Le reporter

FX-IN-SKY-light-left-bis.jpgFrançois-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions antillaises du groupe Hersant Media (France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane). Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux antillo-guyanais de Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les quotidiens régionaux des DFA. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles  a son propre site... franceantilles.fr. En attendant qu'on puisse faire basculer ce blog avec son concept 5e DOM sur le site franceantilles.fr, ce blog reste actif et s'adresse à tout ceux qui s'intéressent à l'actualité du 5e DOM. Il peut y a voir des sujets hors thématique outre-mer. Tant pis à ceux que ça emmerdent. Mwen ka fenn tchou zot !

f.guillerm@hersant.com

Le photographe

REGIS-BW-stand-light.JPGRégis Durand de Girard, copyright RDG,  est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine, Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
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regisdurand@vospiresamis.net

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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 06:15

Les bonnes notes de Fred Deshayes
Dimanche après midi au New Morning, le leader  emblématique du groupe Soft, Fred Deshayes, avait rendez vous avec le public  parisien pour présenter son dernier album éponyme, « Fred Deshayes », une nouvelle aventure en solo.
Fred-Deshayes-Rudy-Lewis-batterie-Thierry-Jean-Pierre-et-R.jpgLe public qui avait quitté son petit confort du dimanche pour braver le froid ne s’est pas trompé sur la qualité musicale du spectacle qu’offrait le New Morning et le producteur Eric Basset (Aztec Musiques) En première partie de soirée, Patrice Hulman en chauffeur de salle a assuré l’ambiance. Le crroner, ô combien apprécié par l’ensemble des spectateurs, a eu le grand honneur de souhaiter un bon anniversaire à Lina Bart qui fêtait ses quarante printemps avant de lui offrir son dernier album en souvenir.
Patrice-Hulman-et-Lina-Bart-photo-Alfred-Jocksan.jpgVient le temps de l’artiste guadeloupéen. Un surdoué de sa génération. La musique de Fred Deshayes contribue à la diversité musicale de son pays. Son talent est intact et acquiert une certaine maturité lorsqu’il rend un hommage poignant à son père (l’avocat Jean-Pierre Deshayes) qui a intériorisé au plus profond de lui, véritable  désastre mental, les événements de 1967 à Pointe à  Pitre : « Mon père avait vingt ans et à vingt ans, de condition modeste, il vivait déjà le racisme social et pour lui c’était tellement évident que ce n’était pas possible de vivre avec les Français, pas possible. Car pour lui, ils tiraient sur les Noirs. Pour lui c’était presque naturel en 1967 d’avoir du ressentiment. » Claudine-Dominique-Patrice-Rudy-Thierry-Ralph-et-Fred-photo.jpgIl présente cette chanson hommage comme un genre de document de témoignage. « On a tiré sur les gens, on a vu les gens mourir et on n’a jamais trouver les corps... C’était une chanson que mon père chantait tout le temps et c’est à partir de l’âge de douze ans que j’ai compris que c’était sa chanson et pas celle d’un d’autre, « La vi fofilé ». Aujourd’hui, Fred cherche plutôt l’unité et l’union dans sa musique pour mieux se faire comprendre : « En temps de crise, il faut toujours trouver des choses qui nous unissent », dit il.  Mais, lui, il a l’unité harmonique. Son premier album en solo est un coup de vent vrai où certains titres ont la touche  du maitre, Jacob Desvarieux, pour l’arrangement.
Claudine-et-Fred-phgoto-Alfred-Jocksan.jpgFred est un parolier et un  mangeur des notes ; il a un goût poussé pour l’acoustique et sa guitare fait le reste sur ses paroles qui ne tombent jamais dans la banalité du quotidien ni celle du zouk love au dessus des genoux !
Sur la scène du New Morning entouré de deux choristes martiniquaises de toute beauté, Claudine Pennont et Dominique Lorté. Il joue le charmeur. Coté musicien, il y a   Rudy Lewis à la batterie, Thierry Jean-Pierre à la guitare basse et Ralph Lavital à la guitare rythmique, et lui avec sa guitare et sa chemise grenat, cachant sa rondeur ventrale. le-batteur-Rudy-Lewis-photo-Alfred-Jocksan.jpgAvec ce groupe, il a trouvé les ingrédients pour faire apprécier ses bonnes notes et ses belles mélodies.  En duo avec Claudine, Fred  s’évade dans l’émotion et le charme. Puis avec  son unique invité venu de Sainte Anne, Dominique Coco, l’ambiance explose. Fred est celui qui refuse de dire que le jazz est de la musique d’intellectuel, car  la musique créole est née de l’improvisation. Alors en solo ou en duo, Fred Deshayes  donne dans le rythme sans mettre de gaz dans le jazz. Même s’il s’accorde à dire : « Ma musique est blanchie à la Bastille et noircie à Harlem. » Sans véritable publicité autour du concert. Fred est arrivé a un stade de sa vie de troubadour où sa notoriété lui permet de faire sans.
Alfred  Jocksan (agence de presse GHM)


Quatre questions à Fred Deshayes :
Fred-Deshayes-2-photo-Alfred-Jocksan.jpg« Merci à tous ceux qui font l’erreur de croire que j’ai du talent »
Voilà un concert de présentation très intime…
Il est de la volonté de l’équipe de faire un concert un peu intime de présentation où il n’a pas beaucoup de pression. Moi, je dirai simplement, les choses ne se passent pas toujours comme on voudrait, ce qui compte c’est que pour moi en tant qu’artiste, je fais de la bonne musique dans de bonnes conditions. C’est le cas ce soir. Je ne connais rien qui soit parfait. C’est la vie.
Ce titre « La vi fofilé » rendant hommage à votre père, avez-vous mesuré son importance devant l’auditoire ?
J’ai enregistré cette chanson « la vi fofilé » comme un témoignage, comme un document qu’il y a dans ma famille pour le transmettre.  Ça me plait. C’est une chanson que j’aime et elle est à sa place dans l’album. Elle justifie l’album solo. Ce qui justifie le fait de jouer sans les autres parce que le texte est extrêmement dur, extrêmement brutal. Je crois c’est une très jolie chanson.
Pourquoi ce choix de sortir un album solo ?
Je n’ai aucune idée pourquoi maintenant. C’est un choix. On a fait trois album de Soft, on fait mon album et après celui de Joël Larochelle et celui de Philippe Sadikalay et après on reviendra faire un Soft. Le prochain album de Soft, il est loin…
Comment expliquez-vous votre entrée en scène en rendant un hommage direct à Jacob Desvarieux ?
Je remercie tous ceux qui ont l’humilité et font l’erreur de croire que j’ai du talent. Parmi eux, je peux citer le défunt PSE, mais aussi Jean-Philippe Fanfant, Frédéric Caracas qui joue sur l’album, et Jacob Desvarieux parmi tant d’autres qui ont commis cette grave erreur ! On verra plus tard, si j’avais vraiment du talent ou pas. On ne le verra pas maintenant. Je peux dire que ça communique bien. Même Alain Jean-Marie ! Comme quoi même les grands se trompent (rires)… Je les remercie de m’avoir poussé, de m’avoir encouragé autant. Moi je tiens à ça. « Mwen pa mandé yo à yin et pon moun pa mandé yo a yin ». C’est un genre de love.
Propos recueillis par Alfred Jocksan






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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 05:46

Un an après l’inauguration de son nouveau siège à Marseille, la 3e compagnie mondiale de transport maritime, a ouvert son QG à l'agence de presse GHM.
-CMA CGM assure le lien entre l'Hexagone et les Antilles depuis 1862
-Elle détient 47 % de parts sur le marché antillais où sont présents 7 compagnies
-Faute de développement suffisant des ports antillais et guyanais, CMA CGM pourrait aller transborder à Trinidad ou Saint-Domingue.
« La part du fret dans le prix des produits, c’est peanuts ! »
Tour-CMA-CGM-vue-de-face---Philippe-Ruault.jpgLe siège de la CMA CGM, une œuvre architecturale de Zaha Hadid, inaugurée en janvier 2011, élève fièrement ses 32 étages dans le ciel marseillais, à 148 mètres de hauteur, soit 1 mètre en-dessous du socle de calcaire sur lequel repose Notre-Dame de la Garde, la Bonne mère. Au 21e étage, avec une vue imprenable sur la rade, se trouve la direction des lignes de la zone Antilles. Elle rassemble, sous l’autorité de Xavier Eiglier, une dizaine d’opérationnels, autant de commerciaux et une poignée de contrôleurs de gestion. Ensemble, ils gèrent les 7 lignes qui desservent les Caraïbes. Il y a d’abord, les 4 PCRF (porte containers réfrigérés frigorifiés) dédiés uniquement aux Antilles françaises depuis Dunkerque. D’une capacité de 2260 EVP (containers équivalents 20 pieds) et 500 prises frigo, ils sont la nourrice entre les Antilles et l’Hexagone. Ils arrivent avec de quoi remplir les supermarchés et autres enseignes de bricolage, meubles, etc… Ils repartent avec de la banane (35 % du fret en sortie) et du rhum. Mais comme aime bien le rappeler Xavier Eiglier, « tout ne vient pas du Havre ! » Cette ligne représente tout de même le plus fort chiffre d’affaires de la direction Caraïbe. Une autre ligne, la Medcaribe permet à 6 cargos (d’une capacité de 2500 EVP à partir de cette année) de relier l’Italie, l’Espagne, le sud de la France, le Maroc aux Antilles françaises et au-delà, Trinidad, le Venezuela, la Colombie, Panama et Saint-Domingue. Cette route permet, grâce au hub de Tanger, des transbordements de marchandises en provenance d’Asie sans passer par le Havre, ce qui économise 7 jours de mer et autant de carburant. C’est par cette ligne qu’est importée en France la banane de Saint-Domingue pour le compte de l’UGPBan.
Une troisième ligne a été spécialement édifiée pour assurer une desserte directe entre la métropole et Guyane française avec six navires de 1 700 EVP spécialement étudiés pour pouvoir escaler à Degrad des cannes. Deux sont à Marfret, 4 à CMA CGM. Ils sont exploités en vessels sharing agrement (VSA), un accord de partage de navire. Cette ligne relie le Havre à la Guyane, Saint-Martin, Trinidad, Fortaleza et Belem.
7 lignes en Caraïbe
CMA-CGM-Fort-St-Louis---Copyright-CMA-CGM.jpgUne 4e ligne dépend encore de cette direction Caraïbe quoiqu’elle ne quitte pas l’Atlantique Est. Elle est constituée de feeders (petits cargos) qui chargent leur fret à Bordeaux, Montoir ou Brest avant de rejoindre le Havre où cette marchandise est transbordée sur les PCRF qui rejoignent les Antilles françaises.
Une 5e ligne, la Guyanas, est travaillée par deux navires de 700 EVP. Elle relie les Antilles françaises aux Guyanes via Trinidad. Elle permet d’assurer un lien commercial entre la Guyane et les Antilles françaises, de ramener la banane du Suriname en Guadeloupe où elle est chargée sur les PCRF et, enfin, elle joue un rôle de petit transporteur (feeder) pour l’export dans ce bassin régional.
Une 6e ligne, le Golfe bridge est desservie par 4 navires de 2500 EVP. Elle va de New-Orléans à la Guaira, Carthagène et Kingstone via Houston, Vera Cruz et Alta Mira. Cette ligne connectée permet de drainer les marchandises en sortie des USA et du Mexique vers Kingstone d’où elles peuvent partir vers l’Asie, de même qu’elle permet les importations antillaises du Mexique ou de Carthagène.
Enfin, CMA CGM exploite une 7e ligne dans la zone avec un navire roulier, le Cap Canaille. Il dessert depuis la Guadeloupe les îles Leewards (Saint-Martin, Saint-Barth, San Juan). Mais bien d’autres bateaux de CMA CGM transitent dans cette région sans être supervisés par la direction Caraïbe de Marseille. C’est le cas des cargos (2000 EVP) qui partent de la zone franche de Manaus au Brésil pour gagner Panama via Belem et Trinidad, mais aussi ceux qui assurent la ligne tour du monde (Europe du nord, côte est des Etats-Unis, Kingstone, Panama, Papeete, Nouméa, Australie, Nouvelle-Zélande, Panama, Kingstone, Etats-Unis, Europe. Et encore la ligne Brésil, Trinidad, côte est des Etats-Unis et celle qui relie la côte est et la côte ouest des Etats-Unis via Panama.
FXG (agence de presse GHM)


Quelle concurrence aux Antilles ?
Moller-Maersk.jpgCMA CGM n’est pas en situation de monopole aux Antilles. Elle détient 47 % de parts de marché et se trouve en concurrence frontale avec Maersk et Marfret, mais aussi de petites compagnies qui complètent l’offre. Elles sont Ferron, Seatrade, Geest et Soreidom. « On vend de l’espace à nos concurrents », explique Xavier Eiglier. Ainsi Maersk, Marfret et Ferron peuvent emprunter les navires de CMA. Et si le Havre reste un passage obligatoire, la SOREIDOM qui exploite un navire conventionnel (du vrac en cale) lui préfère La Rochelle. Sa place de leader, CMA CGM la doit à son ancienneté dans la zone (150 ans), à son offre de service dédié à jour fixe hebdo, et à son offre de service global toute origine, toute destination. Depuis 2008, selon une étude de l’autorité de la concurrence, les taux de fret ont chuté de 22 %, notamment avec l’arrivée de Seatrade, « et ce malgré la hausse des cours du pétrole ! », souligne Xavier Eiglier. La tonne de pétrole coûtait en moyenne 650 $ en 2011. Ce qui fait dire à l’intéressé : « La part du fret dans le prix des produits, c’est peanuts ! »


Les infrastructures portuaires
EIGLIER-Xavier.jpg« Si la Guadeloupe n’améliore pas le niveau de son tirant d’eau, à long terme, on devra transborder en Martinique, Trinidad ou Saint-Domingue », prévient Xavier Eiglier qui insiste sur l’importance cruciale de développer les infrastructures portuaires.
A Degrad des cannes (Guyane), le quai n°1 a été entièrement refait, malheureusement il n’est pas exploitable car, aussitôt après sa remise à niveau, on s’est aperçu qu’il y avait une épave engloutie le long du nouveau quai, mais surtout que le fond est un socle rocheux qu’il faudrait dynamiter sans abîmer le quai… Selon Xavier Eiglier, cela nécessite au moins trois mois de délai. Après quoi il faudra s’attaquer aux quais n°2 et 3 qui présentent de vastes zones menaçant de s’effondrer…
Le port de Fort-de-France a un projet d’extension pour gagner un poste à quai supplémentaire et de l’espace de stockage pour les containers. « Il manque un poste additionnel, explique Xavier Eiglier, pour pouvoir faire travailler un deuxième bateau en même temps. »
Jarry.jpgLe terminal container de Jarry dispose d’assez de postes à quai mais il y a un problème de tirant d’eau. Un navire de CMA CGM s’est échoué récemment à l’entrée du chenal. Le port a donc lancé un appel à projet en juin 2011 auquel CMA CGM a répondu en septembre dernier. « On a été les seuls à répondre, indique Xavier Eiglier, mais on était un peu hors sujet car on n’a pas suivi le projet initial… » Les autorités portuaires de la Guadeloupe ont axé leur projet sur l’approfondissement du chenal et l’augmentation des surfaces de stockage pour drainer plus de volume en transbordement. « Notre proposition représente un coût 50 % moins élevé que celui évalué par le port. »
CMA CGM a besoin d’un port de transbordement, voire deux, dans l’Est de la Caraïbe car le hub de Kingstone ne sera pas suffisant pour les lignes qui ne vont pas jusque-là, selon M. Eiglier. Et là, les concurrents ne manquent pas : Port of Spain, mais aussi, La Guaira au Venezuela. « Notre offre n’est pas totalement hors des clous… Mais leur projet à 600 millions € est ingérable et inexploitable. Nous on propose de draguer à 14 mètres de  profondeur, mais sur une largeur de 50 mètres, sinon, ça s’effondrera… » L’idée étant de pouvoir accoster avec un cargo de 8 000 EVP mais aussi d’enrichir la desserte à l’export et à l’import. En 2011, CMA CGM a ouvert une nouvelle ligne entre Ponte-à-Pitre et New York et, en 2012, elle ouvrira une connexion directe entre Fort-de-France et le Costa Rica.
L’activité aux Antilles, en volumétrie, était inférieure en 2011 à ce qu’elle était en 2010. Les chiffres 2009 indiquent que le marché est de 100 à 110 000 EVP par an pour les deux îles. En comparaison, le marché guyanais est à 25 000 EVP. 300 personnes travaillent directement pour les Antilles dont 200 sur place.


CMA CGM dans les autres outre-mer
Kor Fakan A la Réunion, CMA CGM a une agence mais si elle opère une rotation hebdomadaire, elle n’assure plus de desserte en directe. Les marchandises arrivent d’Europe, Amérique ou Asie sur de gros porteurs (5500 EVP) à Khor Fakan aux Emirats arabes unis avant d’être transbordés sur de plus petits (1700 EVP) qui font office de feeders. Ce transbordement a permis de faire chuter le taux de fret à la Réunion. « Nos clients antillais ou guyanais n’acceptent pas l’idée d’avoir un service en transbordement depuis la métropole », note le vice-président en charge de la région Antilles Guyane.
Papette et Nouméa sont desservies tous les 14 jours. Les marchandises arrivent de l’Europe du nord, via la côte est des Etats-Unis, la Caraïbe et Panama avant que les navires ne poursuivent leur route vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande. « Ce marché ne se justifie que grâce au fret pour les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande », explique Luc Portier, directeur des études au sein du siège à Marseille. Aucune marchandise n’est exportée de Papeete, ce qui n’est pas le cas de la Nouvelle-Calédonie qui exporte son nickel en container.
La Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, mais aussi la Réunion importent de plus en plus de produits en Chine. Une situation bien différente de celle qui prédomine aux Antilles alors que l’existence de lignes maritimes l’autorise.


La société CMA CGMtour CMA CGM
CMA CGM, la compagnie maritime qui opère notamment aux Antilles et en Guyane, est aujourd’hui le 3e armateur mondial derrière le Danois Maersk et le Suisse MSC. Elle emploie 17 000 personnes, réparties dans 650 bureaux à travers la planète, 400 ports d’escale, 29 terminaux de manutention, et 6 hubs qui lui permettent d’offrir un service global mondial (Le Havre, Malte, Tanger, Khor Fakan, Port Kelong et Kingstone) pour 170 lignes régulières. Elle exploite 390 navires dont 90 en propriété et détient à elle toute seule 8.5 % de la capacité du transport maritime mondial. Jacques Saadé est à l’origine de cette réussite industrielle. Arrivé du Liban en guerre en 1978, il s’installe à Marseille et se lance avec trois personnes et un unique bateau qu’il affrète mais ne lui appartient pas (d’où le nom, compagnie maritime d’affrètement). En 1986, il ouvre la première ligne Europe Asie ; en 1992, c’est le premier bureau en Chine. Deux ans plus tard, CMA, est devenu le 20e armateur. En 1999, le processus de reprise de la CGM (enclenché en 1995) est achevé. La flotte comporte alors 78 navires. En 2003, CMA CGM est devenu le 5e armateur mondial avec 153 cargos. La croissance continue avec l’acquisition de Delmas en 2006 et la livraison, en 2009, du premier super cargo Christophe Colomb d’une capacité de 13 800 équivalent containers équivalents 20 pieds (EVP). En décembre dernier, CMA CGM signe un accord de partenariat avec sur l’Asie et l’Amérique latine avec MSC. Le chiffre d’affaires de la compagnie en 2010 s’établissait à 14.3 milliards de $ et environ 15 milliards en 2011. La compagnie a fait 1 milliard de perte en 2009, mais a fait 2 milliards de bénéfice en 2010 et devrait être à l’équilibre en 2011. Rodolphe Saadé, patron opérationnel, a d’ores et déjà commencé un plan d’économie de 400 millions de $. La croissance de CMA CGM progresse deux fois plus vite que celle du marché. Elle a transporté 1.9 millions EVP en 2001 pour 10 millions en 2011. Quant au trafic de containers, il a cru de 459 % en 10 ans chez CMA CGM contre 118 % pour l’ensemble du marché.


Le 150aire
500px-Louisianne-Lebreton.jpg Le 14 avril 1862  le Louisiane (tableau ci-contre) quitte Saint-Nazaire pour Fort-de-France où il arrive le 28 avril. C’est le début du service régulier par les 4 navires Louisiane, Floride, Tampico et Vera Cruz (renommés Martinique et Guadeloupe  des la fin de l’expédition au Mexique en 1867). Mais bien sûr, de nombreux autres navires de charge et paquebots (Impératrice Eugénie, par exemple) feront le voyage pour accompagner la logistique de la flotte proprement militaire. En 1861, la France de Napoléon III a décidé d’ouvrir une ligne France - Antilles - Mexique et de faire de Fort-de-France le port relais pour l’expédition militaire au Mexique où l’armée débarque ses premières troupes dès janvier 1862 (elles repartiront  en avril 1867).
1862 voit donc l’installation de la Transat (elle-même créée sous le nom de CGM en 1855 par les Frères Pereire) aux Antilles. Un accord est signé avec la colonie au terme duquel deux quais sont construits et les terres pleins « concédés » (la fameuse concession rendue volontairement à la CCIM en 1985).
Sources : Jean-Louis Saulnier et les ouvrages « La guerre du Mexique » d’Alain Goutman (Ed Perrin) et « La Martinique, base navale dans le rêve mexicain de Napoléon III » de Sabine Andrivon-Milton (Ed L’Harmattan)

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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 06:36

Noirs de France sur France 5NOIRSDEFRANCE-illustration.jpg
L’historien Pascal Blanchard et le réalisateur Juan Gélas se sont intéressés, dans la série documentaire (3x52’) Noirs de France, aux Africains, Malgaches, Réunionnais, Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais, Comoriens, Haïtiens, Kanaks, mais aussi Parisiens, Marseillais, Lillois qui sont Français et Noirs. Il y a des noirs en France ; comment sont-ils arrivés, pourquoi sont-ils restés, comment se sont-ils adaptés, comment ont-ils été perçus ? Pour les auteurs, ils sont « les héritiers de siècle de lutte pour obtenir la liberté, l’égalité et la fraternité. » La série mêle des documents d’archive et des témoignages pour restituer ce que les Français ont encore parfois du mal à appeler un « passé commun ».
A partir de dimanche 5 février, dans la Case du siècle, présentée par Fabrice Almeida, à 22 heures.


NOIRSDEFRANCE-legitimus.jpgITW Pascal Légitimus
Le comédien d’origine antillaise fait partie de la trentaine de personnes qui témoignent dans le film de Juan Gélas et Pascal Blanchard, Noirs de France.
« Il y a un manque d’amour »
Pourquoi avoir voulu témoigner dans ce film ?
J’ai accepté de témoigner parce que ma famille a pas mal œuvré pour aider d’un point de vue associatif les Antillais qui débarquaient en France. Mon grand-père, Etienne Légitimus, le mari de Darling, ma grand-mère comédienne, a créé, lorsqu’il est arrivé, une association qui permettait aux Antillais de s’exprimer culturellement, artistiquement, socialement. Il leur trouvait des crèches, du travail, des places dans les lycées ou les collèges. Il avait créé un gros mouvement associatif qui s’appelait La Solidarité antillaise. Mon père a ensuite continué l’œuvre en tant qu’acteur entre les années 1960 et 1990. Il a fait partie de cette première troupe d’acteurs noirs qui s’appelait les Griots. Ils défendaient les œuvres des auteurs africains ou afro-américains. Issu de cette famille, je me devais de témoigner de ce passif. Et puis, j’ai été comédien à mon tour, alors forcément j’ai fait partie de ce paysage culturel et audiovisuel… Donc, j’avais des choses à raconter, des témoignages à restituer.
Avec l’histoire de votre famille, vous participez aux trois épisodes du film qui séquencent « le temps des pionniers (1889-1940) », « le temps des migrations (1940-1974) » et « le temps des passions (1975 à nos jours) »…
Pratiquement. D’un point de vue artistique aussi bien que politique parce que mon arrière grand-père, Hégésippe Légitimus a été un des premiers députés noirs. Il y a une lignée Légitimus qui a continué à être médiatisé.
Y a-t-il quelque chose de commun à ces quatre générations de Légitimus par rapport au fait d’être Noirs de France ?
Le point commun est qu’on passe notre temps à rétablir la normalité, à savoir qu’on essaie de faire exister légitimement, c’est le cas de le dire, les personnes de couleurs alors qu’on ne devrait pas le faire. Donc s’il y a eu un agissement comme ça depuis un certain temps, c’est qu’il y avait une carence, une sous-évaluation et il m’a fallu tout le temps essayer de réharmoniser, de mettre en avant les talents des DOM-TOM, ceux qu’on appelle les Ultramarins. On a toujours été infériorisés pour des raisons culturelles, d’éducation mais aussi de connerie, faut le dire ! La famille Légitimus a toujours été une espèce de Robin des bois qui essayait d’aider les gens mal perçus.
Et entre les divers témoignages de cette série, ceux de Manu Dibango, d’Harlem Désir, de Christiane Taubira, de Lilian Thuram ou le vôtre, y a-t-il là aussi des traits communs ?
Oui bien sûr, parce que c’est le même combat, la même bataille…
Y a-t-il une persistance dans la perception du Noir dans la société française ?
L’homme est toujours un loup pour l’homme. Il n’y a qu’à voir comment ça se passe dans le monde entier… Il n’y a pas que chez nous ! Ce n’est pas un racisme qui est du à la peur tout simplement et il n’y a pas que les Noirs de France qui en sont victimes ; il y a aussi les handicapés, les aveugles, toutes les personnes qu’on considère inférieures, différentes. De notre côté, c’est la couleur de la peau parce que c’est visible… Mais comment peut-on penser que l’extérieur est plus fort que l’intérieur ?…
Le propos de ce film ne rejoint-il pas justement le thème du spectacle que vous jouez en ce moment*, Alone man show ?
Bien sûr c’est ce que m’a dit Lilian Thuram quand il l’a vu, par rapport à son parcours, mais aussi par rapport à l’exposition du musée du quai Branly, l’Exhibition du sauvage. Ce que je raconte dans mon spectacle, ce n’est que le regard des autres car c’est l’autre qui m’a fait sentir ma différence. Je suis né à Paris, mon père est né à Paris donc je me sens beaucoup plus Français que certains mais forcément j’ai reçu des brimades qui me faisaient sentir que j’étais quelqu’un qui n’était pas forcément Français. J’ai du me bagarrer beaucoup plus que les autres, travailler beaucoup plus pour être quelqu’un de normal.
C’est pourquoi vous avez jugé nécessaire de faire votre « coming black » dans ce spectacle…
Je restitue un parcours de mon histoire, je fais un constat. Je ne suis pas dans l’animosité mais je veux que les personnes puissent savoir comment ça s’est passé. Je me considère, à mon niveau, comme un prof d’histoire.
 Que voudriez-vous que les téléspectateurs retiennent de ce film sur l’histoire des Noirs de France ?
Qu’ils prennent conscience que la France n’a pas toujours été chaleureuse, ouverte par rapport aux trois mots qui sont sur les frontons des mairies, liberté, égalité, fraternité. Il faut aussi reconnaître ses erreurs et puis faire en sorte dans l’avenir de ne pas recommencer. Au final, tout ça a existé parce qu’il y a un manque d’amour. S’il y avait eu plus d’amour, on n’aurait peut-être pas eu cette discussion là !
Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)


Les trois épisodes de la série Noirs de France seront diffusés sur France 5, les 5, 12 et 19 février à 22 heures

*Le spectacle de Pascal Légitimus, Alone man show sera en tournée en France à partir du 2 février. Il sera le 13 avril à Marseille, le 14 avril à Sanary, le 25 mai à Aix en Provence et le 26 mai à Nice


Un livre indispensable

Ils sont noirs, d’Afrique, des Antilles, de Nouvelle-Calédonie, d’Amérique du Sud. Ils ont fait et font la France. Un beau livre intitulé « La France noire » raconte leur histoire. L’auteur, Pascal Blanchard, avec la contribution de philosophes, historiens, politologues, spécialistes de la littérature antillaise, parmi lesquels se trouvent Romuald Fonkoa et Françoise Vergès, retrace en 360 pages trois siècles de présence.
Le livre à forte dimension esthétique et graphique raconte en image, en texte et en citations leur histoire, notre histoire, une partie de l’histoire de France trop rarement mise en lumière.
Elle commence aux alentours de 1685, à l’heure du code noir, passe par les deux décennies qui achevèrent la conquête coloniale (1890-1910) et les guerres de 14-18 et 39-45. Qui se souvient des quatre mille Noirs évadés d’Allemagne, des Frontstalags français ou rapatriés sanitaires, qui se sont engagés dans la Résistance ? Citons Blaise Diagne en 1915 qui disait que « quand une maison brûle, tous les habitants ont le devoir d’éteindre l’incendie (…). La maison c’est la France qui comprend le pays des noirs et le pays des Blancs ». Rappelons-nous de cette phrase du générale de Gaulle à l’attention de Jacques Foccart, en novembre 1968,  dont on aurait préféré qu’elle fut prononcée un autre : «Cela suffit comme cela avec vos Nègres…Il y a des Nègres à l’Elysée tous les jours. Vous me les faites recevoir. Vous me les faites inviter à déjeuner…Mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur.»
Un chapitre est également consacré aux années 1957-1974, période de l’immigration afro-antillaise et du Bumidom, à la France Black Blanc Beur à son apogée en 1998 et au pays métissé d’aujourd’hui où la discrimination n’a pas disparu.

Editions La découverte


 

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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 05:51

Claude Ribbe dément toute proximité avec le Front national

A la suite de la publication d’un article sur le ralliement de Charles Dagnet au Front national, l’écrivain d’origine creusoise et marie-galantaise, Claude Ribbe, indique : « Je n’ai absolument aucun rapport avec le Front national, dont les idées ne sont pas les miennes, ni avec Marine le Pen que je ne connais pas et dont je ne soutiens pas la candidature. » Quant à sa proximité avec Charles Dagnet, il précise : « Les engagements de Charles Dagnet vis-à-vis à tel ou tel candidat n’engagent évidemment que lui-même et je n’ai pas manqué de lui demander récemment (lors du déjeuner au Zimmer, sans doute, NDLR) une confirmation, ayant été étonné d’apprendre par la presse qu’il ferait partie du comité de soutien de Marine Le Pen. » Claude Ribbe admet simplement avoir écrit en septembre dernier à la présidente du Front national comme à 15 autres candidats, déclarés ou présumés, à l’élection présidentielle au nom de l’association des amis du général Dumas, dont il est le président, pour leur poser la question suivante : « Si vous étiez élu(e), accepteriez-vous, oui ou non, de reconnaître solennellement le droit du général Dumas de faire partie de l’ordre national la Légion d’honneur, privilège auquel il avait droit, et qui lui a été refusé, du seul fait de sa couleur et de ses origines, en 1802. » Il assure enfin que les réponses de tous les candidats, dont celle de Marine Le Pen - pas reçue à ce jour - seront rendues publiques le moment venu.

FXG (agence de presse GHM)

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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 12:37

3 questions à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche
Jean-Luc-Melenchon-2-copie-1.jpg« L’élection présidentielle sera comme un referendum pour ou contre l’austérité »
Comment expliquez-vous que Nicolas Sarkozy s’en prenne au capitalisme financier et aux banques, ce qui appartient plutôt à votre registre ?
Sarkozy est maître d’une technique de communication qui a été inventée par Tony Blair en Grande-Bretagne, qui s’appelle la triangulation. Ca consiste à prendre les mots de ses adversaires pour les vider de leur sens. C’est comme ça que vous voyez M. Sarkozy faire des discours contre le capitalisme, pour moraliser la finance, pour réduire le rôle des banques… Mais il fait tout le contraire. Nous voyons là le caractère très globalitaire de ce type de propagande et de l’ordre dominant qui empêche de penser en volant les mots. Je crois que c’est là le sommet de la communication de propagande. Mais dans la réalité, la politique de Nicolas Sarkozy, c’est celle de la concurrence libre et non faussée.
Pensez-vous que les socialistes soient condamnés à poursuivre la même politique d’austérité que celle de la droite ?
En quelques jours François Hollande a annoncé un plan d’austérité qui prévoit 50 milliards d’économies budgétaires, il a renoncé à la retraite à soixante ans et fait appel à Bayrou ! Cette contraction de la dépense publique et sociale conduit la société dans une impasse. François Bayrou a, lui, prévu 100 milliards… Tout ça va être prélevé quelque part ! Ce sont des infirmiers, des postiers, des agents des services publics partout en moins… Or, l’emploi public peut être un moteur du développement endogène. Dès lors, on peut dire que l’élection présidentielle va aussi fonctionner, là comme ailleurs, comme une sorte de referendum pour ou contre l’austérité. Nous, nous sommes pour la relance sociale et écologique de l’activité ; eux sont pour l’austérité. Alors vous avez le choix.

Voulez-vous préciser votre offre ?
La question essentielle pour moi est celle qui va départager les libéraux et les planificateurs du modèle social écologiste.
Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)



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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 10:35

La Bouvet Guyane est partieDepart_de_la_Bouvet_Guyane_2012.jpg

Comme prévu les 23 rameurs solitaires ont franchi ce matin à 10 H TU (heure locale) la ligne de départ de la troisième édition de la Bouvet Guyane. Le temps était idéal avec un soleil légèrement voilé, une mer calme et un vent modéré de NE. « On a eu une chance insolente avec la météo », lâchait avec un immense soulagement Michel Horeau, co-organisateur de l'épreuve. Retour sur une journée historique pour l'aviron océanique.

07H30'. Le jour vient de se lever sur Dakar. Un car quitte l'Hôtel N'Gor avec à son bord des skippers au visage tendu. Direction l'anse Bernard où les canots paressent à leurs mouillages. Les navigateurs sont emmenés à bord par des navettes locales. Après d'ultimes rangements, les marins se mettent en tenue de « travail » : casquette saharienne, lunettes de soleil, t-shirt manches longues et gants.

09H54'.Depuis l'Etoile Magique, le grand catamaran qui accompagne la course, Michel Horeau lance la procédure de départ en VHF. Tous les canots évoluent au nord de la ligne tendue entre deux bouées à proximité de la plage. Tous, sauf trois dont les skippers redoublent d'ardeur pour revenir face au vent du bon côté afin de ne pas encourir une pénalité comme le veut le règlement.

10H. C'est parti. D'entrée de jeu, il est clair que bon nombre de concurrents sont venus sur la Bouvet Guyane avec des ambitions de résultat. Les canots partent en rangs serrés comme pour une régate d'aviron en rivière. C'est un bon départ  emmené par Christophe Letendre galvanisé par son fan club de chez Bouvet venu tout exprès de France pour encourager «leur » skipper. Seul Rémi Dupont se prend l'étrave dans la bouée de bout de ligne et perd un temps précieux tout comme le guyanais Jean-Emmanuel Alein qui fait l'extérieur de la ligne et  doit revenir la passer correctement. Ce qui prend toujours trop de temps quand le canot lourd d'une tonne est propulsé par une seule paire d'aviron. Un peu plus tard deux canots se touchent, ceux d'Eric lainé et Pascal Vaudé... Sans conséquence. Il faut dire qu'il y a du monde sur l'eau et les rameurs tournent le dos à leur étrave. Ils ne voient pas ce qui se passe devant.

10H15'. Jean-Jacques Gauthier, champion d'aviron, prend sans surprise la tête de la flotte, comme il l'a fait lors du prologue à Brest. Ce grand gabarit conduit ses avirons avec une infinie douceur et une redoutable efficacité. Dans son sillage évoluent Guillaume Bodin, excellemment parti lui aussi, Christophe Letendre, Pierre Mastalski et plus loin au vent Jean-Christophe Lagrange, le « voileux » de La Transat. Ils passent dans cet ordre le Cap Manuel. A bord du bateau à passagers où sont rassemblés deux cent spectateurs, le GPS indique une vitesse de 3 nds : « C'est énorme» lance Jean-Luc Torre, concurrent de la précédente édition. Patrick Bouvet, partenaire de la course, n'est pas étonné : « la course se professionnalise dans le sens où les concurrents sont mieux entraînés et préparés que la dernière fois. Ça va aller plus vite ». On  dit même que le premier pourrait atteindre la Guyane en 35 jours. Tout dépend de la météo !

11 H. Les écarts se creusent entre les premiers et les derniers et des groupes se forment avec des exceptions. Comme Benoît Souliès, encore un grand gabarit  joueur de rugby de niveau national à Toulouse, qui emprunte une route le faisant passer au nord de l'île de la Madeleine. La tendance partagée par les leaders était de forcer sur les avirons les premiers jours pour tenir cap à l'Ouest. Benoît est de ceux-là et plus encore. En milieu de la flotte, on apprend que Rémi  Dupont s'est fait aborder par un pêcheur mais sans dommage et qu'Eric Lainé aurait cassé la planchette de son cale-pied en tirant un peu trop fort sur les avirons. Dans l'immédiat cela ne l'empêchait pas de caracoler dans le peloton de tête, mais il lui faudra trouver une solution pour remettre en état cet équipement indispensable à la tâche.

12 H. Le vétéran, Didier Lemoine, ferme la marche à proximité d'Henri-Georges Hidair dit « Le Sénateur ». La flotte s'étale sur un bon mille. En se retournant il ne verra même plus les canots de tête tellement ces embarcations sont basses sur l'eau. Le soleil a percé les nuages et le vent a un peu molli. « En fin de journée, confie Jean-Luc Torre, ils auront perdu la côte de vue. Et là ce sera effectivement parti ». Pourtant les solitaires ne seront pas encore complètement seuls sur mer. Il y a les petits bateaux de pêche peu ou pas éclairés la nuit et puis les cargos tant redoutés un peu plus au large. La première nuit va se passer aux avirons pour beaucoup. Prudence, la route est longue, très longue.

NB : classement actualisé sur le site de la course http://www.bouvet-guyane.com/

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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 08:31

Le Sénat adopte la nouvelle gouvernance des ports d’outre-mer
« Ca améliore l’existant, mais ça n’est pas au service du développement », a indiqué Georges Patient, (Guyane app. PS), sitôt l’adoption, jeudi soir, de la loi de la réforme portuaire dans les 4 DOM. « C’est une pièce de puzzle qui doit s’intégrer dans une stratégie de développement », a encore appuyé le sénateur Serge Larcher (Martinique app. PS) qui aurait voulu avoir la boîte du puzzle en entier… Vers 21 heures, jeudi, la réforme des ports d’outre-mer relevant de l’Etat a été adoptée à l’unanimité des présents dans un Sénat quasi désert. A gauche, MM. Cornano, Antiste, Larcher, Patient, Vergès ; à droite, MM. Fontaine et Magras… « Nous sommes tous d’accord et vaut mieux tard que jamais », avait indiqué Maurice Antiste pendant la discussion générale. Mais s’il y avait consensus, le texte adopté par les sénateurs diffère de celui voté par l’Assemblée nationale et devra donc retourner devant la commission mixte paritaire (députés et sénateurs) la semaine prochaine.  La loi réforme la gouvernance des quatre grands ports de la Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Il s’agit de mettre fin à la gestion par l’Etat et les CCI (dans trois des quatre ports  - la Guadeloupe étant déjà un port autonome) pour mettre en place des établissements publics locaux et une gouvernance rénovée avec des représentants des collectivités locales. Les sénateurs ont obtenu d’adjoindre en sus un représentant des associations de consommateur malgré l’avis défavorable du gouvernement. Thierry Mariani, ministre des Transports a concédé un représentant de plus en Guadeloupe… Mais comme le gouvernement n’a pas de majorité au Sénat, l’article 3 qui ne concerne aucunement cette affaire de gouvernance portuaire (il s’agit d’une série de mesures sur les transports intérieurs : le temps de conduite des routiers, l’aviation civile… qui doivent être pris d’urgence afin d’éviter une amende de Bruxelles), que les parlementaires ont appelés « texte voiture balai », a été rejeté intégralement. Faute de consensus en commission mixte, le dernier mot reviendra aux députés.
FXG (agence de presse GHM)

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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 07:47

Le DGOM et le CMAI rencontrent les associations
Le quatrième rencontre des associations avec la délégation générale à l’outre mer de la ville de Paris, dirigé par le Martiniquais, Jean-Claude Cadenet,  a eu lieu dans un endroit  magique, le Pavillon de l’eau, en bord de Seine, dans le 16e arrondissement.Jean-Claude-Cadenet-et-son-equipe-Etienne-Nicole-Geneviev.jpg Dans le hall d’entrée, le public venu nombreux, 200 personnes, est accueilli par la direction des usagers, des citoyens et des territoires (DUCT), et des spécialistes chargés des subventions aux associations. Ils étaient sur le pied de guerre pour expliquer, renseigner, informer sur les mécanismes d’attribution des subventions et pour l’aboutissement d’un dossier. Mais aussi voir et découvrir la très belle exposition itinérante sur Joseph Zobel, « Joseph Zobel, le cœur en Martinique et les pieds en Cévennes », que Patricia Thierry a eu la fierté d’expliquer. Plus-de--150-personnes-presidents-et-membres-d-association.jpg« Je suis très touchée de vous présenter cette exposition sur Joseph Zobel. C’était mon désir de rendre hommage à un homme et sa création et surtout une envie de remettre en valeur ses textes, des réflexions très actuelles », a-t-elle expliqué devant l’auditoire. Une vraie passion partagée. Dans la salle de l’auditorium, le groupe musical mahorais de Sarah Médard, K-Danses des iles, pousse la chansonnette. Un premier contact avant la grande fête qui doit suivre à l’hôtel de ville de Paris pour célébrer la signature de la convention entre la ville de Paris et le conseil général de Mayotte. Le sixième dom est en marche dans la capitale.
Cette rencontre associative a débuté pour la première fois en 2009 au chaix de Bercy avec 20 personnes. Elle est aussi devenue l’occasion de remercier ceux qui par leur engagement, leur militantismes jouent un rôle important dans la construction du vivre ensemble et le maintien des traditions de la France d’au-delà des mers.
Jean-Claude Cadenet a présenté son bilan de l’année écoulée : fête des cuisinières de Guadeloupe, fête des vendanges de Montmartre, carnaval tropical, des nombreuses projections documentaires, la nuit créole, etc…… En tout, plus de quarante cinq manifestations dont la dernière en l’honneur d’un illustre homme de la RGenevieve-Theaulaz-recoit-ses-invites-pour-la-quatrieme-.jpgépublique, Gaston Monnerville. « Le carnaval sur les Champs Elysées a vu défiler 7000 personnes,  450 000 spectateurs  réunis pour l’occasion, pas  un seul incident, pas une seule cravate de tirer alors qu’on avait peur de nous prêter les Champs Elysées. Ça c’est le rapport de la préfecture de police de Paris ! » L’événement avait mobilisé un imposant service de sécurité, digne d’un match PSG-OM. Mais il n’a pas eu un mot sur les faits qui s’étaient déroulés autour du stade Charlety.
Eliane-Mavinga-du-Casodom-Mariline-Monin-de-Tous-Creole---.jpgMais sans le CMAÏ, la DGOM n’aurait pas d’yeux, ni d’oreilles dans la vie ultramarine de la capitale. C’est en ce sens que le directeur du CMAI, Michel Mauvilieu, a pris la parole pour présenter son bilan. Ce centre d’accueil de la ville emploie quinze personnes ayant pour mission première d’accompagner les originaires d’outre mer rencontrant des problèmes particuliers (logement, plus de trois demandes par jour, emploi-formation, social et juridique…) Le CMAÏ ne veut  pas être un guichet unique et ne peut pas sortir du droit commun. Son rôle est de dynamiser et d’optimiser les demandes et les aides en faveur des originaires des différents pays d’outre-mer vivant à Paris. Joseph-Ahekoe-et-son-equipe-de-Trans-continent-photo-Alfr.jpgUn travail qu’il mène en étroite collaboration avec le CASODOM.  Il existe une communauté qui vit dans une grande précarité sociale. Leur nombre est en augmentation constante depuis sa création. Rien que pour les trois dernières années, c’est plus de 36 % de visites supplémentaires. Le chiffre qu’avance Michel Mauvilieu fait froid dans dos. 2760 personnes ont poussé la porte de la rue Léon-Frot pour être entendue et aidée. C’est le bras armé de la DGOM.
Mais que pense Jean-Claude Cadenet quand il lance cette phrase d’Edouard Glissant : « Il n’y a pas de civilisation qui soit la métropole des autres » ? Une chose est sûre, sa mémoire garde une place pour les nombreux Haïtiens qui sont toujours sans logement et pour la chanteuse capverdienne Césaria Evora dont les nostalgies lui disent encore quelque chose. Un combat qu’il conduit avec ses tripes.
Alfred Jocksan


Ils ont dit
Hamou-Boukkaz--adjoint-au-maire-de-pazris-photo-Alfred-Jock.jpgHamou Bouakkak, adjoint au maire de Paris, chargé de la démocratie locale et de la vie associative : « J’ai l’espoir en 2012 que plus d’associations d’outre-mer feront partie de ces maisons d’association qui  sont là pour faire vivre la dimension outre-mer dans le mouvement associatif parisien. Ce sont ces associations qui font revivre la mémoire d’un grand de l’outre mer, d’un de ces hommes qui honorent  l’outre-mer, qui honorent la France mais qui honorent aussi l’humanité, l’humanité qui lutte pour la liberté, l’humanité qui lutte pour l’émancipation, l’humanité qui lutte pour une certaine vérité sur les rapports humains. Je veux  parler de nos actions autour de la mémoire de Franz Fanon qui est un exemple pour nous tous. Il a été le Mozart de la lutte pour l’indépendance, le Mozart de la véritable désaliénation des colonisés.  C’est avec fierté que je suis impliqué dans ce combat et ce combat marquera une étape importante lorsque nous aurons enfin un lieu dédié à Franz Fanon dans cette ville de Paris. C’est le vœu que je forme pour 2012. Car Franz Fanon est l’aiguillon dont la culture antillaise a besoin à Paris. »
Michel-Mauvilieu--directeur-du-CMAI-photo-Alfred-Jocksan.jpgLe directeur du CMAÏ, Michel  Mauvilieu : « Au CMAÏ, nous avons un vrai rôle social, nous sommes utiles. Nous aidons les membres de la communauté  dans leur détresse, leur problèmes de logement, emploi-formation, juridiques, sociaux, donc nous avons une certaine utilité et les gens nous apprécient et n’hésitent pas à venir nous voir. En haut de la pyramide, c’est d’abord le logement, suivi du social. On a beaucoup de familles monoparentales, de mères seules, de jeunes avec plusieurs enfants. Les originaires d’outre mer sont très impactés dans les problèmes liés à la précarité de la société. C’est plus difficile d’être précaire socialement quand on est loin de son département de naissance.  Je me rends compte que nos compatriotes ne savent pas trop comment ça se passe en Hexagone. Ils se lancent dans des projets et c’est en arrivant sur place qu’ils se rendent compte comment les choses sont difficiles. Le mode de vie métropolitain n’a rien à voir avec ce que nous connaissons chez nous. »
Jean-Claude-Cadenet-photo-Alfred-Jocksan-1.jpgJean-Claude Cadenet, délégué général à l’outre mer à la mairie de Paris : « Nous sommes sur deux versants, culture et droit commun. A la demande du maire, Bertrand Delanoë, nous avons développé un troisième axe qui est un axe d’échange et de partenariat avec les collectivités locales d’outre-mer. Et cet axe se traduit dans des conventions. Il y a déjà trois convenions qui sont signés avec la Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et le prochain sera avec Mayotte. Il y a encore des difficultés à surmonter telle que la question de la mobilité des fonctionnaires entre les collectivités. On travaille pour beaucoup plus de fluidité. »

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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 06:31

Zendiyen Gwadloup
photo-Sidambarom-HENRY.jpgZendiyen Gwadloup, la force qui va ! C’est le prochain documentaire de Michel Reinette et Laurent Champonnois, produit par Frédéric Tyrode Saint-Louis de Beau Comme une Image. Les images ont été diffusées en avant première à Paris mardi dernier, à l’auditorium de l’hôtel de ville. La saga de la famille Vaïtilingon et de la communauté indienne de Guadeloupe  s’articule autour de la réussite de la famille par le travail, et de personnalités de la communauté indienne qui font la Guadeloupe d’aujourd’hui. Une famille qui s’impose comme une des forces vives du développement du pays. Ils sont dans l’agriculture, le ramassage d’ordures ménagères, le terrassement ou autres. De leur histoire douloureuse à leur réussite économique, de leur pratique spirituelle et leur engagement culturel, de leur vie quotidienne à leurs loisirs pour riches comme les petits plaisirs, tous est là. Pourtant, le déracinement, la souffrance, les quolibets, les insultes sont passées par là. Ils sont une composante du peuple guadeloupéen et de son histoire. Ce film contribue à leur réhabilitation depuis la sortie des cales de l’Aurore, ce navire qui débarqua les premiers coolies en 1853. ITW de l'auteur, Michel Reinette


" Je suis un indépendantiste apaisé "
Michel-Reinette-2-photo-Alfred-Jocksan.jpgPourquoi ce genre de film sur la société indienne guadeloupéenne ?
Nous appartenons à des populations qui sont toujours enquête de repères, de reconnaissances par apport à eux-mêmes. Ce genre de film ce n’est pas pour nous faire valoir, mais pour nous faire valoir à nous même. Pour se connaitre, plus on se connaît, mieux on s’aime et  mieux on apprend à aimer les autres. Le problème existé en pays colonisé ou comme écrire en pays colonisé c’est être une partie de soi-même, donc  il est important de reconquérir, de récupérer, de se regarder, de se connaitre. Je me souviens que Daniel Maximin disait : «  L’antillais dit oui devant et non derrière »,  parce qu’il a du mal à se regarder.  Et, regarder les autres sans aplomb, sans prétention, mais comme un homme malgré les années d’esclavage. Ce film là, est une version sauvée de ce que nous voulions faire au départ puisqu’il devait se terminé dans une contré continentale de l’Inde du coté de Calcutta. Malheureusement  ça n’a pas pu se réaliser car un membre important du film a eu un accident qui lui tient encore depuis plus de dix huit mois dans une situation comateux dans un hôpital suite à un accident. C’et un peu ce soir un hommage qu’on lui rend à Bruno Vaïtilingon à travers cette projection. Lui qui voulait, à travers ce documentaire, donner le signal d’une émergence qui existe déjà du point de vue économique, du point de vue social et sociétal  pour ces communautés venues  en 1854, six ans après l’abolition de l’esclavage, remplacées les noirs sur les plantations. Ces indiens ont connus pratiquement les mêmes sorts. Ils ont connus une situation extrêmement difficile. Un vécu complètement démonétisé qui les a poussés à se replier sur eux –même, à avoir un comportement un peu clanique. Certains d’entre vous doivent se souvenir comment leur passage était accompagné des quolibets. Beaucoup de souffrances. Il se trouve que la vie est faite comme ça.
Michel-Reinette-74-photo-Alfred-Jocksan.jpgVous effleurez du bout des doigts l’histoire d’Henry Sidambarom, cet homme indigné du sort réservé à ses semblables dans la Guadeloupe de jadis. Comment expliquez-vous ce petit passage ?
Evidement les choses ont été comme l’histoire d’Henry Sidambarom qui est un monsieur  qui a combattu bec et ongles et passant par la case prison, d’ailleurs, pour que les faits indiens soient admissent, afin que les indiens deviennent des citoyens, puis qu’ils furent longtemps  apatrides, méprisés. Je dirai c’est un peu notre père à tous, antillais. Le combat fut rude. Il fut instructif pour les autres guadeloupéens  qui soient, blanc, noir, jaune. Il est  important aujourd’hui de voir qu’il y a une population, un peuple qui existe avec toutes ces forces. Je suis vraiment heureux et j’espère que ça ressort dans le sujet. Je voulais montrer finalement qu’il existe une dynamise de peuple. Même ci je trouve que mon ami Faroudjia est un peu excessif lorsqu’il dit que la nation va émerger, il va prendre son indépendance.   
Dans cette saga Vaïtilingon, on ressent plutôt une opposition noire et indienne. Comment  fonctionnent les Indiens avec les békés ?
Comme partout dans le monde. Le raciste est d’abord social. Donc, les indiens qui sont riches sont très potes avec les békés. Pour autant, ils restent tout de même dans une espèce d’arithmétique ethnique qui existe dans nos pays qui fait que les békés sont les békés, les Noirs sont les Noirs et les Indiens sont les Indiens et on arrive à se retrouver. Ceux qui sont moins émergeant économiquement sont moins potes avec les békés. Dans ce pays, il existe le code des couleurs qui pourrait être une richesse, mais certaines fois devient un handicap. On le sait notre société fonctionne sur les préjugés de couleur, malheureusement. 
C’est un véritable travail documentaire sur cette société que vous portez à l’écran ?
Michel-Reinette-5-photo-Alfred-Jocksan.jpgMon travail documentaire est fait pour que les Antillais et les Guyanais  s’approprient leurs histoires. Leur histoire d’homme, pas l’histoire dans le sens du continuum. Mais, vraiment  l’histoire des hommes qu’ils sont. J’ai encore la faiblesse de penser que mieux l’on se connaît, mieux l’on apprend à aimer les autres et mieux l’on appréhende le monde. Le fait indien guadeloupéen me tenait beaucoup à cœur parce que j’ai connu les cérémonials maléfiques des quolibets qui accompagnaient les indiens quand ils passaient. Il était important pour moi de restituer une exigence de situation qui permet de montrer la dimension plurielle de ce pays Guadeloupe qui fait que les indiens sont au même titre que les noirs, que les blancs, que les bleus, que les jaunes constitutifs des peuples guadeloupéens.
Pourquoi avez-vous choisi la famille Vaïtilingon et pas une autre ?
Je voulais à travers la réussite d’une famille montrer un cheminement.  Ce n’est pas une réussite héritée, c’est une réussite construite, en l’occurrence par le travail, par l’opiniâtreté, par la possibilité de prendre l’ascenseur social dans un espace pas très évident.  Je peux vous dire qu’être indien en Guadeloupe, cela n’a jamais été une sinécure. Des gens par leurs déterminations tiennent le haut du pavé. Ça m’intéressait, sans négligé pour autant les autres. Mais, l’exemple des Vaïtilingon, comme celui des Gadarcan et d’autres familles indo-guadeloupéenne étaient intéressant à montrer parce qu’il est  exemplaire, précisément.  
Michel Reinette êtes-vous un documentaliste engagée sur les faits de société, de sa société ?
Oui… Engagé dans la vie. Nous Guadeloupéens, Martiniquais, Guyanais engagés dans cet espace qu’on appelle les départements français d’Amérique, nous avons ce que j’appelle le malaise identitaire qui fait que nous sommes d’un coté complètement guadeloupéens, de l’autre coté complètement français ou en tout cas un peu les deux. On a ce truc là, é nou ka bigidi (hésiter). L’idée est de réapproprier soi-même pour avoir la force d’être debout et affronter les choses dignement, en tant que personne verticale. C’est vrai, il m’importait énormément de traiter l’histoire de la migration antillaise à travers le BUMIDOM. Parce que c’était une migration organisée dans un but politique, comme j’ai parlé de la situation de la femme caribéenne, dans "Moi, noire féminin pluriel". Là, il m’m’importait de parler aussi de cette composante particulière de la Guadeloupe qui est un marqueur important. Nous sommes une société dont le morphotype traduit les différentes influences, à la fois culturelle, ethnique, etc.… Jodila prèmyé manjé gwadloup sé colonbo. Parfait, ça vient des Indiens.
Michel-Reinette-85---Alfred-Jocksan.jpgDans cette saga, vous montrez la dimension politique de la lutte et de l’émancipation d’une catégorie de la population de Guadeloupe ?
Complètement, il faut qu’on sache entendre ça. Et non pas en termes de quête, mais en termes d’affirmation. A partir du moment où l'on affirme c’est qu’on a réussi à dépasser précisément les peurs de l’histoire qui nous on fait trembler. Aujourd’hui, je ne suis pas dans une quête, je sais qui je suis. Donc, j’affirme et en affirmant, je montre que je suis debout à regarder les gens, non pas de manière arrogante, mais de manière complètement amicale et égalitaire. Un homme est un homme.
Est-ce que votre façon d’avoir un pied à Paris et l’autre à Pointe-à-Pitre ?
Oui, il y a un peu de ça. Il y a aussi ma façon à moi, dans cette société, que je trouve très « fanonienne ». Fanon disait  que le Noir n’est pas un homme, c’est un homme noir. Moi, je vous dis,  pas comme Césaire « le Noir vous emmerde »,  l’homme noir  vous regarde dans les yeux comme un homme regarde un homme. Tout ça s’est fait pour ça. C’est réapproprié son moi, au delà du surmoi factice dont nous sommes nantis. J’avoue que, quelqu’un disait dans la salle que nous sommes français, je n’arrive toujours  pas à me sentir français, moi. Je reste un révolutionnaire.
Qu’attendez-vous du public après tant d’image et reportage ?
Que les gens s’approprient de ça. Je suis à une vingtaine de films documentaires. Ce qui est important ce que les gens se retrouve dedans. L’idée d’un film est de rassembler ce qui est éparpillé, tant en termes de documents, qu’en termes d’idées. Je conceptualise les choses pour que ça fasse sens, pour créer du lien, donner aux gens des raisons de s’aimer, de se considérer, de ne plus casser le miroir, de se regarder, en disant finalement ma résilience est extraordinaire après avoir connu une telle inhumanité de la part d’autre peuple. En tout état de cause, ma révolte aurait du me faire couper et hacher. Ma révolte, aujourd’hui, est passée à travers le filtre de la compréhension et de la réappropriation pour faire finalement que je n’ai rien contre les Français, j’en ai après un système. J’aime les Français, comme j’aime les Guadeloupéens, les Martiniquais. Je n’ai pas de problème par rapport à ça et c’est pour ça qu’il faut comprendre qu’on peut être un indépendantiste apaisé qui regarde les choses et qui dit aux gens : « Voilà, j’étais colonisé, je ne le suis plus. Surtout, je ne le suis plus dans la tête. » Même si aujourd’hui la Guadeloupe est toujours dite française. Mais, moi, je ne suis pas colonisé.
Un indépendantiste apaisé est ce vraiment votre cas, Michel Reinette, aujourd’hui ?
Totalement, revendiqué.
Êtes-vous déjà au travail sur autre chose ?
Aujourd’hui, je suis entrain de faire un film qui s’appelle Lucette. il retrace le parcours de Lucette Michaux-Chevry qui pour moi, malgré le fait que nous avons des choix politique extrêmement distant, est le parcours de la femme antillaise combattante à travers l’histoire. Je pense que Lucette s’est installée dans le sillage de Gerty Archimède qui, elle-même s’était inscrite dans le sillage de la mulâtresse Solitude. Mè, fanm gwadloup fo.
Propos recueillis par Alfred  Jocksan

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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 06:02

Dagnet, Collard, Ribbe et le Front national
Dagnet--Karam--Sarko.jpgL’annonce par le Front national de la présentation de son programme pour l’Outre-mer par Marine Le Pen, le 1er février prochain, en présence de Charles Dagnet, ancien co-président du Collectifdom, a provoqué une réaction vive dans le milieu ultramarin parisien. Daniel Dalin, actuel président de cette association de lobbying et qui fut aussi co-président avec Charles Dagnet, a fait publier dans l’édition de Libération du 26 janvier, un texte pour dénoncer une manipulation. « Le Collectifdom a toujours été aux antipodes des thèses et propos soutenus par le Front National et dénonce fermement la récupération et l’usage qui est fait par un certain Charles Dagnet, du nom Collectifdom. »
Daniel Dalin reconnaît que Charles Dagnet a été « un éphémère co-président (8 mois en 2007), (et que) « il en a été radié à l’unanimité des membres de son conseil d’administration pour fautes graves. » En 2007, poursuit le Collectifdom, « Charles Dagnet avait soutenu la candidate Ségolène Royal, puis chanté la Marseillaise avec le candidat Nicolas Sarkozy »… Il semble que cette jonction se soit faite par le biais de l’avocat Cyril Collard qui conseille Marine Le Pen, et d’un autre ancien président du Collectfidom, Claude Ribbe. Les deux hommes s’étaient rapprochés au moment de la sortie du livre de Claude Ribbe, Le crime de Napoléon, en 2006.
Le jour même de l’envoi du communiqué du Front national indiquant la présence à venir de Charles Dagnet à sa conférence de presse, ce dernier était vu en train  de déjeuner avec Claude Ribbe, à la brasserie parisienne, le Zimmer, au Châtelet.
FXG (agence de presse GHM)

Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
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