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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 08:00

Hollande vise l’égalité économique pour les Outre-mer

Dans un courrier date du 14 avril, François Hollande fait suite à une discussion entamée le 12 mars dernier avec le nouveau groupe de pression ultramarin, le CReFOM.Dalin-Martial-Karam-Delaisser-Sulpice.jpg

« Le président de la République a acté une série d’engagements qu’il avait pris oralement avec le CReFOM. » Patrick Karam, président du Conseil représentatif des Français d’Outre-mer, a rendu public, hier matin à Paris, la lettre que François Hollande lui a adressée à la suite de leur rencontre à l’Elysée le 12 mars dernier. « Vos objectifs, écrit le president, me semblent correspondre à une approche des Outre-mer que le gouvernement et moi-même partageons. » La lettre de deux pages répond point par point à toutes les problématiques soulevées par le CReFOM lors de cet entretien. « Elle détaille notre feuille de route et celle du gouvernement jusqu'à la fin du quinquennat », a déclaré Patrick Karam, heureux de cette réponse présidentielle. D’un point de vue méthodique d’abord, il observe que François Hollande les reconnaît comme un « interlocuteur privilégie et un partenaire oblige ». Ainsi François Hollande a réaffirmé sa participation au dîner du CReFOM, le 21 novembre prochain, et renouvelé son invitation à l’Elysée pour un dîner ultramarin. « Dîner de travail », précise Patrick Karam. De même, le président parrainera la fete des Outre-mer, les assises du sport ultramarin et le salon de la gastronomie ultramarine prévu en 2015.

Egalité réelle

Karam-et-Delaisser-CReFOM.jpgMais c’est sur un terrain plus inattendu que le président s’engage aux côtés du CReFOM : l’accès des Outre-mer à l’égalité réelle. « Nous espérons l’obtenir avant la fin quinquennat », ose Patrick Karam.Le président ne s’est engagé que sur le principe, pas sur un calendrier, ni sur des indicateurs précis, mais il écrit : « Après l’égalité civique et l’égalité vis-à-vis des systèmes de protection sociale, il faut viser l’égalité économique (…), même si l’égalité réelle ne peut être atteinte immédiatement. » Patrick Karam se satisferait d’un plan mesurable à 10, 20 ou 30 ans... Le président reprend les mots du CReFOM quand il parle de « réduire les écarts en termes de niveau de vie, d’emploi, de logement ou de santé »… C’est une « Révolution » pour le CReFOM qui la veut à l’égale de celles de 1848 et 1946, l’abolition et la départementalisation. Des revendication qui étaient aussi celles du mouvement social de 2009.

Les réponses du président pour parvenir à cette égalité économique sont modestes et déjà connues : « J’entends, écrit-il, préserver les dispositifs de soutien à l’économie des outre-mer comme les aides fiscales à l’investissement, notamment dans le logement social, ou encore les mesures d’allègement du coût du travail. » François Hollande affirme encore que  « la déclinaison ultramarine spécifique du pacte de responsabilité tien[dra] compte des outils existants et qui maintiennent un différentiel d’attractivité suffisant en faveur des Outre-mer ». Sur le terrain de l’emploi local, il confirme que « George Pau-Langevin (Outre-mer) et Marylise Lebranchu (Fonction publique) étudient actuellement la mise en application de plusieurs des propositions du rapport que le député Patrick Lebreton a rendu récemment ». Enfin, pour faciliter les déplacements en cas de deuil, François Hollande est favorable au rétablissement d’une aide prévue dans la loi du 21 février 2007 et supprimée par le précédent gouvernement. Il envisage son financement par redéploiement au sein de l’enveloppe continuité territoriale, « compte tenue de l’ampleur limitée des besoins ».

FXG, à Paris


Mémoire et culture

Le président a aussi répondu sur la « visibilité des outre-mer et de leurs cultures » : « Je vous rejoins sur la nécessité de réaffirmer l’identité ultramarine de France Ô, écrit-il, et d’avancer plus rapidement sur le projet de creation de cite des Outre-mer à Paris. »

François Hollande « encourage » le CReFOM à trouver « un cadre juridique incontestable » pour qu’il puisse fournir aux administrations publiques des suggestions de candidats ultramarins pour des nominations… Il ne se défausse pas, il invite le CReFOM à bien se pourvoir. Même chose avec le mot « race » dans la Constitution. François Hollande est heureux que le CReFOM « s’implique dans une campagne de conviction auprès des partis politiques qui n’ont pas mesuré toute la portée de cette réforme ».

Sur le plan mémoriel, François Hollande, qui participera aux cérémonies du 10 mai au jardin du Luxembourg, indique qu’il a demandé à George Pau-Langevin « d’étudier la possibilité de prendre un décret pour faire du 23 mai une date pleinement reconnue ». Ce jour-là, dans l’Hexagone, les descendants d’esclaves commémorent leurs aïeux.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 07:00

Un appel à participation pour une version créole et en grena d’Alice au pays des merveillesnightmare.jpg

« Lili se marie aujourd’hui, elle a rendez-vous à midi mais ne se souvient plus dans quelle église. Elle traverse le nord Grande Terre de Guadeloupe, à fond la caisse sur sa grena au milieu des champs de canne. De gauche à droite et de droite à gauche, d’une église à l’autre, Lili va devoir traverser des épreuves et accomplir un voyage initiatique. » Voilà le synopsis de « Nightmare Before Wedding, un road movie en grena », que s’apprête à réaliser Fabienne Orain Chomaud avec Tic Tac productions. Le film qui se tournera en Guadeloupe au mois de juin prochain, est une interprétation créole du conte de Lewis Caroll, « Les Aventures d’Alice au Pays des

Merveilles » et c’est un clin d’oeil à « Nightmare before Christmas » de Tim Burton avec qui Fabienne Orain Chomaud a travaillé plusieurs mois sur la version française.

Pour cette adaptation, Fabienne a imaginé une Alice à la veille de son mariage. Le climat poétique et surréaliste est ponctué d’humour et bien sûr de non-sens. La dimension itinérante du récit amène le spectateur à se plonger dans des paysages qui se font métaphoriques. Ce monde de « Nightmare Before Wedding » est constitué d’une géographie fouillée, parsemée de nombreux lieux clé des aventures d’Alice, rebaptisée Lili, entre rêve et cauchemar.

Afin de dynamiser la recherche de partenariats financiers, la production a mis en place une page facebook « Nightmare Before Wedding » et une opération de crowdfunding sur le site participatif « My Major Company » (achat de t-shirts, invitation à la première, package sponsor entreprises,…). La clôture des financements participatifs prendra fin début mai.

FXG, à Paris

http://www.mymajorcompany.com/nightmare-before-wedding

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 04:00

George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer au 6e sommet de l’AEC

« Les valeurs républicaines au cœur de l'identité caribéenne »

GPL-et-son-chef-de-cabinet.jpgLa ministre des Outre-mer représente François Hollande lors du VIe sommet de l'association des Etats de la Caraïbe, les 29 et 30 avril à Mérida, au Mexique.  Alors que l'association fête ses 20 ans, la Martinique et la Guadeloupe seront pour la première fois invitées comme états associés, statuts dont les deux îles jouissent depuis le 17 avril dernier.

Merida est votre premier déplacement international. Quelle sera votre feuille de route?

L'association des États de la Caraïbe est une organisation originale qui vise à promouvoir la coopération entre tous les pays de la Caraïbe dans des domaines d’intérêts régionaux tels que le développement des liaisons intra-caribéennes, la création d’une zone de tourisme durable, l’intégrité environnementale de la mer des caraïbes, mais aussi la prévention des catastrophes naturelles et la coopération culturelle et linguistique. Autant d’enjeux partagés sur lesquels peuvent être créées de véritables synergies régionales au bénéfice de tous les territoires.

La Martinique et la Guadeloupe sont désormais qualifiées « d’Etats associés » pour l’association. Quels changements sont à prévoir ?

Cette adhésion de la Martinique et de la Guadeloupe à l’AEC en leurs noms propres est une véritable opportunité historique, chargée de sens. Elle consacre la volonté de ces deux départements antillais à s’inscrire dans leur environnement régional et à participer activement aux différents comités de l’association. La France que j’ai l’honneur de représenter à cette occasion, sera désormais associée au titre des territoires de Saint-Martin, Saint-Barthélemy, et de la Guyane. Si leur adhésion renforce ce projet d’intégrer tous les territoires et les pays de la Caraïbe au sein de l’AEC, elle nous oblige à trouver les voies et les moyens d’une coordination accrue pour porter la voix de la France et de ses valeurs dans cette région du monde.  

Concrètement, y-aura-t-il un avant et un après Merida ?

Nous l’appelons de nos vœux ! La région Caraïbe est porteuse d’atouts majeurs qui doivent se développer dans leur contexte géographique. Les liens avec Cuba en matière universitaire, l’enjeu de la géothermie, en coopération avec la Dominique, la protection de l’environnement et la transition énergétique qui concernent l’ensemble des Etats : c’est ensemble que nous développerons la prospérité de la zone. Je pense également au programme « Unir la Caraïbe par voie aérienne et maritime », aux propositions présentées par le Mexique telles que le système méso-américain d’information territoriale, aux réflexions sur le transit international des marchandises de la Grande Caraïbe… Enfin, à quelques semaines des élections européennes, je tiens à dire plus que jamais aux Antillais que l’Europe a également toute sa place et qu’elle demeurera un partenaire privilégié de la Caraïbe.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 06:00

Le Medef national attentif aux Antilles

Bernasconi.jpg« Il y a une demande des DOM pour un rapprochement et une consolidation des liens avec le Medef national. » Patrick Bernasconi, vice-président du Medef, sera en Guadeloupe et en Martinique les 29 et 30 avril. Il vient en éclaireur de son patron, Pierre Gattaz, attendu pour fêter les 50 ans du Medef Martinique en août ou septembre prochain. Le dernier patron des patrons à avoir fait le déplacement aux Antilles est Ernest-Antoine Seillière en 2004. Mais Patrick Bernasconi est aussi un entrepreneur du BTP en Guadeloupe et préside une mutuelle du BTP dont il réunira les adhérents lundi 28 avril en Guadeloupe. « On s’est rendu compte, explique-t-il, que lorsqu’on négociait un sujet avec le gouvernement, il pouvait y avoir des conséquences lourdes pour les DOM. Il nous faut tenir compte de la particularité économique de nos îles. » Ce sera donc un voyage d’écoute en amont de la discussion autour du pacte de responsabilité et sa déclinaison outre-mer. Le Medef, comme la Fedom (reçue hier matin par Frederic Potier, conseiller Outre-mer de Manuel Valls), plaide pour un Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) renforcé. Si en métropole, le CICE a été financé par une hausse de la TVA, dans les DOM, il l’a été par les baisses de charges sociales, ce que le Medef assimile à un « jeu de bonneteau ». Patrick-Bernasconi-et-Patrick-Lecurieux-Durival.jpg« Il faut augmenter la TVA comme dans l’Hexagone pour avoir un véritable gain », indique le secrétaire général du Medef Martinique, Patrick Lecurieux-Durival. Il s’agit aussi d’obtenir pour les entreprises des secteurs exposés et surexposés (industrie, tourisme) un taux de CICE plus important. Le BTP a souffert de la réforme de la défiscalisation et son activité a été divisée par deux en trois ans en Martinique. Le Medef espere obtenir en contrepartie un dispositif fiscal pour favoriser la réhabilitation des logements privés, une activité tres demandeuse de main d’œuvre. « La Banque publique d’investissement est une opportunité... à venir, ironise Patrick Lecurieux-Durival, et le crédit d’impôt aidera les entreprises qui ont des impôts à payer. » Alors l’important pour les acteurs économiques des DOM, c’est de garder un « différentiel » par rapport à l’Hexagone où se trouvent leurs premiers concurrents. Pour autant, rappelle Patrick Bernasconi, « l’emploi sera créé par l’activité, pas par le taux du CICE. »

FXG, à Paris

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 07:15

Pas de 10 mai dans la ville FN du général de Dumas

23-avril-2014-0004.JPGLe maire Front National de Villers-Cotterêts (02), Franck Briffaut, refuse de célébrer dans sa commune la Journée de commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions le 10 mai prochain parce que, explique-t-il dans une vidéo postee le 17 avril sur le site de l’Express (http://videos.lexpress.fr/actualite/politique/video-pas-de-journee-de-l-abolition-de-l-esclavage-pour-le-maire-fn-franck-briffaut_1509535.html), une telle commémoration renvoie à « un sentiment de culpabilisation ».

Son annonce a fait réagir Claude Ribbe, le président de l’association des amis du général Dumas. Son association est à l’origine, en décembre 2006, de  l’installation sur l’ancien hôtel de l’Epée où est mort le général Dumas, d’une plaque commémorant le bicentenaire de sa mort. Né esclave à Jérémie (Saint-Domingue), le premier général noir de la 1ère République  repose auprès de sa femme dans le cimetière communal de Villers-Cotterêts.

Sculpture-general-Dumas.jpg« Depuis le 10 mai 2007, écrit Claude Ribbe, c’est devant cette plaque que le préfet de l’Aisne et la municipalité commémorent, tous les 10 mai, la journée de l’esclavage et de son abolition. De ce fait, Villers-Cotterêts est manifestement un lieu de mémoire de l’esclavage et un site emblématique du refus du préjugé de couleur. »

Tout en déplorant « la connotation raciste » des propos de Franck Briffaut, Claude Ribbe estime qu’il « offense tous les descendants d’esclaves, notamment français, qui sont encore en butte à un racisme particulièrement virulent en 2014 ».

Autre réaction, celle du Collectif de suivi des états généraux de l’Outre-mer (CEGOM) pour qui « M. Briffaut s’inscrit dans une tradition (…) de refus de la repentance, en réalité un refus de regarder en face l’histoire de France et ses pages les plus sombres. » Mais au-delà du maire qui révèlerait ainsi « le vrai visage du FN » et son programme, « une insulte permanente à l’Histoire des Français d’outre-mer en même temps qu’une menace à leurs intérêts », le president du CEGOM, Pierre Pastel vise des « compatriotes, déçus du manque de considération de leur qualité de citoyens par la République » et qui « se laissent abuser par le discours du Front national qui se gargarise du mot France. » Ainsi, il déplore le succès de la candidate du Front national à M’tzamboro (Mayotte), Faoulati Sandi, qui a obtenu 12% des voix au premier tour des dernières élections municipales. Le CEGOM a daté sa réaction du 21 avril, « date anniversaire du premier tour de l’élection présidentielle de 2002 qui vit la qualification pour le second tour de Jean-Marie Le Pen » pour « porter cette information à l’attention des Français d’outre-mer auxquels elle aurait échappé »…

Le 10 mai prochain, il n’y aura donc pas de cérémonie officielle à Villers-Cotterêts, mais à Paris, François Hollande ira, comme c’est de tradition depuis 2006, au jardin du Luxembourg, et Claude Ribbe, place du général Catroux devant le monument dédié au général Dumas, Les chaînes brisées, y espérant la présence du nouveau maire de Paris, Anne Hidalgo.

FXG, à Paris

Derniere minute

"L’association des Amis du général Dumas et son président, l’écrivain Claude Ribbe - nonobstant le refus tonitruant du nouveau maire FN de Villers-Cotterêts de commémorer l’abolition de l’esclavage  - appellent les Cottereziens, les Axonais et tous ceux qui refusent le racisme, la xénophobie et la haine, à se rassembler à 11 heures à Villers-Cotterêts  le 10 mai 2014 devant la plaque à la mémoire du général Dumas pour commémorer l’abolition de l’esclavage."

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 05:38

Roxane Solesse, nouvelle présidente des étudiants réunionnais de ParisRoxane-Solesse.jpg

Son « Ras-le-bol d’une Réunionnaise », repris en 2012 par la plupart des medias de l’île a projeté Roxane Solesse, jeune étudiante réunionnaise dans l’Hexagone, dans l’aventure de l’AERP  dont elle vient de prendre la présidence. L’association des étudiants réunionnais de Paris existe depuis 1989 et rassemble 134 adhérents. Roxane y est entrée en janvier 2013. « Quand Franck Hoareau, mon prédécesseur est venu me trouver, je voulais monter un réseau de parrainage. » A l’AERP, ce réseau a pris corps depuis un an sous le nom de réseau Albius. « C’est tres simple, un étudiant qui se prépare a une mobilité se connecte et trouve un referent. » Ils étaient 40 jeunes réunionnais à s’etre investis dès le premier mois. Aujourd’hui, ils sont près d’une soixantaine à jouer ce rôle de parrain pour chacun des 75 nouveaux arrivants qui ont eu recours a Albius.L’AERP a noue des partenariats avec la BRED Réso+, avec Akélio pour des jobs’ dating, des ateliers coaching et des rencontres ressources humaines, avec Busi Next Home pour des plans logement, avec Réunionnais du monde pour des échanges d’infos…Mais aussi le Conseil general ou la délégation interministérielle de Sophie Elizéon.

Roxane a en commun avec Franck Hoareau et le reste de l’équipe d’avoir vécu personnellement la galère que peuvent signifier des études en mobilité. « J’étais mineure et j’ai dû me loger, ouvrir un compte bancaire… Heureusement, il y avait ma sœur. Bien formée, bien entourée, ca rend la mobilité plus facile ! » Il reste à la nouvelle équipe à finaliser son guide complet de l’étudiant en mobilité. « Avec le réseau Albius, énonce Roxane, on voulait un outil simple et efficace »

Le programme de la nouvelle presidente est de se rapprocher des étudiants pour leur faire savoir que ces outils existent et sont pour eux. « On va créer du lien, organiser des sorties collectives dans Paris, des soirées d’intégration à la rentrée, une rencontre sportive inter dom ». L’AERP entrera en mai au Conseil jeune de Paris et doit discuter avec le président du Conseil représentatif des Français d’Outre-mer (CReFOM) son éventuelle adhésion au nouveau lobby ultramarin. « On est quand même d’abord une association réunionnaise », tranche celle qui ne veut pas se fondre dans un outre-mer qui a Paris se traduit d’abord par antillais. En juillet, Roxane sera au pays. Elle fera une série de visites à la Région et au rectorat. En decembre, l’AERP devrait s’investir davantage que l’an passe dans l’organisation de la fete cafre, le 20 decembre, à Paris.

FXG, à Paris

contact@aerp.fr


Une future avocate

Roxane-Solesse-hauteur.jpgRoxane Solesse a 22 ans. Native de Saint-Gilles où elle a fait presque toute sa scolarité, elle a quitté la Réunion à l’âge de 16 ans pour  passer son bac littéraire en Internat, à Paris. Puis, elle aligne une licence en droit, un Erasmus à Barcelone, un mastère de droit social… « Il me restera une année de mastère, puis le concours d’avocat. » Roxane veut se consacrer au droit du travail. Mais c’est aussi une citoyenne. Elle dénonce en 2012 dans une tribune « le racisme latent anti-réunionnais de grands medias nationaux » et l’usage de termes tels « miettes de la France », « assistés », alors que son île est la proie d’émeutes sociales… Depuis son arrivée au sein de l’AERP, l’association a publié un guide du logement et réalisé une enquête sur les jeunes Réunionnais en mobilité. Roxane a transmis le premier au ministre du logement d’alors, Cécile Duflot, et la seconde a ete présentée au Conseil économique, social et environnemental national. « Depuis que je suis entrée à l’AERP, je participe à tout. J’ai eu des rôles d’exécution, d’organisation, d’animation. C’est tout naturellement que Franck Hoareau m’a proposé de lui succéder. » Roxane a été élue avec le score soviétique de 100 % des voix.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 07:50

proces marie Galante SchoelcherTrois questions à Bernard Leclaire, auteur de la préface de l'ouvrage de Victor Schœlcher en réédition chez Idem, Le procès de Marie-Galante.

« Nous sommes ce que le monde sera dans mille ans ! »

Que raconte ce moment d'histoire qui concerne Marie-Galante et la Guadeloupe plus généralement ?

Lors des premières élections législatives du 24 juin 1849, la population marie-galantaise s’est tres vite rendu compte que les racines du mal de l’esclavage résistaient et se battaient pour faire renaître le pouvoir du passé ! Bernard-Leclaire.jpgLa liste Bissette–Richard, expression politique des grands planteurs blancs et partisans de l’ordre royaliste, s’oppose à la liste Schœlcher-Perrinon, abolitionniste et républicaine. Ces élections devaient donner les trois-quarts des voix à Schœlcher et Perrinon. Le maire de l’époque, Théophile Roussel, accusa le mulâtre Jean-François Germain, dit Chéry Cétout, de délit électoral. Le gouverneur Fabvre et l’amiral Bruat dépêchèrent une garnison pour rétablir l’ordre avec pour consigne officielle de tuer. Selon l’avocat Pory Papy, diligenté par l’équipe de Schœlcher, plus de quatre-vingts nègres étaient tombés sous les fusillades de Pirogue, plus d’une centaine selon Victor Schœlcher. 150 autres furent inculpés et emprisonnés dans les geôles du Fort Richepanse à Basse-Terre.

Ces événements de juin 1849 peuvent-ils avoir une résonance dans la Guadeloupe contemporaine ?

Le 18 octobre 1849, l’Assemblée législative annula les élections. Mais, le 18 janvier 1850, Victor Schœlcher devenait malgré tout le premier député guadeloupéen suite à un vote démocratique de la population…

La Guadeloupe aujourd’hui a absorbé ses composantes multiples, elle a vécu une espèce de caribéanisation où l’existence d’un socle commun semble définitivement une réalité tangible et fédératrice. Nous sommes tous en quête d’un ciment révélateur d’un bonheur collectif dans un espace géographique et historique commun, loin de cet esprit de division, de détestation, engendré par le pouvoir satanique d’un entendement esclavagiste.

Quelle leçon faut-il retenir de cet épisode historique ?

L’histoire de l’esclavage n’est pas une période qui rend gloire à l’Occident. Il n’est point besoin de se faire l’avocat à charge ou à décharge pour retranscrire les affres d’une déshumanisation aussi honteuse et lugubre ! La sociologie actuelle de notre archipel a définitivement intégré la fusion d'une culture commune. C’était un bouquet certes hétéroclite au départ, mais la progression constante d’une homogénéité solide et fraternelle a pris place au-delà du phénomène de race. Nous avons tous construit quelque chose de beau, jaillissant certes du chaos. Nous sommes en avant-première ce que le monde sera dans mille ans !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 07:15

Generation-st-Eloi.jpgGénération Saint-Eloi, la comédie musicale

Pat Kancel et Patrick Marie-Joseph montent une comédie musicale qui retrace l’œuvre de Patrick Saint-Eloi avec douze vedettes de la chanson.

« On a décidé de faire un événement avec de la comédie, de la musique et de la danse ! » Tina Ly, Axel Tony, Florence Naprix, Béatrice Civaton et Medhy Custos font partie des douze chanteurs qui ont accepté de venir chanter dans la comédie musicale, Génération Saint-Eloi, que Patrice Kancel et Joseph Dunoyer montent en ce moment. generation-saint-eloi-reunion.jpgCes artistes étaient réunis pour la première fois, le 15 avril dernier, en compagnie du chorégraphe Mickaël Baudrier (il y aura six danseurs) dans les locaux de Gémeaux Production à Paris. La création est attendue le 31 mai au Dock Pullman à la Plaine-Saint-Denis (93), avant une date en Martinique et en Guadeloupe au mois d’octobre, car le 20, jour de l’anniversaire de PSE, la troupe déposera une gerbe sur sa tombe, au Moule.

L’histoire

Après le retour de la tournée, la comédie musicale Génération Saint-Eloi devrait s’installer dans une salle parisienne pour « au moins cinq à dix dates », selon Joseph Dunoyer.

Joseph-Dunoyer-et-Patrick-Marie-Joseph.jpgElucien (Pat Kancel) est fan de PSE. Il a grandi aux Antilles et il reçoit dans son salon son cousin (Jean-Marc Joachim) et sa copine qui viennent de métropole. « Jean-Marc, c’est un petit négropolitain qui ne connaît pas trop la culture locale, encore moins PSE », raconte Djoe, le producteur. Avec le pactole qu’il a gagné aux courses, Elucien a acheté plein d’instruments de musique qu’il a disposés autour de sa maison. Il y en a assez pour que les 17 musiciens de l’orchestre de Patrick Marie-Joseph puissent, pendant deux heures trente de spectacle, passer en revue l’œuvre de PSE. « On a recréé le groupe comme à l’époque où il était dans Kassav », raconte le directeur musical. Parmi eux, cinq ou six musiciens ont joué avec lui.

Medhy-Custos.jpgDans le salon, au centre de la scène, Elucien raconte toute sa vie, une vie qui tourne autour de la musique de Patrick Saint-Eloi. Les trois acteurs jouent avec les entrées en scène de Princesse Lover, Perle Lama, Thierry Cham, Daly, Fred Deshayes, Patrice Hulman et les autres... « Vous êtes libres de votre interprétation, mais ce n’est pas un spectacle de performance vocale », prévient PMJ. Il explique : « On part d’un existant et on va simplement mettre en scène. » C’est lui qui orchestre et lui qui a tranché sur le choix des morceaux. La  période « naissance du crooner » est illustrée avec un mix de ses premiers albums (A la demande, 1984, Mizik sé lanmou, 1982). Puis, c’est le zouk love, avec Bizouk, 1992, Zoukamine, 1994… La R’n’B et des sons plus électroniques se font ensuite entendre… Mais indéboulonnable, PSE sort Swing Karaib 2002, Plézi 2005, les deux tomes de sa Zoukolexion 2007 et 2008… C’est la période des séparations et de son émancipation de Kassav, jusqu'à sa mort en 2010.

Pantalons larges et coiffure afro

Tina-Ly-JR-Makasi-et-Axel-Tony-2.jpg« Avons-nous un droit de regard sur les titres que nous devons chanter ? », interroge Axel Tony. PMJ opine de la tete dans le mauvais sens : « Il a fallu recenser tous les titres de PSE, trier, sortir ceux qui ont été des tubes, trier encore et trier une derniere fois par rapport à la trame de l’histoire. » « Mais il y a des questions de tessiture, relance Medhy Custos, on n’est pas là pour souffrir non plus ». Les artistes pourront accorder leur tonalité avec l’orchestre, rassure PMJ qui reste ferme sur ses exigences. JR Makasi, le manger d’Axel Tony, s‘inquiète de savoir s’il y aura un prompteur pour les textes. Jocelyne-Jean-Gilles-Beatrice-Civaton-Florence-Naprix.jpg« Avec le trac, la fatigue, on oublie parfois ses propres paroles », renchérit son poulain. Le producteur note en grimaçant, « prompteur » sur sa tablette… « Et le stylisme ? », demande Florence Naprix. Tina Ly propose son styliste. La production a le sien... « Les costumes seront de quelle époque ? », relance Béatrice Civaton. Ce sera les années 1980. « Avec pantalons larges remontant au-dessus du nombril et coiffure afro ! », avertit goguenard PMJ. Les répétitions doivent commencer le 22 mai. D’ici-la, les artistes devront connaître par chœur les paroles de leurs chansons.

FXG, à Paris

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 06:00

Patrick Karam invité des P'tits plats de Babette

Dimanche 27 avril à 11h 30, Babette de Rozieres reçoit son compatriote guadeloupéen Patrick Karam dans son émission hebdomadaire, Les P'tits plats de Babette, sur France Ô. C’est en achetant des pois rouges au marché avec Babette, pour accompagner une langue de boeuf sauce chien, que l’ancien délégué interministériel de Nicolas Sarkozy parle du nouveau Conseil représentatif des Français d’Outre-mer (CReFOM) qu’il préside depuis sa création le 31 janvier dernier. Babette renvoie ainsi l’ascenseur au patron du CReFOM qui lui offre des tulipes et la soutient dans ses combats pour la défense et la promotion de la gastronomie créole. Sans oublier que Babette est aussi membre du CReFOM.

FXG

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 07:24

Un Basse-terrien maire dans les Vosges

Jack-Brie.jpgJack Brie est un Guadeloupéen de 75 ans qui vient d’être reconduit à la tête de la petite commune de Gugney-aux-Aulx dans les Vosges. Elu une première fois à l’occasion d’une élection partielle en 2006, il est d’abord 2e adjoint au maire. En 2008, il devient maire et c’est sans surprise qu’il a été réélu lors du dernier scrutin municipal.

Jack Brie est issu d’une vieille famille guadeloupéenne établie en Basse-Terre depuis le 17e siècle. Son père est bien connu des vieux basse-terriens car c’est lui qui tenait le magasin New Session, rue du Dr Cabre. An tan Sorin, c’est là que se faisait la répartition de nourriture à cette époque de rationnement… Elève au lycée Gerville-Reache, il part ensuite dans l’Hexagone faire son service militaire dans l’aviation. C’est à ce moment-là qu’il rencontre sa première épouse une Vosgienne, native de Vincey où se trouvait l'unité de production Boussac qui l’a recruté. Il devient très vite le directeur général adjoint de la filature où il reste en poste jusqu’en 1972. Puis, il se reconvertit dans les télécommunications avant de devenir enseignant en gestion et communication commerciale dans un lycée privé et à l’IUT d’Epinal.

Il dit avoir la « fibre socialiste », transmise par son patron chez Boussac. « Pendant vingt ans, je me suis occupé du recrutement à la filature ; j’étais donc en pays de connaissance… » Ajoutée à cela son implication dans le club local de basket et dans la vie associative, c’est sans difficulté que la population de son village lui a fait confiance. Il a gardé son accent guadeloupéen et, dit-il, « J’y tiens ! » Par ailleurs, même si depuis son départ de la Guadeloupe, il n’y est retourné que trois fois, il n’a cessé de fréquenter des compatriotes dans l’Hexagone et entretenir ainsi son créole.

A Basse-Terre, où dit-il encore, « Lucette Michaux-Chevry nous connaît », il a encore sa sœur, Gina, âgée de 80 ans (ils étaient une fratrie de 7 enfants) et une cousine, Christiane Méride Gaspard. « Il y a deux ans, lors de mon dernier voyage, j’ai retrouvé des camarades du lycée. » Parmi eux, le président de l’association des amis de Cuba, Gaston Gontour, à Petit-Bourg.

Aujourd’hui, Jack Brie est devenu un vrai Vosgien. Après sa réélection, il a rendu hommage aux habitants de Gugney-aux-Aulx pour avoir confié à un originaire d'outre-mer, la gestion de leur commune. Signe du destin, le patrimoine remarquable de son village c'est l'église Saint Barthélemy. « Cela ne s'invente pas », lance-t-il avec une pointe de fierté.

FXG, à Paris

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