." Dans ces territoires, les enjeux sont l’accès au sport, le renouvellement urbain et la place faite aux jeunes. "L’Etat doit répondre présent, assure Patrick Kanner, et son action doit s’incarner sur le terrain. C’est tout l’objectif de ma venue."

Le ministre vient présenter un plan de rattrapage des équipements sportifs. L’effort portera sur les installations de proximité, avec la création de nouveaux équipements, mais aussi l’amélioration de ceux qui existent. "Je pense par exemple, indique la ministre des Outre-mer, à l’éclairage et la couverture de plateaux multisports, à des remplacements de pelouses dans des stades ou à leur éclairage, à la mise en place de bassins pour l’apprentissage de natation… L’idée est de faciliter la pratique du sport pour tous."

Pour y parvenir, Patrick Kanner annonce une "mobilisation exceptionnelle de l’Etat" : "A compter du 1er janvier 2017, nous allons renforcer l’offre d’équipements sportifs en Outre-mer tant sur le plan quantitatif que qualitatif, avec un plan pluriannuel." Outre le renouvellement du parc d'équipements, il s'agit aussi de diversifier l’offre de disciplines sportives et de déployer des équipements structurants pour l’accueil des manifestations nationales et internationales. Sans vouloir annoncé le montant de cette enveloppe, Patrick Kanner parle de "crédits exceptionnels supplémentaires financés à moitié par mon ministère et celui d’Ericka Bareigts".

Quant à connaître la destination précise de ces fonds, elle sera décidée au plus près des territoires, puisque le gouvernement a choisi de lancer des appels à projet en partenariat étroit avec les collectivités ultramarines. "Nous avons besoin d’elles, indique Ericka Bareigts, pour identifier au mieux les besoins et les attentes."

Au-delà du très haut niveau, l'ambition du plan gouvernemental est de mettre l'accent sur le sport de proximité. "Nous voulons, poursuit Ericka Bareigts, donner les moyens aux habitants des Outre-mer de pratiquer les sports qu’ils affectionnent, dans les meilleures conditions. Si les bienfaits physiques de la pratique régulière d'activités sportives sont connus, je considère que le sport est un levier social et de solidarité essentiel en matière d’insertion, de valorisation du collectif, de promotion de la parité et d’émancipation."

Après les annonces de mobilisation contre les violences, notamment en Guadeloupe avec les évènements de la semaine dernière, le gouvernement entend rappeler que le sport a aussi sa place dans la politique de prévention.

FXG, à Paris

 

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