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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 16:18
Interview. Edmond Mondésir, vice-président du conseil régional de Martinique, festivalier en Avignon
« Donner la possibilité aux comédiens d’exprimer leur art »Le Vice-président Edmond Mondésir devant la Chapelle du Verbe incarné avec les comédiens Nathalie Coualy et Philippe Calodat. (Photo : RDG)

La Région Martinique est, cette année encore, représentée à travers vous au festival d’Avignon ?
Je suis venu voir et sentir l’ambiance théâtrale qui se déroule comme chaque année au TOMA (Théâtre d’outre-mer en Avignon). Je n’ai pas tout vu mais je suis allé voir les diverses pièces que le conseil régional de la Martinique a aidé : les pièces Ailleurs toute avec Patrick Womba, Alexandra-Shiva Mélis et Catherine Dinevan, et puis Les Bonnes de Jandira De Jesus Bauer.
Vous êtes venu vous assurer de la bonne utilisation des deniers publics ?
Ce n’est pas que ça ! C’est surtout de donner la possibilité aux comédiens, aux auteurs et metteurs en scène d’exprimer leur art, de se développer et de trouver des scènes, des possibilités de se faire voir et d’être diffusés. A partir de là, il y a des rencontres qui se font entre les comédiens comme cela s’est fait avec Ailleurs toute qui est le résultat justement d’une rencontre entre trois comédiens qui ont participé au TOMA auparavant et qui à partir de là ont eu l’idée de faire ces résidences en Martinique, en Nouvelle-Calédonie et en Avignon pour développer leur spectacle.
Quels sont les projets que la Région a la volonté de soutenir d’ici la fin de la mandature ?
Tout ce qui est intéressant ! En fait, on fonctionne sur la démarche des porteurs de projet, des compagnies… A priori comme ça, je ne peux pas dire mais dès qu’il y a quelque chose qui suscite l’intérêt, qui permet la création et le développement culturel, bien entendu ! A chaque fois on va examiner ce qui nous sera soumis, c’est ça le principe.

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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 15:10
M. de Pourceaugnac est NoirLa pièce est ancienne, c’est un classique mis en scène par Isabelle Starkier et elle est de Molière. Un provincial, M. de Pourceaugnac (Christian Julien) débarque à Paris pour y épouser Julie (Eva Castro) qui lui est promise. L’amant de celle-ci, Eraste (Stéphane Miquel), aidé d’un valet voyou, Sbrigani (Jean-Marie Lecoq) va monter stratagèmes sur stratagèmes pour briser la noce et dégoûter le promis et qu’il retourne d’où il était venu, Limoges. Ici pas de happy end, le héros devient la victime d’un rival sans scrupule. Mais on rit ! On rit du pauvre type, du plouc, du boloko… Mais sa crédulité est touchante.
Il passe devant des psychiatres, des fausses épouses et leurs enfants qui le réclament comme père, des gardes suisses égrillards qui le prennent pour une femme et en veulent à son intimié, des faux juges.
Un drôle de Limôsin !
La machine comique s’emballe dans une théâtralité débridée, colorée, acidulée, un peu histrionique parfois, où tout n’est que faux-semblants aux dépens d’une victime ahurie et impuissante. C’est la farce terrible sur l’autre, celui dont on se moque parce qu’il vient d’ailleurs. « Du ridicule naît le rire de la différence — inacceptable ». Isabelle Starkier a choisi de mettre en avant cette différence en faisant du Limousin de Pourceaugnac, un Antillais. Le texte est respecté, mais le casting donne une force nouvelle à ce classique où les Parisiens jettent un regard impitoyable sur l’exotisme du Limôsin (seule infidélité au texte !) M. de Pourceaugnac, désormais nègre. Les masques d’Anne Bothuan, comiques et terrifiants, viennent renforcer cette cruauté du regard porté… Au XVIIe siècle, Limoges est aussi loin que pourraient l’être les Antilles ! C’est aussi une belle occasion de montrer que rien n’interdit d’ouvrir le répertoire à la diversité. Cette pièce était au grand marché du théâtre qu’est le festival off d’Avignon et la troupe du Star théâtre rêve de venir la montrer aux Antilles, en Guyane ou à la Réunion. Avis aux programmateurs audacieux !Déguisé en femme, M. de Pourceaugnac est agressé par des soudards avinés, des gardes suisses ! (rdg)

A l’espace Alya, 31, rue Guillaume Puy, Avignon, jusqu’au 2 août 2008
Contact : Marianne Allemand 06 63 11 94 36
star.theatre@wanadoo.fr

Une Espagnole et une Hollandaise assurent qu'elles ont déjà épousé M. de Pourceaugnac ! Le voilà accusé de polygamie... (rdg)

Christian Julien, acteur
Le comédien Martiniquais, Christian Julien, est natif du Lorrain. A Paris depuis 1988, il a fait tout le parcours obligé de l’apprenti comédien. Il a démarré au SERMAC à Fort-de-France, puis à Paris où il suit la préparation Acteur 2000, au théâtre Essaïon (avec José Valverde ou Edmond Tamiz). Il poursuit ses classes chez Grotowski et décroche, en 1992, à Paris VIII une maîtrise de théâtre. On l’a vu dans La noce chez les petits bourgeois créoles de Philippe Adrien, dans la Bonne âme du Se-tchouan d’Irmina Brook, Othello de Callies. Tabataba de Moïse Touré ou Le balcon de Greg Germain. Il a joué dans des publicités (Préfont retraite, Chevrolet…) et dans des séries télévisées (Les sopranos, Cordier juge et flic, Les bleus, Commissaire Moulin, Plus belle la vie). Au cinéma, on l’a vu dans Lumumba de Raoul Peck. C’est encore lui qui a prêté sa voix pour le CD d’accompagnement de l’ouvrage pour la jeunesse d’Alain Foix, L’esclavage raconté à Marianne (Gallimard-jeunesse).

Interview Isabelle Starkier, metteur en scène, directrice du Star théâtre
« Comment démanteler un être que l’on ne veut pas connaître »
Comment avez-vous eu l’idée de donner ce rôle à un Antillais ?
C’est drôlement important parce que Othello, ça va cinq minutes ! Je pense qu’il y a plein de pièces que les Noirs et les Arabes peuvent jouer. Ces textes sont assez grands, assez forts pour être portés par tous les frères humains.
Le théme du plouc abordé dans M. de Pourceaugnac rejoindrait celui du rejet, de l’ostracisme que l’on peut ressentir aujourd’hui quand on est Noir en France ?
Totalement ! En plus ce qui est intéressant, c’est qu’il est riche. Il est beaucoup plus intelligents que les autres personnages, beaucoup plus cultivé mais, parce qu’il n’est pas de chez nous, on en fait un bouseux, un sous-homme… Tout ce que l’on peut imaginer de l’autre.
Comment avez-vous eu cette idée ? C’est Christian Julien qui vous l’a suggérée ?
Non, pas du tout. C’est en lisant le texte… Je travaille beaucoup sur le thème de la vérité, de l’autre. Qu’est-ce qui fait la différence ? Pourquoi on met en scène l’autre dans ses différences ?... Et quand j’ai lu ce texte, je me suis dit : c’est incroyable ! Une comédie drôle, cruelle qui explique comment démanteler un être que l’on ne veut pas connaître et comment on l’annihile, on l’anéantit. Pourceaugnac perd son identité sexuelle (il se déguise en femme), il perd son identité psychique (on le diagnostique fou), il perd son identité de filiation (il a tout un tas d’enfants qui arrivent en disant papa), il perd son  identité financière puisqu’on le dépouille, il ne lui reste rien, mais rien !
Que son caleçon et des menottes…
Et le bruit de l’avion qui le ramène chez lui ! (Rires...)
Comment le public réagit-il ?
Les gens nous renvoient à la fois le plaisir qu’ils ont de la comédie et celui d’y trouver du sens. Aujourd’hui, je pense que le théâtre est de plus en pus désinvesti de sens. On est dans un monde où tout le monde dit : il faut rire, il faut rire… Et c’est ce que dit Molière à la fin de la pièce : « La grande affaire, c’est le plaisir, ne pensons qu’à nous réjouir ! » Là, oui on se réjouit, mais au prix de quoi ? Aujourd’hui, on se réjouit de la mort des gens… On fait du spectacle avec les génocides, c’est horrible ce qui se passe à la télévision. Là, ce qui fait plaisir, c’est de voir le spectateur qui sort en se disant que ça lui a amené des choses, qu’il faut le dire, qu’il faut dénoncer et ça, je pense que c’est formidable.
Comment avez-vous choisi Christian Julien ?
Au départ, je voulais un comédien africain et lors d’un casting, j’ai vu Christian Julien que j’avais vu dans La noce des petits bourgeois et qui était formidable. Je me suis dit qu’en prenant un comédien antillais plutôt qu’un africain, c’est à dire un homme dans la même problématique du département français de Limoges, ça me paraissait encore plus pertinent. C’est vrai qu’après on a fait entrer un peu de Césaire et de la biguine…
Pourquoi Césaire et pourquoi à ce moment-là dans la pièce ?
J’avais envie qu’on entende un peu la parole de l’autre. Justement parce qu’on fait de lui un sous-homme, je voulais que l’on voit à quel point la victime était non seulement plus intelligente, plus cultivée qu’eux, mais avait une culture qui valait très largement la culture métropolitaine. Cette revendication à travers les mots de Césaire de sa négritude, je voulais qu’on l’entende un moment parce que je trouvais que l’émotion, elle était aussi importante à donner de l’autre côté. Pour que de M. de Pourceaugnac, l’on ne voit pas que l’être humilié. Je voulais aussi que l’on entende sa parole de dignité et de révolte. Alors, je précise que l’on n’a pas fait cela parce que Césaire est mort. On a appris sa mort, hélas, au moment où l’on finissait de répéter. Le choix s’est fait avec Christian qui est un livre vivant et une culture très forte et c’est lui qui m’a apporté ces textes.

Interview Christian Julien, interprète du rôle titre dans Monsieur de Pourceaugnac de Molière
« Il y a du grain à moudre pour le comédien »

Ca fait quoi d’interpréter un tel rôle ?
C’est le répertoire ! Je suis content d’être dans le répertoire. C’est important de le défendre, de le mettre au goût du jour et de voir dénoncer, traiter les problèmes qui pourrissent quand même notre société.
En vous choisissant, vous acteur antillais, Isabelle Starkier accuse le trait…
Ca colle… Sans changer le texte, c’est ce qui est drôle ! Oui, je me sens un peu Pourceaugnac… (rires)
Sans changer le texte, mais on entend du Césaire…
Oui, il y a des ajouts comme ça, qui sont là pour appuyer, pour mettre un peu de couleur… locale.
Et les chansons créoles ?
C’est du classique, du bon vieux folklore…Des vieilles biguines traditionnelles, Asi parè mwen bel encò et Matinik… Heu, pardon, Limousin tro bel mé zanmi.
Que ressentez-vous à jouer le sale rôle ?
Il y a des camarades qui parlaient de victime, victimisation… C’est pourtant le meilleur rôle à jouer ! C’est la qu’il y a du grain à moudre pour le comédien. Il y a des passages qui ne sont pas forcément heureux ou agréables, mais c’est un vrai plaisir.
Vous faîtes la preuve que le bon vieux répertoire français est accessible aux Noirs…
Bien sûr ! Il faut ouvrir le répertoire aux Noirs. Là, j’espère le prouver et donner envie aux autres de le faire.


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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 12:17
L’UMP distribue ses premières investitures outre-mer pour les sénatoriales
La Commission nationale d’investiture de l’UMP a décidé d’accorder, pour l’élection sénatoriale du 21 septembre ses premières investitures. Patrick devedjian, secrétaire générale de l’UMP, Jean-Claude Gaudin, président de la commission nationale d’investiture et Alain Marleix, secrétaire national chargé des élections ont indiqué, vendredi 25 juillet, avoir accordé l’estampille UMP à l’ancien ministre du Tourisme, ancien député et maire de Saint-Laurent du Maroni, Léon Bertrand pour la Guyane et à Robert Laufoaulou pour Wallis et Futuna. En Guyane, le sortant est Georges Othily (il siège au centre). Pour le prochain scrutin, deux sénateurs représenteront la Guyane.

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 10:37
Il faut rendre à Césaire…Djamila Zeghbab et Yannick Louis se sont lancés à l’assaut du Discours sur le colonialisme en musique… Un spectacle politique, habillé par la mise en musique du Guadeloupéen de Villeurbanne Yannick Louis, dit Yao. En 1950, ce texte fit scandale. C’était bien avant les indépendances, dans un contexte où la France d’Outre-mer rimait encore avec empire colonial. Dans le Disocurs, Césaire dénonce les bases du colonialisme mais, surtout Djamila Zeghbab l’utilise pour dénoncer « la menace toujours présente d’une pensée libérale incontournable, obligatoire, unique ». Alors elle cite Ernest Renan avec ses races d’ouvriers, de paysans et de combattants,n les jaunes, k
Les Nègres et les blancs… Elle évoque la figure conquérante et maudite du général Bugeaud (l’homme à la casquette dans la chanson pour enfants). Et pour renforcer le texte de Césaire, l’auteur en appelle à Senghor, Depestre. L’invective est là, puissante, violente, accusatrice… » L’Europe est comptable devant la communauté humaine du plus haut tas de cadavre… »

Interview Djamila Zeghbab, actrice et metteur en scène
« Césaire est tristement d’actualité »
Avec vous, le théâtre redevient politique….
C’était l’objectif ! J’avais découvert le texte du discours sur le colonialisme… Je fais du spectacle, mais je suis aussi militante, que ce soit du mouvement anti-apartheid, du mouvement anti-raciste, du mouvement des droits de l’homme et des droits de la femme et je voulais que ces textes là soient entendus.
Ce texte reste très actuel pour vous ?
Ouh la la ! Si j’ai décidé de le mettre en scène c’est parce qu’il est d’actualité, tristement d’actualité. J’aurai vraiment préféré ne pas avoir à le jouer, ça aurait été bon signe ! Mais l’élément déclencheur a été la loi du 23 février 2005 qui proposaient aux écoles et aux professeurs de présenter la colonisation sous un jour… positif. Il y a vraiment de quoi s’étrangler !
Vous déclamez les phrases du discours sur le colonialisme avec toutes vos tripes…
Césaire est un politique et un poète, un chanteur et puis un Nègre qui scande, qui a le rythme et pour qui la langue est musique, poésie, image. Et c’est aussi ça qu’il était pour moi important de rendre sur la scène…
Vous-même vous  scandez, vous slamez, vous rapez presque…
C’était l’intention. En lisant le texte, je me suis dit qu’il avait fait du slam cinquante ans avant… C’est un Nègre en littérature, en politique et en musique !
Viendrez-vous jouer ce spectacle aux Antilles ou en Guyane ?
On ne peut que le souhaiter On ne demande que ça. La Ville de Kourou a envoyé quelqu’un nous voir…

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 22:26
La télé tueFirmine Richard entre en scène, seule. Elle manipule sa télévision, puis, assise sur son récamier, télécommande dégainée, prête à zapper, elle s’adresse au public pour lui dire son amour des stars et de la télé. Voilà introduite la pièce de Rémi de Vos mise en scène par Greg Germain, Projection privée. Firmine fantasme le monde comme la télé le fantasme, le projette, au point de s’identifier à une héroïne de série télé. Son modèle est la télévision… Alors surgit Filip Calodat, son mari dont on hésite à dire qu’il est amnésique ou atteint d’Alzheimer… … Firmine semble être insupportée par ce mari léger et sa télévision lui est bien plus chère même quand Il rentre accompagné de Nathalie Coualy, sa maîtresse, sa conquête du soir. Après c’est du spectacle avec ses ressorts dramaturgiques, dramatiques… Firmine, digne de la grande Jacqueline Maillan, pour ce rôle de boulevard (en apparence) partage la vedette avec le poste de télévision. C’est ainsi que Filip  Calodat se retrouve dans une scène cocasse à dialoguer avec le zapping de la télévision. Et même quand elle daigne couper le son, Firmine n’y est pas. Si Philippe est amnésique, Firmine est devenue autiste avec sa télé ! Nathalie essaie d’apprivoiser Firmine et même, elles regardent ensemble un soap. « Brandon a épousé Brenda », apprend-on presque catastrophés ! On est entre les Feux de l’amour et Dallas ! C’est alors que le boulevard devient tragique et, dans sa folle perception du monde, Firmine (et là, c’est presque du Hitchkock !) commet l’irréparable…Greg Germain, à la mise en scène, dans son théâtre avignonnais de la Chapelle du Verbe incarné, a donné sa touche créole sur un texte écrit par un Chti… Pour le patron du festival Off, c’est presque une coquetterie — pour les autres — car pour lui, même s’il ne le dit pas, c’est essentiel.

Produit par le Grâce Art théâtre de Guadeloupe, la pièce est jouée en Avignon à 12 h15 à la Chapelle du Verbe incarné jusqu’au 2 août.

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 12:49
Mâ Ravan’ décroche la lune en AvignonSalle comble, tous les jours pour le théâtre du Talipot de la Réunion qui présente, cette année encore, à la chapelle du Verbe incarné, lieu d’accueil du théâtre d’outre-mer en Avignon, Mâ Ravan’. La mère tambour (la ravanne est le tambour indien) invoquée pour un rituel théâtral en hommage aux ancêtres qui ont fui l’esclavage. Le spectacle n’est pas encore commencé que déjà résonne dans le théâtre la litanie des noms des grands marons, des héros de la liberté. Eux tous, « ces grands rebelles » qui ont laissé leur nom aux montagnes et qui ont eu la main tranchée. « Hommes, femmes aux corps mutilés, je vous salue, je vous reconnais… Vous êtes reines, vous êtes rois. Je vous nomme ! » Ainsi débute et s’achève, par la voix de Thierry Moucazambo, Mâ Ravan’. Entre les deux, des corps, des voix, des danses et des musiques, des voix, des transes… C’est tout cela que le metteur en scène, Philippe Pelen Baldini, appelle un rituel de l’océan Indien. Pour l’exécuter, Thierry Moucazamba le Réunionnais aux racines multiples (Mozambique, Madagascar), José Njiva Andrianantenaina de Madagascar, Michaël Marmitte et Pascal Marie de Maurice. Chorégraphie et théâtre, scénographie et mise en scène, ce spectacle invite à la communion. « J’ai été très émue par la magie de la mise en scène et la force des corps » a écrit Maryse Condé sur le livre d’or après avoir vu la pièce en Avignon. Et quand certains se risquent à trouver le spectacle par trop folklorique, le metteur en scène répond d’un mot : Succès ! Après la création, l’an passé des Porteurs d’eau, jouée 700 fois avec un tour du monde, l’opéra de Paris et les plus grands festivals, Mâ Ravan’ qui entame sa carrière a déjà été vu par plus de cent programmateurs de spectacle venus découvrir l’histoire des grands marons de la Réunion. Les dates ne sont pas encore fixées, mais c’est sûr, en Guyane ou Martinique, le théâtre Taliipot y viendra !

à lire aussi, une critique de Eve Beauvalet de la revue Mouvement
http://mouvementavignon.wordpress.com/2008/07/28/%c2%ab-nouvelles-
frontieres-%c2%bb-ma-ravan%e2%80%99-par-philippe-pelen-baldini/

Mâ Ravan’, un récit dansé et chantéDans la première partie, les tambours viennent donner un rythme, le rythme mais aussi l’hira gasy, la tradition du théâtre malgache avec le bouffon et le conteur. Chauffent les tambours et le public, chauffent les esprits. La seconde partie s’ouvre sur les masques noirs. On rentre dans  les corps démembrés, dans le fond du drame, dans l’intime, dans le murmure et dans le cri, dans l’étouffement des corps mutilés qui recherchent leur unité. La dernière partie démarre avec des voix chamaniques, très fortes. Des voix inspirées des hauts plateaux malgaches… Le rituel de guérison commence avec des fleurs, avec l’encens, avec les conques, avec la danse. Les corps retrouvent leur intégrité, les mouvements leur fluidité…

Parole de danseurs
Pascal Marie : « C’est une recherche sur le corps où il y a à chaque fois un plaisir d’aller au plus profond de soi-même. A chaque fois, on découvre quelque chose de nouveau en nous-même. Une force, une puissance… C’est magnifique de faire ce qu’on fait, c’est un partage, un échange… »
José Njiva Andrianantenaina : « C’est physique mais on est soulagé après le spectacle. On est léger parce qu’on a  dégagé des émotions de l’amour, des messages… »

Ils ont dit
Jude Gibrien, programmateur du théâtre de la Vallée d’Yerres à Brunoy (91)
« C’est une pièce assez déconcertante, entre le récit cosmogonique et la fresque historique. C’est aussi une façon d’exorciser la souffrance qu’a connue cette région par rapport à l’esclavage. Les danseurs ont un fort potentiel artistique et physique, beaucoup d’énergie et d’endurance ! On est dans un registre à la fois très contemporain, très nouveau, un vrai nouveau souffle pour le théâtre et la danse. On est entre le profane et le sacré. »
Manuel Césaire, administrateur du CMAC (972)
« De la braise surgit le souffle. De la blessure surgit l’espoir. L’espérance du devenir, loin d’une mélancolie stérile, ou d’une violence vaine. Vous êtes les ouvriers de la construction d’une Nation équilibrée, consciente de ses racines et de ses ramifications nutritives. A travers cette mémoire transcendée, cette transmission nervurée des civilisations ancestrales, vous détenez vos armes… miraculeuses. »

Interview
Philippe Pelen Baldini, auteur, metteur en scène, chorégraphe, et Thierry Moucazambo, assistant dramaturgie et comédien.
« Un rituel pour chercher la force de vie »
Qu’entendez-vous quand vous présentez cette pièce comme une œuvre collective ?
Philippe Pelen Baldini : Au Talipot, on est dans la circulation d’énergie, dans la transgression des frontières, dans la recherche de filiation d’une île à l’autre, d’une rive à l’autre. Là, nous avons réuni des artistes, acteurs, danseurs, chanteurs, musiciens qui sont avant tout des passeurs qui témoignent de leur propre histoire. Ils viennent de la Réunion, de Madagascar ou de l’île Maurice. Je travaille aussi avec un assistant chorégraphe du Sri Lanka. Tout tourne autour de cette ravanne qui est le tambour commun de l’océan Indien. J’ai écrit et mis en scène ce spectacle, mais notre particularité est de partir de l’histoire de chacun, du corps de chacun. C’est pourquoi je dis que c’est une œuvre collective. Je travaille beaucoup par improvisation et les récits de chacun construisent ce spectacle.
Vous présentez le spectacle comme un rituel, le public communie-t-il avec vous ?
Philippe Pelen Baldini : Il y a une vraie communion… La représentation théâtrale est en soi un rituel, qu’il soit social ou sacré, on rassemble toujours les gens. Mais là, on insiste sur le terme de rituel parce qu’il y a cet hommage aux ancêtres marons  et aussi, il y a un itinéraire dans l ‘émotion, dans l’énergie, dans les cœurs mais il n’y a pas un récit particulier, ou un dénouement, un histoire, un texte… On insiste plus sur cette idée que les gens doivent un peu lâcher leur mental et leurs codes habituels pour  entrer dans une expérience de vie, de partage, autour de cette énergie, cette émotion développée par le tambour et toutes les émotions, toutes les âmes, toutes les histoires convoquées par le tambour.
Il y a toutefois une évolution puisque les noms, simplement dits au début, sont qualifiés à la fin…
Thierry Moucazambo : Oui, il y a une évolution puisque le rituel est là pour chercher la force de vie et non pas continuer vers une histoire morbide. Au fond de l’obscurité, on recherche la lumière. Dans ces noms, si on s’en rappelle, il y a des vertus qui continuent à nous mettre en mouvement aujourd’hui.
Philippe Pelen Baldini : Ces grands marons qu’on appelle  sont des grands êtres qui sont un peu les oubliés de l’histoire même s’ils ont donné leur nom à toutes les montagnes de l’île. En fait, il n’y a pas de célébration de ces marons là… Ca nous semblait important que les artistes qui sont aussi des médium, des passeurs se  souviennent de ces noms là et rechargent avec leur souffle et eux-mêmes se laissent réanimer à l’intérieur de leur corps par ces noms qui sont porteurs de force de résistance, de force de vie. Cette histoire a une résonance particulière dans l’océan Indien, mais ailleurs aussi, les gens sont bouleversés, touchés au cœur, touchés dans l’âme…
C’est une démarche qui rejoint celles de nombreux Antillais qui veulent honorer leurs ancêtres esclaves…
Philippe Pelen Baldini : Oui, mais notre démarche n’est pas historique, elle est organique, physique. On interroge l’origine au-delà de l’histoire. C’est cette origine qui nous met en mouvement aujourd’hui. Ce sont des forces de vie qui nous mettent en mouvement. Alors, c’est vrai qu’il n’y a pas d’histoire précise, mais il y a un itinéraire avec des étapes. Et c’est vrai que Thierry, à la fin, redonne la signification de ces noms qu’on n’a pas inventés !
Thierry Moucazambo : Mahavel est la forêt qui donne vie, Eva, la première esclave malgache, ou Laoussa qui siginifie d’où l’on revient pas…
Qu’est-ce qui fait que ça marche, selon vous ?
Philippe Pelen Baldini : Les gens sont touchés par l’amour et l’engagement qu’ils donnent. On n’est pas dans un histoire avec le poing levé et les cris. Ce sont les corps et derrière ça, l’issue poétique de la réconciliation qui est justement possible par ce qu’il y a l’accueil de l’histoire. Les corps racontent cela. Il y a un tel engagement et  une telle précision dans les chorégraphies et dans  les chants que les gens sont sensibles.
L'équipe de Mâ Ravan' du Théâtre Taliipot, devant une toile de Fédérica Matta, à la chapelle du Verbe incarné (RDG)

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 11:56
Les Bonnes de Jean Genêt, en version baroque
Amel Aïdoudi est Solange et Yna Boulanger est Madame (RDG)

Jean Genêt s’était inspiré d’un fait divers : les deux sœurs Papin, les bonnes, avaient assassiné leur maîtresse. Avec Jandira de Jesus Bauer, on passe du fait divers au « grand crime originel, celui du désir » Madame est présente sur scène mais on perçoit qu’elle est déjà trépassée et que les bonnes, les sœurs, jouent une comédie, un simulacre où l’on rejoue plusieurs fois la scène du crime comme une cérémonie expiatoire.
Lers Bonnes, Claire (Jeanne Beaudry) et Solange (Amel Aïdoudi)

Jandira de Jesus Bauer parle même « de « séance d’exorcisme » où le Loas du vaudou, la santéria et le candomblé du Brésil sont convoqués sur scène ! Du baroque pour cette mise en scène où le texte de Genêt est fidèlement respecté. Servitude, enfermement, haine, frustration, impuissance et puis, la mort, le meurtre comme une délivrance. On est entre messe blanche et messe noire, la pièce de Genêt est sacrificielle. Les sœurs mues par une relation sado-masochiste, lesbienne et incestueuse invoquent la figure d’un laitier. Leurs poitrines quasi dénudées ajoutent au mystère cette note d’érotisme qui renforce le baroque de la scène où traînent des objets colorés, disparates et surdimensionnés. Dans cette mise en scène, les jeux de rôles entre les trois femmes s’intensifient Claire, la jeune soeur s’apparente à sa maîtresse, et Solange à sa petite soeur. Genêt revisité par Jandira de Jesus Bauer et l’on comprend que certaines pièces soient éternelles !
Amel Aïdoudi, Yna Boulanger et Jeanne Beaudry, devant un tableau de Fédérica Matta (RDG)

Interview. Jandira de Jesus Bauer, metteur en scène
Monter les Bonnes de Jean Genêt qui a été mis en scène des milliers de fois, c’est courageux…
C’est courageux de le monter à chaque fois et c’est courageux de le transformer à chaque fois. Ce qui me plaît dans cette œuvre de Jean Genêt, c’est que plusieurs metteurs en scène l’ont monté, le monde entier a joué Les bonnes et moi, j’apporte quelque chose de nouveau, de complètement différent.
Quel regard nouveau proposez-vous ?
C’est un regard de Sud-américaine et c’est un regard caribéen ! La création a été faite à Fort-de-France et l’idée était de prendre les éléments communs à nous et de faire cette révolution tout en respectant, bien entendu le texte de Genêt.
D’où cette maîtresse qui est noire et les bonnes qui sont blanches ?
C’est le talent des trois comédiennes qui m’a poussée plutôt que la couleur de sa peau !
Comment avez-vous fait votre casting ?
Je savais avec qui j’allais faire la pièce. Elles étaient déjà ciblées, décidées !
Ce sont elles qui vous ont donné envie de monter les Bonnes ?
J’ai connu Jean Genêt en 1981 à Paris et c’est à cause de lui que j’ai monté Genêt ! J’étais assistante sur un montage des Bonnes au Brésil qui partait à Paris et qui n’avait rien à voir avec le côté religieux brésilien. La pièce était montée avec trois hommes ! Nous sommes partis à Paris et, à l’occasion, le metteur en scène étant un très grand ami à Genêt, et Jean Genêt est venu voir notre pièce.
Vous avez eu besoin de près de trente ans pour monter votre mise en scène des Bonnes ?
J’ai fait beaucoup d’autres choses…. Ca a pris de l’élan, de la force. Je n’ai pas pris le texte de Genêt pour le monter sur un coup de tête ou un coup de gueule, ça a été un coup d’idée ! Un coup de génie de le faire à ma façon.
Jeanne Beaudry et Amel Aïdoudi qui incarnent Claire et sa sœur Solange, Yna Boulanger, la maîtresse, comment les avez-vous trouvées ?
Ce sont des comédiennes professionnelles qui travaillent en Martinique, à Paris… Je les ai vues jouer plusieurs fois. Jeanne Beaudry, la plus jeune des comédiennes a 19 ans et a été mon élève en théâtre pendant trois ans. Elle s’est avérée la meilleure comédienne que j’ai eue pendant ces trois années. C’est pour ça que j’ai eu envie de lui ouvrir les portes d’un autre univers, un univers professionnel.
Parlez-moi du rôle de Madame…
Il y a plusieurs metteur en scène qui mettent l’accent sur le rôle de madame. Moi, j’ai fait l’inverse en donnant la part belle aux deux sœurs. Dans ce travail, il y a beaucoup du fait divers et ce sont les deux sœurs qui sont mises en relief.
Reverra-t-on Les bonnes en Caraïbe ?
Nous avons un projet pour reprogrammer les Bonnes à Fort-de-France au mois d’octobre et puis nous espérons la faire jouer en Guyane, en Guadeloupe et même au brésil, c’est pour cela que nous sommes en Avignon !

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 18:47
Réforme constitutionnelle : comment Biancarelli a sauvé Sarkozy
Le Canard enchaîné de ce mercredi révèle les tractations qui ont permis à Sarkozy d’obtenir l’adoption de la réforme constitutionnelle à une voix près ! Dans cet article, on apprend que le président de la République doit beaucoup à son conseiller parlementaire et Outre-mer, Olivier Biancarelli. Alerté sur les risques de voir la réforme retoquée, M. Biancarelli a appelé Chantal Berthelot (Guyane), Jeanny Marc (Guadeloupe), Likuvalu (Wallis et Futuna) et Serge Létchimy (Martinique). Pour la première qui avait donné procuration à Christiane Taubira avec instruction de voter non, Olivier Biancarelli lui aurait promis un « plan de développement pour la Guyane », que le Canard résume ainsi : « Quelques kilomètres de bitume »… Pour Jeanny Marc, c’est Alain Marleix qui lui aurait indiqué que « sa circonscription serait, certes, remaniée, mais à son avantage ». Pour le député de Wallis et Futuna, cette fois, il a été question d’une réforme statutaire, rien de moins ! Enfin, Serge Létchimy, député maire de Fort-de-France, il confie qu’il a été littéralement harcelé ! Et qu’il a tenu bon. C’est dans les minimares de la page 2 de l’hebdomadaire satyrique et ça fait déjà jaser !

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 17:51
Dans la sélection 2008 du TOMA, à la Chapelle du Verbe incarné
Ailleurs toute

Patrick Womba, le Martiniquais, et Catherine Dinevan, la Calédonienne, en scène (RDG)

Ils arrivent en ciré jaune avec une valise et s’embarquent sur un paquebot. A eux trois, ils sont l’ancien empire colonial, « un pays, trois couleur », mais plus question d’un pays, il est question du monde… Oubliée « la poésie camelote », le Nègre, la Jaune et la Blanche vont regarder leur réalité. Celle d’un monde où le blanc a le mauvais rôle, où sa colonisation a fait du nègre un zombie : « Je suis le zombie, on s’est accaparé de sa pensée, il n’a pas le droit à la parole, mais il est bien vivant mais son imaginaire n’est pas propulsé », dit le porteur du rôle Patrick Womba. Celle (la colonisation) où l’Européenne installée à la Réunion, est devenue folle : « Je suis  dans une errance recentrée sur une histoire de deuil qui fait que mon personnage n’a plus du tout la vision de ce qu’il y a autour d’elle. Elle est une métaphore de l’Europe et quand elle va s’ouvrir sur le reste, ce sera trop tard, la Terre s’est déjà éloignée… » Enfin, il s’agit de la colonisation où l’Asiatique émigrée en Nouvelle-Calédonie réalise son acculturation : « Dans les îles du Pacifique, il y a eu une colonisation religieuse et beaucoup de peuples premiers ont perdu des us et coutumes parce qu’ils ont adopté la religion chrétienne. Et c’est vrai que mon personnage perd ses certitudes religieuses et ses repères familiaux pour retourner dans son pays d’origine et essayer de retrouver sa propre identité. »
Alexandra Shiva-Mélis (Réunion) et Patrick Womba (RDG)

Des rats de laboratoire
Souvenirs de Tsunami, de traite, de boat people... voire d’arche de Noë ! La Blanche est en noir et en deuil, la Jaune est en blanc et en pleurs et le Noir est en gris. La souris blanche est montée à Saint-Paul de la Réunion, elle rentre en Europe… La souris jaune est montée à Nouméa et le Nègre est monté à Fort-de-France… Où vont-ils ? Le Noir qui n’a pas de billet ne saurait le dire. C’est à la Blanche de savoir car « l’Afrique et l’Asie sont hors l’histoire » pour citer implicitement Sarkozy et Gaino à Dakar…. C’est alors que vient la superbe scène de l’accouchement. La Blanche accouche, se sépare… « Comment c’est difficile de laisser grandir, de le laisser partir. C’est toute la métaphore de l’Europe et de ses colonies… Les laisser vivre et grandir… » note Patrick Womba. La pièce est politique, parfois pédagogique dans une mise en scène un peu trop illustrative. Mais tout de même nos trois naufragés de l’humanité et de son histoire assistent au lever d’une nouvelle aube. « Un autre temps couleur se met à poindre… dit le Noir. Quand on mélange toutes les couleurs, c’est le noir que l’on voit poindre… » Cette aube nouvelle éclaire le fameux Tout-monde, si cher à Edouard Glissant. Ce monde où il n’y a plus ni découvreurs, ni découverts. C’est là l’objet de cette création, Ailleurs toute.

Résidence tricontinentale, entre Nouméa, Fort-de-France et AvignonPatrick Womba, le Martiniquais, Alexandra Shiva-Mélis, la Réunionnaise, et Catherine Divevan, la Calédonienne d’origine asiatique, se sont rencontrés au théâtre de la Chapelle du Verbe incarné, en Avignon en 2005. Catherine a porté ce projet de résidence tricontinentale (ou plutôt dans les trois océans !) Jean-Yves Picq leur a écrit le texte et puis chacun s’est essayé à s’emparer de ce qu’il représentait. Un rôle et une couleur et la mer et l’exil en partage. Après trois semaines à Fort-de-France, autant en Aviignon, les trois acteurs ont créé la pièce en mars dernier à Nouméa. Elle est attendue aux antilles et en Guyane cette année.

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 12:42
Rencontre avec Stany Coppet, en lecture en Avignon, sur le Duel d'ombes d'Alain Foix.
"Quelques jours de tournage à la maison"
Vous êtes à l’origine de ce texte écrit par Alain Foix sur le chevalier Saint-George…
J’ai approché Alain Foix par l’intermédiaire de Caroline Ducrocq, la metteuse en scène. J’avais une idée d’un seul en scène sur le chevalier de Saint-George qui s’est finalement transformé en un duo sur scène avec Anne Sée. Donc, j’ai approché Alain et lui ai demandé si, finalement, il voulait bien m’aider dans cette démarche. Il se trouve qu’il a décidé de réécrire son propre texte qui marche mille fois mieux que le mien (Je ne suis pas auteur !). Et il nous a fait l’honneur d’écrire une belle pièce, une comédie en musique…
Stany Coppet, vous êtes un jeune comédien pas encore très connu. Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ?
Je suis Guyanais. J’ai grandi à Paris et en Guyane. J’ai commencé à travailler en télévision (RFO, TF1) en tant que journaliste après les études de commerce. Et puis, un peu sur le tard, au milieu de la vingtaine, je me suis dit que c’était peut-être maintenant ou jamais que je devais concrétiser mon rêve qui était de  devenir comédien. J’ai pris des cours et je me suis expatrié aux Etats-Unis où j’ai fait deux ans de cours de théâtre à Lee Strasberg, l'Actor Studio. C’était sur la recommandation de ma marraine Euzhan Palcy et d’un fameux réalisateur américain que j’ai rencontré par hasard qui s’appelle Spike Lee. Ils m’ont aidé à rentrer dans cette école par des lettres de recommandation. J’ai passé deux ans à New York où j’ai grandi en tant qu’acteur avant de partir à Los Angeles. Là-bas, j’ai découvert que la compétition était  autrement plus difficile… Je suis revenu en septembre dernier à Paris et j’ai fait d’autres belles rencontres, notamment celle de Claude Ribbe qui a de beaux projets et qui est auteur que je respecte beaucoup. Et j’espère que j’aurai l’occasion de travailler avec lui, notamment sur son projet de film sur Alexandre Dumas.
Allons-nous vous voir sur scène prochainement ?
J’ai quelques projets en cours, dont un dont je ne veux pas encore parler (une grande série pour une grande chaîne qui n'est pas encore signée !) et puis le premier long métrage de Marc Barrat qui se tourne en Guyane à partir du 15 août, où j’aurai un petit rôle. J’y serai début septembre pour quelques jours de tournage à la maison, en Guyane !
Qui jouerez-vous ?
Je jouerai le rôle de l’aide guide de Sarah Martens qui est le guide de cette aventure qui se passe sur le fleuve. J’aurai deux ou trois scènes assez significatives.
De quoi parlera ce film ?
C’est une aventure dramatique (il y a des morts) dans la forêt amazonienne avec un jeune métropolitain qui est Julien Courbet, l’acteur de Djamel Bensalah. Voilà ce que je peux en dire !

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