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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 11:40

Edith Hamot et René Noël ne seront pas remboursés de leurs frais de campagne

Le conseil d'Etat a donné raison à la commission nationale des comptes de campagne et financements politiques contre le binôme composé d'Edith Hamot et René Noël, candidats malheureux aux élections départementales de mars 2015 dans le canton de Saint-François. La CNCCFP avait rejeté le compte de campagne des d'Edith Hamot et René Noël au motif qu'ils avaient omis  de faire figurer dans leur compte les dépenses liées à deux soirées électorales, les 10 janvier et 7 février 2015. Or, la CNCCFP estime que ces dépenses représentent 11,4 % du montant du compte de campagne et 5,3 % du plafond des dépenses électorales autorisées dans le canton. Les magistrats du palais royal ont toutefois estimé que les deux candidats battus n'avaient pas à être déclarés inéligibles car même en intégrant ces dépenses, leur compte de campagne n'aurait pas dépassé les montants autorisés. Le conseil d'Etat admet en outre qu'il n'y a pas eu volonté délibérée de fraude.

FXG, à Paris

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 05:00
La ministre des Outre-mer a défendu son premier budget et le dernier du quinquennat

La ministre des Outre-mer a défendu son premier budget et le dernier du quinquennat

Les députés votent le budget outre-mer

Mercredi soir les députés ont adopté le budget de la mission outre-mer. Le groupe GDR, à l'exception d'Alfred Marie-Jeanne, contre, l'a voté comme les socialistes, les radicaux et les centristes. Seul, le groupe Républicain s'est abstenu.

Ce débat a été l'occasion pour la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, de louer l'action du chef de l'Etat, "le seul" qui se soit rendu dans tous les territoires durant son quinquennat. Mme Bareigts a mis en avant la hausse de 16,5 millions d'euros, soit une hausse de 2,8% en autorisations d'engagement (AE) et de 0,8 % en crédits de paiement (CP) quand le député radical de gauche Claireaux (Saint-Pierre et Miquelon) admet une baisse dénoncée par son collègue LR de Saint-Martin, Daniel Gibbs, de 2,2 % (AE) et 3,9 % (CP) en raison de transferts des missions Travail, emploi et Enseignement supérieur. Ce débat a été l'occasion pour les députés d'outre-mer (les seuls à y participer à quelques rares exceptions) de faire valoir leurs points de vue. Ainsi pour Alfred Marie-Jeanne (photo), président de la collectivité de Martinique, l'égalité réelle n'est "ni sociale, ni sportive" et Ladom est un "Bumidom bis" qui  contribue au "dépeuplement de la Martinique". Huguette Bello (photo) s'est inquiétée de la sortie du dispositif de 1300 jeunes  réunionnais en emploi d'avenir. La ministre a bien évoquée de nombreuses solutions pour ces jeunes sans pouvoir annoncer un chiffre pour ceux qui ont trouvé un voie viable d'insertion, si ce n'est de parler de "nouvelle dynamique de parcours professionnels à dynamiser", de 8000 jeunes bénéficiaires de la garantie jeune (461 euros par mois) et de 144 millions en 2017 pour continuer avec la garantie jeune. Le député guyanais Serville, par la voix du Martiniquais Bruno Nestor Azerot (photo) s'est inquiété de la baisse des exonérations de charges pour les indépendants et artisans. La ministre a rappelé que l'économie de 30 millions permettait "une dégressivité juste qui ne porte pas atteinte à ceux qui ont des revenus justes".

Violence et réchauffement climatique

La question de la violence et des 39 homicides en Guyane en un an est venue avec la députée de la Guyane Chantal Berthelot (photo), soutenue par la Guadeloupéenne Gabrielle Carabin,  "Il y aura des contrôles accrus de la police et de la gendarmerie et des saisies d'armes", a indiqué la ministre. Elle n'a pas parlé de la grève du zèle des policiers de Cayenne qui ne veulent plus prendre d'appel après 22 heures. Mais elle a rappelé que l'Opération d'intérêt national pour le logement en Guyane "se met en place" et que le pacte pour la Guyane serait bientôt signé. Les discussions sur les amendements ont porté principalement sur le fonds vert qui ouvre des prêts à taux zéro pour les abris à construire là où les bouleversements climatiques commandent de les construire (en Polynésie essentiellement où il en reste 28 à construire). "Nous devons emprunter pour les effets causés par les pays du nord et emprunter pour cela ?", s'est offusqué le député calédonien Gomez. Serge Létchimy (photo) est venu le soutenir et tous sont convenus avec la ministre que ce dispositif, si insuffisant soit-il, répondait au moins aux lacunes du passé. A minuit passé, le budget de la mission outre-mer était adopté. Reste que le Sénat a fait savoir qu'il ne prendrait même pas le temps d'examiner l'ensemble du budget. Une décision qui accélèrera peut-être la suite de l'examen de la loi égalité réelle outre-mer. A condition que les commissions du Sénat se réunissent rapidement et que le gouvernement accepte d'inscrire le texte à son agenda, sinon ce sera pour janvier ou février.

FXG, à Paris

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 09:15
Gabrielle Vauthey, CDC, Mathias Hautefort, VITIS, Nassir Goulamaly, Oceinde

Gabrielle Vauthey, CDC, Mathias Hautefort, VITIS, Nassir Goulamaly, Oceinde

Zeop débarque à Paris

Hier matin à Paris, la Caisse des dépôts et consignation recevait ses deux nouveaux associés, Netgem et Océinde, pour présenter leur bébé, la société Vitis et sa marque Videofutur. Il s'agit d'un nouvel opérateur de services 100 % fibre (fiber virtual network operator), avec une offre triple play qualifiée d'"autouroute du divertissement pour tous". L'offre ainsi déployée est la même que propose Zeop, la marque d'Océinde, à la Réunion, sous la forme d'une "box Videofutur" avec un prix unique de 39,90 euros et un débit de 1 gigabit.

Le marché visé, c'est la France hexagonale et ses réseaux d'initiative publique, soit un taux de pénétration de 10 % sur les prises fibre d'ici dix-huit mois. La Caisse des dépôt détient 33 % du capital, la société réunionnaise Océinde 12 %, et Netgem 55 %. La participation d'Océinde au capital de cette société témoigne d'un savoir faire qu'elle a développé depuis cinq ans avec Netgem. "C'est une fierté d'accompagner un projet en France et ça montre l'excellence de notre technologique", déclare Xavier Hermesse, directeur général adjoint de Zeop. La société d'Abdéali Goulamaly apporte trois briques à l'édifice de Vitis : toute la partie télécom, puisque c'est la plateforme de Zeop et son système d'information qui a été adaptée à Vitis. La deuxième brique, c'est le service client, puisque c'est à la Réunion, au Port qu'est installé le call center de Vitis. La troisième brique, c'est le réseau puisque ce sont les équipes de Zeop qui l'administrent depuis Le Port.

Outre le fait pour Océinde de prendre pied dans le marché des Réseau d'initiative publique de l'Hexagone, cela lui ouvre l'accès aux contenus de Netgem (50 partenaires studios comme Canal, Gaumont...). Autre avantage, l'emploi local. Pour ses systèmes d'information, Zeop est passé de deux à dix ingénieurs. Mais c'est surtout pour sa plateforme client que c'est siginificatif : "Nous avons trente collaborateurs, explique Frédéric Le Boterve, directeur commercial de Zeop, et nous allons ulitiplier ce chifre par deux d'ivci un an pour répondre aux besoins de Vitis." Nassir Goulamaly, directeur général d'Océinde a tenu à préciser que ces emplois seraient 100 % réunionnais et 100 % Zeop." Son directeur commercial a précisément écarté toute référence à Maurice ou Madagascar.

FXG, à Paris

Océinde en chiffres

Océinde est le numero 1 du très haut débit à la Réunion depuis 2011 en ayant investi 120 millions sur fonds propres pour installer la fibre auprès de 120 000 personnes. Sa filiale Zeop compte près de 40 000 abonnés fibre et emploie 200 pzersonnes. Le groupe Océinde (toutes activités) compte 1500 salariés et un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros.

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 07:55
Lord Mike Jam

Mord Mike Jam, champion de France de slam

Le champion de France de slam 2016 est un Guadeloupéen. Lord Mike Jam, Stéphane Faider de son vrai nom, est né en 1977 aux Abymes et exerce la profession d'éducateur sportif. Il succède à un autre Guadeloupéen, JYB Slam'litt'. Et c'est Lord Mike Jam qui représentera la France le 23 novembre en Belgique au championnat d'Europe de slam ! Sacré parcours que celui de ce jeune homme qui quitte Fonds-Lauger à 18 ans pour l'Hexagone. Après de longues années au Guadeloupe Université Club (il a porté les couleurs de la sélection Guadeloupéenne en hand), ce très bon sportif est intégré au bataillon de Joinville. Il va jouer à Nancy en national 3, à Romilly en national 1. De 2000 à 2008, il évolue dans ces sphères. "Je n'étais pas prêt pour le haut niveau et j'ai arrêté pour faire autre chose ! Il devient médiateur sportif et trouve un boulot à Troyes (10).

Après avoir vu le film Freedom Writers (Ecrire pour exister), il décide de sensibiliser les jeunes Troyens de son quartier à l'écriture. Il se découvre une passion et la partage avec Mitoff, un jeune âgé à l'époque de 16 ans (avec qui il écrira un album CD intitulé “Le coeur et la conscience” ). Un soir d’automne, par le plus grand des hasards, il découvre l’existence du slam. Stéphane se rend au bar le Mixité et sur scène naît Lord Myke Jam... Le plaisir des mots est plus fort que tout : il écume de plus en plus les scènes slam de France, participe aux plus grandes compétitions nationales. Dans son métier d'éducateur, le slam lui offre un nouvel outil avec les jeunes, "pouvoir dire, pouvoir écouter..." Ca fait maintenant huit ans qu'il scande ses textes et participent à tous les tournois de poésie. Au championnat de France, en juin dernier, Lord Mike Jam a déclamé un texte qui rend hommage à son arrière-grand-mère de Marie-Galante, une Pelage, "une poétesse de la nuit qui disait ses mots en dormant..."

"Si j’avais un don, slame Lord Mike Jam, j’aimerais marier les mots pour qu’amour s’unisse avec tolérance et que patience et indulgence en soient leur témoin. Que l’union sacrée de ces deux mots donne naissance à des enfants remplis de bon sens." Si Lord Mike Jam est le nouveau champion de France individuel, ses cinq élèves de l’école primaire Gabriel-Léger de Vernou-La Celle-sur Seine ont décroché le titre de champions de France scolaire catégorie “écoles primaires”.

FXG, à Paris

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 19:42
Chantal Berthelot, Georges Patient et Gabriel Serville à la sortie de leur entretien avec Bernard Cazeneuve mercredi 9 novembre à Paris. (Photo : FXG)

Chantal Berthelot, Georges Patient et Gabriel Serville à la sortie de leur entretien avec Bernard Cazeneuve mercredi 9 novembre à Paris. (Photo : FXG)

Berthelot, Serville et Patient en marathon ministériel

A la suite de la mort violente de l'ancien conseiller général de Sinnamary, les parlementaires présents à Paris ont été reçus tour à tour à la Chancellerie, place Beauvau et rue Oudinot.

"C'est un événement grave, la mort d'un homme, tué chez lui au cours d'un cambriolage, devant sa famille..." Chantal Berthelot, à la sortie de l'hôtel Beauvau hier après-midi,, tenait à remercier le ministre de l'Intérieur de les avoir reçus, elle et ses deux collègues parlementaires, Gabriel Serville et Georges Patient.

A la suite de l'assassinat de Patrick Clet, mardi soir à Rémire-Montjoly, les trois élus (le sénateur Karam étant en Guyane) ont obtenus, hier en fin de matinée, d'être reçus en urgence par les ministres de la Justice, de l'Intérieur et des Outre-mer. A la Chancellerie d'abord, ils ont demandé à Jean-Jacques Urvoas, le garde des Sceaux, de leur fournir les données chiffrées des sanctions pénales et des taux de résolution des affaires. "Il est d'accord car lui aussi en a besoin !", a fait remarquer Mme Berthelot.

Le député Serville a plaidé pour "réformer une partie du code pénal et notamment faire évoluer les critères de légitime défense en Guyane". Il se défend de toute velléité "d'instaurer le droit de tuer", mais réclame pour les citoyens la "garantie de pouvoir vivre tranquillement chez eux". "La population, précise-t-il, a la désagréable sentiment que la loi protège davantage les malfrats qu'elle ne protège les honnêtes citoyens. C'est à ce niveau-là que je voudrais qu'on inverse la tendance." La députée Berthelot n'a pas dit autre chose, mais avec des mots plus pesés : "Il faut éviter un certain laxisme dans les décisions de justice qui peuvent éventuellement montrer qu'on ne serait pas assez fermes... C'est la fermeté dans les sanctions pénales qui va montrer que l'Etat est bien aux côtés des Guyanais pour que toute infraction, tout crime soient punis."

Un escadron de plus

Les parlementaires ont été ensuite reçus par Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur. "Il s'agit pour nous, reprend Mme Berthelot, de relayer l'émotion et la colère compréhensible de la population." Georges Patient a indiqué que le ministre leur avait demandé de lui laisser 24 heures pour faire des annonces plus précises (c'est un escadron de mieux). "La question, au vu de ces circonstances dramatiques, explique Mme Berthelot, est d'accélérer la mise en place des mesures qu'il avait annoncées lors de sa visite en août dernier, aussi bien sur les moyens humains que sur les problèmes de matériel." Il est vrai qu'actuellement, la police fait une espèce de grève du zèle puisqu'ils annoncent qu'ils ne vont plus répondre aux appels à partir de 22 heures en raison d'un manque de moyens... Le ministre devrait confirmer dès aujourd'hui sous la forme d'un communiqué de presse le renforcement de ces mesures.

"Les mesures qu'a annoncées le ministre de l'Intérieur, a déclaré M. Serville, vont se situer en aval des problèmes et moi je dis qu'il faut se positionner en amont."

Il regrette que les membres du gouvernement, à ce jour, ne soient pas en capacité de répondre favorablement à sa demande. "On me dit que les lois de la République sont appliquées de manière égale sur l'intégralité du territoire, moi, j'ai rétorqué que si la France hexagonale connaissait le taux d'homicide que connaît la Guyane, il est évident que ça fait belle lurette qu'on aurait modifié les lois fondamentales pour protéger les citoyens. Dans les Bouches du Rhône, le département le plus criminogène de l'Hexagone, il y a deux homicides pour 100 000 habitants ; en Guyane, ce sont 18 homicides pour 100 000 habitants. A situation exceptionnelle, il faut qu'on arrive à dégager des mesures exceptionnelles."

Le marathon ministériel des parlementaires s'est achevé en fin de journée hier par leur réception au ministère des Outre-mer par Mme Bareigts en attendant de connaître le détail des mesures promises par Bernard Cazeneuve.

FXG, à Paris

 

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 07:23
Prix littéraire Ivoire 2016

"Le convoi", roman de Marijosé Alie, récompensé du prix Ivoire 2016

Marijosé Alie, chanteuse, journaliste et écrivaine martiniquaise, a reçu le prix Ivoire, le 5 novembre, à Abidjan pour son roman publié chez HC éditions, "Le convoi" dont l'action se déroule entre la Guyane française et le Suriname. Une belle récompense pour celle qui se disait heureuse de quitter France Télévisions pour se consacrer à l'écriture. Elle a déclaré à nos confrères de France Ô : "C'est mon premier roman... J'en ai la chair de poule. Je pense à Césaire, je pense à mon papa. Je me dis, ai-je vraiment mérité tout ça ?"

Le Prix Ivoire ou Le prix Ivoire pour la littérature Africaine d’expression francophone est un prix littéraire créé en 2008 par l’association Akwaba Culture basée à Abidjan, et organisé avec le concours du ministère ivoirien de la Culture et de la Francophonie. Il récompense des œuvres publiées ou traduites en français, relevant de la littérature africaine et produites par des écrivains africains ou des éditeurs installés sur le continent ou non. Le prix est doté d'un montant d'un million de francs CFA (1524 euros) et d’un trophée. C'est la deuxième fois qu'une Antillaise française est lauréate de ce prix après l'Haïtienne Kettly Mars en 2014 pour son roman "Je suis vivant".

FXG, à Paris

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 06:13
Joby Barnabé dans "Le temps d'Aimé" à Paris le 29 octobre dernier

Joby Barnabé dans "Le temps d'Aimé" à Paris le 29 octobre dernier

Après deux prestations scéniques à Paris fin octobre autour de la journée internationale des créoles avec un spectacle, "le temps d'Aimé", Joby Barnabé est le sujet d'un documentaire que diffuse Martinique 1ère le 15 novembre. Il sera aussi le 11 novembre aux Trois-Îlets, au Sax. Entretien avec un magicien de la langue. (photos Willy Vainqueur)

"Le créole est un des vecteurs de l'identité, mais pas l'identité"

Quelle est la part du créole dans votre création ?

Ma création et mon éducation scénique ont commencé par la redécouverte du créole qu'il y avait en moi, que j'ai connu dans mon enfance, mais surtout par le développement de la poétique qui est inscrite dans le créole. J'ai commencé à créer des textes créole il y a plus de trente ans, et cela m'a ramené à la poétique française. Le créole a été pour moi l'occasion d'approfondir le rapport entre la langue, l'identité et la parole et, en même temps, j'ai contribué à donner au créole ses lettres de noblesse parce que la poétique créole n'était pas encore appréciée à sa juste valeur...

Elle était même dénigrée...

On n'en était pas encore à la poésie mais à la simple présence du créole dans l'univers culturel et scolaire. Dans les années 1960-1970, le créole était complètement interdit à l'école... Dans certaines familles, on ne parlait pas créole. Dans la mienne, on parlait créole, mais pas moi, sauf avec mes camarades. Petit à petit, je suis revenu à cette langue que j'ai portée en moi et que j'ai défrichée, inventoriée pour me lancer dans l'univers poétique du créole...

Le créole, comme poétique de la relation ?

Oui, bien sûr ! Parce que, évidemment, quand on dit créole, on pense identité, mais j'aime bien insister sur le fait que le créole est bien un des vecteurs de l'identité, mais le créole n'est pas l'identité. L'identité prend son essor dans la parole, c'est-à-dire, notre parole face à nous-même et face au monde, notre désir de grandir dans le monde et d'apporter notre contribution à la marche du monde. C'est cela qui détermine une véritable identité en marche, progressiste et émancipatrice, alors qu'il peut y avoir une approche folklorique du créole et limitée à ce niveau-là. Cette identité se retrouve aussi dans la dimension de créolisation dont parle justement Glissant et qui s'articule dans la poétique de la relation. Une relation poétique aux autres, au monde... C'est une vision transversale de la relation entre les différents peuples et les différentes cultures.

Quand vous composez en français ou en créole, qu'est-ce qui dirige le choix de la langue ?

Souvent l'impulsion vient d'un mot ou d'un thème, même si je n'aime pas trop parler de thème ou de message... J'écris des poèmes en français que je ne pense pas dire sur scène... Le créole me renvoie à l'oralisation. C'est une langue qu'on a qualifiée de "négro-latine" parce que la majeure partie de son vocabulaire vient du français, mais en même temps, il y a cette syntaxe, cette grammaire à consonance africaine... Cette langue a des sonorités proches de l'espagnol, du portugais ou de l'italien et puis une richesse sémantique avec ses mots, leur arrière-pays, leur symbolique...

Et la richesse métaphorique ?

C'est une des dimensions majeures de la langue créole que l'on trouve dans tout l'univers des proverbes et pas seulement... J'ai eu l'occasion de faire des traductions de la Bible et j'aime à dire comment cela a été passionnant parce que la Bible est essentiellement métaphorique et se prête très bien à une traduction en créole. La métaphore est un des éléments de la densité de la langue créole, mais il n'y a pas que cela ! Une poésie ne pourrait se baser que sur la métaphore.

Il y a aussi la chanson du créole, comment cette langue sonne...

La langue créole, comme toute langue, a un chant qui se rapproche plus des langues espagnole ou italienne que de la française. Il s'agit de chanter la langue, mais aussi de faire valoir toute sa dimension onirique et symbolique. Il peut donc y avoir un vrai travail poétique sur le créole sans pour autant croire que quand on a ligné deux mots de créole, on a fait une poésie ! Il en va de même en français, il faut vraiment aller chercher la langue dans toutes ses dimensions. Quand j'écris le texte sur l'esprit corps, c'est que je pars d'une parole proverbiale que j'enrichis : "tout ko sé ko, lespwi ko ké met' ko"... Il y a des "k", des "o" et, à partir de cette séquence va se développer une parole. A contrario, j'ai écrit une parole intitulée "l'allée de l'arbre" qui évoque le jardin de ma grand-mère qu'on a rasé pour faire passer une route qui dessert un grand hôtel. Et là, la chose m'est venue en français. J'écris aussi des paroles créoles que je transpose en langue poétique française...

Si l'on devait parler de la musicalité du créole, le blues vous conviendrait-il ?

J'habite cette langue selon ses grandes formes. En Martinique, on m'a surnommé le précurseur du slam et la dimension blues me plaît beaucoup parce que la culture Bélè qui porte le créole, porte aussi le blues que l'on retrouve chez Eugène Mona. Dans mon dernier CD, je propose un blues avec harmonica, "Hélas". C'est un blues créole. Il n'y a pas une seule forme, mais le créole se prête très bien au blues avec cette manière de non soumission à la vie et cette manière de joie malgré la souffrance et l'adversité. Mais je travaille aussi sur différents rythmes et j'aime aussi les textes mélodiques, sans musique, où c'est essentiellement la pertinence vocale et l'émotion qui jouent, la manière d'oraliser le texte.

Au-delà des mots, vous êtes multi-facettes, vous dessinez, vous créez des objets...

Il faut savoir danser, dessiner sa vie. Et la vie devient un matériau... Quand je travaille avec les mots, ils sont un matériau auquel je donne une vie propre dans un contexte propre. Il en va de même des matières que je travaille comme la noix de coco, l'os, le bambou ou le cuir... Et chaque matière a sa densité propre, sa réalité. A partir de cette réalité, il faut amener la création qui est une quête d'esthétique, de profondeur et d'émotion. L'un m'amène à l'autre et c'est toujours une démarche créative, respectueuse de la matière comme des mots et en même temps toujours festive car il y a une jubilation avec ce type d'approche.

Martinique 1ère vous consacre un documentaire le 15 novembre, "Joby Barnabé le diseur de mots", de Christian Arty, qui a été présenté à Paris lors de vos prestations parisiennes...

On a travaillé pendant trois mois pour réaliser ce documentaire qui un témoignage de parcours de vie, une quête, la mienne, avec les sources et les éléments fondateurs comme ma famille, mon père qui a 104 ans et qui est encore là, mon départ en 1965 en France, mai 68, mes études à Montpellier et à Nanterre et mon voyage en autostop pendant deux ans en Afrique... Tout cela contribue à faire émerger cette dimension de la poétique de la relation, cette envie de dire une aspiration profonde.

Ce film consacre votre travail au service du créole. Avez-vous conscience d'appartenir au panthéon de ceux qui ont donné ses lettres de noblesse à cette langue ?

Il s'est agi de sortir la créolité d'une vision étroite, folklorique, voire exotique. La créolité ne se limite pas au créole, elle va bien au-delà, c'est pour ça que je dis qu'il ne faut pas confondre la langue et la parole. La langue est un vecteur un espace d'expression, mais la parle nous permet de nous définir, de nous nommer face au monde. Quel est notre désir, notre soif, notre aspiration... Quand Edouard Glissant, Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant ont parlé de créolité, on sortait de l'étroitesse de la langue pour entrer dans un processus et une réalité plus complexe, on sortait de la vision de la négritude où les racines allaient chercher quelque chose de fondamental dans le sol rouge d'Afrique pour chercher des racines horizontales, des rhizomes pour nous projeter dans le monde actuel et dans l'avenir. Et la créolité a donné le mot créolisation avec son aspect dynamique qui fait que l'on peut y adjoindre la poétique de la relation. La créolisation, c'est ce mouvement vers l'autre, mais aussi un monde meilleur, c'est le brassage qui en est le terreau... Que ce soient les prestations artistiques sur scène, que ce soit tout ce qui se passe autour du créole, de notre réalité culturelle, notre quête d'identité, tout cela participe de la créolisation. C'est pourquoi il faut des artistes, des chercheurs,  des intellectuels qui permettent de situer la créolisation dans quelque chose de plus large et plus profond que le simple fait de parler créole et de croire qu'on est Martiniquais ou Guadeloupéen parce qu'on parle créole.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 06:23

Demande d'asile : le Conseil d'Etat donne raison au préfet

Le Conseil d'Etat vient de rejeter le recours déposé par la Cimade, la Ligue des droits de l’homme, MM. Diop Abou, Dolcee Cherlin, Thelemaque Guy-Lange, Toussaint Lamarre et Lalanne Rodrigue. Ensemble, ils avaient demandé en vain au juge des référés du tribunal administratif d’enjoindre au préfet de la Guyane de reprendre les enregistrements des demandes d’asile afin de respecter le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Face à l'augmentation "considérable et imprévisible" du nombre des demandes d’asile, présentées principalement par des Haïtiens (4687 demandes de janvier à août 2016, soit trois fois plus qu'en 2015 et huit fois plus qu'en 2014), le guichet unique d’accueil s'est trouvé débordé et l’administration a décidé de le fermer en août dernier pour n’enregistrer que les demandes de personnes vulnérables en attendant une restructuration complète de son dispositif. Le ministère de l'Intérieur a fait valoir que de nouveaux locaux ont été mis à la disposition de la Croix Rouge à compter du 1er octobre, que les effectifs du guichet unique ont été renforcés et que les capacités d’hébergement des demandeurs d’asile accrues. Cela devrait permettre une reprise de l’enregistrement de toutes les demandes d’asile dans des conditions normales à compter du 1er décembre.

Le juge des référés du Conseil d'Etat considère que l’administration a certes suspendu l’examen des demandes d’asile auquel elle est tenue de procéder, mais elle l’a fait à titre provisoire et elle a préservé la possibilité d’examiner des demandes présentées par des personnes présentant une vulnérabilité particulière. "L’ensemble des circonstances ne fait ainsi pas apparaître de méconnaissance grave et manifeste des obligations de caractère général qu’impose le respect du droit d’asile". En conséquence, il a rejeté la requête de la Cimade.

FXG, à Paris

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 12:18
Concert annulé pour les Vikings et Simon Jurad

Concert annulé pour les "Légendes"

Le concert du "Bal des Légendes" avec Simon Jurad et Les Vikings de la Guadeloupe, initialement prévu le 10 novembre aux Docks Eiffel à Paris, est annulé. Los productions, l'organisateur, préfère dire qu'il est "reporté à une date ultérieure" et explique ce report par "des problèmes d'intendance et de partenaires". Il se trouve aussi que le public n'est pas au rendez-vous, puisqu'il y a une dizaine de jours, les préventes n'étaient pas à la hauteur de l'événement. Pourtant la production avait mis le paquet dès le mois de septembre avec de belles affiches dans le métro. Reste que les Docks Eiffel sont un peu isolés dans le complexe des studios télés de la Plaine Saint-Denis et que le public antillais a plus l'habitude du New Morning voire de la Cigale.

 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 12:02
Jean-Michel Martial est le nouveau président du CReFOM (photo Regis Durand de Girard)

Jean-Michel Martial est le nouveau président du CReFOM (photo Regis Durand de Girard)

Jean-Michel Martial nouveau président du CReFOM

Lors de la réunion du bureau exécutif du CReFOM, le 24 octobre dernier, le comédien et metteur en scène guadeloupéen Jean-Michel Martial a été élu président. Son mandat court jusqu'après les élections législatives de juin 2017. Il succède à Patrick Karam parti rejoindre l'équipe de campagne du candidat à la primaire de la droite et du centre, Nicolas Sarkozy. Jusqu'alors, Jean-Michel Martial était le vice-président chargé du collège des personnalités. Il avait déjà assuré l'intérim de la présidence du CReFOM au moment des élections régionales quand Patrick Karam était en campagne aux côtés de Valérie Pécresse. Patrick Karam devient président d'honneur au côté de Victorin Lurel.

FXG, à Paris

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