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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 08:00

Les députés adoptent la résolution pour les « exilés de la Creuse »

Bareigts-tribune.jpgLa mémoire des enfants de la Creuse et celle de l’action publique de Michel Debré en débat au Palais-Bourbon

C’est par 124 voix pour (groupes SRC, GDR, EELV, RRDP), 14 voix contre (UMP) et l’abstention de l’UDI que la Résolution relative aux Réunionnais exilés dans les années 1960-1970 dans l’Hexagone, présentée par Ericka Bareigts et le groupe socialiste, a été adoptée hier vers 18h30 à l’Assemblée nationale.  Une fois le vote acquis, les députés et les ministres présents se sont levés et tournés vers les tribunes pour applaudir la vingtaine d’ex-pupilles venus assister à ce débat. Ex-pupilles-en-tribune.jpgTout n’avait pas bien commencé avec la prise de parole du député UMP Didier Quentin : « Le groupe UMP ne peut souscrire à des mots tels que déportation, rafle, esclavage… » S’il a rappelé « la dramatique situation » de la Réunion à l’époque, il a estimé que cette résolution faisait « le procès de Michel Debré, véritable bienfaiteur de la Réunion », provoquant des cris dans les rangs de la majorité. Didier Quentin a encore dénoncé une « volonté d’instrumentalisation et une dérive vers la repentance ». Henri Guaino, assis derrière lui, buvait du petit-lait. Philippe Foliot (UDI), élu du Tarn, département qui a accueilli 202 enfants, a rappelé la faiblesse des conditions d’accueil, mais refusé à son tour que ce débat soit « le procès de Michel Debré ». Et tout en saluant l’œuvre commémorative du sculpteur Nelson Boyer à l’aéroport de Gillot, voulue par Nassimah Dindar, il s’est demandé si cette période préélectorale était le bon moment. Là encore, la majorité a protesté sur ses bancs. Si M. Foliot a jugé un « approfondissement nécessaire » pour cette résolution, il a conclu en prônant l’abstention de son groupe : « « Une mémoire collective se construit progressivement. » FM Lambert tribuneFrançois-Michel Lambert (EELV) a apporté le soutien de son groupe. Un soutien à la résolution qu’il aurait voulu voir aller plus loin : «  L’Etat français leur a volé leur enfance, c’est à l’Etat qu’il appartient de porter le poids de sa responsabilité. » Ary Chalus, pour le groupe RRDP, est venu apporter le soutien de Thierry Robert. Il a évoqué le « consentement vicié des familles » et une « odieuse politique migratoire comparable à l’esclavage colonial ».

Mais c’est sans doute l’intervention d’Huguette Bello (GDR) qui a soulevé le plus d’enthousiasme dans l’hémicycle : « Pourquoi a-t-il fallu qu’on mêle à cette entreprise migratoire des enfants ? Pourquoi leur a-t-on menti en leur promettant des vacances au pays, des études, un métier ? C’est à la Nation toute entière que nous demandons d’offrir toute la solennité nécessaire à la reconnaissance de cette prise d’otage ! Ce qui leur a été pris ne pourra jamais leur être rendu. » Un tonnerre d’applaudissement s’ensuit, même sur les bancs de l’UDI... Au pied de la tribune, Ericka Bareigts prend les mains de sa collègue Huguette Bello…

Bareigts-et-Bello.jpgL’intervention du maire de Guéret et député de la Creuse, Michel Vernier (SRC), a fait aussi forte impression lorsqu’il a remercié ces ex-pupilles pour ce qu’ils ont apporté à son departement : « Un petit air de la Réunion vit en Creuse désormais et nous voulons que cette mémoire ne s’éteigne jamais. » Puis, il a rendu hommage à un ancien ministre assis sur les bancs socialistes, Henri Emmanuelli, celui qui a mis fin au BUMIDOM en 1982…

Avant le discours final de la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, et l’explication de vote de Monique Orphé, le ministre des Outre-mer a répondu à Didier Quentin en lui affirmant que cette résolution n’était pas le procès de Michel Debré, quoique celui-ci restât « redevable d’un critique historique de son action publique ».

Le texte adopté vise à la diffusion et l’approfondissement de cette histoire des 1630 enfants réunionnais déplacés dans 64 départements français ruraux entre 1963 et 1980 et qu’il soit tout mis en œuvre pour permettre aux ex-pupilles de pouvoir reconstituer leur histoire.

A noter que le débat a été suivi par un media iranien qui doit se goberger de cet épisode de l’histoire de la patrie des Droits de l’Homme.

FXG, à Paris


ITW Valérie Andanson alias Marie Germaine Périgone, Réunionnaise exilée

« A 16 ans je suis tombée sur un document qui prouvait mon adoption »

Valerie-Andanson.jpgQue siginifie pour vous cette résolution ?

J’espere que cette résolution va ouvrir quelques portes et que notre histoire va entrer dans celle de la France, va  être étudiée sur le plan de l’Education nationale et que, par la suite, on va pouvoir aussi aider les victimes qui sont encore en métropole et qui n’ont jamais vu leur île natale, un rêve qu’ils ne peuvent toujours pas réaliser aujourd’hui, faute de moyens. Et puis, pour les victimes qui souffrent encore et qui le souhaitent, qu’elles puissent bénéficier de soins psychologiques.

Vous-même avez attendu 40 ans pour revoir votre île et votre famille ?

Je suis partie à l’age de 3 ans, en 1966, et je suis restée 40 ans en Creuse. J’ai pu revenir à la Réunion depuis neuf ans et je suis à la recherche de mes racines.Je n’ai pas les réponses à toutes mes questions. C’est un secret d’Etat, des mensonges… On nous cache beaucoup de choses. Personnellement, je suis née a deux endroits. Civilement, je suis née en Creuse alors qu’en réalité, je suis née a la Réunion… Il y a une magouille là-dessous ! La loi française interdit ce genre de chose.

A quel moment avez-vous pris conscience de votre situation ?

Nous étions six à partir dans la famille. Arrivés en Creuse, nous avons tous été séparés. Je me suis retrouvée à l’hôpital car je souffrais de malnutrition, puis je suis tombée dans une famille d’accueil où j’ai été maltraitée pendant quatre ans. Par la suite, j’ai été adoptée par une famille formidable où j’ai pu avoir de l’amour et de l’éducation. Par contre, ma famille m’a toujours caché mes origines et c’est à l’âge de 16 ans que je suis tombée sur un document qui me prouvait mon adoption. Là, j’ai fait mes recherches, j’ai retrouvé mes deux frères, mes trois sœurs et ça a été la douche froide.

Propos recueillis par FXG, à Paris


Des « cobayes » martiniquaisGermain-Helene-et-Henri-Gregoire.jpg

Michèle, Henri, Hélène, Germain et Guy Grégoire sont Martiniquais, originaires de Fort-de-France et ont été les précurseurs des Réunionnais de la Creuse. Leur calvaire a démarré le 27 février 1956 à bord du Colombie. Après le divorce de leurs parents, les garçons sont arrachés à leur mère et envoyés dans l’Hexagone, à Tarbes. Si le plus jeune Henri, qui n’a que 4 ans, a été envoyé chez une tante et un oncle, ses frères sont placés en orphelinat. « A cause du regard de l’Institution », commente sobrement Henri quand on lui demande pourquoi… Quatre ans plus tard, le 5 novembre 1960, les deux filles sont rapprochées de leur frère Henri. « J’ai fait de telles crises pour voir mes sœurs, raconte Henri, que je les ai récupérées… » Henri a été privilégié en restant près de son oncle et sa tante qui lui donnent beaucoup d’amour, mais il a toujours été séparés de ses frères et de sa sœur Hélène qui sont restés en institution. « On a été des cobayes, sourit amèrement Henri. On a testé le truc pour les Réunionnais. » Henri et les siens n’ont revu leur mère que quarante ans plus tard, six mois avant son décès. Henri a aujourd’hui plus de 60 ans et se considère désormais comme un Antillais Pyrhénéen. Le vote de cette resolution signifie pour lui comme pour Hélène et Germain, venus assister au débat parlementaire, une reconnaissance de la frustration qu’ils ont pu vivre et des dépressions qu’ils ont pu avoir tous autant qu’ils sont. « Ca nous a marqué, ça nous a vraiment fait souffrir. »

FXG, à Paris


ITW Germain Grégoire, exilé martiniquais

« On a volé mon enfance, ma mère, l’amour »

Germain-Gregoire.jpgQu’est-il advenu de vous et de votre frère Guy une fois débarqués dans l’Hexagone ?

J’avais huit ans quand on nous a placé à l’orphelinat. Le premier que nous avons fait est l’orphelinat de Lamont, ensuite, on nous a mis dans un orphelinat du Pays Basque à Audaux entre Navarrenx et Orthez, ensuite, mon frère est revenu à Lamont et moi à l’orphelinat du Sacré-Cœur à Lourdes et cela jusqu’en 1960.

Avez-vous compris pourquoi on vous avait enlevé à vos parents ?

Non. Je n’ai toujours pas compris…

Voyiez-vous votre petit frère chez l‘oncle et la tante ?

Quand j’étais enfant, je pouvais le voir pendant les vacances… Plus tard, quand je suis rentré dans la marine marchande, quand j’étais à terre, je venais les voir de temps en temps.

Vous avez pu revoir votre mère comme Henri, votre frère ?

Je l’ai revue six mois avant sa mort. Notre père, nous l’avons revu une fois en novembre 1956 quand après son opération de l’oeil qu’il avait subie à Paris, il est reparti en Martinique. On nous a mené le voir sur le quai de la gare et je ne le reconnaissais pas parce que j’étais encore sous l’effet de la drogue. Ça a duré très longtemps ce traitement car ils ont fait de sorte de nous faire perdre la memoire… C’était un lavage de cerveau, tout le temps… J’ai pu retourner en Martinique en 1990 voir maman qui était malade. Guy était revenu depuis 1986, il était aussi malade…J’ai assisté au décès de ma mère le 22 juin et à celui de mon frère le 24 juin.

Que s’est-il passé après 1960 ?

En 1962, j’ai été placé dans un château près de Tarbes où je faisais le paysan, puis j’ai été placé dans une boulangerie… Mon frère aîné et moi voulions repartir à tout prix au pays. Mais il fallait de l’argent pour fuguer. Quand je travaillais chez un patron, je lui volais dix francs par dix francs et quand je suis arrivé à avoir 400 francs dans les poches, je me suis acheté une mobylette et j’ai dit a mon frère que nous pouvions enfin partir. Nous voulions reprendre le bateau en passager clandestin. Nous voulions rentrer chez nous… Malheureusement, on nous a rattrapés et on nous a mis en maison de correction, puis dans un foyer à Bordeaux.

Comment avez-vous tenu le coup ?

Je me suis fait une bulle autour de moi pour tout mémoriser et je suis resté dans cette bulle, J’y suis resté toute ma vie.

Savez-vous encore parler créole ?

Quand je suis arrivé en France, la première chose qu’on nous a dite, c’est : « Ici, on parle français. » Je ne parle plus le créole… Et on nous interdisait de fréquenter des Martiniquais.

Que ressentez-vous aujourd’hui, de l’amertume ?

Oui. J’ai une souffrance que je n’arrive pas à faire partir. Vous savez… C’est affreux.

On vous a volé votre vie ?

Oui… Mon enfance ! Ma mère ! L’amour ! Je ne sais pas si j’ai su donner l’amour à mes enfants… Excusez-moi (Il pleure).

Propos recueillis par FXG, à Paris

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 07:16

Une résolution de l’Assemblée nationale pour les Réunionnais de la Creuse

Bareigts-Parisien.jpgLe groupe socialiste de l’Assemblée nationale va demander mardi à ce que la connaissance historique de l’affaire des Réunionnais de la Creuses soit « approfondie et diffusée ». Ericka Bareigts qui est à l’origine de cette résolution qui sera soumise au vote des Parlementaires, considère que « l’État a manqué à sa responsabilité morale envers ces pupilles, et demande à ce que tout soit mis en oeuvre pour permettre aux ex-pupilles de reconstituer leur histoire personnelle ». C’est une mesure symbolique qui ne cherche pas de réparations financières, mais qui a pour elle de tenter de porter à la connaissance du plus grand nombre, cette politique migratoire dont furent victimes des enfants réunionnais entre 1960 et 1982. Arrachés à leurs familles, souvent pauvres, ces enfants ont été confiés dans des institutions de type orphelinat dans les régions rurales de la Creuse ou de la Lozère. Toute relation, même épistolaire, avec leurs familles d’origine avait été proscrite, avec les déchirures et déstructurations mentales que l’on peut imaginer et dont nombre de ces enfants devenus adultes continuent de témoigner.

Quoique dès 1968, la DDAS de la Creuse ait demande un arrêt du programme « en raison des difficultés d’adaptation des jeunes réunionnais » ; quoique, en 1972, le préfet de Lozère ait souligne que « les pupilles positionnés par l’administration l’ont été sur des secteurs économiques obérant leurs chances d’insertion professionnelle, plaçant le programme en échec patent vis-à-vis de ses objectifs affichés » ; enfin quoique, en 1975, le directeur général de la santé s’étonnât auprès du préfet de La Réunion que l’on entende « solutionner le problème démographique réunionnais via la migration de quelques centaines d’enfants », il faudra attendre un rapport de l’inspection générale des affaires sociales, rendu en octobre 2002, à la demande d’Elizabeth Guigou, ministre de l’Emploi et de la Solidarité, et la dissolution du BUMIDOM pour voir enfin cesser cette déportation d’enfants dans l’Hexagone.

L’opération lancée par la députée réunionnaise a déjà fait mouche, puisque le quotidien Le Parisien dans son édition du dimanche 16 fevrier, y consacre un grand papier.

La résolution sera examinée et débattue ce mardi apres la séance de questions au gouvernement.

FXG, à Paris

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 08:00

22e Casino de Paris pour Jean-Yves Ruppert

Pour l’humoriste Jean-Yves Ruppert, « le monde ne serait pas de taille ». Et pour cause, sa couveuse martiniquaise était trop petite pour lui… A peine venu au monde, il a reçu une « sacrée fessée éducative » d’une sage-femme qui lui a ordonné de pleurer. Tête de mûle, Jean-Yves a refusé, mais seulement quelques instants. C’est avec ce recit de sa naissance que débute le nouveau spectacle de Jean-Yves Ruppert, les 22 et 23 février 2014 au Casino de Paris, « Ses souvenirs ».

Jean-Yves se vouvoit avec son accent créole, pour montrer son autre conception du monde. Bête de scène, il décrit ses personnages (sa femme, son producteur, son gps, et sa belle-mère) dans des scènes d’un quotidien irréel, et plein de derision.

La narration de sa vie n’est qu’une excuse pour s’en refaire une deuxième…  Ou plutot pour faire son 22e Casino de Paris (et un Zenith en 2010) !

« Ses souvenirs » est un spectacle pour un public intergénérationnel produit par Miel Productions

FXG, à Paris

Billets disponibles dans tous les points de vente tels que Fnac, Carrefour, Virgin, Auchant Leclerc, Cora et internet.

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 06:49

Carburants

Lurel annonce des baisses de 3 à 8 centimes dans les DOM

Lurel ElyseeLa préparation des arrêtés de méthodes puis des arrêtés préfectoraux a été plus longue que prévue. Ils ne sortent que ce samedi. Comment expliquez-vous ce retard ?

La date du 1er janvier pour la publication des décrets a été tenue et les arrêtés interministériels ont bien été signés un mois après, conformément au calendrier annoncé. Certes, cela a été fait le mercredi 5 février et non le lundi 3 comme cela était initialement prévu. Mais la réforme a été bouclée dans les délais. Un décalage de 48 heures n’est pas un retard à ce stade. Je trouve même que nous sommes allés assez vite par rapport aux rumeurs de report qu’entretenaient ceux qui voulaient enterrer la réforme.

Quels vont être les effets concrets de la réforme ?

La réforme entraîne à court terme une baisse des prix, variable selon les carburants et les départements. En comparant les prix calculés avant et après réforme en février, la baisse au litre est de 8 centimes à Mayotte sur les deux carburants, de 3,8 cts sur le gazole et 3,4 centimes sur le super en Guadeloupe, et 3 centimes en Martinique et en Guyane. La réforme ne s’appliquera qu’en mai à la Réunion à cause du délai accordé à la SRPP pour faire la séparation comptable du monopole. Je ne peux pas confirmer les chiffres qui circulent ça et là, mais il y aura bien une baisse même si elle sera nécessairement plus limitée, car le monopole y joue un moins grand rôle que la SARA aux Antilles et des efforts de transparence y avaient déjà été enregistrés dans le passé.

Cela est-il satisfaisant par rapport à vos ambitions initiales ?

Ce qui est significatif, c’est que le différentiel permanent entre les prix hors taxes des carburants en France hexagonale et dans les DOM avait tendance à se creuser ces dernières années pour atteindre 30%. Nous le réduisons pour arriver a une baisse a la pompe de 5 centimes sur le gazole en Guadeloupe et en Guyane, et de 3 centimes en Martinique. A Mayotte, la baisse à la pompe est de 5 centimes pour le gazole et 6 centimes pour le sans plomb, car le gel des prix décidé en 2013 avait préempté une partie de la baisse structurelle de 8 centimes. Au total, nous allons rendre cette année 23 millions d’euros aux consommateurs des Antilles et de Guyane et 4 millions à ceux de Mayotte.

Ces économies n’étaient-elles pas possible avec le précédent décret ?

Ces 27 millions auraient pu être économisés dès 2011 si la réglementation issue des décrets Penchard avait été plus sévère et les marges plus transparentes. C’est la première fois que le secteur pétrolier verra ses profits baisser après un contrôle de ses coûts et de ses marges. En 2010, l’Etat avait fait un chèque d’environ 100 millions d’euros aux pétroliers pour indemniser leur perte de bénéfices après les mouvements sociaux de 2009, aujourd’hui, ce sont les pétroliers qui, en quelque sorte, font un chèque de 27 millions d’euros aux consommateurs.

Lorsqu’on répartit ces millions sur des centaines de milliers d’automobilistes, on a un gain de 60 € ou tout au plus 70 € par an pour les gros consommateurs. Est-ce suffisant ?

Les sombres prédictions entendues au sortir des réunions de concertation avec les acteurs de la profession et tout au long des grèves déclenchées dans les territoires affirmaient non seulement que la réforme ne devait pas faire baisser les prix, qu’elle devait même les augmenter ! Aujourd’hui, il est démontré que les baisses sont bien là et qu’elles sont même massives à Mayotte, comme je l’avais annoncé. Pour ceux qui font deux pleins de gazole par semaine, on sera plutôt à 100 € en Guadeloupe. Mais même en prenant vos chiffres, faire la fine bouche sur 60 € est une réaction de nanti. Lorsque les syndicats de salariés demandent un coup de pouce de 0,5% pour le SMIC, on parle de 60€ ou 70€ par an, l’équivalent d’un ou deux mois d’abonnement téléphonique ou d’un mois d’électricité. Je suis sûr que les gens modestes apprécieront cet effort de lutte contre la vie chère, tout comme les petits artisans dont le véhicule est un outil de travail qui pèse lourd dans leurs charges.

Peut-on espérer un effet à plus long terme ?

La réforme aura aussi un effet à moyen et long terme. La population sait désormais qu’on peut mieux réguler et elle n’acceptera pas de retour en arrière sur la transparence du secteur pétrolier. Depuis le début, mon principal objectif est que la population puisse avoir confiance dans le calcul des prix. Pour cela il faut qu’elle sache que l’Etat protège l’intérêt général. Certes les prix pourront fluctuer, à la hausse comme à la baisse, en fonction des cours du brut et de la parité du dollar, mais les marges resteront stables et bien surveillées.

Vous avez maintenu les accords interprofessionnels pétroliers alors que vous prétendez que c’est une source d’abus ?

Les AIP ont été supprimés en Guadeloupe en août 2013 et il n’y en a jamais eu à la Réunion. Les arrêtés de méthodes prévoient une mesure transitoire pour la Martinique et la Guyane, pour laisser aller à leur terme des accords antérieurs à la réforme et en cours d’application. C’est un choix politique de ne pas remettre en cause des dispositifs acceptés par les précédents gouvernements, aussi critiquables soient-ils. Si les arrêtés n’empêchent pas la conclusion d’accords de fin de gérance, ceux-ci seront soumis aux observatoires des prix, des revenus et des marges et à l’agrément des préfets. Cela signifie, en clair, que les accords « tropicalisés », pour reprendre le mot d’un responsable syndical, ont vécus.

Comment avez-vous vécu l’opposition violente du secteur pétrolier à cette réforme ? Avez-vous mis votre démission sur la table, comme certains le disent ?

Je ne suis jamais dans le registre du chantage mais dans celui de la responsabilité et du respect des engagements pris. L’idée de reculer sur ce dossier ne m’a jamais traversé l’esprit, même si je dois dire que j’ai été surpris par la détermination, l’agressivité, des groupes de pression. J’ai été également étonné par l’union sacrée de la profession pour défendre les intérêts financiers des pétroliers. Je suis persuadé que sans cette agitation bien organisée on aurait fait encore mieux. Mais la défense du consommateur n’est pas le souci principal de cette profession. La baisse de plusieurs  centimes qui a été obtenue - et 8 centimes à Mayotte ce n’est pas rien ! - a été une rude bataille qui a été gagnée grâce au soutien des parlementaires ultramarins, de l’opinion publique qui s’est exprimée comme rarement auparavant, et du Premier ministre. Jean-Marc Ayrault a tout de suite compris l’enjeu politique de ce dossier. La lutte contre la vie chère touche nécessairement à des intérêts économiques anciens et bien établis en outre-mer. Les remettre en cause est un combat qui se gagnera sur la durée et il faut savoir engranger chaque progrès quand il se présente, car chaque progrès est difficile à obtenir.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 09:00

Les députés adoptent un plan de prévention des ruptures d’approvisionnement en carburant

serville.jpgLe projet de loi relatif à l’artisanat, au commerce et aux très petites entreprises qui sera voté le 18 février a donné l’occasion à 13 députés d’Outre-mer de faire adopter un article additionnel après l’article 29. Il garantit, « en cas de rupture volontaire d’approvisionnement, la livraison de produits pétroliers pour au moins un quart des détaillants de son réseau de distribution ». Le plan désigne nommément les stations et leur répartition dans chaque DOM « afin d’assurer au mieux les besoins de la population et de l’activité économique ». Le plan exclut les ruptures d’approvisionnement dues à des grèves des salariés ou des circonstances exceptionnelles. C’est le préfet qui est compétent pour activer ce plan de prévention.

Cet amendement fait suite à la récente crise qui a agité les DOM lors de la concertation autour de la réforme du prix des carburants voulue par le ministre Lurel, provoquant d’une part la fermeture des stations-service dans les cinq DOM ou le refus de livraison des stations par les grossistes.

Ce texte vise, selon Gabriel Serville, qui l’a défendu avec Ibrahim Aboubacar jeudi soir, à compléter le dispositif d’obligation de constituer des stocks stratégiques représentant deux mois de consommation, « en s’assurant que les carburants arrivent de manière effective jusqu’aux stations-service ».

Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, a donné un avis « très favorable » pour ce qu’elle a appelé un « symbole de la mobilisation parlementaire qui traduit une exaspération croissante de la population et des entreprises face aux ruptures régulières de l’approvisionnement en carburant ».

FXG, à Paris


Les 13 signataires de l’amendement

Gabriel Serville (GDR, Guyane), Ibrahim Aboubacar, Boinali Saïd (SRC, Mayotte), Jean-Claude Fruteau, Patrick Lebreton, Jean-Jacques Vlody, Monique Orphé (SRC, Réunion), Chantal Berthelot (SRC, Guyane), Gabrielle Louis-Carabin, Eric Jalton (SRC, Guadeloupe), Annick Girardin (RRDP, Saint-Pierre et Miquelon), Napole Polutélé (SRC, Wallis et Futuna) et Bruno Nestor Azerot (GDR, Martinique).

Les députés UDI de la Polynésie n’ont pu cosigner le texte, mais ils l’ont soutenu, a indiqué en séance M. Serville.

 


Il a dit

Ibrahim Aboubacar, SRC, Mayotte

Aboubacar.jpg« L’outil que nous inscrivons dans la loi a déjà été utilisé à Mayotte. Le préfet a pris, en dehors de toute base législative sûre, un arrêté de réquisition générale de toutes les stations-service. Si cet arrêté avait été attaqué devant le tribunal, il aurait été annulé. Nous nous dotons donc d’un outil supplémentaire qui nous permettra de poursuivre la lutte contre la vie chère… »

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 08:09

Barrington Levy, James Taylor et E.sy Kennenga, têtes d’affiche du prochain Terre de blues

Flavia-Coelho-etait-presente-a-la-conf-de-presentation-pari.jpgG’ny, la Guadeloupéenne, Angélique Kidjo, la Béninoise et Barrington Levy, le Jamaïcain seront sur la scène de l’habitation Murat, à Marie-Galante, le samedi 7 juin. Flavia Coelho, la Brésilienne (photo), Tito Puente junior et Marlow Rosado, les Porto-Ricains, et James JT Taylor, l’Américain, y seront le dimanche 8 juin. Jean Jean Roosevelt, l’Haïtien, Kenny Neal, autre Américain, et E.sy Kennenga, le Martiniquais clôtureront le festival, le 9 juin, sur la scène du port de Grand-Bourg.

Harry Selbonne, président de la communauté de communes de Marie-Galante, et François Cléonis, président de l’office du tourisme de la galette, ont dévoilé hier à Paris le programme de la prochaine édition du festival Terre de blues. Alphonse Siroy le parrainLe parrain a déjà été choisi, c’est Alphonse Siroy, dit Paulo, président de l’Union vélocipédique de Marie-galante (photo). Le grand événement marie-galantais du week-end de la pentecôte a su, en quinze éditions, se faire une place dans l’agenda guadeloupéen et même caribéen. « L’hôtel du levant sur le morne de Capesterre est déjà complet pour la période du 6 au 9 juin », prévient Harry Selbonne. L’an dernier, la scène de Murat a rassemblé jusqu'à 14 000 personnes le dernier dimanche, « selon les Renseignements generaux », précise le président Selbonne qui rappelle que l’île a 11 483 habitants. Du 16 au 21 mai 2013, l’Express des îles a comptabilisé 14 765 passagers, soit une augmentation de 18 % par rapport a 2012. Francois Cleonis Harry Selbonne-copie-1Un événement donc pour la galette dont nombre de ses habitants savent en tirer des avantages économiques. « Les petits vendeurs de sachets de canne à sucre ont fait des chiffres d’affaires de 2 à 3000 euros », assure M. Selbonne tandis que les locations d’hébergement permettent aux bailleurs de réaliser dans cette période 20 % de leur chiffre annuel ! Sans compter le travail que cela procure sur place pour le montage et démontage des scènes : 60 emplois. Avec le temps, les Marie-Galantais ont su se professionnaliser. « Et ca démarre à l’heure, précise encore M. Selbonne, car après, il y a encore les afters. » C’est le côté off du festival avec la participation des établissements locaux, comme Chez Henri à Saint-Louis.

Le budget de Terre de blues est de 800 000 euros. Le Conseil general en met 15 000, la Région, 30 000, la communauté de communes, 331 000, la direction des affaires culturelles, 16 000 et l’Europe, via le FEDER, 408 000 euros.

Pour la sécurité, un renfort de gendarmes porte leur effectif à 18. En quinze ans d’existence, l’organisation affirme n’avoir déploré aucun incident sérieux.

FXG, à Paris

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 16:00

Les damnés de la terre au théâtre parisien du Tarmac

Le Théâtre du Tarmac, scène internationale francophone de Paris, a commandé la piece au metteur en scène Jacques Allaire. Il l’a composée à partir des écrits de Frantz Fanon. Diffusion dimanche à 23h50 sur France Ô dans Multiscenik

Damnes-de-la-terre-nuit-profonde-Laurence-Leblanc.jpgDes hommes et des femmes, nus ou presque, noirs ou noircis, en cage au fond de la scène. Un couple sort des cages et s’avance vers le proscenium. De la musique classique emplit la salle sous des arbres à l’envers. Une femme lance : « Je ne peux pas tirer sur des blancs. » L’homme lui répond : « Ils vont se gêner eux. » « « Sale nègre ! », crie un autre comedien sorti à son tour de sa cage… Ainsi démarre « Depuis la nuit profonde d’où je viens »,  le premier tableau de la pièce de théâtre, Les Damnés de la terre, mise en scène par Jacques Allaire.

Monter les textes de Fanon au théâtre en sortant de l’exercice pénible des lectures d’extraits, c’est la gageure que vient de réussir Jacques Allaire. LesDamnesdelaterre-celle-qui-disparaitcLaurenceLeblancVU-.jpgCette pièce, qu’il aurait volontiers dédiée à Christiane Taubira, expose le projet de Frantz Fanon qui, prenant l’œuvre de Césaire tel un manuel pratique, n’envisage rien d’autre que la réalisation totale de l’homme. Le Martiniquais a pris la nationalité algérienne avant même l’indépendance. « Mais en faisant ca, explique Jacques Allaire, il réalise l’acte politique le plus important puisqu’il réalise la totalité de son être, ce dont Césaire l’enviera toute sa vie, même si l’admiration est réciproque. » Césaire est présent en permanence dans la pièce : « Le beau nègre vous emmerde » ; « Politiser, c’est éveiller l’esprit »… Et surtout des morceaux du poème « Et les chiens se taisaient ». « C’est le poème de Césaire, poursuit le metteur en scène, qui produit le projet du peuple algérien, le projet de l’humanité. »

Dessins et polyphonie

Le-ventre-chirurgical.jpgPour mettre en scène, en volume, la pensée de Fanon, pour en faire du théâtre, Jacques Allaire travaille selon la méthode polyphonique. Il tire de la pensée fanonienne toutes ses lignes obsessionnelles et les divise en autant de figures. Elles ne sont pas des personnages. Allaire les appelle des « damnés ». Ils sont « celle qui ne peut pas », « celui qui pleure », « celui qui est en colère », « celui qui veut etre un homme », « celle qui disparaît » (dont Allaire va jusqu'à masquer le corps et faire disparaître le visage)… « Fanon travaille, explique-t-il, en permanence les différents niveaux de parole, il ne met pas de guillemets. Quand il dit « sale nègre », on ne sait pas qui parle. Puis, il dit : « Les Juifs n’ont pas de problème » et l’on ne sait toujours pas qui parle… Chacun incarne toutes les lignes de pensée depuis lesquelles son projet va se constituer. »

LesDamnesdelaterreventre-chirurgicalcLaurenceLeblancVU-.jpgCe sont ces damnés qui portent le spectacle. Ils ne sont ni médecins, ni malades, ni militaires, ni tortionnaires, ni torturés… « Ces damnés reproduisent, pour pouvoir comprendre leur propre histoire, les différents moments qu’ils ont traversés. Ça tombe très bien puisque Fanon refusait la posture objective du médecin. De toute façon, il refusait toute posture objective. Dès que quelqu’un commence une phrase par « objectivement », c’est son ennemi. »

Lacoste-et-son-armee.jpgAllaire a d’abord lu Fanon, puis il a intégralement dessiné des scènes, sans avoir écrit une ligne, environ 50 planches. « Je n’ai pas dessiné un spectacle, j’ai dessiné ce qui me passait par la tête après avoir lu… » Il a ensuite relu et cherché ses dessins dans le texte de Fanon avec un objectif : que veut dire ce qu’il a dessiné ? Puis, il a écrit sur ses dessins une phrase, une citation qui deviendra le titre d’un des sept tableaux du spectacle. A partir de ces sept tableaux, Allaire a composé le texte, restituant ainsi la pensée physique de Fanon, sa pensée mise en action, c’est-à-dire du théâtre. « Mon intention est politique, assène Allaire. Je suis un être politique et le théâtre n’est que politique. »

FXG, à Paris

Photos : JA et Florence Leblanc/VU


Les Damnés en sept tableauxLes-Damnes-de-la-Terre-Monde-coupe-en-deux-c--JA.jpg

Le premier tableau s’intitule : « Depuis la nuit profonde d’où je viens ». C’est le drame français qui n’offre qu’un destin au Noir et « ce destin est blanc ». « On se trompait », hurle celui qui est en colère, voulant empêcher les autres de se blanchir… C’est alors « Le monde coupé en deux », deuxième tableau. Sur un air du groupe Los Indios trabaja, Maria Elena, dans un ballet d’esclaves nus, les damnés balaient la terre noire à la façon des sauniers, le sel blanc. Surgit alors l’armée des morts, peaux noires, masques blancs, robes blanches et vestes militaires… C’est le tableau brechtien de « L’armée du général Lacoste ». Les tortionnaires usent de penthotal et de la gégène. « L’Algérie n’est pas une nation », hurle la figure du gouverneur général Lacoste. Troisième tableau, à l’hôpital d’Alger où sévit le Pr. Porot de sinistre memoire, le psychiatre qui dénie toute intelligence supérieure au Nord-africain. qui-suis-je-en-realite.jpgC’est « Le ventre chirurgical » ou « Le malade imaginaire ».  Puis, une mélodie, Plaisir d’amour, monte d’un vieux phono. Les damnés font état des troubles psychiatriques des tortionnaires comme des torturés. C’est le tableau « Qui suis-je en réalité ? ». La scène, hôpital dévasté, se transforme alors en salle de classe de la guérilla, c’est l’école révolutionnaire du FLN et le tableau « Tout reprendre, tout repenser » qui annonce le final avec « L’humanité illimitée » et l’envol des damnés vers le ciel.


Ecole-de-la-guerilla.jpghttp://www.letarmac.fr/la-saison/spectacles/p_s-les-damnes-de-la-terre/spectacle-47/

Les damnés de la terre, du 5 novembre au 6 decembre au Tarmac, 159 avenue Gambetta, Paris 20e

Avec Amine Adjina, Mohand Azzoug, Mounira Barbouch, Jean-Pierre Baro, Criss Niangouna, Lamya Regragui

Samedi 16 novembre dès 11heures, journée à la découverte de Frantz Fanon

Les damnés de la terreen tournée :

30 janvier au Théâtre Jacques-Cœur, Théâtre des treize vents à Lattes (34)

11 février à L’Estive, scène nationale de Foix et de l’Ariège

13 février au Théâtre des Trois-Ponts – Castelnaudary (31)

11 et 12 mars au Théâtre du Beauvaisis – Beauvais (60)

Du 18 au 21 mars au Théâtre Jean-Vilar à Montpellier (34)

En cours de programmation au Manège, Mons (Belgique), scène tranfrontalière de création et de diffusion… En attendant un programmateur aux Antilles…L-humanite-illimitee.jpgL'humanite illimitee

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 08:00

Commémoration des 70 ans du débarquement allié

Un village français honore un Martiniquais

Inauguration-Rond-Point-William-Palcy-2.jpgDepuis samedi 8 février, le petit village d’Alénya, situé entre Perpignan et Saint-Cyprien Plage dans les Pyrénées-Orientales, honore un Martiniquais, William Palcy. Son fils, Désiré, a choisi cette petite commune de 3200 âmes pour y couler une retraite tranquille. C’est son ami Joachim Botté, représentant local de l’association des Anciens Combattants Prisonniers de Guerre – Combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc (ACPG-CATM), qui a convaincu le maire communiste d’Alénya, Michel Pumaréda, du parcours exemplaire du sergent William Palcy. Désormais un rond-point dans le nouveau quartier de la Llosa, porte son nom. Sous un olivier multicentenaire, on peut lire : « Rond-point William Palcy, Compagnon de la Libération 1905-1967. » Rond-Point-William-Palcy---Famille-Palcy--Alenya-8-fervier.jpgIls ne sont que trois Martiniquais à  avoir été faits Compagnons de Libération par le Général De Gaulle. Le premier est Louis Claude des Anses d’Arlet, engagé dès le 28 juin 1940 dans la « Légion française De Gaulle », ainsi que les Britanniques désignaient les Forces Françaises Libres. Deux jours plus tard,, deux autres militaires martiniquais s'enrôlent à leur tour, Valentin Behelo et William Palcy. Engagé comme simple soldat à 22 ans, le Martiniquais a passe huit ans en Indochine avant d’etre surpris par la déclaration de guerre de 1939 alors qu’il est basé en Palestine. Rond-Point-Wlliam-Palcy---Desiree-et-le-Maire-d-Alenya-ja.jpgLe 1er juillet 1940, il rejoint les Anglais en Egypte avec 500 volontaires français du 24e Régiment d’infanterie coloniale. Ils vont devenir1er Bataillon d'infanterie de marine (1er BIM), le premier élément des « Free French ».

En inaugurant ce rond-point, le maire d’Alénya a rendu hommage « à tous les combattants antillais qui se sont levés à l'appel du Général De Gaulle », puis il a déclamé quelques vers d’un poème d’Aimé Césaire sur l’engagement : « Qu’une tempête ne décline, que le roc ne titube/ pour celui poitrail qui sûr/ dont le clairon de feu dans l’ombre et le hasard/ rustique ne décrut. »

La réalisatrice Euzhan Palcy, l’auteur de Parcours de dissidents, est là. William est son oncle.

FXG, à Paris


Parcours de Compagnon

William-Palcy-carte-d-Identite-Militaire.jpgWilliam Palcy a pris part, avec le 1er BIM et les forces britanniques, à la première campagne de Libye contre les Italiens dès septembre 1940. Pour être allé chercher sous le feu de l'ennemi; le corps d'un soldat tué, il est cité à l'ordre de la Division en février 1941.  Quelques jours plus tard sort le décret l’élevant à la dignité de Compagnon de la Libération. Desire-et-William-Palcy.jpgPromu caporal, il est affecté au Bataillon de marche n°11 (BM11) le 1er avril 1942. Avec son bataillon, qui appartient à la 2ème brigade française libre du Général Cazaud, il prend part à la fameuse bataille d'El Alamein en Egypte. Il participe ensuite à la campagne de Tunisie comme tireur de fusil-mitrailleur ; il est cité à l'ordre de la Brigade. En juin 1944, il quitte la 2ème Brigade et est affecté au Bataillon de tirailleurs de l'Oubangui en Afrique équatoriale française. Promu caporal-chef en janvier 1945, puis sergent trois mois plus tard, William Palcy est démobilisé en avril 1946. Il se fixe à Bangui ou il monte une société de transport en commun. C’est dans cette terre africaine qu’il repose. Désiré a repris l'entreprise paternelle, mais après les émeutes de Bangui en mai 1996, il a préféré tout abandonner pour revenir à la Martinique avant de se poser définitivement à Alénya.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 08:00

Tournage

La couleur a l’envers du soleil, de Luc Saint-Eloy

Viviane_Nancy-Bureau-Photo-M-F-Sorel-0445.jpgUn garçon, Haïlé Saint-Eloi, court dans une bananeraie sur les hauteurs de Trois-Rivières en Guadeloupe. Il court comme un enragé et, essoufflé, appelle sa mère... A la main, il tient un papier. Une lettre ? On ne sait, mais aussitôt, l’on retrouve cette mère, Germaine Bertin (incarnée par Fleurtide Basses, photo ci-dessus) accompagnée de Viviane Edouard (Nancy Bureau, ci-dessous), sa voisine, à l’aéroport Pole Caraïbe. Germaine FleurtideBassePhoto M-F Sorel 0396Trop tard, l’avion est déjà en vol. Germaine n’a pu revoir ses enfants, Marlène et Jeannot, partis comme des voleurs de leur Guadeloupe natale pour lot’bó… « Marre de cette vie, de ce pays sans travail. Ne nous en veux pas. On t’aime. »

En cinq minutes, Luc Saint-Eloy et Pascal Roy ont posé leur film. Le format de l’image, la qualité du son invitent à vouloir connaître la suite…. Hélas, elle n’a pas encore été tournée. Seules ces cinq minutes de film témoignent de la volonté des auteurs d’aller au bout de leur rêve, comme leurs héros. Cet extrait a été présenté ces derniers jours au cinéma des cinéastes à Paris. Dans la salle, Euzhan Palcy et Alain Maline, les parrains du projet, Yves Boisset et Jacques Martial, en amis, tout comme Marc Vizy, conseiller du prince…

Le scénario de ce film est tiré de la pièce de théâtre que Luc Saint-Eloy a écrite et créée, il y a une vingtaine d’annees, « Trottoir chagrin ».

Sans famille, Marlene et Jeannot découvriront que la jungle moderne n'est pas l'Eldorado qu'ils espéraient. Ce qui les attend en métropole, c'est la mort pour Jeannot, la prostitution pour Marlène.Et puis, il y a Célia et Julien Toussaint, couple bourgeois apparemment parfait et bien intégré, Angélique Saint-Prix, avocate militante parisienne, et Jimmy Edouard, patron d'un club de jazz, fils ainé de Viviane Edouard… Entre la Caraïbe et la capitale, les destins se croisent et s’entremêlent vers un happy end plein d’espoir.

L’espoir, Luc Saint-Eloy et Pascal Roy le cultivent pour achever leur œuvre. Il leur manque un distributeur et un coproducteur. Alors, comme Marlène et Jeannot, ils se lancent, jettent leurs dernières forces. L’enjeu, c’est montrer ce cinéma guadeloupéen, vivant, qui regarde aujourd’hui, demain.

FXG, à Paris


Luc-Saint-Eloy.jpgQuatre questions à Luc Saint-Eloy, scenariste et realisateur

Pourquoi ces cinq minutes de projection ?

C’est pour remercier les techniciens qui ont joué le jeu, mais alerter aussi autour de nous, pour dire que c’est difficile et qu’on n’a pas encore les moyens de faire ce film. Et pourtant, c’est le moment ou jamais de le faire par rapport à ce qu’on a envie de dire à la societe. J’appelle à une meilleure fraternité entre les citoyens de la France entière, du monde. Ce film vient dénoncer un certain racisme et les discriminations. L’image doit servir à cela. Malgré ces thèmes forts, j’ai du mal…

Quelle est l’origine de ce film ?

C’est l’adaptation d’une de mes pièces de théâtre, Trottoir chagrin, que j’avais dédiée à la memoire du jeune Lucien Mélyon assassiné en 1977. Le film lui sera aussi dédié, mais également à toutes les victimes des violences gratuites.

Quel est le pitch ?

Deux jeunes lassés d’être au chômage quittent la Guadeloupe comme des voleurs, sans rien dire à leurs parents et vont chercher du boulot à Paris. Mais, ils rêvent. Ils pensent que Paris, c’est l’eldorado alors que c’est une ville où l’on peut perdre la vie…

Et où l’on peut avoir du mal à monter un film ?

Exactement ! C’est cela la couleur à l’envers du soleil.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 06:52

Avis favorable pour la reprise de Mediaserv par Canal +

L'Autorité de la concurrence autorise, sous réserve de plusieurs engagements, l'acquisition de Mediaserv par Canal + Overseas, filiale du Groupe Canal +.

Canal + Overseas peut prendre le contrôle exclusif de Mediaserv, a décidé l'Autorité de la concurrence dans un avis rendu lundi 10 février. Avec cette acquisition, le Groupe Canal + entre sur le marché des télécommunications dans les départements et régions d'outre-mer tenu jusqu’alors par Orange, le groupe Altice (Numéricâble) et Mediaserv. Mais pour pouvoir reprendre Mediaserv, Canal + doit donner des gages visant à préserver la concurrence.

L’Autorité a identifié certains risques concurrentiels à commencer par le fait que C+ pourrait être tenté de refuser aux concurrents de Mediaserv de distribuer les offres Canal+ Les Chaînes et CanalSat ou, tout au moins de lui réserver des conditions plus favorables en faisant par exemple bénéficier les bouquets de télévision commercialisés par Mediaserv, dans le cadre d'offres triple play, de chaînes inaccessibles aux autres fournisseurs d’accès à Internet (FAI).

Canal + pourrait encore s'appuyer sur l'attractivité de Canal+ Les Chaînes et CanalSat, pour y associer un accès à Internet dans des conditions auxquelles les FAI concurrents ne seraient pas en mesure de répliquer.

L'Autorité a enfin relevé que l'opération de reprise éliminait de fait un débouché pour les éditeurs de chaînes dans les DROM, ce qui renforcerait leur situation de dépendance vis-à-vis du Groupe Canal + et fragiliserait aussi la capacité des autres opérateurs à offrir des bouquets de chaînes de télévision attractifs.

Assurer le développement des chaînes payantes indépendantes

Pour prévenir ces risques, Canal + s’est engagé à permettre aux FAI de distribuer les offres de Canal + à des conditions tarifaires équivalentes à celles dont bénéficie Mediaserv. Canal + s'est engagé également à ce que les conditions faites aux abonnés via les plateformes Internet concurrentes ne soient pas moins favorables que celles offertes aux abonnés de Mediaserv.

En outre, Canal + ne donnera à Mediaserv aucune exclusivité sur les chaînes qu'il édite. Toute chaîne éditée par Canal Plus et qui serait distribuée par Mediaserv sera donc mise à disposition aux autres FAI dans des conditions tarifaires transparentes, objectives et non discriminatoires.

Par ailleurs, Canal + s'est engagé à ne pas commercialiser d’offres associant télévision payante de Canal Overseas et accès à Internet de Mediaserv à des tarifs inférieurs aux tarifs pratiqués individuellement pour chacune de ces offres. Et les offres de Mediaserv ne pourront être tarifées en dessous de leurs coûts totaux moyens. Les abonnés quittant Mediaserv mais souhaitant garder leur abonnement à Canal + Les Chaînes ou à CanalSat ont la garantie de pouvoir faire porter leur abonnement vers un autre FAI.

Enfin, pour remédier à la dépendance des chaînes indépendantes vis-à-vis de Canal + Overseas et lever les obstacles à leur développement, Canal + Overseas valorisera de manière distincte la distribution des chaînes en exclusivité sur chaque plateforme d'opérateur concurrent, quel que soit le nombre d'abonnés de cet opérateur.

Enfin, pour lever les obstacles liés à l'éligibilité limitée de la télévision par Internet dans les DROM, Canal + s'est aussi engagé à conclure des accords de mutualisation de ses capacités satellitaires de diffusion avec les opérateurs de télévision payante qui lui en feront la demande, s'ils justifient d'accords de distribution avec les chaînes comprises dans l'offre CanalSat.

Ces engagements sont pris pour une durée de 5 ans renouvelables.

FXG, à Paris

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