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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:20

Sciences bleues, couleurs outre-mer au musée de la Marine

Du 25 mai au 12 septembre, dans le cadre de l’année des Outre-mer, le musée national de la Marine (avec l’Ifremer) présente sur un espace d’exposition de 150 m2 un panorama en images des activités de l’Ifremer en outre-mer : portraits de chercheurs et techniciens en exercice, technologies utilisées, espèces marines… Cette exposition enrichie de panneaux, de vidéos et d’une trentaine de photographies permet une sensibilisation aux problématiques environnementales et une mise en lumière de l’implication d’hommes et de femmes au service des sciences marines. l’Ifremer en outre-mer.

Avec le Centre du Pacifique à Tahiti et cinq délégations (Nouvelle-Calédonie, Guyane, La Réunion, Saint-Pierre et Miquelon et Antilles), l’implantation de l’Ifremer en outre-mer constitue un atout pour la recherche scientifique française et européenne. Ses activités visent principalement à la sécurisation et l’intégration environnementale de l’aquaculture, au soutien au développement durable des activités halieutiques, au soutien au développement des filières émergentes telles que la valorisation des molécules d’origine marine, les énergies renouvelables d’origine marine et, à terme, l’exploitation durable des ressources minières et énergétiques des grands fonds. L’Ifremer participe encore à intensifier les recherches dans les domaines de l’environnement et de la biodiversité, à poursuivre et développer des activités d’observation et de surveillance.

Cette exposition trouve donc toute sa place dans l’année des Outre-mer dont l’objectif est de mieux connaître les multiples aspects des outre-mer (cultures, institutions, développement durable, économie et entreprises, artisanat, tourisme, sports et loisirs…). Aller au delà des clichés, tel est l’objectif des manifestations qui ont lieu durant cette année des Outre-mer.

Agence de presse GHM


Journées de la Mer du 8 au 13 juin 2011

Le musée national de la Marine ouvre exceptionnellement cette exposition d’actualité gratuitement pour tous, ainsi que l’ensemble de sa collection permanente. Conférence « Les richesses de l’espace maritime français. Activités et perspectives de l’Ifremer en Outre-mer » le jeudi 23 juin à 19 heures, avec Philippe Lemercier, délégué général à l’Outre-mer de l’Ifremer

Accès gratuit – auditorium du musée – entrée par les jardins du Trocadéro. Informations et réservation au 01 53 65 69 53 ou sur www.musee-marine.fr

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 05:44

L’évolution de la Guyane et de la Martinique au Sénat

 

Le projet de loi organique (les habilitations) a été adopté à l'unanimité des sénateurs, tandis que la discussion autour des amendements du projet de loi (l'organisation des deux nouvelles collectivités) devait durer jusque vers minuit.

Hemicycle-senat.jpgDepuis hier matin, les sénateurs examinent les projets de loi portant évolution institutionnelle de la Martinique et de la Guyane. Avant d’être présenté en séance, la commission des lois a procédé à une réécriture assez dense du projet de loi gouvernemental et déposé 116 amendements. Elle propose que les ciseaux du découpage électoral reviennent dans les mains des parlementaires à défaut de ceux de l’Etat qui voulait procéder par décret ; elle a souhaité aussi conserver le principe du congrès des élus en y adjoignant les maires afin de conserver dans ces deux collectivités un rôle de proposition en matière d’évolution institutionnelle. Sur la mise en place des nouvelles assemblées, contre la date du 31 décembre 2012, la commission a préconisé un délai de préparation supplémentaire avec des élections qui auraient lieu au plus tard en mars 2014. La question du pouvoir de substitution du préfet a fait l’unanimité contre le gouvernement car susceptible de rappeler le rôle des gouverneurs coloniaux. Enfin la commission a proposé d’assouplir encore davantage le régime des habilitations législatives et proposant de les proroger pendant deux ans après le renouvellement de l’assemblée. Finalement, les sénateurs ont obtenu qu'elles soient prorogées une fois jusqu'à la fin de la nouvelle mandature. En fin d'après-midi, le projet de loi organique (qui porte sur ces habilitations), a été adopté à l'unanimité du Sénat.

La commission des lois en renfort des sénateurs d'outre-mer

Larcher-Lise-antoinette-senat.jpgSerge larcher (Martinique PS) et Serge Patient (Guyane PS) ont déposé des amendements pour réclamer plus de moyens financiers, notamment à travers une dotation spéciale d’installation. Contre l’avis de Marie-Luce Penchard qui a rappelé que « les ressources budgétaires des deux collectivités seraient cumulées et qu’elles percevraient donc les mêmes produits des impôts locaux et des taxes, et les mêmes dotations de l’Etat qu’aujourd’hui ». Là-dessus, la commission comme la ministre n'ont pas cédé, renvoyant la question à la loi de finances. Ces amendements ont été rejetés. Même chose pour ceux de Jean-Etienne Antoinette (Guyane PS), qui réclamait un mode de gouvernance avec un conseil exécutif (comme en Martinique) et non pas une simple commission permanente. Le président Cointat lui a reproché de défaire tout le travail antérieur... A l’encontre du sénateur de la Réunion, Jean-Paul Virapoulé (UMP) qui a supplié ses confrères de ne pas introduire "le ver de l’instabilité polynésienne dans le fruit de la Martinique"... Claude Lise (Martinique PS) a mis en garde contre les effets de la prime majoritaire sur la santé de la démocratie locale. Déjà ramenée par la commission des lois de 11 à 9 sièges, le sénateur a dit qu’il ne voterait pas cette loi si laz prime était adoptée ainsi. La ministre, à l’inverse de lui, a prévu un amendement pour ramener cette prime majoritaire à son niveau initial (11 sièges, soit 20 %). Lise n'a pas eu gain de cause... Serge Larcher a déposé un amendement pour que la collectivité ne soit pas mise en place dans l’urgence, dès 2012. Ce à quoi, la ministre a répondu qu’on n’était pas obligé d’attendre que la fusion des patrimoines et des personnels soit faite pour installer la nouvelle collectivité, comme cela avait été le cas avec la création des régions en 1983...Michaux-chevry-tribune-senat.jpg

A 21 heures (heure de Paris), les sénateurs reprenaient leurs travaux pour examiner le reste des amendements. Et si certains (comme ceux sur les conseil économique, social, environnemental, culturel, éducatif et sportif) ont été adoptés contre l'avis du gouvernement grâce aux prises de position du président de la commission des lois, l'ensemble du texte devait être adopté aux environs de minuit, dans les grandes lignes de ce qu'a proposé le sénateur Cointat.

FXG (agence de presse GHM)

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 05:43

ITW Jean-Paul Virapoulé, sénateur UMP

"Un mode de gouvernance de type article 74"

Vous avez mis en garde vos collègues sénateurs et la ministre de l’Outre-mer contre le risque d’introduire « le poison de l’instabilité politique polynésienne dans le fruit martiniquais ». Pourquoi une telle mise en garde ?

Que les choses soient claires ! A partir du moment où le président de la République a consulté les peuples martiniquais et guyanais pour leur demander s’ils voulaient passer du statut départemental à celui d’autonomie, que le peuple a dit non, il faut s’en tenir à ce non. Le président a posé une deuxième question : voulez-vous regrouper les compétences de la Région et du département dans une assemblée unique. Le peuple a dit oui. Or, le projet gouvernemental ne correspond pas à la demande du peuple. Certes, il regroupe les compétences mais il va plus loin en changeant le mode de fonctionnement et d’organisation administrative de l’assemblée unique martiniquaise…

Sans avoir interrogé le peuple sur cette question de l’organisation ?

J’ai la question, je l’ai lue et il n’y a pas marqué : « Voulez-vous modifier son organisation ? » S’il n’y a pas cette phrase, on doit se limiter à regrouper les compétences. Dès lors que l’on inscrit la possibilité d’une motion de défiance et un exécutif différent de l’assemblée, nous ne sommes plus dans le mode d’organisation des autres régions de France, mais dans un mode d’organisation à la Corse.

C’est la référence choisie par la ministre de l’Outre-mer, elle ne parle pas de la Polynésie qui est dans l’article 74…

Oui, elle fait référence à la Corse, mais la réforme en Corse a eu lieu en 1991. Et en 1991, la décision du Conseil constitutionnel disait qu’en faisant cela, on avait changé le mode d’organisation même si le Conseil l’a autorisée. Mais entre 1991 et aujourd’hui, il y a eu la réforme de 2003 et de 2008. La Constitution dit que quand on rassemble les compétences, qu’on change le mode d’organisation, on doit obligatoirement consulter sur chacun de ces chapitres le peuple. Il n’a été consulté que sur le chapitre du regroupement des compétences.

Quel est le risque ?

On m’assure qu’il n’y aura pas de recours devant le Conseil constitutionnel, soit. Mais aujourd’hui, avec la réforme de 2008, à la première décision prise par le conseil exécutif de la Martinique, n’importe quel quidam martiniquais pourra saisir le tribunal administratif contre cette décision et poser une question prioritaire de constitutionnalité. Et si le conseil d’Etat saisit le Conseil constitutionnel, ce dernier ne pourra que constater que le plaignant aura raison parce que le conseil exécutif de la Martinique aura été créé contrairement à la constitution et sanctionnera ce mode opérationnel. J’ai dit un jour à Gaston Flosse qu’à force de raboter la barrière institutionnelle qui relie la France à la Polynésie, il en ferait une mince barrière de corail que les conflits politiques arriveront à fracturer… En Martinique, on met un mode de gouvernance de type article 74. Les mêmes causes produisent les mêmes effets…

Rien ne vous empêche donc de choisir une évolution façon Guyane qui conserve le mode d’organisation avec une commission permanente ?

Non, car je me suis engagé à verrouiller la Réunion dans la France et dans l’Europe. Verrouiller ne veut pas dire bloquer les évolutions puisque la Réunion est le département qui se porte le mieux. Les capitaux antillais quittent la Guadeloupe et la Martinique pour venir chez nous. Le plus gros investisseur réunionnais est antillais, c’est Hayot. Donc, le fait d’avoir stabilisé les institutions a créé la confiance et la confiance attire la prospérité.

Vous voterez ce texte ?

Oui, car je ne veux pas mettre de bâtons dans les roues des Martiniquais et des Guyanais. Mais je proposerai un amendement de suppression du conseil exécutif et de la motion de défiance.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 06:32

Le préfet du Rhône Jean-François Carenco fête "l'abolition de l'abomination"Officiels-et-artistes-Lyon.jpg

Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, a indiqué depuis la préfecture de Lyon où elle s’est rendue dans la soirée du 10 mai pour participer à la veillée culturelle de commémoration de l’abolition de l’esclavage, qu’elle avait décidé de se rendre chaque mois en province pour assister à des événements labellisés dans le cadre de l’année des Outre-mer. Elle a ainsi évoqué la ville de Marseille, après Lyon et Bordeaux où elle s’était rendue en mars pour participer au carnaval des deux rives.

Après la commémoration très haut de gamme de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions au jardin du Luxembourg le matin, la ministre a accepté l’invitation de l’ancien directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo et ancien préfet de Guadeloupe (1998-2002), Jean-François Carenco. Ce haut-fonctionnaire a tellement laissé de bons souvenirs en Guadeloupe qu’il n’a eu aucun mal à faire venir un parterre d’artistes de renom. Simone Schwarz-Bart, Lyonnel Trouillot, Ernest Pépin, mais aussi les artistes Jacqueline et Yves Cachemire-Thôle, Marie-Noelle Eusèbe, Odile Sankara, Philippe Calodat, Joël Jernidier, Christian Julien, Jomimi et Joby Barnabé… Jernidier-Thole-Calodat-cashemire-Thole.jpgDans son discours, la ministre a rappelé la force de la stèle dévoilée par Nicolas Sarkozy qui rend hommages  « aux combats des esclaves des colonies françaises pour les droits de l’homme et l’idéal républicain de liberté, d’égalité et de fraternité » et sa volonté répétée de « faire changer les regards sur nos outre-mer ». Le garde des Sceaux, Michel Mercier, par ailleurs, président du conseil général du Rhône s’est lui aussi essayé dans l’exercice difficile de la déclaration d’amour à l’outre-mer. Avant d’évoquer la mémoire de Schoelcher et des esclaves marons, il a souligné combien les ultramarins avaient « su prendre leurs responsabilités aux pires moments de notre histoire »… Et pour souligner cet esprit patriotique des soldats de l’empire en 1914 et 1940, il a cité cette citation sur un monument aux morts de la Martinique qu’un coq gaulois domine : « C’est pour la France que je chante. » Dans la salle, le nouveau délégué à l’égalité des chances des Français d’outre-mer, Claudy Siar, le commissaire de l’année des outre-mer et un jeune retraité, Pierre Reinette, ancien directeur général des services du conseil général de la Guadeloupe…

"La République est une fête"

lecture-Simone-Schwarz-bart-public.jpgBien plus à l’aise avec la rhétorique ultramarine que le ministre de la Justice, le préfet Carenco a salué ses 400 invités venus « fêter Césaire, Glissant et l’abolition de l’abomination de l’esclavage » : « Nous fêtons la République car la République est une fête (…) Et l’outre-mer est l’amour de l’altérité… » Les enfants de la maîtrise de l’opéra de Lyon ont ouvert la veillée culturelle. Puis on a entendu Calendrier lagunaire, Tam tam 1, Solvitur, Dorsale bossale et un morceau du Cahier… Aimé Césaire, puis Edouard Glissant. Ernets Pépin est venu témoigner de la traite avant d’entrer dans la créolité, la créolisation… Puis l’équipe des danseurs, musiciens et diseurs de Jacqueline Cachemire-Thôle et de Moïse Touré, metteur en scène de la soirée, ont célébré l’abolition. On a lu des articles effroyables du code noir, le décret d’abolition du 27 avril 1848, puis Et les chiens se taisaient. Claudy-Siar.jpgToujours Césaire, mais aussi Léon Laleau, Léon Damas, David Diop. Avec les voix de Jomimi et de Joby Barnabé. Simone Schwarz-bart, Lyonnel Trouillot mais aussi Eugène Nicole de Saint-Pierre et Miquelon sont venus porter leur témoignage sur leurs outre-mer. Daniel Maximin a lu Pour céder une enfance en ouverture d’une séquence consacrée à l’anthologie de la poésie d’outre-mer. Avant que Simone Schwarz-Bart ne vienne lire un extrait de la Mulatresse Solitude, Jernidier et Calodat, accompagné au ka par Yves Thôle ont su faire rire la salle avec leur vision pittoresque de la vie pointoise, chez M. Bata… Quand les officiels et les invités sont partis, le préfet Carenco et Mme, restés seuls avec les artistes, ont fait quelques pas de zouk avant de raccompagner leurs hôtes sur le perron, en leur priant de ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller la ministre…

FXG à Lyon (agence de presse GHM)


 

L'after en images

Carenco-et-Moise-Toure.jpgJean-François Carenco et le concepteur de la veillée culturelle, Moïse TouréJernidier-et-Kalifa-Jobarteh.jpg

Joël Jernidier et Khalifa JobartehJacqueline-et-Carenco.jpg

Jacqueline Cachemire-Thôle zouke avec le préfet de régionCalodat et CarencoConciliabules avec le comédien Philippe CalodatJeff-et-Magali-Carenco.jpgThe last waltzCarenco FXGJFC et FXG

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 06:21

ITW Nassimah Dindar, présidente du conseil général de la Réunion

« Il faut garder le verrou départemental »

Dindar--fxg-.jpgNassimah Dindar, présidente du conseil général de la Réunion, a été élue au bure            au de l’Assemblée des départements de France (ADF), hier matin à Paris, en tant que représentante de l’Outre-mer. Sa priorité est de veiller au « verrou départemental, garant de la solidarité nationale et du droit commun de chaque citoyenneté française ».

Qu’allez-vous faire à la tête de cette commission outre-mer de l’ADF ?

L’ensemble des départements d’outre-mer portent les mêmes problématiques que le reste des départements français sur les trois grands dossiers qui sont portés : celui de la dépendance avec l'allocation personnalisée à l'autonomie (APA), l'allocation personnalisée compensatrice du handicap (APCH) et également la dépense liée au RSA ; celui des finances des départements puisque nous allons vers des difficultés structurelles s’il n’y a pas de compensation par rapport à ces budgets qui restent aujourd’hui sincères ; et celui de la réforme des collectivités territoriales qui devrait prendre forme en 2014.

Vous êtes porteuse d’une expérimentation ou vous êtes comme les autres, vous attendez de voir ?

Sur l’Outre-mer, il y a une réflexion à mener puisque nous avons nos spécificités et nos problèmes propres liés à notre démographie - i­l y a beaucoup de jeunes chez nous -, mais également à notre dynamisme économique qui a été cassé par rapport aux lois de défiscalisation qui ont été abrogées, au peu de création d’entreprises puisque dans ce secteur, même quand il y a de la croissance, nous n’avons pas possibilité de créer suffisamment d’emplois par rapport au nombre de demandeurs. Il y a aussi la grande question du logement puisque dans les DOM, nous n’avons pas la même façon de traiter l’aide au logement. Ici (dans l’Hexagone), c’est l’aide à la personne, chez nous, c’est l’aide à la pierre avec la ligne budgétaire unique (LBU). Il y a donc des dossiers spécifiques à l’Outre-mer et nous allons nous réunir très bientôt. C’est pour ça qu’il y a une commission, pour que nous puissions prendre en compte ces différents problèmes liés à l’exiguïté de notre territoire, à son éloignement. Je sopuhaite inviter notre président, Claudy Lebreton à venir ouvrir cette commission outre-mer à la Réunion.

Y a-t-il des domaines où vous avez de l’avance par rapport aux départements de l’Hexagone ?

Les DOM ont été obligés d’innover pour trouver des réponses à des grosses problématiques qui sont la cohésion sociale ou la gestion de nos publics vulnérables. Je proposerai à mes collègues qu’il y ait des échanges entre nos professionnels des DOM. Même si l’on parle des outre-mer, nous avons intérêt à parler d’une même voix. Il y a deux ans que les événements des Antilles ont eu lieu (on connaît la gravité de la situation) et qu’ont été lancés les états généraux de l’Outre-mer par le gouvernement et le président de la République. Où en sommes-nous ? Les grandes questions qui ont été posées (logement, précarité de l’emploi, insertion des publics qui touchent le RSA, l’emploi des diplômés…), tous ces dossiers ont-ils beaucoup avancé ? Il faudra travailler ces problématiques au plus près des citoyens, c’est-à-dire avec les présidents des conseils généraux.

Comment appréhendez-vous la réforme territoriale à venir ?

Une telle réforme pour une région monodépartementale comme la nôtre donnerait un conseiller territorial qui siègerait au conseil général et au conseil régional… J’ai beaucoup de mal à voir quelle sera la réalisation concrète et comment nous allons fonctionner. Aujourd’hui, les choses ne sont pas encore précises, pas suffisamment et nous attendons beaucoup d’éclaircissement. On attend par exemple qu’il y ait un décret puisqu’il n’y a pas d’assemblée unique. C’est le droit commun qui s’applique, mais sous quelle modalité ? C’est encore le grand flou.

Le fait que vous n’ayez pas fait de démarche comme en Martinique ou en Guyane laisse entendre que vous souhaitez rester dans le droit commun…

La Réunion n’a pas fait de démarche et c’est pourquoi nous ne savons pas encore comment le dossier Réunion et Guadeloupe sera vraiment traité. Si on reste dans le droit commun, quels sont les décrets qui vont être mis en place ? Nous n’en savons rien. Mais il faut garder le verrou départemental car le département est le seul garant de la solidarité nationale et du droit commun de chaque citoyenneté française.

Etes-vous satisfaite des 49 conseillers territoriaux que vous réserve le projet de loi gouvernemental ?

Ce n’est pas le nombre qui est le plus important, c’est surtout : Que fera-t-il ? Quelles seront les délimitations pour le conseil général et le conseil régional ? Que dira la clause de compétence générale par rapport aux communes, aux intercommunalités et aux deux autres collectivités que sont la Région et le département ? Je vous le dis : Sur ce dossier de la réforme, il y a beaucoup de question de la part de la présidente du conseil général et très peu de réponses à ce jour.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

 


L’admirateur mystérieux de Nassimah

 

Dindar-et-Lebreton.jpgElue au bureau de l’ADF, Nassimah Dindar a eu la surprise, alors qu’elle n’était pas candidate à la fonction de président de l’ADF, d’obtenir une voix. Elle assure ne pas avoir voté pour elle puisqu’elle indique avoir voté (comme avec la procuration que son homologue de Mayotte lui a donnée) pour le président sortant, le socialiste qui préside du conseil général des Côtes d’Armor, Claudy Lebreton (en photo avec Mme Dindar). Celui-ci a été réélu avec 63 voix alors qu’il n’y a que 61 départements dirigés par la gauche. Quant à l’électeur qui lui a donné son suffrage, il ne s’est pas fait connaître.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 15:43

Concours mondial des rhums

Au  concours mondial de Bruxelles qui s’est tenu les 6, 7 et 8 mai au Luxembourg, les rhums Clément ont obtenu une médaille d’argent pour le Clément vieux, trois médailles d’or pour le Clement VSOP, le Clement 10 ans et le Clement Homère.

Les Rhums JM ont obtenu une médaille d’or pour le JM XO.

Notons que le 18 mai, les rhums JM présenteront à la presse le nouvel habillage de la marque.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:44

Le 10 mai avec le général DumasClaude-Ribbe-place-du-general-Catroux.jpg

La commémoration de l'abolition de l'esclavage organisée par la mairie de Paris, place du géneral-Catroux, devant le monument à la mémoire du général Dumas (les Fers brisées de Driss Saint-Arcidet) a eu lieu mardi à 17 heures. Jean-Claude Cadenet de la DGOM à la mairie de Paris ainsi que Mme le maire du 17e arrondissement y représentaient Bertrand Delanoë. La musique de la gendarmerie mobile (50 exécutants), un piquet d'honneur des troupes de marine ainsi que 100 écoliers parisiens qui ont chanté pour l'abolition (accompagnés par les tambours du groupe Myo) ont succédé à un discours de Claude Ribbe qui a invectivé les racistes décomplexés et leurs complices de la politique et des medias.

Malgré un service de sécurité assez conséquent, deux hommes vêtus de bogolan, un tissus africain, et de peaux de  hyènes, et équipé d'un porte-voix  ont  invectivé les gens du service de sécurité ainsi que les gens qui se trouvaient à l'arrière de la cérémonie, sans l’interrompre toutefois. Les propos tenus étaient du genre : « Il n'y a pas de représentant d'esclaves ici ! » ou : « Vous êtes encore des colonisés. Nous, nous avons chassé nos colonisateurs… » Un attroupement s'est formé autour d'eux mais ils n’ont pas utilisé leur mégaphone…

Photo : RDG

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:39

Le mail de l’Elysée

C’est par un mail de l’Elysée reçu la veille du 10 mai que Christiane Taubira a appris que le président de la République souhait qu’elle aussi se porte à  sa rencontre lors de son arrivée au jardin du Luxembourg. En principe, seules étaient prévues Marie-Luce Penchard, la ministre de l’Outre-mer, François Vergès, présidente du CPMHE et Maryse Condé, première présidente du CPME.

Les ambassadeurs

Si le public de la cérémonie mémorielle du 10 mai était estimé à 1500 personnes (1200 selon les déclarations de Marie-Luce Penchard à Lyon, le soir même), il fallait compter parmi eux quelque 80 ambassadeurs ou représentants diplomatiques.

270 000 entrées payantes au jardin d'outre-mer

L’opération « Un jardin en Outre-mer » au Jardin d’acclimatation a battu les records de popularité malgré la polémique sur les « zoos humains ». Selon le leader Maximin, 270 000 entrées payantes ont été écoulées entre le 9 avril et le 8 mai, soit une fréquentation supérieure à celle obtenue avec l’exposition sur les Etats-Unis ou le Brésil. Pour exemple, un seul stand polynésien destiné à présenter aux enfants la Polynésie a reçu 4 200 enfants de 6 à 10 ans par groupe de 8 à 10

La stèle en honneur aux esclaves déplacée

La stèle portant inscription de l’hommage de la Nation aux esclaves des colonies françaises ne restera pas dans la position où elle se trouvait lors de sa découverte par le président de la République, le 10 mai. Selon un proche du président du Sénat, son positionnement initial entre le palais du Luxembourg et l’observatoire la mettait en plein sur la trajectoire du méridien de Paris. Elle sera donc déplacée mais restera dans l’enceinte du jardin du Luxembourg.

Expulsion des anti-négrophobes

En marge de la cérémonie parisienne du 10 mai, la police a expulsé un militant de l’Alliance noire citoyenne arborant un tee-shirt portant l’inscription : « brigade anti-négrophobe ». D’autres militants de ce groupe ont manifesté à l’extérieur du jardin du Luxembourg. Reste à savoir comment l’intrus est parvenu à rentrer dans le jardin malgré les dispositifs de sécurité renforcés…

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 06:11

Une enquête sur les moines de Tibhirine

couv-moines-Tibhirine.jpgLe martyre des moines des Tibhirine reste une énigme depuis leur enlèvement par un commandant islamique et leur mort entre mars et mai 1996 dans la région de Médéa en Algérie. René Guitton, déjà auteur d’un livre sur le sujet en 2001, revient sur cette question et publie une enquête approfondie qui, si elle ne parvient pas à dénouer le mystère, éclaire sur le contexte de l’Algérie des années de plomb et la présence chrétienne sur cette terre d’Islam où la démocratie s’est arrêtée subitement après les élections législatives de 1991 qui avaient vu la victoire du Front islamique du salut. Mais au-delà de cette mise en perspective, l’ouvrage apporte des éléments nouveaux propres à rectifier certaines idées préconçues, voire certaines rumeurs. Les moines ont il été enlevés par un commando du GIA manipulé par les services de renseignement algériens ? La question reste ouverte. Les moines ont-ils été victimes d’une bavure de l’armée algérienne ? L’étude des photographies des têtes des moines qu’il a soumises à un certain nombre de spécialistes, tels des médecins légistes ou des balisticiens, semble démontrer son impossibilité, même si les têtes n’ont toujours pas été autopsiées… Mais le plus stupéfiant dans cette enquête est le récit de négociations officieuses dont l’échec aurait conduit à l’assassinat des sept frères trappistes. René Guitton raconte comment le préfet du Var Jean-Charles Marchiani, (mandaté officieusement le 6 avril 1996 par Jacques Chirac) et le général Saïdi Fodil, ancien patron du Département de la sécurité extérieure devenu chef de la 4e région militaire, se sont rencontrés à Ouargla pour mettre au point un scenario d’exfiltration des moines. Les choses semblent d’abord bien se présenter et un contact est noué avec les ravisseurs. Djamel Zitouni, chef du commando qui a enlevé les religieux, fait parvenir à Paris un communiqué, le n°43, qui montre qu’un accord a été trouvé entre eux et les négociateurs. Le GIA complète d’ailleurs ce texte par un enregistrement audio transmis à l’ambassade de France à Alger le 30 avril, qui fait la preuve que les moines sont entre leurs mains et vivants à la date du 20 avril 1996. La DGSE réceptionne la cassette et n’informe par Marchiani. En revanche Alain Juppé, Premier ministre, et Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur le sont et découvrent alors le rôle du préfet du Var qui aura cette réflexion devant l’auteur : « Ma conviction personnelle est que, durant le week end du 1er mai, Debré et Juppé ont été mis au courant de ma mission. Ils se sont alors dit : « On va encore se rendre ridicules comme dans l’affaire de la Bosnie. » Et ils ont décidé de mettre un terme à mes efforts. » La Bosnie, c’est l’intervention de Jean-Charles Marchiani pour faire délivrer les deux pilotes français pris en otages en décembre 1995. Mise en doute, son intervention a été confirmée dans le procès en appel de Charles Pasqua la semaine dernière ! Résultat, au conseil des ministres du 9 mai, sans que Jacques Chirac  ne lève le petit doigt, Juppé et Debré décident de renvoyer Marchiani aux affaires du Var… Juppé reconnaîtra d’ailleurs devant l’auteur qu’il se trompait peut-être… Un « peut-être » qui a conduit à l’enlisement de l’affaire, puis à la tragédie de Tibhirine… Ceux qui auront vu le film Des hommes et des Dieux découvriront là tout le hors champ du film qui ne s’est intéressé qu’à la trajectoire spirituelle des frères de Notre-Dame de l’Atlas. Un hors-champ au sujet duquel, le président algérien Abdelaziz Bouteflika déclarait sur LCI en 2004 : « Toute vérité n’est pas bonne à dire, du moins pour le moment… » L’ouvrage reste une enquête irrésolue et l’auteur conclut, impuissant, en souhaitant que « l’obstination du juge Marc Trévidic aboutisse, et parvienne à ce que la justice puisse faire jaillir la vérité ».

FXG (agence de presse GHM)

En quête de vérité. Le martyre des moines de Tibhirine, de René Guitton. Calmann-Lévy. Mars 2001. 345 pages.  21,50 €


L’auteur

René Guitton, éditeur et auteur. Défenseur ardent de la dignité humaine, passeur infatigable des courants de pensée, oeuvre depuis de nombreuses années pour un dialogue philosophique, culturel et religieux entre l’Orient et l'Occident. Il est membre du réseau d’experts de l’Alliance des Civilisations des Nations Unies. Il est l'auteur notamment de Lettres à Dieu (Calmann-Lévy, 2004) ; Si nous nous taisons : le martyre des moines de Tibhirine (Calmann-Lévy, 2001, près de 20 000 ventes, Prix Montyon de l’Académie française, Prix Lyautey de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, Prix Liberté) et de Ces chrétiens qu’on assassine (Flammarion, 2009, Prix des Droits de l’homme).

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 05:48

 

 

10 mai au Luxembourg33.jpg

La sortie du RER donnant sur le jardin du Luxembourg était fermée et les 1500 personnes attendues hier pour la commémoration de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions, ont dû passer un filtre digne de celui d’un aéroport international. Vigipirate niveau rouge oblige. Mais toute cette sécurité signait surtout le retour du président de la République pour cette cérémonie à laquelle il n’a participé que deux fois depuis qu’il est à l’Elysée, la dernière remontant à trois ans. Et pour cette dernière avant la présidentielle de l’an prochain, on a fait les choses en grand ! 29.jpgShort cut, après sa réalisation brillante autour d’Aimé Césaire, le 6 avril dernier, au Panthéon, a signé la scénographie. A droite de la scène où ont pris pace des chanteuses de Fanm ki ka (avant l’intervention du président), des documents d’archive sur l’esclavage étaient exposés. Le comédien Greg Germain a eu l’honneur de les commenter en direct à Nicolas Sarkozy : « Ces documents, froids presque insoutenables dans leur froideur et dans leur juridisme, montrent la logique capitaliste et la brutalité du système esclavagiste… »

Hommages aux esclaves des colonies françaises

Sarkozy-stele.jpgA gauche, encore recouverte d’un drapeau, une stèle placée dans l’alignement du méridien de Greenweech. Au premier rang, les ministres Alain Juppé, Patrick Ollier, Marie-luce Penchard, François Baroin et Frédéric Mitterrand, les deux présidents des assemblées parlementaires, Maryse Condé, Françoise Vergès, Christiane Taubira, Serge Romana et encore Jean-Pierre Rafarin. Derrière, les anciens ministres (Estrosi, Girardin, Stirn, Perben…), les parlementaires d’Outre-mer. Larcher-LMC-Berthelot.jpgOn a pris soin de placer la députée de Guyane Chantal Berthelot entre Gabrielle Carabin et Lucette Michaux-Chevry… François Bayrou, Jean-Claude Gaudin, Christine Kelly, Axel Urgin, Claudy Siar, Jean Arthuis, Henri Guaino (dont on a senti le phrasé dans le discours présidentiel) étaient là aussi. MAM et Christian Blanc, comme pas mal d’autres personnalités étaient prévues mais ont fait défection. « On va faire descendre des gens des tribunes », a lancé un membre du protocole. 32.jpgQuand le président est arrivé, accueilli par Françoise Vergès et Christiane Taubira, il y a eu quelques rares applaudissements. Beaucoup moins que lorsqu’il a achevé de prononcer un discours qui a arraché des larmes à l’auteur de la loi Taubira. Après avoir dévoilé la stèle qui rend hommage « aux esclaves des colonies françaises qui ont contribué à l’universalité des droits humains et à l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité qui fonde notre République », Nicolas Sarkozy a quitté le jardin du Luxembourg, suivi de ses deux fidèles lieutenants en charge de l’Outre-mer, Olivier Biancarelli et Benoît Lombrière. Ceux-là peuvent être contents. Ils ont réussi, avec le CPMHE et le ministère de l’Outre-mer, le plus beau 10 mai depuis 2006.

FXG (agence de presse GHM)

Photos : Régis Durand de Girard

 


Verbatim du président de la République

 

Sarko-tribune.jpg« Ils furent des millions, ils furent enchaînés, ils furent déportés d’un continent à l’autre, ils furent battus, ils furent asservis. Cela dura des siècles… On leur prit tout (…) On leur retira le nom d’homme. On en fit du bétail et leurs enfants aussi. On prit la peine d’édicter un code noir… (…) Cela dura des siècles… (…) Et pendant tous ces siècles, un long cri de douleur traversa l’Atlantique… (…) Ce cri était celui dont parlait Césaire : « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes… » (…) Ce cri qui hantera pour les siècles des siècles tous les descendants d’esclave, ce cri qui continuera de résonner pour les siècles des siècles dans toute l’Afrique noire, ce cri s’adresse à toute l’humanité parce que la traite et l’esclavage furent les premiers crimes contre l’humanité. Cet esclavage fut pire encore que celui de l’Antiquité car il ne trouva pas seulement sa justification dans l’intérêt économique, dans l’appât du gain. Il la trouva aussi et même d’abord dans le racisme. Ce qui rend la traite et l’esclavage comparables à l’entreprise d’extermination totalitaire, c’est qu’ils ont trouvé leur justification intellectuelle et morale dans l’idée de race inférieure. Ce n’est pas par hasard si l’esclavage est réapparu brutalement en plein XXe siècle dans les camps de concentration. (…) Où a conduit ce préjugé ? A donner une valeur marchande à ce qui ne doit pas en avoir. La vie humaine n’a pas de prix, elle a une valeur infinie. (…) Et c’était la conviction de l’Occident qui croyait à sa supériorité, qui croyait que sa civilisation était la seule, . (…) Ce préjugé de supériorité qui ne fut pas  seulement un préjugé culturel mais qui fut aussi un préjugé racial, a été la grande faute de l’Occident. Il a été la cause d’une blessure profonde, ineffaçable. Cette faute est inexpiable, irréparable. Cela dura des siècles.

(…) Vint la Révolution française. Elle mit dans la pensée des esclaves l’idée de liberté. Il y eut des révoltes, des répressions. Mais les esclaves qui s’étaient libérés par les armes avaient définitivement perdu leur âme d’esclave. C’est dans ce moment décisif qu’à Saint-Domingue parut Toussaint Louverture. Avec des esclaves, il forgea une armée. Avec cette armée, il fit un Et         at. Chateaubriand l’appela : « le Napoléon noir ». Lamartine disait : « Cet homme est une Nation ». (…) Il mourut au fond d’un cachot. (…) Mais ce peuple que Toussaint avait réveillé (…) proclama la République d’Haïti. Il voulait en faire « la patrie des Africains du nouveau monde et de leurs descendants ». (…) En 1794, il y eut l’abbé Grégoire. En 1848, il y eut Schoelcher. (…) Les maîtres cédèrent. Les chaînes tombèrent. Ce grand honnête homme, comme disait Césaire, fit honneur à la France, à e qu’elle aspirait à incarner aux yeux du monde depuis qu’elle avait proclamé que tous les hommes naissaient libres et égaux en droit. (…) L’abolition commençait l’émancipation. Elle ne l’achevait pas. En théorie, l’égalité des droits fut solennellement reconnue. En pratique, la route vers l’égalité réelle était encore longue. En fait d’égalité, ce fut davantage celle des devoirs que celle des droits (…) Oui, l’égalité des devoirs et des sacrifices ! Mais reconnaissons-le, l’égalité des droits se fit attendre car le système colonial perpétuait l’injustice. Certes, la République prît en charge les meilleurs élèves (…) Certes, il y eut Félix Eboué. Il y eut Monnerville. Il y eut Césaire et quelques autres. Mais tant d’autres continuèrent à porter sur leurs épaules une fatalité venue du fond des âges. Il y avait eu 1848. Il y eut 1946, la fin du système colonial, la départementalisation. Elle était la promesse de l’égalité des droits économiques et sociaux (…) Cette promesse tarda à être tenue. Ce fut encore une souffrance. (…) Les descendants d’esclaves n’ont jamais demandé des excuses, ils ont demandé, ils demandent encore qu’ion reconnaisse leurs blessures. Ils n’ont pas demandé de réparation. Ils ont demandé de la compréhension et le respect de leur identité meurtrie. Ils n’ont pas demandé de droits particuliers (…) ils ont simplement demandé la liberté, l’égalité et la fraternité pleines et entières. Ils ont demandé à ce que nous donnions à ces mots tout leur sens. (…) Pas plus que la mémoire humaine ne doit oublier la Shoah, elle ne doit oublier l’esclavage parce que l’une et l’autre expriment une leçon universelle. La plainte lugubre que le souvenir du sang, de la torture et des crimes fait jaillir des prisons de Gorée et des camps de la mort, dit à chaque conscience humaine qu’elle se détruit elle-même lorsqu’elle consent à ce que les hommes deviennent des animaux domestiques ou des marchandises, lorsqu’elle accepte que des hommes soient exploités jusqu’à l’humiliation, jusqu’à la perte de leur dignité, jusqu’à leur aliénation totale. Nous n’en avons pas fini avec cette leçon. L’émancipation, jamais accomplie, toujours menacée reste le grand problème de l’humanité et l’idéal inachevé de notre République. (…) Comment pardonner ce qui est impardonnable ? Il ne faut pas pardonner. Il ne faut pas oublier. Pour rester éveiller, vigilant, attentif, la conscience en alerte. Car si nous ne sommes pas responsables de nos aïeux, nous ne pouvons pas nous exonérer de la responsabilité de celles que nous pourrions commettre en invoquant la terrible excuse des lâches : « Nous ne savions pas. » Car c’est à nous de savoir, à nous d’agir. Toussaint et Schoelcher firent ce qu’ils avaient à faire. Les Justes firent ce qu’ils avaient à faire. Permettez-moi de finir sur cette question qui devrait sans cesse tourmenter notre âme :  Et nous ? »

 


Ils ont dit

 

Romana.jpgSerge Romana, président du CM98 (comité marche du 23 mai)

On est venu parce que c’est une année particulière, la 10e commémoration du vote de la loi Taubira. Il était donc important, dans un contexte français où il y a des attaques contre cette loi, un contexte raciste, de nous montrer tous ensemble et ne pas faire de chikaya. Autant nous avons accepté l’invitation du 10 mai, autant, le CPMHE a accepté note invitation pour le 23 mai.

 


38.jpgMaryse Condé

 

« Je suis plus intéressée par l’avenir que le passé. J’aurai aimé que nous arrivions à vivre en bonne harmonie les uns avec les autres, que des Français valorisent davantage les Antillais, les Africains, les Arabes, les Musulmans qui vivent avec eux. Evidemment, connaître le passé de l’Afrique, c’est un moyen mais pas le seul. Il faut connaître au présent ce que nous pouvons offrir, ce que nous pouvons apporter et lutter, non pas pour une intégration, mais une meilleure connaissance, meilleur échange.

 


Claudy Siar

 

37.jpg« J’ai été très touché par le discours du président de la République et je me dis que toutes luttes des uns et des autres, des personnes de bonne volonté, quelles que soient leurs origines, la couleur de leur peau, ont été exprimées à travers son discours. Je pense à toutes celles et à tous ceux qui ont mené ce combat pour l’égalité, pour la reconnaissance de cette mémoire, cette histoire partagée et qui, malheureusement, ont très souvent été blacklistées — j’emploie le terme à dessein —, ont été vilipendées, marginalisées pour leurs idées alors que les combats qu’ils menaient étaient des combats pour l’égalité très clairement. Ce qui est inscrit sur la stèle dévoilée par le président ne peut qu’appeler, si tant est qu’il en faille une, à une réconciliation autour de cette mémoire et non pas exacerber les oppositions et faire en sorte que les uns et les autres soient encore dans la confrontation. Je suis très heureux qu’on aille à l’apaisement et à la reconnaissance également et surtout. »

 


Christiane Taubira

 

35.jpg« Je suis particulièrement émue parce que j’ai l’impression qu’on y arrive enfin. En entendant le discours du président, je pense que les malentendus sont enfin levés. Pour moi c’est vrai que ça me renvoie à la souffrance du débat parlementaire puisque ça a été deux années et demi très difficiles… Mais voilà, ce discours, avec des nuances, bien sûr puisque lorsqu’il parle de l’âme d’esclave, non ! Il y avait un état d’esclave, pas une âme. Mais c’est la seule nuance que je ferai sur ce discours qui a levé des tas de malentendus. J’ai entendu des tas de choses infâmes pendant des années. Donc voilà, c’est la source de mon émotion. »

 


En images40.jpgEddy Murté et David Auerbach Chifrin36.jpg

Olivier Biancarelli41.jpgCamouilly le nouveau directeur de l'antenne de France O et Henriette Sebeloué30.jpgFrançoise Verges et Nicolas SarkozyAntoinette Magras marsinJean-Etiene Antoinette, Michel Magras et Daniel Marsin45Lucette Michaux-Chevry et Marijosée Alie43

Gérard Larcher, Jean-Baptiste Rotsen et Greg Germain34

Christiane Taubira, vraie vedette de ce 10 maiBayrou-Gaudin.jpg

Bayrou et GaudinBerthelot-patient.jpgChantal Berthelot et Serge PatientCarabin.jpgGabrielle Louis-CarabinConde-Romana-2.jpg

Maryse Condé et Serge RomanaLombriere-Siar.jpg

Benoit Lombriere et Claudy SiarPau-Langevin-et-Louis-Georges-Tin.jpgGeoorge Pau-Langevin et Louis-Georges TinRafarin.jpgJean-Pierre RafarinP1030658.JPGExpulsion d'un membre de l'Alliance citoyenne noire


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