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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 16:21
Greg Germain monte une pièce guadeloupéenne
En réunissant pour la première fois sur une scène Firmine Richard, Philippe Calodat et Nathalie Coualy, Greg Germain renoue avec ses racines.Greg Germain, Philippe Bourgade (assistant mise en scène), Philippe Calodat et Nzthalie Coualy en répétition au Grand Lavoir à Paris...
Perché au grenier d’un immeuble parisien, le comédien guadeloupéen Greg Germain dirige une répétition théâtrale. Firmine Richard, assise sur un sofa, a les yeux rivés sur la télé et la main posée sur la télécommande. Face à elle, Philippe Calodat (compagnie Grâce Art théâtre), mari oublieux et volage tente de faire croire à son épouse que la jeune femme qu’il ramène (Nathalie Coualy) à la maison est la baby sitter tant recherchée. « Mais nous n’avons pas d’enfant… » La pièce, Projection privée, est signée de Rémi de Vos. Ca commence comme un boulevard, ça ressemble à du boulevard, mais c’est bien plus que du boulevard. Bien plus car si le rire reste très présent, l’objet même de la pièce permet de porter plus haut et plus loin la réflexion. Sur le couple, sur la télévision… La télévision est le quatrième acteur de cette pièce.  « C’est une farce cruelle », résume Greg Gemain. Ca se ressent dès le début quand Firmine, la téléphage, balance : « J’adore les vedettes… (elle zappe…) Je voudrais qu’il en crève tous les jours ! »  « L’idée est venue de Philippe Calodat, raconte Firmine Richard. Il a appelé Greg… On a travaillé deux jours ensemble et j’ai accepté. Je ne connaissais pas le texte, mais c’est l’envie de nous retrouver qui a primé et puis, c’est la première fois que Greg me dirige… »
Pour interpréter la troisième personne, il fallait une personne jeune et chabine. Ils ont pensé d’abord à Cécile Vernant, la réalisatrice martiniquaise mais elle était prise par la production de son long métrage. « J’ai hésité à aller au bout et quand Greg a suggéré Nathalie Coualy, j’ai dit ok ! » Nathalie avait déjà joué la fille de Greg dans Chap’là de Christian Lara. « J’ai tout de suite vu Firmine dans ce rôle », raconte Nathalie Coualy qui s’est même demandé si ce texte n’avait pas été écrit pour elle.
Création en Avignon
Firmine incarne donc cette femme, un personnage qui n’est pas tout de suite typé. « Elle est d’abord une épouse cocue, une pauvre femme et à la fin on va découvrir qui elle est vraiment. » Nathalie joue la gentille fille, ni totalement idiote, ni très intelligente… Une jeune file qui veut une belle histoire, qui aime les belles paroles… Nathalie Coualy qu’on a vu sur la scène stand up ou dans « Seule en scène « (travail en collaboration avec Pascal Légitimus) s’essaie pour la première fois au travail en troupe. « C’est une expérience géniale que de partager l’affiche avec Firmine. Je l’ai rencontrée l’an dernier en Avignon et je ne savais pas que l’on jouerait ensemble. » Philippe Calodat était lui aussi en Avignon l’an dernier avec Le costume. « Je voulais que Greg mette en scène Derrière la porte, mais la pièce était trop courte. Il a trouvé ce texte et ça m’a plu. » Et voilà Calodat essayant d’incarner en répétition cet homme  qui oublie qu’il est marié. Un rôle de salaud ? de naïf ? « Il a sans doute un début d’Alzeimher… » « C’est un rôle très antillais, avance Greg, avec sa femme potomitan et lui papillonnant…. » Projection privée sera créée en Avignon, lors du prochain festival, à compter du 10 juillet à la chapelle du Verbe incarné. Elle devrait ensuite partir aux Antilles. Greg Germain aimerait faire comme il l’a déjà fait en Martinique, venir avec ses comédiens en résidence à la Guadeloupe, jouer au Lamentin, au Moule, à Lauricisque aux Abymes et pourquoi pas à l’auditorium de Basse-Terre.
Projection privée, de Rémi de Vos. Mise en scène Greg Germain. Production Compagnie du Tout monde et Grâce Art Théâtre. Avec Philippe Calodat, Nathalie Coualy et Firmine Richard.
Didascalies créoles
Rémi de Vos n’est pas Antillais et pourtant, il y a de l’antillais dans cette pièce ! Au-delà des situations, le texte a beaucoup de musicalité dans les mots, le phrasé, avec des accélérations du rythme. « C’est très créole », concède le metteur en scène. C’est sans doute pour cela que Greg Germain a voulu faire une pièce guadeloupéenne en réunissant des comédiens de son île. « Ce que je fais en Avignon, la passerelle, ne doit pas être que dans le sens Nord Sud. Là, c’est un homme d’une compagnie guadeloupéenne, Philippe Calodat, qui propose à la diaspora de travailler ensemble ! En cela, c’est exemplaire ! » Sur le plateau, Greg envoie des indications de mise en scène (les didascalies) en créole, et chez les comédiens, certaines répliques fusent naturellement dans cette langue. « L’auteur n’est pas contre », avance Firmine. « Nous échangeons beaucoup en créole alors que d’habitude, je ne le fais jamais, reprend Greg. Je m’appuie sur des situations qu’on a tous vécues en Guadeloupe ». Au-delà des mots, la danse et la musique viennent renforcer cette créolité dans la mise en scène. « Je ne sais pas si j’aurai demandé à des non créoles de danser sur scène… » L’emploi du créole vient tout seul dans la bouche des comédiens. Il n’est pas commandé par le metteur en scène. « Ca amuse l’auteur de voir ses mots triturés et reformulés dans un langage vernaculaire pour lequel il n’a pas écrit cette pièce… » Voilà pourquoi on attend Projection privée dans les théâtres antillais !

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 13:56
La physionomie du ministère de l’Outre-mer va changer
En septembre, une Délégation générale à l’Outre-mer devrait voir le jour. Elle sera la fusion de l’actuelle direction des affaires politiques et financières (DAPAF), dont le directeur, Adolphe Colrat, vient d’être nommé haut-commissaire de la République en Polynésie française, avec la Direction des affaires économiques, sociales et culturelles (DAESC). Éric Pilloton, actuellement préfet des Terres australes et antarctiques françaises (communément appelé, dans le jargon de la rue Oudinot, préfet pingouin) et ancien conseiller technique à l’aménagement et l’administration du territoire au cabinet de Villepin, devrait être nommé à sa tête. La DGOM sera composée de trois services : juridique, politiques publiques, prospective et évaluation. Elle dépendra du ministère de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités locales mais sera placée sous l’autorité du secrétaire d’État à l’Outre-mer. Le Premier ministre prendra, probablement en juillet, le décret pour sa création. Les effectifs devraient passer, à terme, de 300 agents à 150. Économie d’échelle dans les ministères aussi…
(David Martin/Les Nouvelles calédoniennes/Les Nouvelles de Tahiti)

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 10:27
Le CRAN devient coorganisateur de la cérémonie des CésaireJoseph Dunoyer, Firmine Richard, Franck Anretar, Yamina Benguigui, Sanvi Panou, Louis-Georges Tin et Pascal Gentil, à la mairie de Paris, lors de la conférence de presse de présentation des Césaire 2008.

« Ce n’est pas facile de rassembler et de faire l’unité chez les Martiniquais… » Ces mots d’Aimé Césaire prononcés à l’attention de Franck Anretar, créateur de Césaire de la musique, il y a plus de deux ans, ont été confrontés à la réalité. Pour la première fois, cette année, la cérémonie qui récompense les talents africains et caribéens n’est plus l’apanage des seuls Antillais, puisque sous la pression de la mairie de Paris (une subvention de 100 000 euros contre 4 000 auparavant), Franck Anretar a accepté de partager l’organisation de l’événement avec le Conseil représentatif des associations noires (CRAN). Déjà l’an passé, An nou alé (puis Tjembé red), associations antillaises luttant contre l’homophobie, avaient tenté d’imposer leur présence dans l’organisation des Césaire. La remise d’un prix à Admiral T, taxé d’homophobe, lors de la première édition, avait permis à l’association d’alerter la mairie de Paris qui avait soutenu cette première cérémonie. L’alliance n’avait pas eu lieu mais les tracatations entre l’organisateur et Louis-Georges Tin préfigurait la configuration retenue pour 2008. La nouvelle édition sera donc consensuelle et tous les artistes nommés devront ne s’être jamais compromis dans des propos racistes, antisémites ou homophobes (remarquons toutefois que la sélection musicale manque cruellement de femmes !)…
Au Châtelet
Le 23 septembre au théâtre du Châtelet, un jury populaire attribuera les Césaire de la musique au meilleur artiste de l’année, au meilleur album, au meilleur clip, au meilleur groupe et à la révélation de l’année. Quatre artistes seront cités dans chaque catégorie. La nouveauté viendra de la création de nouveaux Césaire : Deux prix en littérature (fiction et essai), deux prix en cinéma (fiction et documentaire). Enfin, une personnalité sera récompensée ainsi qu’un média. Le jury littéraire sera présidé par le vice-président du CRAN, Louis-Georges Tin, celui de l’audiovisuel le sera par l’adjointe au maire de Paris, Yamina Benguigui.
Selon le délégué général adjoint de la cérémonie, Joseph Dunoyer, un certain nombre de personnalités ont été approchées pour participer à la soirée : Jimmy Jean-Louis, Wyclif Jean, MC Solaar… Deux parrains ont été choisis pour cette édition : Firmine Richard et Pascal Gentil. « Ce bébé est viable, a déclaré la comédienne guadeloupéenne et élue de Paris, et Pascal et moi allons l’emmener sur les fonds baptismaux ».

Les nominés
Meilleur artiste
Princess Lover, Youssou’n’Dour, Jean-Marie Ragald, MC Solaar
Meilleur groupe
Espoir 2000, Kassav, Zenglen, Toguna
Meilleur clip
Doubout  pikan (Kassav), Pryé Jah (Tiwony), Rayon de soleil (LS), Turn me up (DJ Wilson)
Révélation
Caraib to jazz, Fanny, Ferré Gola, Marc Antoine
Album
Richard Bona, Tiken Jah Fakoly, Mokobé, High Tunes

Pour voter : www.lescesaire.com

Jury littéraire
Jacques Chevrier (Sorbonne), Eric Fassin (Ecole normale), Lilyan Kesteloot (Institut fondamental d’Afrique noire), Alain Mabanckou (prix Renaudot), Pierre Sané (UNESCO), Louis-Georges Tin (Université d’Orléans), Françoise Vergès (Comité pour la mémoire de l’esclavage)
Jury audiovisuel
Yamina Benguigui, France Zobda, Cheikh Doukouré, Eriq Ebouaney, Catherine Ruelle, Euzhan Palcy. Sanvi Panou

 

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 19:51
Fabienne Kannor fait un chagrin d’amour
En ouvrant le dernier livre de Fabienne Kanor, Les chiens ne font pas des chats, publié aux éditions Gallimard, collection continents noirs, on se dit qu’elle aime les histoires d’amour.
Au fil de la lecture, on l’oublie et on s’en moque. Chagrin ou pas, Fabienne Kanor s’en sort bien. Comme dans une télénovela, le livre débute par la distribution ; le succès c’est d’abord un casting. Et ça tombe bien parce que l’action se passe à Belem, Brésil. Comment une orpheline de la bourgeoisie parvenue locale tombe amoureuse d’un pizzaïolo noir. Le ton est espiègle, les phrases sont courtes : «  « Putain Dieu » hurle-t-elle livrée à cette langue qui vaut toutes les hosties ». Les chapitres font deux à trois pages. Leurs titres, tirés de films de série B hollywoodienne, rythment une histoire d’amour en noir et blanc.
Les regards se croisent et tissent une intrigue policière où les personnages se démultiplient. Nul n’est simple, les introspections d’une police différente. Du rythme donc du style : «  la jupe fond lorsqu’elle s’assied ».  Et de l’humour : «  A moins d’aimer les vaches, les pâtes et le Guronzan, cette fille est infréquentable. »  Au tiers du livre, quand les amoureux s’exilent, quand « ils basculent de l’autre côté, chez les grands, là où ne croit plus ni à l’amour ni aux miracles », la phrase s’allonge, le ton s’assagit. Les mots creusent des rides d’amertume.
Ce livre est une démonstration : Les chiens ne font  pas des chats. « Les gens qui parlent trop n’ont souvent rien à dire », écrit l’auteur page 139. Ce livre en est la preuve. Il finit triste, sans être languissant.
Précisons pour les érotomanes que la Chritini est la femme artiste dans le Kama-sutra.

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 19:30
Le nègre vous emmerde, pour Aimé Césaire
Claude Ribbe, Editions Buchet-Chastel
Sortie nationale le 5 juin 2008.
La critique du blogger
Césaire est mort le 17 avril et après le vol des rapaces, le 5 juin, en sortant son livre chez Buchet-Chastel (éditeur de Houelbecq, Claude Ribbe met sa deuxième couche pour dénoncer ces mêmes rapaces. Erudit, Claude Ribbe l’est. Mais comment faire avec Césaire quand ce qu’on maîtrise le mieux, c’est le pamphlet ? Eh bien, des révélations tonitruantes comme le boycot que lui ont fait De Gaulle, Pompidou et Giscard ( !), ou bien rappeler qu’il a commis un poème, une ode à Staline, comme Eluard… Les voyages d’adoubement ? Sarkozy, Royal, Fabius, Bayrou, Villepin… Il ne dit rien de la visite de Besancenot, ni de la sienne dont il affiche pourtant fièrement la photo sur son blog (comme tout le monde ! quoi). Mais là encore où l’on voudrait l’attendre, Ribbe n’est même pas iconoclaste. Le pourrait-il, lui qui, le premier, a hurlé : « Césaire au Panthéon ! ». Alors il s’en justifie pour lancer une pétition : « Césaire en Martinique, son esprit au Panthéon ». Selon le normalien de la rue des Saints-Pères, Victor Hugo mort n’appartenait plus aux siens mais déjà à la Nation. Pourquoi en serait-il autrement pour Césaire ? Au final (mais l’exercice n’est pas long), le livre relève davantage de la gazette politico-mondaine que de celle littéraire.


La critique de Noémie Fritz
A l’heure où la disparition de Aimé Césaire endeuille la France et soulève la question d’un avenir à construire sans lui, Claude Ribbe signe avec brio une œuvre militante emprunte de justesse et d’humanisme. Sans détours ni détournements, Claude Ribbe rend hommage au grand homme que fût Aimé Césaire et qu’il restera dans les mémoires.
A travers une description documentée de la carrière politique et littéraire du grand homme, l’auteur également historien, amène le lecteur à se saisir de l’universalité de la pensée césairienne.
Sans complaisance il explique comment la subversivité de Césaire, l’auteur, le rend dangereux pour une classe politique française dont les sous-bassements sont contrits de racisme.  Et comment ces mêmes « dignitaires de la pensée unique »  souhaiteraient enterrer son œuvre en même temps qu’ils enterreraient la dépouille de Césaire pour ne garder en mémoire que l’homme politique qu’il fût. C’est sans compter sur le fait que « le Nègre les emmerde » et avec lui tous ceux qui ont saisi et saisiront la portée de son œuvre. L’œuvre de Césaire ne fût pas enseignée à l’école, mais sa pensée résistera à l’oppression si insidieuse et discrète soit elle.
Cet ouvrage apporte des clés de compréhension à la fois sur l’œuvre littéraire de Césaire, sur son combat politique pour la reconnaissance et l’autonomie de la Martinique et sur la réalité d’une France dominée par l’oubli d’une partie de son Histoire.
Loin de glisser dans les avatars du communautarisme ou de l’ethnicité qui aboutissent elles aussi au racisme, Claude Ribbe porte l’idée d’un « commun dénominateur   » pour « échapper […] à cette barbarie qui va se camoufler jusque dans l’ombre des bons sentiments ».
Il va même jusqu’à offrir en partage la négritude, tout comme l’a fait son « chantre » en 2006 , car pour se sentir emprunt de négritude, c’est l’intelligence du cœur qui est concernée. Pas besoin d’ « être ou ne pas être…  » noir, au grand dam des racistes et fascistes de tous bords qui n’existent que dans la rupture et la mortification. Les héritiers d’Aimé Césaire briseront les chaînes du passé qui empêchent tout un peuple de s’unir. Cette libération passe par la relecture et la réhabilitation d’une mémoire commune bafouée que les français doivent (enfin !) partager pour répondre des principes fondateurs de leur République, l’Egalité, la Fraternité, la Liberté.
Claude Ribbe, en lettres de noblesse, se bat pour l’entrée de son œuvre au Panthéon, avec ou sans sa dépouille ; pour qu’un hommage à sa hauteur soit rendu à Aimé Césaire .
L’heure est grave, de l’honneur que la France rendra à Aimé Césaire dépendra l’honneur qu’un pays rendra à son peuple.
En mai 2008, 160 ans après la seconde abolition française de l’esclavage, la lutte continue, « Non au mépris, Non au meurtre de ce qu’il y a de plus humain dans l’humain : la liberté. » disait Frantz Fanon.
Le Nègre Vous Emmerde, pour Aimé Césaire est une invitation à sortir des pulsions mortifères qui régentent les politiques et volontés de réappropriation de l’œuvre de Césaire pour embrasser les pulsions de vie et « enfin emmerder les racistes pour de bon » !

CV vite fait
Claude Ribbe est ancien élève de l’école normale supérieure. Il a publié plusieurs ouvrages (Alexandre Dumas, le dragon de la reine au Rocher, Le chevalier Saint-George chez Perrin ou encore le Crime de Napoléon, chez Privé). Il a aussi été assistant littéraire du général Aussaresse pour la rédaction de ses mémoires. En 2003, il a rempli une mission historiographique pour le gouvernement d’Yvon Neptune et du président Aristide à l’occasion du bicentenaire d’Haïti, en 2003 et 2004. Par la suite, il a été président du Collectifdom. Il est membre de la commission consultative des droits de l’homme.









 

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 16:15

Interview. Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, à dix jours de la fin d’un « marathon de concertation » pour élaborer le texte final de la loi programme.
« La volonté du gouvernement n’est pas de casser les dispositifs qui fonctionnent »
Entre vos deux derniers déplacements aux Antilles, il y a eu un changement radical dans le comportement des socioprofessionnels. Que leur avez-vous dit pour un tel revirement ?
Ca s’appelle la concertation. Quand je suis arrivé au ministère, le 19 mars, j’ai trouvé sur mon bureau le projet de loi, puis l’avis du Conseil économique et social. J’ai souhaité  alors m’engager dans un marathon de concertation afin rencontrer tous  les socioprofessionnels concernés au premier chef par ce texte. Je les ai reçus à Paris et je les ai rencontrés sur le terrain. Je crois qu’on s’est  mieux compris. Ils ont bien compris la volonté du gouvernement  de mettre en place de nouveaux outils pour faire encore régresser le chômage et construire plus de logements. Avec eux  nous travaillons donc  sur des ajustements. Je l’avais proposé dès le 21 mars, lors de la première réunion, en disant que j’étais ouvert et qu’il s’agissait de faire bouger les curseurs. C’est un parcours qui n’est pas encore arrivé à son terme, puisque nous poursuivons les discussions. J’ai entendu certains qui disent : « Laissez-nous la loi Girardin et reprenez votre loi.» Je peux leur dire aujourd’hui que dans la loi  programme 97% des mesures de la loi Girardin  seront  conservées. Nous devons toutefois poursuivre ce travail  d’amélioration du texte et d’explications  aussi je serai le 22 juin en Guyane pour y rencontrer les socioprofessionnels et le 26 juin, aura lieu à Paris, une réunion avec tout le monde socio économique pour mettre sur la table les propositions du gouvernement.
Ce sera alors la fin de la concertation ?
J’ai le sentiment  que nous aurons fait de réels progrès pour trouver une position qui permette, à la fois de répondre aux objectifs du gouvernement, c’est-à-dire redéfinir les outils pour lutter contre le chômage et pour construire plus de logements, notamment du logement social, et  parallèlement garantir les carnets de commandes des entreprises du bâtiment, c’était l’inquiétude première.
Qu’en sera-t-il du logement libre ?
Depuis plusieurs années grâce aux mesures de défiscalisation ce secteur a connu une très forte croissance souvent au détriment du logement pour les plus modestes. Cela  a eu  aussi l’inconvénient de faire monter considérablement le prix du foncier. A la Réunion, par exemple, le prix du mètre carré en 2000 était de 66 euros, il est aujourd’hui à plus de 150 euros. Cela est vrai partout. On a doublé le prix du foncier, ça veut dire que les gens ne vont plus pouvoir se loger. C’est pourquoi nous voulons dans la future loi programme donner la priorité absolue au logement social. Sans pour autant oublier  l’accession a la propriété et le logement intermédiaire. Nous allons réintroduire d’ailleurs des mesures dans ces créneaux à la demande des professionnels. Je veux mettre en oeuvre à cette occasion pour l’Outre-mer les promesses présidentielles en faveur de l’accession populaire à la propriété.
On vous reproche d’avoir minoré les baisses de charges sociales…
Jugez en. Il y avait 1,150 milliard d’euros de baisse de charges dans la loi Girardin. Dans la future loi, nous maintenons 1 milliard  de baisse de charges, soit 90 %. Ceux qui nous disent qu’il faut garder le dispositif de baisse de charges Girardin sont  donc entendus. Qu’ajoute-t-on à cela ? On ajoute des baisses d’impôts sur les sociétés, de taxes professionnelles et d’impôts sur le foncier pour toutes les activités qui vont bénéficier de ces aides à hauteur de 50 % ! De plus pour favoriser l’émergence des moteurs qui vont entraîner toute l’activité locale, le Gouvernement a demandé aux territoires de choisir eux même des secteurs économiques prioritaires où l’aide sera portée à 80 %.  Ce sont des mesures qui n’ont jamais été mise en oeuvre avec cette ampleur ! Pour résumer la loi programme que je propose c’est 1 milliard de baisse de  charges pour toutes les entreprises chaque année et on y ajoute, c’est le plus, les zones franches globales d’activité qui représente 210 millions d’euros de baisse d’impôts et qui concernent tous les territoires.
Mais il y a des pertes comme la suppression de la TVA non perçue récupérable (TVANPR)…
C’est vrai. Ce  mécanisme qui date de 50 ans est très critiqué par l’Europe. Le dispositif d’aide aux intrants et extrants inscrit dans la loi programme va compenser la disparition de la TVANPR. Nos  régions bénéficient d’aides européennes conséquentes. En échange, il y a un certain nombre de mises en cohérence des politiques publiques qui sont nécessaires. Nous travaillons donc sur un dispositif alternatif d’aide au fret. J’ajoute que la TVANPR, reste maintenue pour ce qui concerne les investissements des entreprises.
La rudesse de votre langage a pu heurter, c’est le style Jégo ?
Je ne veux  pas heurter. Je  veux convaincre et  être le porte-parole de ceux que l’on n’entend jamais ceux qui attendent un emploi ou un logement. Vous savez, je viens du monde de l’entreprise, je suis fils de commerçants. J’ai eu l’occasion de travailler dans des entreprises privées et même de créer une entreprise. Quand je suis en face de chefs d’entreprise qui me parlent franc, qui me disent les choses avec netteté, quelque fois même avec brutalité, j’essaie de répondre, sans langue de bois. C’est vrai que ça peut décoiffer un peu. Je fais partie de cette nouvelle génération politique qui croit que même si de temps en temps la vérité blesse, il faut toujours dire la vérité. Par contre je sais aussi entendre les critiques et lorsqu’elles sont justifiées j’apporte des réponses qui démontreront que le mot concertation a du sens pour moi. Je suis en charge de l’Outre-mer au Gouvernement depuis 3 mois et ma tache me passionne au plus haut point. J’ai le sentiment que tous nos territoires et les Antilles en particulier sont au carrefour de leur histoire. J’ai envie de bien faire et de convaincre mes interlocuteurs en leur disant qu’il est impossible de rester figé alors que le monde change  et que l’intérêt général n’est pas l’addition des intérêts catégoriels. A l’occasion de cette loi qui va mettre en œuvre une grande partie du projet présidentiel pour l’Outre-mer, je pense d’abord à l’avenir de nos enfants d’Outre-mer. Un avenir qui doit être plus serein que celui de la génération qui les a précédé. J’aimerais aussi  à cette occasion que la métropole change de regard sur l’Outre-mer. C’est pourquoi je pense vraiment que ce texte de loi prendra toute sa force si nous réussissons à l’asseoir sur une forme de consensus.
Mais derrière la LOPOM, il y aura la loi de finances et les menaces sur les niches fiscales. Une deuxième salve contre l’outre-mer ?
C’est vrai que tout arrive en même temps. Soyons clair, la volonté du gouvernement n’est pas de casser les politiques qui fonctionnent, c’est de réorienter les outils de l’Etat vers les besoins d’aujourd’hui. Personne ne veut  donc supprimer les niches fiscales pour l’Outre-mer. Il s’agit  plus simplement de les plafonner  afin d’éviter que quelques gros contribuables ne se les approprient. Un foyer fiscal ne pourra pas  plus bénéficier de ces dispositifs au-delà d’un certain plafond. Toute la subtilité  résidera dans la hauteur du plafond afin d’obtenir un double effet : moraliser le dispositif sans que cela ne freine l’investissement Outre-mer. Les mesures de défiscalisation représentent 2 milliards investis en outre-mer en échange de 780 millions d’euros de défiscalisation accordés par l’Etat. C’est un dispositif qui fonctionne bien.

Le rapport Migaud/Carrez sur les niches fiscales voudrait abaisser à 300 000 euros le seuil au-dessus duquel, les agréments de défiscalisation doivent passer par Bercy…
J’ai une vraie divergence avec cette proposition. Je crois au contraire que créer un embouteillage à Bercy n’est pas une bonne chose pour faire avancer les investissements. Selon moi il faut donner plus de pouvoir aux services fiscaux à l’échelon des départements et des régions. Je plaide pour que l’on traite davantage de dossiers sur place.
Le calendrier de la loi sera-t-il respecté ?
En accord avec Michelle Alliot-Marie nous avons décalé le passage du texte de loi en conseil des ministres. C’était prévu au mois de juin, ce sera en juillet, afin de laisser tous le temps voulu au travail de concertation mais l’examen final a toujours été annoncé à l’automne. La loi sera de toute façon votée avant la fin de l’année pour qu’un certain nombre de dispositions puissent s’appliquer dès 2008. Ce combat pour moins de chômage et plus de logements est un combat qui ne peut pas attendre car il y a une exigence très forte des populations. Depuis trois mois j’ai beaucoup entendu les socioprofessionnels et les élus mais je ne veux pas oublier les  simples citoyens et en particulier ceux qui n’ont pas de travail ou pas de logement. C’est pour eux que nous voulons changer les choses.

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 15:30
Interview. Daniel Marsin, sénateur, ancien maire des Abymes
« Je ferai entendre ma musique personnelle aux régionales »
Comment avez-vous vécu votre défaite électorale en mars dernier ?
Je suis un homme politique dans un système démocratique. On peut gagner pendant longtemps, on peut aussi perdre. Ca, c’est définitivement acquis pour moi. Pour autant, j’ai assez mal vécu ce qui s’est passé…
Vous avez été bousculé ?
Je n’ai pas été bousculé même s’il y a eu une forme d’agressivité de la part des partisans de mon adversaire alors qu’il avait, en principe, gagnéé. Ce que j’ai eu le plus de mal à accepter, ce sont les conditions dans lesquelles ça s’est passé. J’aurai pu gagner ou perdre, ce sont les conditions… Il y a eu un véritable hold up sur la démocratie, un hold up électoral. Car en réalité, toutes les conditions étaient réunies au deuxième tour pour que je gagne. Ce qui a renversé la donne c’est cette manifestation qu’il y a eu dans la nuit du 15 au 16 mars — une manifestation qui a duré jusqu’à 8 heures du matin, tout cela sur fond de rumeur de fraude électorale. Les gens disaient que le directeur général des services de la ville, Christian Gatoux, aurait été surpris par la police en train de proférer je ne sais quelle fraude. Et ce bruit a couru toute la nuit avec une manifestation à la tête de laquelle se trouvait Eric Jalton. Ils étaient d’abord 30, puis 50, puis 100, puis 300… Bref, même aux informations, on a parlé de fraude électorale aux Abymes. Et on est allé jusqu’à dire pendant le vote que Daniel Marsin était mis en examen, que Christian Gatoux était en garde à vue. Tout ça s’est répété tout le jour de l’élection tant et si bien que 90 % des abstentionnistes qui sont venus voter au deuxième tour ont voté pour l’adversaire. 90 % ! Ce qui montre bien une anomalie. C’aurait été 30, 50, même 60 %, j’aurai compris. 90 %, cela veut dire que les gens qui sont allés voter sur ce fond de rumeur entretenue par les média… Et les gens sont allés voter contre la fraude !
Y a-t-il eu des rapports de police ?
Tous les rapports de police disent que cette manifestation a été organisée par l’adversaire et qu’aucune de ces accusations n’avait de fondement. Mais le mal était déjà fait. C’est la raison pour laquelle il y a chez moi une sorte de sentiment d’injustice, que la démocratie a été bafouée, que cette supercherie a complètement faussé le jeu et surtout trompé les gens qui étaient de bonne foi. Des gens qui ont voté pour moi au premier tour ne se sont pas déplacés au second tour ! C’est dans ces conditions que j’ai perdu. C’est la raison pour laquelle j’ai déposé un recours au tribunal administratif qui sera examiné au mois de septembre ou octobre après que la commission des comptes de campagne soit passée. Ca a été un véritable hold up. Je veux que la vérité soit faite et au-delà du recours administratif, il y a également une dimension pénale car il n’est pas admissible qu’on puisse intenter de telles manœuvres pour changer le cours des élections. Je vais donc déposer une plainte auprès du procureur de la République.
Quels seront vos prochains combats politiques ?
S’il apparaît opportun de proposer ma participation ou ma candidature, je le ferai soit en tant qu’acteur principal, soit en accompagnement. En tout état de cause, je ne serais pas indifférent aux prochains combats à mener. Je pense particulièrement aux régionales où je ferais entendre ma musique personnelle. Mais également j’entends bien participer à tous les combats qui viseraient à redonner du sens à la gestion régionale. La Guadeloupe a une série d’atouts et il faudrait peut-être mettre véritablement la Guadeloupe dans une direction pour pouvoir optimiser ces atouts de telle sorte que la Guadeloupe puisse aller véritablement de l’avant car j’ai conscience qu’aujourd’hui la Guadeloupe est gérée à la petite semaine.
Vous êtes résolument opposé à l’équipe de Victorin Lurel ?
Je considère que la Guadeloupe a la chance de bénéficier non seulement de ressources, d’un certain pouvoir d’achat, d’une jeunesse abondante et d’aides importantes de la part de l’Etat et de l’Europe. Et on ne sait pas combien de temps ça va durer ! Et nous savons tous que nous sommes dans un processus de rationalisation des comptes publics. Et les évolutions qui sont en cours du côté de l’Europe font que nous n’aurons pas de traitement de faveur indéfiniment. Il faut profiter de ces avantages que nous avons aujourd’hui pour en tirer le meilleur parti et enclencher un processus de réel développement. J’ai le sentiment qu’on est plutôt sur des coups politiques.
Quelles alliances sont possibles pour Daniel Marsin ?
Ce ne sera pas en termes d’alliance. Je vois les choses un peu autrement. Vous savez qu’à Paris, j’appartiens au mouvement de Jean-Marie Bockel, la Gauche moderne. J’ai toujours dit qu’il y a une rupture brutale, absolue entre le socialisme dont je suis un partisan et le libéralisme. Je suis très heureux avec Jean-Marie Bockel de constater qu’aujourd’hui Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë disent qu’ils sont socialistes et libéraux ! en réalité, on est dans un vrai débat technique qui est celui de la relation du socialisme et du libéralisme. Et en réalité, à la base du socialisme, il y a le libéralisme. Je suis de culture socialiste, mais par ailleurs, je suis ouvert à des idées qui relèvent du réalisme. Je n’ai pas attendu que le président de la République fasse l’ouverture pour penser par moi-même. Et je suis fier de ne pas avoir attendu que Hollande, Delanoë ou Ségolène Royal me disent ce qu’il faut que je pense. Et quand on pense par soi-même, on est soupçonné de toutes sortes de choses ! Je ne ferai pas d’alliance au sens traditionnel du terme. Je crois qu’il est utile de rassembler tous ceux qui veulent penser et agir en Guadeloupéen. Voilà, c’est ça le principe. Sur cette base, je peux rassembler des gens traditionnellement de gauche, des gens plutôt à droite, d’autres qui ne sont ancrés nulle part… Le point commun, c’est cette volonté d’avoir un projet pour la Guadeloupe.
Donc, on peut être sûr que vous irez aux régionales ?
On ne sait jamais… Et on ne connaît pas les conditions qui seront réunies en 2010. Dans tous les cas, je ferai entendre ma part de vérité et je contribuerai à ce que les choses changent d’une manière ou d’une autre. En avant ou pas, mais il serait quand même curieux qu’avec mon attachement pour ce pays, ma réflexion, ma vision, je ne sois pas présent pour cette échéance importante. Mais attention, le combat municipal n’est pas terminé et j’attends avec impatience la décision que prendra le tribunal administratif.
Où en est votre mouvement politique ?
Avec le Renouveau socialiste, en 2004, nous avons voulu changer les pratiques mais les objectifs des uns et des autres n’étaient pas tout à fait cohérents. Nous avons mis ce mouvement en veilleuse. Aux Abymes, j’ai voulu élargir le mouvement abymien avec des petits mouvements qui voulaient participer à cette œuvre de dynamisation des Abymes. Nous avons créé l’unité abymienne. Mais il me semble utile de créer en Guadeloupe un parti qui ne serait ni de gauche, ni de droite, mais un vrai parti guadeloupéen.
Lucette Michaux-Chevry a déjà tenté cela avec le LPG en 1984…
Oui, mais le LPG n’a pas été poursuivi… Je crois même que lorsqu’elle a créé Objectif Guadeloupe, c’était aussi dans cet esprit-là. Moi, à l’époque je n’avais pas forcément bien compris. Parce qu’il y avait la personnalité de Lucette qui était identifiée à droite. Mais l’expérience nous a montré qu’elle était moins réactionnaire que beaucoup de gens qui se placent résolument à gauche. Il faut reconnaître qu’elle m’a inspirée aussi bien que Gerty Archimède. C’est dire que quelles que soient les incompréhensions qui ont pu exister entre Lucette et moi, je ne me sens pas autorisé à être malhonnête pour ne pas reconnaître que c’est une grande dame. Au sénat, c’est une personne que j’ai découverte et qui m’a découvert.
Lucette Michaux-Chevry, Victorin Lurel… Et Jacques Gillot ?
C’est un homme affable. Jacques Gillot est l’homme du consensus. J’ai des relations qu’on peut avoir avec un homme de consensus. Je n’ai pas d’échanges politiques réels avec Jacques Gillot mais des échanges très cordiaux comme on peut avoir avec Jacques Gillot.






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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 12:53
Le recteur de Guyane dans le collimateur
L’agitation qui s’est saisie du monde éducatif n’a pas laissé insensible le secrétaire d’Etat Yves Jégo (d’autant que la presse nationale dont Libération daté du 13 juin s’en fait l’écho via une tribune d’un enseignant guyanais), lors de son passage chez nous, jeudi. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, il ne semble pas en avoir gardé de griefs contre les enseignants ou les parents d’élèves en colère… Son regard se serait plutôt tourné vers le rectorat. « Il y a un problème avec le recteur », s’est contenté d’observer le ministre… Cela pourrait se décanter lors de sa visite prochaine du 23 juin.

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 12:14
Deux nouveaux conseillers économiques et sociauxChristian Lédée (au centre) a été accueilli par ses collègues de Guadeloupe, Jean-michel Penchard (à droite), et de Polynésie, Michel Paoletti (à gauche), respectivement membre du bureau et président du groupe outre-mer qui compte désormais onze membres.

Deux nouveaux conseillers économiques et sociaux viennent de rejoindre les neuf représentants de l’outre-mer au conseil économique social au palais d’Iéna à Paris. Il s’agit de Christian Lédée pour Saint-Barthélemy et Laurent Fuentes pour Saint-Martin. Ils sont nommés pour un an, en attendant le renouvellement des conseillers l’année prochaine. Christian Lédée sst déjà rendu au palais d’Iéna cette semaine où il a assisté à sa première plénière. « Je me rends compte que notre assemblée travaille sur des sujets d’importance. L’avis du CES sur la loi programme l’a montré ! », a déclaré l’ancien conseiller général de Saint-Barth et principal du collège de la nouvelle collectivité. M. Lédée a conscience d’être le premier représentant de Saint-Barthélemy à l’échelon national en attendant l’élection d’un sénateur en septembre prochain et l’éventuelle élection d’un député en 2012. « J’ai conscience que Saint-Barth véhicule une image qu’on a à travailler. Il faudra donner une résonance plus juste car notre population n’est pas que riche ! » Pour l’heure, le nouveau conseiller est en période d’observation et envisage d’intégrer la section cadre de vie tandis que Laurent Fuentes devrait intégrer celle de la production.

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 19:28
Interview. Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer passe la journée du 12 juin en Guyane
"Nous garderons 90 % de la loi Girardin"
Où en est la coopération franco-brésilienne ?
La réunion de la commission mixte que je viens présider au nom de la France sera l'occasion de faire le point sur la plupart des chantiers engagés depuis le début de l'année. Elle ne s’était pas réuni depuis 10 ans. Nous aborderons très largement les questions de sécurité et de lutte contre les trafics, les questions relatives aux transports, ou encore celles tout à fait essentielles relatives à l'environnement. Vous le voyez de nombreuses questions qui préoccupent les guyanais sont concernés par cette coopération.
Comment de passent les concertations avec les socioprofessionnels sur la LOPOM ?
Le gouvernement souhaite réorienter les crédits budgétaires et mobiliser de nouveaux moyens vers deux objectifs : la baisse du chômage et la construction de logements. C’est la raison d’être de cette future loi-programme. Nous garderons dans le futur dispositif, comme le souhaite les socioprofessionnels, 90% de la loi Girardin qui a fait ses preuves et nous créons, comme l’a promis Nicolas Sarkozy, des zones franches globales d’activités. Ici en Guyane, cela veut dire 80% d’exonérations fiscales pour toutes les entreprises du territoire. Evidemment, cela nécessite beaucoup de concertation avec les socioprofessionnels afin de garantir l’efficacité maximum aux outils fiscaux nouveaux que le gouvernement veut mettre en place. Dans ce cadre, je vais proposer aux socioprofessionnels une table ronde spécifique le 23 juin prochain à l’occasion d’un nouveau déplacement que j’effectuerai dans le département.
La mobilisation des enseignants et des parents d'élèves est forte, surtout dans l'Ouest ; allez-vous les rencontrer ? Que pouvez-vous faire pour eux, sachant que les élus les soutiennent et que tous se sont sentis méprisés par Xavier Darcos ?
Comme vous le savez, suite au voyage récent du Président de la République, une mission interministérielle est sur le terrain pour évaluer la réalité des difficultés éducatives et nous proposer des solutions. Avec Xavier Darcos, nous sommes déterminés à bâtir un « Plan Education Guyane » afin de prendre en compte le développement démographique exceptionnelle du département. J’attends donc avec impatience les résultats de la mission interministérielle et je proposerai aux acteurs de l’Education divers tables rondes sur ces questions lors de mon voyage du 23 juin. Je veux prendre, à cette occasion, le temps de rencontrer les enseignants, les syndicats, les parents d’élèves et les élèves afin de bâtir avec eux un plan éducation à la hauteur des enjeux.
Etes-vous satisfait des résultats de l'opération Harpie ? Quelles perspectives voyez-vous ?
L'opération HARPIE est effectivement un franc succès. Le Gouvernement souhaite donc poursuivre cette opération extrêmement bénéfique. C'est pourquoi, j’ai demandé au préfet de Guyane d'effectuer un redéploiement des effectifs mis à sa disposition et d'utiliser l'organisation mise en place pour l'opération HARPIE ainsi que ses modes opératoires. En complément le Secrétariat d’Etat a  financé l’achat de caméras de détection de pirogues qui permettent à présent aux gendarmes de les intercepter plus efficacement. Nous ne relâcherons pas les efforts dans ce domaine.
Comment faciliter l'installation des orpailleurs légaux qui se plaignent de lourdes contraintes ?
Les professionnels du secteur aurifère ont un besoin d’une réelle politique minière qui fixe clairement les règles et notamment, détermine un zonage ou ils peuvent exercer leur activité.
Cette politique minière, nous sommes en train de la définir. Lors de son déplacement en Guyane le 11 février dernier, Nicolas Sarkozy, Président de la République s’y est engagé et en a lancé les principes. Ainsi, l’élaboration d’un schéma départemental d’orientation minière a été confié au Préfet Mansillon.
Ce schéma sera établi avant la fin de cette année.
Bien évidemment, nous sommes en période de transition et les entreprises locales ne pouvaient attendre la sortie de ce schéma pour connaître les suites données à leurs demandes d’autorisation d’exploitation. C’est pourquoi, en lien étroit avec mon collègue Jean-Louis Borloo, nous avons donné des instructions au Préfet de la Guyane pour que ces demandes soient étudiées rapidement.
Un homme est mort de la rage la semaine dernière. Des mesures spécifiques seront-elles prises ? Et l'hôpital, malgré de récents travaux, ne souffre-t-il pas d'un manque de moyens chronique ?
A ma demande, une enquête administrative sur les conditions du décès de cette personne est diligentée. La conclusion de cette enquête pourra nous conduire à émettre de nouvelles recommandations et à renforcer les mesures de prévention existantes, notamment l’arrêté de janvier 2008 relatif à la vaccination antirabique des animaux domestiques en Guyane.
Le gouvernement a naturellement à cœur de développer une médecine hospitalière plus efficace : c’est l’objet du plan « Hôpital, Santé, Outre-mer ». Une première série d’objectifs et de mesures à mettre en œuvre sera établie en juillet. Je sais que Roselyne Bachelot qui est venue ici il y a peu est très sensible à cette question du renforcement des moyens.
Avec les inondations sur le Maroni, un millier de sinistrés... Les aides d'urgence sont-elles suffisantes ?
Soyez certain que tout est mis en œuvre pour apporter rapidement aux sinistrés les secours dont ils ont besoin. Je viens de déléguer une première enveloppe d’urgence correspondant aux sommes demandées par le Préfet pour aider les collectivités à répondre aux besoins multiples des sinistrés : eau, produits alimentaires, bâches, produits d’hygiène. Par ailleurs, la plate-forme d'intervention régionale de la Croix Rouge a mis en place deux installations d'assainissement de l'eau (sur Apagui et Providence, les 2 principaux sites de recueil des réfugiés) et distribué des kits d'hygiène.
Où en est-on de l'éventuelle dérogation au droit du sol en Guyane s'agissant de la nationalité ?
Je suis naturellement convaincu qu’il faut stopper l’immigration illégale qui crée une pression trop forte sur la Guyane et risque de la déséquilibrer.
Aujourd’hui, nous expertisons toutes les réponses à cette question mais nous sommes convaincus que la politique de fermeté à l’égard de l’immigration irrégulière que mène le gouvernement est le préalable indispensable à toute autre mesure. En Guyane, la lutte contre ce fléau de l’immigration irrégulière ne se relâchera pas. Je vous le garantis.

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