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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 15:43

Des Antillais honorés au Sénat par les Talents des cités

Samedi dernier, l’hémicycle du Sénat accueillait la cérémonie de remise des prix des Talents des cités. Depuis 2002, Talents des Cités récompense les créateurs d’entreprise issus des zones prioritaires de la politique de la ville. Ils bénéficient ainsi de l’ensemble des mesures et des aides à la création d’entreprise et au développement d’emplois durables dans des quartiers particulièrement touchés par le chômage. En 2009, les jurys Talents des Cités ont expertisé 250 dossiers et sélectionné 38 lauréats dont 22 dans la catégorie Emergence et 16 dans la catégorie Création. L’âge moyen des candidats est de 30 ans, 27% sont des femmes, 33% ont un diplôme de bac plus 2 à bac plus 5, et 66% d’entre eux étaient demandeurs d’emploi avant la création. Leurs activités sont regroupées autour des secteurs du commerce, des services aux entreprises et à la personne, de l’artisanat et de la construction. Rose-Hélène Morville a représenté la Martinique dans la catégorie Emergence avec sa société de décoration Belmoon.

Formée à l’Institut régional d’Arts visuels, option design et objet, Rose-Hélène Morville a enchaîné divers emplois avant de pouvoir évoluer dans le domaine qu’elle aime : la création et la décoration. Elle a occupé un poste de conceptrice artistique pendant 6 ans chez Anti Plis, association culturelle d’animation théâtrale pour les scolaires, en contrat emploi-jeune, puis en contrat accompagnement dans l’emploi. Elle a réalisé des décors de théâtre, des accessoires, et animé des ateliers d’arts plastiques. Au chômage depuis 2007, Rose-Hélène MORVILLE, a décidé de créer son entreprise de décoration, Belmoon Créations, dans le quartier de Voie de Ville. Parce que « chacun aspire à vivre dans un espace où il fait beau vivre », Belmoon Créations propose aux particuliers et aux entreprises, en fonction de leurs attentes et budgets, d’améliorer leur intérieur ou de créer un décor sur mesure autour de leurs événements : réceptions, anniversaires, mariages… lancements de produits, séminaires… Rose-Hélène Morville anime aussi des ateliers de création à partir de matériel recyclé sur le thème « déchets d’œuvres - des chefs-d'œuvre », dans une démarche de développement durable et de recyclage créatif. Son blog présente ses créations : http://dko9.blogvie.com. Accompagnée dans ses démarches par la Boutique de Gestion de Martinique et aidée par son ancien employeur qui lui prête un local, Rose-Hélène Morville est encore à la recherche de financements et espère lancer son activité en janvier 2010. Elle souhaite « donner confiance à ceux qui ont le goût et le désir d'entreprendre, de se rendre utile et d'être au service des autres ».

FXG, agence de presse GHM


Et un Guadeloupéen

Gilles Divialle a représenté la Guadeloupe dans la catégorie Emergence. La crise sociale et politique, début 2009 aux Antilles, et plus particulièrement en Guadeloupe, a été un déclic pour Gilles Divialle. « Les Antillais sont dans une dynamique de consommation et pas assez de production, il faut valoriser les jeunes entrepreneurs des DOM », avance-t-il. Il a donc développé le projet de créer une association loi 1901, Siyonaj, avec pour objet de dynamiser « un entrepreunariat qui n’est pas ancré dans la culture ». Un magazine tiré à 20 000 exemplaires, des reportages vidéos et un site internet pour présenter les créateurs d’entreprises, les initiateurs de projets associatifs et entrepreneuriaux, informer sur les démarches à suivre pour se lancer, conseiller sur les structures… Gilles Divialle veut aller à la rencontre de ces jeunes pour leur donner la parole, les faire connaître.
Formé dans l’une des meilleures écoles de communication visuelle, Gilles Divialle possède toutes les compétences techniques et artistiques pour mener à bien son projet : il a occupé des fonctions de directeur artistique, photographe et vidéaste ces six dernières années. Accompagné par la Boutique de Gestion Pro-Gestion Partner et par ses amis - qui prêtent du matériel, collaborent au site et au magazine -, Gilles DIVIALLE a démarré son activité en septembre 2009. Le magazine Siyonaj, lancé avec une interview d’Admiral T, chanteur de reggae-dancehall, qui a crée sa marque de vêtements, Wok, et qui symbolise la réussite pour les jeunes. La maquette du magazine et la première couverture sont prêtes, les premières vidéos ont été réalisées. Il cherche encore des financements pour imprimer le magazine et embaucher un webmaster. « Siyonaj saura créer un élan dans le quartier, dans tous les quartiers ».

Photos : David Delaporte et FXG

Cahiers du Conseil constitutionnel n° 28 Commentaire de la décision n° 2009-21 D du 22 octobre 2009

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 14:06

Le WWF prône la traçabilité de l’or guyanais

« De la mine à la vitrine », c’est le parcours de traçabilité que le WWF voudrait voir naître pour l’or de la Guyane en considérant le problème du point de vue de la filière.

Le directeur général du WWF France, Serge Orru et son responsable outre-mer, Romain Renoux étaient à l’Assemblée nationale, lundi  19 octobre, avec Christiane Taubira pour présenter leur étude. « La traçabilité permettrait de piéger les activités d’orpaillage clandestin (les garimpeiros) et illégal », a indiqué Christiane Taubira. Il y aurait de 3 000 à 15 000 orpailleurs clandestins, 5 à 600 chantiers illégaux et, pour 3 tonnes par an d’or extraites légalement, 10 tonnes d’origine douteuse. Et cet or illégal infiltre la filière légale. Après huit mois d’étude sur le terrain, le WWF voudrait mettre en place une démarche pilote de traçabilité pour la saint Valentin 2011 en attendant l’or équitable ! Mais comment tracer un produit qui se vend à 28 000 euros le kilo ? Il faut identifier la faiblesse des maillons dans la filière aurifère qui compte cinq niveaux : les exploitants miniers, les comptoirs d’or, les affineurs (ils sont 3 ou 4 grandes maisons dans l’Hexagone, mais une seule affine l’or de Guyane, à Lyon), les fabricants joailliers et les distributeurs. Dans cette chaîne, le premier maillon faible se situe chez les exploitants avec les déclarations trimestrielles déposées à la DRIRE. « Nombre d’interlocuteurs émettent de sérieuses réserves quant à la fiabilité de ce régime déclaratif », souligne le rapport.

Le maillon faible

Mais le maillon le plus faible, c’est la non-application de la loi sur la garantie de l’or en Guyane, « une faille réglementaire béante ». Cette réglementation oblige à ce que les ouvrages d’or soient soumis au poinçon de garantie permettant leur traçabilité. Cette spécificité rend opaque l’or acheté aux exploitants par les comptoirs d’or. Ainsi entre 2000 et 2008, 22 tonnes d’or exportées de Guyane avait une origine douteuse. Du côté des affineurs, le WWF s’est rendu compte que l’or guyanais était affiné séparément des autres ors, car très souvent de bien meilleur qualité », il est donc tracé et « il ne reste plus à l’affineur qu’à conjuguer soin savoir faire avec un faire savoir auprès de ses clients joailliers. Ces derniers se disent sensibles au problème et demandeurs d’informations. Plusieurs ont même manifesté leur volonté de travailler l’or guyanais et proposer au plus tôt une gamme de bijoux « or de Guyane ». Chez les distributeurs, il existe déjà un label Joaillerie de France qui garantit au consommateur le respect des dispositifs juridique, social, éthique et environnemental national. D’ici la saint Valentin 2011 et le projet pilote de traçabilité de l’or guyanais, le WWF entend poursuivre son action avec une campagne de sensibilisation des consommateurs français sur l’origine de l’or et réaliser des études de filières similaires au Brésil et au Suriname. Mais en attendant, ils plaident pour que le Parlement français entérine le traité franco-brésilien de décembre 2008 et pour que les opérations Harpie II soient maintenues.

FXG, agence de presse GHM


Pas de poinçon en Guyane

La loi de la garantie est applicable partout en France et dans les DOM à l’exception notoire de la Guyane, seul département français riche en ressources aurifères. En raison de sa non-application, les négociants n’ont aucune obligation de tenir un registre, dit « livre de police », qui renseignerait officiellement sur l’identité de leurs vendeurs d’or… Un paradoxe qui trouve son explication, selon Mme Taubira, dans une volonté d’inciter l’exploitation et l’exportation de l’or, comme c’est le cas pour les explorations de pétrole à qui l’on octroie facilement des dérogations et autres exonérations. La députée a d’ailleurs saisi à ce sujet le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi. L’entourage de ce dernier considère que «  ce n’est pas une priorité et n’entre sans doute pas dans les attributions du ministère de l’Industrie. » Le courrier de Christiane Taubira sera donc renvoyé au ministère des Finances…

 

Cahiers du Conseil constitutionnel n° 28 Commentaire de la décision n° 2009-21 D du 22 octobre 2009

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 17:45

Le prix Fetkann 2009 honore Maryse Condé

Les lauréats du prix Fetkann 2009, mémoire des pays du Sud, mémoire de l’humanité, ont été dévoilés hier matin à Paris, au café de Flore. Dans la catégorie mémoire, le prix, remis par une conseillère de l’ambassade d’Haïti, a été attribué à l’ouvrage de Daniel Delas et Antoine Vitez, Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, aux éditions Textuel. Dans la catégorie recherche, le prix remis par Jean-Claude Cadenet de la mairie de Paris, a été décerné à Jean-Louis Donnadieu, pour Un grand seigneur et ses esclaves, le comte de Noé entre Antilles et Gascogne 1728-1816, aux éditions Tempus. Dans la catégorie jeunesse, Maryse Condé a remis le prix à Alain Guédé et Serge Hochain pour leur livre Le Chevalier de Saint-Georges, aux éditions Dagan et Mat. Enfin en poésie, le prix remis par Samia Badat de la délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer a été attribué à la Martiniquaise Suzanne Dracius pour son recueil Exquise déréliction métisse, aux éditions Desnel. Maryse Condé s’est vue remettre une médaille qui signifiait un hommage spécial du prix Fetkann : « Par son engagement, une voix décisive pour les Antilles, une voix qui se met, à travers une œuvre considérable, à l’écoute des douleurs de leur histoire, nom moins que de la force créatrice qui en découle, porteuse, avec toutes ses composantes, d’une page nouvelle dans le futur de l’humanité », indiquait l’organisation. Pour cette 6e édition, José Pentoscrope, fondateur de ce prix littéraire avec le Centre d’information et de formation des originaires d’outre-mer (CIFORDOM), se disait satisfait de la confiance des éditeurs, des médias et d’un public toujours partant pour assister à cette remise de prix.

FXG, agence de presse GHM


ITW Daniel Delas, lauréat du prix mémoire

Que représente ce prix ?

C’est une reconnaissance importante parce que j’y ai mis du cœur. J’ai cherché à me rapprocher le plus possible de la colère d’Aimé Césaire à l’époque où il a écrit ce discours sur le colonialisme.

N’est-ce pas difficile d’écrire sur un tel auteur ?

J’ai été longtemps très intimidé. J’avais commencé avec Senghor et la négritude et puis, il faut se lancer ! La poésie reste difficile, mais quand on dit que Césaire est un écrivain difficile, ce n’est pas tout à fait juste parce que le Discours sur le colonialisme, les pièces de théâtre ne sont pas difficiles. Le cahier, non plus…

Quel éclairage apportez-vous à l’ouvrage d’Aimé Césaire ?

Cette idée qu’on ne peut séparer la poésie de la politique. L’écriture et la pensée marchent d’une manière exemplaire ensemble, c’est ça le plus important. Qu’il n’y ait pas d’un côté un traitement littéraire et de l’autre, un traitement politique. On n’écrit pas uniquement pour faire des belles choses, on écrit pour une certaine idée du monde et des changements qu’on envie d’y apporter. La parole d’Aimé Césaire n’est pas prête à disparaître des mémoires, ne serait-ce que parce qu’il est dans les mémoires. Il n’existe pas d’Antillais, pas d’Africains un peu lettrés qui ne soient capables de réciter des vers entiers du Retour au pays natal. Vous pouvez aller au brésil aux Etats-Unis et parler à des Noirs d’Aimé Césaire, ils connaissent. Donc il vit dans les mémoires et c’est très important de le faire savoir en France, même si en France, c’est plus compliqué.


ITW Alain Guédé, lauréat du prix jeunesse

Qu’est-ce qui vous touche en recevant ce prix ?

Ce qui m’a beaucoup touché, c’est que la marraine qui m’a donné cette distinction, c’est Maryse Condé. Dans ma jeunesse, j’étais baigné par Senghor qui est venu m’éclairer quand j’étais au lycée, ensuite, il y a eu Césaire et maintenant Maryse Condé ! Ce qui est dommage, c’est que le génie ne soit pas contagieux.

N’est-ce pas une reconnaissance de votre travail pour Saint George ?

C’est le résultat du travail d’une association. Je suis assez fier des livres que j’ai écrits mais je suis surtout très fier d’avoir constitué une association de gens qui sont motivés et qui se battent avec acharnement pour faire redécouvrir Saint George. Seul, je n’y serais pas arrivé. Et être en permanence en symbiose avec cette espèce de légion de Saint George, c’est magnifique !

Un essai, un livre pour la jeunesse, un opéra… Et à quand un film populaire sur le chevalier ?

On y travaille. Le problème est que dans la conjoncture actuelle, les moyens sont difficiles à trouver. Pour l’instant, le producteur a réuni 10 millions d’euros. Avec une telle somme on peut faire un très beau film contemporain, mais pour un film d’époque, c’est insuffisant. Il faut des chevaux, des costumes, des perruques, des armes… Ce sera un film pour le cinéma avec un producteur américain, mais c’est long.

Propos recueillis par FXG

 

 

 

 

 

Cahiers du Conseil constitutionnel n° 28 Commentaire de la décision n° 2009-21 D du 22 octobre 2009

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 17:42

Adoption du redécoupage électoral

Les députés ont ratifié mardi l’ordonnance du 29 juillet dernier sur le redécoupage des circonscriptions législatives. Aucun amendement n’est venu modifier le texte. Ainsi les Martiniquais Serge Létchimy et Louis-Joseph Manscour ont-ils plaidé en vain pour un rééquilibrage, le 16 octobre dernier. « Le département de la Martiniquee circonscription, qui dépassait de plus de 40 % la moyenne départementale, et les 1e et 2e, qui connaissait un déficit de près de 20 %. L’ordonnance laisse pourtant persister de significatifs déséquilibres démographiques. Ainsi, les 1e et 3e circonscriptions connaissent elles un écart à la moyenne départementale respectivement de plus 8,07 % et moins 9,14 %. Ce déséquilibre n’est obtenu qu’au prix de regroupements discutables. » conserve ses 4 sièges mais il convenait de résorber les différences démographiques marquées apparues entre la 4

L’ordonnance procède à une redistribution d’ensemble des cantons martiniquais, alors que nos députés auraient voulu que les 1re et 2e circonscriptions puissent être complétées par des cantons limitrophes sans bouleversement. La distinction géographique bien établie dans l’île entre la côte atlantique et la côte caraïbe, identifiées dans les 1re et 2e circonscriptions, se trouve effacée par un regroupement de tous les cantons de la moitié Nord de la Martinique en évitant toute agglomération importante. Ainsi, la 3e circonscription, largement déficitaire, alors qu’elle était auparavant proche de l’équilibre, n’est constituée que des seuls cantons de la ville de Fort-de-France alors même que la réalité de l’agglomération foyalaise intègre les communes de Schoelcher, du Lamentin et de Saint Joseph. La 1re circonscription, excédentaire, se voit ajouter les cantons du Lamentin. « Le département compte quatre arrondissements, l’ordonnance crée quatre circonscriptions, dont aucune ne respecte cette division administrative », regrettent les deux élus.

En Guadeloupe, la création de la circonscription des Iles du nord vient modifier la géographie des 3e et 4ela Guadeloupe. La 4e circonscription de Victorin Lurel qui perd les îles se voit augmentée des deux cantons de Capesterre-Belle-Eau (ville détenue par le maire UMP Joël Beaugendre) précédemment dans la 3e, tandis que Pointe-Noire (ville socialiste) que briguait Victorin Lurel, reste dans la circonscription de Jany Marc, le maire de Deshaies. circonscriptions de

Notons que pour ce vote, Gabrielle Louis-Carabin a suivi l’ensemble du groupe UMP de l’Assemblée nationale tandis que Victorin Lurel n’a pu y prendre part car il participait à une conférence de presse des présidents de région.

Cahiers du Conseil constitutionnel n° 28 Commentaire de la décision n° 2009-21 D du 22 octobre 2009 Cahiers du Conseil constitutionnel n° 28 Commentaire de la décision n° 2009-21 D du 22 octobre 2009

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 13:19

Trois questions à François Baroin, député maire de Troyes, ancien ministre de l’Outre-mer

François Baroin était invité à déjeuner par Marie-Luce Penchard, hier. La secrétaire d’Etat à l’Outre-mer a décidé de rencontrer ses prédécesseurs de la rue Oudinot. François Baroin inaugure la série. Prochain invité : Christian Estrosi

« Les états généraux étaient une bonne idée de sortie de crise »

Quel était le programme de cette rencontre ?

On avait prévu de se voir depuis longtemps. J’ai de l’amitié pour Marie-Luce Penchard avec qui j’avais travaillé quand elle était conseillère du président. On a fait un tour d’horizon : on est en fin de processus des états généraux, il y a la réflexion autour du référendum sur la question des articles 73 et 74 en Martinique et en Guyane. Mais c’était aussi l’occasion de faire un partage d’expérience avec un constat : l’outre-mer est un atout merveilleux pour la France et c’est probablement l’un des ministères où l’Etat a un rôle très important et où la dimension humaine est peut-être encore plus essentielle.

Vous qui avez occupé ce poste entre 2005 et 2007, comment regardez-vous ce qui se passe en outre-mer depuis la crise de février dernier ?

On ne peut pas être et avoir été… Quand j’ai quitté le ministère de l’Outre-mer pour le ministère de l’Intérieur, j’ai tourné la page de mes responsabilités mais j’ai conservé à la fois beaucoup d’amis et puis un intérêt profond pour nos compatriotes. J’ai vécu dans la douleur cette crise qui a été un révélateur parmi d’autres d’un modèle fragile et qui explose dans une crise internationale et mondiale. On ne peut nier l’impact du contexte international sur les tensions sociales qui ont été évoquées. Les états généraux étaient une bonne idée de sortie de crise, maintenant il faut qu’il y ait une bonne issue à cette sortie de crise, c’est-à-dire des mesures, un programme inscrit dans la durée, un vrai travail auprès des métropolitains sur la compréhension de la réalité ultramarine. Ce sont les mêmes problématiques de logement, d’emploi, d’avenir pour les jeunes, de développement des infrastructures mais multipliés par deux ou trois. C’est dans ce sens qu’avec la ministre on a tiré le constat qu’il fallait beaucoup de pédagogie, bien sûr en outre-mer pour répondre à leur demande, mais aussi en métropole pour mieux faire comprendre la nécessité de produire des efforts en faveur de l’outre-mer.

Vous étiez un proche de Jacques Chirac ; le nouveau président veut incarner la rupture, vous êtes toujours membre de la majorité mais comment vous positionnez-vous aujourd’hui ?

Chacun connaît mes relations personnelles avec Jacques Chirac. J’incarne une partie de cette présidence avec quelques autres. J’ai des relations très libérées – je ne dois rien à Nicolas Sarkozy mais je suis dans sa majorité. Je peux être critique sur un certain nombre de sujets sur lesquels j’estime qu’on ne va pas dans la bonne direction, mais l’UMP est ma famille politique. Au sein de cette majorité, j’essaie de faire entendre ma voix à la lumière de mes expériences ministérielles et d’élu aussi pour essayer de contribuer à une réussite de ce combat qui est bon pour la France.

Propos recueillis par FXG, agence de presse GHM

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 10:54

La situation des DOM en débat au Sénat

Le Sénat a consacré l’après-midi d’hier à l’examen de la situation dans les DOM, faisant ainsi suite aux 100 propositions de la mission commune d’information sénatoriale présidée par Serge Larcher (PS Martinique).

Une petite quarantaine d’élus dont huit de l’outre-mer et la secrétaire d’Etat à l’Outre-mer étaient dans l’hémicycle du palais du Luxembourg, hier, pour donner une suite, à la veille du Conseil interministériel de l’outre-mer (CIOM), aux 100 propositions du Sénat pour l’Outre-mer que d’aucuns avaient résumé à la proposition tabou de remise en cause des surrémunérations des fonctionnaires. Serge Larcher a d’emblée tempéré: « Il ne s’agit pas de suppression mais d’un ajustement au vrai coût de la vie. » Le rapporteur Eric Doligé a rappelé à son tour : « La presse s’est emparée de cette proposition en occultant les autres, mais elle est à la base d’un processus infernal qui a tiré les prix vers le haut… Il n’est pas question de supprimer ces flux financiers mais de les transférer aux collectivités pour assurer des mécanismes vertueux ». Puis les sénateurs se sont succédé près de deux heures durant à la tribune pour évoquer la gouvernance, le mode de fixation des prix, les finances des collectivités locales et l’octroi de mer, la formation des jeunes, le logement… Tous avaient en tête que parmi les propositions à retenir, il fallait choisir celles qui répondent à l’urgence, comme l’a précisé Claude Lise (RDM Martinique).

« Quelles propositions du rapport seront retenues Mme la ministre ? »

De la Martinique à la Guyane en passant par la Guadeloupe et la Réunion, chacun a eu à cœur de défendre les intérêts de son territoire, mais c’est Jean-Etienne Antoinette (App PS, Guyane) qui a résolument posé la seule question qui vaille à Marie-Luce Penchard : « Quelles propositions du rapport seront retenues Mme la ministre ? » « Tout ne sera pas pris, mais servira de cadre pour la suite. » Pour le reste, Marie-Luce Penchard a indiqué que « l’octroi de mer ne permettrait jamais de pérenniser les recettes des collectivités locales », tout en convenant qu’on pouvait élargir sa base. Pour la transparence des prix, elle a « souhaité que l’observatoire des prix continue son travail », ajoutant qu’il y aurait «  des réponses fortes » lors du CIOM du 6 novembre. Elle a aussi affirmé que les décrets d’application de la loi de développement économique pour l’outre-mer seraient opérationnels en novembre. Pour la jeunesse et l’emploi, elle a rappelé l’existence depuis février d’un plan d’urgence et le nouveau plan du secrétaire d’Etat à la Jeunesse Martin Hirsch. « Nous avons l’audace de répondre par des propositions concrètes et nous n’avons pas attendu le CIOM pour agir » : évolution institutionnelle, transparence des prix du carburant… Même pour le foncier en Guyane : « L’Etat est prêt à le céder pour réaliser des équipements publics. » Le vice-président socialiste du Sénat, Bernard Frimat est intervenu pour souligner combien l’on jetait des fleurs sur ce rapport : « J’espère que notre rapport connaîtra un meilleur sort que les fleurs de la Toussaint… » A l’extérieur de l’hémicycle, le sénateur Michel Charasse (RDSE) lâchait, un rien caustique : « On ne vote pas de texte, c’est du blabla… »

FXG, agence de presse GHM


Passe d’armes entre Virapoullé et Hoareau

Jean-Paul Virapoullé a plaid » pour une « déconcentration » des services de l’Etat dans les territoires » détaillant les outils qui existent pour cela : l’article 73 de la Constitution qui permet le droit d’adaptation législative locale. « Virtuel ! s’est exclamé Claude Lise. Puis l’article 48 C qui permet de partager l’ordre du jour avec le gouvernement. « Utilisons-le, expliquait M. Virapoullé, une fois par session pour une loi de respiration législative, pour adapter… » Et enfin, l’article 72-4 C qui permet l’expérimentation : « Il faut de l’audace pour réussir l’expérimentation de nouvelles méthodes d’apprentissage du français en outre-mer ». Il a sorti un dernier outil, l’article 349 du traité de Lisbonne, l’ancien 299-2 du traité d’Amsterdam : « Un chef-d’œuvre inutilisé ! Dérogeons dans tous les domaines et notamment les domaines douaniers », avec un bon mot : « Sur le fret, on nous a menés en bateau ! » C’en était trop pour la sénatrice PCR Gélita Hoareau qui lui a succédé à la tribune : « Que de contradictions d’année en année », faisant ainsi allusion à l’amendement que fit naguère adopter Jean-Paul Virapoullé pour coller davantage la Réunion au droit commun métropolitain : « La position de Virapoullé est le refus de prendre ses responsabilités. Il veut appliquer le droit commun et demander des dérogations… », selon Mme Hoareau qui met ce paradoxe sur le compte de la proximité des régionales…

 

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 23:10

Taubira voudrait faire voter les Guyanais de métropole
Christiane Taubira donnait une conférence sur l’avenir des outre-mer à l’Assemblée nationale, mardi soir. Il s’agissait d’abord, dans la perspective des consultations populaires des 17 et 24 janvier d’expliquer les motivations de la pétition lancée par Walwari pour élargir le corps électoral aux Guyanais résidant hors de Guyane. Le public était nombreux et il y avait quelques personnalités politiques, Axel Urgin, secrétaire national outre-mer du PS, Serge Létchimy, député maire PPM de Fort-de-France, des élus de la Région parisienne comme Jeannine Maurice-Bellay (apparentée PRG) ou Jean-Jacob Bicep, adjoint au maire (Vert) du XXe arrondissement et des artistes comme Sylviane Cédia ou Smoov Sauzé. « Il me paraît normal que vous puissiez participer à ce scrutin », a indiqué d’emblée la députée de Cayenne s’appuyant sur l’exemple du vote des Français de l’étranger et sur le précédent calédonien où le corps électoral a été ajusté sur la base des accords de Matignon en 1988 : « L’Etat a reconnu le concept de population intéressée. » Mme Taubira a donc invité le public à signer en masse la pétition car « il faut un fait générateur créé par une mobilisation massive ». Dans les faits, personne n’est dupe et l’on sait bien que la loi ne permet pas un tel vote. « Les populations intéressées sont les gens inscrits sur les listes électorales sur une base géographique », a souligné Axel Urgin. Qu’importe reprend Christiane Taubira qui lance un appel à la mobilisation civique. Mais très vite le débat  s’oriente sur le fond de la consultation : « Pourquoi marcher dans cette combine et ne pas prendre en main notre destin ? », lance une jeune femme dans la salle. « Cette combine, réagit Serge Létchimy, est un problème de juriste. Je suis gêné qu’on organise  une consultation avant qu’on ne sache quelles seront les relations entre la France et les nouvelles collectivités ! De même 73 et 74 ne rendront pas le statut de peuple aux Guyanais et aux Martiniquais ». Létchimy a fait son choix pour le non au 74 et pour le oui au 73 avec collectivité unique. Christiane Taubira est elle aussi gênée devant ce « choix cornélien » : « J’ai pensé à une campagne de vote blanc pour refuser un choix qui n’en est pas un mais je veux aussi sortir de là, alors oui, on prend le 74 et on confie le pouvoir à une équipe capable de négocier pied à pied. Axel Urgin reste discret dans ses choix : « J’ai quatre fédérations outre-mer et quatre avis différents ! »
FXG, agence de presse GHM

La petite phrase de Christiane Taubira : « J’éprouve un plaisir voluptueux et éminemment sensuel à critiquer le président de la République »


Serge Létchimy : « L’action de Mme Taubira est une bonne action dans le sens où nous avons des familles qui sont parties par souffrance, par nécessité économique et sociale. On a même organisé leur départ et aujourd’hui leur dire que ça ne les regarde pas, c’est véritablement indécent. Est-ce que ces gens, en métropole, pourront voter les 17 et 24 janvier ? Ce sera difficile parce que le droit ne le permet pas, cependant c’est un sujet central. On ne peut pas se permettre d’avoir 200 000 Martiniquais et autant de Guyanais qu’il y en a en Guyane et leur dire que ça ne les regarde pas… »

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 09:52

Tjenbé Rèd interpelle par pétition Nicolas Sarkozy

Dans une lettre qui sera remise au président de la République lundi 26 octobre, et qu’il est possible de lire et/ou signer d’ici là sur Internet (http://www.petitiononline.com/ciomsida/), l’association de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida, Tjenbé red lance un appel pour que le sida soit pris en compte à l’issue du conseil interministériel de l’outre-mer qui doit se tenir le 6 novembre prochain.

Tjenbé red rafraîchit la mémoire du président et sa lettre du 18 avril 2007 aux associations de lutte contre le VIH et le sida parmi les populations ultramarines dans laquelle il s’engageait à ce qu’un « comité interministériel de l’outre-mer évoque tout particulièrement la question ». Prenant acte que les rapporteurs nationaux des états généraux de l’outre-mer, censés préparer le CIOM, n’ont pas évoqué cette question.

« Cette omission, poursuit l’association, est d’autant plus préoccupante que le taux de découvertes de séropositivité au VIH a augmenté de 40% dans les départements d’outre-mer entre 2005 et 2008 (Saint-Barthélemy et Saint-Martin compris) alors qu’il augmentait de 16% dans l’Hexagone, où les départements les plus touchés sont ceux où les originaires des outremers sont les plus nombreux. Une personne vivant avec le VIH en Guyane encourt 8,3 fois plus le risque de passer au stade sida que si elle vivait dans l’Hexagone ; 6,5 si elle vit en Guadeloupe, à Saint-Barthélemy ou Saint-Martin ; 2,4 en Martinique ; 1,4 à la Réunion… »

Les premiers signataires de cette missive pétitionnaire sont 140 personnalités de l’outre-mer ou actrices et acteurs de la lutte contre le sida et le VIH auprès des populations ultramarines, notamment Sophie Charles, adjointe au maire de Saint-Laurent du Maroni en Guyane, Claude Bagoe-Diane, réalisatrice originaire de Martinique, et Éric Morarin, artiste originaire de Nouvelle-Calédonie, Max Théodore, président de l’Observatoire régional de la santé de Guadeloupe, Pascale Melot, directrice de l’Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé de Guadeloupe ; le Dr Catherine Gaud, présidente de l’association RIVE (Réunion, Immunodéprimés, Vivre & Écouter) ; Ketty Karam, présidente de l’association Sida Liaisons Dangereuses à Saint-Martin, Virginie Nicolini, permanente de l’association Solidarité Sida Nouvelle-Calédonie ; Emmanuelle Barthélemy, chargée de mission de Sidaction pour les DFA, David Auerbach Chifrin, Jean-Jacob Bicep, André-Max Boulanger, Daniel Dalin, Nathalie Fanfant, David Fimiez, Rose-Hélène Fontaine, Pierre Pluton, Jean-Jacques Seymour et Claudy Siar, rapporteurs des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone…

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 09:41

L’Exposition universelle victime des états généraux

Shanghaï n’est pas une priorité et trop cher en ces temps budgétairement difficiles. Marie-Luce Penchard a donc renoncé au projet d’Yves Jégo de présenter l’outre-mer dans le pavillon français de l’Exposition Universelle, qui se déroulera à Shanghai du 1er mai au 31 octobre 2010.

L’espace Focus du pavillon France (200 m2) devait accueillir exclusivement l’outre-mer pendant le mois de mai. Mais, selon son cabinet, « la ministre a rendu un certain nombre d’arbitrages, elle privilégie la mise en œuvre des décisions du comité interministériel », Le 6 novembre, les premières décisions issues des conclusions des états généraux seront prises et la secrétaire d’Etat à l’Outre-mer veut garder des marges de manœuvre pour pouvoir les appliquer. Yves Jégo avait annoncé en septembre 2008, la présence de l’outre-mer dans les 6 000 m2 du pavillon France. Il comptait sur les 10 millions de visites (60 000 par jour) du pavillon pour faire la promotion de l’outre-mer français et donner une « dimension internationale » au label « France, saveurs d’Outre-mer ». José Frèche, patron du pavillon France n’a pas été convaincu par les arguments de Marie-Luce Penchard : « C’était une idée de M. Jégo, donc une idée à jeter à la poubelle… » José Frèche rappelle qu’il en coûtait 150 000 euros au secrétariat d’Etat à l’Outre-mer « Mme Penchard me dit que ça ne l’intéresse pas, dont acte. » La communauté chinoise de la Réunion, la Région et la ville de Saint-Denis  ont repris toutefois contact avec le pavillon France.

DM et FXG, Agence de presse GHM

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 16:42

Victorin Lurel à Paris pour la loi de finance 2010

La commission des finances de l’Assemblée nationale a accepté un amendement du vice-président du groupe socialiste, Victoirin Lurel, alors que débute l’examen du projet de loi de finances 2010. Cet amendement permet d’exclure l’application automatique de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) sur les carburants outre-mer au 1er janvier, conformément au souhait de la mission parlementaire sur le prix des carburants. Pas sûr, en revanche, qu’il bénéficie de la même compréhension envers son souhait de différer l’application de la taxe carbone en outre-mer tant que le système de fixation des prix du carburant outre-mer n’aura pas été profondément modifié. A défaut, fait-il remarquer, « le prix à la pompe augmentera automatiquement de 4 à 5 cts dès janvier ». Enfin, il attend que le gouvernement s’explique sur l’imputation des sommes perçues au titre du RSTA sur le montant de la prime pour l’emploi (PPE). « Cette mesure profondément injuste n’a pour seul but que de permettre une économie de 300 M€ sur trois ans pour l’Etat au détriment des bas salaires et a d’ailleurs choqué la majorité des députés, y compris de droite, lors de l’examen de l’amendement en commission des finances », assure le député guadelouéen.

FXG, agence de presse GHM

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