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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 08:00

Chamoiseau refait les contes

Chamoiseau-contes-pays-Martinik.jpgAvec Veilles et merveilles créoles, publié aux éditions du Square, l’auteur martiniquais, Patrick Chamoiseau se réempare de contes écrits naguère par lui-même, mais oubliés depuis 25 ans. En feuilletant cet ouvrage illustre par Georgia Grippo Belfi, le lecteur retrouve des personnages familiers (Nani-Rosette, Ti Jean l’horizon, la Madame Kéléman) et se replonge instantanément dans le plus pur bouillon de culture créole. « Notre conteur, écrit Patrick Chamoiseau dans son court prologue, est le délégué à la voix d’un peuple enchaîné, affamé, vivant dans la peur et les postures de la survie. » Et du flot de ses paroles émergent les animaux du bestiaire africain (la baleine, l’éléphant, la tortue, le tigre et… Compère lapin), des personnages d’influence plus européenne (Le diable, Bondié, Cétoute, Ti Jean…), et des histoires mille fois entendues dans le fin fond des mornes comme « Lapli bel anba la bay » qui inaugure ce recueil de onze contes. La langue de Chamoiseau, matinée de refrains en créole, se prête à merveille à cet imaginaire créole qui remonte à l’habitation des XVIIe et XVIIIe siècles. Ainsi, il nous narre l’histoire de cette vieille dame,  qui « vivait en chipontong » et était « la meilleure amie de la famine » (dans « Une graine de giraumon »). A la manière des griots, Chamoiseau introduit quelquefois le conte à la première personne pour mettre en scène une transmission : « J’ai vu ce conte passer aux abords de ma case… » De conte en conte, il distille une mythologie créole depuis les navires de la traite négrière (« La personne qui asséchait les cœurs ») au « négrillon en survie dans les champs des békés » (« Ti Jean l’horizon ») en passant par le nègre Yé qui « fuyait le travail du champ des békés, de leurs hautes sucreries et même de leurs moulins » (« Yé, maître de la famine »).

La faim reste très présente dans cet imaginaire où l’on croise Nani Rosette et sa « bouche douce », « l’accra de la richesse » ou encore l’oiseau Glan glan… « Le conte créole, écrit encore l’auteur, dit que « la peur est là, que chaque brin du monde est terrifiant et qu’il faut savoir vivre avec. » Si ces « contes de la survie » ont pour mission de distraire lakou, ils sont, poursuit Chamoiseau le conteur, « un mode d’apprentissage de la vie, ou plus exactement de la survie en pays colonisé », car le conteur était un esclave transmuté la nuit en maître de la parole.

FXG, à Paris

Veilles et merveilles créoles, contes du pays Martinique, édition Le Square. 16 euros.

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 09:00

Le CReFOM affirme avoir eu une écoute favorable de Hollandemartial-Karam-Dalin-Lurel-Hollande-Vizy.jpg

En allant voir hier après-midi le président de la République, accompagné du ministre des Outre-mer, le Conseil représentatif des Français d’outre-mer démontre-t-il son manque d’indépendance ? A ce mot, la délégation, composée de José Pentoscrope, Jean-Michel Martial, Daniel Dalin et de son président Patrick Karam, oppose le mot de reconnaissance. « Est-ce que ça met en cause notre indépendance d’engager un dialogue et une réflexion ? », demande M. Karam qui affirme son rôle de proposition. « Notre programme de travail a été accepté par le président de la République et nous aurons des réunions avec tous ses ministres. »

Sur la trentaine de sujets abordés, qu’ils concernent l’économie, la culture et l’audiovisuel, la continuité territoriale, la lutte contre les discriminations, Patrick Karam affirme ne pas se souvenir d’un seul sujet contre lequel le chef de l’Etat aurait opposé un non. Il doit en principe leur adresser un courrier pour le préciser.

« On a un dispositif de continuité territoriale pour les Outre-mer, on en aura un pour l’Hexagone », a affirmé M. Karam.  Pour les nominations de personnalités dans des organismes officiels, François Hollande leur a dit qu’il serait attentif aux candidatures promues par le ministre des Outre-mer, mais, ajoute Patrick Karam, « le CReFOM proposera ses listes. »

L’ « égalité réelle » a fait l’objet d’une discussion au bout de laquelle François Hollande aurait acquiescé. Il s’agit de mettre en branle un plan avec des échéances pour arriver à des « indicateurs simples ; même taux de chômage, même niveau de vie, même revenu par habitant, même taux de pauvreté que l’Hexagone… »

lurel-martial-hollande-pentoscrope-karam-dalin-vizy.jpgLe CReFOM dont le but est de faire entendre sa voix pour tous sujets relatifs aux Outre-mer a mis en garde le président de la République en lui rappelant : « L’outre-mer est un volcan et en voulant faire de petites économies (Karam a cité Bercy, siège du ministère du Budget, NDLR), parfois on se trouve obligé de lâcher beaucoup plus et ça coûte au final plus cher à l’Etat et aux territoires. » François Hollande en serait « tout à fait conscient ».

Le CReFOM, par cette démarche, est aussi, voire surtout, venu apporter son soutien sans faille au ministre des Outre-mer actuel. Celui-ci a eu bien du mal à ne pas rougir tant les éloges étaient flatteuses et la critique rare. « Le ministre rêvé pour les outre-mer », a même osé l’UMP Patrick Karam L’intéressé, justement, a voulu voir dans cette rencontre « une considération forte du président de la République pour les Français des Outre-mer ». Pour autant, Victorin Lurel a fait remarquer que l’entretien n’avait pas été complaisant mais que le président avait accepté « sur la forme et sur le fond, les propositions raisonnables de ce conseil représentatif ».

Après une heure et quart d’entretien, la délégation est ressortie pleine d’assurance : « Nous le reverrons chaque année pour faire le point sur l’avancée de nos propositions. »

En attendant, François Hollande leur a assuré de son soutien et sa participation physique au dîner annuel du CReFOM, le 20 novembre prochain. Il a aussi promis de recevoir des personnalités des outre-mer autour d’un repas préparé par la chef Babette de Rozieres pour participer à la valorisation de l’identité gastronomique des territoires.

FXG, à Paris

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 13:26

Le CReFOM reçu à l’Elysée cet après-midi

Après avoir été porté sur les fonts baptismaux par le ministre des Outre-mer le 31 janvier dernier, le Conseil représentatif des Français d’Outre-mer vient chercher l’onction présidentielle. Ce mercredi à 15 heures, une délégation du CReFOM, conduite par son président Patrick Karam, et accompagnée de Victorin Lurel, est reçue par François Hollande. Au menu de cet entretien, la feuille de route que s’est donnée l’association. En premier lieu, obtenir du président de la République qu’il participe au futur dîner annuel du CReFOM. Celui-ci aura lieu le 20 novembre, à l’occasion du congrès des maires qui attire à Paris un grand nombre d’élus d’Outre-mer. Le CReFOM compte sur leur présence mais aussi celle des « plus hautes autorités de l’Etat, des partis politiques, des corps constitués et des personnalités nationales ». Le CReFOM compte aussi demander au chef de l’Etat de parrainer « la fête des outre-mer à Paris », qui permettrait « une meilleure connaissance de l’ensemble des outre-mer à travers la variété de leurs cultures, leur savoir-faire économique et leur modèle de vivre ensemble ». Cette fete, inspirée de celle de l’Huma serait lancée le premier week-end de septembre sur la pelouse de Reuilly. 

Au menu encore, l’égalité réelle : Le CReFOM prône « un plan mesurable et programmé dans le temps assimilé à de la discrimination positive à caractère territorial [qui] doit viser à atteindre un même taux de chômage, un même revenu par habitant, un même taux de pauvreté, une même situation quant au logement et aux questions sanitaires en outre-mer que la moyenne nationale ». Ni plus ni moins que le retour aux fondamentaux originels de la loi de départementalisation de 1946 !

Sur le plan économique, le CReFOM veut « l’engagement personnel dans les arbitrages » du president de la République pour maintenir « le différentiel d’aides qui existe entre la métropole et l’Outre-mer (…) largement justifié par les handicaps structurels des Outre-mer ».

Le CReFOM plaidera pour l’élargissement de la dotation de continuité territoriale pour les situations de deuil, pour une prise en compte spécifique de certaines affections (« drépanocytose, addictions, cancers du sein ou de la prostate, contamination au chlordécone, diabète, obésité, sida... »). Meme prise en compte spécifique réclamée pour les « difficultés des jeunes ultramarins présentant une orientation sexuelle ou une identité de genre minoritaire dans les campagnes de communication et quant au logement ».

Sur le plan sportif, le CReFOM souhaite « un effort soutenu de l’action de l’Etat afin de mettre en place de véritables axes de développement favorisant un processus d’égalité des chances ».

Il sera encore question entre autres de renforcer la lutte contre les discriminations et les problèmes de prêt bancaire ou de location liés à une caution en outre-mer ou de supprimer le mot « race » dans la Constitution.

FXG, à Paris

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 06:48

L'action de la déléguée à l’Egalité des chances des Français d'Outre-mer

Sophie Elizéon a fait, vendredi dernier, le point sur son action au service des Français d’Outre-mer installés dans l’Hexagone.

Lionel-Iscayes-sophie-elizeon-Cmdt-SMA.jpgEn poste depuis dix-huit mois, la Réunionnaise Sophie Elizéon, déléguée interministérielle à l’Egalité des chances des Français des Outre-mer, est plutôt discrète si on la compare à ses deux prédécesseurs, le flamboyant Patrick Karam et le médiatique Claudy Siar. Certes, elle s’affiche auprès des GPX ultramarins, ces agents de police qui souhaitent revenir travailler dans leur territoire d’origine, des jeunes, des étudiants et des entrepreneurs ultramarins réunis en forum pour montrer leur audace (thème cher à Sophie Elizéon), elle se montre de temps à autre aux côtés du ministre des Outre-mer, mais pour le reste, elle agit loin du bruissement médiatique et, finalement, à distance du landernau ultramarin de la capitale et de son dernier avatar, le CReFOM.

« Que fait-elle contre les discriminations ? », se demandent certains de ses contempteurs. « Nous avons signé une convention, déclare-t-elle, avec le Défenseur des droit. Là, notre référent s’applique à suivre de près les dossiers que nous lui envoyons. » Au-delà de cette instance, la délégation diffuse de l’information au tissu associatif et permet à une trentaine d’associations d’acquérir une formation dispensée par les services du Défenseur des droits. Ces associations sont, entre autres, le CIFORDOM, l’AGART ou encore France d’aujourd’hui.

Sophie Elizéon a poursuivi cette année un tour de France entamé l’an passé. Elle s’est rendue en février à Rouen où vivent environ 7000 originaires d’Outre-mer (hors Mayotte) et a accompagné à Bruxelles une délégation de jeunes Mahorais. « Nous allons renouveler cette expérience avec d’autres originaires des Régions ultrapériphériques », a-t-elle annoncé vendredi 7 mars.

107 630 € de budget

Au cours de ce tour de France de l’audace, la délégation s’est choisi, via les préfets de région, des référents dans chacune des zones visitées et des thèmes de travail ont été dégagés. Ainsi, en Rhône-Alpes, un travail sur les langues régionales, dont le créole comme outil de cohésion sociale, a ete retenu. En Basse-Normandie, c’est la place des Ultramarins dans l’histoire qui a été retenue. En Midi-Pyrénées, l’accent a été mis sur l’accueil et l’hébergement. En Provence Alpes Côte d’Azur, c’est l’accompagnement pour la maîtrise du français, dans les pays de la Loire, la promotion de l’apprentissage. En Aquitaine, on a misé sur l’entreprenariat et, en Languedoc-Roussillon, un volet bourse d’emplois, bourse de stages a été ouvert avec la Chambre de commerce de Montpellier. Le tour de France doit se poursuivre avec le Nord Pas-de-Calais, l’Alsace, la Bretagne et le Limousin.

Le budget 2014 de la délégation est égal à celui de l’an passé, soit 107.630 €. 21 % servent à son fonctionnement, le reste alimente l’intervention et les subventions (30 demandes déposées contre 120 l’an dernier). Les thèmes d’intervention de la délégation sont l’accueil des nouveaux arrivants, la culture et l’histoire et l’entreprenariat. A noter que l’an dernier, la délégation a permis a deux personnes de partir en stage à Washington.

Si Sophie Elizéon a mis en avant la nomination d’un Mahorais, Faridy Attoumane comme conseiller technique chargé de la jeunesse et de l’économie sociale et solidaire, elle a omis de parler du départ de son directeur de cabinet, le Guadeloupéen José Althey dont le successeur est en voie de recrutement. Il semble que la déléguée recherche un profil de sous-préfet.

FXG, à Paris

 


« Il n’y aura pas de place pour tous les GPX »

Sophie-Elizeon.jpgInterrogée sur le dossier GPX, l’association des gardiens de la paix ultramarins en poste dans l’Hexagone, la déléguée a d’abord parlé de la nécessité, comme pour une mobilité dans l’Hexagone, de se préparer. « Certains ont échoué et sont repartis », a t-elle rappelé ajoutant que si l’on peut, dans le privé, « faire des ponts d’or a des métropolitains, il n’y a pas d’accueil prévu pour les originaires d’outre-mer ». Puis, pour la fonction publique, elle a eu cette mise en garde : « Il n’y aura pas de place pour tous les GPX. » Ceci dit, elle a annoncé la mise en place d’une formation en mobilité dans l’Hexagone pour des conseillers en insertion professionnelle venus de Mayotte et de la Réunion. Ils auront ainsi une meilleure idée de ce qui attend les jeunes qu’ils conseillent avant de les envoyer en formation dans l’Hexagone.

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 19:06

Des rhums en or

Des doubles médailles d’or pour les rhums JM (Martinique), Damoiseau (Guadeloupe) et Isautier (Réunion) au Concours général agricole 2014.Propriétaire des distilleries RHUM photo Alfred Jocksan

Le concours général agricole a récompensé comme chaque année le must des rhums des DOM. Si la Guyane n’a rien obtenu, la Martinique cartonne avec 20 médailles (six en argent pour Saint-James), la Guadeloupe suit avec sept (depuis le retour de Damoiseau apres son boycot du concours en 2009 et 2010, il aligne les medailles d'or) et la Réunion fait figure honorable avec trois médailles. Ce qui est remarquable, c’est la médaille d’argent du Réunionnais Isautier pour son rhum agricole blanc 55°, une première qui laisse penser à ses supporters qu’ils peuvent désormais rivaliser avec les rhums antillais, même s’ils ajoutent qu’il peut etre « allongé avec du soda ou du champagne, ou servir de base à un excellent cocktail ». Incorrigibles adeptes des rhums arrangés. Quand on y a goûté, on comprend pourquoi…

FXG


RHUMS AGRICOLES BLANCSHerve-Damoiseau-photo-Alfred-Jocksan--8-.jpg

Médaillés d'or : Damoiseau 50°, Damoiseau 55°, et les AOC de Martinique La Mauny 50°, Dillon 50°, JM 50°, Trois-Rivières 55°, Bally 55° (sérigraphiée).

Médaillés d'argent : Darbousier 50°, Bielle 50°, Bielle 59°, et les AOC de Martinique Clément 50°, Saint-James 55°, Isautier 55°.

RHUMS VIEUX

Dominique-de-la-Guygneraye-photo-Alfred-Jocksna--10-.jpgMédaillés d'or : Les AOC de Martinique, Depaz 9 ans Grande réserve XO, JM 1996 (15 ans), Neisson Réserve spéciale 42°, Dillon Cuvée des planteurs, HSE Black sheriff, et les rhums de Guadeloupe, Bielle vieux (5 ans, 56,5°), Darbousier hors d'âge, Reimonenq 3 ans.

Médaillés d'argent : Vieux JM XO (6 ans) ; Vieux Saint-James Excellence (4 ans) ; Rhum-Reunion-photo-Alfred-Jocksan-2.jpgVieux Saint-James 2000 (8 ans) ; Vieux Quintessence Saint-James (7 ans) ; Rhum Vieux Saint-James (15 ans), Saint-James Vieux Fleur de Canne (tous des AOC de Martinique).

Médaillés de bronze : Damoiseau 10 ans, Longueteau VS, et un AOC martiniquais, HSE Extra vieux X0 43° (8 ans)

PUNCHS

Médaillés d'or : Isautier rhum arrangé banane flambée, Isautier rhum parfumé au gingembre-citron (photo ci-contre).

Médaillés d'argent : Domaine de Séverin punch coco, Domaine de Séverin punch planteur, Madras Schrubb.


4e Challenge to the best french spirits for 2014 awards

La quatrième édition du Concours des Meilleurs Vins et Spiritueux Français en Asie a donné lieu à l’Hôtel Causeway Bay de Hong Kong, les 23 et 24 février derniers, a quelques médailles pour les rhums et punchs antillais.

Le VSOP 42° de Damoiseau a obtenu l’or. Le JM tres vieux 42°, l’argent, comme le Schrubb de Clément. Enfin, le Damoiseau 10 ans a ete récompense d’une médaille de bronze.

 


Damoiseau : la performance guadeloupéenne

Cuvee du millénaireLa distillerie guadeloupéenne du Moule représente l’excellence d’un producteur. Elle detient 53% de parts de son marché local  (quand aucun rhum de la Martinique ne detient plus de 20% de son marché) avec un plamarès sans pareil (10 medailles en 4 ans au concours agricole et un award "distillerie de l’année" décerné par les Américains, une medaille à Madrid, New York, Hong kong... Son VSOP qui a eu la medaille d’or à Hong Kong est plébiscité aux USA où les agents le trouvent exceptionnel. On lui a bien suggéré de refaire le même, "mais, précise Hervé Damoiseau, patron de la distillerie Bellevue du Moule, on ne refait pas du rhum vieux, il s’éduque et, bien sûr, bonifie en fut de chêne..."

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 07:00

Le métis de la République, le 10 mars sur France 3

Raphael-Elize.jpgEn 1996, Max Elizé raconte à Olivier Roncin, producteur de télévision, l’histoire de son oncle, Raphaël Elizé. En 2007, après le tournage du film « Cahier d’un retour au pays natal », Aimé Césaire interpelle le même Roncin : « Maintenant, tu dois faire un film sur un nègre qui n’est pas revenu »… Le 10 mars prochain, aux alentours de minuit, « La case de l’oncle doc », sur France 3, diffuse « Le métis de la République ». En 52 minutes, le réalisateur Philippe Baron raconte les 54 ans de la vie du premier maire afro-antillais de l’Hexagone, l’arrière petit-fils d’une esclave affranchie, prénommée Elise. « Un destin exemplaire et romanesque qui résonne encore aujourd’hui », estime le producteur. Mais aussi un destin tragique. Raphaël Elizé est d’abord le fils d’un fonctionnaire de Saint-Pierre qui parvient à quitter la capitale martiniquaise juste avant l’éruption de la Pelée. Il a 11 ans et l’événement provoque la mutation du père à Paris. Au lycée Buffon d’abord, puis à l’école vétérinaire de Lyon, le jeune Elizé fait partie de ces premiers Afro-antillais que les métropolitains connaissent encore si peu. Il a 22 ans quand la grande guerre le transporte sur le front de la Marne où il soigne les chevaux sous les tirs nourris de l’artillerie allemande. Il reçoit la croix de guerre. Le 11 novembre 1918 sonnent les cloches de l’armistice… Raphaël Elizé regarde la carte de France des vétérinaires. A Sablé-sur-Sarthe, petite ville aux confins du Maine et de l’Anjou, il n’y en a pas. Il s’y installe avec son épouse, Caroline Hayot, mulâtresse comme lui. Le Martiniquais croit aux valeurs de la République, à sa logique d’intégration universaliste tandis que la France exalte son rôle civilisateur dans ses colonies. C’est en faisant son boulot de vétérinaire qu’il se fait accepter par les paysans sarthois, en sauvant leurs vaches. En 1924, il entre au Parti socialiste. Après un premier échec à la mairie de Sablé en 1925, il se fait élire maire en 1929. C’est un visionnaire et un humaniste. Il construit une école, une maison du peuple, une piscine… Il se fait réélire en 1935, l’année même où il retourne en Martinique pour les fêtes du tricentenaire. L’occasion pour lui de retrouver l’un de ses frères, élu de Saint-Pierre. Mélomane, lettré, parfait germaniste et photographe, Raphaël Elizé est devenu un bourgeois de la Sarthe. En septembre 1939, il participe à la Drôle de guerre comme capitaine. Quand il revient, le 9 août 1940, la fedkommandantur trouve « insupportable de reconnaître comme maire un noir et de discuter avec lui ». Il est destitué. Il profite alors de son travail de vétérinaire, notamment pour la Kommandantur, et de ses dons en allemand pour glaner des renseignements qu’il transmet au sein du réseau Buckmaster. En 1943, il est dénoncé et arrêté, avant d’être déporté à Buchenwald. Il y trouve la mort le 9 février 1945 lors d’un bombardement allié. Deux mois auparavant, il écrivait : « Bon Dieu, qu'ils nous tuent tous, et que la terre soit débarrassée de ces sauvages. »

Après avoir vu ce documentaire, Kader Arif, ministre délégué à la mémoire combattante, déclarait : « J’ai découvert une memoire oubliée… » Son collègue de l’Agriculture, le Sarthois Stéphane Le Foll : « Il aurait du avoir une grande histoire, au lieu de quoi la mort l’a fait disparaître de nos mémoires. »

Le film laisse un sentiment de malaise, de gâchis.

FXG, à Paris

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 07:19

Photos de femmes d’Outre-merministres-et-laureats.jpg

Le ministre de l’Outre-mer a révélé, jeudi soir, les lauréats du concours de photographies Femmes d’Outre-mer, organisé à l’occasion de la journée internationale de la femme. Trois lauréats nationaux ont été honorés. Un Mahorais, Nayl-Ah, un Guadeloupéen, Cédrick Calvados et un Guyanais, Sylvain Santelli. Le concours s’est déroulé en deux phases avec une sélection dans les territoires, puis une finale nationale arbitrée par des personnalités telles que le photographe Stéphane Foenkinos, l’anthropologue Francoise Héritier ou encore la ministre George Pau-Langevin.

santelli.jpgCédrick Calvados, de Viard/Petit-Bourg, a choisi de photographier Welsia, une danseuse en recherche d’emploi qui se protège derrière ses locks. Sylvain Santelli (photo), résident de Cayenne, a trouvé le costume de Lucia, une de ses élèves bushinengués en alphabétisation si beau qu’il lui a demandé de prendre la pause. Quant a Nayl-Ah, il était au nord de la grande île quand il a croisé cette vieille agricultrice qui « ne ménageait pas sa peine pour nourrir sa famille », il a craqué sans même encore connaître les règles du concours.

Leurs œuvres sont accrochées jusqu'à l’automne sur la façade du ministère des Outre-mer côté boulevard des Invalides en compagnie des 10 autres photos présélectionnées représentant l’ensemble des territoires d’Outre-mer (Claudine Delanoy pour la Martinique, Emmanuel Blivet pour la Réunion), Hexagone compris (en l’occurrence une Réunionnaise, Leila Payet).

FXG, à ParisNayl-Ah-Mayotte.jpg

Nayl-Ah et la vieille agricultrice (Mayotte)Cedrick-Calvados.jpg

Cédrick Calvados et les locks de WelsiaMartinik-Mayotte-Nouvelle-Cal.jpg

La façade du ministère des Outre-mer côté boulevard des Invalidesphoto-Leila-Payet.jpg

La femme bleu outremer de Leila PayetLaureat-Martinique.jpg

Fanm Martinik par Claudine DelanoyLaureaT-Reunion.jpg

Reunionnaise par Emmanuel Blivet

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 08:00

Le CReFOM reçoit la candidate socialiste à la mairie de ParisHidalgo-et-CReFOM.jpg

Anne Hidalgo est venue à la rencontre du nouveau Conseil représentatif des Français d’Outre-mer, mardi matin, à Paris. La candidate favorite des sondages pour succéder à Bertrand Delanoë, s’est déclarée heureuse de « pouvoir s’appuyer sur leurs propositions, leurs initiatives, leur expertise ». La candidate s’est engagée à rencontrer ses membres dès lors qu’elle sera élue « pour mettre au point notre plan d’action à partir de leurs propositions ». Une convention devrait être d’ailleurs signée apres les élections. « Ce sera une logique de collaboration républicaine avec la ville de Paris », a indiqué le president du CReFOM, Patrick Karam. Anne hidalgo a d’ores et déjà annoncé sa participation à la cérémonie du 10 mai, place du général Catroux à Paris, devant la sculpture des chaînes brisées, hommage au premier général noir de la République, Alexandre Dumas, mais également le 23 mai, journée d’hommage aux victimes de l’esclavage. Elle a encore annoncé sa participation au dîner du CReFOM, le 20 novembre prochain. « Si je suis élue maire de Paris, la ville s’y associera. » Elle a aussi rappelé son engagement auprès du ministre des Outre-mer pour la Cite des Outre-mer dont le lieu n’a pas encore été révélé. Culture, économie, sport, insertion des jeunes ultramarins, lutte contre les discriminations ont été débattus. « Il faut des politiques concrètes et on a parlé du chemin à prendre pour cela et amplifier ce qui existe déjà » comme la délégation outre-mer de la mairie de Paris ou le centre municipal d’accueil et d’insertion. La candidate s’est dite ouverte à la creation d’un poste de conseiller outre-mer au cabinet du maire. « C’est un lien différent que nous sommes en train de mettre en place entre Paris et les Outre-mer », a déclaré le vice-président du CReFOM, Jean-Michel Martial. Comme l’un des combats du CReFOM est la visibilité et la présence d’originaires d’Outre-mer sur les listes et que la liste Hidalgo ne laisse présager qu’une seule élue, Firmine Richard, au conseil de Paris, Anne Hidalgo a simplement dit qu’elle avait veillé à ce que toutes les diversités soient représentées. « Je ne suis pas pour qu’il y ait ni de l’instrumentalisation, ni de l’affichage pour masquer ce qui se passe derrière. » Pour autant, les Ultramarins de Paris ne seront pas des Parisiens à part. Néanmoins, eu égard au fait que Paris est la première ville ultramarine de France, « ce serait dommage, selon M. Karam, qu’il n’y ait pas de prise en compte de certains particularismes », à commencer par la continuité territoriale. Pour autant, Anne Hidalgo a réaffirmé ses convictions pour que Paris ne tombe « ni dans le communautarisme, ni dans les discriminations et l’affrontement des uns et des autres en fonction de leurs origines, leur couleur de peau ou de leur sexe ».

Hidalgo-Crefom-2.jpgLe CReFOM semble avoir joué Anne Hidalgo gagnante puisqu’il n’a pas prévu de rencontrer sa challenger de l’UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet. Quoi que Patrick Karam (UMP lui aussi) s’en défende, c’est parce que la candidate de droite a déjà présenté son programme pour les ultramarins de la capitale sans avoir consulté le CReFOM. « Nous ne sommes pas une chambre d’enregistrement », a t-il asséné. Un argument fragile quand on sait que c’est un membre du CReFOM, qui plus est très proche de son président, qui a composé ce programme. « Mon rôle de président, a affirmé Karam, c’est l’Outre-mer avant les partis politiques. » C’est finalement le choix d’Anne Hidalgo de ne pas faire de programme outre-mer qui lui a facilité cette rencontre ! « Elle est venue discuter avec nous du programme que nous allons pouvoir mettre en place ensemble. C’est cette démarche participative qui nous intéresse », a conclu le président qui se dit ouvert à la discussion avec tous les candidats à l’exception de Wallerand de Saint-Just, tête de liste parisienne du Front national.

Le prochain rendez-vous du CReFOM sera à l’Elysée, avec le président de la République.

Celui d’Anne Hidalgo était sa participation au dîner d’un autre conseil représentatif le soir même, celui des institutions juives de France. Quelqu’un a parlé de communautarisme ?

FXG, à Paris

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 07:57

cover-Vicror-O.jpgVictor O sort chez Aztec Musique, Diasporas, son deuxième album, qu’il présente le 8 mars au New Morning avant d’entamer une tournée en province, en outre-mer et à l’étranger. Pour l’accompagner sur scène, Joël Jaccoulet (chef d’orchestre), Julien Belloir (guitare), Jean-Philippe Fanfant (batterie), Stéphane Castry (basse), Eric Gautier du groupe de reggae Fire Dub (saxo), Bouglie (percu) et Georges Granville (clavier). Interview.

« Il y a d’autres publics à conquérir »

Après votre dernier disque, Revolucion Caribeana, vous vous décentrez avec Diasporas…

Victor-O-1.jpgOu alors je me recentre ! J’ai fait le voyage de retour vers les Antilles, il y a dix ans… Je suis issu de la diaspora antillaise parisienne. Ce n’est pas tant l’album du retour à la diaspora, c’est qu’il y a une histoire autour des migrations et des cultures qui y sont liées que j’avais envie de raconter à travers ma propre histoire. Il y a une chanson éponyme qui n’est qu’un léger fil conducteur parce que cet album n’est pas que des histoires de diaspora. Je voulais mettre en exergue le fait qu’il y a encore un imaginaire négatif autour des histoires de diaspora. Or les diasporas sont les histoires de personnes qui construisent un monde nouveau, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud… Et l’Europe moderne aussi est une histoire de diasporas… J’ai donc voulu mettre en lumière, de manière positive à travers mon histoire, les diasporas.

Les morceaux font-ils référence à chacune de vos racines-rhizomes pour être glissantien ?

Ils font plutôt référence à mes expériences. La petite histoire est que les suites de l’album Revolucion Caribeana ont été beaucoup de voyages. J’ai eu la chance d’aller dans toute la Caraïbe donner des concerts, j’ai fait une magnifique tournée au Brésil et le Brésil est une terre de diasporas en action… Tout ça est allé dans le sens de cet imaginaire que j’ai voulu pour ce nouvel album. Je l’avais en tête depuis un moment et ces voyages l’ont affirmé. On reste dans la même diversité de style que le précédent album, mais c’est un peu plus ouvert, plus world music.

Dans Diasporas, vous faites une référence à Trust…

Quand je suis arrivé, à 11 ans, en France, j’ai fréquenté les MJC et ma première soirée, c’est super comique pour un Antillais, c’était sur Antisocial de Trust ! Et tout était résumé a ça. Ça n’était pas compartimenté dans la jeunesse alors entre les communautés.

Cinq ans entre les deux albums… Comment avez-vous travaillé ?

Je travaille toujours avec Joël Jaccoulet. Disons que je me suis plus impliqué en matière de réalisation et d’arrangements. J’ai travaillé aussi avec le groupe belge Joshua qui vient d’un univers plus pop avec une vision du mix différente. Djoum, leur mixeur a travaillé avec Bashung et a une approche différente de la nôtre, plus proche de la grande et belle variété. C’était ma volonté qu’on soit un peu dans des voies différentes des nôtres même si moi aussi je fais de la pop.

Vous renouez avec vos débuts quand vous avez composé pour Clémentine Célarié ?

Oui, ça ne m’est pas étranger. Mais dans ma musique actuelle qui est une musique créole, c’était bien d’avoir cet apport pop. C’est aussi une manière de donner du sens au sous-titre de l’album qui est In tempore conquestus parce que la base est antillaise et j’y tiens, mais il y a d’autres publics à conquérir et c’est pourquoi je propose mon nouvel espace.

Comment écrivez-vous ?

Victor-O-3.jpgJe suis un auteur d’accumulation et d’humeurs. Comme l’écriture est toujours laborieuse, il a fallu agglomérer pas mal de choses pour arriver au moment explosif. Cinq ans d’accumulation et six mois d’écriture… Le titre Diasporas raconte mon arrivée en France en 1979 avec mes parents. La chanson Tabenka, un terme trinidadien et capverdien, raconte les limbés, les peines d’amour masculines. Tabenka, c’est la folie liée à la peine d’amour. J’ai enregistré Alma Negra à Salvador de Bahia, une chanson sur Salvador de Bahia. On a enregistré les percussions avec un percu brésilien, Paulo Giron, dans une chambre d’hôtel… J’ai aussi écrit une chanson qui s’appelle Marianne. La chute du refrain est : «  Marianne est un peu noire. » Quatre couplets pour faire écho au mal qu’a la France à exprimer qu’elle est aussi un peu métissée, une réalité implacable, incontournable et irrépressible. Et puis je fais quelques clins d’œil, je parle des macaques, une référence qui n’est pas innocente. Je prends comme point de départ la phrase de Sarkozy : « La France, tu l’aimes ou tu la quittes. » Et je la reprends en faisant comme si c’était une femme. Il y a un couplet à propos des rhums ou des Roms qu’on se prend cul sec ! Les Roms sont l’alibi à toutes les peurs alors qu’en termes de société, ils sont un micro-souci en France. C’est assez inacceptable pour peu qu’on ait de l’affection pour son pays de le laisser partir dans toutes ces considérations ethnocentrées…

Vous ne le revendiquez pas, mais c’est un album engagé. Etes-vous d’accord avec ce terme ?

Disons que ca se veut paisible, mais je ne peux pas passer à côté du fait de dire des choses un peu politiques. C’est le cas avec la chanson composée avec Mike Ibrahim, No Crisis. On l’a écrite vers 2010 quand on nous serinait pour nous dire que le quidam est en crise. Une crise bancaire du fait de manipulations, de mauvaise gestion que les Etats ont essayé de rattraper après. On fait des gens les victimes d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Plutôt que de tourner ça de manière directe, on a fait une chanson métaphorique, mais sur ce thème. Ça a failli être le titre de l’album.

Propos recueillis par FXG, à Paris


Danssi Mang, un titre en bushinengué

Victor-O-2.jpgJ’ai été en résidence à Mana avec Jeff Joseph et j’ai rencontré le groupe bushinengué, New combinati. On a fait ensemble un morceau tres festif, une road song qui raconte l’arrivée d’un Martiniquais à Cayenne et qui va jusqu'à Mana. La Guyane est une terre d’espaces, d’espaces naturels, d’espace tout court, à Kourou avec Ariane, puis a Sinnamary avec Soyouz… Puis c’est Iracoubo avec son poste de douane où l’on vous dit : « Gendarmerie nationale, vos papiers ! » Le truc vraiment incongru…Et puis, il y a Mana qui est une petite ville très créole… Et nous voilà encore dans des histoires de diasporas ! On est arrivé un matin avec Joël Jaccoulet pour enregistrer dans une maison au bord du fleuve et c’était le jour du versement de la CAF. Il y avait devant la Poste une file de gens aussi divers les uns des autres… Incroyable, on aurait dit le Mexique ! On est allé au village Charvin, la section bushinenguée de Mana et là, on était en Afrique !

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 07:59

Les suspects dans l’affaire Elisor seront jugés le 16 mai prochain

Si la date du procès aux assises des deux principaux suspects du meurtre de Claudy Elisor sont fixées, la famille de la victime réclame un procès équitable avec la présence de tous les acteurs du drame survenu le soir du réveillon 2010 au Blanc-Mesnil.

Après la marche, samedi à Paris, contre les dysfonctionnements de la justice dans l’affaire Claudy Elisor, après que le ministre des Outre-mer a recu la famille Elisor et une délégation du Conseil représentatif des Français d’Outre-mer (CReFOM), mardi dernier, l’avocat de la famille Elisor, Me Bernard Benaïem, soutenu par le CReFOM, entend encore lancer des actions pour faire « bouger les choses politiquement et médiatiquement ». Christiane Taubira, qui a rappelé qu’une enquête administrative était ouverte, devrait être sollicitée à son tour pour recevoir la famille… Deux éléments sont en jeu : faire la lumière sur les conditions de la remise en liberté de la personne soupçonnée du meurtre de Claudy Elisor ; avoir, le 16 mai prochain, un procès équitable avec l’ensemble des personnes mises en cause.

Comment un simple fait divers, aussi odieux soit-il, a-t-il pu mobiliser un tel élan de solidarité et d’indignation ?  C’est d’abord l’émotion suscitée par ce qui s’est passé le 31 décembre 2010 au Blanc-Mesnil (93). Ce soir de réveillon, un père de famille Claudy Elisor décédait à la suite de coups violents portés par un groupe d’Africains qui s’étaient introduits dans une soirée privée antillaise. Une trentaine de participants avaient été menacés et frappés violemment, tandis qu’un chien de combat positionné à la sortie empêchait toute fuite. Tous les témoins ont pointé le retard des forces de l'ordre à intervenir ce fameux soir alors même qu'un dispositif particulier avait été mis en place en Seine-Saint-Denis. Puis les déclarations du ministre de l’Intérieur de l'époque qui avait déclaré que la soirée du nouvel an s'était déroulée sans incident majeur, avaient révolté la communauté antillaise. Et si moins d’une semaine après, la police interpellait cinq suspects, une enquête de l’IGS était ouverte. Ses conclusions n’ont jamais été rendues publiques et ne sauraient couvrir l’ampleur des dysfonctionnements ultérieurs de ce dossier.

Une procédure emaillee d’incidents

Dès le début de la procédure judiciaire, l’un des deux suspects arrêtés bénéficiait du statut de témoin assisté et était remis en liberté par un juge d’instruction de Bobigny. Après l’appel du parquet, le suspect était incarcéré et le juge d'instruction dessaisi. Mais le suspect était déjà parti au Sénégal. Le mandat d'arrêt international n'a pas été suivi d'effet... De retour en France deux ans plus tard, le suspect a résidé huit mois chez sa mère en région parisienne, percevant le RSA et disposant d’un téléphone portable en dépit d’un mandat d’arrêt valide. Il n’a été interpellé que plus de deux ans et demi après les faits quand il s’est présenté de lui-même à un commissariat.

Quant au principal accusé, il a été remis en liberté le 5 février 2014 à la suite d'un invraisemblable imbroglio. Sa demande de libération ayant été rejetée en juin 2013 par le juge des libertés et de la détention de Bobigny, il interjette appel le 4 juillet. Faute de décision dans les 20 jours, dès le 30 juillet, l'avocat de l'accusé dépose une demande pour faire constater la détention sans titre de son client. Le 5 août, la demande est rejetée. Les magistrats considèrent que le dysfonctionnement du 26 juin au 16 juillet du serveur informatique de télécopies du tribunal de Bobigny, attesté par le parquet, était bien « une cause insurmontable et imprévisible » ayant entraîné le dépassement des délais. Cette decision est cassée par la Cour de cassation qui renvoie l'affaire devant la cour d'appel. Celle-ci diligente une enquête pour justifier « la cause insurmontable et imprévisible ». Le procureur de la République de Bobigny, dans un courrier en date du 3 février 2014, explique qu'il s'agit en fait d'une banale rupture de stock de toner…

C’est donc libre que le principal mis en cause attend d’être juge aux assises. Avec cette question qui angoisse la famille Elisor : viendra-t-il à son procès ?

FXG, à Paris

 

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